Publié le 22 Octobre 2009

A 16 ans, Yaël Konig recevait le prix de poésie de France. Depuis, elle a suivi un parcours ecclectique. Tour à tour Enseignante de littérature, puis proviseur de lycée, psychothérapeute, et dans le même temps écrivain, journaliste littéraire, directrice de collection, éditrice, productrice radio, elle est aussi éditrice aujourd'hui, chez les Editions Yago.
"
Les hommes mariés ne font pas les nuits douces" est son sizième roman.  Et à ce sujet, Yaël König a accepté de répondre à quelques questions que voici








Et si vous commenciez par vous présenter. Ainsi, nous saurions ce qui vous qualifie le plus dans votre parcours "multifonctions" !
YK : Allons-y!
J'ai appris à lire et à écrire à 4ans et demi (merci maman!) et aussitôt j'ai écrit sans discontinuer. Je peux encore montrer des textes écrits vers 8, 9 ans ! Je ne vivais déjà que pour écrire ! Je me souviens parfaitement bien de mon premier livre (Le Petit Larousse Illustré pour enfants), mais plus du tout de mon premier jouet...!
Joseph Delteil, académicien, qui est tombé par hasard sur mes poèmes lorsque j'avais 15 ans, m'a quasiment poussée à les présenter au concours de Poésie de France: je croyais ce monde merveilleux interdit pour la gamine que j'étais! Et c'est ainsi qu'à 16 ans j'ai eu le 1er prix de poésie de France. Les professionnels du livre m'ont incitée à quitter ma ville de province pour venir écrire et poursuivre mes études à Paris, mais mes parents ont refusé: Paris était pour eux une ville de perdition !
Dans le même temps j'ai fait des études, parcours obligatoire selon ma mère, qui m'ont amenée à des diplômes de Lettres, d'histoire, d'anglais, de psycho. J'ai enseigné la littérature, tout en étant journaliste littéraire presse écrite et radio. Je me suis régalée !
J'ai aussi passé le concours de proviseur et ai dirigé un lycée pendant 2 ans, tout en étant psychothérapeute, avant de décider de lâcher la proie (Education nationale!) pour l'ombre (écriture !)
Je ne l'ai jamais regretté: j'aime écrire et lire plus que je ne saurai jamais dire.
 
 
Comment est né l'idée de votre dernier roman "Les hommes mariés ne font pas les nuits douces" ? YK : Comme naissent tous mes romans: j'écoute autour de moi. Je suis une éponge, les gens se confient aisément, ils savent que je suis muette et discrète. J'ai eu des amies qui ont beaucoup souffert de ce genre de situation; des amies intelligentes, ouvertes, mais qui se sont laissé prendre par des espoirs fallacieux, et qui en "ont bavé"...
 
Quelle part de vous y a -t-il dans le personnage d'Alicia, femme passionnément amoureuse de Joris, un homme marié ?
YK : Notre différence, c'est que j'ai toujours refusé un amour adultère. Notre ressemblance, c'est la force de nos sentiments.
 
Joris promet beaucoup et agit peu voire pas du tout, bref, il s'avère bien décevant. Finalement, aimez vous ce personnage et lui trouvez vous des excuses à son comportement ?
YK : J'ai voulu présenter un homme "bien", qui tombe amoureux alors qu'il ne s'y attend pas. Je ne voulais pas d'une caricature falote. Joris aime Alicia de toute son âme, mais elle arrive dans une vie pleine, et il ne sait pas comment faire, il évite même de lui dire qu'il est marié, il ne veut pas perdre sa femme et encore moins perdre Alicia: vaste problème ! C'est pourquoi sa lâcheté le rend vite antipathique. Je ne l'aime ni ne le déteste: je l'observe vivre sa vie. Mais si je le rencontrais en réalité, je ne lui ferais aucunement confiance.
 
L'homme marié dit à sa maîtresse : "Tu as la meilleure part de moi". Selon vous, quelle est la meilleure part d'un homme ?
YK :Le contraire de ce qu'avance Joris: c'est à dire non pas des moments d'éblouissements passionnels, mais au contraire l'intimité chaleureuse et constante, la certitude, la confiance, l'échange transparent.
 
Etes vous d'accord avec moi lorsque je dis que votre roman chorégraphie la lâcheté des hommes et la bêtise des femmes ?
YK : Totalement.
Mais j'ajouterai que l'expérience des uns ne sert jamais aux autres: il faut comprendre (et accepter!) que l'être humain fonce tête baissée dans la souffrance en croyant qu'il (ou qu'elle!) fera mieux que ses voisins!
 
Même question à propos de mon dernier adage : "Mieux vaut avoir un amant qu'être la maîtresse" ?!!
YK : Un amant libre et une femme mariée? Ma foi, l'idée me plaît... Sauf que les douleurs viendront de toute façon, et que pour ma part, le moindre mensonge me collant de l'urticaire, il faut que je prenne soin de ma santé !!!
 
Si vous deviez réécrire ce livre en inversant les sexes des personnages principaux... Un homme qui devient l'amant du femme mariée... Est-ce que cela pourrait donner "Les femmes mariées ne font pas les nuits douces". Quelles seraient les principales différences entre les deux romans ?
YK : Le titre pourrait convenir : mais le roman ferait deux pages à peine, car la femme serait prompte à prendre une décision !
 
