Publié le 3 Octobre 2025

Roman - Editions de L'Iconoclaste - 540 pages - 21.90 €

Parution le 22 août  2024

Mon pitch : Depuis petite, Cléo se veut différente des siens et rêve de devenir une star. Cette obsession guidera sa vie. Elle veut surpasser ses modèles. A 15 ans, quand elle écrit ses premières chansons, elle y croit... Elle est tellement sûre d'elle-même. Il faudra dix ans à Cléo pour devenir célèbre du jour au lendemain. Elle remplit les salles de concert du monde entier et fait les unes des journaux people. Et plus elle monte dans les charts, plus elle laisse sa vraie nature s'exprimer : elle est odieuse.

 

 

Tentation : Mon enthousiasme pour Mon mari, de Maud Ventura

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : Décidemment, Maud Ventura possède un sacré talent pour créer des personnages odieux, que l'on adore détester, à qui l'on trouve parfois des circonstances atténuantes, que l'on prend aussi en pitié, entre les paires de baffes qu'on voudrait leur envoyer.

Cléo est devenue une chanteuse mondialement connue, à force de talent, de travail et d'abnégation. Sa renommée ressemble à celle des Lady Gaga, Rihanna, Adèle, Britney Spears, Miley Cyrus, Taylor Swift, Madonna etc... Déjà deux albums et autant de tournées mondiales, c'est l'épuisement, besoin d'un break. Ce sera trois semaines sur une île absolument déserte, sans réseaux et avec le minimum vital.... Coût des 3 semaines sur ce lieu d'ermitage idyllique pour stars surmenées : 500 000 dollars.

C'est donc depuis cette île que Cléo nous raconte sa vie, depuis son enfance, son adolescence, ses études en sciences-po, ses années de libraires à New York, puis enfin la consécration et les années qui suivent.

J'ai adoré ce roman pour plusieurs raisons.... Le sujet n'est pas dramatique et se prête parfaitement au cynisme, au divertissement et en même temps, à une cartographie de notre époque. Et c'est aussi l'occasion d'une immersion documentée dans les coulisses du show business. Lorsque l'on voit le concert d'une star internationale de la chanson, on n'imagine pas le nombre de personnes qui travaillent /conseillent autour d'elle, en col blanc (car je ne parle même pas des techniciens et autre). On réalise que tout est possiblement mais parfaitement calculé, depuis la longueur d'une robe, un oubli de paroles feint lors d'un concert (ça crée une connivence avec le public), le nombre de seconde pour fouler un tapis tout en signant des autographes etc... Sans compter les partenariats avec les grandes marques, les causes humanitaires à soutenir pour (re)dorer son blason etc... Bref, être chanteuse est un métier, mais être célèbre à ce point l'est tout autant.

Il y a dans ce livre une réelle réflexion sur la célébrité et ses rouages et sur ce qu'elle engendre.... Chez les fans, dans les médias, dans la vie des personnes concernées dont tout est régi par d'autres... Dans ce livre, la seule tâche domestique que Cléo effectue encore elle-même est de faire chauffer son thé. La célébrité est ici montrée comme un isolement relationnel et une privation totale de libertés. Quelle horreur en fait !

A une époque où nombre de romans parlent de "mon grand-père ce héros, mon père ce violeur, mes frères et mes soeurs", bref, de romans qui tiennent de plus en plus de l'autofiction, j'ai vivement apprécié lire Célèbre, crée ex nilo, même si peut-être inspiré de grandes célébrités

Et puis il y le personnage de Cléo, aussi fascinant que déstabilisant... Complexe, intéressant, fouillé. Cette fille est d'une arrogance et d'une prétention dingues, à l'inverse total du syndrome de l'imposteur. Son besoin de reconnaissance est maladif et mégalomane. Durant sa jeunesse, il y a un gap entre sa vie et celle qu'elle estime avoir le DROIT de mener. Elle mise tout sur elle-même car personne ne le fera à sa place. Elle méprise les autres à un point inédit. Mais elle est aussi un modèle de persévérance, d'obstination et de ténacité, car elle arrive exactement au sommet qu'elle visait depuis le début. Cléo nous raconte tout cela avec un mélange d'orgueil et de lucidité déconcertant. Jamais je n'ai rencontré de personnage de papier aussi narcissique il me semble. En fait, Cléo est une vraie sociopathe dans toute sa splendeur. C'est un régal de la suivre, en tant que lecteur, on oscille entre effroi, dégoût, amusement. On est tantôt offusqués par ses propos et l'instant d'après, on aurait presque de l'empathie pour elle car dans ses observations, Cléo n'a pas toujours tort. Et plus elle est célèbre, plus elle devient une personne de pouvoir, plus elle est exécrable avec son entourage, mais tout sourire pour ses fans.

