Publié le 21 Février 2020

Ulysse from Bagdad, littérature, livre audio, Eric Emmanuel Schmitt, migrants, Irak, avis, blog, chronique

Roman - Editions Audiolib - 7h10 d'écoute - 18 €

Parution d'origine chez Albin Michel en 2008

 

L'histoire : Il s'appelle Saad Saad, ce qui signifie Espoir Espoir en français ou Triste Triste en Anglais. Il est Irakien. La dictature a pris fin, remplacée par le chaos total dans le pays. Sa petite amie est morte sous les bombes et Saad Saad devient le seul homme vivant de sa famille. A lui seule, il doit assumer la vie de sa mère, de ses soeurs et ses neveux nièces. Saad Saad n'a plus le choix, il doit quitter l'Irak et rejoindre l'Angleterre, où il pourra travailler et envoyer de l'argent au pays, argent nécessaire à la survie de ses proches. Saad se met en route. Ce roman est l'histoire de son voyage, envers et contre tout.

Tentation : le sujet et le nom de l'auteur

Fournisseur : Bib°3

 

 

Mon humble avis : Eric Emmanuel Schmitt, un de mes auteurs chouchou, donc une valeur sûre... Et ce roman ne fait que confirmer cela.

Ulysse from Bagdad a paru en 2008, et ce qui est terrifiant et déprimant à la fois, c'est de constater qu'il est encore on ne peut plus d'actualité, peut-être même encore plus encore qu'à l'époque, puisque le nombre de migrants tentant la traversée de la Méditerranée par tous les moyens ne cesse d'augmenter.

L'histoire s'ouvre sur l'enfance de Saad, sous la dictature de Saddam Hussein, dans un pays emprunt entre autre à la paranoïa, la censure et la délation etc. Très vite, nous parvenons à son adolescence puis à ses études de droit. Entre temps, Saddam est tombé sous les américains... Puis le chaos s'est installé autant dans le pays que dans la famille de Saad, avec nombre de décès.

Commence alors ce projet de voyage vers l'Europe, via des moyens insensés, que l'on n'imagine même pas. Cette odyssée terrible nous emmène jusqu'en Egypte, en Libye, puis à travers la Méditerranée. Pour aller jusqu'où ? Pour y trouver quoi ? Durant ce périple, Saad rencontrera ce que l'Homme peut être de meilleur, comme de pire.

Eric Emmanuel Schmitt fait encore merveille et miracle dans ce roman au sujet si tragique et douloureux, et éloigné de notre confort d'Européens protégés. On est au plus près de ces migrants, presque dans leurs âmes et leurs coeurs. Dans leurs jambes, leurs fatigues, leurs peurs, leurs faims, leur décès, leurs espoirs parfois vains parfois récompensés... Et surtout, les conditions inhumaines, pire que bestiales dans lesquelles certains tronçons de ce voyage interminable se font.  On ne peut qu'être admiratif devant la pugnacité, le courage, la persévérance de ces hommes, ces femmes et enfants qui sont prêts à perdre la vie pour la gagner. Gagner la vie, la vraie, la vie libre, loin des bombes, loin de la pensée unique, loin d'un désert infertile.

Bien sûr, avec Eric Emmanuel Schmitt, on attend, on espère et on trouve des réflexions à portées philosophiques accessibles à tous. Schmitt, avec des mots simples, avec une clarté déconcertante, conduit son lecteur à réfléchir sur des idées que son l'humanité, les migrations, la domination, la liberté, la démocratie, la guerre, la notion d'ennemie, les frontières, les nations, l'échelle de valeurs attribués aux hommes surtout par les occidentaux qui prônent pourtant haut et fort des valeurs comme "liberté, égalité, fraternité", valeurs qui ne sont en fait réservées qu'à leurs égaux et leurs semblables. Et ce qui est génial avec Schmitt, c'est que de situations à priori complexes ou difficiles à verbaliser, il donne une explication simple, limpide, nette... Toujours servie par une écriture très agréable, emprunte de tendresse, d'empathie et non dénuée d'humour, malgré un sujet tragique.

Ce roman qui est hélas loin d'être périmé est à lire et à faire lire, absolument, à toute personne de 15 à 99 ans... Pour que les mentalités, les coeurs, les lois, les âmes, s'élargissent... Et que l'Humanité soit partagée.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 19 Février 2020

Film, cinéma, La fille au bracelet, Roshdy Zem avis, blog, chronique

Film de Stéphane Desmoutier

Avec Roschdy Zem, Anaïs Desmoutier, Mélissa Guers

 

 Synopsis :  Lise, 18 ans, vit dans un quartier résidentiel sans histoire et vient d'avoir son bac. Mais depuis deux ans, Lise porte un bracelet car elle est accusée d'avoir assassiné sa meilleure amie.

