Publié le 21 Décembre 2025

Film documentaire de Vincent Munier, 

Avec Michel, Vincent et Simon Munier

Synopsis : Après La Panthère des neiges, Vincent Munier nous invite au coeur des forêts des Vosges. C’est ici qu’il a tout appris grâce à son père Michel, naturaliste, ayant passé sa vie à l’affut dans les bois. Il est l’heure pour eux de transmettre ce savoir à Simon, le fils de Vincent. Trois regards, trois générations, une même fascination pour la vie sauvage. Nous découvrirons avec eux cerfs, oiseaux rares, renards et lynx… et parfois, le battement d’ailes d’un animal légendaire : le Grand Tétras.

Mon humble avis : La sortie de ce film était pour moi un événement attendu... Et l'attente a été à la hauteur du spectacle.

Quel film magnifique, que d'images splendides de au plus près de la nature et de ceux qui la peuplent, le plus souvent discrètement, car fuyant la présence nuisible de l'Homme. Des scènes auxquelles je rêve d'assister par moi-même.... Mais pour cela, il me faudrait le courage de me lever très tôt, et une patience que je n'ai pas. Et puis aussi, mon manque de connaissances de la faune sauvage la faune sauvage me ferait sans doute faire des erreurs, et tomber alors dans le dérangement de l'animal. Etre invisible n'est pas donné à tout le monde, mais Munier et les siens savent le faire, pour notre plus grand plaisir et le bonheur de nos regards.

Que de bruits, de sons, de cris, de chants, de grattement qui appartiennent au vivant de la terre, pour la plus part pas si loin de chez moi pour qui sait écouter, et attendre pour entendre et voir, et que je ne (re)connais pas ! 

Et puis, dans l'épure de ce film, la beauté est aussi dans la transmission intergénérationnelle, dans un chalet à la lueur des bougies, ou dans un affût de branches en pleine fort.  Tout est magnifiquement filmé, jusqu'au visage du grand-père Munier, jusqu'au regard lumineux du petit fils.

Evidemment, il y a un message de préservation et de protection de la nature, d'alerte renouvelée face aux changement climatique, et la disparition de certaines espèces de nos contrées, voire même, d'extinction à l'échelle mondiale. Cette année, le Courlis à bec grêle a été officiellement déclaré disparu de la surface terrestre...

Si vous n'êtes pas contemplatifs, si vous aimez l'action, si Dame Nature ne vous parle pas, n'allez pas voir ce film. Ou plutôt si, allez y, vous vous reconnecterez ainsi peut-être à l'essentiel et découvrirez tout un univers... si près de chez vous.

Et moi, jalouse je suis du talent photographique extraordinaire de Vincent Munier !

 

C'est avec ce billet et ce film magnifique que l'année 2025 se clôture sur mon blog. Je vous retrouve début 2026 ! En attendant, je vous souhaite de bonnes vacances et de joyeuses fêtes de fin d'année.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 18 Décembre 2025

BD - Editions Dargaud - 80 pages - 18.50 €

Parution en novembre 2022

L'histoire : Tous les habitants, les mieux lotis comme les plus démunis, s’apprêtent à fêter Noël.  Tous, à l’exception de Scrooge. Aux yeux de cette riche commerçante, insensible au malheur des autres comme à l’atmosphère de liesse qui baigne la cité, seuls le travail et l’argent ont de l’importance. On la dit radine, égoïste et mesquine. Elle préfère considérer qu’elle a l’esprit pratique. Et tandis que les festivités illuminent la ville et le cœur de ses habitants, Scrooge rumine sa misanthropie… Une nuit, des esprits viennent lui rendre visite. Ils l’emmènent avec eux, à la rencontre de la jeune fille qu’elle était, quelques années plus tôt, lorsque la cupidité n’avait pas encore rongé son cœur. Mais aussi à la découverte de celle qu’elle aurait pu devenir si elle avait choisi la voie de la bonté…

Tentation : Les dessins et la mention Dickens

Fournisseur : La bib de Dinard

Mon humble avis : De Dickens, je n'ai jamais rien lu, alors j'ai tout de suite pensé que cette BD tout à fait d'actualité pouvait combler un peu mon inculture (au moins pour la notion d'univers) et me donner envie de m'attaquer aux oeuvres d'origine... un de ces quatre ! Et bien mission remplie !

