Publié le 31 Décembre 2019

Film de Tom Hopper

Avec Jennifer Hudson, Taylor Swift, Francesca Hayward, Idris Elba

 

Synopsis :  L'adaptation de la comédie musicale Cats. Une fois par an au cours d’une nuit extraordinaire, les Jellicle Cats se réunissent pour leur grand bal. Leur chef, Deuteronome, choisit celui qui pourra entrer au paradis de la Jellicosphère pour renaître dans une toute nouvelle vie.

 

 

Mon humble avis : Je n'ai pas vu la comédie musicale d'origine, n'ayant pas les moyens et surtout, n'habitant pas au bon endroit. Voilà pourquoi je suis allée voir la version ciné.

Les critiques sont globalement assassines. Je serais plus mitigée, peut-être moins cruelle. Disons que sur la durée, le film est très inégal. De bons moments, un excellent et d'autres beaucoup moins bons. En fait, ce qui manque le plus, c'est l'émotion. Et pourtant, avec une telle histoire, des chants et des voix, il y avait de quoi faire... Le seul passage qui m'a vraiment "dressé les poils" et fait frissonner, c'est lorsque Jennifer Hudson interprète la célèbre chanson "Memory"... 

La gestuelle féline n'est pas toujours bien rendue (je réalise à l'instant qu'on ne voit même pas un chat "pattouner", et les chats sont plus souvent bipèdes que quadrupèdes) même si le comportement très fluide et gracieux de l'animal est bien représenté. En même temps, les comédiens sont des humains déguisés en chats et jamais un humain n'acquerra la souplesse d'un chat. Les échelles visuelles, taille chats VS objets, n'est pas toujours juste, notamment dans les mouvements. Et puis, ce qui est à déplorer avec le cinéma actuel, fait de nombreux effets spéciaux, est qu'on ne sait plus ce qui est dû au talent des acteurs ou à l'exactitude des images de synthèse et aux prouesses techniques dues à la "performance capture". Je trouve cela dommage dans ce type de film. L'aspect comédie musicale version ciné aurait gagné en force et puissance en étant modernisée, ne serait-ce que sur la rythmique, et en paraissant moins désordonnée. 

Mais j'ai beaucoup aimé les textes et globalement la mise en scène qui sont très fidèles à mes chers félins. Leur vie, leurs caractères, leurs manies, leurs jeux, leurs joies, leurs facéties, mais aussi leurs misères sont parfaitement décrits dans les chansons.

Si vous hésitez entre la V.O et la VF... n'hésitez plus... Les dialogues sont si peu nombreux qui VO ou VF, c'est kif kif pareil.

Mais pour être honnête, je pense que si je n'aimais pas autant ces êtres fascinants et attachants que sont les chats, je me serais sans doute royalement ennuyée ! L'exercice de transposition au ciné d'une comédie musicale était périlleux. Le résultat n'est ni réussi, ni raté.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 29 Décembre 2019

Le Blyde River Canyon (Blyderivierspoort en afrikaans ce qui signifie canyon de la rivière de joie en français) est situé dans la province du Mpumalanga en Afrique du Sud, dans l'est de la région historique du Transvaal.

Composé principalement de grès rouge, le Blyde River Canyon forme la partie nord de l'escarpement des montagnes de Drakensberg. Troisième plus grand canyon du monde selon l'office du tourisme, réputé deuxième plus grand canyon d'Afrique (après le Fish River Canyon), le Blyde River Canyon est la quatrième attraction touristique du pays, drainant près d'un million de visiteurs par an, et l'un des sites touristiques les plus importants de la province du Mpumalanga avec le Parc national Kruger. Il est notamment situé sur la route panoramique qui part de Graskop et mène aux sites naturels de God's Window et de Bourke's Luck Potholes.

 

 

La tribu MaPulane avait baptisé la rivière du nom de Motlatse.

Le nom Blyde River fut donné en 1844 par les femmes de voortrekkers, qui attendaient leurs époux partis à la recherche d'une route vers la baie de Delagoa. Ne revenant pas et les croyant morts, elles baptisèrent « Treur River » (rivière des pleurs) la rivière au bord de laquelle leur campement était dressé. Elles partirent néanmoins à la recherche de rescapés et c'est au bord d'une autre rivière qu'elles nommèrent « Blyde River » (rivière de joie), qu'elles les retrouvèrent tous et bel et bien en vie.

La Treur et la Blyde se rejoignent aux « Bourke's Luck Potholes » avant de plonger dans le Blyde River Canyon.

La Blyde River fait ainsi référence à un événement historique, partie intégrante de l'histoire afrikaner.

