Publié le 18 Mars 2019

littérature, lecture, littérature américaine, nouvelles
Raymond Carver les vitamines du bonheur

Nouvelles - Editions Thélème - 7h20 d'écoute - 16.95 €

 

Parution d'origine en 1983 aux Editions du seuil

L'histoire : Douze nouvelles considérées comme des chefs d'oeuvre de Carver. Des tranches de vie où l'American Dream n'a pas vraiment le droit de cité... Maladie, alcool, divorce, addictions, expropriation.

 

Tentation : Curiosité culturelle/littéraire

Fournisseur : La bib' N°3

 

 

Mon humble avis : Une lecture expérimentale pour moi ! Non pas que ce recueil soit un OVNI (ou un OLNI), point du tout, mais il se situe très loin de mes terrains de prédilection ou de ma zone de confort. Mais ces temps-ci (peut-être que l'âge avançant n'est pas étranger à ce fait), j'ai vraiment envie d'aller voir un peu ailleurs ! Avec Carver (1938- 1988), considéré comme un nouvelliste de premier plan, me voici sur le seuil des très grands auteurs américains, considérés comme des classiques de la littérature outre -atlantique. Je suis sûre que 2 blogo copines (qui se reconnaîtront) seront étonnées de trouver Carver sur mon blog !

Alors, quid de ces 12 nouvelles ? Certains m'ont terriblement accrochées, d'autres beaucoup moins (comme celle donnant son titre à ce recueil d'ailleurs !). La dernière m'a bouleversée. Mais mon bilan de cette audio lecture reste positif.

Pas d'action dans ces histoires, mais du quotidien, comme il se vit en général dans les classes moyennes. Un moment où la vie bascule dans un certain K.O ou au contraire, quand enfin elle semble pouvoir remonter la pente.

Même si l'on est évidemment dans de la littérature, le style de Carver semble assez épuré. Disons qu'il ne s'encombre par de moult détails et encore moins d'effets inutiles... Juste quelques-uns pour dresser de façon efficace, profonde et touchante le portrait de ses personnages... Du moins, ce que le lecteur doit savoir pour appréhender ce qu'ils vont vivre... Et bien sûr, l'épreuve qui les attend et leurs réactions vont bien sûr nous permettre d'approfondir encore ces protagonistes.  Et de cela, il sort presque une étude sociétale.

J'ai adoré l'écriture de Carver, simple, fluide, directe, mais soignée évidemment et très subtile... Dans le sens où le plus fort n'est pas dit, juste à peine suggéré... Au lecteur de le saisir... ou pas, en fonction de son émotion personnelle, voire de son imagination.

Et cerise sur le gâteau de cette version audio. La voix, l'interprétation de Julien Allouf. Juste, enveloppante, chaude et virile à la fois, qui console et que l'on a aussi envie de consoler. Je suis tombée en amour pour cette voix ! 

Il en reste tout de même que les nouvelles ne sont pas mon domaine de prédilection, même s'il est intéressant d'y faire une incursion de temps en temps.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 16 Mars 2019

BD, Bande dessinée, Etats-Unis, seconde Guerre Mondiale
Michigan, route d'une world bride

BD - Editions Dargaud - 148 pages - 19.99 €

Parution en avril 2017

 

L'histoire :  Lorsque Julien débarque dans le Michigan pour y rencontrer la famille américaine de sa femme, il découvre l'Amérique du Midwest marquée par la crise des subprimes et des cousins pas ordinaires. Mais surtout, il rencontre Odette, la grand-tante française au caractère bien trempé. Cette parisienne qui, à la fin de la seconde guerre mondiale, s'est mariée avec un soldat américain. Comme elle, 200 000 européennes ont quitté leur famille et leur pays par amour pour un GI. 200 000 femmes qu'on appelle des « War Brides ».

 

 Mon humble avis : L'auteur se prénomme Julien... tout comme le personnage principale. Cette histoire a donc tout du vécu !

