Publié le 11 Février 2024

Les ruelles de la médina sont une vraie fourmilière de voies très étroites... Aucune voiture ne peut passer... Aussi, c'est une foule de métiers ambulants qui investit  la ville, à côté des échoppes fixes. Et puis il y a aussi les livraisons faites par les mules, tout comme le nettoyage des ruelles. C'est étroit, ça monte, ça descend, il y a des marches etc... Quand une mule chargée arrive ou un charriot arrive, tout le monde se plaque contre les murs pour ouvrir le passage... 

Comprenant 9454 ruelles et plus de 300 mosquées, la médina de Fès est la plus étendue des médinas, ainsi que la plus grande zone piétonne du monde.

Voici mon odyssée non exhaustive dans ces ruelles...

Et sinon, pour voir ou revoir mon billet sur les tanneurs de Fès... C'est ICI

UN DIMANCHE A FES : DANS LES RUELLES DE LA MEDINA
UN DIMANCHE A FES : DANS LES RUELLES DE LA MEDINA
UN DIMANCHE A FES : DANS LES RUELLES DE LA MEDINA
UN DIMANCHE A FES : DANS LES RUELLES DE LA MEDINA
UN DIMANCHE A FES : DANS LES RUELLES DE LA MEDINA
UN DIMANCHE A FES : DANS LES RUELLES DE LA MEDINA
UN DIMANCHE A FES : DANS LES RUELLES DE LA MEDINA
Les métiers ambulants... ou fixes...

Les métiers ambulants... ou fixes...

UN DIMANCHE A FES : DANS LES RUELLES DE LA MEDINA
UN DIMANCHE A FES : DANS LES RUELLES DE LA MEDINA

Et puis il y a l'artisanat. Pour commencer le travail des dinandiers (étain, cuivre...)

 

UN DIMANCHE A FES : DANS LES RUELLES DE LA MEDINA
Vendeur de menthe... pour le thé...

Vendeur de menthe... pour le thé...

Dans la poterie...

Dans la poterie...

UN DIMANCHE A FES : DANS LES RUELLES DE LA MEDINA
Ebénisterie

Ebénisterie

UN DIMANCHE A FES : DANS LES RUELLES DE LA MEDINA
UN DIMANCHE A FES : DANS LES RUELLES DE LA MEDINA

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyages en Afrique

Repost0

Publié le 9 Février 2024

Film de Noé Debré

Avec Agnès Jaoui, Michael Zindel, Rony Kramer

Synopsis : Bellisha a 27 ans et vit chez sa mère Giselle, qui sort très peu et à qui il fait croire qu'il est solidement intégré dans la vie active. Le vent tourne quand Giselle s'aperçoit qu'ils sont les derniers juifs de leur cité. Elle se convainc qu'il faut qu'ils partent eux-aussi.

Mon humble avis : Les critiques presse sont bonnes et assez unanimes, la bande annonce donnait fichtrement envie de voir cette comédie, et enfin il y a Agnès Jaoui...

Résultat des courses, je me suis ennuyée une bonne partie du film qu'au final je n'ai pas vraiment apprécié. De comédie il n'a finalement pas grand chose, mise à part 2 ou 3 situations drôles mais pas non plus hilarantes. J'ai trouvé qu'Agnès Jaoui faisait du jaoui alors qu'elle s'est faire bien d'autres choses.  L'ensemble est décousu, et une fois de plus, je déplore le marmonnement des comédiens qui nous laisse à la porte avant la fin des phrases. 

L'ensemble m'a paru étouffant même si cela correspond au thème du film, cela ne m'a pas convenu. J'ai l'impression que le réalisateur a voulu faire un drame burlesque, le mélange des deux n'est pas forcément heureux. Je pense que le film aurait été plus réussi s'il avait vraiment choisi un genre : caustique ou drame... Là on nage en eaux troubles, dans la mollesse, à l'image des personnages en fait.

Le sujet est évoqué mais pas creusé, pas traité. On reste en surface. Les juifs désertent une cité ? Pourquoi ? etc... Il est question d'antisémitisme et de racisme en général, mais surtout en voulant montrer les préjugés généralisés bien ancrés dans le cerveau, et vite oubliés lorsque l'on  croise une connaissance dans la rue, ou que quelqu'un qu'on a toujours connu de près ou de loin décède. Cela donne lieu à quelques scènes réussies, d'où mes deux étoiles. Dommage qu'elles ne soient pas développées et restent dans l'anecdotique. 