Nous sommes à Londres en 1843 la veille de Noël. Dans la rue, il neige, il fait froid et chacun s'active pour célébrer le réveillon, depuis les pauvres en guenilles jusqu'aux bourgeois chapeautés. 

Nous sommes ici dans une libre adaptation de la nouvelle éponyme de Dickens. En effet, un prologue annonce quelques aménagements... Scrooge, le personnage principal est devenu femme dans cette BD... Ce qui donne à l'ouvrage un aspect plus contemporain, féministe, émancipé etc... Cela ne m'a point dérangée vu que je partais avec aucune idée précise de ce que j'allais trouver dans ces pages...

Les dessins et les couleurs sont des plus somptueux, de ce que j'aime particulièrement. Ils nous mettent tout de suite dans l'ambiance de l'hiver, et dans l'époque. Puis les esprits apparaissent, et ils sont sublimement représentés.

Scrooge est un personnage détestable, et pourtant l'on s'y attache. Parce que ce qui la rend insupportable a forcément une explication dans son for intérieur, dans son passé. Les esprits qui lui rendent visite la veille de Noël vont l'emmener dans un voyage temporel... Auprès de la jeune fille qu'elle fut, de la femme qu'elle est, et de celle qu'elle pourrait devenir. Et sous ses airs revêches, elle ne reste pas insensible à ce qu'elle voit et pressent... Elle évoluera, tout en gardant le droit de rester la même, sans se vanter de sa nouvelle générosité.

J'ai adoré l'atmosphère fantasmagorique, et ce conte de Noël loin de faste mais si près de la misère... Et cette histoire de deuxième chance, que l'on saisit... ou pas... Ma lecture fut des plus plaisante. Reste à lire Dickens, un jour !!!!

En attendant, c'est une très belle adaptation !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 16 Décembre 2025

 

Il y a plus d'un an et demi, suite à une lecture révélation foudroyante, j'ai lancé sur la blogosphère un challenge de lecture visant à lire un maximum de livre de notre auteur favori du moment. Vous pouvez retrouver les règles (etc) de ce challenge ICI.

Cette lecture foudroyante qui a déclenché cette envie en moi était  : Pur sang de Franck Bouysse. Bouysse que j'ai choisi comme chouchou pour ce challenge... J'ai eu avec lui des hauts et des bas...

Il y a eu pas mal d'inscriptions sur ce challenge, mais déjà moins de participation... On a perdu du monde en chemin ! Et je dois avouer que je ne me suis pas montrée très bonne animatrice de ce challenge. J'ai déjà du mal en général à participer au challenge des autres. Donc en organiser un et l'animer pendant un an et demi, et bien ce n'était pas vraiment mon truc !

Il n'empêche, un grand merci aux participantes régulières ou dilettante qui ont joué le jeu :

 

BILAN DES PARTICIPATIONS / LECTURES 

 

Manou, du blog Bulle de Manou, a choisi Sorj Chanlandon

1/ L'enragé 

2/ Une joie féroce

3/ Enfant de salaud

4/ La promesse 

5/ La légende de nos pères

6/ Le petit Bonzi

7/ Le livre des Kells

  • Je déclare donc Manou docteur es Chalandon !

 

Philippe, du Blog d'un livre à l'autre, a choisi Raymond Kouri

1 / Le dernier des templiers

  2/ La malédiction des templiers

  3 / Eternalis

  4 / Le secret ottoman

5 / Dossier Corrigan

  • Philippe atteint donc le grade de Thésard en Kouri

 

Violette, du blog Doucettement, a choisi Valentine Goby

1/ L'île haute

2/ Banquises

  • Violette est donc Fan de Valentine Goby. Mais comme grâce à elle, j'ai acheté cet été 2 romans de Valentine Goby (pas encore lus), elle est aussi attachée de presse.                                                                

 

Inganmic, du blog Book'ing a choisi Virginia Woolf

1/ Flush : une biographie

2/ Vers le phare

3/ Un lieu à soi

4/ Les vagues

  • Inganmic est donc Experte en Woolf... Et comme Inganmic m'a bien donné envie de lire Virginia Woolf, je la déclare aussi attachée de presse.

