Publié le 9 Novembre 2019

Ce jeudi, je suis allée au cinéma Gaumont voir.... le film.... des derniers concerts de Mylène Farmer.

Et oui, cela peut étonner d'aller voir un concert au cinéma.... Certes, nous n'avons pas l'ambiance des milliers de spectateurs. Mais... Nul besoin d'aller à Paris, d'arriver des heures à l'avance pour avoir une place correcte et de payer un prix... inabordable (pour ma bourse, et par choix aussi, on ne peut pas tout faire dans la vie !)

Confortablement installée dans mon fauteuil rouge, inutile de me dresser sur la pointe des pieds les trois quarts du temps parce qu'il y a des plus grands devant moi. Mylène est là, au premier plan ou en plan large, à deux pas de moi, sur grand écran. Je vois TOUT, j'entends TOUT... Pour la modique somme de 15 € 

" Ses 9 concerts en résidence à Paris La Défense Arena, la plus grande salle d'Europe, ont rassemblé 235 000 spectateurs. Un show monumental et inégalé à vivre en immersion au cinéma sur écran géant. "

Effectivement, avec Mylène, on parle plus de show ou de spectacle que de concert... Tant tout dépasse l'entendement et les rêves. Les superlatifs manquent pour évoquer toute cette grandiose et magnifique scénographie, les effets spéciaux, les décors, les costumes (made by Jean-Paul Gauthier), les chorégraphies et les super danseurs, les trucs qui montent, qui descendent, qui disparaissent... La scène en feu.

La dernière et la seule fois où je suis allée réellement voir Mylène Farmer en concert, c'était à Lille il y a 25 ans. Depuis, j'ai pris cher... Mais pas Mylène ! Toujours cette silhouette gracieuse et fine, qui cumulée avec certains costumes, est reconnaissable entre mille. (Là, je ne lutte pas !) Et toujours ce visage d'ange de porcelaine... Sans une ride (là, je n'ai pas les moyens pour lutter). Mylène a toujours la forme, malgré ses presque 60 ans.

Je ne connaissais pas ces dernières chansons et ai eu plaisir à les découvrir dans ces conditions. Mais rien à voir avec le bonheur et l'émotion de réentendre (et revoir) les tubes qui ont bercé ma fin d'adolescence et le début de mon âge adulte. Ces titres, comme leur auteure, n'ont pas pris une ride (hélas, on aurait pu espérer qu'en presque 30 ans, le monde change et que les préoccupations soient plus sereines. Il n'en n'est rien). Et oui, des titres comme Désenchantée sont on ne peut plus d'actualité.

En tout cas superbe soirée, aucun regret ! Que du bonheur tant pour les yeux que les oreilles... et les souvenirs !

Certains cinémas Gaumont proposent encore des séances les 9 - 10 - 11 - 12 novembre (en tous cas, pour celui de Rennes). Renseignez-vous auprès du Gaumont de votre ville et s'il reste des places, sautez dessus !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #musique - chanson

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Publié le 7 Novembre 2019

Roman, livre audio, La révolte, Aliénor d'Aquitaine, Histoire

Roman - Editions Audiolib- 5h43 d'écoute - 19.90 €

Parution d'origine chez Stock en août 2018

 

L'histoire : Celle d'Aliénor d'Aquitaine, de ses 30 à 82 ans, qui fut reine de France puis d'Angleterre narrée par son fils, Richard Coeur de Lion, par sa voix et ses échanges épistolaires avec elle.

 

Tentation : La culture ne nuit jamais

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Avec ce roman, je suis très loin de mes terres et de mes époques de prédilection en lecture. Me voici dans un roman historique et en plein Moyen-Age ! Mais c'est ce genre de petit miracle que permet la littérature.

Et oui, quand un roman peut vous apprendre (ou réapprendre) l'Histoire, autant sauter sur l'occasion de joindre l'utile à l'agréable. D'autant que le style soigné de Clara Dupont-Monod, adapté au sujet et à l'époque reste fluide, doux ou cruel en fonction des événements, mais toujours facile à suivre.

