Publié le 20 Août 2025

Roman - Editions Audiolib - 7h35 d'écoute - 20.45 €

Parution Michel Lafon & Audiolib en 2019

Mon pitch : Quatre couples, amis de longue date, se retrouvent pour deux semaines de vacances dans une luxueuse villa ardéchoise. Et cette année, c'est sans les enfants ! Ce séjour, qui s'annonçait comme un long fleuve tranquille, ne va pas l'être tant... Surtout qu'arrive, quelques jours après, la belle Valentine... Valentine, une amie célibataire de Caroline... Qui va se révéler, à ses dépens, être un déclencheur et un révélateur de pas mal de maux enfouis.

 

 

 

Tentation : Besoin d'un livre audio facile pour trier mes photos en même temps

Fournisseur : La bib de Betton

Mon humble avis : Sans transpirer d'originalité, l'idée de fond de ce roman est bonne, puisqu'elle permet l'observation et une certaine analyse des comportements individuels et collectifs dans une vie de groupe. Ici s'ajoute l'aspect couples, et le fameux cap de la quarantaine, puisque tous les protagonistes en sont proches.

Très vite, l'ivresse des libellules m'a confortée dans ma non envie dans de telles vacances avec un groupe d'amis. Ce n'est vraiment pas mon truc. Entre les régimes végétariens des uns, la langueur des autres, les décisions qui sont toutes prises en commun au moindre détail... Pour moi, ce ne sont pas des vacances ! 

Bref, c'est une lecture que j'oublierai vite malgré ses bonnes intentions. Les personnages sont assez caricaturaux (puisque qu'il faut couvrir toutes typologies).... Il y a forcément celle qui vient en vacances avec la ferme intention de perdre ses kilos superflus pour reconquérir son mari etc etc... Evidemment, les travers des uns refont surface, il y a le clan "les hommes d'un côté, les femmes de l'autres".... oui les femmes se mettent en grève pour que leurs conjoints comprennent qu'elles ne sont pas les bonnes à tout faire dans la maison. Voili voilou...

Même si tous les sujets qui tournent autour du couple (les doutes etc) et de la quarantaine sont abordés, l'ensemble reste superficiel et très basique. Le plus souvent, les dialogues frôlent avec la mesquinerie et ne volent pas bien haut (oui, la question "est-ce qu'embrasser c'est tromper" est même posée ! ). Je pense que mon irritation a été accentuée par la voix très jeune, limite enfantine, de l'interprète, qui m'a souvent donné l'impression d'être avec des ados qui parlent de leur problème de coeur.

L'autrice démontre bien qu'il n'y a pas de recette magique pour assurer la durabilité d'un couple. Chaque couple peut, par un fonctionnement différent, palier l'usure du temps, de la routine, et surmonter les hauts et les bas de la vie, voire les épreuves. Ces analyses sont pertinentes mais retranscrites de façon superficielle. Bien souvent, les réactions des personnages paraissent artificielles, juste là pour illustrer et démontrer le propos.

Deuxième roman que je lis de cette autrice, après ce que disent les silences. Je pense que je vais m'arrêter là, car, si j'apprécie de temps en temps les romans feel good et léger, celui-ci m'a plus exaspérée qu'apaisée !

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 18 Juillet 2025

Voici venue l'époque la plus calme de l'année sur la blogosphère, donc celle de la pause estivale...

Pour tenter de profiter de la vie, du soleil, du plein air, de la mer... et faire le plein de lecture ! Et aussi de passer plus de temps à ma médiathèque qui a bien besoin de ses bénévoles en cette période où, station balnéaire et population multipliée par X obligent.. et bien les heures d'ouverture et la fréquentation sont bien plus importantes. Et puis aussi, prendre le temps de trier un peu plus des milliers de photos en attente sur mon PC !!! Cela, en écoutant des livres audio, histoire d'optimiser mon temps !

Je vous retrouverai aux alentour du 20 / 25 août, sauf si, entre deux, je vais au ciné, il y aura alors un petit billet rapide... D'ici là, je vous souhaite de belles vacances si vous avez la chance d'en avoir, sinon, à défaut, un chouette été !

