Publié le 15 Juillet 2019

BD, Coquelicots d'Irak, Irak, avis

BD- Editions L'association - 96 pages - 19.00 €

 

Parution en août 2016

Le sujet :  Brigitte Findakly, née en Irak, d’un père irakien et d’une mère française à l’orée des années 1960, retrace son enfance passée à Mossoul, ville du nord de l’Irak, à une époque où, bien avant l’arrivée au pouvoir de Saddam Hussein, se succèdent coups d’État et dictatures militaires. Déroulant le fil de ses souvenirs, on découvre alors une vie de famille affectée par les aberrations de la dictature et leurs répercussions sur la vie quotidienne, jusqu’à l’inéluctable exil vers la France au début des années 1970. Une arrivée en France elle aussi difficile, une expérience migratoire faite de difficultés administratives, sociales et culturelles.

Tentation : Le sujet (et la "destination")

Fournisseur : La bib'

 

Mon humble avis : Par une succession de saynètes, Brigitte Findakly nous raconte son enfance en Irak. Elle est d'une famille privilégiée (papa dentiste), mixte (maman française) et chrétienne en terre d'orient.

Il m'a semblé que le sujet n'était pas toujours traité de manière chronologique, ce qui m'a un peu déstabilisée, surtout pour suivre et saisir l'énorme complexité géopolitique de l'Irak, avec ses nombreux coups d'état ou autre... Donc à ce niveau, je ne me sens pas enrichie réellement, sauf à me dire que depuis des décennies, ce pays ni jouit pas d'un équilibre politique ni d'une sécurité quotidienne, ni de liberté d'expression.... Que ce soit avant, pendant ou après Saddam.

Néanmoins, cet album est très vivant car il offre le regard d'une petite fille qui a vécu dans ce pays sans forcément distinguer alors ce qui semble anormal depuis l'occident. Ceci, sur un air faussement naïf qui apporte donc une relative légèreté à l'ouvrage, qui permet de le lire sans se sentir plomber. Mais comme il y a migration en France et que la petite fille a grandi, il y a la distance et l'évolution de la pensée et de sa propre liberté qui lui permet d'être amusée par certaines situations de son enfance, mais le plus souvent, choquée, interrogative et de mettre le doigt sur ce qui clochait là-bas, sur les situations que l'on trouve ubuesques et/ou glaçantes que lorsque l'on est loin et qu'on jouit enfin d'une ouverture d'esprit et de la liberté de pensée... bref, quand on connait autre chose. Et en tant qu'adulte, à chacun de ses voyages en Irak, Brigitte constate l'énorme dégradation des conditions de vie en Irak, ainsi que la diminution des libertés au fil des régimes politiques, des guerres et pour finir, par l'arrivée de Daesh. Le tout sur un ton de critique bienveillante ou flotte dans les airs la nostalgie d'une enfance révolue à tous points de vue.

Bref, un témoignage fort, instructif, et à lire... Pour comprendre ce qui vit un peuple depuis des décennies, un peuple qui n'a toujours pas trouvé la paix et l'équilibre.

 

"On m'a raconté que durant la guerre lorsqu'un fils mourait au front, la famille recevait une somme d'argent très conséquente et une voiture. Mais il est arrivé que le fils revienne plusieurs mois après son "décès". Certains parents avaient alors rejeté leur enfant pour conserver leurs acquis."

"Ma mère était abonnée à une revue féminine française qu'elle recevait tous les mois.
Sur l'avant-dernière page, là où on voyait les photos des 45 tours du hit-parade, il y avait régulièrement des trous.
Ça a duré des années avant que je demande à ma mère pourquoi.
Elle m'a expliqué que c'était des disques d'Enrico Macias, et que des gens à la douane postale étaient chargés de découper ses photos parce qu'il était juif. "

"En octobre 1989, un an après la fin de la guerre Iran-Irak, je suis retournée à Bagdad. Onze ans s'étaient écoulés depuis mon dernier voyage. Le choc a été bien plus rude que lors de mes précédents séjours. [...] Mes cousines avaient presque toutes arrêté de travailler. Elles étaient mariées et avaient eu des enfants. Alors qu'avant, nous prenions l'apéritif tous ensemble, mes cousines servaient désormais leur mari. "

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 13 Juillet 2019

Anna, luc besson, cinéma, chronique, avis

Film de Luc Besson

Avec Sasha Luss, Helen Mirren, Luke Evans, Cillian Murphy

 

