Lectures, BD, cinéma, voyages, photos, chats, oiseaux, nature bref mon petit monde ! .................. " C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante" (Le petit prince)
Mon pitch : Quand l'homme le plus puissant du monde met à prix la tête d'autres grands puissants qui dérangent le monde qui retrouve la stabilité...
"Mon idée est toute simple non ? Je suis étonnée de ne pas y avoir pensé plus tôt " (Elon Musk)
Tentation : Couv et titre
Fournisseur : Bib de St Lunaire
Mon humble avis : La couverture donne le ton ! Voici un livre qui rebondit très vite sur l'actualité et qui la prédit peut-être, puisque nous sommes ici dans une très légère dystopie... Très légère car Trump vient d'être réélu mais ici, il est encore copain comme cochon avec Elon. Elon, l'homme le plus puissant du monde puisque le plus riche, et si proche d'un chef d'Etat d'une toute aussi grande puissance.
Dystopie donc mais burlesque, car les traits des personnages principaux sont poussés à l'extrême dans leur débilité outrancière et leur mégalomanie égocentrée, même si l'extrême semble avoir déjà été atteint dans la réalité... Il y a donc des passages bien cocasses mettant en scène les deux bouffons d'outre-Atlantique et le chef du Kremlin.
Comme rien ne va plus dans le monde, Elon décide de frapper à coup de milliards de dollars... Il offre des primes à qui tuera Poutine et deux de ses plus proches collaborateurs... Et figurez-vous que cela fonctionne très bien et que le monde retrouve une certaine stabilité, que la guerre en Ukraine s'arrête etc... Ah le pouvoir de l'argent, le pouvoir et l'argent, l'argent du pouvoir !!! Quand la folie est au pouvoir...
Les dysfonctionnements du monde se règlent donc sans la moindre moralité et à coup de dollars : retour dans l'époque western...
Dans ce roman, Philippe Claudel interpelle sur le pas que prend le pouvoir financier sur le monde politique et la dangerosité de cet état de fait. Il est aussi question de l'augmentation exponentielle de la débilité dans le monde, avec par exemple, parmi les étudiants des grandes universités américaines, le nombre de "platistes" qui augmente sans cesse... En fait, Wanted est à mi-chemin entre la grande (fausse) farce et la réalité... Aussi, il se lit parfois en souriant parce qu'on situe tellement les personnages, parfois un froid dans le dos parce que Claudel est si près de la possibilité.
Quelle audace de la part de Philippe Claudel d'oser un tel roman ! Même si celui-ci est imparfait, inégal au fil des pages... Mais il a dû être écrit et publié rapidement, puisque Donald est revenu au pouvoir en janvier et que ce livre est sorti en mai... Cela laisse peu de temps mine de rien, ce qui parait bien logique : une légère dystopie risque toujours de se faire rattraper, voire dépasser par la réalité... Donc faut faire vite ! Mais quoi qu'il en soit, il donne sacrément à réfléchir sur la tournure inquiétante que prend notre planète et ses dirigeants. Quand on ne sait plus s'il faut en rire ou en pleurer, Claudel propose d'en rire un peu tout de même !
Divertissant aussi, ce titre est parfait entre d'autres lectures plus conséquentes. On sent aussi que pour Philippe Claudel, cet ouvrage satirique est un entre deux où il a voulu se faire plaisir et se lâcher, sans doute aussi ahuri que moi est-il devant sa télé à voir la marche du monde. Et en ce sens, Wanted est réussi.
Mon pitch : Julien est journaliste photographe... Dans les ruines de Gaza, il aperçoit un vieil homme, assis devant un commerce qui déborde de livre. Y voyant un symbole fort, Julien met le libraire dans ce viseur... Mais celui-ci l'interrompt et l'invite à s'asseoir près de lui, et à écouter son histoire avant de prendre sa photo. Entre thés partagés, livres donnés, poèmes lus, Nabil se confie et remonte dans le temps...
Tentation : Titre et pitch
Fournisseur : La bib de St Lunaire
Mon humble avis : C'est avec ce titre de la Rentrée littéraire que je découvre enfin la plume de Rachid Benzine, ce qui était aussi une de mes motivations pour entrer dans cet ouvrage. Alors oui, la plume est magnifique, les premières pages m'ont saisie, tant j'avais l'impression d'être à Gaza... puis assise sur un tapis, d'écouter le vieux Nabil.