Vous êtes aussi éditrice... Quels conseils donneriez vous à un auteur inconnu qui souhaite se faire publier ?
YK : D'acheter une tonne de kleenex pour éponger les effets décevants des réponses négatives ! La France est un pays où tout le monde écrit, dès lors qu'il possède un clavier d'ordinateur. C'est dommageable pour les écrivains en herbe qui sont mis dans le même sac. Chez Yago, nous lisons tout, nous respectons les manuscrits qui nous parviennent, mais il faut honnêtement ajouter qu'au vu des tonnes qui nous parviennent, les bras nous en tombent parfois. Pour autant, nous lisons tout, absolument tout, et donnons toujours notre réponse le plus vite possible.
 
Quels sont vos critères de sélection pour éditer un livre ?
YK : L'intérêt du contenu, bien sûr, mais aussi, et surtout, la qualité d'écriture. Un livre mal écrit ne trouve aucune grâce à nos yeux.

Qu'est- ce qui est rédhibitoire et qu'est-ce qui, au contraire, vous enthousiasme ?
YK : Les gens qui nous envoient le résumé d'une histoire qu'ils n'ont pas écrite mais qu'ils écriront si on leur signe un contrat ne font pas affaire avec nous, de plus leur culot me sidère: il faut tellement être humble en littérature ! Editer un livre, c'est une rencontre profonde, humaine avant tout: nous ne sommes pas des fourbisseurs d'egos surdimentionnés ! Ce qui nous enthousiasme ? Un écrit en forme de perle, que nous allons nous attacher à faire étinceler et à faire connaître.

Recevez vous beaucoup de manuscrits par la poste ?
YK : Oui, et nous les prenons en considération de la même manière que ceux que nous remettent certains de nos auteurs, ou des amis d'amis, etc.

D'ailleurs, l'envoi postal est il encore, selon vous, une première étape incontournable pour se faire éditer ?
YK : J'aimerais que ce le soit, plutôt que le copinage et le piston !
 
Question récurrente à chacune de mes interviews : Quelle lectrice êtes vous ? Quels sont vos 3 derniers coups de coeur littéraires ?
YK : Je suis une lectrice assidue, je lis même en faisant la queue à la caisse du supermarché !
Mes trois derniers coups de coeurs?
  • Sotah, de Naomi Ragen, aux éditions Yodéa: un livre magnifique, pur et dur, une merveille!
  • Le bateau-usine, de Kobayashi. Un chef d'oeuvre, un événement littéraire!
  • Iles tragiques, chez Flammarion. Des histoires vraies, fascinantes, où l'âme humaine est mise en exergue par le monde clos des îles.
 
Voilà, chère Géraldine.
Encore merci de votre intérêt, de votre implication. Je vous envoie mes plus belles pensées dominicales.
Amicalement,
Yaël

                                                       Merci
                                                             

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Interviews exclusives !

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Publié le 20 Octobre 2009

Roman jeunesse - Pocket Junior - 262 pages -


Résumé : Dans la Hollande du XIXème siècle, deux enfants à la poursuite de fabuleux patins. Réédition très attendue d’un best-seller international, texte intégral annoté par des enseignants. À partir de 11 ans.
À l’origine, en 1865, l’auteur des Patins d’argent est Mary Dodge, une jeune américaine spécialiste des magazines pour l’enfance aux Etats-Unis. La version donnée par Pocket Junior est celle de P.J. Stahl, traducteur adaptateur, pseudonyme derrière lequel se cache le plus grand éditeur du XIXème : Hetzel



Pour la littérature jeunesse et l'avis des ados, je fais appel à mes nièces.




L'avis de Camélia, 13 ans : Hans et Gretel Brinker sont frère et soeur. Ils vivent en Hollande au XIXème siècle. Pauvres, ils vivent seul avec leur mère, leur Père étant malade depuis 10 ans. Le plus grand rêve de Gretel est d'avoir un jour de beau patin afin de remplacer les siens que son frère lui a fait tout en bois ne pouvant lui en offrir des vrais. Un jour, Hans rencontre sur le canal le plus célèbre docteur d'Amsterdam qui guérira son père. Ce dernier permet à la famille brinker de retrouver la richesse en dévoilant l'emplacement de l'argent qu'il avait caché avant l'accident fatal qui lui fit perdre la mémoire.
Grace à son frère qui lui offre de vrais patins Gretel participe à une course sur le canal gelé. Le vainqueur remportera une merveilleuse  paire de patins d'argents. La fillette sort victorieuse du concours. Monsieur Brinker, ayant recouvrer la mémoire permet au docteur de retrouver son fils perdu il y a bien longtemps.
 
Cette roman m'a plu mais l'histoire est longue et très détaillée. Ce livre permet de découvrir l'univers qu'est la Hollande et de comprendre les problèmes auxquels le pays devait faire face à cette époque.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 19 Octobre 2009

Par Toutatis ! ... La lecture numérique s'affirme enfin. Ils sont fous ces gaulois ?!
Il paraîtrait que le livre en support papier est amené à disparaître. Quel cauchemard ! Mais qu'en est il exactement ? Il y a quelques mois, en lisant "Le point", je suis tombée sur un article aussi intéressant qu'actuel. En voici les extraits les plus significatifs :


"On voulait y croire. La révolution du papier semblait inéluctable. Et pourtant, depuis le baptême du premier livre électronique-le Cytale, d'Erik Orsenna-au début de ce siècle, le petit monde de l'édition évolue nonchalamment. Cette ardoise en couleur, connectée au Web, pourtant promise à un grand avenir selon l'académicien, a bel et bien sombré avec la bulle Internet. Peut-être pour mieux renaître de ses cendres sept ans plus tard. En tout cas, au Salon du livre 2009, on a pu découvrir pléthore de liseuses numériques. La technologie a fait des progrès avec l'utilisation généralisée de l'encre électronique (e-Ink), donnant à l'écran l'apparence de la feuille imprimée sans la moindre consommation d'énergie.