UN DIMANCHE EN AFRIQUE DU SUD : BLYDE CANYON
En haut , les 3 Rondavels

En haut , les 3 Rondavels

UN DIMANCHE EN AFRIQUE DU SUD : BLYDE CANYON
UN DIMANCHE EN AFRIQUE DU SUD : BLYDE CANYON
UN DIMANCHE EN AFRIQUE DU SUD : BLYDE CANYON
UN DIMANCHE EN AFRIQUE DU SUD : BLYDE CANYON
UN DIMANCHE EN AFRIQUE DU SUD : BLYDE CANYON
UN DIMANCHE EN AFRIQUE DU SUD : BLYDE CANYON
UN DIMANCHE EN AFRIQUE DU SUD : BLYDE CANYON
UN DIMANCHE EN AFRIQUE DU SUD : BLYDE CANYON
God windows

God windows

God windows, avec vue sur forêt et le bas veld

God windows, avec vue sur forêt et le bas veld

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyages en Afrique

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Publié le 27 Décembre 2019

Anatomie d'un scandale, littérature anglaise, thriller psychologique, Sarah Vaughan

Thriller - Editions Audiolib - 11h40 d'écoute - 20.60 €

Parution d'origine aux éditions Préludes en janvier 2019

L'histoire : James Withhouse, homme politique connu, député et meilleur ami du premier ministre, est accusé de viol. Kate, avocate (conseillère de la Reine), se voit confier la mission d'obtenir la condamnation de l'homme devant la cours. Kate y mettre tout son coeur, toute sa force, toute sa personne.

De l'autre côté, il y a Sophie, l'épouse de WhiteHouse avec qui elle forme ce si beau couple parfait, chouchous des médias etc... Va t-elle soutenir son mari ? Et si oui, jusqu'à quand ? Qu'est-ce qu'une épouse peut accepter de son mari sans se renier ? Et derrière cette accusation, y a-t-il d'autres secrets enfouis ?

Tentation : Pourquoi pas, envie d'un thriller psychologique !

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Quatrième de couv et description de l'oeuvre évoquent un bestseller international, un thriller psychologique et domestique sulfureux, ténébreux et puissant.

Mouais, après lecture (ou écoute) je dirai ce que ce "thriller" est un peu survendu. Certes, il est intéressant et agréable à écouter, mais on ne peut pas dire que l'adrénaline monte beaucoup. Par contre, le blabla prend pas mal de place, et qui dit blabla, dit longueurs et répétitions. En même temps, le blabla est difficilement contournable quand presque un tiers du roman se déroule dans une salle d'audience anglaise, dans un procès retentissant, qui fait couler beaucoup d'encre et ou deux avocates bataillent pour leur objectif : accuser ou innocenter. Et évidemment, le lecteur est pris dans l'histoire, puisqu'il veut "savoir".

Ce roman surfe sur l'époque #meetoo en se penchant avec justesse et profondeur sur la question, qui peut être délicate et très ténue, du consentement dans une relation sexuel. Oui, la marge qui peut faire basculer un acte sexuel en viol est très fine, comme le fil d'un rasoir. Autre sujet important que Sarah Vaughan développe dans cette histoire : la vérité, ce qu'on en fait, l'idée que l'on en a, comment on la transforme, sciemment ou inconsciemment.

Que dire d'autre, sinon que le récit nous emmène régulièrement dans le passé, en 1993 exactement, où certains des protagonistes de l'affaire étaient alors des étudiants d'Oxford, jeunesse dorée, née avec une cuillère en argent dans la bouche, et promise à un bel avenir. Et pour garantir cet avenir, il semble que tous les coups sont permis. Cette immersion Oxfordienne m'a intéressée, même si elle m'a souvent répugnée. A part cela, Sarah Vaughan nous plonge dans le coeur d'un couple, autant ordinaire qu'extraordinaire, puisque nous sommes dans les hautes sphères politiques, où la jeunesse d'Oxford a pris quelques rides mais beaucoup de pouvoirs. A-t-elle pour autant gagné en sagesse ?

Un roman intéressant mais pas aussi captivant et transcendant que l'on peut l'espérer d'une oeuvre estampillée thriller psychologique.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #thrillers polars étrangers, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 25 Décembre 2019

Rédigé par Géraldine

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Publié le 23 Décembre 2019

BD, Les ouessantines, Couverture, Bretagne, Finistère

BD - Editions Vents d'Ouest - 128 pages - 18.25 €

 

Parution en mai 2013

L'histoire :  Qui voit Ouessant voit son sang !
Soizic, une jeune femme au caractère bien trempé, décide de changer de vie et d'ouvrir une maison d'hôtes sur l'île d'Ouessant, en Bretagne. Mais c'est bien connu : Ouessant se mérite. La vie y est rude et les locaux n'ont pas vraiment le sens de l'accueil avec les gens "du continent" excepté Marie, une vieille dame qui semble avoir pris Soizic en affection. Quelques mois après son arrivée, alors que Soizic commence à s'acclimater à sa nouvelle vie, les Ouessantins apprennent une terrible nouvelle : Marie a été retrouvée pendue ! Mentionnée dans son testament, la jeune femme va se retrouver mêlée malgré elle à des secrets troubles de l'île... 

Tentation : Sujet et distination

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Cela fait quelques mois déjà que j'ai lu cette BD sous le soleil breton, il est donc plus que temps de la présenter.

