Publié le 13 Octobre 2022

Policier - Editions Gallimard écoutez lire - 4 h d'écoute.

Publication d'origine en 1940.

L'histoire : N'ayant trouvé d'autre consolation que le vin depuis que sa femme l'a quitté, l'avocat Hector Loursat a cessé de plaider. Il vit à Moulins, dans une grande maison aux trois quarts inhabitée, avec sa fille Nicole qu'il n'aime pas. Un soir, tout son univers bascule : il découvre un inconnu qui vient d'être assassiné. C'est la révélation de toute la vie secrète de Nicole...

Tentation : Pourquoi pas ?!

Fournisseur : Bib de Rennes... Donc ma PAL audio !

 

Mon humble avis : Un Simenon sans Maigret. Un Simenon que j'affiche comme un policier mais qui n'en n'est pas vraiment un. On assiste à une succincte enquête d'un avocat, dont la plus grande partie nous reste cachée... et à son formidable retour sur scène lors du procès ! Mais l'aspect caché de l'enquête et donc du raisonnement et de déduction de l'avocat est un peu frustrant.

Les inconnus dans la maison est avant tout un roman atmosphérique. C'est la solitude, l'alcool, la province à la fin des années 30 que Simenon décrit à la perfection. On "sent' tout ! L'ennui, la gêne, l'alcool, l'odeur, le silence entre les personnages etc.

L'intrigue de fond ne m'a pas particulièrement passionnée, peut-être parce qu'elle date un peu. De plus, j'ai eu du mal à la suivre... Les personnages sont très nombreux, difficiles de se retrouver dans cette bande de jeunes, dont certains ont comme nom de famille un prénom, et que Simenon évoque tantôt par le nom, tantôt par le prénom... J'ai mis du temps à comprendre, donc j'ai dû louper certaines subtilités de l'histoire.  D'autant que j'ai lu ce titre dans son format audio... dans ma voiture. Et qu'en cours de lecture, j'ai eu un accrochage avec ladite voiture et un portail, et que ma clé USB est restée dans ma voiture, 4 semaines au garage... Donc contexte pas idéal j'en conviens.

Cependant, je dois avouer que cette version audio est bien sympa, qu'elle correspond parfaitement au côté un peu désuet de l'époque décrite. Douze comédiens se succèdent, il y a les bruitages, les tics tacs d'une vieille horloge, le volume de la voix des personnages varient en fonction de leur position supposée dans la pièce etc. J'ai eu comme l'agréable sensation d'être au théâtre en fait ! Mais un théâtre lent ! Si vous cherchez du rythme et des rebondissements, passez votre chemin !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Thrillers - polars français, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 11 Octobre 2022

Roman - Editions Notabilia - 215 pages - 7.50 € 

Parution Notabilia 2021 (Poche 2022)

L'histoire : Ce matin là, sa voiture ne démarre pas. Ce ne pourrait être qu'un agacement, mais pour Clara, c'est comme la fissure d'un barrage... de l'eau, l'inondation, la noyade... Le Burn Out. Des mois la tête sous l'eau, jusqu'à ce qu'une envie revienne, une étincelle, une lumière...

Tentation : Nom de l'auteur et blogo

Fournisseur : La déchetterie (hé oui !)

 

 

 

Mon humble avis : Ma vie de lectrice change. Il fut un temps où je ne pouvais lire que des romans neufs et qui m'appartiendraient à jamais. Et là, j'ai lu un exemplaire trouvé à la déchetterie, dont les pages étaient gondolées et piquées de moisi... Certains livres sont vraiment malmenés. Mais malgré son apparence peut attirante, ce roman a eu comme un effet magnétique sur moi... Je l'ai dévoré autant que j'ai pu, j'avais toujours très envie de m'y replonger.

Et pourtant, je reconnais que le sujet (dépression et burn out) peut être rebutant pour certains, comme à priori pour moi d'ailleurs, maintenant que je me suis sortie de cette spirale qui semblait infernale. Et bien en fait, le texte de Gaëlle Josse est doux, et assez lumineux dans un sens.

