Publié le 26 Mai 2018

Récit de voyage - Editions Livre de Poche - 182 pages - 6.90 €

 

Parution d'origine aux éditions Paulsen en 2016

 

Le sujet : Cette fois-ci, mon écrivain journaliste voyageur préféré part à l'abordage du Groenland, au fil d'un cabotage de quelques semaines le long des côtes...parsemées d'icebergs. Julien Blanc-Gras nous propose donc une immersion polaire, faites de rencontres toutes simples ou étonnantes. Il nous dresse ainsi le portait du Groenland en 2015.

 

Tentation : Ma fidélité envers l'auteur jamais déçue

Fournisseur : Ma CB !

 

 

Mon humble avis : Jusqu'à Briser la glace, lorsque l'on suivait Julien Blanc Gras dans ces périples, il nous suffisait de s'imaginer tongs aux pieds (éventuellement baskets), casquettes sur la tête et le corps luisant de crème solaire pour être à ses côtés, l'auteur vagabondant généralement sous des latitudes tropicales.

Cette fois-ci, changement de cap ! Le Grand Nord... Donc doudoune polaire requise ! Et comme d'habitude, curiosité, joie, bonne humeur, humour, autodérision, ouverture d'esprit, envie de découverte, de rencontres .... et de comprendre un peu mieux le monde. Outre le dépaysement, c'est ce que j'apprécie beaucoup chez cet auteur : Julien Blanc-Gras maîtrise l'art de simplifier la complexité du monde, sans pour autant gommer la perplexité, la sienne, comme la nôtre.

Dans l'un de ses ouvrages précédents, Julien Blanc-Gras nous avait emmenés dans l'archipel des îles Kiribati (Pacifique Sud), qui se noient sous la montée des eaux océaniques. Avec "Briser la glace", nous sommes là où tout commence, où les glaces fondent... Enfin, petite correction... Tout de commence pas au Groenland, mais dans nos comportements individuels et collectifs de pays industrialisés... Parce que la fonte des glaces, le Groenland n'y est pas pour grand-chose. Mais rassurez-vous, ce bouquin n'est pas un long sanglot sur la banquise dégoulinante. Loin de là. Il contient également beaucoup d'optimisme. Julien-Blanc Gras dresse le portrait d'une île autonome qui dépend du Danemark, et de ses habitants, qu'ils soient citadins ou Inuits (euh, l'un n'empêche pas l'autre d'ailleurs), de leurs préoccupations, de leur vision de leur pays, de leur nature. Il est évidemment questions de leurs opinions sur des sujets on ne peut plus locaux, et d'autres internationaux aux répercutions locales directes (comme les quotas de pêche par exemple).D'ailleurs, certains Inuits semblent bien moins "alarmés" que "nous" devant la fonte des glaces... Celle-ci permettant d'envisager de l'agriculture. Quoiqu'il en soit, pratiquement sur chacun des nombreux thèmes évoqués ici, Julien Blanc-Gras rapporte les avis des différentes personnes rencontrées et interrogées, donc qui dit différents, dit potentiellement variés et opposés. Ne pas oublier que la société Groenlandaise vit depuis une poignée de décennies une évolution et une révolution culturelle que nous autres occidentaux avons mis des siècles à construire, bénéficiant ainsi d'une adaptation pas à pas. Au Groenland, l'acclimatation à l'ère actuelle se fait à pas de géant pour certains, à pas tortue pour d'autres. Certains aussi dérapent, manquent le virage. Dans ce livre, pas de jugement, pas de solution, des suggestions peut-être...

Briser la glace vous dira donc tout ce que vous voulez savoir sur le Groenland, et même ce que vous n'imaginiez pas pouvoir savoir car vos pensées sont ailleurs. Il est vrai que lorsque l'on se lève le matin, on ne se dit pas spontanément : "Tiens, que ce passe-t-il et comment vit-on au XXIème siècle au Groenland ?" Le tout est écrit sans image d'Epinal et loin des sentiers battus (si tant est qu'il y en ait au Groenland...) Le voyage de Julien Blanc-Gras ayant été estival, point de banquise à l'horizon ni d'ours polaire. Mais des icebergs, oh que oui !

