Publié le 23 Avril 2026

Roman - Editions Audiolib - 11h31 d'écoute - 17.99 €

Parution d'origine en avril 2023. Existe en poche aussi.

Mon pitch : 1946... Adolescente, Gretel et sa mère fuient la Pologne, la honte chevillée au corps et la peur au ventre. Elles s'installent à Paris.

2022 : Gretel est une veuve nonagénaire et vit depuis quarante ans à Londres dans une résidence chique. Arrivent de nouveaux voisins... Un couple et leur jeune garçon. Leurs attitudes réveillent des souvenirs que Gretel pensaient enfouis à jamais. Et qui la mèneront au choix cornélien... Se taire et sauver sa peau, ou se mettre en péril et sauver un enfant.

 

Tentation : Envie de découvrir un nouvel auteur

Fournisseur : La bib de Dinard

Mon humble avis : Je suis contente, cette année, j'arrive à respecter globalement un objectif de lectures... Explorer de nouveaux auteurs (pour moi) et sortir plus souvent de ma zone de confort trop "franco-française" comme je dis.  Me voilà donc partie à la découverte de grands auteurs étrangers qui semblent incontournables... Voici donc ma première lecture de l'irlandais John Boyne.... Et pas la dernière !

Car quel roman ! J'en suis sortie toute "waouh", comme frappée par autant de talent, ébahie de pouvoir être encore autant surprise, captivée et perturbée par un roman. La vie en fuite est dorénavant un de mes grands grands coups de coeur de ces dernières années je pense.

Les grands sujets de cette histoire sont la culpabilité et la responsabilité. Une adolescente de 12 ans peut-elle être tenue pour responsable des actes de ses parents, ou de leur non dénonciation au fil de sa vie d'adulte.  Même quand on grandit au milieu de l'indicible qui devient la norme, ou que l'on côtoie cet indicible sans en prendre part mais en se taisant... Quand le sentiment de culpabilité se déclare-t-il, doit-on le porter toute sa vie ? Sommes-nous tous égaux devant ce sentiment qui peut ronger sur des décennies.

Je l'ignorais, mais "la vie en fuite" est la suite de "le garçon au pyjama rayé" paru en 2009 à destination du public jeunesse. Cette méconnaissance ne m'a gênée en rien, et la vie en fuite est bel et bien un roman adressé aux adultes.

Les chapitres s'alternent entre deux temporalités où l'on suit Gretel. 1946 lorsqu'elle arrive à Paris avec sa mère. Elles vivent pauvrement après une vie sans privation. Elles se déclarent allemandes de Berlin. Mais Gretel évoque souvent "l'autre endroit", qu'il est interdit de nommer. Lecteurs, nous comprenons vite qu'il s'agit d'Auschwitz, mais "du bon côté de la clôture". Le père et le petit frère sont morts, et c'est en état de sidération que nous découvrirons les causes et les circonstances de leur mort.

Dans les années 50, nous partons quelque temps avec Gretel en Australie. Alors qu'elle le fuit, elle rencontre son passé.

Le reste du temps, nous sommes à Londres avec Gretel qui a 91 ans, et que son fils aimerait placer en Epadh pour vendre le luxueux appartement. Sauf que Gretel a la patate et que ce n'est que les pieds devant qu'elle quittera son cocon... Et puis arrivent les nouveaux voisins et le petit Henry, dont le comportement alerte la vieille dame. Et là, un autre sujet important prend place : la violence intra familiale et l'emprise morale...  Je ne peux pas en dire plus sans risquer de spoiler...

Et puis il y a aussi la "jeune" voisine de Gretel... 20 ans de moins qu'elle mais déjà atteinte d'Alzheimer. Gretel s'en occupe en bonne voisine et garde toujours un oeil sur elle. 

Quel sacré personnage cette Gretel qui, quelque part, nous pousse sacrément dans nos retranchements, et ballote bien nos intimes convictions. Est-elle pénalement coupable, est-elle moralement responsable quand ce qui pourrait lui être reproché s'est déroulé alors qu'elle était enfant ? 

Moi-même, je n'arrive pas à me décider. Il y a en fait dans ces pages un aspect que j'appelle l'aspect "et si j'étais né en 17 à Leidenstadt" (Chanson de Jean-Jacques Goldman). Mais je n'ai pas réussi à la détester cette Gretel... Comme quoi, on peut facilement donner son affection à quelqu'un pour ce qu'il est actuellement, quand on ignore tout de son passé... Et là encore, reste à savoir si cette personne est responsable de son passé... Terrible questionnement dont ceux qui auront une réponse claire et nette seront bien chanceux ou alors tout à fait manichéens. Car quelque part, on sent que même John Boyne est indécis, et laisse le choix aux lecteurs.

