Publié le 1 Mai 2025

Film d'Elsa Bennett et Hippolyte Dard

Avec Valérie Bonneton, Clovis Cornillac, Michèle Laroque, Sabrina Ouazani

Synopsis : A la suite d’un accident de voiture, Suzanne perd la garde de ses trois enfants. Elle n’a plus le choix et doit se soigner dans un centre pour alcooliques. A peine arrivée, elle y rencontre Alice et Diane, deux femmes au caractère bien trempé… Denis, éducateur sportif, va tenter de les réunir autour du même objectif : participer au rallye des Dunes dans le désert marocain. Il devra s’armer de beaucoup de patience et de pédagogie pour préparer cet improbable équipage à atteindre son objectif.

Mon humble avis : La Bande annonce laisse un peu penser à une comédie, que nenni. Ce film n'en n'est pas une, même si quelques situations ou bons mots comiques détendent l'atmosphère... tendue... Car tout au long du film, on sent qu'on est sur un fil, que la situation collective ou individuelle de l'une de ses femmes pourrait basculer d'un instant à l'autre... Chacune d'entre elle et toutes ensembles, elles sont une poudrière. Même la sororité qui s'installe entre elles semblent pouvoir voler en éclat à chaque instant.

Des jours meilleurs est un film dur, magnifique et bouleversant sur l'alcoolisme des femmes (sujet plutôt tabou...) qui est plus caché, à l'abri des regards et qui, socialement, semble plus "condamnable" que celui des hommes.

J'ai trouvé l'ensemble et les détails fichtrement bien ficelés. On n'est pas jamais dans la caricature. Les origines, les âges, les situations personnelles et les CSP de toutes ces femmes sont si variés que cela démontre bien que l'alcoolisme peut toucher tout le monde, quelle que soit la classe sociale. Le déclencheur de cet alcoolisme varie aussi d'une femme à l'autre, mais les conséquences sont les mêmes.

S'il n'y avait pas ce projet de participation à ce fameux rallye du désert, on pourrait être dans une chronique sociale. Mais finalement, cette idée de rallye qui peut paraître farfelue sur le papier s'intègre autant dans le film que dans la démarche de chacun de personnage, dans la démarche de résilience... Donner un but, l'atteindre ou pas, faire équipe, se dépasser... Etre loin de son quotidien... Se relever.

Tout est dit et montré avec justesse, délicatesse et respect. Sans jugement. On ne peut que déplorer et se sentir impuissants devant le mal être des personnages, et admiratif devant le combat que chacune doit mener contre elle-même, contre la maladie... puisque le film le rappelle : l'alcoolisme, comme toutes les addictions, est une maladie. 

Toutes ces femmes passent devant la caméra pour un face à face avec la psychiatre, que l'on ne voit pas. Elles sont donc face caméra et témoignent avec un naturel poignant de leur chemin dans l'alcoolisme. D'ailleurs, nombre des rôles secondaires sont d'anciennes femmes alcooliques qui racontent donc leur propre histoire. Toutes sont bouleversantes.

Et que dire de Valérie Bonneton qui est là où on ne l'attend pas et où on ne la voit quasiment jamais. Elle est d'une justesse incroyable et montre qu'elle peut être plus que brillante et saisissante de vérité loin du rôle de la femme bavarde qu'on lui donne souvent. Pour moi, elle est vraiment LA révélation de ce film.

Que dire d'autre sinon que "des jours meilleurs" devrait être vu par le plus grand nombre possible, au féminin comme au masculin... Car oui, c'est aussi un film qui, sans être moralisateur, fait réfléchir sur notre propre consommation d'alcool, et la place que celle-ci prend en société, pour ce qui est de l'alcoolisme dit "mondain", trop souvent ignoré que ce soit par les individus, ou l'entourage. 

Chapeau, j'ai adoré ce film courageux et nécessaire qui m'a captivée, touchée, embarquée, émue. Et ce soir, j'aurais pu, mais je n'ai pas pris d'apéro

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 29 Avril 2025

Roman - Editions Audiolib - 11h56 d'écoute - 24.95 €

Parution Gallmeister et Audiolib en 2023

Mon pitch : Cet été-là, en 1984 à Breathed dans l'Ohio, règne une chaleur infernale et très localisée...

