Publié le 11 Avril 2020

Roman - Editions Audiolib - 3h49 d'écoute - 17 €

Parution d'origine aux éditions du Seuil en août 2017

L'histoire :  En 1935, Edmond Charlot, 20 ans, ouvre une librairie à Alger avec la volonté de promouvoir de jeunes écrivains de la Méditerranée sans distinction de langue ou de religion.
En 2017, Ryad, 20 ans, étudiant à Paris, n'éprouve qu'indifférence pour la littérature. De passage à Alger, il doit vider de ses livres un local, tâche qui est étrangement compliquée par la surveillance du vieil Abdallah.

 

Tentation : La blogo à l'époque de sa sortie

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Aie, j'attendais beaucoup de ce roman... Et finalement, je n'ai pas accroché, il ne m'a pas captée et donc pas captivée non plus.

Pourtant, "Nos richesses" a vraiment trouvé un lectorat charmé et ému par ses pages et éblouis par le style de l'auteure lors de sa sortie il y a un peu plus de deux ans. Ce livre doit être bien, mais pas pour moi, pas en ce moment, ou pas en format audio. Je n'ai pas la réponse.

Nos richesses revient dans l'Histoire, à l'époque ou Edmond Charlot, petit libraire éditeur d'Alger, publie les premiers textes de celui qui deviendra si grand que presque mythique : Albert Camus. Alors oui, j'ai apprécié que mes oreilles soient caressées à l'évocation de telles pointures : Camus, Giono, Gide, Vercors etc. Ce furent-là mes seules émotions de lectrice. Il y avait aussi des noms qui ne m'évoquaient rien.

Certains passages m'ont intéressée et parvenaient à contenir mon attention. Comme les conditions de vie et de l'édition à Alger durant la deuxième Guerre Mondiale, la montée de la gronde, puis la guerre d'indépendance de l'Algérie.Le tout, via le journal imaginaire de Charlot. Mais problème pour moi, j'ai souvent eu l'impression d'écouter une longue liste de dates et d'événements locaux ou internationaux, donnés dans le désordre, entrecoupés par le roman mais qui, au final, me semblait ressemblait à une longue litanie. Je n'ai pas saisi l'utilité ni le rôle réel de certains personnages. L'aspect romanesque de ce livre n'est pas assez approfondi. Ce roman est certainement un bel hommage aux pionniers de l'édition à certaines époques et à ces hommes liés à la résistance. Mais je me suis ennuyée, je ne suis pas le bon public pour ce style littéraire. Bon j'avoue, la toute fin, voire la dernière phrase, m'a surprise en bien et m'a marquée. Une belle pirouette de l'écrivaine.

 

l'avis de Sylire

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

Repost0

Publié le 9 Avril 2020

BD, Bande dessinée , Caravane, Désert, voyage

BD - Editions Boite à bulles - 150 pages - 19 €

Parution en août 2009

 

L'histoire :   Un jeune homme étranger traverse le désert en compagnie de chameliers touaregs. Au cours de son voyage, il apprendra à connaître le vent, le sable, la nuit et surtout la caravane elle-même, immuable et mouvante, suspendue au-dessus du temps.

Tentation : La couv' et le titre

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Cet album est paru tout d'abord au début des années 2000, mais en noir et blanc. La version 2009 est une réédition en couleurs. Ceci le rend peut-être un peu plus attractif au premier abord.

En fait, les dessins sont ultra minimalistes, simplissimes, naïfs. Certaines planches se veulent sans doute hypnotiques, comme peut l'être le désert, la répétition des pas, du quotidien, le rythme lent de la caravane, etc... Bref, cet aspect-lade cet album ne m'a pas séduite. De belles aquarelles auraient tellement mieux habillé le sujet.

Par contre, j'ai beaucoup aimé les magnifiques textes en entre pages et les quelques bulles qui économisent les mots, comme les hommes du désert pour ne dire que l'essentiel. Les textes narratifs sont inspirés et inspirants, même si pas toujours limpides. Méditatifs, poétiques, spirituels, lyriques, philosophiques. Au-delà du voyage dans les dunes du grand erg, cet album offre une odyssée au coeur de l'âme et de soi-même.

Cet album est un hymne au voyage et un bel hommage aux hommes du désert, à leur force, à leur croyance, à leurs légendes. Et c'est aussi une célébration des éléments... La terre, le vent, le sable, l'eau... et quelque part, la caravane, c'est chacun de nous en particulier et dans la multitude.

Narrée comme un conte, cette histoire est aussi une belle parabole sur la vie, qui est aussi une traversée. Car je pense qu'on peut la lire au premier degré (une traversée du désert comme une initiation), mais aussi à un autre degré : le désert et les efforts qu'il impose et tout ce qu'il suppose étant une formidable métaphore de la vie, dans ce qu'elle est dans son entièreté : la douleur et la beauté, la résignation et la révélation au cours d'un long voyage, comme une caravane, qui invite à la contemplation, à prendre son temps, à mûrir à son propre rythme.

"Le fil de la solitude erre dans le désert, la caravane est son fourreau"

"L'homme est ignorant - dit un chamelier - il veut toujours aller plus loin. Le coeur, par contre, est sage : il n'ambitionne que de battre".