D'Aliénor d'Aquitaine, je ne savais que le nom et une situation géographique évidemment, je connais mon pays. J'ignorais qu'elle avait été reine de France en épousant Louis VII qu'elle quitta, pour se marier à Henri II, roi d'Angleterre, surnommé le Plantagenet. De lui, elle aura 10 enfants qu'elle enterrera tous sauf le dernier, Jean Sans Terre. Une grande partie de cette fratrie se haïra, se fera la guerre. Mais à une époque, elle s'unira contre son père le Plantagenet, et ce sera La Révolte.

Ici, c'est Richard Coeur de Lion qui raconte la vie mouvementée de sa mère Aliénor, femme implacable autant que remarquable. C'est tantôt la voix de Richard qui parle, puis elle laisse à place à celle d'Aliénor ou du Plantagenet, via certains échanges épistolaires.

Ce roman est très dense. Dans la première partie, ce sont surtout des "affaires familiales et territoriales" dont il est question. En effet, à l'époque dans la vie d'Aliénor et de son entourage, il est très souvent question de stratèges géopolitiques et guerriers divers, notamment pour protéger et préserver l'indépendance de l'Aquitaine (entre autre). La deuxième partie fut plus complexe et perdit mon attention par moment. Nous sommes avec Richard dans les croisades, alors qu'il rencontre Saladin qui évoque déjà le jihad. Etonnamment, l'on apprend que ce terme existait déjà à l'époque, alors que celui des croisades n'était pas usité. Là, notre Richard au coeur de lion m'a un peu lassée avec ses tactiques purement militaires sur le terrain, avec quelques détails pas toujours délicats (les têtes coupées ou autres réjouissances de la barbarie et de la guerre).

Dans ce roman, Clara Dupont-Monod admet avoir pris quelques libertés avec l'Histoire, du genre, en plaçant un donjon là où il n'y en avait pas. Mais les faits et gestes des protagonistes et le déroulement de l'histoire est bien réel.

Une lecture enrichissante, qui m'a permis de (re) découvrir le décor et les us du Moyen-Age, et de resituer quelques personnages historiques dans leur généalogie et leur époque... En espérant que cette culture acquise ne me quitte pas trop vite ! Ah mémoire, quand tu nous fais défaut !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 5 Novembre 2019

Film d'Yvan Attal

Avec Yvan Attal, Charlotte Gainsbourg, Eric Ruf, Ben Attal

 

Synopsis :  Henri est en pleine crise de la cinquantaine. Les responsables de ses échecs, de son manque de libido et de son mal de dos ? Sa femme et ses quatre enfants, évidemment ! A l’heure où il fait le bilan critique de sa vie, de toutes les femmes qu’il n’aura plus, des voitures qu’il ne conduira pas, un énorme chien mal élevé et obsédé, décide de s’installer dans la maison, pour son plus grand bonheur mais au grand dam du reste de la famille et surtout de Cécile, sa femme dont l’amour indéfectible commence à se fissurer.

 

 

Mon humble avis : Autant le dire de suite, mes "coséanceurs" étaient bien plus mitigés que moi quant à ce film... que j'ai adoré ! Oui, vraiment, je me suis éclatée tout au long de l'histoire.

Yvan Attal réussit brillamment le mélange de deux genres : la comédie hilarante et le drame. En tant que spectatrice, j'ai beaucoup ri de bon coeur jusqu'à ce que certains passages m'émeuvent et méritent silence et réflexion intérieure. On peut dire que cette famille est gratinée et aucun de ses membres n'échappent n'échappe à ce qualificatif, quelles que soient les différences de chacun.

Mon chien stupide est l'adaptation (modernisée et épurée de certains passages) du roman éponyme de John Fante, paru en 1985... que je n'ai pas lu encore mais, suite à ce film, ça pourrait s'envisager ! C'est donc un film sur un livre qui est lui-même sur un autre livre ! 3 couches donc !

Cette histoire est très politiquement incorrecte ! En effet, Henri, en pleine crise de la cinquantaine, met la somme de ses échecs (dont surtout son manque d'inspiration d'auteur) sur le dos de ces enfants, et ce pas toujours avec bonne foi. Il ne rêve que du départ de ses enfants, il veut sans débarrasser. Et l'arrivée de Stupide le chien dans la famille va servir de détonateur à une situation déjà explosive. Ajoutez à cela le temps qui passe, la fatigue, la lassitude, les regards dans le rétroviseur, les rêves jamais réalisés, l'usure du couple, le machisme, les différents caractères forts qui composent une famille censée être un nid douillet, vous avez là les principaux ingrédients de ce film bien piquant et épicé, et bien sûr, sans temps mort ni baisse de régime !

