Publié le 9 Septembre 2022

Film de Murielle Magellan

Avec Sara Giraudeau, Grégoire Ludig, Pierre Deladonchamps, Sara Suco

Synopsis : Adaptation libre de la bande dessinée éponyme de Boulet et Pénélope Bagieu parue aux éditions Delcourt.
Eloïse se retrouve assise seule sur un banc parisien. Qui est-elle ? Que fait-elle là ? Elle ne se souvient de rien ! Elle se lance alors dans une enquête, pleine de surprises, pour découvrir qui elle est. Et si cette amnésie lui permettait de trouver qui elle est, qui elle aime, et de réinventer sa vie ?

Mon humble avis : Je n'ai pas lu la bande dessinée éponyme, donc je ne peux pas dire à quel point ce film y est fidèle ou non.

Quoiqu'il en soit, j'ai passé un savoureux moment avec cette "Page blanche". Savoureux et lumineux, voire aérien parfois, tant la réalisation est délicate et sublime Paris et ses quelques lieux majeurs dans le scénario. Il y a comme un petit côté Amélie Poulain.

Avec Eloise, on s'inquiète, on s'émeut, on s'amuse, on tremble, on rit aussi un peu, on sourit. Un film sérieux et léger à la fois, souvent poétique, qui fait du bien. Qui pose la question de ce que l'on est et du pourquoi, de ce que l'on pense être, de ce que l'on accepte d'être pour s'inclure dans un groupe et entrer dans le moule, même si cela nous éloigne parfois de nos valeurs, et de notre moi intérieur et profond, que l'on malmène pour ressembler aux autres.

La page blanche nous parle aussi de la vie et de ses accidents, qui parfois, nous permettent de repartir sur de meilleures bases, de recommencer à zéro ou presque, de prendre de meilleures décisions. Enfin, il est question de ce qui nous relie aux autres, surtout à notre époque hyper connectée. Pour Eloise, perdre la mémoire lui permettra de se retrouver.

Sara Giraudeau interprète à merveille cette jeune femme perdue, fragilisée, ingénue. Elle est à la fois émouvante et solaire. Bon, j'avoue j'ai un peu de mal parfois avec sa voix (mais qui est très adaptée au rôle). Et puis à travers son joli visage, j'en vois deux autres simultanément, celui de son père et de sa mère.

En résumé, un très bon film, qui détend, et qui pose de bonnes questions. A ne pas bouder !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 7 Septembre 2022

BD - Editions Paquet - 104 pages - 20 €

Parution le 24 août 2022

Le sujet :1870, étudiant de l’Université d’Edimbourd, Robert Louis Stevenson a 20 ans. Il s’apprête à poursuivre l’œuvre familiale dans les pas de  ses grand-père, père et oncle, illustres ingénieurs bâtisseurs de phares. Quelque part aux confins de l’Ecosse victorienne, en visite sur une île perdue, base arrière de la construction d’un “enfer” conçu par son  père, le jeune Louis va décider, contre vents et marées, de vouer sa vie à l’écriture… “Merry Men” évoque cette année particulière et devient peu à peu une ballade fantasmée dans la nouvelle qu’il écrira en 1882 :  “The  Merry men”.

Tentation : Le sujet

Fournisseur : Gilles Paris, merci pour l'envoi

Mon humble avis : Parfois, il en faut peu pour se diriger vers une lecture. En l'occurrence, j'aime les phares ! Et puis, de Robert Louis Stevenson, j'ignore presque tout, sauf qu'il est l'auteur de "L'île au Trésor" et de "Dr Jekyll et Mr Hyde".

Grace à cet ouvrage, me voici moins ignorante à propos de Stevenson. Ici, nous le suivons alors qu'il a tout juste 20 ans... L'héritage familial et les études qu'il poursuit devraient faire de lui un ingénieur en conception et construction de phares, comme son père, son grand-père, qui étaient à l'époque mondialement reconnus pour leur génie. Mais Robert Louis mène une vie jugée comme dépravée et à d'autres rêves... Pour le remettre sur le "droit chemin", son père l'exile quelques temps sur une île écossaise hostile chargée de légendes et de mystères, battue par les vents.... Près de laquelle un phare est en construction. Contre toute attente, l'ïle d'Erraid aura presque l'effet d'un électrochoc sur le jeune homme, qui s'y plaira énormément. Fasciné par cette île, il y trouvera inspiration et muse.