 

Mon humble avis : J'avoue, ce film m'a laissée perplexe, mal à l'aise, et je ne sais trop qu'en penser. Bien sûr, il est très subtil, bien réalisé et interprété avec la sobriété nécessaire au sujet. D'ailleurs, celui-ci est inspiré d'une histoire vraie argentine, qui a déjà donné lieu à un film, mais selon un regard différent. Ici, Stéphane Desmoutier s'intéresse à celui des parents envers Lise, leur fille accusée de meurtre. Le film étant avant tout centré sur le personnage ô combien complexe et au comportement si déstabilisant de Lise... Dont, comme le dit l'avocate générale, les silences sont si assourdissants, que le film en devient souvent étouffant.

La fille au bracelet est un film de procès et de justice. Plus de la moitié des scènes se déroule en cours d'assise, à grand renfort de plaidoiries.

L'histoire met deux générations face à face... Et comme le rappel l'avocate de l'accusée, la justice ne doit pas juger la morale et la façon de vivre du suspect mais bien l'acte qui lui est ou pas reproché. C'est donc un film sur le doute. Le doute est constant et le spectateur repartira avec son intime conviction ou son doute, quelques soient les délibérés des jurés. Quant à moi, j'ai bien ma version possible des faits, mais celle-ci n'est ni évoquée ni suggérée dans le film.

Le film se penche beaucoup sur la jeunesse actuelle, l'adolescence qui se cherche et qui, via les réseaux sociaux, perd plus de repères qu'elle n'en trouve, au point de ne même plus trop savoir ce qui est bon ou redoutable.

Je regrette et trouve même étrange qu'il ne soit jamais question d'expertise psychologique de Lise, ni même d'un suivi médical. Les scènes de procès sont très réalistes et minutieusement tournées jusque dans le moindre détail judiciaire, dommage qu'il y ait cependant un petit arrangement avec le réel : chaque soir après le procès, Lise rentre chez elle, alors qu'elle devrait être incarcérée.

Enfin et dernière chose, la question principale que pose le film de Stéphane Desmoutier est : "A quel point connaît-on ses enfants, si toutefois on les connaît vraiment" ?

En fait, je pense que c'est un bon film, mais j'en suis sortie vraiment mal à l'aise et perturbée, limite glacée, à un moment où je n'avais pas envie de l'être. J'aurais sans doute eu besoin de plus d'éclaircissements et surtout de moins de suggestivité... puisqu'en fait, ce film pose le spectateur dans le rôle de juré, mais qui n'a pas toutes les cartes en main (on ne peut abattre toutes les cartes d'un procès qui dure des jours en à peine 2 heures).

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 17 Février 2020

roman le répondeur, Luc Blanvillain, Chronique, avis, blog, littérature, livre

Roman - Quidam Editeur - 260 pages - 20 €

Parution le 2 janvier 2020 : Nouveauté

 

L'histoire : Baptiste est un jeune imitateur, qui en attendant gloire et célébrité, officie dans un petit théâtre associatif qui prend l'eau.

Jean Chozèse est un romancier célèbre (ancien Goncourt !) mais taiseux, qui tente de travailler d'arrache pied sur son prochain et très attendu roman. Pour cela, Chozèse doit se débarrasser des tracas du quotidien, et surtout de son environnement social envahissant.

Chozèse propose donc à Baptiste un job peu commun et inattendu... Etre son répondeur. A savoir, Chozèse lui confie son téléphone portable et "la bible" de ses connaissances, à Baptiste de se débrouiller avec tout cela et de faire illusion, en prenant sa voix ! Pour le meilleur et sans doute pour le  pire !

 

Tentation : Le billet de Keisha

Fournisseur : Des chèques Kdo reçus à Noël !

 

Mon humble avis : Ah ! Comme je me suis régalée de cette lecture dont le sujet m'a semblé si original et audacieux. J'ignore si l'idée a déjà été exploitée dans d'autres contrées littéraires, en tout cas, ce roman est jubilatoire.

Mon seul petit bémol serait l'usage un peu excessif de vocabulaire ampoulé... Au début, j'allais chercher dans le dictionnaire  sur internet la signification de ces mots qui m'étaient mystérieux, puis j'ai cessé, pour ne point couper mon rythme de lecture. Mais  bon, il s'agit vraiment d'un mini bémol car il est un peu hypocrite, à notre époque où tout part à vau l'eau, de pointer d'un mauvais doigt une excellente maîtrise de la langue française jusque dans des termes enfouis faute d'usage sans doute.