Ecriture et rythme sont parfaitement maitrisés, les pages se tournent toutes seules. Et même s'il est ici question de la célébrité à outrance, donc où tout est démultiplié et exacerbé, Maud Ventura nous parle aussi de chacun de nous, de notre obstination à remplir un objectif que l'on se fixe soi-même, à notre besoin de reconnaissance, que ce soit au travail, dans l'art qu'on tente d'exercer, dans le plat que l'on cuisine pour notre famille. I

Dans Mon Mari, le personnage féminin souffrait d'une jalousie pathologique, chez Cléo, c'est la vanité qui la rend sociopathe. Bref, finalement, deux personnages malades quelque part, et pas heureux malgré les apparences.

Et puis, et puis, il y a cette fin, qu'on n'a pas vu venir et qui nous fait dire : whaou, super bien trouvée, originale, forte, et d'une certaine moralité. Jubilatoire !

Et moi, je me demande qu'elle genre de "pathologie" Maud Ventura explorera dans son prochain roman !

Un bon coup de coeur !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 1 Octobre 2025

Roman - Editions Audiolib - 8h18 d'écoute - 25.50 €

Parution Albin Michel & Audiolib en 2024

Mon pitch : Le narrateur est un français expatrié aux Etats Unis dans les années 80. Il travaille dans la finance et l'aéronautique, entretient une relation extraconjugale avec Julia, une de ses supérieurs... Il a deux enfants, et une épouse dépressive... 

Le drame familial advient, le narrateur choisit de quitter l'Amérique pour un post à Genève ou il est chargé de développer les affaires avec la Russie communiste en fin de vie...

Il lie une amitié avec un oligarque Russe, est pressé par la CIA et sa maitresse de trahir celui-ci... Nouveau changement de vie, il devient romancier, journaliste, réalisateur de cinéma... Avec Julia qui reparaît régulièrement dans sa vie.

Tentation : Mon enthousiasme pour Tsunami de Dugain

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Au tout début de mon audio lecture, j'ai eu peur qu'il ne s'agisse que de la finance sans scrupule et donc des montages financiers, monde ô combien opaque pour moi. Le tout, dans les années 80 et Reagan aux Etats-Unis.

« La finance, c'est faire à partir d'une richesse réelle beaucoup plus d'argent que ceux qui l'ont créée, grâce à une extrême créativité du vide et de la spéculation. Honnêtement, j'étais assez doué pour ça. »

Et puis, le roman s'oriente vers le narrateur lui-même, et le drame familial et ses conséquences qu'il va subir. Là, Dugain m'a embarqué à son bord même s'il ne m'a pas gardé tout au long du vol, oups, de roman.

Le narrateur est certainement le double de papier de Dugain, car son parcours professionnel ressemble beaucoup à celui de l'écrivain. On est sans doute dans un ouvrage hautement autobiographique même si romancé. Mais pas facile de démêler le vrai du faux.

Ce roman, à la fois thriller politique et d'espionnage, revient sur les relations Est-Ouest de ces cinquante dernières années, avec les manipulations géopolitiques des services secrets et ses enjeux aussi bien d'influence que commerciaux.... Forcément advient Poutine quelques années plus tard, la guerre en Ukraine. Entre temps, il y a eu la disparition du vol MH 370 de Malaysia Airlines, celui du sous-marin russe le Koursk et de la place de ces deux drames dans les enjeux internationaux énigmatiques... le tout dans une quête de vérité aussi chère au narrateur qu'à l'auteur qui a enquêté sur ces sujets. Mais cette recherche de la vérité dérange et les menaces tombent...

