Lectures, BD, cinéma, voyages, photos, chats, oiseaux, nature bref mon petit monde ! .................. " C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante" (Le petit prince)
L'histoire : Tout sépare Hong-yeon et Gongju, deux jeunes femmes coréennes : leur caractère, leur rapport aux hommes, leur milieu familial... Gongju, plutôt réservée, originaire de la ville de Daegu, dans le sud du pays, veut à tout prix travailler dans le secteur de la presse. Hong-yeon, dessinatrice à Séoul, est insouciante et extravertie. Et pourtant, les deux femmes sont amies et se confient régulièrement l'une à l'autre, dans les moments heureux comme lors des périodes difficiles, pour se soulager du poids que leurs familles respectives font peser sur elles ou quand des choix de vie doivent être faits. A travers les histoires délicatement intriquées de Hong-yeon et Congju, Song Aram chronique cette amitié mouvementée entre deux femmes qui se débrouillent tant bien que mal dans une société qui leur est souvent hostile.
Tentation : Le pitch
Fournisseur : Bib N°1
Une BD qui Coréenne qui nous emmène dans le quotidien Coréen
Mon humble avis : Deux femmes est un Manhwa, terme qui désigne la bande-dessinée en Corée. Et c'est en cherchant ce que signifiait Manhwa par rapport à Manga et autres termes et genres que je ne maîtrise pas, que j'ai appris que la Corée du Sud est actuellement l'un des premiers pays producteur de bande-dessinées au monde. Pour tout savoir (ou presque) que les Manhwa, et bien Wikipédia vous dit tout !
J'attendais un peu plus de ce roman graphique, qui reste cependant très intéressant et agréable à lire. Disons que j'espérais une plongée plus profonde dans la société et les cultures Coréennes... Mais en fait, celles-ci ne sont peut-être pas si éloignées les unes des autres d'où cette sensation de légère déception...
Bien sûr, il est question dans ces pages du poids des us et coutumes Coréennes, surtout au niveau familial... La pression du mariage, l'obéissance de la bru auprès de la belle-mère, le relatif machisme etc.
Pour le reste, il me semble que les thèmes soient en fait assez universels... Deux jeunes femmes qui ont des rêves et qui tentent de se faire une place dans une société peu conciliante et broyeuse d'âme et de corps... La difficulté de se loger à Séoul, les petits boulots, les stages non rémunérés qui durent des mois avec une embauche potentielle en guise de carotte (l'esclavage des temps modernes), le rêve et les déceptions des capitales, le harcèlement sexuel et/ou au travail et "la femme" qui est bien trop sentimentale pour bien travailler...
Bref, il semble que quelque-soit la longitude, les préoccupations de la jeunesse qui arrive sur le marché de l'emploi se ressemblent.
Il n'empêche que ces deux femmes bien différentes, et qui vont changer au fil de ces années plutôt amères (finie l'insouciance, bonjour le mariage, le mari, l'enfant), sont attachantes et cette période de leurs vies n'est pas dénuée d'intérêt.
Roman - Editions Livre de Poche - 285 pages - 4.90 €
Parution d'origine en 1952
4ème de couv' : En Nouvelle-Guinée, une équipe de savants auxquels s'est joint le journaliste Douglas Templemore cherche le fameux " chaînon manquant " dans l'évolution du singe à l'homme. En fait de fossile, ils trouvent une colonie, bien vivante, de quadrumanes, donc de singes. Mais a-t-on jamais vu des singes troglodytes et enterrant leurs morts ? Tandis que les hommes de science s'interrogent sur la nature de leurs " tropis ", un homme d'affaires voit en eux une potentielle main-d'oeuvre à bon marché. La seule parade aux noirs desseins du sieur Vancruysen est de prouver l'humanité des tropis. Pour obtenir la preuve nécessaire, Doug risquera sa têted'une façon surprenante qui conduira à de longs débats !
Tentation : Ma PAL
Fournisseur : Ma PAL
Mon humble avis : Celui-ci n'arrivera jamais à la cheville de ce roman et ne pourra ni le résumer, tant cette histoire est dense en sujets, ni lui rendre l'hommage qu'il mérite... Parce que je ne n'ai ni le style ni la culture pour cela... juste des sensations, de la réflexion, de la curiosité.
