Publié le 20 Août 2019

Récit - Editions Léo Scheer - 205 pages - 18 €

Parution le 21 août 2019 : Rentrée Littéraire

 

Le sujet : Nathalie Rheims a toujours ignoré ses reins. Les reins fonctionnent seuls et sont donc le siège de l'inconscient. Jusqu'au jour où ceux-ci se rappellent subitement et brutalement à elle quelques jours avant que ne paraisse son dernier roman lors de la rentrée littéraire 2017. Ces reins, qui ont emporté toutes ses aïeules par une maladie congénitale, on décidé de ne pas l'épargner. Ce livre est le récit de cette insuffisance rénale aussi foudroyante que soudaine. Et pour la vaincre, il faudra toutes forces médicales, la combativité personnelle et l'amour des proches.

 

Tentation : J'aime beaucoup la plume de Nathalie Rheims

Fournisseur : Gilles Paris, merci pour l'envoi.

 

 

Mon humble avis : Pour son vingtième livre, Nathalie Rheims nous offre un récit. Celui de l'insuffisance rénale génétique qui l'a foudroyée il y a deux ans, qui l'a prise presque par surprise. Presque, par ce que l'auteure a toujours fait un déni sur le risque annoncé depuis des générations que cette maladie la frappe un jour. Presque, parce que ce déni empêchait même la romancière de s'alerter aux premiers symptômes, tels que les dix kilos perdus en quelques semaines. Même entre la vie et la mort à l'hôpital, l'auteure refuse d'abord la mise sous dialyse, celle de sa mère de sa mère défunte restant pour elle un traumatisme qu'elle se refuse à vivre... Et sans doute, dans tout cela, se cache la raison réelle de son refus de maternité.

Le récit couvre presque une année... Entre l'entrée aux urgences et la renaissance, presque un an plus tard, via une greffe de rein. Mais ne prenez pas peur devant ce résumé... Car même si les faits ne sont pas contournés, si les choses sont nommées, on ne se noie pas dans un jargon médical, tel n'est pas le but de ce livre. En fait, on est très loin du factuel et du jour après jour, même si, évidemment, le combat contre la maladie se fait parfois répétitif, sous les assauts tout aussi répétitifs du mal, qui ne laisse aucun répit, ni à la patiente, ni à l'équipe médicale, ni aux lecteurs que nous sommes.

La plume magnifique de Nathalie Rheims, si joliment littéraire, nous fait oublier que nous sommes dans un récit, presque un témoignage. Cette plume intense nous saisit de partout, de l'âme au coeur, en passant par le ventre et les tripes. Beaucoup d'émotion dans ces pages, dans les mots, les sensations plus ou moins conscientes, les ressentis, les peurs, la souffrance, les petites joies, les déceptions de cette femme entre la vie et la mort... Entre les mains d'une équipe médicale qui se battra contre vents et marées. Ce livre est donc aussi un formidable hommage rendu au personnel soignant, à sa dévotion, à son opiniâtreté.

Nathalie Rheims nous parle donc de ce à quoi l'on pense lorsque l'on est presque partie, que l'on revient, que l'on s'éloigne de nouveau du rivage et qu'un miracle vous ramène définitivement sur la plage. Ce miracle, c'est celui de l'amour et d'une compatibilité génétique improbable qui rendra possible une greffe de rein. Oui, mais recevoir l'organe d'un être bien vivant, même si cet organe promet la vie, n'est pas si aisé et l'acceptation pas si évidente. C'est un long cheminement, que l'urgence ne vous offre pas forcément. Vous l'aurez compris, ce récit est aussi un vibrant témoignage d'amour et de retour à la vie, même si celle-ci ne sera plus jamais pareille. Il y aura un avant et un après.

Outre les qualités évidentes et la force de l'écriture, ce récit m'a touchée aussi pour une raison personnelle. Et oui, la génétique c'est attaquée à moi aussi et m'a terrassée. Une saloperie de facteur 5 dans le sang qui me vient de la branche paternelle et qui m'a choisi moi, en premier, pour se manifester deux fois et me conduire aux urgences en train de mourir de douleur, d'un AVC. Le genre de malédictions, injustes, qui font que dans la vie, il y a un avant et un après. Alors forcément, les mots de Nathalie Rheims semblaient parfois s'adresser à moi, comme écrits pour moi.

