Publié le 24 Septembre 2022

Film de Christian Carion

Avec Dany Boon, Line Renaud, Alice Isaaz

Synopsis : Madeleine, 92 ans, appelle un taxi pour rejoindre la maison de retraite où elle doit vivre désormais. Elle demande à Charles, un chauffeur un peu désabusé, de passer par les lieux qui ont compté dans sa vie, pour les revoir une dernière fois. Peu à peu, au détour des rues de Paris, surgit un passé hors du commun qui bouleverse Charles. Il y a des voyages en taxi qui peuvent changer une vie…

Mon humble avis : Une belle course est indéniablement un beau film... qui donne à réfléchir... Sur l'évolution de nos villes qui remplace tout pour uniformiser et lisser, sur nos agacements inutiles et futiles qui nous pourrissent la vie... sur la beauté de Paris... Voilà pour la "surface". Dans le fond, Une belle course est très émouvant, car c'est la rencontre de deux être qui vont changer la vie de l'autre pour toujours, même si, le toujours pour l'un peut ne durer qu'une journée.

Une belle course nous dit aussi l'importance de prendre le temps d'écouter l'autre, et notamment l'ancien. Une dame de 92 ans a forcément des choses à nous apprendre, à nous révéler, nous rappeler la valeur des souvenirs. Et effectivement, Madeleine nous bouleverse avec l'histoire d'une partie de sa vie, qui fut à une époque une succession de drames qui la bande annonce ne laisse pas imaginer. C'est vraiment bouleversant, révoltant aussi, et on ne peut que ressentir une admiration devant cette femme qui s'est relevée, qui a survécu aux drames pour aboutir à une certaine sagesse et à une réelle facétie !

Le casting pourrait laisser croire à une comédie amusante, ce n'est pas du tout le cas. Mais entre la narration de deux drames (jamais dans le pathos), on en vient à sourire, à se sentir dans ce taxi comme dans un cocon, et l'on se dit qu'une telle parenthèse ferait du bien à tous. 

Une belle course est aussi un film sur la vieillesse et fin de vie, la liberté et le libre arbitre perdus des âgés qui rentre en maison spécialisée. Le renoncement en quelque sorte.

Une belle course, c'est un trajet en taxi... mais c'est aussi le regard que nous portons sur notre vie passée... La vie est aussi un trajet !

Malgré les cruautés de la vie qu'il met en scène, ce film fait du bien en fait.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 22 Septembre 2022

Roman - Editions Albin Michel - 198 pages - 18.90 €

Parution le 17 août 2022 : Rentrée littéraire

L'histoire : Celle de Tristane... Petit fille née de la passion dévorante de ses parents... Et qui toujours sera secondaire, ignorée, voire dérangeante dans l'intimité du couple...  Une enfant qui grandit dans l'indifférence parentale et qui apprend à être terne... jusqu'à ce qu'elle devienne grande soeur, et prenne l'éducation de sa cadette très à coeur, pour combler le vide parental. En effet, les parents de Tristane ont accepté de lui faire un petit frère ou petite soeur si elle s'engageait à s'en occuper. Une cadette qui née donc comme arriverait un chien dans une famille, et qui n'aura pas beaucoup plus d'attention de ses parents... mais qui aura toute celle de sa soeur...

Tentation : MON RDV annuel depuis si longtemps

Fournisseur : Cadeau de ma Maman

 

 

Mon humble avis : Celles et ceux qui me suivent et me connaissent savent qu'à chaque rentrée littéraire, le jour J de la parution du nouveau Nothomb, je suis au rendez-vous ! Je n'ai pas failli cette année... et l'ai lu dans la foulée... Mais alors, pourquoi tant tarder à publier mon billet ?!

Flémingite, très beau temps, une autre lecture entamée juste après ?! Il y a certainement tout cela, mais aussi une relative déception... A moins que cela s'appelle une lassitude ?

Ma lecture fut un plaisir car évidemment, on retrouve dans ces pages tout ce qui fait qu'Amélie Nothomb est unique en son genre : le léger qui se superpose au grave, les situations et personnages assez rocambolesques, un vocabulaire hors du commun et une plume qui n'appartient qu'à elle. Bref un univers.