Bref, quid de l'histoire ? Rondement menée et rythmée, celle-ci peut paraître un peu déjantée, des passages encouragent dans ce sens, mais elle est dans le fond assez sérieuse et riche en émotions, en interrogations, en sujets abordés et bien sûr, en rebondissements.

Comment rester soi quand on est en même temps quelqu'un d'autre ? Comment ne pas abuser d'une telle confiance quand elle vous est donnée ? Comment et quand décider si l'on a le droit d'intervenir dans la vie des autres pour l'améliorer... au risque de la détériorer. Car après tout, Baptiste répond au téléphone avec la voix de Chézose et les quelques infos qu'il a sur ses interlocuteurs, mais c'est avec son coeur qu'il parle. Il devient tout à tour confident des uns (la fille de Chézose), défouloir des autres (l'ex femme de Chézoze), j'en passe et des meilleurs (les journalistes, les traducteurs, les attachés de presse, le père...). Il reçoit même des confidences sur lui-même ! On ne peut qu'être admiratif devant les prouesses d'improvisations de Baptiste, tantôt hilarantes, tantôt très touchantes, comme si le temps s'arrêtait. Evidemment, on se doute qu'un jour il fera une bourde, se mélangera les pinceaux entre son propre téléphone et celui de son patron. Oui mais quand, quoi, comment ? Surprise !

Bien que ce roman soit très divertissant, c'est aussi de belles histoires d'amitié, un portrait non exhaustif des us Germanopratins, et une belle réflexion sur le pouvoir des mots, des dits et non-dits familiaux ou sociétaux, sur les difficultés de communiquer avec son entourage.

Comme Keisha, je craignais un peu la fin, me demandant comment Luc Blanvillain pourrait conclure son histoire. Et bien elle reste fidèle au reste du roman, tout en étant inattendue : digne de Baptiste, digne tout court !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 15 Février 2020

roman , antoine Laurain, le service des manuscrits, littérature, blog, avis, chronique, rentrée littéraire hiver 2020

Roman - Editions Flammarion - 214 pages - 18 €

Parution le 8 janvier 2020 : Nouveauté

 

L'histoire : A 44 ans, Violaine Lepage est l'une des éditrices les plus réputées de Paris. C'est elle qui a édité "Les fleurs du sucre", roman en lice pour le prix Goncourt, qui figure même sur la dernière liste ! Problème, Violaine de connaît pas l'auteur(e) Camille Désencres, le contrat ayant été signé par mail... Et l'auteur reste aux abonnés absents alors que sa présence est indispensable en cas de couronnement au fameux prix. Et cela se corse encore plus pour Violaine lorsqu'une lieutenante de police débarque dans son bureau : des crimes similaires à ceux décrits dans le roman ont été commis !

 

Tentation : La blogo et Cédric Armen

Fournisseur : Des chèques Kdo reçus à Noël !

 

Mon humble avis : Huitième roman d'Antoine Laurain (je n'ai lu que Le chapeau de Mittérand). Aussi, on peut bien imaginer qu'Antoine Laurain connait bien le sujet du milieu de l'édition. Et il nous emmène dans son épicentre, le lieu de certains possibles et de beaucoup d'impossibles : le service des manuscrits, là où échouent les milliers de romans écrits chaque année par des romanciers en herbe, en jachère ou complètement infertiles. 

Les romans qui se déroulent dans le milieu éditorial sont assez courants, mais ils attirent toujours autant. Oui, les lecteurs acharnés (peut-être écrivains refoulés), adore connaître les secrets, les us et coutumes, le fonctionnement du graal : une grande maison d'édition. Sur ce sujet, Antoine Laurain nous régale, et comme je disais plus haut, il sait forcément de quoi il parle.

Mais un lieu n'est pas suffisant pour étoffer un roman. Il faut aussi une histoire, qui tant qu'à faire, soit palpitante, potentiellement amusante, intrigante, avec moult rebondissements et du suspense. Là aussi, Antoine Laurain nous captive avec ce roman mystérieux "Les fleurs de sucre" et son auteur aussi obscur qu'inconnu. Là aussi, cela pourrait sonner comme du déjà vu (les mystérieux romans/auteurs sont de bons sujets de littérature) sauf que non. La construction est diaboliquement efficace et la façon dont Antoine Laurain traite son sujet, et surtout le clôt, tient vraiment du jamais vu. Le final est des plus inattendus... Sauf que pour moi, il m'a semblé incomplet, donc m'a laissé un peu sur ma faim. Car seule une des deux énigmes (auteur / et / ou coupable des crimes commis) est résolu. Donc oui, j'en voulais un peu plus. Qui sait, Laurain nous réserve peut-être une suite dans ses tiroirs ?! Ce qui ne doit pas vous empêcher de vous offrir une lecture des plus agréables qui soit !

