Publié le 7 Avril 2011

BD - Gallimard - 107 pages - 16.50

 

 

L'histoire : A Abidjan les problèmes s'accumulent pour Aya : Mamadou fait le "génito" pour la femme de son professeur de biologie, tandis que Félicité est séquestrée au village par son père. De son côté, Grégoire, le Parisien moisi, s'est fait recruter par un pasteur, fondateur de la très prospère "Eglise Réformée de Dieu Zéro Malade".

Pendant ce temps à Paris, Innocent, l'aventureux coiffeur, découvre que l'homosexualité n'est peut-être pas aussi bien acceptée en France qu'il l'espérait...

 

 

Dessins de Clément Oubrerie

Textes de Marguerite Abouet

 

 

 

 

 

 

 

 

Mon humble avis :  J'ai moins aimé ce tome 5, même si j'en retiens tout de même de sacrés moments mémorables. J'ai l'impression qu'on survole plus les histoires des uns et des autres, à qui les auteurs consacrent des doubles pages, voire des quadruples, avant de passer aux mésaventures d'une autre protagoniste. Les personnages s'éloignent les uns des autres, "moralement" (Hervé semble mener sa vie...) comme physiquement et géographiquement : Moussa est toujours dans la brousse, on ne sait pas trop où, en tout cas, ses parents le suivent pas à pas. Felicité est retenue prisonnière au village et Inno affronte toujours les déconvenues de la vie Parisienne. Nous ne sommes plus dans la petite vie de quartier du début, c'est un peu dommage. On s'éparpille un peu et de ce fait, certaines intrigues sont presques passées inaperçue dans ce tome (comme l'histoire du méchant prof de fac par exemple).

Mais... Mais, les réparties, expressions et dictons locaux sont toujours aussi jubilatoires et l'attachement que l'on ressent pour les personnages et leur destin reste intact. Et toujours, le bonus ivorien en fin de volume. Cette fois ci, il porte sur le commerce de l'Eglise en Afrique.... et par chez nous.

J'espère bientôt pouvoir me procurer le nouveau tome, le tome 6, sorti fin 2010,  via ma bib' (hum hum, va en fait falloir encore attendre un peu, ma bib ne fait que 3 sessions d'achats BD par an) ... Bonne nouvelle, Aya et ses copines réinvestissent la couverture un peu malmenée depuis 2 tomes :

 

 

 

Mauvaise nouvelle : il s'agirait du dénouement final !

 

 

"On ne naît pas intelligent, on le devient si on sait écouter les conseils des autres."

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 6 Avril 2011

rue du livre 006

C'était l'année dernière, au festival de La rue des livres à Rennes, je rencontrais l'auteur Philippe Grimbert, achetais l'un de ses romans " Un secret", chroniqué ICI il y a quelques semaines.

 

L'auteur m'avait gentiment confié son adresse mail pour qu'une de mes interviews qui m'amusent  et que vous aimez tant puisse voir le jour !

 

Et comme mieux vaut tard que jamais, je vous annonce que ce jour est arrivé !!!

 

 

 

 

Cette interview porte donc principalement sur Un secret. Depuis l'envoi de mes questions à l'auteur, j'ai lu et adoré, voire plus encore qu"un secret", "La Mauvaise rencontre" qui sera chroniqué sur ce blog très bientôt.

 

 

 Votre roman “Un secret”, assez autobiographique, traite d’un terrible secret de famille lié à la 2ème guerre mondiale. Par les romans, l’Histoire ou les faits divers, on connait tous les dégâts causés par ces fameux secrets de famille qui pourtant existent toujours, se perpétuent parfois de génération en génération. Pourquoi “ne dit on pas” ? Toute vérité n’est elle pas bonne à dire ? Quel est le plus grand frein : la honte ou la peur ?

PG : Le moteur à l' origine du secret est le plus souvent du côté de la honte, de la culpabilité ou de la douleur, sentiments propres à l'humain...mais ce peut être également l' amour, lorsque l'on pense (à tort) protéger ses enfants d'un choc ou d'un traumatisme en leur cachant une vérité difficile. On se trompe souvent car ce que l'on tait peut faire plus de mal que ce que l'on dit. Toute vérité est bonne à dire, à condition qu'elle puisse avoir un effet libérateur pour celui à qui elle est adressée...
 