De ce fait, nous avons des situations et des dialogues DELICIEUX, drôlissimes, cyniques à souhait. Ce film est loin d'être lisse, il est drôle, féroce et très touchant et, à mes yeux, parfaitement interprété. A voir évidemment !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 3 Novembre 2019

C'est par cette journée que je commence le "reportage" sur mon récent superbe voyage en Afrique du Sud (en septembre rendu possible par un an d'économie de cigarettes !). Celui-ci se fera dans le désordre chronologique, afin d'alterner billets citadins et billets pleine nature... animalière !

Pilgrim's rest est une petite localité de la province de Mpumalanga. Comme son nom l'indique, elle servait de lieu de repos pour les pèlerins dès la fin du 19ème siècle. Pèlerin d'une certaine religion : l'or ! L'or fut découvert dans la région en 1873 et ses mines exploitées jusqu'en 1971.

En 1986, la petite commune fut déclaré monument national, pour son architecture presque toujours identiques par rapport aux temps anciens et qui restitue donc parfaitement l'atmosphère de l'époque. D'ailleurs, j'ai trouvé qu'il y régnait une certaine ambiance, genre Far West (une autre ruée vers l'or).

Cette bourgade est donc maintenant un lieu touristique charmant. On y trouve petits musées, boutiques, petits hôtels, bars et restaurants, toujours dans un décors d'un autre temps. Et bien sûr, sur le bas côté de la route et sous des bâches, des vendeurs de souvenirs plus ou moins sud-africains. Et oui, je me suis faite avoir en achetant un masque zoulou (la vendeuse me la confirmer de moult arguments). Quelques minutes plus tard, lorsque je retrouve mon guide, celui-ci me dit que les zoulous ne font pas de masques mais que leur artisanat est fait de perles. Certes, ils se sont mis récemment aux masques pour répondre à la demande des touristes, mais pas du tout dans le genre de celui que j'ai acheté, qui serait du style Kenyan !

Nous avons assisté à une petite représentation folklorique de la culturelle danse de la botte en caoutchouc (Gumboot Danse). 

Cette danse prend son origine au début du xxe siècle, durant l'Apartheid, auprès des mineurs noirs sud africains. Leurs conditions de travail dans les mines étaient pénibles et dangereuses (enchaînement, humidité, obscurité, interdiction de parler, etc.); dans ce contexte difficile elle fut tout d'abord un mode de communication non - verbal, composé essentiellement de claquements entre les différents éléments situés à portée (bottes, chaînes, surface de l'eau, sol). Elle permettait également de prévenir d'un danger.

Elle prit par la suite un aspect revendicatif de la culture populaire et se répandit dans d’autres pays du continent africain. Considérée de nos jours à la fois comme danse traditionnelle et instrument de musique idiophone, sa dimension culturelle est désormais connue à travers le monde.

 

 

 

UN DIMANCHE EN AFRIQUE DU SUD : PILGRIM'S REST
UN DIMANCHE EN AFRIQUE DU SUD : PILGRIM'S REST
Pour le fun photographique !

Pour le fun photographique !

UN DIMANCHE EN AFRIQUE DU SUD : PILGRIM'S REST
UN DIMANCHE EN AFRIQUE DU SUD : PILGRIM'S REST
UN DIMANCHE EN AFRIQUE DU SUD : PILGRIM'S REST
UN DIMANCHE EN AFRIQUE DU SUD : PILGRIM'S REST
UN DIMANCHE EN AFRIQUE DU SUD : PILGRIM'S REST
UN DIMANCHE EN AFRIQUE DU SUD : PILGRIM'S REST
UN DIMANCHE EN AFRIQUE DU SUD : PILGRIM'S REST
UN DIMANCHE EN AFRIQUE DU SUD : PILGRIM'S REST

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyages en Afrique

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Publié le 1 Novembre 2019

Film de Tim Willer

Avec Linda Hamilton, Arnold Schwarzenegger, Mackensie Davis, Gabriel Luna, Natalia Reyes

 