Voilà, je ne peux en dire plus, sous peine de spoiler et de gâcher votre futur plaisir !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 13 Février 2020

Rédigé par Géraldine

Publié dans #récits ou romans de voyages

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Publié le 13 Février 2020

Roman La parthénogenese, Anne-Laure Julien, littérature, avis, blog, chronique

Roman - La P'tite Hélène Editions -274 pages - 22 €

Parution en juin 2019

L'histoire :  Parthénogenèse (nom féminin, du grec parthenos, vierge) : reproduction sans intervention d’un mâle dans une espèce (Larousse). Par exemple, les phasmes.... Ou encore la famille de Sophie. De mère en filles, les pères sont "inconnus" au bataillon, plus ou moins éjectés du programme !

Sophie est donc de ces mères célibataires qui jonglent entre son travail, ses filles, sa grand-mère, ses amants, sa meilleure amie en soit-disant "post partum", sa belle soeur qui ne supporte pas sa belle mère qui ne la supporte pas plus etc... Sophie est forte et gère tout ceci à bout de bras. Oui, mais... qui s'intéresse vraiment à elle, même si elle crie haut et fort qu'elle est très bien toute seule ?

Tentation : Un mail de l'auteure

Fournisseur : l'auteure, merci pour l'envoi !

 

Mon humble avis : Cela fait des années qu'en tant que blogueuse, je refuse toute demande d'auteurs méconnus lorsqu'ils me proposent de m'envoyer leur roman. Déjà, c'est souvent en version numérique (out of question for me !) et j'ai été tellement souvent déçue que... Jusqu'à ce qu'Anne-Laure Julien m'envoie un mail... Que je m'attarde sur le pitch qui me tente bien... Et que je vois sur la couv' une fameuse 4L, la première voiture que j'ai conduit après mon permis !

Et finalement, ô joie ! Ô bonheur ! Quelle lecture plaisante, divertissante, souvent hilarante et parfois émouvante... Surtout si l'on lit entre les lignes... Car on sent bien que l'auteure nous laisse deviner la profondeur essentielle de son roman dans ce qu'elle ne dit pas... Comme tout humain qui se protège derrière son armure. L'armure de cette histoire, c'est déjà la plume efficace, délicieusement ironique, voire caustique, rythmée et très inventive de l'Anne-Laure Julien, sans que la qualité littéraire en pâtisse. Donc l'humour en grand via le personnage très cash qu'est Sophie, qui n'a pas la langue dans sa poche, n'a pas froid aux yeux, ne veut pas qu'on la trouve gentille mais l'est tout de même... puisque finalement, elle règle pas mal des problèmes de son entourage, parfois à son insu. A côté de Sophie, c'est tout une galerie de portraits savoureusement croqués, depuis les plus attendus jusqu'à plus inattendus, comme feu Mr Monnier, ancien épicier du village juste décédé, de ces épiciers dont on ne fait plus. Chacun des personnages dispose d'un chapitre, voire parfois quelques-uns. Ce qui fait que l'on ne s'ennuie pas une minute dans cette Parthénogenèse.

Sophie vit ou survit à une série d'événements plus ou moins majeurs, plus ou moins communs de la vie : l'amant qui s'en va et revient dans les deux sens, le divorce de la mère de sa meilleure amie Claire, l'accouchement d'Emmanuelle et son post-partum (lié en fait à la présence de sa régente belle-mère chez elle, l'annulation en dernière minute du mariage de Claire, ses incartades avec son cousin allemand, les réflexions insupportables de sa tante envahissante, un trajet en voiture avec le psychopathe qui doit épouser son amie, la désintégration du psychopathe. Le tout, en 4L déglinguée, en Renault Espace débordante, dans la ferme familiale, à la ville etc. On n'est vraiment pas loin du Vaudeville !

Mais derrière ses personnages et ces situations décrites, Anne-Laure Julien dresse un portrait très juste de notre époque, surtout via les moeurs (au sens littéral et au sens large). Une époque où l'amour est devenu nécessaire à la survie d'un couple par exemple, là où, dans les générations précédentes la bonne entente suffisait. D'où sans doute le nombre croissant de divorces. L'auteure pointe du doigt les idées reçues sur les femmes (notamment les célibataires), le machisme, voire le sexisme de la société, l'envasement des traditions familiales et des façons de penser, les clichés qui ont la peau dure! Elle examine à la loupe les relations belle-mère /belle-fille, avec des belles-mères que ne veulent surtout pas perdre l'amour oedipien de leur fils par exemple. Il est aussi question de différence de classes sociales, de famille recomposée et décomposée, du harcèlement moral que subissent certaines femmes par leurs époux sans même s'en rendre compte, de la culpabilisation. En fait, il est question de tant de choses qu'il est impossible, et de toute façon déplacer de toutes les citer. Et mise à part l'ignoble personnage Charles/Robert/Bobby, on sent bien que derrière son persiflage, Anne-Laure Julien cache une belle affection pour ses personnages.