Bref, je ne suis pas très heureuse dans mes choix ciné depuis quelques temps...

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

Repost0

Publié le 7 Février 2024

Récit - Editions Stock - 270 pages - 20.90 Euros

Parution Stock mars 2023 (Existe maintenant en poche)

Le sujet : Une histoire d'amour universelle, qui se passe de mots puisque les deux protagonistes ne parlent pas la même langue, n'étant pas de la même espèce. Et pourtant, le lien est là, infaillible... A la vie, à la mort.

Les 13 ans de vie commune entre Cédric (humain) et Ubac (Bouvier bernois)... depuis la rencontre avec ce petit être tout pataud, jusqu'aux adieu, et au manque, à l'absence de son odeur après la pluie.

Entre les deux, mille aventures, mille découvertes, mille craintes, mille joies, la vie simple et extraordinaire à la fois de deux êtres qui veillent l'un sur l'autre...

 

Tentation : les médias

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 Mon humble avis : La déco de mon blog parle pour moi, je suis une amie des animaux... Je n'ai pas de chien, car ma vie n'est pas adaptée aux besoins canins, mais 3 chats... Et, lorsque j'étais au lycée, ma famille a adopté un chien... L'histoire s'est hélas tragiquement terminée, mais des 3 enfants, j'étais la seule à promener d'Artagnan par plaisir, bien au delà du minimum syndical... On partait loin tous les deux, plusieurs heures... Et puis j'ai adopté un chat, un 2ème et un 3ème. J'ai trappé et sauvé quelques dizaines de chats errants/sauvages/abandonnés/perdus... Et j'ai promené des chiens aussi, à la SPA... 

Alors, forcément, ce livre au succès fulgurant, il me fallait le lire. Un chat n'est pas un chien et vis et versa, mais le rapport humain /animal de compagnie, confiance, amour, responsabilité est là.

Ce n'est pas un livre sur un chien, ni sur un homme, mais sur le lien justement entre les deux. Et  celui-ci est merveilleusement bien décrit... Depuis l'apprivoisement de l'un et de l'autre, la relation quasi exclusive, les balades, les jeux, les choix de vie, les inquiétudes, la protection, l'arrivée d'une damoiselle dans la vie de l'auteur. C'est touchant, émouvant, bouleversant aussi et par moment drôle. L'homme redécouvre la vie et le monde à hauteur de chien, et cela l'élève, jusqu'à une certaine sagesse... Mais la vie d'un chien passe vite, donc il ne faut pas en perdre une miette.... Un chien est d'abord votre enfant, puis votre frère, enfin votre père ou grand-père... Une année en vaut à peu près 7 pour lui...

Mais "Son odeur après la pluie" est encore plus que tout cela, que ces 13 années de vie commune. C'est aussi un grand bol d'air dans les bois et sur les chemins de montagne, une invitation à ralentir, à sentir, à regarder autour de soi, une méditation sur notre aire et les valeurs de la vie que nous choisissons.  Une incitation à la philosophie et une véritable philosophie de vie... Et bien sûr, une injonction au respect de nos animaux de compagnie (entre autres animaux), de leurs besoins et de leur attachement à nous, leurs maîtres.

Mais "attention", nous sommes loin du livre "feel good, développement personnel, mon chien ce héro, mon chat du hasard qui me sauve la vie et tralala et tralala". De tels livres, j'en ai lus et j'en ai encore dans ma PAL. Ils sont mimi tout plein mais cela ne va en général pas plus loin que la lecture divertissante. Avec "Son odeur après la pluie, nous avons ici un ouvrage absolument littéraire. L'écriture est ciselée, magnifique dans les termes choisis etc... le style m'a par contre un peu moins convenu... tout simplement dans la structures des phrases choisies par l'auteur, structure particulièrement littéraire. Cela s'est traduit pour moi par un manque de fluidité dans ma lecture qui m'a donc demandé une attention à laquelle je ne m'attendais pas. Rien de bien grave, puisque c'est moi qui ne suis pas adaptée à cette qualité de style, et puis j'ai fini par m'y habituer...