Hanté par la lutte entre le bien et le mal, le procureur Autopsy Bliss invite le diable à lui rendre visite... Et le lendemain, c'est un jeune garçon noir aux yeux verts qui se présente comme étant le diable. Personne n'y croit, mais une grande amitié naît entre ce garçon Sal, et Fielding, le fils du procureur. Peu à peu, garçon s'intègre dans la famille, espérant toujours un pot de crème glacée... Sauf qu'il faudra plus d'un été à la petite ville suintante pour être livrée en crème glacée, et que pendant ce temps-là, il se passe des choses bien étrange, qui affectent chaque habitant de la ville.

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Il m'a fallu du temps pour entrer dans cette lecture, au point, au bout du premier tiers, d'aller voir quelques avis sur Babelio qui justifieraient de la poursuivre, ou de la cesser... J'ai donc persévéré et c'est un grand bien... J'ai finalement adoré ce que cette histoire m'a dit sur l'Homme, et là où elle m'a menée.

Le diable n'est pas forcément là où l'on pense... Il peut aussi avoir l'apparence d'un ange...  ou ne pas être remarquable du tout, juste tapi dans un coin, au fond d'un homme, près à jaillir dès que l'occasion se présentera... Et le diable... il est contagieux... Comme la folie, comme la liesse, comme tout ce qui se vit en communauté, en groupe... Et le diable est dangereux et très très mauvais...

C'est Fielding qui raconte cette histoire, bien longtemps après qu'elle ait eu lieu, puisqu'il est à l'aube de sa mort, vieilli, rongé, usé... Il y a donc des allers-retours entre la vie "actuelle" de Fielding et ce qui s'est déroulé en 1984. Ces allers-retours au début, m'ont quelque peu perturbé. 1984, une année qui n'est pas un hasard dans ce roman de Tiffany Mc Daniel... Elle rappelle évidemment, et à dessin, le célèbre titre de George Orwell. Et les eighties, c'est aussi le début des années Sida, et de la honte et de la peur qui l'accompagnaient. 

L'écriture est magnifique, vraiment, on aimerait retenir tant et tant de phrases sur ce qui devrait être la sagesse humaine et qui se fait piétiner par le mal, l'aveuglement. L'écrivaine aborde de nombreux sujets à travers ce roman, jamais de façon purement frontale, mais de biais, par le mystère, avec beaucoup de justesse, de délicatesse, d'originalité, d'inventivité, de philosophie, et bien sûr de cynisme. Il est avant tout question de la perte d'une innocence, celle de Fielding... Qui en quelques semaines, voire en quelques minutes même, passera de l'enfance à l'âge adulte, parce qu'il a tenu une arme, et qu'il a fait feu, au milieu du feu... Certains passages sont d'une rare puissance. Toute l'analyse psychologique des tréfonds de l'âme humaine, que ce soit du côté obscur ou du côté lumineux est judicieusement écrit et mis en place dans cette histoire métaphorique qui aurait pu être belle, et qui est finalement atroce, dramatique, bouleversante mais d'une force inouïe.

Finalement, le diable, où se cache-t-il ? Dans la peur... la peur de l'autre, de la différence, de l'étranger, de l'inexplicable, dans la perte du libre arbitre. Le diable est dans l'intolérance, dans le fanatisme, l'effet de meute aliénant. Le diable est aussi dans celui qui sème et ne fait que passer, pas dans celui qui reste là où on sait l'aimer. Et si le diable était aussi dans la Justice... Ce sera à chacun d'entre vous d'en décider...  Qui de Fielding ou de son procureur de père a raison, dans ce regard porté sur ces événements de l'été 1984, l'été où tout a fondu, même la famille de Fielding...

Sal, un petit diable que l'on n'oublie pas.

Fielding où la douleur jamais surmontée, une vie et une famille qui s'est délitée.

Tiffany Mc Daniel nous parle du Diable en se penchant sur les démons de l'Amérique... Et la tension monte jusqu'à devenir intenable quand l'Homme commet l'inconcevable

A découvrir, vraiment ! 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 27 Avril 2025

Bonjour, 

Tous les ans, en juillet, se déroule le Jumping International de Dinard.

En 2024, j'y étais avec mon appareil photo, essayant de me placer au mieux. Et le temps de trier et de traiter mes photos, plus toutes celles qui s'ajoutent au fil du temps, et bien ce n'est qu'aujourd'hui que je peux vous présenter mes photos de cet événement.

Dans ce billet, nous restons centrés sur les vrais stars, les chevaux...

Dans les prochaines semaines, un autre billet viendra et vous emmènera du côté du public, ou encore de l'organisation.

