Lectures, BD, cinéma, voyages, photos, chats, oiseaux, nature bref mon petit monde ! .................. " C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante" (Le petit prince)
Aujourd'hui s'achève mon reportage photos de mon dernier voyage, celui à Fès au Maroc en septembre dernier. Evidemment, vous n'aurez pas vu toutes mes photos, puisqu'il a fallu faire des choix. Mais normalement, vous avez pu voir les meilleures.
On conclut avec d'autres êtres vivants de Fès. Il faut dire que dans la Médina, très peu de coin de nature, pas d'arbres, pas d'eau, que des ruelles... Donc là, pas de vie animale visible vraiment à part... Les chats... qui pullulent...Pour le meilleur et pour le pire pour eux car tous ne sont pas en bon état, ils sont tous de petit format, dorment parfois sur des tas d'immondices. Certains sont nourris par les commerçants. Et la nuit, il parait qu'ils sont les rois des ruelles, des terrasses etc... j'imagine que les rongeurs ont du soucis à se faire.
Et au alentour de Fès, c'est très aride...
Un oasis tout de même, un parc urbain près de la médina, avec des arbres, de la verdure, de l'ombre, des fontaines... Des oiseaux et des chats de meilleure allure :)
Bonne fin de Week-end :)
Le prochain dimanche en photo devrait vous emmener en bord de mer bretonne, lors des grandes marées !
Les Cigognes blanches tournoyaient au dessus du Palais Royal
Les Choucas des tours sur les remparts de Fès
Les Etourneaux unicolores autour de la terrasse de Dar Gnaoua
Les Faucons crécerelles au petit matin au dessus de la terrasse. Et un des nombreux Pigeons bisets... Car à Fès, il y a aussi de l'élevage de Pigeons biset, vu que leur fiente est utilisé pour le tannage du cuir
Le petit migrateur le Gobemouche noir... Sur les hauteurs de Fès.
Le gros-bec casse-noyaux et le Monticole bleu (raté, de loin, à contre jour, mais c'était une 1ère pour moi !)
3 photos du Bubul des jardins, une Mésange maghrébine (Mésange nord-africaine) et un Merle noir mâle
Et la star ornitho de mes vacances, mon chouchou, que je n'avais jamais vu, et pour cause, il est endémique du Nord Africain : il s'appelle le Bruant du Sahara.
Ils étaient là tous les matins sur et autour de la terrasse, bon compagnon du petit-déjeuner.
Synopsis : Back to Black retrace la vie et la musique d'Amy Winehouse, à travers la création de l'un des albums les plus iconiques de notre temps, inspiré par son histoire d’amour passionnée et tourmentée avec Blake Fielder-Civil.
Mon humble avis : Comme tout le monde ou presque, je suis envoutée par la voix d'Amy Winehouse, surtout dans ces deux tubes les plus connus : Rehab et Back to Black.
Aussi, la promesse d'un bon moment de musique m'a conduit au cinéma, pour voir ce biopic consacré à cette chanteuse, aux 6 Grammy Awards, décédée en 2011, à 27 ans, et qui a donc rejoint le tristement fameux club des 27...
Une fois n'est pas coutume, je commencerai mon billet par évoquer Marisa Abela, qui incarne de façon très très convaincante Amy Winehouse. Sa prestation, absolument bluffante, tellement que l'on n'oublie qu'elle n'est pas Amy Winehouse, vaut à elle seule le déplacement et est, à mes yeux, l'atout majeur et presque unique de ce film. Presque unique, parce qu'il y a aussi la musique d'Amy, mais de cela, personne à part feu Amy peut tirer la couverture à soi. A préciser, c'est Marisa Abela qui interprète elle-même les chansons de la star, et perso, je n'y ai vu que du feu. Peut-être parce ce que je ne suis pas assez fan et connaisseuse à la base. Mais, néanmoins, chapeau !
