Publié le 5 Avril 2021

Roman, Marie Darrieussecq, La mer à l'envers, migrants, avis, chronique, critique, blog

Roman - Editions Ecoutez lire - 5h32 d'écoute - 18 €

Parution P.O.L en août 2019

L'histoire : Pour Noël, Rose est en croisière méditerranéenne avec ses deux enfants. Une nuit, le paquebot croise un bateau de migrants en difficultés. Tous ses passagers montent à bord... Rose croise le regard de Younès, un adolescent perdu parmi les autres. Elle lui donne des vêtements de son fils, ainsi que le portable et le chargeur de celui-ci, avant que les migrants soient embarqués par une navette de la P.A.F. Désormais, les destins de Rose et de Younès sont liés, même séparés. 

Tentation : Un billet sur la blogo

Fournisseur : Bib N°3

Mon humble avis : La mer à l'envers est un roman qui prend aux tripes, car il nous propose un face à face avec ce que nous sommes, ce que nous pourrions être, ce que nous aimerions être ou ce que nous ne sommes pas... L'immigration, les migrants pour la plupart d'entre nous, c'est un sujet que l'on ne suit que par reportage télé aux informations...  Cela peut-être aussi des silhouettes aperçues sur l'autoroute près de Calais...

Ici, via Rose, nous croisons le regard d'un adolescent migrant... Et ce regard vous accroche à jamais, devient obsession.  Rose et Younès ne se rencontrent que quelques minutes... Si près et si éloignés... Lui démuni de tout, venant d'échapper de peu au naufrage d'une embarcation de fortune, elle sur un énorme paquebot de croisière luxueux...

Entre les lois, les possibilités pratiques et pragmatiques, le confort de nos vies, la cellule familiale que l'on implique, mais aussi les difficultés et mauvais moments personnels... Que sommes nous prêts réellement à faire lorsque l'on est confronté de près à ce qui nous révolte dans notre canapé. Notre vie d'occidentaux nous rend elle apte à devenir l'héroïne qu'on pense pouvoir être dans ces conditions, à n'importe quel moment ?

Et finalement, lorsque le pas est franchi, Marie Darrieussecq nous montre que l'action de tendre la main devient presque banale, qu'elle s'inscrit parfaitement dans un quotidien. Cette histoire n'a rien de naïf et pose les bonnes questions sans être moralisatrice. C'est plus un constat sur nos sociétés démunies et bien mal préparées à venir en aide aux flots de migrants Marie Darrieussecq la mène subtilement dans un style adéquat et agréable, où quelques soupçons d'humour allègent l'atmosphère qui pourrait être pesante vu le sujet, mais qui ne l'est pas. Je recommande !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 3 Avril 2021

BD ,  futuropolis, Davodeau, Les couloirs aériens, critique, avis, blog

BD - Editions Futuropolis - 112 pages - 19 €

Parution en octobre 2019

L'histoire : Cinquante ans. Ça y est. Il a cinquante ans. Il se souvient bien. À vingt ans, enflammés par leur fougue juvénile, Yvan et ses copains regardaient les quinquagénaires comme des mecs finis, presque au bout de la route. C'est maintenant son tour. Il y est. Et en quelques mois il a perdu sa mère, son père, et son boulot. Sa femme, Florence, travaille beaucoup, prend souvent l'avion et vit dans les décalages horaires. Les enfants ont quitté le nid, normal. Alors, forcément, Yvan est un peu paumé. Il s'est réfugié dans le Jura, chez ses amis de toujours Thierry et Sandra. Avec ses fringues, ses bouquins, des babioles. Toute une vie, ou presque, dans quelques cartons... Cinquante ans. Allez, ça n'est peut-être pas le bout de la route, mais c'est un virage un peu casse-gueule.