Vous êtes-vous déjà posé la question sur la différence majeure entre un voyage dans le Sud et un voyage dans le Nord ? Dans le sud, il suffit de se balader dans les rues pour rencontrer des gens. Dans le Nord, il faut frapper aux portes. Moi, je vous propose de frapper à la porte de ce livre, qui vous accueillera les bras ouverts !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #récits ou romans de voyages

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Publié le 24 Mai 2018

Roman - Editions Audiolib - 7h59 d'écoute - 22.90 €

 

Parution d'origine en août 2017 chez Grasset

 

L'histoire : Il s'appelle Michel. Son épouse vient de décéder d'un cancer. Alors, il largue tout et retourne sur sa terre d'origine, faite de corons et de terrils, le Pas de Calais. Quand il n'était encore presque qu'un enfant, son père lui avait écrit, comme un testament : "Venge nous de la mine". Hanté par le décès de Jo, son frère mineur, mort en ouvrier, depuis des années, Michel part donc le venger et qu'enfin payent tous ceux qui n'ont jamais été punis pour leurs crimes.

 

Tentation : Le sujet / La région

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Par ce roman, Sorj Chalandon revient sur le drame de décembre 1974, qui vit périr 42 mineurs de fond dans un coup de grisou, dans le bassin minier du Pas-de- Calais à Liévin. 42 mineurs de la fausse 3 à Saint Amé, morts pour rien, par négligence de la sécurité dans les houillères. Parmi les victimes, Jojo (Joseph), le frère aîné de Michel, le personnage principal de cette histoire, qui mêle roman et Histoire... Histoire pour nous autres européens, mais présent pour nombre de pays africains ou asiatiques.

Cette oeuvre est avant tout un formidable hommage à ces hommes qui descendaient au centre de la terre pour en extraire le charbon, dans des conditions de vie et de travail que l'on oserait peut-être plus imaginer maintenant. Hommage aussi aux familles, femmes et enfants, de ses travailleurs forçats aux poumons silicosés et quelque part, à une région toute entière, ma région d'origine, même si j'ai grandi loin des mines et que mon arbre généalogique ne s'en est jamais approché ! 

La vie dans les Corons et le travail dans les mines sont extrêmement bien détaillés, à force de mots qui frappent et de phrases qui pénètrent. Le style Chalandon en fait ! Et une obsession récurrente chez l'auteur : écrire pour ne pas oublier, ou pour sortir de l'oubli.

Le texte, narré à la première personne du singulier, est bien sûr magnifique, d'une écriture on ne peut plus maîtrisée et adaptée au sujet. Parfois poétique, souvent rageuse... Mais, parce qu'il y a un "mais" dans mon ressenti, tellement mélancolique et triste, comme un ciel gris du nord. J'ai eu du mal à comprendre cette obsession de vengeance de la part de Michel 40 ans après les faits, même si, évidemment, cela construit la trame romanesque du livre. Alors une lassitude s'est installée en moi, comme de plus en plus souvent lorsque je lis des histoires qui disent "je suis malheureux, je l'ai toujours été, depuis l'enfance je suis traumatisé". Bref, je ne trouve plus autant de plaisir dans la lecture de roman à l'atmosphère étouffante, où la beauté est dans la souffrance mélancolique. Je préfère désormais, en littérature, une autre beauté, celle qui éblouit.

Et puis et puis...Arrive le dernier quart de mon audiolecture.... Et là, gros bouleversement, retournement de situation ô combien inattendu, rebondissement que je pense aucun des nombreux lecteurs de ce livre n'a pu imaginer.

Et là, on se dit, cette histoire n'est pas qu'une complainte, c'est un roman parfaitement construit.  On se dit que ce n'est pas un journaliste qui écrit Le jour d'avant, mais bien un écrivain, un pur écrivain.