Durant ma lecture, j’ai eu la sensation que la notion de secret se tenait jusque dans votre style et écriture, dans le soin de ne pas nommer les choses mais de les faire comprendre. Certains mots semblent comme contournés, même si le sens est toujours atteint. Est-ce mon impression personnelle, un choix délibéré, une écriture naturelle ou un choix délibéré donnant lieu à un long travail d’écriture ? 
PG : Je préfère l'allusif au frontal et il me paraît évident que mon écriture porte le reflet de ce choix. J'aime aussi laisser au lecteur une marge de liberté dans laquelle il puisse projeter ses suppositions, son imaginaire.
  
Dans un secret, vous raconter mais ne jugez pas. Vous ne jugez ni votre famille, ni vos parents. Est-ce le personnage de roman et l’écrivain qui choisissent de ne pas juger où est-ce l’homme que vous êtes qui ne juge pas ? N’a-t-il jamais jugé ? Auriez vous dit la vérité ? 
PG : L'écrivain rejoint ici l'homme qui n'a jamais jugé, ni tenu rigueur à ses parents de lui avoir dissimulé la réalité de leur histoire. L'homme avant l'écrivain avait trop bien compris que ce silence était motivé par une souffrance infinie...et que, maladroitement sans doute, il était à entendre comme une preuve d'amour.
 
Un secret a été adapté au cinéma par Claude Miller. Qu’est-ce que cela représente pour un auteur de voir son film porté sur les écrans ? Une récompense suprême, une grande satisfaction personnelle, la possibilité de toucher un public qui ne lit pas, un aboutissement, une cerise sur le gâteau ?
PG : Tout cela à la fois !!! Même si l'on a peur au début que le film dénature le projet du livre...ce qui n'a pas été le cas : j'ai été heureux que Claude Miller soit fidèle à l'esprit et infidèle à la lettre, en somme il ne s'est pas livré à une simple illustration de mon roman mais l'a passé à travers le filtre de son propre imaginaire.
 
Curiosité. Techniquement comment cela s’est il passé ? Il paraitrait que vous ayez reçu plusieurs propositions d’adaptation ? Pourquoi le choix de Miller ? Avez vous ensuite votre mot à dire (comme pour le choix des acteurs...) où est-ce que par un contrat “vous prêtez votre bébé” au bon soin du cinéaste ? 
PG : Entre plusieurs réalisateurs j'ai choisi Miller parce que nous avons très vite compris que nous avions vécu tous deux des histoires qui présentaient beaucoup de points communs...de plus Claude avait signé quelques films cultes pour moi, en particulier "La meilleure façon de marcher". Par contrat je n'avais qu'un droit de regard sur l'adaptation, mais l'amitié qui est née très rapidement entre Claude et moi a permis qu'il tienne compte de toutes mes remarques et suggestions sur son scénario (ce à quoi il n'était pas tenu !)
 
 Seriez vous devenu le même écrivain si vous n’étiez pas psychanalyste ? Votre métier influence-t-il le choix des sujets de vos romans par exemple ? 
PG : Bien sûr les douleurs que je fréquente et les abîmes que je côtoie nourrissent mon écriture, mais je n'emprunte jamais  à mes patients des éléments de leur histoire, éthique et secret professionnel obligent !
 
On dit de certains romans qu’ils sont thérapeutiques pour leurs auteurs. Cette notion d’écriture thérapeutique est elle réaliste ou illusoire ?
PG :  En ce qui me concerne j'ai eu la surprise de constater que mon roman "Un secret" avait eu des effets thérapeutiques pour nombreux de mes lecteurs qui me l'ont témoigné par leurs courriers, particulièrement en ce qui leur a permis de lever un silence sur des secrets dont ils se sentaient prisonniers.
 
 Y aurait il un danger à lire beaucoup ? Où se situe la barrière entre lire beaucoup et lire trop ? 
PG : Vivre et lire doivent s'alimenter mutuellement...si l'on se réfugie dans la lecture pour éviter de vivre cela peut en effet devenir un problème, comme tout enfermement...mais j'ai hélas plutôt tendance à penser qu'à notre époque on ne lit pas assez, tant le règne de l'image est prépondérant !
 
