Publié le 30 Septembre 2019

Film de James Gray

Avec Brad Pitt, Tommy Lee Jones, Liv Tyler, Ruth Negga

 

Synopsis :  L’astronaute Roy McBride s’aventure jusqu’aux confins du système solaire à la recherche de son père disparu et pour résoudre un mystère qui menace la survie de notre planète

 

Mon humble avis : La presse est dithyrambique envers ce film, je le serai beaucoup moins. Disons que heureusement qu'il y a le charisme de Brad Pitt pour faire diversion de l'espèce de platitude qui s'installe dans le film, et qui m'a conduite à plusieurs sessions d'ennui.

Certes, Ad Astra (vers les étoiles en latin) n'est pas un film de science-fiction comme les autres, qui ne compte pas sur l'action, les martiens ou toutes autres existences intelligente dans l'univers pour étoffer son histoire ni son rythme, puisque le film conclut que nous sommes seuls dans l'univers. En fait, ce qui finit par prendre le plus de place, c'est la recherche paternel de Brad Pitt au fin fond de l'univers, son père (tommy lee Jones) y étant porté disparu ou décédé (suivant les versions) depuis des décennies. Mais dans cette recherche paternelle, j'ai trouvé qu'étant donné l'univers SF, le réalisateur sortait trop souvent les violons dans les monologues intérieurs des personnages.

Certaines scènes sont bâclées dont le sens inexploitées et bouclées sans plus de procès, ni plus d'explications que cela, alors que celles-ci auraient apporté d'autres intérêts au film.

Qui plus est, même si le style science-fiction permet beaucoup de chose sans justification, j'ai trouvé pas mal d'anachronisme dans certains objets et surtout, dans l'âge des protagonistes (quand on connaît leur âge dans la vie réelle). Bref, le genre de détails que l'on voit dans une film lorsque l'on s'ennuie.

Bref, mon sentiment est que, sans le nom de Brad Pitt en haut de l'écran, ce film, qui ne provoque pas l'étincelle attendue pendant plus de deux heures, pourrait presque passer inaperçu, même s'il y a de belles images interstellaires.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 28 Septembre 2019

Roman - Editions de L'aube - 176 pages - 20 €

Parution le 5 septembre 2019, Rentrée Littéraire

 

L'histoire : Elle vit avec lui et Petit Chose, le bébé... Et le 14 juillet, alors que claque le feu d'artifice, le couple éclate... Elle se retrouve seule avec Petit Chose, toute une vie à réorganiser, une parentalité à assumer seule. Elle va se réveiller, s'éveiller à elle-même, et réaliser qu'elle peut se réaliser.

 

Tentation : La 4ème de couv

Fournisseur : Gilles Paris, merci pour l'envoi.

 

 

Mon humble avis : Etant donné le bandeau qui l'accompagne, je pensais me plonger dans un roman presque léger, facile à lire. Ce qui n'est pas tout à fait le cas. Il n'est ni plombant, ni drôle à mon sens, même si quelques réflexions bien lancées prêtes à sourire, "Les femmes sont débordées" dégage une puissante rare. Dans les propos bien sûr, dans l'analyse des situations.

Ce roman autant féminin que féministe, s'adresse à toutes et à tous, solo, couples, parents, célibataires, parents solo, dont il est particulièrement question ici.

Samira El Ayachi démontre admirablement bien que le combat des femmes ne s'est pas terminé avec le droit de vote, l'accession à la contraception et la possibilité d'avorter. Le monde évolue et la femme doit, en plus de ses "devoirs" séculaires, assumer la vie active, sociale, professionnelle, et ceci, de plus en plus seule, puisque le nombre de divorces n'est un secret pour personne. La femme d'aujourd'hui est donc occupée, assiégée par tout ce que la société, la famille et l'entourage attendent d'elle : Etre une performeuse sur tous les plans tout en restant dans le moule de la bonne mère.