Nous accompagnons Clara, trentenaire comme il en existe des centaines de milliers... Un petit ami, un travail valorisant dans une société de crédit, et même une récente promotion. Voilà pour la façade. A l'intérieur des murs, une vie contrariée dix ans plus tôt et un changement de direction, d'axe, loin des projets d'origine. Et puis l'usure, la fatigue du sourire de circonstance, de l'obéissance aux injonctions professionnelles et sociétales de notre époque.

C'est donc la noyade pour Clara, dans un tourbillon qui l'emmène dans le fond. Cela n'est pas pesant à lire, car c'est très humain, on a tous eu droit à cet état ou on l'a tous frôlé. Et Gaëlle Josse a un talent incommensurable pour décrire avec une finesse extraordinaire cette période où tout s'écroule, où plus rien ne nous anime, plus aucune envie, même pas la faim. Et l'entourage qui ne comprend pas, ne supporte pas, impuissant qu'il est. Tout de devient étranger, même soi-même. Mais le burn out, c'est aussi une situation où l'on regarde plus autour de soi, pour essayer de comprendre, de trouver, de se retrouver une place dans cette violence sociétale que l'on subit, notamment dans le monde du travail, et qui nous amène à agir à l'encontre de nous-même, à nous maltraiter, à nous violenter. Tout cela est parfaitement analysé par Gaëlle Josse, tout comme le retour d'une première envie : un bouquet de tulipe, qui sera suivi d'un besoin de voir la mer, et d'une invitation à la campagne... Petit à petit, une renaissance à soi-même et au monde, mais pas tout à fait celui d'avant, celui que l'on choisit en conscience, calmement, en liberté, par envie. Car oui, le Burn out peut ou la dépression, aussi douloureux soient ils peuvent être une occasion de repartir dans la bonne direction, sur le bon axe, celui de l'équilibre.

Ce matin-là est magnifiquement écrit, avec une poésie et des couleurs qui apaisent le lecteur et rendent ce texte doux à lire et prétexte à s'interroger sur ce qui est essentiel et vital pour nous, tout en se respectant. Une histoire, celle de Clara, qui montre que pas à pas, il est possible de se réinventer, en puisant dans ce qui fait notre base et notre ADN, même si la vie nous a parfois obligé à oublier nos envies, nos projets, on peut toujours y retourner, même des années plus tard. C'est un texte littéraire, qui n'est pas fait pour être brut de pomme et plombant, mais beau et humain.

Je suis très contente des moments passés avec la sublime plume de Gaëlle Josse, que j'avais perdue de vue depuis quelques années.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 9 Octobre 2022

Poursuivons le carnet de mon voyage au Kenya en avril dernier ! Nous voici maintenant dans le parc d'Amboseli, au pied du majestueux et mythique Kilimanjaro... qui culmine la savane du haut de des 5 895 mètres d'altitude.... et de des non moins fameuses neiges, qui hélas, fondent un peu plus chaque année.

Là où je suis, je suis déjà à environ 2 000 mètres d'altitude. Et entre moi et le Kilimanjaro, il y a la frontière tanzanienne.... Puisque oui, le Kili est en Tanzanie !

Le parc d'Amboseli fait 395 km², et il est classé réserve de biosphère mondiale de l'UNESCO.

En langue locale (dont j'ai oublié le nom), Amboseli signifie "poussière qui bouge"... Et effectivement, lors de notre premier safari, nous avons essuyé une tempête de poussière / sable.

Amboseli, c'est de la savane, un lac (souvent à sec), marécages, étendues désertiques et poussiéreuses, oasis verdoyants... Ecosystèmes variés... d'où une flore et une faune riches et variées.

Nous avons eu le bonheur d'observer de tous jeunes guépards, âgés de quelques mois, avec leur mère.

Nous avons eu le bonheur d'observer de tous jeunes guépards, âgés de quelques mois, avec leur mère.