Le personnage de Louise mériterait le rôle principal d’un livre, (c’est en tout cas mon avis de lectrice !), ce projet serait il concevable ou trop redondant ? 
PG : Louise est le seul personnage véritablement fictif de ce roman, c'est sans doute pourquoi vous l'imagineriez volontiers héroïne d'un autre roman, mais il n'en sera rien car je me suis interdit d'écrire quoi que ce soit qui puisse ressembler à "Un secret 2" !!!!
 
 Quel lecteur êtes vous ? Quels sont vos 3 derniers coups de cœur littéraires ?
PG : Beaucoup de romans et pas mal de thrillers ou de polars !  En vrac, Millenium, le dernier Alexandre Jardin, HhhH de Laurent Binet!
 
 
merci 32
 
 
Philippe Grimbert est aussi l'auteur de 3 autres romans :
 
     
 
   
 
 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Interviews exclusives !

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Publié le 4 Avril 2011

Synopsis : Un écrivain en mal d'inspiration infiltre la vie d'une journaliste star de la télé et de sa fille danseuse étoile pour écrire à leur insu une biographie non autorisée. Pendant ce temps, en Bretagne, un garçon de 20 ans, Bruno, qui habite avec ses parents, ne sait pas encore les conséquences que toute cette histoire va avoir sur son existence...

 

 

 

Film avec Géraldine Pailhas, Catherine Deneuve, Nicolas Duchauvelle..

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

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Mon humble avis :Une fois n'est pas coutume, je commencerais ce billet en parlant des acteurs qui sont le véritable atout de ce film, et quel atout ! Vraiment non négligeable. Y'a pas à dire, en France, on a vraiment de très bons acteurs. Catherine excelle dans le rôle de la mauvaise mère carriériste. Géraldine Pailhas est lumineuse, gracieuse et touchante de fragilité dans le rôle de danseuse étoile, à croire même qu'elle est née pour ça. Marina Foïs parvient, en quelques scènes, à donner une dimension très émouvante à son personnage de mère "qui a toujours eu peur de ce moment là". Jean Baptiste Lafarge est à sa place et nul doute que l'avenir lui sourira. Enfin, la véritable révélation de ce film, c'est Nicolas Duchauvelle, brillantissime d'ambiguïté. Il est tellement inquiétant que j'ai eu l'impression que c'était réellement lui qui l'était ! je me dis encore aujourd'hui que vraiment, je n'aimerais pas le croiser.... Je pense sincèrement que cela mérite un César. Oups, nous sommes fin mars et j'ai déjà attribué le césar féminin à Karin Viard et le césar masculin à Nicolas Duchauvelle....

Et le reste ? L'histoire tient franchement la route, j'ai été captivée, sentant le drame arriver, sans savoir quand il arriverait.... C'est tout l'intérêt d'un film me direz vous. Oui, ici, c'est un film dramatique qui a une atmosphère proche du thriller. "Encore" une histoire de manipulation (je dis encore car j'en vois beaucoup ces temps ci, mais ne m'en lasse pas !). Jusqu'où va cette manipulation, l'arroseur devient il l'arrosé ? On se pose vraiment la question. J'ai eu l'impression que le film dépassait les deux heures, et ce n'est pas le cas. En même temps, c'est un film d'atmosphère...

 Au passage... A quand des films non fumeur....  Cette cigarette qui n'apporte rien au scénario et qui envahit presque chaque scène... Qu'est-ce qu'ils fument dans ce film !

Le dernier quart d'heure du film accentue le doute et met relativement mal à l'aise. Quand à l'explication donnée par le personnage Matthieu à Maria.... Je me suis dit "Tout ça pour ça ?" J'espérais une révélation plus importante, plus dévastatrice quelque part. Et de ce fait, je suis un peu restée sur ma faim... Mais tout de même, ces acteurs, dieu qu'ils sont bons !

