Publié le 8 Novembre 2011

Synopsis :  A la suite d’un accident de parapente, Philippe, riche aristocrate, engage comme aide à domicile Driss, un jeune de banlieue tout juste sorti de prison. Bref la personne la moins adaptée pour le job. Ensemble ils vont faire cohabiter Vivaldi et Earth Wind and Fire, le verbe et la vanne, les costumes et les bas de survêtement… Deux univers vont se télescoper, s’apprivoiser, pour donner naissance à une amitié aussi dingue, drôle et forte qu’inattendue, une relation unique qui fera des étincelles et qui les rendra… Intouchables.

 

 

 

 

Avec François Cluzet, Omar Sy, Anne Le Ny

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : Ah ! Comme j'aime le cinéma. Autant d'émotions, de rires et de bonne humeur en deux heures de temps, il n'y a que dans les salles obscures que l'on trouve cela. C'est vrai que la vie ne donne hélas pas tant d'occasions d'éclater de rire que ça, même si elle n'est pas forcément dramatique à souhait. Alors que le cinéma, d'un fond dramatique pire que ce que la plupart d'entre nous pourrait imaginer supporter vivre,  fait une leçon d'humour, un concentré de rire. Cette comédie qui n'oublie pas cependant de faire passer quelques messages,  ne passe pas sur la grave, le montre d'un autre angle qui fait que l'on en oublie de fermer les yeux sur une réalité qui pourrait déranger.

Intouchables est l'adaption d'une histoire vraie. D'un homme richissime et tétraplégique, et d'un jeune bipède qui tient bien debout, qui n'a pas la langue dans sa poche et qui ne voit jamais où est le problème. Et là, c'est la rencontre de ses deux hommes, chacun apportant à l'autre ce qu'il n'a pas. Au fil du temps, il va se créer plus qu'une complicité, plus encore que de l'affection, une véritable amitié où l'on s'écoute et où l'on s'amuse.
Ce film est drôlissime, et c'est voulu par l'homme qui l'inspire. Le duo improbable est génialement interprété. Omar Sy éparpille sa bonne humeur dans chaque réplique ou presque et décoince tout un petit monde aristocrate. François Cluzet, cloué dans son fauteuil, ne joue qu'avec son visage et le son de sa voix. Et s'est bluffant. Encore un rôle qui mériterait un César. Les dialogues sont aux petits oignons,hilarants mais émincés. Comme un oignon, ils peuvent vous amener quelques larmes mais aussi le remède à ces larmes : le rire. Et ce film rit de tout ou presque, sans que ce soit jamais vulgaire, sans que cela soit graveleux, lourds ou déplacés. De la finesse. Pas d'apitoiement. D'ailleurs, c'est ce qui fait que Philippe embauche Driss : il n'a pas pitié de lui, il le regarde comme un homme normal et oublie même son handicap. Même s'il y a de vrais violons dans la film, les gros violons ne sont jamais de sortie. Non, ce film est touchant et très drôle. Il fait un bien énorme et sa bande originale donne bien souvent l'envie de se lever, de danser et de frapper dans les mains ! C'est un film parfait qui s'est achevé sous les applaudissements de la salle ! Si je n'avais eu une semaine aussi chargée, je serais bien retourner le voir immédiatement.

Alors Intouchables rime incontournable !

Intouchables rime aussi avec impardonnables, ce que vous serez si vous n'allez pas voir ce film.

Et si vous ne voyez pas intouchables, vous serez aussi inconsolables !

Mémorable, sera le moment que vous passerez !

Bon, ça y'est, convaincus, je peux m'arrêter là ?!!!

 

 

Voici la bande annonce... Attention, elle annonce une comédie bien sympa or ce film est bien plus que cela... Peut-être bien la comédie de l'année !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 6 Novembre 2011

Thriller - Editions Phoenix - 221 pages - 19 €

 

 

Parution le 7 novembre 2011 (donc demain !)

 

 

 

L'histoire : Cindy, une jeune danseuse, se fait assassiner chez elle en pleine nuit, d'une balle qui laisse une trace de sang sur son T.Shirt. Réveillé, Cédric, son amant, s'enfuit, pour se faire enlever quelques heures plus tard. C'est le lieutenant d'origine Sénégalaise Mbaye qui est chargé de l'affaire... avant que son propre appartement explose... Il réalise alors que certaines choses le dépassent, et qu'il s'approche dangereusement du secret d'Etat...

 

 

 

 

Tentation : La couv, le pitch et l'évocation du Sénégal...

Fournisseur : Gilles Paris, merci pour l'envoi

 

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : Voici un thriller drôlement original, qui sort des sentiers battus, pour la bonne et simple raison que l'on en sort joyeux, de bonne humeur, et presque rassurée sur la nature humaine. Avouez que cela n'arrive pas tous les jours !

A bien y réfléchir, la matière première de ce roman est le meilleur de ce que l'homme peut donner, là où les thrillers classiques vont décortiquer le monstre qui pourrait surgir de chacun de nous !

L'affaire Flamenco est un vrai plaisir de lecture, une lecture qu'on lit tranquillement, sereinement, mais avidemment bien sûr. La vie m'a fait lire la première moitié de façon hachurée, mais la deuxième moitié fut lue d'une traite lors d'une soirée consacrée et réservée rien que pour ce livre !

Très vite, on comprend que l'on a affaire aux plus hauts secrets de l'Etat. Quelques indications intéressantes sont données sur les services de protections du territoires, protection intérieure ou extérieure, bref, les différents services secrets qui fusionnent comme les grandes entreprises ! Mais ici, Richard Joffo évoque l'existence de "La cellule".... Seule une poignée de personnes haut placées connaît l'existence de ce service qui solutionne et exécute ce qui officiellement n'existe pas.... Et j'avoue que c'est assez fascinant, car on se dit qu'il y a de fortes chances pour que ce genre d'unité secrète existe. En tout cas, ce roman est bien documenté sur ce sujet, sans que cela ne devienne un cours magistral.

