Publié le 5 Juin 2019

BD - Bamboo éditions - 56 pages - 14.90 €

 

Parution en octobre 2017

L'histoire :  Le crime est une affaire de professionnelles.
Londres 1920. Elles sont quarante. Voleuses, tueuses, kidnappeuses, cambrioleuses, proxénètes... Issues des divers milieux de la société, elles ont fait du crime leur affaire et se sont associées pour plus d'efficacité. Lorsqu'arrive Florrie « doigts de fée », jeune pickpocket talentueuse, toute l'organisation se révèle fragile et une lutte interne risque d'éclater. Le moment est mal choisi, car les éléphants doivent faire face à une police de plus en plus performante et à un gang masculin rival reconstitué et bien décidé à reprendre son territoire.

Tentation : conseillé par ma bibliothécaire

Fournisseur : Bib N°

 

 

Mon humble avis : Premier tome d'une série, dont j'ignore combien il y aura de tomes. En tous cas, les deux suivants sont déjà sortis. Mais il peut aussi se lire comme un "one shot".

J'ignore également si cette histoire est inspirée de faits réels. Mais peu importe. Le contexte historique est bien réel lui. Londres des années 1920... Rien que pour les dessins qui représentent cette capitale il y a un siècle cet album est à lire, et bien sûr, à regarder. Magnifique !

La Grande Guerre a modifié la donne. Les hommes partis sur le front, les femmes se sont émancipées, ont pris le relais dans les usines et ont créé leur gang pour que "l'ordre" règne dans les quartiers. C'est donc à une guerre des gangs que nous assistons ici... le gang des hommes (qui aimeraient entre autre que les femmes retournent derrière leurs fourneaux) et le gang féminin des 40 éléphants. Et au milieu, il y a évidemment la police, qui tente de démanteler un trafic d'enlèvements et de ventes de nouveaux nés... Pour cela, il y a une taupe qui infiltre le gang, avec ses propres motivations très personnelles : c'est Florrie doigts de fée, l'héroïne de cet album.

Cette série s'annonce vivante, pleine de rebondissement, entre étude de moeurs et polar. Avec des personnages, qui même s'ils ne sont pas franchement sympathiques dans la forme, attisent notre curiosité... et même notre attachement... Puisque l'on devine que chacun a son histoire. Et qui sait, dans les tomes suivants, les auteurs nous réservent-ils quelques surprises sur ces 40 femmes étonnantes ?

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 3 Juin 2019

Film d'Ivan CALBERAC

Avec Valérie Bonneton, Benoît Poelvoorde, Hélie Thonnat, Eugène Marcuse

 

Synopsis :  La famille Chamodot est fantasque et inclassable. Bernard, le père, un peu doux-dingue, fait vivre tout le monde dans une caravane, et la mère, Annie teint les cheveux de son fils Émile en blond, parce que, paraît-il, il est plus beau comme ça !!! Quand Pauline, la fille du lycée dont Émile est amoureux, l’invite à Venise pour les vacances, l’adolescent est fou de joie. Seul problème, et de taille, les parents décident de l’accompagner avec leur caravane, pour un voyage aussi rocambolesque qu’initiatique.

 

 

Mon humble avis : Ce film est l'adaptation d'un roman éponyme paru en 2015, et dont l'auteur n'est autre que le réalisateur ! Et l'histoire est en partie autobiographique. 

C'est une comédie qui oscille entre burlesque et récit initiatique, où c'est toute une famille qui évolue, et chacun des protagonistes qui fait pas vers l'autre. C'est aussi l'écart des générations et des façons de penser, de vivre qui sont mis en scène. Le thème central en est évidemment "on ne choisit pas sa famille"... mais voir ce qui se passe ailleurs permet parfois de relativiser.

Venise n'est pas en Italie respire les vacances et le soleil, en road-movie, avec, vu le style du film, quelques imprévus bien drôles pour les spectateurs un peu moins pour les personnages. Mais il ressort de tout cela beaucoup de tendresse, de bonté et de sacrifices. Il prouve que rien n'est impossible quand on s'en donne les moyens, même si on en possède très peu.