Mais c'est du côté des grandes maisons d'édition que les mentalités ont finalement évolué. Empêtrées dans leurs modèles économiques d'antan, elles refusaient de basculer dans l'ère numérique. En cause, la crainte d'une baisse de leurs royalties (10 à 15 % du prix facial d'un livre) et la perte de leur commission de distributeur en librairies (8 à 15 %). Résultat, on ne pouvait jusqu'à présent télécharger que des livres gratuits et tombés dans le domaine public (publiés avant 1923).

Mais la pression conjuguée des « nouveaux entrants », géants de l'Internet (Amazon, Google) et de l'électronique (Sony, Apple), va changer la donne. Hachette propose des nouveautés littéraires en téléchargement sur le site de la Fnac. Gallimard numérise son fonds à grand train (30 000 ouvrages/an). En novembre, la prestigieuse maison s'associera à La Martinière/Seuil pour déployer une plate-forme de distribution de milliers de livres récents. Enfin, cet automne sera marqué par l'arrivée sur le Vieux Continent du tant attendu Kindle, la liseuse numérique d'Amazon.


Horizon prometteur

En France, les revenus tirés de livres numériques restent encore faibles-30 à 40 millions d'euros, soit 1 % du chiffre d'affaires des éditeurs de livres. Aux Etats-Unis, la seule vente de livres téléchargeables atteint 45 millions de dollars. Imitant le modèle de distribution d'Apple avec son iPod, Amazon bouscule le pré carré de l'édition. Le Kindle 2, qui « devrait trouver un demi-million d'acquéreurs cette année », selon Imran Khan, analyste chez JP Morgan,permet d'accéder à des ouvrages vendus à un prix unique, 9,99 dollars. Soit 20 % de moins que l'équivalent papier.



En France, la baisse n'est que de 10 % « par rapport à la version classique, et non à celle de poche », rappelle Guillaume Lejeune, responsable des ventes chez Bookeen. En cause, la TVA à 19,6 % sur ce type de produit, contre 5,5 % pour les ouvrages classiques. Et c'est là que le bât blesse. Selon une récente étude réalisée par Harris Interactive/Fnac, les trois quarts des sondés estiment que le prix des livres numériques devrait être en moyenne 40 % moins élevé que celui des livres classiques. On en est très loin, même si la situation est amenée à changer.


Les ministres des Finances de l'Union européenne ont en effet accepté d'ajouter le livre audio dans la liste des produits qui bénéficieraient d'une taxe à taux réduit. Alors, pourquoi pas le livre électronique ? Le plus apporté par Amazon à ses e-lecteurs, c'est avant tout un catalogue riche de 240 000 titres, de blogs, d'articles de presse ( New York Times, Time Magazine ). Sony vient de lui emboîter le pas en concluant un accord avec Google pour porter sa bibliothèque numérique à 600 000 ouvrages pour son e-Reader PRS-505. Le japonais, qui n'a écoulé pour le moment que 400 000 unités dans le monde, espère ainsi rattraper son retard. Les utilisateurs attendent un catalogue plus étoffé « en nouveautés récentes et concomitantes avec les sorties papier ».


Téléphones et streaming

Tous les constructeurs annoncent la sortie imminente de leur propre liseuse : du coréen Samsung (tablette Papyrus) au néerlandais Polymer Vision (lecteur de poche Readius), en passant par l'allemand Endless Ideas (Bebook) ou encore le français SFR. Même les téléphones s'y mettent. Cyberlibris propose pour l'iPhone sa bibliothèque de livres avec formule d'abonnement mensuel dès 3 euros/mois. SFR mais aussi Choyooz ont démontré que la BD pouvait également s'accommoder de petits écrans. Ce dernier propose d'ailleurs un catalogue de mangas adapté au format d'autres téléphones. Pour Bertrand Morisset, commissaire du Salon du livre, si les recettes du livre numérisé sont encore réduites, à moyen terme 20 à 30 % des livres se dématérialiseront sur des supports mobiles." (Le point, le 9/04/09)

                                                              
                                                                                                                        

                                   

La froideur de l'acier ou la chaleur du papier ? Faut il forcément suivre son époque ? Faut il savoir évoluer ? Pour vous, quel avenir pour le livre ?... Faites votre choix , prononcez vous par un commentaire !
                                                 

                                                                    

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 18 Octobre 2009

Roman - Editions Yago - 247 pages - 18 €

Rentrée littéraire


Résumé : Un coup de foudre, et commence la plus vieille histoire du monde. Entre Alicia et Joris, c'est d'emblée l'amour fou, absolu, évident. Mais Joris est marié... Se noue alors une relation difficile mais passionnante, faite d'avances timides et de ruades d'impatience, ponctuée de mensonges inévitables. Mais faut-il consentir à la dissimulation ? Ce roman aux scansions poétiques et aux dialogues incisifs, met à nu les joies et les blessures de l'amour adultère avec un talent d'orfèvre.
















