Publié le 4 Décembre 2023

BD - Editions Futuropolis - 104 pages - 20 €

Parution le 4 octobre 2023

L'histoire : Quand Louis reçoit cette invitation d'Agathe, il est un peu ému. Et intrigué. Il y a si longtemps. Même si elle ne lui avait plus jamais donné de nouvelles, il ne l'avait jamais oubliée. Des quelques années qu'il a passées avec elle au bord de la Loire, Louis garde un souvenir ébloui. Alors il ne résiste pas à l'idée de prendre quelques jours pour revenir dans la lumière du fleuve.

Il arrive à l'aube. Agathe n'est pas là. La maison semble vide. À ce moment-là, il ne sait rien de ce qui va suivre. Il ne sait rien de la surprise qu'Agathe a réservée aux gens qui l'ont aimée...

 

Tentation : Le nom Davodeau, comme une promesse !

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Etienne Davodeau sait nous parler des gens, de nous, des autres. Des vivants, des disparus, mais toujours des simples... Et son trait de crayon dessiner les lieux et une fois de plus magnifique. Il laisse à sentir, entendre, écouter, regarder... D'ailleurs plusieurs planches ne sont là que pour ça... Nous inciter à ralentir, à s'arrêter et à regarder ce qui nous entoure, ces lieux qui nous sont chers ou inconnus. L'eau, la flore, la faune (avec ces superbes oiseaux : Grand Cormoran, Héron Cendré, Sterne Pierregarin, Martin Pêcheur, Vanneau huppé) et les paysages forment des tableaux extraordinaires. La quiétude du lieu malgré les courants tumultueux est une bonne métaphore pour évoquer aussi les personnages, et chacun de nous... Notre apparente quiétude publique et nos tourments intérieurs... Donc rien pour que pour le plaisir des yeux, cette bande dessinée est à lire, à offrir.

Quant à l'histoire, elle est très touchante, émouvante. Empreinte de nostalgie, de mélancolie, de regret, d'amertume, elle réunit des personnages qui ne se connaissent pas ou peu... Leur lien commun : Agathe, l'instigatrice de cette réunion et en même temps la grande absente. On ne verra pas l'héroïne de ce récit, mais son lieu de vie et ce qu'en disent les invités dressent un portrait bien vivant de cette femme. C'est Louis qui raconte ces moments vécus entre les hôtes et les invités. Louis tutoie, et lorsque l'on comprend à qui il s'adresse, on est encore un peu plus remué. L'intime, les failles, les méandres et les regards sur la vie, passée ou à venir, le temps qui passe s'immiscent délicatement entre les personnages le temps d'un week end, avant que chacun ne reprenne sa route, sans douté changé à jamais.

Le plus souvent, c'est le décor qui sert l'histoire, ici, c'est le contraire, c'est l'histoire qui est prétexte au décor. C'est très beau, lumineux et poétique.

L'avis de Lecturissime

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 2 Décembre 2023

Film de Delphine Deloget

Avec Virginie Efira, Félix Lefebvre, Arieh Worthalter, India Hair

Synopsis : Sylvie vit à Brest avec ses deux enfants, Sofiane et Jean-Jacques. Une nuit, Sofiane se blesse alors qu’il est seul dans l’appartement. Les services sociaux sont alertés et placent l’enfant en foyer, le temps de mener une enquête. Persuadée d’être victime d’une erreur judiciaire, Sylvie se lance dans un combat pour récupérer son fils.

Mon humble avis : Un rien est tout bascule... Parce que la société s'en mêle ou parce que la société protège envers et contre tout. Sommes-nous dans une époque surprotectrice ou le moindre accident n'est plus toléré ou sommes-nous une société qui prévient plutôt que de guérir ? Sylvie se retrouve dans une spirale infernale... Plus elle se débat, plus elle s'enfonce. Il faut dire que cette mère aime ses enfants plus que tout au monde, mais qu'elle est tout de même bien insouciante. Et qu'en plus, on ne peut pas dire qu'elle s'entoure très bien. Et la personne qui semble la plus structuré autour d'elle, c'est son frère aîné... On hésite entre faire de lui un égoïste ou un homme qui se protège de cette inconséquence et cette légèreté familiale, qui peuvent paraître pour toxiques. Car il y a aussi le petit frère de Sylvie, pire qu'un boulet, un homme à qui on aimerait donner des coups de pied au C...