Avec l'Homme qui lisait des livres, Rachid Benzine narre la vie d'une famille palestinienne, depuis les années 1940 jusqu'à la dramatique date du 7 octobre 2023. C'est donc l'Histoire contemporaine, ô combien compliquée, de la Palestine que l'auteur déroule ici.
Et pour Nabil et sa famille, ce sont des années d'errance, d'occupation, de camp de réfugiés, de misère, de tension, de menace, de lutte, d'exil, d'invisibilité aux yeux du monde, de prison même pour Nabil lui-même... Et pour Nabil, son frère et sa soeur, les études, pour s'en sortir... Le père a tout fait pour que ses enfants étudient, c'était sa façon à lui de leur montrer son amour. Pour Nabil, ce sera la littérature pour devenir professeur. Il y a les livres lus et relus en prison, ou à l'air libre, pour comprendre le monde, s'en extraire ou rester juste à sa lisière.
Ce roman nous dit que derrière tout écrivain ou tout lecteur qui meurt, c'est une part de mémoire collective qui s'éteint... Que derrière chaque photo qui immobilise un moment, il y a l'histoire d'une vie.
Et puis il y a les livres qu'on lit et qu'on relit "autant pour se souvenir que pour les comprendre, ...car derrière l'histoire, il y a un point aveugle... dont on peut découvrir une part inexplorée. Les livres comme éveil de conscience et comme compagnons pour traverser cent ans de solitude...
Même si ce roman est utile, nécessaire et servi d'une très belle plume, je l'ai lu avec intérêt mais sans grande émotion. Peut-être parce que raconter 70 ans d'une vie en cent vingt pages ne permet pas d'approfondir les choses. Et puis, aussi, avec les stéréotypes de la librairie, du libraire, les confidences etc, j'ai eu une impression de déjà lu, de manque d'originalité : un prétexte pour raconter une histoire et lister des oeuvres sans doute très chères à l'auteur. Et du journaliste, nous ne saurons rien, puisque c'est vraiment Nabil qui raconte son histoire, sans qu'il y ait de dialogues réels. Bref, j'attendais plus de cette lecture, même si je ne la regrette pas.
Avec Gilles Lellouche, Adèle Exarchopoulous, Roman Duris, Artus
Synopsis : Dans un futur proche, Paris a été divisé en 3 zones qui séparent les classes sociales et où l’intelligence artificielle ALMA a révolutionné le travail de la police. Jusqu’à ce que son inventeur soit assassiné et que Salia et Zem, deux policiers que tout oppose, soient forcés à collaborer pour mener l’enquête.
Librement, ce qui signifie avec pas mal de différences... Nous voilà à Paris et non plus en Grèce et le contexte de l'histoire est bien moins complexe et fouillé que dans le livre. Il y a comme une simplification sans doute pour que le tout soit réalisable dans un film de moins de deux heures. Concentration sur le sujet des zones et de l'IA. Forget le dôme protecteur, forget le pays privatisé, forget les vols d'implants médicaux etc... Dommage tout de même car ce sont les ingrédients qui, à mes yeux, rendaient ce récit particulièrement intéressant et surtout original... Car j'ai déjà l'impression que les films traitant de l'IA sont déjà pléthores et nous disent déjà un peu tous la même chose. La fin me semble aussi différente, puisque Laurent Gaudé a publié la suite, Zem, fin août dernier pour cette rentrée littéraire.
Mais que l'on ne s'y trompe pas, j'ai passé un très bon moment de cinéma avec Chien 51. Ceux qui n'ont pas lu l'ouvrage de Gaudé trouveront néanmoins dans ce film un bon thriller dystopique divertissant, rondement mené et avec un casting de première classe ! Le spectacle, les effets visuels et le suspense sont garantis. Chien 51 coche toutes les cases de ce genre cinématographique, donc à ne pas bouder !
L'histoire :Le continent européen est victime de catastrophes multiples, des réfugiés de tous les pays s'amassent au port du Havre, lieu de transit vers un hypothétique salut. L'Islande est encore épargnée, mais pour combien de temps ? Liam, qui a déjà tout perdu, va tenter sa chance en subtilisant le pass d'une migrante, sans savoir que l'Islande aussi se déchire à leur sujet. Ballotté dans le chaos du monde, Liam découvrira qu'il a pris la place d'une femme impliquée dans un mystérieux projet, "Islander" ; sa rédemption, si Liam et ses nouveaux compagnons parviennent à survivre.