L'intrigue est excellente et ne manque pas de rebondissements que l'on ne voit pas venir. On stresse, il y a quelques cadavres semés en route, un peu de torture ne nuit pas au suspens... Mais tout cela n'est pas décrit avec une insistance répugnante.Certes, il y a un côté manichéen dans l'histoire, mais en même temps, cela donne une souplesse à ce livre. Les personnages sont vraiment attachants (les gentils hein ! Bien sûr que les méchants, ils nous font peur). Richard Joffo nous offre une plongée divine dans la communauté africaine de Paris, communauté souvent constituée de sans papier, communauté où règne certaines lois Africaines, comme le respect et l'écoute de l'Ancien, communauté où l'entraide et le réseau protègent de tout, et communauté où les effluves culinaires ouvrent l'appétit. Manifestement l'auteur aime l'Afrique et sa cuisine et partage avec nous quelques bonnes recettes, et une atmosphère chaleureuse si agréable.

Enfin, comme l'Affaire Flamenco est classée secret d'Etat niveau extrême, inutile de vous dire que nous approchons de très près Monsieur le Président et la première dame et que les descriptions sont délectables, sans jamais nommer personne bien sûr !. Mais je ne pense pas que "toute ressemblance avec des personnes existantes soit pure coïncidence". Cela permet de visualiser parfaitement ces personnages !!! D'ailleurs, j'ai vraiment souri devant le talent visionnaire de l'auteur... Il est question d'un chef d'Etat qui s'aplatit devant la Chine (je schématise !) et je termine ce livre le lendemain de l'allocution du président à la télévision...que je n'ai pas regardée... Les résumés du lendemain disent qu'en gros, la Chine sauve l'Europe... Donc, thriller très contemporain !!!

A part une petite réserve sur la mise en page qui m'a quelque peu désarçonnée (interlignes très larges, des lignes très courtes, on va très souvent à la ligne, ce qui donne un texte souvent très aéré, forme inhabituelle pour nos yeux), je dois dire que cette lecture fut un régal. En fait, cette intrigue prend presque naissance en Chine, se déroule en France pour s'achever dans un coup de théâre au Sénégal. Les drapeaux de la Chine et du Sénégal figurant sur la couverture, on se doute qu'un lien va apparaître au fil des pages... Et le lien n'est pas forcément là où on l'imagine.

L'affaire Flamenco est vraiment un chouette thriller, très divertissant, qui fait voyager aussi bien à Clichy qu'à Dakar et qui surtout, redonne ses lettres de noblesse à ce mot tout simple : la solidarité !

 

 

Challenge Thriller

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Thrillers - polars français

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Publié le 4 Novembre 2011

Synopsis : Stephen Meyers est le jeune mais déjà très expérimenté conseiller de campagne du gouverneur Morris, qui se prépare pour les élections à la présidence américaine. Idéaliste et décidé à faire honnêtement tout ce qu’il peut pour faire gagner celui qu’il considère sincèrement comme le meilleur candidat, Stephen s’engage totalement. Pourtant, face aux manipulations et aux coups tordus qui se multiplient vite, Stephen va devoir faire évoluer sa façon de travailler et de voir les choses. Entre tentations et désillusions, les arcanes du pouvoir le transforment…

 

 

Avec George Clooney, Ryan Gosling, Evan Rachel Wood

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : J'ai vu ce film en VOST, ce qui n'est peut-être pas une bonne idée car les dialogues sont nombreux, rapides, les situations alentours pas forcément explicites... Pas d'action et d'explosion ou de scènes langoureuses pour vous confirmer ce que vous soupçonnez avoir compris... Suis-je claire ? Je ne sais pas.

Toujours est il que durant la première moitié du film, j'ai vraiment peiné pour y voir clair, pour distinguer le rôle des uns et des autres et surtout pour capter avec certitude de quel autre personnage il est question au coeur d'un dialogue entre deux autres. Il faut dire que George ne nous aide pas beaucoup et semble avoir oublié que tout son public n'est pas spécialiste du système politique des USA. En effet, les personnages sont tantôt nommés par leur fonction (sénateur, gouverneur etc....), tantôt par leur nom, sinon leur prénom, voire encore leur surnom. Donc immersion difficile dans le film qui nous montre les coulisses de l'accession au pouvoir américain (on peut supposer que certaines méthodes françaises doivent s'en inspirer aussi....). La première partie évoque donc surtout des stratégies politiques pour gagner de l'influence, des voix, des soutiens, des fonds, un Etat, les élections, le bureau oval. Bien sûr, on ne se faisait déjà plus d'illusion sur ce milieu, donc on ne ressort pas de "Les marches du pouvoir" déçu par la nature humaine, par nos dirigeants, par le "gap" (traduire l'immense écart !)entre leurs discours et leurs comportements personnels). On apprend rien de nouveau.

La deuxième partie est plus intéressante, et ressemblerait presque à un  thriller, mais hélas, cette forme n'est pas exploitée. Ici, il s'agit plus du comportement humain, de la manipulation, de l'hypocrisie et de stratégie individuelle pour rester dans la course, voir doubler tout le monde, quitte à oublier nos idéaux fondamentaux. Cette partie, je la juge plus captivante car chacun pourrait l'adapter à son vécu, à son milieu, à son environnement professionnel, et à son questionnement intérieur : jusqu'où irai-je pour me protéger moi même, ou juste pour réussir.

Hélas cet aspect du film est vite interrompu par un générique de fin qui laisse un peu sur sa faim.

Ce film se laisse regarder, certains passages se savourent. Mais l'ensemble n'offre rien de nouveau et sera, je pense, vite oublié.

George, il faut qu'on parle.... tes films me déçoivent souvent. Et ton charisme indéniable ne suffit pas à faire un bon film. En fait, je te préfère nettement dans les pub Nespresso. Mais dis, tu peux faire mieux non ? (Je note cette phrase consciente du danger que j'encours... je connais l'effet de George sur certaines de mes lectrices). Oui, à Rennes, dans mon groupe de cinéphiles, George Clooney est un mythe, une légende, un Dieu... Il n'empêche, force est de constater que George n'est vraiment pas infaillible !