Synopsis : Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Les Matriochka sont des poupées russes qui s’emboîtent les unes dans les autres. Chaque poupée en cache une autre. Anna est une jolie femme de 24 ans, mais qui est-elle vraiment et combien de femmes se cachent en elle ? Est-ce une simple vendeuse de poupées sur le marché de Moscou ? Un top model qui défile à Paris ? Une tueuse qui ensanglante Milan ? Un flic corrompu ? Un agent double ? Ou tout simplement une redoutable joueuse d’échecs ? Il faudra attendre la fin de la partie pour savoir qui est vraiment ANNA et qui est “échec et mat”.
 

Mon humble avis : Voilà 30 ans que je cours au cinéma à chaque sortie d'un "Luc Besson". Quel que soit le style cinématographique du film, jamais je n'ai été déçue, jusqu'à Anna. Oh cet opus possède moult arguments pour rester un film sympa, distrayant et dynamique, au scénario plutôt bien ficelé... Avec comme d'habitude, une superbe femme dans le rôle principale, femme qui ne démérite pas et qui a dû bien transpirer pour assumer ce thriller d'espionnage.

Alors pourquoi ce sentiment de déception. Anna est un film à tiroirs, qui ouvrent sur d'autres tiroirs et ainsi de suite... Un peu aussi comme les poupées russes. A l'écran, cela se transforme par énormément de flash-back avec sur l'écran, les mots suivant qui s'inscrivent : 5 ans plus tôt, 3 ans plus tôt, 6  mois plus tôt, 3 mois plus tôt, puis de nouveau 6 mois plus tôt... Même si ces flash-back éclairent l'action présente, il n'empêche qu'on s'y mêle les pinceaux, que cela ralentit le rythme du film et qu'à un moment, je me suis dit : "mais ça ne finira jamais"... Comme si je commençais à trouver le temps longs.

Et puis Luc Besson abuse un peu des poncifs frôlent avec l'incrédibilité, même si, au cinoch, on devrait se foutre un peu de cette fameuse crédibilité... Mais les russes ont tous des bonnes tronches de russes... Et Anna dégomme vraiment tout le monde comme avec une facilité déconcertante. Une scène interminable m'a d'ailleurs agacée. La jeune espionne du KGB est envoyer dans un resto, avec une cible à éliminer. Elle ignore le nombre de gardes du corps de la dite cible et tout ne se déroule pas comme prévu... Eh bien voilà, dans une chorégraphie de combat tip top mais franchement longuettes et ultra violente, elle met à plat au moins une trentaine de gars, à croire que tous les gens attablés étaient des gardes du corps. On est loin de l'attachante Nikita que Besson semble vouloir ici remettre au goût du jour.

Bon je suis un peu dur, mais c'est mon ressenti. La réalisation du film, les images etc sont évidemment parfaitement maîtrisés et spectaculaires et le scénario ne déçoit pas, il garde des surprises régulières jusqu'à la dernière minute. Quant à cette Anna diablement efficace avec sa petite gueule d'ange, perso, je préfère ne jamais croiser sa route !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 11 Juillet 2019

Yasmina Khadra, Roman, Khalil, terrorisme, littérature

Roman - Edition Lizzie - 6h d'écoute - 19 €

 

Parution d'origine chez Julliard en août 2018

L'histoire : 13 novembre 2015. Des hommes venant de Belgique approchent en voiture de Paris. Dotés d'une ceinture d'explosifs, certains sont déposés  au stade de France et un autre près d'une station RER au centre de la capitale. Lui c'est Khalil. A l'instant fatidique, sa ceinture ne fonctionne pas. La voilà vivant malgré lui, seul etc... Ce roman se penche sur ce personnage. Qui est- il, d'où vient-il ? Comment en est-il arrivé là ?

Tentation : J'aime bien Khadra

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Un sujet très difficile, et si proche de la réalité... Tant de façon temporelle que dans le déroulé. 2015, c'est encore comme si c'était hier dans la mémoire collective. Aussi dans un premier temps, je me suis demandé si l'écriture d'un tel livre était adéquate, acceptable même au nom de la littérature. Et puis oui, tout à fait, même si cette lecture met vraiment à mal le lecteur, en le replongeant dans l'horreur de 2015, même si j'ai eu la chance d'en être géographiquement éloignée. Je me demandais même si j'avais envie d'en savoir plus sur mon pire ennemis, mon plus insidieux et lâche ennemi, quel que soit le prénom qu'il porte. Et encore une fois, oui.

