Publié le 10 Avril 2024

Roman - Editions Points - 220 pages - 7.60 €

Parution Points 2006 (Le serpent à plume 2003)

L'histoire : "Quoi qu'on dise, tuer une personne nécessite une préparation à la fois psychologique et matérielle"

Au Congo, Grégoire se rêve apôtre de son "grand maître", le célèbre et terrible tueur en série Angoualima, qui a terrorisé la ville avant de se donner la mort.

Grégoire prépare donc un crime digne de son grand maître. Oui mais voilà, Grégoire est un un bras cassé, qui peine vraiment à dépasser le grade de petit délinquant sans envergure.

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

Mon humble avis : Un pitch (revu à ma sauce) bien sympa sur le papier. D'ailleurs, le roman démarre bien. Avec un humour bienveillant, Mabanckou décrit l'Afrique de sa jeunesse, pour le meilleur et pour le pire, avec clairvoyance et tendresse. 

L'ambiance est là, appuyée par les noms des villes, lieux et fleuves qui prêtent à sourire... Le quartier de Celui-qui-boit-de-l'eau-est-un-idiot, le fleuve qui charrie les déchets, qui coupe la ville en deux, que le maire à rebaptiser la Seine pour faire parisien, le cimetière Des-morts-qui-n'ont-pas-droit-au-sommeil, le pays d'en face etc.

On en apprend sur ce fameux Grand Maître, puis sur l'enfance de Grégoire, qui est un "enfant ramassé", abandonné à la naissance, qui a passé son enfance d'un bond d'une famille d'accueil à une autre.

Puis advient l'obsession de Grégoire pour son grand maître, ses préparatifs pour tuer Germaine, et ses premiers entrainements qui finissent tous en fiasco.

Le problème est que cela finit par tourner en rond, avec beaucoup de "je , je , je ", des répétitions incessantes, des longueurs, d'ailleurs, une phrase dure presque 10 pages, mieux vaut prendre son souffle avant de la commencer ! J'ai donc poursuivi ma lecture histoire de la finir, mais sans grand émoi, à part deux ou trois passages bien pensés (notamment celui du fameux coup de fil), et ceux qui moquent les grands de ce monde et la politique locale et nationale. Ce roman est "ancien", des "presque" débuts de Mabanckou, aussi je n'y ai pas retrouvé la même verve que dans ses oeuvres suivantes, verves qui m'avait bien régalée d'expressions africaines. A noter tout de même, que malgré le fait qu'on soit dans une parodie du genre, certains moments frôlent bien le glauque.

Avec un tel titre, on peut évidemment penser à un clin d'oeil de Mabanckou au célèbre roman American Psycho de Bret Eston Ellis... Roman que je n'ai pas lu, mais connu dans les très grandes lignes... D'ailleurs, Grégoire n'aime personne, est associable, et se rêve plus qu'il n'est !

J'avoue, j'ignore toujours où Mabanckou a voulu en venir avec ce roman, à part la description d'un quartier pauvre du Congo, et sans doute l'aspect satirique, à la sauce africaine, d'un grand roman paru quelques années plus tôt.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 8 Avril 2024

BD - Editions Maghen - 240 pages - 29 €

Parution : le 1er juin 2023

L'histoire : C'est dans les montagnes des Vosges, dans une ancienne métairie au coeur de la forêt, que Pamina a choisi de vivre isolée du monde avec son compagnon Nils. Elle se sait entourée par un clan de cerfs dont elle ne perçoit que les traces. Jusqu'au jour où un inconnu, Léo, photographe animalier, construit une cabane d'affût et l'initie à l'observation des grands cerfs. Au fil des saisons, par tous les temps et souvent de nuit, Pamina guette l'apparition des cerfs. Elle apprend à les distinguer, les nommer et découvre aussi toute une vie sauvage. Au fil de cette initiation, elle va découvrir d'autres clans plus cruels –; les hommes qui gèrent la forêt et les chasseurs –; et s'engager dans le combat pour la préservation de la nature et de ses espèces sauvages.