Oui mais voilà, j'ai eu l'impression qu'avec ce Livre des soeurs, c'est Amélie Nothomb qui fait du pur Nothomb, sans surprise, sans déviation (alors que ces derniers titres en comportaient certaines)... En général, les situations farfelues auxquelles Amélie Nothomb restent relativement crédibles... Elles ne le sont pas pour moi cette fois ci... 

J'aime l'univers d'Amélie Nothomb, mais le problème est qu'ici, toutes les galaxies et planètes nothombiennes sont présentes : le conte cruel, la surdouance de l'enfant et même du nourrisson, le nourrisson qui perçoit, comprend, retient et analyse tout, le suicide, l'anorexie, le champagne, la littérature, les pneus, les relations fusionnelles, l'homosexualité... Bref, j'ai un peu eu l'impression d'un fourre-tout aux niveaux des sujets évoqués qui, de par leur multiplicité, m'ont semblé plus survolés qu'approfondis.

Je pense que les fidèles d'Amélie Nothomb peuvent donc avoir un sentiment de déception, mais celles et ceux qui n'ont jamais lu la plus célèbre romancière belge pourraient être bien agréablement surpris par toute cette fantaisie.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 20 Septembre 2022

Roman - Editions JC Lattès - 198 pages - 19.90 €

Parution en Mai 2022 

L'histoire : Marseillette, dans le sud... Dans le café familial, Carmen pleure sa nièce chérie morte en couches. A plus de 40 ans, Carmen se rappelle les méandres depuis la fuite du franquisme alors qu'elle n'était qu'une enfant, et les personnes qui l'on faite, ou défaite, puis reconstruite. Parmi elles, ces soeurs... Et peut-être peut-elle commencer à croire à un autre destin.

Tentation : J'aime Olivia Ruiz

Fournisseur : La bib de Dinard

 

Mon humble avis : J'admire beaucoup Olivia Ruiz pour ses talents, son intelligence, son indépendance et surtout... sa plume !

On retrouve ici les sujets chers à la romancière déjà abordés dans son magnifique premier roman "La commode aux tiroirs de couleurs" : l'exil, l'identité, l'intégration, la force du travail et de la solidarité à toute épreuve, la pugnacité... Et l'on retrouve Rita, qui était la grand-père défunte, et qui est dans ce nouveau titre la soeur de Carmen, la narratrice.  On ne peut pas dire que Ecoute la pluie tomber soit une suite, mais plutôt un complément à ce qui ressemble déjà à la saga d'une famille de femmes qui n'ont pas tout choisi dans la vie, mais qui se sont battues pour garder honneur et tête haute.

On retrouve parfaitement aussi le café, certains personnages et l'atmosphère délicieusement animée décrite dans la chanson "J'traine les pieds", qui figure dans le deuxième album d'Olivia Ruiz. Elle leur donne tellement vie ici qu'on aimerait aller y passer un moment, s'accouder au comptoir, taper le carton, donner un coup de main, écouter les histoires, partager un moment de la vie, même si pas toujours heureuse, de cette famille. Bref, faire partie du clan ! Olivia Ruiz n'a pas son égal pour nous embarquer et nous intégrer dans une micro société, telle celle d'un café restaurant hôtel, et d'un village, où tout le monde se connait, se soutient. Où tout le monde appartient, et joue un rôle.

Que dire de Carmen, la benjamine de la fratrie exilée, qui toute sa vie se cherchera jusqu'à se perdre, qui toute sa vie se rebellera, qui toute sa vie sera toujours plus ou moins dans l'ombre de ses soeurs. Ses soeurs qui sont néanmoins ses ancrages pour revenir et ses poteaux pour se redresser. Elle est très touchante cette femme fantasque, qui se rêve indépendante mais ne parvient pas à l'être, que nous quittons ici dans la quarantaine, à l'aube d'une nouvelle vie... J'ai apprécié ses propos tantôt lucides ou drôles, tantôt naïfs sur le monde qui l'entoure, son égoïsme insouciant noyé par l'amour qu'elle porte à sa famille, et cet amour parfois aussi noyé par cet égoïsme qui est pour elle une manière d'être différente des autres, de s'affirmer, d'exister pleinement... mais finalement, douloureusement.