Michigan.... est un album très agréable et intéressant à lire. Des dessins simples mais pas trop non plus, attrayants et tout à fait adaptés au sujet. Des dessins qui différencient les deux époques auxquelles cette BD se réfèrent et fait se relayer par le biais de flash-back dans le passé... Celui des années 1944-1945... La guerre, puis la fin de la guerre. Les mariages entre les G.I et les françaises dont ils sont tombés amoureux ces dernières années... Et ces femmes, les USA leur ont donné une appellation officielle : les war brides. Cette appellation leur donne droit à l'immigration et à la nationalité américaine directement (après néanmoins une ribambelle de tests et de leçons de culture générale, de langue et de cuisine (ah oui, on ne pénètre pas en territoire US sans savoir cuisiner les fameux cookies !). Sur le lot de ces war brides, certaines divorceront et/ou reviendront en Europe. Mais pour Odette non ! 

On suit donc la rencontre d'Odette et de John, la réticence des parents d'Odette à ce mariage puis à ce départ qui s'annonce. Enfin, pour Odette, c'est la grande traversée qui dure 10 jours, en compagnie d'autres War Brides européennes. Son arrivée aux USA amène son lot de surprises...

Tout comme celle de Julien qui rencontre la famille US de sa femme lors de vacances à l'époque actuelle. Même si cette famille est donc franco-américaine, Julien est ébahi devant les différences culturelles... Le port et la possession d'armes à feu, les jeux des enfants, la précarité de la classe moyenne, les distractions, tout lui semble si différent. Cette BD m'a d'ailleurs appris que lors de la crise des subprimes, des américains endettés préféraient brûler leur maison (et toucher ainsi l'assurance), plutôt que de se la voir retirée par l'Etat et la banque.

Bref, un album vraiment sympa et qui montre que, malgré les différences culturelles, nous avons tous un point commun : le lien de la famille et le plaisir des moments partagés !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 14 Mars 2019

Roman - Algérie - Albert Camus - L'étranger - Meursault
Meursault, contre enquête, de Kamel Daoud

Roman - Editions Babel - 152 pages - 6.80 €

 

Parution d'origine chez Acte Sud en mai 2014

 

L'histoire : En 1942, à 14h00 sur une plage d'Alger, "L'arabe" était assassiné par Meursault. Cet arabe, mondialement connu, n'a jamais eu de prénom. Il a toujours était juste "l"arabe". En tout cas, Albert Camus ne lui en n'a pas donné dans son roman l'étranger. Soixante dix ans plus tard, Haroun, le frère de l'Arabe, révèle son prénom et son histoire...

 

Tentation : Le pitch + curiosité

Fournisseur : CB puis PAL

 

 

Mon humble avis : Cette lecture fut assez ardue pour moi. Elle nécessite une certaine concentration et sans doute, une bonne connaissance du roman de Camus, "L'étranger". Hélas pour moi, ma lecture de ce dernier remonte déjà à quelques années et ma mémoire n'en a gardé qu'un souvenir flou... Aussi, j'ai parfois peiné, d'autant que j'ai perçu quelques longueurs et il m'a fallu quelque temps pour venir à bout de ces 152 pages, mais qui en valent bien la peine !

Car ce roman est une véritable prouesse littéraire, un exercice de style d'une audace rarement atteinte, d'une originalité irréfutable !

Kamel Daoud donne une vie et un nom à "l'arabe", de "L'étranger" de Camus. D'un personnage anonyme de fiction, il fait un personnage central d'un autre roman, même si ce personnage est défunt. Même si le crime de Meursault se déroule en 1942, que l'action du roman de Daoud se poursuit jusqu'en 1963 et plus tard encore, cette histoire est atemporelle... Elle est celle de toute ces victimes anonymes, victimes de guerres ou de faits divers, qui aux yeux du monde, ne seront jamais plus qu'une victime sans nom, comme l'arabe. Kamel Daoud donne donc prénom à l'Arabe : Moussa. ll lui rend ainsi son identité, ainsi qu'une famille, une vie... Une vie avant... Et les conséquences de la mort de Moussa sur la famille ensuite. Daoud rend ainsi hommage à toutes les victimes qui provoquent moins d'intérêt collectif que leurs assassins qui sont disséqués sous toutes les coutures.