Bon visionnage de ces photos, et surtout, bon dimanche :)

UN DIMANCHE EN PHOTO : JUMPING DE DINARD, CÔTE CHEVAUX
UN DIMANCHE EN PHOTO : JUMPING DE DINARD, CÔTE CHEVAUX
UN DIMANCHE EN PHOTO : JUMPING DE DINARD, CÔTE CHEVAUX
UN DIMANCHE EN PHOTO : JUMPING DE DINARD, CÔTE CHEVAUX
UN DIMANCHE EN PHOTO : JUMPING DE DINARD, CÔTE CHEVAUX
UN DIMANCHE EN PHOTO : JUMPING DE DINARD, CÔTE CHEVAUX
UN DIMANCHE EN PHOTO : JUMPING DE DINARD, CÔTE CHEVAUX
UN DIMANCHE EN PHOTO : JUMPING DE DINARD, CÔTE CHEVAUX
UN DIMANCHE EN PHOTO : JUMPING DE DINARD, CÔTE CHEVAUX
UN DIMANCHE EN PHOTO : JUMPING DE DINARD, CÔTE CHEVAUX
UN DIMANCHE EN PHOTO : JUMPING DE DINARD, CÔTE CHEVAUX
UN DIMANCHE EN PHOTO : JUMPING DE DINARD, CÔTE CHEVAUX
UN DIMANCHE EN PHOTO : JUMPING DE DINARD, CÔTE CHEVAUX
UN DIMANCHE EN PHOTO : JUMPING DE DINARD, CÔTE CHEVAUX
UN DIMANCHE EN PHOTO : JUMPING DE DINARD, CÔTE CHEVAUX
UN DIMANCHE EN PHOTO : JUMPING DE DINARD, CÔTE CHEVAUX
UN DIMANCHE EN PHOTO : JUMPING DE DINARD, CÔTE CHEVAUX
UN DIMANCHE EN PHOTO : JUMPING DE DINARD, CÔTE CHEVAUX
UN DIMANCHE EN PHOTO : JUMPING DE DINARD, CÔTE CHEVAUX

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Mes couleurs du monde, #Le coin de la rue photo

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Publié le 24 Avril 2025

BD - Editions Robinson - 72 pages -19.90 €

Parution en mars 2024

L'histoire : 3 millions de disques vendus, des concerts sold-out, des fans hystériques : en ce début d’année 1964, la Beatlemania fait rage en Angleterre.
Pendant trois semaines, le groupe part faire toute une série de concerts en France, à l’Olympia. Jamais ils ne joueront aussi longtemps au même endroit.
Les journalistes britanniques témoignent d’une Beatlemania française foudroyante, et du bonheur d’un groupe insouciant, soudé et créatif. Mais la réalité est toute autre… Et pourtant, quelques semaine plus tard, la Beatlemania se répandra aux Etats-Unis et dans le monde entier.

 

 

Tentation : La couv

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon  humble avis : Une BD de 72 pages, et trois sessions de lecture pour en venir à bout, ce n'est pas bon signe. Cet album, one shot qui célèbre le soixantième anniversaire de la venue des Beatles à l'Olympia ne m'a pas embarquée du tout.

A mes yeux son seul mérite est de rendre assez bien l'esprit des Sixties et de mettre quelques airs pas désagréables dans la tête : des chansons des Beatles.

Pour le reste... Et bien autant la couverture est belle autant l'intérieur est décevant. Le traitement de ces trois semaines à Paris paraît très anecdotique, superficiel, et très elliptique. C'est plus une succession de saynètes que ne semblent pas être une suite logique de la précédente. Du coup, rien n'est approfondi. Bref, j'ai été perdue tant tout me semblait décousu et pas passionnant. On passe finalement assez peu de temps sur scènes. Les dessins n'ont rien d'exceptionnels, simplistes et au trait plutôt "grossier". C'est à peine si l'on distingue vraiment les Beatles par moment, et le fait qu'ils soient 4 n'est pas manifeste en dehors des scènes en public (radio, concerts...) John ne fait que des apparitions, Georges est à peine cité... Ringo est évoqué plus pour ses frasques avec les filles. Paul est un peu plus présent et reconnaissable avec sa bouille ronde.

On croise dans cette BD un monde fou... C'est très documenté, et beaucoup de personnages secondaires, voire tertiaire font des apparitions. Ils se ressemblent tous, on ne les distingue pas... à part Johnny Halliday et Sylvie Vartan. Il y là des journalistes, des imprésarios, des producteurs sans doute...  Et surprise, les dernières pages sont réservées à un trombinoscope/courte bio de tous ces gens. Bien dommage que ce trombinoscope ne soit pas en début d'ouvrage pour ne pas être découvert en fin de lecture... Mais les fans absolus des Beatles n'en n'ont peut-être pas besoin.

