Publié le 22 Novembre 2025

Thriller - Editions Happercollins - 336 pages - 8.30 €

Parution poche mars 2024 et d'origine en octobre 2022

Mon pitch : Fin des années 90, deux nouveaux nés, jumeaux, sont abandonnés sur les marches d'une église. Ils sont confiés à l'ASE et quelques mois plus tard adoptés... séparément.

Quelque vingt années plus tard, Tony qui a vécu sa vie entre foyer et familles d'accueil, galère à poursuivre ses études.

Frappe à sa porte Raphaël... Son double parfait, mais tellement différent, bourgeois, hautain... En fait, un vrai connard. Peu importe, les gens n'y verront que du feu... Tony accepte donc le deal de Raphaël, ce qui l'arrange dans un premier temps pour rembourser ses dettes... Sauf que Tony met un premier pied en enfer, sans retour possible...

 

 

Tentation : la blogo

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Cela faisait un moment que je zieutais ce titre à la Médiathèque, plusieurs blogs m'ayant dit grand bien de cette autrice. Et bien je confirme ! Conquise je suis.

Le premier tiers du roman porte surtout sur l'enfance et le trajet de vie d'Antoine, qui se fait appeler Tony. L'un des deux jumeaux... Adopté par un couple adorable... qui s'est tué en voiture quand Tony avait à peine 5 ans. Du coup, pour Tony, ce fut foyers et familles d'accueil. De la violence ou de la menace, des gestes déplacés etc... Toujours en compagnie de Chris, son super pote qui le protège. A 18 ans, Tony doit tracer sa route sans l'ASE... Et son rêve : devenir avocat des familles... Mais évidemment, se loger, vivre, travailler comme un damné tout en étant à la fac.... Et bien pas de dessin nécessaire, c'est le fiasco et le découragement... le danger de l'illégalité. Claire Favan a créé le personnage de Tony après s'être énormément documentée sur l'ASE (Aide Sociale à l'Enfance) et les méthodes qu'elle décrit font froid dans le dos.

Puis, je vous laisse découvrir comment pourquoi, Raphaël son jumeau le retrouve et frappe à sa porte. Lui a grandi dans une famille où seules comptent la réputation, l'argent (qui coule à flot etc) mais point d'amour.  C'est là qu'on pense deviner l'issue du roman, sauf que pas du tout, enfin si un peu mais tellement peu par rapport à l'immensité de l'intrigue, ses rebondissements, ses drames de ses conséquences. Car oui, contre de belles sommes d'argent, Raphaël va demander à son jumeau de le remplacer dans quelques soirées pour qu'il puisse tranquillement aller tromper sa copine avec des filles d'un soir... Mais, ça ce n'est que le début... Un premier pas dans la manipulation et le machiavélisme. Dont on se demande bien comment Tony va pouvoir s'en sortir...

Les deux personnages, pourtant jumeaux monozigotes ne se ressemblent ni de caractère, ni d'ambition, ni d'éducation et encore moins d'empathie envers les autres. Et pourtant, celui qui semble avoir eu le plus de chance dans la vie est celui qu'on déteste tout de suite. Mais ils sont extrêmement bien construits et étoffés par l'autrice qui pose à travers eux moult questions sur la gémellité, l'importance de l'environnement où l'on grandit, l'injustice, les manquements sociétaux de l'Etat et de certains parents et surtout, sur la prédestination. Un excellent thriller psychologique donc, doublé d'une enquête policière haletante.

Le suspense est intense, notre attachement à Tony réel, donc notre effroi pour lui l'est tout autant.  Cette histoire de deux destinées qui n'auraient jamais dû être séparées et qui se recroisent est tout bonnement inoubliable... Quant à sa lecture, elle est des plus addictives, car qui plus est, servi par un style agréable, simple et efficace... Une plume au service de son sujet et non le contraire.

Une autrice que je ne vais pas lâcher dorénavant !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Thrillers - polars français

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Publié le 20 Novembre 2025

Film d'Isabelle Carré

Avec Isabelle Carré, Tessa Dumond Janot, Alex Luth, Mélissa Boros

Synopsis : Élisabeth, comédienne, anime des ateliers d’écriture à l’hôpital Necker avec des adolescents en grande détresse psychologique. À leur contact, elle replonge dans sa propre histoire : son internement à 14 ans. Peu à peu, les souvenirs refont surface. Et avec eux, la découverte du théâtre, qui un jour l’a sauvée.

Mon humble avis : Ce film est librement inspiré du roman éponyme d'Isabelle Carré, lui-même inspiré de son internement pour tentative de suicide lorsqu'elle avait quatorze ans.

