Publié le 6 Avril 2019

Littérature, lecture, avis, Sucre Noir, Miguel Bonnefoy, roman

Roman - Editions Rivage livre audio - 4h29 d'écoute - 19.60 €

 

Parution d'origine chez Acte Sud en août 2017

L'histoire : Dans les Caraïbes... Quelque part au Venezuela... Au 18ème siècle, un navire de pirate fait naufrage... après une mutinerie, mais surtout, après avoir caché et protégé un inestimable trésor. Depuis, les légendes vont bon train sur ce trésor. Au début du 20ème siècle, la famille Otéro est rattrapée par cette légende. Et, sur plusieurs générations, il y aura ceux qui cherchent le trésor, et ceux qui ne le cherchent pas. Qui le trouvera ?

Tentation : La renommée du roman lors de sa sortie

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Le premier chapitre m'a fait peur, comme si ce choix de lecture ne me correspondait pas... L'impression d'être sur le Black Pearl de Pirates des Caraïbes. Et puis, toute réticence s'est envolée et je me suis laissé happée par cette chasse au trésor, qui est en fait assez secondaire dans cette histoire, mais qui permet une passionnante et intéressante observation de l'Humain dans ce qu'il a de pire, comme de meilleur.

Le ton du roman, tout à fait maîtrisé, est assez suranné.... Comme si cette histoire émanait des profondeurs d'une mémoire collective, et d'une transmission trans-générationnelle orale. La lecture assez neutre qui en est faite m'a dérangée au début, puis plus du tout, tant elle était adéquate par rapport au texte.

Roman vous avez dit ? Oui, mais bien plus ou tout autre.... Récit d'une légende, saga, fable, conte, héritage familial, récit biblique genre premier testament, parabole ? Un peu tout à la fois mais sans jamais désordonné.

Outre le dépaysement exotique et temporel, voire atemporel, Sucre Noir déploie une force symbolique d'une puissance rare... Oui, tout y est symbole, depuis le caractère des personnages et leur évolution, jusqu'à évidemment, cette cherche de trésor. Le trésor... Ce peut -être un simple rêve inaccessible ou une richesse inestimable. On peut parcourir la planète à sa recherche sans se rendre compte qu'il est à nos côtés. Il est espéré grandiloquent et prendre en fait une forme toute simple... Comme le bonheur. Souvent sans le savoir, on vit tous sur un trésor, nous même... A nous de le faire grandir, de l'aimer, et surtout, de le partager. Un trésor, le nôtre comme celui que dame nature nous offre, non partagé ne mène à rien qu'à la perte, à la folie, à l'obsession, à l'exclusivité dangereuse. Tout cela est au niveau personnel... Mais l'auteur développe aussi ce sujet à la dimension sociétale (avec la découverte du pétrole au Venezuela etc).

Bref, un texte puissant et simple et divertissant à la fois, comme déterre d'une autre époque (comme un trésor, on y revient !) et qui dit tant sur l'humanité en 200 pages. Une belle leçon de vie et d'amour.  Et qui dit aussi que l'Histoire est un éternel recommencement ! A lire sans hésiter !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 4 Avril 2019

BD - Editions Dargaud - 88 pages - 21.90 €

Parution en septembre 2018

 

L'histoire :  L'Israël dessinée dans les médias, trop souvent réduite au conflit israélo-palestinien qui exacerbe le monde entier ne correspond pas toujours à l'Israël de Michel Kichka dont il connaît le peuple, Falafel sauce piquante est le récit autobiographique romancé de son rapport à ce pays. Quarante et une années de vie adulte à Jérusalem racontées à travers ses rencontres, ses souvenirs, les événements politiques, une vie dans une Terre de conflits, mais aussi Terre de miracles.

Tentation : Pitch et couv

Fournisseur : Bib N°1

Mon humble avis : Encore (un encore qui ne signifie point une quelconque lassitude hein !) une très bonne BD, dans la veine des Guy Delisle et autres confrères de bulles !