Tentation : Le nom de Caryl Ferey
Fournisseur : La bib de St Lunair
Mon humble avis : Caryl Ferey... Je n'ai encore lu aucun de ses thrillers... Par contre, j'ai adoré une précédente BD : Sangoma, les damnés de Cape Town. D'où le choix de cet album, Islander, l'exil... dont il faudra attendre les tomes suivants (2 et 3) pour en connaître l'issue.
Une histoire d'anticipation, futur plus ou moins proche, très réaliste... Puisqu'il est question de migration. Nous passons beaucoup de temps avec ses candidats, que ce soit dans des camps, ou encore sur des bateaux malmenés où tous les coups semblent permis.
Nous sommes dans un univers de chaos et glacial, très bien représenté par le graphisme sublime, mais qui n'empêche pas un sacré sentiment de confusion. Celle très réaliste des situations vécues par les protagonistes, mais qui réclame une certaine attention.
Seule l'Islande, l'Irlande et l'Ecosse semblent exemptes de ce chaos européen... Aussi deviennent-elles les destinations ultimes de l'exile.
Nous passons également du temps avec le gouvernements Islandais dont les membres d'étripent sur la politique à tenir face à ce flux migratoire... Il y a les radicaux répressifs (tuons donc ces migrants qui veulent tout nous prendre) et les libéraux qui prônent un accueil organisé mais plus chaleureux... Tiens tiens, très contemporain ce sujet.
Et au milieu de tout cela, un fameux professeur détenteur d'un message important pour une grande botaniste, message qui pourrait changer le monde...
Mais pour en savoir plus, il faudra attendre... Ce tome 1 reste nébuleux et est vraiment une entrée en matière pour présenter le contexte et les personnages. Le fond réel de l'intrigue n'est pas encore franchement dévoilé.
Cependant, avec ces sublimes dessins et Caryl Ferey au scénario, on fait confiance pour aboutir à une histoire de dingue et fichtrement bien ficelée, et l'on poursuit sa lecture !
Mon pitch : Elle lui avait fait la promesse de ne jamais écrire sur lui... Alors qu'elle le fait en ouvrant ce roman... Claire Lancel est une célèbre romancière, fidèle au genre de l'autofiction. Et là, elle est au tribunal... Dans le box des accusés. Que s'est il passé avec Gilles, ce compagnon qui était si merveilleux ?
Tentation : Mon enthousiasme pour Fille, de Camille Laurens
Fournisseur : La bib de St Lunaire
Mon humble avis : En décembre dernier, j'avais un coup de coeur pour Fille, aussi, quand quelques semaines plus tard Ta promesse est sorti, je savais que je le lirais.
J'avoue, au départ, j'ai eu un peu peur d'être dans le parisianisme et d'être "juste" dans une histoire d'amour toxique... Mais au fil des pages, ce roman s'est révélé être beaucoup plus subtile et carrément prenant, un peu comme un thriller, tant la tension monte.... et que l'on se dit que ça doit bien exploser à un moment ou un autre. Oui, mais quand et comment ? Et il faut un bon bout de temps pour savoir précisément le pourquoi du tribunal.
J'ai beaucoup aimé la construction originale de cette histoire... Une succession de témoignage ou d'interrogatoires, menés par l'avocate de Claire, ou par la juge... En face, Claire ou ses deux meilleures amies, ou encore un ami de Gilles... Ainsi, la version de ce drame devient presque kaléidoscopique, même si le point de vue de Claire est central.
Il y a forcément de l'autofiction dans ce texte, reste à savoir la place que prend celle-ci... Mais la profession de Claire, la perte d'un enfant, un barouf médiatique suite à une certaine phrase prononcée (cf polémique avec Marie Darrieussecq) rappelle évidemment Camille Laurens et ses blessures personnelles
Ta promesse porte du l'emprise émanant d'un pervers narcissique. Cette personne qui semble tant idéale dans les premiers temps... Et puis il y a des petits signaux sur lesquels on passe, qu'on pardonne, jusqu'à ce que l'on (r)écrive l'histoire, qu'on la déconstruise étape par étape... Ces signaux deviennent alors flagrants et alignés, forment une spirale infernale vertigineuse. Tout n'est que mensonges et manipulation. Séduire d'abord, puis nuire et détruire... Tout ce processus est magistralement déroulé, décortiqué et expliqué par Camille Laurens... Comme l'est aussi le fait que les mêmes femmes vont régulièrement tomber sur ce même type d'homme.