 

Alexandra, du blog Je lis, je blogue, a choisi Stephen King

  1. Holly
  2. Si ça saigne
  3. Rita Hayworth and Shawshank redemption
  • Alexandra est Spécialiste en King

 

Gambadou, du blog Les fanas de livres, a choisi Laurent Gaudé

  1. Terrasses ou notre long baiser si longtemps retardé
  2. Cris 
  3. Le tigre bleu de l'Euphrate
  • Gambadou est Spécialiste en Gaudé

 

Fanja, du Blog Lectures sans frontières, a choisi David Grann

  1. The lost city of Z
  2. The white darkness
  • Fanja est donc "juste" fan de Grann... Bon en même temps, elle a tellement d'auteurs chouchous, et elle fait tellement de challenge que...

 

Sacha du Blog Des romans mais pas seulement, a choisi Gerbrand Bakker

1/ Là-haut, tout est calme

2/ Le détour 

  • Sacha est Fan de Bakker

 

Antigone, du blog Les lectures d'Antigone, a choisi Karine Reysset

  1. Dans la maison d'été
  2. Lectures de rattrapages
  • Antigone est Fan de Karine Reysset

Quant à moi, après ma lecture de Pur Sang de Franck Bouysse, j'ai lu

1/ Vagabond

2/ L'homme peuplé

3/ Apre monde

4/ Buveurs de vents

5/ Oxymort

6/ Grossir le ciel

7/ Né d'aucune femme

8/ Entre toutes

  • Quant à moi, je suis Docteur Es Bouysse

J'ai adoré "l'homme peuplé" et "Né d'aucune femme"

J'ai beaucoup aimé Entre toutes, Oxymort et Apre monde

J'ai aimé Grossir le ciel

Je n'ai pas aimé Vagabond et Buveurs de vents

J'aurais aimé lire Glaise et Plateau, qui sont des romans qui ont bonne réputation. Mais n'en n'ai pas eu le temps, même si j'ai déjà dépassé le temps imparti. Car j'avoue, une certaine lassitude s'est installée à lire, dans un délai relativement restreint, autant de titres d'un même auteur. Je les lirai donc peut-être plus tard.

XXXXXXXXXXXX

Sont donc en tête de ce challenge ... moi mais j'ai triché en prenant 3 mois de plus que les autres participantes. Sinon, juste après, et bien c'est Manou :)

Bravo et merci !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Challenge Lisez votre chouchou, #Les livres - mon blog et moi

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Publié le 14 Décembre 2025

Bonjour et bon dimanche, 

Voici le 3ème photo reportage de mon petit séjour sur l'île de Groix (Morbihan) en avril dernier...

Je pense qu'il y aura un 4ème dimanche à Groix avec des photos en noir et blanc , car certains sites s'y prêtent à merveille.

Aujourd'hui, fin de ma 2ème journée à l'Est avec les Sables rouges et la plage convexe (une rareté à priori) des Grands Sables.

Il y a aussi mon passage dans le célèbre bar, repère des marins de l'île : le Ti Beudeff

Puis on passe à la 3ème et dernière journée, où pour la première fois depuis plus d'une décennie, je suis remontée sur un vélo, dans sa version inédite pour moi VAE. VAE que j'ai bien apprécié, cheveux au vent sans gros effort, ce qui m'a permis de "boucler" toute la partie ouest de l'île... Avec le Sémaphore, le phare de Pen Men,  le trou d'enfer etc...

Avant de rendre mon vélo, de récupérer mes bagages à l'hôtel et de boire un dernier café ensoleillé avant de monter sur le bateau direction : le continent !

Fin d'une escapade solo avec mon appareil photo, escapade que j'ai adoré... et que je devrais renouveler.

Les dimanches en photos reviendront l'année prochaine !

D'ici là, portez-vous bien !

Pour revoir les 2 premiers dimanches à Groix, c'est ICI et LA

UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (3/3)
UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (3/3)
UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (3/3)
UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (3/3)
UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (3/3)
UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (3/3)
UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (3/3)
UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (3/3)
UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (3/3)
Et mon vélo !!!

Et mon vélo !!!

UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (3/3)
UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (3/3)
UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (3/3)
UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (3/3)
UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (3/3)
UN DIMANCHE SUR L'ÎLE DE GROIX (3/3)

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyage en Bretagne, #Voyages dans les iles

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Publié le 12 Décembre 2025

Roman - Editions Audiolib - 2h09 d'écoute - 18 €

Parution d'origine au Seuil en 1988, audiolib 2016

Mon pitch : Une biographie qui, à travers le prisme des souvenirs d'enfance, devient une fiction (très auto)... Quand "Patoche" se souvient d'une maison d'un étage, à la façade couverte de lierre, où ne vivaient que des femmes aux fréquentations interlopes... Là où, avec son petit frère, il a grandi quelque temps alors que sa comédienne de mère était partie en tournée, et que son père vaquait à ses occupations en Amérique du Sud ou à Brazzaville. 

Tentation : Pour voir !

Fournisseur : Ma PAL audio (Bibs de Rennes)

 

 

Mon humble avis : C'est avec cet ouvrage que je pénètre pour la première fois dans l'univers de Patrick Modiano, prix Nobel de littérature en 2014.

Peut-être n'ai-je pas lu ce court roman dans les meilleures conditions pour l'apprécier à sa potentielle juste valeur, puisque ce fut pour moi une audiolecture en voiture...

Quoiqu'il en soit, je rédige ce billet quelques semaines après cette lecture et ... et bien pas grand-chose. Je me souviens de vagues souvenirs d'enfance, d'absence de parents, de l'ambiance d'une époque révolue, de personnages tellement multiples mais ne dépassant que rarement l'état d'esquisse améliorée que j'ai peiné à les situer, à les imaginer, à les suivre.  Bref, cette tranche de vie, ancrée dans l'enfance de l'auteur, ne m'a pas émue ni passionnée plus que cela. Tout m'a semblé très opaque, notamment dans l'aspect interlope des occupations des personnages adultes. Il me reste si peu de cette remise de peine, de cette atmosphère de nostalgie poussiéreuse. Mais je reconnais que l'écriture et le choix des mots m'ont plu sur le moment.

Me voilà donc à court d'arguments pour m'étendre sur cette lecture... Aussi, si vous avez adoré un titre de Modiano, merci de me le conseiller en commentaire, histoire que je puisse entrevoir la raison d'une telle réputation.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres audio, lectures audio, #Littérature française

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Publié le 10 Décembre 2025

Roman - Editions Livre de Poche - 128 pages - 7.70 €

Parution en poche en avril 2025 / Grasset Fasquel en 2024

L'histoire : Une fois par an, le 16 août, Ana Magdalena Bach prend un ferry pour passer une nuit sur l’île où est enterrée sa mère. Indifférente à la splendeur des Caraïbes, elle se contente de déposer un bouquet de glaïeuls sur la tombe avant de retrouver son mari. Mais, l’été de ses quarante-six ans, une aventure avec un inconnu va précipiter son destin : Ana Magdalena découvre l’infidélité et la passion des corps en même temps que le dépit amoureux. Comme prise dans une spirale érotique, elle vit chaque pèlerinage sur l’île dans les bras d’un nouvel amant.

 

Tentation : Nom de l'auteur

Fournisseur : Achat à la braderie de ma médiathèque cet été

 

Mon humble avis : Quand j'étais dans la vingtaine, Gabriel Garcia Marquez a fin un temps partie de mes auteurs chouchous, avant de tomber dans mon oubli. Et lorsque ce livre est apparu sous mes yeux, je me suis dit "ça alors, Marquez est encore vivant et il écrit toujours" !!!

C'était avant de me plonger dans la lecture de ce roman inédit et que je comprenne que celui-ci est publié post mortem (G.Garcia Marquez nous ayant quitté en 2014). D'ailleurs, en post face, une note des enfants et de l'éditeur de l'auteur explique... Ce "roman", plutôt, longue nouvelle, Garcia l'a écrit alors qu'il perdait la mémoire. Et choix a été fait de publier l'ouvrage presque tel quel, à partir de plusieurs versions écrites par l'auteur, et contre son avis.

