Publié le 7 Juillet 2023

Roman - Editions Buchet Chastel - 128 pages - 16.50 € 

Parution le 5 janvier 2023

L'histoire : Dans les années 60-70... Celle d'une famille paysanne, qui vit isolée de tous, là haut, dans la ferme tout près de la Santoire dans le Cantal. Elle a épousé Pierre, ensemble ils ont acheté cette ferme qui leur donne une place. Cinq enfants en trois ans la laisse exsangue dans un corps qui ne lui appartient plus, et qui n'intéresse plus Pierre, pire, qui la dégoûte...

Tentation : Un moment que je n'ai pas lu MH Lafon

Fournisseur : La boîte à livre en bas de chez moi.

 

 

Mon humble avis : Six ans que je n'ai pas lu d'ouvrage de Marie Hélène Lafon, et voici que je tombe sur ce titre, une nouveauté qui plus est, dans la boite à livres (en fait cabine de plage à livres !) en bas de chez moi. Il n'y a pas à se poser de question. Je prends !

Avant de rédiger ce billet, j'ai reparcouru ceux écrits sur les trois romans que j'ai lu de la romancière cantalienne : L'annonce, Les pays, et Joseph, histoire de me remettre ses lectures en mémoire. Avec Les Sources, je pourrais faire un mixte des trois.

Ici, Marie Hélène Lafon aborde la violence conjugale... qui plus est dans un milieu fermé, isolé où l'on est souvent taiseux mais où la réputation compte. Evidemment, l'autrice use de mots précis, sans superflu pour décrire la situation invivable mais qui paraît inexorable et sans échappatoire, l'âpreté et la rudesse du milieu. La peur au ventre et les coups mis en balance avec le rang social obtenu, et la peur du qu'en dira-t-on, les divorcées sont tellement montrées du doigts dans ces années-là. Le tout, dans une époque où l'homme, qui ne se remettait pas en question, ne pensait avoir que des droits. Et la mission première des femmes, était d'être un ventre qui donne la descendance. 

L'altération et l'éreintement du corps de la mère, le saccage de sa vie sont bien décrits, mais de façon surtout factuelle. Ce sont les gestes qui disent le reste, qui disent ce qu'il faut taire. Au lecteur de lire entre les lignes... La violence est suggérée mais pas réellement décrite.

Le texte est à la troisième personne du singulier, "elle", dont on ne connaîtra jamais le prénom. Et ce choix narratif, une fois de plus, m'a laissée assez extérieure au récit, qui se déroule dans une atmosphère étouffante accentuée par une écriture soignée certes, juste pour le propos, mais tellement monotone, et souvent répétitive... Ces impressions furent exactement les mêmes lors de mes précédentes lectures citées plus haut. Aussi j'ai cette sensation que de livres en livres, les paysages, les us et coutumes décrites, les sujets abordés (tel que l'évolution de l'agriculture et la fin d'une certaine paysannerie) sont (trop?) récurrents. Et de même, la fin (dont est extraite la quatrième de couv), et qui advient plus de 55 ans après le début de l'histoire, laisse tout à fait sur la faim, ne donnant aucune nouvelle des personnages.

Il y a sans aucun doute beaucoup d'autobiographie dans ces pages, on retrouve Claire, le personnage du roman "Les pays", qui était lui-même un double très proche de Marie Hélène Lafon. Dans les descriptions physiques d'Isabelle, on devine la romancière aussi. Elle dit être aussi dans le personnage de Gilles. Pour le reste, cette situation de violence conjugale, je l'ignore.

Après, on sait que Marie Hélène Lafon a posé son territoire littéraire dans son Cantal natal et qu'elle tourne autour du monde paysan dans ces romans. Mais je trouve tout de même que cela manque de renouvellement, de surprise. Après, bien sûr, je ne suis pas obligée de lire chacune de ses parutions, ce que je n'ai pas fait d'ailleurs. Et je me demande si je suis faite pour cette littérature. Pas sûr du tout. Car je ne la trouve en fait ni exaltante, ni bouleversante, même si elle me permet de connaître autre chose si éloigné de ma propre vie.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 5 Juillet 2023

Témoignage - Editions Harper Collins - 188 pages - 18 €

Parution en octobre 2022

Le sujet : Le témoignage de Paul El Kharrat, qui s'est fait connaître en gagnant 152 fois l'émission des 12 coups de midi sur TF1 sur son autisme Asperger... Depuis sa prime enfance déjà particulière, en passant par sa difficile adolescence jusqu'à son âge actuel (24 ans), avec entre les deux, le diagnostic qui explique tout mais ne résout pas grand chose, puis la célébrité, et les Grosses têtes. Le tout, au quotidien.

