Publié le 5 Février 2018

Roman - Editions Folio - 323 pages - 7.80 €

 

Parution en poche : Janvier 2018

Parution d'origine Gallimard en avril 2016

 

L'histoire : A Crozon, dans le Finistère, bibliothécaire a la fantaisiste idée de créer une bibliothèque "des refusés". A savoir que chaque auteur renié par les éditeurs est libre de venir y déposer son manuscrit.

Des années plus tard, Delphine, une éditrice Parisienne, passe des vacances familiales dans le coin. Dans cette bibliothèque des refusés, elle découvre un manuscrit écrit par un certain Henri Pick, décédé deux ans plus tôt. Elle est persuadé que ce roman est un best-seller en puissance et ne se trombe guère. Quelques mois plus tard, les ventes du livre de Pick dépassent toutes les espérances ! Oui, mais tout ceci n'est pas sans conséquences pour personne, et quelques sceptiques sur cette si romanesque histoire montent au créneau.

 

Tentation : Ben le nom de l'auteur pardi !

Fournisseur : Ma CB

 

 

Mon humble avis : J'ignore sur quelle planète je vivais en avril 2016, mais je suis passée complètement à côté de la parution du dernier Foenkinos ! Heureusement, Facebook est là et les parutions poche sont un bon rappel. J'ai donc pu me rattraper et bien heureusement ! Car pour moi, c'est toujours un pur bonheur de me promener dans les romans et l'écriture de David Foenkinos.

Bien que très distrayante, cette lecture n'empêche pas de réfléchir sur la littérature, le pouvoir des livres sur nous autres lecteurs, sur le chemin de croix que vivent certains auteurs méconnus (ou avant d'être connus), sur la façon dont un certain marketing nous dirige tout droit vers certaines oeuvres précises, sur les conséquences de l'irruption soudaine d'une célébrité que vous n'avez pas demandé. Le mystère Henri Pick nous emmène aussi dans les coulisses du monde éditorial, (en l'occurrence ici chez Grasset), depuis le projet d'édition d'un manuscrit jusqu'à la célébration des 300 000 exemplaires vendus. David Foenkinos explique parfaitement les espoirs, les déceptions, voire les désespoirs des auteurs en herbe. Pire que ne pas être édité, il est un autre cauchemar : être publié mais ne pas être lu. Etre publier sans que personne ne s'en rende compte, sans que personne d'autre que votre entourage ne connaisse votre roman !

Et puis il y a l'histoire en elle-même, et ce fameux Mystère Henri Pick... Où David Foekinos nous mène par le bout du nez et nous fait croire ce dont il a envie. Ce mystère Henri Pick nous fait rencontrer une belle brochette de personnages bien différents : Il y a ceux qui cherchent la célébrité, ceux qui la fuient, ceux qui la créent,  ceux qui ne la refusent pas sans avoir aucune conscience des conséquences, ceux qui cherchent la vérité ou qui en inventent une, pour le pire comme pour le meilleur, ceux qui rêvent d'avoir du talent où qui passent à côté de leur talent parce que... Surprise !

En lisant Le mystère d'Henri Pick, je me suis demandé (c'est tout à fait une idée personnel) si avec ce roman, David Foenkinos ne rendait pas un hommage discret à Agatha Christie. Le titre déjà ! Il pourrait figurer dans la bibliographie de la reine du crime qu'il ne ferait pas tâche. Dans la première partie, dans leur façon de mener leur enquête sur Henri Pick, Delphine et Frédéric m'ont fait penser à Tommy et Tuppence Beresford. Puis, dans le journaliste obsédé par ses intuitions, je voyais une nouvelle version d'Hercule Poirot.

Tout cela écrit dans le style inimitable de David Foenkinos, qui joue avec les mots et leur contraire, qui n'a pas son pareil pour développer les évidences en mystères, et pour réduire les mystères en évidences, pour démontrer l'incongruité des personnages ou des situations, même si ceux-ci paraissent simplissimes au premier abord. Avec Foenkinos, cela donne un roman qui se boit comme du petit lait où l'on ajouterait un peu de sirop de fraise et de citrons : délicieux et acide à la fois. Mais, ce qui ressort avant tout, c'est le savoureux humour Foenkinos. Pas de gros gags, mais de la discrétion, de la finesse et de la légèreté, du subtil.

Et surtout, il y a les conséquences de ce phénomène littéraire Henri Pick, sur son entourage plus ou moins proche, sur la commune de Crozon, bref, tous ceux qui sont touchés de près ou de loin par cette effervescence, de leur plein gré ou à leur insu... et qui retrouveront leur équilibre loin de ce remue-ménage... dans une certaine tranquillité ! La morale de l'histoire serait elle : pour vivre heureux, vivons simplement ? Vivons cachés ?