Pas très bonne pioche pour cette séance, c'est pas bien grave, je vais me rattrapper dans quelques jours.

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 2 Novembre 2011

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Il y a quelques jours, à l'Espace Ouest France de Rennes, c'était rencontre avec Frédéric Beigbeder, à l'initiative de la librairie Le Failler.

Frédéric Beigbder est : auteur, éditeur, critique littéraire, chroniqueur radio, TV, presse écrite, animateur TV, dandy, people, (ex ?) noceur, trublion et (ex ?) provocateur. Il laisse rarement indifférent, on aime ou on déteste. Moi, j'aime.

 

Cette rencontre fut sous le signe de la détente. C'est un auteur détendu, souriant, accessible, drôle, volubile qui est apparu. Ce fut vraiment un chouette moment dans la lus pure tradition Beigbedienne, ponctué par les rires d'un public en délire. La salle débordait !!! Je me suis régalée !

 

 

D'ailleurs, en s'asseyant tout en regardant la salle, s'est exclamé :

"c'est cool, ce serait tellement flippant si la salle était vide !"

 

 

 

 

 

 

Voici donc mon compte rendu de cette rencontre qui, sous le signe de la bonne humeur, était pour l'auteur l'occasion de présenter son nouveau livre : "Premier bilan après l'apocalypse", dans lequel il dresse la liste de SES cent romans incontournables !

 

 

 

 

FB : Cela fait 20 ans, même un peu plus malheureusement, que j'écris. Mon premier roman est paru en 1990. Ce ne nous rajeunit pas.

 

Le journaliste : Votre oeuvre est un cri d'amour pour une centaine de livres...

FB : Qui suis-je ? Je ne suis qu'amour, je suis Jésus, je suis là pour toi, mon corps livré pour toi, complètement mégalo !

En fait, pour moi, ce livre est une reconnaissance de dette envers les écrivains qui m'ont formé et sans qui je n'écrirais pas. Comme en critique avec le "Je", je m'engage personnellement. C'est donc un livre profondément narcissique, égoïste et intime. C'est ainsi que je l'ai voulu ! "

 

 

Le journaliste : Quel est l'origine de l'idée de cette bibliothèque idéale ?

FB : Il y a dix ans, suite à un sondage, est paru la liste des 50 livres du siècle. Dix ans plus tard, j'ai voulu faire ma propre liste, plus personnelle, avec des livres peut-être moins essentiels. Même si cette fameuse première liste des 50 était bonne, ce n'était pas la mienne.

 

 

Le journaliste : Vivons nous la mort du livre ?

FB : J'en ai bien l'impression. J'espère me tromper dans mes propos paranoïaques. Je suis un passéiste, j'aime les choses très démodées, je suis passé dans le camps des anciens combattants, même si j'ai été un progressiste !

Croire que la littérature peut être dématérialisée en passant au livre numérique, (téléchargeable.... copiable....), c'est lui faire du mal, c'est faire disparaître notre histoire, notre humanité. Aux USA, les livres numériques représentent déjà 25% du marché. On prend le chemin de la musique, de la disparition d'une industrie. Regardez la taille minuscule du rayon disques à la Fnac... Je ne suis pas un prophète, mais je ne veux pas voir disparaître les librairies, les bibliothèques, les éditeurs, même si ces derniers sont insupportables !!!

Un certain nombre des livres de ma liste n'est déjà plus disponible sur papier.

 

 

Le journaliste : Comment s'est fait le choix des 100 titres ?

FB : Ce fut un casse tête très douloureux pour choisir. Je suis du signe de la vierge, et les vierges font beaucoup de listes ! On m'a reproché d'avoir mis des copains dans ma liste. Mais ce sont des gens que j'ai rencontrer d'abord comme auteur avant de devenir pote avec eux.

Mais trop d'auteurs sont absents de ma liste. D'ailleurs, j'aimerais déjà la modifier et j'envisage de devenir le guide Michelin de la littérature ! Avec une édition chaque année sur la nourriture spirituelle !

Il est urgent de dire que la littérature est d'abord un plaisir. On peut lire un auteur parce qu'on le trouve beau ! Ça peut être plus excitant de lire un auteur beau que de compter les pieds et les allitérations dans un autre livre.

Il y a beaucoup d'auteurs vivants dans ma liste. Car il faut défendre ceux qui travaillent aujourd'hui et présentent une littérature qui est parfois insolente. Les auteurs vivants, on peut les rencontrer, les aimer, les interroger, les détester, coucher avec, ce qui est impossible avec Sagan ou Colette !

 

 

Le journaliste : Etes vous plus amoureux des auteurs que des livres ?

FB : Je ne dissocie pas le livre de l'auteur.

 

 

Le journaliste : Vous êtes attirés par des auteurs qui ont des failures fortes, plutôt trash ? Est-ce une fascination ?

FB : " Les gens heureux me font chier" (citation de... Je ne sais plus, ça c'est moi, géraldine qui le dit !). j'ai un goût pour les gens à problème, les drogués, les alcooliques, les malades mentaux... On écrit mieux quand on va mal.

J'ai commencé à lire des auteurs comme Bukowski pour des mauvaises raisons, par ce qu'il y a là dedans de la désobéissance..

Maintenant, on est pas obligé de lire mon livre en entier !

 

 

Le journaliste : Vous transmettez le goût que vous avez des livres ?

FB : J'essaie d'agir par contagion, alors je n'y vais pas par le dos de la cuillère.


 

Le journaliste : Plus le livre est connu, plus vous êtes sobre... Comme avec Hemingway par exemple...

FB : Sobre avec Hemingway, pas évident vu tout ce qu'il a bu !

Mais par exemple, la place de San Antonio n'est pas un hasard. Sa place logique était la 69 ème !

