Publié le 5 Octobre 2022

Film de Lauriane Escaffre et Yvo Muller

Avec Karine Viard, Grégory Gadebois, Noée Abita

Synopsis : Maria est femme de ménage. Mariée depuis 25 ans, réservée, timide et maladroite, elle ne quitte jamais son carnet à fleurs dans lequel elle écrit des poèmes en secret. Lorsqu’elle est affectée à l'École des Beaux-Arts, elle rencontre Hubert, le gardien fantasque de l'école, et découvre un lieu fascinant où règnent la liberté, la créativité et l'audace... Dans ce monde si nouveau, Maria, qui a toujours été dévouée et discrète, va-t-elle enfin se laisser envahir par la vie ?

Mon humble avis : Un "petit" film que j'aime... Qui n'élude pas les difficultés de la vie ni les aberrations de nos sociétés, mais qui offre un oeil différent, qui aère les couloirs d'une fraicheur bienvenue, et qui donne envie de s'envoler. Bref, un film qui détend, divertit, amuse gentiment avec délicatesse et finesse sans en faire des caisses mais qui nous enserre subtilement. Les dialogues font sacrément mouche, et tant dans le visuel que dans les situations, Maria Rêve est parsemé de jolies trouvailles, touchantes ou drôle.

On ne peut qu'admirer encore une fois l'énorme talent de Karine Viard, très émouvante dans le rôle du femme gauche, timide, réservée, recluse, voire éteinte dans sa petite vie sans couleurs. On sent et on voit vraiment la transformation du personnage, ne serait-ce que dans sa démarche etc... Karine Viard, via Maria, nous montre parfaitement qu'il n'y a pas d'âge pour devenir papillon, pour se regarder enfin, pour s'envoler, se réaliser et ouvrir les yeux sur les possibilités de la vie, bref pour s'émanciper. Avec Grégory Gadebois, elle forme vraiment un joli et émouvant couple de cinéma, avec une "parade nuptiale" poétique hors des sentiers battus, on ne peut plus délicieuse pour le spectateur ! Les réalisateurs ont vraiment bien fait de réunir ces deux magnifiques comédiens, d'où jaillit une belle alchimie.

Ce film interroge aussi sur l'art, la création et ses extrêmes : l'art révélateur, déclencheur et l'art pédant et prétentieux, voire "masturbation intellectuelle" pour donner du sens là où il n'y en a pas.

Maria Rêve est avant tout un bel hommage à toutes les personnes invisibles de notre entourage, invisibles car ils savent être discrets comme il leur est demandé de l'être. Mais invisible ne veut pas dire vide, non existant, sans potentiel etc.

Bref, un film vraiment charmant et ce n'est pas péjoratif !

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

Repost0

Publié le 2 Octobre 2022

Film d'Hassan Nasser

Avec Hossein Abedini, Mahmoud Jafari, Shahrzad Kamalzadeh

Synopsis : Dans une petite ville provinciale iranienne, les enfants travaillent dur pour faire vivre leur famille. Un jour, Yahya, neuf ans, et son amie Leyla trouvent une statuette scintillante dans le désert. Passionné de cinéma, Naser Khan, le patron de Yahya, décide de les aider à retrouver son propriétaire. Une histoire charmante qui démontre le pouvoir du cinéma sur une communauté soudée, dans le monde entier.

Mon humble avis : J'ai vu ce film "britannico-iranien" dans le cadre du Festival du film britannique de Dinard, dans lequel il est en compétition parmi 5 autres longs métrage. 

VO en persan, sous-titrée en anglais et en français, une nouvelle expérience pour moi !

Un très beau film, qui aurait pu s'intituler "les tribulations d'un Oscar". Car cette fameuse statuette trouvée par Yahya et Leyla est un Oscar ! Le début du film nous dit comment il est arrivé là, et la fin nous donne sa destination d'origine.

Des paysages bien dépaysants, tout comme les us et coutumes iraniennes que nous apercevons...mais qui ne nous font pas oublier la dureté de la vie. En effet, Yahya et Leyla sont plus souvent sur des décharges pour y récupérer du plastique et le revendre au poids, qu'à l'école. 