Guépards "family"

Guépards "family"

Guépards "family"

Guépards "family"

UN DIMANCHE DANS LE PARC D'AMBOSELI 1/2
Il y aurait près de 1500 éléphants dans le parc d'Amboseli. Sur les photos "rosies", c'est l'effet tempête de poussière.

Il y aurait près de 1500 éléphants dans le parc d'Amboseli. Sur les photos "rosies", c'est l'effet tempête de poussière.

Eléphants

Eléphants

Zèbres

Zèbres

Zèbres et gnous

Zèbres et gnous

tempête à l'horizon, elle nous est venue droit dessus, donc on a fermé le toit et toutes les fenêtres du minibus un moment !

tempête à l'horizon, elle nous est venue droit dessus, donc on a fermé le toit et toutes les fenêtres du minibus un moment !

Le roi de la jungle !!!!

Le roi de la jungle !!!!

Le Kobus, aussi appelé Cobe à croissant, waterbuck ou antilope sing-sing !

Le Kobus, aussi appelé Cobe à croissant, waterbuck ou antilope sing-sing !

Zèbres

Zèbres

Zèbres et gnous, dont un petit qui tête sa mère.

Zèbres et gnous, dont un petit qui tête sa mère.

Lorsque l'on est arrivé dans le parc d'Amboseli, le Kilimanjaro était invisible, camouflé sous un épais manteau de nuages. Le guide nous a dit qu'il arrivait parfois que le Kilimanjaro ne se découvre pas plusieurs jours durant. Puis pendant le 1er safari en fin d'aprem, grâce au vent, nous avons pu apercevoir des portions de neige. Et le lendemain matin , il était parfaitement découvert :) Ouf !

Lorsque l'on est arrivé dans le parc d'Amboseli, le Kilimanjaro était invisible, camouflé sous un épais manteau de nuages. Le guide nous a dit qu'il arrivait parfois que le Kilimanjaro ne se découvre pas plusieurs jours durant. Puis pendant le 1er safari en fin d'aprem, grâce au vent, nous avons pu apercevoir des portions de neige. Et le lendemain matin , il était parfaitement découvert :) Ouf !

Le Kilimanjaro ! Le mythe, un vieux rêve ! J'y suis !!!

Le Kilimanjaro ! Le mythe, un vieux rêve ! J'y suis !!!

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyages en Afrique

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Publié le 7 Octobre 2022

Roman - Editions Folio - 244 pages - 7.80 €

Parution Folio Juin 2022 (Gallimard 2020)

L'histoire : Léo a disparu depuis 6 mois, suite à une bonne dépression elle même liée à un accident de dentiste qui l'a laissé défiguré pour un moment ou plus.

Nul doute que Léo s'est réfugié dans un monde meilleur, celui des séries télé... dans une chambre noire sans fenêtre ni miroir. Des épisodes à longueur de journée, toute la nuit, jour après jour... Des centaines de personnages à voir sans être vu.

 

Tentation : la 4ème de couv'

Mon fournisseur : Ma CB

 

Mon humble avis : Titre et 4ème de couv' m'ont tellement intriguée que j'ai acheté ce livre direct, d'autant qu'il y était promis une bonne dose d'humour et d'imagination. Je m'attendais donc à l'éclate totale pour quelques heures... qui se sont éternisées en bien plus d'une semaine, tant j'ai peiné à atteindre la dernière page, peu motivée que j'étais à retrouver les X personnages, qu'ils soient héros, anti héros, ou les deux, narrateur...

Bref, je me suis emmêlée dans cet imbroglio de fictions, de fiction dans la fiction, de roman dans la fiction et de roman fictif !

Augustin Trappenard évoque ce livre comme " une déclaration d'amour à la fiction sur toutes ses formes". Par moments oui, mais ce n'est pas flagrant, peut-être juste avec le personnage de l'écrivain et du riche homme d'affaire la semaine / pauvre le week-end. 

