Publié le 11 Avril 2025

Roman - Editions J'ai Lu - 223 pages - 7.50 €

Parution d'origine chez Grasset & Fasquelle en 2014

L'histoire : Primo romancière à succès , ZsaZsa fuit Paris pour aller étudier la langue des oiseaux dans les montagnes vosgiennes. Elle se replie donc dans un cabane spartiate (mais avec l'électricité et l'ADSL... (Hic) près de la forêt. Dès le premier soir, alors qu'elle allume son ordinateur, elle tombe sur l'annonce étrange d'une Japonnaise qui vend un à un des vêtements d'une grande marque (Comme des Garçons) avec une écriture fascinante. Une relation s'installe entre les deux femmes, qui inspire un roman à l'écrivaine... Jusqu'à Sayo débarque et l'entraine dans une fuite éperdue dans la forêt. Que fuient-elle ?

Tentation : Le titre

Fournisseur : livre offert pour 2 achetés.

 

 

Mon humble avis : Dire que j'ai acheté deux livres pour obtenir ce titre offert qui me tentait beaucoup, inutile de dire pourquoi pour celles et ceux qui me connaissent... C'est le monde à l'envers !

Claudie Hunzinger, je ne l'avais jamais lu. Mais mon coup de coeur pour la BD "Les grands cerfs", inspirée de l'un de ces romans, m'avait fait dire qu'il y avait urgence à cela !

Ai-je choisi le bon titre pour découvrir cette autrice ? Je ne sais pas, mais l'enthousiasme qui a accompagné mon début de lecture s'est effrité.

Pourtant, j'ai beaucoup aimé l'atmosphère vaporeuse, cette idée de retraite solitaire dans une cabane à vivre de peu au contact de la nature, même si, dès le début, une étrangeté ou un anachronisme m'a un peu embêtée... ZsaZsa va étudier la langue des oiseaux... Mais elle part en automne, or en automne la plupart des oiseaux ont cessé de chanter et ne reprendront leur sérénade qu'au printemps... De fait, d'oiseaux il ne sera que très peu question en fait... Je pense que ce titre est surtout une symbolique... Les deux femmes étant quelque part des oiseaux d'espèces différentes, qui, si elles utilisent les mêmes idiomes, ne parlent pas forcément le même langage, et doivent donc s'étudier pour comprendre et s'apprivoiser. L'une faisant plus d'effort que l'autre, qui est plus craintive, plus sauvage sans doute, plus mystérieuse. 

Le style est très fort, ça je l'ai savouré. De même que ces annonces très originales et poétiques pour vendre des vêtements, la description de la nature, les raisonnements intérieurs de la narratrice, tout cela est fort agréable et forme comme un cocon. On se délecte vraiment de certains passages ou phrases.

Mais mon enthousiasme s'est délité devant le nombre de non-dits, surtout sur le personnage de Sayo, et aussi l'aspect répétitif du roman qui traine m'a paru traîner en longueur pour ne plus délivrer/partager grand-chose. Le motif indéterminé de la fuite dans la forêt le demeurera. On reste dans le mystère jusqu'à la toute fin qui nous dit... peut-être n'y a-t-il même pas de mystère... Et moi je me suis dit "tout ça pour ça"... je suis restée sur ma faim, d'autant que la mise en abyme, une fois de plus, d'un roman dans le roman ne m'a pas semblée originale. C'est un procédé que l'on retrouve trop souvent, à mon humble avis... Et pourtant, cela reste le récit d'une belle aventure intérieure.

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0

Publié le 9 Avril 2025

BD -Editions Rue de Sèvres - 87 pages - 20 €

Parution en Mars 2022

L'histoire : Nous sommes en 2113. Grâce au projet DataBrain, les humains disposent à la naissance d'un second cerveau numérique où sont directement uploadées des connaissances et des expériences virtuelles plus vraies que nature. Avec de simples programmes à télécharger, apprendre de nouvelles langues ou même assimiler la totalité du savoir de l'humanité n'a jamais été aussi simple et rapide. Du moins si, comme Constant, on en a les moyens. Mais un jour, à la suite d'un piratage informatique, il s'évanouit et se réveille en forêt, loin de la ville protégée, en ayant perdu tout son savoir et ses souvenirs. Démuni, il est recueilli par Hazel, jeune femme vivant en marge de la société, qui va l'aider à se reconstruire et à retrouver son passé. 