Yahya est fan de cinéma, et il passe ses nuits à regarder des films sur CD piratés sous sa couette. Et pourtant, lorsqu'il trouve cette statuette, il ne sait pas ce qu'elle représente... A part la convoitise de ses "copains"

Un très beau film, avec des touches d'humour tendre liées au naturel et à la naïveté et l'ingéniosité des enfants, d'émotions, qui évoque le cinéma Iranien et ses succès. Mais surtout, il est question des conséquences de la célérité soudaine sur des gens simples, dans un milieu où l'on n'a ni le temps ni les moyens d'aller au cinéma... Alors, certains renoncent à cette célébrité qui bouleverse trop leur vie, et parfois, il la regrette... Car célébrité rime aussi avec partage et amour. Le plus du film, c'est aussi une magnifique bande originale.

J'ignore si ce film paraîtra en France et dans combien de salle. Mais si vous avez l'occasion de le voir, en salle, en streaming, en diffusion télé etc, ne la manquez pas. Vous y verrez un film original, tendre, dur pour ce qui est du contexte, un film qu'on ne croise pas à chaque coin !

Je n'ai pas trouvé la Bande Originale sur You tube, mais une interview du réalisateur iranien.

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

Repost0

Publié le 30 Septembre 2022

Doc de Kathryn Ferguson

Avec Sinéad O' Connor

Synopsis : L'histoire de l'ascension fulgurante de Sinéad O'Connor vers la célébrité mondiale et la façon dont sa personnalité iconoclaste a entraîné son exil du courant dominant de la pop.

Mon humble avis : J'ai vu ce film documentaire cette semaine, dans le cadre du Festival du Film Britannique de Dinard. Hors compétition officielle, il figurait dans la sélection "Irish eyes in Dinard.

Comme nombre d'entre nous, dans les années 90, j'ai écouté en boucle son tube Nothing compares 2 U (une reprise de Prince). Et je peux encore l'écouter avec émotion. Et bien ignorante et je l'avoue, parfois langue de vipère, je pensais que Sinéad O'Connor n'avait été qu'une étoile fulgurante mais filante, comme la musique en crée régulièrement.

Ce documentaire m'a montré combien j'avais tort ! Sinéad O'Connor continue de chanter... Depuis 1990, elle a sorti 11 albums, et un autre est prévu prochainement. Mais elle n'est plus dans les charts, et ce documentaire explique aussi bien l'ascension, que le bannissement de la chanteuse par une partie de son public d'alors, par le monde de la musique et par les médias.

Et c'est franchement intéressant et passionnant. Sinéad O'Connor fut une enfant maltraitée par sa mère, dans une Irlande qui était alors une démocratie théocratique... Et cela m'a ouvert les yeux sur l'Irlande de l'époque, réactionnaire et conservatrice où les femmes n'avait que peu de droits... Elle fut envoyée par un de ces fameux "couvents foyers" tenus par des religieuses qui font beaucoup parler ces dernières années. Un peu plus tard, ce n'est qu'en Angleterre qu'elle pourra percer dans la musique, sa musique, pas assez conventionnelle pour une Irlande étriquée.

Sinéad O Connor a toujours été une femme engagée, sans concession, fidèle à elle-même et à ses convictions. Les maisons de disques ont voulu faire d'elle un produit marketing très féminin et sexué... En contre réponse, elle s'est rasée la tête... Et durant des années, pas un journaliste n'omettra de la questionner à ce sujet... Alors que jamais la question capillaire n'est abordée avec ses homologues masculins aux cheveux longs...

Sinéad O Connor est une femme qui a dénoncé notamment les abus des prêtres et le silence de l'Eglise et du Pape Jean-Paul II, en déchirant une photo de lui lors d'un show télé... "Personne" ne lui pardonnera ce geste et ce sera le début de la fin. Tout ce pourquoi elle était encensée devient sujet à moquerie et pire. La voilà bannie du show business.

Même s'il est parfois trop implicite et pas toujours bien ordonné, ce documentaire est un formidable portrait de femme intègre, courageuse et obstinée. Une femme qui est juste née "trop tôt" pour dire ce qu'elle avait à dire. Sinéad O'Connor une féministe anticonformiste était en avance sur son temps, une précurseur, qui a eu de nombreuses héritières. Et Nothing compares est aussi le portrait d'une époque et d'une génération. Les voix off "actuelles" de la chanteuse et de son entourage d'alors commente le documentaire. Dommage que la réalisatrice, pour cause de droit du prince, n'ait pas eu l'autorisation de diffuser plus d'image musicale, et notamment, de la fameuse chanson "Nothing compares 2 U".

