Publié le 20 Novembre 2009

Synopsis : Homme d'industrie et de pouvoir, Stanislas Graff est enlevé un matin comme les autres devant son immeuble par un commando de truands.
Commence alors un calvaire qui durera plusieurs semaines. Amputé, humilié, nié dans son humanité, il résiste en ne laissant aucune prise à ses ravisseurs. Il accepte tout sans révolte, sans cri, sans plainte, c'est par la dignité qu'il répond à la barbarie.
Coupé du monde, ne recevant que des bribes d'informations par ses geôliers, Graff ne comprend pas que personne ne veuille payer la somme qui le délivrerait.
Au-dehors, son monde se fissure au fur et à mesure de la révélation de sa personnalité. Tout ce qu'il avait réussi à garder d'intimité, son jardin secret, est révélé à sa famille par l'enquête de police ou celle de la presse. Chacun découvre un homme qui est loin de ressembler à celui qu'il imaginait.
Quand il retrouvera la liberté, ce sera pour s'apercevoir qu'il a tout perdu, l'amour des siens, l'estime de ses collègues, son pouvoir, la confiance en ses proches. Sa libération se révélera plus difficile à vivre que sa captivité.

 

 

Drame, thriller avec Yvan Attal, Anne Consigny, André Marcon...

 

 

 

 



                                 

Mon humble avis :  On connaît la fin, puisque ce film est tiré d'une histoire réelle. Et pourtant... Et pourtant, on est captivé par ce film, accroché à notre siège, c'est tout juste si on ose respirer. Un silence lourd de sens, presque palpable envahit la salle alors que le film est sobre, direct, d'une violence psychologogique extrême. Pour les personnages comme pour nous autres spectateurs, c'est la guerre des nerfs... Alors que je le répète, l'issue fait partie du synopsis et est donc connue de tous. En cela je lève mon chapeau à toute l'équipe du film qui a mis en scène avec tant de réalisme cette histoire si intense. Le film pose nombre de questions. Faut il payer une rançon ou pas au risque d'encourager les rapts ? Quels sont les dégâts causés par une telle épreuve au prisonnier mais aussi à son entourage ? L'intervention de la police est elle souhaitable, bénéfique ou atrocement dangereuse ? Comment peut on traiter ainsi un homme, même aussi peu aimable soit- il ? Qu'est-ce qui fait la valeur d'un homme aux yeux des autres : ce qu'il a subi ou ce qu'il a fait subir aux autres ?

Je m'avance peut-être pour certaines questions mais telles ont été mes impressions devant ce film juste et intelligent.

Plus que jamais, ce film n'aurait eu cette force sans les acteurs... Une tripotée d'hommes d'affaires, de policiers, de ministres, d'actionnaires, d'avocat, tous en costard trois pièces et tous aussi impeccables que leur costume. Anne Gonsigny joue à la perfection son rôle d'épouse trompée mais qui reste digne et aimante envers son mari.

Quant à Yvan Attal, il est époustouflant. En le voyant, on se dit que le métier de comédien est en fait un sacerdoce (il a perdu 20 kg pour ce rôle). On souffre avec lui, on perd un doigt, on porte ces chaînes qui s'enfoncent dans son corps, on devient un animal. Une composition extraordinaire et bouleversante que me fait me fait dire que, même si je savais Yvan Attal bon comédien, je le découvre grand acteur. Un rôle d'une telle démesure aussi brillament interprêté ne peut que lui porter chance. D'ailleurs, je vote pour lui aux Césars et j'espère que tous les grands noms du cinéma qui passent par ce blog (heu, y'en a beaucoup ???!!! lol) en prendront bonne note et en feront de même !!!

                


                                                                                                           

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 19 Novembre 2009

HOGGAR ALGERIEN : MAGIE DES GRANDS ESPACES



































Et le mystère des mirages !


HOGGAR ALGERIEN : BIVOUACS ET FEUX DE CAMPS !