Certes, Tonino Benacquista évoque notre rapport aux personnages... ici ceux de séries télévisées qui s'étirent en épisodes et en saisons... Ces personnages qui nous deviennent intimes, que l'on connaît mieux et pour qui l'on s'inquiète bien plus que pour nombre de personnes dans notre entourage quotidien. Moi j'ai plutôt vu dans ces pages un doigt pointé vers l'addiction qu'entrainent ces séries, et les vies vécues par procuration plutôt qu'à l'air libre.

Evidemment, et heureusement, il y a la plume de Tonino Benacquista et quelques envolées fulgurantes qui rattrapent l'intérêt déserteur pour quelques lignes qu'on trouve excellentes, avant de repartir dans l'embarras et l'ennui dans ces bribes d'histoires. Elles se suivent et s'intercalent sans cesse et n'ont semblé, à mes yeux, ne mener nulle part, en tous cas à aucune conclusion limpide mais à un "tout ça pour ça" ! C'est peut-être pour reproduire la frénésie saisonnière des spectateurs de séries que Bénacquista a mené ainsi son roman... Mais pour moi, en version lecture ce fut assez indigeste. Dommage, l'idée me semblait originale et très prometteuse...

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 5 Octobre 2022

Film de Lauriane Escaffre et Yvo Muller

Avec Karine Viard, Grégory Gadebois, Noée Abita

Synopsis : Maria est femme de ménage. Mariée depuis 25 ans, réservée, timide et maladroite, elle ne quitte jamais son carnet à fleurs dans lequel elle écrit des poèmes en secret. Lorsqu’elle est affectée à l'École des Beaux-Arts, elle rencontre Hubert, le gardien fantasque de l'école, et découvre un lieu fascinant où règnent la liberté, la créativité et l'audace... Dans ce monde si nouveau, Maria, qui a toujours été dévouée et discrète, va-t-elle enfin se laisser envahir par la vie ?

Mon humble avis : Un "petit" film que j'aime... Qui n'élude pas les difficultés de la vie ni les aberrations de nos sociétés, mais qui offre un oeil différent, qui aère les couloirs d'une fraicheur bienvenue, et qui donne envie de s'envoler. Bref, un film qui détend, divertit, amuse gentiment avec délicatesse et finesse sans en faire des caisses mais qui nous enserre subtilement. Les dialogues font sacrément mouche, et tant dans le visuel que dans les situations, Maria Rêve est parsemé de jolies trouvailles, touchantes ou drôle.

On ne peut qu'admirer encore une fois l'énorme talent de Karine Viard, très émouvante dans le rôle du femme gauche, timide, réservée, recluse, voire éteinte dans sa petite vie sans couleurs. On sent et on voit vraiment la transformation du personnage, ne serait-ce que dans sa démarche etc... Karine Viard, via Maria, nous montre parfaitement qu'il n'y a pas d'âge pour devenir papillon, pour se regarder enfin, pour s'envoler, se réaliser et ouvrir les yeux sur les possibilités de la vie, bref pour s'émanciper. Avec Grégory Gadebois, elle forme vraiment un joli et émouvant couple de cinéma, avec une "parade nuptiale" poétique hors des sentiers battus, on ne peut plus délicieuse pour le spectateur ! Les réalisateurs ont vraiment bien fait de réunir ces deux magnifiques comédiens, d'où jaillit une belle alchimie.

Ce film interroge aussi sur l'art, la création et ses extrêmes : l'art révélateur, déclencheur et l'art pédant et prétentieux, voire "masturbation intellectuelle" pour donner du sens là où il n'y en a pas.

Maria Rêve est avant tout un bel hommage à toutes les personnes invisibles de notre entourage, invisibles car ils savent être discrets comme il leur est demandé de l'être. Mais invisible ne veut pas dire vide, non existant, sans potentiel etc.