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Concernant "mon affaire" d'agression canine  (et de ses suites ) sur laquelle je suis restée silencieuse depuis des mois... parce que rien n'avançait....

Officiellement, cela a avancé.... L'enquête de police a enfin été clôturée, plus de 6 mois après les faits... Mon dossier est donc parti au parquet... Qui a mis deux jours à le classer sans suite au niveau pénal. A la rentrée, commenceront les démarches d'expertises médicales pour l'obtention de dommages et intérêts... Cela est géré par mon assurance et mon avocat. Je ne me fais guère d'illusion sur une quelconque idée de justice... Car je suis juste dégoûtée du système judiciaire alors que je découvre le statut de victime... J'ai pu avoir, par mon avocat, les rapports vétérinaires et éducateurs canins qui se sont occupés de mon agresseur berger allemand... Et bien en gros, c'est "pauvre chien qui ne va pas bien, qui est anxieux, qui doit retrouver la confiance. Chien particulièrement stressé dans les cages d'escalier et ascenseurs. Chien classé dangereux de niveau 3 sur 4, dangereux pour toute personnes dans de nombreuses situations."... Et la justice, l'Etat, la commune laisse vivre ce chien dans mon immeuble depuis 7 mois maintenant comme mon voisin de palier... Certes, il est promené muselé et est sensé être en cours de rééducation. Mais mon traumatisme est total, depuis 7 mois je limite toujours au minimum les sorties de chez moi. Chacune de mes sorties est mûrement réfléchie, calculée et optimisée... Une par jour, parfois deux, jamais plus pour ne pas risquer de rencontrer mon agresseur dans ou autour de mon immeuble. Et en extérieur, il m'est très difficile de croiser des grands chiens, ou même d'être dans un espace réduit avec des petits chiens... Sauf pour les quelques toutous que je connais, sinon, ma confiance envers la gente canine et mon amour aveugle et sans faille est belle et bien terminée, tout comme mes balades insouciantes dans des lieux où le risque de croiser des promeneurs et des chiens lâchés est important. Je suis soignée pour Stress Post traumatique.... Mais que la justice française et les comptes publiques se rassurent, le chien va bien.... et moi je n'ai que mes cicatrices pour pleurer....  

Mais bonne nouvelle de dernière minute, mes voisins ont déménagé hier !!! Je l'ai découvert en sortant et en découvrant un gros camion de déménagement avec monte charge à leur fenêtre. 

Le livre de cette histoire n'est pas fini, mais un chapitre est clos... je vais pouvoir profiter un peu mieux de l'été, sereinement. D'ailleurs, hier aprem, suis allée me balader à pied depuis chez moi, ce qui ne m'étais pas arrivé depuis janvier... Suis juste allée à la médiathèque de Dinard voir s'il y avait des nouveautés en livres audio ! Mais ça ma fait du bien de retrouver une certaine liberté !!!

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Les livres - mon blog et moi

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Publié le 16 Juillet 2025

Roman - Editions j'ai lu - 219 pages - 7.60 €

Parution J'ai Lu mars 2024 (Flammarion 2023)

Mon pitch : Le destin de Vadim, fils d'un général russe et d'une française... Depuis l'URSS et ses plaines, les prisons du régime, jusqu'aux hauts plateaux Himalayens, en passant par l'île de Bréhat...

Une quête, et des parties d'échec pour se maestro, qui fuira la gloire dans l'exil.

 

Tentation : Acheté dans la librairie de la place aux herbes (du roman éponyme du même auteur), à Uzès

 

 

Mon humble avis : Après la très sombre et étouffante lecture du chant du prophète de Paul Lynch, il me fallait un livre radicalement différent. Donc ce titre était tout indiqué !

La librairie de la place aux herbes avait été un gros coup de coeur pour moi. Ce n'est pas le cas pour la traversée des lumières, même si ce roman fait parfaitement le job : distraire, passer un bon moment, avec une histoire agréable. Bref, une lecture idéale pour l'été.