Chaque soir, c'est le même rituel ! On monte les tentes (pour ceux qui veulent !) et on se retrouve près du feu pour partager le repas préparé par les Touaregs puis les 3 thés incontournables !












 

Et c'est ici et ainsi que s'achève ce magnifique voyage au coeur du Hoggar Algérien. Dès la semaine prochaine, je vous emmène en Jordanie !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyages en Afrique

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Publié le 18 Novembre 2009


Vous avez vu toutes mes peintures de femmes. A partir de maintenant, c'est de part le monde que je vous emmène avec ces toiles qui sont pour la plus part des reproductions de mes photos de voyages et vacances. Un peu d'exotisme et de dépaysement, j'espère que cela vous plaira !
Nous commençons ici par Marrakech.


Je suis en panne complète d'internet et adsl, donc mon blog va tourner au ralenti pendant quelques temps et je serai dans l'incapacité de visiter les autres. Je vous prie de m'excuser, je me rattraperais plus tard !!!

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Mes couleurs du monde

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Publié le 16 Novembre 2009

Une chanson que j'adore ! Et qui tourne en boucle en ce moment sur toutes les bonnes radios !

Bonne écoute !



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Rédigé par Géraldine

Publié dans #musique - chanson

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Publié le 12 Novembre 2009

Bonjour,

Commencez par mettre en route cette vidéo pour vous mettre dans l'ambiance...



Chers lecteurs, blogueuses ou internautes de passage !

Je vous abandonne quelques jours. Direction Rome ! Au programme, je sillonerai la ville de ci de là et suivrai à peu près le montage photos trouvé tout fait ci dessous... Et bien sûr, à moi la Dolce Vita !



Et comme d'habitude ou presque, je ne résiste pas à partager avec vous le visuel des mes prochains menus !!!
























































Hum, je pourrais encore continuer un moment, j'en salive d'avance ! Je vais pouvoir marcher pour éliminer tout ça !

Ciao ! A presto !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Les livres - mon blog et moi

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Publié le 11 Novembre 2009

Lettres - Plon Editions - 222 pages - 16 €

Rentrée littéraire 2009

Le mot de l'éditeur : A l'heure d'internet et des textos, Françoise Dorin résiste encore et toujours à l'envahisseur technologique et ne cesse d'écrire... des lettres.
A une amoureuse du 3e âge à qui elle donne des recettes...
A «l'abominable femme du mois d'août», qui nous agace toutes avec ses défilés de mode sur la plage...
A «l'obsédée des calories», beaucoup plus charmante avec quelques centaines de grammes en plus !
A une adorable Gramy torturée par sa petite-fille bien de son temps...
A son nombril, à son carnet d'adresses, à sa muse, aux «étoiles filantes» de la télévision, à l'autre face d'elle-même, sa moitié grognon qu'elle appelle «Paule Nord»...
Ses engueulades, son affection, son admiration, ses agacements, ses encouragements, sa compassion, Françoise Dorin nous les envoie aujourd'hui.



                                   

Mon humble avis : A n'en point douter, ce livre épistolaire a été écrit avec le sourire... pour en provoquer autant chez le lecteur ! Je me suis sincèrement régalée à la lecture de ces lettres singulières, toutes plus touchantes, affectueuses, drôles, malicieuses, ironiques ou réalistes les unes que les autres. Qu'elles soient légères ou plus graves, ces correspondances unilatérales comportent une bonne dose d'humour et d'autodérision. Ce sont là les meilleurs moyens pour captiver un lecteur, lui adresser certains messages, l'amener à réfléchir  sans le barber du tout. Françoise Dorin l'a bien compris, qui atteint sa cible avec tant de finesse et de fraîcheur. Je ne compte pas les bons mots, les expressions rigolotes, et les phrases a retenir, tant elles sont vraies ou cocasses. L'écriture est très élégante, soignée, presque désuète par moment car forcément, on en vient à penser : mais depuis combien de temps n'ai-je pas pris un stylo plume et un auguste papier à lettre pour écrire à un être cher... Cela pourrait ce compter en années...
Qu'évoquent ces missives me direz vous ? En autre, l'évolution de la société, les rapports d'un auteur avec sa création, l'optimisme, le pessimisme, la vanité, la chance, l'admiration Victor Hugo, etc... Françoise Dorin s'adresse ainsi à son bureau, à son nombril, à son carnet d'adresse, à son voisin, à l'autre partie d'elle même, aux répondeurs téléphoniques, à son QI,  aux hommes de maintenant... j'en passe et des meilleurs. Je vous assure, l'ensemble et le détail sont on ne peut plus savoureux. D'ailleurs, il est difficile de sélectionner quelques extraits sans passer à côté d'autres perles. Dans l'idéal, pour vous montrer à quel point j'ai aimé ce livre, il faudrait que je le cite en entier. Vous l'aurez compris, il ne vous reste plus qu'à le lire ! 