On passe donc un bon moment dans la salle obscure, une déconnexion qui fait du bien, même si le film n'est pas inoubliable en lui-même. Sympatoche quoi ! Qui donne tout de même envie d'aller à Venise !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 1 Juin 2019

Film , Sibyl, avis, Virginie Efira

Film de Justine Triet

Avec Virginie Efira, Adèle Exarchopoulos, Gaspard Ulliel

 

Synopsis : 

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
Le film est présenté en compétition au Festival de Cannes 2019

Sibyl est une romancière reconvertie en psychanalyste. Rattrapée par le désir d'écrire, elle décide de quitter la plupart de ses patients. Alors qu'elle cherche l'inspiration, Margot, une jeune actrice en détresse, la supplie de la recevoir. En plein tournage, elle est enceinte de l'acteur principal… qui est en couple avec la réalisatrice du film. Tandis qu'elle lui expose son dilemme passionnel, Sibyl, fascinée, l’enregistre secrètement. La parole de sa patiente nourrit son roman et la replonge dans le tourbillon de son passé. Quand Margot implore Sibyl de la rejoindre à Stromboli pour la fin du tournage, tout s'accélère à une allure vertigineuse…
 

 

Mon humble avis : J'ai détesté ce film, je m'y suis ennuyée, je l'ai trouvé tellement malsain. Et pourtant, j'avais une envie dingue de le voir, quitte à déplacer plusieurs fois ma séance dans mon agenda. Parce que j'aime beaucoup l'actrice Virginie Efira.

Celle-ci crève toujours l'écran ici mais je ne sais pas, les émotions ne sont pas passées, ne m'ont pas envahie. Tout ou presque m'est passé au-dessus de la tête et bien loin du coeur. Quelle déception ! Même les histoires de manipulation psychologique sont bien faibles et peu réalistes.

Et pourtant, le scénario était autant alléchant que la distribution. Mais il est beaucoup trop sinueux, tant dans les névroses de chaque personnage que dans le temps, entre passé, présent, imagination... D'ailleurs, il y a même des personnages dont on peine à dire quels liens réels les unissent à cette Sibyl. Les invraisemblances ne manquent pas et les scènes de sexe, qui reviennent à un rythme régulier comme s'il fallait réveiller l'intérêt du spectateur, mettent très mal à l'aise. Quant à Adèle Exarchopoulos, il n'y a quasiment pas de scène où elle n'est pas larmoyante. Bref, j'ai eu envie de baffer un peu tout le monde dans ce film, qui ressemble plus à une "masturbation psychique et névrotique collective" qu'au film annoncé comme frôlant le génie et une actrice au sommet de son art. D'ailleurs, puisqu'il est question de sexe... il y a vraiment un truc qui m'énerve. Pourquoi, dans les scènes de C... se sont toujours les femmes qui se touchent ou qui se font toucher les parties intimes et jamais les hommes ? Sans doute parce que l'aspect extérieur masculin ferait basculer le film dans la catégorie X.  Pas très féministe tout cela... La femme doit tout montrer et l'homme rien. Où est l'égalité là-dedans ?

Le film s'achève en eau de boudin et la conclusion ou la leçon du film, "Ma vie est une fiction, j'en fais ce que je veux"...ne colle pas du tout avec l'atmosphère du film. Non mais, du gnangnan comme ça après ce défilé de névroses, de qui se moque-t-on ?

A moins, à moins que... Tout soit imaginé par la romancière Sibyl, que rien ne soit réel, que Sibyl ne s'inspire pas de son quotidien pour écrire son roman ? Là, ce serait une autre vision du film passablement intéressante, mais je ne pense pas être sur le bon chemin...

