Publié le 18 Février 2022

BD - L'île aux remords - avis - chronique

BD- Editions Grand Angle - 78 pages - 18.90 €

Parution en octobre 2017

L'histoire : 1958. Les Cévennes sont la proie d'inondations gigantesques. Jean, médecin de campagne, va porter secours à son père qui vit encore dans les collines. Mais cela fait 25 ans qu'il est parti brutalement, sans donner la moindre nouvelle, pour entrer dans l'armée coloniale. A mesure que l'eau monte, la colline devient une île où père et fils sont contraints de se parler et de faire le point sur une histoire familiale compliquée. Aux froides certitudes de Jean, le père oppose un humanisme ancré dans la terre. Les certitudes de Jean risquent d'être emportées par la crue, et les a priori avec !

Tentation : Couv, pitch et dessins

Fournisseur : bib de Dinard

 

Mon humble avis : Ce duo d'auteurs m'avait déjà procurer un joli coup de coeur avec un autre opus : Facteur pour femmes. Et il réitère avec cette très belle histoire, qui nous mène dans les Cévennes inondées, mais aussi, par le passé, dans différents bagnes français.

Et c'est là que j'ai appris, beaucoup. Dans mon esprit, le bagne, c'était Cayenne et la Guyane, c'est tout. J'ai donc découvert ici que les bagnes étaient à l'époque presque aussi nombreux que les drapeaux français plantés en terres lointaines. Ici, il est question des bagnes de l'Indochine, d'Algérie et de Guyane. L'intrigue nous amène à comprendre et visualiser le fonctionnement horrible et inhumain de ces derniers, et un cahier final étoffe les informations à ce propos.

Et puis il y a cette belle histoire de filiation, d'identité et de quête qui se déroule lors de conversation alors que le père et le fils, entourés d'eau, n'ont pas d'échappatoire. Un père adoptif fier de sa terre, de ses origines, de sa vie de labeur campagnarde... Et ce fils qui a fui pendant 25 ans. Le père qui rêve d'îles à travers ses lectures, le fils qui a bourlingué. Le père humaniste, le fils colonialiste. Et le fils, qui ignorait jusqu'alors ses origines réelles, réalise que toutes les années où il les a cherchées dans une fuite perpétuelle, elles étaient devant lui, qu'il les a ignorées, et pire encore, méprisées...

Le tout illustré par de splendides dessins, doux et dépaysants... Une BD à lire, évidemment !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 16 Février 2022

Sorj Chalandon, roman, une promesse, avis, chronique

Roman - Editions Livre de Poche - 224 pages - 7.70 €

Parution Grasset 2006, Livre de Poche 2008

L'histoire : Dans un village de Mayenne, chaque jour, ils sont sept amis à se relayer pour passer dans une maison à l'orée du bourg, chacun avec une mission, un rituel... Ensuite, ils se retrouvent au café, pour partager "le verre de  promesse".

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

 

Mon humble avis : Comme j'ai aimé ce livre, comme il me tardait d'y retourner... malgré sa relative lenteur, malgré le fait qu'il n'y s'y passe rien de grandiose ou d'extraordinaire... Juste la vie qui va... qui s'en va... qui continue.

"Une promesse" m'attendait dans ma PAL depuis longtemps, et je m'en suis saisi sans relire la 4ème de couv'... Je suis donc allée de découverte en découverte, me demandant jusqu'à mi parcourt où Chalandon voulait bien me mener, s'il y avait réellement un aspect trompe l'oeil ou pas.

Chalandon nous parle de la terre profonde, celle où l'on vit simplement un peu isolé avec les siens, ceux que l'on retrouve au bistrot. Mais de cette terre, émane le souvenir amer de la mer qui a englouti les hommes au loin, et que l'on a fui.

Au fil des pages, de façon non linéaire, on découvre chacun des protagonistes : leur vie et leurs bagages, les liens entre eux, qui remontent pour la plupart à l'enfance... Et ce qui les unissent aux habitants de cette fameuse demeure. Chaque portrait s'étoffe donc au fur et à mesure des chapitres, et nous offre à connaître des hommes et femmes attachants, avec leurs forces, leurs fragilités. Il est aussi question de légendes qui pourraient être vraies pour qui aime y croire, comme un pied de nez à l'inéluctable. 