La première partie m'a vraiment intéressée... L'on y suit Vadim depuis sa naissance, son séjour en prison soviétiques, puis les parties d'échecs qu'il dispute de par le monde pour le Parti, avec en contrepartie, la libération d'un de ses codétenus politiques en cas de victoire...

Et le regard très clair d'une femme qu'il croise lors d'un de ces tournois...

Il y a ensuite un passage sur l'île de Bréhat, chez son oncle français, qui se révèle être le narrateur de ces pages. Puis départ pour une quête (dont je ne révèle rien), qui mène Vadim au Népal, au Tibet, jusqu'à l'ancien royaume de Lo, le Mustang. Un voyage un fil d'une caravane de sel, et des arrêts et rencontres au gré des monastères. Cette partie ci est très dépaysante, on imagine sans mal la grandeur et la splendeur des lieux, et les bienfaits d'une certaine culture et croyance. Mais ce parcourt initiatique de Vadim, sa recherche de cette femme aux yeux clairs n'échappe pas aux aspects conventionnels de cette littérature dite "de développement personnel".... Bons sentiments, mantras, leçons de vie et transformation. De cela, je suis moins fan. 

La traversée des lumières est donc un roman comme il en sort des dizaines chaque année, et qui trouvent leur public, désireux de sortir des laideurs du monde pour un peu de repos bienfaisant. On y trouve une bonne dose de mystère, des rebondissements, un peu de danger, des retrouvailles, des informations géopolitiques, le tout saupoudré de philosophie bouddhiste pour s'achever sur un secret bien gardé. Un roman qui invite à sortir de nos propres sentiers pour rencontrer l'autre et les autres pour se trouver soi-même, ce que fait Vadim tout au long du roman. C'est sûr, ses rencontres sont on ne peut plus variées, enrichissantes et formatrices.

Une lecture pas forcément originale mais qui, entre deux livres plus lourds, trouve bien sa place !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 9 Juillet 2025

BD - Editions Pataquès / Delcourt - 64 pages - 13.50 €

Parution en avril 2022

L'histoire : Dans Une bonne comédie romantique française, Yann Rambaud détourne avec un humour absurde irrésistible les codes du genre en offrant une véritable histoire d'amour, aidé d'un narrateur qui nous accompagne pour nous expliquer les rouages d'un scénario, les techniques de mise en scène. Nul doute qu'après la lecture de ce livre nous ne regarderons plus les comédies romantiques de la même façon.

Tentation : La 4ème de couv'

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : Allez, ne tournons pas autour du pot, ne coupons pas un cheveu en 4, coup de coeur ! Tant cette BD est une énormissime bonne surprise sous ses aspects discrets et tant je me suis amusée à la lire !... en plus, quelques jours après avoir vu "L'accident de piano" de Dupieux... J'ai donc poursuivi dans l'humour absurde mais tellement vrai !

On suit Baptiste dans ses (mes)aventures. Baptiste est le personnage principal, mais aussi le potentiel héro d'un scénario en construction et en abîmes dans ces pages.

L'un des plus gros problèmes de Baptiste, sa honte, c'est qu'il est fan de ... Pascal Obispo. Ca tient de l'addiction et quand le manque se fait trop sentir, il pousse le bouchon jusqu'à écouter les albums live ! "A ce stade du récit, on comprend que Baptiste est un français moyen... ce qui facilite l'empathie du spectateur pour le personnage de Baptiste - #jesuisbaptiste".

Bon vous voyez le ton... On n'est pas loin du style désopilant de Fabcaro... Et je suis étonnée que cet album n'ait pas fait plus de bruit lors de sa sortie... Ou alors, j'ai peut-être été sourde.