Pour le reste, je dirais que le film passe un peu à côté du sujet annoncé dans le synopsis... Car de création musicale, il n'en n'est pas question.... Juste 2 minutes au début quand Amy n'est encore qu'une inconnue, et puis une minute à la fin, quand elle fredonne devant son miroir quelques mots qui auraient pu devenir une chanson. On ne la voit pas écrire, ni composer, ni enregistrer en studio... Seuls quelques concerts alcoolisés sont évoqués...
Certes le caractère particulier, franc, entier, désintéressé de la jeune femme est bien montré. Celle-ci ne cherchait ni la célébrité ni l'argent, de cela, elle se foutait royalement. On peine un peu à comprendre parfois qui est qui dans son entourage professionnel, les changements de maison de disques et autre. D'ailleurs, son entourage semble réduit au strict minimum, et l'inertie de celui-ci face à sa déchéance est assez effarant. Tout est centré sur sa relation toxique avec Blake, ces "je t'aime moi non plus", une relation qui parait plutôt niaise à voir, superficielle comme les dialogues entre les deux amoureux. D'ailleurs, Amy semble plutôt greluche en énamourée qui ne sait dire que "baby", oh my baby... Bon, ça, c'est peut-être culturel... Alors certes, il y a les bitures pour l'une, les rails de coke pour l'autre, la violence conjugale (dont Blake paraît être plus la victime), ça on ne le savait avant d'aller au ciné. D'ailleurs, le film a tout de même l'intelligence de "partager les torts" dans cette relation destructrice. Et puis, bien sûr, il y a la presse people et les paparazzi. Une fois de plus, on se dit que si ces derniers n'existaient pas, peut-être, je dis bien peut-être (si le film est tout à fait raccord à la réalité) qu'Amy Winehouse chanterait encore, qu'elle ne serait pas décédée, ou alors, pas si tôt.
Comme toutes les grandes chanteuses iconiques, Amy a eu droit à son biopic... Mais celui-ci aurait dû creuser un peu plus son personnage principal, et ne pas rester en surface et en apparence... Mais il y a de bons moments musicaux et une interprétation de haut niveau.
Roman - Editions Lizzie - 11h48 d'écoute - 24.99 €
Parution Lizzie et Belfond en 2023
L'histoire : En 2045, les Etats-Unis ne sont plus... Suite à une nouvelle guerre de sécession, les côtes Est et ouest forment désormais la République : liberté totale des moeurs mais surveillance constante. Les Etats du centre, où les valeurs chrétiennes font loi, sont une Confédération. Les deux blocs se font face, et sont tout deux munis de services d'information et d'espionnage puissants pour lutter contre toute infiltration. Samantha Stengel est une espionne reconnue de la République. Sa nouvelle mission justement, infiltrer l'ennemi et abattre une cible dangereuse et imprévisible... Cette cible, c'est sa demie soeur, dont elle vient d'apprendre l'existence...
Tentation : La blogo
Fournisseur : la bib de Dinard
Mon humble avis : Après ma lecture de Les hommes ont peur de la lumière, je poursuis le glaçant portrait de l'Amérique de plus en plus divisé que dresse Douglas Kennedy. Mais avec Et c'est ainsi que nous vivrons, nous sautons dans le temps, nous voici en 2045, donc dans une dystopie.
Dans la République démocratique (côtes Est et Ouest), vous êtes libres de tout mais sous constante surveillance. Que vous soyez gay ou trans, croyant ou pas peu importe. Mais dans un monde du tout connecté, une puce électronique surveille néanmoins vos faits, vos gestes, vos conversations... Plus de vie privée. Vos consommations d'alcool, de viande sont mesurées et le système vous prévient dès que vous dépassez la dose qui vous est autorisée... Dans la confédération, sont proscrits l'avortement, l'homosexualité, le divorce, la transsexualité, le blasphème etc. Pour punir ces crimes les plus graves, les bûchers ont repris du service.