J'ai particulièrement aimé la langue, les mots de Chalandon. Parfois minimaliste, à l'image des personnages, Chalandon ne parle pas pour ne rien dire et l'on est au pays des taiseux. Les noms communs deviennent complément sans article. Les objets, leurs utilisations disent souvent plus que les paroles et les mots. Avec eux se dévoile ce que voudraient peut-être cacher les hommes.

Comme on le sait, avec Chalandon, ce n'est pas un roman gai, mais il n'est pas plombant... Au contraire, je l'ai trouvé lumineux. Une très belle histoire d'amitié, de respect, de fidélité, d'entre aide, de partage, de transmission, d'acceptation des différences, et ce, sur plusieurs décennies (même si le centre de l'histoire se déroule sur quelques mois, les flash-back nous emmènent bien avant hier). Un texte qui dit aussi l'importance des rites et rituels pour prolonger le passé, ne pas l'oublier, lui donner encore vie... quelque temps.

Magnifique ! Profondément humain, sensible et intelligent... Très bien mené.

(Prix Médicis 2006)

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 14 Février 2022

Nouvelles - Edition Audiolib - 5h12 d'écoute - 19.80 €

Parution Belfond et Audiolib en 2014 

Le sujet : L'amour et la solitude, la possibilité de changer de vie, le hasard des rencontres, les choix qui s'offrent à nous, l'art de la fuite... et les femmes. Douglas Kennedy explore encore plus avant ses obsessions pour nous livrer une variation en douze mouvements.

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL audio / Bib de Rennes

 

 

Mon humble avis : Bon, je ne vais pas y aller par quatre chemins, je n'ai pas aimé du tout cette lecture (peu importe qu'elle fut audio ou pas)... Je n'y ai trouvé aucun intérêt.

OK, j'avoue ne pas être fan des histoires d'amour... Mais étant donné le titre, j'attendais de la douceur, de la beauté, de l'originalité, et pourquoi pas un peu de passion poétique...
Rien de tout cela... Que des histoires de couples à bout de souffles ou de relations plus ou moins extraconjugales toxiques où je ne peux concevoir qu'elles soient entretenues par le protagoniste victime consentante et plutôt clairvoyante dans le texte.

Les personnages sont tous très très stéréotypés... Ils ont tous "leur single mat" préféré, vont tous à l'opéra (ben oui, le ciné ou la petite pièce de théâtre de boulevard seraient sans doute trop communs), prennent tous l'avion Paris New York Londres , dinent tous dans de très très beaux restaurants (Le Crillon entre autres), et fréquentent tous ou presque (en extraconjugal ou en deuxième noce) des sopranos mondialement connues, et enfin travaillent tous haut placé dans la finance ou le juridique... Ou alors, ils sont écrivains en devenir, en panne sèche, ou en manque de reconnaissance. J'exagère à peine ! Bref, si vous cherchez dans ce livre Monsieur et Madame Toutlemonde, c'est peine perdue.

Si l'on en croit ces textes, tous les hommes finissent par regretter leur mariage (mais bon y'a les enfants tout de même), ils sont tous tombés sur ma mauvaise femme, qu'ils quittent tous pour vivre libre et se jetant immédiatement dans d'autres bras tout aussi contraignants ! Mise à part la dernière histoire, il semble n'y avoir aucune moralité là-dedans, mais des clichés américains et des poncifs français à la pelle. Bref, aucun murmure dans ces pages et beaucoup de répétitions dans ces destinées assez consternantes. Donc bref, on passe, on évite et on oublie vite !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 10 Février 2022