En tout cas, quelques heures cachée sous ma couette avec le Mystère Henri Pick, pour moi, ce ne fut que du plaisir !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 3 Février 2018

Film de Steven Spielberg

Avec Mery Streep, Tom Hanks, Sarah Paulson

 

Synopsis :  Première femme directrice de la publication d’un grand journal américain, le Washington Post, Katharine Graham s'associe à son rédacteur en chef Ben Bradlee pour dévoiler un scandale d'État monumental et combler son retard par rapport au New York Times qui mène ses propres investigations. Ces révélations concernent les manœuvres de quatre présidents américains, sur une trentaine d'années, destinées à étouffer des affaires très sensibles… Au péril de leur carrière et de leur liberté, Katharine et Ben vont devoir surmonter tout ce qui les sépare pour révéler au grand jour des secrets longtemps enfouis…

 

 

Mon humble avis : Pour rappel, mes petites pattes de chat ne sont pas une note, mais une évaluation de mon plaisir de lecture, ou de spectatrice quand il s'agit de cinéma.

Pour Pentagon Papers, pas grand-chose à reprocher au film, réalisé tout de même par Spielberg et qui reconstitue parfaitement l'atmosphère, les décors (etc) des années 70, ce qui  amène une certaine austérité à l'ensemble. Austérité parce que nombre de scènes se déroulent dans la salle de rédaction du Washington Post, où les hippies de l'époque ne se bousculent pas.

Pentagon Papers traite d'un scandale méconnu du grand public (français en tout cas), qui eut lieu sous la présidence de Nixon et qui précéda de très peu le fameux Watergate.

Même si; comme pour les Heures Sombres, on devine la fin de l'histoire (en effet, le Washington Post existe toujours et talonne le Times en réputation), la pression et le suspens sont intenses. 

Le scandale porte sur la politique des Etats Unis par rapport au Vietnam sur presque deux décennies sous plusieurs présidents : manipulation tant du Vietnam que de l'opinion publique Américaine. Et sur cette guerre meurtrière, que le gouvernement sait ingagnable depuis belle lurette mais dans lequel il s'embourbe (envoyant des milliers de boys au carnage), juste pour garder la tête haute. C'est à peu près cela.

Le Times publie en premier un document classé secret défense et se retrouve interdit de publication. Le Washington Post tente de prendre le relais et une vitesse supérieure. Publiera, ne publiera pas ? Les menaces de la Maison Blanche sont énormes.

Pentagon Papers porte donc principalement sur la liberté de la presse, ses droits et ses devoirs, sur la mission des journaux et le boulot des journalistes. Bref, c'est un film engagé !

Mais aussi, sur la place d'une femme, place héritée, donc contestée, à la direction du Washington Post. Dans les années 70, les femmes sont forcément dédiées aux travaux ménagers ou aux salons de thé, et considérées comme inaptes à prendre une telle décision : to publish or not... Et assurer la pérennité (or not) d'un grand organisme de presse, même si, à l'époque, l'influence du Washington Post est plus régionale que nationale, et donc, logique, pas franchement internationale ! Et tout cela, sur fond de finances et d'entrée en bourse.

Sans surprise, Pentagon Papers est servi par des acteurs d'exception : qui irait contredire le talent de Meryl Streep et de Tom Hanks.

Maintenant, pour tout dire, le film n'est pas forcément évident à suivre et à saisir dans les détails. C'est un film très bavard. Peu ou pas d'action, ni temps morts ni contemplation etc, tout se déroule en dialogues assez longs, qui mêlent propos journalistiques, politiques, législatifs etc. Le tout, avec beaucoup de personnages secondaires, parfois nommés par leur prénom, puis leur nom de famille, ou encore leur diminutif. Donc pas facile de toujours savoir qui parle... et de qui. Surtout que j'ai vu ce film en V.O !

Néanmoins, Pentagon Papers reste un film intéressant, comme je l'ai dit, très bien joué, mais je pense que je l'oublierai vite. Bref, pas impératif !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 1 Février 2018

Roman - Editions Acte Sud - 366 pages - 22 €

 

Parution en juin 2017

L'histoire : Un chat de gouttière errant a élu domicile au pied d'un immeuble tokyoïte. Un jeune homme le remarque et le nourrit de temps en temps, jusqu'au jour où il le retrouve dans un sale état : une patte brisée à cause d'une maudite voiture. Il accueille le chat chez lui, le soigne et de fil en aiguille, l'adopte pour la vie. Une magnifique relation les unit désormais. Mais, un jour, le jeune homme Satoru est amené à devoir se séparer du matou. Il parcourt alors, avec Nana le chat, une bonne partie du Japon pour trouver, parmi ses amis, celui ou celle qui serait l'adoptante idéale pour Nana. Car hors de question de le confier à n'importe qui. Nous lecteurs, suivons alors leur pérégrination nippone. 

 

Tentation : Le titre et la couv' !

Fournisseur : La bib'

 

 

 

Mon humble avis : "C'est un beau roman, c'est une belle histoire, c'est une romance d'aujourd'hui" !... même si un peu triste et cruelle, comme peut l'être parfois la vie. Mais lumineuses, les aventures de Satoru et Nana le sont indubitablement.

A la lecture des Mémoires d'un chat, j'ai été un peu désarçonnée par la formule narrative. En effet, il m'a semblé que parfois, et le plus souvent, le chat était le narrateur. Ca j'en suis sûre d'ailleurs, vu le titre et les réflexions " à voix hautes" de Nana le chat. Réflexions touchantes, hilarantes et bien emprunte de l'identité féline. Mais parfois, le récit paraissait repris par les personnages rencontrés par Satoru et Nana, et à d'autres moments, j'étais persuadée que c'était l'auteure qui reprenait les rennes.