Bref, cette BD que je me réjouissais d'ouvrir, n'a pas été plaisante à lire. Et c'est dommage, parce qu'avec un tel mythe, il y aurait dû avoir de quoi embarquer.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 22 Avril 2025

Roman - Editions Audiolib - 7h22 d'écoute - 21.95 €

Parution Albin Michel et Audiolib en 2024

Mon pitch : Breton, Alexis revient de 8 ans sur divers fronts en tant que médecin humanitaire urgentiste... Il revient avec de lourds traumatismes, tant physiques que psychologiques. Pour lui, la médecine, c'est terminé. Après quelques semaines de flottement et de récupération chez sa soeur à Brest, un de ces amis lui fait une proposition inattendue : remplacer son père, médecin généraliste sur l'ïle de Groix quelques semaines, le temps pour ce dernier de subir une opération chirurgicale. Peut-être l'occasion pour Alexis de se réparer, loin des violences du monde dans ce cocon que peut-être une île...

 

Tentation : Le titre... Quand il y a le mot "Ile" ça me fait des choses !!!

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Il y a deux ans, en pleine convalescence de ma Névrite vestibulaire, je lisais "Entre ciel et Lou" de Lorraine Fouchet, roman se déroulant à Groix et que j'élevais au rang de coup de coeur. En janvier dernier, lors de mon agression par le Berger allemand de mes voisins, je venais d'emprunter "L'écriture est une île, de la même autrice, une histoire que prend aussi place à l'île de Groix. Je me faisais alors la promesse que sitôt que je pourrais de nouveau gambader par les chemins, je m'offrirai quelques jours sur cette île... Et ce genre de promesse tombe souvent dans l'oubli... Jusqu'à ce que je pioche par hasard, dans ma PAL audio, ce titre de Sophie TalMen, juste parce qu'il me fallait une audiolecture facile pour trier et traiter mes photos en même temps... Et paf, encore l'île de Groix !!! Du coup, un petit tour sur Google, une ou deux coups de fil... Me voici avec une traversée en bateau et un hôtel réservés pour deux nuits, à Groix...

Et le tout, c'est aujourd'hui ! Quand vous lirais ce billet, je serai en route, ou sur le pont d'un bateau, ou à sillonner les chemins de cette île, seule mais pas vraiment : avec mon appareil photo. Comme Alexis, je vais poursuivre ma réparation sur Groix... Comme quoi la littérature, c'est aussi cela, vous donner follement envie, comme une évidence incontournable d'aller quelque part, sur les lieux des livres. Bon là, je m'en sors bien, heureusement que mes lectures en ces moments difficiles ne se déroulaient pas en Australie ou en Sibérie !!!

Bon quid de "La promesse d'une île" puisque ce roman est tout de même le sujet de ce billet ? Une audiolecture plaisante comme il en fleurit beaucoup sur les étals des librairies. On n'évite pas les clichés et les issues sont toujours plus ou moins attendues. Le but de ces romans est de se faire du bien, et j'aime l'aspect vivre en micro société comme l'induit l'insularité... Peu d'habitants, tout le monde se connaît, s'entre aide, on est loin de la société de consommation et de ses travers, et il semble encore régner dans ces lieux un certain civisme et un art de vivre. Ca me suffit pour passer un agréable moment de lecture, quelque part loin du monde, un peu dans une famille à laquelle on finit par appartenir. Même si le personnage d'Alexis a quelques fantômes traumatisants issus la pire violence de notre monde : la guerre.

Ce livre est aussi l'occasion de mettre en avant l'importance de la médecine de campagne, à une époque où la désertification médicale s'étend de plus en plus. D'ailleurs, hier aux infos, petit reportage sur le médecin de l'île de Bréhat qui après douze ans de bons et loyaux services, quitte l'archipel, sans être remplacé pour l'instant...  La promesse d'une île est aussi une ode à la Bretagne, à la solidarité des îliens, au cocon que peut représenter une île. Et moi, j'ai besoin de cocons... Donc Groix, me voilà !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 20 Avril 2025

Film de Régis Wargnier

Avec Julia de Nunez, Clovis Cornillac, Julien de Saint Jean

Synopsis : Quelques heures avant l'attribution de sa 3ème étoile, le célèbre chef Paskal Jankovski disparait avec son second lors d'une partie de chasse. A 20 ans, sa fille Clara se retrouve seule aux commandes du restaurant. Deux ans plus tard, elle reçoit une mystérieuse invitation pour Taïwan...