J'ignore si ce film sortira en France ni si de nombreuses salles le diffuseront (tout dépendra sans doute du type de cinéma que vous avez près de chez vous. Mais il est à voir, d'une façon ou d'une autre, via internet par exemple, où lorsqu'il sera diffusé à la télé. C'est le genre de chose que je verrai bien sur Arte ! Ce documentaire a déjà remporté 5 victoires dans différents festivals sur 9 nominations (dont au Sundance festival)

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

Repost0

Publié le 28 Septembre 2022

BD - Editions Soleil - 96 pages - 19.99 €

Parution en octobre 2019

L'histoire : En ces temps fort lointains habitait dans la ville de Solidor Illian, jeune apprenti sculpteur. Son habileté ravissait l'impitoyable Maître Koppel, délesté ainsi de la plupart des tâches de sculpture. Les habitants de Solidor avaient développé une passion pour les oiseaux exotiques, et chaque maison comportait au moins une cage en bois, avec au moins un oiseau. Les écouter enchantait Illian. Un soir, tandis qu'il fignolait un petit rossignol sculpté dans un rebut de bois, Maître Koppel surgit, furieux, avant d'être apaisé par sa fille, émerveillée par la sculpture. Une sculpture dont ils étaient, à cet instant, loin d'imaginer les répercussions sur toute la ville...

Tentation : Le sujet, les piou piou

Fournisseur : La bib de Dinard

Mon humble avis : Encore une magnifique bande dessinée ! Graphisme, dessins et présentation superbes, de ceux que j'aime, une histoire prenante, touchante, intelligente, qui dit tant de nous, humains.

Le récit se déroule comme un conte, dans tes temps fort lointains, mais qui, s'ils n'étaient ces décors, ces costumes etc, pourrait être maintenant.

Plusieurs thèmes sont abordés dans cet ouvrage...

Celui de l'exploitation des pauvres par les riches (ici le petit apprenti qui travaille comme un damné pour son maître). On peut éventuellement y voir celles des enfants qui travaillent dans les pays en voie de développement pour fabriquer jouets et autres pour le bonheur inconscient des enfants des pays nantis. De ce fait, les auteurs abordent la lutte des classes, évidemment.

La beauté et la passion de l'art du bois bien sûr.

Mais surtout, cet album est une satire de notre société contemporaine dans son aspect ultra consumériste... Avoir tout comme tout le monde, s'enthousiasmer pour une nouveauté et l'abandonner quelque temps après au profit d'une autre nouveauté qui nous rend "considérables" aux yeux des autres et nous donne une impression de réussite.

Enfin cet album porte aussi sur les conséquences néfastes du comportement humain sur son environnement et la nature... sur l'instrumentalisation des animaux etc... 

Bref, une très belle oeuvre, qui met en scène les bonnes questions et certaines bonnes réponses ;) Un deuxième et dernier tome a paru, je le lirai avec plaisir si je le trouve à la bibliothèque

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

Repost0

Publié le 26 Septembre 2022

Récit de voyage - Editions Pocket -384 pages - 7.70 €

Parution d'origine chez Belfond en 2010

Le sujet : En 1985, Douglas Kennedy est dans le creux de la vague professionnelle, après quelques déboires. Il n'est pas encore vraiment écrivain mais voudrait le devenir... via la récit de voyage. Avec sa valise, en bus, train et bateau, le voilà qui débarque à Alexandrie. Il passera plusieurs semaines en Egypte, hors des sentiers battus, au-delà des pyramides, qu'il nous raconte ici.

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

Mon humble avis : J'ai pioché ce titre dans ma PAL, un peu au hasard, en en ayant oublié le sujet intrinsèque... En lisant la 4ème de couv, je réalise qu'il s'agit du récit d'un voyage réalisé en 1985. Ma première réaction fut de penser : "zut, c'est complètement périmé". Et puis non, en fait, 1985, c'est déjà une autre époque sans doute, et aussi l'Histoire, ou en tous cas, des fragments. En 1985, le Président Egyptien était Hosni Moubarak et outre atlantique, Ronald Reagan dirigeait les USA.

Douglas Kennedy nous emmène donc au coeur de l'Egypte. Sciemment, il fuira tous sites touristiques et hôtels luxueux. Depuis Alexandrie, il ira au hasard de sa curiosité, des rencontres, des conseils, des aléas, des invitations, des recommandations. Chaque rencontre sera propice à l'exploration d'une face plus ou moins cachée de l'Egypte, par l'observation et les dialogues ouverts. Nous en apprenons beaucoup à travers les témoignages d'un médecin de campagne, un concessionnaire automobile, des étudiants, des artistes, des moines coptes, des journalistes, des routards, des expatriés, des exilés, des pauvres, des riches...

