Publié le 11 Novembre 2021

Cinéma, film albatros, Jérémie Renier, avis, chronique

Film de Xavier Beauvois

Avec Jérémie Renier, Marie-Julie Maille, Victor Belmondo

Synopsis : Laurent, un commandant de brigade de la gendarmerie d’Etretat, prévoit de se marier avec Marie, sa compagne, mère de sa fille surnommée Poulette. Il aime son métier malgré une confrontation quotidienne avec la misère sociale. En voulant sauver un agriculteur qui menace de se suicider, il le tue. Sa vie va alors basculer.

Mon humble avis : Un beau film, c'est certain. Juste, délicat, vrai... Qui ne cache rien ni n'enjolive. Albatros dit beaucoup sur l'état actuel de notre société et ses multiples détresses. Mais surtout, l'impuissance de tous, notamment de ceux qui sont censés pouvoir protéger, devant l'ampleur du désastre sociétal et individuel. Une scène très forte qui dit tout : devant son ami agriculteur ruiné et épuisé qui tient le canon de son fusil sous son menton, le gendarme ne trouve, et ne peut que dire : pose ton arme, on va parler, on va trouver une solution, ça va aller mieux... Juste des mots alors que les solutions sont perdues dans des kilomètres d'administrations, à Bruxelles etc...

Un film qui montre aussi que tout peut basculer pour n'importe quand, pour n'importe qui, même pour la meilleure et la plus consciencieuse des personnes.

Dans la première partie, on suit le quotidien d'une brigade de gendarmerie et on pénètre avec pudeur l'intimité de vie de couple de Laurent. La deuxième partie nous montre sa chute qui semble irrémédiable, avec sa famille comme passagère.

Albatros interpelle, est profond et bénéficie d'un casting impeccable, avec en autre, un Jérémie Renier brillant et terriblement émouvant, avec délicatesse, sans en faire trop... et qui nous emmène au large. Voilà un acteur qui prend ici une réelle épaisseur qu'il porte avec brio.

Le seul défaut du film est, à mes yeux, d'avoir quelques petites longueurs, mais rien d'insupportable !

Un beau film à voir, sur le sujet principal de la dignité.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 9 Novembre 2021

Roman, Valentine Goby, Kinderzimmer, seconde Guerre Mondiale, Nazisme, camps, femmes

Roman - Editions Thélème - 6h11 d'écoute - 18.99 €

Parution Acte Sud 2013, Thélème 2014

L'histoire : 1944... Après son arrestation, et un séjour en prison, Mila Suzanne est envoyée dans le camp de Ravensbrück, comme prisonnière politique. Dans ce camp sont regroupées 40 000 femmes. Mila est enceinte... Quelques mois plus tard, elle découvre l'existence de la Kinderzimmer, une pièce froide et sombre dévolue aux quelques nourrissons... Dont rares sont ceux qui survivent au delà de trois mois. Avec ses compagnes d'infortunes, Mila fera son possible pour éviter l'inévitable.

Tentation : La blogo à l'époque de la sortie du roman

Fournisseur : La bib de Rennes

Mon humble avis : Il m'en a fallu du temps pour oser ouvrir (en l'occurrence ici écouter) ce roman, tant le sujet m'effrayait.

Pourtant, c'est l'effroi qui m'a accompagné tout au long de ma lecture qui n'a pas été confortable du tout, mais je dresse l'oeuvre de Valentine Goby au rang de coup de coeur, tant il magistralement mené, rédigé, réussi. A mes yeux, c'est un pur chef d'oeuvre de littérature. Admirable de maîtrise... Ceci se dirige aussi vers Paulien Huruguen qui interprète ce texte avec douceur et pudeur.