Et puis, dans ce livre, au fil des années, il y a la guerre d'indépendance de l'Algérie, puis la liesse de cette indépendance acquise, et l'évolution des mentalités et des droits en Algérie, avec une religion de plus en plus vigoureuse. Des réflexions très intéressantes sur la mort et l'acte de donner la mort, sur l'identité dans le multiculturel

Tout au long de ce roman, nous retrouvons Haroun dans un bar, et Haroun compte son histoire, la sienne, avec l'ombre et le poids du mort Moussa, et de la mère à moitié morte depuis 1942. Daoud laisse comme planer un mystère, que chacun résoudra suivant sa propre perception, sa propre sensibilité... Je ne pense pas qu'il existe de réponse claire et nette, malgré ce qu'en disent certaines critiques. A qui s'adresse Haroun ? A un étudiant thésard, à un journaliste, à lui-même, à l'ombre de Camus, ou à chacun des lecteurs qui plongent dans ses pages et l'écoutent ?

A noter que "Meursault, contre-enquête" a reçu le prix Goncourt du premier roman.

 

" La religion pour moi est un transport collectif que je ne prends pas. J'aime aller vers ce Dieu à pied s'il le faut, mais pas en voyage organisé."

"Un certain goût pour la paresse s'installe chez le meurtrier impuni. Mais quelque chose d'irréparable aussi : le crime compromet pour toujours l'amour et la possibilité d'aimer. J'ai tué et, depuis, la vie n'est plus sacrée à mes yeux"

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 12 Mars 2019

Cinéma Marvel
Captain Marvel

Film d'Anna Boden et Ryan Fleck

Avec Brie Larson, Samuel L.Jackson, Jude Law, Annette Bening

 

Synopsis :  Captain Marvel raconte l’histoire de Carol Danvers qui va devenir l’une des super-héroïnes les plus puissantes de l’univers lorsque la Terre se révèle l’enjeu d’une guerre galactique entre deux races extraterrestres.

 

 

Mon humble avis : Un très chouette Marvel, parfaitement maîtrisé, malgré des premières minutes un peu scabreuses et nébuleuses. Mais sitôt Carol atterrissant sur terre, tout rentre dans "l'ordre", si je puis dire.

Un nouveau personnage dans l'écurie Marvel ciné... Que je ne pouvais pas louper, sous peine de lourdes lacunes dans ma petite culture Marvel. Puisqu'en fait, Captain Marvel est un reboot des Avengers... C'est suite à son passage dans le S.H.I.E.L.D que Fury créera l'équipe de super héros

Un film sur un super héros femme, réalisé par une femme, mis en musique par une femme... c'est peu courant alors...incontournable... Et puis forcément, cette héroïne aura sa franchise et ses suite donc, même si on l'a retrouvera dans quelques semaines dans Avengers : End Game.

Un film qui fait pas mal écho à l'actualité dans les messages qu'il délivre... Chaque espèce, chaque race, chaque peuple devrait avoir droit à une terre, un lieu pour vivre sereinement et en toute sécurité... Dans la vie, il ne faut pas se tromper d'ennemi. Celui qui nous ressemble le moins n'est pas forcément notre pire ennemi, qui peut être bien plus proche que nous. Le féminin ne devrait rien avoir à prouver au masculin. Et enfin, il faut se libérer des carcans de pensée, de la soumission intellectuelle ou émotionnelle, car celle-ci nous empêche d'être clairement nous-même et de développer tout notre potentiel... Et Captain Marvel, du potentiel, elle en a en réserve.

Sinon, aucun ingrédient ne manque à l'appel pour faire de ce film un très bon Marvel... Effets spéciaux (of course, c'est la base tout de même), chouettes chorégraphies de combats, rythme, suspense, scénario bien ficelé et bien sû, de l'humour ! Parce qu'on se marre bien avec certains Marvel qui n'hésitent pas à flirter avec l'auto dérision.

