Publié le 29 Juin 2026

Roman - Editions Audilolib -12h45 d'écoute -19.99 €

Parution Audiolib et Stock en janvier 2024

Mon pitch: 1720 à Paris. A la Salpêtrière, la Supérieure est chargée de sélectionner une centaine de femmes qui seront envoyées en Louisiane pour (re)peupler la colonie française. Là-bas, des maris les attendent, et les enfants viendront.

Nous suivons le destin de trois d'entre elles, depuis la Salpêtrière, jusqu'à la Louisiane sur une dizaine d'année, en passant évidemment par la longue traversée infernale à bord de La Baleine pour ces femmes déportées qui ignoraient tout du monde.

 

Tentation : Pourquoi pas ?

Fournisseur : La bib de Dinard

Mon humble avis : Ce livre audio m'a occupé lors mes trajets voiture lors de mes récentes vacances.

Charlotte, orpheline de douze ans, Pétronille jeune aristocrate désargentée et Geneviève, faiseuse d'anges, n'avaient rien qui les prédestinées à devenir amies et à vivre ensemble cette folle aventure vers l'Amérique. Elles sont toutes trois différentes, mais resteront liées pour la vie.

C'est une sacrée saga que nous propose là l'autrice, Julia Malye, que je ne connaissais pas. On ne peut être qu'admiratifs de l'énorme travail de recherche et d'effet de rédaction pour restituer avec autant de précision une époque, et des faits qui datent . Ce roman a d'abord été rédigé en américain (et relu par des spécialistes de cette époque et même par le chef actuel des indiens Natchez) pour être ensuite réécrit en Français.

En Louisiane, nos trois jeunes femmes, pionnières malgré elles, découvriront un climat différent et pesant, une nature hostile, l'éloignement de la capitale et de la royauté. Mais surtout, elles devront frayer avec la violence des hommes, l'esclavage, et les guerres sanglantes avec les indigènes Natchez...

Ce roman évoque donc la colonisation est ses conséquences sur les indiens (maladies, spoliation de terres etc). Parfois, la cohabitation se passait bien, parfois c'était tout l'inverse.

L'écriture est élégante, soignée et agréable. 

Si j'ai aimé découvrir cette époque, ces personnages et ces faits auxquels je ne pensais pas du tout au point de ne m'être jamais penchée sur ces sujets, j'ai trouvé ce roman trop long, parsemé d'anecdotes et détails inutiles. Les personnages secondaires se multiplient tellement que je me suis perdue. Le pire étant avec les protagonistes masculins (oui les maris décèdent beaucoup).  Donc mon intérêt s'est bien atténué au fil des heures et c'est dommage, car la même histoire narrée plus chronologiquement et avec 200 pages de moins auraient été plus dense donc bien plus captivante. Et pourtant le sujet de départ était des plus prometteurs.

Mais peut-être que mes bémols ne dérangeront pas les amateurs de pavés et de grandes sagas.

Et ce pavé me permet de participé, pour la première fois alors qu'il court depuis plusieurs années, au Challenge Pavés de l'été de Sybilline

 

 

576 pages en Livre de poche

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 26 Juin 2026

BD - Editions Dargaud  - 112 pages - 21.50 €

Parution en octobre 2023

4ème de couv' : Barcelone, de nos jours. Eva Rojas, une jeune et brillante psychiatre, rechigne à répondre aux questions du Dr Llull. Pourtant, elle n’a d’autre choix que de collaborer pour espérer récupérer sa licence et exercer à nouveau son métier. Il y a quelques jours, Eva a été appelée en renfort par l’une de ses patientes, Pénélope, pour l’accompagner, en tant que personne de confiance, durant la lecture du testament de sa grand-mère, Mme Monturos, toujours vivante. Alors qu’Eva séjourne au domaine viticole de cette famille, un de ses membres de la famille est assassiné.  Eva, qui mènera l’enquête pour tenter de prouver son innocence.

 

Tentation : Ma récente lecture de "Je suis un ange perdu", du même auteur

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : C'est en rédigeant, il y a quelques mois, mon billet sur Je suis un ange perdu que je me suis rendue compte que celui-ci était un tome 2 d'une série... Qui pourrait en compter d'autres, tant son héroïne, aussi décalée que butée et excentrique a l'art de se trouver mêlée à des histoires de meurtres. Donc avec un peu d'imagination, Jordi Lafebre pourrait décliner les aventures d'Eva sur une série longue durée. 

Je pensais qu'avoir lu le 2ème tome en premier ne m'avait pas gênée... Certes, mon plaisir de lecture était réel... Mais maintenant je peux le dire.... Mieux vaut lire les deux tomes dans l'ordre, même s'ils peuvent toujours être lu indépendamment. Mais "Je suis leur silence" éclaire beaucoup le personnage d'Eva et ses particularités, et permet de mieux l'appréhender. Cette nana si punchy, drôle que fûtée et grande gueule est aussi une femme pleine de failles et de blessures.