Une autobiographie d'un jeune belge juif d'origine polonaise... qui fait très jeune son alyah en terre promise. Récit sur 40 ans... Donc une période bien plus longue que celle que les albums graphiques offrent habituellement, qui permet vraiment d'approfondir le sujet et de suivre l'Histoire du pays, Histoire toujours un peu compliquée à comprendre lorsqu'il s'agit du Moyen Orient et donc d'Israël entre autre. Michel Kichka nous offre donc 40 ans de vie personnelle et de citoyen d'Israël de l'intérieur, le tout avec toujours deux cultures : celle de naissance et celle d'adoption, le tout avec une certaine neutralité et un appel à la paix. L'art, le dessin, la BD étant une arme pacifique pour prôner la paix, le vivre ensemble et lutter contre les guerres et leurs dégâts... dans une région en conflit quasi permanent.

Avant son installation en Israël, Michel Kichka connaissait déjà Israël, suite à plusieurs séjours estivaux là-bas, notamment dans des kibboutz où il rejoignait sa soeur ayant déjà fait son aliah. Aussi, se pense-t-il prêt pour traverser la Méditerranée. Mais sur place, c'est tout de même le choc des cultures, l'apprentissage de l'hébreu, des us et coutumes, ce qui donne bien sûr lieu à de savoureuses situations très comiques et pour nous lecteurs, l'occasion d'appréhender un peu mieux ce qu'est la vie en Israël... Une mentalité assez zen mais le stress d'une guerre toujours imminente... et qui arrive. Lorsque c'est le cas, notre auteur a bien vieilli puisque ce sont ses fils qui partent au front.

Bref, on suit toute cette vie intéressante et chaleureuse, grave mais choisie jusqu'à aborder la célébrité mondiale de l'auteur en tant que Bédétiste et surtout, dessinateur de presse, qui parcourt salons et conférences de par la planète avec des messages de tolérance et des espoirs de paix, notamment via l'association "Cartooning for peace" avec Plantu.

Le tout est servi par des dessins très agréables, colorés. Bref, une BD qui instruit avec plaisir, mais qui mérite tout de même une certaine concentration pour bien saisir et replacer le contexte géopolitique qui veille dans notre mémoire abreuvée d'images et d'articles médiatiques qui font que "j'y pense et puis j'oublie"...

A lire évidemment, pour ceux qui ont la curiosité de l'ailleurs et de l'autrement !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 2 Avril 2019

Roman - Editions J.C Lattès - 192 pages - 17 €

Parution le 6 mars 2019

 

L'histoire : Les gratitudes, ce sont les vrais mercis, ceux qui dépassent les mercis de courtoisie, de politesse, d'habitude. Ce sont ces mercis que l'on devrait dire à celles et ceux qui, par leur rencontre et leur action, au delà du "petit" service, ont vraiment changé notre vie. Ces mercis que l'on tait parfois par gêne, où que l'on aimerait dire alors qu'il est trop tard.

Michka vient de décéder en EPADH. Marie, sa jeune voisine, raconte Michka, leur relation, sa vieillesse avec les mots qui disparaissent, la perte de repaires, et la gratitude urgente qui ronge Michka.

 

Tentation : Ben, un de Vigan, c'est incontournable !

Fournisseur : Kdo de ma Maman.

 

 

Que reste-t-il lorsque les mots s'envolent ?

Mon humble avis : Une fois de plus, Delphine de Vigan m'a touchée en plein coeur, avec simplicité, justesse, pudeur, finesse et beaucoup de tendresse sur un sujet douloureux, qui nous a tous concerné (via la perte d'un être cher) ou nous concernera tous un jour où l'autre, lorsque viendra notre tour... Celui de la fin de vie... Mais avant cette fin redoutée puis salvatrice, il y a l'amoindrissement des capacités, la vieillesse, le cerveau qui fonctionne moins vite ou plus très bien, la dépendance et ici, le sujet central... Les mots qui s'envolent, qui disparaissent, qui se confondent... Ce que l'on nomme l'aphasie. Que reste-t-il sans les mots ? Comment échanger, comment se faire comprendre, comment communiquer ? La mise en mots de cette disparation est magistralement décrite par Delphine de Vigan à travers le personnage si attachant de Michka.... mais aussi à travers celui de Jérôme, son orthophoniste et de Marie, jeune voisine de Michka qui vient souvent lui rendre visite. Dans Marie, on peut aisément retrouver des pans de vie de l'auteure elle-même. Aussi, peut-être Michka a-t-elle réellement existé, et ce roman, l'expression d'une réelle gratitude que la fuite du temps n'a pas rendu possible au bon moment. Ce sont Marie et Jérôme qui racontent chacun leur tour Michka, la Michka qu'ils connaissent.