Et puis, cerise sur le gâteau... l'un des personnages principaux de cet opus est... un chat ! Miaou ! Qui délivre un secret et démontre à quel point ces braves boules de poils pourraient être l'avenir de l'Humanité. Bon ok, j'exagère, mais à peine !

Comme d'hab, il faut rester jusqu'au bout du générique. Mais vraiment au bout du bout... Celui-ci contenant deux "spoilers" annonçant la suite des événements Marvel !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 10 Mars 2019

Roman - littérature française - Bretagne
Article 353 du code pénal, de Tanguy Viel

Roman - Editions Audiolib - 4 h d'écoute - 19 €

 

Parution d'origine aux Editions de Minuit en janvier 2017

L'histoire : Martial Kermeur est déféré devant le juge, pour avoir jeté l'agent immobilier Antoine Lazenec à la mer... Geste qui a provoqué la mort de ce dernier.

Face au juge, Martial évoque tous les éléments qui l'ont conduit jusque dans son fauteuil... Depuis, son licenciement, son divorce, la garde de son fils, jusqu'à sa prime de licenciement investira dans un projet immobilier qui ne verra jamais le jour...

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Voici un très bon roman, étonnant, original et à la fin... bouleversante et on ne peut plus inattendue si l'on ignore le contenu de ce fameux article 353 du code pénale. Oui, l'issue remue vraiment. Elle rassure comme elle inquiète sur un certain fonctionnement possible de la justice française. Oui, elle peut vraiment tranquilliser si nous sommes en face de la bonne personne. Même si la vengeance n'est jamais une bonne justice et que nul n'est censé ignorer la loi.

Nous sommes dans le Finistère Nord, dans le bureau d'un juge pour un huis clos entre le juge et le présumé coupable Martial Kermeur, pour le meurtre d'Antoine Lasenec, un promoteur immobilier arrogant tout d'abord, puis très véreux ensuite, pour être les deux enfin. Ce huis clos est une longue confession de Kermeur, qui comme une pelote de laine, déroule tous les événements qui l'ont conduit à commettre cet acte irréparable. 

Nous pourrions tout aussi être dans le cabinet d'un psychiatre...  Martial Kermeur est presque dans un monologue... Juste entrecoupé par quelques questions du juge, ou relancé par le juge comme un encouragement à approfondir un fait. Aussi les principaux sujets de ce roman sont le pouvoir de la parole libératrice, et surtout, le pouvoir de l'écoute, qui permet l'empathie.

Mais il y a aussi le désespoir des victimes d'escrocs, qui n'ont aucun recours... Les gestes qu'amènent ce désespoir et la ruine financière... mais aussi, les sentiments... La honte... La honte d'avouer s'être fait escroquer, la honte que les autres découvrent qu'en bon partisan socialiste, vous ayez investi dans le plus pur exemple du capitalisme.

Tout cela est parfaitement développé dans cette histoire, captivante, très bien menée, qui nous cloue aux sièges de Marial et du juge. Parce que Tanguy Viel a le génie de glisser un sacré suspense dans cette histoire, alors que pourtant, l'accusation est connue dès le début et que le présumé coupable ne nie pas les faits. Et à noter, la lecture de Féodor Atkine est juste impeccable. Bref, une rencontre livresque réussie !

Un roman que je vous recommande donc chaleureusement !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 8 Mars 2019

Goncourt des lycéens, roman, Burundi, rwanda
Petit pays, de Gaël Faye

Roman - Editions Livre de poche - 221 pages - 7.20 €

Parution d'origine chez Grasset le 24/08/2016

L'histoire : Gaby a 10 ans. Franco-Rwandais (français par son père, rwandais par sa mère), il vit en famille dans une impasse à Bujumbura, alors capitale du Burundi. Sa mère fuit les massacres et la tension politique du Rwanda. Dans cette impasse, avec quelques copains Gaby mène une douce enfance, relativement insouciante et protégée. Puis la guerre civile éclate, et alors, tout bascule pour Gaby.