Alors que "je suis un ange perdu" nous emmenez dans le milieu du football professionnel, Je suis leur silence dans immerge dans le milieu viticole au coeur d'une riche famille propriétaire... et pleine de secrets inavouables (dont certains datent de l'époque franquiste) et de non-dits. Il est ici question d'appât du gain quelques soient les moyens, de réchauffement climatique qui met à mal les viticulteurs et risque bien de modifier complètement le marché du vin dans les prochaines décennies.

Une enquête sans temps morts, des sujets intéressants, un humour toujours bien présent et un graphisme qui m'est des plus plaisants, ça y'est, je suis fan d'Eva et c'est avec impatience que j'attends sa prochaine (més)aventure. Une BD réussie, des plus divertissantes, qui mêle humour, sensibilisation à la santé mentale et polar.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 24 Juin 2026

Roman - Editions Babel - 224 pages - 7.90 €

Parution d'origine en 2013

Mon pitch : En 1982, Sarah est montée dans un avion pour Uummannaq au Groenland. De ce séjour de quelques semaines qui devait être pour elle comme une résurrection après des années difficiles, Sarah n'est jamais revenue. 

Rien... même si plus tard, son sac à dos sera retrouvé. Sur elle rien, pas une trace... Pour ces parents et Lisa, sa petit soeur alors adolescente, c'est le début d'une attente d'un potentiel retour, d'un petit signe qui durera des décennies.

Vingt-six ans plus tard, Lisa devenue mère de famille, monte aussi dans un avion, sur les traces de sa soeur... Elle veut comprendre et peut-être trouver...

 

Tentation : Envie de poursuivre avec cette autrice

Fournisseur : Achat lors de la braderie de ma médiathèque l'été dernier.

 

Mon humble avis : Plus de cinq années déjà que j'ai dévoré "Un paquebot dans les arbres"  et  "Kinderzimmer" de Valentine Goby. Je pensais poursuivre mon élan avec elle et puis, comme d'hab, j'ai été happée par d'autres lectures et d'autres horizons. L'année dernière, lors de mon Challenge Lisez votre chouchou, Violette avait fait de Valentine Goby sa chouchoute, ce qui m'a donné envie de remettre le pied à l'étrier, tout en prenant mon temps !!!

Même si les sujets de ce roman sont tragiques, je pense qu'un tel titre ne peut que vous rafraichir en cette période de canicule.

La disparition d'une enfant.... Parce qu'elle est majeure, la disparition de Sarah est un non-événement pour les institutions officielles, puisque celle-ci peut être volontaire.

Pour ses parents et sa soeur, c'est l'incompréhension, l'attente, l'espoir, le désespoir, le vide, le néant... Le père montre moins sa souffrance mais ne la renie pas, la mère sombre dans une espèce de léthargie mais toujours en alerte au cas où Sarah reviendrait... Lisa devient l'enfant périphérique... Celui qui est là mais dont on se préoccupe peu, qui doit se construire seule avec cette place vide qui prend toute la place à côté d'elle. C'est avec un talent et une délicatesse infinis que Valentine Goby décrit de poids de l'absence.

Le récit alterne entre des souvenirs de l'époque où Sarah était vivante parmi eux, des épreuves qu'elle a traversées (la mort de sa meilleure amie), de son retour à une certaine forme de vie et ce départ, comme un nouveau saut dans la vie. Il y a ensuite l'attente, les mots laissés sur la porte en cas d'absence, le téléphone vers lequel on court et dont on vérifie 10 fois que le répondeur fonctionne si l'on doit sortir etc... Puis Lisa, adulte et mère de famille, qui se retrouve coincée au Groenland en 2010, alors qu'elle marche sur les traces de sa soeur, par ce qu'un certain volcan islandais paralyse le trafic aérien mondial.

Si je suis entrée dans ce livre avec entrain et les yeux écarquillées devant une si jolie plume, je dois avouer que j'ai peiné à l'achever... Par ce que si la 4ème de couv évoque une enquête, il n'en n'est pas vraiment question, ou alors au sens philosophique du terme. Ce qui fait que ce roman est bien plus contemplatif que je ne l'imaginais et que ce n'était pas ce genre que je souhaitais lire pendant mes vacances.

Mais il faut reconnaitre que ce roman est beau et de qualité... Banquises avec un "S", cela ne vous aura pas échappé. L'analogie est parfaitement choisie par l'autrice.... Il y a Sarah qui disparaît sans laisser de traces, et la banquise du Groenland qui disparait aussi, qui fond de plus en plus vite, modifiant littéralement la locale d'abord. Et cette disparition comme cette fonte ont des répercussions qui peuvent autant être discrète (pour celui qui est loin et/ou peu concerné) que violente et irrémédiable pour celui qui la vit de près, de l'intérieur. Et lorsque fond la banquise, les plaques de glaces s'éloignent les unes de autres, comme ceux qui constituent une famille amputée d'un de ces membres.