Oui mais, lorsque le mâle qui partageait vie et tâches disparaît, lorsque l'épaule et l'équilibre s'évaporent, il faut tout reconstruire.... Couler d'abord, terrifiée devant l'immensité des responsabilités parentales solitaires (qui freinent la construction de l'être en tant qu'individu), la pitié inspirée, la désertion masculine, l'agenda quotidien tant professionnel que parental, et la société qui n'est pas du tout conçue pour les mères célibataires... Puis peu à peu, reprendre pied, et faire un pied de nez à la vie, au regard des autres. Osciller entre obstacles et petites victoires. Oui, on peut réussir seule, oui, on peut être heureux sans être deux, sans être sous la coupe d'un /des hommes. La femme peut être libre sans entrer dans le moule sociétal. Mais assez du prix de cette liberté, qui semble gratuite chez les hommes !

Dans ce roman, l'héroïne est elle, tu, donc chacune d'entre nous. Nous ne connaissons pas son prénom, ainsi, libre à chacun de se glisser dans le "tu" , ou de se sentir interpellé par la "voix" de la romancière. Samira El Ayachi dresse un portrait sociologique de la femme d'aujourd'hui, le roman étant bien ancré dans notre époque, puisqu'il y est question des mouvements "mee too" et "gilets jaunes".

La séparation sera en fait le début de la propre découverte de soi-même, de son évolution, de sa révolution et de son émancipation réussie. Vous l'aurez compris, ce roman est courageux, audacieux et puissant. Force est de constater que même si ce n'est pas reconnu, le poids et la rotation du monde repose sur les femmes. Un monde fait par les hommes et pour les hommes. Devenir une mère monoparentale semble encore être considéré comme une maladie. Mais la révolution se poursuit et les choses changent, petit à petit. Mon petit bémol personnel irait à au style, qui n'est pas de ceux que j'apprécie, un peu trop haché, phrases très courtes etc. Un peu trop "urgent". Mais ce n'est qu'une question de goût qui n'enlève rien à la grandeur de l'oeuvre.

 

« Le monde est fait pour deux catégories de personnes. Les hommes. Les femmes riches. Les autres se retirent sur la pointe des pieds en riant doucement, et en s'excusant. »

"L'absent sera glorifié, sera le Héros. Les absents ne font jamais d'erreur".

 

3/6

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 26 Septembre 2019

Roman - Editions Audiolib - 6h44 d'écoute - 21.50 €

Parution d'origine aux Editions Robert Laffont en août 2016

L'histoire : Juan Del Monte Jonova, plus connu sous le nom de Don Fuego, mais le feu sur la scène du Buena Vista Cafe depuis des années. Il ne vit que pour chanter. Mais le castrisme évolue vers une autre économie plus libérale et du jour au lendemain, Don Juan se retrouve licencié. A soixante ans, le voilà misérable à courir le cachet dans les rues de la Havane. Sa vie n'a plus de saveur, jusqu'à ce qu'il rencontre Mayensi, mystérieuse jeune femme de quarante ans sa cadette.

Tentation : Envie d'un petit tour à La Havane !

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Je n'ai pas vraiment adhéré à ce roman, même si j'ai apprécié de me retrouver dans les rues de La Havane et d'en apprendre un peu plus sur la vie cubaine sous le régime Castriste.

La plume, très soignée, trop sans doute, m'a parue mielleuse, limite "violons" parfois. Peut-être un peu éculée par rapport au sujet. Ceci se prolongeant jusque dans les dialogues souvent caricaturaux et presque dignes d'un théâtre antique où l'acteur déclame son texte.

Mon coeur fut incapable d'éprouver la moindre empathie envers le personnage de Don Fuego, que j'ai trouvé pédant, autocentré, prétentieux et assez naïf en même temps. Le premier tiers du livre déploie ses apitoiements sur son sort, aussi injuste soit-il.