Avec l'humour, on désacralise et on peut partager un goût pour un écrivain sérieux. Si cette approche ludique peut nous guérir de notre timidité envers les grands chefs d'oeuvre, ce serait bien. Les classiques, les chefs d'oeuvre, il faut les traiter comme s'ils étaient sortis hier matin !

 

 

Le journaliste : L'auteur est il toujours aussi libre qu'avant ?

FB : J'ai toujours eu des problèmes quand j'ai publié des livres : censure, licenciement, problèmes avec des proches...

Dans les années 60, la liberté croissait, maintenant, elle a tendance à diminuer. C'est en tous cas mon impression. On ne peut plus lire et vivre aussi librement qu'avant.

 

 

Le journaliste : Votre prochain roman ?

FB : J'ai tourné un film que je suis en train de monter (L'amour dure 3 ans, de son roman éponyme, sortie prévue en janvier NDLR). C'est une autre langue, c'est comme ci j'avais écrit en Japonnais. D'un seul coup, je n'étais plus seul, j'avais une équipe autour de moi ! Au niveau livre, pas la moindre idée pour l'instant. D'ailleurs, toute idée est la bienvenue !

 

 

Question du public : Préférez vous lire ou écrire ?

FB : Lire ! Je n'aime pas trop écrire ! Je suis tellement fainéant ! Je me mets à écrire quand j'en ai marre de lire les livres des autres ou quand je ne trouve pas le livre que je veux en me disant : "il faut encore que je fasse le boulot "!

 

 

Ma question : Combien de livres lisez vous par mois ou par an ?

FB : Je lis déjà un livre par semaine pour ma chronique au figaro par "obligation". j'ai le luxe d'être payé pour lire. Mais je dirais entre 80 et 100 livres par ans.

 

 

Je continue ici ma collection de photos "effets de mains d'auteurs"...

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Auteurs : rencontres et conférences

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Publié le 1 Novembre 2011

 

 

Ô rage, au désespoir !

 

Rappelez vous, l'année dernière, j'écrivais une lettre à mon auteur fétiche, Amélie Nothomb, dans laquelle je lui demandais une interview pour mon blog, lui posant directement les questions pour aller droit au but !

 

Quelques jours plus tard, à 08h15, mon téléphone a sonné et cela a donné ceci :" Oui, bonjour ici Amélie Nothomb"... qui devant mon silence abasourdi, a cru bon d'ajouter :"l'écrivain"!

 

Le résultat de cet échange est là :  http://cdcoeurs.over-blog.net/article-amelie-nothomb-interview-exclusive-57661583.html

 

Suite à cela, je réécrivais une lettre à Amélie pour la remercier pour sa gentillesse, sa disponibilité....

Quelques jours plus tard, mes collègues me hurlent : ton portable sonne ! Le temps que j'arrive, trop tard !

C'était Amélie Nothomb qui remplissait ma boite vocale pour me remercier de l'avoir remercier....

 

3 mois plus tard, j'envoie une carte postale à mon écrivain et reprends la première page de son roman de l'année dernière : sans doute la première lettre de fan que vous recevez du Sri Lanka...

 

Quelques jours après mon retour, dans ma boite aux lettres, une enveloppe au logo Albin Michel....

Oui, c'était bien la première carte du Sri Lanka, mille merci, meilleurs voeux à vous, dans l'espoir de vous rencontrer (blabla perso que je ne publie pas....), signé : Amélie.

 

 

Arrive la rentrée littéraire 2011 :

Bien entendu, je lis "tuer le père".

Me voici en voyage en Turquie.... et je poste ma petite carte postale pour Amélie Nothomb...

La semaine dernière, dans ma BAL, l'écriture que je commence à bien reconnaitre. Amélie m'annonce qu'elle vient à Rennes le 9/11 et qu'elle me rencontrerait avec plaisir....

 

et j'en viens à mon titre, ô rage, ô désespoir.... Quand Amélie Nothomb vient à Rennes.... je serai à Bordeaux et quand Amélie ira à Bordeaux, je serai de retour à Rennes.

 

Je reprends aussitôt ma plume pour partager avec elle ma désespérance et lui dire que non, je ne la fuis pas mais que la rencontre sera pour une autre fois....

 

Dernier épisode : hier....

Au travail, je suis préoccupée par une histoire de visa Jordanien pour une cliente... J'en parle avec une collègue qui me dit "ton téléphone sonne". "Impossible, je l'ai mis en pause", pensant qu'elle évoquait mon poste pro.... "Non, ton portable".... Et encore une fois, le temps que j'arrive trop tard....

Je découvre le message.... Bonjour Géraldine, c'est Amélie Nothomb, ah comme vous, je suis déçue, je penserais bien à vous lors de votre séjour à Bordeaux, je suis touchée que,  etc etc.... bref, là c'est perso !!!!

 

J'ai encore loupé Amélie Nothomb à cause des opérateurs téléphoniques qui disent qu'il est dangereux pour l'oreille d'avoir une sonnerie trop forte ! Ben oui, faut bien un coupable !!!

 

Voilà, je voulais partager avec vous ce qui est autant une joie qu'une désespérance !

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Les livres - mon blog et moi

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Publié le 31 Octobre 2011

Synopsis :  Dans la petite ville de Jackson, Mississippi, durant les années 60, trois femmes que tout devait opposer vont nouer une incroyable amitié. Elles sont liées par un projet secret qui les met toutes en danger, l’écriture d’un livre qui remet en cause les conventions sociales les plus sensibles de leur époque. De cette alliance improbable va naître une solidarité extraordinaire. À travers leur engagement, chacune va trouver le courage de bouleverser l’ordre établi, et d’affronter tous les habitants de la ville qui refusent le vent du changement...

 

 

Avec Emma Stone, Octavia Spencer, Viola Davis, Jessica Chastain....