Je n'octroie "que" 4 pattes à ce roman car j'ai un peu peiné à y entrer vraiment au début, et j'ai eu du mal à me repérer dans les ellipses et dans les personnages principaux qui composent cette famille... Avant de me dire, peu importe, c'est l'histoire et ce qu'elle dit qui importe, et non la précision du lien familial. Et ici, Olivia Ruiz nous dit que nos actes personnels peuvent avoir des répercussions graves sur notre entourage, et qu'il faut donc parfois se méfier de notre propre enthousiasme...

Si vous n'avez pas encore lu Olivia Ruiz, et bien il est temps ! Vous découvrirez une plume dont on ne se lasse pas, qui émerveille, amuse, transporte, surprend de tant d'inventivité, qui bouleverse aussi, qui transperce, qui berce de poésie, qui sait aussi bien réchauffer que refroidir en un quart de tour ! Une valeur sûre qui vous prend dans les bras pour partager joies et peines... qui me fait dire qu'il y aura un troisième roman, qui donnera sans doute la place principale à l'un des "seconds" rôles d'Ecoute tomber la pluie ! Je pense que l'histoire de la famille d'Olivia Ruiz lui offre un beau terreau pour nous en raconter encore bien d'autres !

 

L'avis d'Antigone et de Violette

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 18 Septembre 2022

Bonjour !

Suite de mon voyage au Kenya en Avril dernier, toujours dans le Massaï Mara.... mais cette fois-ci, en compagnie des Massaï. 

Sur la route de notre lodge, un village Massaï traditionnel, que nous avons pu visiter contre un droit d'entrée, nous permettant aussi la prise de photos. En effet, les Massaï de veulent plus être des victimes de photos volées ni être observés à la volée ...

Notre droit d'entrée permet d'améliorer leur vie rudimentaire et d'assurer l'éducation des plus jeune.

La " visite " commence par un longue conversation (à  l'ombre), avec certains d'entre eux. Echange de questions / réponses avec parfois deux traductions ... Du Massaï à l'Anglais, puis de l'Anglais au Français, cette dernière étant souvent assurée par votre humble serviteur !

Dans le reportage suivant, vous verrez certaines traditions massaï 

- Le saut des guerriers : cela vient d'une danse traditionnelle réservée aux hommes, qui est d'ailleurs plus une compétition : chacun doit sauter le plus haut possible en conservant les pieds joints. Celui qui saute le plus haut sera le plus respecté et aura le plus grand choix de femmes ! Impressionnant à voir, car ils ne prennent aucun élan.

- Les Massaï ne vivent pas que dans le Massaï Mara. Ils sont aussi disséminés dans le Kenya, et jusque dans certaines régions de Tanzanie

- Auparavant, pour être promu guerrier, un homme Massaï devait tuer un lion à l'arme blanche. Cette tradition a disparu, les Massaï ayant compris qu'un lion vivant leur rapportait bien plus qu'un lion mort, avec la venue des touristes pour les safaris

- L'étirement des lobes d'oreilles... Symbole de respect et de sagesse/

- L'ablation d'une dent de devant. Les traditions évoluent et/ou se perdent. Notre Massaï nous a expliqué que durant les dernières décennies, les garçons qui allaient à l'école subissaient l'ablation d'une dent, tandis que les garçons qui allaient garder les bêtes se contentaient d'étirer le lobe de leurs oreilles... L'explication de se choix : ce qui vont à l'école joue également au foot pendant la récrée, donc il y a un risque que le lobe se déchire. Bon j'avoue, je suis sceptique sur cette explication, n'en n'ayant trouver aucune trace dans une courte recherche google.

- Les Massaï maîtrisent parfaitement le secret du feu... à l'ancienne !

 

UN DIMANCHE CHEZ LES MASSAÏ
UN DIMANCHE CHEZ LES MASSAÏ
UN DIMANCHE CHEZ LES MASSAÏ
UN DIMANCHE CHEZ LES MASSAÏ
UN DIMANCHE CHEZ LES MASSAÏ
UN DIMANCHE CHEZ LES MASSAÏ
UN DIMANCHE CHEZ LES MASSAÏ
UN DIMANCHE CHEZ LES MASSAÏ
UN DIMANCHE CHEZ LES MASSAÏ
UN DIMANCHE CHEZ LES MASSAÏ
UN DIMANCHE CHEZ LES MASSAÏ
UN DIMANCHE CHEZ LES MASSAÏ

Enfin, pour finir ce séjour en terre Massaï, une vidéo à 360°d'un paysage de brousse, en plein Massaï Mara !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyages en Afrique

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Publié le 16 Septembre 2022

Film d'Alice Winocour

Avec Virginie Efira, Benoît Magimel, Grégoire Colin

Synopsis : Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

A Paris, Mia est prise dans un attentat dans une brasserie. Trois mois plus tard, alors qu’elle n’a toujours pas réussi à reprendre le cours de sa vie et qu’elle ne se rappelle de l’évènement que par bribes, Mia décide d’enquêter dans sa mémoire pour retrouver le chemin d’un bonheur possible.

