Publié le 13 Mai 2021

Littérature, roman, Victoria Mas, le bal des folles, psychiatrie, XIXème siècle, avis, chronique

Roman - Editions Livre de Poche - 235 pages - 7.40 €

Parution Poche avril 2021, Albin Michel 2019

L'histoire : 1885, à la Salpêtrière, c'est là que sont internées les aliénées de Paris, confiées aux bons soins de Charcot. Chaque année à la mi-carême, s'y tient le bal des folles... Le tout Paris bien né bien pensant s'y presse pour assister à ce sordide spectacle, histoire de satisfaire sa curiosité malsaine et hypocrite.

Quelques semaines avant le bal, la jeune Eugénie y est conduite par son père... Elle rencontrera Geneviève, que l'on appelle l'Ancienne, l'infirmière en chef depuis plus de vingt ans et bouleversera à jamais la vie de celle-ci.

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Ma CB dans la librairie de ma nouvelle ville !

 

Mon humble avis : Lors de sa sortie pour la rentrée littéraire de septembre 2019, Le Bal des folles a valsé sur la blogosphère avec le plus souvent, des avis très élogieux. L'édition poche récente m'a remis le titre en tête... Et heureusement... Comme j'ai aimé ce roman... A un point tel qu'il va m'être difficile d'en rendre vraiment compte.

Victoria Mas nous propose une immersion dans la psychiatrie du XIXème siècle, à La Salpêtrière, qui était à l'époque autant un asile pour femme qu'une prison.  On y enfermait tout ce que Paris et les riches familles ne pouvaient, ne voulaient pas gérer... Souvent, juste pour sauvegarder l'honneur d'un patronyme... Des indigentes, des handicapées, des prostituées, des criminelles, des femmes adultères, quelques vraies malades mentales, des victimes de viols. Bref, tout ce que la bonne société dérange et répudie... Sans grand espoir de sortir un jour de ces murs sordides, aussi jeunes puissent être ces femmes lorsqu'elles y entrent. Quant aux "soins" du Docteur Charcot et de ses acolytes, ils ressemblent beaucoup trop à des expérimentations elles aussi données en spectacle, ces femmes étaient vraiment des cobayes... Ca révolte, ça écoeure, ça attriste, ça bouleverse.

Les lecteurs qui rechercheraient ici des renseignements précis sur les méthodes "médicales" d'alors seront déçus... Car ce n'est pas le sujet. Le sujet, ce sont les femmes victimes de cet enfermement, et un portrait sans concession de la société cartésienne du XIXème siècle, où le doute et la différence n'ont pas droit de cité... Une société où la femme n'a d'ailleurs aucun droit : pas de celui de penser, pas celui de s'exprimer, pas celui de se révolter, pas celui d'être respectée, et encore moins celui d'être considérée à l'égal de l'homme.

Dans le Bal des Folles, nous allons suivre le destin de quatre femmes en particulier... Chacune de ces destinées m'a bouleversée et a provoqué en moi une profonde empathie.

Louise est encore adolescente lorsqu'elle est internée par sa tante suite à son viol par son oncle... La tante voit en elle un danger, une concurrente, peu importe que son mari soit un abruti alcoolique.

Thérèse est là depuis vingt ans. Ancienne prostituée, elle a jeté son amant maltraitant de l'époque dans la Seine. Thérèse ne veut pas quitter la Salpêtrière, elle s'y sent à l'abri du monde.

Eugénie est une jeune femme que son père aimerait voir mariée. Mais voilà, Eugénie est différente... Elle entend la voix des défunts... Sitôt que son père l'apprend, il l'enferme à la Salpêtrière et la bannit de la famille.

Enfin il y a Geneviève, l'infirmière en chef depuis toujours dans cet établissement, avant même l'arrivée de Charcot. Fille de médecin, Geneviève est cartésienne et ne croit qu'en la science.  C'est elle en fait le personnage central et l'intérêt principal de ce roman. Car Geneviève va se décorseter de ses convictions, de ses croyances pied à terre reçues en héritage familial. Elle va le payer cher... Le portrait de cette femme qui se remet en question et qui, qui s'affranchit de son éducation, en fait, qui s'ouvre à elle-même, à sa liberté d'être, de penser et de croire m'a profondément émue.