La tension monte au fur et à mesure que Sylvie s'accroche et décroche en même temps.  On sort de ce drame social complètement K.O et bouleversé ! Sans savoir pour autant se faire une  opinion précise de la situation. Est-ce une femme victime de la rigidité de l'administration et de la justice française, ou un enfant sauvé d'une gravité potentielle. Le film ne tranche pas, et ne juge pas cette mère courage déboussolée. Mais il montre tout de même que l'enfer peut être pavé de bonnes intentions, des deux côtés. En tout cas, c'est une famille qui reste unie, mais c'est une famille démolie. Un film haletant, et évidemment, avec Virigine Efira, il ne peut-être que magistralement incarné ! Le film est maîtrisé, bien documenté, la réalisatrice sait de quoi elle parle et de toute façon, impossible de traiter un tel sujet à la légère.

En y réfléchissant, je me dis que si la justice française n'était pas aussi empêtrée dans sa lenteur incontestable, le drame n'aurait pas pris une telle ampleur. Mais bon. En tous cas, un film qui interroge profondément !

L'avis de Pascale

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 29 Novembre 2023

Roman - Editions Sixtrid - 10h d'écoute - 19.95 €

Parution d'origine éditions du Seuil 2012

L'histoire : En Suède, fin des années 50, Hans Olofson est adolescent. Elevé par un père frustré par sa destinée et alcoolique dans une bourgade plutôt isolée. Hans va perdre ses deux meilleurs amis, Stur et Janine, de façon brutale. Quelques années plus tard, toujours plus ou moins désoeuvré, il part pour l'Afrique, réalisant ainsi le rêve de Janine. 

Il débarque alors en Zambie, indépendante depuis quelques années. Ce qu'il voit de l'Afrique le questionne et l'effraie. C'est sûr, il va repartir très vite, ce continent n'est pas pour lui. Et pourtant, 18 ans plus tard, Hans est toujours là, même si sa vie est devenue un vrai cauchemar.

tentation : ma PAL audio

Fournisseur : La bib de Rennes

Mon humble avis : En fait, Hans restera 18 ans en Zambie car peu de temps après son arrivée, il rencontre Judith, grande propriétaire terrienne, qui n'arrive plus à gérer seule sa production d'oeufs. Hans l'aidera donc à régir la ferme et quand Judith, épuisée, décide de quitter l'Afrique pour rentrer en Europe, elle cède à Hans son exploitation, avec quelques arrangements financiers.

Les chapitres s'alternent... La jeunesse d'Hans en Suède, les déboires qui le mèneront au grand départ pour la Zambie. J'avoue, ces chapitres-là ne m'ont pas fascinée, et j'ai plutôt subi leur longueur. Par contre les chapitres se déroulant en Zambie m'ont captivée. Donc j'aurais aussi bien pu mettre 2 pattes que 5 pattes de chat ! J'ai coupé la poire en deux !

Car évidemment, lors Hans débarque en Afrique, il est choqué par le comportement raciste et suprémaciste des blancs envers les noirs, découvre tous les dysfonctionnent du pays, et le gouffre qui sépare les deux mentalités en place : noire et blanche.

Lorsqu'il prend la tête de la ferme de Judith, il se jure qu'avec lui, ce sera différent. Il mettra en place des idéaux de justice sociale et humaine... Meilleurs salaires, respect, construction d'école, responsabilisation, formation des noirs aux postes à responsabilités etc... Toute sa vie durant là-bas, il essaiera de répondre à cette question : les noirs ont-ils besoin des blancs. Il se confrontera à mille difficultés (dont la corruption qui gangrène le pays), et surtout à la superstition ancestrale, donc le poids est tel qu'elle devient réalité. Au bout de 18 ans, Hans constatera avec dépit : Je ne les comprends toujours pas, je ne comprends toujours pas ce pays... Le problème est que je n'ai pas appris à penser comme un noir, un noir pour qui la lenteur est synonyme d'intelligence et de réflexion, là où le blanc ne cherche qu'efficacité etc...

Il vit donc 18 ans, sans jamais se sentir en sécurité, dans ce pays où les blancs méprisent les noirs qui, en retour, les haïssent. Et puis il y a la politique du gouvernement, et l'opposition... Les léopards, qui mènent des exactions que l'on qualifierait de terrorisme intérieur maintenant. De félin, Hans n'en verra pas en 18 ans. Mais Hans se retrouve bel et bien dans l'oeil du léopard, menaçant, violent.

Henning Mankell, conteur et narrateur par excellence, sans manichéisme, nous parle de cette Afrique là, qu'il connaissait si bien pour y avoir passé une bonne partie de sa vie...

"Ce continent blessé, sa superstition, sa sagesse, sa misère et la souffrance que les blancs lui ont imposé. De l'avenir de l'Afrique, de l'opposition digne et admirable qui arrive toujours à survivre dans les parties les plus piétinées du monde. De cette Afrique qui a été sacrifiée sur l'autel occidental, qui a été dépossédée de son avenir pour une ou deux générations. Un pays meurtri par l'avidité du gain. Il y a ceux qui cherchent à comprendre le monde pour en profiter, d'autres pour le transformer, sans forcément utiliser la bonne arme et le bon moment".