" Pour moi, la feuille blanche constitue l'interlocuteur idéal : elle ne m'interrompt pas, me répond toujours ce que j'ai envie d'entendre, me croit sur parole et ne répète que ce que je veux qui soit su"
 
Dans lettre à mon carnet d'adresse : un survivant
" Il m'est venu l'idée de créer, parallèlement aux faire-part de naissance, de mariage ou de décès, "un faire-part de part de présence" qui indiquerait à notre entourage plus ou moins lointain que nous sommes encore là et que nous pouvons recevoir du courrier, toujours à la même adresse, et des appels téléphoniques au même numéro."

" Nous suscitons en société beaucoup plus d'intérêt, de compassion et de rigolade avec le récit de nos emmerdes qu'avec celui de nos réussites et de nos joies".

" On ne devient pas forcément le héros que l'on a souhaité être. Pas d'avantage le raté que l'on a craint de devenir. Parfois, on rêve au-dessus de ses moyens. Parfois au-dessous. Parfois, on est le gagnant d'un grand concours de circonstances. Parfois le perdant. Parfois, on est un mauvais gagnant. Et un bon perdant."

                                                                       
                                                                     

Merci à Gilles Paris pour cette délicieuse lecture !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 9 Novembre 2009

Attribué à un jeune auteur au talent prometteur, le prix Médicis a été créé en 1958 par Gala Barbisan et Jean-Pierre Giraudoux. Ils voulaient fonder un prix littéraire "pas comme les autres", qui récompense trois catégories d'oeuvres : le roman (ou nouvelle ou récit) français, le roman étranger (depuis 1970) et l'essai (depuis 1985). 

Le prix Médicis fut d'abord accueilli avec enthousiasme par les éditeurs, avec indifférence par les jurys des autres prix littéraires. « Personne ne s’en souciait, pas même les Goncourt. Personne ne supposait que nous allions durer 50 ans avec une aura pareille » se souvient Marcel Schneider, juré et longtemps président. Depuis la création du prix, la composition du prix a souvent changé. Depuis 1997, la présidence change tous les 2 ans en suivant un ordre alphabétique et chacun doit en assumer à son tour, les responsabilités.

Pendant cinquante ans le jury s'est prononcé le premier mercredi de novembre, à l'Hôtel Crillon, en même temps que le jury du Prix Femina, mais depuis 2008 le Prix Médicis est proclamé deux jours plus tard et dans un autre lieu, l'hôtel Lutetia. Claude Mauriac (1959), Claude Simon (1967),
Elie Wiesel (1968) Georges Perec (1978) ou encore Bernard-Henri Lévy (1984) ont reçu le Prix Médicis. En 1980, Jean Lahougue a refusé le prix pour son livre Comptine de Height.


En 2008, le jury Médicis était composé de : Michel Braudeau, Jacques Chessex, Patrick Grainville, Dominique Fernandez, Pierre Leroy, Frédéric Mitterrand, Christine de Rivoyre, Denis Roche, Marcel Schneider, Anne Wiazemsky (présidente). 