Puis vient sa rencontre avec la mystérieuse Mayensi, âgée d'à peine vingt ans. Et c'est surtout là que le bât blesse dans ma mentalité. Des histoires de "vieux" qui s'émeuvent devant la jeunesse, ça me déplaît. C'est si facile de tomber en amour et dévotion devant la beauté que le temps n'a pas encore abîmée. Et le sujet de "l'amour rend aveugle", j'ai la sensation d'avoir tout lu sur lui, ou presque. Certes, Mayensi semble détruite de l'intérieur. Mais je n'ai pas vraiment cru à cette romance débordante de bons sentiments et de pseudo leçons de vie. Certes, dans le dernier tiers, des explications éclairent le personnage de Mayensi et relancent un peu le rythme et/ou l'intérêt, mais qui, chez moi, sont vite retombés.

Bref, les quelques qualités ne cet ouvrage n'ont pas suffi à me convaincre. Comme ils me semblent loin les uppercuts de "L'attentat" ou de "L'équation Africaine" de Yasmina Khadra.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 15 Septembre 2019

A y'est, ma pause estivale arrive... après tout le monde... quand tout le monde a repris le chemin du boulot, de l'école... Moi, je décolle !

Cette année, c'est destination Afrique du Sud ! 10 jours de voyage, 8 jours sur place, aux alentours de Johannesburg !

Et oui, je me fais plaisir, je me récompense, je me congratule pour mon exploit : un an pile poil sans cigarette. Une partie de mes économies m'offre donc cette superbe destination que je ne pensais même plus à portée de ma bourse. Après, certes, ce n'est qu'une semaine en circuit organisé. Plus longtemps, je n'en n'ai pas les moyens. Je préfère donc peu que pas du tout.

Je me suis préparée à ce voyage de façon inédite pour moi : via la littérature Sud-Africaine. Cela explique pourquoi, ces derniers mois, les romans sud-africains ont fait leur apparition soudaine et régulière sur ce blog. Lire l'Afrique du Sud pour mieux la comprendre, voire l'appréhender... Cette nation semble si complexe ! Et sa littérature est très riche. L'Afrique du Sud compte plusieurs prix Nobel de Littérature assez récents.

Au programme, entre autre :

 

Si la chance est avec moi :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et inutile de dire que je suis émue et impressionné d'aller fouler les terres de ce grand homme : 

 

Bon, vous l'aurez compris, j'ai un programme chargé et des plus dépaysants qui m'attend. Je vous dis donc "A dans 10 jours". Et d'ici là, portez-vous bien !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Les livres - mon blog et moi

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Publié le 13 Septembre 2019

Film de Cédric Klapisch

Avec François Civil, Ana Girardot, François Berléand, Camille Cottin

 

Synopsis :  Rémy et Mélanie ont trente ans et vivent dans le même quartier à Paris. Elle multiplie les rendez-vous ratés sur les réseaux sociaux pendant qu'il peine à faire une rencontre. Tous les deux victimes de cette solitude des grandes villes, à l’époque hyper connectée où l’on pense pourtant que se rencontrer devrait être plus simple… Deux individus, deux parcours. Sans le savoir, ils empruntent deux routes qui les mèneront dans une même direction… celle d’une histoire amour ?

 

 

Mon humble avis : Deux moi est un très joli film, entre ombre et lumière, ou plutôt de l'ombre vers la lumière. Un film doux sur les duretés de la vie et le chemin pour les surmonter. Un film sur le deuil, sur les deuils, puisque la vie nous en impose de nombreux, depuis la perte d'un être cher, jusqu'aux changements qui paraissent anodins, en passant par les séparations. Ces événements qui vécus différemment par chacun, à son rythme, mais parfois ne peuvent être digérés à cause du comportement de l'entourage. Et tout cela peut exploser et mener à la dépression....