Bref, à éviter.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 30 Mai 2019

Dans le désert, quatar, voyage, dubaï, Oman, julien blanc-gras

Récit de voyage - Editions Livre de Poche - 192 pages - 7.20 €

Parution d'origine aux Editions Diable Vauvert en septembre 2017

 

Le sujet : A part le pétrole et le foot, qu'est que ce le Qatar ? A part le shopping luxe bling bing, qu'est-ce que Dubaï... C'est dans les Emirats du Golfe persique que Julien Blanc-gras, dans ces pays qui sont passés en quelques décennies des bédouins à chameaux à la démesure complètement démesurée, mais toujours très ancrée dans la culture orientale... Sauf que là, difficile de trouver des portes grandes ouvertes.

 

Tentation : Blanc- Gras est incontournable

Fournisseur : Ma CB !

 

 

Mon humble avis : Aussitôt acheté, aussitôt lu. Avec Julien Blanc-Gras, ça marche comme ça chez moi... Ses bouquins doublent tous les autres dans la file d'attente. Ensuite, je dévore, que l'auteur m'emmène dans la glace ou dans le sable.

Ce récit de voyage est une fois de plus passionnant, même si déroutant, même pour l'auteur lui-même. Où qu'il aille dans le monde, ce voyageur ami et bienveillant parvient toujours à créer des liens d'amitiés, à entrer chez les gens sur invitation immédiate. Dans les émirats, ce fut quasi walou pour lui. Portes fermées, voir même, pour le Bahreïn, frontière infranchissable.

Dans le sable se concentre donc majoritairement sur le Qatar, puis Dubaï pour finir par le sultanat d'Oman où, pour Julien Blanc-Gras, l'espoir renaît enfin, lorsqu'il trouve un petit coin où la terre semble appartenir à tous, où il se sent "chez lui, chez nous", accueilli.

Bien sûr, l'humour et l'(auto) dérision qui font la plume de ce baroudeur sont toujours là et permette de bien expliquer les choses telles qu'elles sont. Mais ici, on sent plus de pessimisme que dans ses autres récits... qui n'en sont pourtant jamais exsangues. En effet, l'auteur dénonce toujours l'acculturation progressive des peuples (avec des ilots de résistances) et les dangers écologiques encourus par la planète. Mais ici, c'est vraiment déroutant... Un choc des cultures immenses malgré une ultra modernité de vie, avec des valeurs religieuses très fortes (charia en vogue) et par bien des points hypocrites (car bafouées quand c'est discret et que cela arrange) et des traditions ancestrales qui ont quasi disparu en quelques décennies et des régimes autoritaires.

D'ailleurs,  ce sont des étrangers expatriés vivant à Doha qui donnent à Blanc-Gras matière à écrire son livre. Les qataris sont fermés, paranos et se sentent supérieurs aux autres à tous niveaux, donc ils ne parlent pas, ne rencontrent pas, ne racontent pas... Le racisme est énorme à Doha et les conditions de vie effroyables du petit personnel privé de passeport (bonnes philippines ou ouvriers de construction népalais en tête) sont minimisés alors que c'est en fait de l'esclavage moderne.). D'ailleurs, il faut savoir que la population qatarie ne représente qu'un pourcentage faible du nombre d'âmes vivant au Qatar. Doha, la capitale, est en chantier depuis 20 ans. Constructions toujours plus grandes, plus chic etc... Les Emirats sont bien les seuls lieux où le désert recule... au profit de l'hyper urbanisation.

Evidemment, il m'est impossible, en un petit billet, de résumer la richesse et les détails de ce livre. Mais celui-ci est à lire absolument pour comprendre ou en tout cas connaître un peu plus ces petits bouts de monde "so powerfull" financièrement, mais dont on sait si peu, quand on sort des sujets des réserves naturelles et du foot (rappel, le Qatar est en autre propriétaire du PSG et accueille en 2022 la coupe du monde de Football).

Comme d'hab, un Julien Blanc-Gras passionnant, enrichissant, drôle (que de situations rocambolesques !), instructif et qui ne nuit donc ni à la santé ni à la culture générale. Un régal !

 

PS : En 2005, j'ai passé 24h d'escale à Doha en revenant du Népal. Jamais ailleurs dans le monde je ne me suis sentie aussi mal à l'aise.