Et au-delà du vibrant témoignage sur une époque et une profession, Le jour d'avant est surtout une histoire sur la culpabilité et l'image que l'on se crée d'une réalité pour que celle-ci devienne plus supportable. Roman bien entendu grandiose, mais qui laisse trop de place à l'accablement à mes yeux, où plutôt à mes oreilles, puisqu'il s'est agi pour moi d'une lecture audio pour en faire un coup de coeur !

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 22 Mai 2018

Film d'Asghar Farhadi

Avec Penelope Cruz, Javier Bardem, Ricardo Darin

 

Synopsis :  A l’occasion du mariage de sa soeur, Laura revient avec ses enfants dans son village natal au coeur d’un vignoble espagnol. Mais des événements inattendus viennent bouleverser son séjour et font ressurgir un passé depuis trop longtemps enfoui.

 

 

Mon humble avis : Sous le soleil d'Espagne, les images de ce film, thriller psychologique sont magnifiques. Surtout lors de la première partie, festive, qui annonce le mariage. Puis, après le drame, les paysages filmés se font plus désolés. Quoiqu'il en soit, on sent ce soleil qui éblouit ou qui écrase. Bref, la mise en scène est parfaitement précisée et sert comme il faut cette histoire.

L'interprétation est elle aussi sans défaut. L'histoire est intéressante, qui se transforme en sorte de cluedo, et drame familiale, où chacun va finir par se regarder en coin. Même le spectateur fini par douter de chacun des protagoniste. L'atmosphère est pesante à souhait. Le silence pluri décennal de cette famille va exploser, libérant les rancunes, les rancoeurs, les jalousies et un secret qui en fait, n'en n'était pas un... Tout le monde le sait déjà...

La lutte des classes  et l'avènement social par le travail tiennent grande place dans cette histoire

Mais j'émets quelques réserves sur ce film qui reste agréable et loin d'être mauvais tout de même. Les longueurs... Plus court, ce film aurait été bien plus intense. La mise en place de la situation à venir et des personnages n'en finit pas, sans permettre pour autant d'y voir vraiment clair. J'ai mis un temps fou à comprendre certains liens qui unissaient les personnages, et d'être certaine de la place de chacun dans cette famille. Qui plus est, tout les femmes sont brunes et typées espagnoles, donc difficile de les différencier pendant un bon moment.

Mais pour être honnête, le développement psychodrame de cette histoire fait plus penser à un bon téléfilm qu'à un grand film de cinéma !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 20 Mai 2018

Bienvenue sous la terre, sous la lave à Lanzarote... Après une rando, nous avons visité la Cueva de los Verdes. Magnifique ! Et une surprise au fond de la grotte !

Un pur bonheur pour mon âme photographe qui aime s'amuser entre autre, des formes ! A vous de vous amuser à ce jeu... Peut-être trouverez vous certaines formes inavouables !

Pour info tout de même, la teinte jaune est parfois causée par les éclairages indirectes qui mettent la grandeur de ce lieu en valeur. Et puis, sans eux, nous aurions été dans un trou noir !

Et puis évoluer ainsi sous la terre, c'est toujours une expérience peu ordinaire, et même extraordinaire !

UN DIMANCHE SOUS TERRE A LANZAROTE
UN DIMANCHE SOUS TERRE A LANZAROTE
UN DIMANCHE SOUS TERRE A LANZAROTE
UN DIMANCHE SOUS TERRE A LANZAROTE
UN DIMANCHE SOUS TERRE A LANZAROTE
UN DIMANCHE SOUS TERRE A LANZAROTE
UN DIMANCHE SOUS TERRE A LANZAROTE
UN DIMANCHE SOUS TERRE A LANZAROTE
UN DIMANCHE SOUS TERRE A LANZAROTE
UN DIMANCHE SOUS TERRE A LANZAROTE
UN DIMANCHE SOUS TERRE A LANZAROTE
UN DIMANCHE SOUS TERRE A LANZAROTE
UN DIMANCHE SOUS TERRE A LANZAROTE
UN DIMANCHE SOUS TERRE A LANZAROTE
UN DIMANCHE SOUS TERRE A LANZAROTE
UN DIMANCHE SOUS TERRE A LANZAROTE
UN DIMANCHE SOUS TERRE A LANZAROTE