Un très beau texte, à lire évidemment.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 18 Août 2019

BD - Editions Gallimard - 104 pages - 20 €

 

Parution en avril 2018

L'histoire :  New York, 1954. Sur le toit d'un immeuble, une jeune femme s'occupe patiemment des ruches qui l'entourent et semble attendre quelque chose. Dans l'immeuble d'en face, un caïd de la pègre reste cloîtré chez lui à l'exception d'une mystérieuse sortie hebdomadaire. Ils ne se connaissent pas, mais ils se voient. Entre eux, le vide, une voiture de flics et un parc dont l'accès est réservé à quelques privilégiés. Qu'est-ce qui pourrait lier cette ancienne danseuse de l'Opéra de Paris et cet homme insaisissable que tout le monde craint ?

Tentation : Couv et graphisme

Fournisseur : Bib N°1

 

 

Mon humble avis : L'album, en tant qu'objet, est très beau et agréable. Graphisme soigné, belles couleurs, papier si doux au toucher etc.

Pour le reste, je suis un peu moins enthousiaste bien que cette BD demeure tout à faire divertissante et plaisante. Mais de là à être captivante, je n'irai pas jusque-là, puisqu'il m'a fallu deux sessions de lectures. Donc pour une "simple" ou plutôt "classique" BD, ce n'est pas un score habituel.

Il s'agit d'un polar, qui met du temps à prendre cette forme, qui nous mène de Paris à New York entre 1945 et 1955. En 1945, Madeleine, promise à un bel avenir de danseuse à l'Opéra de Paris, quitte la France pour suivre un soldat américain. Quelques années plus tard, on la retrouve sur un toit Newyorkais avec ses abeilles comme compagnie, et des yeux souvent rivés sur les fenêtres de l'immeuble d'en face. Que s'est-il passé ? On l'apprendra au fil des pages et des aller/retour dans le temps. La toute fin est certes jolie et symbolique, mais le dénouement est entre banal et un peu téléphoner, sans trop d'explications. D'ailleurs, on se demande quel rôle sont sensés jouer les abeilles, surtout la fameuse reine sortie de la ruche.

J'aurais apprécié que le sujet soit plus développé et approfondi, car il y avait matière à apporter plus d'émotions (je pense que c'est ce qui manque vraiment dans cet album) et d'éviter les passages en peu confus ou qui m'ont semblé bâclés alors qu'ils auraient vraiment pu apporter de la profondeur  et de la chaleur aux personnages qui sont capable d'en émettre.

Bon, en même temps, ça se lit bien, et comme c'est une BD, c'est vite lu.  Mais je suis restée sur ma faim. Vengeance ou consolation, consolation ou vengeance, vengeance par la consolation ou consolation par la vengeance, voilà le thème de cette histoire.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 16 Août 2019

cinéma, je promets d'être sage, film, avis, chronique, Léa drucker, Pio Marmaï

Film de Ronan Le Page

Avec Pio Marmaï, Léa Drucker, Mélodie Richard, Gilles Privat

 

Synopsis :  Après des années de galère dans le théâtre, à bout de nerfs, Franck plaque tout !  Il aspire à une vie qui se tienne enfin et accepte un poste de gardien de musée loin de Paris, au calme. C’était sans compter sur Sibylle, une agent de surveillance caractérielle qui va lui mener la vie dure et tout faire pour le décourager. Ils vont pourtant être amenés à s’allier pour monter une petite escroquerie. Une chance peut-être de reprendre leurs vies en main… 

Mon humble avis : Et bien c'est la loi des séries... Il y a deux jours, je publiais mon billet sur Envoyée Spéciale de Jean Echenoz, roman auquel je n'attribuais qu'une papatte de chat. Idem aujourd'hui avec ce film...

Je me demande ce qui conduit des acteurs reconnus et non disparus de la circulation à s'aventurer dans de un tel film ! Ont-ils tant d'impôts à payer où ne reçoivent-ils des scénarii encore pire que celui-ci ? Bref, c'est intriguant cela.

Je me suis effectivement ennuyée royalement durant la projection de "Je promets d'être sage", malgré une bande annonce alléchante et une affiche qui l'est aussi. Et je réalise que les affiches sont aussi de plus en plus mensongères. Il n'est pas rare de ne jamais retrouver dans un film la photo/le moment qui illustre l'affiche... Mais ici, que vient faire cette batte de base ball qui promet pas mal de choses qui ne viennent pas. Ennui donc pour mes 7 "coséanceurs" et moi. Le film n'est ni drôle, ni dramatique, ni émouvant. Un film sans insipide, sans odeur et sans saveur à mes yeux. La presse évoque des fulgurances comiques. Tenez-vous prêts pour ne pas les manquer car celles-ci sont vraiment fulgurantes  et disparaissent aussitôt lancées.