Pendant quelques années, nous suivons Ana Magdalena dans son pèlerinage sur la tombe de sa mère, enterrée sur une petite île de la Caraïbe, où elle se rend en bateau. Elle prend le même taxi, et le même hôtel chaque année. Ce pèlerinage devient soudain adultérin, alors qu'Ana a été fidèle à son mari depuis son mariage il y a vingtaine d'années. Ses enfants réussissent et la complicité partagée avec son mari ne se dément pas. Alors, pourquoi soudain passer la nuit avec un inconnu rencontré dans un bar de l'île, et faire de cet acte inédit une habitude annuelle... Une liberté, mais aussi un nouveau rituel qui en efface d'autres, puisque désormais, Ana change d'hôtel, de taxi.... Ce que l'on prend tout d'abord pour un acte inédit d'une femme libre dit-il tout autre chose d'Ana ?

On retrouve la délicieuse plume et le puissance narratrice de l'auteur si promptes à nous plonger dans une atmosphère qui n'est pas sans langueur.... Le contexte de l'île Caribéenne et son climat y concourent certes, qui ajoute de la suavité à la sensualité. Garcia Marquez nous emmène dans chaque pas, chaque geste, chaque hésitation, chaque interrogation, chaque décision de ce son héroïne, à laquelle on s'attache, et que l'on aurait aimé suivre plus longtemps, pour que la psychologie de son personnage soit plus creusée et que l'ensemble soit plus abouti. Mais étant donné les conditions de publication, ce n'est pas possible et c'est dommage... Car reste une impression de "oui, mais alors quoi finalement ? " et de manque de consistance.

La lecture est agréable, il y a de grands moments dans ces pages (notamment avec ce billet de vingt dollars qui turlupine Ana tout au long de cette histoire), mais on sent aussi les failles, les contradictions, le manque de souffle, et d'objectif final. Bref, l'aspect ébauche est bien visible.

Etait-ce une bonne idée de publier cet ouvrage tel quel ou était un énième coup de comm sur un monstre sacré de la littérature sud américaine ? Je pencherais plutôt pour la deuxième solution, parce que je n'ai pas retrouvé la flamboyance et la grandeur que je garde en souvenir de mes lectures de "jeunesse". Mais je ne regrette pas pour autant le temps passé dans ces pages, à voir, entendre, sentir et ressentir ce que les mots m'ont dit.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 8 Décembre 2025

BD - Editions Glénat - 88 pages - 19 €

Parution en juin 2025

Le pitch : États-Unis, 24 novembre 1971. La veille de Thanksgiving, un homme voyageant sous le nom de Dan Cooper monte à bord d’un Boeing 727-051 de la compagnie Northwest Orient Airlines décollant de l’aéroport international de Portland. A priori, rien d’anormal, sauf que l’homme menace de faire exploser l’avion. Sa demande : deux cent mille dollars en petites coupures, et quatre parachutes. Pour ne pas risquer la vie des passagers, le FBI préfère s’exécuter. L’avion repart de Seattle-Tacoma en direction du Mexique. Le pirate de l’air saute du Boeing alors qu’il fait nuit et qu’une tempête s’abat sur le nord-ouest des États-Unis. Ses chances de survie sont quasi nulles. Et pourtant, 50 ans plus tard, le FBI est bien obligé de le reconnaître : jamais personne n’a réussi à mettre la main sur ce pirate du ciel. On perd toute trace de lui quand il ouvre son parachute au-dessus de la forêt. En 2016, le FBI annonce la fin des recherches et classe l’affaire Dan Cooper, mais l’enquête non résolue continue d’intriguer l’opinion publique.

Tentation : Le pitch

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Les auteurs s'inspirent d'un fait divers dont j'ignorais tout. Une affaire qui tient le FBI en échec depuis 50 ans, autant dire un sacré mystère qui intrigue toujours autant outre-Atlantique.

Il faut dire que l'histoire est sacrément romanesque et bluffante et semble sortir d'un scénario d'Hollywood avec Tom Cruise comme interprète principal !!! La première partie de l'album narre les derniers temps avant le braquage -détournement, les dernières préparations de Dan Cooper et de sa complice, une jolie blonde qui espère beaucoup, en se trompant ou non ? Puis il y a le saut, l'atterrissage mouvementé (que l'on a du mal à saisir. La suite est donc pure invention, suggestion des auteurs qui partent du principe qu'après quelques temps dans une ferme, Dan Cooper se serait caché au Mexique pour y couler des jours heureux, mais simple, car finalement, faute d'argent. Il faut préciser que Dan Cooper est un nom d'emprunt, sans doute inspiré d'une bande dessinée et que donc même l'identité réelle de l'homme est inconnue de tous.