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyages dans les iles

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Publié le 18 Mai 2018

Polar - Editions J'ai Lu - 475 pages - 8.20 €

 

Parution d'origine en mars 2015 chez Flammarion

 

L'histoire : Un trio de suicides qui n'en sont sans doute pas, puisque tous accompagnés d'un étrange symbôle qu'Adamsberg finit par identifier comme étant une guillotine ! Et voilà toute la brigade sur la piste d'un tueur inconnu, voire invisible ! Cette enquête emmène toute l'équipe autant sur la glaciale Islande que dans une société secrète, qui ne fait que rejouer la Révolution et la Terreur, avec comme personnage centrale : Un Robespierre plus vrai que nature !

 

Tentation : envie d'un polar !

Fournisseur : Ma PAL !

 

 

 

Mon humble avis : Je me suis R-E-G-A-L-E-E de ces temps glaciaires. Cela faisait un bail que je n'avais pas lu de Vargas ! A tort bien sûr, surtout que ce roman a bénéficié de bonnes critiques et chroniques lors de sa sortie.

Je pense que ça y'est, j'adhère tout à fait au style Vargas, à ses personnages, ses dialogues et ses situations décalées, qui amènent une dose, sacrée et bienvenue, d'humour. Car le premier roman que j'avais lu de cette auteure prolifique m'avait à l'époque menée à un tel désappointement que je n'avais guère apprécié "Debout les morts".

Ici, Vargas nous fait voyager tant géographiquement que dans le temps ! De Paris, nous voici dans les Yvelines dans un coin tellement paumé qu'il se nomme "le creux", et ensuite, direction une île toute aussi isolée à quelques encablures de l'Islande. Cette île serait habitée par un esprit malin dont par fainéantise, je n'écrirai pas le nom ici (Ben oui, les patronymes islandais, on se donne rarement la peine de les recopier !). En tout cas, nous voici bien plongés les mystères et légendes de cette île polaire

Voyage dans le temps aussi, puisque les meurtres actuels semblent être liés à une sombre histoire qui remonte à une dizaine d'année. Liés, oui, non, oui, non, peut-être, nullement, impossible, fausse piste donnée par le tueur, oui, non, pourquoi pas... Mais Adamsberg, contre l'avis de son équipe que se trouve divisée, y crois toujours. Et même plus qu'y croire, il le sent !

Voyage dans le temps aussi quand le passé et l'Histoire s'invitent dans le présent. Car il semble que ces trois faux suicidés participaient occasionnellement à des réunions un peu spéciales et secrètes. Des fanas de l'Histoire, des Robespierristes ou des antirobespierristes se regroupent régulièrement pour reconstituer les grands moments de l'Histoire et de la Terreur. Chacun joue un rôle précis dans ces mises en scènes, déguisements et jeux d'acteurs à l'appui, le tout dans un anonymat garanti.

Pour nous lecteurs, c'est l'occasion de bonnes révisions d'histoire, de rencontres avec Robespierre, Danton, Sanson le bourreau et bien d'autres personnages plus ou moins illustres du XVIIIème siècle. En tous cas, via son personnage "puits de savoir" Danglard, Fred Vargas, revient à force d'érudition et d'anecdotes sur cette période de historique des années 90 (euh, de 1700 hein !) que les non-initiés n'ont plus trop en tête. C'est bien fait, accessible et réellement intéressant.

L'enquête, quant à elle, même si elle s'englue dans une boule d'algues (dixit Adamsberg) est captivante, bien ficelée et ne manque pas de rebondissements en tous genres !