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib N°1

 

Mon humble avis : A la vue du titre, je pensais bêtement que cet album traitait du sujet de l'installation d'un aéroport dans une zone proche de la nature... Et je pensais faire l'impasse, pas émoustillée plus que ça à l'idée de rejoindre des zadistes ou autre. Mais le billet de Violette m'a réaiguillée ! Il n'est pas du tout question d'aéroport. Certes, un avion passe tous les jours à la même heure au-dessus de la tête d'Yvon, le personnage principal. Mais les couloirs aériens sont en fait une métaphore des vies bien tracées qui nous attendent, que nous menons le plus souvent, sans oser en dévier. Et quand c'est la vie elle-même qui dévie, et bien nous voilà déboussolé. C'est ce qui arrive à Yvon : il vient de perdre son travail, ses deux parents, ses enfants volent de leurs propres ailes et assez loin, sa femme travail au bout du monde. Et en plus, il "fête" ses 50 ans... Bref, tout cela ressemble à la fin du monde. Un vieil ami l'accueil quelque temps dans son village jurassien enneigé. Yvon se laisse aller, se laisse couler... et puis un jour les déclics vont s'amonceler : non la vie n'est pas finie à cinquante ans, au contraire, c'est l'occasion d'une mise au point, d'une check list et d'un nouveau départ. Et c'est parfait pour déneiger ce qui s'accumule tant devant votre porte, que dans votre esprit, que dans votre vie !

Tout cela est joliment mis en dessins et en bulles par Etienne Davodeau et ses compères. C'est une belle histoire sur le temps qui passe, sur les choix que l'on a fait, leur répercussion, et les nouveaux horizons qui s'offre parfois à nous. Le tout dans des paysages neigeux, propice à l'isolement, la réflexion et l'apaisement. Cette BD porte aussi sur les amitiés de toujours, parfois malmenées par les chemins de chacun, mais qui réservent aussi de belles surprises et des secrets bien cachés.

Cet album me fut bien agréable à lire, même si, par moment, l'envie me prenait de vouloir "botter" les fesses d'Yvan, qui se plaint un peu trop à mon goût. Une BD très à propos pour moi : les 50 ans, c'est l'année prochaine !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 1 Avril 2021

Série Netflix Espagnole

"Les Spadassins de Midas" (titre en France : coup pour coup)

Sortie en 2020 - 6 épisodes

L'intrigue de Coup pour coup s'articule autour d'un homme d'affaires redoutable du nom de Victor Genovés. L'existence de ce dernier bascule un beau jour, quand une missive signée des "favoris de Midas" parvient entre ses mains. Ces inconnus lui écrivent que s'il n'accepte pas de leur verser 50 millions d'Euros, il tueront une personne au hasard, et ce jusqu'à ce qu'il obtempère. Combien de temps l'homme pourra t-il laisser des innocents être assassinés avant de céder au chantage. 

Mon humble avis : Pour être franche, je ne conseille pas vraiment. La série se regarde avec un réel intérêt grâce à son mystère et son suspense croissant mais... C'est une série très sobre, sans grand effet, d'une relative lenteur, même si le charisme de son comédien phare (Luis Tosar) n'est pas négligeable. L'intrigue principale (le chantage) se suit assez aisément mais tout le reste autour est très nébuleux... Traffic d'influence, OPA, mouvements financiers, beaucoup de personnages dont on ne retient pas la fonction (notamment parmi l'assemblée générale de ce groupe de communication que dirige Genoves. Enormément de choses m'ont échappé, dont la fin... S'il y a une suite à cette mini série, alors cette fin est un veritable cliffhanger. En cas contraire, on se dit tout ça pour ça, on reste sur sa fin et on se demande vraiment qui est dans la voiture où monte Genovés. Le thème central de cette série reste l'intégrité de la presse, le devoir d'information des journalistes, quoiqu'il en coûte, et malgré les intérêts financiers des journaux et de leurs actionnaires.... les dégâts du capitalisme.

Pour info, il s'agit d'une adaptation d'une nouvelle de Jack London, transposée de nos jours à Madrid.