Un magnifique hommage aux compagnons à quatre pattes qui partagent un bout du chemin de notre vie.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres autres - divers

Repost0

Publié le 5 Février 2024

Roman - Editions 10/18 - 308 pages - 8.30 €

Parution en mai 2023

L'histoire : Elle vient de s'installer avec "son chéri" dans une petite ville de l'ouest Danois. Son chéri est professeur dans une Hojskol* (voir note en bas de billet). Avec leur bébé sans prénom, ils vivent donc une vie assez communautaire, où tout le monde se connaît. Mais elle n'est qu'une pièce rapportée... Aussi il faut s'intégrer, s'occuper... Elle répondra donc au courrier du journal local, entre 2 biberons et 3 leçons de conduite... Il lui en faudra plus de 90 pour obtenir son permis, avec interdiction de rouler en arrière...

 

Tentation : Le billet de Keisha

Fournisseur : La bib de St Lunaire.

 

Mon humble avis : De la littérature Danoise, ce n'est pas tous les jours par ici ! J'ai vu ce roman de façon quasi simultanée sur le blog de Keisha et sur l'étagère "nouveautés" de ma bibliothèque. Donc hop, on y va.

Je m'attendais à plus envoûtant et plus hilarant que ce que l'annonce la mention en couverture. Certes, c'est barré, touchant, distrayant, ironique, piquant, socialement et humainement intéressant. Les réponses qu'elle donne au courrier des lecteurs sont parfois très sensées, preuve d'une analyse humano /sociale éprouvée, mais toujours sur un ton caustique. Parfois, elles semblent hors sujets... Ces réponses s'insèrent entre deux chapitres, ainsi que quelques chants de tradition danoise. Mais voilà, aux deux tiers de ma lecture, je me suis lassée du choix narratif. Il passe un peu du coq à l'âne. Et au milieu de beaux passages et de réflexions clairvoyantes (teintées d'un humour bien senti) sur notre époque et notre espèce il laisse un peu trop d'espace à des moments plus brouillons et longs. Je me suis interrogée sur leur utilité... ou sur ma mécompréhension. 

Le titre était bien alléchant et j'espérais qu'il en soit plus sujet dans ces pages, que cela amènerait plus de situations incongrues et vraiment drôles. Les sujets : la vie, la parentalité, le couple, la vie en société, l'hypocrisie et les inepties du système.

Mais... mais... "Elle" (dont on ne connaîtra jamais le prénom), m'a touchée et bien souvent fait penser à moi. Pas par rapport au permis de conduire que j'ai eu du premier coup avec le minimum de leçons requis, mais dans ses difficultés et complexes relationnels... Toujours à dire ce qu'il ne faut pas, pas quand il faut, pas comme il faut... A chercher quoi dire, à faire et être comme les autres sans y parvenir. Bref, le relationnel est source de stress pour elle, et ceci veut dire beaucoup. Quand j'étais au collège, j'avais demandé à une amie d'alors de me faire des listes de conversations possibles, pour me donner des idées... Dans ce pays des phrases courtes, elle prend des cours de conversation avec un célèbre animateur de documentaires télé.  Ses leçons privées et spontanées au bord d'un fjord par exemple m'ont été délicieuses.

Un regard lucide et ironique sur notre monde où entre autres, tout doit être "certifié", un divertissement original et intéressant mais imparfait à mes yeux.

 

Pas d’examens, un rythme propre à chaque étudiant, un emploi du temps libre : les Højskole proposent une éducation hors compétition, et sans diplômes, qui permet à l’élève d’exprimer sa créativité et de vivre en communauté. Un laboratoire éducatif "Made in Danemark"

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

Repost0

Publié le 3 Février 2024

Roman - Editions Ecoutez lire - 6h41 d'écoute - 23.15 €

Parution d'origine Gallimard en 2008

Le sujet : Au travers de photos et de souvenirs laissés par les événements, les mots et les choses, Annie Ernaux nous fait ressentir le passage des années, de l'après-guerre à aujourd'hui. En même temps, elle inscrit l'existence dans une forme nouvelle d'autobiographie, impersonnelle et collective.