Dans ce film, le chemin vers la lumière passe par la psychothérapie. Et ainsi, Cédric Klapisch tord judicieusement et subtilement le bras de ceux qui pensent que les psychothérapeutes sont des charlatans, ou que seuls les timbrés du ciboulot sont concernés par les "psy". Klapisch prouve que l'image encore trop bien ancrée dans la pensée collective est erronée.

Le film est donc un chemin vers la rencontre de soi-même, qui va permettre la rencontre de l'autre, la VRAIE rencontre, qui ne sera basée sur aucun mensonge, par action ou par omission. Car il faut d'abord être deux vrais "moi" pour pouvoir être nous. Evidemment l'on devine bien que nos deux héros qui ne font que se croiser, se suivre sans se voir ni se rejoindre, comme deux parallèles dans leur quotidien sont destinés l'un à l'autre pour l'infini. Mais quand ? Des petits signes, mignons, montre que leurs chemins se rapprochent (telle une fumée de cigarette, une musique entendue, un chat qui entre dans leur vie), mais il faut que ce soit le bon moment...

Deux moi est magnifiquement réalisé et interprété (par Ana Girardot et François Civil, qui ont déjà tourné avec Cédric Klaspisch dans "Ce qui nous lie", superbe film également). Mon petit bémol est que j'y ai trouvé quelques petites longueurs... Mais en même temps, Rome ne s'est pas faite en un jour, donc ses petites longueurs sont en adéquation avec le scénario et l'objectif du film. Un bel objectif, maîtrisé et parfaitement atteint.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 11 Septembre 2019

Film de Cédric Kahn

Avec Catherine Deneuve, Emmanuelle Bercot, Vinceny Macaigne

 

Synopsis :  "Aujourd’hui c'est mon anniversaire et j'aimerais qu'on ne parle que de choses joyeuses."
Andréa ne sait pas encore que l'arrivée « surprise » de sa fille aînée, Claire, disparue depuis 3 ans et bien décidée à reprendre ce qui lui est dû, va bouleverser le programme et déclencher une tempête familiale.

 

 

Mon humble avis : On pourrait se dire : "encore un film sur une réunion de famille qui va partir en vrille". Oui et non. Oui car cela par bien en vrille. Non car ce film n'a rien d'une comédie, même si quelques répliques partent bien en flèches et prêtent à rire, même si certaines situations tournent au burlesque. Mais ce film est un véritable drame, très loin de la comédie. On en sort le coeur et la gorge nouée d'émotions devant cette détresse humaine qui cache une réelle folie, et vis et versa. Bref, au fil du temps et de cette journée d'anniversaire, "fête de famille" devient de plus en plus dur. Oui, c'est un film douloureux, ce que ne montre pas forcément la bande annonce.

Les névroses, rivalités et jalousies familiales explosent avec au centre, la mère et grand-mère Catherine Deneuve, qui tente de rester droite, impartiale et maternelle au milieu de ce désastre, ce qui n'est pas toujours facile. Catherine Deneuve toujours aussi juste et remarquable. Il y a de la folie douce dans cette famille (avec Vincent Macaigne) et son rôle de personnage toujours décaler. D'ailleurs, j'aimerais voir ce comédien dans un autre type de personnage. Il serait bien que les réalisateurs aient un peu plus d'imagination pour employer cet acteur. Le réalisateur donne la parole à chacun des personnages sans jamais les juger.

Et il y a la folie brutale, pathologique et terrassante de Claire, cette soeur qui revient soudainement après trois ans d'absence.... Et de lourds secrets, retentissements et conséquence derrière cette absence. Cette soeur, c'est la bouleversante Emmanuelle Bercot qui nous conduit vers une terrible empathie pour son personnage qui, à première vue, n'est pas des plus sympathique. Le film nous apprend pourquoi. Et là on souffre vraiment avec elle.