Tentation : Le billet de Je lis je blogue

Fournisseur : la bib de St Lunaire

Mon humble avis : Un énorme coup de coeur pour ce magnifique album, que j'ai lu jusque tard dans la nuit pour le terminer.

Gaétan Nocq adapte ici le roman éponyme de Claudie Hunziger, roman que je n'ai pas lu... mais que je devrais lire !

Un véritable hymne à la nature, à son observation, à son écoute, à son parcours, à sa vie, visible ou invisible. A la patience, à l'abnégation, à l'obstination nécessaire pour l'approcher, la connaître, la sentir. Et l'émerveillement advient, l'animal est là, droit, fier, beau, puissant. Parfois rejoint par d'autres... Avant de prendre la poudre d'escampette. Toutes les pages qui content cette approche discrète de la nature et de ses habitants, juste pour le plaisir de l'observation, ou de la belle photo, sont teintées de bleues, un bleu et des dessins cotonneux qui enveloppent, et qui traduisent parfaitement la plupart de scènes... En effet, la nature s'observe à l'aurore ou au coucher du soleil, à cette fameuse heure bleue... Le départ se fait très tôt et le retour très tard... au coeur de la nuit.

J'ai adoré tout ce qui touche aux techniques d'affût, moi qui n'ai pas la patience ou je ne suis pas assez ascétique pour m'y mettre pour favoriser des rencontres exceptionnelles avec cerfs, renards, chevreuil ou autre. Le seul "affût" que je pratique, c'est dans les observatoires auprès des étangs et marais. Et là, j'adore, je pourrais y rester des heures, d'ailleurs j'y reste des heures. Par moment, il ne se passe pas "grand-chose". Et puis soudain, tout s'anime et cela devient une véritable pièce de théâtre. Des personnages entrent, d'autres sortent, certains dominent, d'autres fuient, certains se nourrissent, d'autres dorment ou se toilettent, se séduisent durant les périodes propices. Aucun scénario n'est écrit. Et d'un seul coup, tout le monde s'envole, car au loin, un prédateur arrive.

Alors, dans ces pages, j'ai eu l'impression d'y être, et l'émotion qui saisit l'Etre humain lorsque le cerf parait est magistralement rendue et partagée.

Mais le rêve éveillé ne dure pas... Car cet album est aussi un cri, un plaidoyer pour le respect de cette même nature et de ses habitants très très malmenés.

Pamina rencontre Léo, le photographe animalier, qui va l'initier aux techniques d'affûts et à la vie des cerfs. Il lui apprend à devenir invisible...  Car quand l'on sait être invisible, et bien ce qui nous est invisible devient visible. Dès lors, Pamina sait que les cerfs seront le sujet de son prochain roman. Dans sa préparation, elle rencontre différents acteurs et administrations (dont l'ONF) qui "gèrent" cet espace naturel et les espèces qui y vivent. Et là, ce le coup de massue. Un à un, les grands cerfs disparaissent, ils sont "tirés". La chasse, la "régulation", et surtout, le profit économique... Car en résumé, les Cerfs abîment les arbres feuillus, qui ne sont ensuite plus vendables dans l'industrie du bois. Si vous ajoutez à cela qu'un pin est bien vite plus rentables qu'un feuillu... Voilà les coupes massives, et l'espace de vie du grand cerf qui se réduit comme une peau de chagrin. Et puis, il y a les compromis des uns et l'hypocrisie des autres. Car dans son enquête, Pamina découvrira l'impensable qui se produit avec la "bénédiction" et la "complicité" de l'ONF...  pour l'adoration du dieu "profit".

 

Emouvant, instructif sur la vie des cerfs, bouleversant et révoltant à la fois, cet album est un bijou ! A lire !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 5 Avril 2024

Film de Teddy Lussi-Modeste

Avec François Civile, Baraki Kebe, Shaïn Boumedine

Synopsis : Julien est professeur au collège. Jeune et volontaire, il essaie de créer du lien avec sa classe en prenant sous son aile quelques élèves, dont la timide Leslie. Ce traitement de faveur est mal perçu par certains camarades qui prêtent au professeur d'autres intentions. Julien est accusé de harcèlement. La rumeur se propage. Le professeur et son élève se retrouvent pris chacun dans un engrenage.