 

 

 

Tentation : Le sujet évidemment

Fournisseur : Ma CB

 

 

Mon humble avis : Evidemment, je ne pouvais que lire le témoignage de Paul El Kharrat, puisqu'après des années d'errances psy, de sur-médicamentation et de diagnostics erronés, j'ai également été diagnostiquée autiste Asperger entre ma 47 et ma 48ème année.

C'est bien qu'un autiste devienne célèbre, car il attire les projecteurs sur ce syndrome handicapant tellement méconnu, et si vite mal résumé. Après, il n'y peut rien, mais le "hic" je dirais est que Paul est tout de même un autiste hors du commun, avec une hypermnésie exceptionnelle (il retient TOUT ce qu'il lit), donc un don particulier... Et de ce fait, c'est ce que retiennent "les gens"... Autisme asperger = don exceptionnel, génie, savant... Et pourtant, même Paul ne fait pas partie des autistes savants, même s'il s'en approche. Or l'autisme Asperger (par "opposition" à l'autisme de Kanner), est "juste" un Trouble du Spectre Autistique (TSA) sans déficience intellectuelle et cognitive. Et ça, même ma généraliste ne le sait pas, puisque lorsque j'ai évoqué ce livre, elle m'a dit "oui, mais lui, il est Asperger".

Or il y aurait environ 700 000 autistes en France, et pas autant de génies, ça se saurait ! Nous sommes donc des milliers comme moi, autistes invisibles, dont le diagnostic est soit mis au ban du doute par l'entourage et les connaissances, soit pas pris en compte quand il vient tardivement (ben on t'a toujours connue comme ça). Sauf que... j'aimerais parfois pouvoir me reposer ou me lâcher, ne pas être dans la surcompensation maintenant que je sais que c'est de cela qu'il s'agit. Et que certains de mes défauts ne soient plus perçus comme caprices par exemple, puisque je n'y peux sans doute rien.

Si vous lisez ce livre, vous comprendrez beaucoup de choses sur l'autisme et les comportements qui en découlent. Il y a autant d'autismes qu'il y a d'autistes, et en général, l'autisme féminin se manifeste bien différemment du masculin... Tout simplement parce que les filles / femmes savent mieux surcompenser, étant donné le rôle social que l'on attend d'elles.

De ce que je connais de l'autisme, d'après mes lectures et mon vécu, Paul s'approcherait bien de l'autisme féminin. Il parle, beaucoup, il prend de la place !

Je me suis retrouvée dans bien des points que Paul développe au fil des pages... La difficulté face aux changements que je n'ai pas décidé, l'incertitude angoissante devant un agenda qui ne se précise pas ou qui bouge sans cesse, l'angoisse ou l'impossibilité devant d'un choix, même le plus banal qui soit, les difficultés relationnelles (même si je suis sociable et socialisée), la fatigue d'avoir un cerveau en surchauffe continuelle, qui pense H24 ou presque, et amène donc aussi de gros troubles du sommeil, le besoin de connaissances, la pensée en arborescence systématique ou presque sur n'importe quel sujet et que personne ne comprend ou supporte, les manies qui rassurent (lui ses "petites" listes) la colère face à l'absence de vérité ou ce qui me parait illogique, les doubles pensées, la solitude entourée de monde, la rigidité, le besoin de tout comprendre, les surchauffes sensorielles diverses, l'usage de l'humour parfois envahissant et pas toujours maitrisé pour tenter de se trouver une place dans un groupe et camoufler la "panique" intérieure, l'incompréhension variable du système de pensée neurotypique et les périodes de crises générées par trop de colère ou trop de surcompensation. 

Paul est décidemment un garçon sympathique ( qui fait tout pour l'être en tout cas, même s'il est bien conscient de ses maladresses), intéressant et intelligent. Il s'interroge sur nombre de sujets sociétaux. Il est aussi très touchant dans ce témoignage, notamment lorsqu'il évoque la recherche de sa princesse pour la vie, ce qui n'est pas simple. On sent surtout une profonde sincérité dans ses mots, et un sacré réalisme. Il n'idéalise pas, n'élude ni ses limites ni ses défauts, et encore moins les difficultés pour son entourage à le supporter (dans tous les sens du terme) au quotidien. De plus, comme Paul est un gros lecteur doublé d'un amoureux des mots, son style est soigné, agréable, fluide. Et il ne cherche pas non plus à en mettre plein la vue.