Mais cette fin de vie n'est point l'unique sujet de ce roman magnifique... Il y a évidemment ces gratitudes que l'on manifeste, et celle qui sont restées enfouies et tues, avec l'urgence de les partager...

Michka est hantée par une gratitude qu'elle n'a pas pu exprimer. Enfant juive, durant la deuxième Guerre Mondiale, elle a été cachée par deux paysans durant plusieurs années. D'eux, elle n'a que deux prénoms, deux prénoms qui lui ont sauvé la vie et qu'elle n'a jamais pu remercier.

Marie éprouve tendresse et gratitude envers Michka qui a agrémenté et allégé son enfance lorsque sa propre mère se faisait défaillante.

Et puis il y a Jérôme, l'orthophoniste, qui travaille avec les mots et les silences, et qui se prend réellement d'affection pour Michka.

Ces trois personnages ont un point commun... une blessure de l'enfance. De celles qui marquent à jamais...

Bon, je réalise en relisant mes mots que je patauge pour exprimer à quel point j'ai aimé ce roman qui est tout en dignité, émotion, poésie mais sans pathos. Et, surtout, en toute simplicité, ce qui pour moi est un point positif par rapport aux deux ouvrages précédents de l'auteure... Simplicité et humanité, voilà ce qui définit ce court roman.

Quant à nos propres gratitudes... Forcément, on y réfléchit au cours de notre lecture... Je pense, j'espère avoir exprimé les miennes au bon moment... Ces bras et mains ouvertes qui changent votre vie, ou qui permettent de la maintenir telle qu'elle était malgré les accidents... Je pense souvent à Ludo et Laurence, mes chefs chez Nouvelles Frontières, qui ont tout fait pour que je garde mon poste après mon AVC... Jusqu'à me dire, à certains moments : "si tu ne te sens pas venir travailler, tu ne viens pas mais tu nous préviens pour qu'on ne s'inquiète pas de ton absence". Vous en connaissez beaucoup vous, des chefs comme ça ?

Je pense aussi à Magali, qui sans me connaitre, a proposé de m'accueillir chez elle en Guadeloupe pour que je puisse chercher du travail sur place.

Je pense aussi à Hannelore et José, mes amis de Guadeloupe aussi, qui m'ont invité à squatter chez eux 3 mois, le temps que je m'organise etc...

Je pense à l'équipe médicale de St Philibert à Lille qui m'a sauvé la vie

Je pense aux personnes qui spontanément, m'ont aidé à retrouver mon Praslin il y a quelques années.

La liste est longue en fait... Mais honnêtement, je pense être en paix avec moi-même car ces gratitudes, je n'ai jamais eu la pudeur de les taire. Au contraire... Et souvent à l'étonnement des bénéficiaires, qui ne comprennent pas toujours ces reconnaissances de gratitudes, tant ce qu'ils ont fait pour moi leur semble normal.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 31 Mars 2019

film Rebelles Allan Mauduit cinéma

Film d'Allan Mauduit

Avec Yolande Moreau, Cécide de France, Audrey Lamy

 

Synopsis :  Sans boulot ni diplôme, Sandra, ex miss Nord-Pas-de-Calais, revient s'installer chez sa mère à Boulogne-sur-Mer après 15 ans sur la Côte d'Azur. Embauchée à la conserverie locale, elle repousse vigoureusement les avances de son chef et le tue accidentellement. Deux autres filles ont été témoins de la scène. Alors qu'elles s'apprêtent à appeler les secours, les trois ouvrières découvrent un sac plein de billets dans le casier du mort. Une fortune qu'elles décident de se partager. C'est là que leurs ennuis commencent...

 

 

Mon humble avis : Et oui, c'est assez longtemps après sa sortie (par rapport à d'habitude) que je vous présente ce film... j'ai été quelque peu immobilisée par une opération chirurgicale et la convalescence.