Et il y a aussi une critique sociale, à travers l'absence d'empathie qui devient un fléau, chez Monsieur et Madame Toutlemonde comme dans les plus hautes sphères de l'Etat, dans l'intimité d'un couple ou en public sur les réseaux. Les individus évoluent de plus en plus vers la sociopathie.
Tout cela est rondement mené, très bien écrit, addictif en somme. Ici, on est vraiment dans le gaslihting (idiome que j'ai appris dans ce livre), qui fait douter autant le personnage que le lecteur. Je me suis interrogée sur l'utilité de la présence de quelques pages en vers libres, qui ne m'ont pas parlé et qui m'ont semblé tomber un peu comme un cheveu sur la soupe.
Certes, par moments, j'ai eu envie de baffer Claire pour la réveiller, pour qu'elle réalise à quel point elle était soumise et précautionneuse, enfermant son propre égo à triple tour... Mais mais... Comme le dit Camille Laurens, non seulement l'amour rend aveugle, mais surtout il rend sourd... Et puis l'Amour ne serait-il pas juste une illusion ?
Bref, ce roman tient sa promesse et décidemment, la plume de Camille Laurens me plait beaucoup. A suivre donc !
Parution en mars 2023, existe maintenant en poche.
Le sujet :Enfant, Jean-Noël Rieffel était un rêveur comme le cancre de Jacques Prévert. Il contemplait la nature par la fenêtre. Au fil des années, il est devenu un fou d'oiseaux, un ornithologue amateur. Il nous raconte dans ce livre l'état de poésie permanent inspiré par cette passion.
Tentation : Le sujet pardi !
Fournisseur : Mon amie Chantal, merci pour le long prêt
Mon humble avis : Voici un ouvrage ornithologique qui s'adresse à tous, vraiment ! De la personne la plus ignorante en matière de gente ailée jusqu'aux plus avertis, voire professionnels, des pratiquants de cette science, qui est élevée au rang de religion, parfois même de sacerdoce par ses adeptes.
Eloge des oiseaux de passage incite à s'extraire de notre quotidien aux occupations artificielles, matérielles, bruyantes, épuisante... Quittons les écrans ! Reconnectons-nous à la nature et regardons, écoutons ! Jean-Noël Rieffel invite même à fermer les yeux pour redonner place à notre ouïe et détecter un "pttti", un "tijou" un "Pschit", un "quedistu",un "ouhuit" trahissant la présence de l'invisible. L'invisible qui se dévoile ensuite si l'on prend le temps de s'arrêter et d'observer vraiment... jusqu'au moindre mouvement de feuilles qui peut annoncer la présence d'un roitelet huppé par exemple.
Je suis tombée dans le chaudron de l'ornithologie, via la photo, voici bientôt 5 ans, à la faveur d'un nouvel an confiné... Donc levée tôt, givre et verglas... Sortie avec mon appareil photo pour prendre la nature givrée dans mon quartier... Et me voilà à rester plus d'une heure devant une mangeoire d'un fond de jardin, à photographier chichement mes premiers pinsons des arbres, rougegorges familiers, moineaux domestiques, mésanges bleues etc... Et à m'ébahir de découvrir soudainement une telle diversité naturelle si près de chez moi. Je me suis ouverte et cela a changé ma vie et mes appareils photos. Je ne vais pas bien, je prends mon appareil et je file dans un coin de nature. Je vais bien, je fais de même... Et quelle que soit l'humeur de départ, celle de retour est bonne. Et me voilà atteinte du "birding compulsive disorder" !!! (autrement dit une névrose obsessionnelle des oiseaux). Mais une névrose bien positive ! Mais oui, je suis toujours au taquet, je détecte le moindre mouvement ou le moindre son qui qu'il y a telle ou telle espèce pas loin, je suis capable d'interrompre une conversation parce qu'un pic vient de lancer son chant tout près !