Valentine Goby nous plonge en immersion complète dans un camp de femmes en Allemagne. Je tairai ici les détails de la vie, ou plutôt de la survie (pour les plus chanceuses et résistantes) de ces femmes. C'est inimaginable, innommable, inhumain, c'est l'enfer sur terre. Je m'en doutais et le savais déjà par mon instruction, mais ici, via les mots de Valentine Goby, se sont moults images qui se sont incrustées dans mon crâne. Il y a l'horreur... Mais il y a aussi une sorte de beauté qui en ressort... C'est le courage de ses femmes, leur fraternité, les petites choses qui les font tenir, la forme de résistance pour ne pas appartenir complètement au camp et aux Allemands, les ruses et privations pour gratter une tranche de pain ou la donner à une amie malade. Cacher les faiblesses pour ne pas devancer la mort et/ou être achevée. La mie de pain qui ne sera pas mangée de suite pour être transformée en statuette et être offerte en cadeau à Noël...

Impossible de rendre compte en quelques lignes de la puissance, de l'émotion qui émanent de ce roman qui nous tient aussi prisonniers, presque malgré nous, tant on ne se sent évidemment pas bien dans ces pages.

On sait dès le début que Suzanne/Mila sortira vivante de ce camp, puisque le roman s'ouvre sur son personnage, des décennies plus tard, alors qu'elle court les lycées et collèges pour offrir son témoignage.

C'est un livre mémoire collective à lire absolument, pour ne pas oublier, pour que "plus jamais ça"... On paraît à l'abri en Europe, mais dans d'autres contrées du monde, que se passe-t-il ?

Un roman qui, une fois de plus, fait énormément relativiser nos tracas personnels ou collectif... Ca me fait bien "rire" quand, à propos du Covid 19 et des confinements ou restrictions sanitaires, on parle de nos jeunes comme d'une génération sacrifiée... sans même regarder le présent, en Irak, en Syrie par exemple.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 7 Novembre 2021

BD - Gustave Caillebote - Impressionnisme - Peinture - avis - Chronique

BD - Editions Glénat - 56 pages - 14.95 €

Parution en juillet 2017

L'histoire : Paris, 1875. Alors que ses Raboteurs de parquet sont refusés par le jury de l’Académie des Beaux-Arts, Gustave Caillebotte est invité à exposer aux côtés des « intransigeants » tous refusés au Salon de Paris. Collectionneur et mécène, Caillebotte participera à l’essor de ce courant naissant : l'Impressionnisme.

Tentation : Pitch, couv et dessins

Fournisseur : bib' de Dinard

 

 

 

Mon humble avis : Un énorme coup de coeur pour moi ! Cette BD est un véritable ravissement pour les yeux et un délice pour l'esprit.

Les dessins sont somptueux et chaque case est proche de l'oeuvre d'art, pourrait être un tableau accroché dans un grand musée. Je n'y connais pas grand-chose dans ce domaine, mais j'ai l'impression que Laurent Colonnier s'est inspiré des illustres artistes que l'on croise ici, et quel beau monde : Pissaro, Renoir, Sisley, Degas, Manet, Monet et quelques autres.

Les bulles sont emplies de délicatesse, de bons mots, d'ironie, d'humour et instruisent fortement bien sûr. Ceux qui ont pris pour nom "les Impressionnistes" étaient très moqués à leur époque, personne n'aurait misé un centime sur leur oeuvre, les gens s'outrer même devant cette hardiesse inédite.  Mais Degas et Cie étaient visionnaires, comme l'avenir le confirmera. Il n'empêche que certains d'entre eux vivaient dans une relative pauvreté et ne parvenaient pas à joindre les deux bouts. Cette période de transition artistique et culturelles et décrite et dépeinte ici, tout comme l'atmosphère "belle époque" parisienne... Avant cela, l'art était réservé à la religion, aux mythes... Les Impressionnistes osent le quotidien, la sensualité, le corps, l'extérieur, la nature. Oui c'est à cette époque-là que les peintres commencent à quitter leurs ateliers pour peindre dehors, en pleine ville, fête ou campagne. Ils cassent les codes avec une belle harmonie !

Et parmi eux, il y a Gustave Caillebote, le protagoniste principal de cet album. Je ne suis même pas si je connaissais son nom, alors son oeuvre encore moins. Et pourtant, quel sacré personnage ! Talentueux, mécène, collectionneur et évidemment visionnaire ! Originaire d'une famille bourgeoise et argentée, c'est lui qui a aidé financièrement nombre de ses amis peintres dans le besoin, c'est lui qui leur a acheté leurs toiles constituant ainsi une magnifique collection, qu'il lèguera à sa mort, et sous certaines conditions, à l'Etat Français, concourant ainsi à la reconnaissance, puis à la célébrité du mouvement Impressionniste.