Mais devant un collège qui risque de s'embraser, un seul mot d'ordre : pas de vagues...

Mon humble avis : Je n'étais pas vraiment chaude pour aller voir ce film, par crainte de la violence réelle qu'il pouvait me renvoyer. Et puis, rendez-vous avec une amie, le seul film qui pouvait nous réunir était celui-ci.

Et bien je ne regrette pas, même si je suis sortie de là épuisée, sur tension, ahurie, et aussi démoralisée.

Ce film est inspiré d'une histoire vraie, celle du réalisateur lui-même, puisque son métier d'origine est d'être prof. 

Ici, il est question d'une collégienne qui dénonce son prof de français pour regards et paroles déplacées... On sait très vite que deux de ses copines  l'ont incitée à le faire. Mensonge ou mauvaise interprétation de ces dites paroles, chacun se fera son idée. 

Quoiqu'il en soit, les conséquences sont dévastatrices et le constat est implacable... Personne, à quelque niveau que ce soit dans l'éducation nationale, n'a cherché à discuter avec cette gamine pour établir la mauvaise interprétation. Au début, les collègues entourent Julien, convaincus du mensonge de cette fille. Puis, comme l'affaire prend de l'ampleur, tout le monde le lâche.

Le film prend alors des aspects et le rythme d'un thriller psychologique, car on sait que n'importe quel geste ou regard, dans chacune des scènes, peut déraper et mener à l'irréparable. Tension et menace sont partout, c'est très éprouvant à regarder. Alors, à vivre, je n'imagine même pas. On sent très bien que Julien, qui était un prof idéaliste qui espérait, si non changer le monde, au moins changer la vie de quelques-uns, vit la peur au ventre.

N'ayant pas d'enfant, je vis très loin de l'environnement scolaire, aussi ce genre de film est une véritable claque pour moi.  Je résume et caricature peut-être, mais je me demande comment on a fait pour passer, en quelques décennies, des "Choristes" où c'est plutôt l'institution qui est bourreau, à "Pas de vagues", où les élèves sont les bourreaux, où ils détruisent psychologiquement un prof sans que l'institution ne bouge un doigt. Quant au niveau scolaire montré dans ce film, il fait peur également. Bref, quand on nous dit qu'il faut compter sur la jeunesse de maintenant, je crains pour demain. L'éducation nationale ne peut manifestement plus instruire, un des gamins de 4ème en est encore à faire des lignes de J difficilement. Etant donné le pédigré professionnel de Teddy Lussi-Modeste, on peut penser qu'il est, dans ce film, au plus près de la réalité...

Evidemment, en regardant ce film, on ne peut que penser à Samuel Paty et Dominique Bernard.

C'est donc l'histoire d'un prof à qui l'on demande de ne pas faire de vagues, alors qu'un tsunami s'abat sur lui et le noie... Et dans ce rôle de prof, François Civile est de nouveau excellent, très convaincant.

 

L'avis de Pascale 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 3 Avril 2024

Roman - Editions Au diable Vauvert - 288 pages - 20 €

Parution le 14 mars 2024

L'histoire : A 50 ans, Martin Flaubert mène une vie plutôt morne, entre sa petite famille bien comme il faut et son cabinet de médecine généraliste. Désabusé, il mène celui-ci de façon très particulière : A la tête du client, enfin du patient ! Son seul rayon de soleil : sa fille Chloé, son amour, sa confidente.

Jusqu'au jour ou débarque en consultation une femme extraordinaire, PDG d'une multinationale : Aurore. Aurore qui sera le disjoncteur d'une crise la cinquantaine terrassante !

 

 

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Gilles Paris, merci pour l'envoi (SP)

Mon humble avis : Et bien je peux vous dire qu'après deux lectures stylistiquement difficiles et décevantes, cette Médecine douce m'a fait un bien fou ! Pas de prise de tête, un style fluide qui coulait si naturellement dans mes neurones... Une lecture pour le plaisir de lire, de se changer les idées, de vivre une autre histoire, et de se demander comment le personnage principal va bien pouvoir se sortir de ses faux pas, pour ne pas parler de dérives. Bref, j'ai dévoré Médecine douce.

