Lectures, BD, cinéma, voyages, photos, chats, oiseaux, nature bref mon petit monde ! .................. " C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante" (Le petit prince)
Roman - Editions Livre de Poche - 160 pages - 5.10 €
Parution d'origine chez Stock en 2008
Mon pitch : Alice Grangé a 30 ans. Quand sa mère est morte, elle en avait 5. Et juste avant de s'éteindre, son père lui fait un aveu... Sa mère a aimé un autre homme, Emmanuel, un peintre, dans les mois qui ont précédé sa mort.
Alors, pour retrouver sa mère et surtout se trouver elle même, Alice part à la recherche de cet homme...
Tentation : La blogo, il y a une éternité
Fournisseur : Ma PAL
Mon humble avis : Alice a grandi avec son père pour seule compagnie, pour seul amour, pour seul repère, pour seule colonne vertébrale. Ce père l'aimait sans se montrait aimant et c'est surtout le silence qui les unissait. Car après la mort de Blandine, ce père a fait table rase des souvenirs de son épouse : plus d'objets la rappelant, plus de photo, plus de conversation...
Dans la mémoire d'Alice vingt-cinq ans plus tard, sa mère n'est plus qu'une forme bleue. Et voici qu'elle apprend l'existence d'un homme qui l'a aimée passionnément, et qui peut-être pourrait lui dire qui était sa mère.
J'ai beaucoup aimé cette plume et ce texte très touchants, intimes, puissants, poétiques. Des phrases courtes, comme urgentes, et d'autres qui s'étirent, comme le temps. Des évidences qui paraissent comme telles si l'on prend le temps d'y réfléchir, mais que le commun des mortels serait bien incapable de mettre en mots. Une douce élégance émane de ces pages au sujet pourtant ardu, même si universel. D'ailleurs, il n'y a d'universel que la situation, car chacun la vivra avec ses propres armes, ses réactions individuelles : La perte, le deuil. La perte des êtres, la perte de souvenirs, la perte de ce que l'on n'a jamais su et que l'on risque de ne jamais savoir. Alice court après des rêves, des souvenirs, des désirs, une identité. Car comment grandit un enfant qui n'a plus sa mère, et que cette mère a disparu des conversations et de la légende familiale. Qui ne sait même pas s'il lui ressemble ? Et lorsque l'on a aimé passionnément, les souvenirs s'effacent ils où n'attendent ils qu'une occasion pour reprendre vie ? Comment faire d'un vide abyssal un creux que l'on chérit pour ce qu'il est, que l'on porte en soit comme une compagnie, comme une trace du vécu, de ce qui nous constitue. Le vide, c'est le néant. Un creux, c'est une place pour quelque chose, quelqu'un, ne serait-ce qu'en souvenirs.
C'est toutes ces questions que Laurence Tardieu pose dans ces pages, et tente d'apporter quelques réponses à travers l'histoire d'Alice. Avec tact, talent et délicatesse. Alice cherche la vérité, qui n'existe pas. Elle trouvera une vérité, celle d'Emmanuel, et celle-ci mettra enfin un terme à sa course. Et puis, il y a l'écriture pour vivre...
Beaucoup d'émotions. J'ai vraiment aimé accompagner Alice dans sa quête.
Avec Arthus, Clovis Cornillac, Alice Belaïdi, Arnaud Toupense, Marie Colin
Synopsis : Pour échapper à la police, un fils et son père en cavale sont contraints de trouver refuge dans une colonie de vacances pour jeunes adultes en situation de handicap, se faisant passer pour un pensionnaire et son éducateur spécialisé. Le début des emmerdes et d’une formidable expérience humaine qui va les changer à jamais.
Mon humble avis : Puisque tout le monde parle de ce film, je suis allée le voir. Et quel bonheur de se trouver dans une salle comble pour un film français. Ca ne m'était pas arrivée depuis... une éternité !
Je pensais que le film serait hilarant, je craignais même éventuellement quelques mauvais goûts. Et bien ni l'un ni l'autre. La salle ne rit pas aux éclats, je pense que chacun sourit plus de l'émotions que ce film dégage qu'il ne rit des bons mots et bonnes répliques qui pourtant ne manquent pas. Pas de mièvrerie, pas de poncif sur le handicap psy... A la limite, le seul personnage qui soit un peu trop cliché pour moi est celui du truand interprété par Clovis Cornillac.