Mon humble avis : Un film de Régis Wargnier étant pour moi un événement (Régis Wargnier n'avait pas tourné depuis 2014), il me fallait absolument voir La Réparation, d'autant que la bande annonce était alléchante.

Et finalement, j'en suis ressortie sans être retournée, sans enthousiasme débordant... Plutôt hésitante sur mes impressions.

Esthétiquement, "La réparation" est clairement réussi. C'est d'ailleurs un des grands points du film : depuis la mise en scène d'assiettes de haute gastronomie à leur dégustation, depuis le Moulin breton aux grandes avenues de Taïpei en passant par de somptueuses adresses, un temple isolé dans la montagne et les ruelles de la ville, tout est sublimé, et les lumières donnent une ambiance particulière, proche du mystère.

On est entre le drame familial, le thriller et le film de voyage. Dans sa quête pour retrouver son père disparu, Clara suit des indices particuliers qu'elle retrouve à travers le sens du goût... Des saveurs dans des plats, une façon de présenter un dessert lui laissent penser que peut-être... Cette originalité est agréable et bien pensée, étant donné le monde professionnel dans lequel évoluent les protagonistes. Si ceux-ci régalent leurs papilles, nous, nous en prenons plein des yeux.

Et pourtant, je n'ai pas réussi à croire complètement à cette histoire de disparition, et encore moins au récit qui nous en est fait plus tard dans le film. Ce passage qui aurait dû être bouleversant m'a laissée de glace, sans aucune empathie et toujours, avec un gros doute sur la crédibilité... même si le cinéma est sensé tout permettre. Pas mal d'événements m'ont paru téléphonés (je me suis même douté de la fin) et quelques scènes qui n'apportent rien surfent sur des poncifs...

Mais on suit, on apprécie le visuel et le bon jeu de la jeune Julia de Numez, parce qu'on veut savoir... même si la tension n'est jamais au maximum et que lorsqu'elle advient, elle n'est pas trop expliquée/justifiée...

Bref, sans plus.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 17 Avril 2025

Polar noir - Editions Métaillé - 192 pages - 18 €

Parution en mars 2024 (en Poche mars 2025)

Mon pitch : En Dordogne de nos jours, une femme veut une piscine dans son jardin. En creusant, les ouvriers mettent à jour une grotte avec des ossements qui datent de .... 35 000 ans avant J.C, à l'époque de l'Aurignacien. Et sur les parois, une multitude de pochoirs de mains avec des coupés.  Evidemment les travaux sont stoppés en les lieux envahis de scientifiques... Et c'est là que commence vraiment le roman, avec la vie supposée d'Oli, cette femme qui repose là depuis si longtemps à côté d'un autre corps, lui victime de meurtre, les scientifiques en sont sûrs. Nous sommes donc devant ce qui est supposé être la première scène de crime de l'Histoire. Qui, quand, comment, pourquoi ?  

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : J'espérais lire ce roman lors de mes vacances en Dordogne en septembre dernier, mais ma médiathèque ne l'avais pas encore acquis.  Pas bien grave finalement, car cette lecture retardée, après avoir campé (bungalow hein !)  au bord de Vézère (Rivière moult fois citée dans le livre) et visité quelques troglodytes et grottes  (dont Lascaux), j'ai pu m'immerger autant dans mes souvenirs culturels de mes vacances que dans les paysages alentours, même si ceux-ci ont dû pas mal changer sous l'intervention humaine.

J'élève Les doigts coupés au rang de coup de coeur pour son originalité et son audace. Parce que vraiment, il ne ressemble à aucun autre livre que j'ai pu lire jusqu'à maintenant. Et c'est vraiment chose rare... Souvent, tel bouquin nous fait penser à tel autre etc. Ici, impossible.