L'écriture est sublime, soignée et poétique. Au fil des pages, l'auteur évoque d'autres ouvrages artistiques illustrant la beauté des oiseaux, leurs symboliques, leurs usages, les croyances qui les entouraient à travers le temps : grands peintres, poètes, chansons, romans, livres ornithos . Tous témoignent désormais du bien-être, de la sérénité, qu'apporte l'observation des oiseaux, une façon parmi d'autres de se reconnecter à la nature. Même les expériences scientifiques confirment les bienfaits de l'ornithologie autant sur le corps que sur l'esprit humain, donc sur la santé. On gagne aussi en vertus... Car c'est qu'il en faut de la patience (j'ai encore de gros progrès à faire), c'est qu'il en faut du courage (là je suis encore novice, alors que bien de mes potes ornito se lèvent à point d'heure pour être sur site avant le lever du soleil, je savoure la chaleur de ma couette...), l'attention aux détails, pour avoir la chance d'observer telle espèce.
L'ornithologie évolue avec la technologie... il y a des balises posées sur certains migrateurs pour étudier leur trajet, le site internet Faune France et son appli permet à n'importe quel ornitho amateur de signaler la présence d'une espèce rare à tel endroit (présence comptabilisée scientifiquement, c'est aussi ce que l'on appelle la science participative... Un effet secondaire qui peut devenir perverse, qui attire d'un seul coup des dizaines de (photo)ornithos à ce même endroit. De même il existe la "tribu" des cocheurs, ces hommes et femmes prêts à traverser 3 fois la France et même aller plus loin pour potentiellement passer 10 mn à observer une espèce rare, tout en faisant bien fi de leur empreinte carbone.
De même, cet ouvrage ne pouvait passer sous silence le "silence des oiseaux"... Ces campagnes devenues silencieuses car désertées par les oiseaux, faute de haies, pour cause de d'agriculture intensive et d'usage de pesticides... Le pépiement des oiseaux qui disparait dans les villes, tant toute habitation est rénovée, lissée, n'offrant plus la possibilité de nicher etc... En France, depuis 30 ans, la population aviaire a chuté de 38 % en milieu agricole et de 29 % en milieu urbain.
Observer les oiseaux nous reconnecte aussi à nous même, à nos souvenirs, et active notre mémoire. Ainsi, je me souviens parfaitement de ma première Sittelle Torchepot, de mes premiers Plectrophanes de neiges, de mon premier (et unique) Cochevis huppé, de mes premiers Bécasseaux sanderling, de ma première (et unique) Talève sultane, ou de tel Alouette auprès de qui j'ai passé un long moment etc... Je me souviens du quand, quoi, comment, avec qui, et de l'émotion et l'excitation qui m'ont alors envahie. Après 4 ans et demi de photo-ornitho et donc de milliers de photos, pour la plupart - et même pour les oiseaux les plus courants, je sais dire "où", dans telle circonstance. Observer vraiment les oiseaux ça marque.
C'est tout cela que Jean-Noël Rieffel nous raconte ici. Aussi, lire cet éloge aux oiseaux de passage fut un véritable festin de souvenirs, d'images, de moment et un régal de promesses à venir, tant il me reste encore de belles observations inédites qui se réaliseront quand Dame Nature m'en jugera digne, dans un jour, dans 1 an, dans dix ans...
Prenez donc le temps de lire ce magnifique ouvrage. (si besoin, aidez-vous de google pour visualiser toutes les espèces citées) Et quand vous en aurez tourné les dernières pages, en matinée ou en fin d'après-midi, allez vous balader tranquillement dans la nature, près d'un étang ou d'une rivière. Regardez, écoutez, et vous verrez alors comme vous n'avez jamais vu, et même si cela ne changera pas forcément votre vie, vous vivrez ce moment dans l'instant précis, pleinement connecté mais très loin de la wifi. Et vous aurez envie d'en vivre d'autres, de moment comme ça. Et si vous êtes déjà ornithophiles, et bien "souvenirs souvenirs", en apprendre encore, et non, vous n'êtes pas seul !
Encore un billet bien long, mais comment résumer au maximum ce livre si riche en savoirs, en connaissances, et en sagesse ?
Ci dessous, en cadeau, une photo d'un Gobemouche noir, photographié à Dinard mi septembre.... Un oiseau de passage, le Gobemouche noir n'est habituellement pas présent en Bretagne... Mais c'est un migrateur.
Roman - Editions Ecoutez Lire - 4h01 d'écoute- 14.99 €
Parution Flammarion 2018 - Gallimard 2019
L'histoire : "Voici venir l'hiver de notre mécontentement" sont les premiers mots de Richard III dans la pièce de Shakespeare, personnage que va jouer Candice au théâtre, dans une mise en scène cent pour cent féminine.