L'ouvrage s'ouvre sur deux planches newyorkaises.... Il y a là un début de scénario. Mais stop Monsieur le scénariste, recréer le New York des années 70 coûte bien trop cher... Du coup, l'histoire se déroulera dans un petit coin tranquille de France, avec son marché, ses produits locaux, son musée de la peluche de nombril. Déjà là, on se marre ! Un film coûte cher mais tout y est possible. Une BD est moins chère mais tout n'y est pas possible. "Si le cinéma est un train dans la nuit, la BD est une Twingo à Grenoble"... "Pas assez bon pour n'être que de la peinture, pas assez bien écrit pour n'être que de la littérature... la Bd est un genre de biathlon culturel".... Voilà le ton de cet album qui nous donne la recette pour écrire un excellent scénario d'une comédie romantique française (comprendre qui plaise au plus grand nombre et dans laquelle chacun puisse s'identifier) : tous les ingrédients sont bien passés à rebrousse-poil. "Il faut 200 grammes d'acteur connu, comme Romain Duris ou Guillaume Canet... Ah ! Attendez, y'a une promo sur François Cluzet !"Et entre deux, si vous vous lassez, Rambaud passe à la recette du gâteau au yaourt. De plus, c'est bourré de références ciné/musique soit très bien senties soit hilarantes.

C'est décalé, c'est cynique, c'est ironique, c'est 1er et 3ème degré, mais pas vraiment méchant, c'est délicieux ! Alors, si vous voulez défouler vos zygomatiques, foncez, lisez et faites tourner, ça vaut la peine !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 7 Juillet 2025

Film de Quentin Dupieux

Avec Adèle Exarchopoulos, Jérôme Commandeur, Sandrine Kiberlain

Synopsis : Magalie est une star du web hors sol et sans morale qui gagne des fortunes en postant des contenus choc sur les réseaux. Après un accident grave survenu sur le tournage d'une de ses vidéos, Magalie s'isole à la montagne avec Patrick, son assistant personnel, pour faire un break. Une journaliste détenant une information sensible commence à lui faire du chantage… La vie de Magalie bascule.

Mon humble avis : Tout part d'un accident de piano, dont seule la deuxième partie du film dévoilera les circonstances et conséquences !

Premier film de ce réalisateur que je vois, et j'ai beaucoup aimé. Même si, c'est vrai, c'est space ! Mais ça fonctionne diablement. Les images envoient une impression surannée, comme un film de série B des années 80. L'accident de piano est un film complètement décalé, qui flirte avec le pastiche du film d'horreur, avec l'absurde, le tout sur un ton glacial et très détaché... Ce qui rend l'ensemble comique parce que cynique et grotesque. Mais cette farce, qui peut se regarder au premier degré comme au dixième, est bien réfléchie, comme le prouve les dialogues percutants. Avec peu de moyen et sans y aller par quatre chemins Dupieux prend pour cible deux contre médias : les influenceurs (ou créateur de contenu) du Web, et la presse. La premier, pour le néant qu'ils proposent (pour vous j'ai testé gnagnagna...) et la presse pour sa volonté à vouloir comprendre, et analyser ce néant. Bref, l'accident de Piano est un film sur la vacuité de notre époque, sur les artisans de ce vide qui est tant regardé et admiré qu'il génère un pognon de dingue à coup de likes et d'algorithmes.... Voilà ce que nous dit Dupieux... En 2025, ce qui compte c'est l'argent... et bien souvent, dans le divertissement et la "culture" via les réseaux sociaux, cette manne financière ne repose sur rien. Sans parler des fans et groupies qui vénèrent ces créateurs de contenue, donc ce vide.

L'exemple de Magalie (l'anti héroïne bien barrée, par une Adèle méconnaissable) est parlant. La caricature est poussée à son paroxysme, c'est féroce, drôle, c'est noir et très clair et lucide... dans les propos !

Bref, j'ai passé un très bon moment, et maintenant que j'ai découvert le cinéma de Dupieux, je compte bien rester à table !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 5 Juillet 2025

Roman - Editions Albin Michel - 293 pages -22.90 €

Parution en janvier 2025

Mon pitch : A Dublin, un soir de pluie, deux hommes de la GNSB (nouvelle police secrète) sonnent chez les Stacks. Ils souhaitent s'entretenir avec Larry qui est absent. Ce dernier se rend au commissariat le lendemain... Et n'en reviendra jamais alors que le gouvernement déclare l'Etat d'urgence. C'est le début de l'enfer. Eilish Stacks se retrouve seule avec ses 4 enfants, dont le dernier nouveau-né. Jusqu'où devra-t-elle aller pour les protéger et les garder vivants dans ce chaos indescriptible fait de privations, de restrictions drastiques, de danger, de violence...