Synopsis : Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

De nos jours à Mexico. Dani Ramos, 21 ans, travaille sur une chaîne de montage dans une usine automobile. Celle-ci voit sa vie bouleversée quand elle se retrouve soudainement confrontée à 2 inconnus : d’un côté Gabriel, une machine Terminator des plus évoluées, indestructible et protéiforme, un « Rev-9 », venue du futur pour la tuer ; de l’autre Grace, un super-soldat génétiquement augmenté, envoyée pour la protéger. Embarquées dans une haletante course-poursuite à travers la ville, Dani et Grace ne doivent leur salut qu’à l’intervention de la redoutable Sarah Connor, qui, avec l’aide d’une source mystérieuse, traque les Terminators depuis des décennies. Déterminées à rejoindre cet allié inconnu au Texas, elles se mettent en route, mais le Terminator Rev-9 les poursuit sans relâche, de même que la police, les drones et les patrouilles frontalières… L’enjeu est d’autant plus grand que sauver Dani, c’est sauver l’avenir de l’humanité.
 

 

Mon humble avis : Je ne suis pas fan, donc grande connaisseuse, des Terminator comme je peux l'être des Marvel. Mais j'aime de temps en temps voir ce genre de film, d'autant que les premiers opus de cette franchise sont tous de même devenus cultes. 6ème film de la série, il faut chronologiquement le situer (si on suit l'histoire), près le 2ème.

Et puis, après avoir vu Hors Normes, film assez lourd tout de même, j'avais envie de voir un autre film lourd... au niveau de l'artillerie ! Et ça dégomme, le cahier des charges est parfaitement rempli, les effets spéciaux toujours plus spéciaux ! Le moment de ciné est donc agréable et bien divertissant, on ne s'ennuie pas devant un tel film sans temps morts, et où l'on ne compte même plus les morts !

C'est drôle aussi... de ridicule parfois, notamment dans des dialogues on ne peut plus stéréotypés et plats. Mais on ne va pas voir Terminator pour les dialogues ça se saurait... Si, en fait, on attend la phrase cultissime qui est une fois de plus présente, à savoir : "I'll be back" et en VF : "Je reviendrai" !

Rien de bien nouveau dans le scénario qui reprend les trames des autres, mais avec un Terminator encore plus méchant et encore plus surpuissant que les précédents ! Linda Hamilton, du haut de ses 63 ans, qui a subi un entraînement plus qu'intensif pour se reglisser dans le personnage mythique de Sarah Connor, assume toujours tant le rôle que ses rides. Rides beaucoup moins visibles sur Arnold, qui a dû passer plus souvent sous le bistouri esthétique alors qu'il a 10 ans de plus que Linda ! 

Mais ce club de "papy/mamie" fonctionne bien avec une dose d'autodérision. L'ex terminator Arnold reprend du service après avoir élevé tranquillou un gamin dans une belle cabane au fond de la forêt et en apprenant à devenir "humain" !

On a donc ce que l'on veut, du divertissement et de l'action, sans grande nouveauté : on a toujours un personnage qui vient d'un futur qui n'existera peut-être pas s'il fait bien son boulot dans le présent. C'est un résumé ! Il y a aussi de nouveaux protagonistes qui vont sans doute donner un nouveau souffle à la série, ou au moins en garantir un 7ème opus (à mon avis !)

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 30 Octobre 2019

Roman - Editions de l'Olivier - 256 pages - 19 €

 

Parution le 14 août 2019, Rentrée Littéraire !

L'histoire : Près de Montréal, Paul Hansen, ancien super-intendant d'une résidence de luxe du centre ville, purge une peine de deux ans de prison. Il partage sa cellule avec le costaud Patrick Horton, un Hells Angel accusé de meurtre. Tout sépare ces deux hommes et pourtant, entre eux naît comme une amitié. Horton s'évade grâce aux magazines de moto qu'il décortique avec passion. Paul lui, n'a rien pour s'évader... Ce sont ses morts qui lui rendent visite (feu son père, sa femme, son chien)... Et l'histoire de sa vie, qui l'a mené entre ses quatre murs.

Tentation : La brouhaha autour de ce roman

Fournisseur : La bib'

 

Mon humble avis : Les médias disent que c'est là le meilleur roman de l'auteur. Les listes de certains prix confirment cet enthousiasme et sur billet sur la blogo suivent le même ton le plus souvent. Je ne peux me prononcé, ayant si peu lu de Jean-Paul Dubois.

Paul Hansen est dans sa cellule, partagée avec un gros dur qui n'a pas inventé la poudre mais plus sensible qu'en apparence... Après, tout est dans la forme.