Et l'émotion qui émane du P'tit truc en plus, c'est justement de voir un film normal, qui ne traite pas des handicaps mentaux (ceux-ci ne sont d'ailleurs jamais nommés), mais joué par des personnes en situation de handicap qui sont traitées et mises à l'écran comme des acteurs, des personnages de film, ce qu'ils sont d'ailleurs, et tous avec brio, chacun avec sa différence, son p'tit truc en plus, sa malice, sa lumière dans l'oeil, son sourire, ses rêves, sa douce folie, sa discrétion... Et en commun, la bonne humeur, la joie d'être là et ensemble. Ils sont tous présents à l'écran à part égale, et ne sont pas là en faire valoir. Ils sont le film.
Le film est donc un très bel hommage à toutes ces personnes qui ont tant de capacités et que l'on voit si peu dans le PAF... mais aussi, à leurs accompagnants, leurs éducateurs qui à eux tous, forment une belle famille.
Cependant, il faut avouer que le scénario n'est pas vraiment surprenant, et ressemble à ces nombreux films type colo/vacances entre amis. La différence et la force du film viennent du casting atypique et des situations qui en découlent.
Plus qu'un film drôle, je dirais qu'un p'tit truc en plus est un film joyeux, du bonheur d'être ensemble, de vivre une parenthèse ensoleillée et bienveillante.
Mon pitch : Ludo et Aurore vivent dans le même immeuble parisien, chacun d'un côté de la cours, et ne se connaissent pas. Jusqu'à un soir où une "banale" conversation de voisinage va tout changer.
Aurore traverse une sale période. La collection de prêt à porter qu'elle dirige comme elle peut va mal, et tout la stresse, sauf entrer dans le havre de paix de la cours de son immeuble. Sauf que des corbeaux y ont élu domicile... Et qu'Aurore a peur des corbeaux. Elle s'en ouvre à Ludo, qui pour une raison qui échappe d'abord à tous les deux, va trouver la solution...
Tentation : Ma PAL audio
Fournisseur : Bib de Rennes
Mon humble avis : Depuis quelques années, je me refuse à lire les derniers titre de Serge Joncour, qui pourtant me tentent beaucoup, tant que celui-ci n'était pas passé "à la casserole". C'est donc fait, me voici libre et on ne peut plus ravie de cette audio lecture.
Habituellement, j'essaie de fuir autant que possible les histoires d'amour, et pourtant, celle-ci m'a bien remuée... Peut-être parce que l'on met un certain temps à deviner la nature profonde des sentiments qui vont unir Ludo et Aurore, et s'ils seront réciproques. Le sait on vraiment à la fin d'ailleurs ? Je pense que chacun est libre de décider en fonction de sa sensibilité, ou de son envie...Puisque même Aurore et Ludo doutent... tant cette histoire est un bouleversement pour eux.
Car tout au long du roman, on peut se demander ce que l'un recherche et trouve dans l'autre... Un refuge, une résurrection, une béquille, une amitié tendre, un 5 à 7, une aide bienvenue, une échappée du quotidien ? Et si cette relation, qui paraît pourtant les réjouir, n'apportait que complication, remise en question, doute sur l'intention de l'autre ?
Ils sont pourtant tellement différents Ludo et Aurore... De classes, d'origine, de caractère. Elle une femme d'affaire, créatrice de vêtements, qui se fait flouer par son associé. Lui, qui a fui sa campagne provinciale presque malgré lui, pour devenir un parisien qu'il ne sera jamais, et agent de recouvrement.
Et puis, les mésaventures d'Aurore font que le roman plonge dans un certain suspense, et que l'on se demande vraiment ce qu'il va advenir des deux amants et des décisions qu'ils devront prendre. Deux personnages que l'on aimerait rencontrer, que l'on ne peut qu'aimer, chacun avec leurs forces et leurs failles, mais surtout le respect qu'ils ont de l'autre, le respect comme ligne de conduite. Deux êtres qui sont fait pour être aimés mais qui le sont en fait très peu dans leur vie, ou en tout cas pas assez, pas comme il le faudrait. Et quand les voici enfin aimés à leur juste valeur, jusqu'où seront-ils prêts à aller, que seront-ils prêts à faire pour l'autre ? Oh, mais nous sommes dans un roman de Serge Joncour, donc il ne faut pas s'attendre non plus à de l'extraordinaire. Juste de la vie, de la vraie vie, la vie cruelle qui amène de belles choses, si bien racontée, décortiquée, observée.