L'actrice anime des ateliers à l'hôpital avec des ado internés... Et dès qu'elle les rencontre, elle leur avoue être passée par là... Et voilà que les trois-quarts du film deviennent un flash-back dans les années 80, avec les événements qui ont abouti au désespoir d'Elisabeth (une trahison amoureuse et des parents dysfonctionnels), son geste et son internement... On sait que la psychiatrie est le parent pauvre de la médecine actuelle, et que c'est encore pire pour la pédopsychiatrie. Manque de soins, de structures adaptées et de soignants sont mis en avant dans le film avec des statistiques finaux, qui juste avant le générique de fin, donnent froid dans le dos... La jeunesse actuelle va mal. Cette dénonciation est nécessaire.

En tout cela, le film est louable et nécessaire, franc tout en restant pudique. Il montre aussi qu'il existe des issues lumineuses et durables à ses passages noirs et que, notamment, la créativité, l'art, la musique, la lecture, le théâtre, aident à se comprendre, à comprendre le monde qui nous entoure, à se reconstruire, à vivre, pour ensuite partager son expérience.

Les comédiens sont tous bien en place, des plus jeunes aux plus expérimentés et le film évite les écueils du pathos sans pour autant nous laisser de glace, bien au contraire. Alors pourquoi seulement trois pattes de chats ? Et bien parce que je m'interroge sur le montage du film et son objectif... Démontrer les manquements de la pédopsychiatrie en France actuellement en prenant pour exemple un cas bien précis datant des années 80.... Je ne suis pas sûre que cela soit très représentatif. A part la distribution de médicaments, il n'est nullement question de soin, de thérapie, de dialogues avec les soignants sur le mal être qui a conduit les jeunes entre ces murs.

Enfin, nous assistons à très peu, trop peu d'échanges entre Elisabeth et les jeunes de l'atelier, et je pense que c'est cela qui aurait plus mérité d'être montré. On assiste d'un seul coup à l'interprétation d'un slam écrit par les jeunes patients sans avoir participé nous-mêmes à l'élaboration du texte qui aurait pu être le témoin d'une évolution chez chacun d'eux. Si dans le film les jeunes contemporains avaient eu l'occasion d'exprimer les raisons de leur mal-être, il eut été intéressant, pour moi, de les comparer avec celles des années 80 et tenter de déceler pourquoi la jeunesse se porte de plus en plus mal au niveau mental pour pouvoir y ébaucher un remède préventif.

Mais l'ensemble reste délicat, à l'image de sa réalisatrice. Et l'objectif du film est tout à fait louable et de plus en plus d'actualité.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 18 Novembre 2025

Thriller - Editions Lizzie - 10h05 d'écoute - 22.99 €

Parution Belfond et Lizzie en 2022

Mon pitch : Wilde c'est son nom... Parce qu'enfant, il a été retrouvé après des semaines d'errance dans la forêt, et que personne ne s'est présenté en tant que parent. Trente ans plus tard, Wilde s'est inscrit sur un fichier internet ADN pour recherche de filiation... Il matche parfaitement avec un individu qui serait son père... Mais aussi partiellement avec Peter, qui serait un lointain cousin. Alors que Wilde cherche à rencontrer Peter, celui-ci est porté disparu... Peter était une véritable star de la téléréalité, suivie par la nation entière...

Tentation : Et bien pourquoi pas ?

Fournisseur : Bib de Dinard

Mon humble avis : Harlan Coben est un auteur prolifique et à ses débuts, il était pour moi incontournable. Le temps passe et les vents tournent, et voilà que je ne l'ai pas lu depuis 14 ans !!! Bref, une paie ! C'est cette possibilité de lecture audio qui m'a motivée à y retourner et franchement aucun regret !

Je me suis délectée de cette audiolecture terriblement addictive. J'ai retrouvé l'efficacité de Coben et ai particulièrement apprécié sa précision et sa clarté de narration. On n'est pas perdu dans cette histoire, on ne confond pas les personnages, tout se suit avec grande facilité et énorme intérêt malgré le format audio qui n'est pas toujours évident pour les thrillers.

J'ai beaucoup aimé suivre Wilde dans ces investigations qui, de personnelles, deviennent réellement policières, puisque quelques meurtres se succèdent. Avec Identités croisées, Harlan Coben nous plonge dans des milieux qui sont à mille lieux de moi et de mon intérêt : les sites de recherche ADN et la téléréalité. J'imagine que l'auteur s'est documenté et c'est effectivement hallucinant de découvrir jusqu'où vont toutes les déviances de ce milieu ultra scénarisé de la recherche de la célébrité à tout prix. Coben évoque aussi le "net bashing", enfin c'est le mot que je trouve... La destruction d'une personne et de sa réputation par des rumeurs sur internet, des fake news... Parfois dans un but précis et commandité par des professionnels ou des concurrents, parfois à titre gratuit, juste par ennui, méchanceté et débilité... Le net, cette zone de non droit ou tout le monde se croit tout permis, car impuni. Et Coben ne cache pas tous les dégâts humains que cela induit.