L'ensemble semble même plutôt confus et même le duo de supers acteurs Léa Drucker /Pio Marmaï ne nous sauve pas de cet ennui qui m'aurait bien fait quitter la salle si j'avais été seule, devinant déjà qu'aucun rebondissement ne viendrait relancer l'ensemble.

A éviter donc !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 14 Août 2019

Roman - Editions Audiolib - 6h39 d'écoute - 15.81 €

Parution d'origine aux éditions de Minuit en janvier 2016

L'histoire :  Constance étant oisive, on va lui trouver de quoi s'occuper. Des bords de Seine aux rives de la mer Jaune, en passant par les fins fonds de la Creuse, rien ne devrait l'empêcher d'accomplir sa mission. Seul problème : le personnel chargé de son encadrement n'est pas toujours très bien organisé.

 

Tentation : Envie de relire Jean Echenoz

Fournisseur : Bib N°3

Mon humble avis : Il y a quelques années, je m'étais pris un réel coup de poing (et de coeur) avec 14, de Jean Echenoz. En piochant "Envoyée spéciale" dans ma PAL audio, j'étais à la recherche de la même sensation, de mots qui frappent comme des uppercuts, d'histoire qui vous vrillent autant le ventre que la gorge.

Et là, échec totale. A plusieurs reprises, je suis retournée sur un site internet relire 4ème de couv, pour être sûr que je ne n'étais pas trompée d'enregistrement, que l'histoire que j'écoutais correspondait bien à celle plus ou moins annoncée.

Dans mon immense déception suite à cette écoute, je pense qu'une erreur d'agenda/programmation de lecture n'est pas étrangère à cela... En effet, j'ai entamé "Envoyée spéciale) juste après avoir écouté  "L'extraordinaire voyage du fakir qui voyageait enfermé dans une armoire ikéa", roman burlesque lu par Dominique Pinon... Or, Envoyée Spéciale est aussi interprété par Dominique Pinon, sur les mêmes tons et rythmes, cette histoire est tout aussi ubuesque.... Aussi, pendant un temps, je me demandais si je n'étais pas encore en compagnie du fameux fakir... Perturbant... et surtout, saturation.

En fait, de la part d'Echenoz dont ma seule connaissance était le roman 14, je ne m'attendais pas à une histoire aussi déjantée. Tout semble n'avoir ni queue ni tête, être décousu, nébuleux. Je n'ai absolument pas vu où l'auteur voulait en venir, ni compris l'objectif de ce roman qui se veut drôle et sarcastique... Si je voyais ce genre d'histoire au ciné, je dirais "comédie série B". Evoluent une multitude de personnages farfelus, absolument pas attachants et que même en fin de lecture, je n'avais pas réussi à fixer dans un rôle précis pour certains. Certes, l'écriture est relativement soignée, mais le rythme m'a semblé exécrable et insupportables tant il y est bâti sur des digressions de digressions sensées être drôles mais qui à force, exaspèrent... même si j'avoue avoir souri 2 ou 3 fois. Bref, je n'ai pas accroché du tout à ce genre de parodie d'espionnage, on ne peut plus confuse, sans suspens ni émotion où rien ne semble dépasser le niveau de superficiel. A éviter !

P.S : si vous avez dans vos têtes des titres d'Echenoz qui ne me vaudront pas une telle déception, je suis preneuse, car désormais, je suis méfiante... Chat échaudé craint l'eau froide... Idem pour une lectrice ! 

 

L'avis enthousiaste de Keisha

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 12 Août 2019

BD - Editions Le lombart - 104 pages - 17.95 €

Parution en mai 2016

L'histoire :  Yue Kiang travaille sur un site d'abattage d'arbres pour une entreprise chinoise. Comme beaucoup de ses compatriotes, Yue Kiang a une « amie » couleur locale, Antoinette. Il s'est aussi attaché à Marie-Léontine, la fillette de sa fiancée. 
Un soir, dans la couche de sa belle gazelle, Yue découvre la blessure intime d'Antoinette: une cicatrice terrible, comme une injure à sa féminité. Combien sont-elles comme elle, exilées de leur propre corps, victimes d'une tradition aussi monstrueuse que tenace ? Combien ? 
Elles sont 150 millions de par le monde.