Car Yasmina Khadra nous plonge entièrement dans l'âme, l'esprit, la vie, les convictions d'un kamikaze et au coeur d'une organisation terroriste islamiste. Il explique ce qui parait inexplicable. Après, comprenons-nous bien, expliquer et comprendre n'ont rien à voir avec justifier, excuser et/ou pardonner. Mais comprendre pourrait peut-être permettre d'éradiquer, de tuer le mal à la racine. Comme le dit l'auteur dans ces pages, l'important n'est pas comment cela finit, mais où cela commence.

Nous suivons donc le processus de radicalisation à travers les mots de Khalil le narrateur. Radicalisation pour appartenir à un groupe, être accepté, reconnu, apprécié, admiré de ses pairs "Les frères". Jusqu'au lavage de cerveau total, l'embrigadement qui ne laisse plus une place à la liberté de pensée ni au moindre discernement. Malgré l'explication, ce Khalil reste détestable d'aveuglement et d'obstination. Il donne froid dans le dos et des envies de baffes magistrales et de seaux d'eau glaciale sur la tête. Malgré son histoire, je n'ai eu aucune empathie pour lui. Même si, au cours du livre et d'un autre attentat en Belgique, il devient une victime collatérale par la perte d'un être cher, ce qui va un peu réveiller sa conscience.

Ce roman est évidemment prenant et très intéressant car il donne une des explications possible sur l'une des guerres qui n'épargne personne. Maintenant, j'avoue que le style m'a gêné. La belle plume soignée de Yasmina Khadra est évidemment là, mais est-elle adaptée au niveau socio culturel du narrateur ? Cette question m'a taraudée tout au long de mon audio lecture (d'où mes 3 pattes et non 4)

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres audio, lectures audio, #Littérature française

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Publié le 9 Juillet 2019

Film yesterday, dany boyle, beatles

Film de Dany Boyle

Avec Himesh Patel, Lily James, Ed Sheeran

 

Synopsis :  Hier tout le monde connaissait les Beatles, mais aujourd’hui seul Jack se souvient de leurs chansons. Il est sur le point de devenir extrêmement célèbre. 
Jack Malik est un auteur-compositeur interprète en galère, dont les rêves sont en train de sombrer dans la mer qui borde le petit village où il habite en Angleterre, en dépit des encouragements d’Ellie, sa meilleure amie d’enfance qui n’a jamais cessé de croire en lui. Après un accident avec un bus pendant une étrange panne d’électricité, Jack se réveille dans un monde où il découvre que les Beatles n’ont jamais existé… ce qui va le mettre face à un sérieux cas de conscience.

 

 

Mon humble avis : Du pur bonheur que ce film à l'idée originale. Un réveil dans un monde où les Beatles n'ont pas existé !

Quel formidable hommage aux quatre gars de Liverpool, car ce film redémontre (s'il en est besoin), l'étendue de leurs talents, la révolution qu'ils ont apportée dans la musique et surtout, leur force de rassemblement exceptionnel !

Yesterday est une douce comédie au sens profond. Car ici, Dany Boyle interroge sur la célébrité et ses conséquences, les différences entre les aspirations et les rêves de l'artiste et la réalité du marché... Car oui, à notre époque, la musique est devenu un marché et les artistes reconnus des produits à stéréotyper, à formater pour plaire au public, faire le buzz etc.

Il est aussi sujet de l'attachement à la terre, aux amis, aux racines, aux idéaux... Mieux vaut il chanter devant des dizaines de milliers de fan en s'oubliant ou devant quelques personnes en étant soi-même ?

Et bien sûr vient la question de l'honneur, de l'honnêteté quand il y a quelque chose qui ressemble à de l'usurpation...

Le tout avec plein d'humour tout en finesses, des passages musicaux de ouf  (ahahahah, la version de Help sur le toit de l'hôtel, j'en ai encore des frissons) et mille et une surprises... Et oui, lors du fameux blackout mondial, les Beatles ne sont pas les seuls à avoir disparu de la mémoire et de la culture collective !

Evidemment, on finit par se demander comment Jack, notre héros, va se sortir ou pas de cette situation. Surprise, c'est à la fin, une très belle fin ! Yesterday est un film à voir absolument demain, il vous apportera un vent de fraîcheur, vous donnera la banane et l'envie de vous replonger dans la discographie des Beatles !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 7 Juillet 2019

Et oui, chaque bonne chose a une fin... Dernier dimanche où je vous emmène à Corfou.