Donc Wilde enquête, avec l'aide de ses proches, se fait choper et passer à tabac par des agents du FBI, se fait approcher par une très secrète et puissante agence de vengeurs masqués etc... Et le mystère est profond, le suspense s'intensifie, la lecture, audio ou pas, devient frénétique. L'intrigue et son dénouement sont sacrément bien ficelés... Jamais je n'ai deviné qui était l'auteur de crimes qui s'accumulent, même si, de temps en temps, celui-ci prend la parole dans le texte. Le succès de l'auteur est donc toujours justifié !

Alors pourquoi pas un coup de coeur ? Pour quelques toutes petites raisons. J'ai découvert en fin de lecture qu'Identités croisées est la suite d'un premier opus : L'enfant de la forêt, que je n'ai évidemment pas lu ! Ca ne m'a pas empêchée de bien apprécier ma lecture, mais je me suis étonnée de ce que Wilde devienne ainsi un enquêteur qui semble chevronné ! Il y a aussi une certaine distance de narration. On est pris dans l'histoire, on est écoeuré du comportement autour de cette téléréalité, mais il manque un peu d'émotion pour s'attacher aux personnages du côté des gentils (peut-être parce que je n'ai pas lu le tome 1)  !!! Enfin, sauf si c'est un défaut d'attention de ma part, je n'ai pas saisi l'issue de ce lien de parenté entre Peter et Wilde, comme s'il était devenu secondaire dans l'histoire. Si quelqu'un a lu ce livre et peut me le dire en MP, je veux bien !

Quoiqu'il en soit, je suis vraiment ravie de ce retour dans l'univers d'Harlan Coben, j'ai passé un excellent et divertissant moment de lecture. J'espère ne pas mettre de nouveau 14 ans à relire cet auteur... Que je replace dans mes valeurs sûres... Ca peut toujours servir, notamment en cas de panne de lecture. 

 

L'avis D'un livre à l'autre

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #thrillers polars étrangers, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 16 Novembre 2025

Bonjour et bon dimanche !

Suite du photoreportage de ma petite virée de 3 jours / 2 nuits sur l'île de Groix (Morbihan) en avril dernier.

Pour voir ou revoir le début, c'est ICI

Aujourd'hui est principalement consacré à ma deuxième journée. Traversée pédibus de l'île depuis Port Tudy au Nord jusqu'à Locmaria au sud, de la balade un peu vers l'Ouest sur le GR côtier (plages etc), puis demi tour pour rejoindre le Phare de la Pointe des Chats à l'Est et revenir à Port Tudy, toujours par la côte.

Je pensais être de retour à mon hôtel pour 15h00... Que nenni ! Ce fut presque 19h00... C'est que l'île est plus grande qu'on ne l'imagine, la côte très découpée... Et quand on s'arrête plus d'une demie heure (entre autre) pour photographier des lézards, ben forcément, ça prend plus de temps... Mais quand il n'y a que ça à faire, profiter, pourquoi ce priver ?

A la prochaine pour la suite de ce périple !

UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (2/3)
UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (2/3)
UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (2/3)
UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (2/3)
UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (2/3)
UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (2/3)
UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (2/3)
UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (2/3)
UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (2/3)
UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (2/3)
UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (2/3)
UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (2/3)
UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (2/3)
UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (2/3)
UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (2/3)
UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (2/3)
UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (2/3)
UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (2/3)
UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (2/3)

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Publié le 14 Novembre 2025

BD - Editions Kana - 168 pages - 25.90 €

Parution en septembre 2024

L'histoire : Le Capitaine Flam, l’androïde Mala, le robot Crag et le professeur Simon accompagnés de l’agent spéciale Johann Landore, entament une course contre la montre.
Sur la planète Dénef, une terrible épidémie fait des ravages dans la population. Il faut trouver le remède qui stoppera les effroyables mutations. Pour toute piste, quelques mots prononcés par un agent contaminé : “L’Empereur Éternel, rétrogradation de l’espèce”.
Le Capitaine Flam et ses compagnons parviendront-ils a` revenir sains et saufs de cette mission ? Devant aller au-delà` de ses limites pour faire face au mystérieux Empereur Eternel, Flam, hante´ par son passe´, risque d’y perdre son âme

Tentation : Nostalgie

Fournisseur : La bib de St Lunaire

« Au fin fond de l'Univers, à des années et des années-lumière de la Terre, veille celui que le gouvernement intersidéral appelle quand il n'est plus capable de trouver une solution à ses problèmes, quand il ne reste plus aucun espoir : le Capitaine Flam ! »

Mon humble avis : J'ai trouvé cette BD à ma bib par hasard lors de son déménagement, et m'en suis saisie immédiatement, même s'il n'y avait aucun ordi pour scanner mon emprunt. Non, mais le Capitaine Flam !!!