Le roman est très dense, d'autant qu'il évoque des faits réels dont tout le monde a entendu parler mais dont, au final personne ne sait rien... Donc intéressants. Marc Dugain propose ses hypothèses. Elles sont captivantes et étayées mais pas toujours évidentes à suivre, et surtout à retenir.  L'avion, Poutine, l'Amérique et moi est donc bien plus exigeant et moins accessible que mes précédentes lectures de Dugain : Tsunami, Transparence et l'avenue des géants. Cette impression est certainement due au fait que je ne suis que moi, avec ma toute petite culture générale sur tout ce qui est évoqué ici, d'autant que ces milieux ne sont pas de ceux qui me passionnent le plus. Il n'empêche, il reste la plume de Dugain qui est toujours bien agréable et maîtrisée et qui embarque dans un rythme qui ne faiblit pas, au fil des rebondissements. Mais j'ai tout de même eu l'impression d'un bric à brac de multiples sujets cher à l'auteur mais à caser quelque part avec un fil rouge... le narrateur... Une audio lecture en demi-teinte donc. Le format papier est peut-être plus adapté à ce genre d'histoire si dense.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 29 Septembre 2025

Film de Marie-Hélène Roux

Avec Isaach de Bankolé, Vincent Macaigne, Manon Bresch

Synopsis : Interdit - 12 ans avec avertissement

Certains combats peuvent changer le cours de l'histoire. Denis Mukwege, médecin congolais et futur Prix Nobel de la paix, soigne — au péril de sa vie — des milliers de femmes victimes de violences sexuelles en République démocratique du Congo. Sa rencontre avec Guy Cadière, chirurgien belge, va redonner un souffle à son engagement.

Mon humble avis : Le cinéma comme moyen de communication. Le cinéma comme moyen de témoignage, d'information, d'interpellation. Le cinéma comme appel au secours, à la mobilisation de chacun(e), et de l'Etat et de tous pays....

Et c'est en état de sidération que l'on regarde ce film, qui je pense a pour moi été le plus dur des films à voir. Parce que la violence psychologique et physique (même si cette dernière est plus suggérée que réellement montrée) est insupportable, intolérable.... Et pourtant, tellement vraie, puisque ce film est inspiré de faits réels et de la vie du gynécologue Congolais Denis Mukwege, devenu depuis, en 2018, Prix Nobel de la Paix. Et pourtant, depuis 2011- 2012, le monde entier est au courant de ces viols par centaines de milliers sur une décennie, l'ONU est présente, mais rien ne change. Parce... dans nos téléphones portables, il y a du Coltan, et que le Coltan est extrait au Congo Kinshasa, et que pour faire fuir les villageois pour pouvoir exploiter le Coltan du sol... L'arme de guerre est le viol des femmes et des fillettes et leurs mutilations sexuelles dans des proportions que l'on n'imagine pas. Et au milieu de ce chaos, il y a le docteur Mukwege et ses collègues qui tentent comme ils peuvent de réparer physiquement et psychologiquement ces femmes meurtries. Mukwege est ensuite rejoint quelques semaines par le chirurgien belge Cardière, sa fille et une autre médecin. Cardière a inventé une technique opératoire permettant de "réparer" l'appareil génital des femmes sans ouvrir le ventre, et donc en évitant toutes les complications possibles.

Je n'irai pas dans les détails du film... Est-il bien filmé etc ... Ce serait indécent... Quand je lis les critiques de certains magazines ou journaux (L'obs, Nice Matin, Les fiches du cinéma...) j'ai honte... Car c'est un film coup de poing qui vient nous remuer dans notre petit confort, un film éprouvant mais nécessaire, un film qui témoigne de la non vie de ces femmes qui sont pourtant pour la plupart, bien résilientes. C'est un film courageux sur deux hommes (et leur équipe) courageux, et sur des femmes bouleversantes et ô combien courageuses. Aller critiquer de la sorte un tel film, mais qu'est-ce que c'est petit. Qu'est-ce qu'on s'en fout de savoir si la caméra était bien placée, si le jeu de telle femme sur son lit d'hôpital est bon !

Parce que ce film, on le regarde en apnée, en tremblant, en pleurant sur la violence du monde et de l'Homme, en étant heureuse d'être Française, en ayant honte du comportement de nos politiques alors qu'ils se passent des choses inhumaines de par le monde et de plus en plus aussi par chez nous.

Par contre, on ne peut que saluer la performance d'Isaac de Bankolé dans le rôle du médecin Prix Nobel de la paix et l'intelligence d'avoir enfin donner à Vincent Macaigne un rôle fort, loin, bien loin des abrutis décalés dans lequel on a l'habitude de le voir. Et c'est une vraie réussite.

Le journal "Le monde" dit que ce film a quelque chose de choral et que peu de personnages en ressortent. Je ne suis pas du tout d'accord. Car j'ai bien l'impression que le visage de ces femmes, leurs mots, leurs douleurs vont me hanter bien longtemps.

Je ne sais pas si vous connaissez l'engagement humanitaire d'Angelina Jolie, mais sachez qu'elle est productrice du film...