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : Roman ultra primé, dont du fameux Booker Prize... Quand une démocratie bascule dans la dictature.

Le chant du prophète est une lecture terrible, anxiogène, étouffante et pourtant prenante. On est ahuri et abasourdi de cette plongée en "absurdie". Mais une absurdité réaliste, vraie, certainement existante. Cette histoire est une dystopie car elle se déroule en Irlande, pays démocratique et en paix. Mais il y a bien des pays au monde où cette dystopie n'est pas fiction : pays en guerre contre un ennemie extérieur, pays en guerre civile, pays totalitaires etc... Je pense qu'il existe des Eilish Stacks dans toutes ces contrées. Eilish Stacks, une mère courage que nous ne quittons pas un instant durant ces presque 300 pages.

Cela commence par des disparitions (Notamment celle de Larry, enseignant et syndicaliste), des licenciements, des arrestations, l'Etat d'urgence... Et cela va jusqu'aux bombardements aériens. Il y a l'armée régulière, les rebelles, les milices. On ne sait plus qui est l'ennemi puisque chacun finit par se comporter de la même manière que celui qu'il combat : que ce soit dans la façon brutale d'être ou dans les décrets absurdes qui paraissent chaque jour. Plus rien n'a de sens. Certains habitants fuient la ville et le pays pendant qu'il en est encore temps. Eilish veut rester, au début pour être là au retour de son mari. De plus, à l'autre bout de la ville, son père s'enfonce dans la maladie d'Alzheimer. Puis... je vous laisse découvrir la suite... C'est donc cette résistance, qui page après page progresse vers la survie, et uniquement la survie, que Paul Lynch nous décrit ici. Les personnages sont très attachants et admirables pour certains... Eilish est de ces femmes que l'on n'oublie pas, tout comme sa fille Molly qui à peine adolescente, n'a d'autre choix que de devenir adulte.

Oh c'est parfaitement fait, avec des mots précis, Lynch nous emmène dans cette désespérance glaçante que seul l'instinct de survie et de protection empêche de devenir folie. On est dans le coeur d'Eilish, dans ses peurs, dans ses mensonges, dans ses espoirs, dans sa rage, dans son courage, dans ses mains, dans ses veines, dans ses pieds, dans ses yeux, dans ses oreilles, dans sa tête. Sous bien des aspects, on ne peut être qu'admiratifs du talent de Paul Lynch pour décrire cette spirale cauchemardesque et nous la faire ressentir, voir vivre. Avec en parallèle, la maladie d'Alzheimer de Simon. Il y a de la maestria dans ces pages. 

Et pourtant, j'émets deux bémols qui ne relèvent pas du détail...

Etait-il nécessaire d'aller si profondément et si longtemps dans l'horreur ? Eilish, et à travers elle les lecteurs, ne pouvaient-ils pas être épargnés de certaines épreuves sans que l'objectif et la force de ce roman ne soient remis en question ? A la fin, j'ai eu une impression de surenchère (je ne peux en dire plus sous peine de spoiler)... Certes réaliste, mais est-ce indispensable ?

Enfin et surtout, le style rédactionnel... Aucun espace ni aération dans le texte, pas d'alinéas, pas de paragraphe, pas de "tirets ouvrez les guillemets" pour annoncer un dialogue. Tout est écrit au kilomètre avec de temps en temps, un saut de ligne. Cela ajoute donc à l'aspect étouffant du sujet. C'est peut-être voulu mais ce n'est pas vraiment agréable à lire et même parfois difficile. Il faut se concentrer notamment au moment des dialogues pour savoir qui parle, et se fier aux indices d'accords et de conjugaison pour deviner parfois. Bref, cette absence de mise en page est très déstabilisante d'entrée de jeu, même si l'on finit par s'habituer à peu près, la sensation d'asphyxie demeure.