La médecine douce de Martin Flaubert est très particulière... Elle se fait à la tête du patient, se passe très souvent de molécule chimique pour privilégier les mots, la logique, l'efficacité... le plus souvent sans s'inquiéter de la correction ni des limites des bornes à ne pas dépasser. Déontologie ? Quésaco ?!! Les comptes rendus de ses consultations sont franchement drôles. Ironiques à fond les ballons, à prendre au 2ème degré. Mais ils disent tant, en même temps, des maux de notre société contemporaine. Ah les réponses qu'il donne à la mère qui soupçonne sont fils d'être HPI !!! Immoralement savoureuses... Comme l'ensemble du roman d'ailleurs.

Mais ne pas se fier aux apparences faussement simples. Car à travers Médecine douce et cette histoire satirique, Nicolas Rey aborde des sujets bien plus sérieux. Le mensonge en est le principal. Le gros comme le petit mensonge. Et le pire, celui de l'habitude, de l'entendu, juste pour respecter un contrat de mariage : le faire semblant. Ensuite, viendront bien d'autres d'artifices pour se faciliter la vie, pour se l'embellir, ou pour conserver ce que l'on a durement acquis : l'amour. Ensuite apparaît le mensonge face à soi-même et avec soi-même... Lorsque l'on pense que l'on est de taille, ou que l'on réalise qu'on n'est pas de taille, et que l'on use de substitution pour se maintenir à flots. C'est là qu'advient le deuxième grand sujet de ce livre : l'addiction... L'addiction à l'Amour, à l'amour, et aux substances chimiques illicites (ici la Coke). La dépendance qui nous met à genoux devant notre dictateur, qui nous fait faire et dire n'importe quoi, et surtout nous mentir à soi-même et aux autres lorsque l'on soutient que l'on n'est pas dépendant, que l'on maîtrise parfaitement l'affaire.

La somme de ces mensonges aboutira évidemment à de grandes révélations, et la patatras ! Mais ceci, ce n'est qu'à la fin après 250 pages de folie sans temps mort, de rires sincères ou jaunes, de moment où l'on retient son souffle en se disant : Non, Nicolas Rey ne va tout de même pas oser cela... Et non, ouf il n'ose pas.

Vient en fin le dernier sujet notable de ce roman, l'écriture comme rédemption et surtout la censure sociale et éditorialiste qui se répand pour ne pas être taxé de racisme, de misogynie, d'islamophobie etc...

Médecine douce, une comédie acide et efficace, qui en dit long sur notre époque et la nature humaine, avec un personnage finalement bien attachant, malgré ses erreurs, ses galères, ses écarts, son acharnement à être à la hauteur de l'Amour. A ne pas bouder !

 

Du même auteur sur ce blog : Crédit illimité

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 1 Avril 2024

Roman - Editions Livre de Poche - 128 pages - 6.90 €

Parution d'origine Editions Ecorce en 2013

L'histoire : Le jour, il erre dans les rues de la ville, pas forcément tout droit... Le soir, il joue de la guitare blues dans un bar. Entre les deux, il écrit un peu des chansons, et dort dans un hôtel miteux... Rêvant d'Alicia... Alicia, c'était il y a plus de 15 ans déjà. Et voilà qu'elle débarque en ville pour donner un concert...

Tentation : Mon Challenge Lisez votre chouchou

Fournisseur : Ma CB

 

 

 

Mon humble avis : Ce n'est pas un poisson d'avril... Je démarre très mal mon challenge visant à lire un maximum de titres de mon nouvel auteur chouchou Franck Bouysse. Vagabond m'a déplu et terriblement déçue. Malgré, il faut le dire, de beaux passages, des envolées poétiques sublimement écrites... Sans pour autant me parler vraiment... Trop implicite sans doute, et trop stylisé. Et pour tout dire, je sortais épuisée et saturée de ma lecture de Kiosque de Jean Rouaud, et lorsque j'ai ouvert Vagabond... C'est avec effroi que j'ai vite remarqué la ressemblance stylistique avec "le purgatoire" que je venais de quitter. 