Voilà un état de lieu succinct... Evidemment, la guerre de sécession a donné lieu à une grande migration... Il y a des zones neutres, et des individus qui cherche à passer "de l'autre côté". Ce qui n'est pas sans rappeler l'Histoire, l'Allemagne de l'Est et de l'Ouest, Berlin etc...
La mise en place de l'intrigue en elle-même est un peu lente, mais c'est le temps qu'il faut pour poser LES décors, les événements historiques et leurs conséquences, et les conditions de vie aux extrémités et au centre... Le tout, avec évidemment encore quelques progrès technologiques (finalement toujours plus inventifs et invasifs) par rapport notre époque présente.
Samantha Stengel est la narratrice... Nous la suivons donc dans ces (mes)aventures, qui prennent évolue évidemment sous la forme d'un thriller. Nous avons bien sûr accès à ces pensées, mais celles qu'elle doit taire de par sa profession qui exige une soumission totale au système qui n'est pas loin de bannir l'émotionnel. Bon on a parfois du mal à la suivre dans ses mouvements dans les ZN... Zones neutres, mais peu importe, l'ensemble se lit très bien, captive et ne manque pas de suspense. Bien sûr, Et c'est ainsi que nous vivons interroge... Douglas Kennedy ne fait l'apologie d'aucun des deux camps, même si sa préférence, faute de mieux, est claire.
Car clairement, dans ce livre tout à fait probable, le pays des libertés n'est plus. Et en même temps, même si Douglas Kennedy situe son intrigue dans son pays, il suffit d'ouvrir les yeux que comprendre que cette scission, c'est aussi ce qui attend sans doute le monde entier dans un avenir plus ou moins proche... vu le chemin qu'il emprunte. D'un côté, les nations "big brother", de l'autre les théocraties qui remette l'inquisition au goût du jour... Et bien même si à contrecoeur, je choisis tout de même Big brother, car rien ne me dit que les fous de Dieu ne se piquent pas un jour des manières de Big brother...
Un roman bien pessimiste donc, mais j'ai la chance, là où je vis, de pouvoir encore le considérer comme un bon divertissement... bien glaçant.
L'histoire : Damien est l’histoire d’un voyage devenu légendaire. Damien, c’est aussi le nom du petit voilier de 10 mètres en bois qui, dans les années 70, effectua ce tour du monde exceptionnel de cinq ans, aujourd’hui inscrit en référence dans le domaine de l’aventure. Alors copains d’école à Grenoble, Jérôme Poncet et Gérard Janichon, décident à 17 ans de consacrer leur jeunesse à courir le monde. Leur cap est la liberté, la découverte, l’accomplissement, la voile aux extrêmes du globe. Inexpérimentés mais portés par leur idéal, ils quittent La Rochelle en mai 1969. Ils y reviendront en septembre 1973, après un voyage initiatique de plus de 55 000 milles.
Tentation : Le sujet (impec pour le Challenge Book trip en mer)
Fournisseur : La bib de St Lunaire
Mon humble avis : Et bien mes petits mousses, quel voyage de dingue !!!
En deux sessions de lecture, je suis partie de La Rochelle, pour rejoindre les fjords Norvégiens, le Spitzberg. J'ai ensuite frôlé le Groënland pour piquer droit vers les Caraïbes. De là, cap vers l'Amazonie, puis Rio, le Cap Horn. Des sauts de puces d'îles en îles (Kerguelen, Géorgie etc et d'autres toutes plus désolées et isolées les unes que les autres). Puis cap vers Le Cape, avant de reprendre la route du sud, d'arriver en Tasmanie, en Australie et de la rejoindre Tahiti, en passant par la Nouvelle Calédonie. Et comme à Tahiti, je n'en n'avais pas encore assez, je suis repartie pour la péninsule antarctique. J'ai rencontré des gens à droite à gauche, des marins, des militaires, des pêcheurs, des chercheurs, des scientifiques, un chaman, des filles, des hommes. Certains, je les ai retrouvés ailleurs par hasard. Evidemment j'en ai bavé, j'ai chaviré plus d'une fois dans les 50ème hurlants, j'ai eu peur, mais je m'en suis toujours sortie... Grâce à la bonne étoile et les coups de mains au bon moment. J'ai donc navigué en maillot de bain dans la mer des Caraïbes, au milieu des moustiques de l'Amazone et en grosse doudoune parmi les icebergs du pôle sud. Y'a eu de la casse humaine et matérielle, mais le bon port est toujours arrivé dans les jumelles.