Un témoignage à lire évidemment... En oubliant un peu le côté hyper mnésique de Paul pour approcher ce qu'est l'autisme Asperger (ou de haut niveau) en général. Sachant que certains sont bien plus atteints que Paul (avec donc encore plus de difficultés) et que d'autres le sont moins (c'est mon cas). Il y en a chez qui l'autisme transpire à l'extérieur, pour d'autres, ça transpire à l'intérieur, souvent à l'insu de tous. En tout cas, c'est un témoignage accessible à tous, qui ne manque pas d'autodérision non plus et d'un aspect un peu divertissant. Rien de rébarbatif !

 

"Quand les gens me disent : « Mais Paul, calme-toi, repose-toi, vide-toi la tête ! », ils ne comprennent pas que ça m’est impossible. Physiologiquement, psychologiquement impossible. Alors, je ne réponds pas. Ou bien je ris."

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres autres - divers

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Publié le 3 Juillet 2023

Roman - Editions Audiolib - 4h51 d'écoute - 19.90 €.

Parution Audiolib 2023 (Les éditions Noir sur Blanc août 2022)

L'histoire : « Tu ne seras jamais aimée de personne. Tu m’as dit ça un jour. Tu vas rater ta vie. Tu m’as dit ça aussi. De toutes mes forces, j’ai voulu faire mentir ta malédiction »

Il lui avait dit ça le Père... Et pourtant, quand son frère Olivier l'appelle pour lui dire que l'état de ce père va déclinant dans l'oubli qui efface les souvenirs, Isabelle rejoint les montagnes de son enfance, qu'elle a désertée depuis si longtemps. Elle y retourne mais redoute tellement les retrouvailles, la confrontation avec ce père qui n'a jamais su la regarder, lui prêter de l'attention, l'aimer comme elle en aurait eu besoin.

Tentation : Blogo + nom de l'auteur

Fournisseur : Bib de Dinard

Mon humble avis : C'est encore un texte magnifique que nous offre ici Gaëlle Josse, servi en premier lieu d'une écriture sublime, dont les mots tantôt caressent, tantôt transpercent, mais atteignent toujours leur cible, tant ils sont choisis avec soin et élégance.

Oui, malgré la dureté du sujet, le ton est plutôt doux amer, même s'il est entrecoupé des silences de distances, de maladresses, de non-dits, de décennie d'incompréhension et d'absence de communication.

Isabelle a tout fait pour fuir la maison familiale et les montagnes alentours, qui engloutissaient régulièrement ce père guide de montagnes taiseux, colérique, intransigeant, incapable de l'aimer elle qui était née fille et non garçon, et qui chaque nuit criait de terreur. Elle a maintenant la cinquantaine et a fait sa vie au fond des océans, pour les filmer.

Olivier, le frère, est resté fidèle aux racines familiales et à ce père si particulier, ce père craint, haï parfois, et pourtant aimé et respecté. Nous apprendrons pourquoi dans les dernières pages du livre.

Gaëlle Josse n'a pas son pareil pour narrer une telle histoire. On pourrait s'attendre à des règlements de compte, il n'en n'est point question. C'est une histoire de rencontre, bien tardive certes, mais de rencontre, au crépuscule de la vie, quand les souvenirs et les traumatismes sont enfin racontés par le père, avant d'être enfouis par la maladie de l'oubli. Quand enfin le silence se brise. Car le sang du père, ce caractère si invivable, a pris racine il y a longtemps, de l'autre côté de la Méditerranée, quand presque encore gamin, il s'est retrouvé malgré lui, au coeur de ce que certains ont appelé "les événements" et d'autre "la guerre".

Gaëlle Josse déploie une fois de plus son incroyable talent pour raconter l'intime, tout en restant pudique. Elle montre les conséquences de l'Histoire sur ceux qui la vivent et sur leur descendance, et comment, avec ce fardeau invisible, chacun construit au mieux sa propre histoire, son propre chemin de traverse et de survie, avant parfois, de retrouver une route commune.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres audio, lectures audio, #Littérature française

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Publié le 1 Juillet 2023

BD - Editions Dargaud - 178 pages - 27 €

Parution en septembre 2022

L'histoire : En 1967, un Allemand fait visiter le Pays basque à sa femme. Dans le bâtiment où il était cantonné durant la Seconde Guerre mondiale, et qui était alors une auberge, il retrouve par hasard Léo, jeune fille à l'époque. Cette rencontre inattendue plonge celle-ci dans son passé en la confrontant à ses souvenirs. Certains lui rappellent des moments agréables, d'autres se révèlent plus douloureux. Vingt-cinq ans plus tôt, Léo traversait la guerre en vivant en secret une histoire d'amour avec Félix, un soldat allemand, tout en travaillant comme serveuse dans l'auberge familiale avec sa grande soeur. 