Du personnage, on ne saura pas grand-chose... On reste dans la caricature à gros traits. Aussi, peu d'empathie avec lui, et l'intérêt ne nait jamais vraiment. Je n'ai pas compris où l'auteur voulait vraiment m'emmener, si ce n'est dans une noirceur lente et terrible, sans une étincelle, sans une extrémité de tunnel. Pas de fil à suivre et la fin... Mon dieu !!!  Qui tombe comme un cheveu dans la soupe, d'une brutalité inouïe, elle reste incompréhensible à mes yeux, peut-être parce que pas justifiée ? La tristesse et l'errance de l'homme peuvent-elles l'expliquer ? Pas à mes yeux. Une conclusion rapide histoire d'en finir avec une histoire qui s'enlise ? Mystère... Mais honnêtement, je n'ai pas saisi du tout ce que mon nouvel auteur chouchou voulait me dire, partager avec moi... A force de trop chercher l'exercice littéraire, j'ai l'impression qu'on perd le lecteur...

Et pourtant, il y a trois mois, je tombais amoureuse de la plume de Franck Bouysse à travers son roman Pur Sang !!! J'avoue qu'au cours de ma lecture de Vagabond, j'ai eu le moral en berne. Mais la rédaction de ce billet le remonte... En effet, en consultant des avis sur Babelio, j'ai constaté que ma perplexité et ma déception n'étaient pas solitaires... Bien d'autres lecteurs, manifestement épris de Bouysse, ont été étonnés qu'un auteur de tant d'autres excellents romans ait pu écrire celui-ci....qui remonte à 2013 et est donc l'un des tout premiers.. Cela me rassure donc pour la suite de mon challenge ! Ouf !

 

Si vous voulez vous joindre à nous dans ce challenge, pour approfondir votre auteur chouchou, qu'il soit ancien ou tout récent coup de coeur, cliquez sur le logo.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Challenge Lisez votre chouchou

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Publié le 30 Mars 2024

Film d'Edouard Bergeon

Avec Alexandra Lamy, Félic Moati, Sofian Khammes

Synopsis : Pour tenter de sauver son fils Martin injustement condamné à mort en Indonésie, Carole se lance dans un combat inégal contre les exploitants d’huile de palme responsables de la déforestation et contre les puissants lobbies industriels.

Mon humble avis : Un thriller écologique engagé, révoltant, à voir de toute urgence... Une fiction qui met en image et en texte la réalité... Celle que l'on nous cache, où celle que par confort, on choisit de mettre sous le tapis tant tout cela nous paraît loin... Ou encore, comme bon nombre de méfaits contemporains, c'est "j'y pense et puis j'oublie".

La promesse verte dénonce le désastre écologique et humain de l'huile de palme et dénonce l'hypocrisie générale et surtout gouvernementale de tout cela, et surtout du soi-disant bio carburant. Alors qu'il en va de la vie d'hommes et de femmes, de la survie de certaines espèces, tout n'est que politique et économie, des gouvernements qui en tiennent d'autre par les "couilles" pour des histoires de marchés, de non-ingérence politique, d'élections à venir... Pendant qu'un jeune homme innocent et engagé attend dans le couloir de la mort, que l'Humanité creuse sa tombe, et que les grands maîtres du lobbying, et donc hélas du monde, partage à la chasse au caribou.

Tout cela, nous le suivons et le découvrons le long du parcours du combattant de la sublime et bouleversante Alexandra Lamy, en mère courage prête à tout pour sauver son fils, mais qui se retrouve face à aux murs de l'administration française. Quant à Félix Moati, il est impeccable dans ce rôle de jeune homme idéaliste, qui ne cèdera rien, et prisonnier et victime d'une terrible machination.

Le rythme ne faiblit pas, la tension monte à devenir par moment insoutenable. On est scotché à notre fauteuil de cinéma. Un film parfaitement réalisé, qui atteint sa cible : alerter une fois de plus, car les fois précédente n'ont manifestement pas suffit, sensibiliser, dénoncer le profit à tout prix qui semble être l'identité première de notre triste époque. 