Bon vous l'aurez compris, moi, je n'ai vécu cet incroyable voyage que depuis mon canapé ! Nos deux héros, connus dans leur milieu, et même références pour les voileux, écrivent beaucoup sur les voyages, la mer, la navigation sont Gérard et Jérôme.
Evidemment, pas évident de réduire quatre ans et demi d'un insensé voyage en format BD. On ne peut qu'être elliptique, et guère possible d'approfondir tous les sujets, toutes les rencontres. On est forcément obligé de survoler un peu... ce qui peut s'avérer frustrant pour le lecteur, désireux d'en apprendre plus sur les lieux accostés... pour cela, je pense qu'il faut lire le livre d'origine, dont est inspiré cet album : Damien autour du monde (de Gérard Janichon). De plus, j'ai trouvé les bulles très bavardes mais somme toute pour énoncer pas mal d'évidences un peu creuses et convenues.
Quoiqu'il en soit, graphisme et illustrations sont vraiment magnifiques et offrent déjà un fabuleux voyage visuel, sensoriel... le tout en aquarelles. Les dessins sont foisonnants de couleurs, de détails... du grand art, et un pur bonheur pour les yeux.
J'aurais aimé savoir, entre autres, pourquoi "Damien" fut nommé ainsi, pourquoi le 3ème larron a vite quitté le navire etc. Mais à savoir tout de même, ce petit bateau Damien est maintenant classé monument historique, premier petit voilier à s'être notamment frotté aux glaces polaires...
Et cet album, je vous le conseille tout de même chaleureusement pour ses qualités, et la trace qu'il laisse d'une épopée marine hors du commun, extraordinaire.
Je gagne donc un point dans le challenge avec cette lecture
Synopsis :L’histoire vraie de deux petits garçons de 5 et 7 ans qui, abandonnés par leur mère en 1948, s'enfuient dans la forêt. Ils vont y survivre pendant sept années et tisser un lien qui les unira à jamais. Des décennies plus tard, les deux frères quittent tout pour se retrouver. Mais le passé et les secrets les rattrapent, même à l'autre bout du monde.
Mon humble avis :
Il y a des films que les réseaux vous annoncent à grandes pompes des mois à l'avance... et d'autres qui arrivent sur les écrans bien plus discrètement et qui sont de réel upercuts. Frères est de ces derniers.
Si on ne savait pas cette histoire vraie, on n'y croirait pas, on se dirait que c'est du cinoche un peu tiré par les cheveux. Et pourtant... la réalité dépasse la fiction.
Que d'émotions en regardant ce film. Et pourtant, le réalisateur n'en fait pas trop... Il a eu la bonne idée d'alterner les phases présent / passé en flash-back. Ce qui évite le pathos, l'insupportable sur la durée... Il ne s'éternise pas outre mesure sur l'enfer vert des enfants, les manques, la faim etc... D'autant que les passages sur la vie en forêt des deux frères montrent ce que cela fut : une succession d'effrois, de débrouille, d'ingéniosité, et de moments de grâces. De ces 7 ans dans la forêt est né un amour fraternel fusionnel et inconditionnel, qui sera à jamais incompréhensible pour leur entourage à qui ils ont tu leur passé, comme un secret.