C'est donc très intéressant d'assister à la composition du portrait de cette nation, terre de légendes et terreau de fantasmes et d'idées erronées. Ce portrait reste cependant flou, comme il le serait d'un être en constante évolution et changement et composé de mille détails et convictions, tant en nombre que pour en avoir une vue d'ensemble, il faut regarder d'un peu loin et la vue se trouble.

Douglas Kennedy "cartographie" l'Egypte, à un instant T... L'Egypte, terre de culture forte ancrée dans les traditions mais tentée par le progrès et la modernité, et envahi progressivement par une culture étrangère, mercantile et consumériste... Ce qui est un terrain fertile au développement de fondamentalisme religieux de l'Islam. L'Egypte et ses nouveaux riches et ses pauvres de toujours. L'Egypte multi confessionnal. L'Egypte au carrefour de l'occident, de l'orient, de l'Afrique et l'Egypte, gardienne de la paix dans la zone sensible du Moyen Orient. Une société on ne peut plus complexe et kaléidoscopique ! Il y avait bien là matière à écrire un livre, d'autant que Douglas Kennedy y ajoute quelques unes de ses mésaventures, et des situations ubuesques vécues face à l'administration labyrinthique, héritage sans doute de l'ex influence russe, ou juste dues au choc des cultures... On sent tout de même que la situation est très fragile et ne demande qu'à basculer. Maintenant, j'aimerais avoir la culture nécessaire pour distinguer des liens de cause à effet entre ce que décrit Douglas Kennedy, et l'Egypte actuelle, et celle d'il y a une dizaine d'année lors des printemps arabes. En fait, il serait intéressant que Douglas Kennedy refasse le même voyage à notre époque, et recueille de nouveaux les mêmes types de témoignages.

Vous devez vous dire, arrivés à cette presque fin de ce billet... mais pourquoi seulement 3 pattes de chat ? A cause de l'écriture et du style. La faute à l'auteur ou à la traduction ? Je ne sais pas. Certes, le vocabulaire choisi est adéquat et riche... mais le reste est d'une pauvreté assez navrante, avec une profusion de verbes, de verbes auxiliaires, de ensuite, après, juste après... le tout dans des phrases bien trop longues que j'ai souvent remaniées dans mon esprit pour les rendre plus courtes, plus légères, plus agréables, vivantes. On sent vraiment l'immaturité littéraire et stylistique du Douglas Kennedy plutôt débutant, alors âgé de 30 ans. Cela a tout de même entaché mon plaisir de lecture, me conduisant à un certain agacement.

Si vous entrez dans ces pages en espérant une oeuvre littéraire, vous serez donc bien déçus... Si vous pensez y trouver un oeil extérieur au coeur de l'Egypte de la fin du siècle dernier, vous lirez ce texte avec intérêt.

 

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #récits ou romans de voyages

Repost0

Publié le 24 Septembre 2022

Film de Christian Carion

Avec Dany Boon, Line Renaud, Alice Isaaz

Synopsis : Madeleine, 92 ans, appelle un taxi pour rejoindre la maison de retraite où elle doit vivre désormais. Elle demande à Charles, un chauffeur un peu désabusé, de passer par les lieux qui ont compté dans sa vie, pour les revoir une dernière fois. Peu à peu, au détour des rues de Paris, surgit un passé hors du commun qui bouleverse Charles. Il y a des voyages en taxi qui peuvent changer une vie…

Mon humble avis : Une belle course est indéniablement un beau film... qui donne à réfléchir... Sur l'évolution de nos villes qui remplace tout pour uniformiser et lisser, sur nos agacements inutiles et futiles qui nous pourrissent la vie... sur la beauté de Paris... Voilà pour la "surface". Dans le fond, Une belle course est très émouvant, car c'est la rencontre de deux être qui vont changer la vie de l'autre pour toujours, même si, le toujours pour l'un peut ne durer qu'une journée.