L'hiver du mécontentement fut aussi, en Angleterre, celui de 1978-1979, paralysé pendant des mois par un mouvement de grèves inédits...
Et pendant ce temps, au théâtre Warehouse, une femme prend des cours de diction, pour perdre son accent... Bien décidée à prendre le pouvoir, elle deviendra bientôt la Dame de fer.
Tentation : Envie de découvrir l'auteur
Fournisseur : La bib de St Lunaire
Mon humble avis : Je voulais découvrir cet auteur, et j'avoue sa plume m'a bien séduite, même si j'ai peiné à garder ma concentration tout au long de mon écoute... Peut-être aussi parce que le sujet est assez politique, lointain dans le temps et dans la culture punk qui m'est bien inconnue. Bref, j'ai sans doute été dépassée par le sujet.
Reverdy nous propose ici un retour vers le passé... Un passé peu glorieux, qui date maintenant de 47 ans... Une époque de grèves, de licenciements, de paupérisation et de lutte de pouvoir en Angleterre. Grèves, manifestations, répressions... Chute des travaillistes et retour des conservateurs.
Et curieusement, les mots et les descriptions de Thomas B. Reverdy m'ont semblé n'avoir pris aucune ride, tant l'époque d'alors m'a fait penser à l'actuelle en France.
Chaque chapitre s'ouvre sur le nom d'un groupe punk et l'une de ses chansons.
A travers le personnage de Candice, jeune étudiante, livreuse en vélo et actrice de théâtre qui interprète Richard III, Thomas B Reverdy nous emmène dans une réflexion sur le pouvoir, tant à l'époque de Richard III que dans le chaos de la fin des années 70 qui verront l'arrivée de Margaret Thatcher au pouvoir. L'auteur nous donne à examiner les réactions de différentes classes sociales face à ces mouvements de grèves et cette crise politique : nous avons les jeunes et leurs parents, les classes moyennes, le patronat, les artistes...
On a donc ici une chronique autant sociale que politique et historique intéressante à suivre, dans un pays malade au bord du gouffre et de la banqueroute. Un roman qui me fait fortement penser à la situation actuelle de la France, tant financière, sociale que politique... le tout, près de 50 ans après l'accession au pouvoir de Thatcher... A voir ce que cela donnera chez nous.
Cet hiver du mécontentement, j'ai été contente de le lire même s'il ne m'a pas ému. Je ne peux en dire beaucoup plus et je ne pense pas qu'il me restera longtemps en mémoire, malgré son intérêt indéniable.
Du même auteur, j'espère lire bientôt "Les évaporés".
En mai dernier, je suis allée en vacances 15 jours dans le Sud, une première pour moi, découvrir donc une région que je ne connaissais pas du tout. Basée dans le Gard chez des cousins qui m'ont gentiment accueillie, je suis évidemment allée en Camargue, mais aussi dans le Lubéron, en Provence.... Le Gard, le Vaucluse, Les Bouches du Rhône, l'Hérault sont les département où j'ai mis les pieds, entre la région PACA et l'Occitanie.
Je suis rentrée avec quelques 6000 photos... Que je n'ai pas terminé de trier.... Des photos de paysages, de rue, d'oiseaux, et plantes fleurs et insectes...
Aujourd'hui est donc un dimanche dans les rues du Sud, un dimanche que je vous souhaite excellent !
Aux Saintes Maries de la Mer... à gauche, un gitan pur souche rencontré sur le marché... et que j'avais vu à la télé l'hiver dernier... En effet, cet homme a participé à The Voice avec sa guitare et musique gitane. Il m'a dit qu'il n'avait pas vraiment apprécié l'expérience...
Aux Saintes Marie de la Mer
Aux Saintes Maries de la Mer
Aux Saintes Maries de la Mer
Aux Saintes Maries de la Mer
Aux Saintes Maries de la Mer
Aux Saintes Maries de la Mer
Aux Saintes Marie de la Mer
Aux Saintes Maries de la Mer et en Camargue
A Aix en Provence
A Aix en Provence
A Roussillon dans le Luberon
A Gordes dans le Luberon
Couché, assis, debout... A Uzes dans le Gard, à Avignon et à Gordes dans le Luberon
Couché, assis, debout... A Avignon, à Uzes dans le Gard et à Gordes dans le Luberon.