Un beau roman sur l'impossible deuil quand il n'y a pas trace de ce qui est perdu.... Mais qui ne m'a pas capté dans la façon trop contemplative et digressive dont le sujet est traité. Mais lu au bon moment et par des lecteurs qui apprécient particulièrement ce genre de récit, Banquises peut plaire énormément et même sans doute bouleverser.

 

Le billet de Violette

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 22 Juin 2026

Roman - Editions Gallimard - 5h07 d'écoute - 14.99 €

Parution d'origine en France en 1996 (me semble-t-il)

Mon pitch : En Allemagne, Michaël Berg a 15 ans lorsqu'il rencontre par hasard Hanna, une femme qui a plus du double de son âge... Vite il en tombe amoureux et une relation quotidienne ou presque se noue entre le jeune garçon et la femme. Au programme, relations sexuelles, un petit voyage en vélo.... Et souvent Hanna demande à Michaël de lui faire la lecture de roman à voix haute... Un jour Anna disparaît.

Quelques années plus tard, devenu étudiant en droit, Michaël retrouve Hanna.... Dans un palais de justice, sur le banc des accusés pour crimes nazis...

Tentation : La réputation du roman et de l'auteur

Fournisseur : La bib de Dinard

 

Mon humble avis : J'ai lu ce roman allemand pour poursuivre mon objectif d'élargir mes frontières trop franco-françaises en littérature. Certes, il ne date pas d'hier, mais en audio pour mon retour de vacances en voiture, c'était parfait.... Je n'avais même pas regardé la quatrième de couv, bien m'en a pris, car il semble qu'elle soit, une fois de plus, bien trop bavarde...

Dans le fond, Le Liseur pourrait faire écho à une autre de mes récentes lectures coup de coeur : la vie en fuite de John Boyne... Il y a grandement question de culpabilité...

La première partie aurait pu me laisser de glace, tant les relations d'initiations plus ou moins sexuelles entre une adulte et un adolescent sont loin de mes sujets de prédilection. Mais j'ai pu apprécier l'écriture élégante, bien que dépouillée et sans fioriture de l'auteur. Un style efficace, qui frappe, comme j'aime. Et puis il y a ce mystère du côté d'Hanna.... Michaël ignore tout de sa vie, sauf qu'elle est receveuse dans le métro.

Puis advient la deuxième partie, quelques années plus tard. Et là, un fois de plus, c'est une gifle littéraire que j'ai reçue, une gifle qui laisse une empreinte et pourtant, une gifle comme j'aimerai en recevoir plus souvent... 

Bernhard Schlink nous dit alors que pour certaines personnes, leurs conditions, ce qu'ils sont, sont bien plus honteuses à avouer que les actes atroces qu'ils ont commis... Qu'une personne peut préférer prendre la responsabilité d'un geste qu'elle n'a pas commis plutôt que de concéder un secret intime vécu comme une humiliation... Et que c'est même le camouflage de cette honte qui conduit à lui préférer les actes ignobles et l'infamie. Bouleversant et inédit pour moi !

Il y a donc cette honte d'être ce que l'on est, ou ce que l'on n'est pas, la honte d'avoir aimé une personne qui a autant de sang sur les mains, la honte et le remord d'avoir reproché à ses parents une certaine inertie sans connaître les conditions historiques de l'époque... Bernard Schlink écrit sur la différence entre comprendre et juger. Il évoque aussi le rapport entre le bourreau et ses victimes. A travers Michaël, l'auteur nous parle de ces jeunes allemands nés après-guerre, portant un passé qui les marque et avec lequel ils doivent vivre, sans être responsable de rien... Car est on coupable des crimes de nos parents ? Et qu'aurions nous fait à leur place ?

Le narrateur, c'est Michaël, homme d'âge mûr devenu professeur en histoire du droit... Il se souvient donc... Et durant toutes les années de détention d'Hanna, il gardera un rôle auprès d'elle... Celui d'être son liseur... En lui envoyant régulièrement des cassettes audio de livres lu à voix haute par lui-même.

Je comprends parfaitement l'énorme succès de ce roman.... Parce que oui, il marque à vie je pense. Malgré ses actes, Hanna reste un personnage inoubliable.