 

Tentation : Le nom de Zep est pour moi synonyme de qualité

Fournisseur : La bib de St Lunaire 

Mon humble avis : "Nous vivons dans une hypertechnologie que presque aucun individu n'est capable de comprendre et de maîtriser... On voulait faire un humain augmenté, on a créé l'humain assisté".

Cette fois-ci, Zep nous a concocté une chouette dystopie, aussi récréative que méditative sur notre condition d'humain dans un monde où l'hypertechnologie s'immisce partout, même dans ce qui était si simple de réaliser avant en quelques gestes... En 2113, les bien nés avec le bon portefeuille et du bon côté des périphériques de la ville protégée peuvent se faire implanter une puce (un cerveau numérique en fait), et ainsi télécharger n'importe quelles connaissances. Bref, ils sont des encyclopédies vivantes et apprendre 12 langues ne leur prend que quelques secondes. Oui mais quand le système buggue ou que des malfaisants hackent le système, rien ne va plus...

Constant va se réveiller vide de tout savoir, même jusqu'à son propre nom... Avec Hazel, il va redécouvrir pas à pas toutes les facultés naturelles spectaculaires du cerveau humain, notamment à travers ses cinq sens. Pour la première fois de sa vie, il va cesser de vivre dans le virtuel pour affronter ou se régaler de la réalité. 

Zep nous dit ici que tout ce qui n'est pas appris patiemment s'efface de notre mémoire. Le reste n'est que remplissage éphémère. Il en est de même pour les expériences, suivant qu'elles soient réellement vécues ou qu'elle soit issue du monde virtuel, comme déjà maintenant un casque sur les yeux vous permet de "réaliser" à peu près n'importe quel défi ou rêve. C'est aussi sans compter sur le coût énergétique de ces "prouesses" scientifiques accessibles qu'à quelques happy-few, laissant les autres dans le dénuement, même énergétique. Zep alerte aussi sur les conséquences d'une humanité qui ne sait plus utiliser son propre cerveau, et qui, à force d'assistanat technologique, risque bien d'être diminué plutôt qu'augmenter. Par exemple, il a fallu à l'Homme des milliers d'année pour apprendre à faire naître un feu, alors que quelques centaines d'années ont suffi à oublier ces gestes, cette capacité. L'Homme n'apprend plus à s'adapter à son milieu naturel depuis 5 000 ans... C'est désormais la technologie qui va modifier le corps humain. Nous pensons évoluer, mais c'est une illusion. Sans la médecine, et donc la science qui nous prolonge, nous sommes moins résistants que nos ancêtres.

Cet album incite l'Homme à se recentrer sur l'essentiel, le vécu et à trouver sa place dans un écosystème où il est inutile, où il ne sert plus à rien qu'à détruire. Et même au coeur de la société l'humain devient de plus en plus inutile... Et l'inutilité, cela mène à la dépression.

Une intrigue parfaitement menée, des personnages complexes et attachants, des dessins agréables, cette dystopie, sur fond d'écologie est une belle invitation à se déconnecter de tout système pour se reconnecter à soi et à la nature, pour ainsi redécouvrir le formidable potentiel de l'union des deux.

Aussi intéressant, qu'émouvant, que distrayant, que nécessaire. A lire ! 

 

Sur ce blog, de Zep : The End , une Histoire d'hommes, Un bruit étrange et beau

 

L'avis de Violette 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

Repost0

Publié le 7 Avril 2025

Avec Marco Luraschi, Jeanne Balibar, Marc Barbé, Phénix Brossard

Synopsis : Ethan, 17 ans, devient apprenti-jockey dans une écurie d’obstacles, l’épreuve la plus violente du galop. Au contact des purs-sangs, il découvre le monde des courses, des paris et de l’argent. Sa passion grandit, sa frustration aussi. Courir pour gagner, mais toujours au service des autres. Bientôt il devra choisir : transgresser les règles ou sauver sa peau.

 

Mon humble avis : Un film imparfait mais très intéressant et diablement prenant !