"Il n'y a pas de distance dans le désert. Le lointain est dans les sandales du voyageur"

"Le désert - m'explique un guide - change sans cesse. Si tu l'observes bien, tu verras que sa capacité de changement est infinie. C'est pour cela que le désert est éternel".

"La caravane est chose fragile... Ce n'est pas celle qui arrivera qui est partie. Celle d'aujourd'hui n'est pas celle de demain."

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

Repost0

Publié le 7 Avril 2020

thriller, Etats Unis, Echo Park, Michael Connelly, blog, avis, chronique

Polar - Editions Points - 429 pages - 10.70 €

Parution d'origine aux Editions du Seuil en 2007 

 

L'histoire : Depuis 13 ans, l'officier Harry Bosh ressort régulièrement le dossier du meurtre de Marie Gesto et reprend l'enquête. Il espère toujours retrouver l'assassin et le corps de la jeune femme.

Dans un autre service de la police de L.A, un tueur en série juste arrêté avoue parmi plusieurs meutres, celui de Marie. Contre un marché avec les institutions, il se dit près à amener la police auprès des restes du corps.

Le soulagement de Bosh est de courte durée, car il se méfie de cet aveu, un peu trop beau pour être honnête. La suspicion de Bosh se révèle très vite de bon aloi et celui-ci n'est pas près d'aller au bout des surprises, ni de l'horreur (suggérée très ponctuellement mais pas décrite avec complaisance)

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

Mon humble avis : Echo Park (quartier de Los Angeles), est un excellent polar, extrêmement bien ficelé, qui ne manque pas de rebondissements, de fausses / bonnes pistes... qui rende sa lecture addictive et exclusive... C'est un de ses romans qui rend le reste de votre vie secondaire, même si primordial dans la logique des choses... La lecture étant un hobby, elle devrait passer après le reste ! Mais non, pas avec une telle histoire. 

Je ne suis pas une adepte de Connelly, puisque ma dernière lecture de ce redoutable auteur de polars américain remonte à une vingtaine d'année. Mais sa réputation étant, en piochant un de ses opus dans une PAL, on est sûr de ne pas faire d'erreur.

Ici, nous accompagnons Harry Bosh, qui semble être un personnage récurrent de Connelly. J'imagine qu'avec Echo Park, nous croisons des personnages sans doute entrevus dans des tomes précédents ou suivants.

Bon, les descriptions précises de la ville de L.A, pour qui ne la connaît pas du tout et ne peut donc pas visualiser, sont parfois un peu de trop. De même, THE moment qui fait basculer l'histoire et donne un sacré coup d'accélération manque un peu d'originalité pour ce genre littéraire.

Il n'empêche, l'enquête est diligentée de façon captivante et vraiment intéressante pour le lecteur. Nous sommes dans une enquête où presque tous les protagonistes semblent être borderline par rapport à la loi, la légalité. Après, borderline pourquoi pas, si c'est pour que la justice gagne.... A chacun de voir quel chien il choisit de nourrir : le bon ou le mauvais chien que chacun porte en soi.  Le doute peut peser sur chacun d'entre eux, dans cet environnement policier de L.A où corruption et politique ne sont jamais très loin, et parfois très entremêlées. A Bosh de démêler tout cela, de se méfier des apparences, plus ou moins dans les règles de l'art, tantôt chasseur, tantôt proie, mais toujours fidèle à lui-même... Pour le plus grand plaisir des lecteurs.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #thrillers polars étrangers

Repost0

Publié le 5 Avril 2020

Lors de mon voyage en Afrique du Sud, j'ai eu l'occasion de visiter le Chimp Eden (fondé en 2006), du Jane Goodall Institute (créé en 1977)... qui préserve et protège les chimpanzés et par delà, le monde naturel. Le Chimp Eden est donc un lieu de protection, mais aussi de sensibilisation et d'écotourisme.

Cette visite n'est évidemment pas joyeuse ni euphorisante... Le chimpanzé ne vit pas en Afrique Du Sud. Dans ce centre, ce sont donc des chimpanzés parfois venus du monde entier, et sauvés de situations ou de vies abominables. Ils sont récupérés auprès de "propriétaires" peu scrupuleux, de cirques ou de laboratoires par exemples, ou encore dans des réseaux de braconnage.

A l'institut, ils sont tout d'abord soignés et remis en état quand c'est possible. Avant d'être lâché dans un énorme et très vaste enclos ultra protégés dans les deux sens : que l'humain n'infecte pas l'animal de différents virus et bactéries, que l'humain ne risque rien, et que l'humain ne puisse voler les animaux.

Ils sont donc quelques dizaines de chimpanzés à vivre là, dans cet immense enclos, aménagé au mieux pour leur bien être et en fonction de leurs besoins, et où ils sont nourris et soignés si besoin. Evidemment, ces spécimens ne sont plus du tout adaptés ni adaptables à la vie sauvage.

Toutes les femelles portent un implant contraceptif, hors de question de faire naître des chimpanzés en captivité. Mais il y a parfois des râtés, aussi, lors de notre visite, il y avait un tout jeune singe avec sa mère.

 

Notre guide nous a "présenté" quelques chimpanzés présents et nous a conté leur histoire. C'est à pleurer. Tout les chimpanzés sont nommés. Il y a par exemple Charles, Jessica etc...