Si les dessins classiques, permettent une lecture fluide m'ont plu, si j'ai tout d'abord été bien embarquée par l'histoire, la fin m'a laissée sur ma faim, me laissant dire : mouais, tout ça pour ça... J'aurais peut-être aimé que les auteurs multiplient les suggestions plutôt que de se limiter à une seule, celle du Mexique, qui est, qui plus est, relativement banale et attendue. Un peu plus d'imagination sur le destin de cet incroyable mais vrai personnage aurait été sympa. Mais bon, comme le mystère plane toujours, en attendant, lire cette BD n'est pas désagréable non plus ! Le moment est rythmé et divertissant et nous rappelle un fait hallucinant bien oublié par chez nous.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 6 Décembre 2025

Roman - Editions Audiolib - 8h18 d'écoute - 21.45 €

Parution Audiolib et Stock en 2019

Mon pitch : Iouri s'est exilé aux USA. Un jour il reçoit un message : son père est mourant... Il s'envole donc pour sa patrie d'origine, Mourmansk en Sibérie.... Au chevet de ce père terrible, qui n'a jamais su communiquer avec lui et qu'il a toujours craint, Iouri reçoit une mission : retrouver ce qu'il est advenu à Klara, la grand-mère qu'il n'a jamais connu et qui, par une nuit des années 50, fut emmenée de force par des hommes en noir... Sans jamais revenir, et marquer à jamais la destinée de sa famille, Rubin son fils, Iouri son petit fils. 

Une quête commence pour Iouri, pour ne pas oublier Klara.

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : PAL audio (Bib de Dinard)

Mon humble avis : Y'a pas à dire, la célèbre navigatrice est une sacrée romancière, qui sait construire une histoire, et qui la sert d'une plume fort admirable et agréable.

Lire Oublier Klara, c'est replonger dans les années du stalinisme politique, du communisme implacable, d'une époque où la vie dépendait d'une simple délation ou de suspicion de traîtrise envers l'Etat. C'est donc le collectivisme, la pauvreté, les murmures, l'embrigadement etc... Nul doute qu'Isabelle Autissier s'est énormément documentée pour reproduire en mots les sensations, les odeurs, le froid, les tristes couleurs, la peur, l'alcool, l'isolement, l'effroi d'alors. Elle décrit avec un réalisme glaçant l'atmosphère et l'âme russe des années cinquante. En fait, ce livre est très visuel, on voit les images nettes dans notre cerveau, on a presque l'impression d'y être tant tout est parfaitement décrit.

L'enquête de Iouri sera surtout administrative, les survivants de l'époque étant rares. Elle sera guidée par le récit des souvenirs du père. Elle nous sera rapportée en alternance : des chapitres sur Klara, des chapitres sur Rubin, des chapitres sur Iouri... Avec les enfances et les jeunesses de ces deux derniers particulièrement bien développées... et là, j'ai eu ma petite pochette surprise : Iouri enfant est passionné d'oiseaux, et adulte, il est ornithologue professionnel. Je me suis donc régalée des quelques pages traitant de cette passion. Par contre, d'autres pages m'ont un peu perdue, longuettes pour moi : celles qui évoquent la vie de marin de Rubin, et de la tentative de Iouri à survivre sur un chalutier... Peut-être que le format audio n'aide pas, car pour ces passages là, l'interprète n'hésite pas à crier pour rendre compte des dialogues au milieu de l'enfer des mers. Mais ces détails maritimes de l'histoire permettent de bien cerner les personnages, la violence qu'ils subissent ou assènent, leur caractère, leur difficulté à se comprendre et s'apprécier, voire se supporter... Bref, Isabelle Autissier maitrise très bien l'art de construire des personnages et de brosser leur portait avec finesse.