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 27 Septembre 2025

Roman - Editions Albin Michel - 216 pages - 19 €

Parution le 20 août 2025 : Rentrée littéraire

Mon pitch : "Tant mieux (la version joyeuse du sang froid) est le leitmotiv d'Adrienne, 4 ans , et lui permet de survivre à un été chez sa sorcière de grand-mère qui ne lui épargne aucun sévice. Nous sommes en 1942 à Bruxelles... Autour, la 2ème Guerre Mondiale fait rage... 

De retour chez elle, Adrienne retrouve son aînée et ses parents qui forment un couple dysfonctionnel.... malgré tout, elle protège sa mère, et fait tout pour que personne ne la soupçonne des multiples disparitions de chats dans le quartier. 

Adrienne était la Maman d'Amélie Nothomb.

 

 

Tentation : Mon Nothomb annuel !

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Depuis quelques années, les romans d'Amélie Nothomb me laissaient d'humeur chafouine et déçue... Cela traduisait même un certain désamour, car à cela, s'ajoutait ma lassitude de ses interviews menées par des journalistes qui posent les mêmes questions depuis 20 ans... 

Aussi, étant plutôt fauchée et mes étagères remplies menaçant de devenir qu'un lieu de collection des romans de l'écrivaine à chapeau, cette année, pour la première fois depuis plus de 20 ans, je me suis dit : "je n'achète pas, je prends en bib"... Voilà qui est fait et c'est ballot, car cette année, j'aurais bien gardé ce livre chez moi, car il est à mes yeux de très bon cru.

Certes, il est une fois de plus question de la famille de l'autrice... Mais cette fois ci, c'est la figure maternelle qu'explore l'autrice, quelque temps le décès de sa mère.  Et elle réutilise un procédé qu'elle manie à merveille : la forme du conte. On retrouve donc des personnages fort en couleur, en symbolique, en caractère et les situations à priori ubuesques auxquels Amélie Nothomb nous a déjà habitués... Mais derrière ses prénoms d'emprunts, se cachent les parents, grands-parents, tantes de l'autrice... Et ces situations qui oscillent entre incroyables et inhumaines ont pour la plupart été vécues par ces derniers dans un environnement familial très toxique, où plane l'ombre d'une certaine folie. Et là les lecteurs que nous sommes ce disent, stupéfiés : comme il y a des gens vraiment mauvais et complètement barrés sur terre... Et comment se construire sur de telles fondations ? Déjà avec Premiers sang, on trouvait la famille du père d'Amélie Nothomb bien assaisonnée. Ici c'est de la famille de la mère dont il est question, jusqu'à la rencontre avec le père, le mariage et des décennies d'amour. La famille maternelle n'a pas grand-chose à envier à celle des Nothomb et il est hallucinant de découvrir ce bagage familial si lourd au fil des générations.

Le dernier quart du roman change du tout au tout... Fini le conte et les personnages plus ou moins farfelus, ces non amours ou mauvais amour etc... Là, c'est Amélie qui "reprend" les rênes du récit et sans qu'il n'y ait plus forme de conte, de roman ou même d'un récit strictement organisé, Amélie se confie sur sa Maman, telle qu'elle était, sur leur amour, sur leur relation, sur son départ, sur son absence... Sans aucune esbrouffe, d'un ton d'un parfait naturel, presque verbal, sans filtre, comme si nous étions attablés avec elle dans un lieu calme et feutré, à discuter ensemble de nos relations avec nos mères et non plus dans un livre. Et là, Amélie m'a sacrément chamboulée après ce conte qui procure autant de rire que d'effroi à son lecteur. Bref, j'ai retrouvé dans ce texte ce que je cherche quand j'ouvre un roman d'Amélie Nothomb, avec des personnages dont certaines souffrances, problématiques, situations, pensées, réactions peuvent ou pourrait être miennes, et j'ai pu alors redéployer ma totale empathie pour eux, qui étaient des bouts de moi, toute proportion gardée évidemment.

A mes yeux, Amélie is back !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 25 Septembre 2025

Film de Yann Gozlan

Avec Cécile de France, Lars Mikkelson, Anne Mouglalis, Mylène Farmer (voix)

Synopsis : Clarissa, romancière en mal d’inspiration, rejoint une résidence d’artistes prestigieuse à la pointe de la technologie. Elle trouve en Dalloway, son assistante virtuelle, un soutien et même une confidente qui l’aide à écrire. Mais peu à peu, Clarissa éprouve un malaise face au comportement de plus en plus intrusif de son IA, renforcé par les avertissements complotistes d’un autre résident. Se sentant alors surveillée, Clarissa se lance secrètement dans une enquête pour découvrir les réelles intentions de ses hôtes. Menace réelle ou délire paranoïaque ?