Je ne sais plus quel est celui qui a vécu l'histoire qui m'a le plus bouleversée... Un chimpanzé qui était la "propriété" d'un tenancier de bar aux USA... Les clients du bar le faisait boire de l'alcool, fumer du cannabis... Avant de pouvoir intégrer l'institut, ce pauvre chimpanzé a dû suivre une intense et difficile cure de désintoxication. Jusqu'où va la connerie humaine ?

Pour en savoir plus sur le Jane Goodall Institute en Français, c'est ici 

Après les chimpanzés : Depuis le lodge où nous logions, cette visite a occasionné un bon trajet en pleine Afrique du Sud, l'occasion de saisir des instants de vie colorée, à travers la vitre du minibus.

Jane Goodall, née le 3 avril 1934 à Londres, en Angleterre, est une pionnière dans les recherches sur les rapports humain-animal et s’investit depuis toute petite dans la préservation de la vie animale sauvage d’Afrique. D’une petite fille rêveuse, Jane a grandi pour devenir une scientifique aventurière doublée d’une activiste. Dre Jane Goodall est aujourd’hui une primatologue, anthropologue et éthologue reconnue à travers le monde entier.

Jane Goodall, née le 3 avril 1934 à Londres, en Angleterre, est une pionnière dans les recherches sur les rapports humain-animal et s’investit depuis toute petite dans la préservation de la vie animale sauvage d’Afrique. D’une petite fille rêveuse, Jane a grandi pour devenir une scientifique aventurière doublée d’une activiste. Dre Jane Goodall est aujourd’hui une primatologue, anthropologue et éthologue reconnue à travers le monde entier.

 Le nombre de chimpanzés a considérablement diminué au cours des dernières décennies : sur une population de plus d’un million en 1900, il n’y en a actuellement qu’environ 300 000 à l’état sauvage sur toute leur aire de répartition en Afrique. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a classé les chimpanzés parmi les espèces en voie de disparition et ceux-ci figurent sur la liste des critères de la liste rouge de l’UICN

Le nombre de chimpanzés a considérablement diminué au cours des dernières décennies : sur une population de plus d’un million en 1900, il n’y en a actuellement qu’environ 300 000 à l’état sauvage sur toute leur aire de répartition en Afrique. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a classé les chimpanzés parmi les espèces en voie de disparition et ceux-ci figurent sur la liste des critères de la liste rouge de l’UICN

Les chimpanzés sont les plus proches cousins vivant de l’homme. Nous partageons avec eux près de 99% de notre matériel génétique ainsi que de nombreux comportements, tels que la compassion, l’utilisation d’outils et l’agression et des hiérarchies sociales.

Les chimpanzés sont les plus proches cousins vivant de l’homme. Nous partageons avec eux près de 99% de notre matériel génétique ainsi que de nombreux comportements, tels que la compassion, l’utilisation d’outils et l’agression et des hiérarchies sociales.

Avec pas moins de 2 000 chimpanzés perdus chaque année à cause du trafic illégal, les communautés de chimpanzés sauvages pourraient disparaître en quelques décennies. Les refuges jouent un rôle essentiel dans la lutte contre le commerce illégal des chimpanzés en permettant aux forces de l’ordre de faire respecter la loi, car les autorités ne peuvent agir efficacement pour sauver les chimpanzés que lorsqu’elles ont un lieu approprié pour recueillir les animaux confisqués.

Avec pas moins de 2 000 chimpanzés perdus chaque année à cause du trafic illégal, les communautés de chimpanzés sauvages pourraient disparaître en quelques décennies. Les refuges jouent un rôle essentiel dans la lutte contre le commerce illégal des chimpanzés en permettant aux forces de l’ordre de faire respecter la loi, car les autorités ne peuvent agir efficacement pour sauver les chimpanzés que lorsqu’elles ont un lieu approprié pour recueillir les animaux confisqués.

Après les traumatismes qu’ils ont subis, les chimpanzés de Chimp Eden ont la chance de vivre dans un environnement sans risque, adapté à leurs besoins et bénéficiant de soins spéciaux et d’une rééducation propice à leur rétablissement complet. Les chimpanzés passent leurs journées dans des enclos semi-sauvages et affiches des interactions sociales et des comportements normaux en tant que membres du groupe, malgré leurs antécédents traumatiques.

Après les traumatismes qu’ils ont subis, les chimpanzés de Chimp Eden ont la chance de vivre dans un environnement sans risque, adapté à leurs besoins et bénéficiant de soins spéciaux et d’une rééducation propice à leur rétablissement complet. Les chimpanzés passent leurs journées dans des enclos semi-sauvages et affiches des interactions sociales et des comportements normaux en tant que membres du groupe, malgré leurs antécédents traumatiques.

 Il existe actuellement trois groupes de chimpanzés différents dans des résidences distinctes dans notre sanctuaire, avec un total de 30 chimpanzés environ. Ces groupes sont déterminés en fonction de l’âge, du sexe et des antécédents des nouveaux arrivants, ainsi que de la dynamique des groupes actuels. L’inclusion aux groupes peut s’avérer être un long et difficile processus, en particulier pour les chimpanzés plus âgés. Lorsque les chimpanzés arrivent à l’âge adulte, ils n’ont pas les compétences sociales qu’ils auraient acquises dans la nature et ils doivent donc être intégrés dans la communauté avec soin.