Tentation : Le sujet

Fournisseur : Bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : Un très bel album, très agréable au toucher, dont on tourne les pages avec plaisir. Les dessins sont expressifs, élégants, plus joyeux que le contexte, et nous plongent dans différentes époques, depuis 1942, en pleine occupation allemande dans les alentours de Biarritz, jusqu'à presque de nos jours, en compagnie des petites filles de l'héroïne, Léo, de son vrai nom Léocadia.

Léo était toute jeune femme en 1942 et travaillait dans l'auberge familiale, occupée elle-même par des Allemands... Dont Felix, aussi jeune qu'elle, dont elle tombe amoureuse, et avec qui elle partage une relation discrète parce qu'interdite, et mal jugée. Un peu plus tard, Felix est envoyé sur le front Russe, elle ne le reverra jamais.

Parallèlement, Léo, intrépide et éprise de liberté, mène une vie de jeune fille de son époque (les bals etc) dans une situation particulière : le rationnement, le marché noir et ses risques, la disparition inexpliquée d'une amie, et la résistance. Car malgré son amour pour Felix, Léo cachait un homme recherché par les allemands pour le faire passer en Espagne.

Pourquoi Léo en petits morceaux ? Parce que des années après la guerre, Pierre, le mari de Léo, trouve une boite secrète dans laquelle Léo gardait des photos de l'époque, et des photos de Felix. De rage, Pierre déchire ces photos en petits morceaux.

Ces photos déchirées et crénelées, on les retrouve au fil des pages, sur du papier calque, qui se superposent donc au reste des souvenirs, ou retrouve leur entièreté grâce au dessin de la planche.

Léo en petits morceaux, aussi parce que cette histoire n'est pas linéaire, mais va de souvenirs en souvenirs, de tranche de vie en tranche de vie, et saute d'une époque à l'autre.

Cette histoire touchante, très agréable à lire, qui amène à ne pas juger, est celle de la grand-mère de l'autrice.

Un bel ouvrage, plein de charme, que je vous conseille.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 29 Juin 2023

Thriller - Editions Pocket - 480 pages - 9.20 €

Parution Pocket mars 2023 (Michel Lafon avril 2022)

L'histoire : Sur l'île de Saint Pierre (et Miquelon)... Une maison isolée, une véritable forteresse imprenable, protégée par des vitres pare-balles... C'est là que s'est retranché Coste, qui depuis six ans, y reçoit des pensionnaires pour des missions classées secret défense. Alors que les brumes de Capelans s'apprêtent à couvrir l'île pour trois mois, Coste y protège Anna, tandis que le monstre, son bourreau et ennemi public numéro 1, la traque, de beaucoup plus près que prévu.

 

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Prêt de mon neveu

Mon humble avis : Eh bien, on termine ce thriller épuisé car il est impossible de ne pas lire les soixante-dix dernières pages d'une traite, tant le suspense est haletant... Et que les retournements de situation se poursuivent jusque dans l'épilogue.

Les Brumes de Capelans s'ouvrent sur deux histoires qui vont très vite se rejoindre. On retrouve le Victor Coste (flic héro de la trilogie de Norek que je n'ai pas lue), qui, brisé suite au décès de l'un de ses collègues, s'est retiré à sur l'archipel de St Pierre et Miquelon.  Il est le gardien d'une Safe House, et il recueille le témoignage un hacker du grand banditisme pour faire tomber un réseau. Il fait donc partie du programme de la protection des témoins et des repentis.

Pendant ce temps, en métropole, une enquête qui malmène le flic Russo depuis dix ans touche enfin à sa fin... En pénétrant une maison isolée et suspecte, la police trouve la neuvième victime du Monstre... En 10 ans, neuf adolescentes enlevées, disparues... Surprise, dans la cave, la police trouve Anna, qui n'est autre que la dixième victime, mais en fait la première... Une décennie plutôt, lors de la disparition d'Anna, étant donné un contexte familial particulier, la police avait conclu à une fugue.