Moult dialogues (offrant les différents points de vue et opinions) entre les protagonistes de ce roman, qu'ils soient noirs ou blancs, mériteraient d'être lus et relus, tant ils permettent de mieux comprendre le monde et ses distorsions.  

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 27 Novembre 2023

BD - Editions Dargaud - 76 pages - 16.50 €

Parution en mars 2023

L'histoire : Jusque-là, pour Victor, une année scolaire, c'est du saut à l'élastique sans l'élastique. Ce qu'il préfère ? Écouter les Rolling Stones, se gaver de loukoums avec son copain Haïçam, parler mécanique avec son drôle de père... Mais lorsque Marie-José, génie absolue, déboule dans sa vie un beau jour de contrôle de maths, c'est tout son univers qui implose... Pourquoi, soudainement, cette intello et violoncelliste de talent, a-t-elle besoin de lui ? Une amitié étrange va naître entre ces deux ados que tout oppose. Vont-ils pouvoir cacher le secret de Marie-José jusqu'au bout ?

 

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Bib de St Lunaire

Mon humble avis : Quelle magnifique BD ! Une lecture qui donne le sourire, qui émeut, qui bouleverse, qui amuse, qui interroge, questionne et prouve... prouve que tout est possible quand on s'en donne les moyens, ou quand une main, la bonne main, vous est tendue. Bref, dans cette histoire, on va du sourire aux larmes d'émotions.

Pourtant, nos deux héros vivent des épreuves douloureuses. Victor est en échec scolaire et Marie-Josée est en train de perdre la vue de façon irrémédiable. D'une façon ou d'une autre, chacun va devenir le support de l'autre, qui leur permettra à tous les deux de se réaliser, de se révéler, tant à eux-mêmes qu'aux autres. Et évidemment, une très belle amitié va naître entre ces deux adolescents.

Adolescents ? Oui, en fait, cet album est l'adaptation du roman jeunesse éponyme de Pascal Ruter (2012). Mais cette BD s'adresse aussi bien aux adolescents qu'à leurs parents... Ou même à une vieille célibataire sans enfants comme moi, qui sait apprécier les belles histoires bien racontées, et superbement dessinées !

Les sujets abordés sont donc l'échec scolaire, le handicap, le harcèlement scolaire, le divorce, la monoparentalité. Vu comme ça, le menu peut paraître indigeste mais en fait, pas du tout.  Car ce qui émane surtout, c'est l'entraide, la bienveillance, le courage, l'importance des rêves et des passions. Pas de pathos dans ces pages, au contraire, le ton est résolument positif. Le seul petit reproche que l'on pourrait faire à cette album est qu'il soit peut-être un peu trop optimiste par rapport à la réalité ! Car Victor, présenté comme un ado rebelle, est tout de même bien sage, ouvert, intelligent, bienveillant etc.. Mais après tout, qu'importe, c'est une belle histoire qui fait du bien. Une merveilleuse aventure humaine !

Les tomes 2 et 3 sont annoncés, mais ce tome 1 peut se lire en one shot !

 

L'avis de Noukette 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 25 Novembre 2023

Roman - Editions Actes Sud - 209 pages - 8.08 €

Parution en avril 1999 !!!

L'histoire : Celle de Mr Bones, à Baltimore. Depuis 7 ans, il vagabonde aux Etats Unis avec Willy Christmas, son meilleur et seul ami. Willy est un peu écrivain, un peu Père Noël, souvent alcoolisé et la tête en vrac, depuis que des années plus tôt, une pilule avalée l'a sorti du rang. Willy est malade, il tousse beaucoup, il va mourir. Mr Bones va se retrouver seul. Mr Bones a 4 pattes, c'est un chien, et Tombouctou est son histoire.

 

Tentation : Le titre et l'auteur

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

 

Mon humble avis : Livre acheté d'occasion il y a longtemps, sur la promesse du titre et de son auteur, je pensais m'embarquer pour un voyage au Mali !!! Grosse erreur !

Tombouctou, d'après Willy et Mr Bones, c'est simplement le paradis, où l'on va quand notre vie terrestre s'achève.

Willy est un laissé pour compte, fort de sa longue expérience de vagabondage, rêveur, barré, imaginatif, philosophe, et Père Noël, depuis que ce dernier lui est apparu dans l'écran de télévision, un soir particulièrement arrosé. Tout ce que Willy veut, c'est vivre dans l'esprit de Noël, c'est à dire, faire le bien autour de lui. Et une fois l'an, il revêt son costume.