Cet album est vraiment sympa et bien divertissant. Ce n'est pas la lecture du siècle, loin de là, mais elle offre un bon moment de détente, avec des dessins bien colorés et légèrement "naïfs", un peu à l'ancienne je dirais.

Le personnage de Soizic, qui va de l'avant et décide contre vents et marée à mener à bien l'ouverture d'une chambre d''hôtes sur Ouessant est intéressant et attachant.  Son énergie fait du bien. Rappelons qu'Ouessant est le point et l'île par la même occasion, la plus occidentale de France. C'est une île isolée, battue par les vents, très appréciée pour sa simplicité et sa nature. Mais son accès n'est pas toujours facile. Tempêtes et forts courants marins rendent la traversée depuis Brest souvent difficile et parfois aléatoire.

Les paysages ouessantins et certaines coutumes des îliens sont bien représentés et offrent une belle évasion, une sensation de voyage.

Les difficultés auxquelles font face les continentaux lorsqu'ils décident de s'installer sur une île, quelle qu'elle soit sont en fait le sujet principal de cet album : méfiance, regards en biais, peur, refus de la nouveauté et ou de l'étranger, bizutage etc... S'intégrer et être accepté sur une île relève souvent du défi.

Et puis il y a un mystère... Pourquoi la vieille ouessantine Marie, à sa mort, laisse-t-elle un message à Soizic qu'elle connait depuis si peu de temps ? Soizic va mener l'enquête et déterrer de vieux secrets de l'île. J'avoue que ce dénouement est un peu léger, j'espérais quelque chose de plus surprenant. Mais bon... Cela n'enlève rien à l'intérêt de cet album  qui pour moi se trouve ailleurs... sur l'insularité.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 21 Décembre 2019

Témoignage - Editions Livre de Poche - 144 pages - 6.20 €

Parution aux Editions de l'Iconoclaste en septembre 2016

Le sujet : Après avoir conté sa vie dans l'autisme depuis la petite enfance jusqu'à l'adolescence avancée dans "L'empereur, c'est moi", Hugo Horiot se penche sur des bribes de sa vie d'adulte, devenu autiste Asperger "invisible"mais médiatisé, comédien, écrivain jusqu'à la paternité et ce qui s'en suit.

Tentation : Le sujet

Fournisseur : Ma CB

 

 

 

 

Mon humble avis : On apprend dans ce livre que "L'empereur, c'est moi" a été écrit dans un sentiment et un moment d'urgence par Hugo Horiot. Déjà lors de ma lecture de celui-ci, j'avais admiré le style magnifique. Ici, ce qui saute aux yeux en premier lieu n'est pas le fond, mais la forme : quelle plume éblouissante ! C'est d'ailleurs cet aspect-là que je loue avant tout avec mes 4 pattes de chat ! Crue parfois, directe toujours, avec toujours une jolie poésie. Une plume qui ne permet plus de doute : Hugo Horiot est avant tout un écrivain avant d'être un autiste asperger. Car être le sujet d'un récit est une chose, mais transformer ce récit en une oeuvre indubitablement littéraire en est une autre ! C'est donc, à mes yeux, ce qui prévaut par rapport à l'aspect récit/témoignage dans ce bouquin, qui pourrait aisément passé pour un roman joliment littéraire.

C'est à force de travail sur lui-même, d'observations, de mimétisme, de passion pour le théâtre qu'Hugo Horiot est parvenue à rendre son autisme discret, voire invisible pour les profanes. En effet, il n'est plus du tout dans les clichés qui ont hélas la peau dure et qui semblent nécessaires aux yeux de la majorité neurotypique pour définir l'autisme... Non tous les autistes asperger ne sont pas renfermés sur eux, ne sont pas "coincés", ne savent pas s'exprimer, ne regardent pas dans les yeux, ne sont pas des génies avec un Q.I exceptionnels... Bien que je soupçonne que le Q.I d'Hugo Horiot de ne pas être sur le plancher des vaches !

Par courts chapitres, comme des extraits de carnets justement, Hugo Horiot développe ou s'attaque à différentes périodes ou situations précises qui vallonnent sa vie, pour le meilleur et pour le pire, pour le plus doux, le plus cruel ou le plus comique si l'on a le sens de l'humour. On ne compte pas le nombre de situations rocambolesques vécues par l'auteur. Ces contextes ubuesques sont toujours liées au choc des cultures entre celle d'Hugo Horiot et neurotypiques qu'il a l'occasion de fréquenter. Par exemple, suite au succès de "L'empereur c'est moi", des journalistes qui voulaient le recevoir sur un plateau télé lui ont soudain demandé : "Mais vous avez une preuve que vous êtes autistes car là, ça ne se voit pas"... Ca peut prêter à sourire, évidemment, mais c'est plutôt rangeant et démontre une fois de plus l'inadéquation et la méfiance de notre société envers tout ce qui touche aux handicaps invisibles et qui demande pourtant un effort parfois surhumain et quotidien à ceux qui les vivent.