Cet album est déjà un magnifique "objet" de qualité très soignée... Couverture, matière, papier... Graphismes et dessins sont somptueux, vraiment, et nous mènent vraiment dans ce bout du monde, avec des paysages époustouflants de rocs et de landes, ses courants marins dangereux, ses tempêtes, et de possibles trésors suite aux nombreux échouages de navires. etc...

En premier lieu, Merry Men (le récif si dangereux de l'ile d'Erraid) est une nouvelle de R.L Stevenson. Ici, Chanouga, l'auteur, choisit d'y mêler biographie de Stevenson, explications sur l'histoire des phares et leur construction, onirisme, fantasmagorie et l'oeuvre littéraire d'origine. Le héros central est vraiment Stevenson lui-même, même si par moment, la frontière entre l'écrivain et son personnage de papier est ténue. J'imagine que l'on peut dire que l'oeuvre de Stevenson est né sur cette île sauvage.

Un magnifique ouvrage, intéressant et agréable à lire... Tiens, mon petit doigt me souffle que d'ici quelques semaines, les fêtes de Noël reprendront leur place commerciale... Et bien en voilà une belle idée de cadeau, si autour de vous, on aime la BD, la littérature, l'évasion, le voyage, l'Histoire !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 5 Septembre 2022

Thriller - Editions Points - 333 pages - 8.40 €

Parution Points : Mai 2022 (Seuil 2021)

L'histoire : Nina Kircher, veuve d’un photographe mondialement célèbre, séjourne dans un hôtel de luxe dans le sud de la France. Son destin bascule lorsque, sortant de la piscine où elle vient de se baigner, elle s’engage dans les pas d’un homme jusqu’à son bungalow puis, sans raison apparente, le poignarde avec une violence inouïe, avant de s’enfermer dans un mutisme complet. Pour tenter de comprendre cet acte insensé, son fils Théo décide de mener sa propre enquête. Jusqu’à découvrir des secrets inavouables...

Tentation : Le pitch + nom de l'auteur

Fournisseur : Ma CB 

 

Mon humble avis : En début d'année, j'avais "découvert" Valentin Musso avec cet éprouvant et rondement bien mené thriller "Une vraie famille". Aussi, en parcourant la 4ème de couv de "Qu'à jamais j'oublie", je pensais y retrouver la même atmosphère très oppressante. Et bien non ! Je dirais qu'ici, il ne s'agit pas vraiment d'un thriller, mais d'une enquête dans les méandres et les secrets d'une famille et surtout d'une femme, Nina Kircher. On va dire que le danger et l'horreur sont passés, mais que les conséquences ressurgissent des décennies plus tard. Alors oui, il y a du suspense, et oui, les pages se tournent très bien... Et oui, le lecteur est tout de même bouleversé par ce qu'il lit et apprend.

Pour écrire ce roman, Valentin Musso s'est appuyé sur une terrible réalité historique, je pense méconnue en France... Au XXème siècle jusqu'en 1981, en Suisse, il y a eu au moins 60 000 personnes internées administrativement et arbitrairement, sans qu'aucun crime ni délit n'ait été commis et sans jugement... Il suffisait d'être pauvre, d'être "rebelle" ou "dépravée, d'avoir fugué, d'être mendiante etc... Les internements soient disant éducatifs se faisaient dans des conditions inhumaines d'humiliation, de servitude, de manque de soin, de maltraitance et ... d'abus sexuels.

Lorsque Théo commence son enquête pour découvrir pourquoi sa mère a brutalement et à priori sans raison assassiné un homme inconnu de sa famille, il découvre assez vite que sa mère fut l'une de ces internées à la fin des années 60. Des flash-backs nous ramènent à l'époque dans le foyer Sainte Marie et nous donnent quelques longueurs d'avance sur Théo. Tout comme Théo, nous allons de révélations en stupéfactions devant les horreurs commises et le sort de ces pauvres jeunes filles sans défense, abandonnées de tous, et surtout de leurs familles, blessées ou détruites à vie.