 

 

Tentation : La réputation du livre

Fournisseur : les étagères d'Armelle

 

 

 

Mon humble avis : Ce roman a défrayé la chronique lors de sa sortie, puis lors de son couronnement par le Goncourt des Lycéens... Une fois de plus, je suis en retard par rapport à "tout le monde", et une fois de plus, je me suis prise en gifle, du genre de celle qui marque longtemps, avec ce petit pays.

Comme je comprends l'engouement général envers ce roman qui est, à mes yeux, un véritable chef d'oeuvre. Captivant, bouleversant, tendre et dur à la fois,  Petit Pays remue autant les entrailles que le coeur, il attendrit autant qu'il atterre et révulse, le tout dans une écriture très fluide, franchement agréable.

Ce roman n'est pas autobiographique, même si Gaël Faye y met ses souvenirs d'enfance africaine, depuis les copains, jusqu'à l'atmosphère, en passant par les odeurs, les saveurs, les lumières, les sons, la chaleur, les pluies, les coutumes. Gaël Faye nous emmène au Burundi, pour le meilleur d'abord, puis le pire. Mais c'est sûr, en tant que lecteur, "nous y sommes". 

La première partie conte donc cette enfance privilégiée, avec ces questionnements, malgré un contexte familial et géopolitique compliqué et déjà tendu. Au Burundi, vivent aussi des réfugiés zaïrois, mais surtout Rwandais (Les Tutsi qui fuient les massacres perpétrés par les Hutus)... Tout cela pour "une histoire de nez"... Bref, une question d'ethnies...

Puis au Burundi, viennent les premières élections libres, suivies de près par un coup d'état et le début d'une guerre civile qui durera plus de 15 ans. De façon presque simultanée, le président du Rwanda voisin est assassiné. Les massacres se transforment alors en génocide contre les Tutsis, dont les plus chanceux se réfugient au Burundi, pays alors aussi en guerre.

Yvonne, la mère de Gaby, retournera au Rwanda à la recherche de sa famille, et reviendra marquée à jamais par les charniers dont elle est témoin...

Et pendant ce temps, Gaby grandit un peu, si peu... Deux ans, c'est peu dans la vie d'un enfant... mais au milieu de toutes ces guerres et ces haines incompréhensibles, il lutte très fort, contre lui-même et le monde pour justement, rester un enfant... Il se réfugiera alors dans la lecture... avant que le monde ne le rattrape dans son antre. Cette lutte pour ne pas quitter l'enfance est le coeur de ce roman.

Par certains côtés (l'impasse, la vie de quartier, des enfants avec le monde qui ne bouge pas dans le bon sens tout autour d'eux), Petit Pays m'a fait penser à "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" d'Harper Lee. Il en a, de toutes façons, la même puissance, la même densité (impossible d'évoquer tous ses sujets- dont l'exil - en un seul billet). Saisissant jusqu'à la toute dernière page. A lire impérativement si ce n'est pas déjà fait !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 6 Mars 2019

Film de Safy Nebbou

Avec Juliette Binoche, François Civil, Nicole Garcia, Guillaume Gouix

 

Synopsis :  Pour épier son amant Ludo, Claire Millaud, 50 ans, crée un faux profil sur les réseaux sociaux et devient Clara une magnifique jeune femme de 24 ans. Alex, l’ami de Ludo, est immédiatement séduit. Claire, prisonnière de son avatar, tombe éperdument amoureuse de lui. Si tout se joue dans le virtuel, les sentiments sont bien réels. Une histoire vertigineuse où réalité et mensonge se confondent.

 

 

Mon humble avis : Je suis allée voir ce film avec la simple motivation de "prendre l'air" lors d'un dimanche pluvieux... Et j'en suis ressorti ébahie (je ne sais pas si c'est vraiment le mot exacte). Quel film ! Quel scénario judicieux, intelligent,  juste, dense et surprenant jusqu'à la toute dernière seconde ! Un film tout en faux-semblants, où l'on ne sait évidemment pas ce qui tient du réel, de l'imaginé, de l'écrit, du vécu, du rêvé. Un film que chacun pourra voir et interprété comme il le souhaite... Toute comme cette fin qui pourrait être si multiple !