Dans cet opus, l'autisme est clairement nommé (ce qui n'était pas le cas dans "L'empereur c'est moi" et assumé, au point qu'en quelques années, Hugo Horiot est devenu un militant très reconnu et médiatisé pour la cause autistique. Mais curieusement, ce récit garde le lecteur à une plus grande distance et pourrait passer pour un témoignage d'une personne lambda qui a des choses intéressantes à dire. Ce prouve qu'Hugo Horiot a presque parfaitement, en tout cas en façade, réussit son intégration... Sauf que l'on sent tout de même des traits du syndrome dans le texte... Comme par exemple le manque de maîtrise des codes sociaux. En effet, plus d'une fois, je me suis surprise à penser qu'Hugo Horiot oubliait un peu la modestie, ce qui rend son texte moins touchant que le premier.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres autres - divers

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Publié le 19 Décembre 2019

La panthère des neiges, Sylvain Tesson, Avis, Chronique, littérature, blog, prix renaudot

Récit de voyage - Editions Gallimard - 176 pages - 18 €

Parution le 10 octobre 2019 : Rentrée Littéraire !

 

Le sujet : Sylvain Tesson accompagne le célèbre photographe animalier Vincent Munier et une petite équipe dans les hauteurs du Tibet, à la recherche de la panthère des neiges.... Si rare que certains croient qu'elle n'existe plus. Ce livre est le récit de cette expédition et de la rencontre tant espérée avec ce noble animal.

 

 

Tentation : Sujet et médias

Fournisseur : La bib N°1

 

 

Mon humble avis : Ah ! Comme j'ai dévoré et dégusté ce livre, chaudement installée sous ma couette, alors que nos aventuriers ont subi nuit et jour des températures allant jusqu'à moins 30 degrés celsius pour être dignes de leur récompense aussi incertaine que méritée : apercevoir la panthère des neiges.

J'ai tout de même été étonnée d'apprendre que jusqu'à maintenant, Tesson ne s'était pas intéressé plus que ça au monde animalier (souvent invisible) au cours de ses très nombreux voyages en solitaire.

Eux l'on vue, ainsi qu'une pléiade d'autres animaux de ces montagnes reculées et quasi inaccessibles. D'ailleurs, j'avoue que j'ai fait quelques allers retours entre le livre et mon écran pour visualiser certaines espèces citées. Je n'étais pas avec Tesson et sa bande, je n'ai rien vu mais j'ai tout imaginé, visualisé dans mon esprit et ressenti... Ceci, entre autre grâce à la jolie plume de Sylvain Tesson. J'ai aussi bien médité via les réflexions de l'auteur, portant sur le monde animalier en total disharmonie avec celui des humains, celui-ci tout aussi discordant avec celui de notre planète, qu'il met en péril chaque jour un peu plus. Tesson parle de notre société épileptique du tout tout de suite au plus vite et en rentabilité s'il vous plait, de notre société qui ne sait plus patienter, attendre, pour voir la beauté et le rare.

Evidemment, en tant qu'amie des animaux, je me suis "comparée", à ma toute petite échelle, à ce que vivent Tesson et ses amis. L'attente, la patience, l'observation, l'humilité, le risque de déception et parfois la joie du succès... Avec plus de confort et tout de même un peu moins d'attente, c'est ce que j'ai vécu des dizaines de fois dans la protection animale, lors des trappages interminables jusque dans la nuit de chats errants ou sauvageons, pour les soigner, les stériliser, les rentrer, les protéger. Le chat viendra ou ne viendra-t-il pas ? Rentrera-t-il dans la cage ou pas ? Et le bonheur indicible lorsque l'animal paraît et qu'on parvient à le sauver.  Mais observer et connaître avant d'agir. L'affût, toute une philosophie !

Autre exemple, la joie intense, le rêve de toute une vie de voir, d'apercevoir de près ou de loin des animaux rares.... Jamais je ne pourrai décrire les émotions intenses qui m'ont envahi lorsque j'ai eu la chance, en septembre dernier, de voir de mes yeux, et dans leur milieu naturel, un léopard, des lionnes et leurs lionceaux. Tout un voyage pour apercevoir, ne rien échanger avec l'animal mais ressentir. Piou, c'est fou.

Mais rien ne parlera mieux de ce livre que ces quelques extraits que pour une fois j'ai relevés, recopiés etc... Les voici ! En attendant, ruez vous sur ce livre et si vous êtes en panne d'idée de cadeau de Noël pour un proche qui aime l'aventure et les animaux... Vous voilà dépannés !

Ces extraits rallongent considérablement mon billet, mais Tesson ne nous apprend il pas la patience, le temps, l'affût de toute chose, de tout instant et de tout être !... Et puis, égoïstement, je tiens à en garder une trace pour moi !

 

 

« On m’en veut d’esthétiser le monde animal, se défendait-il. Mais il y a suffisamment de témoins du désastre ! Je traque la beauté, je lui rends mes devoirs. C’est ma manière de la défendre ! » (Munier)

« Dans la nature, nous sommes regardés. D’autre part, nos yeux vont toujours vers le plus simple, confirment ce que nous savons déjà. L’enfant, moins conditionné que l’adulte, saisit les mystères des arrière-plans et des présences repliées ».