Je pense que je vais essayer d'en regarder l'adaptation ciné.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 19 Juin 2026

BD - Editions Grand Angle - 112 pages - 19.90 €

Parution en octobre 2025

4ème de couv : Le parcours incroyable et authentique de femmes qui ont vécu la conquête de l'Ouest américain. Pionnières, artistes, aventurières ou guerrières, elles ont bravé la solitude, la violence et les préjugés pour faire entendre leur voix dans un monde d'hommes. Women of the West dresse le portrait de ces femmes audacieuses, souvent oubliées de l'Histoire, mais essentielles à la construction de l'Ouest américain. À travers des récits poignants et des illustrations puissantes, cet album met en lumière des destins hors du commun, marqués par le courage, la liberté et la soif de justice. Redécouvrez l'épopée de l'Ouest comme vous ne l'avez jamais lue : du point de vue de celles qui l'ont vécue..

Tentation : Le sujet 

Fournisseur : bib de St Lunaire

Mon humble avis : La conquête de l'Ouest Américain, dans les films et l'imaginaire collectif, c'est surtout une histoire d'hommes... Des cow-boys et des indiens...

Cet album rend brillamment hommage à certaines femmes, méconnues, qui ont, elles aussi, participé sans se ménager, sous différentes formes, à la construction de ce grand Ouest. Rendons à César ce qui lui appartient, et aux femmes leur place dans l'Histoire. En voilà une bonne idée pour ce tome qui fait partie d'une série (je le découvre en rédigeant ce billet) sur le thème du Far West.

Une multitude d'auteurs (dont de nombreuses autrices) se sont réunis pour chacun(e) dresser le portrait d'une de ces femmes... Aussi, à chaque histoire, un graphisme et des coloris différents mais toujours plaisant à mes yeux... Etonnant car il règne pourtant dans ces pages une belle harmonie de tons.

Une jeune journaliste de notre époque, qui enquête sur le sujet, entre dans la tente d'une chamane... Celle-ci lui narre l'histoire de ces femmes, qu'elles furent blanches ou natives, pionnières ou voleuses, qui résistèrent ou firent régner la loi. Il y a les grands espaces, le rapport à la nature, la survie, l'hostilité virile face au "sexe faible", la violence d'une époque... Mais surtout, une notion de liberté qui a permis à ces femmes de vivre des trajectoires de vie bien loin de celles qui leur étaient assignées. Et malgré la rudesse de la vie, ces femmes sont restées dignes et droites dans leurs bottes, leurs idéaux etc...

Si cet album est bien documenté, il est aussi très agréable et divertissant. Il met une lumière bien méritée sur ces héroïnes en jupons sans qu'elles soient cantonnées aux rôles de mères ou de prostituées. Des femmes admirables, combattantes et le plus souvent, très touchantes et attachantes. A ne pas bouder !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 17 Juin 2026

Roman - Editions CDL - 7h30 d'écoute - 22 € 

Parution d'origine chez Albin Michel en 2013

Mon pitch : Une fresque familiale, sur cinq générations, en Hongrie, dans la même maison posée au milieu des rails de la gare de Budapest.

Il est question du communisme, de sa chute, et de la vie d'après.

Tentation : le sortir de ma PAL audio

Fournisseur : Ma PAL audio (bib de Rennes)

 

Mon humble avis : Il y a un an et demi, j'entrais enfin dans l'univers d'Alice Zeniter via sa dernière parution : "Frapper l'épopée". Avant de rédiger ce billet ci, j'ai relu celui de Frapper l'épopée.... Et cela m'a vraiment "frappée". Car quelque part, je pourrai écrire la même chose mot pour mot... La seule différence étant le contexte géopolitique (La Nouvelle Calédonie pour Frapper l'épopée et la Hongrie avant et après la chute du mur de Berlin pour ce roman ci.)

J'ai mis des années à sortir ce roman de ma PAL audio, tout simplement parce que les dimanches, quand j'étais jeune, je n'aimais pas cela... Messe, repas de famille puis devoirs scolaires dans ma chambre. Rien à voir avec le contenu de cette histoire finalement.

Comme pour "Frapper l'épopée" j'ai été intéressée par ce roman qui m'a fait prendre conscience à quel point la chute du communisme et du Mur de Berlin n'a pas été perçu de la même façon, selon que l'on était ou non, directement concernés par cette barrière. Car avec Sombre dimanche, Alice Zeniter nous montre bien que même si d'un coup les frontières sont tombées et le monde s'est élargi, pour les petites gens de Hongrie, la vie a gardé la même étroitesse.... par manque de moyen.... Et puis, finalement, par culture peut-être. Les personnages reprochent au système et à l'Histoire leur immobilisme...Alors que finalement, aucun d'entre eux n'a eu l'idée ou le courage de monter dans un de ces trains qui cernaient la maison familiale pour aller voir l'ailleurs...