Il existe actuellement trois groupes de chimpanzés différents dans des résidences distinctes dans notre sanctuaire, avec un total de 30 chimpanzés environ. Ces groupes sont déterminés en fonction de l’âge, du sexe et des antécédents des nouveaux arrivants, ainsi que de la dynamique des groupes actuels. L’inclusion aux groupes peut s’avérer être un long et difficile processus, en particulier pour les chimpanzés plus âgés. Lorsque les chimpanzés arrivent à l’âge adulte, ils n’ont pas les compétences sociales qu’ils auraient acquises dans la nature et ils doivent donc être intégrés dans la communauté avec soin.

UN DIMANCHE EN AFRIQUE DU SUD : AU JANE GOODALL INSTITUTE & SUR LA ROUTE
UN DIMANCHE EN AFRIQUE DU SUD : AU JANE GOODALL INSTITUTE & SUR LA ROUTE
UN DIMANCHE EN AFRIQUE DU SUD : AU JANE GOODALL INSTITUTE & SUR LA ROUTE
UN DIMANCHE EN AFRIQUE DU SUD : AU JANE GOODALL INSTITUTE & SUR LA ROUTE
UN DIMANCHE EN AFRIQUE DU SUD : AU JANE GOODALL INSTITUTE & SUR LA ROUTE
UN DIMANCHE EN AFRIQUE DU SUD : AU JANE GOODALL INSTITUTE & SUR LA ROUTE
UN DIMANCHE EN AFRIQUE DU SUD : AU JANE GOODALL INSTITUTE & SUR LA ROUTE
UN DIMANCHE EN AFRIQUE DU SUD : AU JANE GOODALL INSTITUTE & SUR LA ROUTE
UN DIMANCHE EN AFRIQUE DU SUD : AU JANE GOODALL INSTITUTE & SUR LA ROUTE
UN DIMANCHE EN AFRIQUE DU SUD : AU JANE GOODALL INSTITUTE & SUR LA ROUTE

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyages en Afrique

Repost0

Publié le 3 Avril 2020

La disparition de Stéphanie Mailer, roman, Joël Dicker, avis, blog, chronique

Roman - Editions Audiolib - 18h21 d'écoute - 25.90 €

Parution d'origine aux Editions de Fallois en juin 2018

L'histoire : 2014, dans les Hamptons, Jesse, policier surnommé "100%" (d'affaires résolues), se prépare à une retraite anticipée, pour vaquer à d'autres projets. Sauf qu'une journaliste, Stéphanie Mailer, lui dit qu'il n'est que 99%. Celle-ci enquête en effet sur le quadruple meurtre qui eut lieu 20 ans plus tôt dans la station balnéaire tranquille Orphéa. A l'époque, le maire de la ville, son épouse, son fils et une joggueuse qui passait par là ont été froidement assassinés. L'enquête avait alors été bouclée par Jesse et son collègue Derek. Le lendemain, Stéphanie Mailer est portée disparu... Son corps retrouvé noyé dans un lac quelques jours plus tard. Jesse reporte sa retraite, et avec Derek et Anna, nouvelle recrue policière de la commune, rouvre le dossier empoussiéré... Il y a 20 ans, ils n'auraient pas vu ce qui étaient devant eux, assurait Stéphanie Mailer. Le trio d'enquêteur n'est pas au bout de ses surprises dans cette enquête si mystérieuse qui n'est pas sans danger.

 

Tentation : J'aime beaucoup cet auteur

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Depuis son premier roman (couronné Goncourt), La vérité sur l'affaire Harry Quebert, le succès de Joël Dicker ne se dément pas et chacun de ses nouveaux ouvrages sont des phénomènes éditoriaux (le dernier en date devait sortit le 25 mars dernier (mais vu les circonstances.... on ne sait plus quand), oui, j'ai toujours un livre de retard avec Dicker !)

Je ne suis pas du fan des romans pavés, mais pour Dicker, je fais une exception toujours en format audio... parce qu'il le vaut bien.

Une fois de plus, l'histoire que nous raconte Joël Dicker est passionnante, captivante, addictive. Diablement efficace et magistralement construite et bien pensée. Les personnages sont très nombreux, mais ne conduisent à aucune confusion. Très différents les uns des autres, on ne peine ni à les reconnaître ni à les situer dans le déroulement des faits, d'autant que l'auteur n'hésite pas à faire de courts rappels de temps en temps. Très bon point pour Dicker, le lecteur n'est jamais perdu dans les méandres de l'investigation ! Les pistes foisonnent, parfois n'aboutissant nulle part, se contredisant ou se recoupant à d'autres pour aboutir à la vérité après une enquête tortueuse que l'on suit avec grand intérêt. A de multiples reprises, je me suis envisagée "plus intelligente" ou plus "intuitive" que notre trio d'enquêteurs bien attachant, mais en fait, non. De toutes les solutions que j'avais envisagées, aucune n'était la bonne ! Bref, sur le fond, cette audio lecture m'a enchantée. Oui, mais alors pourquoi pas un coup de coeur ?