 

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Film Netflix Français, de Julien Leclercq, 2021, Action/thriller

Avec Olga Kurylenko, Marilyn Lima, Michel Nabokoff

De retour de à Nice après une mission traumatisante en Syrie, la soldate d'élite n'hésite pas à user de ses talents meurtriers pour traquer l'agresseur de sa soeur, violée et laissée dans une sale état.

Mon humble avis : Sentinelle, parce que Karla, après le front en Syrie, se retrouve à battre le bitume niçois dans l'opération sentinelle.

Un film d'action très énergique, violent évidemment, avec des scènes bien chorégraphiées... il fait le job de distraire une soirée mais ne convainc en rien...  Aucune surprise, scénario vu et revu, scènes peu crédibles qui se multiplient, dialogues pauvres, poncifs exploités à l'extrême... Bref, rien d'incontournable... le seul point marquant : sentinelle met en avant le stress post traumatique des soldats. C'est vraiment l'unique intérêt réel du film.

 

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Film Netflix 2021 / Thriller-comédie / De J.Blakeson

Avec Rosamund Pike, Eiza Gonzales, Dianne Wiest

Marla Grayson est une tutrice réputée spécialisée auprès d'individus âgés et riches. Aux dépens de ces derniers, elle mène une vie de luxe. Mais sa prochaine victime s'avère avoir de dangereux secrets. Marla va devoir utiliser son esprit et sa ruse si elle souhaite rester en vie...

Mon humble avis : Film franchement bien ficelé, qui fait froid dans le dos, avec une Rosamund Pike glaçante et implacable. J'ignore si le scénario est vraiment réaliste mais peu importe, cela fonctionne et met vraiment le téléspectateur mal à l'aise...  C'est autant une comédie très noire qu'un thriller psychologique et d'action... le tout sur ce qui semble être le seul moyen de réussir dans l'american dream... Une image guère réjouissante de la société américaine actuelle. Pas très moral tout cela, pas du tout même... Sauf à la dernière minute... Ouf, on aurait presque cru que Rosamund Park allait s'en sortir la tête haute ! Mais on est tout de même dans un film américain... Il faut donc un minimum de moralité finale. I care a lot se regarde avec autant de plaisir que de malaise ! Un film qui ferre !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 15 Mars 2021

Hello !

Certains le savent déjà via Facebook, je déménage vendredi prochain, le 19 mars !

Je quitte l'agglomération rennaise pour la côte bretonne... Direction Dinard et un nouveau départ à 70 km d'ici :) Ma Maman habite à proximité, je connais ses amis évidemment, mais à mon niveau, tout est à refaire et à reconstruire puisque je n'y connais personne de ma génération. Je ne quitte pas pour autant mes amis Rennais... 70 km, c'est vite fait, dans un sens comme dans l'autre pour des occasions sympas.

Fatiguée de "la grande ville" même si je suis en banlieue calme, rapprochement familial, envie de grand air et surtout, le projet de m'investir sérieusement dans le nettoyage des plages, donc de la mer, donc des océans, donc de la planète ! Pour être efficace et régulière à ce niveau-là, mieux vaut être sur place ! 

Je pense aussi que deux confinements en appartement sans balcon sont passés par là... Un appartement HLM m'attend à Dinard avec 2 balcons... à 12 mn à pieds de deux plages ! Que demander de plus.

Evidemment, j'emmène mes 3 félins qui pour l'instant, s'en donne à coeur joie dans les cartons... Bon, je crois qu'on rigolera moins à J-1, au jour J et à J+1. Ensuite, les choses devraient rentrer dans l'ordre.

Je rends mes clés rennaises le 24 mars... Aussi, pour le 25 mars et mes 49 ans, je serai donc officiellement dinardaise sur son balcon !

Avec cette actualité, j'ai évidemment moins de temps pour la lecture et l'esprit trop occupé pour rédiger des billets avec plaisir et sérénité. Donc une petite pause s'impose, ici et dans mes visites bloguesques. Retour des festivités, si tout va bien (donc si connexion internet au top) début avril.