Une belle course nous dit aussi l'importance de prendre le temps d'écouter l'autre, et notamment l'ancien. Une dame de 92 ans a forcément des choses à nous apprendre, à nous révéler, nous rappeler la valeur des souvenirs. Et effectivement, Madeleine nous bouleverse avec l'histoire d'une partie de sa vie, qui fut à une époque une succession de drames qui la bande annonce ne laisse pas imaginer. C'est vraiment bouleversant, révoltant aussi, et on ne peut que ressentir une admiration devant cette femme qui s'est relevée, qui a survécu aux drames pour aboutir à une certaine sagesse et à une réelle facétie !

Le casting pourrait laisser croire à une comédie amusante, ce n'est pas du tout le cas. Mais entre la narration de deux drames (jamais dans le pathos), on en vient à sourire, à se sentir dans ce taxi comme dans un cocon, et l'on se dit qu'une telle parenthèse ferait du bien à tous. 

Une belle course est aussi un film sur la vieillesse et fin de vie, la liberté et le libre arbitre perdus des âgés qui rentre en maison spécialisée. Le renoncement en quelque sorte.

Une belle course, c'est un trajet en taxi... mais c'est aussi le regard que nous portons sur notre vie passée... La vie est aussi un trajet !

Malgré les cruautés de la vie qu'il met en scène, ce film fait du bien en fait.

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

Repost0

Publié le 22 Septembre 2022

Roman - Editions Albin Michel - 198 pages - 18.90 €

Parution le 17 août 2022 : Rentrée littéraire

L'histoire : Celle de Tristane... Petit fille née de la passion dévorante de ses parents... Et qui toujours sera secondaire, ignorée, voire dérangeante dans l'intimité du couple...  Une enfant qui grandit dans l'indifférence parentale et qui apprend à être terne... jusqu'à ce qu'elle devienne grande soeur, et prenne l'éducation de sa cadette très à coeur, pour combler le vide parental. En effet, les parents de Tristane ont accepté de lui faire un petit frère ou petite soeur si elle s'engageait à s'en occuper. Une cadette qui née donc comme arriverait un chien dans une famille, et qui n'aura pas beaucoup plus d'attention de ses parents... mais qui aura toute celle de sa soeur...

Tentation : MON RDV annuel depuis si longtemps

Fournisseur : Cadeau de ma Maman

 

 

Mon humble avis : Celles et ceux qui me suivent et me connaissent savent qu'à chaque rentrée littéraire, le jour J de la parution du nouveau Nothomb, je suis au rendez-vous ! Je n'ai pas failli cette année... et l'ai lu dans la foulée... Mais alors, pourquoi tant tarder à publier mon billet ?!

Flémingite, très beau temps, une autre lecture entamée juste après ?! Il y a certainement tout cela, mais aussi une relative déception... A moins que cela s'appelle une lassitude ?

Ma lecture fut un plaisir car évidemment, on retrouve dans ces pages tout ce qui fait qu'Amélie Nothomb est unique en son genre : le léger qui se superpose au grave, les situations et personnages assez rocambolesques, un vocabulaire hors du commun et une plume qui n'appartient qu'à elle. Bref un univers.

Oui mais voilà, j'ai eu l'impression qu'avec ce Livre des soeurs, c'est Amélie Nothomb qui fait du pur Nothomb, sans surprise, sans déviation (alors que ces derniers titres en comportaient certaines)... En général, les situations farfelues auxquelles Amélie Nothomb restent relativement crédibles... Elles ne le sont pas pour moi cette fois ci... 

J'aime l'univers d'Amélie Nothomb, mais le problème est qu'ici, toutes les galaxies et planètes nothombiennes sont présentes : le conte cruel, la surdouance de l'enfant et même du nourrisson, le nourrisson qui perçoit, comprend, retient et analyse tout, le suicide, l'anorexie, le champagne, la littérature, les pneus, les relations fusionnelles, l'homosexualité... Bref, j'ai un peu eu l'impression d'un fourre-tout aux niveaux des sujets évoqués qui, de par leur multiplicité, m'ont semblé plus survolés qu'approfondis.

Je pense que les fidèles d'Amélie Nothomb peuvent donc avoir un sentiment de déception, mais celles et ceux qui n'ont jamais lu la plus célèbre romancière belge pourraient être bien agréablement surpris par toute cette fantaisie.