Tentation : La couv'

Fournisseur : bib N°1

 

Mon humble avis : Cet album est plus utile que divertissant. Même si les dessins sont magnifiques, même s'il y a une histoire et des personnages bien construits et attachants, même si nous sommes dans une chronique africaine.

Il n'en reste pas moins que le sujet est le prétexte à cette histoire et donc à cet album. Sujet terrible, ancestral et hélas toujours très contemporain : l'excision (mutilation génitale) des jeunes filles, bien souvent alors qu'elles ne sont que fillettes, parfois même presque encore bébés...

Le sujet est abordé d'abord avec délicatesse et pudeur, puis sans détour, pour rendre compte de la violence de l'acte et de ses conséquences, tant dans l'âme que dans le corps de ces filles victimes d'une barbarie infligées par leurs proches, bien souvent des femmes de leur famille... Mères, grand-mères etc...

L'excision est un mal mondial, qui est pratiqué toute les 4 minutes de par le monde. (La France et d'autres pays européens ne sont pas exempte de ces pratiques)....A la fin de l'ouvrage, un cahier très complet explique de façon journalistique mais simple en quoi consiste l'excision, sachant qu'il existe différents niveaux de mutilation génitale. Cartes mondiales, témoignages, chiffres, origines de cette affreuse tradition, conséquences physiques et psychologiques et enfin, comment agir pour que cette pratique cesse. Même si de nombreux Etats africains notamment l'interdisent, la réalité est souvent toute autre.

En toile de fond, "un tout petit bout d'elles" dénonce un autre fléau... le nouveau colonialisme... les nations exploitantes des richesses des pays les plus pauvres. Ici, il s'agit de l'exploitation du bois et des forêts décimées. Mais cela aurait pu être les exploitants de ressources minières, pétrolifères etc... qui se font au détriment de la population locale et de toutes notions écologiques à court ou long terme.

Une BD instructive et d'utilité mondiale donc.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 10 Août 2019

Spieder-man, cinéma, far from home, avis, blog, chronique, critique

Film de Jon Watts

Avec Tom Holland, Jack Gyllenhall, Zendaya, Samuel L.Jackson, Jon Favreau

 

Synopsis :  L'araignée sympa du quartier décide de rejoindre ses meilleurs amis Ned, MJ, et le reste de la bande pour des vacances en Europe. Cependant, le projet de Peter de laisser son costume de super-héros derrière lui pendant quelques semaines est rapidement compromis quand il accepte à contrecoeur d'aider Nick Fury à découvrir le mystère de plusieurs attaques de créatures, qui ravagent le continent !

 

 

Mon humble avis : La production Marvel, ces derniers temps, c'est fortement accélérée. Aussi, comme craignant d'être un peu lassée, je m'étais dit que je bouderais ce nouvel opus du poulain de l'écurie : Spider-Man. Mais c'était sans compter sans le désert cinématographique de ce début août et mon besoin viscéral d'aller dans une salle obscure. Donc adjugé, finalement, pour Spider-Man : far from home, plus d'un mois après sa sortie.

Il règne une ambiance de vacances dans ce film, puisque Spider-Man part lui-même en voyage scolaire en Europe avec sa classe. Mais les super héros n'ont jamais de vacances, et Parker va l'apprendre à ses dépens. Nous le suivons donc à Venise, à Berlin, à Prague, à Londres. Un petit tour d'Europe ou chacune se retrouve bien détruite suite (vive les effets spéciaux, tip top) aux passages de Spider-Man... Qui correspondent curieusement avec ceux de nouveaux monstres (Les Elémentaux) qu'il combattra à côté d'un nouveau super héros : Mystério (alias le trop beau Jake !) Ceci tout en restant Parker auprès de ses copains de voyages. Dur dur pour lui d'être au four et au moulin... tout en respectant l'héritage Spark, alias Iron Man. Bref, vacances épuisantes pour ce lycéen et épisode bien fourni, pour notre plaisir et surtout, notre divertissement.

Ce nouveau Marvel remplit une fois de plus cahier des charges mais réserves de très belles surprises dans des rebondissements inattendus, qui relance à chaque fois, comme tout bon rebondissement, l'intrigue, l'aventure et le rythme.