Commençons par mes bémols : le son... pas toujours bon, des parties de dialogues m'ont échappé. Quand Ethan arrive dans l'écurie, on ne sait pas s'il est familier du milieu équestre... Au début il semble que non, et finalement, il paraît apprendre très vite. On ne sait pas sur combien de temps, d'années se déroule l'intrigue... mais Ethan finit par monter en course un cheval qu'il a vu naître, donc on peut imaginer environ 3 ans... On accompagne Ethan et sa patronne dans quelques hippodromes pour des courses, dommage, on ne sait pas où. 

A part ça, Lads est vraiment un bon film à voir. Déjà, on assiste à la naissance d'un acteur (très très prometteur) en la personne de Marco Luraschi, fils du célèbre Mario Luraschi (dresseur et cascadeur équestre pour le cinéma entre autres). Donc évidemment, Marco est excellent cavalier, mais il se révèle aussi un très bon comédien.... Qui a dû apprendre la "position jockey" pour participer au film.

Lads nous montre ce que l'on ne voit pas souvent, c'est à dire les coulisses du monde des courses hippiques.  Comme le dit le réalisateur, ce sont "les ouvriers des courses" qu'il met en scène et en lumière... Ces jeunes de banlieue populaire qui rêve d'ascension sociale en arrivant à Chantilly, qui rêvent de devenir Jockey... Mais sur 100 d'entre eux, un seul y parviendra, les autres nettoieront les stalles toutes leur vie.

Le film nous met tout le temps sous tension car c'est un milieu où il y a la rivalité. Et qui dit concurrence, dit "tous les coups sont permis". On craint toujours un coup plus méchant que le précédent, une chute etc. Les conditions de vie de ces jeunes sont spartiates et draconiennes. Les courses hippiques et les chevaux capables de les courir coûtent une fortune... Quand il y a autant d'argent à la clé, et bien là aussi, tous les coups sont permis, quel qu'en soit le prix pour l'animal ou pour celui qui le monte...

Ce que montre ce film, qui a parfois presque le ton du documentaire, n'est pas tellement reluisant pour ce milieu impitoyable qui serait en délitement. Mais il y a Ethan, ce jeune plus complexe qu'il n'y parait, qui se trouve et qui devient la lumière, qui reste droit dans ses bottes, ses convictions et son respect pour sa monture. Non, il n'est pas prêt à tout.  Et il nous offre de superbes scènes de complicité avec les chevaux.

Autre "plus" non négligeable, la sublime mais trop rare Jeanne Balibar.

Bref, un film à voir, si vous aimez un minimum les chevaux parce qu'on n'en voit beaucoup. Et en dehors de l'aspect "film engagé", Lads est aussi un très bon divertissement.

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

Repost0

Publié le 4 Avril 2025

Roman - Editions Audiolib - 4h d'écoute - 19.45 €

Parution chez Jean-Claude Lattès en 2022

Mon pitch : Quand Liam rentre de sa chasse dans les forêts montagneuses, il trouve le corps de sa femme morte, tué par un ours. A côté, son fils, Aru est vivant. L'univers de Liam s'effondre et sa seule certitude, est que ce monde sauvage dans lequel il vit n'est pas fait pour un gamin de 5 ans. Alors, il selle deux de ses chevaux et se prépare à un long voyage, pour trouver quelqu'un à qui confier l'enfant...

Tentation : Mon club de lecture

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : Ce qui est sûr, c'est que Sandrine Collette sait nous embarquer... Dans la tête d'un homme, sur sa monture, dans la nature. Même si tout cela est malaisé. Car l'homme est un abrupt taiseux, un homme de bois. Même si l'on écoute avec attention ses monologues intérieurs d'une sincérité absolue, si on les entend, on a du mal à les digérer, tant ils semblent loin de nous... Liam n'a eu cet enfant que parce que sa femme le désirait. Mais lui, un enfant, il ne sait pas y faire, il ne s'en est jamais occupé et le considère à peine comme sien. Un môme seul avec lui n'est qu'encombrement, empêcheur de vivre. Irait-il jusqu'à commettre l'irréparable ? Notre coeur se sert d'effroi en pensant que oui, et l'on se dit : "non pas possible, Sandrine Collette ne peut tout de même pas écrire ça". Non elle ne le peut pas, mais on y a cru. Et pas à pas, cet homme que l'on apprend à aimer aussi, va commencer à devenir père. Liam et Aru vont s'apprivoiser par quelques mots, quelques regards, puis quelques rires. Jusqu'à avoir peur l'un pour l'autre au lieu d'avoir peur l'un de l'autre, pour des motifs différents. Et c'est ensemble qu'ils vont faire face au danger, et celui-ci ne vient pas que de la nature alentour, bien au contraire.