Valentin Musso développe donc le pourquoi du comment de ces institutions d'alors (mais c'était tout de même il n'y a pas si longtemps), décrit leur fonctionnement et leur soi-disant utilité sociale. C'est donc la violence faites aux femmes que l'auteur dénonce ici, tout en prouvant que, malgré le silence des uns et l'aveuglement des autres, les conséquences, parfois faussement latentes toute une vie sous le poids du secret, mettent parfois des décennie à exploser. Valentin Musso s'emploie aussi à démontrer l'impact, bien souvent inconscient, des secrets de famille sur les enfants.

Des divulgations jusqu'au bout, pour le pauvre Théo qui découvre que toute sa vie n'est basée que sur le mensonge, au nom du secret et des promesses. C'est franchement chamboulant, bien mené, et hélas, tristement instructif sur une époque pas si lointaine.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Thrillers - polars français

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Publié le 1 Septembre 2022

Bonjour !

Aujourd'hui, je vous présente un oiseau que j'affectionne : le Tournepierre à collier ! Il fait partie de la famille des limicoles, c'est à dire littéralement "oiseaux de rivages". Donc inutile de le chercher au fond des bois ou en plein désert ! Cet année, j'ai eu la chance de l'observer dans ses deux plumages (le nuptial, bien coloré, en début août et l'internuptial à d'autres moments de l'années)

C'est une espèce protégée, dont la longévité peut atteindre 20 ans,  dont le poids varie entre 80 et 110 gr, l'envergure entre 50 et 57 cm et la longueur entre 21 et 25 cm. Tout ça n'est pas bien grand ni gros... Aussi quand il est immobile sur des rochers par exemple, il peut passer inaperçu à l'oeil non averti !

 

Le Tournepierre à collier est un grand migrateur ! Sa migration peut le porter jusqu'en Afrique Tropicale. La population de tournepierres hivernant en France est estimée à 6 000 oiseaux, la plupart résidant en Bretagne. On le trouvera donc sur le littoral Atlantique et la Manche, près des plages caillouteuses et abondantes en algues. Mais aussi au bord des lacs et rivières d'eau douce.

 

 

Peu craintif, il s'observe assez facilement sur les plages, fouillant les algues  et retournant pierres et débris échoués à la recherche de nourriture (d'où son nom de Tournepierre). Il se nourrit de mollusques, de crustacés, de vers, d'insectes et de larves.

Les premières photos le montraient en plumage nuptial (vers le fin de ce plumage, photos de début août), les prochaines  (prise en automne et en hiver) le montrent en plumage internuptial !

C'est un oiseau très sociable, qui s'observe souvent en colonies en dehors des périodes de reproduction, qui ne se déroule pas chez nous en France ! Il est présent dans presque la totalité des pays du monde (même s'il n'y est parfois que de passage... migratoire !) On peut le voir en compagnie d'autres espèces, comme le Bécasseau variable ou le bécasseau Sanderling.

 

Les photos sont miennes et ne peuvent être utilisées ou reproduites sans mon autorisation. Elles ont été prises sur les communes de Lancieux, Cancale, Saint Malo, Saint Cast du Guildo et sur le Sillon de Talbert.

Les textes sont un peu de moi, mais surtout inspirés de mon guide ornitho Belin et du site oiseaux.net 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Le coin ornitho

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Publié le 30 Août 2022

Roman - Edition Folio - 608 pages - 9.40 €

Parution Folio 2021 (Gallimard 2018)

L'histoire : "L'Angleterre lui faisait l'effet d'un territoire calme et stable. D'un pays en bonne intelligence avec lui-même. Tout allait pour le mieux. En dix ans, l'Angleterre est passée de la liesse des jeux Olympiques au couperet du référendum sur le Brexit. Comment en est-on arrivé là ? 

Tentation : La blogo à l'époque

Fournisseur : Kdo de Noël dernier

 

 

 

Mon humble avis : J'en suis la première surprise, j'ai adoré ce roman, je l'ai dévoré rapidement, malgré mon aversion pour les pavés. Et puis, c'est aussi une histoire dont, dans la globalité, nous connaissons déjà la fin : le Brexit. Et pourtant, les pages se tournent toutes seules !