Un magnifique ouvrage à découvrir de toute urgence si ce n'est pas déjà fait, complété à la fin par un cahier qui donnent de plus amples renseignements sur Caillebote, sa vie, son oeuvre, son influence, tout aussi passionnant que la BD elle-même !

 

L'avis de Violette 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 4 Novembre 2021

L'Africain, J.M.G Le Clézio, livre, littérature, Afrique, avis, chronique

(Auto)Biographie - Editions Folio - 124 pages - 6.90 €

Publication d'origine : Mercure de France en 2004

L'histoire : JMG Le Clézio revient sur son enfance africaine d'après guerre, où il retrouve un père qu'il n'a jamais connu, le conflit international et les distances les ayant séparés. Le père, médecin chirurgien en Guyane  britannique, puis en Cameroun britannique et enfin au Nigéria... Vingt ans d'Afrique qui ont transformé ce père à jamais et qui ont forgé le romancier.

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

Mon humble avis : C'est simple, cet ouvrage était dans mes étagères depuis que J.M.G Le Clézio a reçu le Prix Nobel de Littérature, c'est à dire 2018, soit 13 ans. Hum Hum...

Et pourtant, quel beau texte. Simple en apparence mais consciencieux, sans fioriture, avec juste les faits et leur analyses permises par le temps, il en ressort une belle loyauté, envers ce que la vie a pris et donné, envers cette enfance ailleurs, pas comme les autres et cet inconnu que fut le père. La concision induit la pudeur et la pureté de ce récit.

JMG Le Clézio nous parle de son enfance en Afrique, et à travers elle, de son père, ce héros. Le Clézio n'a connu son père qu'à 8 ans, en arrivant en Afrique avec sa mère et son frère pour le rejoindre. C'était après la Seconde Guerre Mondiale, que les enfants et leur mère ont vécu confinés à Nice et que le père a affronté isolé, sans aucune nouvelle des siens, en Afrique occidentale.

C'est l'histoire d'une rencontre entre un père et ses enfants, mais une rencontre manquée, ratée, qui n'eut réellement lieu que bien plus tard, lorsqu'adulte, JMG Le Clézio a été en âge et en maturité pour comprendre qui était son père, ce qu'il avait vécu, ce qui l'avait transformé en père rigide, stricte et parfois violent. 

C'était vingt années d'Afrique en tant que seul médecin chirurgien dans une immensité, avec peu de moyens matériels, si loin des colons huppés et ridicules des côtes que Le Clézio père, farouchement anticolonialiste, abhorrait. Vingt années à côtoyer le pire comme le meilleur, les plus belles merveilles comme de monstrueuses horreurs. L'humain et le profondément inhumain, ou en tout cas l'insupportable... Toutes les maladies, les pandémies, le manque d'hygiène et de médicaments et souvent l'impuissance. Et puis il y eu la décolonisation, des guerres, notamment celle du Biafra dévastatrice et scandaleusement entretenue par l'Occident... Comment ingurgité cette actualité quand on voit dépérir le pays où l'on a tant vécu, qui a fait de vous ce que vous êtes.

Ces vingt années d'Afrique ont fait de Le Clézio père l'africain....

L'Africain est donc un magnifique hommage à l'homme qu'il était brillement, au père qu'il n'a pas su être mais qui a tellement transmis. C'est aussi portrait de ce que fut l'Afrique de l'Ouest à différentes époques, dans une période finalement historiquement très restreinte.

C'est une ode aussi à la liberté retrouvée de l'enfance, aux grands espaces, à l'insouciance et à l'indifférence face aux différences dont sont capables les enfants.