Les vacances, c'est aussi synonyme de farniente, de bon temps...

En fin d'aprem, mon plaisir quand nous étions sur la plage, c'était de donner du pain aux oiseaux... faute de chats à sauver !!! LOL !

Et puis évidemment, il y a le retour... Et le survol d'une partie de l'Europe !

Bon dimanche !

 

UN DIMANCHE A CORFOU : FARNIENTE, PIAFS ET RETOUR
UN DIMANCHE A CORFOU : FARNIENTE, PIAFS ET RETOUR
UN DIMANCHE A CORFOU : FARNIENTE, PIAFS ET RETOUR
UN DIMANCHE A CORFOU : FARNIENTE, PIAFS ET RETOUR
UN DIMANCHE A CORFOU : FARNIENTE, PIAFS ET RETOUR
UN DIMANCHE A CORFOU : FARNIENTE, PIAFS ET RETOUR
UN DIMANCHE A CORFOU : FARNIENTE, PIAFS ET RETOUR
UN DIMANCHE A CORFOU : FARNIENTE, PIAFS ET RETOUR
UN DIMANCHE A CORFOU : FARNIENTE, PIAFS ET RETOUR
UN DIMANCHE A CORFOU : FARNIENTE, PIAFS ET RETOUR
UN DIMANCHE A CORFOU : FARNIENTE, PIAFS ET RETOUR
UN DIMANCHE A CORFOU : FARNIENTE, PIAFS ET RETOUR
UN DIMANCHE A CORFOU : FARNIENTE, PIAFS ET RETOUR
UN DIMANCHE A CORFOU : FARNIENTE, PIAFS ET RETOUR
UN DIMANCHE A CORFOU : FARNIENTE, PIAFS ET RETOUR

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyages dans les iles

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Publié le 5 Juillet 2019

Nouvelles - Editions Gallimard - 176 pages - 16.00 €

Parution le 7 février 2019 :

Le sujet : 9 nouvelles sur les lisières de l'humain... Son animalité, ses libertés, ses envies, la folie, sa solitude, sa mégalomanie au dépend de la nature... Tout ce qui l'approche du trop loin, du point de non retour, à moins que la lisière soit déjà franchis... et que l'essentiel soit en danger. Et presque dans chaque nouvelle, un animal tient un rôle primordial.

Tentation : Le billet de Clara

Fournisseur : Ma CB

 

 

Mon humble avis : J'ai lu ce recueil, prix Goncourt de la Nouvelle, il y a déjà quelques semaines et hélas, les aléas de la vie ne m'ont pas permis de rédiger de suite mon billet. Et c'est dommage, car mon plaisir de lecture fut intense mais alors que je me penche de nouveau sur ce titre, je réalise que l'histoire de certaines nouvelles m'échappe déjà.

Et pourtant oui, je me suis régalée tant des propos et de leur mise en scène, que par l'écriture magnifique de Caroline Lamarche.

Dans la plupart des nouvelles, un animal (ou une espèce animal) est présent, presque comme le miroir de l'Homme... L'homme tel qu'il aimerait être, l'Homme destructeur de la nature, l'Homme fragile. Il y a Frou Frou, une cane en convalescence d'abord dans un refuge animalier, puis chez Louis, l'un des bénévoles qui partage une relation extraordinaire avec elle. Jusqu'à ce qu'un jour, Frou Frou puisse redéployer ses ailes et reprendre sa liberté d'animal. Et le bénévole est partagé : bonheur d'avoir "réparé" l'animal, tristesse de le voir partir. C'est cette nouvelle qui m'a le plus remué et parlé... Puisque, si pas de Frou Frou dans ma vie, des chats, que je remets sur pattes et à qui, parfois, je rends la liberté.

Il y a aussi un hérisson sur une route... Une jeune femme s'arrête pour le ramasser et le déposer à l'abri dans des buissons. Cet acte l'amènera à se questionner sur sa vie, sa relation amoureuse.

Il y a des fourmis... que la bêtise humaine gratuite détourne le chemin et perturbe le quotidien, l'organisation ancestrale. Et des Hommes qui prennent la nature comme un terrain de jeu, peu importe les traces indélébiles qu'ils y laissent.