Les animaux dénaturés... Un livre qui a rejoint ma PAL il y a deux ans... Suite au choc littéraire reçu lors de la lecture de La planète des singes, de Pierre Boulle et quelques recherche sur la toile, j'ai appris que Pierre Boulle s'était (entre autre) inspiré de ce roman de Vercors. Vercors, pour moi, c'était la résistance et Le silence de la mer.
Il m'a fallu du temps pour lire Les animaux dénaturés. Pas par manque d'intérêt bien au contraire, mais pour analyser et digérer tout ce que j'y lisais, et comparer tout cela avec mon propre système de pensée, mes observations, mes expériences etc... Aussi, si vous cherchez un roman à dévorer, changez d'adresse. Celui-ci se déguste, et chaque ingrédient mérite toute l'attention et la concentration pour ruminer, être d'accord, pas du tout d'accord, changer d'avis, retrouver le sien, douter, hésiter, bref, être emmené dans une débat kafkaïen sur ce qui différencie l'homme de l'animal. Une question que finalement, on se pose rarement dans notre quotidien.
J'ignore si c'est vrai, mais Vercors part du principe qu'à l'époque de son roman, l'Humain n'était pas défini... Hors comment décider si une nouvelle espèce est humaine ou animal si l'Homme n'a pas de définition précise.
La mise en bouche des animaux dénaturés ressemble à une petite bluette charmante dans les environs de Londres. Puis, vient l'expédition en Nouvelle Guinée et la découverte de ces fameux tropis... Les questions commencent, avec quelques expériences éducatives, découvertes... qui se répandent bien vite, jusqu'aux oreilles d'industriels peu scrupuleux... Doug souhaite protéger ces êtres de tous projets qui les exploiteraient... Alors, pour savoir si Homme ou Animal, Doug expérimentera l'impensable et réalisera l'inimaginable... (Je ne dis rien, sinon, ce serait spoiler).
Le débat Kafkaïen débute lors de son procès tout aussi Kafkaïen ou divers scientifiques témoignent à la barre, se contredisent les uns les autres, laissant les membres du jury déconcertés... Si les tropis sont des hommes, alors il y a meurtres. Mais si les tropis sont des animaux, alors, il n'y a point de meurtres. Mais personne dans la cour n'est capable de définir l'humain. Alors, une cession de scientifiques est créée pour aboutir à une définition... et ceci se poursuivra jusqu'à la Chambre des Communes...pour revenir à la cour et achever le procès de Doug...
Discrètement usant de cynisme et d'humour, Vercors profite de son sujet pour se moquer de la justice et de ses limites, mais aussi des politiques et de leurs contradictions évidentes. ("En théorie, vous avez mille fois raison peut-être. mais vous savez bien qu'en politique, avoir raison ne sert à rien") Bien sûr, il démontre que l'Homme croit tout savoir et qu'il se sent supérieur en tout. Autre question qui ressort : Naissons nous hommes ou le devenons nous ?
Et les animaux dénaturés dans tout cela ? Vous le devinerez bien... C'est nous, les Hommes. Dénaturés par les lois, par la civilisation, par les croyances, par les religions, la métaphysique, l'éducation qui font de nous des êtres avares, égoïstes, menteurs etc... "L'animal fait un avec la nature, l'homme fait deux. Pour passer de l'inconscience passive à la conscience interrogative, il a fallu ce schisme, ce divorce, il a fallu cet arrachement. N'est-ce point là la frontière justement ? Animal avant l'arrachement, homme après lui ? Des animaux dénaturés, voilà ce que nous sommes....... Ne traitez-vous pas la nature en étrangère, sinon même en ennemie ? Or que ferions nous sans elle ?.... Il y a longtemps que Marx et Engels se sont employés à prouver que l'homme se définit par les transformations qu'il impose à la nature..."
Honnêtement, j'espère que mon billet vous incitera à lire ce roman presque philosophique passionnant, même si ardu tout de même, si on veut le lire autrement que comme un pur divertissement. D'ailleurs, si vous le lisez comme tel, vous serez sans doute déçus et y trouverez des longueurs dans les dialogues et débats. Mais dites vous bien que mon billet ne peut évoquer et louer qu'une partie infime des animaux dénaturés, qu'il faut déguster, digérer, méditer, méditer, méditer.