Un roman magistral, bouleversant, puissant, incontournable, et quelque part atemporel... Pour moi, la vie en fuite est un chef d'oeuvre d'une rareté qui le rend encore plus marquant. Un livre qu'on ne lâche pas, qui pose les bonnes questions sans donner la réponse. Parce que souvent, dans la vie, les choses ne sont pas si limpides que les apparences le suggèrent.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 21 Avril 2026

Film d'Olivier Nakache et Eric Toledano

Avec Camille Cottin, Louis Garrel, Simon Boublil, Alexis Rosenstiehl, Pierre Lottin

 

Synopsis : Nous sommes en 1985, Vincent, bientôt 13 ans, vit en banlieue parisienne dans une famille de la classe moyenne, entre un grand frère distant et des parents en conflit permanent. Alors qu’il n’est « déjà plus » un enfant et qu’il n’est « pas encore » un adulte nous allons partager ses questions et ses doutes sur l’identité, l’amitié, la famille, la religion, le désir et les premiers élans amoureux.

Une comédie sur cette période de l’enfance où l’espoir de changer le monde n’était pas “Juste une illusion…”

 

Mon humble avis : Les noms des deux réalisateurs - Nakache et Toledano sont pour moi synonymes de films à voir, car qualité garantie.... dans des genres qui me plaisent. On leur doit "Intouchable", "Hors norme", "le sens de la fête", des films que j'ai adoré, et qui ont tous connus un grand succès.
Nous voici avec juste une illusion, une histoire familiale qui se déroule au milieu des années 80... Nostalgie la voilà, les téléphones à fil, les looks improbables etc... Et une bande originale qui régale de tubes inoubliables qui nous font taper du pied en rythme dans la salle de ciné, et même, donnent envie de chanter.
On ne va pas se mentir, j'ai trouvé que la mayonnaise tardait à prendre... avant de devenir des plus savoureuse, aussi drôle que tendre et subtile. Car oui, on a peut-être l'illusion que cette famille est dysfonctionnelle, quand elle se met à parler et à partager, elle se révèle des plus unies, de plus complices, des plus aimantes. On est aussi à une période où les femmes commencent franchement à s'émanciper professionnellement, et à ne pas vouloir être secrétaire /haut talons / café en réunion toute leur vie. Il y a aussi ceux qui pensent faire illusion en maintenant standing et habitudes de vie mais dont peu sont dupes. Il est aussi question de la période de sortie de l'enfance pour l'adolescence, et sortie de l'adolescent pour l'âge adulte responsable.
Les deux réalisateurs ont pioché dans leurs souvenirs de jeunesse, mais aussi dans de nombreux documents pour être le plus fidèle possible dans la reconstitution de l'époque où "être cadre" était le graal et était censé assurer avenir et respect.
Les dialogues sont aux petits oignons. Et si, sur l'affiche, ce sont les noms des acteurs stars et confirmer qui prend toute la place, il faut bien préciser que le personnage principal est Vincent, (alias Simon Boulbil) et que vraiment, il capte la lumière et occupe l'écran sans fausse note. Dans le rôle de son grand frère, Alexis Rosenstiehl, vu récemment dans "Ceux qui comptent" ou je l'avais trouvé bon, sans plus. Ici, il est parfait, et il m'a rappelé tant de souvenirs !
Deux petits regrets, que les réalisateurs n'aient pas utilisé la chanson "Juste une illusion" de Jean Louis Aubert comme générique de fin... peut-être parce qu'elle n'était pas encore sortie en 1985, et que Téléphone était encore un groupe. Enfin, j'aimerais bien que le monde du cinéma offre d'autres rôles que des personnages de beaufs à Pierre Lottin.  Car même s'il y excelle, il est capable de bien d'autres choses, et je trouve que le monde du cinéma l'enferme un peu dans des rôles types (en tous cas, pour les films que j'ai pu voir.)
Quoiqu'il en soit, Juste une illusion est un film à voir, parce que qu'il parle de nous, de notre jeunesse, de ce que vivais nos parents à cette époque-là, et quelle époque : les années 80 ! 
Un film qui fait du bien, qui dose chaque ingrédient sans jamais en mettre trop.
 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 19 Avril 2026

Bonjour et bon dimanche !

En préparant ce billet, je me dis que la proxi photo nature est un genre photo que j'ai sacrément délaissé ces derniers mois, et à tort... Parce que c'est vraiment sympa de chercher la petite bête et certains détails qui échappent à l'oeil nu.

Voici donc une collection de proxi photo... Ce n'est pas de la macro, je ne suis pas équipée pour. Il y a des fleurs, des végétaux, des petites bêtes qui volent, qui rampent, qui piquent, qui éblouissent de leurs couleurs, qui portent bonheur, qui répulsent aussi, faute aux à priori, à la méconnaissance, et aux peurs ancestrales. Mais tant qu'elles sont dans la nature et pas dans mon lit, ça me va bien, et j'aime m'approcher et regarder à travers mon viseur... puis découvrir en "grand" sur mon ordi.

Ces photos datent toutes de 2024 et 2025... Elles proviennent de plusieurs coins de France : Le Nord, la Bretagne, la Savoie, La Dordogne, la Touraine, le Gard, la Provence....

J'ai fait beaucoup de photo de rue ou de genres diverses ces derniers temps, mais je pense qu'avec les beaux jours, je vais reprendre plaisir à sillonner dame nature à quatre pattes !