A bientôt et d'ici là, portez-vous bien ! Bonnes lectures aussi !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Les livres - mon blog et moi

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Publié le 13 Mars 2021

Roman - Editions Lizzie - 3h59 d'écoute - 15.95 €

Parution Ed. Philippe Rey Août 2019

L'histoire : Esther est une enfant de droite née dans une famille de gauche, dans les années 70. Chez elle, tout le monde vit nu, sa mère est profondément anticapitaliste et son père pied-noir passe son temps à conjurer ses angoisses. Quel n'est pas l'étonnement d'Esther lorsque ses parents décident de la scolariser chez l'ennemi : l'école catholique du quartier le plus bourgeois de Marseille. C'est Esther qui raconte tout cela.

 

Tentation : Pitch et sujet

Fournisseur : Bib N°3

Mon humble avis : Une enfant de droite dans une famille de gauche... Cela promettait et m'intéressait, puisque chez moi, c'est plutôt le contraire que je vis depuis toujours. Donc j'espérais me retrouver un peu dans ce roman, comme dans un miroir inverser... Puisque des causes opposées peuvent mener aux mêmes conséquences et comportement.

Dommage, je n'ai pas accroché plus que cela à cette audio-lecture. J'attendais un texte plus piquant, plus corrosif, plus caustique. Certes, l'écriture est aussi allègre que rythmée mais cela ne m'a pas suffi. Je l'ai écouté sans qu'aucune émotion particulière ne me traverse.

Sans doute parce que la narration sort de la bouche d'une enfant, aux portes de l'adolescence... Je l'ai trouvée très factuelle, avec des faits très peu analysés en profondeur. Comme une suite d'anecdotes qui décrit cette famille à priori mal assortie, mais anecdotes assez répétitives, même si parfois, leurs incongruités les rendent évidemment romanesques.

La fin tombe un peu comme un cheveu sur la soupe, même si les fameuses incongruités l'annonçaient peut-être filigrane. Comme pour le reste du roman, elle n'est pas explorée et achève très sèchement cette histoire, là où j'avais l'impression qu'elle commençait enfin, qu'elle prenait corps. Bref, à mes yeux, "La petite conformiste" n'est pas aboutie. D'autant qu'en janvier, j'ai lu "Les évasions particulières" de Véronique Olmi, qui dissèque la même période politique, mais d'une façon bien plus approfondie, mature et intéressante.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 11 Mars 2021

Chez le véto, animaux, lecture, livre, Béatrice Guelpa, avis, chronique, blog

Chroniques - Editions Favre - 173 pages - 15 €

Parution le mars 2021

Le sujet : Béatrice Guelpa est une journaliste suisse. Elle s'est installée de long mois dans la salle d'attente d'une clinique vétérinaire... Elle a alors observé, écouté, conversé, échangé, découvert ce microcosme qui est aussi un lieu d'échange et de vérité sociale.

Tentation : Gilles Paris, étrange, il savait que j'étais la cible !!!

Fournisseur : Gilles Paris, merci pour l'envoi.

 

 

 

Mon humble avis : C'est bien connu, les animaux disent beaucoup sur leurs humains et ces derniers adorent parler avec fierté de leurs animaux, qu'ils soient quadrupèdes, bipèdes, moustachus, plumeaux, à sang froid, à bec, à écaille, j'en passe et des meilleurs. Et ça tombe bien, dans la salle d'attente d'une clinique vétérinaire, Béatrice Guelpa est là pour recueillir un florilège de ses témoignages.

C'est un réel plaisir de passer du temps avec Béatrice Guelpa dans cette salle d'attente, sans avoir de soucis à me faire pour mes propres animaux. J'étais relax et la plupart de ses histoires m'ont émue. D'autres m'ont amusée, et enfin, certaines m'ont appris pas mal de chose sur des animaux dont je ne connaissais rien, ou si peu.