Paul alterne le récit de quelques moments de journées partagés avec Horton, pour le pire (le manque d'intimité dans les moments les plus intimes), comme pour le meilleur (des échanges bien plus profonds, touchants et révélateurs qu'il n'y parait). Horton est un personnage haut en couleur, truculent, pour qui le lecteur se surprend d'affection. Entre ces moments du quotidien immuables, il y a la vie de Paul, toute sa vie, depuis sa naissance en France d'un pasteur Danois et d'une propriétaire de cinéma (indépendant) française, en passant par son départ pour le Canada, pour y retrouver son père, puis les trente ans qu'il passe en qualité de super intendant d'une résidence de luxe montréalaise...  Les dernières années vont mener au drame qui s'annonce, mais qui ne se dévoilera que dans les dernières pages du roman. On craint le pire. Et pourtant...

Sans élever ce livre au rang de mes coups de coeur, j'avoue avoir apprécié vivement ma lecture, même si, de temps en temps, quelques longueurs me sont apparues. Le style de l'auteur est magnifique tout en étant fluide, et dans la façon qu'il a eu de construire tant son oeuvre que les personnages qui l'habitent, il y a comme quelque chose de littérature américaine. L'histoire n'est pas dense en événements (elle l'est cependant en sujets développés), mais les pages se tournent toutes seules.

Les portraits d'hommes et de femmes sont délicieusement et pudiquement brodés au fil des pages, dans leur antagonisme, leur secret, leur hypocrisie, leur force, leur idéalisme, leur révolte ou leur soumission, leur faiblesse. Dans leur passion aussi et s'il n'y a pas de passion, le plaisir, le bonheur d'une vie tranquille et sereine au service des autres, le plaisir du job bien fait et plus s'il le faut, parce que l'homme a besoin d'humanité, et Paul le sais très bien.

Et puis, un nouveau personnage débarque dans la galerie et l'on sent que l'orage arrive.

Ce roman montre comment une vie de bonté et d'effort peut être ruinée en très peu de temps, et à cause d'une seule personne qui, par un discours bien huilée et une présentation bien pompeuse, parvient à manipuler le reste de la troupe. Et c'est ce diable qui va provoquer l'orage, et faire sortir de l'homme sage la bête qu'il y a en chacun de nous.... Et oui, aussi bons que nous puissions être toute une vie durant, nous ne sommes jamais à l'abri de croiser un être maléfique qui nous fera sortir de nos gongs, un être qui nous fera devenir un autre.

Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon a donc été une lecture très agréable et prenante pour moi, qui me suis régalée de la plume de l'auteur. Par contre, dire qu'elle m'a transportée d'émotion serait mentir. J'admire l'oeuvre d'art qu'est ce roman, mais je m'attendais à être complètement remuée de l'intérieur. Et non.

D'ailleurs, en relisant mon billet, je me dis qu'il n'est pas très inspirant. Il en sera ainsi !

 

5/6

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 28 Octobre 2019

Film d'Olivier Nakache et Eric Toledano

Avec Vincent Cassel, Reda Kateb, Hélène Vincent

 

Synopsis :  Bruno et Malik vivent depuis 20 ans dans un monde à part, celui des enfants et adolescents autistes. Au sein de leurs deux associations respectives, ils forment des jeunes issus des quartiers difficiles pour encadrer ces cas qualifiés "d'hyper complexes".

 

 

Mon humble avis : Un film bouleversant et d'une absolue nécessité. Un film d'utilité publique, sociale, médicale et humaine. Un film qui prouve l'urgence de la situation et cette urgence est particulièrement ressentie et "accentuée" par un tournage à caméra à l'épaule. On suit Vincent Cassel et Reda Kateb H24, dans toutes les situations qu'ils rencontrent, et ce, toujours sur le fil... Hors normes n'est pas précisément un film sur l'autisme, mais une dénonciation grand public du manque de moyens d'encadrement et de prises en charge de ces personnes en grand handicap en France.