 

                                        
Mon humble avis :Voici un très beau roman, inhabituel dans mes lectures, puisqu'il s'agit ici du récit d'un adultère. Alicia, qui s'était promis de ne jamais briser un couple, entame une relation avec Joris qui lui cache son mariage dans un premier temps. La passion s'enflamme et l'attente ne fait que commencer. Alicia attend que Joris quitte sa femme comme il le lui promet. Cette expectative va durer tout au long du roman, entrecoupée d'incessants " Je t'aime moi non plus". Vous me direz, n'est- ce pas hardi de décliner ce sujet sur plusieurs centaines de page ? Si, ça l'est, indubitablement. Au début, j'ai craint de me lasser, voire de m'ennuyer. Et bien non, car cette histoire adultérine est admirablement bien traitée et analysée. L'auteur écrit avec un réalisme saisissant. Et pour cela, la répétition des promesses déçues étaient incontournables, car nul ne doute que cela se passe ainsi dans la vie. On aime passionnément avec Alicia, on espère, on souffre, on jalouse, on croit, on doute, on enrage, on déteste pour ne plus aimer. Certes, on ressent souvent l'envie de saisir Alicia et de la secouer comme un prunier pour lui dire : "Hé, réveille toi ma fille, cet homme se paie ta tête depuis le début". Mais pourtant, on replonge avec elle. Car quiconque a déjà aimé sait que l'on ne sort ni facilement, ni indemne d'une passion aussi obsessionnelle. Les conséquences dévastatrices d'une telle relation sont mises en scène et en mots avec brio. L'écriture est soignée, minutieuse, habillée d'envolées lyriques et poétiques. Oui, ce livre est aussi un hymne à l'amour, même si celui ci est défendu. Les personnes en manque d'idées pour écrire une lettre enflammée à leur dulciné(e) trouveront ici une source d'inspiration d'une émouvante valeur.
Je me suis souvent identifiée à l'héroïne dans ses élans comme dans ces désespérances. En toute immoralité, j'ai plus d'une fois pensé qu'il valait mieux avoir un amant qu'être la maîtresse. Car celui qui "a" semble plus souvent maître du jeu que celui qui "est".
J'ai aussi perçu dans ce récit comme un tango entre la lâcheté des hommes et la bêtise des femmes. Ma remarque est elle sexiste ? Sans doute, je me demande comment aurait évolué l'histoire si Alicia avait été un homme. Il faudrait poser la question à l'auteur ! Ca me donne une idée... A suivre !


" Si vous voulez vous débarasser de votre maîtresse, épousez la."


Je remercie
Gilles Paris pour cette agréable lecture.



                                                                            

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 17 Octobre 2009

Tout premier jour de juin, à St Malo. Je suis au festival des Etonnants Voyageurs. Entre deux projections de films ou conférences, me voici arpentant le salon du livre. Et, au détour d'une allée, j'aperçois Carole Martinez.. Son roman, Le coeur cousu, est un véritable succès de librairie. Il a déjà remporté 9 prix littéraires et est encensé sur la blogosphère.
Achat, dédicace, dialogue, obtention de la sacro sainte adresse e.mail sans laquelle je ne pourrais vous livrer cette interview que voici.

Bonjour Carole

Est-ce l'envie d'écrire qui vous a menée à raconter cette histoire où cette histoire qui vous a donné l'envie d'écrire ? 

CM : J’ai toujours écrit. Des poèmes, des nouvelles, des petits bouts de révolte, des tentatives d’extraction de peines, de peurs. Des éclats. La vie prend beaucoup de temps et l’écriture est toujours passée après. Un roman est envahissant, ample, long. Disons que cette histoire m’a menée au roman. Que sans elle, je n’aurai peut-être pas osé, malgré l’envie, me lancer dans quelque chose de plus vaste.

 


J'ai lu quelque part que l'histoire de Frasquita faisait partie de votre patrimoine familial ? Jusqu'à quel point ? Où commence et où s'arrête votre imagination ?