Il y a Fish le chat, qui tient compagnie à deux jeunes filles paumées et SDF, et qui restera le lien entre ces jeunes filles et le narrateur, un homme qui s'est pris d'affection pour elles et leur compagnon à 4 pattes...

Il y a un écureuil, un merle, un cheval... Des animaux qui nous disent tant sur nous, qui nous révèlent à nous-mêmes et qui nous éclairent sur notre monde, sur notre vie et ce que nous en faisons. L'interaction entre l'Homme et la nature, et l'animal. Quelle soit réelle ou juste ressentie, par l'un ou les deux protagonistes. C'est tout ceci que nous conte Caroline Lamarche, dans un style parfois onirique, toujours fluide, direct, et une émotion profonde, délicate, belle et réparatrice. Une magnifique puissance littéraire.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 3 Juillet 2019

Sophie fontanel, Grandir, roman, vieillesse

Roman - Edition J'ai Lu - 157 pages - 6.10 €

Parution d'origine chez Robert Laffont en 2010

 

L'histoire : Sophie est journaliste de presse féminine, spécialiste de la mode. Il lui faut tout gérer... Son métier et sa mère, très vieillissante. Sophie nous conte l'accompagnent de sa mère dans le dernier âge, avec toutes les questions et les découvertes que cela comportent. Tout comme les petites joies et les grandes tristesses de la fatalité.

 

 

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

Mon humble avis : Ce roman, cela fait des années qu'il traîne dans ma PAL et que j'en reporte à chaque fois la lecture... Tant j'en craignais le sujet... L'accompagnement en fin de vie n'étant pas très excitant, voire même pour moi terrifiant. Et puis, j'ai pris mon "courage" à deux mains et je ne regrette pas.

Ce texte est magnifique ! Il aurait même pu devenir un de mes coups de coeur si une légère lassitude ne s'était pas installée en moi dans mes derniers moments de lecture. Tant de pudeur et de justesse pour évoquer un tel sujet, je dis bravo. En fait, il ne s'agit pas vraiment de fin de vie, puisque ce roman ne s'achève pas par le grand voyage. Donc pas de deuil, si ce n'est celui de la jeunesse et de l'indépendance. Cette fin reste ouverte, même aucun lecteur ne se fera d'illusion, puisque nous sommes ici face à la vie, la vraie vie, à l'issue inéluctable.

Dans ce roman, qui est une autofiction, Sophie Fontanel évoque le grand âge de sa mère, celui où la mémoire s'absente et le corps glisse. Le corps est fragile, il se casse... Et tout ceci amène à la dépendance et l'organisation matérielle et humaine que cela impose pour les autres... Et l'attente, la résignation, la résilience, la patience et l'impatience, les nouvelles occupations qui semblent si dérisoires aux valides pour celui ou celle qui avance en âge. Il y a les silences et aussi ces moments où les proches parlent pour ne rien dire, juste par gène ou pour emplir l'espace silencieux. Il y a la pudeur et le respect de la pudeur nécessaire quand vient le moment de faire une toilette. Et puis, il y a des moments magiques qui prouvent que la mémoire n'est pas tout à fait partie, qu'il en reste des choses dans la tête... Ici, lorsque Sophie répond à sa mère par une scène du Misanthrope, et que celle-ci poursuit la scène avec délice et perfection. Grandir est vaste de sujets abordés autour du sujet de la vieillesse, de la vie, de la jeunesse, du miroir qu'offre le parent vieillissant etc. Les responsabilités accrues de Sophie permettent à sa mère une certaine insouciance. Mais il y est surtout question de sagesse, de tendresse et de beaucoup d'amour, quand vient le moment où les enfants prennent soin de leurs parents comme ceux-ci l'ont fait à leur naissance. La différence, c'est que les parents apprennent les gestes aux enfants pour les mener à l'indépendance. Les enfants font ces gestes parce que les parents sont désormais contraints à la dépendance.

Et c'est là vraiment que l'enfant, même s'il est adulte depuis belles lurettes, grandit réellement. En s'ouvrant différemment aux parents, en donnant sans retour, en prenant conscience de toute une réalité, en se questionnant vraiment sur un certain sens de la vie, de la parentalité. En accompagnant sa mère, Sophie va grandir et désormais vivre autrement, supprimant des carcans qu'elle s'était elle-même imposé. Et c'est en vieillissant puis en disparaissant que les parents complètent et achèvent l'éducation de leurs enfants, même devenus grands. Quand la boucle est bouclée.