Temps glaciaires est pour moi une très chouette lecture, aussi divertissante qu'instructive, à la sauce fantastique et suspense polar ! Du vraiment bon Vargas !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Thrillers - polars français

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Publié le 16 Mai 2018

Roman - Editons Audiolib - 4h04 d'écoute - 19€90

 

Parution d'origine chez Julliard en janvier 2017

L'histoire : Philippe, auteur célèbre est en interview dans le hall d'un grand hôtel bordelais. Il remarque alors un jeune homme vers qui il s'élance. Ce jeune homme lui fait tant penser à Thomas, son premier vrai et grand amour, alors qu'il était au lycée. L'auteur revient sur cette époque et ses émois.

 

Tentation : Envie d'approfondir l'auteur Philippe Besson.

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : "Arrête avec tes mensonges", c'est ainsi que la mère du jeune Philippe s'adressait à lui pour lui signifier "Arrête avec tes histoires". C'est un peu sur cette phrase que commence ce roman, ce qui, évidemment donne lieu à quelques réflexions intéressantes sur l'écriture et la création littéraire, puisque bien sûr, Philippe n'a jamais cessé d'inventer des histoires au point d'en faire son métier !

Arrêtes avec tes mensonges, c'est aussi tout ce que l'on cache dans sa vie au point de se la gâcher, de se la pourrir et de moisir avec. Ce que l'on dissimule par honte, par gêne, pour ne pas décevoir, pour ne pas sortir du rang, pour ne pas être rejeté, moqué, bref, pour être comme tout le monde. Les mensonges sont donc nos mois intérieurs et profonds que l'on tait à jamais au point de n'être jamais soi.

Ici, il s'agit de l'homosexualité, que le narrateur découvre au lycée. Il y a fort à penser que ce récit est hautement autobiographique, puisque l'auteur Philippe Besson ne cache pas son orientation sexuelle. Bien évidemment, l'ouverture d'esprit de l'époque (les années 80) était à mille lieues de l'actuelle, même si celle-ci est encore à mille lieues de ce qu'elle devrait être. Mais précisons que "Arrête avec tes mensonges" est avant tout une histoire d'amour enfouie, avortée, mais jamais oubliée non plus.

Philippe Besson est un homme que j'adore écouter lors de ses passages télévisés. Il s'exprime de façon habitée, captivante et passionnante, tant dans la forme que dans le fond. Il en est de même pour ses écrits (ce roman est le deuxième, et pas le dernier que je lis de lui). Les mots claques, les phrases accrochent et l'ensemble reste tout à fait fluide et résonne de justesse.

Mais à mes yeux, ce roman a quelque chose de trop mélancolique, et cette mélancolie est encore accentuée par la lecture qui en est faite, assez monocorde. Certes, j'ai aimé me replonger dans les années 80 et de la culture d'alors (musicales en autres), années qui sont celle de ma jeunesse. Mais j'avoue que dans mes lectures, les premiers émois amoureux me touchent de moins en moins et que certaines scènes assez crues de ce récit m'ont mises mal à l'aise. Je me serais passée de certaines descriptions qui pour moi, n'apporte rien à l'émotion ni à la qualité littéraire de ce roman.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 14 Mai 2018

Film d'Eli Roth

Avec Bruce Willis, Elisabeth Shue, Vincent d'Onofrio

 

Synopsis :  Quand il ne sauve pas des vies, Paul Kersey, chirurgien urgentiste, mène une vie de rêve, en famille, dans les beaux quartiers de Chicago… Jusqu’au jour où tout bascule. Sa femme est sauvagement tuée lors d’un cambriolage qui tourne mal… Sa fille de 18 ans est plongée dans le coma. Face à la lenteur de l’enquête, il se lance dans une chasse à l’homme sans merci.

 

 

Mon humble avis : Quand on veut se prendre un petit coup de rajeunissement, on va voir un Bruce Willis ! Lui ne change pas trop et ses films d'actions des années 90-2000 ont tout de même fait les beaux jours du genre à Hollywood.

Death Wish est un remake du film des années 70, "un justicier dans la ville" avec Charles Bronson dans le rôle principal.