Tout au long de ma lecture, je n'ai cessé de me demander... Et si Vercors vivait encore et se lancer demain dans l'écriture de ce roman... Qu'y dirait-il ? Quelles questions poserait-il ? Puisqu'en 60 ans, le monde a évolué, les lois également, et surtout, la condition et la protection animale est de plus en plus au coeur des débats... Depuis quelques années, l'animal est reconnu comme un être doté de sentiments et de sensibilité... La maltraitance animale est légalement sensée être devenue un délit... mais pas encore un crime... beaucoup de progrès restent à faire...
Quand une lecture d'un livre vieux de plus de 60 ans est rejointe par l'actualité !
Comme animaux dénaturés, la chance que nous avons, est de savoir et de pouvoir lire ! Alors, amis animaux dénaturés, lisez ce roman si passionnant et enrichissant !
Synopsis : 16 ans plus tard, Tanguy, qui a maintenant 44 ans, revient chez ses parents avec sa fille Zhu sous le bras car Meï Lin l’a quitté. Catastrophés de voir leur "tout-petit" dans cet état, Paul et Édith font tout pour lui redonner goût à la vie, sans réaliser que ce faisant, ils tressent la corde pour se pendre. Car Tanguy recommence à se sentir bien chez ses parents…
Mon humble avis : Un grand succès il y a 16 ans.... et un prénom qui est presque devenu un nom commun.... Tout le monde sait ce qu'est un Tanguy...
Oui mais les Tanguy reviennent à 40 ans chez leurs parents... Un divorce, une perte d'emploi ou les deux à la fois parfois...
C'est le point de départ de ce nouvel opus de cette famille.... Seize ans plus tard, après s'être fait largué par sa chinoise de femme, Tanguy quitte la Chine et débarque chez ses parents, son adolescente de fille sous le bras.
Alors, certes, le film ce regarde bien, on jubile devant le duo que forme Sabine Azéma et André Dussolier, leur complicité crevant l'écran. Et puis eux-mêmes ont pris de l'âge et font face à d'autres soucis de la vie, liés à l'âge. Mais si l'on apprécie le film, c'est plus par nostalgie du premier que par réelle réussite du second...
Celui-ci est très long à démarrer, même si Tanguy débarque assez vite dans l'histoire. Le rythme s'accélère enfin quand viennent les vengeances et la férocité pour faire déguerpir le rejeton quadra... Mais cette guéguerre ne dure guère longtemps et n'offre pas beaucoup de nouveauté par rapport au premier film.
En fait, ce n'est qu'à mi film que les rires commencent à s'élever dans la salle.
Certes, la fin offre un rebondissement inattendu, du genre l'arroseur arrosé... Mais bon, la réelle impatience à voir ce film n'est pas franchement récompensée.
Avec Edouard Baer, Leïla Bekhti, Ramzy Bedia, Tom Levy
Synopsis : Sofia et Paul emménagent dans une petite maison de banlieue. Elle, brillante avocate d’origine magrébine, a grandi dans une cité proche. Lui, batteur punk-rock et anar dans l’âme, cultive un manque d’ambition qui force le respect ! Comme tous les parents, ils veulent le meilleur pour leur fils Corentin, élève à Jean Jaurès, l’école primaire du quartier. Mais lorsque tous ses copains désertent l’école publique pour l’institution catholique Saint Benoît, Corentin se sent seul. Comment rester fidèle à l'école républicaine quand votre enfant ne veut plus y mettre les pieds? Pris en étau entre leurs valeurs et leurs inquiétudes parentales, Sofia et Paul vont voir leur couple mis à rude épreuve par la « lutte des classes ».
Mon humble avis : Suite aux avis très élogieux de mes proches sur ce film, j'en attendais un peu plus. Il n'empêche, La lutte des classes est drôlement bien fichu et pensé. Très actuel, très contemporain et sociétal évidemment... Du fond sérieux avec une tranche d'humour par-dessus... L'humour est aussi l'image du détachement et aux idées arrêtées de Paul.... Qui évidemment, ne mènent pas loin dans la problématique de cette famille. Aussi, l'humour tend à disparaître doucement, pour laisser plus de place à la gravité du sujet.
Ici, le sujet principal est l'école... de la république, et donc le fondement de notre avenir... Et bien sûr, le film pointe le doigt sur les illogismes nombreux que l'on trouve dans l'univers scolaire.... L'école publique qui manque de moyens. La mixité raciale et culturelle qui se déplace vers les écoles privées offrant plus de moyens, un meilleur enseignement et surtout, un encadrement plus strict... du fait de l'absence des cancres aussi. Curieux aussi de constater qu'à l'école publique, donc laïque, le sujet de la religion entre les gamins est bien plus présent qu'en école privée.