Le film termine lui-même sur un formidable cliff-hanger qui fait que, même si tous les méchants sont terrassés, Spider-Man n'est pas près de se reposer. Sans trop spoïler, on peut dire que ce film se résume à : tout n'est qu'illusion, on croit tout ce qu'on voit et on voit tout ce qu'on croit. Nous spectateurs les premiers ! Comme en témoigne les  surprises qui nous attendent lors du générique de fin.  Deux surprises, donc ne vous contentez pas de la première pour quitter la salle. C'est en toute fin du générique que la méga surprise fait reconsidérer le film d'une toute autre façon. Et oui, tout est illusion !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 8 Août 2019

Thriller - Editions Livre de poche - 402 pages - 7.60 €

Parution d'origine chez Calmann-Levy en 2013

 

L'histoire :  Accusé du meurtre de sa femme et de ses enfants, Robert Dell comprend que c'est à sa vie qu'en veut Inja Mazibuko, le flic et chef zoulou qui l'a arrêté. Désespéré, il s'attend au pire lorsqu'il est kidnappé par son père, ancien mercenaire de la CIA, bien décidé à rendre justice lui-même. Commence alors une traque infernale à travers une Afrique du Sud où la violence côtoie la misère et l'archaïsme tribal. Dans sa quête de vengeance, Dell croisera le chemin de Sunday, une adolescente prête à tout pour échapper au mariage forcé auquel elle est destinée, et de Disaster Zondi, un ancien flic.

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Ma CB

 

Un thriller sud-africain qui déménage ou qui dégomme !

Mon humble avis : Lire ce thriller quelques semaines avant de s'envoler pour l'Afrique du Sud est aussi intelligent que de regarder Midnight Express la veille de partir pour la Turquie (ce que je fis il y a plus de 20 ans)... Ce qui veut tout dire... Le sable était brûlant n'engage pas vraiment à fantasmer sur ses prochaines vacances.

Pourtant, l'histoire tient vraiment la route, captive, fait trembler, retenir le souffle, tourner les pages sans s'en rendre compte. Bref, le roman se dévore tout de même, comme tous bons thrillers. Il ne s'agit pas d'une enquête, mais d'une fuite, de traques et de vengeances...Vengeances du passé, du présent, tout se mêle, simplement... Rien de compliqué ici.

Sauf que c'est une image très violente de l'Afrique du Sud qu'offre ce roman, une image un peu à la Tarantino. Je n'ai pas compté le nombre de cadavres ni les exécutions sommaires gratuites ou non, de bipèdes comme de quadrupèdes.  Je n'ai pas dénombré non plus les fois où le mot "sang" ou les expressions "odeurs pestilentielles" ou "haleines fétides" sont utilisés. Tout cela pour dire que le vocabulaire et certaines situations sont assez répétitifs.

C'est une Afrique du Sud toujours en proie au racisme, au pot de vin, à la corruption, aux inégalités, à la pauvreté qui est décrite ici. Le Sida y est aussi évoqué (l'Afrique du Sud serait le pays où le VIH serait le plus virulent), tout comme les pauvres, insipides et inadaptés moyens de luttes (des flyers écrits en Anglais et distribués à des analphabètes dans des coins du monde où les sorciers zoulous prescrivent comme remède radical au VIH le mariage avec une jeune vierge. On approche une certaine culture zoulou que certains zoulous eux-mêmes trouvent désuète et l'auteur montre du doigt les villages zoulou soit disant traditionnels, maintenu ainsi pour les touristes armés d'appareil photo, où tous les figurants renfilent leurs jeans et retournent à leur vie de misère une fois le rideau baissé.

Au final : un bon thriller si vous ne craignez pas le brutal, la poussière et le sang et si vous ne comptez pas passer vos prochaines vacances en Afrique du Sud.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #thrillers polars étrangers

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Publié le 6 Août 2019

Les faussaires de manhattan, cinéma, chronique, critique, avis

Film de Marielle Heller

Avec Melissa McCarthy, Richard E. Grant, Dolly Welles

 

Synopsis :  Ancienne auteure à succès aujourd’hui sans le sou, Lee Israel se découvre par hasard un don exceptionnel : celui d’imiter à la perfection le style de grands romanciers. Avec l’aide de son ami Jack, elle monte une arnaque imparable: rédiger de fausses correspondances entre auteurs célèbres.