 

  

 

D'après le livre éponyme, La couleur des sentiments, best seller de Kathryn Stockett, paru sous le titre original "The Help"

 

 

 

 

  

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Mon humble avis :Je n'ai pas lu le livre, donc je ne peux me lancer dans une comparaison avec l'oeuvre originale. Par contre, pour une fois, le film me donne fichtrement envie de lire le livre. Alors qu'en général je me dis, "plus la peine de lire le livre, je connais l'histoire". Ce film dure 2h20. Lorsque le générique de fin a assombri l'écran, j'avais l'impression de n'être dans mon confortable fauteuil rouge que depuis une heure. On ne voit pas le temps passer en compagnie de toutes ces femmes d'une autre époque... et pourtant, d'une époque pas si lointaine que ça quand on y pense. Une époque presque contemporaine... Dix ans plus tard ou presque, je naissais... Et c'est ça qui fait froid dans le dos, pas ma naissance (quoique), mais que ces injustices et ce racisme primaire soient si proches de nous historiquement parlant et qu'ils n'aient certainement pas encore complètement disparu de l'esprit de tous... Le racisme était alors légal...et s'appelait le ségrégationnisme. Ne pas l'être pouvait vous mener en prison, ou en tout cas, en gros problème avec la loi et la "justice"

En regardant ce film, j'ai pensé à la chanson de JJ. Goldman "Et si j'étais né en 17 à "Leischentat"... Bref, comment aurais-été si j'étais née à cette époque. J'ose croire que j'aurais été du bon côté, celui des révoltés, des indignés, celui des en colère, des dégoûtés... Puisque c'est ainsi que je suis, même si je l'avoue, ma révolte et mes indignations sont souvent passives et ne dépassent pas une conversation ou quelques écrits sur ce blog...

Ce film parle de la révoltante condition des femmes noires américaines qui étaient "bonnes et nourrices chez les riches". Aucun droit social, aucun respect ni reconnaissance de la part de leurs employeurs, une exploitation pour un salaire de misère, une humiliation et un racisme délirants et le Ku Klux Klan qui n'est jamais loin. C'était encore l'époque où des lieux étaient interdit aux Hommes de couleurs... La couleur des sentiments donnent la parole à ces femmes.

Ce film est magistralement réalisé et interprété. Pas de manichéisme forcé, puisque par quelques personnages exemplaires mais hélas rares, le film montre bien que tout le monde n'était pas à mettre dans le même panier. Il y avait  tout de même des gens qui s'interrogeait sur ce que le monde leur imposait comme système de pensée, d'autres qui ne se posent pas de questions car blanc ou noir, où est la différence ! Hélas, ces personnages sont minoritaires face à ses mégères détestables du Mississippi d'alors. Le sujet est grave mais heureusement, certaines situations permettent des rires sincères qui ne sont pas déplacés. L'humour est présent donc nous ne sommes pas dans un mélo de 2h20 faisant sans cesse appel aux bons sentiments. Non, loin de là ! Et puis il y a les regards malicieux de l'une devant l'inquiétude de l'autre.

Lorsque je parcours les critiques presses, je suis surprise de leur enthousiasme si frileux et surtout, je suis choquée... La plupart d'entre elles encense les actrices... blanches et oublie souvent les véritables héroïnes de ce film, les actrices noires qui donnent toutes les dimensions du film, leurs tripes, leur histoire, leur âme... Peu de ces critiques semblent avoir retenu les noms d'Octavia Spencer et de Viola Davis, entre autre. Il semble qu'au niveau reconnaissance à talent égal, le monde du journalisme rechigne encore à traiter les acteurs de couleurs avec la même admiration que leurs collègues blanches... Il y a encore du chemin à parcourir il me semble. Un président noir à la tête des Etats-Unis d'Amérique, environ 50 après l'époque de ce film est déjà une sacrée victoire, mais la route n'est pas terminée.

En attendant, ce film est à voir. C'est encore un film intense, riche, nécessaire, qui sait émouvoir (hou les yeux rouges des copines !) et amuser aussi. Un film qui révolte mais qui fait passer un grand moment de cinéma. Chapeau !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 29 Octobre 2011

Roman - Editions J.C Lattès - 437 pages - 19 €

 

 

Parution en août 2011

 

RENTREE LITTERAIRE SEPT 2011

 

 

L'histoire : En 2008, Delphine de Vigan retrouve sa mère morte. Suicidée après des années de yoyo.... Lucille avait été diagnostiquée bipolaire à l'âge de 30 ans...

Le besoin d'écrire sur sa mère est devenu alors aussi incontournable que douloureux. Ce sont des mois d'enquête auprès des membres de sa famille qui ont aidé Delphine de Vigan àdresser ce portrait de sa mère, depuis sa petite enfance jusqu'au geste fatal. Un portrait de famille en même temps, une famille de silence et marquée par la fatalité (plusieurs décès d'enfants, de suicides...) Et au milieu de tout cela, Delphine et sa soeur qui grandissent trop vite au grè des crises de folies et des internements de leur mère.

Ce n'est pas un roman, mais c'est construit comme tel. Et c'est une vérité, celle de l'auteur et pas forcément La vérité. Beaucoup d'amour, de questions, et de douleur, le tout en pudeur;

 

 

 

 

 

 

Tentation  : Un nouveau livre de Dephine de Vigan est incontourable !

Fournisseur :Price Ministerpour la match de la rentrée, merci pour l'envoi ! Et merci à Rémi Gonseau qui a du s'arracher les cheveux pour envoyer les bons livres au bonnes personnes !

 http://www.priceminister.com/blog/les-matchs-de-la-rentree-litteraire-blogueurs-a-vos-livres-1334

 

 

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Mon humble avis :Après une longue enquête auprès de ces oncles et tantes, des écoutes de cassettes, des visionages de film, des lectures de lettres retrouvées, Delphine de Vigan dresse ici son portrait de sa mère et livre ainsi son manuscritle plus intime. Il n'est de roman que la forme narrative et la construction, remarquable d'ailleurs, de ce livre : Alternance de souvenirs et de faits qui ont traversé la famille Poirier et d'intervention de l'auteur. Delphine de Vigan confie alors ses doutes sur sa légitimité face à ce projet, ses difficultés dans la rédaction de souvenirs qui ne sont parfois pas les siens, de la crainte de s'éloigner de sa mère à trop vouloir s'en approcher, de la trahir.