Mais comme pour "Frapper l'épopée", malgré mon intérêt, et bien ce roman n'a fait naître aucune émotion en mois (excepté lorsque l'on découvre la lettre du grand-père, qui mène à la fameuse question "et si j'étais né à Leidenstadt qui me plait tant). L'écriture d'Alice Zeniter est soignée et belle mais elle a quelque chose de trop factuel et de distant qui me laisse émotionnellement au dehors de l'histoire qui m'est contée. Une fois de plus, je ne me suis attachée à aucun personnage, d'autant que le récit est plutôt terne, sans événement qui paraisse majeur.

Je crois juste qu'en fait, Alice Zeniter, malgré sa réputation et les nombreux prix littéraires qu'elle a reçu, ne me convient pas. Et pourtant, la Hongrie me bottait bien comme destination littéraire...

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 15 Juin 2026

Roman - Edtitions Audiolib - 8h45 d'écoute - 17.71 €

Parution Calman Levy et Audiolib en 2024

Mon pitch : A Vienne en 1910, Gustave Klimt peint "Portrait d'une dame" qu'il retouche en 1916. La toile, achetée alors par un collectionneur anonyme, se retrouve dans un musée... En 1997, il est volé avant de réapparaitre en 2019, dans les jardins d'un musée d'art moderne en Italie. Aucun expert en art, aucun inspecteur de police ne sait qui est cette jeune femme représentée sur ce tableau...

Camille de Peretti a sa petite idée... Et nous propose l'histoire de Martha et de sa descendance, depuis Vienne en 1900, en passant par le Texas, l'Italie et New York sur une période qui couvre tout le vingtième siècle et 110 années.

 

Tentation : Le billet de Violette

Fournisseur : la bib de St Lunaire

Mon humble avis : Enorme succès pour ce roman lors de sa sortie, accompagné d'une multitude de prix littéraires. Et pourtant, l'Inconnue du portrait ne me tentait pas. Vu qu'il y est question de Gustave Klimt, j'ai eu peur que ces pages ne contiennent que des références picturales et un étalage de culture que je n'ai pas dans ce domaine. Et puis le format audio est arrivé à ma Médiathèque. Alors... On y va...

Il m'a fallu quelques chapitres pour entrer dans le livre et m'habituer à la narration non linéaire, trouver mes repères. Et dès que ce fut fait, L'inconnue du portrait ne fut pu que plaisir de lecture proche de l'addiction et surtout une admiration croissante et totale pour la romancière Camille de Peretti pour la construction tellement magistrale de cette histoire qui ne manque pas de mystères, de rebondissements, de révélations. Je n'ai pas été bouleversée par ma lecture mais fascinée et vraiment admirative du talent et de l'imagination de son autrice. Cette fresque familiale qui se déroule sur cent dix ans pourrait à elle seule, à mes yeux, illustrer à merveille le mot "romanesque". Divertissant, intelligent, probable mais complètement fictif, qui traverse les époques et propose une version d'un mystère avec comme postulat de départ une toile et quelques dates existantes.

Les chapitres nous emmènent d'une période à l'autre et d'un continent à l'autre. De façon non linéaire, nous rencontrons Martha, puis son fils Isidore... et des décennies plus tard, Pearl, fille illégitime d'Isidore, qui ressemble trait pour trait à la dame du portrait. Durant ces décennies, Isidore a tout vécu... De domestique en Autriche, on le retrouve cireur de chaussures à New York pendant la Grande dépression, avant qu'il ne fasse fortune et devienne richissime avec une entreprise de brosse à dents et de dentifrice.... Un sacré défi à l'époque où ces deux produits étaient loin d'être une évidence pour tout le monde...

A travers ses personnages qui évoluent au cours des décennies et qui tentent de s'adapter à chaque nouvelle situation ou condition, Camille de Peretti traite avec délicatesse et nuance du sujet de transfuge de classes. Il est question aussi de schémas familiaux qui se reproduisent. Le tout avec une plume des plus fluides, qui varient très subtilement en fonction des époques traitées et des personnages qui s'expriment, sans jamais se perdre dans des détails inutiles. Le tout restant magnifiquement harmonieux et très agréable à lire et/ou à écouter.

Avec l'inconnue du portrait, Camille de Peretti n'en n'était pas à son premier coup d'essai, et pourtant, je n'avais jamais entendu son nom. Après un tel roman, nul doute que dorénavant, je vais le guetter.

Franchement, ce qui me vient le plus en tête après ma lecture, c'est 20/20 en construction et narration romanesque, avec une imagination des plus délicieuses. A lire, évidemment !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 25 Mai 2026

Hello !

L'année dernière j'étais allée dans le Sud... Et bien cette année pour mes vacances, ma boussole me montre le Nord, mes racines, mes origines, là où j'ai grandi... Le Nord que j'ai quitté pour aller à droite à gauche dans ma "jeunesse", où je suis revenue pour en repartir définitivement à l'âge de 27 ans. Et depuis, de temps en temps, je suis remontée là-bas pour des cousinades qui avaient toujours lieu en novembre ou en mars... Par temps pourri, gris, froid...