Aussi, malgré les manifestes grandeur et indélébilité de l'oeuvre, je suis bien incapable de vous dire si je vous en conseille ou non la lecture.

 

"L'histoire, c'est le registre silencieux de ceux qui n'ont pas pu partir, de tous ceux qui n'ont jamais eu le choix, comment partir quand on n'a nulle part où aller, on ne va nulle part quand nos enfants ne peuvent pas obtenir de passeport, on ne va nulle part quand on a les pieds enracinés dans le sol et qu'il les faudrait pour pouvoir partir."

 

L'avis de Violette

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 3 Juillet 2025

Roman - Editions Lizzie - 10h35 d'écoute -21.99 €

Parution Michel Lafon et Lizzie en septembre 2024

Mon pitch : Ignorés du reste du monde, deux pays s'affrontèrent trois mois durant l'hiver 1939 - 1943. Un pays minuscule contre un géant... La Finlande contre la Russie. Ce fut la Guerre d'Hiver qui bien que localisée, modifia le cours de l'Histoire de toute l'Europe. Olivier Norek nous raconte ces 103 jours meurtriers et dresse le portrait d'un soldat devenu légende. Simo le sniper Finlandais que tout le monde surnomma alors "La mort blanche".

 

Tentation : Roman incontournable de la Rentrée Littéraire 2024

Fournisseur : La bib de Dinard

Mon humble avis : Je pourrais élever ce roman au rang de coup de coeur tant je n'ai rien à lui reprocher, si ce n'est un peu sa longueur (mais celle-ci est tout à fait justifiée). Mais avec les Guerriers de l'hiver, je suis loin de ma zone de confort et les romans de guerre ne sont pas de ceux vers lesquels je me précipite habituellement.

Il n'empêche, je suis en admiration total pour le travail de recherches et de rédaction réalisé par Olivier Norek, qui remercie chaleureusement en fin de livre toutes celles et tous ceux qui l'ont aidé dans cette entreprise titanesque.

Olivier Norek, ancien policier, nous a accoutumés à des polars/thrillers géniaux, et voilà qu'il bascule avec un talent et un succès inouï dans le roman historique. Tous les faits d'arme cités dans ces pages sont réels.

Je ne retiendrai pas tout et certains passages liés aux stratégies militaires ou aux discours des hauts gradés ou politiques me sont un peu passés au-dessus. Mais sur le front, avec Simo et les autres, j'y étais, ça c'est sûr. Et j'ai appris beaucoup. Déjà l'existence de cette guerre dont je n'avais jamais entendu parler. Une fois de plus, la Russie pensait plier cette guerre en moins de 10 jours... Sauf que les Russes n'avaient aucune idée des conditions du terrain et donc n'étaient pas prêts et se sont empêtrés sur place et dans le mensonge en Russie. La honte pour Staline dont la réserve inouïe de soldat, envoyés comme chair à canon, ne vient pas à bout d'une minuscule armée. Staline a oublié qu'un soldat qui défend son pays et sa liberté en vaut dix. (comme en Ukraine)  Et surtout, Staline a oublié d'équiper correctement ces hommes... Par des températures variant de moins 30 degrés à moins 50 degrés, dans des paysages blancs de neiges, les soldats russes sont arrivés vêtus de vert, et pour la plupart, en uniforme estival... Les Russes ont des tanks, mais les Finlandais ont des bottes qui tiennent chaud...

Norek nous emmène autant au coeur de cette guerre infernale qu'au coeur de ces hommes qui se sont battus. De ces hommes qui ont dû tuer par devoir. On doit tuer, puis on peut tuer, puis on veut tuer... Les conséquences et conditions psychologiques de ce conflit sont extrêmement bien mis en mots par l'auteur.  Nous sommes aux cotés de Simo, le sniper, avec qui l'on retient notre respiration. On avale de la neige pour que notre respiration ne nous trahisse pas... D'ailleurs on lit certains passages en apnée.