Je vous présente l'homme qui, dès mes 9 ans (1981), devint l'homme de ma vie et de tous mes fantasmes pour quelques années... Le héros d'un générique que je "chantais" en moult circonstances, notamment, parait-il (c'est devenu une légende familiale) pour échapper à quelques corvées domestiques. Aussi, quand j'ai vu cette BD, vous comprendrez que mon coeur s'est mis à battre la chamade et que j'ai retrouvé mon enfance... Une lecture donc très madeleine de Proust !

Et bien plus de 40 ans après, le Capitaine Flam n'a pas pris une ride (contrairement à moi) et même il s'est modernisé, ou en tous cas, mis au goût du jour que ce soit pour l'usage de tablette, où même dans son vocabulaire... Il est question de fake news, de dark net, d'IA etc... A part cela, les dessins sont très respectueux de l'original, clairs, faciles à suivre et beaux !

On retrouve donc le vaisseau le plus rapide de l'espace, alias le Cyberlab et le Cosmolem, et les personnages de Johann, Mala, Crab, Ken etc... et nous voici à Mégara, capitale de la planète Dénef. Une épidémie y sévit. Ses conséquences, des mutations et une rétrogradation des humains en hommes singes ultra violents. 

Ce premier tome (j'espère qu'il y en aura d'autres, correspond aux quatre premiers épisodes de la série (merci Wikipédia), avec quelques ajustements. Et fortes de mes décennies, c'est aussi d'un autre oeil que j'ai lu cet album, où plutôt avec un cerveau plus abouti que je l'ai reçu... Et j'y ai découvert les thèmes profonds que je n'analysais sans doute pas à l'époque... Au-delà de la découverte spatiale qui était obsessionnelle à l'époque, il est question de colonisation et donc d'invasion, de vivre ensemble, de manipulation des foules et des plus faibles, de systèmes de "castes" et d'exploitation. Et tout ça, le Capitaine Flam il n'aime pas, lui qui voue sa vie et son combat à la justice et l'équité intersidérale !

Bref, je me suis régalée de ma lecture et me suis dit que Capitaine Flam, c'était un peu l'Agence tous risques de l'espace !!! Ah mes références de jeunesse. 

Je remercie encore Wikipédia qui m'informe que le dessin animé est inspiré du roman SF et space opera Captain Futur and the space emperor d'Edmond Hamilton paru aux USA en 1940 et publié en France en 2017 (ed Le Bélial). Tiens, peut-être une idée de lecture !

En tous cas, plus de 40 ans après le dessin animé, je suis encore tombé sous le charme de Capitaine Flam et de ses aventures !

En cadeau, pour bien vous le mettre dans la tête pour toute la journée, le générique ! (Musique de Jean-Jacques Debout)

Et du coup, il devient évident qu'avec cette lecture, je participe, certes tardivement,  au Challenge Objectif SF 2025 de Sandrine Tête de lecture

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 12 Novembre 2025

Roman - Editions Points - 160 pages - 7.90 €

Parution Points en février 2025

Mon pitch : Lors d'un séjour à Dakar, Alain Mabanckou rencontre Alioune, apprenti romancier Sénégalais de 18 ans. Après quelques échanges passionnés sur leurs lectures respectives, le jeune Alioune interroge Mabanckou et lui demande conseil : comment devenir romancier. L'auteur y répond par de longues lettres, clairvoyantes, tendres, avisées, bienveillantes et humbles.

Tentation : Conseil de l'auteur lui-même !

Fournisseur : Ma CB au salon du livre de Rennes 2025

 

 

 

Mon humble avis : Un titre qui fait référence à d'autres... Que je n'ai pas lu.

Récit, autofiction, essai ou roman ? Peu importe, ce livre vous cueille pour sa sagesse et ses bons mots... Cela ne m'était pas arrivé depuis une éternité, mais dès les premières pages j'ai ressorti mon crayon à papier pour inscrire des petites croix dans les marges à chaque fois qu'une phrase visait particulièrement juste et me touchait.