 

Tentation : Curiosité

Fournisseur : Bib de Dinard

 

Mon humble avis : Suis entrée dans ce livre à l'aveugle, sans trop savoir ce que j'en attendais... Et là, dès le début, j'ai su que "Les années" serait une claque littéraire et un énorme coup de coeur !

L'écrivaine, Nobelisée depuis, dépeint le fil les années, depuis la 2ème Guerre Mondiale jusqu'au milieu des années 2000. Elle y décrit le collectif, le mondial, le local, et le personnel, mais toujours par rapport à l'ensemble. D'ailleurs, ce personnel est comme observé de l'extérieur, et passe à travers le "elle" ou le "nous", jamais le "je". C'est une frise chronologique, où peu de dates sont citées, mais les événements situent chacun des faits précisément, ou dans une époque plus large. 

C'est vraiment un tour d'horizon complet sur plus de 60 ans que dresse ici Annie Ernaux, à travers un regard lucide, réaliste, étudié. Le temps qui passe parfois subtilement, sans qu'on le remarque, et l'on se dit alors, tiens, c'était comme ci avant, ou tiens, on ne fait plus cela. Et il y a les changement brusques, radicaux, comme avec le 11 septembre 2001, où il y a un avant et un après.

Tout y passe ou presque... Les guerres, les indépendances, l'évolution des mentalités, des moeurs, le progrès, le confort, le social, la politique, les élections, les fléaux qui changent mentalités et comportement (le sida), la culture, la société de consommation, le féminisme, la mondialisation, j'en passe et des meilleurs, la liste pourrait être longue. Et en filigrane dans tout cela, les années qui passent dans la vie d'une femme, les étapes traversées ou surmontées : l'enfance, l'adolescence, les études, le mariage, la parentalité, le divorce, la maladie, la grand-parentalité, la retraite... Petites ou grandes, fondamentales ou anecdotiques, histoires collectives et individuelles se répondent, prennent le devant de la scène ou se mettent en retrait, mais n'oublient pas de côtoyer l'Histoire.

Sur le papier "Les années" d'Annie Ernaux pourraient passer pour une longue litanie ennuyeuse à mourir. Et bien c'est tout le contraire. Cette lecture m'a passionnée, émue, bouleversée aussi. Mais surtout sidérée. Ce fut vraiment vertigineux. Déjà parce que l'écriture est sublime. La précision langagière est époustouflante et délicieuse, qui révèle tant de la beauté et de la richesse de notre langue. Et pourtant le style reste très fluide et agréable. Je suis profondément admirative devant le travail "monstre" que la rédaction de ce roman a dû demander... Réunir tous ces faits, trouver et choisir les termes idoines. Pfff, ça me parait aussi vertigineux !

En tant que jeune quinquagénaire... J'ai lu "Les années" en me disant... Voilà ce qu'ont vécu les générations de mes parents et de mes grands-parents. Voilà ce que j'ai eu la chance de ne pas vivre. Voilà les libertés pour lesquelles je n'ai pas eu à me battre. Voilà le confort dans lequel je suis venue au monde. Voilà tout ce qui s'est passé, ces évolutions matérielles, scientifiques, sociales, politiques, idéales qui m'ont entourée, depuis que je suis née française.  Voilà ce que j'ai vécu sans m'en rendre compte, sans y prêter attention, en l'oubliant, ou au contraire, en me rebellant, en m'investissant. Voilà ce que l'on a gagné, ce que l'on a perdu, ce qui est là mais loin d'être acquis. Voilà le monde de fou dans lequel je vis (ex les aliments sont soit allégés, soit renforcés), avec ses contradictions, ses non-sens, sa rapidité, qui est même devenu frénétique... Oui, le monde est de plus en plus grand, les possibilités se multiplient de façon exponentielle, et les années passent au même rythme mais tout va de plus en plus vite.

Les années d'Annie Ernaux, pour moi, c'est une oeuvre magistrale, essentielle, et je le redis car c'est vraiment le mot qui résonne en moi : vertigineuse ! Très très heureuse je suis d'avoir lu ce livre... qui serait peut-être bien à relire... ou à parcourir de temps en temps.