Bref, "fête de famille" est un excellent film sur les entrailles des relations familiales où chacun essaie de composer la folie pernicieuse. Un film puissant, mais qui devient suffocant et dur.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 9 Septembre 2019

Film de Julien Rappeneau

Avec François Damiens, André Dussolier, Maleaune Paquin

 

Synopsis : Le jeune Théo, surnommé « Fourmi », aimerait redonner de l’espoir à son père, Laurent, un grand gaillard solitaire et désabusé par la vie. L’occasion se présente quand Théo est sur le point d’être recruté par un grand club de foot anglais.

 

 

Mon humble avis : Ah ! Enfin une pépite ! Enfin un film qui fait du bien, dont on sort avec la banane et le coeur apaisé. Un film où l'espoir renaît, grâce à un petit garçon tout mignon et bon joueur (en tant qu'acteur, en tant que footballeur, et dans la vie) soit dit en passant.

Certes ce film est peut-être plein de bons sentiments mais rien n'est gratuit et surtout, il n'écarte pas les grosses difficultés, celles des parents qui se répercutent sur les enfants. Ce film peut sans problème être vu en famille.

François Damien livre une excellente prestation de père alcoolique qui va enfin se ressaisir et grandir grâce à son fils qui lui donne un but dans la vie.

Le petit Théo invente un mensonge qui paraît gros comme un nuage, mais ce mensonge emmène toute la commune sur ce nuage. Les gens se reparlent, sont de nouveaux joyeux et fiers de leur commune. Un jeune garçon agoraphobe et geek, qui vit enfermé, va même remettre le nez dehors. Tout le monde s'unit derrière le petit Théo et les conséquences de ce mensonge dépassent Théo. Oui, mais celui-ci est découvert...  Et bien l'on se dit que le bien qu'il a provoqué n'est pas vain, loin de là. Et puis, sait-on jamais ? A force de mettre toute sa force, son imagination pour faire croire à ce mensonge, la vie pourrait peut-être apporter quelque surprise non ?

Et Fourmi, pourquoi un tel titre ? C'est le surnom que la meilleure amie de Théo lui donne. Mais les fourmis sont aussi l'espèce animale où il y a le plus d'entraide communautaire.

Même si ce film ne révolutionne pas le cinéma, Fourmi est une tendre et émouvante comédie familiale qui fait du bien, qui fait du bien, qui fait du bien ! Alors, pourquoi s'en priver ?

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 7 Septembre 2019

Littérature, afrique du sud, karel Schoeman, avis, chronique, blog, retour au pays bien-aimé

Roman - Editions 10/18 -251 pages - 9 €

Parution d'origine chez Phébus en 2006

 

L'histoire : George vit en Suisse. Sa mère vient de décéder, son père est mort plus tôt. Alors George décide de retourner au pays de ses ancêtres, l'Afrique du Sud, là où il est né. Terre qu'il a quitté à l'âge de cinq ans. Il a reçu la ferme de sa mère en héritage, et tiens à s'y rendre. Son retour en terres afrikaners sera loin de tout ce qu'il pouvait imaginer. Pour ceux de là-bas, il restera toujours l'étranger, mais aussi l'enfant du pays qui revient. Cette situation deviendra étouffante pour lui.

 

Tentation : Toujours dans ma découverte de la littérature sud-africaine

Fournisseur : Ma CB

 

 

Un roman et une plume de référence dans la littérature sud-Africaine

 

Mon humble avis : Ce roman a été écrit en 1972 (mon année de naissance, soit dit en passant), mais surtout, en pleine crise ségrégationniste en Afrique du Sud. L'auteur, Karel Schoeman, a reçu, en 1999, des mains du président Nelson Mandela, la plus haute distinction sud-africaine : The order of Merit. Voilà qui introduit bien cet ouvrage.