Il est clair qu'à travers ce texte, Alain Mabanckou revient sur sa carrière de conteur et d'écrivain depuis son plus jeune âge... Celui où à la maison, on ne parle pas Français mais où l'on écoute avec fascination les histoires de Maman. Et c'est aussi ici que l'auteur Congolais redéclare son amour pour la langue Française et la fraternité des sentiments partagés qui lie les lecteurs, quelques soient leur nation, leur couleur de peau, leur langue d'origine... Car Mabanckou revient sur son apprentissage de la langue Française d'une façon qui m'a bien émue et porté à la réflexion sur l'apprentissage d'une langue étrangère :

"Nous apprenions ainsi à parler français en même temps que nous lisions - nous étions, nous autres des quartiers populaires, un peu en retard, les enfants des familles aisées s'exprimaient en français à la maison (...) Nous nous moquerions d'eux plus tard puisqu'ils avaient des tics du français oral, ils disaient qu'ils allaient "au boulanger " et "au coiffeur", des fautes que nous ne commettions pas parce que nous découvrions la langue directement dans sa version écrite. (...) Pour nous exprimer en français, nous jouions un rôle, nous étions de ce fait des "personnages" au sens étymologique (...) S'exprimer en langue française était par conséquent porter un costume cravate en pleine canicule à la place d'un ample boubou au pagne multicolore. (...) On nous présentait subséquemment la langue française dans son utilité sociale : elle était un escalier, un ascenseur"...

C'est avec sagesse et beaucoup d'humanité qu'Alain Macbankou rédige ces lettres à destination du jeune Alioune. Il y est question de son rapport à l'écriture, à la langue et aux mots, et de sa façon de voir le monde qu'il transmet ainsi.

Au fil des lettres, il est ainsi question du pouvoir la langue, du don de raconter, du désir d'écrire, de la publication, du succès, de la page blanche, de la relation "auteur-lecteur", du fameux roman emblématique, de la postérité etc.

Bien évidemment, vous vous doutez qu'Alain Mabanckou ne donne pas ici de recette magique pour devenir un romancier (à succès qui plus est) puisque celle-ci n'existe pas. Mais il retrace son parcours depuis un quartier populaire de Brazzaville jusqu'à son poste d'enseignant à Los Angeles, en passant évidemment par ses parutions, celles obtenue dans la sueur de l'obstination, celles réalisées grâce à une rencontre providentielle, celles qui sont restées confidentielles, celles qui ont fait son succès et sa réputation. Le tout avec humilité et modestie, et une dose d'humour !

J'ai adoré cette lecture, me suis sentis très très bien dans ces pages.

"J'allais plus tard, pendant mon adolescence, que la langue française, comparée à nos multiples langues congolaises, était une langue portée sur l'abstraction, que l'on pouvait beaucoup parler sans rien dire et paraître néanmoins intelligent."

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 10 Novembre 2025

Film de Jérôme Commandeur

Avec Jérôme Commandeur, Vanessa Paradis, Laurent Laffite, François Damien, Olivia Coste

Synopsis : Suite à un événement aussi loufoque que tragique, quatre anciens lycéens cabossés se télescopent et font face à leur passé. La force du groupe suffira-t-elle à les remettre droits ?

Véritable déclaration d’amour aux années 90, T’AS PAS CHANGÉ dresse le portrait hilarant et grinçant de ces quinquas que des retrouvailles vont bouleverser à jamais…

Mon humble avis : Alors, quand le synopsis dit "Hilarant" je dis stop... Ce film n'est pas hilarant, même si les réparties sont extrêmement bien senties et écrites. Grinçant ça oui, je confirme. On rit de temps et en temps, mais c'est en fait surtout l'émotion qui prime.

Le film est inégal, au début on a parfois l'impression de pédaler dans le yaourt, et puis on s'éprend de ces maladresses car on sent très fort les bonnes intentions de Jérôme Commandeur et l'importance qu'ont pour lui ce film et ce qu'il veut y dire et l'amour qu'il a pour ses personnages.

Je pense que ce film peut parler à tous, au présent comme au passé... je m'explique... Dans une salle de classe, il y a toujours (et c'est hélas de plus en plus prégnant avec l'usage des réseaux sociaux), des maltraités et des maltraitants à travers le harcèlement scolaire à une époque de la vie où les hormones chatouillent, où chacun voudrait ressembler à l'autre, ou personne ne veut être mis de côté, où l'importance est de trouver sa place. Les harceleurs d'aujourd'hui pourront y constater les dégâts de leurs actes sur le long terme et leur crétinerie leur sera renvoyée en pleine tronche. Les harcelés d'hier et d'aujourd'hui trouveront peut-être un réconfort, puisque ce film montre bien la stupidité et la méchanceté gratuite des harceleurs, qui ne sont en fait ni plus heureux ni mieux dans leur peau que les autres. Ce film montre parfaitement le pathétisme des harceleurs et finalement le sentiment de solitude de tout le monde.

Et T'as pas changé montre aussi que l'on n'est pas forcément les seuls à ne pas avoir mené la vie qu'on envisageait ou qui semblait nous être promise. Que sur une classe de 30, peu peuvent se targuer d'avoir réussi sa vie sur tous les plans.