Curieusement, j'attendais un peu autre chose de ce film. Un peu plus ? Différent ? Je ne saurais trop dire... Rebelles est en fait un film de gangsters un peu déjanté, rock'n roll et humour noir. Les femmes y tiennent le premier rôle, ça c'est le côté fun et assez inédit du film. Ensuite, la force de Rebelles est son trio d'actrices... Délicieux, redoutable, équilibré dans les différents caractères et hilarant...évidemment !

Ce film, un peu polar, un peu thriller, un peu comédie féministe, est aussi une chronique sociale, qui une fois de plus et à mon regret, se passe dans le ch'nord, oups, les Hauts de France.... A travers le cinéma, on dirait vraiment que la misère sociale n'existe que dans ma région natale... Et une fois de plus, ça me gonfle un peu... Même si cela montre aussi une autre image de nouzotes, la débrouillardise, la solidarité etc...

Bon c'est parfois un peu décousu, ça part un peu dans tous les sens, mais Rebelles reste un bon divertissement et un excellent jeu de comédiennes !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 30 Mars 2019

La vie en mieux, d'Anna Gavalda

Roman - Editions Audiolib - 4h52 d'écoute - 19.50 €

Parution d'origine à La Dilletante en mars 2014

 

L'histoire : Mathilde a 24 ans et Yann 26. Deux jeunes qui, séparément, vive une vie qu'ils trouvent terne et loin de leur inspiration sans toutefois se remettre en question. Jusqu'à ce qu'un jour, ils fassent chacun une rencontre qui va changer le cour de leur vie en leur donnant enfin des ailes.

 

Tentation ; Envie de facile et de légèreté

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : En fait il ne s'agit pas ici d'un roman mais de deux longues nouvelles avec un thème commun... Une vie qui ne ressemble pas à ceux qui la vivent...

Je suis très partagée par ce livre. Si je m'étais arrêtée à la première histoire, celle de Mathilde, j'aurais été assez féroce je pense... Pas pour le fond, qui reste agréable et pas dénué d'intérêt, mais pour la forme...

Un soir, Mathilde oublie son sac à main dans un bar... Dans ce sac, une belle petite fortune en espèce pour payer des gros travaux dans l'appart qu'elle partage avec deux colloc dans le genre "saintes ni touches" . Bien diplômée, le métier de Mathilde n'est pourtant que de poster de faux avis dithyrambiques sur des sites de vente internet. Quelques jours plus tard, un appel... Surprise, celui qui a trouvé son sac souhaite lui rendre dans le même bar... Et il lui rend dans son intégralité, la belle petite fortune incluse... Fait assez rare à notre époque pour être souligné et qui, effectivement, pouvait être un bon postulat de départ pour une chouette histoire. Oui mais voilà, il est moche, bizarre etc... Malgré des formules bien trouvées, vous savez, ce genre de formules qui vous fait briller en soirée, ou du moins qui fait rire la cantonade, Mathilde m'a déplu. Déjà, ces fameuses formules sont trop systématiques, comme les antibiotiques... Et donc cela finit par lasser et par passer pour un exercice obligatoire. Et puis, cette jeune fille utilise certes un langage populaire et plutôt oral, mais le pire est que sa vulgarité devient insupportable. Et dommage, cette nouvelle s'achève là où il serait intéressant qu'elle se développe.

L'histoire de Yann m'a plus touchée. Lui aussi sur- diplômé, le voici vendeur chez "Darty". Il vit avec sa copine... Mouais, rien de transcendant, jusqu'à ce qu'il fasse la connaissance d'un couple de voisin, un couple haut en couleur, avec qui il passe une soirée, suite à une histoire de meuble qu'il a aidé à monter de quelques étages... Cette soirée le changera à jamais et lui fera réaliser que rien de sa vie ne lui ressemble... Ni sa copine, ni son boulot, ni son appart. Les choses de la vie, les conseils de l'aîné à son cadet sont bien plus profonds et intéressants, même si émanent de la vapeur des bons vins de cette soirée. Bon, certes, une certaine vulgarité linguistique est toujours là (genre bite zob couilles) et pas nécessaires, mais les sentiments et les idées font leur bout de chemin dans l'esprit de lecture. Une nouvelle direction, un axe de vie va prendre forme pour ce Yann un peu paumé et qui mérite mieux. Et ce Yann, dans sa façon de réagir et de s'envoler, m'a beaucoup plus. Il a résonnait en moi... A une époque, j'étais un peu lui et j'ai solutionné la problématique d'une façon similaire.