Mon humble avis : Tout comme je suis friande du genre "anticipation" en littérature, il en est de même au cinéma. Nous sommes ici dans sans doute pas très longtemps... Car les prémices de ce qui est dénoncé dans ce film sont déjà présents à notre époque...  Pandémie (genre covid) et tests, couvres feux mais diurnes pour cause de canicule, monde ultra connecté, surveillance, complotisme, Intelligence Artificielle, remplacement de l'homme par la machine, jusque dans les arts... Les arts où l'on n'imagine pas la capacité de l'IA à intervenir, faute de connaissance et de ressenti des émotions... Oui mais... vu tout ce que l'on confit plus ou moins volontairement de notre vie au virtuel, on peut imaginer que l'IA puisse en apprendre beaucoup, beaucoup sur l'humain et finir par le comprendre et donc... le remplacer.

Je ne le savais pas avant d'aller voir le film, mais celui-ci est une libre adaptation du roman "Les fleurs de l'ombre" de Tatiana de Rosnay, que j'aurais dû lire, car sûr que le roman m'aurait aussi embarqué !

Le spectateur oscille sans cesse avec la conviction qu'il a affaire à une histoire à la "Big brother is watching you", pour ensuite pencher plutôt pour la paranoïa de l'héroïne, et passant par le sentiment de manipulation. Et s'il y avait un peu de tout cela dans ce film ? Ce qui est accentué par une mise en scène subjective et immersive, au plus près de Clarissa et de son environnement telle qu'elle le voit, puis tel qu'une personne lambda pourrait le voir. Chacun se fera sa propre idée. A noter que l'esthétique du film est particulièrement réussi, dans l'aspect froid d'un lieu malgré une chaleur étouffante par exemple.

Ce qui est clair, c'est que Dalloway démontre à tel point nous sommes déjà addictes et dépendants de l'IA sitôt nos limites atteintes. Et le plus dérangeant, c'est que cette dépendance devient aussi affective dans la solitude... L'IA écoute, l'IA réponds, l'IA ne juge pas.... L'IA devient la confidente invisible... mais qui enregistre tout... C'est toute l'ambiguïté et la complexité du sujet IA qui est ici le sujet presque principal.

Cécile de France est une fois de plus bluffante et nous embarque dans son vertige et ses angoisses.  Quant à la participation de Mylène Farmer à ce film, elle est la voix de l'IA Dalloway, pour moi, cela reste anecdotique et plutôt argument marketing / promo.

Un thriller psychologique parfaitement mené, angoissant à souhait, au suspense qui va crescendo pour notre plus grand plaisir.... Car voilà un film qui pose de bonnes questions tout en restant distrayant. Un film qui partage, contrairement à d'autres qui restent dans l'entre-soi.

Une chose est sûre, quand on rentre chez soi après la séance, on est bien tenté de débrancher tout ce qui peut l'être chez nous, de couper la Wi fi, le portable etc...

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 23 Septembre 2025

Film d'Emmanuel Poulain-Arnaud

Avec Audrey Fleurot, Dany Boon, Ewan Bourdelles, Nicolas Marié, Amalia Blasco

Synopsis : Chris et Antoine ont bien du mal à s’entendre depuis leur divorce. Mais, lorsqu’on leur annonce que leur fils de 16 ans est atteint d’une maladie rare, qui va lui faire perdre la vue, ils s’efforcent de mettre leurs rancœurs de côté. Les ex-conjoints embarquent leur fils pour des vacances inoubliables, bien décidés à lui offrir ses plus beaux souvenirs.

 

Mon humble avis : Un film sympathique et touchant faute d'être totalement bouleversant, ce qu'il aurait pu être avec un tel sujet. On peut saluer le fait que le film ne soit pas "tire larmes", que le pathos est évité. Mais le film peine à trouver un équilibre. Dommage qu'un des personnages secondaires (la nouvelle compagne d'Antoine) soit aussi grotesque, d'un comique lourdingue qui n'a rien à faire dans le film et qui du coup, exaspère. Sans cette fameuse Isabelle, véritable caillou dans la chaussure, Regarde aurait gagné dans le style "doux amer".