Pour l'accompagner dans son errance, Mr Bones, chien croisé X qu'il a adopté chiot. Mr Bones est un chien particulier, très intelligent, qui comprend le langage humain, qui développe une capacité d'analyse des situations extraordinaire. Suite au décès de Willy, il erre seul, fait étape quelque temps dans un jardin aux bons soins d'un petit garçon, repart pour sauver sa peau, et arrive enfin dans un état catastrophique dans celui d'une famille très middle class.

Evidemment, on s'attache très fort à ce Mr Bones , il émeut beaucoup ce toutou qui nous offre un regard très lucide sur son entourage, son environnement. Ce roman peut être lu à plusieurs niveaux de lecture évidemment.  Outre l'errance d'un chien, c'est aussi le portrait d'une certaine Amérique et une épopée à portée initiatique, fourmillant de valeurs morales, et pourquoi pas aussi, un bon brin de philosophie avec moult questions existentielles. C'est aussi et surtout un roman qui dit l'attachement inconditionnel des chiens à leurs maîtres. On peut donc y voir un plaidoyer contre l'abandon. Et Paul Auster va plus loin et devance la législation de nombre de pays en affirmant haut et fort que les chiens (et donc les animaux) ont une âme et sont doués de sensibilité. Pour info, en France, la loi modernisant le statut juridique de l'animal dans le Code Civil, faisant passer l'animal de "bien meuble" à "être vivant doué de sensibilité" ne date que de 2015...

Donc en 1998 (date à laquelle ce roman a sans doute été écrit), on en était encore loin.

Quoiqu'il en soit, c'est une lecture agréable malgré quelques longueurs. Bien sûr, narration et style sont impeccables, mais j'ai trouvé que c'est "juste" une lecture gentille, sans que ce soit péjoratif non plus ! 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 23 Novembre 2023

Roman - Editions Audiolib - 11h52 d'écoute - 25.45 €

Parution d'origine chez Gallmeister  en 2018

L'histoire : Celle de Turtle, jeune fille de 14 ans, dans le Nord de la Californie. Elle arpente les bois avec son fusils et son pistolet, qu'elle manie à la perfection. Elle vit seule avec son père, un être instable, charismatique et abusif. Elle n'y voit rien d'anormal, jusqu'à ce qu'elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qui lui offre son amitié. Dès lors, Turtle n'aura de cesse que d'échapper à son père.

Tentation : La blogo

Fournisseur : Ma PAL (Bib de Rennes)

 

 

Mon humble avis : Lors de sa parution il y a quelques années, ce roman est vite devenu un véritable phénomène littéraire de par le monde. Je m'y suis enfin confrontée... Et confrontée est vraiment le terme idoine. Car cette lecture est tout sauf confortable, même si bien sûr, elle reste captivante et témoigne d'un talent narratif extraordinaire.

Turtle est de ces héroïnes qu'on ne lâche pas, pour qui l'on développe une empathie tellement forte qu'elle devient en douloureuse puisqu'impuissante. Turtle, je pense que lorsqu'on l'a rencontrée, on ne peut plus jamais l'oublier. C'est à vie qu'elle reste dans un coin de notre mémoire.

Turtle vit seul avec son père. Martin est autoritaire, érudit, misogyne, violent, à tendance survivaliste et surtout possessif. D'où le titre d'ailleurs, qui parait tendresse (Mon amour absolu), alors qu'il est exclusif. Jamais Martin ne laissera Turtle partir. Et par-dessus tout, Martin est abusif et maintient, sous forme de différents chantages, sa fille dans une relation incestueuse qui oscille entre l'amour et la haine. Turtle subit donc une violence physique, psychologique et morale atroce, et qui malmène le lecteur... Pour Martin, mieux vaut savoir utiliser une arme qu'apprendre les leçons de l'école, et donc du système américain. Turtle est donc sous l'emprise malsaine de Martin, et comme ils vivent en vase clos (à part l'école), elle ne connaît que cela, et n'y voit à priori rien de répréhensible.

Jusqu'à ce qu'elle rencontre Jabob et ses amis... Là, elle ouvre peu à peu les yeux... Et nous suivrons son évolution psychologique et son combat pour se libérer de son abominable père, pour rester digne, pour devenir la bonne personne qu'elle souhaite être... C'est un combat physique, mais aussi terriblement intérieur, qu'elle doit mener avec elle-même pour préserver son âme de la tentation du mal qui l'entoure.

La tension monte au fur et à mesure, devient intolérable comme l'est tout ce que Turtle subit, et pourtant, on ne peut être qu'admiratif devant tout ce qu'elle est capable d'encaisser, et toute l'énergie du désespoir et la puissance expérimentée qui émane d'elle, tant dans la force, que dans l'esprit.