A travers ce roman, Victoria Mas dénonce les faits d'une époque dont certains ne sont pas forcément révolus, et mets en garde contre les convictions trop tenaces, les préjugés, les jugements de la différence, l'intolérance, la violence faite aux femmes, qu'elles soient physiques ou psychologiques, le tout dans une société résolument patriarcale. Et tout cela, Victoria Mas l'orchestre avec un réel brio, et une plume très agréable à lire, fluide, qui ne prend la place ni des personnages ni du message. Ce roman est également historique, car bien documenté sur les us et coutumes de l'époque.  

Un véritable coup de coeur pour moi, à lire de toute urgence pour vous si ce n'est déjà fait !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 11 Mai 2021

BD - Editions Futuropolis - 80 pages - 17 €

Parution en août 2018

L'histoire : Didier vit avec sa soeur Soazig dans une petite ferme bretonne. Il est très malheureux : à 45 ans, il n'a toujours pas connu le grand amour. Alors qu'il doit acheter une moissonneuse à la vente aux enchères du matériel agricole de Régis, copain de beuverie et fermier en faillite, il revient sans matériel mais avec son copain. Soazig, furieuse, l'inscrit à son insu sur un site de rencontres. Rapidement, le profil de Didier fait une touche : la très entreprenante "Coquinette"...

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib'

 

Mon humble avis : C'est une belle histoire que nous propose ici les deux auteurs, Ravard et Rabaté. Une histoire très actuelle, qui se déroule dans le monde paysan. Les difficultés et drames inhérents sont évidemment évoqués : les faillites, les suicides, le célibat, la solitude, le dur labeur, qui chaque jour de l'année, empêche une certaine ouverture au monde et de profiter des possibilités de celui-ci. On sent une très belle justesse dans cet ouvrage, qui se révèle être un hommage sincère à ces gens qui travaillent courageusement la terre.

Le tout avec des personnages très bien croqués et attachants et bien sûr une belle dose d'humour bienvenu. Certaines bulles, bien trouvées, m'ont fait franchement rire et la cocasserie de nombre de scènes est remarquable. Bon pour Didier, ce n'est pas gagner, il y a du travail !

Malgré l'âpreté de la vie, on sent qu'elle n'est pas dénuée de tendresse ni d'amour et de belles surprises du destin... Et surtout, le grand Amour n'y est pas une fin en soi. Lorsque l'on est bien entouré, la vie ne manque ni de douceur ni de piquant.

Je n'ai pas été fan des dessins, un peu trop caricaturaux pour moi.

Un pourrait croire que l'histoire est triste, mais à chaque coup dur vécu par nos trois personnages principaux, suit des moments qui prêtent à rire ou à s'émouvoir. Aussi, cette BD se révèle-t-elle être un bon divertissement feel good sur fond sérieux entre deux lectures plus conséquentes.

L'avis de Noukette 

Une planche pour Luocine 😉

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 9 Mai 2021

Clisson, Loire Atlantique, visite, tourisme, culture, patrimoine

C'était un septembre dernier... Avec des amies, une journée pour découvrir Clisson, la Romantique, l'Italienne... En Loire Atlantique, le 44.

Comme les beaux jours arrivent, que la liberté de mouvement revient peu à peu, je vous propose cette visite en photos aujourd'hui... Peut-être cela vous inspirera une belle journée printanière ou une excursion de vacances.

Bien sûr, une journée, c'est court... Aussi, nous n'avons profité que de la petite ville en elle-même et des rives du fleuve tranquilles mais point de ses environs, composés, entre autres, de vignobles etc...

Ce fut vraiment une journée savoureuse, bucolique et culturelle autour de la Sèvre.