Parce qu'avec ce roman ci, j'ai vraiment senti des longueurs inutiles et quelque part lassantes, au point que dans la dernière ligne droite, j'avais hâte d'en finir avec cette disparition de Stéphanie Mailer... Certes, pour en connaître l'issue, mais aussi pour passer à autre chose. Joël Dicker recourt beaucoup aux digressions. D'accord, celles-ci permettent d'étoffer les personnages, en leur donnant véritable passé et destin personnels (etc.), mais est-ce vraiment utile dans cette enquête ? Non. De même, des descriptions comme "elle ferma la portière de sa voiture de la main droite, car dans la gauche, elle portait son gobelet de café encore fumant", m'ont un peu saoulée. 

Revenons sur la profusion des personnages et le style littéraire de l'auteur... Sujets sur lesquels je me suis "interrogée". Les romans de Dicker, tous aussi événementiels les uns que les autres, sont des enquêtes... Et pourtant, ils ne sont pas rangés dans les rayons polars/thrillers des librairies ? Je me demande pourquoi ? Parce que les thrillers sont un genre moins reconnu du monde littéraire, qui attire donc moins l'attention des médias, des Prix ? Ou est-ce la présence de nombreux protagonistes (et leurs histoires personnelles) qui ne sont pas liés à l'enquête qui permet à Dicker de placer son oeuvre au milieu de celles de ses confrères de littérature générale ? Si vous avez votre idée sur la question, je la veux bien.

Quoiqu'il en soit, malgré mes petites réserves sur des longueurs et digressions inutiles, La disparition de Stéphanie Mailer reste un grand roman, excellent... A lire ou à écouter, au choix !

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

Repost0

Publié le 1 Avril 2020

BD, Jérémie Dres, Dispersés dans Babylone, Judaïsme, Ethiopie, rastas, reggae, avis, blog

BD - Editions Gallimard - 184 € - 22 €

Parution en 2014

 

Le sujet :  Pourquoi le reggae fait-il si souvent référence au judaïsme ? Cette question, qui tourne, à l'obsession, entraîne Jérémie Dres d'Addis-Abeba à New York dans une vaste et passionnante enquête, où se mêlent destins individuels et grandes légendes.

 

 

Tentation : Pitch et titre

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Cette BD est foncièrement intéressante et pour qui parviendra à se concentrer et à intégrer tout ce qui y est dit, il y a de forte chance pour qu'elle devienne passionnante.

Parce qu'effectivement, l'album est très dense dans les informations données et pour moi, il a manqué un glossaire pour me rappeler à mon bon vouloir les expressions, termes utilisés pour nommés les différentes branches du judaïsme et mouvements accolés. J'irai même jusqu'à dire qu'un schéma avec groupes, sous-groupes, époques, flèches etc m'aurait bien aidée à sortir de cette lecture vraiment plus enrichie, en y voyant clair quelque part.

J'avoue que cette oeuvre répond à des questions que je ne m'étais jamais posée, parce que j'ignore tant du sujet. Des juifs noirs ? Ah bon... Oui... En fait, pourquoi pas, mais comment.

Le lien entre le reggae, les rastas et le judaïsme ? Cela apparaît très vite si l'on connait l'Histoire du Judaïsme, les 12 tribus, qui passe depuis longtemps et encore maintenant par l'Ethiopie... Haïlé Sélassié, Rastafari etc... Le retour à la terre des origines aussi pour les afro américains etc... Mais cela reste tout de même assez nébuleux pour moi, la BD manquement de clarté et de synthèse finale. Peut-être qu'il me faudrait relire l'album et prenant des note, en composant moi-même un schéma... Mais pas envie.

Il reste tout de même de bons intérêts à cette bande dessinée qui est aussi une quête identitaire personnelle de l'auteur et un questionnement sur ses racines. Je pense que les lecteurs qui auraient déjà de bonnes connaissances sur le sujet apprécieront sans doute plus cette lecture que moi en se sentant moins perdus.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

Repost0

Publié le 30 Mars 2020

La femme qui tuait les hommes, livre, littérature française, avis, blog, chronique, Eve de Castro

Roman - Editions Pocket - 267 pages - 7.20 €

Parution d'origine aux Editions Robert Laffont en janvier 2018

 

L'histoire : En 1909, dans une geôle russe, celle qui se fait appeler Lena Popova attend son exécution, suite aux meurtres de 272 hommes... qui le méritaient, c'est ce qu'elle explique dans une lettre adressée à Vladimir Illitch, le seul qu'elle ait jamais aimé et admiré. Elle a tué pour sauver et libérer des femmes.

A Paris, en 2017, Jeanne une vieille couturière retraitée des opéras de Paris rencontre brièvement Lucie, une jeune fille bafouée dans le métro. Cette rencontre va bousculer la vie organisée de Jeanne. Quelque temps plus tard, Jeanne fait tout pour s'incruster chez Paul, grand écrivain coureur de jupon, et pour lui devenir indispensable ? Quels liens entre tous ces personnages ? Et quel est l'objectif de Jeanne ?

 

Tentation : Titre, pitch et pourquoi pas ?

Fournisseur : Ma CB

 

Mon humble avis : Je n'attendais rien de précis de ce roman, n'en n'aillant pas entendu parler lors de mon achat. Et surprise... Quel livre ! Une merveille, qui m'a apporté tout ce que j'aime, et m'a fait apprécié ce qui parfois me rebute un peu. Bref, un vrai coup de coeur pour ce roman, que j'ai dévoré ! La femme qui tuait les hommes est très habilement structuré et narré, servi par une délicieuse plume et assaisonné de dialogues ô combien savoureux.