Donc au final, deux textes très inégaux, au style qui s'efforce d'être trop "djeuns" pour Mathilde. On est loin des premiers livres de l'auteure qui saisissait les tripes et le coeur il y a une bonne quinzaine d'année.

En fait, l'histoire de Yann aurait mérité un roman, plus long, à elle seule et Mathilde aurait dû rester dans le tiroir. Le roman aurait alors eu un tout autre goût, proche du délice.

Une lecture pas nécessaire... Si vous n'avez rien d'autre à lire.... C'est toujours mieux qui "Voici" ou "Closer". Ou alors, zappez la première nouvelle !

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Ecouter un livre chez Sylire

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 28 Mars 2019

BD, bande dessinée, autobiographie, Bipolarité, cyclothymie
Goupil ou Face, BD de Lou Lubie

BD - Warum Editions - 164 pages - 15 €

 

Parution en octobre 2016

Le sujet :  Lou est une jeune fille bien sous tout rapport. Jeune, jolie, elle conçoit des jeux vidéos, a un amoureux, des amis, une famille aimante… Bref, tout pour ne pas sombrer dans la déprime la plus noire.Sauf que voilà, de temps en temps, entre des périodes d’intense activité, sans raison, elle tombe dans le pot au noir, et un animal insatiable la dévore… un petit renard ! Soit son tempérament cyclothymique, sous la forme d’un petit renard capricieux.Car Lou est cyclothymique et, avec elle, le lecteur va découvrir le monde haut en contraste des maladies bipolaires.Hyper documenté, cartoonesque et ludique, ce roman graphique emmènera le lecteur découvrir ce qui se passe quand on a la tête envahie par ce petit renard hyperactif et boulimique, sur les traces autobiographiques de la jeune illustratrice. GOUPIL OU FACE permet de découvrir une pathologie sans sombrer dans le pathos.

 

Tentation : Le billet de Gambadou

Fournisseur : Ma CB

 

Une bande dessinée qui vous fera vraiment comprendre les maladies bipolaires.

Mon  humble avis : La quatrième de couv' dit déjà beaucoup sur cet album et le dit très bien.

Je suis directement concernée et bien placée pour apprécier et "vendre" Goupil ou Face... En tout cas, le conseiller vivement, voire l'imposer. En effet, après une longue errance psycho-médicale, j'ai été diagnostiquée Bipolaire de Type 2 à forte tendance cyclothymique lors de l'hiver 2013... Soit à 41 ans. Sur le coup, un soulagement... Car curieusement, je me suis dit "je ne suis pas folle" il y a vraiment un truc qui déconne chez moi, un truc qui me dépasse et contre lequel je ne peux rien. Mais très vite aussi, l'angoisse...Car je n'y peux rien et ça ne se guérit pas. Mais tout de même des mots sont mis sur mes mal-être, un diagnostic est fait, un handicap reconnu... La (les) bipolarité(s) sont inclues parmi les 10 maladies les plus handicapantes par l'O.M.S.

Ce truc qui me dépasse, j'ai vite mis une image dessus... Un alien... Qui sort sans prévenir, avec des super-pouvoirs, pour le pire (dans les périodes down) comme pour le meilleur (dans les périodes up).

La difficulté supplémentaire dans mon propre cas, c'est que les symptômes de cette maladie se cumulent avec les séquelles neuropsychologiques de mon AVC qui date de janvier 2008... (La fatigue, la lenteur, les troubles de la mémoire, de la concentration et aussi et surtout, ce foutu manque du mot).

Donc mon alien... Et bien Lou considère le sien comme un renard... réputé pour être futé et fourbe. Le renard, c'est bien plus "glamour" esthétiquement, graphiquement, et dans les bonnes périodes, ce fameux renard peut être une bonne compagnie, attachante. Dans les up, son renard est roux. Dans les down, il devient noir et prend des allures très agressives.