Bref, tout cela est bien mis en scène et nous mets en face de la complexité de notre monde actuel et de ses contradictions. La lutte des classes met les adultes face aux limites de certaines de leurs convictions ou de leurs idées bien arrêtées, et surtout de leurs répercussions sur leurs enfants dans leur environnement scolaire. Car pas facile pour un enfant éduquées dans des convictions qu'aucun de ses camarades de classe ne connait, de partage ou même ne conçoit. Bref, les convictions ne sont pas toujours faciles à respecter et parfois... ben il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis...
Et bien sûr, le fil dénonce les préjugés et les amalgames religieux ou sociétaux, ce qui est inévitable avec lorsque l'on traite d'un tel sujet.
Un film qui fait rire mais pas que... Qui pousse à la réflexion sur le reflet de notre société... mais aussi, qui fait passer un bon moment de ciné.... Grâce à des comédiens que l'on a toujours plaisir à retrouver sur grand écran !
Les témoins de la mariée, de Didier van Cauwelaert
Roman - Editions Audiolib - 4h58 d'écoute - 18 €
Parution d'origine chez Albin Michel en 2010.
L'histoire : Roissy. Ils sont les les 4 meilleurs amis du futur marié et donc ses témoins... Sauf que le futur marié est décédé la veille dans accident de voiture... Et que, dans quelques instants, descendra d'un avion en provenance de Chine la promise, dont ils ne connaissent rien et à vrai dire... ne savent pas bien trop quoi faire. Que lui dire, que lui avouer, que lui cacher, elle qui ignore encore qu'elle est veuve avant d'être devenue épouse ?
Tentation : Sujet + le nom de DVC
Fournisseur : La bib N°3
Une belle histoire d'amitié, même post mortem !
Mon humble avis : Un chouette coup de coeur pour ce roman polyphonique qui surprend beaucoup, divertit pas mal, questionne souvent et émeut quand il faut, à savoir de temps en temps, tout en amusant le lecteur. Et évidemment, sans genre de pathos qui dégouline et me fait dorénavant fuir ! Non, ici, il y a du rythme, et l'auteur part d'un drame pour nous emmener dans une drôle d'aventure, toujours entre un genre qui frôle le burlesque, le comique et le profond... Car bien sûr, Les témoins de la mariée peut conduire à deux niveaux de lectures, suivant les envies du lecteur.
En fait, mon coup de coeur pour Les témoins de la mariée vient surtout du fait que, comme les personnages, j'ai été complètement menée par le bout du nez par Didier Van Cauwelaert. Tout un labyrinthe d'indices, de retournements de situations et un final des plus inattendus, surprenant, inédit et en fait, véritablement bouleversant, qui remet les compteurs à zéro, qui encouragerait presque à relire le livre, différemment, éclairé par cette finale.
Le roman s'ouvre sur la voix de l'auteur... qui met en place l'histoire et les personnages. Ensuite, chacun des personnages s'exprimera à son tour, et nous aurons ainsi différentes perceptions de mêmes événements. Nous pénétrons dans l'esprit et l'âme de chacun.
Le défunt, Marc, photographe célèbre était un homme à femmes.... Qui avait subitement annoncé son mariage avec une chinoise inconnue de tous et surtout de ses 4 meilleurs amis. Ces meilleurs amis, si proches de Marc et des un des autres, vivaient presque grâce et sous la protection de Marc, qui fournissait emplois, gites etc... Et tout au long de cette longue journée (c'est d'ailleurs mon seul mini bémol...c'est fou tout ce que ces personnages parviennent à faire en une seule journée, parisienne qui plus est....), chacun se demandera s'il est manipulé par l'autres, ou les autres... Qui peut-être voudrait prendre sa place ? Est-ce que la fiancée voudrait les voir se quereller pour mieux régner... Et pourtant, les témoins, par instinct de protection, se trouvent obligés de manipuler la fiancée... Derrière tout cela, il y a le frère du défunt... qui déteste cette bande d'amis parasites...