Plusieurs histoires indépendantes dans ce texte, qui mériteraient presque un roman chacune. Celle de Lena, qui nous plonge dans la Russie de la fin du 19ème et du début du 21ème siècle. Avec Lena, héroïne hors du commun par sa force tant physique que de caractère et de détermination, nous côtoyons Vladimir Illitch dans sa jeunesse. Le portrait de Lénine dressé ici est comme d'abord alléchant, avant de devenir terrifiant et abjecte au fur et à mesure que ses idées contradictoires avec ce qu'il est et ce qu'il connait de la Russie s'affirment. Elles exploseront, des années plus lors de la révolution Russe de 1917.  Les chapitres consacrés à Lena, sa relation avec Lénine et les conditions de vie du peuple russe de l'époque sont passionnants et enrichissants et questionnent sur le militantisme.

Il y a la vie entière de Jeanne, qui apparaît au fil de roman. Quatre-vingt ans d'une vie difficile qui ont forgé la Jeanne d'aujourd'hui. Jeanne qui semble avoir toujours plus ou moins subi avec résignation, qui s'est en fait construite, dans sa solitude d'invisible, une force et une culture inébranlable...

Et puis il y a Paul, cet écrivain reconnu, sûr de lui, qui consomme les femmes qu'ils pensent consentantes au sort qu'il leur octroie dans sa vie, mais qui peine à retrouver de l'inspiration. Il reçoit une lettre d'une admiratrice qu'il consent à recevoir, pensant vite la glisser sous sa couette. Surprise, cette fan est Jeanne, qui lui propose un drôle de marché : lui devenir essentielle et lui apporter une histoire... Paul lui répond qu'il n'a pas besoin d'elle.

Et Jeanne la discrète, la silencieuse, l'invisible, va réussir. Une relation subtile va s'instaurer entre elle et son protégé et celle-ci va prendre des formes succulentes pour le lecteur. Vraiment, cette Jeanne est aussi un personnage hors du commun, ce genre de personnage que l'on n'oublie pas... Au point que l'on en n'oublie tout de même qu'elle doit bien nourrir un objectif secret et personnel... Oui, mais lequel... Mystère et suspense sont aussi présents dans cette lecture qui  s'achève autant en finesse qu'en point d'orgue.

Lena fait sa révolution dans un pays dévasté par la grande famine... Plus de cent ans après, Jeanne entame sa révolution dans un pays en colère, où les femmes violentées commencent à prendre la parole et à dénoncer... Un roman très actuel en fait... Où tel est pris qui croyait prendre...

Un régal addictif que ce roman au souffle romanesque indubitable, qui nous est offert par une vraie et talentueuse conteuse d'histoire, Eve De Castro.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0

Publié le 28 Mars 2020

Roman, littérature, Niels Labuzan, Ivoire, Botswana, avis, chronique, blog, exploitation animale, protection animale, braconnage conséquences

Roman - Editions JC Lattès - 349 pages - 18 €

Parution en janvier 2019

L'histoire : Au Botswana, dans le delta de l'Okavango, Erin (Européenne) dirige une concession (réserve) privée. Avec Bojosi son bras, (ancien braconnier), elle protège et surveille ainsi la faune locale et sauvage d'une main de fer. Mais dans son idéal, ce n'est pas assez. Elle veut participer pleinement à la compréhension du fonctionnement du trafic d'ivoire, à tous les stades, et remonter jusqu'à la source : le consommateur, l'acheteur, le client. Aussi, avec le soutien du ministère de la faune sauvage du Botswana, elle se lance dans un projet aussi fou que dangereux : à Paris, deux fausses défenses, dont la contrefaçon est indécelable. Au coeur de ses défenses, une puce électronique. Une fois ces deux défenses intégrées dans le réseau des braconniers, Erin suivra leur chemin... Même si c'est un chemin sans foi ni loi, qui mène à un milieu d'une violence extrême.

Tentation : Le sujet

Fournisseur : Bib N°1

 

Une immersion dans le monde du trafic d'ivoire.

Mon humble avis : Quand un livre nous fait de l'oeil deux fois de suite à la bib', on se dit : je prends, tant pis pour ma PAL. Surtout que le sujet et le lieu de l'intrigue répondent à mon intérêt particulier qui dure depuis un an : période pré et post voyage en Afrique du Sud.

Cette lecture fut émotionnellement très dure pour moi. En effet, Niels Labuzan nous propose une immersion sans filtre au coeur des réseaux de braconnage, du trafic d'animaux sauvages, et principalement celui des défenses d'éléphants, de l'ivoire. Le lecteur n'est pas épargné, tant dans la description révoltante de certains charniers de plusieurs centaines de bêtes, que dans la violence humaine qui règne dans ce type de réseau. La prise de conscience n'est pas nouvelle pour moi, mais son ampleur, si. Ces si nombreuses ramifications sont ahurissantes et les chiffres donnés par l'auteur, qui s'élèvent à plusieurs centaines de tonnes de défenses agissent comme des électrochocs. Ce roman est extrêmement documenté. D'ailleurs, le sujet n'est mis sous forme de roman que pour toucher le plus grand nombre et immerger le lecteur. Un roman permet de dire parfois bien plus qu'un essai ou un documentaire. En lisant Ivoire, on se rend bien compte des différentes façons de penser des protagonistes sur place, que ce soit dans les défenseurs ou les tueurs d'animaux. Cela apporte donc une "humanité". Et quand il y a hommes, il y a complexités, différences culturelles, sociales, financières. Il y a vie dans l'opulence et extrême pauvreté. Ainsi, lorsqu'on lit ce roman, on se trouve presque obligée à plus d'indulgence envers le petit braconnier au fond de sa savane (cela ne veut pas dire que l'on excuse ou encense, loin de là), mais on réalise la complexité de la situation. Le petit braconnier n'a aucune conscience de la situation dramatique de certaines espèces animales, et il ne pense qu'à ce soir. Là où les défenseurs, les institutions internationales de protection et nous autres, européens dans nos canapés à regarder des reportages télés, pensons à l'avenir, dans 10 ans, dans 20 ans. 