Le pitch :Mon corps, mon choix : un procès historique En 1972, Marie-Claire Chevalier, enceinte à la suite d’un viol, est dénoncée pour avortement clandestin par son propre agresseur. L’avortement est encore, à cette époque pas si lointaine, un délit passible d’une très forte amende et même d’incarcération. Sa mère qui a tout mis en œuvre pour lui venir en aide, ainsi que des femmes ayant pris part aux événements, comparaissent elles aussi devant la justice, pour complicité. Cette affaire dramatique tristement banale devient l’un des grands procès historiques par le concours de Gisèle Halimi, avocate de toutes les grandes causes féministes et antiracistes. Elle s’empare de l’histoire de Marie-Claire et de sa mère, pour créer un électrochoc médiatique, public et sociétal
Tentation : Sandrine, la responsable de ma médiathèque
Fournisseur : La bib de St Lunaire
Mon humble avis : Voici un roman graphique qui se dévore, aussi captivant que nécessaire.
Il revient sur l'un des procès de Bobigny en 1972, celui d'une mineure, accusée d'avoir avortée alors qu'elle était enceinte suite à un viol. L'adolescente et sa mère sont alors défendues par la célèbre avocate Giselle Halimi.
Voici une histoire réelle, même si quelques libertés ont pu être prise pour la fluidité du récit, récit mené avec brio par les deux autrices. Il est en effet aéré, pas trop bavard, des dessins agréables et très évocateurs. Ce roman graphique est très clair, ce qui permet au lecteur de ce vraiment se concentrer sur ce grave sujet, et les aberrations qui ont été dite par la cour de justice lors de cette affaire.... la justice alors représentée uniquement par des hommes, qui jugent là quatre femmes.
On croise dans ces pages Giselle Halimi bien entendu, mais aussi Françoise Giroux, Simone de Beauvoir, l'actrice et réalisatrice Delphine Seyring, le député Michel Rocard... pour les plus célèbres. Quelques flash-backs nous ramènent dans la jeunesse de Giselle Halimi, et nous découvrons ainsi la genèse de son militantisme féministe et de son combat pour la justice envers les femmes.
De même, au fur et à mesure qu'avance le procès, d'autres flash-backs nous narrent petit à petit ce qui a mené Marie Claire à être violée et l'enfer pour subir un avortement clandestin, dans des conditions précaires et avec des conséquences infectieuses etc... Bref, le calvaire d'une jeune fille qui n'a rien demandé, juste de pouvoir vivre sa vie de jeune fille, d'étudier etc... et qui pourtant, se retrouve sur le banc des accusés...
A travers le film Simone, le voyage du siècle, j'avais découvert le climat politique d'alors, les ignorances masculines, les propos ignoblement machistes, sexistes et patriarcaux des politiques dans les hémicycles
Les pages de Bobigny m'ont révélé une autre injustice... A cette époque, seules les femmes de petites conditions étaient jugées pour avortement illégal... Jamais une bourgeoise, une femme de ministre ou de médecin n'a été montrée du doigt ni accusée de quoique ce soit par l'Etat français. D'ailleurs, tout au long du procès de Marie-Claire, Giselle Halimi ne cessera d'évoquer cette terrible injustice et hypocrisie sociale et législative. A l'époque, le nombre d'avortements annuels, réalisés dans la clandestinité, était estimé entre 500 000 et un million.
Le procès de Bobigny 1972 était un premier pas juridique, qui a abouti, trois ans plus tard, à la promulgation de la loi Veil.
Cinquante-trois ans plus tard, certes le droit des femmes a évolué, mais il reste encore beaucoup de préjugés à combattre et l'égalité n'est pas encore là....Et de part et d'autre de la planète, se même droit est toujours bafoué, voire remis en question... Donc rien n'est acquis dans la liberté... D'où l'importance indéniable de cet ouvrage et le courage de toutes les figures féminines de cette histoire comme celui d'autres femmes invisibles ou méconnues.
Comme l'a dit Simone de Beauvoir "N'oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question."
Roman - Editions du Rouergue - 336 pages - 21.80 €
Parution en août 2024
Mon pitch : Où l'on retrouve Mathurine, dix ans après Darwyne...
Elle vit toujours en Guyane, travaille pour la protection de l'enfance, et a maintenant un fils, Wallace, de presque neuf ans. Mais les relations se tendent avec lui, qui ne jure que par sa console vidéo alors qu'elle rêverait de l'emmener en forêt...