Mon humble avis : Un film juste, sobre, bouleversant. Les avertissements ne sont "valables" que parce que ce sont des scènes "vécues"... Mais que l'on voit en tant que fiction dans d'autres films... Par ailleurs, ce film est également une fiction, même s'il s'inspire des attentats des terrasses parisiennes et du Bataclan, il ne traite pas spécifiquement de l'un d'eux.

Revoir Paris donne la parole aux victimes survivantes d'attentat et à leur entourage, tout en nous plongeant au coeur de leur vécu et de leur vie abimée, qui tient plus de la survie. Cela permet de saisir au plus près le traumatisme vécu et ses innombrables conséquences, même si invisibles. Virginie Efira est une fois de plus grandiose.

Je n'en dirai pas plus... Pour le reste, seul le silence s'impose.

A voir, autant comme un devoir de mémoire aussi, comme un chemin de résilience et de reconstruction.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 14 Septembre 2022

Policier - Editions 10/18 - 256 pages - 3.47 €

Parution en 2007

L'histoire : Au Botswana, Mma Ramotswe hérite de son père. Plutôt que d'acheter un commerce comme le voudrait la sagesse, elle décide d'ouvrir une agence de détective à Gaborone, la capitale. L'agence N°1 des dames détectives est donc 100% féminines et c'est une toute première au Botswana, ce qui n'est pas sans provoquer quelques réticences de la part de la gente masculine. C'est le début des aventures pour Mme Ramotswe !

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

Mon humble avis : Depuis le temps que j'ai appris l'existence de cette série et que ce tome (le 1er) attend dans ma PAL, j'ai ENFIN fait la connaissance de Mma Ramotswe ! Et quel bonheur, c'est vraiment une héroïne hors du commun, attachante, pleine de ressources. C'est aussi une femme tout à fait normale, moderne, libre et généreuse, mais attachée à certaines traditions de son pays. L'histoire se déroule à la fin des années 90.

McCall Smith ouvre ce tome sur la jeunesse de Mma Ramotswe, alias Précious, une jeunesse marquée par le décès de sa mère, son éducation dans l'amour et la bienveillance par sa tante et son père, une intelligence qui se développe et se démarque... puis un mariage très malheureux... avant la liberté retrouvée et assumée.

Ensuite, Précious ouvre son agence de détectives et alors l'auteur alterne les chapitres qui traitent chacun d'une enquête, ou d'un pan de la vie de Précious, ou encore, d'une intrigue qui d'arrière-plan qui couve et grandit au fils des pages. Aucun ennui donc à suivre Mma Ramostwe dans ces différentes enquêtes et de se régaler de ses méthodes, ainsi que de ses réflexions, déductions, doutes etc... Avec elle, les usurpateurs d'identité, les maris volages, les fraudeurs et escrocs en tous genres, crocodiles et serpents n'ont qu'à bien se tenir... Même les sorciers sans scrupules, Précious n'en fait qu'une bouchée (c'est à travers cette enquête que le romancier évoque LE sujet grave et tabou de ce roman, la sorcellerie dont sont victimes les enfants).

C'est une plongée délicieuse, presque désuète et parsemée d'humour que nous propose ici Alexander Mc Call Smith dans l'Afrique du début de ce siècle, et particulièrement au Botswana, un Etat stable et bien géré. Un peu d'Histoire, de la culture, des us et des coutumes, les moeurs, les diamants, les paysages de la savane, voilà une bonne dose d'exotisme bien dépaysante, intéressante et divertissante. Mma Ramostswe nous dit sa fierté d'être Africaine et à travers elle, McCall Smith nous crie son amour pour ce continent qu'il connait si bien, et particulièrement pour le Botswana.