Anna, seule victime survivante du Monstre, traumatisée par dix ans d'enfermement, sera la prochaine protégée de Coste... En douceur, il devra la faire parler, la plonger dans ses souvenirs enfouis ou refoulés pour que le Monstre puisse être arrêté.

La blogo que je fréquente, qui a fait l'éloge de ce roman, ne s'est pas trompée ! Ce thriller est excellent, captivant, un vrai page turner. Il est rondement bien mené et documenté, tout y est très bien expliqué et le dénouement est limpide, même s'il reste quelques petites zones d'ombres qui auraient mérité un éclaircissement (comme le rapport d'Anna avec les chiens indomptables) Mais le lecteur n'est pas laissé de côté, il a globalement les informations en même temps que l'équipe de la police, et à lui de s'amuser à se faire une idée. Et on passe la moitié du livre à se dire , "oui, non, peut-être, c'est évident, ah finalement pas tant que ça". Le dénouement ne m'a pas vraiment prise au dépourvu, car quelque part, il n'y avait pas trente-six solutions. C'est sa mise en scène qui rend ce livre extraordinaire. Il advient après la fin, c'est à dire dans l'épilogue, et il est ficelé d'une main de maître, et né d'un détail, d'une étincelle. Je me disais, si c'est ça, comment Norek va-t-il s'y prendre pour monter et argumenter son issue. Et là, j'avoue c'est magistral ! Les cinq dernières minutes... Ou comment avec un autre angle d'attaque, tout prend une autre lumière et permet de voir ce qui était invisible depuis 10 ans. Norek a vraiment le chic pour construire des personnages diaboliques à souhait.

Un thriller incontournable et idéal pour cet été !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Thrillers - polars français

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Publié le 26 Juin 2023

Roman - Editions Lizzie - 8h07 d'écoute - 20.99 €

Parution Lizzie 2019 (Belfond 2017)

L'histoire : Celle de Jojo, 13 ans, et de sa "famille", en Louisiane. Jojo est métisse et déjà "l'homme de la famille". Son père blanc est en prison, Léonie, sa mère noire à fond dans le crack. Ce sont donc ses grands-parents maternels qui l'éduquent, et lui qui s'occupe principalement de sa toute petite soeur, Kayla.

Léonie apprend la libération de Michael... Elle embarque ses deux enfants et une amie dans un road trip jusqu'au pénitencier.

Tentation : Les éloges sur ce roman

Fournisseur : Bib de Rennes

Mon humble avis : Bon, je ne vais pas y aller par quatre chemins, le chant des revenants ne m'a ni parlé, ni atteinte, ni bouleversée ni accrochée. Une audio lecture que j'ai donc plutôt subie (même si c'est volontairement que je suis allée au bout, espérant toujours une révélation qui ne vint pas.) Peut-être aussi que le format audio n'était pas l'idéal pour aborder cet ouvrage.

Les personnages s'expriment chacun leur tour et l'on a ainsi des visions différentes des situations qu'ils traversent. Mais parmi eux, se trouvent aussi deux défunts qui prennent la parole, et là, l'intérêt du texte et sa compréhension m'échappaient encore plus. Ces défunts, c'est Given, le frère de Léonie, assassiné adolescent par des copains de chasse blancs. Et puis il y a Richie, l'ancien compagnon de chambrée du Grand père de Jojo, qui fut mis à mort dans de cruelles circonstances. Mais comme leurs interventions sont mises à distances par les récits de Jojo et Léonie principalement, et bien il m'a été difficile de les suivre et de leur trouver une contenance qui soit poignante.

La partie road trip du roman m'a été d'un ennui mortel, si longue, si répétitive, revenant sans cesse sur l'appétit inassouvi de la petite Kaila, son vomi et l'odeur qui en découle.

Et puis l'ensemble est d'une tristesse à mourir, rien ne nous est épargné dans les sujets sensibles qui sont un peu trop superposés à mon goût : racisme, pauvreté financière et intellectuelle, drogue, cancer, "maltraitance" enfantine, violence de l'emprisonnement pour les noirs à une certaine époque. Bref, n'en jetez plus ! Et tous ces sujets ne sont finalement que survolés et se volent un peu la vedette. 

Certes, on aime Jojo, mais peut-être plus par pitié devant la vie qu'il mène que par l'intérêt qu'il éveille vraiment.