Autre petit bémol, la quatrième de couv' vente une plongée dans "maints aspects de la vie japonaise. "Quelques", oui, mais maints, pas vraiment d'accord.

Peu importe, ce roman est vraiment une belle histoire entre un animal de compagnie et son maître, en l'occurrence ici un chat, sur l'affection, l'attachement, l'amour indéfectible, la connaissance mutuelle, la complicité, la confiance et la responsabilité qui les unissent. Tout cela, à travers les yeux et les pensées d'un chat, ce qui décrit assez bien la nature féline (même s'il y a dans ce texte certainement une bonne dose d'anthropomorphisme), ce qui donne des passages assez rigolos et/ou mignons.

Ce livre est aussi un hymne à l'amitié, puisque dans sa quête de l'adoptant idéal pour Nana, Satoru rend visite à ces amis de toujours : d'enfance, de collège, de lycée, de fac. Ces revoyures sont l'occasion, pour les protagonistes, de se remémorer souvenirs et moments forts du passé.

Avant tout, "Les mémoires d'un chat" est un formidable étendard contre l'abandon des animaux de compagnie, pour le respect de l'engagement autant quotidien que temporel que nous prenons lorsque nous adoptons une petite boule de poils quelle que soit sa taille à l'âge adulte. Car le chat s'exprime beaucoup sur le fait que son maître est obligé de se séparer de lui. Evidemment, il ne s'agit pas ici d'un abandon motivé par un caprice. C'est, pour Satoru, un cas de force majeur (je n'en dirais pas plus) et l'obstination qu'il met à trouver un adoptant de confiance absolu est remarquable. A travers les pages et les dialogues de Satoru et de son ami d'enfance, il est bien montré aussi le traumatisme et les regrets éternels que peut représenter pour un enfant, l'abandon ou la perte d'un animal de compagnie par les parents (quelle qu'en soit la cause). Des années plus tard, l'enfant ressent toujours le manque de son ami quadrupède et percevoir cette perte comme un choc.

Enfin, cette histoire a l'intelligence et la finesse de présenter le chat (mais cela fonctionne aussi avec le chien...bref, l'animal de compagnie), comme une formidable passerelle entre les êtres humains. Car oui, les animaux qui partagent notre quotidien participent aux liens que nous tissons avec nos congénères. Nana le chat est un lien  et un vecteur social en puissance, qui réunira les gens au-delà de toute espérance.

Alors installez-vous sous un bon plaid, attendez que votre chat vous rejoigne et se pose auprès de vous. Et voilà, il n'y a plus qu'à lire ! Miaou !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Un monde de chat

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Publié le 30 Janvier 2018

Film de Michael Gracey

Avec Hugh Jackman, Zak Efron, Michelle Williams

 

Synopsis :  The Greatest Showman célèbre la naissance du show-business et l’émerveillement que l’on éprouve lorsque les rêves deviennent réalité. Inspirée par l’ambition et l’imagination de P.T Barnum, voici l’histoire d’un visionnaire parti de rien qui a créé un spectacle devenu un phénomène planétaire.

 

 

Mon humble avis : Comment s'offrir une place de spectacle à Broadway aux prix d'une place de ciné ! Et bien en allant justement au ciné, voir The Greatest Show Man. Ce n'est pas compliqué, durant les deux heures de séances, je me croyais vraiment outre atlantique, dans un théâtre de la fameuse avenue newyorkaise !

Quel spectacle, envoûtant ! Enveloppant même, puisque je me suis surpris, presque tout au long de la séance, à battre le rythme de mes pieds. Et lorsque le générique est tombé, une bonne partie de la salle (dont moi) a applaudi !

L'histoire en elle-même n'est pas essentielle, même si elle reste intéressante, puisque tout de même, quelque part, historique : nous assistons à la naissance du premier cirque, créé par Barnum, qui donnera ensuite son nom aux fameuses tentes montées tant pour les cirques que pour les événements plus privés tels que les mariages ou autres : les fameux barnums !

Mais revenons au spectacle on ne peut plus spectaculaire (oui, je suis allée loin pour trouver ce qualificatif !). On en prend plein les yeux (lumières, décors, costumes, les chorégraphies) et plein les oreilles, mais jamais de façon agressive hein ! Les chansons sont magnifiques, assez facile à retenir sur le moment, rythmées ou plus romantiques, et interprétées magistralement. Pour la première fois depuis une éternité, j'ai vraiment envie d'acheter la bande originale.

Avec The Greatest Show man, un sourd prendrait son pied grâce au visuel féérique et lumineux, et un aveugle se régalerait de la musique, des chants, des harmonies, qui remuent le coeur de tant de talent, de beauté et d'onirisme !

Un hymne à la vie, à la différence, à "l'osez", à lancez-vous dans la vie et l'aventure de la vie !

The greatest Show Man est un vrai spectacle, et une superbe comédie musicale, une vraie comédie musicale digne des plus légendaires dans le genre ! Avec en plus, cerise sur le gâteau, l'un de mes chouchous : Hugh Jackman qui nous emmène dans un tourbillon d'énergie et de fantaisie !

A voir et/ou revoir sans modération !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 28 Janvier 2018

Nous voici de retour à Lanzarote, Canaries, pour un petit reportage photo du 3ème jour de randonnée là-bas, lors de mes dernières vacances de juin 2017 !