Si l'occasion se présente, c'est avec plaisir que je lirai la suite des aventures de cette héroïne singulière !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #thrillers polars étrangers

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Publié le 12 Septembre 2022

Roman - Editions Albin Michel - 240 pages - 19.90 €

Parution en Janvier 2022 

L'histoire : En juin 1944 à Montpellier, Mainou, 9 ans, perd sa mère morte en couches. Son père, combattant, ne peut s'occuper de lui et l'envoie donc dans sa famille de Lorraine, en zone occupée. Mainou passera donc la zone de démarcation caché dans une charrette à foin. Puis, c'est caché dans une chambre ou dans la cave qu'il attendra la fin de la guerre entre sa grand-mère, son oncle Emile et sa tante Louise. Pour l'instant, ça vie va devenir une suite de "pourl'instant" et ces "pourl'instant" vont durer trop longtemps. Mainou est le père de Mathias Malzieu.

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib de Dinard 

Mon humble avis : Un énorme coup de coeur pour ce roman empreint de tendresse dans un monde brutal... 

Ce coup de coeur ne m'étonne pas, je m'y attendais, c'est toujours comme cela avec Mathias Malzieu. Il nous charme, nous enveloppe de sa prose tellement unique, émouvante, délicate, émerveillée, imagée. Ici, il nous fait vivre les derniers mois de guerre en zone occupée, et pas n'importe laquelle - La Lorraine- à hauteur d'un enfant, qui subit, s'interroge, lutte contre les crises d'angine de questions qui font mal à la gorge dans une situation qui le dépasse bien sûr, mais où les adultes font tout pour l'épargner et le protéger... Comme il doit demeurer caché et ne sortir sans aucun prétexte de la maison, le jeune Mainou écrit tout dans un cahier...  Et ce "tout", c'est ce qu'il murmure tout bas à sa mère défunte. Les conversations familiales, les sirènes qui résonnent et intiment de descendre à la cave, la peur, les petites joies, les bigoteries de Tante Louise, les escapades ratées, Marlène Dietrich (son cigogneau qui lui tient compagnie), les nazis qui rodent, le danger, l'oncle Emile qui manie bien la bonne humeur pour faire oublier le reste... Et surtout, l'habitante secrète du grenier. Pour Mainou, écrire sera aussi faire son deuil.

C'est tout cela que nous vivons et partageons avec Mainou, petit bonhomme très attachant, que l'Histoire va mener à grandir trop vite, à se retenir, à se contenir, à se taire, à s'interroger à un âge où tout ne devrait être qu'insouciance, joie et découvertes. Mais, malgré le contexte historique et grâce à sa plume signature, Mathias Malzieu parvient à nous émouvoir autant qu'à nous faire rire au travers de Mainou et de ses réflexions enfantines. Ces pages sont un éloge à l'évasion de l'esprit, à l'imagination, à la créativité et une ode à la liberté, celle de penser, celle de rêver ou de se souvenir quand le reste est interdit et qu'il faut se méfier de tout et de tout le monde. Et ce livre est aussi un formidable hommage au Guerrier de Porcelaine, qui n'est autre que le père de l'auteur. Ce dernier lui raconta cet épisode de sa vie il y a quelques années, alors que Mathias Malzieu combattait une terrible maladie et attendait une greffe en restant en chambre stérile (épisode de la vie de Malzieu qui a donné naissance au roman :journal d'un vampire en pyjama).

 Sans éluder les horreurs de la guerre, Mathias Malzieu parvient à faire de ce roman un nid, un cocon de poésie joyeuse et magique où il fait bon se réchauffer le coeur. Malzieu est vraiment un magicien des mots et de l'humour doux, qui nous mène du sourire aux larmes d'émotion. Je suis une fois plus plus terriblement conquise par cette lecture, et c'est très très chaleureusement que je vous conseille de faire la connaissance de ce Guerrier de Porcelaine.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 9 Septembre 2022

Film de Murielle Magellan

Avec Sara Giraudeau, Grégoire Ludig, Pierre Deladonchamps, Sara Suco

Synopsis : Adaptation libre de la bande dessinée éponyme de Boulet et Pénélope Bagieu parue aux éditions Delcourt.
Eloïse se retrouve assise seule sur un banc parisien. Qui est-elle ? Que fait-elle là ? Elle ne se souvient de rien ! Elle se lance alors dans une enquête, pleine de surprises, pour découvrir qui elle est. Et si cette amnésie lui permettait de trouver qui elle est, qui elle aime, et de réinventer sa vie ?