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 2 Avril 2011

De Mary Ann SHAFFER & Annie BARROWS

 

 

 

Roman - Editions NIL - 395 pages - 19 €

 

 

Parution en 2009, existe aussi en format poche chez 10/18

   

L'histoire : 1946, Juliet, auteur  londonnienne populaire, cherche un nouveau sujet de roman. Le hasard la mène dans des échanges épistolaires très riches avec des habitants de Guernesay qui, pendant l'occupation allemande, ont crée le Cercle Littéraire des amateurs de tourtes aux épluchures de patates. Chacun lui raconte un événement, une anecdote triste ou joyeuse, bref, un moment de la guerre. Une véritable amitié se crée entre Juliette et les îliens au point que Juliett décide, pour un temps, d'aller s'installer à Guernesay. Elle y est accueillie à bras ouverts par ces nouveaux amis. Sa vie s'en trouvera changée à jamais.

Juliett écritet reçoit des lettres, mais pas uniquement depuis Guernesay... Apparaissent au fil des pages sa meilleure amie sophie, son éditeur, son soupirant, bref une multitudes de personnages qui donnent à se recit dynamisme, rebondissements 

  

 

 

 

 

Tentation : La blogo et la réputation du livre

Fournisseur : Ma PAL

 

 

    

 

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Mon humble avis : Ce roman épistolaire est si riche et délicieux que je ne sais par quelle patate le prendre ! Epluchons en quelques unes qui ouvriront ou couperont l'appétit de lecture des membres amateurs d'un certain cercle littéraire que nous formons, suivant les goûts de chacun.

Il est des coins du monde que l'on oublie et des questions que l'on ne se pose jamais (en tout cas, pour moi !). Par exemple : comment la 2ème Guerre Mondiale a t-elle été vécue sur l'île anglonormande de Guernesay ? Ce roman épistolaire apporte la réponse, une réponse qui tantôt réchauffe le coeur, tantôt glace le sang. On y apprend les atrocités commises, mais on y découvre aussi une population très solidaire, capable du meilleur, même après la guerre, malgré le traumatisme.

Au fur et à mesure de ces échanges postaux menés tambour battant par la dynamiqueet sympathique Juliet, nous faisons la connaissance d'une multitude de personnages qui furent, par leur comportement et souvent à leur insu, de véritable héros anonymes de guerre. Ce roman rend brillamment hommage à ses gens qui, sans tambour ni trompette, ont aussi fait l'histoire, même sur un petit bout de monde.

Il règne dans ces pages drôlerie et gravité, mais pas de pathos. Le style est enjoué et l'atmosphère si chaleureuse et so british,que c'en est remarquable étant donné que les auteures sont américaines. On se régale de l'humour des uns, on est touché par l'humanité de tous, on voudrait faire partie de ce cercle littéraire pour partager de si belles amitiés, on est prêt à partir pour Guernesay avec, dans notre valise, de grands classiques de la littérature ou des livres de recettes. Car bien sûr, les mérites et les vertus de la lecture sont bien présents dans ces échanges de lettres.

Alors oui, je partage l'enthousiasme quasi général pour ce roman. Pourquoi pas 4 étoiles bien pleines alors  ?...

Parce que j'ai deux petits minuscules bémols a énoncer... Les personnages sont très nombreux, j'ai eu du mal a en distinguer certains... Et, comme me le faisait justement remarquer une amie, ces lettres sont écrites par différentes personnes, d'origines socio-culturelles variées et parfois éloignées de la littérature.... Et pourtant, d'une lettre à l'autre, le style d'écriture ne change pas ou si peu. Le timide fermier ilien use d'une écriture bien similaire à celle de la jeune et volubile auteure londonnienne. Dommage, une plume mouvante aurait pu les départager plus visiblement.

Enfin, même si je me suis régalée de cette lecture, que j'y ai appris beaucoup, que je me sentais bien parmi cette belle équipe, j'ai été contente de lire la dernière page. C'était très bien, mais plus long aurait été trop long.... pour moi. Certaines blogueuses auraient voulu que ce roman ne finisse jamais ! Et vous ? Épluchez donc ce roman, il a trop de qualités pour passer à côté !

 

 

  "Lire de bons livres vous gâchera le plaisir d'en lire de mauvais".

 

Les avis de Théoma; de Keisha; de Sylire, de Karine :)

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 31 Mars 2011

Nouvelles - Livres de poche - 250 pages - 5.50

 

 

 

 

L'histoire : Irène est une femme du monde, épanouie, épouse d'un célèbre et riche avocat. Le hasard de la vie lui fait rencontrer un musicien dont elle devient la maîtresse. Un jour, alors qu'Irène sort de l'antre de son amant, une femme la bouscule, parait la reconnaître. Commence alors pour Irène un véritable cauchemar, tant elle craint d'être dénoncée à son mari... Elle devient victime d'un odieux chantage. La peur la paralyse.