Hors normes est tiré d'histoires vraies, et inspiré d'associations et de personnes réelles. Les autistes sont joués par des autistes... Aussi, on peut imaginer le travail d'immersion et d'adaptation que ce film a du représenter tant en préparation qu'en tournage, tant par les réalisateurs que pour les comédiens. Chapeau archi bas pour Vincent Cassel et Reda Kateb et tous les autres d'ailleurs, car on sent un travail d'équipe en bienveillance magistral. Nakache et Toledano l'ont déjà prouvé, ils ont le sens des dialogues percutants, une fois de plus. Et cela fait du bien, apportant de temps en temps un léger humour ou une dose de causticité bien placés et qui font mouche et disent les choses comme elles doivent être dites !

Dans ce film, tout est hors normes... Les enfants et adolescents autistes dont personnes ne veut, à qui la société n'offre aucun cadre humain et approprié à leur pathologie. Les associations qui font un travail de dingue et obtiennent des résultats, mais le tout sans autorisations officiels, sous le mode de la "débrouille", sans le sous, dans des conditions hors normes etc.... Des institutions et des milieux hospitaliers, débordés et non armés pour ces pathologies, font eux même appels à ses associations... C'est le serpent qui se mord la queue, dans cette France qui ne prend pas ses responsabilités et préfère s'embourber dans la lenteur administrative, la suspicion et les normes officielles, avant de se rendre compte qu'elle n'a rien de mieux à proposer... Sont hors normes également ces jeunes de banlieue désocialisés et sans place dans la société, qui parviennent, par un encadrement adéquat et une formation sur le terrain, à trouver leur place et une raison d'être en devenant référent d'un enfant autiste. La preuve qu'avec patience et logique, tout le monde peut trouver sa place et jouer un rôle dans la société. Il suffit de trouver le meilleur chez chacun et le laisser s'exprimer. Il y a d'ailleurs un parallèle entre ces jeunes de banlieue et les autistes... "On" les croit vides, alors qu'ils sont pleins de ressources.

Enfin, sont hors normes ces deux hommes que vouent toute leur vie à leurs associations et aux jeunes autistes, en en oubliant leur vie personnelle, en se battant contre vents et marées, en y croyant dure comme fer, parce que parfois, un petit miracle, un petit progrès chez un de leurs jeunes leur prouve qu'ils ont raison de persévérer dans leur combat. Et puis, sans eux, où iraient la quarantaine d'autistes dont ils se chargent ? Nulle part, car en France, ils n'ont nul part où aller... Et oui, ces associations hors normes sont indispensables.

Un film sur l'appel à l'espérance et à l'ouverture et à la tolérance, notamment dans le milieu de l'entreprise. Un film à voir, qui remue évidemment, qui émeut. Un film dont il faut parler pour que personne n'ignore cette réalité et qu'enfin, les pouvoirs politiques et sociaux mettent en place des structures adaptées... Ah oui, mais c'est vrai, ça coûte de l'argent et il paraît qu'en France, il n'y en n'a plus... Par pour cela en tout cas...

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 26 Octobre 2019

Roman - Editions Audiolib - 10h56 d'écoute - 20€56.

Parution d'origine aux éditions Cherche midi en 2013

L'histoire : Quelques jours après le décès d'Elisabeth Bohlinger, ses enfants se retrouvent chez le notaire, exécuteur testamentaire de feu leur mère. Un véritable empire est un jeu : l'entreprise réputée "Bolhlinger cosmétiques". Les deux fils héritent immédiatement de leur part. Brett, quant à elle, a la surprise de recevoir une enveloppe qui contient... Un liste de vingt objectifs précis qu'elle doit réaliser en un an pour que s'ouvre son droit au lègue égal à celui de ses frères.... La vie de Brett promet d'être bien mouvementée !

Tentation : Pourquoi pas, à force de voir ce livre un peu partout.

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Fin d'été, envie d'une lecture facile sans prise de tête, donc c'est parti pour Demain est un autre jour, lecture un peu feel good, même très feel good. Surtout que la narration est à la première personne du singulier, faite donc par Brett, dont nous suivons aussi bien les péripéties que les états d'âme. Ces derniers amènent des passages un peu gnangnans et minaudiers. Mais c'est ainsi, c'est féminin et américain, plein de bons sentiments : tout pour toucher un max de lecteur.

Néanmoins la lecture (ou l'écoute) ne manque ni d'intérêt ni de suspens, le récit étant bien construit à cet effet. Le divertissement reste agréable.