Celle que vous croyez est l'adaptation du roman éponyme de Camille Laurens, paru en 2016. Livre que je n'ai pas lu, aussi, je suis bien incapable de dire si le film est tout à fait fidèle à cette genèse.

Ce film captive et bouleverse à plus d'un titre, tant finalement, les sujets qu'il aborde sont vastes, universels et ancrés dans notre époque actuelle... Celle des réseaux sociaux, de leurs dérives, mais aussi des possibilités qu'ils offrent... Notamment, celle de s'inventer une nouvelle vie, un autre moi... Pour séduire, se rassurer, vivre la vie que l'on voudrait, que l'on estime mériter ou que l'on considère, comme notre vraie vie en fait... Avoir le droit d'être heureux et/ou d'entrer dans des liaisons dangereuses... Oh, ici, pas de psychopathe et tout le monde est majeur et vacciné. Mais il y a le fantasme de l'image et l'addiction à ce fantasme, à cette vie en fait non vécue, car derrière un écran... qui devient un piège destructeur.

Et à travers tout cela, c'est de l'image de soi dont il est question : celle qu'on ressent, celle que l'on est et celle que les autres perçoivent. Notre âge est-il celui de nos rides, de notre Histoire, de notre façon de vivre, de rêver ou d'espérer. De quoi l'autre tombe-t-il amoureux ?

Bref, ce film est un magnifique portrait d'une femme complexe, de notre époque (et presque de ma génération) et cette femme, c'est une Juliette Binoche en état de grâce, qui m'a vraiment bluffée et émue en amoureuse perdue entre son double et elle. Il y a tant à dire sur ce film aussi profond qu'haletant et captivant, ses rebondissements (ou autres possibilités - à vous de voir comment vous les percevrez) et je l'ai tant aimé que rien de ce que je pourrai dire ne lui rendra vraiment justice.  Je suis incapable d'expliquer tous les tenants et les aboutissants de ce film, tant tout y est finesse et ressenti. Allez voir par vous-même !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 4 Mars 2019

Film de Mohamed Hamidi

Avec Gilles Lellouche, Malik Bentalah, Sabrina Ouazani, Camille Lou

 

Synopsis :  Fred Bartel est le charismatique patron d’une agence de communication parisienne branchée, Happy Few. Après un contrôle fiscal houleux, il est contraint par l’administration de délocaliser du jour au lendemain son entreprise à La Courneuve. Fred et son équipe y font la rencontre de Samy, un jeune de banlieue qui va vite se proposer pour leur apprendre les règles et usages à adopter dans ce nouvel environnement. Pour l’équipe d’Happy Few comme pour les habitants, ce choc des cultures sera le début d’une grande histoire où tout le monde devra essayer de cohabiter et mettre fin aux idées préconçues.

 

 

Mon humble avis : Ah, quelle chouette comédie et bon moment de cinéma, qui donne la banane, qui détend, divertit et permet une relâche bienvenue après une heure d'embouteillage pour arriver au ciné... Une fois assise dans le fauteuil rouge, on rentre dans le film et on oublie le reste !

J'aurais juste aimé que la phrase titre du film soit citée à un moment, car pour moi, elle est une des répliques phare du 7ème art (Souvenez-vous, Miou Miou, dans Mariage )

Ce film traite du choc des cultures entre deux côtés du périphérique parisien... Les quartiers chics de Paris VS La Courneuve, le tout (comédie oblige) à force de quiproquos, de situations plus ou moins absurdes et de répliques bien salées et parfois sucrées, piquantes ou touchantes mais toujours bien senties. A noter, les scènes de recrutement vraiment hilarantes mais aussi émouvantes qui mèneront à l'embauche notamment d'une jeune fille sur-diplômée cantonnée au Mc Do pour cause de couleur et de lieux de résidence.

Bien rythmé, ce film est parfaitement interprété, que ce soit pour les rôles principaux et les secondaires, bien exploité et qui forment un excellent caléidoscope, même si non exhaustif, de la société actuelle.