Un très beau texte, instructif qui plus est. Elle belle leçon de mémoire... pour ne rien oublier.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 2 Novembre 2021

LUI, film de Guillaume Canet, avis, chronique

Film de Guillaume Canet

Avec Virginie Efira, Mathieu Kassovitz, Laetitia Casta et Guillaume Canet

 

Synopsis : Un compositeur en mal d’inspiration, qui vient de quitter femme et enfants, pense trouver refuge dans une vieille maison à flanc de falaise, sur une île bretonne déserte. Dans ce lieu étrange et isolé, il ne va trouver qu’un piano désaccordé et des visiteurs bien décidés à ne pas le laisser en paix.

Mon humble avis : Il est bien mitigé !

Les "plus" : un beau site de Belle île en mer, des comédiens que j'apprécie, dont Matthieu Kassovitz trop rare sur nos écrans. Des réflexions intéressantes, qui peuvent parler à tout le monde... sur cette petite voix, cet autre nous qui prend parfois trop de place, qui nous empêche d'avancer, nous fait tout voir en négatif, nous empêche de nous poser et de profiter de la vie. Une réalisation originale mais...

Les "moins" : une réalisation originale mais qui se retourne contre elle-même en se révélant très inégale, tantôt prenante, tantôt lassante et parfois "égarante"... Et puis on a l'impression de voir une suite de clichés, notamment sur îles bretonnes (que des habitants alcooliques ou bourrus). Le film n'est pas bien long (1h28) mais et paraît bien, et pourtant, on finit par s'agacer de l'auto apitoiement assez nombriliste du personnage Guillaume Canet. A la limite, je pense que sur ce thème Guillaume Canet aurait mieux fait de choisir la comédie plutôt que le "thriller-psycho-drame" plutôt dérangeant et en même temps, pas assez creusé... En même temps, scénario écrit rapidement, film réalisé tout aussi rapidement et sans grands moyens. Mais bon, la comédie Canet a déjà fait avec Rock'n roll, ça aurait sans doute paru redondant, puisque l'on est plus ou moins, mais moins que plus dans de l'autofiction.

Après on peut intellectualiser l'affaire avec quelques symboles (la maison d'hôte - et le double lui) et quelques références cinématographiques, mais ça ne saute pas aux et ne sauve pas le film pour autant. Bref, évitable !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 30 Octobre 2021

Cécile Coulon, roman, Rentrée littéraire 2021, Seule en sa demeure, avis, chronique

Roman - Editions L'Iconoclaste - 333 pages - 19 €

Parution le 19 août 2021 : Rentrée littéraire 

L'histoire : Nous sommes au XIXème siècle... Aimée qui pour la première fois la maison familiale pour épouser Candre, un riche propriétaire du Jura... Celui-ci vit dans un vaste domaine, avec la servante Henria et le grand fils de celle-ci. Au cimetière le plus proche, gît Aleth,sa première épouse... Candre est très pieux, aimant mais distant, taciturne. Au fil des jours, Aimée sent comme un mystère tabou autour de la mort d'Aleth. Celui-ci s'épaissit et alors, le domaine devient oppressant et ses habitants semblent menaçant. C'est le début du cauchemar pour Aimée... Dont seule pourrait peut-être la sauver Emeline, sa professeur de musique, qui éveille et ouvre aussi son corps qui restait jusque là si fermé.

Tentation : Blogo et curiosité

Fournisseur : une carte KDO de mes anciennes collègues 

Mon humble avis : Je n'avais encore jamais lu de roman de Cécile Coulon et pourtant ce n'était pas l'envie qui m'en manquait. Cette rentrée littéraire et les éloges lus de-ci de-là sur ce nouvel opus m'ont fait dire : le moment est venu !

Et aucun regret car quel roman ! Je découvre ici une fameuse plume, soignée, maîtrisée, qui semble sortir d'une autre époque et convient si bien au sujet du roman. Avec poésie, Cécile Coulon a l'art de rendre un environnement tantôt délicieux, tantôt menaçant. Les descriptions des mouvements de la nature, du domaine et de la maison éveillent vraiment les sens, donnent à sentir et ressentir les souffles du vent, qui tantôt caressent tantôt giflent, le silence pesant entre de hauts murs etc. La nature semble ici plus vivante que les protagonistes de chaire et d'os. L'atmosphère devient un personnage à part entière.