Mais l'on suit avec plaisir l'histoire de cette famille éclatée qui tente de se réunir autour du fils promis très vite à la cécité. D'ailleurs, les passages entre Milo et son grand-père sont vraiment savoureux. Les prises de vue sont superbes : La côte Landaise avec ces maisons en bord de plage à l'heure jaune, avec cette impression de bout du monde déserté et hors tu temps, les magnifiques scènes de surf et les gigantesques vagues océaniques sont très bien filmées. A noter : le film a justement été tournée dans les landes là où se pratique le handi-surf pour personnes malvoyantes.

Malgré la maladie, Milo garde un aspect insouciant pour profiter de ses priorités d'adolescent : Le sport, les copains, les premières amours.

Le couple Feurot /Boon fonctionne bien, même s'il va me falloir du temps, j'ai l'impression, pour oublier de voir Morgane (HPI) dès que je vois Audrey. Mais le couple prend parfois trop de place au détriment du jeune Milo, parfois refoulé en rôle secondaire, alors qu'il aurait dû être le personnage principal. D'ailleurs, saluons le casting jeunesse, car Ewan Bourdelles et Amalia Blasco sont vraiment convaincants (Amalia est particulièrement lumineuse) et donnent envie de les revoir sur grand écran.

Bref, le film est agréable mais il y manque un gros quelque chose (que je suis incapable de préciser) pour un faire un excellent film de cinéma. Là, je dirai qu'on est plus dans le bon téléfilm.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 21 Septembre 2025

Bonjour,

Un p'tit dimanche en photo "proxi"macro nature.... Quand on regarde bien et qu'on y prête attention, on remarque que la couleur jaune est vraiment très présente dans Dame Nature. Aussi, ce billet est consacré à mes photos nature dont le sujet principal est ... jaune.

Toutes ces photos sont miennes et non libres de droit, d'usage ou de reproduction.

Elles ont été prises ces deux dernières années, entre le Nord, la Bretagne, la Touraine et le sud (Provence / Gard / Hérault

 

Je vous souhaite une belle journée :)

UN DIMANCHE EN JAUNE NATUREL
UN DIMANCHE EN JAUNE NATUREL
UN DIMANCHE EN JAUNE NATUREL
UN DIMANCHE EN JAUNE NATUREL
UN DIMANCHE EN JAUNE NATUREL
UN DIMANCHE EN JAUNE NATUREL
UN DIMANCHE EN JAUNE NATUREL
UN DIMANCHE EN JAUNE NATUREL
UN DIMANCHE EN JAUNE NATUREL
UN DIMANCHE EN JAUNE NATUREL
UN DIMANCHE EN JAUNE NATUREL
UN DIMANCHE EN JAUNE NATUREL
UN DIMANCHE EN JAUNE NATUREL
UN DIMANCHE EN JAUNE NATUREL

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Le coin de la proxi photo

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Publié le 19 Septembre 2025

Thriller - Editions Audiolib - 9h13 d'écoute - 22.95 €

Parution Audiolib & Sonatine en 2024

Mon pitch : On a une artiste mondialement célèbre qui lors de sa mort à léguer toutes ses oeuvres à une fondation. C'est Vanessa.

Vanessa vivait sur l'île d'Eris en Ecosse avec Grace, son amie médecin et exécutrice testamentaire.

Le mari de Vanessa est porté disparu depuis vingt ans...

Lors d'une exposition des oeuvres de Vanessa, un anthropologue remarque qu'une de ses sculptures contient un os... humain.

Bercker, conservateur d'art pour  la fondation, va donc enquêter sur l'île d'Eris et rencontre Grace.

Tentation : Envie d'un bon thriller et bonne réputation de l'autrice

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Paula Hawkins est l'autrice de l'excellent "La fille du train", dont j'ai vu l'adaptation ciné, et "Au fond de l'eau", thriller qui m'avait ravie il y a quelques années... Aussi me suis-je précipitée pour (audio)lire L'Heure bleue... Et bien je n'aurais pas dû !

Si je ne me trompe pas, l'heure bleue est aussi appelée entre chien et loup... Cette heure de la journée qui où tout manque de relief, où chiens et loups se confondent...

Et bien il en est de même de ce roman... Qui est sacrément dépourvu d'aspérités auxquelles s'accrocher pour l'apprécier, vibrer et voire même flipper, puisque c'est ce que l'on attend d'un thriller.