Les chapitres s'alternent.... tantôt par des extraits de la conférence d'Adrienne Célarier, la paléontologue qui est donc arrivée en premier sur les lieux et qui fait tout pour garder "l'affaire" ! Ces passages sont évidemment à forte consonnance scientifique, documentés, référencés et forcément intéressant, quel que soit notre niveau de connaissances paléontologique. Mais les chapitres qui sont les plus longs, les plus récurrents et les plus captivants (mais aussi distrayants) sont ceux qui nous ramènent 35 000 ans plus tôt, aux côtés d'Oli. Oli pourrait être aussi la première féministe de l'histoire, elle qui se rebelle contre le sort des femmes dans son clan (la chasse leur est interdite, et tout manquement ou toute parole déplacée leur vaut l'amputation de quelques phalanges). Oli s'enfuit, s'émancipe, réfléchis, découvre des vérités ignorées de tous, rencontre d'autres tribus, témoigne de ce qu'elle a vu et vécu...  En sortant le monde de son ignorance, de sa passivité, en incitant les femmes à refuser de se soumettre à l'homme, Oli serait-elle à l'origine du grand chaos ? 

J'ai vraiment adoré suivre Oli aussi bien dans ses pérégrinations que dans ses réflexions, ses raisonnements, ses observations et sa rébellion qui est en font une grande forme d'intelligence et de sagesse. Finalement, elle est celle qui sait, elle est aussi celle qui remet l'homme à la place qui devrait être la sienne : à égalité, voire même pour Oli non essentiel.

Même si l'histoire est tragique, il y a des moments assez drôles, mais aussi pas mal de passage assez philosophiques (facile hein !) . C'est un roman noir, préhistorique et féministe. Mais aussi, un roman qui traite du racisme, de la découverte d'autres peuples (avec les néandertaliens), du métissage, le voyage qui forme la jeunesse etc. Préhistorique mais tellement contemporain sur le fond de son sujet : la place de la femme dans la société.

Et ce qui est particulièrement audacieux, c'est la langue, qui est tout à fait actuelle, voire parfois familière (notamment dans les insultes etc). L'autrice part du principe que ce n'est pas parce que les langages d'alors ne sont pas gravés dans les grottes qu'ils n'existaient pas, et que nos ancêtres ne s'exprimaient pas uniquement par des cris et des borborygmes comme on le voit dans certaines productions visuelles. L'écriture est donc au premier abord très surprenante et très vite, on se dit qu'elle fonctionne à merveille, et tient sa part dans notre amusement.

En tous cas, Oli est une de ses héroïnes de roman que l'on oublie pas de sitôt !

C'est ma première lecture d'Hannelore Cayre, mais sûrement pas la dernière... En espérant y retrouver autant d'originalité !

 

L'avis de Keisha et de Je lis je blogue

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Thrillers - polars français

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Publié le 15 Avril 2025

Théâtre - Editions Gallimard - 128 pages - 15 €

Parution en octobre 2024 

Mon pitch : Ils sont 4 ou 5 personnages dans un local, à attendre. Il y a Bruno, Joyce, Cécile, Orso, puis Nora qui les rejoint. Ils sont figurants sur un tournage de cinéma. Leur rôle, avoir l'air vrai sans se faire remarquer. Rester flous, invisibles... Et pourtant ils sont indispensables au réalisme d'un film. Nous passons une journée avec eux, à travers plusieurs décors, alors qu'ils suivent les ordres d'un super assistant débordé.

 

Tentation : Juste le nom Delphine de Vigan

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : La dernière parution de Delphine de Vigan, "Les enfants sont rois" remontait déjà à 2021 et ces deniers temps, je m'inquiétais du silence littéraire de cette romancière que j'admire beaucoup... jusqu'à découvrir qu'à l'automne dernier, elle a livré au public un texte que l'on n'attendait pas forcément : une pièce de théâtre ! Me voilà rassurée, Delphine de Vigan n'en n'a pas terminé avec l'écriture et possède encore une sacrée réserve de surprises.

Je ne sais pas depuis combien de temps je n'ai pas lu de pièce de théâtre... Sans doute depuis le lycée, avec les classiques. J'ai éprouvé une certaine appréhension devant ce format en tournant les premières pages, et puis... Fluidité, attention captée, intérêt qui monte en puissance, et émotions. Tout comme dans un roman en fait, sans les descriptifs parfois envahissants ! Et finalement, révélation ! Je devrais lire plus de pièce et en tous cas, celle-ci est un véritable coup de coeur.