D'ailleurs, 40 ans plus tard, les deux frères, Patrick et Michel se souviennent surtout de ces moments de grâce, qu'ils n'ont jamais retrouvé depuis, même si, finalement, chacun des deux a officiellement "réussi" dans la vie.
La mise en scène est sobre, et elle atteint même des sommets de sobriété et de pudeur lorsque les deux frères se retrouvent dans une cabane au Canada, l'un ayant rejoint l'autre, pour lui éviter une bêtise, un geste fatal... Alors, le silence, peu de mot, des regards, une présence, la seule qui permet de se sentir vivant : l'autre part de soi. Et pour nous spectateurs, c'est silence aussi, le coeur qui bat, devant cette rencontre au sommet de deux sommités du cinéma français, Yvan Attal et Mathieu Kassovitz. A noter que les 4 enfants interprètent Michel et Patrick jeunes sont tout aussi bluffant que leurs aînés.
On ne peut être que bouleversé et chamboulé par cette histoire, par ce destin incroyable de deux enfants devenus adultes. C'est un film à vivre, à ressentir. Respect et silence s'imposent.
Le film s'achève sur le visage du vrai Michel, qui a aujourd'hui 78 ans. Et une dédicace d'Olivier Casas aux centaines de milliers d'enfants qui furent "perdus" dans le chaos de l'après-guerre, qui ont disparu des radars de l'administration. Sauf que Michel et Patrick, avant d'être perdus, ont été abandonnés. Et leur mère, quelles que soient ces raisons est à baffer...
Une extraordinaire histoire de survie, et de fusion fraternelle, exclusive. Deux hommes inoubliables. Sublime et puissant.
L'histoire : Anna et Shadi sont deux étudiantes en psychologie que tout oppose mais obligées de travailler ensemble sur leur mémoire de fin d'étude. Son sujet : peut-on traiter le deuil comme une maladie, et donc le soigner par un médicament ? D'autant que Danish Pharma est sur le point de mettre sur le marché une petite pilule, la Collocaïne, qui lutte contre les effets du deuil prolongé ou deuil thérapeutique. Sauf qu'avec Thorsten, leur tuteur de thèse, elles découvrent que les statistiques ont été trafiquées pour cacher l'un des effets secondaires du médicament... La perte drastique potentielle de souvenirs et de toute notion d'empathie... Dont les conséquences pourraient être très grave...
Tentation : la blogo
Fournisseur : La bib de St Lunaire
Mon humble avis : Etrange, 2ème roman danois pour moi cette année, par hasard ! Et mon impression est un peu la même que pour "Le pays des phrases courtes"... Des pitchs très alléchants et prometteurs, et au final des romans qui, à mes yeux, ne sont pas aboutis et passent presque à côté du sujet.
Pourtant, j'ai lu En dehors de la gamme rapidement (ce qui est bon signe) et sans déplaisir. Ce roman pose de bonnes questions.... Le deuil prolongé peut-il être diagnostiqué et donc traité comme une maladie via la voie médicamenteuse, alors que le deuil fait ou fera partie de la vie de tous. Sommes-nous dans une époque où tout doit être soigné, même la plus naturelle des épreuves ? Nos souffrances morales ne sont-elles pas ce qui nous définit aussi comme être humain, les effacer ne risque-t-il pas de nous ôter cette identité... Autre question générée par cette histoire : Qu'est-on prêt à sacrifier de soi pour traiter une pathologie, une souffrance psychique, vu que presque tout médicament comporte des effets secondaires indésirables (il n'y a qu'à voir, par exemple la prise de poids liée aux anti dépresseurs) ? Cet aspect-là du roman est vraiment intéressant, bien posé, mais dommage qu'il ne soit pas plus approfondi.