Des petites ruelles, des escaliers, un château médiéval, qui surveillait autrefois la frontière sud du duché de Bretagne. Les halles médiévales et l’église romane rappellent elles aussi la prospérité de la ville au Moyen Âge. Puis Clisson subit les affres de la Révolution, avant de connaître une seconde naissance au 19e siècle ! Des artistes tombent alors amoureux de cette ville et font de Clisson un ensemble architectural et paysager à l'italienne. Le dépaysement est garanti... Il flotte un air de Toscane !

Et c'est aussi à Clisson que se trouve le siège du fameux festival Hellfest !

Si vous habitez à une distance raisonnable de Clisson pour y faire une excursion à la journée, je vous le conseille chaleureusement. Sinon, vous pouvez y prévoir un week end ou plus si affinité ! Et si vous prévoyez des vacances dans l'Ouest, Clisson est une étape incontournable !

Bonne journée !

PS : D'ici 15 jours, il y aura un 2ème billet sur Clisson... Et oui, journée tellement riche qu'un seul billet n'a pas suffit à tout vous présenter !

 

UN DIMANCHE A CLISSON
UN DIMANCHE A CLISSON
UN DIMANCHE A CLISSON
UN DIMANCHE A CLISSON
UN DIMANCHE A CLISSON
UN DIMANCHE A CLISSON
UN DIMANCHE A CLISSON
UN DIMANCHE A CLISSON
UN DIMANCHE A CLISSON
UN DIMANCHE A CLISSON
UN DIMANCHE A CLISSON
UN DIMANCHE A CLISSON
UN DIMANCHE A CLISSON
UN DIMANCHE A CLISSON

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyages en France et ses îles

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Publié le 7 Mai 2021

Littérature, roman, Delphine de Vigan, les enfants sont rois, avis, critiques, chronique, blog

Roman - Editions Gallimard - 352 pages - 20 €

Parution le 4 mars 2021

L'histoire : Mélanie Claux est mère de deux jeunes enfants. Elle est surtout une des plus célèbre youtubeuse et instragrameuse française. Sur ses chaînes, elles y mets en scène tout son quotidien et surtout, ses enfants, Kimmy et Sammy, qui sont devenus de véritables stars en France, avec plusieurs millions de followers et des revenus à 7 chiffres. Tout semble parfaitement huilé pour le bonheur de tous jusqu'au jour où Kimmy est kidnappée.  Clara, jeune flic trentenaire à la vie diamétralement opposée à celle de Mélanie, mène l'enquête. Elle bascule alors dans un monde qu'elle n'imaginait pas !

Tentation : Delphine de Vigan est pour moi incontournable

Fournisseur : Ma CB dans ma nouvelle librairie dinardaise !

 

Mon humble avis : Quel livre ! Ahurissant ! Captivant !

Delphine de Vigan m'a de nouveau happée littéralement avec son nouveau roman. Pourtant, celui-ci est bien différent des précédents. Comme s'il y avait un tournant dans l'oeuvre de cette romancière que j'apprécie tant. Le tournant est déjà flagrant avec le changement de maison d'Editions. Mais cette fois ci, Delphine de Vigan n'évoque pas de sujet intime, on ne cherche pas à deviner où elle se cache entre ses lignes. Avec les enfants sont rois, Delphine de Vigan observe, tente d'expliquer et de comprendre un fait sociétal : You Tube, Instagram, l'hyper-connexion et l'étalage de la vie privée quotidienne qui devient un spectacle, qui se scénarise, qui se marchande et qui rapporte gros, pour quelques élus. L'auteure ne juge pas, elle expose et ne cache pas ses interrogations sur le sujet : l'ultra exposition sur les réseaux sociaux et ses conséquences.