Mon humble avis : Je n'ai pas lu la bande dessinée éponyme, donc je ne peux pas dire à quel point ce film y est fidèle ou non.

Quoiqu'il en soit, j'ai passé un savoureux moment avec cette "Page blanche". Savoureux et lumineux, voire aérien parfois, tant la réalisation est délicate et sublime Paris et ses quelques lieux majeurs dans le scénario. Il y a comme un petit côté Amélie Poulain.

Avec Eloise, on s'inquiète, on s'émeut, on s'amuse, on tremble, on rit aussi un peu, on sourit. Un film sérieux et léger à la fois, souvent poétique, qui fait du bien. Qui pose la question de ce que l'on est et du pourquoi, de ce que l'on pense être, de ce que l'on accepte d'être pour s'inclure dans un groupe et entrer dans le moule, même si cela nous éloigne parfois de nos valeurs, et de notre moi intérieur et profond, que l'on malmène pour ressembler aux autres.

La page blanche nous parle aussi de la vie et de ses accidents, qui parfois, nous permettent de repartir sur de meilleures bases, de recommencer à zéro ou presque, de prendre de meilleures décisions. Enfin, il est question de ce qui nous relie aux autres, surtout à notre époque hyper connectée. Pour Eloise, perdre la mémoire lui permettra de se retrouver.

Sara Giraudeau interprète à merveille cette jeune femme perdue, fragilisée, ingénue. Elle est à la fois émouvante et solaire. Bon, j'avoue j'ai un peu de mal parfois avec sa voix (mais qui est très adaptée au rôle). Et puis à travers son joli visage, j'en vois deux autres simultanément, celui de son père et de sa mère.

En résumé, un très bon film, qui détend, et qui pose de bonnes questions. A ne pas bouder !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 7 Septembre 2022

BD - Editions Paquet - 104 pages - 20 €

Parution le 24 août 2022

Le sujet :1870, étudiant de l’Université d’Edimbourd, Robert Louis Stevenson a 20 ans. Il s’apprête à poursuivre l’œuvre familiale dans les pas de  ses grand-père, père et oncle, illustres ingénieurs bâtisseurs de phares. Quelque part aux confins de l’Ecosse victorienne, en visite sur une île perdue, base arrière de la construction d’un “enfer” conçu par son  père, le jeune Louis va décider, contre vents et marées, de vouer sa vie à l’écriture… “Merry Men” évoque cette année particulière et devient peu à peu une ballade fantasmée dans la nouvelle qu’il écrira en 1882 :  “The  Merry men”.

Tentation : Le sujet

Fournisseur : Gilles Paris, merci pour l'envoi

Mon humble avis : Parfois, il en faut peu pour se diriger vers une lecture. En l'occurrence, j'aime les phares ! Et puis, de Robert Louis Stevenson, j'ignore presque tout, sauf qu'il est l'auteur de "L'île au Trésor" et de "Dr Jekyll et Mr Hyde".

Grace à cet ouvrage, me voici moins ignorante à propos de Stevenson. Ici, nous le suivons alors qu'il a tout juste 20 ans... L'héritage familial et les études qu'il poursuit devraient faire de lui un ingénieur en conception et construction de phares, comme son père, son grand-père, qui étaient à l'époque mondialement reconnus pour leur génie. Mais Robert Louis mène une vie jugée comme dépravée et à d'autres rêves... Pour le remettre sur le "droit chemin", son père l'exile quelques temps sur une île écossaise hostile chargée de légendes et de mystères, battue par les vents.... Près de laquelle un phare est en construction. Contre toute attente, l'ïle d'Erraid aura presque l'effet d'un électrochoc sur le jeune homme, qui s'y plaira énormément. Fasciné par cette île, il y trouvera inspiration et muse.

Cet album est déjà un magnifique "objet" de qualité très soignée... Couverture, matière, papier... Graphismes et dessins sont somptueux, vraiment, et nous mènent vraiment dans ce bout du monde, avec des paysages époustouflants de rocs et de landes, ses courants marins dangereux, ses tempêtes, et de possibles trésors suite aux nombreux échouages de navires. etc...