On en vient ensuite à l'intrigue elle-même, présentée soi-dit en passant comme un thriller, ce qu'elle n'est pas, où alors juste pendant quelques pages. Cependant, elle est bien pensée et assez captivante, qui dénonce aussi les dérives de l'industrie pharmaceutique, à taire certains effets indésirables, quitte à trafiquer les résultats des études, pour la renommée, l'argent, l'égo, et être le premier à proposer une telle nouveauté révolutionnaire. Ici, c'est la perte d'empathie, liée à la prise de la Collocaïne qui est mise sous le tapis... A trop vouloir effacer la souffrance d'un individu, c'est son nature empathique que l'on ampute également... Et l'opposé de l'empathie, c'est la psychopathie... Donc imaginons les conséquences possibles si chaque année, des centaines de milliers de personnes prenaient ce médicament... Hélas, cet aspect là n'est que très peu développée dans le roman, même lors de la joute finale entre les deux étudiantes et la créatrice de ce médicament.
J'ai trouvé aussi ce roman un peu brouillon, et le style très inégal. Peut-être est-ce dû à la traduction, mais la construction des phrases est parfois très étrange et du coup, j'ai buté dessus, à chercher leur sens. Et même temps, dans les remerciements, il y a cette phrase surprenante de l'autrice : "merci à mes relecteurs qui se sont attelés à mes phrases mal bâties pour tenter de leur donner un sens"... Et bien objectif non atteint. Enfin, pas mal de répétitions inutiles. Et j'aurais aimé que l'autrice, qui est psychologue de profession, termine par une synthèse de son sujet, puisqu'au fil des pages et suivant le point de vue et l'évolution des personnages, nous avons une thèse, puis une antithèse.
Au final, un roman plutôt agréable et sans ennui, original, qui pose de bonnes questions éthiques, mais qui reste trop en surface sur son sujet, et plutôt maladroit sur certains points. Dommage.
A savoir : Au Danemark, quand l'autrice a commencé à rédiger son roman, un diagnostic du deuil pathologique venait d'être mis en oeuvre. Les reste de l'histoire n'est que pure invention.
L'histoire : Enzo, jeune mélomane et guide touristique à Milan, rencontre accidentellement, dans la Scala, une très vieille dame, une certaine Carlotta Berlumi. Alors qu'ils se retrouve régulièrement pour partager un verre et un moment, Carlotta lui évoque son passé... Elle était bien meilleure cantatrice que Maria Callas, qui bien que sans talent, fut sa rivale toute sa vie et ruina sa carrière... Vraiment ?
Si si, tout le monde le disait à l'époque... "Bientôt, plus personne ne se souviendra de la Callas..."
Tentation : Envie d'un Schmitt
Fournisseur : la bib de St Lunaire7
Mon humble avis : Mes lectures d'Eric Emmanuel Schmitt me sont toujours des parenthèses agréables, douces, qui mènent à de belles réflexions philosophiques, comportementales ou sociétales. Même si ce court roman ne m'a pas transportée, j'y ai passé un très bon moment.
Il faut que j'avoue tout d'abord que je n'y connais rien à l'opéra, certes, je sais qui est la Callas, mais ma culture, mon intérêt, ma sensibilité ne vont pas plus loin. Aussi, je pense que les mélomanes pure souche trouveront un délice supplémentaire dans ces pages.
Car à travers ce "duel" entre deux divas, Eric-Emmanuel Schmitt nous en dit beaucoup sur la nature humaine
Je mets bien des guillemets à "duel" car il semble bien qu'il n'y ait eu qu'une participante à celui-ci, l'autre, Maria Callas, traçant à priori sa route sans s'en préoccupant. C'est donc les conséquences de la rivalité et de la jalousie qui sont ici développées... la haine qui devient si fortes qu'elle n'est plus qu'obsession, centre de la vie, et presque moteur. Cette haine qui se transforme en mauvaise foi perpétuelle. Cette haine qui ôte tout discernement, toute autocritique. Le sujet de cette haine devient le bouc émissaire jugé coupable de chute du jaloux. L'aigreur ne mène à rien de bon.