Captivant, superbement menée mais aussi très sombre, cette page de l'Histoire est à connaître et donc ce livre à lire, que l'on soit friand ou pas de ce genre littéraire.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 1 Juillet 2025

Film de Cédric Klapish

Avec Suzanne Lindon, Julia Piaton, Abraham Wapler

Synopsis : Aujourd’hui, en 2025, une trentaine de personnes issues d’une même famille apprennent qu’ils vont recevoir en héritage une maison abandonnée depuis des années. Quatre d'entre eux, Seb, Abdel, Céline et Guy sont chargés d’en faire l'état des lieux. Ces lointains "cousins" vont alors découvrir des trésors cachés dans cette vieille maison. Ils vont se retrouver sur les traces d'une mystérieuse Adèle qui a quitté sa Normandie natale, à 20 ans. Cette Adèle se retrouve à Paris en 1895, au moment où cette ville est en pleine révolution industrielle et culturelle. Pour les quatre cousins, ce voyage introspectif dans leur généalogie va leur faire découvrir ce moment si particulier de la fin du XIXe siècle où la photographie s'inventait et l’impressionnisme naissait. Ce face à face entre les deux époques 2025 et 1895 remettra en question leur présent et leurs idéaux et racontera le sens de : La venue de l’avenir.

Mon humble avis : J'ai fini, tardivement, par voir le nouveau film de Cédric Klapisch, réalisateur que j'aime énormément. Mais là, grande déception. Pourtant, sur le papier, l'histoire pouvait être alléchante, et originale. Mais une fois dans la salle obscure, Dieu que le temps m'a paru long. Et même si l'on est au cinéma, les improbabilités m'ont sauté aux yeux.

Pourtant, cela démarrait bien avec une scène d'ouverture franchement drôle dans son aspect dérision de notre époque. En cours de film, quelques passages sympas sur l'art photographique et la présence douce et lumineuse de la chanteuse Pomme. Vers la fin, une scène très émouvante de départ à la retraite d'un professeur de Français (le toujours discrètement génial Zinédine  Soualem). A part cela, et bien voici :

- Vincent Macaigne fait du Vincent Macaigne. Certes, il le fait bien, comme d'habitude, mais ce n'est plus surprenant du tout. Il serait temps que les réalisateurs l'imaginent dans d'autres rôles.

- Suzanne Lindon a encore de sacrés progrès à faire en expression émotionnelle. Elle ne m'a pas touchée.

- Paul Kirshner (qui joue Anatole) n'est guère plus expressif et la fausse moustache qu'il porte fait tellement postiche que l'on ne voit que ça.

-  Avec le notaire et cie, quatre membres d'une famille entrent dans une masure qui n'a pas été ouverte depuis les années 40... Certes, les tapisseries sont d'un autre âge et en lambeaux mais sinon tout va bien... Rien ne s'effondre, rien n'est moisi, pas de rats, pas de toiles d'araignées etc...

- La moitié de du film se déroule à Paris en 1895... Et là, les clichés s'accumulent, les décors font vraiment carton pâtes, même les figurants semblent mal dirigés tant leur présence ne parait pas naturelle. On est plus dans une succession de tableau que dans un film fluide. Certaines expressions usitées par les personnages, des dialogues paraissent tout à fait anachroniques.

Bref, quand je m'ennuie, je vois tous les défauts, si ça se trouve, peut-être même que j'en invente.

Seuls Julia Piaton (j'adore), la chanteuse Pomme, Abraham Wepler et Zinedine Soualem tirent leur épingle du jeu et sauvent, à mon humble avis, ce film d'un marasme absolu.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 29 Juin 2025

Bonjour, 

Ce dimanche, une petite collection de photos proxi -macro ! Avec principalement des fleurs, mais aussi quelques insectes.

Ces photos ont été prises au fil des saisons, en Bretagne et ailleurs.