Tout cela est écrit majestueusement, dans un style vivant et tendre (sans pour autant omettre les difficultés, les moments de découragement etc), sans jamais tomber dans le pathos. Je craignais que cette lecture soit pesante pour moi, en fait, elle fut un moment de grâce, vraiment inattendu.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 1 Juillet 2019

BD - Editions Delcourt - 136 pages - 19.99 €

Parution en septembre 2013

Le sujet :  Douze brèves histoires indépendantes qui abordent les angoisses du nouveau millénaire, de la ville sur l'homme au travers d'introspections étouffantes, de réflexions sur la place de l'Homme...

 

Tentation : Titres et couvS (1ère et 4ème !)

Fournisseur : Bib N°3

 

 

 

Mon humble avis : Y'a de l'idée, y 'a du graphisme, y'a du symbolisme dans cet album, mais rien qui ne me plaise et me divertisse vraiment. D'ailleurs, pas sûre que j'aie saisi tous les symboles, surtout dans les dernières histoires.

Dommage pour moi, car le sujet est évidemment intéressant et ultra contemporain. Ce qui est curieux, c'est qu'il l'était hier et qu'il le sera encore demain... Car bien sûr, nous les terriens sommes toujours au bord de l'apocalypse... qui par on ne sait quel miracle, est à chaque fois reportée au lendemain (symbolique hein !)

Pour les rendre plus crédibles (et logiques), chaque histoire est rendue assez lisse, tant dans les dessins que dans les textes, d'où l'émotion est assez absente. Logique je le redis, puisque cet album décrit notre monde où tout est universalisé, et où l'homme devient beaucoup plus robotisé (ou lobotomisé aussi) qu'humanisé.

Sont traités ici de de multiples sujets, maux de nos sociétés et qui bien sûr, nous emmènent vers notre perte ou notre mutation pour une survie que l'on prend pour la vie.... la pollution sonore, le tout motorisé, le quotidien abrutissant(voiture, embouteillage, boulot, voiture, embouteillage) la pollution mentale, la pollution visuelle de l'univers urbain où l'humain disparaît, le changement climatique qui donne lieu à une bio économie qui se doit forcément d'être lucrative et qui retombe dans les arcanes du capitalisme.

Bref, Tom Kaczynski développe ici, par divers sujets, des mini apocalypses individuelles ou collectives qui, un jour, mèneront bien à la grande...

Le fond aurait pu me plaire, mais la forme ne m'a pas convenu du tout. Peut-être trop d'ingrédients dans le cocktail qui font qu'on ne détermine plus chaque goût... trop "space" pour moi ! Pas assez ludique ni drôle et/ou instructif. Et ce qui y est décrit, je le sais déjà... Donc cet album n'a pas servi a éveillé en moi une certaine conscience de mon inconscience ! Haha ! A vous de voir !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 29 Juin 2019

Doris Lessing , littérature sud africaine, prix nobel de littérature

Roman - Editions J'ai Lu - 96 pages - 5 €

 

Parution d'origine chez Flammarion en 2005

L'histoire : Roz et Lil sont deux amies d'enfance, qui ont toujours tout vécu ensemble, l'une habitant en face de l'autre. Plus tard, l'une a divorcé, l'autre est devenue veuve. Elles ont chacune élevé seul leur fils unique Ian t Tom.

Des années plus tard, Roz, Lil (devenues grand-mères), Tom et Ian et les filles de chacun sont attablés à la terrasse d'un café dominant la baie de Baxter's Teeth. La perfection et le bonheur aux yeux de tous. Soudain, Mary l'une des belle-filles, apparaît ivre de colère...

 

Tentation : Suite de ma découverte de la littérature sud-africaine

Fournisseur : Ma CB

Mon humble avis : Toujours dans ma découverte de la littérature sud-africaine, il m'est apparu que Doris Lessing était une écrivaine incontournable... Effectivement, Prix Nobel de la littérature en 2007, c'est un signe tout de même. Mais bon... Devant l'inconnu, ne prenant pas trop de risque, j'ai choisi son roman le plus fin...

Roman donc très court mais sacrément dense et remuant. Envoûtant et pourtant dérangeant peut-être ?  Amoral ? Oui et non, à vous de voir. Mais l'ouvrage ne se veut absolument pas moralisateur, l'auteure ne prend pas position, elle raconte.