Nous devinons que nous sommes à Vienne entre les 2 guerres.

 

 

"Lu" en format Livre audio

 

Tentation : L'auteur et le livre audio

Fournisseur : La bib'

 

 

 

 

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  Mon humble avis : En novembre, j'avais découvert la prose de Zweig et le livre audio avec "Lettre d'une inconnue". Très enthousiaste sur l'ensemble, j'ai donc décidé de d'approfondir l'auteur et le format !

Cette fois ci, c'est l'actrice Fanny Ardant qui narre "La peur", de sa jolie voix reconnaissable entre toutes. Sur le CD figure juste cette nouvelle. L'écoute prend une heure quarante cinq. Si vous achetez le livre, y figureront 5 autres nouvelles.

J'ai encore une fois été subjuguée par la richesse du vocabulaire de Stefan Zweig, la fluidité et la musicalité de son style. Vraiment, en écoutant ses mots, je me dis que je ne serais jamais écrivain ! C'est très littéraire et en même temps si agréable, si accessible, si humble. Les mots sont là pour décrire un sentiment ou servir un personnage, pas pour mettre en scène un auteur qui reste en fait beaucoup en retrait. Rapidement, Zweig nous plonge dans une atmosphère et un sujet qu'il développe, détaille et décrit avec tant de justesse que le récit semble très complet et prend, à nos yeux, la forme d'un court roman. Zweig analyse ici l'adultère, le mensonge qui en découle, et ses conséquences emprisonnantes, dramatiques, asphyxiantes. Aucun jugement n'est porté sur Irène. Zweig constate et partage avec nous son sens de l'observation très perspicace, la finesse de sa psychologie. Le comportement humain est parfaitement rendu. Ici, c'est la peur qui est explorée jusqu'à son tréfonds, jusqu'à sa plus profonde vérité. Le rythme s'accélère, l'étau se ressert autour d'Irène. Elle est prisonnière, elle s'asphyxie et nous lecteur, retenons notre souffle jusqu'à ce que la fin, on ne peut plus insoupçonnée et subtile, nous coupe le souffle ! Zweig prouve avec talent que les ressources d'un couple sont souvent sousestimées. C'est superbe et cela nous donne à réfléchir sur les conséquences du mensonge, la peur qui nous paralyse autant que la vérité, ce qui nous empêche de nous délivrer de notre fardeau. En effet, qui ne s'est jamais noyé dans un mensonge ? Car la peur d'être découverte dans le secret d'un mensonge et de la faute est un fardeau. "La peur est pire que la punition". Dans la peur se cache la honte de la faute, de la mauvaise image que l'on pourrait donner de soi même. On a peur de l'autre aussi, de sa réaction que l'on imagine, que l'on surestime, que l'on minimise. Allez savoir. En tous cas, pas besoin d'emplifier les éloges sur la plume de Zweig, elle se défend, brille d'elle même.

  

 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 29 Mars 2011

Synopsis : Sommes-nous maîtres de notre destin ? Ou sommes-nous manipulés par des forces invisibles ? David Norris entrevoit l'avenir que le Sort lui réserve et se rend compte qu'il aspire à une autre vie que celle qui lui a été tracée. Pour y parvenir, il va devoir poursuivre la femme, dont il est tombé follement amoureux, à travers les rues de New York et ses réseaux souterrains...

 

 

 

Thriller, romance, SF avec Matt Damon, Emily Blunt, Mickael Kelly

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

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Mon humble avis : L'agence ne se contente pas de se classer dans une catégorie de film. En effet, lui convienent les termes thriller, science fiction, romance, action, comédie. Chaque élément est savoureusement dosé pour que l'ensemble fonctionne à merveille et que tout le monde y trouve son compte.

Inspiréd'une nouvelle d'un grand maître de la SF (Philip K.Dick), le scénario est très vite intriguant, captivant et le suspens est maintenu jusqu'au bout. Que se passe-t-il, comment Matt va se sortir de là, est-ce du lard ou du cochon. Impossibe d'expliquer aux autres, ils le prendraient pour un fou... et s'il l'était. Et si, dans le doute, mieux valait s'abstenir...