 

Mon humble avis : Un film qui me sort un peu de ma zone de confort, car il frôle la catégorie "art et essai". C'est un drame avec des personnages qui, malgré leur désarroi, ont de l'humour, un humour doux-amer, mais toujours de bon aloi. 

Les faussaires de Manhattan est l'adaptation de l'autobiographie "Can you ever forgive me" de Lee Israel... Le film est donc inspiré d'une histoire vécue.

La réalisation est très sobre, sans effets, limite morose pour correspondre à la vie des deux personnages principaux qui vivent dans la simplicité et la misère. Certes, ces deux -là s'inventent une vie avec des joyeusetés, des rires, de la dérision... Mais il n'empêche que nous, spectateurs, découvrons où tout cela prend racine... Dans une solitude extrême, une inadaptation à la société... Lee préfère les chats aux humains. Jack reste excentrique et mystérieux, le mystère sera dévoilé en toute fin du film. Lee et Jack sont comme deux naufragés qui se rencontrent et qui construisent leur île, même si celle-ci est basée sur la malfaçon et l'arnaque XXL. Pour eux, cette période d'arnaque bien organisée est la meilleure période de leur vie. Lee est magistralement interprétée par Melissa McCarty, plutôt réputée pour des rôles comiques. Elle parvient à faire de cette à priori antipathique Lee un personnage très touchant, que l'on apprend à aimer en fait.

Derrière cette histoire de faussaire, le grand sujet du film est donc la solitude, mais pas que... le milieu littéraire new-yorkais y est un peu égratigné. Et oui, quand on n'a pas un look et une personnalité vendeurs, on ne veut pas de vous... Talent ou pas... Car en fait, dans l'activité de faussaire de lettres de personnalités, Lee se révèle une excellente écrivaine, qui s'adapte à tous les styles et peut tout écrire, ajoutant du caustique çà et là.

Bref, un film sombre, aussi élégant que terne, qui offre deux superbes portraits de personnages, et qui, évidemment, vaut le détour.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 4 Août 2019

Ce billet fait suite à celui-ci (publié il y a 15 jours). Donc un conseil, si vous n'avez pas lu le premier billet, réparez votre oubli avant de poursuivre ici la visite du site du Poète Ferrailleur (Robert Coudray) de Lizio, petite commune du Morbihan. Un lieu de poésie, de rêve, d'inventions... Bref, un univers qui mène ailleurs !

Robert Coudray est un Breton né en 1954 aux talents multiples : 

Diplômé des hautes études buissonnières

de bricoleur poète.

Sponsorisé par la fée des décharges.

Cinéaste de formation,

tailleur de pierre par tradition,

récupérateur par fascination,

sculpteur par passion,

éveilleur par mission.

 

UN DIMANCHE CHEZ LE POETE FERRAILLEUR 2/?
UN DIMANCHE CHEZ LE POETE FERRAILLEUR 2/?

"Là où il y a l'élan, le plaisir, la joie...

c'est par là, la voie.

Pour moi, c'était d'assembler des mécanos, souder et inventer des histoires avec des bouts de ferraille ou de pellicule".

Robert Coudra

UN DIMANCHE CHEZ LE POETE FERRAILLEUR 2/?
UN DIMANCHE CHEZ LE POETE FERRAILLEUR 2/?

"J'ai toujours été comme un enfant, inventant mes jouets au gré des récupérations et de mes rêveries vagabondes. Leur donner du mouvement était au départ pour moi le sommet de la complication, du mystère et de l'émerveillement. Alors, je me suis passionné de sculptures cinétiques et mes objets sont devenues des machines à faire rêver." Robert Coudray

UN DIMANCHE CHEZ LE POETE FERRAILLEUR 2/?
UN DIMANCHE CHEZ LE POETE FERRAILLEUR 2/?
UN DIMANCHE CHEZ LE POETE FERRAILLEUR 2/?
Une pause rafraîchissante s'impose, toujours en mode Breizh, la suite de la visite se fera donc la semaine prochaine !