Une plume magistrale qui paraît pourtant simple, un sens de la narration parfait, un roman sensible sur la nature humaine, des personnages fouillés très attachants, une lecture délicieuse, vraiment... Vite, il me faut lire les autres romans de Serge Joncour.
En attendant, je vous conseille chaleureusement de découvrir qui va devoir se reposer sur l'autre. Vous pourriez être surpris.
Le sujet : Jean, major de promo et interne à l'hôpital, doit faire un stage en soins gynécologiques aux côtés du docteur Karma. Mais elle veut faire de la chirurgie, et non écouter des femmes parler d'elles-mêmes et de leur corps ! Elle se désespère de passer son temps auprès de ce médecin qui privilégie l'écoute à la technique. Contraception, maternité, violences conjugales, avortements... de consultations en témoignages, Jean pourrait bien pourtant changer sa vision de la médecine. Une adaptation sensible et puissante du roman culte de Martin Winckler.
Tentation : Un billet de la blogo datant de février, que je ne retrouve pas... Qui est-ce ?
Mon humble avis : Cette BD est l'adaptation du roman éponyme de Martin Winckler, roman que je n'ai pas lu... Grosse erreur que j'espère pouvoir réparer un de ces jours, tant cette BD m'a plu et bouleversée... A un point rarement atteint d'ailleurs, puisque par moment, je me suis surprise à lever les yeux, quitter le texte pour amenuiser l'afflux d'émotions et respirer, ou plutôt expirer un grand coup.
Cette histoire est une formidable ode aux femmes, à toutes les femmes, dans toutes leurs différences, leurs préoccupations, leurs vécus, les peurs, leurs épreuves, leurs aspirations... Face à elles, un médecin pas comme les autres, mais de qui tous les autres devraient s'inspirer, si l'époque et le temps le leur permettait... Mais nous sommes maintenant le plus souvent dans une médecine d'économies, d'efficacité, de rentabilité, et de manque de personnel... Ce médecin prône l'écoute avec la médication. Donc il prend du temps, beaucoup de temps à écouter et suivre ses patientes, mais cela paie. Ce médecin lutte aussi pour une bien meilleure considération de la femme dans son suivi médical, et notamment gynécologique.... Tant de possibilités existent pour limiter les situations/positions humiliantes, pour éviter les césariennes etc...
Et puis il y Jean, cette jeune interne qui débarque de force pour six mois dans ce service pour valider son internat. Elle se rebiffe contre les méthodes de son référent, elle qui ne jure que par la chirurgie et qui a un sacré caractère... entier on va dire.
On va suivre l'évolution de Jean, aussi bien dans sa vie personnelle qu'au sein du service, et cette évolution est bouleversante. Cette jeune femme que l'on trouve trop sûre d'elle au début et bien effrontée, on finit par l'adorer et l'admirer. Au fil des pages, les consultations médicales s'enchaînent, présentant à chaque fois une nouvelle patiente, et une page est réservée à chacune d'entre elles pour qu'elle se présente... Et suite à chaque consultation, un débriefing entre le médecin et son interne. Les débriefings sont tendus au début, puis la relation entre deux évolue jusqu'à nous révéler un lien qui nous submerge d'émotion.
J'ai appris beaucoup de chose sur moi qui suis une femme, des choses qu'aucun médecin ne m'a jamais expliquée. Et j'ai aussi découvert que ce qui fait mon identité sexuelle ne se limite pas à mon anatomie sexuelle ni à ma silhouette. Il faut prendre en compte les organes reproducteurs, le fonctionnement hormonal, et le modèle chromosomique. Si un ou plusieurs de ses points ne correspondent pas aux définitions classiques des genres, il y a alors intersexualité. Les experts estiment qu'1,7% de la population naissent avec des caractéristiques intersexe. Parmi ces personnes, certaines personnes subissent des mutilations médicales et un acharnement atroce pour les faire rentrer dans "les cases"... Un vaste sujet, qui va aussi souvent de paire avec l'orientation sexuelle, dont je méconnaissais tout ou presque.
Car on le comprend assez vite, Jean est intersexes.
"Encore" une fois, un ouvrage qui devraient être lu par tous et toutes, et qui amènerait certainement une meilleure considération des femmes, et une bien plus grande tolérance et inclusion des personnes LGBT etc...
Mon pitch : Divers passagers montent à bord du train de nuit reliant Paris à Briançon... Certains rentrent chez eux, d'autres partent en vacances. Des liens se créent pendant le trajet, des langues se délient, des complicités émergent, des confidences se murmurent. Et pourtant, certains n'arriveront jamais à destination.