Bref, un film vraiment charmant et ce n'est pas péjoratif !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 2 Octobre 2022

Film d'Hassan Nasser

Avec Hossein Abedini, Mahmoud Jafari, Shahrzad Kamalzadeh

Synopsis : Dans une petite ville provinciale iranienne, les enfants travaillent dur pour faire vivre leur famille. Un jour, Yahya, neuf ans, et son amie Leyla trouvent une statuette scintillante dans le désert. Passionné de cinéma, Naser Khan, le patron de Yahya, décide de les aider à retrouver son propriétaire. Une histoire charmante qui démontre le pouvoir du cinéma sur une communauté soudée, dans le monde entier.

Mon humble avis : J'ai vu ce film "britannico-iranien" dans le cadre du Festival du film britannique de Dinard, dans lequel il est en compétition parmi 5 autres longs métrage. 

VO en persan, sous-titrée en anglais et en français, une nouvelle expérience pour moi !

Un très beau film, qui aurait pu s'intituler "les tribulations d'un Oscar". Car cette fameuse statuette trouvée par Yahya et Leyla est un Oscar ! Le début du film nous dit comment il est arrivé là, et la fin nous donne sa destination d'origine.

Des paysages bien dépaysants, tout comme les us et coutumes iraniennes que nous apercevons...mais qui ne nous font pas oublier la dureté de la vie. En effet, Yahya et Leyla sont plus souvent sur des décharges pour y récupérer du plastique et le revendre au poids, qu'à l'école. 

Yahya est fan de cinéma, et il passe ses nuits à regarder des films sur CD piratés sous sa couette. Et pourtant, lorsqu'il trouve cette statuette, il ne sait pas ce qu'elle représente... A part la convoitise de ses "copains"

Un très beau film, avec des touches d'humour tendre liées au naturel et à la naïveté et l'ingéniosité des enfants, d'émotions, qui évoque le cinéma Iranien et ses succès. Mais surtout, il est question des conséquences de la célérité soudaine sur des gens simples, dans un milieu où l'on n'a ni le temps ni les moyens d'aller au cinéma... Alors, certains renoncent à cette célébrité qui bouleverse trop leur vie, et parfois, il la regrette... Car célébrité rime aussi avec partage et amour. Le plus du film, c'est aussi une magnifique bande originale.

J'ignore si ce film paraîtra en France et dans combien de salle. Mais si vous avez l'occasion de le voir, en salle, en streaming, en diffusion télé etc, ne la manquez pas. Vous y verrez un film original, tendre, dur pour ce qui est du contexte, un film qu'on ne croise pas à chaque coin !

Je n'ai pas trouvé la Bande Originale sur You tube, mais une interview du réalisateur iranien.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 30 Septembre 2022

Doc de Kathryn Ferguson

Avec Sinéad O' Connor

Synopsis : L'histoire de l'ascension fulgurante de Sinéad O'Connor vers la célébrité mondiale et la façon dont sa personnalité iconoclaste a entraîné son exil du courant dominant de la pop.

Mon humble avis : J'ai vu ce film documentaire cette semaine, dans le cadre du Festival du Film Britannique de Dinard. Hors compétition officielle, il figurait dans la sélection "Irish eyes in Dinard.

Comme nombre d'entre nous, dans les années 90, j'ai écouté en boucle son tube Nothing compares 2 U (une reprise de Prince). Et je peux encore l'écouter avec émotion. Et bien ignorante et je l'avoue, parfois langue de vipère, je pensais que Sinéad O'Connor n'avait été qu'une étoile fulgurante mais filante, comme la musique en crée régulièrement.

Ce documentaire m'a montré combien j'avais tort ! Sinéad O'Connor continue de chanter... Depuis 1990, elle a sorti 11 albums, et un autre est prévu prochainement. Mais elle n'est plus dans les charts, et ce documentaire explique aussi bien l'ascension, que le bannissement de la chanteuse par une partie de son public d'alors, par le monde de la musique et par les médias.