roman, le tatoueur d'Auschwitz, Heather Harris,  avis, chronique, blog

Roman - Editions  J'ai Lu - 319 pages - 7.90 €

Parution City Editions en 2018, J'ai Lu en janv 2021 

L'histoire : 1942... Lale, juif slovaque, se retrouve prisonnier de l'enfer à Auschhwitz. Il découvre les codes et le fonctionnement du camp dans une seule optique : en sortir vivant. Peu de temps après, il est recruté par les SS pour devenir le tatoueur d'Auschwitz. Ce travail offre un Lale un statut privilégié : une chambre seule... et une relative protection : son sort dépend de Berlin. La plupart des nouveaux détenus d'Auschwitz et Birkenau passent devant lui et lui tendent le bras...  Un jour, c'est le bras de Gita, une jeune juive slovaque, que Lale tatoue. Et contrairement à l'habitude, il lève les yeux et croise son regard. Pendant près de trois ans, leur amour sera fait d'instants volés, de petits gestes, de promesses d'une autre vie, celle de la liberté, un jour.

Tentation : Le marketing : bon placement dans la librairie, bandeau, 4ème de couv'...

Fournisseur : Ma CB

Mon humble avis : Ce roman est inspiré d'une histoire vécue. Celle de Lale, que l'auteure néo-zélandaise Heather Harris a rencontré durant trois années pour recueillir son témoignage, dans l'idée d'un écrire un scénario, qui est finalement devenu roman.

L'histoire est "belle", prenante, et bouleversante pour ce qu'elle représente, le lieu et le contexte dans lesquelles elle se déroule. On ne peut bien sûr pas rester insensible au terrible sort des prisonniers d'Auschwitz.

Mais j'ai ressenti comme un malaise, un décalage tout au long de ma lecture. Certes, certaines horreurs des camps sont bien présentes et partiellement narrées, mais j'ai eu la sensation de lire une version édulcorée d'Auschwitz et Birkenau, comme si la romancière voulait épargner ses lecteurs. Or, quand on se dirige vers ce genre de titre, on ne demande pas cela, nous qui avons la chance de ne pas l'avoir vécu. On veut l'Histoire, la vraie, pour apprendre, se souvenir, comprendre, ne pas oublier. Certes, pour cela, il vaudrait mieux choisir des témoignages, mais en lisant la 4ème de couv', je me disais que ce titre serait un juste mélange d'Histoire et de roman.

Certes, la façon dont Lale a traversé ces 3 années en camp de concentration est assez romanesque (la vie l'est parfois), et c'est avec intérêt que j'ai suivi les efforts qu'il déploie pour "alléger" la condition de tant de ses codétenus.  Certes, j'ai saisi son tiraillement... En effet, son travail (obligatoire) de tatoueur peut passer pour de la collaboration aux yeux des non avertis. Mais il y a tout le reste, toute l'énergie qu'il met pour récupérer une plaque de chocolat ou une portion alimentaire pour en faire don à d'autres.

Certes, dernier certes, la relation amoureuse qu'il vit avec Gita est très aussi romantique que le lieu le permet...

On a beau être dans une retranscription d'une histoire vraie, je n'y ai jamais vraiment cru... Peut-être parce que l'auteure semble avoir nié toutes ses émotions... En fait, le texte est quelque part assez froid. Il se lit facilement, tant l'écriture est à mes yeux assez pauvre, très académique... Un travail scolaire bien fait... Mais le pire est dans les dialogues entre nos deux amoureux... J'avais l'impression de lire du Barbara Cartland (que je n'ai d'ailleurs jamais lue !!!) ou du Harlequin soft... Peut-être ce ressenti est-il lié à la traduction, je n'en sais rien.

Mais Le tatoueur d'Auschwitz reste un bon témoignage de survivance, de résistance, de réflexe de survie. Et une belle histoire d'amour dans un lieu où ce dernier n'avait pas place.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 9 Février 2022

Cinéma, film, Une jeune fille qui va bien, de Sandrine Kiberlain, avis, chronique

Film de Sandrine Kiberlain

Avec Rebecca Marder, André Marcon, Anthony Bajon

 

Synopsis : Irène, jeune fille juive, vit l’élan de ses 19 ans à Paris, l’été 1942. Sa famille la regarde découvrir le monde, ses amitiés, son nouvel amour, sa passion du théâtre… Irène veut devenir actrice et ses journées s’enchaînent dans l’insouciance de sa jeunesse.