La première partie, l'enfance et l'adolesence de Lucille, est plus descriptive. Delphine de Vigan n'était pas née. Au début, je me suis même amusée à comparer cette famille à celle de ma soeur qui comporte aussi 9 enfants. Mais les similitudes s'arrêtent là car Dieu soit loué, la tragédie ne s'acharne pas chez ma soeur. Alors que chez les Poirier, c'est une autre histoire. En remontant si loin dans la vie de sa mère, Delphine de Vigan souhaite découvrir si , oui ou non, sa mère était prédestinée à la vie et la maladie qu'elle a vécu, si un événement précis l'a ammenée, des années plus tard, au geste fatal.

La deuxième partie est plus émotionnelle, Delphine de Vigan est présente dans la vie de Lucille et témoin. Elle voit, subit, prend en charge, prévient, devine lorsque sa mère va dérailler pour cause de bipolarité. Et là, certains passages sont très durs à supporter. On constate non seulement les effets d'une telle maladie sur le patient, mais aussi les conséquences directes et indirectes sur l'entourage. Franchement, je me demande comment les enfants de Lucille sont parvenus à ce construire tout de même dans un environnement aussi mouvant et destructeur. Chapeau, cela témoigne d'une sacrée force de caractère, de résistance.

Dephine de Vigan ne se "cache" plus dans des personnages comme dans ces romans précédents. Elle raconte sa famille, le meilleur et le pire : les suicides, les maladies, l'inceste.... Le tout avec une certaine pudeur, mais sans voile non plus. Assez de ce silence qui a tellement détruit !

L'écriture est très méticuleuse, comme si chaque mot avait été scrupuleusement pesé avant d'être posé à la place exacte. Manifestement, il s'agit d'un livre thérapeutique pour l'auteur. Après, on adhère ou pas à ce genre littéraire, on se sent parfois gêné ou pas de savoir certaines choses. Cependant, ce livre est avant tout un témoignage sur des choses importantes, sur les dégâts du silence, sur ce qui est tu et qui tue.

J'ai mis 4 étoiles tant ce livre est maîtrise et l'hommage rendu à la mère qui se bat magnifique. Mais il m'a sacrément remuée, voire parfois mise mal à l'aise. Au début, on est presque dans une chronique familiale classique. Et puis, au fil des pages, une boule se forme dans votre ventre et monte, monte jusque dans votre gorge.

Ce n'est pas un livre que j'ai dévoré, tant l'oppression m'a parfois demandé des temps de respiration, et les horreurs que je lisais nécessitaientquelque "digestion". Rien ne s'oppose à la nuit n'est pas pour moi un livre pour lequel on peut déborder d'enthousiasme joyeux. Mais l'émotion et le talent sont là et ce livre peu ordinaire amène la réflexion. C'est une oeuvre qui mérite lecture et succès, l'énorme succès qui le porte.

 

  

 

L'avis de Clara, de Sandrine, de Gambadou, de Mango , de Canel 

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 27 Octobre 2011

Synopsis :  Parce qu’il achète la maquette d’un bateau appelé la Licorne, Tintin, un jeune reporter, se retrouve entraîné dans une fantastique aventure à la recherche d’un fabuleux secret. En enquêtant sur une énigme vieille de plusieurs siècles, il contrarie les plans d’Ivan Ivanovitch Sakharine, un homme diabolique convaincu que Tintin a volé un trésor en rapport avec un pirate nommé Rackham le Rouge. Avec l’aide de Milou, son fidèle petit chien blanc, du capitaine Haddock, un vieux loup de mer au mauvais caractère, et de deux policiers maladroits, Dupond et Dupont, Tintin va parcourir la moitié de la planète, et essayer de se montrer plus malin et plus rapide que ses ennemis, tous lancés dans cette course au trésor à la recherche d’une épave engloutie qui semble receler la clé d’une immense fortune… et une redoutable malédiction. De la haute mer aux sables des déserts d’Afrique, Tintin et ses amis vont affronter mille obstacles, risquer leur vie, et prouver que quand on est prêt à prendre tous les risques, rien ne peutvous arrêter

 

 

 

Film avec Jamie Bell, Daniel Craig, Andy Serkis

 

 

 

 

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Mon humble avis : Ah Steven, qu'avez vous fait de notre Tintin ? C'est à croire que certains patrimoines devraient rester sur leurs terres pour ne pas perdre leur âme !...

Oui, je sais, je vais à contre-courant des critiques tant presse que publiques qui sont plutôt très élogieuses. Certes, au début, l'atmosphère des albums de Tintin est plutôt respectée, avec des petits clins d'oeil qui font sourire et qui donnent espoir. Mais déjà, j'ai été dérangée visuellement par ce mélange de vrais / faux décors, de vrais / faux acteurs. On ne sait plus ce qui tient du réel, du décors en carton pâte ou de l'image de synthèse. Les personnages ressemblent beaucoup à ceux d'Hergé puisqu'ils tous "synthétisés, numérisés" par de gros nez ou des visages allongés, anguleux... Quand on voit Nestor, on le reconnaît au premier coup d'oeil. Mais c'est poussé à un point que Tintin en devient ridiculement lisse. Le visage de l'acteur Jamie Bell est si retouché et numérisé que notre Tintin semble ne pas dépasser les 15 ans et avoir un visage inexpressif, lisse, comme s'il avait abusé du botox. Aucune expression ou presque, pas d'émotion, à part un enthousiasme, toujours le même. J'ai une l'impression que le film avait été tourné sans lui et qu'à la fin, il avait été ajouté à la méthode décalcomanie... Bref, Tintin m'est même apparu "cul-cul", si vous me permettez l'expression. Seul le capitaine Haddock fait plaisir à voir et correspond à nos souvenirs de Tintinophiles.