Dans ce réseau d'exploitation animale, chaque niveau ignore ce qu'il adviendra des défenses qu'il fournit, chaque niveau ignore d'où proviennent les défenses qu'il transporte. Ce sont des véritables mafias qui règnent par la terreur sur leur sujet. Et bien sûr, à quasi chaque niveau (depuis certains rangers sous payés), jusqu'aux Etats (pas forcément directement concernés hein !), en passant par les douanes, les transports maritimes ou aériens, j'en passe et des meilleurs, il y a de la corruption.

Tout cela pour que des chinois puissent soi-disant perpétrer leur culture, à savoir posséder une défense sculptée chez eux, ou d'autres objets fabriqués avec d'ivoire... Et à savoir que nombre de ses chinois ignorent même que la défense provient d'un animal tué juste pour celle-ci, certains ne sachant même pas que les défenses ne tombent pas seules, qu'elles ne poussent pas dans la terre, ou qu'elles ne sont pas le fruit d'un arbre.   C'est un commerce particulier, en constante mutation... où c'est la demande qui fait l'offre, et non le contraire. Bref, tout cela est à pleurer. Et de là où je suis, je me trouve bien impuissante.

A savoir que l'Europe et les institutions internationales de protection des animaux sauvages ne sont pas en reste au niveau de l'hypocrisie et/ou de l'ignorance. Par exemple, dans la liste noire des pays braconniers, le Soudan ne figure pas, car il ne possède pas d'éléphant sur son territoire. Alors qu'il est une véritable plaque tournante du trafic d'ivoire. Par contre, dans cette protection et le combat contre le braconnage, le Botswana fait figure d'image.

J'ai eu parfois un peu de mal avec le style de l'auteur qui m'a semblé un peu irrégulier. Des pages et des pages se lisent toutes seules d'une écriture agréable et fluide, quand d'autres hachées, avec une ponctuation qui m'a parue aléatoire ou maladroite, des phrases qui n'en sont pas, sans verbe, sans fin, sans début. Trop implicite pour moi.

Il n'empêche que ce roman glaçant, éprouvant émotionnellement est vraiment à lire pour comprendre la complexité de ce commerce, qu'il soit licite ou illicite, et surtout saisir son étendue (géographique), son amplitude (dans le nombre effroyable d'animaux concernés) et ses conséquences : extinction prochaine de certaines espèces et mutation de quelque une... Et oui, vous l'ignoriez souvent mais les éléphants ont des défenses de moins en moins grandes... Pourquoi, la réponse est dans ce roman incontournable, même s'il vous bouscule. Car ici ce ne sont que les personnages qui sont fictifs (mais sans doutes inspirés de personnes existantes), tout le reste est hélas bien réel.

 

"Elle en a peut-être trop fait. Incapable de se rendre compte du moment où il faut accepter de perdre. Le tout est de bien choisir son engagement, et de prendre conscience de ses propres limites, elle a cru qu'elle n'en n'avait pas... Elle n'a pas suffisamment écouté." (Pensée d'Erin)

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0

Publié le 26 Mars 2020

Album, BD, Fabcaro, Moins qu'hier et plus que demain, avis, chronique, blog, humour

BD - Editions Glénat - 64 pages - 12.75 €

 

Parution en mai 2018

Le sujet : Acceptez-vous d’être débordés par les tâches du quotidien ? D’aller déjeuner chez vos beaux-parents chaque premier dimanche du mois ? De mettre une liste sur le frigo pour savoir qui fait quoi dans la maison ? Et d’avoir des idées divergentes sur l’éducation de vos enfants ? Alors félicitations, vous voici unis par les liens d’un mariage précaire et conflictuel !

Auteur du désormais culte Zaï Zaï Zaï Zaï, Fabcaro nous offre dans ce nouvel ouvrage un portrait acide et décomplexé des relations de couple. Situations cocasses, moments absurdes, incompréhensions, quiproquos, confidences sur l’oreiller... une série de strips qui nous fait autant méditer sur la société que sur nous-même mais qui, surtout, n’oublie jamais de nous faire rire.

 

Tentation : Nom de l'auteur et sujet

Fournisseur : La bib N°1

 

Mon humble avis : Comme j'avais adoré Zaï Zaï Zaï Zaï de Fabcaro dont je garde un souvenir mémorable, je me régalais d'avance devant cet album... Qui n'a pas eu le même effet sur ma petite personne.