Quid de cette fameuse liste de vingt objectifs.... Elle correspond à une série d'objectifs (choses à faire et à réussir dans la vie) que Brett avait rédigée adolescente, avant de jeter la feuille en boule dans une corbeille. La mère, passée derrière, avait récupéré et gardé précieusement cet écrit. Et force est de constater que la vie actuelle de Brett ne ressemble en rien à ce qu'elle avait imaginé enfant. Brett n'a donc d'autre choix que de s'atteler à cette liste, pour le meilleur et pour le pire et va découvrir les motivations de sa mère : rendre Brett à elle-même, à ce qu'elle est vraiment. Brett va donc aller de surprises en découvertes et se rendre compte qu'en fait, le nouveau chemin qu'elle emprunte la conduit doucement mais sûrement vers un bonheur vrai, sincère et sain.

Bon, évidemment, le récit se déroule comme il faut pour que Brett réalise ces objectifs, avec quelques ficelles bien tendues et des situations qui en induisent d'autres, à grand renfort de coup de doutes, d'erreurs, d'émotions et d'un peu de pathos tout de même. Mais l'histoire tient debout et ne nuit pas à la santé. Maintenant, Demain est un autre jour n'apporte rien de bien nouveau non plus sur l'accession au "nirvana" : la solution est en toi, il faut croire en toi, il faut faire confiance au destin ou au contraire, savoir le bousculer, ouvrir ton coeur, d'une action en découle une autre (genre l'effet papillon), ne pas oublier l'enfant que tu as en toi et blablabla et blablabla. Bref, ne pas se tromper de vie ! Ah oui, et j'allais oublier l'essentiel : évidemment, l'argent ne fait pas le bonheur !

Bref, un divertissement féminin et estival sympa, mais qui ne révolutionne pas l'univers !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 24 Octobre 2019

BD - Editions Les Arènes - 144 pages - 20 €

Parution en mai 2018

Le sujet :  1er décembre 1944, camp de Thiaroye, dans la banlieue de Dakar. L'armée française ouvre le feu sur des centaines de tirailleurs sénégalais tout juste rentrés de quatre années de captivité. Après un travail de recherche acharné de plus de vingt ans, l'historienne Armelle Mabon a découvert qu'il s'agissait en réalité d'un véritable crime d'Etat prémédité. Ce sont plus de 300 hommes qui auraient été froidement exécutés par l'armée française. Archives maquillées, faux rapports, documents dissimulés, intimidations nous sommes face à un mensonge officiel qui perdure encore aujourd'hui.

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Bib N°1

 

 

Mon humble avis : Avec l'habitude de l'expression "Mort pour la France", si on lit vite le titre, en "diagonale", c'est sans doute ce que l'on voit. Mais si l'on réfléchit à ce que lisent nos yeux, c'est tout autre chose.... Cette autre chose dont nous informe admirablement bien cet album.

Un graphisme agréable, un rythme qui ne faiblit pas, et des révélations qui glacent le lecteur. Car nous parlons ici d'Histoire, mais celle oubliée, cachée, reniée, enterrée par les protagonistes d'alors et encore aujourd'hui par l'Etat Français qui minimise l'affaire, malgré les informations trouvées et des archives sans doute dissimulées, voire modifiées pour que l'Histoire de France ne se retrouve pas entachée dans un scandale supplémentaire. Oui, l'Etat Français a massacré, assassiné plus de 300 tirailleurs Sénégalais, qui avaient combattu pour la France et été faits prisonniers par les Allemands au titre de soldats français durant la seconde Guerre-Mondiale... Mais autre régime de la part des Allemands... Rapatrier ses soldats noirs en France le plus rapidement possible pour qu'ils ne polluent pas le sol Allemand... Bref, nous sommes en décembre 1944, les tirailleurs sont rapatriés au Sénégal en attente de démobilisation, et surtout, de leur solde et primes... L'armée française évoquera la raison d'une mutinerie (et donc de légitime défense) pour les assassiner dans un bain de sang. La France reconnaîtra 70 morts, mais ils seraient environ 300 à avoir été enterrés dans des charniers communs, sans noms et sans deuil pour leur famille.