 

L'avis de Lectures sans frontière et de Keisha

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #récits ou romans de voyages

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Publié le 28 Mai 2019

BD - Editions Dupuis - 65 pages - 15.99 €

 

Parution en novembre 2008

L'histoire :  Sous les frondaisons de son jardin modèle, un vieil homme cultive l'art de vivre au rythme des saisons. Avec sa barbe argentée, son chapeau de paille et ses mains calleuses, il a tout du misanthrope rural. Un homme sans histoires. Mais l'intrusion d'une jeune étudiante trop curieuse ravive le passé récent du jardinier. Car le bonhomme n'est pas banal. Il s'agit du fameux Arnold Francart, ce grand explorateur dont les expéditions sur la banquise ont fait la une des médias. Mais pourquoi Francart a-t-il abandonné soudainement sa prestigieuse carrière scientifique ? Cette décision est-elle liée à la disparition tragique de son assistant dans le Grand Nord canadien ? Ce sont les réponses à ces questions que la jeune Barbara est venue chercher à l'ombre des arbres en fleurs...

Tentation : Servais

Fournisseur : Bib N°1

 

 

Mon humble avis : A peine avais-je terminé la lecture de "Le chalet bleu" de Servais que je me ruais à la bibliothèque au bout de ma rue dans l'espoir d'y trouver un autre de ses albums et ainsi, de me délecter à nouveau de son merveilleux coup de crayons, pinceaux et autres !

A ce sujet, Le jardin des glaces a répondu à toutes mes espérances. Quels dessins ! Quelles couleurs ! Quelle finesse dans les traits et les détails, jusqu'au plus minuscule. Vraiment d'adore le graphisme "Servais" et assurément, je ne m'arrêterai pas là dans la découverte de son oeuvre.

Je pense que Servais prend surtout son pied en dessinant la nature. Dans "Le chalet bleu", c'était la pleine forêt, les animaux, le petit lac, qui donnait à l'ensemble un effet très onirique, comme une sensation d'Eden et de création originelle.

Ici, l'onirisme est absent, car le sujet ne s'y prête pas... mais le jardin d'Eden est là, un vrai jardin autour d'une maison, que le vieil Arnold entretien avec amour, passion, au fil des jours, des semaines et des saisons... Il tient d'ailleurs un journal à ce propos... Et il constate avec tristesse que "tout arrive trop tôt, tout fleurit à l'avance... pour cause, le réchauffement climatique, sujet du fond de cet album.

Ce réchauffement climatique, Arnold l'avait constaté, sans être entendu, lors de ses grandes expéditions polaires. La dernière, seize ans plus tôt, s'est très mal passée, avec le décès accidentel de son partenaire... Tué par un ours... Depuis, Arnold vie dans sa maison et son jardin, comme un ours, avec son épouse protectionniste. Car Arnold est malade... Et puis arrive Barbara, une jeune étudiante thésarde, qui veut faire d'Arnold son sujet de thèse... A moins que sa motivation soit tout autre, car il règne autour de cette dernière expédition un épais mystère... et le poids, peut-être d'un secret.

Le personnage d'Arnold, est un inspiré d'un explorateur réel, Alain Hubert. En tout cas, pour ce qui fait référence aux expéditions. Le reste, l'histoire de cette BD est tout à fait romanesque. J'aurais aimé que le personnage de l'épouse d'Arnold ait un peu plus de place dans cette histoire, et que celle-ci se prolonge de quelques pages pour être, me semble-t-il, mieux "bouclée"

Avant d'entamer ma lecture, je n'avais pas regardé la date de parution de cet album qui pourrait être atemporel... Et puis soudain, le choc pour moi. Il est question de l'ouragan Dean qui frappe les Antilles en août 2007, très tôt dans la saison cyclonique... Et Dean, je l'ai vécu, j'habitais en Guadeloupe à cette époque. J'ai su dès lors que l'histoire se déroulait en 2007... et effectivement, parution de cet album en 2008...