Une adolescente placée en famille d'accueil disparait, est retrouvée morte noyée aux abords forêt. Tiburce, son père inconsolable, raconte à Mathurine une étrange expérience en forêt, comme celle d'une présence invisible... Et si Darwyne était toujours vivant, s'il n'était pas décédé dans le glissement de terrain avec sa mère dix ans plus tôt, comme tout le monde l'affirme...
Tentation : Mon coup de coeur pour Darwyne (premier opus)
Fournisseur : La bib de St Lunaire
Mon humble avis : Wallace est donc la suite de Darwyne... Si les deux romans peuvent se lire en one shot, je conseille tout de même vivement de les lire à la suite et dans le bon ordre, pour appréhender au mieux le personnage de Mathurine et connaître le passé et l'étrangeté si captivante de Darwyne.
Mathurine n'est plus enquêtrice, désormais, elle suit les enfants en familles d'accueil et gère également les rencontres avec les parents... Même si la relation avec son fils Wallace est plutôt fusionnelle, celui-ci est parfois jaloux de toute l'attention qu'elle porte à ses protégés placés. Cet aspect-là du roman nous entraîne dans la détresse sociale de la Guyane, où il y a défaut de soin et d'éducation à cause de la misère, de la drogue, ou encore, parce que suite à un décès, le parent veuf et seul n'arrive pas à gérer sa parentalité. Colin Niel dénonce aussi les manques de moyens cruels de l'Aide sociale à l'enfance, avec des familles d'accueil en trop petit nombre, surchargée, le personnel pas assez nombreux etc...
Mais avec Wallace, Colin Niel montre que personne n'est à l'abris de déraper, de faillir dans son rôle de parents, même dans les familles qui ne manquent de rien. Ainsi, c'est Mathurine qui va disparaitre des semaines durant, en laissant Wallace seul et il faudra une bonne dizaine de jour pour que les services sociaux s'en aperçoivent... Dans Wallace, Colin Niel dépeint ce qui peut se passer quand un enfant manque à un parent, mais aussi quand c'est un parent qui manque à un enfant. Des situations où chacun redécouvre l'amour immense qu'il éprouve pour l'absent... et les regrets...
Nous lecteurs savons très bien où est Mathurine... Elle est en forêt... Dans cette forêt enchanteresse, merveilleuse, ensorceleuse, dangereuse... Tiburce y est aussi, pour une autre raison. Mais pour nous, c'est un voyage au coeur de la forêt primaire aussi savoureux qu'inquiétant, qui, comme dans Darwyne, nous donne à entendre, voir, sentir, découvrir même l'invisible... On peut mettre du temps à lire cela si à chaque évocation d'une espèce animale, on demande à Google à quoi elle ressemble. C'est un véritable bestiaire qui m'était inconnu que j'ai découvert dans ces pages. Colin Niel nous emmène toujours à la frontière du réel et du mythe avec des scènes on ne peut plus fantasmagoriques.
Les chapitres alternent entre la solitude de Wallace chez lui, Tiburce qui traque en forêt la chose qu'il estime responsable de la mort de sa fille, et Mathurine qui s'enfonce toujours plus profondément dans cette même forêt, souvent accompagnée, parfois seule... A moins que ? Le doute peut toujours planer et chacun choisira son explication... Quoiqu'il en soit la tension monte, insidieuse... et ce roman nous dévore autant qu'on s'en régale. Colin Niel nous égare parfaitement entre repères quotidiens (appartement, école, bureau), et l'inconnu au tréfond de la forêt.
Ce tome est peut-être plus malaisant et plus dure que le précédent, tant le comportement de Mathurine peut paraître irresponsable.... On pourrait être tenté de la juger... Mais c'est là que Colin Niel nous dit : Personne n'est infaillible ni à l'abri d'une réaction irrationnelle. Et qu'il y a des moments ou l'amour n'y peut rien, peut-être... Que les enfants que l'on a ne deviennent pas forcément ceux dont on a rêvé, que l'on a idéalisé, et que cela peut-être culpabilisant pour eux. Qu'un enfant aime sa mère de façon inconditionnelle, même si l'inverse n'est pas forcément vrai... Et que notre animalité est toujours tapie en nous...
Un roman foisonnant très fort, envoûtant et sublime. Comme pour Darwyne, beaucoup plus proche du drame social d'enfance malmenée que du roman policier... Il n'empêche, je n'en n'ai pas fini avec Colin Niel !