Rien ne dit réellement où se déroule l'histoire... En bord de mer, dans un pays assez grand pour avoir quelques zones désertiques. L'Afrique du Sud ou tout à fait ailleurs, peu importe. Ici, il n'est pas question de couleur de peau, d'Apartheid, ni de fond historique. C'est une histoire universelle, bien que je doute qu'elle puisse avoir lieu dans une nation à la religion extrémiste.

L'écriture est aussi délicieuse et fougueuse, qu'implacable et efficace. L'auteure n'y va pas par quatre chemins et le lecteur apprend très vite ce qui mettra plus tard la belle-fille Mary dans un tel état de colère. Les personnages sont admirablement construits et approfondis et font naître une situation familiale très rare en littérature, voire même peut-être inédite, avec un effet de "miroir filial" très fort. Nous sommes presque en huit clos formé de ce quatuor, les deux mères (qui deviennent grand-mères) et leur fils respectifs. Un quatuor lié à vie, attaché même, qu'il est difficile d'intégré, de séparer etc... Je ne peux hélas plus développer mes explication, sous peine de spoiler.

Ordre ou désordre naturel, le temps et les convenances viendront bouleverser ce faux équilibre, tout du moins en apparence.

Doris Lessing nous livre ici un magnifique portrait d'une amitié hors du commun, fusionnelle, de deux femmes libres et à l'esprit ouvert, mais qui se retrouvent, de leur plein gré, prisonnières d'une certaine situation, de ce qu'elles sont elles-mêmes en fait ? Jusqu'où sommes-nous libres de nous-même ? Quand devenons-nous notre propre piège ? Et peut-on lutter lorsque celui-ci vient du fond de l'âme.

PS : Un film a été adapté très librement de ce roman, sous le titre de Perfect Mothers, avec Robin Wright et Naomie Watts (sorti en 2013) (Pas vu)

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 27 Juin 2019

Roman littérature avis de lecture, blog
Trois jours et une vie, de Pierre Lemaître

Roman - Editions Audiolib - 6h21 d'écoute - 19.40 €

Parution d'origine chez Albin Michel en mars 2016.

L'histoire : Un village de province entouré de forêts. Un jeune garçon isolé des autres. Lui aime construire des cabanes dans les bois alors que les autres sont sur leur play station. Et puis il y a la mort du chien des voisins, renversé par une voiture et que le maître achève d'un coup de fusil, sous le regard traumatisé d'Antoine.

C'est alors que l'enfant du voisin disparaît et ne réapparaîtra jamais. Stupeur dans tous le village, qui y voit l'annonce de catastrophes à venir...

Tentation : Pourquoi pas ?

Fournisseur : Partenariat avec Audible

 

Mon humble avis : Ce qui m'épate avec Pierre Lemaitre, c'est le brio avec lequel il passe d'un genre littéraire à l'autre avec ce qui semble être une facilité déconcertante.... Le thriller, c'est avec Robe de marié que j'ai découvert Lemaître. Puis le roman historique avec "Au revoir là-haut". Et ici, un roman noir sur un fait divers, mais qui n'est ni historique ni thriller. Pas de rythme haletant, ce n'est pas le but, et pourtant, nous voici prisonniers de cette atmosphère pesante, sombre, de cette histoire et de ses personnages. De l'étude que fait l'auteur de chacun des protagonistes, jusqu'à leur profondeur la plus sombre. Les protagonistes individuellement, mais aussi collectivement, puisqu'ils forment un village où certains parlent beaucoup quand d'autres se taisent pour mieux observer. De l'attente, du secret que nous connaissons... Sera ou ne sera pas dévoilé ? Est-il connu d'un autre que nous et du principal intéressé ?

En tout cas, le drame, la situation de culpabilité pesante, un coupable involontaire tellement innocent que l'on partage ses peurs, son désarroi, sur plusieurs époques et donc jusqu'à l'âge adulte. Mais évidemment vient la question de la justice.

Un drame qui dure trois jours mais qui hante toute une vie... Le tout écrit avec justesse et délicatesse par un auteur qui n'a plus à faire ses preuves.  L'émotion est là sans être sur-exploitée. Je pense qu'ouvrir un Lemaitre est une garantie de qualité, et ce, quel que soit le genre littéraire. J'aimerais être une petite souris pour voir sur quoi ce Monsieur travaille actuellement !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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