Qui dit Remake, dit actualisation.... Dans cette nouvelle version (je n'ai pas vu l'original), les téléphones portables, les réseaux sociaux et l'hyper médiatisation prennent une large part dans le déroulement de l'action. Il est question de ces faits terribles de violence qui deviennent divertissements médiatiques.

On ne s'ennuie pas une minute dans ce film et dans ce sens, il remplit tout à fait l'objectif et le cahier des charges. Certes, on évitera de le montrer à de jeunes enfants car il y a tout de même quelques éclats de cervelles sur les murs ! Mais, dans cette histoire, Bruce Willis n'est pas un genre de super héros qui fait tout exploser et qui saute d'un camion en feu ou d'un avion en plein vol. Non, nous avons affaire à un chirurgien de haute renommé qui avait tout pour être heureux avant que l'on tue sa femme et que l'on laisse sa fille pour morte. Paul Kersey est parfaitement incarné par un Bruce Willis qui brûle de l'intérieur, et qui, petit à petit, va construire dans l'ombre sa vengeance, approchant un monde et des manières qui n'ont jamais été les siens...

En visionnant ce film, on ne peut qu'avoir en tête les paroles aussi glaçantes que récentes de Trump qui harangue ses foules en affirmant haut et fort que lors de l'attentat du Bataclan à Paris, si les Français étaient armés, il y aurait eu moins de victimes... Bref, Death Wish permet encore, si besoin était, de la banalisation de l'armement personnel aux USA.

Evidemment, Death Wish n'est pas le film du siècle non plus, mais comme je l'ai dit, il remplit on ne peut plus son rôle divertissant de film d'action. Et dans ce genre, rien à lui reprocher sauf peut-être, son calibrage calculé.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 12 Mai 2018

Film de François Prévôt-Leygonie et Stéphan Archinard

Avec Arnaud Ducret, Max Baissette de Malglaive, Alice David

 

Synopsis :  Vincent Barteau, 35 ans, entraîneur de foot d'1,92 m, voit débouler dans son quotidien de célibataire invétéré, son neveu, Léo, 13 ans, 1,53 m autiste Asperger et joueur d'échecs émérite. Cette rencontre aussi singulière qu'explosive va bouleverser l'existence de Vincent et offrir à Léonard la chance de sa vie.

 

 

Mon humble avis : Ce film est l'adaptation du roman "La surface de réparation" d'Alain Gillot.

Je mets 4 pattes à ce film parce que l'histoire est belle, émouvante, touchante avec un certain degré d'humour. Un humour léger car le sujet est tout de même grave, donc il ne s'agit pas provoquer l'hilarité de la salle, ce qui serait déplacé.

La relation qui se noue au fil du temps entre Vincent et Léo est tournée et conçue avec délicatesse et subtilité... En effet, Vincent se retrouve avec un gamin sur les bras, celui de sa soeur, mais gamin dont il ignorait l'existence... Il le sait spécial mais n'a aucune connaissance de son autisme... Comme d'ailleurs personne d'autre dans cette famille très réduite... C'est d'ailleurs ce que j'ai trouvé de très peu probable, que le diagnostic n'est pas été établi plus tôt, Léo ayant toutes les caractéristiques de l'autisme Asperger... Mais bon...

Le jeune Max Baissette de Malglaive, qui incarne Léo, est tout simplement bluffant de talent et de réalisme. Vraiment chapeau à lui car tout y ait, depuis le regard fuyant ou vide, jusqu'au débit ultra rapide de paroles répétées. Arnaud Ducret est aussi très convaincant. Les paysages (La Rochelle et l'île de Ré) sont sublimes et très agréables à voir à l'écran. Beaucoup de bons points pour ce film. Mais aussi quelques défauts... Notamment le nombre de clichés, sur l'autisme aspi, sur le rôle de Vincent (la scène des nymphettes dans la piscine poussent le clichés à l'extrême. De même certaines évolutions du scénario sont on ne peut plus prévisibles.