Dans cette immersion en pleine nature, au rythme des pas des chevaux, sous les étoiles, avec pour seul son le bruissement des feuilles, le chants des oiseaux ou celui des loups lointains, Sandrine Collette nous invite à ralentir, à écouter, à regarder, à sentir, le tout dans une langue délicieusement forte, douce, fluide ou rustre selon les moments, poétique souvent, et pourtant épurée. En tout cas, très agréable. Elle interroge la part sauvage et primitive qui reste tapie en chacun de nous, souvent à notre insu, cet insu qui nous fait vite juger l'autre.

Une seule fois il est fait allusion à une téléphone portable, que notre homme des bois ne possède pas évidemment. Sinon, aucun indice n'est donner pour situer cette histoire, ni dans le temps, ni le planisphère... Mais dans ma tête les paysages ont pris un air de Canada profond.

La puissance émotionnelle (mais loin, très loin de toute mièvrerie) de ce roman est intense, tant tout peut basculer à chaque instant.  Elle nous ferre, nous terrasse puis nous apaise enfin. Une histoire puissante sur l'humanité, sa force et sa fragilité, sur la naissance d'un père qui prend aux tripes ! A lire !

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

Repost0

Publié le 2 Avril 2025

Roman - Editions Buchet Chastel - 176 pages - 19.50 €

Parution le 9 janvier 2025

L'histoire : Après une dernière représentation, Agnès, danseuse, tourne le dos à sa vie. Le train d'abord puis des centaines de kilomètres en bus à travers l'Europe en quelques jours et quelques nuits dans des petits hôtels. Dans son sac, la raison de ce voyage... Un livre, qui la relie à quelqu'un qui lui était très cher, mais quelle souhaite aller déposer là-bas, dans un lieu très précis...

Tentation : Le nom de l'autrice que j'aime beaucoup

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

 

Mon humble avis : On l'apprend très vite... Agnès a perdu son compagnon quelques mois plus tôt, sans doute d'une longue maladie. A son chevet, elle lui lisait l'unique ouvrage d'un auteur méconnu, ouvrage portant sur les lettres d'un homme, fou de jardins et de botanique, à sa petite fille née différente. Cet ouvrage prend la moitié de ce roman, puisque celui-ci alterne entre chapitres sur le voyage d'Agnès et chapitres citant des extraits de ces lettres. Ces derniers, écrits en italique, m'ont beaucoup plu et touchée... Tant on sent l'amour de ce père souvent démuni devant les difficultés de sa petite fille et qui trouve souvent remède à celles-ci en emmenant Emma de par les grands jardins d'Europe et en cultivant son propre jardin...

Par contre, je suis restée un peu plus hermétique aux pérégrinations d'Emma et ses monologues intérieurs. Certes, le texte, qui traite de la survivance après la perte d'un être cher, est très beau et majestueusement écrit. Peut-être trop d'ailleurs, dans la mélancolie et la nostalgie, et pas assez dans mes besoins livresques de ces temps-ci. 

La quatrième de couv évoquait un texte lumineux sur la quête de soi, mais cette lumière ne m'est pas parvenue. Certes, ce voyage s'achève sur une belle lumière, mais le chemin pour y parvenir m'a paru sombre et lent. Quant à la morale de cette histoire, je la trouve assez banale...  Gardons nos bagages et nos souvenirs, qu'ils soient beaux et douloureux, car nous sommes la somme de tout cela, et cette somme nous fait grandir... Faisons un royaume de nos blessures... Moi, je me passerais bien de certaines de mes blessures, dont les toutes dernières ne me font pas grandir et ne m'amènent aucune force supplémentaire, juste bonne qu'elles sont à puiser une énergie considérable pour me relever, physiquement et moralement.

Mais, à noter tout de même, Gaëlle Josse nous fait découvrir un lieu très étonnant et tout à fait réel, sis à Zagreb, en Croatie...