Malgré quelques longueurs (et oui, incontournables dans les romans US) et l'aspect assez glauque de cette histoire, on s'accroche, on va au bout, incapable de laisser Turtle en chemin. L'auteur ne juge pas ses personnages, même les pires, car ils ont tous leurs bagages. Ce roman est très américain, puisque les armes à feu y sont très présentes.

C'est une titanesque émancipation de l'enfer que Gabriel Tallent nous conte là, et je vous la conseille, si vous vous sentez prêts. Oui, je pense que pour un tel roman, il faut trouver le bon moment. Car c'est un coup de poing !

 

Le billet de Sylire 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 21 Novembre 2023

Film de Frédéric Tellier

Avec Benjamin Lavernhe, Emmanuelle Bercot, Michel Vuillermoz

Synopsis : Né dans une famille aisée, Henri Grouès a été à la fois résistant, député, défenseur des sans-abris, révolutionnaire et iconoclaste. Des bancs de l’Assemblée Nationale aux bidonvilles de la banlieue parisienne, son engagement auprès des plus faibles lui a valu une renommée internationale. La création d’Emmaüs et le raz de marée de son inoubliable appel de l’hiver 54 ont fait de lui une icône. Pourtant, chaque jour, il a douté de son action. Ses fragilités, ses souffrances, sa vie intime à peine crédibles sont restées inconnues du grand public. Révolté par la misère et les injustices, souvent critiqué, parfois trahi, Henri Grouès a eu mille vies et a mené mille combats. Il a marqué l’Histoire sous le nom qu’il s’était choisi : l’Abbé Pierre.

Mon humble avis : Quel film ! On en sort forcément chamboulé, et sans doute chacun se questionne intérieurement : "et moi, que fais-je pour améliorer le sort des autres, pour bonifier le monde ?". Et en même temps, j'ai comme ressenti une forme de découragement. Tant d'énergie dépensée par un tel homme et d'autres de son espèce, et pourtant, ce n'est pas suffisant, puisque la situation ne change pas vraiment, que des hommes, des femmes et des enfants vivent toujours dans la rue, ici en France et partout dans le monde. L'abbé Pierre voulait sauver le monde, et cependant, il a souvent ressenti une sensation d'échec devant cette misère persistante. Et pourtant, il en a sauvé des vies, en tant que résistant, puis en tant "qu'Abbé Pierre / Emmaüs". Il en a ramené à la vie des gens perdus, il leur a rendu des dignités...

Moi, j'ai sauvé des animaux, j'ai sauvé une personne au bout du rouleau par mon témoignage, j'ai trié des collectes alimentaires, mais rien d'autre... Bref, voilà ma réflexion en sortant de ce film...

Que tout le monde devrait voir, tant il est un formidable témoignage d'humanisme, de courage, de persévérance, d'altruisme, de colère constructive.

L'abbé Pierre - une vie de combats est un film épique, qui couvre plus de 70 années de la vie de cet homme... On le découvre jeune moine, puis soldat au début de la 2ème Guerre Mondiale, puis résistant, puis député puis... "juste" Abbé Pierre. Evidemment, je connaissais le personnage et son oeuvre mais j'étais loin d'imaginer l'étendue internationale de celle-ci. A l'époque, j'avais aussi vu le film Hiver 54 avec Lambert Wilson (en 1989-1990). C'est fou comme on peut connaître et méconnaître en même temps, car de sa vie, de la naissance et de l'évolution de ses engagements, de ses doutes, je ne savais rien.  J'ignorais même l'existence de cette fabuleuse et dévouée femme qu'est Lucie. La portée et l'environnement politique des différentes périodes m'avaient toujours échappé.

A mes yeux, le film est magistralement réalisé... Depuis son déroulement clair malgré les ellipses nécessaires (couvrir 70 ans en 2h, c'est pas facile facile), en passant par les décors de reconstitution, le maquillage... Et évidemment l'interprétation...  On a franchement des acteurs excellents en France ! Benjamin Lavernhe est plus qu'extraordinaire et convaincant, il est bluffant. Avec Emmanuel Bercot, ils forment vraiment un duo extraordinaire, où chacun complète l'autre.

Récemment, j'ai lu le défi de Jérusalem d'Eric Emmanuel Schmitt... Livre postfacé par le Pape François qui dit globalement : le chrétien n'a pas pour mission d'évangéliser ni de convertir, mais de témoigner et d'aimer... Et ces témoignages, dans mon environnement, je n'en vois pas beaucoup... Mais l'Abbé Pierre était de ceux qui témoignaient en aimant l'autre, en allant vers l'autre ou en l'accueillant. Jamais dans le film, on ne le voit chercher à convertir quiconque. Manifestement, sa foi était son support personnel, mais en rien son étendard. Il s'est donné corps et âme. Je ne sais pas si, de notre époque, émaneront d'autres personnages tels que l'Abbé Pierre, Soeur Emmanuelle ou d'autres, capables de déplacer des montagnes à eux seuls, d'unir et de réunir... L'avenir nous le dira... 