Il n'empêche, c'est une belle histoire, sur une pathologie dont on ne parle toujours pas assez. Il permet au spectateur de se mettre un peu à la place des parents des enfants autistes et des difficultés quotidiennes que cela induit, sans parler des prises en charges etc... Même si ici, il s'agit d'un aspi, verbal... Et que cela n'a rien n'a voir avec un autiste non aspi, non verbal où les relation avec l'enfant sont réduites à presque rien. Je suis "bien placée" pour le savoir puisqu'au dernier trimestre 2017, je me suis occupée une matinée par semaine d'une autiste non verbale de 7 ans... Et je vous assure que c'est terrible... Au point que je n'ai pas eu la force de continuer et j'en suis désolée pour les parents.

Et à savoir, depuis le tournage de ce film, Arnaud Ducret s'est engagé dans la cause de l'autisme.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 10 Mai 2018

Roman - Editions Audiolib - 5h04 d'écoute - 20 €

 

Parution d'origine en mai 2017 chez Grasset

 

L'histoire : Trois femmes, trois continents, trois combats vers la liberté.

En Inde, Smita est une intouchable.

Giulia, Sicilienne, doit reprendre l'entreprise familiale ruinée.

Au Canada, Sarah, brillante avocate apprend qu'elle est atteinte d'une grave maladie.

Le destin de ses trois femmes se tresse et va les unir, sans qu'elles ne se connaissent, sans qu'elles en aient réellement conscience.

 

Tentation : Le "tapage" autour de ce roman

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Si vous n'avez pas vécu sur une autre planète, l'été dernier, vous n'avez pu échapper à ce roman. Dans la presse, sur les blogs, dans les vitrines des libraires, sur les serviettes de plage, ce livre était partout ! Suffisant pour que je me penche sur son cas... D'autant plus que la version audio figurait à ma bib N°3, la grande bib de Rennes, qui propose plein de nouveautés... Pour mon plus grand bonheur !

Le destin de trois femmes s'entrelace dans ces pages, chapitre après chapitre. Le lien qui les unit ne sera révélé qu'en toute fin, même si l'on peut le deviner quelque temps avant. Mais ce n'est pas bien grave. Ce lien est aussi infiniment petit qu'il est grand... Puisqu'il va de l'intime à la mondialisation. Et il représente bien, mais de façon originale, le fonctionnement du monde que nous ignorons parce que nous courons s'en réfléchir, submergés de tout que nous sommes.

L'histoire de Smita l'intouchable m'a particulièrement touchée. Son métier est de vider les latrines des riches. Elle vit donc de et dans la merde, comme sa mère avant elle etc... Smita refuse que sa fille ait le même avenir, souhaite la faire entrer à l'école... Mais là aussi, ça fille restera ce qu'elle est, une intouchable. Alors, Smita fuira son village avec sa fille. Destination.... (c'est dans le roman !). Smita est bouleversante et nous rappelle, dans notre petit confort d'occidentaux, qu'il est un pays puissant où subsiste encore ce révoltant système des castes, de façon légales, ancestrales, culturelles etc...

Sarah au Canada est tout aussi poignante. Brillante avocate, comme toute femme et ce toujours au XXIème siècle, elle doit tripler les efforts pour convaincre, garder sa place, concilier travail et vie de famille. Sachant que pour réussir dans son métier, sa vie de famille doit être invisible et n'avoir aucune conséquence sur sa profession. Et lorsqu'elle apprend qu'elle est atteinte d'un cancer, son monde s'écroulera... Sarah est un exemple éloquent qui prouve que pour rester dans la course, il faut être parfait, et que le monde du travail est intraitable et sans pitié quand la maladie pointe le bout de son nez, sous prétexte de représentation et de rentabilité.

Ces deux femmes sont brillamment interprétées par les lectrices. Giulia, la sicilienne, le fut beaucoup moins à mon oreille, et c'est sans doute pour cela que son personnage m'a laissée un peu plus de glace. En effet, ses chapitres sont lus avec une sorte d'urgence qui fragilise l'émotion qui pourrait émaner de cette jeune femme. Guilia reste tout de même attachante dans l'énergie qu'elle déploie pour sauver l'entreprise familiale de la ruine. Pour cela, elle doit se montrer inventive et surtout, elle doit convaincre son entourage de sortir de la tradition. Dure mission pour elle dans une Sicile où la femme se doit être soumise et de rester à sa place.