Car oui, c'est bien sa haine de Maria Callas qui ruinera la carrière de Carlotta Berlumi et sa plongée dans les limbes de l'oubli, alors que sa rivale brille encore au dans le firmament.
J'ai apprécié aussi la mise en abyme d'un portrait de la Callas dans cet ouvrage bien documenté sur le milieu et les pratiques de l'opéra. Et l'affrontement entre deux visions du chant lyrique. L'un très classique, l'autre qui apporte de la nouveauté, du jeu d'actrice en même temps que le chant. L'une se repose sur ses lauriers, l'autre travaille sans cesse pour grandir. L'une qui produit le contre ut, l'autre qui en est incapable.
Bien évidemment Carlotta, qui devient très vite détestable mais somme toute bien amusante dans sa mauvaise fois, est un personnage fictif.
La fin est assez jubilatoire ! Une façon originale et agréable de rappeler la vie et la carrière de Maria Callas. A ne pas bouder !
Et oui, je prends mon temps, voilà 7 mois déjà que je suis rentrée de mon voyage à Fès et je n'ai pas encore fini ici mon petit reportage photo (précédents billets ICI )
Aujourd'hui, c'est plutôt focus sur les monuments, l'architecture.
Je vous souhaite un bon dimanche :)
Il me restera un billet sur Fès... Les oiseaux et les chats, dans une quinzaine de jours.
Le palais royal
Le palais royal
La Médersa Attarine, ancienne école coranique.
La Médersa Attarine, ancienne école coranique
La Médersa Attarine
La Médersa Attarine
Photo de Haut à gauche : Tombeau des Mérénides. A droite, un cimetière.
Balade à quelques kilomètres de Fès, sur les hauteurs, dans la campagne, dans les collines. Et arrivée dans un mausolée dans une atmosphère de Far West. J'ai oublié le nom de l'endroit. Et comme je me suis laissée guider et n'ai regardé aucune carte de mon séjour...
Dar Gnaoua... Un joyau invisible perdu dans une toute petite ruelle sans issue de la Médina de Fès. Un joyau que l'on n'imagine pas et que l'on découvre une fois passée la porte.Là où nous avons logé, maison privatisée à l'occasion de notre venue... C'
Cette demeure appartient à Laurence, mon ancienne cheffe chez Nouvelles-Frontières. Au fil des années, elle l'a fait entièrement rénovée avec les techniques et matériaux locaux, et le travail a été effectué par des locaux également. Maison sur plusieurs niveaux, et au dernier étage, une superbe terrasse et une vue à 180° sur la veille ville de Fès et les collines.
L'histoire : Lola est une jeune postière en Bretagne. Lola boîte et mène une vie solitaire dans son jardin fleuri. Dans sa chambre, trône une grande armoire de noces bretonne... Dans cette armoire, des coeurs en tissus renferment les secrets de ces aïeules andalouses, comme le veut la coutume ancestrales de là-bas. Ces coeurs ne doivent jamais être ouvert... Jusqu'au jour où l'un d'eux se déchire... et où débarque dans le village une romancière qui recherche une femme qu'elle a vu sur une vieille carte postale... Une femme boiteuse...
Tentation : La blogo
Fournisseur : La bib de Betton, merci Cécile !
Mon humble avis : Une lecture qui me divise.... Bien sûr, j'ai aimé retrouver l'écriture ciselée de Carole Martinez, son univers de légendes et de traditions ancestrales andalouses, le sujet de la transmission dynastique entre femmes de génération en génération. La touche onirique/fantastique n'est pas pour me déplaire, tant la symbolique y est forte. Elle nous invite à nous libérer des héritages transgénérationnels pour parvenir à notre vérité personnelle et individuelle. S'affranchir de ce qui était écrit pour nous et qui enferme, ne convient pas, ne permet pas de fleurir.