« Aucune proie ne pourrait psychiquement supporter l’idée qu’elle côtoie la mort. La vie est vivable si le péril est ignoré. Les êtres naissent avec leurs propres œillères.

« Lui aussi était royaliste, croyant à la consécration des lieux par le séjour de l’Etre. J’avais attendu cette vision, je l’avais reçue. Plus rien ne serait désormais équivalent en ce lieu fécondé par la présence. Ni en mon fort intérieur ».

« Avec Munier, je commençais à saisir que la contemplation des bêtes vous projette dans votre reflet inversé. Les animaux incarnent la volupté, la liberté, l’autonomie : ce à quoi nous avons renoncé. »

« L’une des traces du passage de l’homme sur la Terre aura été sa capacité à faire place nette. L’être humain avait résolu la question philosophique de la définition de sa nature propre : il était un nettoyeur ».

« On pouvait s’échiner à explorer le monde et passer à côté du vivant. »

« Désormais je saurais que nous déambulions parmi des yeux ouverts dans des visages invisibles. Je m’acquittais de mon ancienne indifférence par le double exercice de l’attention et de la patience. Appelons cela l’amour. »

« Les bêtes surgissent sans prémices puis s’évanouissent sans espoir qu’on les retrouve. Il faut bénir leur vision éphémère, les vénérer comme une offrande. »

« A l’affût, on connaît ce que l’on attend. Les bêtes sont des dieux déjà apparus. Rien ne conteste leur existence. Si quelque chose advient, ce sera la récompense. Si rien n’arrive, on lèvera le camp, décidé à reprendre l’affût le lendemain. Alors si la bête se montre, ce sera la fête. Et l’on accueillera ce compagnon dont la présence était sûre, mais la visite incertaine. L’affût est une foi modeste. »

« C’est une bonne définition de la nature sauvage : ce qui est encore là quand on ne le voit plus. »

« Aussitôt que nous l’apercevions, une paix montait en nous, un saisissement nous électrisait. L’excitation et la plénitude, sentiments contradictoires. Rencontrer un animal est une jouvence. L’œil capte un scintillement. La bête est une clé, elle ouvre une porte. Derrière, l’incommunicable. »

« ‘Au tout, tout de suite’ de l’épilepsie moderne, s’opposait le ‘sans doute rien, jamais’ de l’affût. Ce luxe de passer une journée à attendre l’improbable… l’affût était un mode opératoire, et il fallait en faire un style de vie ».

 

8/6

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #récits ou romans de voyages

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Publié le 17 Décembre 2019

Docteur ? Film Cinéma, Michel Blanc, chronique, avis, blog

Film de Tristan Séguela

Avec Michel Blanc, Hakim Jemili, Solène Rigot, Franck Gastambide

 

Synopsis :  C'est le soir de Noël. Les parisiens les plus chanceux se préparent à déballer leurs cadeaux en famille. D'autres regardent la télévision seuls chez eux. D'autres encore, comme Serge, travaillent. Serge est le seul SOS-Médecin de garde ce soir-là. Ses collègues se sont tous défilés. De toute façon il n'a plus son mot à dire car il a pris trop de libertés avec l'exercice de la médecine, et la radiation lui pend au nez. Les visites s'enchaînent et Serge essaye de suivre le rythme, de mauvaise grâce, quand tombe l'adresse de sa prochaine consultation. C'est celle de Rose, une relation de famille, qui l'appelle à l'aide. Il arrive sur les lieux en même temps qu'un livreur Uber Eats, Malek, lui aussi de service ce soir-là...

 

 

Mon humble avis : Docteur ? est un film sympathique, qui fonctionne globalement bien, malgré quelques imperfections : comme de petites longueurs ou encore, des situations un peu trop exagérées et inutilement.

Mis à part ces bémols, Docteurs ? reste un film qui oscille entre bonne comédie et émotion, et surtout humanité, pour le meilleur et pour le pire.

Le duo composé par Michel Blanc et Hakim Jemili est vraiment au diapason même si les personnages sont aux antipodes l'un de l'autre. Michel Blanc, en médecin désabusé dont la vie semble derrière lui, et Hakim Jemili en livreur Uber vélib, qui lui, à l'avenir devant lui, des projets plein la tête et qui vit entre candeur et générosité. Chaque personnage va beaucoup apporter à l'autre. C'est donc un film sur la double transmission, quels que soient l'âge, le milieu social ou les préoccupations dans la vie.

Le film montre aussi, sous forme de la comédie mais frôle avec le drame, ce qu'est être médecin de garde aujourd'hui. (Et encore, nous ne restons que dans Paris intra-muros, il n'est question ici de traiter les questions sociales des quartiers chauds... A travers les nombreuses visites effectuées par notre duo durant cette nuit de Noël, nous voyons l'importance et l'utilité de ces médecins mais aussi les abus de certains patients qui prennent les médecins et médecine pour des pigeons et qui, sans honte aucune, appellent un médecin de garde pour un renouvellement d'ordonnance ou encore... pour obtenir un arrêt médical pour partir en vacances le lendemain.