La façon dont Delphine de Vigan mène son roman est magistrale et addictive. Oui, j'ai dévoré ce roman en étant souvent bouche bée, atterrée, abasourdie devant les comportements et usages décrits et expliquées par la romancière. J'ai découvert un monde dont j'ignorais tout sauf la vague existence... Je suis tombée de haut, jamais je n'avais imaginé que ces chaînes personnelles You Tube pouvaient aller si loin dans ce que j'appelle, (oui, je juge !), la bêtise totale, l'inconscience, la vacuité de valeur morale et d'éducation. Cette Mélanie, la mère des deux enfants, je l'aurais bien baffée et plongée dans l'eau glaciale tout au long du roman, malgré l'épreuve qu'elle traverse avec la disparition de sa fille. Dans le roman, Clara, la policière qui mène l'enquête, regarde donc des centaines de vidéos de Kimmy et Sammy. Elle dit : il faut le voir pour le croire. Moi je dis, il faut lire ce roman pour le croire.

Delphine de Vigan développe évidemment l'éthique autour de ses enfants stars d'internet, le travail dissimulé, l'exploitation, le droit à l'image... Les conséquences dans le quotidien de ces enfants sur-exposés (depuis leur vie sociale jusqu'à l'hyper consommation en tout genre), mais aussi, sur ces enfants lorsqu'ils atteignent l'âge adulte. Car dans la dernière partie du roman, on retrouve les personnages dans les années 2030, soit plus de 12 ans après... Et là... Surprise... Qui a ouvert les yeux, qui a continué à vivre en direct, qui développe un syndrome psychologique ? Qui est heureux ?

Un excellent roman, qui pose les bonnes questions, à lire absolument ! Une écrire toujours aussi jolie, soignée et fluide, et des personnages parfaitement construits et amenés. Un roman d'utilité publique à mettre dans toutes les mains... ce sera une bonne occasion de se déconnecter !... et d'ouvrir les yeux !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 5 Mai 2021

Littérature, stefan zweig, le joueur d'échec, avis, chronique, blog

Nouvelle - Editions Livre de Poche - 97 pages - 3 €

Parution d'origine en 1943

L'histoire : Sur un paquebot, des hommes s'acharnent à battre le champion du monde d'échecs, le grand Czentovic... Lorsqu'apparaît un inconnu, qui remporte le défi, alors qu'il affirme ne pas avoir approché un échiquier depuis plus de vingt ans. Qui est il ? Quelle est son histoire, son secret ?

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

Mon humble avis : Dernière nouvelle écrite par Stefan Zweig, peu de temps avant sa mort, et donc publiée à titre posthume.

C'est la première fois que le lis Stefan Zweig en format papier, et non en livre audio... Et je suis toujours aussi fan de cette plume distinguée qui n'en fait point trop... Mais cette plume qui captive et envoûte autant par elle-même que par ce qu'elle nous dit, nous raconte, nous fait comprendre, deviner, découvrir.... Un texte qui une fois de plus, abasourdit.

C'est étonnant, car Zweig attire avant tout notre attention sur ce curieux champion du monde d'échec, sa façon d'être placide et mystérieuse, d'autant qu'il serait analphabète et non instruit. Alors on s'imagine que le secret, l'aveu et l'histoire que vont nous raconter ces pages sont les siens. Que nenni.  Le personnage principal de ce texte n'apparait qu'en court de route... Et le récit de ses longs mois passés, emprisonné en isolement total par les nazis nous laisse pantois. Des mois dans une chambre d'hôtel spartiate, sans parler à personne, sauf de temps en temps lors d'interrogatoire... Une autre forme de torture, psychologique celle-ci, utilisée par la Gestapo. Pas de contact, pas d'échange, un lit, une table, une chaise et 4 murs... Comment ne pas devenir fou dans te telles conditions ? L'inconnu racontera :  un livre d'échecs volé dans les poches d'un geôlier... Voilà ce qui l'a sauvé. Des mois et des mois à jouer aux échecs d'abord avec de la mie de pain, puis dans sa tête. On ne peut être que bouleversé par ce témoignage de survie mentale.

Zweig nous plonge ici dans ce qui fait l'humain, et ce qu'il peut devenir sans cette caractéristique : la sociabilité, la parole, l'échange... L'homme est animal grégaire.