Mon humble avis : Appréciant beaucoup Sandrine Kiberlain l'actrice, j'étais curieuse de découvrir ce qu'elle avait à nous raconter en tant que réalisatrice et scénariste.

C'est un film sobre, élégant, raffiné qu'elle nous propose ici. Et très lumineux malgré le contexte ombrageux.

Une jeune fille qui va bien est un beau portrait de la jeunesse parisienne sous l'Occupation. La jeunesse filmée ici et celle qui ne vit que par ou pour le théâtre, en préparant le concours du conservatoire. Une jeunesse qui semble insouciante de ce qui se passe autour d'eux, près d'eux, chez eux. Une jeunesse qui prépare son avenir. Et que leur famille tente de protéger. Mais l'antisémitisme se déploie. Les juifs doivent donner à l'"Etat" leurs téléphones, leurs radios, leurs vélos... La mention Juive doit être apposée en rouge sur leur carte d'Identité. Puis vient le port de l'étoile jaune sur la veste.

Malgré cela, Irène ne démord pas... Elle est une jeune fille française avant d'être juive et nie la réalité. Et elle croque sa jeunesse à pleines dents, découvre l'amour, répète inlassablement ses scènes de théâtres. On retrouve bien l'esprit Kiberlain dans ce film : la légèreté d'apparence ne cache pas la gravité.

Le casting est impeccable et ne fait pas d'ombre au sujet. Tout est filmé avec justesse, et de manière intemporelle. Les images, les décors font dire que cette histoire pourrait être aussi n'importe où et n'importe quand.... dans un contexte similaire. Par exemple, on ne voit pas d'Allemand et l'horreur de la situation est réellement exprimée que par la dernière image. J'ai juste regretté quelques longueurs / lenteurs. J'ai beaucoup aimé le personnage de Marceline, la grand-mère d'Irène.

L'histoire d'Irène, c'est celle d'un destin brisé, un parmi des centaines de milliers durant cette période.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 6 Février 2022

Bonjour !

Fin août dernier, j'ai passé quelques jours en Bourgogne à l'occasion d'un événement familial. Les trois matinées, je les ai passé sur mes petits pieds à sillonner les environs de la commune de Fley et son lieu dit ": Rimont". J'ai adoré ces coins comme hors du monde, où il semble faire bon vivre. Si j'avais su que j'aimerais autant Rimont et ses vignes autour, j'y serais allée plus tôt ! 

Bon dimanche !

UN DIMANCHE EN BOURGOGNE
UN DIMANCHE EN BOURGOGNE
UN DIMANCHE EN BOURGOGNE
UN DIMANCHE EN BOURGOGNE
UN DIMANCHE EN BOURGOGNE
UN DIMANCHE EN BOURGOGNE
UN DIMANCHE EN BOURGOGNE
UN DIMANCHE EN BOURGOGNE
UN DIMANCHE EN BOURGOGNE
UN DIMANCHE EN BOURGOGNE
UN DIMANCHE EN BOURGOGNE
UN DIMANCHE EN BOURGOGNE
UN DIMANCHE EN BOURGOGNE
UN DIMANCHE EN BOURGOGNE
UN DIMANCHE EN BOURGOGNE

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyage en France et ses iles

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Publié le 4 Février 2022

Récit de voyage - Editions Folio - 133 pages - 6.50 €

Parution Gallimard 2008, Folio 2010

Le sujet : Dans les années 80, Pierre Jourdes est allé parcourir les pistes du Ladhak et du Zanskar, vallées désertiques de l'Himalaya. Le Tibet sans peine raconte ces périples, leurs motivations parfois étonnantes, les émerveillements et les tourments... Car Un Tibet sans peine est proche de l'oxymore !

 

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

Mon humble avis : Un récit de voyage ! Y'avait longtemps !

Celui-ci regroupe les souvenirs des trois voyages de Pierre Jourde dans l'Himalaya, en s'attardant plus sur le dernier, sans doute le plus mémorable pour l'auteur.