La parthénogenèse est donc un roman majestueusement diligenté, intelligent en mêlant humour et observation sociétale et surtout, écrit d'une plume irrésistible. Bref, j'ai ADORE ! Alors si vous voulez un livre qui fasse grand bien et vous divertisse sans tomber dans une littérature formatée, lisez la Parthénogenèse !

Vous pouvez vous procurez ce roman directement chez l'éditeur : ICI

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 12 Février 2020

Pourquoi un tel titre : Autisterie et Asperités pour dire...

Autiste Asperger ?

Tout simplement pour dédramatiser (à mon niveau, et non pas en général car certaines personnes vivent un enfer).

Parce qu'"Autisterie" ressemble pour moi à un nom de pays encore inconnu... à visiter

Aspérités : parce que rien n'est lisse et que dans ma tête, ce mot ressemble aussi à une façon, un moyen de faire les choses...

Bref, tout cela pour dire que ces derniers mois, j'ai suivi un cursus officiel (nombreux tests divers et précis et RDV avec psychiatre spécialisé sur Paris). Cursus qui a aboutit pour moi au TSA (Trouble du Syndrome Autistique) ou à l'autisme Asperger. J'étais et je suis donc ce que l'on appelle aujourd'hui une Aspergirl. Bien entendu, je ne suis pas atteinte très lourdement, à moins que mes stratégies de compensation et d'imitation pour passer "inaperçu", et donc ressembler le plus possible aux autres, aient été très efficaces. Mais à quel prix ?! Le même cursus indique que je suis aussi TDA (Trouble Déficitaire de l'Attention). Je le savais, mais c'est prouvé une fois de plus. (Séquelles de mon AVC)

Nombre d'entre-vous doivent être bien surpris, voire incrédules, voire sceptiques. Je peux le comprendre. Pour les 3 termes, je ne le suis pas. Je me posais la question en secret depuis quelques années. En secret parce je trouvais cela prétentieux, croyant par erreur qu'Asperger allait de pair avec génie ou THQI (Très Haut Quotient Intellectuel)...  Ce que nous montrent les médias...Ce qui ne me correspondait pas du tout.

Mon Q.I est donc hétérogène, avec failles et domaines THPI (Très Haut Potentiel Intellectuel). Mais au niveau Q.I général, je suis "normale". L'autisme Asperger signifie en fait Autisme sans déficience intellectuelle, ce qui veut dire, autisme avec QI supérieur ou égal à 70. La moyenne  de Q.I française se trouve entre 90 et 100. 

Je ne donnerai pas d'exemples précis ou généraux qui font de moi une aspergirl. Certaines choses sont intimes. Et puis, surtout, je ne veux pas que ces exemples aboutissent à des réponses classiques mais ô combien déplacées comme : "tu sais, moi aussi ça m'arrive d'être comme ça". Ou alors "ben dans ces cas-là, on est tous un peu autistes". Quelle que soit la "pathologie" (je rappelle néanmoins que l'autisme n'est pas une pathologie mais un syndrome), comparer les petites douleurs ou les petits tracas du quotidiens avec ceux des personnes vraiment atteintes a quelque chose d'indécent, d'atrophiant pour celui qui est porteur de la maladie ou du syndrome (avec douleurs et angoisses et handicap que cela provoque). C'est comme dire à un patient qui suit une chimio que vous aussi, ça vous arrive de vomir ou de perdre vos cheveux quand vous êtes fatigués.

Mais il faut s'avoir que ce qui rassemblent les autistes asperger, se sont leur différence. Il y a autant d'autisme qu'il y a d'autistes. Pas deux pareils. Et que les médias ne montrent que des stéréotypes.

Pourquoi diagnostiquée si tardivement (à 47 ans)... Et bien comme beaucoup de femmes qui passent à travers les mailles du filet, par méconnaissance et inadaptation de la médecine française concernant le TSA, parce que les manifestations du TSA chez les femmes sont bien différentes de chez les hommes (avec des racines communes évidemment), parce qu'anthropologiquement, les femmes sont bien plus douées pour faire illusion, pour apprendre à imiter, ou pour donner ce que l'on attend d'elles socialement. Parce que dans TSA, il y a "spectre". Les femmes asperger sont aussi appelées les femmes caméléons. Enfin, peut-être aussi parce que l'erreur de diagnostic chez les personnes bipolaires (comme chez les schizophrènes d'ailleurs) est courante, car nombre de symptômes sont communs, au dépend du réel diagnostic : le TSA.