CM : J’ai été élevée dans une cuisine. Ma grand-mère, concierge à Paris, vivait dans sa loge, une pièce unique. Je me rappelle vaguement du lit, de la table, mais, dans mon souvenir, les fourneaux et les parfums de sa cuisine dominent. Elle concoctait des plats typiques du bassin méditerranéen et, au milieu de ses casseroles, elle guérissait des amis, des voisins à l’aide de prières en espagnol. Elle ne parlait jamais de magie, mais de prières. Et pour moi la cuisine, la magie, tout cela s’est mêlé. Elle employait les mêmes ingrédients, les mêmes ustensiles pour l’une et pour l’autre. J’ai baigné dans un monde où les vieilles recettes, les vieilles croyances avaient leur place. En vacances, en Espagne, je l’ai vue guérir des gens d’insolation : pour leur sortir le soleil de la tête, elle leur posait une assiette pleine d’eau sur la tête, disait les paroles rituelles en espagnol, retournait un verre dans l’assiette et toute l’eau montait en bouillant dans le verre. Je trouvais cela extraordinaire et j’essayais de faire la même chose avec ma poupée. Quand elle a eu le téléphone, on l’appelait pour lui demander de guérir les brûlures ou pour aider à la cicatrisation des plaies, et c’était très drôle qu’elle puisse faire cela à distance, comme si la magie pouvait s’adapter à cette époque nouvelle dans laquelle elle ne semblait pas avoir sa place, comme si elle circulait dans les fils électriques, utilisant le progrès. Car le plus important, c’était les mots, ces mots dits dans une langue que je ne comprenais pas et qui pour moi gagnait en force, en mystère. L’espagnol était à mes yeux la langue des secrets. Ma grand-tante, qui était cartomancienne et très persuasive, venait parfois déjeuner chez nous. J’ai donc grandi dans une ambiance très particulière, dans un monde où le merveilleux avait sa place, où la frontière entre les vivants et les morts n’était pas très nette. Le rêve de ma grand-mère a toujours été d’avoir le don de parler aux morts. D’après elle, c’était chose faisable, mais elle n’y parvenait pas. Dans sa cuisine, ils restaient silencieux et cela l’ennuyait. Je ne sais pas si je crois à la magie, je n’ai hérité ni des recettes, ni des prières, elles se sont perdues juste avant d’arriver jusqu’à moi, mais j’aime la poésie et le rêve qui s’accrochent à mes souvenirs d’enfance. J’aime cette beauté des petites choses, des petits gestes, des petites incantations que les femmes de ma famille se sont transmises durant des siècles. J’aime l’idée que les femmes ont inventé un monde du fond de leur cuisine, l’idée d’un contre-pouvoir, le pouvoir magique de la parole murmurée qui s’opposerait à la force physique des hommes. J’aime l’idée d’un espace infiniment poétique et sensuel recroquevillé dans le réduit que le masculin leur a laissé pendant des siècles : la cuisine.Frasquita Carasco, l’héroïne de mon roman, est mon aïeule, la légende familiale raconte qu’elle a fui son petit village d’Andalousie car son mari l’avait jouée au jeu et qu’elle refusait d’être ainsi traitée comme un objet. Dans la vraie vie Frasquita est partie sans payer la dette, elle s’est même échappée pour ne pas la payer. Cette histoire m’agaçait petite, je trouvais que cette femme était bien davantage une victime qu’une héroïne. Je la voulais plus grande, plus puissante, je cherchais comment la rendre maîtresse de son destin, je voulais qu’elle tire tous les fils, je la rêvais à la fois simple et démesurée. Ma famille vient d’Espagne, mais je ne connais pas vraiment ce pays. Je l’ai réinventé comme on se réinvente des racines à partir de récits, j’ai utilisé les souvenirs des autres. J’ai tenté de faire resurgir, par la magie de l’écriture cette fois, un pays des origines. Un monde perdu. Comme dans le récit de Soledad, il n’y a pas la frontière nette entre le réel et la fiction.

 

L’atmosphère semble être un personnage principal de coeur cousu. Elle est cependant très difficile à décrire. Comment la définiriez-vous ?
CM : Un paysage est une sorte de boîte à écho. En ce sens cette terre gavée de soleil assèche mes personnages, les réduit à des ombres, à quelques traits. Quant aux villageois, je voulais qu’ils ne soient qu’une masse qui hurle, qui grogne, qui craint. Une masse pleine d’yeux terrifiés comme dans certains tableaux de Goya. Quelques uns seulement devaient s’extraire de ce magma « bien pensant ».
Pour revenir au paysage, je pense que pour tenter de comprendre les espace dans lesquels nous vivons, nous leur imaginons un sens. L’imagination humaine est sans limites, nous façonnons les paysages en leur inventant des raisons d’être, des noms, autant que ces paysages nous façonnent en nous inspirant des histoires, des rêves, des modes de vie. En ce sens le décor et les êtres qui s’y meuvent dialoguent et participent de la même matière. Peut-être est-ce de cela dont vous parlez quand vous employez le mot « atmosphère ». De cette chaleur, de cette terre et des gens qui y vivent, qui y trouvent une raison de rester ou de partir.

   

 

Pour quel personnage avez- vous le plus d'affection ? Selon vous, laquelle de ces femmes a le destin le plus tragique ? 

CM : Je tiens à toute la famille Carasco. J’aime les sagettes et Lucia. Je ressens même beaucoup de tendresse pour le père. Non vraiment, je ne peux pas répondre à cette question. Mais Pedro el rojo et Lucia la catin restent tout deux en suspens. Je reviendrai peut-être sur ces deux-là, qui n’ont sans doute pas encore vécu tout ce qu’ils avaient à vivre. Lucia devait réapparaître, je ne lui ai pas trouvé sa place et Pédro aurait du mourir, il m’a échappé in extremis en tuant son père. Une surprise. Il a changé son destin, mais je l’ai abandonné comme s’il en était mort.

 


Vous souvenez vous de l'état d'esprit qui était le vôtre lorsque vous avez écrit les premiers mots de "Coeur Cousu ?

CM : Les premiers mots du roman sont les seuls que j’ai déplacés. J’ai arraché la première page, celle qui était censée tenir tout le projet, celle qui avait ouvert mon désir du livre et l’avait longtemps porté, je l’ai arrachée à contre cœur juste avant  de déposer les deux premières parties à l’accueil des éditions Gallimard. Mais je ne me souviens pas vraiment du moment où j’ai écrit ces premiers mots, c’étaient il y a plus de treize ans. On laisse des phrases dans un trou et elles poussent, elles enflent en notre absence. En les relisant, il arrive qu’on leur trouve une force qui nous avait échappée au moment de l’écriture. 