En premier lieu, Merry Men (le récif si dangereux de l'ile d'Erraid) est une nouvelle de R.L Stevenson. Ici, Chanouga, l'auteur, choisit d'y mêler biographie de Stevenson, explications sur l'histoire des phares et leur construction, onirisme, fantasmagorie et l'oeuvre littéraire d'origine. Le héros central est vraiment Stevenson lui-même, même si par moment, la frontière entre l'écrivain et son personnage de papier est ténue. J'imagine que l'on peut dire que l'oeuvre de Stevenson est né sur cette île sauvage.

Un magnifique ouvrage, intéressant et agréable à lire... Tiens, mon petit doigt me souffle que d'ici quelques semaines, les fêtes de Noël reprendront leur place commerciale... Et bien en voilà une belle idée de cadeau, si autour de vous, on aime la BD, la littérature, l'évasion, le voyage, l'Histoire !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 5 Septembre 2022

Thriller - Editions Points - 333 pages - 8.40 €

Parution Points : Mai 2022 (Seuil 2021)

L'histoire : Nina Kircher, veuve d’un photographe mondialement célèbre, séjourne dans un hôtel de luxe dans le sud de la France. Son destin bascule lorsque, sortant de la piscine où elle vient de se baigner, elle s’engage dans les pas d’un homme jusqu’à son bungalow puis, sans raison apparente, le poignarde avec une violence inouïe, avant de s’enfermer dans un mutisme complet. Pour tenter de comprendre cet acte insensé, son fils Théo décide de mener sa propre enquête. Jusqu’à découvrir des secrets inavouables...

Tentation : Le pitch + nom de l'auteur

Fournisseur : Ma CB 

 

Mon humble avis : En début d'année, j'avais "découvert" Valentin Musso avec cet éprouvant et rondement bien mené thriller "Une vraie famille". Aussi, en parcourant la 4ème de couv de "Qu'à jamais j'oublie", je pensais y retrouver la même atmosphère très oppressante. Et bien non ! Je dirais qu'ici, il ne s'agit pas vraiment d'un thriller, mais d'une enquête dans les méandres et les secrets d'une famille et surtout d'une femme, Nina Kircher. On va dire que le danger et l'horreur sont passés, mais que les conséquences ressurgissent des décennies plus tard. Alors oui, il y a du suspense, et oui, les pages se tournent très bien... Et oui, le lecteur est tout de même bouleversé par ce qu'il lit et apprend.

Pour écrire ce roman, Valentin Musso s'est appuyé sur une terrible réalité historique, je pense méconnue en France... Au XXème siècle jusqu'en 1981, en Suisse, il y a eu au moins 60 000 personnes internées administrativement et arbitrairement, sans qu'aucun crime ni délit n'ait été commis et sans jugement... Il suffisait d'être pauvre, d'être "rebelle" ou "dépravée, d'avoir fugué, d'être mendiante etc... Les internements soient disant éducatifs se faisaient dans des conditions inhumaines d'humiliation, de servitude, de manque de soin, de maltraitance et ... d'abus sexuels.

Lorsque Théo commence son enquête pour découvrir pourquoi sa mère a brutalement et à priori sans raison assassiné un homme inconnu de sa famille, il découvre assez vite que sa mère fut l'une de ces internées à la fin des années 60. Des flash-backs nous ramènent à l'époque dans le foyer Sainte Marie et nous donnent quelques longueurs d'avance sur Théo. Tout comme Théo, nous allons de révélations en stupéfactions devant les horreurs commises et le sort de ces pauvres jeunes filles sans défense, abandonnées de tous, et surtout de leurs familles, blessées ou détruites à vie.

Valentin Musso développe donc le pourquoi du comment de ces institutions d'alors (mais c'était tout de même il n'y a pas si longtemps), décrit leur fonctionnement et leur soi-disant utilité sociale. C'est donc la violence faites aux femmes que l'auteur dénonce ici, tout en prouvant que, malgré le silence des uns et l'aveuglement des autres, les conséquences, parfois faussement latentes toute une vie sous le poids du secret, mettent parfois des décennie à exploser. Valentin Musso s'emploie aussi à démontrer l'impact, bien souvent inconscient, des secrets de famille sur les enfants.

Des divulgations jusqu'au bout, pour le pauvre Théo qui découvre que toute sa vie n'est basée que sur le mensonge, au nom du secret et des promesses. C'est franchement chamboulant, bien mené, et hélas, tristement instructif sur une époque pas si lointaine.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Thrillers - polars français

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