                                  


Voici la première sélection 2009 :

Dans la catégorie roman français :

Alain Blottière pour Le tombeau de Tommy, Gallimard.
Gwenaëlle Aubry pour Personne, Mercure de France.
Laurent Mauvignier pour Des Hommes, Éditions de Minuit : Lire la chronique de Des Hommes.
Thierry Hesse pour Démon, L'Olivier : Lire la chronique de Démon et l'entretien avec Thierry Hesse.
David Foenkinos pour La délicatesse, Gallimard.
Dany Laferrière pour L'énigme du retour, Grasset.
David Boratav pour Murmures à Beyoglu, Gallimard.
Patrick Besson pour Mais le fleuve tuera l'homme blanc, Fayard.
Justine Lévy pour Mauvaise fille, Stock.
Vincent Message pour Les veilleurs, Seuil.
Olivier Sebban pour Le jour de votre nom, Seuil.
Eric Holder pour Bella Ciao, Seuil.
Bruno Tessarech pour Les sentinelles, Grasset.
Jean-Pierre Milovanoff pour L'amour est un fleuve de Sibérie Grasset.
Camille de Villeneuve pour Les insomniaques, Philippe Rey.
Philippe Carrese pour Enclave, Plon.

 

 

Le jury du Médicis a choisi de récompenser cette année le livre de Dany Laferrière, L'Enigme du retour. Ce récit, présenté sous la forme d'une succession de haïkus, raconte le retour de l'auteur dans son pays natal, Haïti, à l'occasion de la mort de son père. Laconique mais extraordinairement précis dans ses observations, c'est un hommage au père absent - activiste haïtien, il est mort en exil aux Etats-Unis, où il vivait après avoir coupé les ponts avec sa famille - qui permet à Dany Laferrière de faire une bouleversante redécouverte de son histoire, de ses racines et de son pays.

Le romancier haïtien l'a emporté au premier tour de scrutin par 4 voix contre 1 voix à Justine Lévy pour Mauvaise fille (Stock) et 1 voix à Alain Blottière pour Le Tombeau de Tommy (Gallimard). Le Médicis étranger a couronné à l'unanimité l'Américain Dave Eggers pour Le Grand Quoi (Gallimard). Quant au Médicis essais, il a été attribué à Alain Ferry pour Mémoire d'un fou d'Emma (Seuil).



                                                    

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #A propos de...

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Publié le 8 Novembre 2009

Synopsis : Une mine qui explose au coeur du désert marocain et, des années plus tard, une balle perdue qui vient se loger dans son cerveau... Bazil n'a pas beaucoup de chance avec les armes. La première l'a rendu orphelin, la deuxième peut le faire mourir subitement à tout instant. A sa sortie de l'hôpital, Bazil se retrouve à la rue. Par chance, ce doux rêveur, à l'inspiration débordante, est recueilli par une bande de truculents chiffonniers aux aspirations et aux talents aussi divers qu'inattendus, vivant dans une véritable caverne d'Ali-Baba : Remington, Calculette, Fracasse, Placard, la Môme Caoutchouc, Petit Pierre et Tambouille. Un jour, en passant devant deux bâtiments imposants, Bazil reconnaît le sigle des deux fabricants d'armes qui ont causé ses malheurs. Aidé par sa bande d'hurluberlus, il décide de se venger. Seuls contre tous, petits malins contre grands industriels cyniques, nos chiffonniers rejouent, avec une imagination et une fantaisie dignes de Bibi Fricotin et de Buster Keaton, le combat de David et Goliath...

Avec : Dany Boon, Jean Pierre Marielle, André Dussollier, Omar Sy, Dominique Pinon, Yolande Moreau, Julie Ferrier, Marie-Julie Baup...