Tentation : Philippe Besson
Fournisseur : La bib de St Lunaire
Mon humble avis : Ce n'est plus un secret pour personne, j'aime la plume de Philippe Besson, même si je ne suis pas toujours fan des sujets qu'il aborde le plus souvent dans ces romans. Ici, il en est aussi question, mais assez peu, comme en plan secondaire.
J'ai aimé l'originalité de la mise en scène de cette histoire... Un huis clos pour quelques heures, dans un train. Etant donné que la quatrième de couv révèle que tous les passagers n'arriveront pas vivants à destination, je me suis imaginé être dans un roman d'Agatha Christie. Je scrutais les personnages pour tenter de deviner de qui viendrait le drame. Jamais au grand jamais je n'ai pensé que le coupable pourrait être un téléphone portable. C'est donc un certain suspens qui nous mène... à un fait divers.
J'ai aimé ce mélange de diverses personnalités, de tous âges, de toutes origines sociales, et de motivations différentes. Et l'évolution comportementale de chacun face à ces inconnus dans une promiscuité choisie pour quelques heures. Des gens qui se croisent, se frôlent, dorment superposés sous le même toit, pour ensuite se redisperser dans la vie et la nature, sans jamais se revoir... C'est sûr, dans ces conditions éphémères, on ose beaucoup plus. L'étranger, l'autre qu'on ne reverra plus, on peut tout lui dire, ou presque. Jeunes et anciens se défient même dans une partie de belote ! Un voyage paisible en somme au rythme pas si rapide de ce train de nuit.
Puis le drame advient... Il y a les réactions individuelles qui deviennent très vite collectives, voire même, hélas, sociétales... Et les conséquences de ce hasard fatal qui peut frapper, immédiates ou tardives dans la vie de chacun.
J'ignore si cette lecture me restera longtemps en mémoire, mais elle me fut agréable. Le suspense est servi par la plume sensible d'un auteur qui sait observer et décrire les affres de ses contemporains, qui sait sonder leurs âmes, même si ce n'est que pour quelques heures de voyage. Un roman profondément humain, et tout aussi inhumain dans le drame et le sensationnalisme qui en découle sur les réseaux sociaux... Car à notre époque, un drame détruit des vies, mais excite celles des autres qui s'ennuient et voient là un moyen d'exister aux yeux des autres.
Parution J'ai Lu 2022 (Editions Emmanuelle Collas 2020)
Mon pitch : Nord du Cameroun, dans la communauté Peul musulmane, le destin tragique de trois femmes issues d'un milieu citadin et aisé. Trois femmes qui subissent les traditions tant peuls qu'islamiques et se retrouvent pour deux d'entre elles, mariées de force. La troisième voit arriver l'une d'elles dans son foyer, en qualité de deuxième épouse de son mari. Chacune rêve de s'affranchir de sa condition. Y parviendront-elles ? Et par quel moyen ?
Tentation : La blogo
Fournisseur : Ma CB
Mon humble avis : Prix Goncourt des Lycéens 2020 écrit par une romancière camerounaise, militante pour le droit des femmes, pour qui les mots et les livres sont des armes de défense et de dénonciation. Un roman inspiré d'histoires vraies, dont sans doute celle de Djaïli Amadou Amal, qui a vécu également un mariage forcé et un autre avec violences conjugales. Autant dire que ce roman est important, incontournable dans ce qu'il dénonce pendant que le monde poursuit sa rotation.
J'ai lu ce livre en apnée, car oui, il nous accroche, nous atterre, nous effare devant ce que subissent ces femmes... Soumission totale, humiliations, maltraitances physiques, viols, coups... D'objet de leurs pères, elles deviennent celui de leurs maris qui ont tout droit sur elles, de les battre comme de les répudier, comme de les "collectionner" puisqu'ils sont polygames, mais évidemment, en sens unique.
Ramla passe son bac, aime un garçon qui a obtenu sa main, et prévoit entreprendre des études de pharmacies. Mais pour le business de la famille, son père la donne plutôt à un homme de 50 ans, déjà marié à Safira. Safira a 35 ans, 20 ans de vie commune avec son mari et voit d'un très mauvaise oeil l'arrivée de cette coépouse. Au-delà de la trahison, elle craint de perdre sa place... Enfin, nous avons Hindou, demie soeur de Ramla, qui se voit contrainte d'épouser son cousin, qui noie son oisiveté dans l'alcool, les drogues et ses explosions de violence. C'est le sort d'Hindou qui révolte "le plus", il est insoutenable.