Je pense qu'il faut un peu connaître l'Histoire de l'Afrique du Sud pour apprécier ce roman et ne pas le trouver complètement "space". L'Histoire de l'Afrique du Sud depuis l'arrivée des premiers néerlandais en 1652. Cela tombe bien car ces derniers temps, en parallèle d'autres lectures, je lis aussi un récit sur l'Histoire ô combien complexe de la nation Sud-Africaine. Ainsi, j'ai pu appréhender un peu plus facilement "retour au pays bien-aimé", en apprécier la subtilité et sans doute, ne pas abandonner ce roman en cours de route.

Car l'atmosphère dans cette histoire est très singulière et oppressante, bien qu'il ne se passe rien de particulier, et qu'aucun réel danger ne semble menacer (nous ne sommes pas du tout dans un thriller !)... pour nous lecteurs (pour les personnages, c'est autre chose). Les choses sont assez longues à se mettre en place et quand elles le sont, on espère toujours qu'elles évolueront un peu plus. Sauf que non. L'histoire, le passé et le destin de ces hommes et femmes rencontrés par George rendent cela impossible.

Avec George, enfant du pays exilé avec ses parents depuis des décennies mais qui revient sur les terres familiales, Karel Schoeman nous présente quelques familles qui ont toutes un lien de parenté. Des familles Afrikaners (blanches), qui suite aux événements du pays, ont dû pour la plupart fuir la ville pour s'installer dans leur ferme, perdre leur vie confortable pour devenir des paysans vivant presque en parfaite autonomie, mais surtout, en autarcie, expliquée par l'Histoire en partie (apartheid)

Karel Schoeman dresse ainsi le portrait d'une certaine Afrique du Sud, pétrie de croyances et embourbée dans une Histoire qui serait écrite d'avance, dans des traditions, dans la peur de l'autre. Bref, des afrikaners on ne peut plus repliés sur eux-mêmes, dans une vie terne et dure. Des gens qui n'imaginent même pas qu'ils pourraient vivre une autre vie, s'ils le voulaient. Des gens qui renouvellent le même modèle à chaque génération, sans se rendre compte que les nouvelles générations ne peuvent pas s'épanouir, dans tous les sens du terme. Certains ne rêvent que de partir, sans rien connaître d'autre du monde, d'autres pensent toujours à la vengeance et à une certaine victoire.

Tout cela est traduit très particulièrement ici par l'auteur. L'important n'est pas dit ni nommé par les personnages, ou si peu, toujours en cachette et à mots couverts. Les dialogues disent beaucoup en ne disant pas grand-chose justement... Les personnages s'en tiennent à quelques remarques factuelles et superficielles. Tout est dans les silences, les non-dits, les regards, bien souvent en biais. Il en est ainsi avec l'étranger qu'est George, mais aussi entre ces gens entre eux.

Le thème central du roman est bien entendu l'exil... L'exil intérieur et spirituel, l'exil au sein même de son propre pays, ou encore l'exil dans le sens le plus courant du terme. Ceux qui partent... Qui ont eu la chance de partir, ou qui ont fui... alors que d'autres ont eu le courage de rester. Il est évidemment question du mal du pays, du passé. Et surtout, "retour au pays bien aimé" parle du retour de l'exilé, du fait que, même s'il est de la famille, il restera un étranger, tant les différences entre l'exilé et les "restés" sont énormes et que le lien familial semble bien dérisoire pour ressentir une proximité, une ressemblance. Tant le pays lui-même semble avoir changé, tant il ne ressemble plus en rien à l'image sublimée transmise par les parents, par les souvenirs, par les photos.

A mes yeux, ce roman est plus intéressant qu'agréable à lire. Certains moments m'ont vraiment pesé et, si je n'avais eu un objectif précis et quelques connaissances en me plongeant dans ce livre, possible que je l'eu abandonné. Bref, je suis vraiment sortie de ma zone de confort avec "Retour au pays bien-aimé". Je ne le regrette pas pour autant, c'est ainsi que l'on se construit une culture. Mais je me répète, ayez quelques connaissances sur l'Histoire du pays, s'il le faut, faites un détour par Wikipédia... Sinon, vous risquez d'être vraiment désarçonnés par cette lecture.