Les animaux de compagnie ressemblent souvent à leurs humains mais parfois, ils sont diamétralement opposés en apparence. On découvre aussi des gens qui voue une passion sans borne pour une espèce peu commune, ou, peu ragoutante pour la majorité. Il y a aussi le mimétisme... Un chien qui a mal à la patte alors que sa maitresse boite par exemple. Certaines personnes ne sont "l'homme" que d'un seul animal, d'autre d'une floppée... Et oui, lorsque l'on commence à recueillir un animal, ce dernier est souvent suivi d'une palanquée !

Une clinique vétérinaire est aussi un lieu où tous milieux sociaux culturels se croisent, il y a donc pas mal d'observation à faire !

Il est évidemment question de bien-être animal, mais aussi de protection animale... Via les animaux de refuge qui viennent en soin, via les animaux de laboratoires qui sont ensuite adoptés, via les abandonnés/cabossés qui sont recueillis, toutes espèces confondues. Mais bien sûr, dans ce lieu, c'est prêché devant des convertis... Les maltraitants ne franchissant rarement la porte d'un véto. Et la fin de vie est abordée aussi. Certains clients repartent sans leur animal. C'est ainsi, le cycle de la vie...

Il ressort surtout de ces chroniques chaleureuse un immense amour des humains pour les boules de poils (ou autre). Les propriétaires croisés ici sont souvent prêts à tout pour soigner et assurer des jours heureux à leurs bêtes... qui deviennent souvent prioritaires dans leurs vies et leurs budgets. La présence d'animaux révèle aussi certaines solitudes, et les comble. Au fil des pages, Béatrice Guelpa n'est pas avare de petites anecdotes rigolotes ou touchantes, les péripéties animalières étant très propices à cela. Tout comme les rencontres humain/animal : parce que c'était lui, parce que c'était moi.

Bref, une chouette lecture, que je recommande évidemment à tous les amoureux des animaux : chats, chiens, perroquets, pigeons, poissons, serpents, poules, corneilles, lapins, geckos, rats, rapaces... et j'en oublie !!! 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres autres - divers

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Publié le 9 Mars 2021

Sophie Divry, roman, trois fois la fin du monde, avis, critique, chronique, blog

Roman - Editions J'ai lu - 223 pages - 7.10 €

Parution J'ai lu nov 2020, Noir Blanc août 2018

L'histoire : Joseph est incarcéré, pour complicité lors d'un braquage où son frère a été tué par la police. Trois ans plus tard, il y a la Catastrophe... Une explosion nucléaire ? Une bonne partie du pays est irradié, les prisonniers sont transférés mais parviennent à s'échapper... Quelques jours plus tard, là où il erre, il semble que Joseph soit le seul survivant, comme s'il était immunisé contre les radiations. Il s'arrêtera dans le Lot y prendra racine. Il apprendra à vivre alors seul, de et avec la nature.

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Ma CB juste avant le reconfinement.

 

Mon humble avis : Voici une lecture dystopique qui s'est révélée être une très agréable au fil des pages, plus j'avançais dans le coeur du roman. En effet, durant la première (les 62 premières pages), je n'étais pas très à l'aise devant la violence inhérente au milieu carcéral. Ce n'était pas ce que j'attendais, ce dont j'avais besoin. Mais je comprends aussi, avec du recul, la nécessité pour Sophie Divry de bien poser son personnage, d'expliquer par quoi il est passé, ce qu'il a subi avant de retrouver la liberté... Cela explique bien la haine, la peur et la méfiance que voue Joseph envers ses congénères.

Puis nous arrivons dans un Causse du Lot avec Joseph, c'est là qu'il pose les valises qu'il n'a pas. L'endroit est déserté, se trouvant dans la zone interdite sans doute. Joseph va d'abord de reposer puis se révéler à lui-même, au fur et à mesure que la nature se découvre à lui. Joseph va tout reprendre à zéro, retour aux origines, au primaire... Au début, il cueille par exemple... mais il va ensuite devoir cultiver, s'organiser pour vivre et survivre. Sa solitude n'est que tranquillité. Les mois passent et les saisons. Les bienfaits de la nature, comme ses cruautés ou ses difficultés, sont merveilleusement bien écrits, et décrits. Tous nos sens sont en éveil. On observe à travers le regard de Joseph et l'on savoure. On travaille aussi, on bêche, on désherbe, on porte, on plante, on cueille, on réfléchit, on s'établit un plan de "bataille"...