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0

Publié le 20 Septembre 2022

Roman - Editions JC Lattès - 198 pages - 19.90 €

Parution en Mai 2022 

L'histoire : Marseillette, dans le sud... Dans le café familial, Carmen pleure sa nièce chérie morte en couches. A plus de 40 ans, Carmen se rappelle les méandres depuis la fuite du franquisme alors qu'elle n'était qu'une enfant, et les personnes qui l'on faite, ou défaite, puis reconstruite. Parmi elles, ces soeurs... Et peut-être peut-elle commencer à croire à un autre destin.

Tentation : J'aime Olivia Ruiz

Fournisseur : La bib de Dinard

 

Mon humble avis : J'admire beaucoup Olivia Ruiz pour ses talents, son intelligence, son indépendance et surtout... sa plume !

On retrouve ici les sujets chers à la romancière déjà abordés dans son magnifique premier roman "La commode aux tiroirs de couleurs" : l'exil, l'identité, l'intégration, la force du travail et de la solidarité à toute épreuve, la pugnacité... Et l'on retrouve Rita, qui était la grand-père défunte, et qui est dans ce nouveau titre la soeur de Carmen, la narratrice.  On ne peut pas dire que Ecoute la pluie tomber soit une suite, mais plutôt un complément à ce qui ressemble déjà à la saga d'une famille de femmes qui n'ont pas tout choisi dans la vie, mais qui se sont battues pour garder honneur et tête haute.

On retrouve parfaitement aussi le café, certains personnages et l'atmosphère délicieusement animée décrite dans la chanson "J'traine les pieds", qui figure dans le deuxième album d'Olivia Ruiz. Elle leur donne tellement vie ici qu'on aimerait aller y passer un moment, s'accouder au comptoir, taper le carton, donner un coup de main, écouter les histoires, partager un moment de la vie, même si pas toujours heureuse, de cette famille. Bref, faire partie du clan ! Olivia Ruiz n'a pas son égal pour nous embarquer et nous intégrer dans une micro société, telle celle d'un café restaurant hôtel, et d'un village, où tout le monde se connait, se soutient. Où tout le monde appartient, et joue un rôle.

Que dire de Carmen, la benjamine de la fratrie exilée, qui toute sa vie se cherchera jusqu'à se perdre, qui toute sa vie se rebellera, qui toute sa vie sera toujours plus ou moins dans l'ombre de ses soeurs. Ses soeurs qui sont néanmoins ses ancrages pour revenir et ses poteaux pour se redresser. Elle est très touchante cette femme fantasque, qui se rêve indépendante mais ne parvient pas à l'être, que nous quittons ici dans la quarantaine, à l'aube d'une nouvelle vie... J'ai apprécié ses propos tantôt lucides ou drôles, tantôt naïfs sur le monde qui l'entoure, son égoïsme insouciant noyé par l'amour qu'elle porte à sa famille, et cet amour parfois aussi noyé par cet égoïsme qui est pour elle une manière d'être différente des autres, de s'affirmer, d'exister pleinement... mais finalement, douloureusement.

Je n'octroie "que" 4 pattes à ce roman car j'ai un peu peiné à y entrer vraiment au début, et j'ai eu du mal à me repérer dans les ellipses et dans les personnages principaux qui composent cette famille... Avant de me dire, peu importe, c'est l'histoire et ce qu'elle dit qui importe, et non la précision du lien familial. Et ici, Olivia Ruiz nous dit que nos actes personnels peuvent avoir des répercussions graves sur notre entourage, et qu'il faut donc parfois se méfier de notre propre enthousiasme...

Si vous n'avez pas encore lu Olivia Ruiz, et bien il est temps ! Vous découvrirez une plume dont on ne se lasse pas, qui émerveille, amuse, transporte, surprend de tant d'inventivité, qui bouleverse aussi, qui transperce, qui berce de poésie, qui sait aussi bien réchauffer que refroidir en un quart de tour ! Une valeur sûre qui vous prend dans les bras pour partager joies et peines... qui me fait dire qu'il y aura un troisième roman, qui donnera sans doute la place principale à l'un des "seconds" rôles d'Ecoute tomber la pluie ! Je pense que l'histoire de la famille d'Olivia Ruiz lui offre un beau terreau pour nous en raconter encore bien d'autres !

 

L'avis d'Antigone et de Violette

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0

Publié le 18 Septembre 2022

Bonjour !

Suite de mon voyage au Kenya en Avril dernier, toujours dans le Massaï Mara.... mais cette fois-ci, en compagnie des Massaï. 

Sur la route de notre lodge, un village Massaï traditionnel, que nous avons pu visiter contre un droit d'entrée, nous permettant aussi la prise de photos. En effet, les Massaï de veulent plus être des victimes de photos volées ni être observés à la volée ...