Bref, une comédie sympathique, assez créative touchante, qui même si elle montre l'égoïsme et l'étroitesse d'esprit de certains, s'attache surtout à faire du bien en exploitant la bonté de certains et surtout, la vie et l'envie plus fortes que tout ! Et puis avouons-le, certaines situations sont vraiment hilarantes ! Une comédie sympa pour Noël !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 15 Décembre 2019

La meilleure période pour observer les animaux dans le parc Kruger se situe entre juin et septembre, (l'hiver austral et saison sèche). Ainsi, les animaux se regroupent plus facilement autour des points d'eau.

Dans le parc, un large réseau de routes et de pistes permettent de circuler librement et de voir les animaux depuis voitures personnelles ou jeeps de safari. Il est strictement interdit de descendre de voiture, même pour un arrêt besoin naturel... On ne laisse pas d'odeur humaine dans le parc. Pour les arrêts besoin naturel, il y a des zones spécifiques , indiquées et aménagées en pause café, déjeuner etc... De même, il est très déconseillé de laisser des détritus jetés par la fenêtre sous peine de très forte amende.

Il n'y as pas d'intervention vétérinaire dans le parc... sauf en cas de virus qui risquerait de décimer des troupeaux entiers. Mais sinon, les animaux vivent vraiment à l'état sauvage et naturel, ils se débrouillent entre eux. Par exemple, nous avons croisé une très vieille girafe, seule... Notre mentalité d'Européens nous a fait demandé ce qui allait se passer pour elle. Agée, elle sera une proie plus facile pour les lions.

Seuls quelques points d'eau ont été ajouté par l'humain, car la sécheresse sévit en Afrique du Sud.

Et bien sûr, nuit et jour, des rangers parcourt le parc pour luter contre le braconnage.

Pour voir mon 1er billet sur le parc kruger, et donc d'autres animaux, c'est ici  

 

Le koudou ou grand koudou, que l’on différencie ainsi du petit koudou, est un bovidé africain dont le mâle se caractérise par une tête aux longues cornes en spirale, et une robe fauve à brune striée de 5 à 12 rayures blanches. La femelle, plus petite, ne possède pas de cornes. Fréquentant les zones boisées et les régions montagneuses, le koudou, qui peut vivre jusqu' à une quinzaine d’années, se nourrit presque exclusivement de pousses et de jeunes feuilles.

Le koudou ou grand koudou, que l’on différencie ainsi du petit koudou, est un bovidé africain dont le mâle se caractérise par une tête aux longues cornes en spirale, et une robe fauve à brune striée de 5 à 12 rayures blanches. La femelle, plus petite, ne possède pas de cornes. Fréquentant les zones boisées et les régions montagneuses, le koudou, qui peut vivre jusqu' à une quinzaine d’années, se nourrit presque exclusivement de pousses et de jeunes feuilles.

Les prédateurs du koudou sont les félins, les hyènes et les chiens sauvages. Et évidemment les "hommes" qui recherchent un trophée et de belles cornes pour leurs salons.Peu rapide à la course en terrain non accidenté, les grands koudous sont des antilopes assez faciles à capturer.  La maturité sexuelle du grand koudou est vers 2 ou 3 ans. La gestation du koudou dure 8 mois et ne donne naissance qu'à un seul bébé.

Les prédateurs du koudou sont les félins, les hyènes et les chiens sauvages. Et évidemment les "hommes" qui recherchent un trophée et de belles cornes pour leurs salons.Peu rapide à la course en terrain non accidenté, les grands koudous sont des antilopes assez faciles à capturer. La maturité sexuelle du grand koudou est vers 2 ou 3 ans. La gestation du koudou dure 8 mois et ne donne naissance qu'à un seul bébé.

Le mâle koudou peut peser jusqi'à 300 kg et ses cornes atteindre 1.50 mètres. Cette espèce animal n'est pas en voie de disparition mais toute de même classée parmi les espèces vulnérables.

Le mâle koudou peut peser jusqi'à 300 kg et ses cornes atteindre 1.50 mètres. Cette espèce animal n'est pas en voie de disparition mais toute de même classée parmi les espèces vulnérables.

Paysages de brousse  !

Paysages de brousse !

Voici des rhinocéros blancs. En fait, pour distinguer le rhinocéros blanc du noir, il faut avoir un oeil averti... En effet, la différence se situe à la commissure des lèvres.... qui est noire chez le rhino noir !Le rhinocéros est un mammifère herbivore de la famille des Rhinocérotidés. L’animal mesure autour de 4 mètres de long et 2 mètres de haut. Son poids peut atteindre les 3 tonnes. Selon l’origine du mot, le rhinocéros est un animal ayant des cornes se trouvant sur son nez. Le grand mammifère possède en effet, au bout du museau, une ou deux cornes selon l’espèce. Le rhino est une espèce en voie d'extinction. D'ailleurs, il a déjà disparu de certaines régions du globe. La photo en bas à droite représente un WC de rhino attrape nana !