Et avec ce dénouement des plus inattendus, qui donne toute son originalité au roman, nous réalisons que nous venons de lire une magnifique histoire d'amitié, bouleversante en fait, qui commence dans le vivant et se prolonge bien après la mort. Bref, j'ai adoré ! Une histoire qui fait du bien et qui manipule en même temps, c'est chouette non ?!
L'histoire : Londres, 1831. Le jeune Charles Darwin, impatient d'embarquer pour le périple de sa vie, prend place sur le HMS Beagle. Le voyage vers des contrées lointaines pleines de promesses sera aussi fait de multiples épreuves. Tandis que ses découvertes sur la faune et la flore le comblent d'admiration et de confusion, la fréquentation d'esclavagistes va le pousser à questionner les principes humanistes de ses contemporains. Un voyage formateur pour l'homme et révolutionnaire pour la science.
Tentation : Le sujet
Fournisseur : La bib'
Un tour du monde avec le jeune Darwin... et le début de théorie de l'évolution !
Mon humble avis : Voici un album P.A.S.S.I.O.N.N.A.N.T !
C'est vrai après tout, quand on est une lectrice lambda, que sait-on vraiment de Darwin... Mise à part sa théorie de l'évolution évidemment !? Pas grand-chose.
Dans cet ouvrage, Darwin est encore jeune. Certes embarqué à bord du H.M.S Beagle comme naturaliste, il est normalement promis à un avenir de pasteur. Aussi, nous l'accompagnons dans ces découvertes enthousiasmantes, alors que pour notre époque, ces réactions pourraient presque paraître enfantines. Son voyage à bord du navire (avec la mission de cartographier l'Amérique du Sud devait durer 2 ans... Il s'étalera sur 5 ans... de mal de mer entrecoupé de longues étapes. Et nous voici avec lui dans de lointaines contrées, avec les bonnes et les mauvaises surprises... Parmi ces dernières, Darwin découvre le sort des esclaves et des indiens. Et ceci le dégoûte. Darwin est un humaniste, qui fut l'un des premiers à croire à l'égalité des êtres humains, peu importe la race... Par contre, il classe l'éducation et les civilisations et souhaite imposer la sienne. Aussi, ses rencontres avec les peuples "primitifs" sont-elles plus ou moins manquées.
Le Cap Vert, le Brésil, l'Argentine, le Chili, les îles Galapagos sont au programme.... Et c'est dans cette dernière que... Euréka et jubilation pour le lecteur et grand pas pour l'humanité : Darwin émet les premières ébauches de sa théorie de l'évolution ! Passionnant. Tiens, petite anecdote en passant... Savez-vous ce que signifie "Patagonie" ? Non ? Et bien je vous le donne en mille : Terre des grands pieds. Patagons, c'est ainsi que les compagnons de Magellan nommèrent les habitants de cette région.
Les auteurs précisent bien que l'album est un peu romancé et que surtout, il n'est point exhaustif sur cette odyssée impossible à "limiter" au format d'un album. Aussi, certains personnages ayant existé passent à la trappe, ou se retrouvent en un seul, quelques étapes sont très peu explorées (comme Tahiti) et d'autres tout bonnement éludées (comme la Nouvelle Zélande par exemple).
Il n'empêche, ce retour aux origines qui ont participé à la découverte de nos origines est incontournable et très agréable à lire, servi qui plus est par de jolis dessins bien colorés.
Avec Alexandra Lamy, José Garcia, Michaël Youn, Anne Marivin
Synopsis : Béatrice célèbre avec les siens la sortie de son livre, dans lequel elle raconte l’accident de son mari qui a bouleversé leur vie. Frédéric a perdu la vue et ne peut s’empêcher de dire tout ce qu’il pense : c’est devenu un homme imprévisible et sans filtre bien que toujours aussi drôle et séduisant. Mais ce livre, véritable hymne-à-la-vie, va déclencher un joyeux pugilat car même si Béatrice a changé les noms, chacun de ses proches cherche à retrouver son personnage. Le groupe d’amis et la famille tanguent… mais certaines tempêtes sont salutaires.
Mon humble avis : La presse n'est pas vraiment tendre envers ce film... Et bien moi, je vais l'encenser !... Par ce qu'il le vaut bien.
Il y a un peu "des petits mouchoirs", des "Bronzés", "du Prénom", du "Barbecue" dans ce film, avec toute une galerie de personnages "bien campés"...
Un film sur des potes en vacances.... Donc forcément, de l'humour, des personnalités que s'exacerbent, des piques affectueuses et d'autres beaucoup moins.