J'ai aimé aussi que la narratrice raconte la genèse de ce roman, qu'elle en devienne un personnage double de papier, cette histoire de carte postale, de rencontre avec Lola et de la complicité qui naît entre les deux femmes, et tout ce qui est inhérent à la vie dans un petit village (Breton).
Lorsque Lola et les narratrices commencent à lire les messages cachés dans ces coeurs en tissus qui se déchirent, mon attention était encore toute présente. Et puis, le roman est devenu trop foisonnant, en personnages, en époques qui se superposent, se croisent ou se relaient dans cette histoire, et je me suis un peu perdue dans tout cela, la magie opérait beaucoup moins jusqu'à presque disparaitre. Avec l'impression que tout partait dans tous les sens. L'ensemble est devenu trop labyrinthique pour me bercer. Rester avec Lola et ses aïeules m'aurait suffi, l'histoire développée de Marie la boiteuse était de trop pour moi.
Bref, de ce roman, je pense que je ne retiendrai, au fil du temps, que le personnage de Lola, ainsi que l'imagination et la belle écriture de Carole Martinez. Le reste tombera dans mon oubli je pense. Un peu dommage.
Par contre, si vous voulez lire un ouvrage inoubliable de Carole Martinez, je vous conseille très chaleureusement "du domaine des murmures".
Avec Charlotte Gainsbourg, José Garcia, Lily Aubry, Hadrien Heaulmé, Luis Rego
Synopsis : Sandrine Leroy annonce à son mari Christophe qu’elle veut divorcer. Leurs enfants ont bientôt l’âge de quitter la maison. Dans une opération de la dernière chance aussi audacieuse qu’invraisemblable, Christophe organise un week-end pour sauver son mariage : un voyage passant par les endroits clés de l’histoire de leur famille. Un voyage qui ne va pas être de tout repos…
Mon humble avis : Une comédie douce-amère, par moments franchement drôle (que j'ai ri), puis à d'autres, très touchant, voire émouvant. Mais pas de pathos, pas de drame, et pas non plus de burlesque ou de superpositions de gags à moitié stupides qui ne font rire que ce qui les jouent.
Tout est fait dans une relative finesse bien agréable, augmentée par la douceur, la fragilité et la délicatesse de Charlotte Gainsbourg, bien qu'elle puisse être sacrément fracassante dans ses répliques !
Un road-movie familial sur les lieux de la genèse de celle-ci, pour éviter son délitement l'un, ou passer un dernier moment ensemble pour l'autre. Evidemment, rien ne va se passer comme prévu. Il y aura des hauts, des bas, et des clashs... Le tout dans une certaine mélancolie fasse à l'usure du temps et des habitudes.
Et bien sûr, il y a les enfants entre les deux... Et ce film offre leur vision sur la séparation de leurs parents... Les parents pour qui c'est un drame, les enfants pour qui c'est rentré dans les moeurs. Le drame des enfants est ailleurs, l'adolescence, le premier amour... Et les parents imaginent leur potentielle rupture comme un séisme pour leur progéniture... La famille Leroy, comme tant de familles, souffre des pathologies suivantes : le manque de communication, d'attention réelle à l'autre, et une pudeur dans l'expression des sentiments sous prétexte que ceux-ci sont évidents.
Charlotte Gainsbourg, je suis fan. José Garcia, on a un peu pitié de lui, le pauvre qui ne "veut" pas comprendre la décision de sa femme, et qui se démène comme un diable pour éviter la sentence. Les deux adolescents sont très bien interprétés, on ressent vraiment la connivence fraternelle. Et le surprise et le plaisir de retrouver Luis Rego, dans un rôle aux antipodes de ceux qui ont fait sa renommée.
Bref, une bonne comédie dont les ingrédients ont été subtilement et judicieusement dosés pour ne jamais être dans le too-much, mais toujours rester sur le fil, entre le rire et l'émotion. Bien divertissant, j'ai beaucoup aimé.