Voici des rhinocéros blancs. En fait, pour distinguer le rhinocéros blanc du noir, il faut avoir un oeil averti... En effet, la différence se situe à la commissure des lèvres.... qui est noire chez le rhino noir !Le rhinocéros est un mammifère herbivore de la famille des Rhinocérotidés. L’animal mesure autour de 4 mètres de long et 2 mètres de haut. Son poids peut atteindre les 3 tonnes. Selon l’origine du mot, le rhinocéros est un animal ayant des cornes se trouvant sur son nez. Le grand mammifère possède en effet, au bout du museau, une ou deux cornes selon l’espèce. Le rhino est une espèce en voie d'extinction. D'ailleurs, il a déjà disparu de certaines régions du globe. La photo en bas à droite représente un WC de rhino attrape nana !

Le mâle y fait ses besoins... La femelle passe dedans, piétine, reniffle et s'en va avec sur elle l'odeur du mâle, qui n'a plus qu'a suivre sa propre odeur pour trouver "sa promise" !

Le rhinocéros, en tant qu’herbivore, est un animal se nourrissant de feuilles, d’herbes ainsi que de plantes et de fruits. Son milieu naturel est surtout la savane. C’est un animal généralement solitaire. Il existe différents types de rhinocéros selon leur localisation.

Le rhinocéros, en tant qu’herbivore, est un animal se nourrissant de feuilles, d’herbes ainsi que de plantes et de fruits. Son milieu naturel est surtout la savane. C’est un animal généralement solitaire. Il existe différents types de rhinocéros selon leur localisation.

Des impalas !

Des impalas !

De nouveau, des impalas, gazelles qui "fourmillent" dans le parc Kruger !

De nouveau, des impalas, gazelles qui "fourmillent" dans le parc Kruger !

Des impalas !

Des impalas !

Les singes vervet... Avec ses bourses bleues le Vervet est facilement identifiable. Une bande de vervets compte en moyenne 50 individus. Son territoire s'étend autour d'un point fixe ( bosquets, buissons épais ) qui lui sert de refuge nocturne. Le Vervet est principalement frugivore, mais il complète également son régime avec une série d'autres nourritures, y compris des feuilles, des graines, des insectes et de petits rongeurs.

Les singes vervet... Avec ses bourses bleues le Vervet est facilement identifiable. Une bande de vervets compte en moyenne 50 individus. Son territoire s'étend autour d'un point fixe ( bosquets, buissons épais ) qui lui sert de refuge nocturne. Le Vervet est principalement frugivore, mais il complète également son régime avec une série d'autres nourritures, y compris des feuilles, des graines, des insectes et de petits rongeurs.

Les singes vervets sont une espèce de primate assez répandue dans le pays mais perçue comme nuisible par la majorité de la population car devenue trop familière à cause de sa cohabitation forcée avec l’homme. Ces singes n'hésitent pas à s'approcher des lieux habités par l'humain. La maturité sexuelle est atteinte vers l'âge de 4 ans. La gestation de la femelle Vervet dure environ 150 jours. La femelle vervet n'a qu'un seul petit par portée.

Les singes vervets sont une espèce de primate assez répandue dans le pays mais perçue comme nuisible par la majorité de la population car devenue trop familière à cause de sa cohabitation forcée avec l’homme. Ces singes n'hésitent pas à s'approcher des lieux habités par l'humain. La maturité sexuelle est atteinte vers l'âge de 4 ans. La gestation de la femelle Vervet dure environ 150 jours. La femelle vervet n'a qu'un seul petit par portée.

Chez les Vervets, le groupe ( d'une cinquantaine d'individus ) est très hiérarchisé et compte femelles et jeunes, mais surtout plusieur mâles adultes. L'habitat ouvert et leur groupe complexe ont développé chez le Vervet une communication élaboré, tant gestuelle ( 40 signes recencés ) qu'orale. La multitude de mâle dans le groupe obligent les dominants à afficher clairement leur statut et leur humeur ( parties génitales colorées ). Leur pénis rouge exhibé en signe d'alerte ou agression, scrotum bleu contracté en signe de soumission et de défense font ainsi partie du code.

Chez les Vervets, le groupe ( d'une cinquantaine d'individus ) est très hiérarchisé et compte femelles et jeunes, mais surtout plusieur mâles adultes. L'habitat ouvert et leur groupe complexe ont développé chez le Vervet une communication élaboré, tant gestuelle ( 40 signes recencés ) qu'orale. La multitude de mâle dans le groupe obligent les dominants à afficher clairement leur statut et leur humeur ( parties génitales colorées ). Leur pénis rouge exhibé en signe d'alerte ou agression, scrotum bleu contracté en signe de soumission et de défense font ainsi partie du code.

Hippotrague noir (ou encore antilope sable). Le mâle est plus foncé que la femelle. Il est plus rare d'observer cet animal, aussi, nous avons eu beaucoup de chance. Le poids des mâles peut atteindre 270 kg. Mâles comme femelles ont des cornes annelées très tranchantes. Herbivores ruminants, les hippotragues noirs sont grégaires et vivent donc en groupe. Le lion, le léopard, la hyène, le lycaon, le crocodile sont ses principaux prédateurs.

Hippotrague noir (ou encore antilope sable). Le mâle est plus foncé que la femelle. Il est plus rare d'observer cet animal, aussi, nous avons eu beaucoup de chance. Le poids des mâles peut atteindre 270 kg. Mâles comme femelles ont des cornes annelées très tranchantes. Herbivores ruminants, les hippotragues noirs sont grégaires et vivent donc en groupe. Le lion, le léopard, la hyène, le lycaon, le crocodile sont ses principaux prédateurs.

Paysages de brousse !

Paysages de brousse !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyages en Afrique

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Publié le 13 Décembre 2019

Roman - Editions Folio - 261 pages - 6.80 €

Parution d'origine chez Gallimard en 2009

L'histoire : Pierre photographe portraitiste parisien, se retrouve au Kenya. Il doit procéder à l'enterrement de son père, qu'il n'a rencontré qu'une fois et qui fut choisi par sa mère comme géniteur. En feuilletant un guide touristique, Pierre apprend que le mot "Safari" signifie "Voyage". Le sien sera intense dans le Kenya d'hier et d'aujourd'hui, dans les traces de son père et au coeur de lui-même.

 

Tentation : Ma PAL + la destination

Fournisseur : Ma PAL

 

 

Mon humble avis : Le roman s'ouvre sur de superbes images... Un guépard dans le Masaï Mara (mais cerné de jeeps et de touristes). Une belle entrée en matière pour s'enfouir ensuite dans le coeur du Kenya, depuis les temps immémoriaux et leurs traditions, jusqu'à l'ultra mondialisation destructrice qui se glisse jusqu'aux tréfonds de chaque espace libre. Et ce, peu importe les dégâts causés pourvu qu'il y ait emplois et nourriture.

La rédaction de cette histoire est très particulière et requiert un peu de temps pour s'y adapter. En effet, sans trop prévenir, le récit passe régulièrement du "il" (l'auteur qui évoque son personnage) au "nous"... Nous autres... qui se révèlent être les esprits des anciens qui gardent un oeil sur leur terre et se souviennent. Ils sont les gardiens des temps, avant les colons, puis lors de l'arrivée des colons (anglais notamment) et de la construction d'une voie de chemin de fer, qui ne sera jamais rentable mais qui tuera à la tâche des centaines d'hommes. Les décès d'Anglais, d'indiens, de Coolies et autres sont comptabilisés. Ceux des indigènes, de cette population si négligeable ne le seront jamais. La voie de chemin de fer restera sur les cartes kényanes "comme une longue cicatrice de la peine des hommes".

Nous autres est comme un roman initiatique, que ce soit pour Pierre comme pour le lecteur. Il nous emmène d'abord dans le Kenya le plus accessible... Le touristique. Puis celui des expatriés et ainsi de suite, en passant dans des villages isolés jusqu'aux rives d'un lac débordant de crocodiles où aura lieu un enterrement qui suit des coutumes ancestrales. Le tout, en marchant sur les pas de Michel, père de Pierre, et homme ô combien extraordinaire, au sens littéral du terme. Pour Pierre, ce sera une rencontre post mortem avec son père qui bouleversera sa vie.

Et malgré la narration particulière, j'ai aimé profondément chaque ligne lue et servie par une jolie écriture emprunte parfois d'une douce poésie. Que d'échos en moi ! Je suis partie là-bas, dans le Kenya d'hier et d'aujourd'hui, et dans celui qui n'est plus tout à fait d'hier mais pas encore d'aujourd'hui. Un voyage aussi puissant que réaliste et instructif,  aussi poétique qu'incisif au coeur d'un pays et dans les méandres de l'âme humaine. Un récit sans concessions, qui ne cache rien sous le tapis et qui sait aussi mettre en valeur ce qui doit l'être, quitte à dépoussiérer. Sublime et rare.

 

"Il se répète qu'il est en Afrique, il sait bien qu'il n'existe rien qui soit vraiment l'Afrique, il sait bien que l'Afrique n'existe pas, qu'il ne se dirait pas à Milan qu'il est en Europe".

"Il sait bien qu'au début, il ne sert à rien de se raidir, qu'il faut fatiguer en soi le touriste, que les véritables photos viendront après."

"Les Indiens construisent et les Africains portent, les Anglais commandent et calculent".

"En 1902, Nairobi est belle et bien devenue une ville, puisqu'on y tombe malade en masse".

"Les Blancs sont comme les gnous des êtres migrateurs. Ils se paient à Loki de grandes filles frêles qu'en Europe, ils ne touchent qu'en rêve".

 

L'avis d'Yv

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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