Evidemment, lorsqu'on lit "Seule en sa demeure", on ne peut que penser à Rebecca, de Daphné du Maurier et je pense que la romancière Cécile Coulon ne se cache pas de cette inspiration... Nous avons un domaine, une jeune deuxième épouse, un mari riche et puissant, une domestique omniprésente et une première épouse dont le décès s'entoure de mystères et de non-dits. Mais la comparaison s'arrête là... Car dans ce domaine, point de mondanité, de réceptions, mais une vie calme, ennuyeuse pour Aimée, et glaçante pour le lecteur. Et puis la fin et les révélations qui l'entourent (que je tairai bien sûr) n'ont rien à voir mais sont toutes aussi inattendues que surprenantes. Elles respectent aussi les convenances de l'époque... Et tout ceci m'a fait dire que je suis bien contente d'être une femme libre du XXème siècle !

Cécile Coulon se joue de son lecteur, en semant le trouble et le doute de façon assez subtile... dans le sens où l'on se demande si le doute est justifié, si Aimée le ressent vraiment ou si c'est l'écrivaine qui le distille pour inquiéter son personnage, le lectorat...  En tout cas, la tension est bien là et va grandissante... surtout lorsque Claude, le cousin d'Aimée, lui fait parvenir un certain message... Seule en sa demeure est donc bien un hui-clos psychologique qui explore les zones d'ombres, le dévouement, la passion de ses personnages, le poids du mensonge.

S'il m'a parfois manqué un peu d'émotions (mais en même temps, au XIXème, les gens étaient bien moins démonstratifs, surtout dans les milieux huppés) je dois avouer que le dernier tiers du roman m'a littéralement ferrée.

Je suis donc ravie de cette lecture, et à coup sûr, sitôt que ma PAL aura baissé notablement, j'irai piocher à la bibliothèque les anciens titres de cette déjà jeune mais grande romancière, donc j'admire la culture et la maturité à chacun de ses passages télévisés. 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 28 Octobre 2021

Ah, je l'ai espérée et cherchée celle-ci, la Pitchou ! Et j'ai fini par la trouver mi juillet au cap d'Erquy. Du pur bonheur d'observation et de photos. La Fauvette pitchou était avec ses juvéniles, occupée par ses va et viens pour les nourrir, aussi, ne nous a-t-elle prêté aucune attention... nous avons pu profiter du spectacle pendant une demie heure facile !

 

La Fauvette pitchou vit dans les régions côtières (Manche, Atlantique et Méditerranée) jusque dans le Centre en hiver (pour la France) On la trouve dans des secteurs denses en buissons épineux, ajoncs et broussailles, donc dans les maquis, les clairières boisées et les landes... Celles d'Erquy était donc le lieu idéal pour cette rencontre. On la voit alors circuler au-dessus des buissons, puis se poser quelques instants, très nerveuse, la queue redressée. La Fauvette pitchou reste un oiseau difficile à observer !

Le spécimen que j'ai vu est en plumage nuptial, avec le devant bien rouge-vineux. En plumage d'hiver, l'ensemble est plus terne et moins contrasté. "Pitchou" signifie "Petit" en provencal et évoque la taille menue de cet oiseau.

 

Dès mars, les mâles commencent déjà leurs premiers vols de parade. C'est au mâle que revient la tâche de débuter la construction du nid... Mais c'est la femelle qui fait le plus gros du travail, en finalisant, arrangeant et remettant d'aplomb les herbes entassées par Monsieur, qu'elle complète de tiges sèches de bruyère, de laine, de plumes, du crin, des toiles d'araignées, des poils.

La Fauvette Pitchou niche dans une coupe faite d'herbes et construite près du sol, camouflé par les broussailles. Elle pond jusqu'à 5 oeufs qu'elle couve 2 semaines. Le premier envol des jeunes se fait 2 semaines après la naissance.

Les poussins qui éclosent au bout de 12 ou 13 jours naissent sans duvet et possèdent une peau très sombre. Les deux parents s'occupent du nourrissage des jeunes, les gavant d'insectes et surtout de petites chenilles. Les petits quittent le nid au bout de 12 ou 13 jours mais ils peuvent anticiper leur départ s'ils sont dérangés ou s'ils souffrent d'une trop grosse chaleur. Les fauvettes pitchous mènent à terme deux couvées par saison.