Ces expéditions ont été réalisées bien avant l'aire d'internet... La rédaction du texte une bonne vingtaine d'années plus tard. C'est peut-être là que nait mon petit hic... La souvenance exerce forcément une sélection naturelle pour ne garder que le plus extrême, dans le pire comme dans le meilleur. Dans ce récit, il manque donc peut-être un peu de ces états intermédiaires... Comme il manque une carte pour suivre les pérégrinations de ces garçons en pleine force de l'âge... mais qui s'embarquent un peu dans cette aventure à la légère... notamment au niveau matériel et préparatifs.. Et sans matériel adéquat dans ces contrées hostiles, que devient-on ? Et pourtant, étonnement, leur périple est un succès.

Mais Pierre Jourde rend tout de même bien les aléas d'un tel voyage, le choc des cultures, l'immensité des paysages, le grand écart entre la pauvreté des gens et la largeur de leurs sourires, les cartes plus que clairsemées et les surprises que cela induit (bonnes comme mauvaises), les différences de confessions et donc de vie à quelques kilomètres de distances (entre l'Islam et le Bouddhisme). Et l'estocade... Celle de l'extrême beauté des paysages quasiment désertiques, beauté qui coupe le souffle, après avoir coupé les jambes pour l'atteindre. Car oui, le Tibet se mérite. L'écriture est belle, parsemée d'un peu d'humour et d'autodérision. Mais j'ai trouvé la dernière page de très mauvais goût, j'aurais préféré quitter le Tibet avec une autre image dans la tête ! Spoiler : L'auteur est enfermé dans des toilettes "locales" a se défaire d'une mauvaise tourista et sort régulièrement vérifier que le bus l'attend toujours !

La lecture est donc agréable mais emporte moins que ne le promet la quatrième de couv'. Je n'ai pas été bouleversée ni émue particulièrement, et je ne sens beaucoup enrichie culturellement. Friande de récits de voyages que je suis, je ne pense pas que celui-ci me laissera une empreinte en moi... Peut-être parce qu'il s'agit ici de la rédaction de souvenirs vieux de vingt ans... qui survolent peut-être l'essentiel.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #récits ou romans de voyages

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Publié le 2 Février 2022

BD - Mary Jane - Avis - Chronique - Franck Le Gall - Angleterre début 19ème siècle

BD - Editions Futuropolis - 88 pages - 18 €

Parution en Février 2020

L'histoire : C'est l'histoire d'une tragédie. Celle de Mary Jane Kelly. Une des victimes désignées de la misère sociale sévissant alors dans l'Angleterre de la fin du XIXᵉ siècle. Veuve à dix-neuf ans, elle fuit le pays de Galles et la misère pour rejoindre Londres. Pour son malheur, elle y rencontrera la prostitution et le couteau d'un tueur en série, devenu célèbre depuis : Jack l'éventreur.

 

 

Tentation : Pourquoi pas, graphisme agréable !

Fournisseur : Bib de Dinard 

Mon humble avis : Voici un bien bel album, même s'il est sombre, l'histoire étant inspirée de faits réels...

Les dessins m'ont beaucoup plu : détaillés, réalistes, et assez doux, malgré l'âpreté et la misère qu'ils mettent en scène.

C'est une immersion dans la face cachée du Londres victorien que les auteurs nous proposent avant tout : celui de la misère qui fait face à l'opulence des nouveaux riches et des bourgeois.

A cette époque, les indigents pouvaient bénéficier de la "charité publique" proposée par l'Union ("les familles sont séparées et les enfants y meurent à coups de fouet, ou violé par les portiers. On y mange debout dans le froid et les hommes travaillent à casser des pierres comme des bagnards). Alors, à l'époque, nombres de nécessiteux prenaient la route en rodeur à la recherche d'un travail digne de ce nom...

Et pour les femmes, bien peu de portes de sortie, si ce n'est la prostitution.