En relisant ce billet, je me rends compte que La Tresse est donc avant tout un roman sur la place de la femme dans la société à l'heure actuelle, et des efforts qu'elle doit déployer pour  s'en sortir, l'atteindre et/ou s'y maintenir.

C'est une lecture agréable, facile, divertissante mais pas que... Même si les sujets abordés auraient mérité un peu plus d'approfondissement, ils offrent tout de même aux lecteurs de beaux thèmes de réflexion et de prise de conscience sur notre époque, qui semble encore bien empêtrée dans le passé.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 8 Mai 2018

Roman - Editions Audiolib - 4h07 d'écoute - 18.50 €

 

Parution d'origine en janvier 2018 chez J.C Lattès

 

L'histoire : Hélène, professeure principale au collège, remarque le comportement étrange de Théo, son état de fatigabilité permanent. Mais elle semble être bien la seule à s'en soucier.  Théo lui rappelle elle-même, dans sa jeunesse, quand elle subissait les coups de son père. Aussi, pour Hélène, le "cas" Théo devient une obsession, qui lui fera dépasser certaines limites de l'administration scolaire.

 

Tentation : LE nouveau Delphine de Vigan pardi !

Fournisseur : Audible, merci pour le partenariat !

 

 

Mon humble avis : Les loyautés est un roman choral, ou s'expriment à la première personne du singulier les personnages adultes, et où un narrateur prend la parole quand les chapitres concernent les enfants.

Théo est fils de divorcés, garde alternée. Les deux parents n'échangent plus une parole. Il entraîne son ami Mathis sur une mauvaise pente. La mère de Mathis sent son mariage vaciller et son fils glisser là où il ne faut pas.

Hélène, professeur principale des deux ados, s'inquiète du mal être de Théo. Elle soupçonne un cas de maltraitance, mais n'est guère aidée par l'administration scolaire dans ses démarches.

Nous l'apprendrons au fil de pages, mais Théo ne subit pas de maltraitance. Son "problème" est tout autre, mais témoigne bien d'une grande détresse humaine, que personne ne prend en compte, que personne n'imagine, qu'il est seul à gérer, comme il peut. Aussi, il recherche l'évasion, pour oublier...

Ce nouveau roman de Delphine de Vigan est sombre (en même temps, on éclate jamais de rire dans les romans de Delphine de Vigan !) sobre, efficace et sacrément remuant. Il invite chacun d'entre nous à être responsable de notre prochain, de notre voisin, d'une détresse qui peut croiser notre chemin et que nous serons peut-être seuls à détecter.

Les loyautés qui donnent le titre au roman.... La loyauté peut être salvatrice comme destructrice. La loyauté envers nous-mêmes, ce que nous fûmes, ce que nous sommes, nos idéaux, nos combats... La loyauté envers les autres, c'est la fidélité, ne pas trahir un secret, ne pas dénoncer l'insupportable aussi... Il est aussi question de la loyauté envers le système et les lois... pas toujours conçus pour être efficace devant une détresse.

Dans ce roman, chaque personnage est mu ou enfermer par ses loyautés. La prof envers son élève, le fils envers son père, la mère envers son fils, l'ado envers son copain...

Evidemment, on peut compter sur la sensibilité de l'auteure et sur sa plume reconnue de tous pour décrire toutes ses situations intimes avec une délicatesse et une justesse remarquable. Delphine de Vigan sait mettre des mots là où d'autres ne les trouvent pas. Il est question de couple et de l'après-couple (et de cette haine destructrice où les enfants sont oubliés... et victime), d'amitié, d'amour maternel et filial.

Un roman coup de poing sur des sujets on ne peut plus contemporains, hélas...

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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