Et l'année dernière, début juillet, ce n'est pas une cousinade qui m'a rappelée dans le Nord, mais les funérailles d'un oncle. Premier retour là-haut par très beau temps, soleil etc, malgré les tristes circonstances. 

Et tout m'est apparu sous un autre oeil... parce qu'en plus de 20 ans, des choses ont changé, des quartiers ont été rénovés. Par contre, la mentalité qui m'a toujours était chère, et à laquelle je m'identifie pleinement, est restée la même. Et comme depuis quelques années je suis à fond dans la photo, l'envie s'est imposée de consacrer mes vacances 2026 à la région qui m'a vu naître, et que je vais prendre plaisir à regarder par mon viseur et à immortaliser. Donc mon programme pour ces plus de deux semaines, aller faire des photos dans le Nord... Tout en visitant quelques personnes... La preuve aussi que tout arrive... Si l'on m'avait dit un jour que j'irai en vacances dans le Nord, j'aurais dit "n'importe quoi" !

Je commence par 2 nuits à Wissant dans le PDC (en bungalow, pas très loin de là où mon père est enterré) pour revoir MA plage... Et surtout depuis que j'ai mis un pied dans la photo ornitho, j'ai appris que le Cap Gris Nez était THE spot en France pour observer les migrations (bon là, je vais arriver un peu tard)... Mais dire que j'ai sillonné de long en large en travers ce coin pendant plus de 20 ans, et que tout ce que je pensais voir était des mouettes (les trucs en blanc) et des moineaux (les petits trucs dans les arbres)... Arrf, quand je vois la richesse de certaines publi ornitho issues de coin, je regrette d'avoir tant manqué de curiosité à l'époque. Idem, dans les dunes et le marais, il y a maintenant un parcourt ornitho avec observatoires etc...

Puis je vais passer un jour/une nuit à Bruges en Belgique (normalement, il y a plein de chouettes photos à faire par la-bas... De là, grâce à ma curiosité légendaire devant les cartes, je fais un saut d'un jour une nuit aussi à Middelbourg aux Pays Bas. Ca parait super mimi et sympa.

Ensuite, retour en France à Malo les Bains pour quelques jours chez un couple de mes neveux et nièces... Il y a quelques années, mon neveu m'avait dit "si un jour tu viens à Malo, je pose un RTT pour t'emmener au Platier d'Oye, un site ornitho. Ce n'était pas tombé dans l'oreille d'une sourde...

Puis ma voiture me mènera dans mes monts des Flandres pour une nuit chez des cousins, avant de finir par presque une semaine à Lille et ses environs, également chez des cousins. Au programme, photos de rue, quelques spots ornitho et repas familiaux. 

Et puis je reviendrai en Bretagne notamment pour les 50 bougies d'une amie et ensuite ce blog rouvrira ses portes :)... Dans trois semaines ! Et pendant ce temps, une amie d'IDF vient profiter de mon appart, de Dinard et de la mer et tenir compagnie à mes moustachus !

Photo prise sur le site internet de Tourisme de Hauts de France. Crédit ???

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Quizz - tags et vrac !

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Publié le 23 Mai 2026

Roman - Editions Gallimard - 336 pages - 22 €

Parution en janvier 2026

Mon pitch : Un samedi soir, Thomas rejoint son ami Nathan dans un resto parisien... A son retour chez lui, il réalise que le téléphone qu'il tient dans la main n'est pas le sien. La même marque, le même modèle mais pas le sien. Panique à bord... Sans son portable, Thomas est perdu... En appelant son propre numéro, il finit par tomber sur Romane Monnier, qui est effectivement en possession du téléphone de Thomas... Elle viendra lui rendre dans sa boutique. Par contre, elle le supplie de garder le sien, sans explication. Elle lui confie même ses codes d'accès. Etonné, Thomas commence à entrer dans les entrailles du portable, et donc dans la vie de Romane.

 

 

Tentation : Un roman de Delphine de Vigan, c'est pour moi incontournable

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : L'échange de portable par erreur, on peut trouver cela attendu... Mais si ce n'est pas une erreur, et qu'en plus l'une des deux parties ne souhaite pas récupérer son portable, là, nous sommes dans un roman très original ou flotte tout de suite un parfum énigmatique. Qu'est-ce qui peut mener une jeune femme à se débarrasser ainsi de cet objet devenu incontournable.