Nous suivons ainsi la jeune Mary Jane, qui a 19 ans lorsque son mari aimant meurt dans une explosion au fond de la mine. La voici sur la route pour Londres, comme on le lui a conseillé. Elle est mignonne, elle est pure et naïve, mais éduquée. Elle tombera dès son arrivée à la capitale sur une mauvaise personne qui la vendra à une maison close. Le cercle infernal commence alors pour Mary Jane et seul l'abus de Gin lui permet (comme toutes les autres) de tenir... Jusqu'à la rencontre fatale avec le célèbre assassin de Whitechapel, Jack l'Eventreur. Mary Jane fut l'une des 5 victimes du monstre. Ce monstre, il en est très peu question ici, l'auteur considérant que l'on sait déjà tout, et trop, de lui, vu la fascination qu'il exerce sur certains. Par contre, de ses victimes, que savons-nous ? Rien. Franck Le Gall leur redonne donc vie et identité, nous rappelle qu'avant d'être victime elles étaient des femmes, qui avaient leur propre histoire. Et pour cela, il a choisi Mary Jane, la dernière victime.

Cette biographie imaginée est là pour rendre hommage à ces femmes et rappeler les conditions de vie des petites gens dans une époque et contexte social bien précis : les années 1880 en Angleterre, et plus précisément à Londres.

Intéressant, agréable à lire et à regarder, c'est un album nécessaire qui a mis presque 30 ans à voir le jour !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 31 Janvier 2022

Bonjour, aujourd'hui, c'est le Rouge-queue noir qui est à l'honneur, que je vous propose de découvrir ou de mieux connaître !

C'est un petit passereau qui pèse entre 14 et 20 gr, dont l'envergure oscille entre 23 et 26 cm, dont la longueur est de 14 cm.

Il se voit dans à peu près toute la France et ce toute l'année. Il est donc nicheur, migrateur et par endroit hivernant. Personnellement j'en ai vu à foison dans le Limousin, le Morvan et la Bourgogne. Mes rencontres avec lui en Bretagne ont été plus espacées et anecdotiques.

Ici, nous avons un beau mâle en plumage nuptial (qui a commencé sa mue : photo mi août) Il y a un dimorphisme sexuel sur cette espèce, mais qui n'est pas toujours évident à distinguer et qui rend d'ailleurs impossible, à certaines période de l'année, de sexer un individu. En effet, un jeune immature a le même aspect que la femelle quand ses commissures jaunes ont disparu. On dit alors Rouge-queue noir type femelle... Comme ci-dessous.

 

Le Rougequeue noir est très lié aux milieux rupestres, qu'ils soient naturels (falaises, éboulis rocheux, versants rocailleux, ravins, etc. ou artificiels (constructions humaines de toutes sortes), car sa nidification est rupestre. Il apprécie les espaces dégagés quels qu'ils soient comme zones de chasse. Il les trouve sur les versants montagneux, dans les espaces agricoles, sur les rivages maritimes, en milieu urbain, entre autres.

 

Le Rougequeue noir est un oiseau assez peu farouche. On le repère à ses cris et à son chant lorsqu'il est posé en évidence, ne cherchant pas à se cacher. L'oiseau est le plus souvent vu perché sur un support dégagé (piquet, fil, buisson, branche basse d'un arbre) d'où il surveille le sol alentour pour repérer ses proies sur lesquels il fond d'un vol direct. Au sol, il se déplace en sautillant. Ce n'est pas un animal grégaire, en dehors de la période de reproduction où il est alors en groupe familiale. Le Rougequeue noir est monogame et territorial. Lorsque l'habitat est optimal, les territoires peuvent être contigus. Les intrus sont pourchassés par les titulaires avec force cris.

 

C'est un oiseau avant tout insectivore , qui ne dédaignent pas les araignées, les petits mollusques, les millepattes, les petits lombrics. En bord de mer, il peut manger des petits crustacés. Enfin, quand c'est la saison, il ajoute des baies à son régime alimentaire où les graines sont très rares.

Ici ce mâle est clairement en plumage nuptial bien noir et marqué. (photo fin juin)

 

 

La nidification du Rougequeue noir est semi-cavernicole. Il recherche pour nicher toutes sortes d'anfractuosités plus ou moins ouvertes, le plus souvent protégées par un surplomb qui le confine, et ce en milieu "rupestre". Le nid, construit par la femelle, est un assemblage assez lâche et peu structuré d'éléments végétaux secs (herbes, paille, feuilles, mousse). La coupe est tapissée de poils et de plumes qui le rendent douillet.