L'alimentation de la Fauvette pitchou est fondamentalement insectivore, elle mange aussi les chenilles des insectes et en hiver, ne dédaigne pas les araignées. Il semble aussi qu'en automne et en hiver, la Fauvette pitchou trouve un complément alimentaire en matière végétale (graines de graminées et fruits sylvestres)

 

La Fauvette pitchou chante souvent en vol en prenant de la hauteur. Sa silhouette évoque alors celle de l'Orite à longue queue. Son vol est quelque peu sautillant.

C'est un oiseau très sensible aux conditions atmosphériques. Lors des hivers rudes dans la partie nord de sa répartition, les décès peuvent être nombreux dans sa population.

C'est une espèce "à surveiller" en France et vulnérable en Europe. Dans son bastion, la péninsule ibérique, on constate une chute lente des effectifs.

 

 

L'iris rouge-orange et l'anneau orbital plus rouge encore forment un trait caractéristique qui est particulièrement visible malgré les mouvements inquiets de cet oiseau; C'est un peu la marque de fabrique de cet oiseau que l'on ne peut confondre avec aucun autre.

 

 

 

Les textes de ce billet sont inspirés ou copié dans mon guide ornitho Belin et sur le site Oiseaux.net .

Les photos sont miennes et donc ma propriété intellectuelle. Reproduction interdite sans mon accord ;)

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Le coin ornitho

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Publié le 26 Octobre 2021

Roman - Editions Thélème - 6h35 d'écoute - 19 €

Parution d'origine 2013 à L'Olivier

L'histoire : Celle de Maria Christina, qui a seize ans lorsqu'elle quitte sa famille qui vit dans le grand nord : un père taciturne, une mère bigote et une soeur jalouse. Elle s'installe à Santa Monica, devient l'assistante de Rafael Claramunt, un auteur réputé... puis on amante. Quelque temps plus tard, c'est en écrivant un livre que Maria Christina règle ses comptes avec sa famille, le succès est énorme et retentissant. Un jour, sa mère l'appelle, il faut qu'elle vienne chercher le fils de sa soeur...

Tentation : Ma PAL audio

Fournisseur : Bib de Rennes

Mon humble avis : Encore un roman que je n'ai pas apprécié... A part un ou deux passages, il ne m'a provoqué aucune émotion, les personnages ne m'ont pas touchée, j'aurais aimé développer une certaine empathie, au moins pour l'héroïne... Mais non rien... D'ailleurs, même la romancière ne semble pas 

La cause sans doute à une écriture qui m'a semblé distante, assez factuelle, et un peu comme si "rédigée au kilomètre". Point de poésie dans ces pages, pas d'analyse profonde des protagonistes, à peine celle superficielle peut-être d'une époque et d'un certain milieu... Les années 70-80 en Californie et le milieu littéraire. Mais le tout n'est qu'effleuré.

Je me demande encore ce que Véronique Ovaldé a vraiment voulu raconter ici, ce qu'elle voulait transmettre, démontrer ou expliquer à ses lecteurs à part peut-être le sempiternelle sujet qui dit : tout le monde peut réussir, quel que soit le milieu d'origine. Un peu léger et pas très flagrant dans la manière dont est mené le texte que j'ai trouvé désordonné, sans âme ni axe tangible, sans harmonie.

De même, la lecture qui en est faite dans cette version audio est froide, trop rapide pour laisser une place potentielle à une quelconque émotion...

Je pense qu'en version papier, j'aurais sans doute abandonné cette lecture... Mais, en audio et en voiture, je l'ai terminée et n'en tire absolument rien. Dommage.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 24 Octobre 2021

Bonjour, 

Aujourd'hui, je vous emmène au Cap d'Erquy, dans les Côtes d'Amor !

J'y suis allée une journée complète en juillet, puis j'y suis repassée en coup de vent en août.