Un beau et grand film pour moi, mais surtout, un film nécessaire. Terrible, bouleversant, révoltant.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 28 Mars 2024

Roman - Editions Gallimard - 2h46 d'écoute - 14.99 €

Parution en 2020

L'histoire : Sur un sentier escarpé des Dolomites, un homme chute mortellement.  Un autre homme donne l'alerte. Mais les deux hommes se connaissaient en fait... Il y a quarante ans, ils militaient dans le même groupe révolutionnaire (les brigades rouges)

Coïncidence improbable ou meurtre prémédité, c'est ce que tente de savoir au cours d'interrogatoires. Il a son idée sur la question, et s'emploie à faire fléchir le suspect, à obtenir des aveux...

Tentation : Sujet et pourquoi pas ?

Fournisseur : Bib de Betton, merci Cécile !

Mon humble avis : Erri de Luca, je ne le connaissais que de nom, à force d'avoir les yeux qui traînent partout dès qu'il est question de littérature. Et c'est une sacrée découverte pour moi, car j'élève sans hésiter "Impossible" au rang de coup de coeur.

Le livre est assez court, et alterne les interrogatoires et les lettres que le suspect écrit pour sa bien-aimée, du fond de sa cellule.

Dans la forme, Impossible m'a rappelé Article 353 du code pénal, de Tanguy Viel, pour l'aspect huis clos avec un magistrat. Dans la force et l'intensité, on se rappelle de Garde à vue, le film avec Lino Ventura.

Impossible... C'est ce que pense le juge de cette coïncidence qui a mis ces deux hommes sur le même chemin de montagne. Impossible, c'est ce qu'est ce meurtre par vengeance, et l'homme démontre cette impossibilité.

Ce texte est brillamment rédigé, qui met en scène, face à face, comme dans un duel, deux fines intelligences. L'une essayant de faire plier l'autre qui reste fidèle à elle-même et ses convictions. Le suspense grandit au fils des interrogatoires, on peut même parler de tension. On se demande vraiment qui en sortira vainqueur. Le lecteur est littéralement invité dans ces interrogatoires, qui prennent de plus en plus l'apparence d'échanges, de débats philosophiques ou d'initiation à la montagne et à une époque révolue. L'homme de loi est jeune, son interlocuteur est à l'âge où l'on n'a plus grand chose à perdre. Un louveteau face à un vieux loup... L'un avec sa formation, l'autre avec son expérience.

 On a l'impression d'être dans la pièce, et de retenir notre souffle pour ne pas perdre une miette de ce qui se dit. Il est question de fraternité, de trahison, de justice et de justesse, de pouvoir, de militantisme révolutionnaire, de collectivisme, d'individualisme, de montagne, de nature, d'évolution des mentalités au fil des décennies, d'idéaux, de valeurs que l'on souhaite maîtresses de notre existence... Et, à écouter ces hommes, on se dit que des valeurs opposées peuvent bien se valoir, puisque personnellement, j'ai autant apprécié celles du magistrat que celles du présumé coupable. Et dans ces conditions, je me suis surprise à penser "s'il est coupable, peu m'importe en fait, j'aime cet homme. Etrange étrange. Curieusement, la fin m'importait peu, tant j'étais captivée par ce chemin sensé mener à cette issue.

Un bras de fer inoubliable, une plume aussi sobre qu'efficace mais où chaque mot à son importance. J'ai adoré vraiment. Erri de Luca, encore un auteur à approfondir ! Un grand livre ! Que j'aurais plaisir à relire, en format papier, pour prendre encore plus le temps de le réfléchir et de le savourer.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 26 Mars 2024

Film de Stéphane Brizé

Avec Guillaume Canet et Alba Rohrwacher

Synopsis : Mathieu habite Paris, Alice vit dans une petite cité balnéaire dans l’ouest de la France. Il caresse la cinquantaine, c’est un acteur connu. Elle a dépassé la quarantaine, elle est professeure de piano. Ils se sont aimés il y a une quinzaine d’années. Puis séparés. Depuis, le temps est passé, chacun a suivi sa route et les plaies se sont refermées peu à peu. Quand Mathieu vient diluer sa mélancolie dans les bains à remous d’une thalasso, il retrouve Alice par hasard.