Notre droit d'entrée permet d'améliorer leur vie rudimentaire et d'assurer l'éducation des plus jeune.

La " visite " commence par un longue conversation (à  l'ombre), avec certains d'entre eux. Echange de questions / réponses avec parfois deux traductions ... Du Massaï à l'Anglais, puis de l'Anglais au Français, cette dernière étant souvent assurée par votre humble serviteur !

Dans le reportage suivant, vous verrez certaines traditions massaï 

- Le saut des guerriers : cela vient d'une danse traditionnelle réservée aux hommes, qui est d'ailleurs plus une compétition : chacun doit sauter le plus haut possible en conservant les pieds joints. Celui qui saute le plus haut sera le plus respecté et aura le plus grand choix de femmes ! Impressionnant à voir, car ils ne prennent aucun élan.

- Les Massaï ne vivent pas que dans le Massaï Mara. Ils sont aussi disséminés dans le Kenya, et jusque dans certaines régions de Tanzanie

- Auparavant, pour être promu guerrier, un homme Massaï devait tuer un lion à l'arme blanche. Cette tradition a disparu, les Massaï ayant compris qu'un lion vivant leur rapportait bien plus qu'un lion mort, avec la venue des touristes pour les safaris

- L'étirement des lobes d'oreilles... Symbole de respect et de sagesse/

- L'ablation d'une dent de devant. Les traditions évoluent et/ou se perdent. Notre Massaï nous a expliqué que durant les dernières décennies, les garçons qui allaient à l'école subissaient l'ablation d'une dent, tandis que les garçons qui allaient garder les bêtes se contentaient d'étirer le lobe de leurs oreilles... L'explication de se choix : ce qui vont à l'école joue également au foot pendant la récrée, donc il y a un risque que le lobe se déchire. Bon j'avoue, je suis sceptique sur cette explication, n'en n'ayant trouver aucune trace dans une courte recherche google.

- Les Massaï maîtrisent parfaitement le secret du feu... à l'ancienne !

 

UN DIMANCHE CHEZ LES MASSAÏ
UN DIMANCHE CHEZ LES MASSAÏ
UN DIMANCHE CHEZ LES MASSAÏ
UN DIMANCHE CHEZ LES MASSAÏ
UN DIMANCHE CHEZ LES MASSAÏ
UN DIMANCHE CHEZ LES MASSAÏ
UN DIMANCHE CHEZ LES MASSAÏ
UN DIMANCHE CHEZ LES MASSAÏ
UN DIMANCHE CHEZ LES MASSAÏ
UN DIMANCHE CHEZ LES MASSAÏ
UN DIMANCHE CHEZ LES MASSAÏ
UN DIMANCHE CHEZ LES MASSAÏ

Enfin, pour finir ce séjour en terre Massaï, une vidéo à 360°d'un paysage de brousse, en plein Massaï Mara !

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyages en Afrique

Repost0

Publié le 16 Septembre 2022

Film d'Alice Winocour

Avec Virginie Efira, Benoît Magimel, Grégoire Colin

Synopsis : Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

A Paris, Mia est prise dans un attentat dans une brasserie. Trois mois plus tard, alors qu’elle n’a toujours pas réussi à reprendre le cours de sa vie et qu’elle ne se rappelle de l’évènement que par bribes, Mia décide d’enquêter dans sa mémoire pour retrouver le chemin d’un bonheur possible.

Mon humble avis : Un film juste, sobre, bouleversant. Les avertissements ne sont "valables" que parce que ce sont des scènes "vécues"... Mais que l'on voit en tant que fiction dans d'autres films... Par ailleurs, ce film est également une fiction, même s'il s'inspire des attentats des terrasses parisiennes et du Bataclan, il ne traite pas spécifiquement de l'un d'eux.

Revoir Paris donne la parole aux victimes survivantes d'attentat et à leur entourage, tout en nous plongeant au coeur de leur vécu et de leur vie abimée, qui tient plus de la survie. Cela permet de saisir au plus près le traumatisme vécu et ses innombrables conséquences, même si invisibles. Virginie Efira est une fois de plus grandiose.

Je n'en dirai pas plus... Pour le reste, seul le silence s'impose.

A voir, autant comme un devoir de mémoire aussi, comme un chemin de résilience et de reconstruction.

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

Repost0