Mais attention, il y a aussi et surtout le handicap... A savoir, José Garcia qui est devenu aveugle 5 ans plus tôt suite à un accident de scooter. Aveugle mais pas que... Une atteinte neurologique le désinhibe dans les gestes et la parole... Il possède la mémoire du passé mais celle du présent s'efface au fur et à mesure.
Alors, il y a le comportement de l'entourage, les soutiens étouffants, les absents (et l'on apprend pourquoi). Ce film est avant tout un formidable hommage aux accompagnants (aidants) des handicapés, en l'occurrence, ici, celui de l'épouse. L'admirable et lumineuse Alexandra Lamy, malgré le poids qui pèse sur ses épaules. Le jeu de José Garcia est aussi très bluffant.
Et puis il y a ce fameux livre écrit par Béatrice sur l'histoire de son mari et ses conséquences, cette autofiction où les noms ont été modifiés et où chacun des amis semblent si reconnaître, pas forcément dans le bon personnage, et sans forcément saisir le sens des mots de l'auteur...
Il y a vraiment de bonnes répliques très drôle et d'autres qui transpercent le coeur, qui montre la bêtise humaine, la jalousie et l'incapacité des uns à se mette à la place des autres... L'un des personnages balance tout de même à Béatrice : "Tout le monde n'a pas la chance d'avoir eu de l'argent qui tombe du ciel"... En l'occurrence, cet argent est celui de l'assurance suite à l'accident qui a bouleversé la vie de Béatrice et son mari...
Ce film, qui ne va pas dans le pathos mais qui met les choses au clair est très subtil, fin, délicat et très intelligent... L'humour est là pour le rendre évidemment tout public et pour qu'il ne soit pas plombant. Et puis il montre aussi que malgré tout, la vie reprend, la vie continue, même si différemment. Et c'est avant tout un film plein d'amour et je le redis, un merveilleux hommage aux accompagnants (aidants) des personnes en situation de handicap. A voir bien sûr !
L'histoire : Dans les Caraïbes... Quelque part au Venezuela... Au 18ème siècle, un navire de pirate fait naufrage... après une mutinerie, mais surtout, après avoir caché et protégé un inestimable trésor. Depuis, les légendes vont bon train sur ce trésor. Au début du 20ème siècle, la famille Otéro est rattrapée par cette légende. Et, sur plusieurs générations, il y aura ceux qui cherchent le trésor, et ceux qui ne le cherchent pas. Qui le trouvera ?
Tentation : La renommée du roman lors de sa sortie
Fournisseur : Bib N°3
Mon humble avis : Le premier chapitre m'a fait peur, comme si ce choix de lecture ne me correspondait pas... L'impression d'être sur le Black Pearl de Pirates des Caraïbes. Et puis, toute réticence s'est envolée et je me suis laissé happée par cette chasse au trésor, qui est en fait assez secondaire dans cette histoire, mais qui permet une passionnante et intéressante observation de l'Humain dans ce qu'il a de pire, comme de meilleur.
Le ton du roman, tout à fait maîtrisé, est assez suranné.... Comme si cette histoire émanait des profondeurs d'une mémoire collective, et d'une transmission trans-générationnelle orale. La lecture assez neutre qui en est faite m'a dérangée au début, puis plus du tout, tant elle était adéquate par rapport au texte.
Roman vous avez dit ? Oui, mais bien plus ou tout autre.... Récit d'une légende, saga, fable, conte, héritage familial, récit biblique genre premier testament, parabole ? Un peu tout à la fois mais sans jamais désordonné.
Outre le dépaysement exotique et temporel, voire atemporel, Sucre Noir déploie une force symbolique d'une puissance rare... Oui, tout y est symbole, depuis le caractère des personnages et leur évolution, jusqu'à évidemment, cette cherche de trésor. Le trésor... Ce peut -être un simple rêve inaccessible ou une richesse inestimable. On peut parcourir la planète à sa recherche sans se rendre compte qu'il est à nos côtés. Il est espéré grandiloquent et prendre en fait une forme toute simple... Comme le bonheur. Souvent sans le savoir, on vit tous sur un trésor, nous même... A nous de le faire grandir, de l'aimer, et surtout, de le partager. Un trésor, le nôtre comme celui que dame nature nous offre, non partagé ne mène à rien qu'à la perte, à la folie, à l'obsession, à l'exclusivité dangereuse. Tout cela est au niveau personnel... Mais l'auteur développe aussi ce sujet à la dimension sociétale (avec la découverte du pétrole au Venezuela etc).