Une très belle BD, très agréable à lire et surtout à regarder !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 26 Mai 2019

cinéma, claude Lelouch, avis, blog

Film de Claude Lelouch

Avec Jean-Louis Trintignant, Anoul Aimée, Marianne Denicourt, Monica Bellucci

 

Synopsis :  Ils se sont connus voilà bien longtemps. Un homme et une femme, dont l’histoire d’amour fulgurante, inattendue, saisie dans une parenthèse devenue mythique, aura révolutionné notre façon de voir l’amour.
Aujourd’hui, l’ancien pilote de course se perd un peu sur les chemins de sa mémoire. Pour l’aider, son fils va retrouver celle que son père n’a pas su garder mais qu’il évoque sans cesse. Anne va revoir Jean-Louis et reprendre leur histoire où ils l’avaient laissée…

 

 

Mon humble avis : Les plus belles années d'une vie est un beau film, mais un Lelouch, donc comme souvent, lorsque les lumières se rallument, on est un peu dérouté, hésitant. A-t-on aimé ou pas ? 

Tous les ingrédients sont là pour aimer en tout cas... La mélancolie, la nostalgie, l'amour. La mémoire et les souvenirs qui sont là, parfois, peut-être, on ne sait pas. Ils viennent et repartent, magnifiés, imaginés, rêvés, ou bien réels. Réels, ils le sont bien pour elle, Anouk Aimé. Pour Jean-Louis Trintignant, on ne sait pas. Personne ne sait et même Claude Lelouch laisse un flou là-dessus... A chacun d'interpréter le film.

Quoiqu'il en soit, c'est avec justesse, finesse, délicatesse que Lelouch film ses acteurs et ce qu'ils ont à se dire, à se faire comprendre, à se rappeler cinquante ans après leur rencontre. Il y a vraiment beaucoup d'émotion, dans des non-dits, dans des regards perdus ou au contraire bien fixes, un sourire soudain qui vient de si loin dans le temps. Beaucoup d'instant de grâce tant les deux acteurs sont merveilleux. Et comme Lelouch insère des passages d'origine "d'un homme une femme", il est forcément émouvant de constater le vieillissement et ses effets, inégal suivant les êtres. Alors évidemment, c'est aussi un film sur la vieillesse et la mémoire qui s'effrite. Mais ce que ce film dit c'est que dans la vie, il ne faut pas hésiter à vivre des moments forts, car ce sont ces moment là qui résistent à l'usure de la mémoire et au temps.

L'interprétation magistrale mérite à elle seule cette séance de ciné, malgré quelques longueurs et le style Lelouchien parfois difficile à saisir, à cerner. Mais je pense que Jean-Louis Trintignant mériterait moult récompenses officielles, tant on croit en son personnage. On a vraiment l'impression d'être face à une personne atteint d'Alzheimer et c'est bouleversant.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 24 Mai 2019

Amélie Nothomb, philosophie, Marianne Chaillan

Roman - Editions Albin Michel -204 pages - 17 €

 

Parution le 27 février 2019

L'histoire : Amélie Nothomb est morte. Au paradis, elle est accueillie par Plectrude et Déodat... Comme c'est étrange, ce sont les noms de certains de ses personnages ! Déodat lui explique comment fonctionne le paradis. Il y a celui des musicien, des boulangers, des cinéastes... Bref, les défunts se retrouvent autour d'une passion commune. Amélie Nothomb se voit attribuer sa place au paradis des philosophes. Quelle imposture se dit elle, aussi, fait elle appel de cette décision. Un procès est donc organisé et à la barre, se succèdent des témoins inattendus... Une brochette de feu philosophe qui semblent tous s'accorder sur l'idée qu'Amélie Nothomb mérite sa place parmi eux... mais pour des raisons bien différentes !

 

 

Mon humble avis : Quelle idée extraordinaire que ce roman... philosophique !

Du pur Nothomb, sans être du Nothomb. Les situations incongrues, le style narratif ne sont vraiment pas sans rappeler mon auteure fétiche ! On s'y croirait vraiment, sauf que la plume et l'idée sont de Marianne Chaillan, professeure de philosophie.