Ce tome est le dernier d'une trilogie entamée il y a plusieurs décennies. Ce n'était pas prévu, mais la grande Histoire a incité Jonathan Coe à remettre en scène les personnages des précédents tomes, que je n'ai pas lus, sans en être du tout gênée !

Jonathan Coe nous fait ici pénétrer dans le coeur de l'Angleterre, durant les dix années qui ont précédé le séisme du Brexit et les quelques mois qui l'ont suivi... le tout, à travers les yeux des différents membres de la famille Trotter et quelques-uns de leurs proches, ou de personnes qu'ils sont amenés à fréquenter.

On suit donc les changements discrets ou radicaux dans la vie de ses personnages, avec, en parallèle, que ce soit en arrière ou en premier plan, les évolutions sociales et politiques de la société anglaise. Et toutes ces plus ou moins grandes révolutions ont menés au Brexit.

C'est vraiment passionnant à suivre, cette lecture a été addictive pour moi, et je pense que la délicieuse plume de Jonathan Coe n'est pas étrangère à mon régal de lecture.

Certes, je me suis parfois perdue dans les dialogues qui étaient purement politique, par manque de culture là-dessus et surtout, par fainéantise d'effectuer quelques recherches sur le net.

Mais j'ai bien suivi le pourquoi du comment, ai été assez ahurie de constater à quel point la société Anglaise étaient divisée et fracturée, tout en me disant que les citoyens français me le semblent tout autant... Où cette atmosphère de tension perpétuelle et de division va-t-elle nous mener ? L'auteur revient évidemment sur les premières émanations politiques qui, sans le vouloir vraiment, ont mené au Brexit, concept qui, à l'époque, n'avait pas de nom puisqu'il paraissait inconcevable ! Tout cela, nous autres Français, l'avons sans doute oublié.

Le coeur de l'Angleterre est une critique sociale, toute en nuances, et teintée d'humour (british) évidemment. L'auteur y crie haut et fort son amour du pays, malgré son incompréhension des convictions de certains. Ce roman offre une réflexion très intéressante sur les destins tant individuels que collectifs et montrent comment parfois, l'un peut influencer l'autre.

Il y aurait beaucoup à dire tant ce livre est dense de sujets et provoque moult réflexions à son lecteur. Je vous laisse donc le découvrir. Vous verrez, c'est une lecture très instructive !

Quant à moi, ce qui est sûr, c'est que je lirai d'autres ouvrages de Jonathan Coe tant il m'a séduite !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 28 Août 2022

Roman - Editions Anne Carrère - 298 pages - 19.90 €

Parution le 20 août 2021 

L'histoire : Dans un commissariat parisien, comme chez des experts, comme dans les cours de justice, il est un rapport qui rend fou quiconque tente de le lire. Il fait 1084 pages et s'intitule le Rapport Chinois... Il est issu de l'étrange cabinet Michard & Associé et a été rédigé par Tudgual Laugier. Ce roman est l'histoire de celui-ci.

Tentation : Le billet de Luocine (plus enthousiaste que moi)

Fournisseur : La bib de Dinard 

 

 

Mon humble avis... ou mon rapport sur le Rapport chinois !

Le rapport rend fou, et le livre presque autant ! Et pourtant, il y a du génie dans ce roman de Pierre Darkanian... En effet, je pense que c'est à dessin que l'auteur use de la vacuité pour évoquer le grand vide sur lequel repose notre monde et notre époque... 

L'histoire débute quelque temps avant la crise des Sub primes... A Paris, Tugdual, jeune homme sorti des études, est embauché suite à une étrange procédure, comme consultant dans un grand cabinet de conseil parisien, qui brasse des millions. Le salaire net de Tudgual : 7000 € par mois... Il prend son poste... et tout se passe dorénavant comme s'il était dans une quatrième dimension, bien balisée par le règlement intérieur qui prône la discrétion et le secret à outrance. Difficile d'en dire plus sans spoiler et le déroulement de l'histoire et l'atmosphère très particulière qui y règne.