Je n'ai jamais caché ma bipolarité... préférant être un témoignage de ce que peut être une maladie méconnue, malmenée ou repoussée. Mais il se peut que mon diagnostique de bipolarité soit erroné et que j'avale des tiroirs de pharmacie pour rien. Cependant, il se peut aussi que je sois TSA et bipolaire. Comment savoir ? Et bien en baissant doucement mais régulièrement mon traitement médicamenteux au fil des mois, des semestres même, voire peut-être des années (pas de décennie tout de même !) et constater ce qui se passe après l'arrêt du traitement. A suivre donc.

Qu'est-ce que cela change pour moi ?

Rien (l'autisme, n'étant pas une maladie ne se soigne pas, et je suis déjà RQTH, invalidité à 50% de par mon AVC et ma supposée bipolarité).

Tout. Cela explique tellement d'incompréhensible et d'incompréhensions chez moi, d'erreurs là où je n'en voyais pas, de décalage, de clashs, de gaffes, de fatigue, de troubles du sommeil, de mal être, de disproportions, de cerveau qui ne se met jamais sur "pause". Je sais désormais pourquoi je sens que tant de "choses" clochent chez moi. Et puis il y a ces choses, ces sentiments, ces comportements chez moi qui me semblaient "normaux, comme tout le monde" et qui ne le sont pas, mais raisonnements qui ne sont logiques et simples que pour moi.

J'ai comme l'impression (d'où le titre) de me découvrir d'un oeil neuf, plus avisé, même si le TSA est tellement vaste et "impalpable" que ce n'est encore clair et net pour moi. Mais me voilà devant une nouvelle carte de moi, avec un autre angle, d'autres moyens d'exploration. Oui, comme un pays qui est mien et qui est moi. Je suis enfin arrivée chez moi, ou du moins dans l'allée qui mène à chez moi : mais il faut défricher et désherber pour comprendre réellement mon fonctionnement et l'adapter pour que cela ne me demande pas autant d'efforts. Faire le tri entre ce qui est plaisant, bon, mauvais, tolérable, insupportable, évitable, inévitable socialement parlant. Je pense que ce diagnostic va m'aider à faire peu à peu la paix avec moi-même, à ne plus me considérer comme mon pire ennemi. De me prodiguer bienveillance, soin, tolérance, indulgence et écoute de mes besoins et envies réels. La forme ne change pas, mais le fond oui. Bien que si je parviens à modifier la forme et à le faire accepter, ce serait pas mal non plus...  pour pouvoir enfin être dans une sorte de lâcher prise ! On verra. Une fois parcourue cette dernière allée qui mène à chez moi, je pourrai alors poser les sacs que je porte, ou du moins une partie du fardeau. Même si je me dis, qu'avec ce fardeau, AVC, TSA et potentielle bipolarité, je ne m'en suis pas trop mal sortie... Ce que je dois sans doute à mon caractère et ma personnalité.

Mais pour l'instant ce n'est pas simple pour autant... Puisque vole tout de même au-dessus de moi la possible bipolarité. Comment savoir si des angoisses sont des manifestations du TSA, de la bipolarité ou de la baisse du traitement. Comment faire comprendre qu'il y a des trucs qu'on ne peut juste pas faire, ou qui demande un effort énorme, sans passer pour fainéante, ou sans se voir reprocher de tout mettre sur le dos du TSA. Ce qui est sûre, c'est que cette année, je m'occupe de moi, égoïstement (physiquement et psychologiquement). Je verrai l'année prochaine comment je peux éventuellement réorienter et re-dynamiser ma vie en fonction de ce que je sais désormais être. Mais pour l'instant, "repos" ! (Même si le cerveau fourmille d'idées)

Mon pré-diagnostic remonte déjà à quelques mois, et le diagnostic final à quelques semaines. Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas vous saouler avec mon "autisterie" et mes "aspérités". Juste, dans les semaines à venir, je publierai 3 billets sur de la littérature spécialisée Asperger au féminin que j'ai pu lire, si cela peut aider certaines personnes, sait on jamais. Mais je ne deviendrai ni une voix, ni une spécialiste, ni une militante du syndrome. Et bonne nouvelle, ce blog restera le même : bouquins, ciné, BD, voyages et miaow !