                                   

Mon humble avis : Deux heures de pur enchantement, passées dans l'univers décalé et enfantin de Jean Pierre Jeunet. Dès le générique, on devine que l'on ne va pas voir un film commun. Puis nous plongeons dans le monde de Jeunet... que j'adore. (Jeunetest l'un des seuls réalisateurs dont on pourrait reconnaître les films et l'univers en blind test !). On est bien, on s'affale dans notre fauteuil de velours, on a le sourire aux lèvres et des étoiles plein les yeux. Le gris prend des couleurs chaudes, les pauvres ne sont plus malheureux puisqu'ils s'aiment et s'entraident. Ils forment une équipe sympathique et attachante de chiffonniers à l'ambiance "un pour tous, tous pour un" ! Solidaires, ils combattent les méchants et narquois marchands d'armes à grand coup d'ingéniosité et surtoutavec les moyens du bord : "c'est de la récup" ! donc avec certains aléas ! On a la savoureuse impression que des adultes règlent le compte de puissant méchants avec un grand jeu de mécano, de l'humour et beaucoup d'espiègleries. Du pur Jeunet où tout est permis !
Quelle notion du détail, quelle créativité dans les décors, notamment dans ceux de l'antre de notre fine équipe. Je suis sûre que je pourrais voir ce film une deuxième fois et découvrir encore mille et une merveilles ! La réalisation est tirée à quatre épingles, Jeunet aime ces acteurs et n'hésite pas à les filmer en gros plan. Et ainsi, d'un seul coup, une révélation sympose : une gueule... Dany Boon a une sacrée gueule de cinéma ! Et par moment, il n'est pas sans nous faire penser à un certain Bourvil. On retrouve certains acteurs fétiches du réalisateur, dont Dominique Pinon, une sacrée gueule lui aussi. Je ne cite pas tous les acteurs, je l'ai fait plus haut, je dirais juste qu'ils sont tous bien à leur place... Allez, je ne résiste pas à l'envie d'attribuer une mention spéciale à Omar Sy, que l'on voit de plus en plus au cinéma... un avenir prometteur entre les mains. L'intrigue est bien ficelée, même si, à un moment ou deux, j'ai été dans une légère confusion... de nom...
Parlons un peu des messages distillés par le films... Jeunet dénonce les marchands d'armes, leurs trafics, leurs dessous de tables et il prône des valeurs simples comme l'amitié et l'humanité. Les fans du réalisateurs retrouverons ici la marque Jeunet appréciée dans Amélie Poulain et La Cité des enfants perdus. Pour les autres, ce pourrait être une belle découverte, un voyage inoubliable plein de félicité. D'ailleurs, c'est décidé... Si un jour je deviens actrice, c'est avec Jeunet que je voudrais tourner. Ces films sont d'un tel ravissement à voir, qu'ils ne peuvent être qu'allegresse à jouer !
Pour conclure, je dirais que Micmac à tire larigot est un film dont on sort avec quelques dizaines années de moins ! Le cinéma comme cure de jouvence, qui dit mieux ?!


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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 7 Novembre 2009

Roman - JC Lattes éditions - 300 pages - 17 €

Rentrée littéraire 2009

Résumé : Il est des personnages de roman qui nous marquent, que l'on ne peut pas oublier. Mathilde est l'un d'eux. On suit avec effroi sa descente aux enfers. Harcelée moralement par son supérieur hierarchique sous couvert de l'indifférence, elle est peu à peu exclue de son équipe, de son poste, du système, jusqu'à être reléguée dans une sorte de bureau cagibi. Mathilde résiste mais jusqu'à quand ? Mathilde n'en peut plus. Thibault, médecin des Urgences Parisiennes, est tout aussi usé qu'elle. Séparé de son indolente compagne, il est seul et soigne tant bien que mal la solitude de ses patients.
Mathilde et Thibault ne se connaissent pas. Ils ne sont que deux silhouettes parmi des millions. Deux silhouettes qui pourraient se rencontrer, se percuter, ou seulement se croiser. Un jour de mai. Autour d'eux, la ville se presse, se tend, jamais ne s'arrête. Autour d'eux s'agite un monde privé de douceur.
Au coeur d'une ville sans cesse en mouvement, multipliée, où l'on risque de se perdre sans aucun bruit.