Cet album décrit à la perfection la vie, les ultra souffrances, les hyper joies d'une bipolaire (cyclothymique certes, mais les 3 types de bipolarité ont des racines et un tronc communs, ce sont les branches qui diffèrent. Depuis les premières manifestations de la bête jusqu'au diagnostic et même après, dans le quotidien, malgré un traitement qui étête les hauts et la bas pour les rendre moins tranchants et fulgurants. Il explique très bien le regard que l'on a de soi, le combat pour faire admettre aux autres le diagnostiques (ben enfin, c'est pas possible, t'es mignonne, t'es intelligente, t'as tout pour être heureuse) et ne pas le faire oublier (un type 2 ou une cyclothymique en up sont justes des personnes qui semblent déborder d'énergie, de joie de vivre).... Mais ça ne dure pas, les angoisses sont toujours là, parfois pour des petits rien, et souvent pour la peur de la rechute dans le down. Il démontre la différence entre les bipo et les autres... qui ne cessent de dire "allez, remue toi... Ou tu sais, on est tous un peu bipolaires... moi aussi ça m'arrive de m'énerver...." Les phrases qui donnent aux bipo des envies meurtrières.

Bref, cet album est un outil INDISPENSABLE pour comprendre les maladies bipolaires de façon "ludique et distrayante", en tout cas, de manière ultra simple, sans les langages inaccessibles de certains livres indigestes sur la matière, avec des images (dessins) aussi marquantes que parlantes. D'autant que Lou Lubie, dans la construction de son ouvrage, a été épaulée par une psychologue clinicienne. C'est donc très documenté (mais présenté) de façon amusante, prudent, et juste médicalement parlant. L'auteur ne prétend pas diagnostiquer les bipolaires à elle toute seule... Cet album peut aider, mais en aucun cas remplacer à avis médical avisé (qui est certes long et difficile à trouver)

Vous êtes bipolaire, lisez ce livre... Moi même, il m'a aidé à comprendre certains aspects de mon comportement et de ma pathologie... Et puis, il est si bon de se sentir compris... si simplement. Si simplement qui si vous ne parvenez pas à vous faire comprendre par votre entourage, cet ouvrage vous sera d'une grande aide... rien qu'en le posant dans les mains qui vous sont proches. Si celles-ci acceptent évidemment de se pencher un peu sur la question.

Si vous connaissez ou côtoyez une personne bipolaire, que vous avez du mal à la suivre, à réagir, à entourer, à soutenir ou à saisir la complexité de sa maladie, ruez-vous dans une librairie et achetez ce livre. En une bonne heure de lecture, il lèvera le voile sur ce qui est pour vous soit inconnu, soit incompréhensible, soit irréel et pure imagination du bipo. Bref, Lou Lubie peut ramener un peut se sérénité, via la compréhension,  dans les foyers.

Goupil ou face est pour moi un ouvrage d'utilité publique, au même titre qu'une autre BD : Journal d'une bipolaire

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 26 Mars 2019

Film, cinéma, Daniel Auteuil
Qui m'aime me suive

Film de José Alcala

Avec Catherine Frot, Daniel Auteuil, Bernard Le Coq, Solam Dejean Lacréole

 

Synopsis :  Gilbert et Simone vivent une retraite agitée dans un village du Sud de la France. Le départ d'Étienne, son voisin et amant, le manque d'argent, mais surtout l'aigreur permanente de son mari, poussent Simone à fuir le foyer. Gilbert prend alors conscience qu'il est prêt à tout pour retrouver sa femme, son amour.

 

 

Mon humble avis : Qui m'aime me suive ! Pour moi, un bon petit film charmant, avec un léger côté Road Moovie (ben oui, il faut la suivre Mamie Simone). Un genre de cinéma qui m'est très agréable, même s'il ne me transporte pas non plus dans le firmament. 

De superbes paysages, une luminosité solaire qui fait du bien, et des comédiens que l'on aime, dont le nom sur une affiche suffit à nous amener au cinéma.

C'est une comédie avec de bonnes répliques, quelques bons rires, mais ce n'est pas un gag à la minute. Pas de lourdeur. Et une grande affection qui grandit pour chacun des personnages, aussi antipathiques puissent- ils paraître en début de film.