 

Merci de m'avoir lue.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Les livres - mon blog et moi

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Publié le 11 Février 2020

cinéma, film #jesuislà, Alain Chabat, Eric Artigau, avis, blog, chronique

Film d'Eric Lartigau

Avec Alain Chabat, Blanche Gardin, Doona Bae

 

Synopsis :  Stéphane mène une vie paisible au Pays Basque entre ses deux fils, aujourd’hui adultes, son ex-femme et son métier de chef cuisinier. Le petit frisson dont chacun rêve, il le trouve sur les réseaux sociaux où il échange au quotidien avec Soo, une jeune sud-coréenne. Sur un coup de tête, il décide de s’envoler pour la Corée dans l’espoir de la rencontrer. Dès son arrivée à l’aéroport de Séoul, un nouveau monde s’ouvre à lui…

 

Mon humble avis : La bande annonce me tentait, par cette "promesse" de passer la moitié du film en Corée du Sud, donc au bout du monde, un bout que je ne connais pas. Et puis Eric Lartigau étant le réalisateur de l'excellent et remarqué "La famille Bélier", je me suis dit que #jesuislà ne pouvait pas être mauvais.

Et bien j'avais faut sur toute la ligne. Ce film est en fait... navrant. Pas drôle du tout, pas triste non plus, mais pas émouvant pour autant. La première partie en France, il faut tendre l'oreille car les comédiens n'articulent pas et leur filiation/parenté ne saute pas aux yeux, il faut donc un petit temps pour constituer l'arbre généalogique... qui en fait n'apporte pas grand-chose de plus. Les dialogues sont d'un banal à mourir et Blanche Gardin, qui tente l'accent du sud-ouest mais sans articuler est limite incompréhensible.

Puis enfin, le film semble démarrer, puisque l'on s'envole pour Séoul. On y atterrit même ! et puis c'est presque tout. Puisqu'Alain Chabat ne quitte pas l'aéroport pendant 11 jours, puisqu'il attend sa dulcinée virtuelle IRL, qui a priori à du retard... Comme Chabat poste sur Instagram plein de photos sur ses rencontres, aventures et mésaventures dans l'aéroport, toujours accompagné du #jesuislà, dans l'espoir que la jolie Soo les lise, et bien il devient une star d'Instagram avec plus de 900 k de followers, donc une célébrité dans l'aéroport. Bref, c'est d'un pauvre, d'une vacuité navrante, tant dans la forme que dans le fond. Même si, au final, on gagne tout de même (et enfin), 10 minutes de balade dans Séoul.... Bon, cette balade n'est pas plus passionnante que le reste... et nous nous distrait pas vraiment de notre ennui.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 9 Février 2020

Soweto, Afrique du Sud

Soweto, créé dans les années 50, est le plus grand Town Ship d'Afrique du Sud, dont la population approche les 1.5 millions d'âmes. Historiquement, les Town ship sont des symboles de l'Apartheid.... Des banlieues construites autour des grandes villes pour y loger de façon spartiate les noirs, les métis ou autre personnes de couleur employés en ville, ceux-ci étant chassés du centre ville. Soweto est intégré dans la municipalité de Johannesburg, dont elle constitue les régions 6 et 10.  À l'origine, banlieue noire constituée de petites maisons alignées, Soweto allait connaître un accroissement démographique fulgurant, marqué par la construction de bidonvilles et l'insuffisance des services publics, incapables de s'adapter à la demande en électricité et en eau potable. De ce fait, Soweto est composé de quartiers très différents, allant du plus pauvre au plus riche. En effet, des habitants de Soweto font fortune et attachés au lieu, se construisent de magnifiques maisons résidentielles. Nous le verrons dans l'un de mes billets. En tant que touriste, on peut se promener sans problèmes dans les artères principales du centre de Soweto.

Ce billet ci est plus "touristique et visuel", le 2ème sera plus culturel et historique.

Les peintures urbaines en l'honneur  de Winnie Mandela (l'épouse de Nelson Mandela) sont nombreuses. Il y a une véritable adorabtion et vénération envers cette femme. Dans leurs discourt, les sud africains noirs disent souvent Maman Winnie

Les peintures urbaines en l'honneur de Winnie Mandela (l'épouse de Nelson Mandela) sont nombreuses. Il y a une véritable adorabtion et vénération envers cette femme. Dans leurs discourt, les sud africains noirs disent souvent Maman Winnie

UN DIMANCHE EN AFRIQUE DU SUD : SOWETO 1/2

Une adresse incontournable pour déjeuner à Soweto, chez Alina... Avec Alina qui nous fait cadeau de sa puissance vocale. Du pur bonheur !

UN DIMANCHE EN AFRIQUE DU SUD : SOWETO 1/2
Les salons de coiffure sont dans les rues, et Nelson et Winnie Mandela sont partout !

Les salons de coiffure sont dans les rues, et Nelson et Winnie Mandela sont partout !