Via ce roman, Marianne Chaillan offre une autre lecture possible de la bibliographie d'Amélie Nothomb. Une autre lecture pour moi en tout cas, qui lit ses romans par pur plaisir des bons mots et excellentes citations, par amusement, par comparaison des personnages avec ma petite personne, et pour les réflexions qui en émane.... Mais ma culture philosophique personnelle datant de mon âge de pierre, je n'ai jamais creusé plus loin et ne me suis jamais poser la question suivante : "Amélie Nothomb est elle une écrivaine philosophe. "

"Amélie Nothomb écrit des récits fictionnels dans la forme. Mais dans le fond, ce sont des ouvrages philosophiques" dit ici Annah Arendt. Et Nietzsche précise : "Les livres d'Amélie sont très puissants. Sous leur apparente simplicité, se cache de la dynamite philosophique".

Le roman débute sur une atmosphère bien barrée et drôle, puis l'ensemble devient plus sérieux, au fil des passages  des témoins à la barre. Ainsi, défilent des philosophes très connus, d'autres sans doute un peu moins, mais dont tous les discours et les analyses des romans de Nothomb sont passionnants. J'aime la philo, j'ai fait deux terminales littéraires (mais sans redoubler mon bac, astuce ou os médicale), avec 8 heures hebdomadaires de cette matière. Et je me suis régalée à retrouver ses réflexions. Ce roman peut être donc aussi perçu comme une bonne révision de certaines bases de la philo, et notamment des grands courants de pensée, et des différentes écoles. Les démonstrations des témoins sont assez simples au début (genre un peu la philo pour les nuls), puis le tout s'approfondit et va crescendo... Au point que certains passages sont devenus un peu ardus pour moi. Mais rassurez-vous, qui dit "passages" dit "pas longs".

Ainsi, avec Ciceron, Nietzsche, Rousseau, Heiddeger, Sartre, Spinoza, Kant, Jankélévitch, Hannah Arendt, Lévinas, nous révisons les grandes idées, sujets ou courants que sont le stoïcisme, le déterminisme, la question du langage, l'Autre, la banalisation du mal, la beauté, la laideur, la liberté, l'existence, le moi, l'épicurisme, l'existentialisme, le fatalisme etc... au grès de certains romans d'Amélie Nothomb dont est donné à chaque fois un court résumé.

Et aux détracteurs de ma chère Amélie qui reprochent le peu de pages de ses romans, et bien voici la réponse qu'Heidegger donne : "Comme Gide, Amélie Nothomb n'écrit pas seulement pour être lue, mais pour être relue. N'est-ce pas pour cette raison que ces textes sont courts ?" Et tac !

Ce roman de Marianne Chaillan me donne en tout cas bien envie de relire mes Nothombs (donc tous moins un, le premier, que je garde avoir encore du Nothomb à lire lorsqu'elle ne sera plus) et d'y trouver ce que je n'ai peut-être pas vu...  Et que je verrai éclairée par cette lecture... ou tout simplement parce qu'au fil des années, on change et l'on voit les choses différemment. Mais peu importe en même temps, la lecture est un espace de liberté, où chacun peut voir ce qu'il veut voir, ce dont il a envie ou besoin !

Et petit rappel, cet ouvrage est un roman... il finit donc par une chouette et amusante pirouette, on ne peut plus digne du personnage mis à l'honneur ici !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 22 Mai 2019

Roman - Editions Audiolib - 6h10 d'écoute - 20.90 €

Parution d'origine chez Stock en mars 2018

 

L'histoire : Sur une ile de l'archipel du chien, les habitants vivent tranquillement, loin des tracas du monde. Le maire attend qu'une station thermale s'installe, qui créerait de l'emploi pérenne et amènerait des visiteurs... Tout semble remis en cause lorsque trois cadavres sont découverts un matin sur une plage... Ce sont trois jeunes noirs... manifestement des migrants. Le maire, le prête, le médecin, l'instituteur, s'entendent pour "taire cette affaire" et décident de jeter les corps dans l'antre du volcan. Mais dès lors, la vie ne sera plus jamais pareille sur l'île, et l'arrivée d'un mystérieux commissaire de police ne fera qu'accroître les inquiétudes.