Une lecture en demi-teinte pour moi, sans doute parce qu'advenue au mauvais moment dans ma vie. Mais si vous ne connaissez pas Gaëlle Josse, je vous conseille de la découvrir tout d'abord avec les excellents "Le dernier gardien d'Ellis Island, ou encore le très beau La nuit des pères

 

L'avis de Philisime Cave

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0

Publié le 31 Mars 2025

"BD" - Editions Rue de Sèvres - 168 pages - 15 €

Parution en 2018 

Le pitch : Vous n'avez pas encore lu Gatsby le Magnifique ? Vous avez oublié comment se termine Au Bonheur des Dames et ne savez plus de combien de volumes se compose À la recherche du temps perdu ?... Pas de panique, ce recueil est fait pour vous ! Pascale Frey et Soledad Bravi résument en quelques pages de bulles malicieuses vingt grands classiques de la littérature.

 

tentation : Curiosité

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : Je tenais l'accueil de ma médiathèque lorsqu'un usager a rendu cet ouvrage que je ne connaissais pas du tout. Du coup hop, je l'empreinte pour moi... Pour vous dire que lorsque l'on est bénévole en médiathèque, les tentations deviennent XXL et émanent de partout.

Je me suis régalée de cette lecture "BD" avec des guillemets, car nous sommes ici dans une sorte d'hybridation entre le document et la BD. 

Chacun des vingt titres classiques évoqués ici se présente ainsi : un portrait dessiné de l'auteur, quelques lignes sur la genèse de l'oeuvre et son résumé, puis une courte biographie de l'écrivain... C'est d'ailleurs curieux de constater que nombre d'entre eux sont passés par la case "études de droit".

Puis sur deux doubles pages et en seize dessins simples mais évocateurs, annoté de façon souvent très drôle, malicieuse et moderne, nous avons le déroulé du roman, jusqu'à sa chute. Deux oeuvres ont droit à beaucoup plus de pages dessinées : La recherche du temps perdu et les misérables.

Il y a des titres que j'ai déjà lus, et cela m'a permis de me les remémorer... Comme la Princesse de Clèves, Bel ami, l'Amant, Madame Bovary, le Vieil homme et la mer.

D'autres que j'ai évité depuis toujours, et là, l'envie m'a bien été donnée de m'y plonger dans leur format original : c'est le cas des Misérables de Victor Hugo, au Bonheur des dames, les Hauts du Hurlevent.

Et enfin, il y a celui que j'ai toujours fuis et qui restera dans cette case : A la recherche du temps perdu. Cet ouvrage ne m'a toujours pas donné envie de le lire.

Moult raisons donc d'ouvrir "Avez-vous lu les classiques de la littérature" ! Se remémorer, savoir de quoi il en retourne, se donner envie ou non... Et briller en société ! Ces résumés vous permettront éventuellement de faire croire que vous avez lu tous ces incontournables romans et que vous êtes hyper cultivés !!!

Le seul mini bémol... C'est que le résumé de ces livres contient... leur fin. Mais bon, d'ici à ce que je me plonge dans l'un de ces classiques, j'aurais sûrement oublié, et puis ces lectures sont souvent motivées pour le style, la curiosité et combler une inculture.

A noter que 4 autres tomes sont parus depuis celui-ci.

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

Repost0

Publié le 28 Mars 2025

Film de Ken Scott

Avec Leïla Bekhti, Jonathan Cohen, Joséphine Japy, Jeanne Balibar, Naïm Naji

Synopsis : En 1963, Esther met au monde Roland, petit dernier d’une famille nombreuse. Roland naît avec un pied-bot qui l’empêche de se tenir debout. Contre l’avis de tous, elle promet à son fils qu’il marchera comme les autres et qu’il aura une vie fabuleuse. Dès lors, Esther n’aura de cesse de tout mettre en œuvre pour tenir cette promesse. À travers des décennies d’épreuves et de miracles de la vie, ce film est le récit d’une histoire vraie, drôle et bouleversante, celle d’un destin incroyable et du plus grand amour qui soit : celui d’une mère pour son enfant.

Mon humble avis : Ce film est l'adaptation du roman autofiction éponyme de Roland Perez, célèbre avocat... Que je ne connaissais pas du tout ! Je savais qu'il s'agissait d'une histoire vraie, mais ignorais l'aspect adaptation.

Quelle gageure parfaitement réussie que de mener une histoire qui s'étend sur 50 ans en seulement 1h40 de film ! Tout est donc menée tambour battant, sans temps mort, avec une superbe énergie... contagieuse.