Evidemment, le film joue un peu sur les clichés mais pour mieux les démonter ensuite.... sans jamais stigmatiser...pour démontrer le vivre ensemble, au-delà des apparences... J'ai particulièrement apprécié l'évolution des personnages "des deux camps" au contact de l'autre, et surtout celui de Fred et de son gamin qui, au premier abord, à tout du sale gamin gâté pourri... On se rendra compte qu'en fait, il s'ennuie...

Et puis Mohamed Hamadi s'emploie à prouver que préjugés ou mauvaises réputations sont souvent basés sur un ver pourri dans la pomme... 

Bref, un film très humain et drôle, qui n s'éparpille pas, qui a gagné le prix du public au dernier festival de l'Alpe d'Huez... C'est dire s'il est sympa et agréable. Allez-y, tout ira bien, c'est réjouissant !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 2 Mars 2019

Roman - Littérature Française - Séparation - amour - jalousie - obsession
Deux soeurs de David Foenkinos

Roman - Editions Gallimard - 173 pages - 17 €

Parution le 21 février 2019

 

L'histoire : La vie de Mathilde s'effondre en quelques semaines... Il suffit qu'Etienne la quitte après cinq ans d'amour et d'un geste déplacé à son travail pour qu'elle se retrouve sur le banc de touche et perde pied.

Sa soeur Agathe lui propose de venir s'installer chez elle histoire de se reposer pour repartir sur de bonnes bases. Son mari et sa fille Lili lui feront de la place dans leur petit appartement, et dans leur vie. L'équilibre de cette cohabitation devient très vite très précaire, surtout que Mathilde dévoile un pan de sa personnalité inconnu de tous, même d'elle même...

 

Tentation : Pour Foenkinos, je cours !

Fournisseur : Ma CB

 

 

Mon humble avis : David Foenkinos nous conte l'histoire d'une chute sans fin, tout en observant les travers de notre société contemporaine. Via Mathilde il nous fait vivre les conséquences de l'abandon amoureux, lorsque celui-ci devient obsessionnel et conduit à une sorte de folie. La désertion de l'être aimé passionnément, la blessure, le mal qui est fait et libère ainsi un pan inconnu de votre personnalité... A moins que ce soit ce mal qui le crée...

Les conséquences du malheur, la dépression, le déni, la paranoïa... 

Deux soeurs est un roman qui change complètement de direction, qui sort "des habitudes Foenkinos" que pourtant j'adore pour surprendre et entraîner le lecteur dans une histoire tout à fait inattendue de sa part... C'est pas mal non plus d'être surprise et emmenée là où l'on ne s'y attendait pas.

Pourtant, le ton, ou le style singulier de l'auteur est là... Ce ton faussement badin, qui fait souvent sourire, cette façon unique et inimitable  qu'a David Foenkinos pour dire, raconter ou démontrer les choses et les sentiments. Oui, même en lecture "à l'aveugle", on saurait parfaitement dire qui tient la plume. Mais c'est dans le registre que l'auteur fait un virage à 180 degrés. Nous sommes ici dans une histoire sombre qui détaille avec grand talent des affres de la dépression, une histoire où la tension monte, où l'auteur se joue du lecteur en émettant une hypothétique manipulation pour la démonter ensuite.

A mesure que l'on tourne tourne tourne frénétiquement les pages, on devine que l'issue risque d'être tragique, sans jamais imaginer à quel point celle-ci sera glaçante.

Le Foenkinos 2019 est donc toujours aussi agréable et fluide à lire, mais surprenant puisque éloigné de l'univers et des sujets de prédilection de l'un de mes auteurs chouchous ! Vivement 2020 !

 

Et pour une fois, je me suis fait "plaiz" avec plein de petites croix au crayon à papier dans la marge !

"Elle se rendit compte à quel point il est facile de ne pas être soi"

"Il avait fini par se dire que certaines histoires meurent d'avoir commencé trop tôt... Il passa donc à la seconde rupture : celle des réseaux sociaux, en la "bloquant" sur toutes ses pages. Elle en fit de même : la fin d'un amour moderne."