 

Ca tombe bien, je réalise que cela fait juste 6 mois 1/2 que j'ai acheté ce livre, je peux donc l'inclure dans le Challenge objectif PAL !!!

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 5 Septembre 2019

Roman - Editions Audiolib - 14h10 d'écoute - 24 €

 

Parution d'origine chez Albin Michel en janvier 2018

L'histoire : Février 2017, le tout Paris assiste aux obsèques de feu Marcel Péricourt, qui laisse ainsi sa fille Madeleine à la tête de son empire financier. Et le même jour, Paul, jeune fils de Madeleine, fait une tentative de suicide qui le laissera lourdement handicapé à vie.

Cupide et pensant être bien entourée et conseillée, Madeleine consacre donc beaucoup plus de temps à son fils qu'aux affaires... Quelque temps plus tard, Madeleine est ruinée. Mais Madeleine n'a pas dit son dernier mot. Au fil des années, elle va bâtir une revanche implacable contre ceux qui l'ont trahie.

Tentation : Ma lecture d'Au revoir là-haut

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Ce roman est comme une suite d'Au revoir là-haut. "Comme" car pas vraiment. Au cinéma, on dirait que c'est un spin off. Un personnage est repris et développé. Aussi, nul besoin, je vous assure, d'avoir lu le premier roman pour apprécier celui-ci à sa juste valeur.

Sa juste valeur d'ailleurs, qu'elle est-elle ? Génialissime ! Quel régal de lecture ! Quelle succulence ! J'ai adoré vraiment, et même, j'ai préféré ce tome-ci au précédent. Couleurs d'incendie est moins grave et dur, il est même souvent drôle. En effet, ce livre ne commence pas en pleine guerre des tranchées et n'évoque pas le douloureux sujet des gueules cassées.

Nous sommes à Paris, entre les années 1927 et le début des années 40. Pierre Lemaitre déroule pour nous plus d'une décennie de vie parisienne très documentée, dans différents milieux : bourgeois, populaire, financier, politique, industriel. Il est d'ailleurs assez étonnant de constater que presque un siècle plus tard, les préoccupations, les revendications, les mécontentements, les fonctionnements et dysfonctionnement politiques sont toujours les mêmes. A croire que personne n'apprend rien du passé. C'est donc un réel kaléidoscope de toute une époque, et l'époque joue autant son rôle dans l'histoire que les personnages réels. Vous vous demandez sans doute la signification du titre : couleurs d'incendie ? C'est qu'au fil des années, les gens et le Monde changent de couleurs, des couleurs qui s'intensifient et qui deviendront l'énorme incendie que fut la deuxième Guerre Mondiale.

Certes, le livre est épais (contraire à mes principes et mes goûts), mais vraiment, je n'ai pas vu le temps passer. J'adore la façon subtile, fine mais limpide qu'a Pierre Lemaitre de  se moquer de ses personnages et de leurs travers, voire de leurs vices. C'est souvent drôle et toujours délectable !

Quant à Madeleine, elle offre un magnifique portrait d'une femme des années 30, car la condition des femmes de cette époque est bien entendu un des sujets en toile de fond de ce roman. Elle est très attachante et devient réellement admirable d'intelligence, de finesse, de détermination, d'esprit et d'imagination pour mener à bien sa terrible vengeance. Quatre personnes, qui l'ont plus ou moins directement menée à la ruine, pour des raisons que vous découvrirez avec plaisir lors de votre lecture, en feront les frais, et quels frais ! Dans l'épreuve, Madeleine est devenue une femme implacable.

Bonus de la formule audio, comme pour "Au revoir là-haut", le texte est lu par Pierre Lemaitre lui-même, avec brio et une vivacité telle que le livre semble vivre réellement ! Captivant !