Certes, c'est décalé, caustique à souhait, cynique, cocasse et parfois drôle. Oui, parfois ! Fabcaro met en scène une situation par page et ces situations minutées forment une journée une fois regroupées. Toutes des saynètes ne m'ont pas forcément fait rire, certaines sont tombées à plat pour moi, qui manque peut-être d'humour. Je me suis par contre franchement amusée du seul personnage vraiment récurrent, qui ouvre et qui clôt l'album, dans la même position et le même état d'esprit : dans son lit, en attendant toujours que sa copine Géraldine (eh oui !) revienne de la boulangerie, au bout de plus de vingt quatre heures ! Il préfère imaginer 36 raisons que de se rendre à l'évidence !

Bref, Fabcaro passe au vitriol le couple et sa routine et ses désillusions. Et oui, Mars et Venus ne sont vraiment pas faits pour se comprendre. Le fossé de communication qui le sépare est devenu un gouffre ! Derrière l'humour cynique et des dialogues percutants, l'analyse de notre époque, complètement dysfonctionnelle, reste intéressante, mais l'ensemble m'a semblé trop inégal pour me séduire autant que Zaï Zai... Agréable, vite lu, mais vite oubliable quant à moi !

 

L'avis de "Lectures sans frontières"

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

Repost0

Publié le 24 Mars 2020

Les guerres intérieures, roman de Valérie Tong Cuong, rentrée littéraire 2019, avis, blog, culpabilité, responsabilité

Roman - Editions JC Lattès - 238 pages - 19 €

Parution le 21 août 2019, RL sept 2019

L'histoire : Pax est un acteur mature... mais de seconde zone. Un jour, le miracle arrive enfin : un rendez-vous immédiat avec un immense réalisateur américain. Avant de s'y rendre, Pax passe vite fait chez lui pour se changer. Il entend alors des bruits brutaux inhabituels provenant de l'appartement au-dessus du sien. Il s'interroge, s'inquiète mais passe outre : le rendez-vous et sa future réussite avant tout.

Quelques jours plus tard, il apprend qu'une agression a eu lieu dans son immeuble et qu'Alexis, une jeune étudiant, a été laissé pour presque mort.

Dans les semaines qui suivent, les aléas de la vie l'amènent à rencontrer la mère d'Alexis, dans un tout autre contexte. Commence alors pour Pax un réel combat intérieur : la culpabilité, le mensonge, la rédemption possible ou pas...

 

tentation : La blogo

Fournisseur : Bib N°1

 

 

Mon humble avis : Lors de la rentrée littéraire de septembre dernier, les avis sur ce roman se sont multipliés : nombreux étaient élogieux, d'autres mitigés. Quand je suis "tombée" sur ce titre lors de mon dernier passage à la bib, je l'ai saisi, et aussitôt lu, aussitôt dévoré. Bref, j'ai adoré cette histoire marquante et la façon dont elle est traitée.

Valérie Tong Cuong évoque magistralement, avec une plume soignée, délicate mais on ne peut plus fluide notre société actuelle, ses déviances, ses antagonismes.... Depuis un certain temps, l'individu oublie le plus souvent sa responsabilité collective et citoyenne. L'aide à autrui passe après une longue réflexion sur les risques (majeurs ou mineurs) qui en découlerait. De plus, il est mal vu de s'occuper des affaires des autres, ce qui est considéré comme une intrusion déplacée... Sauf qu'en même temps, tout le monde étale sa vie sur les réseaux sociaux. Seuls les drames collectifs réunissent les êtres. Les drames individuels ne sont pas les problèmes des autres. On s'insurge contre le sort des migrants qui se noient en Méditerranée mais celui du SDF que l'on croise régulièrement "indiffère" par confort, parce que trop près de nous, rendant bien plus facile le potentiel coup de main par exemple. Les guerres intérieures est donc un roman sur la lâcheté, l'indifférence contemporaine lorsque l'on est directement concerné...

Ici, elle est mise en scène dans un climat général anxiogène (les attentats, les 2 jeunes femmes qui se font poignardées sur un quai de gare) et dans le quotidien de 3 personnages principaux. Pax, celui qui ignore les bruits  suspects et violents dans l'appart , habité de puis peu, au-dessus de chez lui... Ces bruits sont ceux de l'agression gratuite du jeune Alexis, qui sera presque laissé pour mort. Pax tait à la police qu'il a vu, de dos, un homme descendre les escaliers. Puis Pax rencontre accidentellement et sans le savoir la mère d'Alexis. Une relation intime naît entre les deux adultes... Une relation qui prend forme sur une énorme omission et qui double d'intérêt lorsque l'on apprend qu'Emi, la mère  d'Alexis, vit une situation de responsabilité non assumée, une culpabilité similaire à celle de Pax. Lorsque Pax rencontrera Alexis, il n'aura de cesse de tenter de réparer sa lâcheté, de redonner à Alexis le goût de la vie. Mais est-ce suffisant pour trouver la rédemption, effacer cette culpabilité qui envahit toute la vie ?

La lâcheté, la culpabilité, l'individualisme, la torture des cas de conscience (les fameuses guerres intérieures), la société dévoreuse des hommes sous prétexte de la rentabilité, les conséquences d'un traumatisme, voici tous les sujets que ce magnifique roman aborde avec délicatesse, émotion maîtrisée, et qui a la maestria de constater plus que de juger. Un roman qui invite à retrouver l'humanité collective et individuelle. Je conseille sans retenue !

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0