Et Iouri découvrira la délation, la lâcheté familiale, le goulag, la torture, le reniement... Klara, éminente scientifique, a -t-elle vraiment trahi son pays ? Quoiqu'il en soit, en disparaissant ainsi, elle est aussi très vite bannie des conversations et de la mémoire familiale..., ce qui impacte les générations suivantes.... Son arrestation jette l'opprobre sur sa famille, soupçonnée de ce fait d'être antirévolutionnaire. Gamin puis ado,  Rubin devra en quelque sorte se racheter pour être accepté des autres...

Vers la fin du roman, il est aussi question de la tribu indigènes des Nénettes et de l'oppression qu'elle subit.

Comme vous le voyez, ce roman est riche de nombre de sujets : le communisme, la mer, la filiation, la trahison, l'écologie, les conséquences de l'Histoire et du contexte sur la vie intime des personnages, les mensonges, et les silences destructeurs... Une immersion passionnante et bouleversante dans le pire de l'Union Soviétique. 

Oublier Klara est aussi un hommage saisissant et nécessaire à toutes les Klara du monde qui, dans des régimes totalitaires, disparaissent pour leurs compétences, leurs opinions, ce qu'elles ont entendu ou non, ce qu'elles ont dit ou tu... Oublier Klara, c'est lire pour ne pas oublier l'Histoire à travers celle puissante de cette famille démolie par le régime soviétique.

Et cette fin ouverte, je l'ai bien appréciée !

D'Isabelle Autissier, j'avais  aussi beaucoup aimé "seule la mer s'en souviendra"

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 4 Décembre 2025

Roman - Editions Albin Michel - 288 pages - 21.90 €

Parution le 20 août 2025 : Rentrée Littéraire

Mon pitch : Marie est née en 1912 dans une ferme de Corrèze... Elle est toute jeune lorsque son père part au front en 1914, et l'est toujours à son retour quatre ans plus tard. Mais le père n'est plus le même.... Est-ce que qui conditionnera toute sa vie, celle de sa mère, de ses enfants, de ses petits-enfants ? Marie ne quittera jamais cette ferme, quelques soient les décennies qui passent, les conflits, les joies, les malheurs...

Marie était la grand-mère de Franck Bouysse...

 

 

 

Tentation : Mon auteur chouchou

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Dans les romans que j'ai lus de Franck Bouysse, il était surtout question d'hommes, de duels ou de duo, avec des histoires comportant très peu de personnages...

Virage complet pour l'auteur avec "Entre toutes". Ce sont les femmes qui sont à l'honneur et au premier plan, les femmes de son arbre généalogique : sa grand-mère Marie et son arrière-grand-mère Anna.  

Ce sont des femmes de caractères à qui la vie n'a pas fait de cadeaux, mais comme beaucoup d'autres à ces époques-là. Ce sont des femmes qui, sans le demander, sans s'y attendre, sont devenues libres et responsables de leur destin et de celui de leurs proches à une époque où la femme tenait la cuisine quand l'homme gérait le reste. C'est avec courage qu'elles ont assumé cette liberté inconnue. Ce sont des femmes qui, quand elles s'effondrent, restent debout parce qu'ainsi va la vie, parce qu'il faut manger, parce que la ferme et les saisons n'attendent pas. Ce sont des femmes fatiguées par le labeur mais qui avancent... Comme le temps, comme les années, les décennies, le progrès matériel, le progrès scientifique, la nouvelle notion/injonction de productivité, même si certaines de ces choses se déroulent loin d'elles.

Dans cette fresque familiale, Franck Bouysse dresse magistralement le portrait de deux femmes extraordinaires dans une vie quotidienne et courante. On sent beaucoup de tendresse, d'amour et d'admirations de la part de Franck Bouysse envers ces deux personnes, dont l'une qu'il n'a pas connu.

Dans ce livre, il y a les horreurs des deux guerres, la dureté de la vie, et la grandeur et la force des personnages que sont les paysans. On retrouve évidement l'aspect terroir et l'attachement à la terre cher à l'auteur. Il y a de la noirceur par moment, mais aussi de la lumière, tout comme dans la plume de Franck Bouysse qui n'oublie pas la valeur des mots et l'enchantement de la poésie. Alors pourquoi pas un coup de coeur ? Parce qu'il m'a manqué un peu d'aspérités dans cette histoire qui par moment, me semblait un peu plate, un peu longue... Et pourtant, oui, je sais c'est l'histoire de la vie...