Bref, un texte puissant et simple et divertissant à la fois, comme déterre d'une autre époque (comme un trésor, on y revient !) et qui dit tant sur l'humanité en 200 pages. Une belle leçon de vie et d'amour. Et qui dit aussi que l'Histoire est un éternel recommencement ! A lire sans hésiter !
L'histoire : L'Israël dessinée dans les médias, trop souvent réduite au conflit israélo-palestinien qui exacerbe le monde entier ne correspond pas toujours à l'Israël de Michel Kichka dont il connaît le peuple, Falafel sauce piquante est le récit autobiographique romancé de son rapport à ce pays. Quarante et une années de vie adulte à Jérusalem racontées à travers ses rencontres, ses souvenirs, les événements politiques, une vie dans une Terre de conflits, mais aussi Terre de miracles.
Tentation : Pitch et couv
Fournisseur : Bib N°1
Mon humble avis : Encore (un encore qui ne signifie point une quelconque lassitude hein !) une très bonne BD, dans la veine des Guy Delisle et autres confrères de bulles !
Une autobiographie d'un jeune belge juif d'origine polonaise... qui fait très jeune son alyah en terre promise. Récit sur 40 ans... Donc une période bien plus longue que celle que les albums graphiques offrent habituellement, qui permet vraiment d'approfondir le sujet et de suivre l'Histoire du pays, Histoire toujours un peu compliquée à comprendre lorsqu'il s'agit du Moyen Orient et donc d'Israël entre autre. Michel Kichka nous offre donc 40 ans de vie personnelle et de citoyen d'Israël de l'intérieur, le tout avec toujours deux cultures : celle de naissance et celle d'adoption, le tout avec une certaine neutralité et un appel à la paix. L'art, le dessin, la BD étant une arme pacifique pour prôner la paix, le vivre ensemble et lutter contre les guerres et leurs dégâts... dans une région en conflit quasi permanent.
Avant son installation en Israël, Michel Kichka connaissait déjà Israël, suite à plusieurs séjours estivaux là-bas, notamment dans des kibboutz où il rejoignait sa soeur ayant déjà fait son aliah. Aussi, se pense-t-il prêt pour traverser la Méditerranée. Mais sur place, c'est tout de même le choc des cultures, l'apprentissage de l'hébreu, des us et coutumes, ce qui donne bien sûr lieu à de savoureuses situations très comiques et pour nous lecteurs, l'occasion d'appréhender un peu mieux ce qu'est la vie en Israël... Une mentalité assez zen mais le stress d'une guerre toujours imminente... et qui arrive. Lorsque c'est le cas, notre auteur a bien vieilli puisque ce sont ses fils qui partent au front.
Bref, on suit toute cette vie intéressante et chaleureuse, grave mais choisie jusqu'à aborder la célébrité mondiale de l'auteur en tant que Bédétiste et surtout, dessinateur de presse, qui parcourt salons et conférences de par la planète avec des messages de tolérance et des espoirs de paix, notamment via l'association "Cartooning for peace" avec Plantu.
Le tout est servi par des dessins très agréables, colorés. Bref, une BD qui instruit avec plaisir, mais qui mérite tout de même une certaine concentration pour bien saisir et replacer le contexte géopolitique qui veille dans notre mémoire abreuvée d'images et d'articles médiatiques qui font que "j'y pense et puis j'oublie"...
A lire évidemment, pour ceux qui ont la curiosité de l'ailleurs et de l'autrement !
L'histoire : Les gratitudes, ce sont les vrais mercis, ceux qui dépassent les mercis de courtoisie, de politesse, d'habitude. Ce sont ces mercis que l'on devrait dire à celles et ceux qui, par leur rencontre et leur action, au delà du "petit" service, ont vraiment changé notre vie. Ces mercis que l'on tait parfois par gêne, où que l'on aimerait dire alors qu'il est trop tard.
Michka vient de décéder en EPADH. Marie, sa jeune voisine, raconte Michka, leur relation, sa vieillesse avec les mots qui disparaissent, la perte de repaires, et la gratitude urgente qui ronge Michka.
Tentation : Ben, un de Vigan, c'est incontournable !