Mon humble avis : Un film sur ce que l'on n'a pas fait, sur ce que l'on aurait pu faire, ce que l'on n'est pas devenu... Avec l'autre, sans l'autre, à cause de l'autre... ou de ce que l'on est tout simplement, sans se l'avouer.

Des retrouvailles inopinées, en parenthèses, quinze ans après, filmées avec délicatesse, pudeur et des dialogues qui peuvent être touchants.

Un film qui commence bien, avec notamment quelques scènes vraiment amusantes et une bonne dose de dérision comme d'autodérision... Mais ce n'est pas du tout une comédie et le tout s'étend en longueurs, en lenteur, en silences dans une météo d'un gris plombant. Je veux bien que ce soit hors saison, mais en Bretagne, il fait beau plusieurs fois par jour, et là, en une semaine, pas un rayon de soleil... Et puis, d'un seul coup, nous voici dans un Ehpad dont les résidents sont filmés comme s'ils étaient abêtis, parce qu'Alice y est animatrice musicale. Certes, cela nous dit sur sa vie, mais l'on sort du sujet "retrouvailles" et cela allonge le tout, sans mettre particulièrement à l'aise.

L'interprétation est parfaite et pourtant, je suis sortie de ce film fatiguée, lasse de cette lenteur. Si les touches d'humour s'étaient poursuivies et que le rythme n'avait pas autant collé à la nostalgie et la mélancolie des personnages, ce film aurait pu me plaire. Mais là, il n'était pas pour me séduire puisque qu'en sortant, je me suis dit : "oui, bon c'est bien joué, ça se regarde, mais après ? Que ce film m'a-t-il apporté ? Pas grand-chose en fait. Trop intellectualisé pour embarquer.

Un film de genre pour ceux qui aime ce style.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 24 Mars 2024

Roman - Editions Grasset - 288 pages - 19 €

Parution en janvier 2019 (existe en poche)

L'histoire : de 1983 à 1990, Jean Rouaud aidait à tenir à kiosque de presse rue de Flandre à Paris. Un travail d'appoint, alors qu'il s'escrimait à écrire "Les champs d'honneur" qui reçut le prix Goncourt... en 1990. Le kiosque, une place centrale pour observer le monde.... voilà ce que ce livre nous raconte.

Tentation : Le blog de Keisha

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

 

Mon humble avis : Il y a "peu", Keisha présentait le dernier titre de Jean Rouaud, que j'ai eu envie de lire... Et presque simultanément, à la bib de St Lu, je suis tombée sur Kiosque... Donc commençons par ce qui est devant nous et dispo !

Kiosque, une lecture éprouvante pour moi, sitôt passé l'enthousiasme du début et l'excitation face à l'inconnu. J'en suis sortie saoule, mais pas enivrée...   Pour tout dire, j'ai même lu quelques pages en diagonale, voir omis certaines d'entre elles, et je ne me faisais plus une joie de rejoindre ma couette pour poursuivre ma lecture.

Et pourtant... J'ai aimé nombre de chose dans cet ouvrage... La description du dur métier de marchand de journaux dans un kiosque, les explications sur le déclin de la presse écrite (avec l'apparition des journaux gratuits, puis bien plus tard, du numérique, des smartphones et tablettes), les portraits haut en couleur des collègues de Jean Rouaud, ou des clients etc qui donnent ensemble une étude sociologique et sociétale...  Car depuis son kiosque, Jean Rouaud était aux premières loges pour observer les individus, le quartier, la France et le monde, dans ce 19ème arrondissement très cosmopolite. Il y a le monde décrit dans les journaux et le monde dont témoignent les clients du kiosque, qui ancien boat people, qui rescapé de la Shoa, qui Yougoslave exilé etc.. J'ai aimé que le choix d'un journal ou magazine, que la façon de s'en saisir, que le temps passé au kiosque disent tant de chacun. Oui, cet aspect-là, ce côté "instantanés", les discussions autour de l'actualité, m'a vraiment plu.