Rien n'est surprenant dans ces pages, dont on peut même regretter l'absence de rebondissement. Il y a là la recette classique du presque huit clos sur une île, mais sans nouvel assaisonnement, cela manque cruellement de saveur. D'autant que les comportements et réactions des personnages répondent à tous les poncifs du genre... Même le dénouement final n'a rien de surprenant et de révèle d'une platitude... Ce n'est pas compliquer, jusque dans l'usage de certains mots et expressions, j'ai eu l'impression d'avoir déjà lu ce livre dix fois... Bref, l'Heure bleue est à mes yeux une caricature de thriller. Paula Hawkins dilue cela dans des histoires de familles et d'amitié entre Becker et la fameuse fondation... Oui, il faut bien remplir 384 pages. Ah et puis tiens, rajoutons un mort pendant qu'on y est, histoire de faire durer un peu plus... Un personnage dont il est vaguement question au début, puis qui disparaît avant de revenir des décennies plus tard, sans qu'il y ait une motivation profonde et réaliste à ce retour.

L'ensemble, dont la narration, est froid, comme la couleur bleue. Et pourtant, un point pour le personnage de Grace qui a réussi à m'émouvoir un peu, dont j'ai compris la détresse. Mais cela n'enlève pas le sentiment de grosse déception. Paula Hawkins n'est plus gage de qualité pour moi désormais.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #thrillers polars étrangers, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 17 Septembre 2025

Roman -Editions Folio - 224 pages - 8.50 €

Parution poche mai 2024, Gallimard sept 2022

Mon pitch : Dans une petite ville de Saone et Loire, la jeune Clara est coiffeuse chez... Cindy Coiffure. Son quotidien, réglé comme du papier à musique est une routine guère exaltante, avec comme bande son la radio Nostalgie diffusée dans le salon. Même son petit ami, pourtant beau comme un dieu se révèle bien ennuyeux et la relation s'endort.

Un jour, un client du salon oublie un livre... Du côté de chez Swann... de Proust. Quelque temps plus tard, Clara, plus habituée à lire Guillaume Musso que les grands classiques, ouvre l'ouvrage... Pour elle, s'est une révélation et sa vie va s'en trouver complètement bouleversée.

Tentation : La blogo

Fournisseur : Achat à la braderie de ma médiathèque.

 

Mon humble avis : Il y a déjà bientôt trois ans, l'histoire de Clara qui découvre Proust s'immisçait partout sur la blogosphère, dans les médias etc... je me souviens d'avis élogieux. Le nom de Proust (que je n'ai pourtant jamais lu) me rebutait un peu, puis ce titre s'est fait doubler par d'autres dans mes projets de lectures, jusqu'à ce que je tombe sur cette version folio, au texte très aéré etc... Donc pourquoi pas !

Je m'attendais à une lecture dense et exigeante... Aussi, quelle ne fut pas ma surprise de constater qu'il n'en n'était rien, et que je pénétrais là dans un roman à mi-chemin entre le feel good et le développement personnel. On partage la vie du salon de coiffure via quelques brèves, non pas de comptoir, mais de brushing. Les personnages sont tous issus de ce microcosme (excepté les parents et le copain de Clara qui ne font ici que de la figuration) et l'on a donc droit à l'esprit d'équipe qui se constitue autour du projet de l'un deux. Des collègues qui, sans s'en apercevoir, son plus attachés les uns aux autres qu'ils ne le soupçonnent.

Clara découvre Proust, pour elle c'est la révélation et c'est avec une gourmandise obsessionnelle qu'elle s'enfile les différents tomes de A la recherche du temps perdu.

Avec ce roman, Stéphane Carlier se fait VRP de Proust. Il partage avec élan et passion son adoration pour l'auteur de référence. Il invite donc à le lire, le découvrir, le relire ou pourquoi pas, à se contenter de cette initiation à l'oeuvre d'origine. Au-delà de la Recherche du temps perdu, c'est à la littérature, à la lecture est ses bienfaits que Stéphane Carlier rend hommage dans cette histoire sympathique à l'atmosphère légère.

Comme je le disais plus haut, on est proche du feel good et du développement personnel avec les clichés qui vont avec. En effet, le message global de Clara lit Proust est... qu'il ne faut pas hésiter à se réinventer et à réinventer sa vie... Donc rien de bien nouveau malgré l'originalité du point de départ. J'attendais un peu plus de profondeur et une écriture plus ciselée. On reste dans l'anecdotique.