L'idée est franchement bonne, maintenant, je suis un peu plus mitigée sur son développement. Nous y côtoyons des personnages qui sont des crétins XXL, des abrutis de première classe, tant dans leur comportement que dans leur mentalité. Alors au début, c'est drôle, et puis ça lasse tant c'est haut perché et ubuesque... C'est une plongée profonde dans l'absurdie. Mais j'ai trouvé cela très répétitif et trop scatologique...Les dialogues de nos abrutis sont très récurrents et tournent en boucle... trop longtemps, trop souvent pour ne pas m'avoir agacée. Ils m'ont même horripilée ! Après, comme je le suppose, c'est peut-être un effet de style de l'auteur pour montrer que l'on peut tout remplir, tout vendre, tout justifier avec du "vide".

Ce que Pierre Darkanian dénonce ici, ce sont les bulles spéculatives, les mouvements bancaires, financiers et fiscaux loin d'être étiques mais légaux ou accessibles en jonglant avec les failles du système, le tout "rapport" ou "commission" qui règne dans notre pays de bureaucrates, les salaires mirobolants du milieu de la finance, la lenteur du système judiciaire, le machisme, l'égocentrisme, la cupidité, la crédulité, la vacuité... Du monde, du système, des vies de certaines personnes qui misent tout sur leur réussite professionnelle et financière.

C'est poussé à l'extrême dans la loufoquerie, à force de cynisme et de sarcasme au 3ème degré, mais c'est certainement très réaliste hélas !

J'ai aimé le fond et les ressources d'idées, mais suis bien mitigée sur la forme, qui souffre de maladresse de dosage à mes yeux, et qui, de ce fait, ne m'a pas fait rire comme prévu. Mais je reconnais que c'est très bien écrit,

Et force est de constater que cette phrase majeure du roman est bien vraie : le monde ne repose que sur des promesses de "plus".

"Zhou l’avait initié à sa conception de l’économie : l’argent était qu’une croyance, qui n’avait ni plus ni moins d’existence que Dieu, la démocratie où les droits de l’homme. Si personne n’y croyait, l’argent n’existerait plus. Mais puisque l’essence même de l’argent était une croyance, il n’y avait rien de malhonnête à faire croire qu’on en avait. À force d’y croire, les gens finissaient par vous en accorder, espérant en recevoir davantage en retour, et vous donnaient ainsi raison. Une banque prêtait bien de l’argent qu’elle n’avait pas sur la seule certitude qu’on lui en rendrait d’avantage". 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 26 Août 2022

Film d'Olivia Newman

Avec Daisy Edgar-Jones, Harris Dickinson, Taylor Jones-Smith

Synopsis : Kya, une petite fille abandonnée, a grandi seule dans les dangereux marécages de Caroline du Nord. Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur la " Fille des Marais " de Barkley Cove, isolant encore davantage la sensible et résiliente Kya de la communauté. Sa rencontre avec deux jeunes hommes de la ville ouvre à Kya un monde nouveau et effrayant ; mais lorsque l'un d'eux est retrouvé mort, toute la communauté la considère immédiatement comme la principale suspecte. À mesure que la vérité sur les événements dessine, les réponses menacent de révéler les nombreux secrets enfouis dans les marécages.

Mon humble avis : Il y a presque un an jour pour jour, je lisais et chroniqué le roman dont est inspiré ce film ICI. Aussi, je ne vais pas revenir sur l'histoire en elle-même ni sur les raisons de mon enthousiasme pour cette dernière ! Et voici que le film est à l'affiche ! Certes, j'étais sûre de voir un beau film, mais je doutais qu'il puisse être réellement à la hauteur du livre, tant la barre était élevée.

Et bien si, pari tenu pour l'équipe du film ! Je l'ai trouvé vraiment fidèle aux souvenirs et aux sensations de lecture. Bien sûr, tout n'y est pas repris, il y a quelques ellipses et sauts dans le temps, nécessité absolue pour que le film ne dure pas dix heures !  Mais l'essentiel y est ! Le film ayant été tournée en décors naturels, et bien il est visuellement magnifique et nous sommes en immersion complète dans le marais,  (qui est ici celui de Louisiane, et non celui de Caroline du Nord), et vraiment happés par l'histoire et son suspense

Le déroulement du film, et puis peut-être cette espèce de "relecture" pour moi, m'a permis de bien mieux appréhender, comprendre et apprécier la fin. 