La littérature me dévoile ce que même aucun voyage touristique, aussi aventureux soit-il, ne me dira... Car un guide va expliquer la vie quotidienne et pratique de ces concitoyens... Mais pour ce qui touche aux moeurs, cela reste toujours plus ou moins tabou, et toujours vu sous le prisme du guide lui-même.
Ici, Djaïli Amadou Amal nous fait passer par dessus les murs de ces grandes concessions familiales où, pour cause de polygamie, se côtoient plusieurs épouses et multiples enfants, le tout avec une hiérarchie très précise, où même les oncles ont tous pouvoirs sur leurs nièces... Les enfants le sont de tous... Et dans ces enfants, certains sont frères/soeurs et en même temps cousins/cousines. Les coépouses se détestent entre elles et tout est stratégie pour rester ou devenir la favorite... Et ne pas irriter le patriarche... Donc silence, on subit, on patiente. Aucune protection ni consolation parentale, le seul mot qui est dit c'est "Munyal"... patience.
Patience... je ne sais pas si je considérerai encore ce terme de la même façon après cette lecture. A toute jeune fille qui va se marier (contre son gré), on lui impose la patience comme mantra, comme maître mot et route directrice. Mais ce que signifie patience là-bas, c'est la soumission, c'est supporter l'insupportable, c'est attendre ce qui n'adviendra jamais. Subir, subir encore et toujours. Alors qu'en France, la patience, c'est faire la queue dans un magasin, attendre un train en retard etc... Cela ne veut pas dire se taire, n'avoir aucun droit.
Forcément, en lisant ces pages, on ne peut être que choqué par cette hypocrisie qui règne dans ces concessions où il n'est question que d'honneur, de dignité, de rang, de réputation mais jamais d'amour. Et tout cela, au nom de traditions ancestrales et surtout, au nom d'Allah...
Ce livre, qui dénonce le sort des jeunes filles et des femmes de certaines contrées (ici le nord Cameroun) est donc indispensable et à lire. Et pourtant, je l'ai trouvé très imparfait. Au niveau littéraire, je l'ai trouvé assez pauvre, inégal, juste "propre", fait de phrases simples voire banales, parfois répétitives et de vocabulaire guère bien riche. A ce titre, sa nomination sur la première liste du Goncourt cette année là me surprend, même si son sujet le mérite bien.
On quitte Hindou à la moitié du roman, on ne revient pas vers elle alors qu'elle nous a tant bouleversée... Aussi, le lien entre les trois femmes, mise à part cette horrible destinée qu'elles n'ont pas choisie, est en fait un peu ténu. Enfin, je trouve qu'il manque une préface ou une postface, pour bien expliquer le contexte géographique, législatif et culturel précis, et éviter ainsi des amalgames possibles. Car bien sûr que l'on est plus que dans un roman... Ce sont des témoignages sous la couverture d'un roman.
Il n'empêche, ce livre, j'ai "aimé" le lire, ces héroïnes resteront longtemps en moi. Et moi ? Et bien une fois de plus je me dis que j'ai la chance d'être née en France, dans un pays où en majorité, malgré des inégalités récalcitrantes, la femme est libre et correctement traitée. Et si ça ne l'est pas, c'est la conséquence de comportements individuels qui, en grande partie, n'ont rien à voir avec une quelconque tradition ou une pratique religieuse. Certains voit un "drame" dans le fait que je ne me sois pas mariée, que je n'ai pas eu d'enfants... Cela n'a pas toujours été un choix, mais maintenant, ce constat me va bien. Et je vois surtout que je n'ai pas été obligée de me marier...
Une lecture éprouvante et bouleversante, mais indispensable. Et je suis loin d'avoir tout évoqué dans ce billet.
Mon pitch : Faut il encore présenter Thomas Pesquet ? Vous voulez savoir comment on devient le plus jeune français à partir vers la station spatiale internationale ? Et bien lisez ce livre.
Thomas Pesquet raconte "sa vie", depuis son enfance en Normandie, jusqu'au retour de sa 2ème mission. Sa vie sur terre, dans la station, et entre les deux !