Et c'est franchement intéressant et passionnant. Sinéad O'Connor fut une enfant maltraitée par sa mère, dans une Irlande qui était alors une démocratie théocratique... Et cela m'a ouvert les yeux sur l'Irlande de l'époque, réactionnaire et conservatrice où les femmes n'avait que peu de droits... Elle fut envoyée par un de ces fameux "couvents foyers" tenus par des religieuses qui font beaucoup parler ces dernières années. Un peu plus tard, ce n'est qu'en Angleterre qu'elle pourra percer dans la musique, sa musique, pas assez conventionnelle pour une Irlande étriquée.

Sinéad O Connor a toujours été une femme engagée, sans concession, fidèle à elle-même et à ses convictions. Les maisons de disques ont voulu faire d'elle un produit marketing très féminin et sexué... En contre réponse, elle s'est rasée la tête... Et durant des années, pas un journaliste n'omettra de la questionner à ce sujet... Alors que jamais la question capillaire n'est abordée avec ses homologues masculins aux cheveux longs...

Sinéad O Connor est une femme qui a dénoncé notamment les abus des prêtres et le silence de l'Eglise et du Pape Jean-Paul II, en déchirant une photo de lui lors d'un show télé... "Personne" ne lui pardonnera ce geste et ce sera le début de la fin. Tout ce pourquoi elle était encensée devient sujet à moquerie et pire. La voilà bannie du show business.

Même s'il est parfois trop implicite et pas toujours bien ordonné, ce documentaire est un formidable portrait de femme intègre, courageuse et obstinée. Une femme qui est juste née "trop tôt" pour dire ce qu'elle avait à dire. Sinéad O'Connor une féministe anticonformiste était en avance sur son temps, une précurseur, qui a eu de nombreuses héritières. Et Nothing compares est aussi le portrait d'une époque et d'une génération. Les voix off "actuelles" de la chanteuse et de son entourage d'alors commente le documentaire. Dommage que la réalisatrice, pour cause de droit du prince, n'ait pas eu l'autorisation de diffuser plus d'image musicale, et notamment, de la fameuse chanson "Nothing compares 2 U".

J'ignore si ce film sortira en France ni si de nombreuses salles le diffuseront (tout dépendra sans doute du type de cinéma que vous avez près de chez vous. Mais il est à voir, d'une façon ou d'une autre, via internet par exemple, où lorsqu'il sera diffusé à la télé. C'est le genre de chose que je verrai bien sur Arte ! Ce documentaire a déjà remporté 5 victoires dans différents festivals sur 9 nominations (dont au Sundance festival)

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 28 Septembre 2022

BD - Editions Soleil - 96 pages - 19.99 €

Parution en octobre 2019

L'histoire : En ces temps fort lointains habitait dans la ville de Solidor Illian, jeune apprenti sculpteur. Son habileté ravissait l'impitoyable Maître Koppel, délesté ainsi de la plupart des tâches de sculpture. Les habitants de Solidor avaient développé une passion pour les oiseaux exotiques, et chaque maison comportait au moins une cage en bois, avec au moins un oiseau. Les écouter enchantait Illian. Un soir, tandis qu'il fignolait un petit rossignol sculpté dans un rebut de bois, Maître Koppel surgit, furieux, avant d'être apaisé par sa fille, émerveillée par la sculpture. Une sculpture dont ils étaient, à cet instant, loin d'imaginer les répercussions sur toute la ville...

Tentation : Le sujet, les piou piou

Fournisseur : La bib de Dinard

Mon humble avis : Encore une magnifique bande dessinée ! Graphisme, dessins et présentation superbes, de ceux que j'aime, une histoire prenante, touchante, intelligente, qui dit tant de nous, humains.

Le récit se déroule comme un conte, dans tes temps fort lointains, mais qui, s'ils n'étaient ces décors, ces costumes etc, pourrait être maintenant.

Plusieurs thèmes sont abordés dans cet ouvrage...

Celui de l'exploitation des pauvres par les riches (ici le petit apprenti qui travaille comme un damné pour son maître). On peut éventuellement y voir celles des enfants qui travaillent dans les pays en voie de développement pour fabriquer jouets et autres pour le bonheur inconscient des enfants des pays nantis. De ce fait, les auteurs abordent la lutte des classes, évidemment.