Et puis il y a les longues, très longues parenthèses sur les questionnements stylistiques et sémantiques de l'auteur, sur ses ambitions poétiques et littéraires. Celles-ci m'ont laissée de glace, pire, elles m'ont agacées... Peut-être aussi parce qu'elles m'ont paru un peu méprisante pour la littérature populaire...  Dommage que Jean Rouaud ne se soit pas contenté du sujet évoqué par le titre. Il aurait alors remporté mon enthousiasme je crois.

L'enchaînement est parfait pour évoquer l'écriture de Jean Rouaud. Je n'ai pas la culture nécessaire pour en préciser le courant ou l'appartenance à une "certaine école". Elle est très soignée, très érudite, et rend évidemment hommage à la richesse de notre langue. Mais elle est à mes yeux alambiquée, désarmante, déstabilisante. Et de ce fait, elle ne parvient pas dans mon cerveau avec assez de fluidité pour me procurer des émotions, pour dépasser l'écriture et me régaler du sens. Au final, ce ne m'a pas été agréable à lire. Sans compter la longueur infernale de certaines phrases, ce genre de plume n'est pas pour moi du tout. Voilà pourquoi je suis sortie fourbue de cette lecture, avec juste l'envie d'en finir au plus vite et de passer à autre chose. Après Rouaud, j'aurais presque eu envie de me reposer dans un Musso !

L'avis enthousiaste de Keisha 

Etant donné le sujet principal de ce roman, j'intègre cette lecture dans le challenge d'Inganmic

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 22 Mars 2024

Film de Stéphane Ben Lahcene

Avec Claudia Tagbo, Michèle Laroque, David Mora

Synopsis : Après une soirée pleine d’excès, Bénédicte, célèbre chanteuse d’opéra, voit sa carrière s’écrouler. Fatou, passionnée de karaoké, est la seule à lui tendre la main. Elle a une idée derrière la tête : convaincre Bénédicte de participer au grand concours national de karaoké. La parfaite maîtrise vocale de l’une et la ténacité de l’autre pourraient bien faire des étincelles et les amener très loin.

Mon humble avis : Le cinéma de La Richardais Dinard a eu une excellente idée ! Inviter les spectateurs à venir une bonne heure avant la séance d'avant-première, pour participer à un vrai karaoké, avec paroles diffusées sur l'écran géant... Le tout avec boissons soft ou alcoolisées et un stock de gavottes ! Bien sympa cette initiative.

Quid du film ? Ce n'est pas le film du siècle, mais il met de bonne humeur, et le pétillant duo Claudia Tagbo /Michèle Laroque fonctionne à merveille. J'ai juste à reprocher quelques baisses de régime par moment... Et puis, j'aurais aimé plus de scènes musicales invitant le public à chanter aussi. Autre petit bémol, j'ai trouvé que le réalisateur montrait un aspect plutôt ringard des Karaokés (tant dans les lieux qu'il filme que dans les participants). Alors que le Karaoké a vraiment le vent en poupe et se déroule (en tous cas dans mon coin), dans des bars plutôt branchés, avec une clientèle mixe de casseroles (dont je suis), et de super pros !

Mais l'on rit de bon coeur, nos pieds battent le rythme, les personnages secondaires sont aussi bien pensés et campés que les principaux, et cette famille recomposée que forme Claudia Tagbo et son Gillou, et bien on a juste envie de vivre avec ! Et Karaoké montre qu'il serait temps de décloisonner les styles musicaux et leurs adeptes.

Un film qui nous montre qu'argent et renommée ne font pas le bonheur, mais que par contre, chanter rend joyeux... Et qui donc donne envie de chanter ! C'est déjà pas mal.

Un bon feel good, à voir aussi en famille, mais qui aurait pu aller plus loin dans son sujet !

Je vais souvent au Karaoké depuis septembre, surtout depuis que l'animateur m'a dit, quand je m'excusais d'être une casserole, "Karaoké veut dire chanter faux en japonais", et est fait pour que tout le monde prenne plaisir à chanter !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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