Après "les enfants sont rois" où il était question de l'ultra exposition des enfants sur des chaines youtube par des mères youtubeuses, Delphine de Vigan s'attaque à l'importance qu'ont pris les téléphones portables dans nos vies en deux décennies. Toutes nos vies sont dans nos portables. Les portables remplacent tout (le réveil, l'appareil photo, l'agenda etc) et occupe chaque instant vide. En 2026, on pourrait dire "montre-moi ton portable je te dirai qui tu es". Le portable surveille votre vie, votre sommeil, votre poids, le nombre de pas faits dans une journée, et votre utilisation étant surveillée également, elle oriente forcément vos choix de vie, de consommation etc. L'algorithme  guide vos pas... et vos doigts...

Tout cela, Delphine de Vigan le détaille et le démontre parfaitement bien, à travers le personnage de Thomas. Paniqué par la perte de son portable... Puis captivé par celui de Romane qu'il fouille chaque soir, appli après appli... Et c'est en lisant ses textos, en écoutant ses enregistrements, en lisant les notes et les historiques de recherche qu'il parvient à dresser un portrait de Romane. Il reconstruit sa personnalité en fonction de toutes les données fournies par l'engin et peu à peu, il commence à imaginer, ou à deviner pourquoi Romane n'a pas voulu récupérer son smartphone. Et en contrepoint de ses découvertes, Thomas relit sa propre vie, et s'interroge sur celle que mène sa fille de 26 ans qui vient de prendre son envol. 

Pour nous lecteurs, tout cela se traduit par des pages purement narratives sur Thomas et d'autres qui sont des extraits des textes/conversations lus ou écoutés par Thomas sur le smartphone de Romane. Donc c'est en même temps que Thomas que nous nous faisons une idée de Romane et de sa motivation à abandonner l'objet en question... Et nous la comprenons... Et nous partageons bien souvent sa fatigue, sa lassitude, sa déception devant ce que l'époque devient et fait de nous. Une époque où le mensonge et l'hypocrisie sont partout, où une photo n'est plus forcément vérité et preuve, une époque où l'on bouffe de l'image à longueur de journée, en passant du chaton tout mimi à l'attentat meurtrier pour arriver ensuite sur une influenceuse qui vous promet des lèvres pulpeuses et une jeunesse éternelle. Avant, tout avait une fin... La fin de mois, la fin d'un livre, la fin d'un film, la fin d'un repas, la fin d'une année... Même les puits ont tout de même un fond...Mais l'Homme a inventé le premier truc sans fin, ce truc qui vous bouffe votre temps, qui vous kidnappe presque contre votre volonté, qui se joue de vos émotions et de vos intérêts pour vous y figer... J'ai nommé le fil.... le fil de Facebook, le fil d'Instagram et une armée d'algorithme.... Vous pouvez scroller et scroller encore jusqu'à user votre doigt, vous n'arriverez jamais au bout. 

C'est ces thèmes là - parmi d'autres- que développe Delphine de Vigan à travers deux personnages, Thomas le visible et Romane l'invisible qui a eux deux, cartographient pas mal notre époque. L'autrice montre une fois de plus avec intelligence l'acuité de son regard sur ses semblables et sans doute sur elle-même... Car cette histoire est de plus universelle.... D'où le titre... Il fut une époque où nous étions tous Charly... Et maintenant, nous sommes tous un peu Romane, avec l'envie régulière de balancer ce putain de téléphone, de tout envoyer balader, d'être à bout de souffle dans ce monde de fou. Oui, on est tous un peu Romane, sauf que chaque matin, on recommence comme la veille.

Un roman original, une lecture très plaisante et fluide qui incite à faire le point sur soi-même et notre usage des nouvelles technologies. Pas un coup de coeur car il m'a peut-être manqué quelques grammes d'émotions. Mais mine de rien, Je suis Romane Monnier est un roman fichtrement bien construit.

 

L'avis de Violette  et de Philisine

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 21 Mai 2026

Témoignage - Editions L'Iconoclaste - 256 pages - 20.90 €

Parution le 2 avril 2026

Le sujet : Dalie Farah est autrice et professeur de lettres... En 2023, elle a cinquante ans, est épuisée et ne supporte plus grand chose. C'est la chute... Après un long chemin, le diagnostic tombe : Dalie Farah est porteuse d'autisme et est en plein burn out autistique. Cette révélation est un choc. Au point que les symptômes explosent et s'intensifient. A travers cette nouvelle lumière, elle relit sa vie et son histoire. Cette quête personnelle devient collective. 