Zweig tente aussi de percer le mystère de la réussite aux échecs, l'activité mentale des joueurs,  c'est fascinant, et cela ne manque pas de suspens. Zweig nous donne à observer l'espèce de monomanie qui habite ces deux joueurs, pourtant si opposés l'un de l'autre... L'un est placide... l'autre est dans le passionnel... Et le passionnel n'est jamais sans risque d'excès d'addiction, avec les transformations que cela suppose...

A lire ou à relire évidemment.

Mon édition Livre de Poche, qui date d'il y a déjà quelques années, comporte une pré et une postface très intéressante. Cette dernière est en fait une biographie de Stefan Zweig, grâce à laquelle j'ai pu apprendre pas mal de chose sur cet auteur Européen avant l'heure.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 3 Mai 2021

BD - Jean Claude Servais - Le fils de l'ours - avis, critique, chronique

BD - Editions Dupuis - 72 pages - 17.50 €

Parution en octobre 2019

L'histoire : Lorsque l'Empereur Charles III le Gros répudie sa femme Richarde en 880, elle retourne dans son Alsace natale suite à une vision. Là où une ourse gratte la terre pour enterrer son petit, elle devra construire une abbaye. Quelques années plus tard, l'abbaye d'Andlau sort de terre et sera liée à cet animal, roi des forêts. Bien des années plus tard, en 1760, en plein coeur de la vallée de Munster, un village festoie. Le plus important fermier de la région pense avoir tué le dernier ours de la vallée... Et pourtant...

Tentation : le dessin

Fournisseur : ma nouvelle bib'

 

Mon humble avis : De Servais, j'ai déjà lu "Le chalet bleu" et "Le jardin de glace", deux magnifiques BD qui dont immanquablement tomber en amour pour les dessins de Jean-Claude Servais : quelle finesse dans les traits, dans les détails, dans le rendu aussi bien des villes que de la nature profonde. C'est un régal pour les yeux, on est avec les personnages ! Servais possède vraiment un coup de crayon inégalable. Si vous n'avez jamais admiré ses planches, je vous conseille d'y remédier au plus vite.

L'histoire s'ouvre à l'époque des Carolingiens... et le destin de Sainte Richarde. Quelques pages plus tard, nous faisons un bond dans le temps, et nous voici à la fin du XVIIIème siècle, dans les Vosges... Entre temps, les dogmes de l'Eglise sont passés par là, et l'Ours n'est plus le roi du bestiaire animal occidental. L'Eglise impose le lion et diabolise l'ours, qui se retrouve chassé et pourchassé dans ses moindres retranchements.

C'est cela que nous raconte savamment Servais, en usant d'un savoureux mélange de vérités historiques, de mythes et de légendes de l'époque et de fiction.  Dans la vallée de Munster, vivent deux jumelles, Eva et Maria. Qui s'y ressemblent à s'y méprendre. D'ailleurs, le jeune Matthis, malgré l'interdiction de son père le fameux fermier, en fréquentera une d'un peu trop près... et se trompera de soeur... ce qui sera lourd de conséquences, à découvrir dans cette belle histoire, qui, après une vengeance méritée du fils de l'Ours, libérera la vérité et les esprits, pour vivre enfin sereinement. Je n'en dis pas plus, le sel de ce conte se découvre page après page dans ce roman dessiné envoûtant, et qui réhabilite l'ours comme roi de nos forêts !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 1 Mai 2021

Chahdortt Djavann, La muette, roman, iran, avis, chronique, critique

Roman - Editions J'ai Lu - 125 pages - 6.60 €

Parution J'ai Lu 2011 (Flammarion 2008)

L'histoire : Elle a 15 ans, en Iran. Dans une geôle, elle attend sa sentence par pendaison. Discrètement, son gardien lui donne papier et stylo. Alors Fatemeh écrit son histoire, celle qui l'a amenée là, liée à l'amour fusionnel qu'elle voue a sa tante muette qui a osé aimé...  L'histoire d'un carnage dans l'Iran des mollahs.