Le programme est : (toujours alléchant !)

Volcan de la Corona - falaise de Famara - vallée des Mille-Palmiers - Peñas del Chache
Cette belle randonnée se déroule dans la partie nord de Lanzarote dans deux zones naturelles protégées. Il s’agit du monument naturel du volcan de la Corona et de la falaise de Famara, réunis au sein du parc naturel de l’archipel Chinijo. Départ de la ville de Ye et montée vers le cratère du volcan de la Corona. Belles vues sur les vignobles et les spectaculaires coulées de lave refroidies, connues sous le nom de malpais. Ces énormes blocs de basalte s’étendent vers la côte de sable blanc et la mer émeraude. Le sentier se poursuit vers la côte est de la Corona et nous observerons un tunnel de lave de 7,6 kilomètres de long. Comme de nombreux volcans de Lanzarote, celui de la Corona est aligné avec quatre autres cônes volcaniques. Aujourd’hui, nous montons sur trois d’entre eux : la Cerca, los Helechos et la Quemada. Ces volcans datent probablement de la même époque que la Corona. Cet alignement de cheminées domine le massif et ces cônes à 580 mètres d’altitude offrent une vue imprenable sur les côtes est et ouest de Lanzarote.
Plus tard, notre chemin nous conduit au-dessus des falaises de Famara. Merveille de la nature, cet immense mur de roche s’élève à plus de 500 mètres du niveau de la mer sur une distance de 22 kilomètres le long de la côte nord-ouest. En cours de balade, vues exceptionnelles sur l’archipel Chinijo. La dernière partie de la randonnée se déroule dans la vallée des Mille-Palmiers. Puis nous traversons la commune de Haria. De là, nous montons 300 mètres jusqu’à Peñas del Chache, haut point de l’île.

 

Et le résultat : Toujours pittoresque et une cheville qui fatigue pour moi, direction la pharmacie !

UN DIMANCHE A LANZAROTE : RANDO JOUR 3
UN DIMANCHE A LANZAROTE : RANDO JOUR 3
UN DIMANCHE A LANZAROTE : RANDO JOUR 3
UN DIMANCHE A LANZAROTE : RANDO JOUR 3
UN DIMANCHE A LANZAROTE : RANDO JOUR 3
UN DIMANCHE A LANZAROTE : RANDO JOUR 3
UN DIMANCHE A LANZAROTE : RANDO JOUR 3
UN DIMANCHE A LANZAROTE : RANDO JOUR 3
UN DIMANCHE A LANZAROTE : RANDO JOUR 3
UN DIMANCHE A LANZAROTE : RANDO JOUR 3
UN DIMANCHE A LANZAROTE : RANDO JOUR 3
UN DIMANCHE A LANZAROTE : RANDO JOUR 3
UN DIMANCHE A LANZAROTE : RANDO JOUR 3
UN DIMANCHE A LANZAROTE : RANDO JOUR 3

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyages dans les iles

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Publié le 26 Janvier 2018

Roman -Editions Audiolib - 2h54 d'écoute - 18 €

 

Parution en audio en janvier 2014

Parution d'origine en août 2013

 

L'histoire : Alors que sa femme vient de décéder, Bjarni, un vieux fermier islandais, prend la plume et écrit une longue lettre à celle qui aurait dû être sa femme : Helga, son ancienne voisine de canton. Au fil de ses mots, ce sont cinquante années de vie qui se déroulent, dans un monde révolu.

 

Tentation : La blogo, à l'époque de la publication

Fournisseur : La bib'

 

 

 

Mon humble avis : Me voici divisée par ce roman.  Parce que je suis très déçue, alors que j'en ai aimé l'écriture, travaillée tout en restant naturelle, avec de jolies phrases que l'on aimerait retenir et qui émeuvent, des métaphores recherchées. Avec aussi d'intéressants sujets de réflexion sur la constante évolution du monde, de ses valeurs, hélas pas toujours dans le bon sens, tout comme sur l'amour et ses prix : les choix, les sacrifices, la douleur, la tristesse, les regrets.

Mais l'histoire en elle-même ne m'a pas touchée et même si la lecture audio n'excède pas trois heures, celle-ci m'a semblé longue, voire interminable. Même si une toute petite phrase parmi les dernières surprend vraiment, et peut offrir une tout autre lumière à cette fameuse lettre. Pourtant, le mode de vie rural islandais, dans la rudesse de l'isolement et de la nature, est bien décrit. On n'y apprend par exemple, avec un certain dégoût cependant, qu'à une époque, les islandaises des campagnes se shampouinaient les cheveux avec de l'urine macérée. Beurk ! Il se dégage de ce texte autant de mélancolie que de nostalgie pour les temps passés, lorsque le quotidien était peut-être plus austère et laborieux, mais finalement, plus humain.

Certains passages, bien crus, presque écoeurants, m'ont plutôt dérangée et leur répétition encore plus, qui n'apporte aucune beauté au texte, et pas grand-chose à l'histoire, au contraire. A mes yeux, ces paragraphes sonnaient bien plus comme "graveleux déplacés" que comme "romantique déclaration".