C'est aussi un film sur la réconciliation... Celle entre les belligérants de l'époque, et celle avec ce que nous étions... Car les harcelés comprennent bien qu'ils n'y étaient pour rien et que leur harceleurs étaient juste de gros connards qui se sentaient supérieurs, et qui n'ont pas forcément mieux réussi dans la vie. Et les harceleurs réalisent la bêtise vaine de leur comportement d'alors et peuvent se racheter, s'en excuser... Par des petits ou grands gestes, une parole, une attention. Une fin qui réchauffe le coeur, qui fait du bien.

A mes yeux, le personnage le plus fort de ce film, celui qui crève l'écran, c'est le petit bout de femme qu'est Vanessa Paradis au milieu de ces 3 mecs. Elle est classe, lumineuse, drôle ou bouleversante suivant les moments... mais toujours intense.

A voir donc !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 8 Novembre 2025

Roman - Editions Ecoutez Lire - 7h36 d'écoute - 15.99 €

Parution Gallimard en 2018

Mon pitch : Et moi je vis toujours est l'histoire de l'Histoire, la Grande. Elle est le sujet de ce roman, depuis l'époque des chasseurs cueilleurs jusqu'aux dernières guerres mondiales. Elle en a vu défiler des époques, des gens, des grands qui font le monde, d'autres qui le pensent...  Mais comme la science a démontré que l'Histoire avait un début, elle aura forcément une fin.

 

Tentation : Curiosité

Fournisseur : Ma PAL audio

 

Mon humble avis : Récemment, ma Médiathèque a fait ses cartons de déménagement. J'y ai participé et en empaquetant les livres "côtés" "O", je suis tombée sur Et moi je vis toujours. Cela m'a rappelé que ce titre dormait dans ma PAL audio depuis quelques années, voici donc l'occasion de l'en sortir.

Quelle belle, originale et facétieuse idée de Jean d'Ormesson de faire de l'Histoire le sujet actif de ce roman, à travers moult personnages ! Certes, c'est une lecture loin d'être aisée, j'ai parfois lâché le fil, d'autant que tout n'y est pas chronologique et que l'on passe parfois du coq à l'âne... Comme l'Histoire. Par moment, j'avais aussi l'impression d'être au milieu d'une litanie sans fin... Comme l'Histoire.  Le tout, doublé d'un sentiment de vertige. Oui, ce roman est vertigineux, comme l'est l'Histoire de l'Humanité. En perpétuel mouvement, d'un continent à l'autre, d'une époque à l'autre, d'un régime à l'autre, d'une révolution à l'autre, d'une découverte à l'autre, d'un couronnement à l'autre, d'un échec à l'autre, d'une victoire à l'autre, d'une découverte, d'un progrès à un retour en arrière, à une destruction, à une reconstruction. C'est simple dans ce texte on côtoie aussi bien Alexandre le Grand que Napoléon, Platon que Molière, Copernic que Darwin, j'en passe et des meilleurs, la liste est longue comme ce livre ! On découvre le feu, on traverse les civilisations primaires, puis la Grèce, la Rome, l'Egypte de l'antiquité. L'Europe du Moyen Age, celle de la guerre des tranchées... Il y a des horreurs, il y a des grandeurs... En passant par l'invention de l'imprimerie... qui permettra la transmission du savoir et... les livres...

L'Histoire est la somme de mille et unes décisions personnelles et de choix collectifs. Chacun de nous participe à l'Histoire bien souvent sans s'en rendre compte. Mais l'Histoire nous forge aussi. Elle nous fait autant qu'on la fait. Au cours des siècles, les individus veulent la paix mais les peuples font la guerre. Il y a des Histoires locales et d'autres qui sont universelles. L'Histoire où rien n'est immuable mais où tout se répète. L'histoire où tout passe, tout s'écroule, tout recommence : les empires, les gloires, les amitiés, les amours. C'est comme ça qu'elle fonctionne l'Histoire, jamais là où on l'attend, jamais quand on l'attend... Elle est le juif errant qui nous survivra tous... Mais, un jour, elle s'arrêtera, puisqu'elle a commencé. Comme nous sommes nés pour mourir, l'Histoire va vers une fin. Et elle en aura vu passer ! Mais pour l'instant, elle vit toujours.

Alors oui, cette lecture est très exigeante car foisonnante et riche... Et peut-être faut-il l'appréhender par petites doses. Je ne sais pas si je serai venue à bout d'une version papier rapidement. Ce n'est pas toujours plaisant, il y a des longueurs mais c'est toujours ahurissant, fascinant et passionnant. C'est vertigineux, suffocant et sublime à la fois... Tout ce qui nous a précédé est globalement cité ici... Et au fil de la lecture, on se dit "Waou"... Effectivement, l'Histoire ne s'arrête jamais, même si parfois semble prendre quelque repos pour ressurgir plus loin, plus tard, quand on ne l'attend pas.