C'est un drame qui devient comédie par l'extravagance d'Esther, cette femme optimiste, manipulatrice et sans filtre, qui ose tout, va jusqu'au bout, qui se dévoue corps et âme à ses enfants, et surtout le petit dernier, Roland, né handicapé. Malgré tous les avis médicaux, elle se battra bec et ongles pour que son fils ne le soit plus. Avec un tel personnage, cela donne des scènes bien drôles, d'autant que nous sommes dans une famille juive, avec les expressions, croyances, et traditions qui vont avec. Esther, c'est le genre de mère dont tout enfant rêverait mais dont tout adulte aimerait s'émanciper et s'éloigner, tant elle est collante et veut tout régir. Ainsi, la première moitié du film est sur la relation fusionnelle entre la mère et le fils, et la deuxième partie, sur l'émancipation de Roland devenu adulte. Une mère se bat pour libérer son fils, puis ce même fils se bat pour se libérer de sa mère envahissante. Ce film parle aussi du handicap, mais avec autant de profondeur que de légèreté. C'est aussi un bel hommage à ces mères qui se donnent toutes entières et se battent pour que leurs enfants soient acceptés tels qu'ils sont. 

Il faut dire que le destin de Roland Perez est sacrément démesuré. Par l'acharnement de sa mère à son inclusion, il sera même danseur auprès de Joe Dassin et d'autres stars de l'époque, jouera dans des publicités et des séries etc... Avant de se lancer dans le droit, de devenir avocat spécialisé dans la propriété intellectuelle, et notamment, avocat de stars, dont Sylvie Vartan qui joue ici son propre rôle.

Ce film est donc fait d'émotions et d'humour. Et surtout, il est porté par des acteurs extraordinaires ! Que dire de Leïla Bekhti (actrice que j'adorais déjà et qui était ma motivation pour voir ce film) ! Elle joue (alors qu'elle était enceinte) Esther de ses 30 ans à ses 85 ans. Certes, il y a du maquillage, des prothèses, mais tout de même, cela ne fait pas tout. Il faut être une sacrée artiste de talent pour interpréter un tel personnage... Tout y est... le regard, la démarche etc... Naïm Naji qui joue Roland de 5 à 7 ans et lui aussi très touchant avec ses grands yeux ronds et bouleversant quand il ne peut que ramper dans l'appartement.

Une ode, touchante et drôle, à la vie et aux combats des mères courage qui ont des enfants "différents". Une fresque familiale à voir, assurément !

L'avis de Pascale

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

Repost0

Publié le 26 Mars 2025

Roman - Editions Audiolib- 6h15 d'écoute -18.45€

Parution d'origine chez Albin Michel en 2019

Mon pitch : Ancien libraire, Monsieur Picquier vit maintenant en Ehpad...

Dans sa petite chambre, les 3000 livres qu'il a pu sauver de sa librairie, ce qui ne laissent pas grand place pour le reste. Mais atteint de la maladie de Parkinson qui le rend incapable de lire, Monsieur Picquier ne peut plus que regarder ces livres prendre la poussière. Jusqu'à ce qu'il lie connaissance avec Grégoire, aide cuisinier de l'Ehpad... qui deviendra son lecteur particulier tout d'abord, avant d'étendre ses séances de lectures à d'autres pensionnaires et bien plus loin encore.

 

 

Tentation : Le titre, par-dit un libraire !

Fournisseur : La bib de St Lunaire 

Mon humble avis : D'origine modeste, Grégoire n'a jamais aimé lire et l'école et les études, ce n'était pas pour lui. Aussi trouve-t-il en emploi dans un emploi dans un Ehpad, et devient le larbin du chef cuisinier, jusqu'à ce qu'en servant les repas dans les chambres, il rencontre Mr Picquier, et s'étonne de ces milliers de livres qui "encombrent" sa chambre. Pas à pas, Mr Picquier va initier Grégoire au plaisir de lecture, tout simplement en lui demandant de lui faire la lecture à voix haute.  Ces séances de lectures deviennent une réelle amitié et vont s'étendre à tout l'Ehpad, qui reprend vie, mu par ses rendez-vous et l'impatience de connaître la suite des histoires lues. Dans l'emploi du temps de Grégoire, la directrice de l'Ehpad accepte même d'y inclure ces séances de lectures, vu le bien qu'elles font à tous.