De l'artisanat en tout genre, les perles sont plutôt zoulou !

De l'artisanat en tout genre, les perles sont plutôt zoulou !

UN DIMANCHE EN AFRIQUE DU SUD : SOWETO 1/2
Dans l'artère principale !

Dans l'artère principale !

Winnie Mandela est vraiment chérie et vénérée par les sud africains de couleur. D'ailleurs, lorsqu'ils en parlent, ils disent "maman Winnie" ou "maman Mandela" !

Winnie Mandela est vraiment chérie et vénérée par les sud africains de couleur. D'ailleurs, lorsqu'ils en parlent, ils disent "maman Winnie" ou "maman Mandela" !

Toujours dans l'artère principale !

Toujours dans l'artère principale !

En bas à droite, station de lavage de voitures comme on en voit dans tout le pays... sur l'artère principale de Soweto. En haut à droite, la plaque apposée sur le mur extérieur de la maison ultra protégée et donc invisible de Desmond Tutu, archevêque anglican et prix Nobel de la Paix 1984. A gauche au milieu, des sud africains très fiers de se photographier devant la maison de Nelson Mandela. Quatre sud africains ont reçus le prix Nobel de la Paix, voire 5, puisque Frederic De Klerk l'a reçu en même temps que Nelson Mandela

En bas à droite, station de lavage de voitures comme on en voit dans tout le pays... sur l'artère principale de Soweto. En haut à droite, la plaque apposée sur le mur extérieur de la maison ultra protégée et donc invisible de Desmond Tutu, archevêque anglican et prix Nobel de la Paix 1984. A gauche au milieu, des sud africains très fiers de se photographier devant la maison de Nelson Mandela. Quatre sud africains ont reçus le prix Nobel de la Paix, voire 5, puisque Frederic De Klerk l'a reçu en même temps que Nelson Mandela

Et de l'artisanat !

Et de l'artisanat !

En Afrique du Sud, il arrive que l'on répare une roue crevée directement sur la route ! (en bas à droite !)

En Afrique du Sud, il arrive que l'on répare une roue crevée directement sur la route ! (en bas à droite !)

Les deux dernières vidéo sont une reprise de la fameuse Clik Song de Miriam Makeba, alias Mama Africa, qui était une Xhosa, militante politique Sud Africaine à l'époque de l'apartheid. Click song, intitulée aussi Qongqothwane. Click car si vous écoutez bien, vous entendrez parfois un étrange son, qui fait "clock" et qui est le click ! Le clock est en fait le son d'un scarabée qui selon les traditions Xhosa, apporte pluie , chance et fortune. C'esgt donc une chanson traditionnelle Xhosa, chantée pour les mariage. Nelson Mandela était aussi un Xhosa (prononcer Kossa)

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyages en Afrique

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Publié le 7 Février 2020

Cinéma, film, L'esprit de famille, François Berléand, avis, chronique, blog

Film d'Eric Besnard

Avec François Berléand, Josiane Balasko, Guillaume De Tonquédec

 

Synopsis :  Alexandre s'embrouille une nouvelle fois avec son père Jacques. A priori, il ne devrait pas, car ce dernier vient de décéder, mais Jacques, ou plutôt son esprit, est bien là, à râler à ses côtés. Et comme Alexandre est le seul à le voir et donc à lui parler, sa mère, sa femme et son frère commencent à s’inquiéter de son étrange comportement.

 

 

Mon humble avis : L'esprit de famille est un beau film mais inégal... Qui peine à trouver son genre, ce qui est sans doute voulu par le réalisateur, mais qui à mes yeux, n'est pas une bonne idée. En effet, affiche et bande annonce laissent penser que nous allons voir une comédie, ce que ce film n'est pas du tout... A part quelques situations qui prêtent à sourire, mais qui se rapprochent d'un burlesque caricatural inutile, déplacé, pas vraiment inspiré. Alors que le reste sonne juste, entre sobriété, onirisme et douce fantaisie, émotion et nostalgie.

L'esprit de famille porte sur le deuil, les regrets et les non-dits d'une famille, la filiation, le lâcher prise. Le tout avec de beaux dialogues, même s'ils sont parfois cruels, mais qui vont permettre à certains personnages de se relever, et surtout de se révéler. Rien de bien nouveau, mais une autre version bien à elle.

Le lieu de tournage, sur la côte Morbihannaise, offre des images, des paysages et des lumières justes splendides. On aimerait tant y être !

Je salue la prestation de Guillaume de Tonquédec qui sait être vraiment touchant, même bouleversant, lors de sa mue... de la paix qu'il fait avec feu son père et surtout avec lui-même et son entourage. Vraiment, chapeau !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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