Quant au format audio... Et bien avec les patronymes islandais, ce n'est pas évident du tout ! J'ai mis un temps fou à fixer certains d'entre-eux sur les personnages, dont certains sont restés d'anonymes figurants pour moi. Peut-être qu'une lecture papier permet de mieux visualiser et retenir ces noms qui pour moi, ressemblaient à de bizarres borborygmes !

Bref, une belle plume mais une histoire qui ne m'a ni emportée, ni touchée, ni captivée. Possible que mon attention se soit plusieurs fois absentée durant mon écoute, car j'ai souvent trouvé cette lettre désordonnée, au sens littéral du terme. Je m'attendais à "quelque chose" de beau, de délicat, de romantique et non... En tous cas, pas pour moi.

 

 

"L'homme est capable de faire de grands rêves sur de petits oreillers".

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 24 Janvier 2018

Film de McDonagh

Avec Frances McDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell

 

Synopsis :  Après des mois sans que l'enquête sur la mort de sa fille ait avancé, Mildred Hayes prend les choses en main, affichant un message controversé visant le très respecté chef de la police sur trois grands panneaux à l'entrée de leur ville.

 

 

Mon humble avis : L'affiche annonce un film révolutionnaire. Je n'irai pas jusque-là. Néanmoins, c'est une histoire par courante sur les écrans, et une réalisation à laquelle les américains ne nous ont pas habitués, surtout que celle-ci ne redore pas vraiment l'image la société américaine.

Ici, nous sommes loin, très loin d'Hollywood et des paillettes, tout aussi loin du film d'action à 150 balles tirées à la minutes avec des héros qui non seulement ne meurt jamais, mais surtout, restent toujours propres comme un sou neuf.

Non, sous sommes dans l'Amérique archi-profonde, bouseuse, réac, raciste, ramollie, qui ne réfléchit pas plus loin que le bout de son nez. L'Amérique des pubs où les bagarres naissent entre alcoolos autour du billard.

Mais il y a Midred, cette femme pétrie de douleur suite à au viol et à l'assassinat de sa fille 8 mois plus tôt et qui est bien décidée à remuer le popotin des flics endormis sur leurs lauriers. Elle réclame la justice à la police locale, dans un pays où la justice s'obtient parfois par soi-même. Alors, elle paie 3 grands panneaux qui dénoncent l'inertie policière, et qu'elle fait planter à l'entrée de la petite ville.

Ces panneaux vont être un élément déclencheur dans cette petite ville. Les "pour", les "contres", le tout dans une atmosphère de haine et de vengeance, d'intimidation etc...

Mais ces panneaux n'auront pas que des conséquences brutales, ils permettront aussi à certaines personnes de réveiller le meilleur qui sommeillent en eux et leur complexité.

Le personnage de Midfred est fascinant et bluffant. ll est d'une force rare et d'une puissance rare sans fard et nous envoie dans chaque scène comme un uppercut dans l'estomac. Son interprète, Frances Mc Dormand, crève littéralement l'écran. Je ne serais pas étonnée que ce rôle lui vaille un Oscar.

La réalisation est très sobre, l'atmosphère et aussi lourde que lente, comme dans ces coins du monde où à priori, il ne se passe rien. Il y a comme une ambiance western des temps modernes, où les gens s'épient par derrière la fenêtre et où chacun semble prêt à dégainer. Plein de cowboys et une indienne à elle seule : Mildred.

3 Billboards, est un film profond, intelligent, dense, humain, avec des dialogues percutants, et non dénués d'humour, mais d'un humour noir, qui en dit tant. Pas de manichéisme, pas de bons sentiments non plus mais beaucoup d'inattendu. Du pur, du brut. Subtile, remuant et captivant, à voir !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 22 Janvier 2018

Film de Michèle Laroque

Avec Michèle Laroque, Kad Merad, Françoise Fabian, Gérard Darmon

 

Synopsis :  Angela pense avoir une vie idéale. Elle vit à Nice, dans un bel appartement, avec un beau mari et une charmante ado. Mais le soir de Noël, sa fille la laisse pour rejoindre son petit copain, son mari la quitte et sa meilleure amie préfère prendre des somnifères plutôt que de passer la soirée avec elle. Le choc ! Angela n’a plus d’autre choix que celui de se reconstruire... et ce n’est pas simple avec une mère tyrannique, une meilleure amie hystérique et un psy aux méthodes expérimentales.

 

 

Mon humble avis : Le film commence bien, comme sur des roulettes. Puis il s'essouffle, ralentit, piétine et finit un peu par s'écraser dans le vide.

Certes, il y a la beauté de la ville de Nice magnifiquement filmée.

Certes, il y a Michèle Laroque, actrice qui m'est sympathique, toujours aussi lumineuse et attachante à l'écran.

Certes, il y a quelques réparties bien senties et ou complètement décalées.

Mais, dans l'absolu, rien de bien nouveau dans le sujet "mon mec m'a plaquée, je suis célibataire, c'est horrible !) et point de brillantissime en vue. D'ailleurs, quand l'on donne un tel titre à son film, on a intérêt à ne pas se planter, sous peine d'inspirer facilement les déçus dans leurs commentaires. Les personnages (notamment celui de Françoise Fabian), la grand-mère, ou encore celui de la meilleure copine, comme nombre de situations, tournent vite à la caricature répétitive. Quant au personnage principal, celui de Michèle Laroque, et bien il est d'un nombrilisme désarçonnant et d'une naïveté en complète contradiction avec son comportement final alors que rien de spécial de s'est passé entre deux et donc que rien ne l'explique (rapport au retournement de situation dans les rapports mère ignoble et fille chochotte.