                               




Mon humble avis :
On lit ce roman la gorge nouée, les points serrés et la rage au ventre. Et l'on en sort ébranlé. L'une atmosphère dure, très triste et maussade est rendue par une écriture directe, implacable, des phrases courtes qui ont la force d'un coup de poing pour dénoncer le monde impitoyable du travail, de la rentabilité à tout prix... Aucune concession, pas de romanesque feint pour plaire au lecteur. Du réalisme à l'état brut.
Delphine de Vigan nous renvoie en plein visage les travers de notre société égocentrique que nous feignons d'ignorer, ou devant lesquels nous baissons les yeux pour ne pas les affronter : l'enfer du quotidien répétitif, la machine à compression qu'est le monde du travail, et surtout "l'ultra moderne solitude" (cf Alain Souchon) dans ces villes où l'on croise sans rencontrer, où l'on vit seul parmi des millions de gens. Avec un talent admirable et discret à la fois, Delphine de Vigan ose nous parler, avec "Les heures souterraines", d'une violence qui nous touche tous plus ou moins, une violence silencieuse mais ô combien dévastatrice : l'indifférence, le silence lui même et l'ignorance.
Avec Mathilde, on voudrait crier à l'aide, à l'injustice. Et pourtant, Mathilde ne crie pas, elle ne peut plus crier, le mal la ronge de l'intérieur depuis trop longtemps. On la regarde s'effondrer, comme engloutie dans du sable mouvant. Chaque mouvement qu'elle fait l'enfonce un peu plus. Elle diminue aux yeux des autres jusqu'à devenir invisible. On reste là, paralysé, pétrifié d'effroi, et ne savoir quoi lui conseiller, comment la réconforter. Elle est prise dans une spirale infernale. Son histoire nous glace le sang, car il pourrait s'agir de nous. D'ailleurs, il s'est agit de moi à une époque (toutes proportions gardées). Quant à Thibaut, il se sent broyé et englouti par la ville, par l'inhumain de l'humanité, par la solitude. Et en Thibaut aussi l' on peut se reconnaître. Qui ne s'est jamais senti usé, fatigué et isolé devant le ryhtme incessant d'une grande ville. Les heures souterraines nous conduisent à une grande empathie envers ces personnages. D'ailleurs, à travers eux, Delphine de Vigan nous amène à nous poser certaines questions : Est on maître de notre destin ? Il semble que non, il semble que oui. Saisissons nous toutes les mains tendues, reconnaissons nous l'autre, celui qui nous ressemble ? Saurions nous prêt à tendre la main en pareil cas et à se mettre du mauvais camp ? Ne passons nous pas à côté de notre vie par peur de quoi... du ridicule ? Par peur d'être rejeté ? Par peur de perdre ce que l'on a, ce que l'on est et qu'on a eu tant de mal à devenir ?

Toutes des questions, Delphine de Vigan y apporte quelques éléments de réponse dans ce roman si fort, si juste, si touchant et subtile. Si actuel aussi. Les reportages et les informations ne nous informent ils pas des conséquences malheureuses et de plus en récurrentes du mal être au travail ? Je l'avoue, j'ai souvent trouvé dans le ressenti des Mathilde et de Thibaut l'écho de mes souffrances dues à la maladie et ma solitude involontaire. Merci, merci et bravo à Delphine de Vigan d'avoir su mettre des mots si appropriés et délicats sur les maux du siècles, sur ce qui ronge nombre d'entre nous de l'intérieur.


"Peut on à ce point être aveugle au désespoir de l'autre ?"

"Sa vie est au coeur de la ville. Et la ville, de son fracas, couvre les plaintes et les murmures, dissimule son indigence, exhibe ses poubelles et ses opulences, sans cesse augmente sa vitesse".

" Il regarde la ville, cette superposition de mouvements. Ce territoire infini d'intersections ou l'on ne se rencontre pas"

" Dans la vraie vie, les gens désespérés se croisent, s'effleurent, se percutent. Et souvent, ils se repoussent, comme les pôles identiques de deux aimants."