Tentation : Le sujet

Fournisseur : Ma CB

 

 

Mon humble avis : Point commun entre l'autrice et moi : diagnostiquée toutes les deux autistes à 50 ans (49 pour moi) après une vie des plus "normales" vue de l'extérieur. Le diagnostic médical oui, mais ensuite, aucun suivi, aucune aide psychologique dans un pays où sur ce syndrome (et sa connaissance et son acceptation par l'univers médical), on est en retard d'au moins deux décennies.  Différence entre elle t moi : les origines raciales et sociales qui font qu'une vie est différente, qu'elle n'est pas le même combat pour tous, que l'une part avec plus de différences que l'autre. Dalie Farah est d'origine sociale très modeste, de culture et d'apparence maghrébine, et sa jeunesse ne fut que violence physique... Moi, je suis blanche depuis des générations, et j'ai grandi dans un lotissement de banlieue tranquille.

Dans ce livre, Dalie Farah met le ressenti de sa condition particulière, le masking (camouflage social, imitation) et la sur adaptation durant tout une vie, ce qui mène à l'épuisement. Il y a une vision du monde et surtout, une main qui écrit la douleur, la souffrances, les regards suspicieux, les non aménagements, l'incompréhension, le rejet, la méconnaissance, l'intolérance à la différence et à ceux qui représentent 80% des personnes reconnues comme handicapées : celles porteuses de handicap "invisible". Invisible à qui ne veut voir, ne sait pas voir, dont les difficultés sont reniées ou mises sous le tapis par l'individu, le collectif ou la cellule familiale. Des handicap reconnus administrativement mais méconnus dans la conscience et la perception collective. Des porteurs de handicap invisible qui ne cessent d'avoir à argumenter et prouver, alors qu'ils sont.

Il y a l'effondrement qui mène au diagnostic TSA et la suite...  Comme lors d'un déni de grossesse, il est courant que les symptômes se manifestent beaucoup plus et rendent encore plus difficile, ou impossible, ce qui l'était avant. D'autant que la cinquantaine, c'est aussi la période de la ménopause et que cette crise hormonale intensifie aussi les manifestations autistiques... Mais cela, personne ne vous le dit...

Bref, sur le fond, je me suis beaucoup retrouvée dans cette sentinelle que personne ne relève (titre très bien choisi par ailleurs). Mais sur la forme, je suis plus mitigée.

L'écriture de Dalie Farah est très soignée, très littéraire, et peut-être trop pour moi et pour un tel sujet. Les autistes ont du mal à comprendre l'implicite et ces pages n'en manque pas, que ce soit sous forme poétique ou métaphorique. Ce qui a nui à la fluidité de ma lecture, à mon empathie envers la narratrice, à la compréhension de certaines sentences. J'aurais eu besoin de plus de limpidité dans le récit, si toutefois c'était possible par rapport au mode de fonctionnement de Dalie Farah.

Certes, l'autisme est compliqué car aussi diverse qu'il y a d'autistes, mais j'espérais trouver dans ces pages un soutien pour expliquer à mon entourage ma réalité quotidienne sans m'entendre dire, dès que j'explique un détail "oh tu sais, on est tous un peu autiste"... Mais si je peux conseiller ce livre pour sa puissance et sa qualité littéraire, je ne peux le faire en tant qu'outils d'éclairage limpide du Trouble du Spectre autistique sans déficience intellectuelle. Certes, je me sens moins seule dans le diagnostic tardif (assez courant pourtant parce que féminin donc différent), mais ne me sens pas plus armée pour affronter efficacement et sans me perdre les sceptiques. Même si le livre montre parfaitement l'errance et la solitude médicale, un passé qui s'éclaire mais un présent et un avenir des plus confus, j'aurai eu besoin d'un peu plus d'ordre. D'ailleurs, Dalie Farah s'interroge (p204) "Ai-je écrit des livres qui ne peuvent accéder à leur pleine force que s'ils sont lus par ceux qui sont câblés comme moi ou qui ont une hypersensibilité atypique"?

Ma réponse est non... Puisque par diagnostic, je suis câblée comme elle. Et l'hypersensibilité atypique est des plus multiples. Si ça se trouve, cet ouvrage sera plus apprécié dans son entièreté par un lectorat neurotypique qui y verra un très bel ouvrage littéraire, parce qu'il n'y cherchait pas outil d'information, de sensibilisatio et d'explication pour son entourage.

 

« Je suis une de ces femmes diagnostiquées tardivement, une de ces femmes qui a fait avec ce qu'elle était sans savoir comment faire, je suis une de ces rescapées qui doit de nouveau apprendre à vivre après plus de 50 ans. Je suis une sentinelle qu'on ne relève jamais et je voudrais écrire ici pour toutes les sentinelles. Celles qui, depuis l'enfance, apprennent à être dans un monde hostile et inadapté. Celles qui portent en elles une vigilance ancienne, une sentinelle intérieure qui ne dort pas, qui observe, qui ressent, qui souffre de ressentir et de ne pas comprendre qui elle est. »

"L'autiste a un monde en lui. Ne pas y accéder ne veut pas dire qu'il n'existe pas."

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Rédigé par Géraldine

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