Déjà, Delphine de Vigan nous propose une immersion sur un plateau de tournage de cinéma le temps d'une journée. Mais avec un angle peu souvent traité, car invisible et non médiatisé : celui des figurants. Ces femmes et hommes qui ne seront au final qu'une ombre, un dos, un profil à l'écran, ou qui seront coupés au montage, mais qui passent des heures aussi à attendre dans le chaud, dans le froid sans que l'on prenne soin d'eux. Des quantités négligeables, le bas de la hiérarchie implacable du 7ème art et pourtant tellement nécessaires.  Et bien dans cette pièce, Delphine de Vigan leur donne, les premiers rôles, ceux qui sont dans les lumières, qui ont des textes, qui ont des noms, qui sont de véritables personnages que l'on apprend à découvrir petit à petit. Chacun d'entre eux est présent pour une raison, une motivation différente. Et quand cette motivation est révélée, pour nous lecteurs, c'est beaucoup d'émotions où l'on retrouve la puissance d'écriture et le talent d'observation de Delphine de Vigan. Il y a par exemple Bruno qui dit "quitte à être invisible, autant l'être là où ça brille" . Certains d'entre eux rêvent d'être remarqués par le grand réalisateur et d'obtenir un petit rôle (quelques phrases), voire pourquoi pas un grand rôle. Il y en a d'autres pour qui c'est alimentaire, d'autres au contraire, qui ayant connu la lumière sans la supporter, ne supportent plus que l'ombre. Enfin, il y a les passionnés et les autres pour qui c'est "en attendant mieux". A travers eux, Delphine de Vigan dresse une certaine chronique sociale sur les invisibles, à l'opposé de Les enfants sont rois, qui traitait de l'ultra célébrité et visibilité sur les réseaux sociaux. J'ai vraiment adoré passer du temps avec chacun de ses personnages qui mon tous beaucoup émue, avec une mention spéciale pour Cécile.

Et aussi, derrière Nora, Joyce, Bruno et les autres, ne l'oublions pas, il y a un film qui se tourne.  On apprend beaucoup sur les méthodes ciné... Par exemple, quand une scène se joue dans une boite de nuit avec des figurants, et bien tout le monde danse sans musique... Et oui, car la musique empêcherait les grands acteurs de s'entendre lorsqu'ils déclament leurs dialogues. C'est plein de petits détails comme cela que Delphine de Vigan révèle ici et qui m'ont intéressée.

Un très beau texte sur l'existence à travers la visibilité qui, travers de notre société devient presque incontournable pour être, un texte fluide, rythmé, drôle par moments, satirique aussi, et surtout plein d'autres choses à découvrir, à ressentir, à réfléchir. Il y a une démarche sociale politique dans cette lecture qui peut se faire à différents niveaux, car après tout, la vie elle -même n'est-elle pas une immense pièce de théâtre avec mille et un figurants... dont nous, moi, vous. Et de toutes façons nous ne sommes souvent qu'un figurant dans la vie de nombreuses personnes. Je recommande chaleureusement :)

Surtout, si la forme théâtre vous rebute en général, ne vous arrêtez pas sur ce détail, que vous oublierez bien vite en tournant les pages.

Et enfin, même si à une époque j'en aurai rêvé, "Les figurants" ne me donnent pas vraiment envie de l'être ou de le devenir... Car ils sont loin, vraiment loin des paillettes et de la considération. Un pion mais nécessaire.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 13 Avril 2025

Bonjour,

Y'avait longtemps que je n'avais pas publié de "dimanche en photos". Faut dire que je passe tellement de temps à en trier et à en éditer, qu'après je ne sais plus trop où donner de la tête. Même la panne de mon appareil photo et mon mois et demi d'immobilisation forcée n'ont pas suffi à ce que je vienne à bout de mes photos 2024 en attente... d'attention et de traitement. Pire, la privation a amener à une reprise encore plus dense !

Aujourd'hui, photos de rue, ou aussi appelé "street photo"... Photos qui sont prises dans n'importe quel lieu public, que celui-ci soit extérieur ou couvert, tant qu'il y a une présence humaine, directe ou indirecte, dans des situations spontanées.

Pendant que vous regardez celles-ci, et bien normalement je vadrouille dans la Baie du Mont St Michel à la recherche de certains piafs bien précis.