La beauté et la passion de l'art du bois bien sûr.

Mais surtout, cet album est une satire de notre société contemporaine dans son aspect ultra consumériste... Avoir tout comme tout le monde, s'enthousiasmer pour une nouveauté et l'abandonner quelque temps après au profit d'une autre nouveauté qui nous rend "considérables" aux yeux des autres et nous donne une impression de réussite.

Enfin cet album porte aussi sur les conséquences néfastes du comportement humain sur son environnement et la nature... sur l'instrumentalisation des animaux etc... 

Bref, une très belle oeuvre, qui met en scène les bonnes questions et certaines bonnes réponses ;) Un deuxième et dernier tome a paru, je le lirai avec plaisir si je le trouve à la bibliothèque

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 26 Septembre 2022

Récit de voyage - Editions Pocket -384 pages - 7.70 €

Parution d'origine chez Belfond en 2010

Le sujet : En 1985, Douglas Kennedy est dans le creux de la vague professionnelle, après quelques déboires. Il n'est pas encore vraiment écrivain mais voudrait le devenir... via la récit de voyage. Avec sa valise, en bus, train et bateau, le voilà qui débarque à Alexandrie. Il passera plusieurs semaines en Egypte, hors des sentiers battus, au-delà des pyramides, qu'il nous raconte ici.

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

Mon humble avis : J'ai pioché ce titre dans ma PAL, un peu au hasard, en en ayant oublié le sujet intrinsèque... En lisant la 4ème de couv, je réalise qu'il s'agit du récit d'un voyage réalisé en 1985. Ma première réaction fut de penser : "zut, c'est complètement périmé". Et puis non, en fait, 1985, c'est déjà une autre époque sans doute, et aussi l'Histoire, ou en tous cas, des fragments. En 1985, le Président Egyptien était Hosni Moubarak et outre atlantique, Ronald Reagan dirigeait les USA.

Douglas Kennedy nous emmène donc au coeur de l'Egypte. Sciemment, il fuira tous sites touristiques et hôtels luxueux. Depuis Alexandrie, il ira au hasard de sa curiosité, des rencontres, des conseils, des aléas, des invitations, des recommandations. Chaque rencontre sera propice à l'exploration d'une face plus ou moins cachée de l'Egypte, par l'observation et les dialogues ouverts. Nous en apprenons beaucoup à travers les témoignages d'un médecin de campagne, un concessionnaire automobile, des étudiants, des artistes, des moines coptes, des journalistes, des routards, des expatriés, des exilés, des pauvres, des riches...

C'est donc très intéressant d'assister à la composition du portrait de cette nation, terre de légendes et terreau de fantasmes et d'idées erronées. Ce portrait reste cependant flou, comme il le serait d'un être en constante évolution et changement et composé de mille détails et convictions, tant en nombre que pour en avoir une vue d'ensemble, il faut regarder d'un peu loin et la vue se trouble.

Douglas Kennedy "cartographie" l'Egypte, à un instant T... L'Egypte, terre de culture forte ancrée dans les traditions mais tentée par le progrès et la modernité, et envahi progressivement par une culture étrangère, mercantile et consumériste... Ce qui est un terrain fertile au développement de fondamentalisme religieux de l'Islam. L'Egypte et ses nouveaux riches et ses pauvres de toujours. L'Egypte multi confessionnal. L'Egypte au carrefour de l'occident, de l'orient, de l'Afrique et l'Egypte, gardienne de la paix dans la zone sensible du Moyen Orient. Une société on ne peut plus complexe et kaléidoscopique ! Il y avait bien là matière à écrire un livre, d'autant que Douglas Kennedy y ajoute quelques unes de ses mésaventures, et des situations ubuesques vécues face à l'administration labyrinthique, héritage sans doute de l'ex influence russe, ou juste dues au choc des cultures... On sent tout de même que la situation est très fragile et ne demande qu'à basculer. Maintenant, j'aimerais avoir la culture nécessaire pour distinguer des liens de cause à effet entre ce que décrit Douglas Kennedy, et l'Egypte actuelle, et celle d'il y a une dizaine d'année lors des printemps arabes. En fait, il serait intéressant que Douglas Kennedy refasse le même voyage à notre époque, et recueille de nouveaux les mêmes types de témoignages.