Tentation : Thomas, my love ! (LOL)
Fournisseur : Muriel, merci pour le prêt
Mon humble avis : Thomas Pesquet, l'une des personnalités préférées des Français, le gendre idéal pour certains, le mari rêvé pour d'autres (en plus pas souvent là !), l'amant sublime aussi pourquoi pas... mais pour tout le monde ou presque, le fantasme... Mais surtout, un être de chair, de sang et de neurones exceptionnel !
J'ai mis du temps à lire ce livre (j'en ai d'ailleurs lu d'autres en parallèle) : il est copieux, grand, gros, des pages bien pleines... bref, un pavé pour moi, et qui plus est pas un roman.
Il n'empêche, Ma vie sans gravité est très intéressant, captivant, fascinant... On est abreuvé d'images réelles ou purement cinématographiques, et pourtant, en lisant Thomas, j'ai eu bien souvent l'impression d'être dans un ouvrage de Science-Fiction. Déjà par le vocabulaire (vaisseau etc) et par les exploits humains, scientifiques, techniques (etc) que représentent ces missions aérospatiales. Les mots donnent une réalité plus percutante que les images je trouve. En tous cas, pour ce sujet.
Il y a beaucoup d'acronymes et d'astérisques et de notes en bas de pages... Libre à chacun de les lire ou pas. Au début, je m'y suis accrochée, puis j'ai décidé que mon importance ne se tenait pas là.
Ce livre est évidemment conçu pour un large public, pour que chacun y trouve son compte, son intérêt, sa fascination. De mon côté, les passages assez ardus liés à l'ingénierie ont chahuté mes neurones et mon attention, avant que je me décide aussi à les considérer comme "secondaires". Par contre, tout ce qui touche à l'humain et à l'humanité, aux personnalités de ces astronautes, à leurs conditions de vie dans l'ISS, à leurs choix de vie qui comporte pas mal d'abnégation et de sacrifices pour réaliser et expérimenter l'exceptionnel, tout cela m'a vraiment captivée. J'ai vivement apprécié, entre autres, que Thomas explique les expériences scientifiques menées dans l'espace, et en quoi celles-ci pourraient changer notre vie, où celles de quelques un dans l'avenir, en fonction de l'évolution climatique, médicale, sociétale, humaine, énergétique etc.
Après cette lecture, Thomas et la vie spatiale n'ont plus de secret pour nous, sauf ce qui reste de sa vie toute privée et intime. Il se livre tout de même pas mal sur ce sujet, mais en toute pudeur évidemment. Mais comme on peut s'en douter, un tel métier a de fortes répercussions sur l'entourage, et la vie de couple. On sait aussi tout sur les conditions d'hygiène dans les vols jusqu'à la station et durant les longs mois passé en impesanteur. Car oui, tout le monde se demande comment se passe pour ce qui touche au confort corporel, aux besoins primaires (genre ce que l'on fait tranquillement sur nos toilettes terrestres) etc...
C'est admirative que je suis sortie de cette lecture. Admiration pour tous ces gens qui travaillent pour que ces expéditions soit possibles, admiration pour ces collaborations internationales qui fonctionnent, et surtout, admiration pour Thomas Pesquet : son intelligence hors norme, sa mémoire hors norme, sa soif d'apprendre hors norme, son hyper activité hors norme, sa robustesse et sa résistance hors norme, son sang-froid hors norme, sa finesse d'esprit hors norme, son parcours hors norme, son courage hors norme, sa ténacité hors norme. Bref, un homme hors norme et pourtant profondément humain, qui sait rester simple, enthousiaste, qui amène l'espace dans notre chambre. Et un homme très "tatasse", ça ne n'est pas moi qui le dit !
Evidemment que c'est un livre à découvrir, à offrir etc !
Dimanche dernier, à Dinard, eut lieu un événement... un petit pas pour l'humanité, un grand pas pour moi ! Ma première expo de quelques-unes de mes photos !
C'était à l'occasion du Salon de la Poésie de Dinard, qui se déroulait dans le manoir du parc de Port Breton.
Nous étions deux photographes à exposer dans le hall d'entrée (Jacques Legreneur et moi), tandis que dans la grande salle principale, une trentaine de poètes de toute la région exposaient et vendaient leurs ouvrages.
Alors, ce billet pour me souvenir, et pour partager avec celles et ceux qui n'ont pas pu venir...
Je remercie Xavier Pierre, poète et initiateur de ce salon, qui m'a invitée à exposer. Je ne me sentais pas prête, pas légitime, mais il a insisté. Je remercie Catherine Demay qui m'a guidée de son expérience dans cette première épreuve du feu pour moi, en m'indiquant les formats de photos, le nombre de pixels pour l'agrandissement, où trouver les cadres etc... Ca m'a évité la panique totale !