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

Mon humble avis : Impossible de mettre ma joyeuse petite bannière coup de coeur pour ce roman. Car lorsque l'on achève de la lecture d'une telle histoire, point d'allégresse, d'enthousiasme débordant... On est à plat, abasourdi, atterré, K.O. Une fois de plus, on prend entièrement conscience de l'extraordinaire et vitale chance d'être né sous la bonne latitude, sous la bonne longitude.

Certes, c'est un roman... Mais pas écrit par n'importe qui ni sur un pays lambda... Chahdortt Djavann est une iranienne exilée en France. Aussi, l'Iran, elle la connait de l'intérieur, elle l'a vécue... Elle sait dont parfaitement de quoi elle parle... Et si l'histoire de Fatemeh nous est livrée via la forme d'un roman, nul doute que des milliers de jeunes femmes ont subi et subissent encore le même sort, et pour les mêmes raisons... dans les pays qui prônent la charia et pour qui les droits de l'Homme sont une notion plus que sommaire...

Le texte est fort, incisif et ne s'enrubanne pas de joliesse décorative. Fatemeh n'a ni temps ni beaucoup de papier devant elle, alors elle va droit à l'essentiel. Avant d'être traduit, son texte était écrit au kilomètre : sans ponctuation, sans paragraphe... A l'économie. J'ai beaucoup aimé la façon dont Chahdort Djavann introduit l'histoire de cette jeune fille... Un manuscrit remis en secret par une journaliste française en reportage à Téhéran. Ainsi on ne doute pas sa véracité, on le prend comme un témoignage vécu. On le lit quasi d'une traite, la gorge sèche, c'est un véritable coup de poing. La vie quotidienne  d'une jeune fille au pays des mollahs où aimer en dehors des conventions conduit à la peine de mort et où les femmes sont réduites au silence.

Bouleversant, inoubliable... Qui remet les pendules à l'heure pour les occidentaux vernis que nous sommes, malgré les difficultés que nous traversons actuellement, et que le mot "liberticide" est brandi à hue et à dia.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 29 Avril 2021

Bonjour !

Aujourd'hui, je vous fais une courte présentation d'un oiseau dont j'ignorais l'existence il y a quelques mois, mais que l'on aperçoit à peu près partout et toute l'année durant, si l'on est à l'écoute, à l'affût et plein de patience !

Car cette petite boule de plumes ne tient pas en place et virevolte sans cesse d'une branche à une autre, d'autant qu'elle apprécie les arbres et arbustes assez denses ! Donc en hiver, c'est très sportif de la saisir, d'autant qu'elle se déplace en groupe, bruyant, à la recherche de nourriture ! Il parait qu'elle est plus calme et solitaire en été, je ne peux pas encore confirmer.

Sur ces photo, elle parait "énorme"... C'est parce que ce jour là, et souvent en hiver, il faisait très froid... Et donc l'orite gonfle ses plumes pour se tenir chaud. Mais en vrai, elle est toute petite : 16 à 19 cm d'envergure, 14 cm de long (grâce à sa longue queue !) et ne pèse qu'entre 7 et 9 gr ! Elle est aussi connue sous le nom de mésange à longue queue...Mais c'est une erreur, car elle ne fait pas partie de la famille des mésanges !

Elle se nourrit d'insectes, de larves, d'oeufs d'insectes, d'araignées et de quelques graines.

 

On peut l'observer sur tout notre territoire, dans les milieux boisés ou buissonnants, dans les haies dans les parcs et les jardins, mais aussi en pleine campagne. C'est une nicheuse sédentaire, très rarement migratrice en hiver. Elle occupe ses sites toute l'année.

En bande et en vol, les orites à longues queues s'annoncent par des "tsiii tsiii tsiii", émis en sourdine. Il faut vraiment être à l'écoute et avoir l'oreille avisée pour l'entendre et le remarquer comme annonçant la présence de l'oiseau.  Son cri est un tsirr roulant et souvent répété.