Ce film aurait pu s'intituler "Le piège", "Libre arbitre", "Dilemme", "le plan"... et "l'agence" !!! Il s'interroge (et nous pousse à le faire aussi en passant bien sûr) sur notre libre arbitre dans la vie et sur les conséquences de nos choix dans notre vie, mais aussi, ce que nous sous-estimons souvent, dans celle des autres... (Il est pas mal question de la théorie du domino !). Notre vie est elle écrite, que se passe -t-il si l'on sort du rang, qui tire les ficelles, qui écrit le plan... Inutile d'en dire plus, tout est dans le film que vous irez voir bien sûr,  en vous demandant si vous y allez de votre propre initiative ou parce que... de derrière mon écran, je tire les ficelles, porte un chapeau et suis un membre de l'agence ( haha, je m'amuse !!!). Et puis imaginez une seconde les conséquences qui ne manqueront pas si vous n'allez pas voir ce film génial.... Messieurs, vous manqueriez une belle prestation d'Emily Blunt et Medames, vous ne tomberiez pas sous le charme inaltérable de Matt Damon. Oui inaltérable, quand on voit ce capital à peine entamé par les goûts de "ch.....s" avec lesquels il est encore vêtu ici.

Un bémol, l'agence me dicte de vous donnez quelques bémols.... L'horrible costume bleu de Matt, 2 phrases un peu niaises sur la fin et un message final à l'américaine un peu simpliste par rapport au reste du film.... Mais je choisis de dire que je me suis laissée clouée volontairement à mon siège par ce film... même s'il était écrit que je serais clouée. Vous pensez que je divague... Non, allez voir et vous verrez ! 

 

 

  

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 27 Mars 2011

Policier - Editions PLE - 152 pages - 14.90 €

 

 

Parution avril 2009

 

 

 

L'histoire : Un veille homme est retrouvé mort dans sa cave, à Bourges.

Meutre ou accident ?

Quel point commun entre cet homme et une détenue de la prison des femmes de Rennes.

Et avec Sophie et David, dont les parents ont été sauvagement assassinés 30 ans plus tôt...

Même si l'évidence est là, elle ne saute pas aux yeux. Aussi vrai qu'il ne faut pas se fier aux apparences.

 

 

 

 

 

 

Tentation : Présence de l'auteur à la Rue des livres de Rennes en 2010

FOurnisseur : Achat sur Salon + PAL

 

 

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Mon humble avis :  L'auteure est charmante, bretonne,  a répondu à une de mes interviews l'année dernière et le pitch de ce polars me garantissait un bon moment de lecture. Certes, je suis très vite entrée dans l'histoire, l'intrigue est savamment montée et la plupart des personnages sont très attachants dans les douleurs qu'ils soignent, notamment celui de Sophie qui m'a bien plu.

Je m'attendais à un diable plus diabolique même si l'épilogue est assez osée ( rien de choquant, mais culottée).

Je tournais les pages avec plaisir et puis,  des détails, des contradictions, des anachronismes m'ont freinée dans mon élan et m'ont dérangée. Etourderie, manque de relecture, coquilles ou mauvaise compréhension de ma part ?

Toujours est-il que les enquêteurs sont tantôt gendarmes tantôt policiers, qu'ils passent aussi bien à la gendarmerie qu'au commissariat, que des personnages semblent s'appeler Thérèse puis évelyne, qu'un héritage serait reçu 2 ans avant la mort de la défunte....Bref, je suis retournée plusieurs fois quelques pages en arrières histoire d'éclairer cette nébulosité... En vain. Autre exemple, le gendarme Drasse, enqêteur principale de cette histoire, est tout d'abord présenté les cheveux coupés courts... Quelques pages plus loin, lorsque ses cheveux frôlent les épaules de Sophie, il les rabats en arrière de sa main.... Des clichés empruntés à la suicidée alors qu'on ignore encore son suicide. Bref, des anachronismes qui m'ont pertubée...

Des sujets captivants sont évoquer ici, comme le deuil, ou la façon dont on se reconstruit, ou pas, après une drame affreux.