Je remercie mes proches, ami(e)s et connaissances qui sont venus me voir.
Et je remercie mes premiers acheteurs !!!
J'ai vendu 4 grands formats (30X40 cm) sous cadres, 1 autre sans cadre, et 11 photos en format carte postale). Et j'ai 4 commandes à (ré)imprimer. Ces ventes m'ont presque permis de rentrer dans mes frais, donc c'est cool, le but n'étant pas de m'enrichir, mais de participer, de partager, et de me faire plaisir. Et le reste sera peut-être vendu un jour dans d'autres expos !
Et sacré bonus à mes yeux, comme j'exposais 2 photos de Gravelots à collier interrompu, espèce figurant sur la liste rouge des espèces en voie de disparition de nos côtes à cause du dérangement humain, j'ai pu faire de la sensibilisation, de l'information et de la prévention sur le comportement à tenir sur les plages où nichent et se reproduisent ces adorables limicoles. Ou comment joindre l'utile à l'agréable !
Dire qu'il y a un an, je n'arrivais à pas grand-chose avec mon nouvel appareil photo et songeais à le revendre. Bon, néanmoins, j'ai encore beaucoup de progrès et de travail à faire !
Dire qu'il y a un an, je tenais à peine debout suite à ma névrite vestibulaire, et que mes photos, c'est en m'accrochant au bras de ma mère, pour ne pas tomber, que je les prenais... Comme quoi, il s'en passe des choses en 1 an !
Donc RDV en 2030 pour l'Expo Universelle en Arabie Saoudite😆😁
Sur ce, bon dimanche :)
Gravelot à collier interrompu mâle
Gravelot à collier interrompu femelle
Bergeronnette flavéole
Pinson des arbres mâle
Bécasseau sanderling
Cormorans huppés
Grandes marées Dinard
Grandes marées Dinard
Grande marée Dinard en ICM (Intentional Camera Mouvement)
Le sujet : Justine est une humanitaire passionnée. Depuis sa première mission en Afghanistan en 2005, être sur le terrain, c'est un peu son obsession. Mère de quatre enfants, elle bat en brèche l'idée - qu'on lui a souvent opposée - selon laquelle les mères ne pourraient pas faire carrière dans l'humanitaire… Pour autant, elle ne nie pas les acrobaties qu'elle doit faire pour concilier missions à l'étranger et vie de famille.
Mon humble avis : Sacrée bonne femme que cette Justine, dont le témoignage a donné naissance à cette BD pleine de peps ! Les scénettes, plus ou moins longues (ou courtes) se succèdent avec de l'humour, de l'autodérision, sans toutefois négliger la gravité des événements vécus. Elles décrivent toutes une situation précise ou une anecdote, et ensembles, elles donnent un bon aperçu de la vie peu ordinaire que mènent Justine et sa famille. Chaque scénette est très parlante, comme le sont d'ailleurs dessins et graphisme. Je n'ai pas été fan des dessins des visages (ce sera mon seul petit bémol sur cette ouvrage), mais ils ont l'avantage d'être bien expressifs, et d'éviter ainsi des bulles trop bavardes. A noter dans les + +, la police de caractère est hyper claire et de bonne taille !
Justine a quatre enfants, de deux pères différents. Tout ce petit monde vit dans la même rue et s'entend à merveille. Justine est une professionnelle de l'humanitaire. Oui, femme, mère de famille et humanitaire, quoiqu'en ait pensé son directeur de master, quoiqu'en pensent ses parents, ses amis, les profs de ses enfants etc.... qui lui assènent à chaque retour de mission : "maintenant que tu es maman, tu vas rester au bureau"... Question, qui bien évidemment, n'est jamais posée à ses confrères masculins.
Nous accompagnons Justine de par le monde, au gré de ses missions en Afghanistan, en Irak, en Haïti, en République Centre Africaine... Justine fait construire des hôpitaux, creuser des puits, fournit des médicaments, négocie avec des chefs de guerre etc... Sa passion, c'est le terrain. Et le terrain, c'est aussi sa famille, aller chercher son fils à l'école sitôt descendue de l'avion, se rendre à une convocation d'un prof, lire une histoire au dernier né le soir. Et au milieu de tout cela, il y a l'organisation, la logistique, les courses... Les absences, les manquements, les doutes, les reproches, les risques, les dangers, le bonheur d'être utile, de se réaliser en faisant que le monde soit meilleur, ou moins dur à l'autre bout.