Pour Grégoire, tout cela est une véritable révélation, une ouverture sur un monde immense. Il découvre sa valeur et sa place. Il rencontre et de s'attache à toutes ces personnes qui ont eu une vie avant celle d'un fauteuil dans l'Ehpad.

Pour Monsieur Picquier, c'est l'occasion pour lui de transmettre de nouveau, de, quelque part, poursuivre son métier de libraire... Donner envie de lire, conseiller etc. Il donne, mais reçoit tellement, et retrouve l'étincelle dans ces yeux... Sa fin de vie n'en sera que plus douce... et jusqu'à son dernier souffle il aura été utile.

J'ai un peu décroché dans le dernier tiers, lorsque Grégoire entreprend un certain pèlerinage, peut-être parce que ma vie au moment de cette lecture, ma concentration était mise à mal par la grave agression canine dont j'ai été victime.

Il n'empêche, ce roman humaniste est très agréable à lire et une belle invitation à (re)découvrir certaines oeuvres. C'est un hymne à la lecture, au partage et au respect intergénérationnel, à la transmission. 

Une ode aux vertus de la littérature lue par Marc Roger lui-même, qui dans la vie est aussi lecteur à voix haute professionnel.

Grégoire et le vieux libraire est un livre qui fait du bien.

Par contre, pourquoi ce chat sur la couverture, alors qu'il n'est nullement question de félin dans cette histoire ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

Repost0

Publié le 24 Mars 2025

BD - Editions Dupuis - 128 pages - 26 €

Parution en avril 2024

L'histoire : Exilés au Burundi, Gaby et Ana, enfants métis franco-rwandais, voient leur quotidien joyeux bousculé par la guerre civile. Alors que leur famille se déchire, le génocide des Tutsi au Rwanda voisin vient mettre un terme à leur innocence. D'ailleurs, déjà à l'école, Gaby assiste à une bagarre entre un Tutsi et un Hutu, que rien ne semble pourtant séparer si ce n'est – d'après son père – la forme de leur nez...

 

 

Tentation : Ma lecture récente de Jacaranda, de Gaël Faye

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Ma lecture du roman Petit Pays de Gaël Faye, dont cette BD est une adaptation, remonte déjà à 2019. Pour ne pas faire un copier-coller sur le fond et le sujet, je vous suggère donc lire mon billet de l'époque.

A l'automne dernier, c'est Jacaranda, le 2ème roman de Gaël Faye qui a gagné l'attention et les éloges d'un grand monde, et qui est aussi passé entre mes mains. Ce qui m'a donné envie de me rafraichir la mémoire sur Petit Pays, les deux livres étant somme toute bien complémentaires. Certains d'entre vous ont peut-être aussi vu le film "Petit pays".

Cette adaptation en BD est donc tombée à pic, et je pense que sa sortie quelques mois avant celle de Jacaranda n'est peut-être pas due au hasard. On y retrouve la force et les émotions du roman, le tout en condensé.

Mais le format BD convient très bien aussi pour se souvenir de cette histoire ou pour la découvrir... Car quelque part, c'est le poids des mots (réduits en bulles, donc qui vont à l'essentiel) et des dessins très évocateurs, réalistes et à la lecture bien fluide.

Scénaristes et dessinateurs sont parvenus, avec maestria, à narrer et illustrer l'indicible et l'horreur à travers des yeux d'enfants, tout en aboutissant à un superbe et incontournable ouvrage.

L'absurdité de la guerre à hauteur d'enfant, que la guerre soit déjà de l'Histoire, ou du présent, ou du recommencement de l'Histoire, comme si personne ne retenait les leçons du passé. Aussi bouleversant que le roman.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

Repost0

Publié le 22 Mars 2025

Biographie - Editions Fayard - 342 pages - 20.90 €

Parution en octobre 2024

Mon pitch : Maryse Burgot est un visage et une voix bien connus des journaux télévisés de France 2.  Elle est grand reporter et sillonne la planète pour couvrir les événements dramatiques, politiques etc...

Depuis son enfance dans le milieu paysan breton, en passant par l'école de journalisme de Strasbourg, elle est devenue au fil des années, l'une des figures féminines incontournables du grand reportage français.

Ce livre retrace ces trente années de carrière, à travers des faits majeurs qui forment l'Histoire.