En tout cas, ce film magnifique, bouleversant est à voir absolument.

L'avis de Pascale

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 19 Novembre 2023

Et voilà, je vous emmène au Maroc, à Fès plus précisément, lieu de mon dernier voyage, quelques jours fin septembre, avec 4 des mes anciennes collègues Nouvelles Frontières, pour y retrouver notre ex cheffe, qui vit là-bas depuis 10 ans. Donc un programme entre retrouvailles et visites, avec une guide de premier choix !

Capitale spirituelle du Maroc, Fès fut fondée au VIIIème siècle et compte aujourd'hui plus d'un million d'habitants (entre la vieille ville- la médina-, et la ville nouvelle). La médina comporte plus de 900 rues et ruelles, certaines tellement étroites que s'y croiser est difficile ! Au milieu de ce dédale, se trouve les tanneries de Fès. Maroc... Maroquinerie... vous faites le lien... C'est donc une visite incontournable pour l'une des spécialités de ce pays. 

 

Nous avons donc visité la Tannerie de Chouara, vielle de 1000 ans ! A l'entrée, une femme vous propose une branche de menthe, à mettre sous votre nez, tant l'odeur y est insupportable pour les non habitués. D'ailleurs, on ne reste près que peu de temps, et dès que les nausées s'annoncent chez l'une d'entre nous, nous quittons le lieu... pour aboutir dans la boutique de cuir... le trajet est fait pour que vous n'y échappiez pas !

Les tanneries de Fès se composent de nombreux vases en pierre remplis avec une vaste gamme de teintures et de liquides divers répandus comme une grande palette d’aquarelles. Des dizaines d’hommes, dont beaucoup sont debout jusqu’à la taille dans les colorants, travaillent sous le soleil brûlant. Les tanneries traitent les peaux de vaches, de moutons, de chèvres et de chameaux, les transformant en articles en cuir de haute qualité tels que des sacs, manteaux, chaussures et souliers. Tout cela est réalisé à la main, sans nécessiter l’utilisation de machines modernes, et le processus n’a que très peu changé depuis l’époque médiévale (Site Génération voyage)

A la tannerie de Chouara, les peaux sont tout d’abord trempées dans un mélange d’urine de vache, de chaux vive, d’eau et de sel. Ce mélange caustique contribue à décomposer la résistance du cuir, détacher l’excès de graisse et de chair, et des poils qui sont restés dessus. Les peaux y sont trempées pendant deux à trois jours, après quoi les tanneurs suppriment à la main les excès de poils et de graisse en vue de préparer les cuirs pour la teinture (Site Génération voyage)

Les peaux sont ensuite trempées dans un autre ensemble de cuves contenant un mélange d’eau et d’excréments de pigeons. L’excrément de pigeon contient de l’ammoniaque qui agit comme agent adoucissant qui permet aux cuirs de devenir malléables afin qu’ils puissent absorber le colorant. Le tanneur utilise ses pieds nus pour malaxer les peaux jusqu’à trois heures durant pour obtenir la souplesse souhaitée. Voilà pourquoi à Fès les Pigeons bisets sont très nombreux, et même élevages.

Les peaux sont ensuite placées dans des fosses de teinture contenant des colorants végétaux naturels, tels que la fleur de pavot (rouge), l’indigo (bleu), le henné (orange), le bois de cèdre (brun), la menthe (vert), et le safran (jaune). D’autres matériaux utilisés pour la teinture comportent de la poudre de grenade, qui est frottée sur les peaux pour les rendre plus lâches, et de l’huile d’olive, qui les rendra brillantes.

Une fois que le cuir est teint, il est mis à sécher au soleil. Le cuir fini est ensuite vendu à d’autres artisans qui fabriquent les célèbres chaussons marocains, connues sous le nom de babouches, ainsi que des portefeuilles, des sacs à main et autres accessoires en cuir. Beaucoup de ces produits se frayent un chemin dans les marchés européens (https://generationvoyage.fr/tanneries-traditionnelles-fes-maroc)

Au niveau de la ville de Fès le chiffre d'affaires du secteur du cuir s'est élevé à plus de 1,2 MMDH, soit 40% du chiffre d'affaires total du secteur de l'artisanat dans cette ville, qui s'élevait à 3 MMDH. Le secteur du cuir à Fès emploie plus de 15 000 artisans traditionnels, soit 41% travaillant à Fès.