Bon, ben c'est pas encore aujourd'hui que j'aurais fait un billet plus court 😁 Ce qui est dans l'absolu mon objectif !😅

D'Annie Ernaux, je vous conseille également le roman "La place"

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

Repost0

Publié le 1 Février 2024

Roman - Editions de l'Olivier - 187 pages - 18 €

Parution en août 2022, prix Fémina des lycéens 2022

L'histoire : Quand Pauline, devenue adulte, souhaite retrouver légalement son prénom de baptême Russe, Polina, l'administration ne le voit pas d'un bon oeil, sous prétexte que le prénom Polina est "anti intégration". Les audiences se multiplieront au tribunal.

Entre temps, Polina se rappelle son enfance en Russie, puis à St Etienne, les nouveautés, les différences, et tous ces mots qu'il lui faut conquérir. Les années passent... Elle est Pauline à l'extérieur, et Polina à la maison, et lors des vacances d'été en Russie. Elle se dédouble...

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : Un premier roman, et à mon avis, pas le dernier ! Il est touchant, frais, drôle, et grave à la fois. Surtout, il aborde habilement et de façon très accessible et clair des sujets assez brûlant de l'actualité, et permet aux lecteurs de les aborder depuis l'intérieur : l'immigration, le déracinement, l'intégration, la double culture, et l'importance du langage, mais surtout de la langue, les langues, une grande part de l'identité.

J'ai d'abord été outrée par ce refus de l'administration. Pauline ne peut pas retrouver son prénom de baptême car il serait contraire à la démarche d'intégration !!! Alors qu'aujourd'hui, en France, n'importe qui peut nommer son enfant n'importe comment ou presque, du nom d'une star américaine, d'un personnage de film ou d'un joueur de foot. Alors que Polina vit en France depuis plus de vingt ans, elle est naturalisée française depuis belle lurette. Elle maîtrise parfaitement le français, bien mieux que moi en tout cas, et de nombre de mes concitoyens ou proches, (voire même de notre ministre des affaires étrangères) qui multiplient les fautes tant à l'oral qu'à l'écrit.

C'est en 1991, lors du Putsch raté contre Gorbachev, que Polina, son père, sa mère et sa grande soeur immigrent en France et s'installent à St Etienne. Les étés seront passés en Russie où sont restés les grands-parents. La romancière se glisse à nouveau dans son corps d'enfant pour y déterrer ses souvenirs d'alors, son incompréhension, ses découvertes, son silence devant ces mots- qui ne sont pour elle que des sons au premier abord) qu'elle ne comprend pas, puis sa gorge qui se débloque et émet des sons français !

Tenir sa langue, c'est apprendre celle de son nouveau pays. C'est garder le secret en Russie, car il serait dangereux pour elle de dire à ses amis qu'elle vit désormais en France, donc aucun idiome français ne doit sortir de sa bouche par erreur ou réflexe. C'est aussi ne pas dire un mot Russe en France, pour ne pas être différente, pour ne pas être moquée et s'intégrer. Ne surtout pas paraître étrangère. Mais Tenir sa langue, c'est également ne pas oublier sa langue d'origine et de naissance, une part entière de l'identité. Et l'énergie et l'imagination que déploie la mère de Polina pour que ces filles n'oublient le Russe sont très drôle à lire... Des mots et expressions russes sont en effet placardés aux toilettes, et visibles aussi bien debout, qu'assis, que sur la droite quand on prend le papier...

Avec humour, tendresse, autodérision, nostalgie, acuité, Polina Panassenko nous livre un très beau roman sur l'identité et l'exil, ainsi qu'un bel hommage à sa culture russe d'origine. A lire ! C'est savoureux ! Et un titre savamment trouvé ! 

 

"Russe à l'intérieur, français à l'extérieur. C'est pas compliqué. Quand on sort on met son français. Quand on rentre à la maison, on l'enlève. On peut même commencer à se déshabiller dans l'ascenseur. Sauf s'il y a des voisins."

"Si le son marche, il devient mot. S’il ne marche pas, je le relâche dans le fleuve. Un son qui marche c’est un son qui produit quelque chose. Un son qui ne marche pas équivaut au silence. Tu fais le son mais l’autre fait comme si tu n’avais rien dit."