Bref, comme tout cela reste bien superficiel, que rien de ce que vivent les personnages de ce film n'est vraiment creusé... et bien on arrive à une platitude qui n'accroche pas, même si le film n'est pas non plus désagréable.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 20 Janvier 2018

Roman - Editions Points - 249 pages - 7.10 €

 

Parution en poche en juin 2017

Parution d'origine chez Grasset en août 2016

 

L'histoire : Kalamaki, petite île grecque aux paysages paradisiaque proche du continent, et rongée par la crise économique. Mais tous les habitants se connaissent et se soutiennent. Ils partagent la vie.

Parmi eux, Eliot, architecte New-Yorkais, vit sur l'île depuis 12 ans, depuis que sa fille qui étudiait les théâtres antiques y est décédée. Eliot cherche le nombre d'or à travers la Grèce.

Il y a Marika, pécheuse, et son fils Yannis, autiste profond, qui rythme certains moments de la journée d'une bonne partie de l'ile.

Il y a le maire, le prêtre, le cafetier, bref, toute une communauté se retrouve confrontée à un sacré choix... La construction d'un énorme complexe touristique... ou celle d'une école de philosophie et de théâtre antique.

 

Tentation : Pitch et couv

Fournisseur : Ma CB !

 

 

Mon humble avis : Ce roman est une pépite... ou plutôt un écrin... Tant je m'y suis sentie bien, tant il me tardait d'y retourner, tant l'envie était forte d'y rester et d'oublier "le reste". Sensation délicieuse et assez rare. La construction de "L'enfant qui mesurait le monde" est parfaite. Tous les ingrédients nécessaires à un bon roman, même s'il n'existe pas de recette miracle, sont présents. Sauf... Le pathos qui vu le sujet, aurait peut-être était plus développé par une autre plume. Ce n'est pas le cas ici, et c'est tant mieux. Cette histoire n'est absolument pas "tire larme", même si les moments intenses et émouvants ne manquent pas. Cette histoire est aussi dense que riches en sujets abordés, depuis l'émotionnel jusqu'au "géo-économique".

Déjà, l'histoire se déroule sur une petite île grecque, et celles et ceux qui me lisent régulièrement savent à quel point je suis fan des îles... La description des paysages, des petites criques, de la vie de la bourgade, tout ceci est délicieux, parfaitement dépeint, j'ai eu l'impression d'y être, de ressentir sur ma peau tant le soleil que la caresse des vents. Et tout cela dans une belle écriture, fluide, agréable.

Ensuite, il est question de l'autisme de Yannis. L'auteur suisse fait partie de la fondation Pôle Autisme en Suisse, donc il connait son sujet. Et ce roman permet vraiment de comprendre ce qu'est de vivre avec un enfant autiste au quotidien. Malgré l'amour voué à l'enfant, il y a la fatigue, le découragement, la rage et tous ces rituels à respecter. Certes, Metin Arditi a choisi un profil d'autiste particulier : le surdoué en nombres et chiffres. Parce qu'il fallait bien que l'enfant soit un minimum "romanesque" et puisse prendre part activement au déroulement de l'histoire.  Au dernier trimestre 2017, je me suis occupée bénévolement, une matinée par semaine, d'une petite fille autiste de 8 ans. Une petite fille de 8 ans qui ne parle pas, ne regarde pas les yeux des autres etc... Aussi, je peux dire que j'ai retrouvé beaucoup de cette petite Néval dans Yannis, avec notamment, les stéréotypies Yannis est muré dans son monde, et seuls le rassurent ses calculs qui pour lui, attestent de l'ordre l'équilibre du monde qui le rassurent. Aussi, bien sûr, le personnage de Marika, la mère de Yannis, est très présent et parfaitement travaillé.

Il y a Eliot, originaire d'Argos, mais qui a fait carrière d'architecte réputé à New York, qui est arrivé sur l'ile 12 ans plus tôt, lors du décès de sa fille qui y vivait. Il va aider quotidiennement Marika à s'occuper de son enfant et va obtenir une belle évolution de celui-ci.

Puis, vient la question du fameux choix que j'évoque dans le résumé... Un grand groupe hôtelier souhaite implanter un gigantesque complexe dans une magnifique crique déserte. Cet hôtel résoudrait tous les problèmes économiques de l'île, et notamment, celui de l'emploi. Oui, mais... La crique serait défigurée, l'hôtel un ghetto à touriste, et l'équilibre du monde de Yannis mis en péril. Alors qu'un autre projet est proposé, qui s'intégrerait parfaitement dans le paysage et la vie de des iliens. Une école de philosophie et de théâtre antique. Interviennent alors une journaliste, le vice-président, des ministres etc... Car le sujet devient préoccupation nationale et emmène donc le lecteur à Athènes, dans les bureaux ministériels décisionnaires et autres. C'est lors de ces moments qu'est abordée la situation économique de la Grèce, les causes, les conséquences, le passé, l'avenir, les pressions de Bruxelles et du FMI, la liberté si chère au grecs et l'ingérence de ces institutions. Mais tout cela est décrit de façon simple, jamais trop longue, bref, pas ennuyeuse mais intéressante.