 

Par quel biais avez vous réussi à publier votre premier roman chez un éditeur majeur ? Vous souvenez vous de votre réaction lorsque vous avez appris votre prochaine publication ? Et lorsque vous avez tenu pour la première fois votre livre broché ? 

CM : J’ai déposé les deux premières parties de mon roman à l’accueil chez Gallimard avec une petite lettre expliquant pourquoi le manuscrit était inachevé. Mon congé parental prenait fin et je me sentais incapable d’enseigner et d’écrire à la fois. Mon mari, persuadé que je ne finirais jamais mon livre, m’avait obligé à remettre mon travail à une maison d’édition au moins, n’importe laquelle. Il m’avait permis de m’arrêter de travailler durant un an pour que je mène mon projet à bout. J’en parlais depuis si longtemps et il me semble qu’il en rêvait plus que moi encore. Il m’a toujours imaginée écrivain.  Donc j’ai déposé mon paquet mi juillet, sans l’adresser à quelqu’un en particulier, j’ignorais qu’il y avait plusieurs directeurs éditoriaux. Début septembre, un certain Jean-Marie Laclavetine me rappelait sur mon portable. Je lui ai demandé d’épeler son nom, il ne s’en ai pas offusqué. Pourtant en regardant sur internet, j’ai eu honte de mon ignorance, il avait déjà écrit tant de romans. J’ai mis sept mois à terminer mon texte. Ensuite, il est passé devant  le comité de lecture. Jean-Marie Laclavetine m’a rappelée pour m’apprendre la bonne nouvelle. J’ai attendu de recevoir mon contrat, terrifiée à l’idée qu’ils changent d’avis. Le contrat signé, je n’étais pas plus rassurée puisqu’ils avaient je crois douze mois pour sortir mon livre. Je me disais : « ils ne le feront pas ». Il est paru onze mois après.

 

 

Votre roman a remporté immédiatement un vif succès : nombreux prix littéraires et reconnaissance unanime des lecteurs. Savez vous combien d'exemplaires se sont vendus ? Cela ne donne -t-il pas un peu le  vertige ?

CM : Entre le poche et le grand format, je dois en être à plus de 150 000 exemplaires vendus. Pour un livre sorti à 3000 exemplaires, c’est incroyable.  Mais non, cela ne donne pas le vertige, on ne remarque rien. Cela reste très discret, presque irréel. Je n’ai encore jamais vu quelqu’un lire le Cœur cousu dans le métro.



Dotée comme vous l'êtes d'un tel lyrisme, d'une telle élégance et d'une telle minutie dans l'écriture , pourquoi avoir attendu si longtemps pour écrire un roman ? D'ailleurs, Coeur Cousu est il vraiment votre premier roman où y a t-il d'autres livres ou bouts d'histoire cachés dans un tiroir ?

CM : Avoir de l’imagination peut être très angoissant. J’en souffre assez pour savoir que j’en ai . Le style, c’est autre chose. Je ne me sens pas sûre de moi , je doute énormément et j’ai toujours douté. Peur de desservir mes personnages, mes histoires. Peur de ne pas être à la hauteur de mon rêve. Peur de l’échec. Autant de raisons de ne jamais finir le texte entamé. Et puis il y a la vie, les amis, les enfants, l’amour.  L’écriture n’est pas tout. J’avais écrit un livre pour la jeunesse dix ans plus tôt. Roman envoyé par la poste et publié chez Pocket. A part cela, je n’ai dans mes tiroirs que des poèmes, des nouvelles, des contes écrits pour ou avec mes enfants.

 


Je suppose que vous êtes de nouveau au travail pour nous offrir bientôt un deuxième magnifique roman. Son sujet est il classé top secret ou peu on avoir un tout petit avant goût ??? Si le succès était toujours au rendez vous, ce pourrait il que l'écriture devienne votre principale occupation ?

CM : J’ai gagné une sorte de seconde jeunesse et une petite justification en écrivant. Ce roman a été une clé, il m’a ouvert des lieux, un milieu qui me semblaient inaccessibles, des lecteurs se sont confiés. Les possibles se sont multipliés. Cette sensation d’entamer une autre vie à quarante ans passés est extraordinaire. J’avoue que j’aimerais que tout cela dure, que les histoires me sortent du corps, que les livres jaillissent. En fait,  les choses ne viennent pas si vite, si facilement. Créer un personnage, lever un univers romanesque prend du temps.

J’aime énormément enseigner, mais je m’amuse encore davantage en bâtissant un village, un château, un être à l’aide de quelques mots. Une feuille, un crayon et du temps.  J’espère donc pouvoir continuer à écrire, moi qui ne parviens pas à faire deux choses à la fois.

Quant au prochain roman, j’y suis plongée. Un univers de forêt, de vieilles pierres et d’ombres humides. Une histoire d’amour et de jalousie. Un travail sur la force de l’imaginaire, sur l’invention de la personne avec laquelle on vit. Sur le mystère que reste l’autre même quand il dort dans notre lit, sur la part qui nous échappe, sur les blancs où tout est à broder.



Enfin, question incontournable sur ce blog, quelle lectrice êtes vous ? Quels sont vos 3 derniers coups de coeur littéraires ?

CM :Je lis très lentement et par crises. Mes derniers coups de cœur ?

Ma grande découverte de cet été, c’est « La légende de Gösta Berling » de Selma Lagerlof que je n’avais jamais lue.

« Avec les moines-soldats » de Lutz Bassmann (un pseudo de Volodine)

«  L’attente du soir « de Tatiana Arfel , un magnifique premier roman.