J'aime ces histoires où l'enfant qui parait va apprivoiser le vieux bourru qui semble incurable. J'aime ces personnages qui sont à un tournant de leur vie (ici la retraite) et qui se retrouvent libres ou non de prendre de nouvelles décisions, aspirant à autre chose, en regrettant d'autres, qui savent désormais dire non à une vie routinière et subie... Et c'est ce "non" qui va changer les choses, même si rien n'est facile, et que la nouveauté s'use vite aussi, et que l'amour et 35 ans de vie commune ne s'efface pas d'un coup de baguette magique. Et ce "non" ouvre aussi les yeux des autres et amène de belle réflexion et remise en cause personnelle.

Qui m'aime me suivre est donc un film plein de générosité, de tendresse, d'humour, de douceur amère, et de joyeuses fantaisies. Un film qui fait du bien, à voir donc !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 24 Mars 2019

Lors de mes vacances à Corfou en septembre dernier, j'ai en fait assez peu visité l'île de Corfou en elle -même. De fait, ça qui me donne un prétexte pour y retourner "un jour peut-être"... Et oui, j'adore quand je peux prendre un bateau et naviguer vers les îles voisines ou autre.

Alors, nous voici ce dimanche sur l'île de Paxos, à 2.5 km au sud de Corfou. Oui mais comme le bateau part du nord de l'île, cela donne l'occasion d'un long cabotage bien agréable, bercé par une douce brise et le soleil comme caresse.

D'après la mythologie grecque, Poséidon aurait séparé Paxos de Corfou avec son trident afin d'y créer un nid d'amour pour lui-même et son épouse Amphitrite.

Paxos, c'est 25 km² et 2 500 habitants... bref, sans les touristes, c'est assez tranquille. La ville principale,  qui est aussi le port, s'appelle Gaios... Et je vous emmène donc sur ce port et juste derrière, dans ses petites ruelles.

Bon dimanche

 

Corfou, Photo, ile grecque, grèce, Paxos
Corfou Paxos

 

UN DIMANCHE A CORFOU : PAXOS
UN DIMANCHE A CORFOU : PAXOS
UN DIMANCHE A CORFOU : PAXOS
UN DIMANCHE A CORFOU : PAXOS
UN DIMANCHE A CORFOU : PAXOS
UN DIMANCHE A CORFOU : PAXOS
UN DIMANCHE A CORFOU : PAXOS
UN DIMANCHE A CORFOU : PAXOS
UN DIMANCHE A CORFOU : PAXOS
UN DIMANCHE A CORFOU : PAXOS
UN DIMANCHE A CORFOU : PAXOS

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyages dans les iles

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Publié le 22 Mars 2019

Thriller, Suisse, Finlande
Horrora borealis, de Nicolas Feuz

Thriller - Editions Livre de poche - 283 pages - 7.40 €

Parution d'origine chez Slaktine & cie en 2016

L'histoire : Un festival musical sur le bord d'un lac suisse finit en bain de sang. Walker est là... entre le statut de victime et de coupable. Le flic Boileau arrive pour "négocier avec lui"... Mais pour démêler tout cela, il faudra pouvoir répondre à la question suivante : que s'est il passé en Laponie douze en plus tôt... Alors que la famille Walker, à priori sans histoire passait là-bas quelques vacances et qu'un seul des cinq membres en est revenu vivant...

 

Tentation : La Laponie

Fournisseur : Ma PAL

 

Un thriller qui vous emmène en Laponie Finlandaise.

 

Mon humble avis : Voici un chouette thriller, de très bonne facture, qui a la qualité principale d'être rondement mené et de ne pas s'éparpiller. Il va droit au but en 283 pages, à une époque où polars et thrillers deviennent systématiquement des pavés. Et oui, il est encore possible d'écrire une bonne histoire flippante (raisonnablement), efficace en moins de 300 pages sans fioriture et sans blablas de remplissage ! Rien que pour cela, bravo Nicolas Feuz !

A part ça... Des premières pages un peu difficiles à suivre, le temps que l'ensemble s'installe et que l'on comprenne la construction du roman.... Entre présent (la Suisse) et passé (La Laponie). Une fois ce rythme saisi et acquis, et bien les pages se tournent toutes seules et de plus en plus vite.