"Je reconnecte au moment où Caroline dit "Autorisée à" c'est une formule de politesse juridique, ça veut dire "obligée de" s'appeler Pauline et "interdit" de s'appeler Polina."

"Français sans accent ça veut dire français accent TV personnage principal. Accent Laura Ingalls et Père Castor. Accent Jean-Pierre Pernaut et Claire Chazal. Prendre l’accent TV c’est renoncer à tous les autres. Pas de cumul possible avec l’accent TV. Une fois que tu parles comme au 20 heures tout autre accent devient un à-côté, un 5 à 7. Pour s’encanailler, comme au bon vieux temps mais rien de plus. Un accent qui revient sans qu’on l’appelle, c’est gênant comme Dom Juan qui tombe sur Done Elvire."

"Ce que je veux moi, c'est porter le prenom que j'ai reçu à la naissance. Sans le cacher,sans le maquiller, sans le modifier. Sans en avoir peur. Faire en France ce que ma grand-mère n'a pas pu faire en Union soviétique"

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0

Publié le 30 Janvier 2024

Film d'Yvan Attal

Avec Yvan Attal, Guillaume Canet, Maïwenn, Marie-José Croze

Synopsis : Mathieu doit tout à son ami Vincent : sa maison, son travail, et même de lui avoir sauvé la vie il y a dix ans. Ils forment, avec leurs compagnes, un quatuor inséparable, et vivent une vie sans nuage sur la côte d’Azur. Mais la loyauté de Mathieu est mise à l’épreuve lorsqu’il découvre que Vincent trompe sa femme. Quand la maîtresse de Vincent est retrouvée morte, la suspicion s’installe au cœur des deux couples, accompagnée de son cortège de lâchetés, de mensonges, et de culpabilité...

Mon humble avis : Le film démarre pourtant sur des chapeaux de roues... Et puis s'éteint un peu, traine en longueur avant d'arriver vraiment au coeur du sujet. Régulièrement, la voix off du personnage de Matthieu s'exprime. On saura plus tard que c'est la rédaction d'une lettre lue à voix haute, mais ceci n'était vraiment pas utile, d'autant qu'elle use de termes un peu théâtraux inadaptés aux scènes qui se déroulent devant nous. Autre bémol... Les décors et le contexte sont très classiques et attendus pour ce genre de film... Grandes villas de la côte d'azur, belle voiture, yacht, bureaux dignes des plus grands architectes... Bref, grand luxe... Comme d'habitude... En même temps, cela confirme aux petites gens comme moi que l'argent ne fait pas le bonheur...même s'il y contribue. 

A me lire, vous vous dites... Ce film est donc nul. Non, pas du tout, mais j'en attendais bien plus... Au niveau du rythme, sous l'aspect thriller aussi (ce dernier advient que très tard et reste dans le psychologique, et encore que d'un seul personnage. A mes yeux, on est plus dans la tragédie, dans l'étude des moeurs et dans la bascule d'un personnage précis que dans le thriller.

Alors oui, il y a cette notion de hasard développée dans le film et annoncé par le titre, la somme de hasards qui aboutit au drame... mais est-ce si exceptionnel ? Le hasard est de toute façon très présent dans la vie de tout un chacun, et régit très souvent nos vies.

Mais le script est bien pensé, la fin haletante, la mise en scène est réussie, l'histoire de ces deux couples nous prends, et l'interprétation est irréprochable, Yvan Attal en tête. Je le trouve fascinant cet acteur. Sans artifice, il parvient à changer du tout au tout... Sympathique au départ, haïssable et lâche à la fin... juste par une intensité de regard.

Trahison, jalousie, lâcheté, des mots qui ne font pas rêver !!!

Mais j'en attendais plus !

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

Repost0

Publié le 28 Janvier 2024

BD - Editions Steinkis - 90 pages - 20 €

Parution en juin 2023

L'histoire : La seule chose que je sais de la famille de mon père,
c'est que son grand-père, Abraham, a été tué par un Arabe. C'était en 1936, à Tibériade. 

Fraîchement diplômé, un peu paumé et déboussolé par son retour en Israël, Asaf se plonge dans une enquête intime sur un sombre souvenir familial... Le meurtre de son arrière-grand-père par un jeune Arabe qu'il avait adopté.