Ce roman a reçu le prix National Book Award 2017 et bien d'autres prix encore, et sur les plateformes, les avis dépassent les 4 étoiles... J'ai même lu des comparaisons avec la plume de Toni Morrison .... Ca aussi cela m'a échappé car les deux romans de Toni Morrisson que j'ai lus ont été des coups de coeur. National Book Award, j'aurais dû me méfier... J'en avais reçu un en SP il y a une dizaine d'année, je n'avais pas dépassé les 30 premières pages... Il s'intitulait Bois sauvage, de Jesmyn Ward !!! Je n'avais pas fait attention ! La boucle est bouclée, la plume et les histoires de Jesmyn Ward ne sont pas pour moi.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres audio, lectures audio, #Littérature d'ailleurs

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Publié le 23 Juin 2023

BD - Editions Delcourt Pataque - 54 pages - 12.50 € /tome

Parution en 2019 et 2020

Le sujet : Fabcaro revient, dans l'esprit de Zaï Zaï Zaï Zaï, dans un recueil de gags qui revisite notre quotidien et nos contemporains à travers le filtre d'un humour absurde ravageur.Que fait un bébé éléphant dans la salade ? Quels sont les ingrédients pour s'assurer un horrible voyage en TGV ? L'Inde ou le Yémen, quel pays visiter pour pouvoir mieux frimer ? On découvre sous un angle inédit, à la sauce Fabcaro, la rentrée littéraire, la rentrée sociale, l'alimentation bio, la radicalisation, tout ce qui fait notre quotidien, qui deviendra bien plus supportable et léger après la lecture du livre.

 

Tentation : Fabcaro !

Fournisseur : Bib de St Lunaire

Mon humble avis : On retrouve l'oeil acéré et fin observateur de Fabcaro, sur les êtres absurdes que nous sommes, sur les petites et grosses galères qui nous tombent sur la tête, et sur le quotidien souvent grotesque que nous nous infligeons, sans plus trop se poser de question, tant l'aberration et le ridicule sont devenus monnaie courante.

Une planche par situation, un graphisme simple, en noir, blanc et gris, quelques bulles pas trop bavardes, bref, du Fabcaro efficace, sur ses sujets de prédilection. Donc une suite de gags à prendre à différents degrés évidemment. Tout le monde est égratigné, en prend pour son grade, nul n'est épargné ! Rien de bien nouveau sous le soleil Fabcaro pour qui le connaît bien, mais la sauce prend toujours, et assure un sacré moment de détente entre deux lectures plus conséquentes.

Il y a du bon et de moins bon, mais aussi de l'excellent. J'ai emprunté les 2 tomes et même temps, et les ai lus d'une traite, ce qui n'est pas forcément une bonne idée... Car à la longue, le principe lasse un chouia. J'aurais du garder le 2ème tome pour une autre récréation !

Dans le genre...

Suite à un mouvement social, des musiciens de Jazz ne jouent qu'une note sur deux...

Extraits en image : 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 21 Juin 2023

Roman - Editions Folio - 183 pages - 7.50 €

Parution d'origine en 1986 aux éditions P.O.L

L'histoire : Pour faire sourire sa femme et ses amis, il se rase la moustache juste avant d'aller à un dîner. Mais personne ne remarque rien, ou feint de ne pas l'avoir remarqué. Pire, quand il insiste, ses proches soutiennent qu'il n'a jamais porté de moustache. Mauvaise blague ou un début de folie ? Quoiqu'il en soit, le voilà dans une spirale infernale.

 

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

Mon humble avis : Connaissez-vous des livres qui rendent fous ? Et bien en voici un, qui dormait dans ma PAL depuis plus de 10 ans...

C'est avec enthousiasme que je suis entrée dans ces pages. Le postulat de départ, original, me plaisait, m'intriguait. Mais j'en attendais un tout autre développement qui n'est jamais advenu. Pas de pointe d'humour, et pas d'exclamation (genre excellent, bien vu !) de ma part.

Le texte est écrit à la troisième personne du singulier, mais d'un point de vue interne, celui du personnage principal. Pas d'autres points de vue, pas de dialogues, aucun autre protagoniste d'intervient directement. Leurs propos ne sont que rapportés.