L'auteur suisse sait bien manipuler son lecteur... Si je relisais "Horrora Borealis", peut-être dénicherais-je quelques indices mettant la puce à l'oreille et annonçant les rebondissements, voire les coups de théâtre (oh oui, à ce niveau-là, ce n'est plus du rebondissement) on ne peut plus inattendus qui concluent cette histoire glaçante à plus d'un point (les températures polaires lapones, l'atmosphère, les événements étranges et évidemment les meurtres commis on ne peut plus de sang froid avec cette température ambiante). Certes, une fois la dernière page lue, mon cerveau a continué à réfléchir et à mettre en doute certaines révélations. "Oui mais si ceci et untel, est vraiment possible que ceci ou cela, c'est un peu gros non ?" Et puis, j'ai fait taire ma boite à penser, me disant qu'après tout, un lourd traumatisme peut aussi tout expliquer. Et surtout, pourquoi s'interroger quand on a vraiment pris son pied en lisant en livre, qu'on l'a dévoré ?

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Thrillers - polars français

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Publié le 20 Mars 2019

BD, Bande dessinée, Islande, Angoulême
La saga de Grimr

BD - Editions Delcourt - 232 pages - 25.50 €

 

Parution en septembre 2018

L'histoire :  1783. LIslande, accablée par la misère, doit encore subir le joug du Danemark. Et le sort de Grimr, devenu orphelin, est plus cruel encore dans ce pays où l'homme se définit d'abord par son lignage. Doté dune force impressionnante, il se sait capable de rivaliser avec les plus fameux héros de saga même s'il n'est le fils de personne. Il ne lui manque que l'opportunité de prouver sa valeur

Tentation : Pitch

Fournisseur : Bib N°1

 

 

Une bande dessinée qui vous emmène en terre d'Islande

Mon humble avis : Cet album a reçu le prix du meilleur album au festival d'Angoulême 2018... C'est peu dire...  Et même si La Saga de Grimr n'est pas à proprement parlé un coup de coeur pour moi, je suis assez d'accord avec ce couronnement.

Jérémie Moreau nous offre un voyage autant temporel que géographique. L'Islande en 1783. "Maudite Islande", "Sublime Islande", telles sont les paroles d'un des protagonistes et cette histoire et notamment ses graphismes et dessins le prouvent magistralement. C'est avec grand talent que l'auteur représente l'atmosphère, la majestuosité, la rudesse des paysages de cette île à l'époque très isolée. Des paysages fascinants autant qu'inquiétants, qui rendent la vie difficile... et qui se modifient sans prévenir, tant cette île a le feu au ventre, ce feu évacué lors des irruptions volcaniques. C'est une terre qui tremble, une terre violente, comme certains dessins...  Par contre, le graphisme des personnages m'a moins convaincu.

Nous suivons le destin de Grimr, qui perd ses parents lors d'une éruption volcanique. Il est si jeune alors que pour lui, son père s'appelle juste "Papa". Plus de nom de famille... Il devient donc le fils de personne... ce qui est dramatique en Islande. Sans arbre généalogique et sans terre, vous n'êtes rien. Mais le feu de la terre, Grimr le porte en lui et possède une force herculéenne qui lui donne un rapport très particulier à cette terre. A lui seul, il pourrait représenter cette terre nordique. Un vieil homme un peu arnaqueur sur les bords le prend sous son aile et devient son maître jusqu'à ce que... tout bascule et le triste destin de Grimr le rejoint... Même si celui-ci continue à lutter pour devenir ce qu'il doit devenir et savoir qui il est, et se faire une bonne réputation. Car là-bas, la réputation est tout ce qui compte, puisqu'elle est la seule chose qui vous survit.

Un écrivain poète en peine de d'inspiration croisera aussi la route de Grimr et lui fera don de ses terres... Ainsi, avec des racines terriennes Grimr pourrait devenir le héros de la Saga qu'il rêve d'écrire, l'Islande étant terre de sagas. Ce poète surgit toujours dans cette histoire de façon assez inexpliquée et je l'ai regretté. 

Beaucoup de mystères dans cet album (pas toujours élucidés, dommage je trouve) qui fait appel aux légendes de l'île et, via des dialogues réduits au minimum, va droit à l'essentiel : ce qu'il restera de chacun de nous, de ce que nous avons fait de nous.

Une chouette découverte donc, mais il m'a manqué un petit quelque chose pour que mon enthousiasme se transforme éruption volcanique !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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