 

 

 

Tentation : Le sujet

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : Par tradition familiale depuis ma jeunesse, c'est sur France 2 que je regarde le journal télévisé de 20h... Aussi, cela fait plus de trente ans que je vois les reportages de Maryse Burgot, que je reconnais sa voix même sans la voir et que grâce à elle, je comprends un peu mieux ce qui se passe dans le monde. Elle est toujours claire, nette et précise... Tout en articulant parfaitement. Et pourtant, ce n'était pas gagné... En école de journalisme, puis dans ces débuts dans le métier, tout le monde lui déconseillait la presse audiovisuelle tant sa voix ne semblait pas adaptée à ce format. Elle y a cru, a suivi quelques séances d'orthophonie et s'est imposée. Le résultat est là : elle est une voix incontournable.

Et pourtant, en début de carrière, elle a connu le pire cauchemar pour un journaliste... Otage 7 semaines à Jolo, aux Philippines, en 2000. Après sa libération et un mois de vacances, elle repartait sur le terrain. Par passion de l'information. Nous la suivons avec ses différentes équipes, nous apprenons comment fonctionne ce métier et toute la chaine humaine indispensable (dont les fameux fixeurs) pour réaliser un reportage au plus près du sujet, que ce soit sur un front de guerre ou dans une ville ravagée par une séisme. Maryse Burgot y va de ces certitudes, de ses convictions, de ses intuitions, de son empathie, de ses doutes, de sa générosité, de ses concessions, de sa curiosité, de son professionnalisme, de ses révoltes, de son impuissance, de sa pugnacité, de sa neutralité, de son infatigabilité. Pour informer, pour témoigner, pour expliquer... Pour que le pire et le meilleur du monde ne reste pas sans trace et dans un puit d'oubli.

Le tout en étant mère de famille... Deux garçons, qui sont toujours sa priorité... Même après avoir échappé à un bombardement en Ukraine, elle décroche à l'appel de son fils qui lui demande comment on cuit le riz... Et elle lui explique cela malgré le coeur qui bat encore à 100 à l'heure.

En 25 années, depuis sa Bretagne natale, Maryse Burgot nous emmène aux Philippines (pour couvrir le commerce d'otages dont elle devient victime), en Haïti (lors du séisme meurtrier de 2010, en Inde (pour entre autres une épidémie de peste), au Kosovo, à New York en 2001, en Asie du Sud Est (en 2005, le Tsunami), en Syrie et en Irak, en Afghanistan pour le retour des Talibans. Elle ne compte pas les aller-retours vers l'Ukraine, puis vers Israël, depuis la fatidique date du 7 octobre 2023.

Entre temps, elle est aussi correspondante à Londres, à Washington (elle y couvrira aussi l'affaire DSK) et sera attachée France 2 à l'Elysée durant 3 ans, à l'époque Hollande. Ce qui ne fut pas son expérience préférée, elle qui piétine devant le protocole présidentiel. Il lui faut du terrain. Et puis il y aura aussi le Covid, et les reportages dans des Ehpad ou les résidents se meurent d'isolement et de solitude...

Tout cela est très intéressant et instructif à lire. Avec cet ouvrage, on revient sur des événements passés mais majeurs que l'on a tendance à oublier (tant l'information est dense et recouvre la précédente). Cela permet donc de se rappeler, et de parfois mieux comprendre ce qui a pu nous échapper à l'époque.

Maryse Burgot est décidément un sacré bout de femme. Mais son livre est éminemment tourné vers l'autres, vers les autres. Elle ne parle pas que d'elle, elle n'oublie jamais ceux qui forment ses équipes, et ses confrères et consoeurs qui font le même métier. Et malgré les horreurs du monde dont elle est témoin, elle rend ici un vibrant hommage à tous ceux qui sont sur le terrain, volontairement ou involontairement...et qui ne lâchent rien. Qu'ils soient journalistes, soldats, victimes, envahis, privés de liberté fondamentale, otages, résistants, soignants, bénévoles, survivants, défunts, résilients. Et malgré les conséquences de la laideur d'une partie de l'humanité qu'elle côtoie, il y a, de temps en temps, une note d'espoir, une lumière. Quelque part au bout du monde, une petite initiative individuelle, une association locale, un mot dit à la bonne personne au bon moment, permettent parfois de sauver quelques vies, dont celles d'enfants innocents.

Aussi poignant qu'instructif, à lire évidemment.

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres autres - divers

Repost0