C'est un site naturel d'environ 170 hectares, classé depuis 1978 pour son côté sauvage. Des falaises de grès rose, ainsi que d'anciennes carrières, y sont visibles... Ainsi que les lacs bleus... Qui sont bleus si le soleil y met du sien !

Le Cap d'Erquy est bien sûr sur le GR34, qui fait le tour de la Bretagne, et qui est le GR le plus fréquenté de France. En été, le paysage est vraiment somptueux, entre les couleurs de la lande qui tranchent avec celles de la mer. Et puis, les plages y sont magnifiques !

UN DIMANCHE AU CAP D'ERQUY
UN DIMANCHE AU CAP D'ERQUY
UN DIMANCHE AU CAP D'ERQUY
UN DIMANCHE AU CAP D'ERQUY
UN DIMANCHE AU CAP D'ERQUY
UN DIMANCHE AU CAP D'ERQUY
UN DIMANCHE AU CAP D'ERQUY
UN DIMANCHE AU CAP D'ERQUY
UN DIMANCHE AU CAP D'ERQUY
UN DIMANCHE AU CAP D'ERQUY
UN DIMANCHE AU CAP D'ERQUY
UN DIMANCHE AU CAP D'ERQUY
UN DIMANCHE AU CAP D'ERQUY
UN DIMANCHE AU CAP D'ERQUY
UN DIMANCHE AU CAP D'ERQUY
UN DIMANCHE AU CAP D'ERQUY
UN DIMANCHE AU CAP D'ERQUY
Et puis, si l'on scrute bien la mer et le large, on peut parfois y apercevoir des dauphins :)

Et puis, si l'on scrute bien la mer et le large, on peut parfois y apercevoir des dauphins :)

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyage en Bretagne

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Publié le 22 Octobre 2021

BD - La mystérieuse affaire Agatha Christie - avis - chronique

BD - Editions Vents d'Ouest - 72 pages - 15.95 €

Parution en octobre 2019

L'histoire : Décembre 1926. Agatha Christie, alors écrivaine à succès, disparaît sans laisser de traces. Toute la presse britannique s’empare du drame et une véritable enquête, digne de ses meilleurs romans, est menée pour la retrouver. Suicide d'une femme délaissée, meurtre commandité par son époux infidèle ou coup de publicité d'une romancière voulant renforcer le succès de ses livres ? Les hypothèses ne manquent pas pour élucider l’affaire et surtout tenter de résoudre l’énigme Agatha Christie...

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib' de Dinard

Mon humble avis : Un bien bel album, divertissant, qui revient sur la vie de la Reine du crime, mais qui flirte entre onirisme et biographie...

Les illustrations sont magnifiques, très agréables au regard, avec des décors somptueux, qu'ils soient anglais ou exotiques. Les textes et le scénario révèlent une bonne documentation des deux auteurs.

Tous ceux qui s'intéressent de près à Agatha Christie savent qu'à une période de sa vie, elle a disparu quelques jours... Et que cette disparition, qui déchaîna presse et passions à l'époque, est propice à l'épanouissement de l'imagination. Il y a donc une enquête de police. Cette dernière interroge ses proches : son mari Archi, sa soeur, sa secrétaire... Et curieusement, ils dressent tous un portrait différent d'Agatha et de son caractère.

C'est donc l'occasion de relire la vie de la romancière à travers ses témoignages... Son enfance, où l'imagination et la curiosité la taraudaient, et l'évasion la sauvait déjà... Son éducation, le décès de son père, puis de sa mère... Sa rencontre avec Archi et ainsi de suite...

Puis Agatha Christie est retrouvée... Mais cette fugue ne restera pas sans effet sur son couple. Elle décide alors de partir seule en voyage... Et nous voici complètement dépaysés, en Irak, sur des fouilles archéologiques. Inutile de préciser que ce sont nombre des sources d'inspirations de l'écrivain qui se déroulent devant nous et qui sont devenus des personnages ou des lieux de romans.

L'ensemble est savoureux, doux, qui s'intéresse avant tout à l'intime, à la force de caractère et à la part de mystère de la romancière la plus lue dans le monde. Je recommande, pour les adultes autant que les ados par exemple.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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