Ces chiffres, datant de 2018, reflètent une belle réalité d’un secteur en pleine expansion, cependant et malgré son importance, le secteur du cuir souffrait déjà, bien avant l’avènement de la pandémie. En effet, un certain nombre de problèmes, tant au niveau de l’approvisionnement en cuir brut et en matière de tannage végétal que de la commercialisation des produits en cuir, aussi bien au niveau national qu’international, en plus de la faible participation des jeunes aux effectifs de la filière cuir dans les établissements de formation professionnelle, entravaient la bonne marche du secteur, ce qui menace sérieusement la pérennité de l’artisanat de cette filière. (lavieeco.com)

Vers l'an 1325, il existait environ 80 "maisons de bronzage"... il n'en reste que 3 aujourd'hui.

 

 

 

Copy right des photos Géraldine BUSSON.

Toutes les photos sont miennes et interdite de reproduction et de tout usage sans mon accord.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyages en Afrique

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Publié le 17 Novembre 2023

Roman - Editions Calman Levy - 280 pages - 18 €

Parution le 23 août 2023 : Rentrée littéraire et prix Renaudot

L'histoire : Alex, 45 ans, célibataire et parisienne, est compositrice de musiques de film. Elle décide de fuir la capitale, et de s'exiler avec son minimum vital dans un coin du Finistère, proche de la mer.... Partir, quitter, pour se réinventer.

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Ma CB

 

 

 

Mon humble avis : "Marie Thérèse, ne jurez pas"! 

Mais si, je vous jure, j'ai acheté ce roman quelques jours avant qu'il ne soit couronné du prix Renaudot 2023 !" 

Oui, parce que j'en avais envie, parce que Alex, 45 ans, qui quitte Paris pour se réinventer dans le Finistère, ça aurait pu être moi qui quitte Rennes à 49 ans pour Dinard, qui quitte Lille pour la Guadeloupe, qui quitte Lille pour Paris, Paris pour la Bretagne,  Rennes pour la Guadeloupe, Lille pour Londres etc... Bref, tous ces endroits qui j'ai quittés, certainement pour me réinventer, ayant sans doute la sensation à chaque fois d'être parvenue au bout de quelque chose.

Bon, et bien Alex n'est pas moi, et je ne suis pas Alex. Notre point commun : le célibat, et donc la solitude, qui deviennent un choix.... Et donc un luxe lorsqu'il est assumé.

Pour le reste, rien de bien semblable... Car ce roman m'a paru très "entre soi". A mes yeux, il reste très parisien, très "le marais", très bobo artistes et de ce fait, il passe un peu à côté de l'universalité du sujet. Les personnages trainent une mélancolie sur-vitaminé d'activités et de relations qui ne semblent là que pour tromper l'ennui. Ils pourraient paraître "enfants gâtés" et pourtant, c'est tout l'inverse, puisque chacun traine des bagages remplis de plomb... Tous les décès autour d'eux sont liés à des suicides, à des overdoses etc. Tous font ou on fait usage de substances illicites et tous aiment parfois au féminin, parfois au masculin ou les deux.

Donc Alex débarque dans le Finistère, loue une maison sans confort et s'installe, s'adapte, découvre au fur et à mesure son nouvel environnement, et cette vie faite désormais de silence et d'isolement. Elle constate les différences entre le Finistère et Paris, pense à ses meilleurs amis, Jacques et Margot restés dans le Marais, se remémore ses dernières amours ratées. Elle espère la visite de ses amis, visite qui ne vient jamais... Alors qu'advient le Covid, le confinement etc...

Et puis, entre deux, intervient Léo, un trentenaire qui croise Alex sur la plage. Léo, qui des années plutôt a été tabassé gratuitement presque à mort, n'est pas remis psychologiquement de cette agression.

Ce roman est très intimiste et porte certainement une part importante d'autobiographie je pense. Il se lit bien, l'écriture est fluide (mais m'a semblé moins poétique que lors de ma précédente lecture d'Ann Scott). Cependant m'a manqué la hâte d'y retourner. Il y a de nombreux passages de magnifiques fulgurances humaines et littéraires et d'autres plus plats, un peu redondants où les amis d'Alex paraissent capricieux, égoïstes, pathétiques par moments, malgré leurs circonstances atténuantes.

Les insolents est un livre résolument contemporain, qui offre une cartographie réaliste et déçue de notre époque, de notre monde, avec sa multitude d'aberrations ou d'impensables qui sont devenus tristement réels. D'un monde où il serait plus que temps de modifier la trajectoire collective faite d'individualités où peu prennent leur responsabilité. D'un monde où il ne faut plus "genrer" car ce serait excluant, mais où la sexualité se divise en groupe de catégories et de sous catégories où personne ne comprend plus rien, mais des catégories revendiquées par les intéressés, alors que par définition, une catégorie est clivante. Un monde où l'art devient travail à la chaîne et n'intéresse que s'il est gratuit. Que dire des réseaux sociaux, générateurs de haine, où les QI de moins de 80 s'étalent sans complexe... Contemporain aussi, le côté Parisien qui vient au vert... Même si Alex a quelques mois d'avance sur la majorité. Et générationnel... le passage de la cinquantaine et le régiment de questions personnelles qui l'accompagne.