On ne peut qu'être admiratifs devant tant d'érudition, ce concentré de savoir qu'était Jean d'Ormesson. Et que dire de sa maîtrise de la langue française ! On dirait qu'il joue avec elle sans la gâcher en rien bien au contraire, en la sublimant. On n'est pas forcément surpris de tout cela car on connaît le personnage. En écoutant ce texte, on revoit les yeux bleus de Jean d'Ormesson, on se souvient de sa gestuelle, et de la fascination qu'il exerçait sur nous à chaque passage télévisé. Et on regrette une chose : que JDO ne soit plus là pour nous raconter la grande Histoire, et toutes les autres, plus petites, plus anecdotiques, mais toujours savoureusement narrées.

Et c'est bien aussi, parfois, de se poser avec un livre qui permet de prendre conscience de tout ce qui nous a précédé et qui fait ce que nous sommes. Car nous sommes au coeur d'une véritable épopée, c'est ce que nous dit l'immortel JDO, qui aimait tant les livres, qui aimait tant les hommes.... au point de leur dédier ce roman !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres audio, lectures audio, #Littérature française

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Publié le 6 Novembre 2025

Récit - Editions Pug Les Arènes - 267 pages - 20.90 €

Parution en mai 2023, existe déjà en format poche

Mon pitch : Johnny et Jean sont deux gamins picards, qui grandissent pas loin de la Baie de Somme... L'un parce que son père y est berger et chasseur, l'autre, fils du pharmacien, par passion.

Un jour, sur le chemin de l'école, survolé par des goélands, Jean répond à leurs cris et réalise alors qu'il les imite à merveille, puisque ces derniers y réagissent fortement. 

Quelques mois plus tard, il décide de s'inscrire au concours annuel de chanteurs d'oiseaux d'Abbeville. Pour s'entrainer et s'améliorer sur d'autres espèces, Jean fait appel au père de Johnny. Johnny se sent alors exclu et pour redevenir l'attention centrale de son père, il commence à s'exercer aux sifflements et autres cris aviaires...

C'est le début d'une vie d'apprentissage, de concours, de concurrence et d'admiration.

Tentation : Le sujet

Fournisseur : Cadeau de ma soeur 

 

Mon humble avis : Après mon enthousiasme pour l'ouvrage Eloge des oiseaux de passage, je poursuis en lecture ornitho... Ornitho mais pas que, car Chanteurs d'oiseaux n'est pas que cela, c'est aussi un récit de deux enfances parallèles, d'origine sociales différentes, qui se rejoignent de temps en temps autour d'une passion et d'un talent qui les unissent autant qu'ils les séparent. L'un vit sa passion et son parcours globalement seuls, quand l'autre Johnny bénéficie du soutien total de son père, de son coaching et de son immense fierté parfois pesante... Johnny a parfois l'impression d'être la bête de cirque de son père.

Je connaissais de réputation les deux auteurs et avais déjà vu à la télé un extrait de leurs prestations. J'étais un peu dubitative avant d'entrer dans ces pages...  Car imiter les oiseaux... C'est aussi une technique de chasseurs pour tromper leurs cibles. C'est aussi, via la repasse d'enregistrements youtube, une technique peu scrupuleuse de certains photo-ornithos qui veulent LA photo de l'espèce rare... Et les oiseaux victimes de ces tromperies sont bien chamboulés, pensant trouver un concurrent sur son territoire, ou une femelle etc... Et non, rien qu'un humain.  Mais rien de cela dans ce livre. J'ai trouvé chez les auteurs une réelle communion avec la nature, et des ambitions naturalistes sérieuses.

Ce livre est vraiment très agréable à lire. Les chapitres alternent le récit de chacun des auteurs, ses souvenirs, ses ressenti, sa version. Jean et Johnny sont de tempérament différent, aussi, ils sont très touchants tous les deux. Et chaque chapitre est ouvert par le dessin d'un oiseau, qui dit à qui l'on a affaire... Pour Jean c'est celui d'un Goéland argenté, pour Johnny, celui d'un Merle noir... Leurs oiseaux totem, ceux qu'ils imitent à la perfection. Et là, tous les deux nous emmènent sur leurs ailes, tantôt dans le bosquet, tantôt dans le marais, ou encore en bord de mer en fonction des espèces imitées. Car évidemment, tous les noms d'oiseaux ou presque y passent ! Donc selon que vous les connaissiez ou pas, votre lecture peut -être un peu plus longue si la curiosité vous pousse sur Google pour visualiser l'espèce dont il s'agit !!! Et même encore plus longue si vous vous aidez de youtube pour y trouver des enregistrements sonores de trilles, de cris, de mélodies, de chants aviaires. Au-delà de la description des chants et cris, on apprend pas mal de choses sur les oiseaux, sans que cela vire au savoir encyclopédique.