Tentation : La blobo

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Philippe Claudel livre ici une parabole, qui sous les traits d'une tragédie antique, fait effroyablement échos à l'actualité. Ce roman est donc aussi contemporain qu'atemporel, et dans le style narratif choisi par l'auteur, prend presque un ton désuet.

L'actualité dont il est question ici, mais qui a toujours existé, c'est l'exil, la migration, le refuge recherché ailleurs. D'où ces trois noyés, qui représentent les milliers d'hommes, de femmes et d'enfants qui se sont noyés dans la Méditerranées ces dernières années, pour fuir l'enfer de leur pays, en ignorant qu'ils "s'aventuraient" dans un autre enfer, celui couronné par la pire des choses, l'anonymat. Et bien sûr, derrière tout cela, se cachent des trafics en tout genre, et notamment le trafic humain avec des passeurs peu scrupuleux.

Dans l'Archipel du chien, Philippe Claudel examine à la loupe les comportements humains, qu'ils soient collectifs, individuels, ou gouvernementaux (même si c'est ici à la taille d'une île, d'un microcosme) devant ce drame... La politique de l'autruche est représentée ici par le fait que les notables de l'île décident d'enterrer littéralement le problème, en jetant les trois corps dans le cratère du volcan. La nature profondément lâche de l'humain est donc mise en exergue ici, tout comme la difficulté, le danger même d'avoir raison seul contre tous, la raison individuelle face au déni collectif. L'étranger, l'homme venu d'ailleurs sera toujours l'indésirable et la victime ou le bouc émissaire idéal. L'idéalisme sans compromis peut être dangereux. Claudel fait donc le douloureux constat que fonctionnement et dysfonctionnement d'une société ne peuvent se faire sans "petits arrangements entre amis. Et le premier talent de l'Homme, est de se détruire en détruisant ce qui le fait vivre.

Le socle de ce roman est donc solide et bien pensé. Néanmoins, j'émets plus de réserve sur la forme fable prend peut-être trop de place dans la narration pour me captiver. Ce roman ne m'a pas passionnée alors que la quatrième de couv me promettait une atmosphère proche du thriller. Je pense aussi que la version audio ne rend pas service à cette oeuvre. La lecture en est trop lente pour être entraînante. Et les voix prises par le lecteur Féodor Aktine, pour interpréter chacun des personnages ne sont pas toujours judicieuses. Certaines frôlent la caricature. La voix du commissaire m'a même fait penser à la voix française de Tanos, le grand méchant de la série ciné les Avengers...

Une lecture en demi-teinte pour moi malgré le talent de Claudel. A vous de voir.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 20 Mai 2019

Cinéma, Charlize Theron, Séduis moi si tu peux, film

Film de Jonathan Levine

Avec Charlize Theron, Seth Rogen, Andy Serkis, 

 

Synopsis :  Fred, un journaliste au chômage, a été embauché pour écrire les discours de campagne de Charlotte Field, en course pour devenir la prochaine présidente des Etats-Unis et qui n’est autre... que son ancienne baby-sitter ! Avec son allure débraillée, son humour et son franc-parler, Fred fait tâche dans l’entourage ultra codifié de Charlotte. Tout les sépare et pourtant leur complicité est évidente. Mais une femme promise à un si grand avenir peut-elle se laisser séduire par un homme maladroit et touchant ?

 

 

Mon humble avis : Une comédie féministe et romantique sympathique, digne d'un dimanche soir à la télé sans prise de tête... Mais un scénario que ne casse pas 3 pattes à un canard. Il y a évidemment le couple improbable, les bâtons dans les roues amoureuses à cause des convenances politiques, publiques et médiatiques. Et la bonne morale à l'américaine, comme quoi l'on peut réussir même en restant fidèle à ses propres convictions.