Les amis d'Alex, ni leur vie et environnement ne m'ont pas passionnée. Léo m'a bouleversée. J'ai accompagné Alex, en attendant un peu plus de sa révolution personnelle. Par contre, l'acuité et la lucidité avec lesquelles Ann Scott décrit notre époque et ses désillusions sont parfaites, intéressantes (j'aime quand des auteurs mettent des mots que je ne trouve pas sur ce que je remarque, ressens, et en plus, en fond de belles phrases et des paragraphes cohérents, étaillés etc). A ce titre, Les insolents peut vraiment être un roman témoin d'une époque précise (le début des années 2000 à nos jours), et s'est sans doute cela qui lui a valu le prix Renaudot.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 14 Novembre 2023

Roman - Editions Audiolib - 5h d'écoute - 20.45 €

Parution d'origine Grasset & Fasquelle en 2021

L'histoire : Léna séjourne en Inde pour tenter de se relever d'un drame personnel. Un matin, alors qu'elle se baigne dans le Golfe du Bengale, elle manque de se noyait. Tout près, une petite fille qui jouait au cerf-volant court chercher de l'aide et lui sauve la vie. Léna voudra contacter cette fillette pour la remercier... Cette rencontre bouleversera sa vie, leur vie, et celles de bien d'autres personnes...

 

Tentation : La popularité du roman

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : De Laetitia Colombani, j'avais beaucoup aimé "La Tresse" (qui sort bientôt au cinéma), un peu mois "Les victorieuses" ... Son 3ème roman, Le Cerf-volant, me tentait bien (un peu aussi dans l'objectif "lecture facile"). Nous voici de retour en Inde, avec Léna, professeur d'anglais, qui se repose en Inde. Une noyade évitée de justesse par une fillette indienne, une rencontre puis une autre.... Lena décidera de rester en Inde, et d'y créer une école, pour que puisse être scolarisées toutes ces jeunes indiennes, encore dédiées aux basses tâches et promises à un mariage à peine pubère... Non seulement elle devra combattre les lenteurs et les empêchements administratifs, la corruption qui gangrène le pays, mais surtout, elle devra faire face aux traditions ancestrales... Convaincre les familles que l'école et l'éducation sont une chance pour leur enfant, voilà ce qui lui demandera le plus d'énergie.

L'histoire est prenante, très bien narrée,  rythmée, on s'attache de plus en plus aux personnages, même les plus revêches. On ne peut être qu'atterré et bouleversé par la destinées de ces fillettes indiennes de la castes des intouchables qui vivent dans une pauvreté innommable. D'ailleurs, le petite fille s'appelle Lalita, elle était présente dans "La Tresse". Cette fois-ci, comme nous ne restons qu'en Inde, les sujets sont plus approfondis que dans la Tresse.  Laetitia Colombani a à coeur de dénoncer (ou au moins d'informer) sur le sort de toute une partie de la population indienne oubliée par le gouvernement, les institutions etc, et même des indiens eux même... C'est vraiment l'injustice que subissent les femmes qui est mis en avant dans ce livre... Qu'elles soient enfants, adolescentes, adultes. Et la violence, et les agressions aussi qui ne les épargnent. Les viols sont "monnaie courante" là-bas... Et si une fillette tombe enceinte suite l'un d'eux, nombre de famille n'hésite pas à offrir la fille en mariage à l'agresseur, pour éviter la honte d'avoir une "fille mère"... Aussi, des jeunes femmes se regroupent en brigades formées en art martiaux et self défense pour se protéger elle-même, entre elles. Bref, dans notre petit confort occidental, cette lecture remue, émeut, et révolte... malgré le sentiment d'impuissance qui nous étreint.

Le deuil, la résilience, la sororité, l'entraide, l'ouverture à l'autre sont aussi les sujets phares de cette belle histoire qui nous montre la face cachée de l'Inde, et notamment la conditions des femmes. Un livre qui rend hommage aux femmes qui ont décidé de ne plus subir, et qui se battent. A l'heure où en France, l'éducation est accessible et obligatoire pour tous, mais où les élèves ont de moins en moins conscience de leur chance, et de moins en moins de respect pour leur professeur et l'institution, ce roman pourrait être un bel exemple s'il était lu dans les classes. Très beau et agréable à lire... et surtout, utile !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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