Vous l'aurez compris, ce roman est INCONTOURNABLE !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 3 Septembre 2019

Ces jours qui disparaissent, BD, éditions Glénat, avis, chronique, album

BD - Editions Glénat - 192 pages - 22.50 €

 

Parution en septembre 2017

L'histoire :  Une course poursuite contre le temps perdu...

Que feriez-vous si d'un coup vous vous aperceviez que vous ne vivez plus qu'un jour sur deux ? C'est ce qui arrive à Lubin Maréchal, un jeune homme d'une vingtaine d'années qui, sans qu'il n'en ait le moindre souvenir, se réveille chaque matin alors qu'un jour entier vient de s'écouler. Il découvre alors que pendant ces absences, une autre personnalité prend possession de son corps. Un autre lui-même avec un caractère bien différent du sien, menant une vie qui n'a rien à voir. Pour organiser cette cohabitation corporelle et temporelle, Lubin se met en tête de communiquer avec son « autre », par caméra interposée. Mais petit à petit, l'alter ego prend le dessus et possède le corps de Lubin de plus en plus longtemps, ce dernier s'évaporant progressivement dans le temps... Qui sait combien de jours il lui reste à vivre avant de disparaître totalement ?

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib N°1

 

 

Mon humble avis : J'ai ADORE cet album. Tout m'a plu, sauf peut-être la fin qui m'a laissée le coeur serré, mais c'est sûrement voulu par l'auteur. Et oui, l'émotion, la belle émotion ne nuit pas à la santé !

Le sujet de l'histoire est génialement trouvé et déroulé par un maître. Univers science-fiction ou trouble de la personnalité  subi par Lubin, le personnage principal ? Allez savoir ? D'ailleurs, il me semble que chaque lecteur peut interpréter la vie de Lubin comme il le souhaite, en fonction des échos qui résonnent en lui.

Tout au long de cette BD, nous ne sommes qu'avec le vrai Lubin. Son double, nous ne le voyons et le lisons qu'à travers des vidéos et des mails échangés.

Au début, les mésaventures de Lubin, avec ce double qui lui vole son corps et sa vie amusent beaucoup et feraient presque rêver. Oh oui, un autre moi qui un jour sur deux ferait tout ce qui me répugne, comme le ménage, la paperasse etc... Le pied non ?

Mais, de un jour sur deux, les jours de vie de Lubin s'espacent de plus en plus. Un jour sur trois, par semaine, par mois etc. Là, Timothée Le Boucher nous emmène dans une autre dimension et une autre palette de sentiments. Notre empathie pour Lubin devient totale, notre inquiétude s'installe, le drame semble inéluctable, l'album ne se lâche plus et nous tient captifs ce cette histoire. Nos réflexions personnelles s'approfondissent encore... Car évidemment, le cas de Lubin peut-être un trouble de la personnalité, mais peut aussi être la métaphore de n'importe maladie grave...Et le message serait : lutter contre l'envahisseur, ne pas lui laisser la victoire sans batailler.

Puis vient la visite chez ce "psy qui guérit" qui ébranle toutes les convictions que l'on a pu se forger. L'ensemble pourrait presque se résumer à "Etre ou ne pas être"... mais pour quelle raison.

Vraiment, j'ai tout aimé dans "ces jours qui disparaissent" : le suspens, le rythme, l'histoire très humaine qui y est contée, les personnages, principaux ou secondaires, sont tous très bien croqués et attachants.

Je vous recommande vivement cette lecture émouvante autant que divertissante, et maîtrisée de A à Z. Ce roman graphique se penche sur la dualité qui est en chacun de nous et surtout incite à profiter du moment présent, à se rapprocher de l'essentiel, à vivre chaque jour comme s'il était le dernier !

 

L'avis de Noukette et de Moka

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Rédigé par Géraldine

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