« A l’angle du renard » de Fabienne Juhel

« Mangez-moi si vous voulez » de Jean Teulé

« Paradis noir » de Pierre Jourde

Et dans la rentrée de septembre :

« La double vie d’Anna Song » de Minh Tran Huy

«  Ce que je sais de Véra Candida » De Véronique Ovaldé

Mais je suis passée à côté de beaucoup de romans, il va falloir que je me rattrape. Et j’en oublie sûrement.



                                                  merci 23 
                                  Je vous dis merci avec ce coeur cousu qui semble cousu !

   

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Interviews exclusives !

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Publié le 15 Octobre 2009

WOHOOOHO ! WOHOOOHO ! Mardi soir, pour moi, c'était l'Aventurier, les Tzars, J'ai demandé à la lune, little doll, des fleurs pour Salinger, Drugstar, Alice et June. Bref, c'était le concert d'Indochine à Rennes du Météor Tour !

Une salle pleine à craquer, une ambiance du tonnerre, des tubes, des nouveautés, de magnifiques images (parfois appocalyptiques) sur des écrans géants, des effets de lumières dignes d'un feu d'artifice d'un quatorze juillet. Une musique et des mélodies qui pulsent, qui rockent, qui dégagent, qui envoie. Dieu que c'est bon tout cela. Deux heures trente de véritable exutoire qui devraient être remboursées par la sécu : on peut crier, hurler, chanter (faux ou en accord), danser, sauter, taper des mains, taper des pieds. Tout oublier, sauf que cela fait plus de 20 ans que l'on suit Indochine qui n'a pas pris une ride. Les indo, c'est le groupe de rock d'hier, d'aujourd'hui et de demain ! Quelle belle revanche de la part d'un groupe qui provoquait des ricannements il y a quelques années et que certaines personnes disaient mort. Pffff, n'importe quoi ! J'ai toujours cru en ce groupe, je lui suis toujours restée fidèle et je ne le regrette pas car mardi, j'ai encore passé une soirée extraordinaire. Et puis, petit rappel, Indochine remplira la stade de France en juin prochain.
Ce que j'adore dans un concert, c'est entendre la salle entière chanter à l'unisson les paroles d'une chanson connue par coeur. Cela me bouleverse toujours car en plus, il s'agit en général de chansons particulièrement touchantes ou mythiques. Et puis, et puis, celles et ceux qui fréquentent ce blog depuis un moment le savent, j'ai l'impression de devoir beaucoup à Indochine, au delà de superbes émotions musicales.  J'avais dis tout cela dans
ce billet.

Toutes les dates de la tournée d'Indochine se trouvent ici
Alors, pour mon plaisir et le votre j'espère, voici quelques extraits de ce que peuvent donner Indochine en concert. Vous allez voir, cela déménage.

J'ai demandé à la lune (vidéo très amateur...)


Alice et June

 

 3 nuits par semaine



Black page

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Spectacles concerts théâtre salons

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Publié le 14 Octobre 2009

Dernière toile de ma série de 5 peintures représentant des bouts de femmes ! Pas d'incrustation cette fois ci.
Les prochains billet "peintures" vous emmèneront dorénavant sous d'autres latitudes !


                                                                          


                                                                               

                                                                                   

                                                                                                     
                                                                                                   


                                                                                                         

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Mes couleurs du monde

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Publié le 13 Octobre 2009

Un peu de vie dans ce monde minéral....






























HOGGAR ALGERIEN ET TOUAREG

Nombre de touareg ont échangé le dromadaire contre le 4X4 pour devenir guides touristiques. Il reste des pros du désert et il émane d'eux quelque chose qui nous échappe, une grandeur d'âme et une résistance à toute épreuve sans doute. Les hommes bleus ne sont plus forcément bleus mais ils demeurent les gardiens du désert et de traditions millénaires...


























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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyages en Afrique

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Publié le 12 Octobre 2009

Synopsis : Moscou, au début des années 80, en pleine Guerre Froide.
Sergueï Grigoriev, colonel du KGB déçu du régime de son pays, décide de faire tomber le système. Il prend contact avec un jeune ingénieur français en poste à Moscou, Pierre Froment. Les informations extrêmement confidentielles qu'il lui remet ne tardent pas à intéresser les services secrets occidentaux.
Mitterrand lui-même est alerté et décide d'informer le président Reagan : un gigantesque réseau d'espionnage permet aux Soviétiques de tout connaître des recherches scientifiques, industrielles et militaires à l'Ouest ! Les deux hommes d'Etat décident d'exploiter ces données ultra sensibles transmises par une mystérieuse source moscovite que les Français ont baptisée : " Farewell ".
Homme sans histoires, Pierre Froment se retrouve alors précipité au coeur de l'une des affaires d'espionnage les plus stupéfiantes du XXème siècle. Une affaire qui le dépasse et qui menace bientôt sa vie et celle de sa famille...


Thriller espionnage avec Guillaume Canet, Emir Kusturica, Philippe Magnan, Willem Dafoe...

                                          

Mon humble avis :Ce film relate donc l'une des plus grandes affaires d'espionnage du XXème siècle, histoire qui contribua à affaiblir terriblement le bloc soviétique et donc à mettre fin à la guerre froide. Dans ce film, il y a du pour et du contre !