A bientôt pour d'autres photos sur le même thème !

Aujourd'hui il fait beau, donc je suis de sortie photo avec les copines :)

UN DIMANCHE EN PHOTO ZOOM NATURE
UN DIMANCHE EN PHOTO ZOOM NATURE
UN DIMANCHE EN PHOTO ZOOM NATURE
UN DIMANCHE EN PHOTO ZOOM NATURE
UN DIMANCHE EN PHOTO ZOOM NATURE
UN DIMANCHE EN PHOTO ZOOM NATURE
UN DIMANCHE EN PHOTO ZOOM NATURE
UN DIMANCHE EN PHOTO ZOOM NATURE
UN DIMANCHE EN PHOTO ZOOM NATURE
UN DIMANCHE EN PHOTO ZOOM NATURE
UN DIMANCHE EN PHOTO ZOOM NATURE
UN DIMANCHE EN PHOTO ZOOM NATURE
UN DIMANCHE EN PHOTO ZOOM NATURE
UN DIMANCHE EN PHOTO ZOOM NATURE
UN DIMANCHE EN PHOTO ZOOM NATURE
UN DIMANCHE EN PHOTO ZOOM NATURE
UN DIMANCHE EN PHOTO ZOOM NATURE

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Le coin de la proxi photo

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Publié le 17 Avril 2026

Roman - Editions Pocket - 192 pages - 8.00 €

Parution Pocket janv 2025 -Julliard janv 2024

Mon pitch : Eté 1985 sur l'île de Ré. Philippe, François et Christian trois jeunes amis, se retrouvent et accueillent Nicolas dans leur bande. Plus tard ils lient connaissance avec Alice et son frère Marc, des parisiens en vacances avec leurs parents.

Cinq garçons et une fille... Qui profitent de la vie, de leur jeunesse, entre fêtes, discothèque et plages.

On se regarde sans forcément voir celui ou celle qui nous regarde. 

Des désirs montent, d'autres se découvrent, et sans doute d'autres aussi se taisent.

Et puis un soir, c'est le drame, sans que personne n'ait rien vu venir...

 

Tentation : J'aime la plume de Philippe Besson

Fournisseur : Achat à la braderie de ma médiathèque l'été dernier

Mon humble avis : Philippe Besson revient à l'autofiction, ce qui n'est pas le genre de lequel je le préfère. Mais il n'empêche, il le fait parfaitement bien.

Philippe Besson convoque ses souvenirs de l'été 1985, celui de ses dix-huit ans, après une année harassante en prépa. Comme chaque année, avec ces parents, c'est destination l'île de Ré, chez des amis de toujours. Il y retrouve ses deux potes qui travaillent déjà, l'un dans le camion boucherie de son père, l'autre sur le bateau de pêche de paternel. Et puis il y a Nicolas, un nouveau résident sur l'île... C'était l'époque où l'île de Ré n'était pas encore un bastion de luxueuses résidences secondaires, où le must du must, c'était le camping du coin... Ré était encore une île sans pont.

Il y a dans ce livre la nostalgie de cette époque, où se retrouver dans un lieu fréquenté restait aléatoire faute de téléphone portable. Pas de portable non plus pour occuper les moments d'ennuis, les nouvelles arrivent par les journaux ou la radio, et quand 5 gars et une fille sont à une terrasse d'un café, personne ne prend de selfie souvenir, personne ne regarde un écran. Cette époque-là, je l'ai vécue, et j'avoue que j'en suis nostalgique pour tout cela, même si j'utilise bien des techniques modernes même dans mes divertissements.  Alors j'étais bien dans cette ambiance, et évidemment, la play list et les souvenirs cinéma m'ont bien parlé !

Dans ce roman, il y a aussi les différences sociales, entre les résidents annuels, qui sont alors de vrais provinciaux, et les vacanciers, souvent parisiens... Les uns et les autres ne se fréquentent pas, ou peu, il y a comme un dédain mutuel. Et puis il y a ceux qui s'apprêtent à être transfuges de classe, via leurs études supérieures et les autres, qui se pensent englués à jamais dans une profession héréditaire.

Philippe Besson nous conte des amitiés de toujours ou d'autres qui se créent pour durer à jamais ou le temps d'un été. A l'âge où si l'on ne travaille pas, on paraisse langoureusement. Une période de l'année où l'on profite juste de l'instant présent, on se pense adulte tout en jouissant inconsciemment d'une totale insouciance. Certains se sont trouvés et assument, d'autres se cherchent, tout le monde vit ses premiers émois. Une époque où l'on était libre de s'ennuyer sans s'en rendre compte, juste parce qu'on ne faisait rien de spécial, qu'on vivait dans la légèreté.

Et puis il y a ce drame qui écourte ce bonheur simple, et qui brise à jamais ce sentiment s'insouciance et d'immortalité, que rien n'est grave... Ce drame qui propulse ces jeunes de plein pied et sans retour en arrière possible dans l'âge adulte. Ce drame qui interroge autant qu'il rompt cette innocence en basculant vers des pensées de possible culpabilité... Pourquoi n'a-t-on rien vu ? