Publié le 13 Septembre 2019

Film de Cédric Klapisch

Avec François Civil, Ana Girardot, François Berléand, Camille Cottin

 

Synopsis :  Rémy et Mélanie ont trente ans et vivent dans le même quartier à Paris. Elle multiplie les rendez-vous ratés sur les réseaux sociaux pendant qu'il peine à faire une rencontre. Tous les deux victimes de cette solitude des grandes villes, à l’époque hyper connectée où l’on pense pourtant que se rencontrer devrait être plus simple… Deux individus, deux parcours. Sans le savoir, ils empruntent deux routes qui les mèneront dans une même direction… celle d’une histoire amour ?

 

 

Mon humble avis : Deux moi est un très joli film, entre ombre et lumière, ou plutôt de l'ombre vers la lumière. Un film doux sur les duretés de la vie et le chemin pour les surmonter. Un film sur le deuil, sur les deuils, puisque la vie nous en impose de nombreux, depuis la perte d'un être cher, jusqu'aux changements qui paraissent anodins, en passant par les séparations. Ces événements qui vécus différemment par chacun, à son rythme, mais parfois ne peuvent être digérés à cause du comportement de l'entourage. Et tout cela peut exploser et mener à la dépression....

Dans ce film, le chemin vers la lumière passe par la psychothérapie. Et ainsi, Cédric Klapisch tord judicieusement et subtilement le bras de ceux qui pensent que les psychothérapeutes sont des charlatans, ou que seuls les timbrés du ciboulot sont concernés par les "psy". Klapisch prouve que l'image encore trop bien ancrée dans la pensée collective est erronée.

Le film est donc un chemin vers la rencontre de soi-même, qui va permettre la rencontre de l'autre, la VRAIE rencontre, qui ne sera basée sur aucun mensonge, par action ou par omission. Car il faut d'abord être deux vrais "moi" pour pouvoir être nous. Evidemment l'on devine bien que nos deux héros qui ne font que se croiser, se suivre sans se voir ni se rejoindre, comme deux parallèles dans leur quotidien sont destinés l'un à l'autre pour l'infini. Mais quand ? Des petits signes, mignons, montre que leurs chemins se rapprochent (telle une fumée de cigarette, une musique entendue, un chat qui entre dans leur vie), mais il faut que ce soit le bon moment...

Deux moi est magnifiquement réalisé et interprété (par Ana Girardot et François Civil, qui ont déjà tourné avec Cédric Klaspisch dans "Ce qui nous lie", superbe film également). Mon petit bémol est que j'y ai trouvé quelques petites longueurs... Mais en même temps, Rome ne s'est pas faite en un jour, donc ses petites longueurs sont en adéquation avec le scénario et l'objectif du film. Un bel objectif, maîtrisé et parfaitement atteint.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 11 Septembre 2019

Film de Cédric Kahn

Avec Catherine Deneuve, Emmanuelle Bercot, Vinceny Macaigne

 

Synopsis :  "Aujourd’hui c'est mon anniversaire et j'aimerais qu'on ne parle que de choses joyeuses."
Andréa ne sait pas encore que l'arrivée « surprise » de sa fille aînée, Claire, disparue depuis 3 ans et bien décidée à reprendre ce qui lui est dû, va bouleverser le programme et déclencher une tempête familiale.

 

 

Mon humble avis : On pourrait se dire : "encore un film sur une réunion de famille qui va partir en vrille". Oui et non. Oui car cela par bien en vrille. Non car ce film n'a rien d'une comédie, même si quelques répliques partent bien en flèches et prêtent à rire, même si certaines situations tournent au burlesque. Mais ce film est un véritable drame, très loin de la comédie. On en sort le coeur et la gorge nouée d'émotions devant cette détresse humaine qui cache une réelle folie, et vis et versa. Bref, au fil du temps et de cette journée d'anniversaire, "fête de famille" devient de plus en plus dur. Oui, c'est un film douloureux, ce que ne montre pas forcément la bande annonce.

Les névroses, rivalités et jalousies familiales explosent avec au centre, la mère et grand-mère Catherine Deneuve, qui tente de rester droite, impartiale et maternelle au milieu de ce désastre, ce qui n'est pas toujours facile. Catherine Deneuve toujours aussi juste et remarquable. Il y a de la folie douce dans cette famille (avec Vincent Macaigne) et son rôle de personnage toujours décaler. D'ailleurs, j'aimerais voir ce comédien dans un autre type de personnage. Il serait bien que les réalisateurs aient un peu plus d'imagination pour employer cet acteur. Le réalisateur donne la parole à chacun des personnages sans jamais les juger.

Et il y a la folie brutale, pathologique et terrassante de Claire, cette soeur qui revient soudainement après trois ans d'absence.... Et de lourds secrets, retentissements et conséquence derrière cette absence. Cette soeur, c'est la bouleversante Emmanuelle Bercot qui nous conduit vers une terrible empathie pour son personnage qui, à première vue, n'est pas des plus sympathique. Le film nous apprend pourquoi. Et là on souffre vraiment avec elle.

Bref, "fête de famille" est un excellent film sur les entrailles des relations familiales où chacun essaie de composer la folie pernicieuse. Un film puissant, mais qui devient suffocant et dur.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 9 Septembre 2019

Film de Julien Rappeneau

Avec François Damiens, André Dussolier, Maleaune Paquin

 

Synopsis : Le jeune Théo, surnommé « Fourmi », aimerait redonner de l’espoir à son père, Laurent, un grand gaillard solitaire et désabusé par la vie. L’occasion se présente quand Théo est sur le point d’être recruté par un grand club de foot anglais.

 

 

Mon humble avis : Ah ! Enfin une pépite ! Enfin un film qui fait du bien, dont on sort avec la banane et le coeur apaisé. Un film où l'espoir renaît, grâce à un petit garçon tout mignon et bon joueur (en tant qu'acteur, en tant que footballeur, et dans la vie) soit dit en passant.

Certes ce film est peut-être plein de bons sentiments mais rien n'est gratuit et surtout, il n'écarte pas les grosses difficultés, celles des parents qui se répercutent sur les enfants. Ce film peut sans problème être vu en famille.

François Damien livre une excellente prestation de père alcoolique qui va enfin se ressaisir et grandir grâce à son fils qui lui donne un but dans la vie.

Le petit Théo invente un mensonge qui paraît gros comme un nuage, mais ce mensonge emmène toute la commune sur ce nuage. Les gens se reparlent, sont de nouveaux joyeux et fiers de leur commune. Un jeune garçon agoraphobe et geek, qui vit enfermé, va même remettre le nez dehors. Tout le monde s'unit derrière le petit Théo et les conséquences de ce mensonge dépassent Théo. Oui, mais celui-ci est découvert...  Et bien l'on se dit que le bien qu'il a provoqué n'est pas vain, loin de là. Et puis, sait-on jamais ? A force de mettre toute sa force, son imagination pour faire croire à ce mensonge, la vie pourrait peut-être apporter quelque surprise non ?

Et Fourmi, pourquoi un tel titre ? C'est le surnom que la meilleure amie de Théo lui donne. Mais les fourmis sont aussi l'espèce animale où il y a le plus d'entraide communautaire.

Même si ce film ne révolutionne pas le cinéma, Fourmi est une tendre et émouvante comédie familiale qui fait du bien, qui fait du bien, qui fait du bien ! Alors, pourquoi s'en priver ?

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 7 Septembre 2019

Littérature, afrique du sud, karel Schoeman, avis, chronique, blog, retour au pays bien-aimé

Roman - Editions 10/18 -251 pages - 9 €

Parution d'origine chez Phébus en 2006

 

L'histoire : George vit en Suisse. Sa mère vient de décéder, son père est mort plus tôt. Alors George décide de retourner au pays de ses ancêtres, l'Afrique du Sud, là où il est né. Terre qu'il a quitté à l'âge de cinq ans. Il a reçu la ferme de sa mère en héritage, et tiens à s'y rendre. Son retour en terres afrikaners sera loin de tout ce qu'il pouvait imaginer. Pour ceux de là-bas, il restera toujours l'étranger, mais aussi l'enfant du pays qui revient. Cette situation deviendra étouffante pour lui.

 

Tentation : Toujours dans ma découverte de la littérature sud-africaine

Fournisseur : Ma CB

 

 

Un roman et une plume de référence dans la littérature sud-Africaine

 

Mon humble avis : Ce roman a été écrit en 1972 (mon année de naissance, soit dit en passant), mais surtout, en pleine crise ségrégationniste en Afrique du Sud. L'auteur, Karel Schoeman, a reçu, en 1999, des mains du président Nelson Mandela, la plus haute distinction sud-africaine : The order of Merit. Voilà qui introduit bien cet ouvrage.

Je pense qu'il faut un peu connaître l'Histoire de l'Afrique du Sud pour apprécier ce roman et ne pas le trouver complètement "space". L'Histoire de l'Afrique du Sud depuis l'arrivée des premiers néerlandais en 1652. Cela tombe bien car ces derniers temps, en parallèle d'autres lectures, je lis aussi un récit sur l'Histoire ô combien complexe de la nation Sud-Africaine. Ainsi, j'ai pu appréhender un peu plus facilement "retour au pays bien-aimé", en apprécier la subtilité et sans doute, ne pas abandonner ce roman en cours de route.

Car l'atmosphère dans cette histoire est très singulière et oppressante, bien qu'il ne se passe rien de particulier, et qu'aucun réel danger ne semble menacer (nous ne sommes pas du tout dans un thriller !)... pour nous lecteurs (pour les personnages, c'est autre chose). Les choses sont assez longues à se mettre en place et quand elles le sont, on espère toujours qu'elles évolueront un peu plus. Sauf que non. L'histoire, le passé et le destin de ces hommes et femmes rencontrés par George rendent cela impossible.

Avec George, enfant du pays exilé avec ses parents depuis des décennies mais qui revient sur les terres familiales, Karel Schoeman nous présente quelques familles qui ont toutes un lien de parenté. Des familles Afrikaners (blanches), qui suite aux événements du pays, ont dû pour la plupart fuir la ville pour s'installer dans leur ferme, perdre leur vie confortable pour devenir des paysans vivant presque en parfaite autonomie, mais surtout, en autarcie, expliquée par l'Histoire en partie (apartheid)

Karel Schoeman dresse ainsi le portrait d'une certaine Afrique du Sud, pétrie de croyances et embourbée dans une Histoire qui serait écrite d'avance, dans des traditions, dans la peur de l'autre. Bref, des afrikaners on ne peut plus repliés sur eux-mêmes, dans une vie terne et dure. Des gens qui n'imaginent même pas qu'ils pourraient vivre une autre vie, s'ils le voulaient. Des gens qui renouvellent le même modèle à chaque génération, sans se rendre compte que les nouvelles générations ne peuvent pas s'épanouir, dans tous les sens du terme. Certains ne rêvent que de partir, sans rien connaître d'autre du monde, d'autres pensent toujours à la vengeance et à une certaine victoire.

Tout cela est traduit très particulièrement ici par l'auteur. L'important n'est pas dit ni nommé par les personnages, ou si peu, toujours en cachette et à mots couverts. Les dialogues disent beaucoup en ne disant pas grand-chose justement... Les personnages s'en tiennent à quelques remarques factuelles et superficielles. Tout est dans les silences, les non-dits, les regards, bien souvent en biais. Il en est ainsi avec l'étranger qu'est George, mais aussi entre ces gens entre eux.

Le thème central du roman est bien entendu l'exil... L'exil intérieur et spirituel, l'exil au sein même de son propre pays, ou encore l'exil dans le sens le plus courant du terme. Ceux qui partent... Qui ont eu la chance de partir, ou qui ont fui... alors que d'autres ont eu le courage de rester. Il est évidemment question du mal du pays, du passé. Et surtout, "retour au pays bien aimé" parle du retour de l'exilé, du fait que, même s'il est de la famille, il restera un étranger, tant les différences entre l'exilé et les "restés" sont énormes et que le lien familial semble bien dérisoire pour ressentir une proximité, une ressemblance. Tant le pays lui-même semble avoir changé, tant il ne ressemble plus en rien à l'image sublimée transmise par les parents, par les souvenirs, par les photos.

A mes yeux, ce roman est plus intéressant qu'agréable à lire. Certains moments m'ont vraiment pesé et, si je n'avais eu un objectif précis et quelques connaissances en me plongeant dans ce livre, possible que je l'eu abandonné. Bref, je suis vraiment sortie de ma zone de confort avec "Retour au pays bien-aimé". Je ne le regrette pas pour autant, c'est ainsi que l'on se construit une culture. Mais je me répète, ayez quelques connaissances sur l'Histoire du pays, s'il le faut, faites un détour par Wikipédia... Sinon, vous risquez d'être vraiment désarçonnés par cette lecture.

 

Ca tombe bien, je réalise que cela fait juste 6 mois 1/2 que j'ai acheté ce livre, je peux donc l'inclure dans le Challenge objectif PAL !!!

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 5 Septembre 2019

Roman - Editions Audiolib - 14h10 d'écoute - 24 €

 

Parution d'origine chez Albin Michel en janvier 2018

L'histoire : Février 2017, le tout Paris assiste aux obsèques de feu Marcel Péricourt, qui laisse ainsi sa fille Madeleine à la tête de son empire financier. Et le même jour, Paul, jeune fils de Madeleine, fait une tentative de suicide qui le laissera lourdement handicapé à vie.

Cupide et pensant être bien entourée et conseillée, Madeleine consacre donc beaucoup plus de temps à son fils qu'aux affaires... Quelque temps plus tard, Madeleine est ruinée. Mais Madeleine n'a pas dit son dernier mot. Au fil des années, elle va bâtir une revanche implacable contre ceux qui l'ont trahie.

Tentation : Ma lecture d'Au revoir là-haut

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Ce roman est comme une suite d'Au revoir là-haut. "Comme" car pas vraiment. Au cinéma, on dirait que c'est un spin off. Un personnage est repris et développé. Aussi, nul besoin, je vous assure, d'avoir lu le premier roman pour apprécier celui-ci à sa juste valeur.

Sa juste valeur d'ailleurs, qu'elle est-elle ? Génialissime ! Quel régal de lecture ! Quelle succulence ! J'ai adoré vraiment, et même, j'ai préféré ce tome-ci au précédent. Couleurs d'incendie est moins grave et dur, il est même souvent drôle. En effet, ce livre ne commence pas en pleine guerre des tranchées et n'évoque pas le douloureux sujet des gueules cassées.

Nous sommes à Paris, entre les années 1927 et le début des années 40. Pierre Lemaitre déroule pour nous plus d'une décennie de vie parisienne très documentée, dans différents milieux : bourgeois, populaire, financier, politique, industriel. Il est d'ailleurs assez étonnant de constater que presque un siècle plus tard, les préoccupations, les revendications, les mécontentements, les fonctionnements et dysfonctionnement politiques sont toujours les mêmes. A croire que personne n'apprend rien du passé. C'est donc un réel kaléidoscope de toute une époque, et l'époque joue autant son rôle dans l'histoire que les personnages réels. Vous vous demandez sans doute la signification du titre : couleurs d'incendie ? C'est qu'au fil des années, les gens et le Monde changent de couleurs, des couleurs qui s'intensifient et qui deviendront l'énorme incendie que fut la deuxième Guerre Mondiale.

Certes, le livre est épais (contraire à mes principes et mes goûts), mais vraiment, je n'ai pas vu le temps passer. J'adore la façon subtile, fine mais limpide qu'a Pierre Lemaitre de  se moquer de ses personnages et de leurs travers, voire de leurs vices. C'est souvent drôle et toujours délectable !

Quant à Madeleine, elle offre un magnifique portrait d'une femme des années 30, car la condition des femmes de cette époque est bien entendu un des sujets en toile de fond de ce roman. Elle est très attachante et devient réellement admirable d'intelligence, de finesse, de détermination, d'esprit et d'imagination pour mener à bien sa terrible vengeance. Quatre personnes, qui l'ont plus ou moins directement menée à la ruine, pour des raisons que vous découvrirez avec plaisir lors de votre lecture, en feront les frais, et quels frais ! Dans l'épreuve, Madeleine est devenue une femme implacable.

Bonus de la formule audio, comme pour "Au revoir là-haut", le texte est lu par Pierre Lemaitre lui-même, avec brio et une vivacité telle que le livre semble vivre réellement ! Captivant !

Vous l'aurez compris, ce roman est INCONTOURNABLE !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 3 Septembre 2019

Ces jours qui disparaissent, BD, éditions Glénat, avis, chronique, album

BD - Editions Glénat - 192 pages - 22.50 €

 

Parution en septembre 2017

L'histoire :  Une course poursuite contre le temps perdu...

Que feriez-vous si d'un coup vous vous aperceviez que vous ne vivez plus qu'un jour sur deux ? C'est ce qui arrive à Lubin Maréchal, un jeune homme d'une vingtaine d'années qui, sans qu'il n'en ait le moindre souvenir, se réveille chaque matin alors qu'un jour entier vient de s'écouler. Il découvre alors que pendant ces absences, une autre personnalité prend possession de son corps. Un autre lui-même avec un caractère bien différent du sien, menant une vie qui n'a rien à voir. Pour organiser cette cohabitation corporelle et temporelle, Lubin se met en tête de communiquer avec son « autre », par caméra interposée. Mais petit à petit, l'alter ego prend le dessus et possède le corps de Lubin de plus en plus longtemps, ce dernier s'évaporant progressivement dans le temps... Qui sait combien de jours il lui reste à vivre avant de disparaître totalement ?

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib N°1

 

 

Mon humble avis : J'ai ADORE cet album. Tout m'a plu, sauf peut-être la fin qui m'a laissée le coeur serré, mais c'est sûrement voulu par l'auteur. Et oui, l'émotion, la belle émotion ne nuit pas à la santé !

Le sujet de l'histoire est génialement trouvé et déroulé par un maître. Univers science-fiction ou trouble de la personnalité  subi par Lubin, le personnage principal ? Allez savoir ? D'ailleurs, il me semble que chaque lecteur peut interpréter la vie de Lubin comme il le souhaite, en fonction des échos qui résonnent en lui.

Tout au long de cette BD, nous ne sommes qu'avec le vrai Lubin. Son double, nous ne le voyons et le lisons qu'à travers des vidéos et des mails échangés.

Au début, les mésaventures de Lubin, avec ce double qui lui vole son corps et sa vie amusent beaucoup et feraient presque rêver. Oh oui, un autre moi qui un jour sur deux ferait tout ce qui me répugne, comme le ménage, la paperasse etc... Le pied non ?

Mais, de un jour sur deux, les jours de vie de Lubin s'espacent de plus en plus. Un jour sur trois, par semaine, par mois etc. Là, Timothée Le Boucher nous emmène dans une autre dimension et une autre palette de sentiments. Notre empathie pour Lubin devient totale, notre inquiétude s'installe, le drame semble inéluctable, l'album ne se lâche plus et nous tient captifs ce cette histoire. Nos réflexions personnelles s'approfondissent encore... Car évidemment, le cas de Lubin peut-être un trouble de la personnalité, mais peut aussi être la métaphore de n'importe maladie grave...Et le message serait : lutter contre l'envahisseur, ne pas lui laisser la victoire sans batailler.

Puis vient la visite chez ce "psy qui guérit" qui ébranle toutes les convictions que l'on a pu se forger. L'ensemble pourrait presque se résumer à "Etre ou ne pas être"... mais pour quelle raison.

Vraiment, j'ai tout aimé dans "ces jours qui disparaissent" : le suspens, le rythme, l'histoire très humaine qui y est contée, les personnages, principaux ou secondaires, sont tous très bien croqués et attachants.

Je vous recommande vivement cette lecture émouvante autant que divertissante, et maîtrisée de A à Z. Ce roman graphique se penche sur la dualité qui est en chacun de nous et surtout incite à profiter du moment présent, à se rapprocher de l'essentiel, à vivre chaque jour comme s'il était le dernier !

 

L'avis de Noukette et de Moka

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 1 Septembre 2019

thriller, avis, chronique, Patricia Hespel, la fille derrière la porte, blog

Thriller - Editions Pocket - 339 pages - 7.20 €

Parution d'origine aux Editions "Les nouveaux auteurs" en avril 2017

L'histoire : Suite à l'adultère de son mari, Emmy, en grande dépression, a tout perdu : ses enfants, son boulot, sa vie de famille, bref, le bonheur, ou au moins un semblant de bonheur.

Alors qu'elle touche le fond, enfin une main se tend... Celle de sa voisine, qui entreprend de la remettre sur pied. Emmy accepte cette main, elle s'en mordra les doigts.

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Ma CB

 

 

Mon humble avis : Ce thriller a reçu le Prix du Suspens Psychologique, prix ayant comme principal membre du jury Franck Thilliez himself. Autant dire que c'est une excellente référence pour choisir un bouquin frémissant, et que cette référence est largement méritée !

Je vous préviens tout de suite, mieux vaut prévoir une longue plage de temps libre pour vous plonger dans cette histoire, pour éviter de devoir interrompre votre lecture à de multiples reprises. Car les flash-back sont nombreux, dans différentes périodes pars forcément chronologiques et ce pour les deux principaux personnages. Aussi, pour garder tous détails et indices potentiels, je vous conseille de bien vous installer et de vous déconnecter du monde réel le temps qu'il faudra !

Que dire pour vanter un thriller sans spoiler et gâcher le plaisir des futurs lecteurs que vous pouvez être...  Oui, le suspense est implacable, et va en grandissant, juste qu'à devenir limite insupportable. Mais en même temps, l'auteure nous réserve tellement de surprises, de rebondissement, de faux semblants qu'on ne peut pas lâcher le bouquin. Pour une fois, car c'est rare, les deux personnages principaux de ce thriller sont des femmes... Que ce soit du côté de la gentille ou de la méchante, de la chanceuse ou de la malchanceuse. Ces personnages sont très fouillés, jusque dans leur lointain passé et, même si l'on ignore comment, tout finira par s'imbriquer et "s'expliquer". Je mets des guillemets car difficile d'expliquer quand la folie s'installe dans une âme. Et là, la vengeance va loin, très loin, le schéma du roman est extrêmement travaillé et tient du génie. Comment l'idée d'un tel roman peut sortir d'un cerveau ? Et surtout, pourquoi pas du mien ! Le dénouement est on ne peut plus imprévisible ! Le tout, avec un rythme crescendo, qui ne faiblit pas !

Le Plan de cette fille derrière la porte est vraiment diabolique, nous conduit dans le milieu S.M et nous dit haut et fort : méfiez-vous des mains tendues et toujours, oui, toujours, ne laissez jamais personne avoir une emprise psychologique sur vous, quel que soit votre état. Car au-dessous du trou où l'on peut être, il y a pire, il y a l'enfer !

Vous cherchez un bon thriller pour vous divertir ou vous changer d'autres lectures plus "conséquentes", vous avez donc ce qu'il vous faut : la fille derrière la porte.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Thrillers - polars français

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Publié le 30 Août 2019

Film de Ira SACHS

Avec Isabelle Hupper, Brendan Gleeson, Marisa Tomeï

 

Synopsis :  Frankie, célèbre actrice française, se sait gravement malade. Elle décide de passer ses dernières vacances entourée de ses proches, à Sintra au Portugal.

 

 

Mon humble avis : Comme je me suis.... ennuyée ! Mes "coséanseurs" ont un peu plus apprécié que moi, mais aucun enthousiasme débordant dans notre équipe.

Il faut beaucoup de temps pour comprendre le lien réel entre les personnages, à savoir leur degré de familiarité entre eux et avec Frankie. Du coup, impossible dans les premiers temps de saisir l'éventuelle subtilité de leurs rapports.

Les personnages ne font que se croiser et s'éparpiller, donc le film est comme une succession de saynètes dont le puzzle tarde à se former, et lorsqu'il est achevé, on se demande vraiment dans quel sens il faut le regarder.

On passe beaucoup de temps à voir les acteurs arriver sur un lieu, puis à les voir repartir du lieu. Et dans les dialogues souvent courts, voire inachevé, les personnages sont si distants entre eux qu'ils peinent vraiment à faire passer des émotions alors que le synopsis laisser penser que le film pourrait être vraiment émouvant.

Il semble que toute l'action se déroule sur une journée... Etonnant tout ce que les gens ont le temps de faire dans une journée, tout en ne faisant rien... Impression d'errements ne menant à pas grand-chose.

Et puis, comme je m'ennuyais, j'ai noté des fautes de raccord, des manques de crédibilité...  J'ai vu le film en VO, sachant que les personnages s'expriment tantôt en Anglais, tantôt en français, suivant leur nationalité et leur lieu de vie. Et comme par hasard, le peu de Portugais rencontrés au cours du film parle un Anglais très fluide, sans aucune hésitation de vocabulaire etc... Même un ado qui n'a pas eu le temps de vivre 10 vies s'exprime parfaitement dans la langue de Shakespeare !

Cette chronique d'un deuil annoncé est donc très déroutante, et si qualités il y a, elles doivent être discrètes... Donc si vous aimez les films discrets et mornes, allez-y. Mais de mon côté, je n'ai vraiment pas aimé et je me languis de voir un film qui me réjouisse pleinement, il me semble que ces derniers temps, le cinéma ne m'a pas emportée plus que ça. Mais de très bons films sont annoncés dans les semaines à venir, donc ça ne saurait tarder ! 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 28 Août 2019

Amélie Nothomb 2019, soif, roman, blog, avis, chronique

Roman - Editions Albin Michel - 152 pages - 17.90 €

 

Parution le 21 août 2019 : Rentrée Littéraire !

Le pitch : Pour éprouver la soif, il faut être vivant !

 

Tentation : l'attente de 364 jours comme d'hab'

Fournisseur : Ma CB, comme d'hab aussi !

 

 

 

 

Mon humble avis : Eh bien, quelle surprise ! Quel changement de cap ! Quel renouvellement ! Enfin, c'est que qui m'a semblé lors de ma lecture, même si l'écriture d'Amélie Nothomb reste reconnaissable entre mille !

Pour la première fois, Amélie Nothomb s'exprime en "Je" mais sans être "Elle". En fait, elle s'exprime pour ou à travers Jésus, depuis son procès, jusqu'à la résurrection, en passant par le chemin de croix, la crucifixion et la mort. J'avoue que je suis restée baba devant une telle audace, une telle idée (non mais où mon écrivaine bien-aimée trouve-t-elle toutes ses idées ?!).

Au début, je me suis tout à fait amusée, comme d'habitude, de cette parodie de procès où, en présence de Pilate, les témoins à charge défilent à la barre... Lazare, l'ancien aveugle, les mariés de Cana. Bref, les 37 miraculés officiels de Jésus viennent tous se plaindre de quelque chose lié au miracle dont ils ont bénéficié... Ben oui, quand on fait, il y a toujours des gens pour se plaindre de ce que l'on n'a pas fait, ou de ce que l'on aurait pu faire. Même si nous sommes en l'an 33, on se croirait vraiment en 2019, sur les réseaux sociaux ou autre, où chacun déverse sa haine, son idiotie, et surtout son ingratitude envers et contre tout et tous ! Très contemporain tout cela.

Puis vient la nuit que Jésus passe au cachot, le chemin de croix, la crucifixion, l'agonie interminable, la mort et la résurrection. Tout au long de ces étapes, nous sommes dans la tête de Jésus, dans ses pensées, dans celles que suggère Amélie Nothomb. A travers toutes ces pensées, c'est l'être humain qui est vu et revu sur toutes les coutures, pour le pire comme pour le meilleur, des pires vices aux plus grandes bontés, de ses besoins vitaux à ceux on ne peut plus superflus. Et parmi ses besoins, il y a la soif ! Et la soif, ce peut être un grand verre d'eau, le nectar d'un vin... mais aussi, l'envie de... l'envie, le projet, le besoin, l'énergie.

Ce nouvel opus d'Amélie Nothomb est vraiment rondement mené et maîtrisé dans une logique nothombienne parfaite. J'en loue vraiment l'originalité Oui mais... Cette année, je n'ai pas trouvé dans le roman que j'attends le plus, le divertissement intelligent, cynique, drôle malgré le tragique des situations. Et puis aussi, évidemment, on connait la fin de l'histoire. J'en profite pour préciser que les très très cathos risquent de crier au blasphème ! En fait, l'agonie de Jésus m'a paru interminable, tout comme son monologue qui m'a perdue durant quelques pages. J'ignore si la parution du roman "Ainsi philosophait Amélie Nothomb" a influencé ma romancière favorite, mais j'ai souvent eu l'impression que nombre de phrases par page auraient pu, à elles seules, être un sujet pour le bac de philo... Aussi, point de repos pour l'esprit, si l'on veut apprécier pleinement tout ce qui y est dit, il faut être concentré. Mais comme les paroles importantes qui méritent réflexion, voire dissertations, sont très denses et se suivent avec certaine cadence, ben, je n'ai pas pu prendre le temps de méditer vraiment sur ces sujets.

Conclusion : Je pense que Soif est le roman d'Amélie Nothomb le plus original de ces dernières années, mais que, pour le coup, il ne m'a pas offert ce que j'attendais : cette lecture succulente, divertissante dans laquelle je me retrouve à chaque fois. Mais cela ne m'empêche pas de dire : vivement l'année prochaine !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 26 Août 2019

BD - Editions Delcourt - 112 pages - 17.95

 

Parution en mai 2018

Le sujet :  Constand Viljoen, général des armées sud-africaines pendant l'apartheid, prend la tête des milices d'extrême-droite à la veille des premières élections démocratiques du pays. Cinquante mille hommes constituent cette nouvelle armée boer en 1993. Ce sera l'un des plus grands défis que devra relever Nelson Mandela, qui, à force de patience et de charisme, réussira à éviter la guerre civile.

Tentation : Titre et sujet

Fournisseur : Bib N°1

 

 

Mon humble avis : Encore une BD passionnante, qui éclaire une partie et une époque du monde. J'ignore si ce pan de l'Histoire a eu des échos en France, ou si elle est juste tombé dans l'oubli général, et surtout du mien... Parce que d'autres Histoires mondiales se sont superposées depuis.

Mandela et le Général est une oeuvre de fiction, librement inspirée des entretiens et des enquêtes menées par John Carlin en Afrique du sud. En effet, à l'époque des faits, l'auteur était journaliste correspondant pour le journal Anglais "The independant" à Johannesburg. A ce titre, il a rencontré les deux protagonistes principaux de cette histoire, Nelson Mandela et le Général Constand Viljoen. On peut donc se dire que cet album est très proche de la vérité et de la réalité.

La libération de Mandela en 1990 est la fin d'une époque et le début d'une autre, qui n'est pas plus simple que la précédente et qui porte encore son lot de violence et de haine inter raciale.

Sur la route du pouvoir via les premières élections libres et égalitaires en Afrique du Sud en 1994, Mandela usera de toute la sagesse, l'intelligence et la diplomatie pour éviter une guerre civile sanglante et interminable. Pour cela, c'est une cachette qu'il rencontrera le leader de l'extrême droite très fasciste, Constant Viljoen. Celui-ci acceptera de combattre l'ANC uniquement par voie politique, en non par les armes. Il témoignera quelques années plus de son admiration pour Mandela "qui a montré l'exemple à l'Afrique et au monde en renonçant volontairement à la présidence au bout d'un seul mandat"

Le but de Mandela était de parvenir à une paix durable et une véritable stabilité démocratique. Pour cela, il avait compris qu'il devait devenir le président de tous les sud-africains, en prenant en compte des peurs des uns et des aspirations légitimes des autres.

C'est donc ce chemin sinueux vers la paix qui nous est conté dans cette BD, en nous offrant en alternance les deux visions : celle des noirs d'un côté et celle des blancs de l'autre.

En parallèle, je lis un gros bouquin sur l'Histoire de l'Afrique du Sud, ce qui m'a aidé à comprendre certaines nuances de cet album que je vous conseille absolument. J'en suis à 1912, justement date de la création de l'ANC.

Mon seul bémol va au graphisme, pas toujours très net et qui ne m'a pas particulièrement parlé. Par contre, certaines pages ne sont occupées que par un seul dessin, celui-ci très évocateur, qui va droit au coeur.

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Rédigé par Géraldine

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