Puis la tranquillité de Joseph devient solitude, solitude pesante. Il se lie d'amitié avec un mouton et une chatte survivants, après les avoir amadoués avec patience. Ces deux êtres sont pour lui une nouvelle révélation... Des obligations car le voilà responsable de ces deux compagnons. A lui de les nourrir, de les soigner, de leur assurer une vie agréable. Un bon boost pour Joseph qui redécouvre les sentiments, l'amour. J'ai adoré la relation que Joseph explore avec ses deux animaux, la richesse et l'apaisement qu'il y trouve.

Envers l'humain, Joseph hésite régulièrement entre manque et méfiance. En fait, ce roman nous parle de l'Homme et de la Nature, séparément et ensemble, comme un tout. L'Homme est un être grégaire par besoin relationnel, mais aussi parce qu'être seul responsable de tous ses besoins est lourd, tant cela requiert de compétence rarement acquise par un seul homme. Tant il a besoin de savoir qu'il peut être secouru par l'autre. La nature est généreuse, mais pour qu'elle puisse suffire, il faut la travailler avec intelligence et respect. Et surtout, en prendre soin, être attentif, tout comme de notre propre existence, de notre vie. Car un seul moment de négligence n'est jamais sans conséquence.

Trois fois la fin du monde pour Joseph... La prison, la Catastrophe (dont on ne saura jamais grand-chose) et la presque toute fin du roman (non, je ne dirai rien !). Un personnage attachant, un beau roman, comme une parabole. A lire, s'en s'effrayer de la première partie. Après, on trouve ce que l'on est venu chercher dans ces pages.

 

L'avis de Keisha

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 7 Mars 2021

C'était début décembre, quand on a enfin pu dépasser le km² lors de nos balades suite au reconfinement. J'ai filé marcher mes 9.400 km le long de mon canal, armée comme il se doit de mon téléphone qui fait de belles photos. C'était un régal ! Une météo si douce, j'ai regretté de ne pas avoir emmené un pique nique à manger au soleil ! Et à mi chemin, j'ai rencontré un pinson que j'ai photographié avec mon chouette téléphone mais pas adapté à la photo animalière... Et ce fut l'instant "graine" de ma nouvelle passion, les oiseaux !

UN DIMANCHE DE PROMENADE SOLITAIRE AU BORD DE L'EAU
UN DIMANCHE DE PROMENADE SOLITAIRE AU BORD DE L'EAU
UN DIMANCHE DE PROMENADE SOLITAIRE AU BORD DE L'EAU
UN DIMANCHE DE PROMENADE SOLITAIRE AU BORD DE L'EAU
UN DIMANCHE DE PROMENADE SOLITAIRE AU BORD DE L'EAU
UN DIMANCHE DE PROMENADE SOLITAIRE AU BORD DE L'EAU
UN DIMANCHE DE PROMENADE SOLITAIRE AU BORD DE L'EAU
UN DIMANCHE DE PROMENADE SOLITAIRE AU BORD DE L'EAU
UN DIMANCHE DE PROMENADE SOLITAIRE AU BORD DE L'EAU
UN DIMANCHE DE PROMENADE SOLITAIRE AU BORD DE L'EAU
UN DIMANCHE DE PROMENADE SOLITAIRE AU BORD DE L'EAU
UN DIMANCHE DE PROMENADE SOLITAIRE AU BORD DE L'EAU