Fournisseur : Kdo de ma Maman.
Que reste-t-il lorsque les mots s'envolent ?
Mon humble avis : Une fois de plus, Delphine de Vigan m'a touchée en plein coeur, avec simplicité, justesse, pudeur, finesse et beaucoup de tendresse sur un sujet douloureux, qui nous a tous concerné (via la perte d'un être cher) ou nous concernera tous un jour où l'autre, lorsque viendra notre tour... Celui de la fin de vie... Mais avant cette fin redoutée puis salvatrice, il y a l'amoindrissement des capacités, la vieillesse, le cerveau qui fonctionne moins vite ou plus très bien, la dépendance et ici, le sujet central... Les mots qui s'envolent, qui disparaissent, qui se confondent... Ce que l'on nomme l'aphasie. Que reste-t-il sans les mots ? Comment échanger, comment se faire comprendre, comment communiquer ? La mise en mots de cette disparation est magistralement décrite par Delphine de Vigan à travers le personnage si attachant de Michka.... mais aussi à travers celui de Jérôme, son orthophoniste et de Marie, jeune voisine de Michka qui vient souvent lui rendre visite. Dans Marie, on peut aisément retrouver des pans de vie de l'auteure elle-même. Aussi, peut-être Michka a-t-elle réellement existé, et ce roman, l'expression d'une réelle gratitude que la fuite du temps n'a pas rendu possible au bon moment. Ce sont Marie et Jérôme qui racontent chacun leur tour Michka, la Michka qu'ils connaissent.
Mais cette fin de vie n'est point l'unique sujet de ce roman magnifique... Il y a évidemment ces gratitudes que l'on manifeste, et celle qui sont restées enfouies et tues, avec l'urgence de les partager...
Michka est hantée par une gratitude qu'elle n'a pas pu exprimer. Enfant juive, durant la deuxième Guerre Mondiale, elle a été cachée par deux paysans durant plusieurs années. D'eux, elle n'a que deux prénoms, deux prénoms qui lui ont sauvé la vie et qu'elle n'a jamais pu remercier.
Marie éprouve tendresse et gratitude envers Michka qui a agrémenté et allégé son enfance lorsque sa propre mère se faisait défaillante.
Et puis il y a Jérôme, l'orthophoniste, qui travaille avec les mots et les silences, et qui se prend réellement d'affection pour Michka.
Ces trois personnages ont un point commun... une blessure de l'enfance. De celles qui marquent à jamais...
Bon, je réalise en relisant mes mots que je patauge pour exprimer à quel point j'ai aimé ce roman qui est tout en dignité, émotion, poésie mais sans pathos. Et, surtout, en toute simplicité, ce qui pour moi est un point positif par rapport aux deux ouvrages précédents de l'auteure... Simplicité et humanité, voilà ce qui définit ce court roman.
Quant à nos propres gratitudes... Forcément, on y réfléchit au cours de notre lecture... Je pense, j'espère avoir exprimé les miennes au bon moment... Ces bras et mains ouvertes qui changent votre vie, ou qui permettent de la maintenir telle qu'elle était malgré les accidents... Je pense souvent à Ludo et Laurence, mes chefs chez Nouvelles Frontières, qui ont tout fait pour que je garde mon poste après mon AVC... Jusqu'à me dire, à certains moments : "si tu ne te sens pas venir travailler, tu ne viens pas mais tu nous préviens pour qu'on ne s'inquiète pas de ton absence". Vous en connaissez beaucoup vous, des chefs comme ça ?
Je pense aussi à Magali, qui sans me connaitre, a proposé de m'accueillir chez elle en Guadeloupe pour que je puisse chercher du travail sur place.
Je pense aussi à Hannelore et José, mes amis de Guadeloupe aussi, qui m'ont invité à squatter chez eux 3 mois, le temps que je m'organise etc...
Je pense à l'équipe médicale de St Philibert à Lille qui m'a sauvé la vie
Je pense aux personnes qui spontanément, m'ont aidé à retrouver mon Praslin il y a quelques années.
La liste est longue en fait... Mais honnêtement, je pense être en paix avec moi-même car ces gratitudes, je n'ai jamais eu la pudeur de les taire. Au contraire... Et souvent à l'étonnement des bénéficiaires, qui ne comprennent pas toujours ces reconnaissances de gratitudes, tant ce qu'ils ont fait pour moi leur semble normal.