La vie d'humanitaire de Justine est très souvent mise en parallèle avec sa vie de Maman... Et aucune n'est de tout repos... En Afghanistan, elle négocie avec un chef de guerre... Dans sa cuisine, elle négocie avec son fils pour qu'il termine son assiette. En Irak, une fois sa journée de travail terminé, son temps est tout à elle... Dans son foyer, la charge mentale est H24, etc, etc, je ne vais pas tout vous raconter.
Une BD à lire absolument, un formidable hommage à ces femmes et hommes qui se plient en 4, qui se coupent en deux pour mener une vie de famille aimante et ne pas oublier d'aller réhumaniser les régions du monde brisées par les horreurs de la guerre ou des aléas climatiques.
J'ai toujours entendu dire que derrière tout homme qui réussit grandement, il y a une femme dans l'ombre. Et bien ici, on peut inverser la phrase... Car si Justine réussit aussi bien son pari de mener à bien autant sa vie d'humanitaire que sa vie de famille, c'est parce qu'elle a deux bons hommes pour la soutenir, l'accompagner, l'aimer. Cette ouvrage est donc aussi une belle preuve d'amour pour ses enfants, leurs pères, son travail, sa vie, ses collègues. Et un sacré pied de nez au sexisme qui la voudrait bien tranquille dans sa cuisine...
Roman - Editions Ecoutez lire - 4h37 d'écoute - 16€99
Parution Actes sud 1994 et Ecoutez lire 2021
L'histoire : Un, deux, trois petits tours et puis s'en va.
Lin est heureuse, à priori... Deux petites filles, un mari aimant et complice, et son métier, la danse, la passionne.
Son métier la passionne tellement que sa vie est une prison qui l'empêche de s'y épanouir franchement. Alors, un jour, elle choisit. Elle quitte sa famille pour aller vivre sa passion et son métier, profondément, de par le monde.
Tentation : Pourquoi pas ?
Fournisseur : La bib de Betton, merci Cécile.
Mon humble avis : Quand je dis "tentation : pourquoi pas ? " Ce sont souvent des titres dont je n'ai aucune idée mais qui conviennent à mon besoin : des livres audios assez courts pour écouter en voiture et ne pas mettre trois mois pour les terminer !
La virevolte s'ouvre magistralement sur une scène superbe et émouvante... une mère découvre son nouveau-né. Et là, dès les premières lignes, on sait que la magnifique écriture de Nancy Huston va nous plaire, tant elle est subtile, juste, délicate. L'histoire l'est tout autant, bien menée et les comportements de personnages sont creusés, analysés finement, dans cette tempête que va créer Lin en abandonnant son foyer.
On suit les premières années de couple de Lin et Derek, leur entourage familial et amical, la naissance d'Angela, puis de Marina, et les chamboulements que chacune des naissances amène dans cet univers. Mais l'on sent la passion de Lin gronder. La danse est toujours là, même si reléguée au second plan, derrière les obligations familiales... Puis un jour, Lin lâche tout, s'enfuit, laissant ses filles derrière elle, et dans l'incompréhension. Ce sera d'abord Mexico, puis le reste du monde. Ses filles, elle ne les verra qu'épisodiquement au fil des décennies suivantes, elles deviendront des étrangères...
Et nous, lecteurs, assistons au cataclysme dans lequel Marina et Angela tente de se construire, de grandir, de s'affirmer.
Un roman sur le coût d'une passion, sur les conséquences de cette passion sur l'entourage, sur une femme qui choisit son destin, vivre pour et de sa passion. Je lis de part et d'autre que le choix de Lin est courageux. Je ne suis pas d'accord du tout. Pour moi, c'est de la lâcheté, de l'irresponsabilité. Quand on choisit de donner la vie, on réfléchit avant, et ensuite, on en assume les conséquences. De ce fait, je n'ai ressenti aucune empathie pour Lin, mais beaucoup pour ses filles, surtout pour Marina, dont le mal être est prégnant, et le dérivatif bouleversant.
Nancy Huston raconte sans juger, qui témoigne... Mais en tant que lectrice, et avec ma moralité, pas facile de rester neutre. C'est aussi à cela qu'appelle la littérature. Donc je conseille tout même ce livre très bien écrit, dont on déteste l'héroïne. Et pourtant, on ne l'oublie pas...