Sur ce, je vous souhaite un bon dimanche :)

Le peintre et le goéland sur les remparts de St Malo / le banc des fumeurs anonymes / les trottinettes

Le peintre et le goéland sur les remparts de St Malo / le banc des fumeurs anonymes / les trottinettes

balade dominicale le long de la Rance / lecture en attendant le bateau / et comme un  air de Freddy Mercury

balade dominicale le long de la Rance / lecture en attendant le bateau / et comme un air de Freddy Mercury

En ligne à la ligne / jeux d'enfants / Une bulle dans le train

En ligne à la ligne / jeux d'enfants / Une bulle dans le train

Les amoureux / Photographe photographiée / Oh mon bateau qu'il sera beau / la chaussure perdue et solitaire / sieste partagée

Les amoureux / Photographe photographiée / Oh mon bateau qu'il sera beau / la chaussure perdue et solitaire / sieste partagée

Jeune japonaise près des remparts / vers les premiers pas / la poussette vide

Jeune japonaise près des remparts / vers les premiers pas / la poussette vide

St Malo, côté plage, et côté intra muros

St Malo, côté plage, et côté intra muros

Sur le Fort La Latte / En attendant le déluge

Sur le Fort La Latte / En attendant le déluge

Le banc inutile / Deux solitudes et un mur / le vélo par les ruelles / Le parapluie au cas où (Photos prises à Loches)

Le banc inutile / Deux solitudes et un mur / le vélo par les ruelles / Le parapluie au cas où (Photos prises à Loches)

Take me to church / Chien patient / Lecture hivernale

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Calvaire / un chien entre nous / lecture partgagée

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Le coin de la rue photo

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Publié le 11 Avril 2025

Roman - Editions J'ai Lu - 223 pages - 7.50 €

Parution d'origine chez Grasset & Fasquelle en 2014

L'histoire : Primo romancière à succès , ZsaZsa fuit Paris pour aller étudier la langue des oiseaux dans les montagnes vosgiennes. Elle se replie donc dans un cabane spartiate (mais avec l'électricité et l'ADSL... (Hic) près de la forêt. Dès le premier soir, alors qu'elle allume son ordinateur, elle tombe sur l'annonce étrange d'une Japonnaise qui vend un à un des vêtements d'une grande marque (Comme des Garçons) avec une écriture fascinante. Une relation s'installe entre les deux femmes, qui inspire un roman à l'écrivaine... Jusqu'à Sayo débarque et l'entraine dans une fuite éperdue dans la forêt. Que fuient-elle ?

Tentation : Le titre

Fournisseur : livre offert pour 2 achetés.

 

 

Mon humble avis : Dire que j'ai acheté deux livres pour obtenir ce titre offert qui me tentait beaucoup, inutile de dire pourquoi pour celles et ceux qui me connaissent... C'est le monde à l'envers !

Claudie Hunzinger, je ne l'avais jamais lu. Mais mon coup de coeur pour la BD "Les grands cerfs", inspirée de l'un de ces romans, m'avait fait dire qu'il y avait urgence à cela !

Ai-je choisi le bon titre pour découvrir cette autrice ? Je ne sais pas, mais l'enthousiasme qui a accompagné mon début de lecture s'est effrité.

Pourtant, j'ai beaucoup aimé l'atmosphère vaporeuse, cette idée de retraite solitaire dans une cabane à vivre de peu au contact de la nature, même si, dès le début, une étrangeté ou un anachronisme m'a un peu embêtée... ZsaZsa va étudier la langue des oiseaux... Mais elle part en automne, or en automne la plupart des oiseaux ont cessé de chanter et ne reprendront leur sérénade qu'au printemps... De fait, d'oiseaux il ne sera que très peu question en fait... Je pense que ce titre est surtout une symbolique... Les deux femmes étant quelque part des oiseaux d'espèces différentes, qui, si elles utilisent les mêmes idiomes, ne parlent pas forcément le même langage, et doivent donc s'étudier pour comprendre et s'apprivoiser. L'une faisant plus d'effort que l'autre, qui est plus craintive, plus sauvage sans doute, plus mystérieuse. 

Le style est très fort, ça je l'ai savouré. De même que ces annonces très originales et poétiques pour vendre des vêtements, la description de la nature, les raisonnements intérieurs de la narratrice, tout cela est fort agréable et forme comme un cocon. On se délecte vraiment de certains passages ou phrases.

Mais mon enthousiasme s'est délité devant le nombre de non-dits, surtout sur le personnage de Sayo, et aussi l'aspect répétitif du roman qui traine m'a paru traîner en longueur pour ne plus délivrer/partager grand-chose. Le motif indéterminé de la fuite dans la forêt le demeurera. On reste dans le mystère jusqu'à la toute fin qui nous dit... peut-être n'y a-t-il même pas de mystère... Et moi je me suis dit "tout ça pour ça"... je suis restée sur ma faim, d'autant que la mise en abyme, une fois de plus, d'un roman dans le roman ne m'a pas semblée originale. C'est un procédé que l'on retrouve trop souvent, à mon humble avis... Et pourtant, cela reste le récit d'une belle aventure intérieure.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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