Commençons par le pour : La reconstitution du climat tendu de la guerre froide est parfaite, tout comme celle de l'austérité et de la suspicion russes de l'époque. La crainte des dissidents politiques est palpable. De même, la cruauté et le cynisme des services secrets, qu'il s'agisse du KGB ou de la CIA nous glacent le sang. Une chose est certaine : il ne faut faire confiance à personne. Comme dans tout thriller psychologique, l'intrigue tient le spectateur en haleine. On tremble pour nos héros. D'ailleurs, une scène donne les 3 minutes les plus longues du cinéma : vont -ils réussir à passer la frontière ou non ??? Enfin, les acteurs servent parfaitement ce film, avec une mention spéciale pour le très charismatique et énigmatique Emir Kusturica. Guillaume Canet, quant à lui, est fidèle à lui même dans un style de rôle (trop ?) récurrent pour lui.

Passons au contre : Le pitch annonce une histoire d'espionnage stupéfiante aux conséquences terribles pour le bloc de l'est. Et bien je n'ai pas tellement ressenti cette notion de "stupéfiante" justement. Peut -être à cause de trop nombreux racourcis ou de l'ambiance nébuleuse souvent entretenue dans les films d'espionnage aux histoires un peu compliquées. A moins que ce ne soit en raison de l'absence quasi totale de la dimension technique et pratique du renseignement. Alors flotte l'impression qu'il serait presque facile d'être un espion d'une telle envergure ! Oui, la simplicité que semble avoir Kusturica à acceder aux documents d'une telle importance et à "les faire sortir" est plutôt déconcertante. Mais c'est sans doute le choix du film, qui à force de se concentrer sur la psychologie des personnages, en oublie l'explication pratique et l'action.


 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 10 Octobre 2009

Roman - Albin Michel - 131 pages - 15 €

Rentrée littéraire 2009

Résumé : « Il n’y a pas d’échec amoureux. »Amélie Nothomb
Amélie poursuit avec humour et auto-dérision l’inventaire des personnages « extraordinaires » qui hantent ses romans.






                                                                   
                                      

Mon humble avis : Un homme est dans un aéroport. Il s'apprête à monter dans un avion qu'il prévoit de détourner et de mener au crash. Quelle tragédie amoureuse lui a inspiré un tel acte ? C'est par écrit qu'il se confesse...
Dès les premières pages, il n'y a pas de doute, nous y sommes. Où ça ? Mais dans un roman d'Amélie Nothomb pardi ! Oui, tout y est... L'univers clos et décalé de quelques personnages. L'absurde qui devient possible. L'humour qui s'entremêle avec le cynisme et la cruauté. Les mots si insolites qu'ils vous font utiliser avec jouissance votre dictionnaire. Des prénoms improbables qui nous étonnent et nous amusent toujours - ici Zoïle et Astrolabe, mais où va-t-elle chercher tout cela ??- Et bien sûr, une bonne dose d'autodérision - Nothomb ne se moque-t'elle pas des ces éditeurs qui placardent la photo des auteurs en pleine couverture ?!!! Enfin, il n'y a que notre auteur belge préférée pour oser user d'une "madame pipi d'aéroport" comme d'un argument.
Une fois de plus, Amélie Nothomb nous captive par l'atypie de son histoire et l'anormalité de ses personnages qui ne connaissent pas de limite dans l'excentricité. Le génie de l'auteur est là : d'un personnage banal éprouvant un sentiment commun, elle fait du fantaisiste et de l'extraordinaire, au sens littéral du terme. Et, c'est en exagérant les travers de ces personnages qu'Amélie Nothomb dresse à nouveau un portrait pragmatique du genre humain et de son immoralité. Voilà pour le fond...
Pour la forme, je dirais que l'écriture est, comme d'habitude, ciselée. Le style est clair et  efficace. Amélie Nothomb va droit au but et ne nous encombre pas de détails inutiles dans le seul objectif d'écrire un pavé pour coller à l'époque. Ses livres ne sont jamais épais. Mais celui ci aurait gagné en qualité avec quelques pages supplémentaires. Certaines réflexions auraient mérité plus de développement. Et, une fois de plus, j'ai trouvé la fin un peu expédiée... Amélie, pour être complètement à ma cause acquise - vous n'en êtes pas loin d'ailleurs- s'il vous plaît, soigner un brin plus vos chutes !
Vous l'aurez compris, j'ai bien aimé ce livre, j'y ai trouvé mes repères... et ce que je cherchais, ni plus, ni moins.

Morceaux choisis :

" A quinze ans, il y a une ardeur de l'intelligence qu'il importe d'attraper : comme certaines comètes, elle ne repassera plus".

"On en veut jamais autant aux gens que quand ils n'y sont pour rien".

"On est vraiment indulgent que quand on est amoureux fou ; dès qu'on aime moins, la vacherie naturelle reprend le dessus".


Je remercie 
 de m'avoir permis de découvrir Le Nothomb de l'année en temps réel, et non un an et demi après dans son format poche !

 Les avis de :
 Bibliza (pas aimé) , de Cuné  (a aimé), d'Albertine (mitigé)


Ce blog a décidé de s'associer à un projet ambitieux : chroniquer l'ensemble des 659 livres de la rentrée littéraire ! 
Vous retrouverez donc aussi cette chronique sur le site Chroniques de la rentrée littéraire qui regroupe l'ensemble des chroniques réalisées dans le cadre de l'opération. Pour en savoir plus c'est ici.



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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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