Je vous souhaite un excellent dimanche, qui de part et d'autres, devrait être ensoleillées

UN DIMANCHE EN PHOTOS NATURE
UN DIMANCHE EN PHOTOS NATURE
UN DIMANCHE EN PHOTOS NATURE
UN DIMANCHE EN PHOTOS NATURE
UN DIMANCHE EN PHOTOS NATURE
UN DIMANCHE EN PHOTOS NATURE
UN DIMANCHE EN PHOTOS NATURE
UN DIMANCHE EN PHOTOS NATURE
UN DIMANCHE EN PHOTOS NATURE
UN DIMANCHE EN PHOTOS NATURE
UN DIMANCHE EN PHOTOS NATURE
UN DIMANCHE EN PHOTOS NATURE
UN DIMANCHE EN PHOTOS NATURE
UN DIMANCHE EN PHOTOS NATURE
UN DIMANCHE EN PHOTOS NATURE
UN DIMANCHE EN PHOTOS NATURE
UN DIMANCHE EN PHOTOS NATURE
UN DIMANCHE EN PHOTOS NATURE

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Le coin de la proxi photo

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Publié le 27 Juin 2025

Film de Johann Dionnet

Avec Baptiste Lecaplain, Alison Wheeler, Lyes Salem

Synopsis : Comédien en perte de vitesse, Stéphane débarque avec sa troupe au Festival d’Avignon pour jouer une pièce de boulevard. Il y recroise Fanny, une comédienne de renom, et tombe sous son charme. Profitant d’un quiproquo pour se rapprocher d’elle, Stéphane s’enfonce dans un mensonge qu’il va devoir faire durer le temps du festival…mais qui va très vite le dépasser !

Mon humble avis : Comme en Mai, j'ai visité la ville d'Avignon, évidemment, je ne pouvais que voir ce film. Déjà, pour le plaisir de revoir rues, places et ruelles où je me suis baladée, même si le contexte est un peu différent : nous sommes ici en plein festival d'Avignon, donc les rues sont pleines, l'animation de la ville est à son paroxysme. Et c'est bien sympa le temps d'une séance, de se retrouver sous ce soleil, d'apercevoir des artistes de rue, mais aussi, de bénéficier de superbes vues aériennes. Bon, ça c'est pour le visuel !

Avignon est une douce comédie romantique, rafraichissante malgré le soleil de plomb qui règne sur le Palais des Papes. L'histoire est un peu diesel. Au début, j'ai craint un côté un peu trop limite et gags et en fait pas du tout.  Le scénario gagne en finesse tout au long du film et s'achève sur une fin des plus inattendues.

Avignon est aussi porteur de messages... Il est question de la précarité du monde théâtrale, du métier de comédien, du flux tendu financier permanent qui menace l'existence ou la disparition d'une oeuvre. On y voit aussi la passion qui régit la vie d'acteur non connu du grand public. Mais surtout, et c'est là tout le sel de l'histoire qui dénonce les perpétuelles barrières d'un genre par rapport à un autre. Dans ce film, les comédiens qui interprètent des classiques regardent de haut avec un mépris non dissimulé leurs "confrères" qui joue dans des comédies de boulevard. Comme si un genre d'art était supérieur à l'autre. Et le plus souvent, ce mépris émane de personnes qui ne connaissent que le genre qu'il défende et représente. Sans penser dire que le public a le droit de choisir sans être forcément débile pour son choix, que le public peut aimer les deux, que le public peut tantôt aimer assister à une représentation du Cid et le lendemain, se diriger vers le divertissement total avec une bonne comédie, qui détend les zygomatiques... Sans pour autant remettre en cause le talents des comédiens. Cette frontière qui existe dans tous les styles d'art m'exaspère. Elle est aussi présente en musique par exemple ou en littérature. Les livres qui se vendent le plus en France sont souvent bien dénigrés par ceux qui ne vont lire que de "la grande, ou de la vraie littérature". Sans se dire qu'il y a de la place pour tout le monde et qu'il en faut pour tous les goûts. Personnellement, je fais toujours attention à dire "je n'aime pas" et j'évite de dire "c'est nul".

Les personnages du film sont pour la plupart représentatifs de ce fameux débats qualitatifs mais au niveau humain. Une fois qu'on apprend à les connaitre, une fois qu'ils ont les moyens d'exprimer ce qu'il y a de meilleurs en eux, ils deviennent très attachants, profondément humain, et courageux quelque part.

Un bon film à voir en ce début d'été ! 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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