Enfin, l'intégration du surnaturel, du paranormal dans la résolution de l'intrigue ne m'a pas convaincue. J'ai eu l'impression que l'auteur disposait dans ce livre tout ce qui lui est cher, tant dans les lieux, que les idées, que les arts, sans que ce soit forcément à bon escient. Cela ne me paraissait pas forcément naturel...

Dommage, une bonne matière, une enquête intéressante et originale mais des maladresses qui ne m'ont pas permis une lecture fluide de ce roman.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Thrillers - polars français

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Publié le 25 Mars 2011

Aujourd'hui, comme l'an dernier, j'ai un an de plus. Cela commence à devenir sérieux, voire flippant, c'est ma dernière année chez les trentenaires...

 

 

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Une vidéo qui n'a rien d'intelligent, ni de culturel, ni de littéraire, mais qui me fait mourir de rire. Et qui prouve que tout va très vite...

Attention, coeurs sensibles s'abstenir !!!!

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Quizz - tags et vrac !

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Publié le 24 Mars 2011

Synopsis :  France, ouvrière, vit dans le nord de la France, à Dunkerque avec ses trois filles.
Son ancienne usine a fermé et tous ses collègues se retrouvent comme elle au chômage. Elle décide de partir à Paris pour trouver un nouveau travail. Elle va trouver un stage pour devenir femme de ménage. Assez rapidement, elle se fait engager chez un homme qui vit dans un univers radicalement différent du sien. Cet homme, Steve est un trader qui a réussi, il travaille entre la City de Londres et le quartier de la Défense à Paris.

Les deux individus vont se côtoyer. Cette ouvrière va découvrir les gens qui vivent dans le luxe. Elle va finir par découvrir que cet homme, fort séduisant et sympathique, est en partie responsable de la faillite de son ancienne entreprise.

 

 

Avec Karin Viard, Gilles Lellouches, Audrey Lamy...

 

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : Du grand Klapish ! Ma part du gâteau est un film comique et dramatique, social et divertissant, actuel et atemporel.

Superbe mise en scène de la théorie des dominos ou du battement d'ailes de papillon...

Au début, il y a le trader (Gilles Lellouches), maître du monde et maître dans l'art de la goujaterie, qui d'un click droit ou d'un click gauche, brasse des millions d'euros dans son immense plateau de jeu qu'est la finance internationale. D'un achat ou d'une vente, il "dézingue" une entreprise, sans que l'effleurent un instant les conséquences de son acte....

L'usine de France (Karin Viard) est délocalisée et après 20 ans de bons et loyaux services, France est licenciée sans imaginer un seul instant qu'à l'origine de son licenciement, il y a un trader... dont elle devient, toujours sans le savoir, la femme de ménage.

Gilles Lellouches croit être heureux parce qu'il a tout, des plus jolies filles à la vie de luxe. Mais c'est dame solitude qui lui tient finalement plus compagnie. Alors que Karin Viard, vit dans la chaleur modeste mais très humaine de sa famille et de ses amis.

Cedric Klapish fait donc se rencontrer les extrêmes, les opposés, les rapproche, les éloigne et met la lumière sur des contrastes saisissant, aussi bien matériels qu'affectifs. Qui va le plus évoluer au contact de l'autre ???

Dans cette histoire, on frôle autant la comédie que le drame, un drame personnel et collectif qui nous renvoie à ce qui nous menace tous plus ou moins à notre époque. Certes on rit tant les dialogues sont savoureux et certaines situations, pourtant bien réelles, semblent tellement insensées qu'on pourrait les croire absurdes (notamment celle liée au machisme primaire et à l'égoïsme sans nom de Lellouches). Mais l'émotion n'est jamais loin et nous fait dire que l'on regarde un film équilibré, intelligent, nécessaire et pourtant très divertissant aussi.( Par contre, il y a tant de subtilité dans ce film que je doute qu'un jeune public y trouve son compte...)

Klapish est un réalisateur à acteurs bien sûr. Il sait les choisir, leur être fidèle, leur offrir des rôles en or qu'ils ne trahissent pas, bien au contraire, qu'ils subliment !

Gilles Lellouches est excellent dans ce rôle qui lui va si bien (trop bien peut-être et trop souvent, attention....), celui du mec goujat, bourrin et abruti qui ne se pose pas de question.