Parlons du scénario.... Steven a pris beaucoup de libertés puisqu'il a en fait pioché dans au moins 4 albums de Tintin pour construire son histoire. De ce fait, aucune chronologie de l'histoire de Tintin n'est respectée et c'est dommage. Enfin, les effets spéciaux qui servaient à bon escient le début du film sont partis dans une surenchère rocambolesque et inappropriée. Disons qu'il fallait qu'Hollywood montre de quoi ils sont capables in the US !. Cela devient un mélange de pirates des caraïbes, d'Indiana Jones et autres grosses productions... Et pour couronner le tout, Tintin et Haddock arrivent à Moulinsart avec une voiture dont le volant est à droite et dans Moulinsart, les inscriptions murales sont en Anglais... Je suis étonnée que les détenteurs des droits d'Hergé aient accepté une telle liberté d'adaptation. Ce doit être une histoire de gros sous...

J'ai ri une fois, j'ai souri quelques fois et je me suis ennuyée souvent, même si l'on est dans la catégorie divertissement. Par contre, je pense honnêtement que les enfants (à partir de 6 ans) qui ne connaissent pas vraiment Tintin peuvent adorer ce film. Les fans d'Hergé feraient sans doute mieux de s'abstenir. Mais à vous de voir, sapristi, ce n'est point mes petits mots qui vont dicter votre vie, mille milliards de mille sabords !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 25 Octobre 2011

 

Roman - Editions Grasset - 283 pages - 18 €

 

 

 

Parution en janvier 2011

 

   

L'histoire : Week end du 14 juillet. Comme chaque été depuis 16 ans, trois couples et deux de leurs enfants se retrouvent dans la villa de l'un deux. Un week end immuable, des habitudes, des traditions. Le feu d'artifice. Et puis, un garçon étrange qui semble venir de nulle part annonce la mort prochaine du grand pin qui protège tout ce petit monde sur la terrasse. Cet été là, rien ne se passera comme prévu. Ce sera la fin de quelque chose pour tout le monde ou pour chacun ou pour quelques uns.... Allez savoir...

 

 

 

Tentation : La couverture

Fournisseur : La bib' 

 

 

 

 

    

   

 

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Mon humble avis : Encore un billet qui ne sera pas facile à écrire tant j'ai aimé ce livre, sans doute pour des raisons proches de l'intime, même si ce roman peut certainement vous séduire pour d'autres raisons ou les mêmes si l'on se ressemble quelque part.

Ce livre, je le regarde depuis quelques mois. Ce transat libre en bord de mer m'invitait à m'y asseoir, à m'y installer. Même si je n'ai jamais été dupe. Malgré le confort du siège et l'évidente beauté de l'environnement, je savais bien que mes pieds ne reposeraient pas sur un sol doux et délicat comme peut l'être le sable... Mais sur un sol dur, instable, où les angles sont arrondis par le temps, un temps qu'on appelle érosion... des galets...

Je pourrais presque cesser ici ce billet tant cette couverture évoque parfaitement les pages de livre.

Cet été là. J'ai tout aimé dans cette lecture. Je passerai donc sur le style, le rythme etc...

L'atmosphère des week ends prolongés sur la côte, en famille ou entre amis, les virées sur la plage, les parties de tennis, un coucher de soleil, la mer, la plage, tout cela est parfaitement décrit. Chacun arrive et tente de trouver sa place dans une communauté créée pour quelques jours, dans une maison où il n'a pas ses repères, où il n'est qu'invité. Véronique Olmi doit être dotée d'un sens de l'observation extraordinaire pour remarquer et isoler du reste des paroles, des gestes, des regards à priori insignifiants et pourtant lourds de sens.

Cet été là est l'histoire d'une véritable mascarade : les relations amicales, familiales, sociales. Où chacun essaye d'être ce qu'il pense que l'autre attend de lui. Où il faut protéger les apparences. Où il faut se montrer chaleureux, inquiet du bien d'autrui mais abattre un couperet sitôt que l'autre dépasse certaines limites, entre dans l'intime, l'intime qui dérange. Personne ne veut l'intime de l'autre par peur d'être envahi ou de ne pas avoir la réaction adéquate. On veut garantir son confort, ne pas être bousculé, alors qu'on pourrait aussi être aussi rassuré... Et pourtant, c'est dans l''intime (les joies et les peines les plus profondes) que l'autre est, qu'on le connaît réellement et qu'on peut alors dire : j'aime cette personne. Cette personne est mon amie, mon mari, mon fils...

Tout cela est excessivement bien rendu dans ce roman. Chacun des personnages voudrait dire quelque chose d'important sur (ou pour) lui. Plusieurs fois, ils prennent leur élan... Et s'interrompent par peur ou sont systématiquement interrompus par les autres qui, n'écoutant pas, maintiennent la conversation à niveau plus trivial, plus conventionnel. C'est terrifiant de voir à quel point des gens qui se disent amis peuvent ignorer et fuir la vérité de leurs proches.

Chacun de ses 6 adultes se retrouvent face à la fin d'un moment de sa vie, à un tournant parfois invisible mais nécessaire, souvent indépendant de la volonté. Des choix sont à faire. Des décisions à prendre. Bien sûr, le personnage qui m'a le plus touchée est celui de Lola. Bientôt quadra, elle a eu une vie tellement bien remplie qu'elle force l'admiration et l'envie de tous mais se retrouve les mains vides. Et puis cette impression que jusqu'à maintenant, la vie menée  n'était qu'un brouillon et qu'il serait temps de vivre pour de vrai, normalement, de réfléchir, de construire, de marcher dans une direction continue. Il lui semble être en bout de course alors que rien n'a commencé pour elle.