 

Tentation : Le billet de Gambadou

Fournisseur : la bib de St Lunaire

 

 

 

Mon humble avis :  Asaf revient en Israël après 4 ans d'étude en Bande dessinée en France. Alors qu'il cherche du travail, un oncle lui raconte une ancienne histoire de famille, sous le tapis depuis longtemps... depuis 1936 et l'assassinat d'Abraham, arrière-grand-père d'Asaf. Asaf enquête et de ses recherches et leur aboutissement (qui est évidemment loin de la légende familiale), est né cet album. C'est donc une histoire vraie, avec quelques modification de patronymes etc...

Tout ce qui est accessible et me permet de comprendre un peu plus la situation tragique et compliquée au Moyen Orient m'intéresse, voilà pourquoi j'ai décidé de lire cet album.

Le graphisme est très agréable et net, pas de confusion entre les personnages etc.

Les pages de gauche sont en noir et blanc et narrent le retour d'Asaf en Israël, les relations pas forcément faciles avec ces parents, et sa quête de la vérité à propos de son aïeul Abraham. Nous sommes alors en 2001.

Les pages de droite sont en couleurs, et raconte l'histoire d'Abraham, de sa fille Leah, de son gendre Saül (émigré du Kurdistan)... mais surtout, celle de Ben Sion (alias Sayed), jeune arabe orphelin adopté par Abraham. Là, nous sommes en 1929. Ces récits parallèles, faits de courtes scènes, s'emboitent parfaitement.

Historiquement, on remonte jusqu'en 1881 en Russie, suite à l'assassinat d'Alexandre II, dont les juifs furent accusés à tort ... Les progroms, les migrations en Amérique,  et aussi la création du Sionnisme romantique, puis politique... L'arrivée des juifs russes et européens en Palestine, l'achat  de terres non peuplées mais cultivables que par des juifs, la colonisation etc...

Bref, une bonne révision même si basique vu le format BD, qui permet de boucher quelques trous mon incompréhension de ces conflits récurrents, mais qui n'explique pas tout. En même temps, on ne peut pas expliquer Israël en 90 pages pleines de dessins !

L'histoire d'une famille, d'un pays, de deux peuples, à lire, pour mieux comprendre, pas à pas...

Un album qui rappelle qu'à une époque, juifs et musulmans vivaient en harmonie en terre palestinienne. 

Par contre, je trouve que dans ce genre de BD, en début ou en fin, une frise chronologique des principaux événements historiques qui tiennent lieux de toile de fond dans cette histoire serait la bienvenue.

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

Repost0

Publié le 26 Janvier 2024

Film de Joachim Lafosse

Avec Daniel Auteuil, Emmanuelle Devos, Jeanne Cherhal

Synopsis : Silencieuse depuis 25 ans, Astrid la femme d’un célèbre avocat voit son équilibre familial s’effondrer lorsque ses enfants se mettent en quête de justice.

Mon humble avis : Ce film est inspiré d'un fait divers réel. En Belgique, Victor Hissel, avocat des victimes de Marc Dutroux, fut accusé de pédophilie et incarcéré 10 mois pour détention d'images pédophiles et fréquentation de sites internet du même style.

On a bien sûr deux grands et bons acteurs, vu leurs noms, il ne pourrait en être autrement. Emmanuelle Devos et Daniel Auteuil.

On a également une histoire terrible, glaçante. Pendant 30 ans Astrid s'est tue sur les agissements de son mari, sous prétexte qu'il s'est soigné... Et on sait dès le début que le fils est accusé de tentative de meurtre sur son père.

A part cela, rien, ce film est très pesant à regarder, et le sujet n'en n'est pas la cause puisqu'on le connaît avant d'entrer en salle, on sait qu'on ne va pas éclater de rire etc...

J'ai détesté la mise en scène... Sombre, dans le sens littéral du terme. Pas de lumière, même en plein jour, ça en est fatiguant. Tout est tourné en pénombre. Limite, ça endort. Tout est en flash back. Mais le scénario et les dialogues sont tellement intellectualisés et minimalistes qu'ils m'ont laissés à l'extérieur, me refusant ce qui me paraissait essentiel de savoir pour m'immerger dans l'histoire. On aperçoit des personnages qui semblent importants mais on ne nous laisse pas le temps de savoir qui ils sont. On évoque un certain Pierre, il faudra plus de la moitié du film pour comprendre qui il est.