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 5 Mars 2021

BD, le chanteur perdu, Didier Tronchet, avis, chronique, blog, Jean-Claude Rémy

BD - Editions Air Libre - 184 pages - 23 €

Parution en février 2020

L'histoire : Lorsqu'il fait un burn-out, Jean, bibliothécaire qui semble être passé à côté de sa vie, décide de retrouver Rémy-Bé, le chanteur de sa jeunesse (lorsqu'il se voyait encore révolutionnaire et contestataire). Jean voit dans cette recherche improbable l'occasion de renouer avec le personnage qu'il n'a pas osé être. D'ailleurs, personne ne semble se souvenir de ce chanteur, l'aurait-il inventé ? Sa seule piste : la pochette du disque avec le viaduc de Morlaix en arrière-fond. C'est pourtant un bon début !

 

Tentation : La blog

Fournisseur : Bib N°1

Mon humble avis : Comme j'ai aimé cet album, comme je me suis sentie bien dans cette histoire, comme j'ai vibré tout au long de ce genre de road trip ! D'indices en personnes rencontrées dans sa quête, Jean nous emmène avec lui depuis Morlaix jusqu'à l'île aux Nattes, près de Madagascar, en plusieurs étapes... Et parmi elles, le Cap Gris Nez et le Cap Blanc Nez lieux ô combien important dans l'histoire de ma vie. Donc chouette surprise que ce passage sur mes anciennes terres !

Il faut savoir que pour cet album est inspiré de faits réels, puisqu'en effet, Didier Tronchet a voulu retrouver un chanteur méconnu (et oublié) de sa jeunesse. Celui-ci est en fait Jean-Claude Rémy qui a publié un album dans les années 70 avant de fuir toute possibilité de célébrité, alors que Georges Brassens lui-même adorait ses chansons. Oui, Didier Tronchet nous offre, en plus de ce voyage terrestre, un voyage dans l'espace-temps musical. On y croise réellement Pierre Perret, il y est question de Brassens, Raoul de Godewarsvelde et d'autres, et les paroles des chansons de Rémy Bé alias Jean-Claude Rémy sont distillées au fil de bulles ! C'est aussi la vraie vie, même si résumée, très romanesque, de Jean-Claude Rémy, né de père français et de mère vietnamienne, qui est ici contée, entourée d'humour, de tendresse et d'émotions !

Cette quête de Jean est bien sûr aussi une quête du passé, des souvenirs, de la jeunesse, de ce qu'il aurait pu être, de ce qu'il était. Elle montre à quel point la musique marque notre vie, à quel point des artistes et leurs chansons sont comme des ancres pour y accrocher nos souvenir, les dater etc... Mais les objets de nos souvenirs, de nos fascinations ne sont pas plus figés que nous... On les imagine figés dans le temps comme sur la pochette du disque, mais, tout comme nous, ils changent et vieillissent ! Laissons aux sujets de nos fantasmes la liberté de ne plus être conformes à l'image de nos souvenirs ! Et ce final sur la petite île Malgache, quel bonheur, quelle évasion !

L'avis de AGFE, Violette et Luocine

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 3 Mars 2021

Joseph Kessel, les mains du miracle, Docteur Kersten, Himmler, 2ème Guerre Mondiale, littérature, avis, chronique, critique

Roman - Editions Ecouter lire - 9h20 d'écoute - 18.99 €

Parution Ecoutez lire 2018, roman de 1960

L'histoire :  Le docteur Felix Kersten est spécialisé dans les massages thérapeutiques. Parmi sa patientèle, de grands d'Europe. Il accepte la requête d'un de ses amis : examiner Himmler, en grande souffrance et qu'aucun médecin de parvient à soulager. Miracle, les soins de Kersten sont très efficaces sur l'exécutant d'Hitler et le chef des SS. Kersten devient donc, forcé par l'Histoire, le médecin attitré d'Himmler... Il profitera de sa situation pour sauver des griffes du nazisme des centaines de milliers de personnes...

Tentation : Pourquoi pas ?!