J'ignore si mes mots suffisent à traduire mon  amour pour ce roman, alors je le redis haut et fort, ce roman est magnifique, très agréable à lire, profondément humain et résolument positif ! L'homme est capable de trouver des solutions à ses problèmes s'il n'oublie pas de penser à ce qu'il est vraiment, ce qui fait sa nature, s'il fait en sorte que les différentes couches de peinture soient compatibles entre elles. Et encore, je ne décris que 10% du roman, qui vous réserve donc bien d'autres surprises tout en douceur.

Un énorme coup de coeur ! A lire absolument !

 

Achat datant de 5 mois, mais je l'introduis tout de même dans ce challenge !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 18 Janvier 2018

 

Il y a 10 ans jour pour jour, ma vie basculait et j'avais 35 ans. Je faisais un AVC, par thrombose cérébrale (à savoir un caillot dans une veine du cerveau). C'est le scanner du C.H.U de Rennes et les médecins qui me l'ont dit car jusqu'à cet examen, je ne comprenais rien de ce qui m'arrivait.

Je savais juste que je souffrais de façon inhumaine et croissante depuis 3 jours. Mon médecin traitant m'avait dit que je faisais une grosse migraine (maux de tête et vomissement). Sauf que s'il avait bien regardé mon dossier médical, il aurait compris avant et m'aurait évité 24 heures de douleurs intolérables et des dégâts encore plus irréparables. Car je suis porteuse d'une maladie génétique, qu'on appelle "mutation du facteur 5" ou encore terme plus médical, le facteur de Leiden. A savoir que je suis prédisposée aux thromboses et qu'à l'âge de 18 ans, une thrombose de toute la jambe droite avait déjà bien chamboulé ma vie. Mais à l'époque, nièce d'un grand chirurgien de l'hôpital qui m'accueillit dans le Nord, j'avais bénéficié des meilleurs soins, de la meilleure attention et de la plus grande humanité du monde...

Mais quand le mal s'attaque au cerveau, c'est une tout autre chose, une toute autre perception pour la victime, et aussi de toutes autres conséquences. Dans l'ambulance qui finalement me conduisit au C.H.U de Rennes, je sentais juste que trop de souffrance, ça tue, et que j'étais en train de mourir... de souffrance. Ce qu'a confirmé le personnel médical. Il y a 10 ans, j'ignorais donc que je serais encore là pour en parler. Après de bonnes doses d'anticoagulants et une convalescence cocooning chez Maman, je parvenais enfin, accrochée à ses bras, à "faire la digue" aller/retour de Saint Lunaire, puis à reprendre le travail en mi-temps thérapeutique. Et je ne me doutais pas alors que de cet AVC, je parlerais encore 10 ans plus tard, et que c'est celui-ci qui commanderait globalement ma vie. Que plus grand chose ne serait plus jamais comme avant.

Certes, je vis toujours certains moments "comme avant", ces moments sympas de la vie, de petites et grandes joies, de partage, de rencontres, de voyages, de découvertes, de surprises et même d'insouciance etc...

Mais dans son intégralité, et ce, malgré les apparences, ma vie n'est plus comme avant et ne le sera plus jamais. Certes, je jouis librement de mes bras, de mes jambes, de la parole. Ma mobilité est donc, toujours en apparence, totale. Mais je subis désormais ce que l'on appelle "les handicaps invisibles"...

La fatigabilité, hors des moments d'excitations est l'un d'eux. Je passe quasiment mes après-midi à dormir. Je peux bien sûr "sauter" une sieste ou deux d'affiler, mais guère plus. Ce qui fait qu'un travail à temps complet est désormais inenvisageable. Maxi 15 heures par semaine, ce qui ne court pas les rues. Cette fatigabilité est souvent "critiquée" ou incomprise par "les autres", tant je fais preuve d'énergie en public.

Les difficultés d'attention et de mémorisation. Cela me frustre moi-même et agace "les autres", qui pensent que je me fous "de tout". Le ralentissement de mon cerveau, voire parfois son incapacité, pour comprendre des schémas, des techniques, des calculs, une certaine logique, bref, ce qui est nouveau et souvent professionnel. Car en plus, dans le professionnel, il y a l'urgence, l'obligation, la rentabilité, le "pas le droit à l'erreur"...

Le manque du mot... Alors que tout le monde me dit que cela arrive à tout le monde... Moi, je ne choisis pas toujours les mots qui sortent de ma bouche. Je peux dire "parasol" au lieu de "balais", "assiette" au lieu de "bol", "pyjama" au lieu de "blouson" et ceci, dans le meilleur des cas. Car le mot que j'utilise le plus depuis 10 ans il me semble est : "truc". Ou "la chose qui sert à". Parfois, je suis dans un moment important et le mot ne vient pas et cela m'énerve encore plus. L'autre jour, une inondation sur mon palier, je suis incapable de dire "aux autres" le mot "robinet". Certains n'imaginent même pas mon problème et d'autres trouvent aussi mes erreurs "amusantes" puisqu'ils oublient ou ignorent mon état général. Quant aux erreurs de prénoms où la difficulté à retenir ceux-ci, Dieu sait quelles foudres elles me valent "des autres", avec des réflexions comme :" pourquoi t'essaies de retenir le prénom de tes collègues puisque tu t'en fiches".