Au début, j'ai été évidemment accrochée, me demandant bien comment pourrait évoluer cette histoire de (non) moustache.  Farce de ses proches ou réelle folie, la question demeure un bon bout de temps, avec une tension qui va croissante. On est donc dans la tête du personnage, qui semble sombrer dans une folie paranoïaque, qui paraît s'en rendre compte mais doute sans cesse, et démontre sa lucidité à force d'arguments pour les démonter ensuite et les reconstruire plus tard... Complot contre lui, folie ?  Bref, c'est là toute la prose de ce roman, et le premier tiers passé, cela devient répétitif, lassant, agaçant, exacerbant... On tourne en rond, comme un fou autour d'un poteau. On ne peut plus inconfortable comme lecture, on a qu'une envie finalement, c'est d'en finir... oui, mais finir comme cela, de manière aussi glauque, sans lueur, et avec toujours aussi peu de réponses ou autant de questions, ben, bof bof.

Après, ce roman est peut être très proche et bien représentatif de la pathologie, je n'en sais rien... J'ignore si Carrère lui-même est devenu fou à écrire un tel texte, car il y aurait de quoi. Quelque part, je dis chapeau d'avoir tenu l'écriture tout au long d'un roman, même relativement court, tout en restant cohérant apparemment (car bien sûr, étant donné le texte, on n'a vraiment pas le courage de remonter quelques pages pour vérifier certaines choses ou autres). Cependant, le format nouvelle, pour exploiter un point de départ original, aurait à mes yeux largement suffi ! Car que ce fut long, éprouvant, et finalement, décevant pour moi.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 19 Juin 2023

Roman - Editions Albin Michel - 272 pages - 21.90 €

Parution le 29 mars 2023

L'histoire : Nous sommes dans le prochain quinquennat, dans le bureau du futur président de la République Française. Et nous sommes aussi dans sa tête, puisque ce texte est son journal intime.

Parvenu au pouvoir presque sur un malentendu, celui qui ne sera donc jamais nommé jongle pour régler ou que n'empirent pas les problèmes internationaux, intérieurs et personnels... Une vie sans répit, et c'est un véritable ballet qui se déroule entre autre dans ce bureau, où chaque ministre, conseiller etc, vient y déposer conseils, doléances, conséquences etc...

 

Tentation : La Grande Librairie

Fournisseur : Kdo de ma mère

Mon humble avis : Allez hop ! Coup de coeur ! Non que ce roman soit parfait, non qu'il n'ait été ce à quoi je m'attendais vraiment, mais je l'ai dévoré. Et surtout, il m'a offert un regard distancié et posé sur le monde actuel... Ce qui permet de réfléchir, d'adhérer ou pas... Sans pression ni urgence médiatique.

Avec Tsunami, nous passons quelques semaines dans la tête et dans la vie du futur président, élu depuis quelques mois... Ancien homme d'affaire richissime qui s'est lancé dans la campagne présidentielle en se disant juste "pourquoi pas", quand on le lui a suggéré. Sa richesse, il la doit à la société qu'il gérait avec son meilleur ami, le génie scientifique qui a trouvé comment rajeunir de 30 ans les cellules du corps, et donc de prolonger d'autant la vie de chacun.

Marc Dugain nous invite donc dans les arcanes de l'Elysée et du pouvoir... Il dresse un portrait sans concession (et donc guère optimiste, mais comment pourrait-on l'être) de la société actuelle et de ses dirigeants... Qui ne sont plus vraiment ceux que l'on croit de façon officielle. Mais si j'ai bien compris les propos de Dugain, dans le marasme actuel, les torts seraient partagés. Devant l'individualisme, le collectif s'efface.  Quelques soient les maux et ses maux, l'individu refuse désormais toute responsabilité individuelle et reporte toutes les causes sur l'Etat. L'être humain ne veut que plus plus plus, rajeunir rajeunir rajeunir, mais est incapable de prendre soin de son propre jardin (la planète). On prolonge la vie sur une planète plus qu'en sursit, au moins en ressources nécessaires pour assurer une vie correcte à chacun. Tout n'est que compétition dans la vie... Et quand il se repose, l'Homme regarde encore de la compétition (sport, Top Chef, Koh Lanta...).  L'Homme s'épuise de trop compétition mais s'en abreuve. L'homme qui vit en pays démocratique se plaint de la perte de liberté, sauf que tous les jours, il donne sa liberté contre de la sécurité, et surtout contre la possibilité de l'hyper consommation, celle qui nous conduit directe dans le mur, qui crée des besoins que l'on n'a pas, et qui frustre quiconque qui ne parvient pas à y participer... Ce qui crée des tensions, de la violence, de l'insécurité etc. Et, parallèlement, on n'a jamais vu autant d'opinions avec si peu de connaissances, alors que jamais les connaissances n'ont été aussi accessibles. La médecine est malade, alors que la société crée et génère encore ses maladies (stress, dépression, folie) et les besoins médicaux qui en découlent.