Clara lit Proust est donc finalement une lecture agréable et rafraichissante, parfaite pour l'été ou pour respirer entre deux lectures plus conséquentes, sans pour autant être mémorable ou bouleversante. Et je n'ai toujours pas envie de lire Proust... je le ferais peut-être en audio, quand je serais aveugle et alitée, et à la recherche de mon temps perdu.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 15 Septembre 2025

Thriller - Editions Livres de poche - 320 pages - 8.90 €

Parution poche janvier 2024 (Editions du Rouergue en 2022)

Mon pitch : Darwyne Massily a 10 ans, vit avec sa mère à Bois Sec, un bidonville de Cayenne, et est légèrement handicapé, ses pieds étant de travers. Il voue un amour inconsidérable pour sa mère qui ne jure que par Jésus Christ et les hommes... Régulièrement, un nouvel amant de Yolanda s'installe dans leur bicoque, après que le précédent ait disparu.

Ca ne plait pas à Darwyne, qui trouve souvent refuge dans la forêt toute proche... Cette forêt qu'il connait par coeur, qu'il a appris à voir, à écouter, à sentir, à écouter, à deviner...

Et voilà que Mathurine débarque à Bois Sec. C'est une employée de la protection de l'enfance... Suite à un signalement anonyme, elle doit effectuer une évaluation sociale chez Darwyne...

 

Tentation : Ma lecture de "Entre fauves" du même auteur

Fournisseur : La Bib de St Lunaire

Mon humble avis : Décidemment, après mon enthousiasme pour "Entre Fauves" et la lecture de Darwyne, je peux dire que Colin Niel est un auteur qui me convient parfaitement, que je n'ai pas fini de lire et de découvrir !

Si pour "Entre fauves" j'avais émis le bémol de quelques longueurs et répétitions, il n'en n'est rien ici. Darwyne se dévore littéralement. Sa lecture est si addictive que l'on n'a qu'une seule idée, y retourner au plus vite, sitôt les contingences quotidiennes bouclées.

Avec Darwyne, nous voici "de nouveau" en Guyane. De nouveau car il y a une dizaine d'années, Colin Niel a écrit une trilogie amazonienne (qui est donc dans mes projets). La destination et le sujet (la forêt) sont parfaitement maîtrisés puisque Colin Niel a vécu plusieurs années en Guyane, en qualité d'ingénieur dans la préservation de la biodiversité eaux et forêts...

Mathurine enquête donc sur la famille de Darwyne. Mais le gamin est très rétif, la fuit et ne répond pas à ses questions. Alors, suite à une remarque du maître d'école, Mathurine l'emmène en forêt. Et là, la relation avec l'enfant devient tout autre, dépasse les limites de la mission, et se passe de mot. Car Darwyne sait la forêt... Darwyne est en fait extraordinaire aux yeux de Mathurine. Pas à pas, elle parvient à "l'apprivoiser".

Les passages qui se déroulent en forêt sont somptueux... Colin Niel nous entraîne avec lui sous la canopée, dans ce temple de la nature malmenée par les hommes mais toujours ô combien vivante et peuplée parfois d'invisibles. A travers le personnage de Darwyne, et de ses connaissances qui échappent à tout le monde, Colin Niel montre que la forêt amazonienne est loin d'avoir délivrer tous ses secrets, ses ressources, ses mystères. Et des mystères, il y en a beaucoup dans cette histoire qu'on ne lâche pas, dans cette atmosphère fantasmagorique. De cet univers qui en effrayerait plus d'un tant nombreux sont les dangers tapis dans l'ombre, Colin Niel nous livre une description féérique, jamais éloignée du fantastique.

A travers les personnages de Yolanda, de Darwyne, de Jhonson, de Mathurine et de ses collègues, Colin Niel traite aussi ici des sujets de la parentalité et de son désir, de la différence et de son rejet, du manque de moyens et de bras dans les services de la protection de l'enfance, et de la situation plus que précaire des immigrants clandestins vivants entassés dans des cabanes faites de tôles et de bois.

Alors que se tournent les pages le lecteur hésite sans cesse sur la source du danger, sur la source du bien et du mal et la notion de ces derniers dans une tension qui va crescendo. Colin Niel nous engloutit autant dans les profondeurs de la forêt que dans celles de l'âme humaine... dont le plus grand besoin depuis toujours est d'être aimée.

Et quand le mot fin apparaît, une suggestion fait froid dans le dos et quelques mystères restent entier... Peut-être seront ils levés dans "Wallace", la "suite" parue en l'an dernier et dans lequel on retrouve le personnage de Mathurine, en autre. Un roman que je vais m'empresser de réserver à la médiathèque !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Thrillers - polars français

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