Ce livre est en tout cas un superbe témoignage de passion, d'assiduité, de persévérance, de réajustement face aux changements de la vie (et oui, Jean finit par muer...). Jean et Johnny sont maintenant mondialement connu et se produisent sur scène un peu partout sur la planète !

Allez petit extrait des oiseaux que vous rencontrerez, découvrirez, imaginerez, écouterez dans ces pages : Alouette des champs, Tadorne de Belon, Canard Siffleur, Pinson des arbres, Goéland argenté, Merle noir, Huitrier pie, Chevalier gambette, Courlis Cendré, Courlis corlieu, Gorgebleue à miroir, Chevalier aboyeur, Chevalier guignette, j'en passe et des meilleurs ! C'est un festival et une véritable bande son que nous propose Jean et Johnny dans ces pages où je me suis sentie si bien.

Je recommande... que vous soyez amateurs, néophytes ou étrangers à la culture ornithologique. Ce livre ne peut avoir qu'une bonne influence sur vous... Lors de vos prochaines balades, dans votre jardin, en bord de mer, désormais, vous ouvrirez grand vos oreilles et vous entendrez... ce que l'on écoute plus !

Pour voir ces deux chanteurs d'oiseaux sur Youtube, c'est ici

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres autres - divers

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Publié le 4 Novembre 2025

Roman - Edition Audiolib - 4h08 d'écoute - 19.45 €

Parution d'origine en 2017, Audiolib en 2020

La 4ème de couv : 

"Ici, on a tous du sang indien et quand ce n'est pas dans les veines, c'est sur les mains."

Le 11 juin 1981, trois cents policiers de la sûreté du Québec débarquent sur la réserve de Restigouche pour s'emparer des filets des Indiens mig'maq. Émeutes, répression et crise d'ampleur : le pays découvre son angle mort. Une adolescente en révolte disparaît, un agent de la faune démissionne, un vieil Indien sort du bois et une jeune enseignante française découvre l'immensité d'un territoire et toutes ses contradictions. Comme le saumon devenu taqawan remonte la rivière vers son origine, il faut aller à la source.

 

Tentation : La blogo à l'époque

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Un roman Québécois dont la blogosphère s'était éprise lors de sa sortie... Et comme souvent, j'ai un train de retard. Et avec le temps écoulé, je ne savais plus trop à quoi m'attendre avec Taqawan. Ce roman m'a plus intéressée que bouleversée, même si les faits historiques récents et réels auxquels il se réfère sont évidemment révoltants. Le contexte m'a remuée, les personnages moins, sans doute parce que pas très fouillés. Ils sont surtout là pour illustrer un contexte et avoir une histoire à raconter, plutôt qu'être dans un récit de faits accomplis.

Il est question de l'Histoire plus ou moins récente du Québec, de ses grands espaces, de ses traditions et légendes. Mais surtout, de la guerre entre l'Etat du Québec et l'Etat fédéral d'Ottawa, et la tribu des micmacs autour des autorisations de la pêche au saumon accordées ou non, et ne respectant pas du tout les coutumes, la manière de vivre et de se nourrir de la tribu ancestrale, pire, détruisant l'environnement. L'importance du saumon dans l'économie locale est bien montrée. Il s'agit de la Guerre du saumon  qui a eu en 1981 et des exactions policières. Bref, c'est l'impossible cohabitation des coutumes amérindiennes avec les lois du Nouveau Monde, et de la prise de pouvoir des blancs sur les populations autochtones parquées dans des réserves.

Des indiens, ce sont des Indiens. On les a appelés comme ça parce qu’on croyait être arrivé en Inde. Mais non, on était arrivé en Amérique. Avec le temps, on s’est mis à les appeler des Amérindiens. Plus tard, on dira des autochtones. Avant ça, on les a longtemps traités de sauvages. Il faut se méfier des mots. Ils commencent parfois par désigner et finissent par définir. Celui qu’on traite de bâtard toute sa vie pour lui signifier sa différence ne voit pas le monde du même œil que celui qui a connu son père. Quel monde pour un peuple qu’on traite de sauvage durant quatre siècles ?

Certes, on en apprend beaucoup sur le saumon, sur les techniques de pêches. Il est aussi question de notion de terre natale, de territoire, de culture, de langue, d'identité, et de force collective qui depuis des siècles, les peuples s'entretuent pour défendre les leurs.

Comme vous pouvez le voir, pas mal de choses intéressantes dans ce roman, malgré une impression fourretout et un peu désordonnée. Je ne regrette pas ma lecture, mais j'avoue que je ne me souviens déjà plus de la fin (mon audiolecture date de début octobre)

Explication du titre : le mot « taqawan » est un mot d’origine micmac qui désigne le saumon qui remonte la rivière vers l’endroit qui l’a vu naître... Et cela illustre bien les notions de terre natale, d'origine, et d'identité.

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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