Fournisseur : Bib N°3

Mon humble avis : Quelle lecture ! Mais quelle lecture ! Cela fait longtemps que je n'ai pas été aussi captivée et surtout, surprise autant en bien ! Le sujet m'intéressait, mais je craignais un potentiel ennui, des longueurs etc. Que nenni ! Ce roman, qui est en fait comme une biographie romancée du Docteur Kersten, est fascinant, se dévore avec effroi, ahurissement, espoir, désespoir, surprise, inquiétude, découverte, instruction. C'est vraiment une lecture haletante, qu'on ne lâche pas. 

J'ai découvert dans cette lecture tout ce que les manuels de scolarité générale ne disent pas à propos de la seconde Guerre Mondiale... Puisque l'on est dans du "détail"... Et pourtant du détail d'importance majeure. Tout au long de ces pages, nous sommes avec Kersten, au côté d'Himmler, au plus près donc de la gouvernance Nazie, de la folie, du délire, de la paranoïa, de la cruauté. Le docteur Kersten est balte de naissance, finois d'adoption officielle et résidant des Pays Bas. Il soignera Himmler pendant 5 années et deviendra le seul ami d'Himmler, son confident, son seul homme de confiance... C'est ce que lui serine ce dernier.

Kersten passera cinq années à manipuler Himmler, à manoeuvrer, à ruser, à le flatter dans son égo, à argumenter tantôt via la logique, tantôt via les sentiments pour obtenir des grâces d'Himmler. Ce sont tout d'abord des individus isolés dont Kersten obtiendra la libération ou la non arrestation, puis des poignées d'êtres, puis des centaines, des milliers, et même des centaines de milliers d'hommes et de femmes que Kersten parviendra à soustraire du funeste destin nazi. Kersten parviendra même à faire renoncer Himmler à déporter la population entière des pays bas, à renoncer à faire exploser les camps de concentration en cas d'approche des bombardiers alliés...  (Et bien d'autres choses encore, la liste des exploits de Kersten est longue) A travers ce livre, on découvre une multitudes d'effroyables projets du 3ème Reich qui ont été avortés grâce à la finesse d'esprit, au courage, à la persévérance, à la diplomatie du Docteur Kersten... Et surtout, au miracle de ses mains... Les seules qui soulagent Himmler de ses insupportables douleurs... Et c'est durant ces moments de soulagement que Kersten manoeuvrera pour obtenir des libérations, des renoncements à de "grands projets".... Et pendant ces années, Kersten sera agent de liaison, d'information, ambassadeur, messager pour les pays scandinaves... Et il consignera tout cela scrupuleusement dans ces notes.

Nous passons donc une grande partie de ce livre dans les QG d'Himmler, en tête à tête entre Himmler et Kersten. Les dialogues sont parfois ubuesques, tant la bêtise d'Himmler, sa dévotion à Hitler, son fanatisme, son aveuglement pourraient prêter à rire s'ils n'étaient réels, historiques, et au plus premier degré.  C'est vraiment atterrant...

Autre intérêt de cette lecture pour la Française que je suis... Décaler un peu plus vers l'Est et le Nord mes connaissances sur le déroulement de la deuxième Guerre Mondiale. Effectivement, jusqu'à maintenant, j'ignorais ce qu'il en avait été de la Suède, de la Finlande, de la Norvège, du Danemark, des Pays Bas lors de cette guerre. Des pays dont les populations n'ont pas été épargnée et qui ce sont, elles aussi retrouvées dans les camps de concentration.

Je suis heureuse désormais de connaître ce grand homme que fut Félix Kersten, qui dans son combat humanitaire, à tout perdu sauf sa conscience et les siens... Tous ces faits historiques sont vraiment retracés avec passion par Joseph Kessel, dans un rythme qui ne laisse aucun repos ni répit au lecteur, et d'une écriture d'une fluidité agréable et efficace... qui mène droit au but.

Un énorme coup de coeur... Qui me donne envie de découvrir d'autres ouvrages de Kessel !

A lire absolument !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres audio, lectures audio, #Littérature française

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