Enfin, il y a le personnage évoqué dans la 4ème de couv, Dimitri. Il annonce que le grand pin est malade et va mourir si rien n'est fait. A un moment, Denis dit "vous avez tous vus un dimitri différent". Ma version, c'est que ce personnage n'existe pas, qu'il est la petite voix intérieure de chacun qui dérange ou rassure, tantôt confidente ou tantôt source de danger. Sa prophétie s'adresse à chacun des personnages, aux couples réunis sous le toit de la villa... Vigilance, à force de vous ignorer et de vous croire immuables, vous êtes en danger.

Je suis désespérée, c'est le premier livre que je lis de Véronique Olmi et il est impensable qu'il soit le dernier. Encore un romancier qui me séduit au premier coup de plume et que je me promets de suivre... En plus, encore un livre emprunté à la bib, et que je vais devoir rendre...

 

"Cet été là" : Subtil, sublime et symbolique, incontournable.

 

 

 

 

L'avis de Clara ;

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 23 Octobre 2011

Synopsis : Le quotidien des policiers de la BPM (Brigade de Protection des Mineurs) ce sont les gardes à vue de pédophiles, les arrestations de pickpockets mineurs mais aussi la pause déjeuner où l’on se raconte ses problèmes de couple ; ce sont les auditions de parents maltraitants, les dépositions des enfants, les dérives de la sexualité chez les adolescents, mais aussi la solidarité entre collègues et les fous rires incontrôlables dans les moments les plus impensables ; c’est savoir que le pire existe, et tenter de faire avec… Comment ces policiers parviennent-ils à trouver l’équilibre entre leurs vies privées et la réalité à laquelle ils sont confrontés, tous les jours ?

 

 

Drame avec Karine Viard, Marina Foïs, Joey Starr, Maïwenn, Nicolas Duchauvel, Naidra Ayadi, Sandrine Kimberlain,

 

 

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

 

 

 

 

 Prix du jury au Festival de Cannes

 

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Mon humble avis : Il est des films dont on aimerait qu'ils n'existent pas, tant ils semblent impensables même dans nos pires cauchemars. Et souvent, ces films sont aussi nécessaires et ont un extrême mérite d'exister. Polisse est de ceux là. Vous ne pouvez imaginer comme je suis contente d'avoir ri au éclats 3 jours plus tôt devant le film "Bienvenue à bord". Car avec Polisse, c'est un tout autre voyage, un voyage dans le pire de l'Homme, dans sa perversion consciente ou non, dans les bas fonds de notre monde (quel que soit le milieu socioculturel) et les victimes sont âgées de 0 à 18 ans. Je pense avoir rarement vu un film à la violence psychologique aussi forte, parce que quelque part, il ne s'agit presque pas d'un film, mais limite d'un documentaire, donc de l'effroyable réalité. Peu ou pas de sang, pas de flingues dégainés à tout va. Non, nous suivons le quotidien d'une dizaine de flics, tous membres de la Brigade de Protection des Mineurs. Et franchement, on se demande comment ces hommes et ces femmes font pour ne pas pêter les plombs après ce qu'ils entendent ou voient à longueur de journée. On sent ses flics passionnés par leur métier, investis plus qu'ils ne le faudrait parfois, isolés par le métier et souvent "sur le fil". Car évidemment, lorsqu'on est de la BPM, le soir, on ne raconte pas vraiment sa journée à sa femme et ses enfants.... Alors nos flics deviennent une famille et s'offrent des moments de décompression. Et ces moments nous font du bien à nous aussi, car l'atmosphère est très lourde. L'ambiance dans la salle est étrange. On passe du silence de plomb où chacun se prend de plein fouet la violence des propos (violence réelle ou suggérée, tant dans le sens que dans les mots usités, les images qui se créent dans notre esprit...) à l'éclat de rire devant des échanges complices entre flics. Oui, heureusement que nous avons ces sas de décompressions, même si le cynisme et le drame n'est jamais loin. Et puis, on participe un peu à la vie personnelle des flics, on assiste à la naissance d'une romance... On est tout de même au cinéma.

Entre les moyens dont manque la police et les divers services sociaux, les valeurs qui ne sont plus les mêmes, l'évolution humaine qui se constate dès la cours du collège.... bref, notre monde  prend l'eau, Polisse n'est pas optimiste et met souvent mal à l'aise. C'est un film qui interloque, qui laisse sans voix, qui coupe le souffle comme un coup de point dans le ventre. Mais c'est un témoignage et un outil de prévention à montrer à n'importe quel parent.... Parents, ouvrez les yeux, regardez autour de vous, observer, prévenez, informez, expliquez à vos enfants le vrai et le mal, l'Amour.... Ça parait dérisoire de dire cela et peut-être malvenu de la part d'une célibataire sans enfant....  Mais après quelques exemples, vous ne me trouverez peut-être pas si effrontée.... Une jeune fille de quatorze ans, qui s'est fait voler son portable au collège, a accepté le chantage de sa "copine"... On lui rend son portable si elle fait une fe***tion à ses 4 copains... Autre exemple : Karine Viard pête les plombs car sa collègue lui reproche de surfer sur le net pendant le boulot... : "Et bien figure toi que ce matin, j'ai bu mon thé devant une fillette de 11 mois qui avait le va*in défoncé par son père depuis plusieurs mois alors merde, j'ai bien le droit de penser un peu à autre chose."

Bref, ce film est très dur mais remarquable, tout comme la brochette d'acteurs. Mon seul bémol irait à la présence de Joey Starrs, qui a ici le bon rôle, ce qui détonne avec ses frasques reconnues et récurrentes.....Ca fait un peu "repenti".

 J'espère vraiment que c'est un film qui pourra faire bouger les choses et entre autre, apporter à la police le respect qu'elle mérite. Un film qui nous fait avoir honte de l'ampleur que prennent nos petits tracas perso ou pro lorsque l'on voit ce que ces flics vivent à longueur d'année. Deux mots résument mon ressenti : Effroi et RESPECT. Oui, IMMENSE RESPECT pour ce film qui laisse abasourdi.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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