 

 

 

 

Son nid ovale est en forme de bourse fermée, constituée de mousse et de lichens, tapissé de matériaux soyeux et se trouve le plus souvent dans des arbustes épineux. Jusqu'à 12 oeufs peuvent être couvés pendant deux semaines. Les petits s'envolent à l'âge de 2 à 3 semaines.

 

 

 

Rarement observée seule, l'Orite à longue queue passe l'essentiel de sa vie au sein d'un groupe familial.

 

Ce dernier peut compter 3 ou 4 membres au début de la saison de nidification et jusqu'à 20 ou plus après celle-ci, en automne et en hiver. Les groupes plus importants comprennent plusieurs familles. Les membres du groupe défendent un territoire aussi bien durant la nidification qu'en hiver pour s'y nourrir et y dormir. Bien qu'elle erre çà et là à travers les bois et le long de haies en hiver pour y chercher sa nourriture, l'Orite à longue queue ne s'aventure que rarement au loin et reste pendant des années dans le même secteur.

Durant leur incessante quête de ravitaillement, les bandes sont souvent accompagnées

par de véritables mésanges, des roitelets et d'autres petits passereaux forestiers. Les mœurs sociables de l'Orite à longue queue lui permettent de survivre en hiver. En se serrant les uns contre les autres le long d'une branche, le plumage ébouriffé, ces petits oiseaux perdent aussi peu de chaleur que possible.

 

 

Son vol est considéré comme lent et onduleux !

Lors des hivers rudes, la mortalité est forte. Dans le nord, les orites passent les neuf dixièmes de chaque journée d'hiver à se nourrir, parcourant ainsi 7 km environ et restant juste deux minutes dans chaque arbre.

En tout cas, c'est vraiment un oiseau mimi tout plein ! Que j'entends plus que je ne vois, et que je ne parviens à photographier que rarement. J'espèce cet été avoir la chance d'observer des petits !

J'espère qu'en étant un peu plus avertis par cette publication, vous aurez la chance de l'observer ! Quant à moi, depuis le 1er janvier 2021, ce sont 75 espèces d'oiseaux différentes que j'ai eu l'occasion de photographier et de rencontrer. Pour la plupart d'entre elles, j'ignorais leur existence il y a quelques mois. ! La nature est encore riche, observons et protégeons là !

Le mois prochain, je vous présenterais le pic épeiche !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Le coin ornitho

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Publié le 27 Avril 2021

Littérature, roman, marc dugain, transparence, anticipation, numérique, vie éternelle, avis, critique, chronique

Roman - Editions Folio -226 pages- 7.50 €

Parution Folio janv 2021 (Gallimard 2019)

L'histoire : En Islande, dans les années 2060. Cassandre est accusée de son propre assassinat par la police locale. Comment est-ce possible ? Cassandre est président de la start up qui vient d'aboutir au projet révolutionnaire sur l'immortalité : lors du décès d'un être humain, il est désormais possible de transplanter son âme dans une enveloppe corporelle artificielle, et d'ainsi, lui offrir l'immortalité... sous certaines conditions. Est-ce ainsi qu'il sera possible de sauver l'humanité ?

tentation : Pitch et blogo

Fournisseur : Ma CB dans la petite librairie de ma nouvelle ville :)

 

Mon humble avis : Allez hop ! Un coup de coeur ! Même si ce roman dystopique n'est pas parfait, que j'y ai trouvé quelques défauts que je ne pourrais dévoiler sous peine de spoiler l'essentiel et son issue.