"Dire la vérité, c'est faire fuir l'autre. Mathilde n'a pas le choix, elle minimise chacune de ses pensées. Mais elle ne doit pas sembler indifférente non plus. Tout est si compliqué. Elle donnerait n'importe quoi pour avoir le mode d'emploi du geste juste."

"Est-il possible que la gentillesse soit insupportable ?... L'agressivité de Mathilde était compréhensible. On cherche toujours un bouc émissaire à ses souffrances".

"On pourrait croire que que ce moment d'égarement demeurerait l'unique image que l'on conserverait d'elle. Une erreur dans un océan de perfection, et c'est l'erreur seule que l'on regarde".

"La disponibilité permanente de toute chose avait donc conduit à la baisse de la libido curieuse. Alors, on repérait les passionnés, ici où là, comme des chevaliers d'un autre temps"

"Le vrai problème, c'était les livres. Mathilde en avait trop lu. On ne pouvait pas être heureux quand on avait trop lu. Tous les malheurs venaient de la littérature. Elle enviait le manque de culture littéraire de sa soeur."

"Peut-on devenir méchant à l'épreuve de la souffrance ? Il fallait croire que oui.

« Quand vous souffrez, tout le monde vous considère comme un produit explosif. Vos interlocuteurs s approchent de vous en espérant que le fil rouge et le fil bleu qui sont en vous ne vont pas leur faire exploser une bombe au visage. »

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 28 Février 2019

BD - Editions Dupuis - 99 pages - 20.99 €

 

Parution en octobre 2018

L'histoire :  La petite Alice n'a que faire des imprécations religieuses des membres de sa famille, de leurs ambitions sociales et de leur quotidien triste à mourir. Ses frères sont des bêtas et ses parents, aveugles à ce qu'elle souhaite par-dessus tout : vivre dans la vallée aux Loups. Depuis l'enfance, elle est bercée par les contes de son grand-père et les légendes autour de la déesse Cybèle, qui s'éprit un jour d'un humble berger... Une histoire à l'issue tragique qui scellera le destin de la fillette : là où la forêt côtoie les rêves, là où la magie rassemble les êtres, Alice sera reine. Loin des règlements domestiques, dans le chalet de son aïeul, la jeune fille grandira au coeur d'une nature sauvage et enchanteresse, parmi les animaux et les créatures sylvestres. Jusqu'à rencontrer à son tour un garçon égaré dans les bois, un garçon sans nom piégé depuis mille ans dans un corps qui ne vieillit pas. Aurait-il été victime d'un sortilège ? À moins que son existence ne soit elle aussi liée au chêne majestueux qui trône au milieu de la vallée ?

 

Tentation : Couv, dessins

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Qu'il fait bon lire "Le chalet bleu". D'ailleurs, cela donne même envie d'y habiter (avec quelques livres et mes chats)... Pleine nature, avec l'essentiel.

Les dessins de cette album sont magnifiques, vraiment. Qu'ils soient animaliers, humains ou représentant la nature dans toutes ses dimensions, c'est extraordinaire. On entend le silence, le froissement des feuilles des arbres, le piaillement d'un oiseau. Cet album exalte tous nos sens, les met en éveil, tout en nous apportant un repos corporel et une ouverture de l'âme bienvenus.

Cet album est comme un conte... D'ailleurs, l'héroïne se prénomme Alice... On est dans un Alice au pays des merveilles.... Avec des légendes, des esprits, de la magie... mais que dans la nature... qui requiert une certaine pureté pour vous accepter. Le cycle de la vie, l'Amour, mais pas seulement humain, la liberté de penser, de vivre, le temps qui passe, les saisons et les joies de chaque âge traversé, le bonheur qui est si près quand on le croit loin... même s'il est important de faire le voyage au loin pour s'en rendre compte.

Cet album est une véritable ode à la nature si bien illustrée et à l'imaginaire ! A lire évidemment.

Pour ma part, je ne connaissais pas du tout Jean-Claude Servais, qui si j'en crois ma petite recherche web, est un auteur de BD assez prolifique... Donc du plaisir à venir c'est sûr, car je n'ai qu'une envie, me plonger dans un autre de ces albums.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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