Une pause rafraîchissante s'impose, toujours en mode Breizh, la suite de la visite se fera donc la semaine prochaine !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Spectacles concerts théâtre salons

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Publié le 2 Août 2019

Livre audio, Catherine Cusset, L'autre qu'on adorait, critique, chronique, avis de lecture

Roman - Editions Gallimard - 7h31 d'écoute - 14.13 €

Parution d'origine chez Gallimard en août 2016

L'histoire : Catherine, la narratrice, fait revivre Thomas en déroulant son histoire. Thomas fut son amant, puis son proche amis. Entre la France et les Etats-Unis, cet homme d'une vitalité exubérante, des projets plein la tête, survécu d'échec en espoir de réussite dans le monde universitaire américain jusqu'à mettre fin à ses jours à l'aube de ses quarante ans.

Tentation : Le sujet

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Cette lecture me laisse un peu mitigée malgré la qualité certaine de l'oeuvre et de style. 

Le roman de Catherine Cusset, qui parle évidemment d'un personnage réel est donc partiellement autobiographique. Catherine Cusset raconte la vie de Thomas, telle qu'elle l'a perçue, telle que sans doute les témoignages de l'entourage l'ont décrite. Mais parler à la place d'un mort n'est pas aisé, surtout quand il s'agit d'un suicidé et que l'issue fatale est liée à une pathologie. Ici la bipolarité. Car il est impossible de se mettre dans la tête d'un bipolaire et de saisir pleinement ses souffrances, ses doutes, ses angoisses, ses excès d'énergie, d'enthousiasme débordant suivant des angoisses les plus profondes, de procrastination, des périodes de lassitude et d'inactivité, tout ceci prenant racine dans l'invisible et l'impalpable. Déjà un bipolaire a beaucoup de mal à expliquer cela, alors pour une plume extérieure, l'exercice est périlleux. Et je parle en connaissance de cause car bipolaire, je le suis. Et c'est là que le bât blesse dans ce roman... Il y manque l'émotion, la puissance dévastatrice de la douleur, l'intériorité. Thomas est décrit de l'extérieur, malgré ses confidences à la narratrice.

D'autant que le mot bipolarité et le diagnostic n'interviennent qu'aux trois quart de l'histoire, voire plus loin encore. Et c'est à ce moment que la lecture devient plus prenante et émouvante, quand on sent que la descente aux enfers de Thomas n'en finira jamais.

Nous suivons Thomas sur plus de vingt ans... Depuis globalement sa première crise maniaco-dépressive lors de vacances entre copains à l'étranger. Nous suivons toutes ses études, parsemées d'échecs et de petites réussites, et toute sa vie professionnelle sur le modèle de ses études. Au début, j'ai trouvé cela intéressant de découvrir le fonctionnement du système universitaire américain (thèse, doctorat, publication etc... )Mais comme cela se poursuit sur plus d'une décennie, j'ai fini par avoir l'impression d'écouter une longue litanie... Candidature, rentrée universitaire, cours, rédaction de thèse etc... Le tout couplé aux émois amoureux régulièrement enthousiastes puis désespérés de Thomas.

J'imagine que peut-être, les lecteurs qui méconnaissent les maladies bipolaires peuvent être déconcertés par cette lecture très chronologique et donc répétitive, où les indices de la pathologie peuvent presque paraître invisibles si l'on n'est pas un minimum informé sur la maladie... Et de ce fait, le personnage de Thomas peut paraître bien souvent fainéant, prétentieux, orgueilleux, irresponsable, bref, pas forcément attachant pour le lecteur, même si dans sa vie, Thomas est aimé et ne manque ni d'amis ni de connaissances. Alors que lorsque le diagnostic tombe, on souffre avec lui. Si j'avais été Catherine Cusset, j'aurais ouvert le roman sur le diagnostic, pour ensuite dérouler la vie de Thomas qui aurait été ainsi éclaircie et expliquée par cette maladie qui est, rappelons-le, classée par l'O.M.S comme l'une des 10 maladies les plus invalidantes du monde. Et là, et alors seulement là, "l'autre qu'on adorait" aurait été un roman utile pour que les maladies bipolaires soient mieux connues et mieux comprises par un plus grand nombre.

Je n'ai pas les mots exactes de Catherine Cusset, mais sur la fin, elle dit : "Lorsqu'un bipolaire meurt, c'est un rire qui disparaît de la terre". Et oui, en public, les bipolaires sont souvent très drôles, bout en train, débordants d'énergie. Ils apprennent à s'imiter eux-mêmes lors des moments difficiles, pour donner ce que l'on attend d'eux : humour et énergie.

L'avis de Sylire

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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