Vous devez vous dire, arrivés à cette presque fin de ce billet... mais pourquoi seulement 3 pattes de chat ? A cause de l'écriture et du style. La faute à l'auteur ou à la traduction ? Je ne sais pas. Certes, le vocabulaire choisi est adéquat et riche... mais le reste est d'une pauvreté assez navrante, avec une profusion de verbes, de verbes auxiliaires, de ensuite, après, juste après... le tout dans des phrases bien trop longues que j'ai souvent remaniées dans mon esprit pour les rendre plus courtes, plus légères, plus agréables, vivantes. On sent vraiment l'immaturité littéraire et stylistique du Douglas Kennedy plutôt débutant, alors âgé de 30 ans. Cela a tout de même entaché mon plaisir de lecture, me conduisant à un certain agacement.

Si vous entrez dans ces pages en espérant une oeuvre littéraire, vous serez donc bien déçus... Si vous pensez y trouver un oeil extérieur au coeur de l'Egypte de la fin du siècle dernier, vous lirez ce texte avec intérêt.

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #récits ou romans de voyages

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Publié le 24 Septembre 2022

Film de Christian Carion

Avec Dany Boon, Line Renaud, Alice Isaaz

Synopsis : Madeleine, 92 ans, appelle un taxi pour rejoindre la maison de retraite où elle doit vivre désormais. Elle demande à Charles, un chauffeur un peu désabusé, de passer par les lieux qui ont compté dans sa vie, pour les revoir une dernière fois. Peu à peu, au détour des rues de Paris, surgit un passé hors du commun qui bouleverse Charles. Il y a des voyages en taxi qui peuvent changer une vie…

Mon humble avis : Une belle course est indéniablement un beau film... qui donne à réfléchir... Sur l'évolution de nos villes qui remplace tout pour uniformiser et lisser, sur nos agacements inutiles et futiles qui nous pourrissent la vie... sur la beauté de Paris... Voilà pour la "surface". Dans le fond, Une belle course est très émouvant, car c'est la rencontre de deux être qui vont changer la vie de l'autre pour toujours, même si, le toujours pour l'un peut ne durer qu'une journée.

Une belle course nous dit aussi l'importance de prendre le temps d'écouter l'autre, et notamment l'ancien. Une dame de 92 ans a forcément des choses à nous apprendre, à nous révéler, nous rappeler la valeur des souvenirs. Et effectivement, Madeleine nous bouleverse avec l'histoire d'une partie de sa vie, qui fut à une époque une succession de drames qui la bande annonce ne laisse pas imaginer. C'est vraiment bouleversant, révoltant aussi, et on ne peut que ressentir une admiration devant cette femme qui s'est relevée, qui a survécu aux drames pour aboutir à une certaine sagesse et à une réelle facétie !

Le casting pourrait laisser croire à une comédie amusante, ce n'est pas du tout le cas. Mais entre la narration de deux drames (jamais dans le pathos), on en vient à sourire, à se sentir dans ce taxi comme dans un cocon, et l'on se dit qu'une telle parenthèse ferait du bien à tous. 

Une belle course est aussi un film sur la vieillesse et fin de vie, la liberté et le libre arbitre perdus des âgés qui rentre en maison spécialisée. Le renoncement en quelque sorte.

Une belle course, c'est un trajet en taxi... mais c'est aussi le regard que nous portons sur notre vie passée... La vie est aussi un trajet !

Malgré les cruautés de la vie qu'il met en scène, ce film fait du bien en fait.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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