Attention, Tansparence n'est pas de tout repos à lire. Il nécessite concentration, suite dans les idées pour prendre vraiment les mesures des tenants et des aboutissements des "théories" développées. L'ouvrage de Marc Dugain demande aussi que l'on s'y investisse car c'est avant tout une extraordinaire et complètement dément outil de réflexion tant personnelle, que collective. En fait, l'histoire est vraiment secondaire, elle est d'ailleurs ce que j'appelle une histoire prétexte pour dire, dénoncer et générer une réflexion constructive même si parfois malaisée. C'est ce que j'ai aimé dans ce roman, d'être ballotée dans certaines de mes certitudes, d'hésiter dans ce que je souhaite pour moi (entre l'idée et la réalité), de me demander sans cesse ce qui serait vraiment bon pour l'humanité en solutionnant les problématiques et les grosses imperfections de mon espèce, et la menace qu'elle représente pour notre planète Terre.

La clairvoyance de Marc Dugain sur notre monde actuel m'a permis de mettre des mots là où je n'avais que des sensations, des perceptions. Car c'est à travers ce que pourrait bien devenir notre futur que le romancier décortique notre présent, et il le fait avec autant de clarté que de cynisme, d'humour, d'autodérision, affliction et chagrin. Marc Dugain le visionnaire ! Mais il s'est tout de même trompé sur un point : Trump n'a pas été réélu !

Evidemment, au XXIème siècle, le nerf de la guerre est le numérique à outrance, les progrès technologiques, l'argent, l'enrichissement. Et d'un autre côté, il y a le réchauffement climatique qui réduit les portions habitables du monde, accompagné d'une surpopulation et d'une surconsommation (en piochant royalement dans les réserves épuisées d'une planète exsangue)... Marc Dugain dresse la liste de tout ce que l'Homme a fait de : depuis les religions, en passant par la vie quotidienne, via la pollution, l'ultra connexion, la mentalité individualiste etc. Mais aussi le savoir illimité via le numérique et les réseaux sociaux qui n'est autres qu'une superposition de tranches de savoir mais sans aucune compréhension et analyse personnelle. La production individuelles et collectives exponentielles de données... oui, on produit de vide qui vaut une fortune... Cette sensation de liberté via les réseaux, alors qu'en étant connecté sans cesse et partout, on soumet à un autre diktat et on donne tous les éléments nécessaires à notre manipulation économique, politique, consommatrice, journalistique etc...

L'Homme avait tout pour réussir ce la planète qu'il lui a été dévolu mais comme ce n'était pas assez, il a échoué. Il est tant non pas de changer, mais de tout reprendre à zéro. Alors la vie éternelle sur Terre pour celles et ceux qui le méritent sous certaines conditions serait-elle la solution ? A vous de vous faire votre idée !

C'est évidemment un cri d'alerte et un appel à une réelle prise de conscience suivie de fait que lance ici Marc Dugain. Bon, la fin m'a désappointée... mais vu ce qu'elle nous révèle (je n'en dirai pas plus ! et c'est là que j'ai trouvé quelques défauts, comme des éléments importants passés à la trappe de l'oubli) c'est peut-être mieux comme ça ? Quoique ? Arrf je ne sais plus trop ! Oui, non, mieux vaut arrêter les dégâts ! Bref à lire, à réfléchir, à méditer, mais aussi, à agir !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 25 Avril 2021

Allez, un petit dimanche en photo... de nature. La nature, source inépuisable d'inspiration quand on la regarde avec des yeux étonnés, accueillants, curieux.

Cette série de photos, je l'ai prise à au début de l'automne dernier puis lors du 2éme confinement dans mon kilomètre carré alors autorisé. Lumière, fleurs, feuilles, couleurs, formes, sont autant d'invitation à s'arrêter ou s'approcher ! La nature est bien vivante, même en automne !

Bon dimanche !

UN DIMANCHE D'AUTOMNE DANS UN 1KM²
UN DIMANCHE D'AUTOMNE DANS UN 1KM²
UN DIMANCHE D'AUTOMNE DANS UN 1KM²
UN DIMANCHE D'AUTOMNE DANS UN 1KM²
UN DIMANCHE D'AUTOMNE DANS UN 1KM²
UN DIMANCHE D'AUTOMNE DANS UN 1KM²
UN DIMANCHE D'AUTOMNE DANS UN 1KM²
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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Mes couleurs du monde

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