Le manque du mot peut aussi se détecter sur les chroniques de mon blog, mais en moindres proportions. Parce que sur mon ordi, Google est mon ami et que sur Google, on trouve le dictionnaire des synonymes en un clic. 

Le stress, petit ou grand, réel ou d'apparence futile, matériel ou humain, et bien je ne le gère plus du tout, donc il faut que j'organise ma vie de façon à l'éviter au maximum afin de la rendre un minimum vivable tant au quotidien que sur le long terme.

Car, suite à mon AVC, 6 mois plus tard, j'ai déclenché aussi un énorme E.S.P.T (Etat de Stress Post Traumatique), qui s'est éternisé pour finir par être diagnostiqué en bipolarité de type 2, autre handicap fichtrement invisible et pourtant ô combien présent.

Alors, force est de constater, même si c'est très difficile à accepter, avec des moments de révoltes, que depuis 10 ans, ma vie n'est plus comme avant et ne le sera plus jamais. 

Je n'ai jamais été carriériste, privilégiant ma façon de vivre à droite et à gauche, mais tout de même. J'étais une agent de voyages plutôt brillante. J'ai fini au Mc Do pour en démissionner 1 an et demi après, plus pour stress humain qu'autre chose. Et pour me résoudre à une autre tentative. Ne plus travailler et consacrer les heures "où je pourrais travailler" au bénévolat, là où le stress est globalement moindre, même si pas tout à fait absent. Je suis donc maintenant bénévole 2 matinées par semaines à la Banque Alimentaire, un après-midi à la SPA et quasi quotidiennement, auprès de Félin Possible. J'en tiens la page facebook et rends divers services à droite et à gauche. Tout cela, histoire de "mériter ma pitance", puisque je vis désormais des aides et de ma pension d'adulte handicapée, même si, d'apparence, je suis une personne comme les autres.

Mais finies les ambitions tant professionnelles que personnelles. Plus aucune confiance en mes compétences cérébrales, notamment la mémorisation. Et la peur de tout ou presque. De décevoir, de me décevoir moi-même, de ne pas retenir, d'oublier, de gaffer, de ne pas être à la hauteur, d'être fatiguée. Les idées sont là, parfois aussi les envies, mais l'énergie, l'organisation, et la foutue mémoire nécessaires font défaut. Terrifiée par mes défaillances possibles et aussi quotidiennes, de ne pas comprendre assez vite, de ne pas retenir... Du coup, sans doute plein de choses que je parviendrais à faire que je ne tente même pas. Ajoutez à cela l'irrégularité de l'état général d'une bipolaire... Aucun état, donc aucune capacité n'est prévisible sur le moyen ou le long terme. Et même parfois, d'un jour à l'autre, il reste imprévisible.

A l'époque où je vivais au gré de mes envies géographiques (Guadeloupe, Etats-Unis, Londres...), je pensais que j'avais toute la vie pour me créer un bon socle professionnel, une carrière évolutive et parvenir à un statut qui mettrait en valeur mes compétences, mon savoir être, et l'enrichissement de ma vie fantaisiste pour l'époque. Et bien non. Un caillou de quelques millimètres dans mon cerveau m'oblige à renoncer. J'aurais peut-être du y penser avant.

Car maintenant, il y a "un gap" (Céline, sort de ce corps"), entre les rêves ou aspirations professionnels (raisonnable hein, il ne s'agit pas de rêver de devenir astronaute à 45 ans !) et les capacités, l'énergie, la constance. Les idées et envies (passagères, récurrentes, mais toujours hyper enthousiasmantes) ne manquent pas. Mais ne peuvent rester qu'au stade de l'idée, puisque je serais incapables de les mettre en place, pour cause de fatigue et de variation d'humeur. Quel gâchis !

Bref, tout ça pour dire que voilà, ça fait 10 ans que ça dure. Il y a eu des bien plus bas que maintenant, il y a eu aussi des hyper plus haut que ces temps-ci. Et que être moi, avec un cerveau et un corps qui ne suivent pas l'esprit, avec la forme qui s'absente sans prévenir, avec les up et les down, avec le bon, le moyen et le mauvais et bien c'est fatiguant, frustrant, blessant, humiliant aussi parfois, agaçant, attristant. Bref, c'est exténuant.

Ceci n'est pas un billet pour me plaindre. Mais, une fois de plus, pour témoigner, pour vous aider peut-être à comprendre mieux l'un de vos proches qui serait un peu comme moi. Pour que les handicaps invisibles soient reconnus, (et pas que par la médecine et l'administration, et encore, quand elles les reconnaissent), respectés, expliqués au plus grand nombre. Et aussi, acceptés bien sûr, même s'ils ne sont pas palpables.

Pour les victimes d'AVC qui seraient déprimés ou découragés par mon billet, je précise que ceci est MON cas et que chaque cas, chaque guérison (etc) est différente suivant les personnes.

 

Plus d'info sur mon cursus, chemin de croix ou calvaire médical ICI, si vous voulez

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Actions Réactions Humeur Humour

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