 La femelle y dépose 4 à 6 œufs blancs brillants qu'elle couvera seule environ 13 jours. Les jeunes sont nourris au nid pendant une 15e de jours, puis encore 15 jours à 3 semaines après leur envol. Souvent, la famille se scinde en deux à ce moment, mâle et femelle prenant en charge chacun de leur côté une partie de la fratrie. Une fois le nourrissage terminé, il peut alors y avoir une 2ème nichée.

 

Au niveau mondial, son aire de répartition va de l'Europe, à toute l'Asie et jusqu'à l'Afrique Subsaharienne (avec quelques nuances et subtilités en fonction du climat, de l'altitude etc. (Il est par exemple assez rare en milieu boréal) Ce n'est pas un oiseau en danger d'extinction pour le moment.

 

Son vol est aisé et direct, avec un battement d'ailes régulier.

 

 

 

 

 

Celui-ci est un juvénile/immature, car on voit encore ses commissures jaunes/

 

Les textes de ce billet sont un mélange de "moi", de mon guide ornitho Belin et du site oiseaux.net  

Les photos sont miennes et non libres de droits. Ne pas utiliser/copier sans mon autorisation.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Le coin ornitho

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Publié le 29 Janvier 2022

Roman Blizzard de Marie Vingtras avis chronique

Roman - Editions de l'Olivier - 182 pages - 17 €

Parution le 26 août 2021 : Rentrée littéraire 

L'histoire : En Alaska, en plein blizzard ! Dans la nuit, une femme tient un enfant par la main. Bess le lâche un instant, le temps de renouer son lacet. Quand elle se relève, l'enfant n'est plus là et l'on n'y voit pas à un mètre... Elle se lance à sa recherche, ainsi que trois hommes qui se sont aperçus de leur absence de la maison. Le temps presse, c'est une course effrénée contre la mort certaine et les éléments déchaînés. Mais ces derniers sont ils les plus dangereux ?

Tentation : La blogo

Fournisseur : Luocine, merci pour le prêt !

 

Mon humble avis : J'ai tellement lu de billets enthousiastes sur ce roman à travers la blogosphère que j'ai l'impression que tout ou presque a été dit à son propos et je me retrouve bien embêtée.

C'est un premier roman, et chapeau ! L'auteure met la barre très haut avec ce roman très bien ficelé et pensé (j'admire l'imagination des auteurs et me demande souvent quelle en est la source).

Ce n'est pas un thriller, et pourtant, il en a la veine et le rythme... Un presque huis clos extérieur, prisonnier d'un blizzard qui souffle à ne pas mettre ni un pied, ni un chat dehors. Alors pourquoi Bess et l'enfant sont-ils sortis ? Et qui sont ces hommes qui partent à leur recherche ? Quels liens unissent ces quelques personnages ?

C'est ce Marie Vingtras nous dévoile au fil des courts chapitres, où elle donne la parole à tour de rôles à chacun des protagonistes. Nous découvrons alors leurs "bagages", leurs secrets, leurs tourments, leurs traumatismes, la raison de leur présence dans ce lieu perdu et hostile. Ils sont tous très humains dans leur complexité, pour le pire comme pour le meilleur. A travers eux, la romancière aborde nombre de sujets...

Je n'ai pas eu la surprise du choc de ce roman, tant la blogo m'en a avertie ! Mais j'ai adoré et je suis restée bien captive de ce blizzard, où la tension monte crescendo au fur et à mesure que le danger augmente. Les personnages sont bien campés et creusés, et j'ai eu un faible pour le vieux Freeman, dont le rôle dans cette histoire n'est révélé qu'à la fin. Quant à Bess, elle est bien plus touchante qu'elle ne le paraît au premier abord. A lire de toute urgence, avant que ne fonde la neige ! Ou alors, attendez une bonne période de canicule et prenez ce titre comme un rafraichissement ! Bien pensé, bien écrit, efficace, original, captivant.

L'avis de Luocine, de Keisha , de Krol, d'Aifelle

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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