Quoiqu'il en soit, "Entre toutes" est un magnifique hommage à ses aïeules, et qui, en cours de lecture, incite à s'interroger sur la vie quotidienne, la jeunesse de nos propres ancêtres disparus, et que l'on a toujours connus "vieux". Et dont on sait finalement si peu de chose.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 2 Décembre 2025

Film de Dominik Moll

Avec Léa Drucker, Guslagie Malanda, Mathilde Roehrich, Jonathan Turnbull

Synopsis : Le dossier 137 est en apparence une affaire de plus pour Stéphanie, enquêtrice à l’IGPN, la police des polices. Une manifestation tendue, un jeune homme blessé par un tir de LBD, des circonstances à éclaircir pour établir une responsabilité... Mais un élément inattendu va troubler Stéphanie, pour qui le dossier 137 devient autre chose qu’un simple numéro.

Mon humble avis : Un film inspiré de faits réels...  lors des manifestations des gilets jaunes à Paris en 2018...

Un film qui bouscule sacrément tant le collectif que l'individuel... Car même si l'injustice est criante, on ne sait plus quoi penser... Tant tout est la conséquence d'une accumulation de faits... Un peuple en colère, un gouvernement et des préfets dépassés, une police à bout de nerf, et aussi, une police désordonnée où ceux dont la mission est loin de l'ordre public se retrouve à devoir intervenir en manif, avec pour seule protection parfois, un casque de vélo acheté par l'agent chez Décathlon...  Et oui, c'est un film sur une société, une police, une justice, un système complet au bord de l'implosion.... Où la violence devient normalisée à tous les niveaux de la société, et qui s'enfonce dans une justice dysfonctionnelle et... à deux vitesses, suivant votre statut social...Avec au final, l'incompréhension de la famille de la victime.

Et ce qui est dingue, c'est que Dossier 137 est sorti sur les écrans la même semaine que le triste dixième anniversaire des attentats de Paris (Bataclan, Stade de France et Terrasse), où série TV, hommages officiels etc ont occupé les médias... Une semaine où on réapplaudit, comme à l'époque, certains des héros d'alors, les policiers de la B.R.I (entre autres) qui ont donné l'assaut au Bataclan... Et voilà que trois ans plus tard, quelques agents de la BRI se trouvent mêlé à une sale enquête de violences policières... Et la question se pose dans les couloirs de l'IGPN et des autorités... Peut-on accuser et salir les héros d'hier, même s'ils sont coupables. Et ces questions se posent dans la tête du spectateur en même temps : comment peut-on être héros un jour et bourreau le lendemain, peut on dire qu'il y a dans ce cas des circonstances atténuantes alors que des coups sont portés volontairement... Bref, ce film nous dit bien la difficulté et/ou l'hypocrisie de la justice. Là aussi, on peut débattre sur le fameux responsable mais pas coupable et vice et versa...  Il y a celui qui donne le coup et celui qui l'a amené dans cette situation ? Dans ce chaos, qui est coupable là-dedans, qui est responsable... 

Bref, ce film surfe sur la zone grise loin de tout manichéisme. Il pose des questions qui vont au-delà des apparences, des questions qui hantent longtemps après la séance parce qu'en fait, entre la loi, nos idéaux, nos valeurs, notre révolte, notre empathie XXL pour la victime, le contexte et bien on se retrouve bien en peine d'avoir une opinion précise, malgré notre écoeurement pour le système... On se retrouve bien démuni ou indécis.

Un film civilisationnel, nécessaire et méticuleux, sous tension, passionnant à suivre, qui tient en haleine, à voir absolument. D'autant qu'il est magistralement porté par la trop rare Léa Drucker et qu'il est filmé sobrement au plus proche de la réalité... un petit détail pour détendre l'atmosphère, petit détail que j'ai tout de même remarqué et apprécié... pour une fois, l'enquêtrice vit dans un appartement normal, avec du bordel du quotidien normal, du linge qui sèche etc... On est loin des maisons témoins ou autres lofts que le cinéma nous sert pour donner une image glamour...

Un des meilleurs films de l'année je pense, aux propos d'une fine intelligence et de nuance sur un sujet explosif, et l'importance de l'image pour résoudre une équation insolvable. Et une immersion très intéressante dans l'univers et la mission de l'IGPN. 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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