Daisy Edgar Jones, actrice anglaise qui n'avait jusqu'ici évolué que dans des séries, obtient ici son premier grand rôle au cinéma. Et elle ne démérite pas, bien au contraire, qui donne chaire au personnage de Kya sans la pervertir. Très belle interprétation.

Je n'aurais que deux mini bémols assez insignifiants... sans doute dus au fait que ce soit un film américain... Nous sommes dans les années 60... Or toutes les dents sont bien blanches et alignées... De même, Kya, qui mène une vie de sauvageonne dans le marais, porte des robes plus blanches que blanc et on n'a parfois l'impression que c'est un défilé de mode !!!

Une cerise sur le gâteau... Si vous ne vous levez pas sitôt le commencement du générique de fin, la chanson de la bande originale, spécifiquement écrite et interprétée par Taylor Swift... Intitulée Carolina... Un bijou !

Un film à voir, sans hésitation !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 24 Août 2022

Roman - Editions au Diable vauvert - 224 pages - 18 €

Parution le 25 août 2022 : Rentrée littéraire

L'histoire : Bientôt cinquantenaire, Diego Lambert n'a jamais rien réussi dans la vie. Une fois de plus à court de liquidités, il n'a d'autre choix que de se présenter devant Antoine Lambert, son infecte père, PDG d'une multinationale. Ce dernier lui promet 50 000 € s'il accepte de remplacer la DRH malade d'une de ses entreprises du Pas de Calais, et de procéder à la restructuration prévue, à savoir licencier 15 personnes. Evidemment, rien ne va se passer comme prévu, pour les uns comme pour les autres.

 

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Gilles Paris, merci pour l'envoi.

Mon humble avis : Voici un roman rondement mené, qui nous embarque dans une folle histoire sans temps mort, sans surplus ni remplissage inutile, le tout servi par une prose efficace, très fluide, et évidemment férocement teintée d'humour et de cynisme, mais dosés à la perfection.

Nous faisons la connaissance de Diego Lambert, qui nous fait hésiter entre le héros et l'anti héros dans toute sa splendeur ! Looser invétéré, mais fantasque, doux rêveur, et plein de ressources si l'occasion lui est donnée de les manifester. Profondément humain, il trouvera un stratagème pour retourner la mission que lui a confié son affreux père... mais ce dernier, grand manipulateur, à d'autres tours dans son sac. Alors, seul l'irréparable protègera Diego de devenir un salaud de plus dans l'univers impitoyable du business et du Dieu monétaire.

Avec Crédit Illimité, Nicolas Rey use de la farce pour montrer du doigt les dérives de notre époque actuelle, du capitalise à outrance, de la priorité donnée aux actionnaires et directoires face à des petits ouvriers qui font vivre l'entreprise mais qui restent quantité négligeable quand il n'est question de profit à tout prix. Sont dénoncés les licenciements de masse dans des entreprises en bonne santé financière et bien placées sur le marché. Nicolas Rey donne aussi la parole à ces "petites gens" qui ne demandent qu'à travailler et garder leur poste.

En parallèle, afin d'ajouter une réelle légèreté dans ce livre, Nicolas Rey y développe une peut-être improbable romance haute en couleurs et en imagination entre Diego et sa psy !

Un roman qui divertit autant qu'il dénonce le drame de notre époque et qui pose des questions auxquelles on peine à répondre en fin de lecture :  Même le pire monstre est il tout à fait mauvais ? Est-ce moral que l'innocent d'un fait soit condamné alors qu'il ne l'est pas pour des fautes graves commises mais inconnus de la justice... Est-ce si aisé d'haïr jusqu'à la moëlle quelqu'un qui nous a pourri la vie ?