Nous suivons donc l'historienne Armelle Mabon dans son travail de recherche pour qu'éclate et soit reconnue la vérité... Au début de l'album, Armelle Mabon est étudiante et prépare sa thèse en lien avec le social et le colonialisme. C'est au court de ses investigations de thésarde qu'elle découvrira l'histoire des tirailleurs sénégalais de Thiaroye. Celle-ci devient une obsession pour elle, comme celle de la vérité. Armelle Mabon y a consacré plus de 17 ans de sa vie, et partout, des bâtons lui sont mis dans les roues. Aussi, elle ira enquêter dans les archives d'outre-manche qui confirmeront ses intuitions. Avec elle, nous enquêtons en Bretagne, à Paris, au Sénégal, nous rencontrons les descendants de ces hommes massacrés, le gardien d'un cimetière aux tombes sans noms...

Il n'empêche que le gouvernement Français ne change pas de position, malgré quelques excuses murmurées par Hollande il y a quelques années, sur le nombre toujours officiel des soixante-dix victimes. Combien de temps faudra-t-il pour que les centaines d'autres soient reconnues, que leur honneur leur soit rendu, qu'elles soient réhabilitées et que leurs familles puissent toucher l'argent qui leur a toujours été dû ? Nul ne sait.

Mais heureusement, il y a l'art, et notamment la BD qui permet d'amener les citoyens à connaître certaines vérités cachées et ainsi, de sortir de l'oubli ces hommes valeureux qui ont combattu pour nous en 39/45 et que la France a récompensé d'un assassinat collectif... A lire, à partager, à offrir, à évoquer. Bref, un album indispensable.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 22 Octobre 2019

Roman - Editions Audiolib - 4h42 d'écoute - 19 €

Parution d'origine aux éditions Le Seuil en 2014

L'histoire : C'est celle d'Eddy Bellegueule, un enfant né dans un milieu très populaire en Picardie. Eddy n'aura de cesse de quitter ses parents, la pauvreté, sa classe sociale faite de racisme et de violence. Il s'insurge contre tout cela, mais surtout contre le monde qui s'est insurgé contre lui depuis toujours, le voyant comme une source de honte. Car Eddy est différent d'eux et pour eux, différent tout court.

 

 

Tentation : La blogo en son temps (et oui déjà 5 ans, je suis parfois longue à la détente !)

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Edouard Louis raconte son enfance. Il aurait pu, pour cela, choisir la forme d'un essai, d'une enquête ou d'un témoignage. Il a préféré donné un espace littéraire à la violence qu'il a subi, la littérature étant un travail de langage. Et il a ainsi eu plus de liberté pour montrer dans ce livre comment la violence est située dans un langage, et qu'elle s'exprime par des mots. La forme du roman lui a donc permis de restituer la violence d'un langage et des mots qui aurait eu un moins d'impact via un autre support d'écriture. Edouard Louis superpose donc deux langages qui s'entrechoquent : celui d'Eddy enfant et de son milieu, et le sien devenu adulte et romancier. C'est comme cela qu'il peut rendre cet aspect si réel et compréhensible.

Le travail de l'auteur est donc admirable et terriblement abouti. Ce livre, on ne le lâche pas. Alors pourquoi seulement trois pattes de chats ? Parce que ce roman n'en n'est pas un, mais une histoire vraie. Et ce genre d'histoire vraie me met très mal à l'aise, tant la violence réelle m'est insoutenable. Ce type de lecture n'est pas du tout confortable pour mon âme sensible et révoltée face aux injustices, face à l'acharnement envers les plus faibles (en apparence) et sans défense, surtout dans un milieu où plaidoyer restera toujours vain. Eddy est différent, efféminé, délicat, curieux de culture dans un monde de brutes enfermé dans des codes, qui n'a pas été ouvert à la culture et aux différences. Un monde où un garçon doit devenir un homme, un vrai, un dur. D'où un racisme très présent dans les propos de la famille d'Eddy... Bien que ce racisme primaire se trouve aussi couramment dans des CSP +++ hélas.

Edouard Louis décrit la violence verbale, les moqueries, l'humiliation, l'incompréhension subit par Eddy, que ce soit par les siens ou par l'extérieur (l'école ou autre), cette violence insidieuse qui est souvent invisible de l'extérieur du foyer familial et qui évolue dans l'indifférence générale.  Celle-ci m'a trop chamboulée pour que je puisse sauter d'enthousiasme envers cet ouvrage sur les dominés qui a pourtant tout de remarquable dans sa finesse, sa construction, son écriture, les émotions qu'il dégage et qui appelle à devenir autre chose que ce que notre condition a fait de nous.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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