L'aspect comédie et sous-jacent, avec quelques vagues de-ci delà, mais pas de quoi s'esclaffer non plus. Evidemment, il y a un peu de cynisme pour chroniquer notre époque bien attardée et fixée aux idées préconçues et au protocole. Le monde politique et le pouvoir des lobbies sont bien écorchés au passage. Ah oui, j'allais oublier, l'histoire met un sacré moment à trouver son rythme et dans ce rythme, il y a tout de même quelques longueurs.

Mais bien sûr, il y a la splendide, lumineuse et royale Charlize Theron et le défilé de mode qui va avec. Oui, cette femme et magnifique et a déjà prouvé que son merveilleux physique n'est pas la seule corde de son arc. Oui, elle joue parfaitement bien, et en osmose avec son compagnon d'écran Seth Rogen.

Séduis-moi si tu peux n'est pas désagréable, se regarde et divertit, mais ne vaut à mon avis pas le prix d'une place de ciné au tarif plein (11.80 € au Gaumont de Rennes). Heureusement, j'ai la carte Pass... En même temps, sans cette carte d'abandonnement, je n'aurais jamais mis une priorité sur ce film, et j'aurais eu raison !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 18 Mai 2019

BD - Editions 21 g - 144 pages - 22 €

 

Parution en janvier 2018

L'histoire :  Philip K. Dick (1928-1982) est un des auteurs de science-fiction les plus novateurs et influents du XXe siècle. Depuis les années 1980, son oeuvre, qui questionne la réalité et le principe d'humanité, a été adaptée maintes fois au cinéma et à la télévision et est enseignée dans les plus grandes universités du monde. Blade Runner, Total Recall, Ubik, Minority Report, A Scanner Darkly et les séries The Man in the High Castle ou Electric Dreams... sont quelques-uns des univers sortis de son esprit fertile. Philip K. Dick n'a pourtant vraiment connu le succès qu'après sa mort et son existence a plutôt rimé avec galères, dépressions, divorces en série et expériences mystiques...

 

Tentation : Le sujet

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : De Philip K.Dick... je ne connais pas grand- chose. Deux ou trois nouvelles lues dans ma jeunesse (et oubliées)... Et puis la réputation via l'adaptation made in Hollywood célèbre de certaines de ses nouvelles, vues ou pas au ciné... Comme Blade Runner ou Minority Report. Mais mine de rien, K.Dick fait figure de classique dans la littérature de la SF américaine. Aussi, connaitre sa vie, et donc son inspiration dans la création ne peut être qu'enrichissant.  Et cette BD biographique l'est indéniablement.

Nous suivons donc Philippe K.Dick depuis sa naissance (1928), jusqu'à son décès (1982). Un homme différent dès sa prime jeunesse, même lors de son enfance. Un homme à femmes (jeunes - multiples divorces). Un homme a excès (colères, alcool, médicaments et quelques drogues). Un homme pas forcément aimable au sens littéral du terme. Un homme à névroses. Un homme dont la paranoïa ira grandissante.... Tout ce qui inspirera son oeuvre... Un homme qui travaille et écrit frénétiquement, qui développe des théories, et qui sera peu reconnu de son vivant... Et de fait, il vivra dans une relative pauvreté. Un homme qui évoluera de plus vers le mysticisme et l'étude de la métaphysique. L'auteur sera le seul à écrire son exégèse (Analyse interprétative d'un texte de la pensée d'un auteur)

Cette BD a pu être possible grâce à une longue enquête sur le personnage, sur des écrits, sur des témoignages de ses proches. Mais les auteurs suivent l'idéologie de K.Dick, qui veut que "tout est affaire de point de vue. Chacun de nous est unique et voit le monde à sa façon". Aussi, cet album est leur vision singulière de K. Dick, incomplète mais fidèle à la conviction qu'ils ont du personnage. Les dessins sont agréables et très évocateurs des époques traversées et des milieux fréquentés par K.Dick. Aussi cette BD est très agréable et facile à lire.

En tout cas, cela m'a donné envie d'approfondir et de lire du K.Dick ! 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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