On savait Karin Viard grande actrice, mais là, le mot grande ne lui suffit plus. Même grandiose semble trop limité pour décrire le talent dont elle fait preuve ici. Magnifique, tant en femme rustique et abîmée qu'en fausse Russe où on la confondrait presque avec Nicole Kidman. Karin Viard mérite un César. On verra l'an prochain si je suis médium...

La fin.... partage et fait débat... Pour ma part, je l'ai adorée et pour moi elle ne pouvait être autre. Le titre du film y prend tout son sens, même si l'expression "part du gâteau" est venue bien avant dans l'histoire. Sa signification réelle, elle vient là. Car ainsi, même s'il n'a pas la même saveur pour tous, chacun à sa part du gâteau. Karin Viard ason honneur, sa réussite, quel qu'en soit le prix. Et Lellouche a enfin une conscience quoique... Il a en tout cas tous les ingrédients en main pour en prendre (de la conscience !)

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 23 Mars 2011

Roman - Edition J'ai lu - 125 pages - 3.70 €

 

 

4ème de couv' : " J'étais, sans le savoir, un enfant heureux, relativement heureux, il est vrai. Mais ce n'était qu'une impression d'ensemble. Car ma vie, même alors, ne manquait pas de petits malheurs auxquels je n'arrivais pas à m'habituer. Il faut remonter à novembre 1944. J'avais treize ans. " Jeff porte sur la lèvre un petit bec-de-lièvre que tout le monde nomme la " cicatrice ". Une infirmité dont il ne connaît pas la cause et qui lui vaut moqueries et méchancetés de toutes sortes. Parce qu'il ne sait s'en défendre, il intériorise toute cette douleur, toutes ces blessures morales répétées. A cet âge si sensible, s'enfermant peu à peu, il souffre et fait souffrir ceux qui l'aiment sans réserve...

 

 

 

 

Billet publié dans la catégorie "L'avis des ados" donc... écrit par ma nièce.

 

 

 

 

 

 

 

L'avis de Camélia, 14 ans : Dans ce roman, un jeune américain garçon de treize ans, pendant la Seconde Guerre Mondiale raconte une période décisive de sa vie. Jeff porte sur la lèvre supérieur un bec de lièvre que ses parent lui ont toujours expliquer comme un accident lorsqu'il était petit. En cours d'année, il doit changer d'école. Là, il sera confronté à un milieu social aisé qui n'est pas le sien. Les enfants de sa classe le refusent dans leurs jeux et font souvent allusion à sa cicatrice en le surnommant "grosse lèvre". Finalement, Willie, un élève, invite Jeff à venir jouer avec eux et le prend sous son aile. Une amitié qui rempli de joie Jeff naît doucement entre les deux garçons.
 
Un soir, Willie invite Jeff pour lui présenter sa collection de timbres. Appelé au salon par sa mère il laisse son ami quelques minutes seul dans sa chambre. Pendant ce temps, Jeff lui vole ses plus beaux timbres et les fourre dans sa chemise. Lorsque Willie revient, il constate la disparition mais n'ose fouiller Jeff qui lui fait remarquer que, étant son ami, il pouvait lui faire confiance et que les timbres étaient sûrement tombés sous un lit ou avaient glissé entre deux feuillets. Puis, prétextant l'inquiétude de se parents il se retire chez lui.
 
Le lendemain, à l'école, Jeff qui commençait à s'intégrer dans la classe, se fait rejeter par ces camarades qui ont appris l'incident de la veille. Pour Jeff commence un interminable tourbillon qui l'emporte très loin. Commençant par voler son ami, il lui ment pour l'assurer de son innocence ainsi qu'a ses parents et Bubby son petit frère avec qui il s'entendait si bien. Se trouvant indigne de l'affection de sa famille, il la repousse en devenant méchant avec ses proches. Pourtant il ne peut se résigner à rendre ces timbres, trops heureux d'avoir quelque chose de Willie avec qui il a cassé toute amitié, celui qui un jour l'avait invité a jouer pendant la récréation.
 
J'ai beaucoup aimé se livre car il montre bien la difficulté de s'intégrer quand on est différent et tout l'engrenage du vol. Il est facile à lire et très bien écrit.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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