"Mais il arrive un moment où le prix est devenu trop élevé. Dépasse les ressources. Où il faut accepter de sortir du jeu, accepter d'avoir perdu. Il arrive un moment où l'on ne peut pas se baisser plus bas."

" Je crois que c'est votre capacité à résister qui vous désigne comme cible."


Du même auteur sur ce blog : No et moi


Les avis de Celsmoon; Edelwe



Je remercie alapage.com et Sabrina pour cette lecture !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 5 Novembre 2009

GARDIENS DES TRESORS D'EXTREME ORIENT

                                                                



C'est à un magnifique voyage que nous convié l'émission de France 3 "Des racines et des ailes" ce mercredi 4 novembre... Le Cambodge, le Vietnam... Mais voici le programme, on en discute juste après :

Archéologues, historiens, architectes, conservateurs, aujourd’hui, ils dirigent ou restaurent de nombreux monuments. Leur mission : faire vivre un patrimoine exceptionnel, souvent méconnu... Ce sont les gardiens des trésors d’Extrême-Orient. Voyage au cœur de lieux mythiques, du Cambodge au Vietnam, avec ses passionnés qui protègent ses lieux exceptionnels.

Au Cambodge, Jacques Gaucher dirige la mission archéologique française à Angkor Thom, l’ancienne capitale royale de l’empire Khmer au XIII siècle.
Une cité monumentale encore enfouie sous la jungle dont il redécouvre le plan.
Aujourd’hui, il cherche au sein du palais royal les traces des premiers habitants de la ville antique.

Plus au sud du pays, Bruno Bruguier, un autre archéologue, prospecte et surveille l’état de conservation d’autres trésors de l’architecture khmère du VII siècle.

Ces deux passionnés perpétuent l’héritage des premiers chercheurs de l’Ecole Française d’Extrême-Orient créée en 1900 pour étudier les richesses du patrimoine culturel de l’ ancienne Indochine.

A Hanoi  :
Pierre Cambon, architecte Toulousain, a pour mission de sauver et de restaurer les vieilles maisons du centre historique de la cité.
Virginie Malherbe, elle, conservatrice pour la région Ile de France, cherche à protéger les dernières villas coloniales de l’ancienne capitale de l’Indochine.

Au Vietnam :
Dans les montagnes au nord du pays, où vivent des ethnies millénaire, Philippe Le Failler, historien, nous emmène à la découverte de roches gravées aux inscriptions encore mystérieuses.


Mon humble avis : Superbe émission, pas trop élitiste comme je lui reproche parfois. Ici, c'était le plaisir des yeux, chaque image étant sublime. C'est aussi le bonheur de la rencontre. La rencontre de ces hommes et de ses femmes qui, par passion, consacrent leur vie à préserver l'Histoire. Ils sont historiens, architectes, conservateurs, archéologues et ils grattent, répertorient, sillonnent inlassablement le pays pour restaurer des monuments millénaires et participer à la sauvegarde des traditions. Ces personnes, ici françaises expatriées, me fascinent par leur passion inaltérable et le savoir infini. Tout ceci est très bien rendu dans l'émission, tout comme les échanges avec les populations locales et l'apprentissage des archéologues cambodgiens.

Pour moi, ce fut aussi une nouvelle immersion dans ce merveilleux pays que j'ai eu la chance de visiter il y a quelques années. Ce film ne trahit pas le peuple et l'art khmer bien au contraire, il vous invite au voyage. Si vous ne pouvez pas aller au voyage, le voyage viendra à vous. Dans quelques temps, je vous livrerai mes carnets de voyage cambodgiens.

Et si vous lisez ce billet à temps, branchez votre magnetoscope. Cette émission est rediffusée dans la nuit de ce jeudi à vendredi, à minuit trente sur France 3


                                                                             

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Quizz - tags et vrac !

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