Le vrai pouvoir, celui qui tire les ficelles, crée les situations en fonction des besoins des industriels est plutôt à chercher du côté des GAFAM.

Donc notre président doit jongler, gérer et négocier avec les Gafam, avec Poutine, les islamistes, les américains, les espions... Et le peuple français, les manif de plus en plus violentes contre une proposition de loi Verte que les Français refusent en bloc. Et puis, il a ses propres casseroles, qui ne doivent absolument pas s'ébruiter... Genre poudre blanche etc...

J'admire les connaissances, l'ordre qu'il faut dans sa tête, la culture ou la capacité de s'informer, et bien sûr d'imagination et de talent nécessaire à l'écriture d'un roman aussi crédible et réaliste, tout en restant fictionnel. Marc Dugain nous offre ici un page turner dense, captivant, intéressant, évidemment très actuel, qui invite à la réflexion jusque sur notre système politique à bout de souffle, dans lequel plus grand monde ne croit vraiment. Il y distille de la philosophie du pouvoir, de la psychologie individuelle et sociale. Bien sûr, ces pages ne manquent pas d'ambiguïtés (qui démontrent la complexité de l'époque), de cynisme, d'ironie, et de pointes d'humour. Le narrateur présidentiel n'est pas désagréable, il est au fond simplement très humain dans ces questionnements et ses tentatives de réponses.

Marc Dugain nous propose aussi une oeuvre "interactive" puisque libre à chacun de prendre, le temps d'un roman, la place du Président de la république (personnellement je n'en voudrais pas pour un empire) et de se dire : et moi, quelle décision je prendrais dans cette situation ?

Bref, j'ai dévoré et adoré et j'ai déjà offert mon exemplaire à mon neveu, à qui j'avais bien "vendu" l'histoire !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 16 Juin 2023

Roman - Editions Folio - 112 pages - 6.90 €

Parution chez Folio en Août 2019

L'histoire : Celle de Mauro... Un jeune homme qui, a 24 ans, est Chef de son propre restaurant à Paris. Quel chemin l'a mené là, quelle sera la suite de sa route, de ses projets ?

 

tentation : Pourquoi pas ?

Fournisseur : La boite à livres à bas de chez moi

 

 

 

 

Mon humble avis : J'ai trouvé ce titre dans la BAL en bas de chez moi alors que je lisais "Ce que les étoiles doivent à la nuit" qui se déroule aussi dans le milieu de la gastronomie / restauration. Je me suis dit que l'ouvrage de Maylis de Kerangal pouvait être complémentaire.

Il l'est certes car/mais tout à fait différent. On suit les pérégrinations peu communes de Mauro, qui dès l'enfance, aimaient faire des gâteaux, puis régalaient ses potes du lycée sans qu'il soit question de mal bouffe.  Il ira à la fac de Science Eco et parallèlement, travaillera dans différents types d'établissements culinaires, pour le meilleur et pour le pire, depuis l'auberge jusqu'au resto étoilé... 

A travers Mauro, c'est le secret des cuisines et de la cuisine que nous dévoile Maylis de Kerangal. Au fil des brigades dans lesquelles Mauro oeuvre, on rencontre la passion, la recherche, la créativité, la tradition, les difficultés, la pression, la fatigue, le harcèlement psychologique/physique, la solidarité autant que la violence... Un métier qui s'il est bien fait, ne laisse aucun répit, nécessite tous les sacrifices, surtout celui de la vie personnelle, et inflige un épuisement et une maltraitance du corps.

Maylis de Kerangal offre ici un bel hommage à tous ces hommes ou femmes de l'ombre, qui travaillent avec passion et abnégation pour que nos moments de distractions soient savoureux. D'ailleurs, pour les papilles gustatives, cette lecture peut s'avérer bien savoureuse pour beaucoup.

Si la lecture n'est pas désagréable, elle ne m'a pas transcendée non plus. J'ai trouvé qu'elle manquait de chaleur, d'allant, alors que le personnage de Mauro n'en manque pas pourtant. Très factuel, le texte ne permet pas forcément de s'attacher au jeune homme, même si on admire son courage et sa volonté. La narratrice reste très en retrait, d'elle on ne sait rien, on la devine juste amie avec Mauro.

Bref, un fond intéressant, mais une forme plutôt déstabilisante... Manque d'un liant pour que la sauce prenne vraiment... Et puis aussi l'impression de ne pas avoir eu de dessert.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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