Je m'arrête là, car depuis tout à l'heure, je jongle avec les mots pour ne pas spoiler cette histoire et ses personnages hors du commun ! A lire, vous passerez un vrai bon moment de lecture !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 22 Août 2022

Film de Christophe Duthuron

Avec Pierre Richard, Eddy Mitchell, Bernard Le Coq, Alice Pol

Synopsis : Pour venir en aide à des migrants qu’il cachait à Paris, Pierrot les conduit dans le Sud-Ouest chez Antoine qui lui-même accueille déjà Mimile, en pleine reconquête amoureuse de Berthe. S’attendant à trouver à la campagne calme et volupté, les six réfugiés goûteront surtout à la légendaire hospitalité d’un village français. L’occasion rêvée de secouer les peurs et les préjugés pour Sophie et nos trois Vieux Fourneaux, promus consultants inattendus d'une campagne électorale que Larquebuse, le maire de Montcoeur n’est pas près d’oublier.

Mon humble avis : Autant j'avais adoré, en grande fan que je suis de la série BD éponyme, l'adaptation du premier tome, autant cette fois-ci, je suis déçue.

Je n'ai pas été embarquée, j'ai peiné à rire, je me suis par moment ennuyée. J'ai trouvé le film désordonné, les dialogues pas assez travaillés et manquant de finesse, le jeu des principaux acteurs très poussifs, limite grotesque ou pas inspiré, comme s'ils déployaient une énergie considérable pour combler les défaillances du film.

Seuls les moments qui portent sur la vraie thématique du film - à savoir l'accueil des migrants, les à-priori et les stupidités administratives à leur égard offrent un beau message, bien mis en scène, réveille un peu les consciences. Mais ces moments n'arrivent que dans la dernière partie du film, dommage. 

Bref, la sauce n'a pas pris pour moi, donc je déconseille, d'autant que pas mal de (normalement) bons films sont annoncés prochainement !

Je vais donc attendre aussi la sortie BD du tome 7 avec impatience (est-il seulement prévu ?) et éviter les potentielles suites Vieux fourneaux au cinéma !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 20 Août 2022

Roman - EditioAudio - 4h15 d'écoute

Parution d'origine en 2008 chez Julliard

L'histoire : Los Angeles, début des années 90... Un meurtre. D'un côté, le narrateur, un flic qui mène l'enquête. De l'autre, Jack, acteur réputé, est entendu comme témoin dans l'affaire. Entre eux, c'est un coup de foudre, et le début d'une passion dévastatrice.

 

 

Tentation : Ma PAL audio

Fournisseur : La bib de Rennes

Mon humble avis : Deux hommes qui n'auraient jamais dû se rencontrer, et qui mènent chacun de leur côté la vie qu'ils ont jusque-là choisie. L'un est policier et attend un premier enfant avec sa compagne, l'autre acteur célèbre. La passion sera fulgurante autant qu'elle devra rester secrète... Pour éviter de faire la une des tabloïds et protéger sa carrière, l'autre parce qu'il mène l'enquête sur le meurtre et qu'il est en couple hétérosexuel. Et aucun des deux n'imaginait l'ampleur que prendrait leur relation... Que jamais ils ne regretteront, quoiqu'il en coûte.

Philippe Besson nous conte ici l'histoire de deux hommes bousculés par leur vie, et révélés à eux même par une rencontre accidentelle, une rencontre qui chamboulera tout et une relation, qui les feront surfer sur le fil du rasoir, qu'ils seront prêts à tout pour la protéger, la nourrir.

J'aime Philippe Besson... J'aime le regarder, bel homme, j'aime l'écouter à la télé dans les émissions littéraires, et j'aime le lire, mais je ne suis pas friande des sujets de ses romans qui ne me touchent pas tant que cela... Sans doute parce que j'ai du mal à concevoir que l'on se mettre autant dans le pétrin par amour quand on est conscient des risques encourus... Et l'idée de double vie et de mensonges à ce point n'entre pas dans ma galaxie.

Mais il n'empêche, je bois les textes de Philippe Besson car ils sont toujours magistralement construits. Et surtout, j'aime ses mots, sa poésie, sa façon de dire les choses, de les taire ou de les suggérer. Une délicatesse, une précision d'une efficacité remarquable. Si vous êtes sensibles aux histoires de passions amoureuses, ce livre vous plaira encore plus qu'à moi. Sinon, plongez-y tout de même, pour le plaisir de nager dans une écriture raffinée, qui rend hommage à notre belle langue française.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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