On ne sait pas pourquoi Astrid s'est tu si longtemps... Peur de son époux ? Honte ? Déni ? Peur de perdre son confort de vie ? Sur Allociné, j'ai lu les intentions du réalisateur...  Je ne les ai pas trouvées ou saisies dans le film. Même l'aspect thriller du film m'a échappée.

Le film s'ouvre sur une longue scène... on est dans une voiture, et dans le rétroviseur intérieur, on voit le regard d'une femme (Emmanuelle Devos), regard qui s'embue subtilement au fur et à mesure du trajet. C'est la scène que j'ai préférée par ce qu'elle laisse libre court à l'imagination du spectateur, avant de le plonger dans le sujet.

Un film sur le silence en cas de drame, de crime, sur l'omerta, ainsi que sur la transmission du mal. Mais l'on reste en surface, sans analyse approfondie. A mes à mes yeux, un silence ne tient pas compte de ses spectateurs. C'est un film "entre soi".  Je me suis ennuyée. Un bon sujet et d'excellents acteurs ne suffisent pas à faire un bon film.

L'avis de "Sur la route du cinéma"

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

Repost0

Publié le 24 Janvier 2024

Roman - Editions Maurice Nadeau - 151 pages - 

Parution en janvier 2013

L'histoire : Coline est bibliothécaire, mais très à part dans son équipe de travail. Marcel vient de se séparer, ses enfants le réclament. Voilà deux êtres qui n'ont plus trop d'attaches, qui dérivent... Mais c'est droit qu'ils nagent à la piscine qu'ils fréquentent tous les matins, où ils se remarquent, puis se rencontrent... Avant de partager un café quotidien, rituel. Au fil du temps, naît une amitié et un projet commun : partir en voyage à Caracal, l'île de naissance et d'enfance de Coline.

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

Mon humble avis : On le sait dès le début, Coline et Marcel ne partiront pas à Caracal... Pourquoi ? On le devinera, puis au l'apprendra avec certitude au fil de l'histoire. Mais dès premières pages qui sont en fait la fin, Coline n'a plus l'usage de la parole. Choc ou traumatisme ou caprice, le livre nous le dira. Mais je sais maintenant pourquoi ce roman est arrivé il y a longtemps maintenant dans ma PAL... Puisqu'à une époque, en 2009, j'ai aussi été privée quelques mois de la parole, avec comme diagnostic : trouble spasmodique du larynx... Causé par un gros stress cumulé...

Caracal est situé à quelques encablures de l'Afrique de l'Ouest, mais Caracal n'existe pas. C'est une île fictive imaginée par l'autrice, et sublimée par Coline lors du café quotidien partagé avec Marcel. Tout comme lui, au fur et à mesure, nous remarquerons que quelque chose cloche dans les descriptions de Coline. Il y manque les gens, les voisins, la famille, les habitants. Marcel veut la vérité, celle que Natacha Andriamirado a déjà disséminée de ci delà par des bribes de souvenirs d'enfance tout d'abord implicites, puis de plus en plus explicites.

J'ai beaucoup aimé cette rencontre entre ces deux êtres qui n'ont, à la base aucun point commun, si ce n'est la piscine qu'ils fréquentent et... une certaine forme de non vie.  Marcel, parce que celle qui menait jusque-là, pétrie d'habitudes, ne ressemble pas du tout à ce qu'il espérait vivre. Coline, qui ne vit qu'en elle-même depuis si longtemps. 

Ce projet de voyage, avec un(e) inconnu(e) devenu(e) proche, était pour l'un et l'autre une ouverture, un saut salvateur... mais plus le départ approche, plus l'amitié naissante de Coline et Marcel se distend...

Une très très belle plume, délicate, sensible et pudique pour raconter une rencontre entre deux blessés de la vie, qui ne peut que toucher et séduire, notamment par ces magnifiques passages si bien écrits, qui ne s'encombrent pas de l'inutile. Une belle lecture pour moi, même si très loin de l'actualité littéraire.  Et PAL - 1 !

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0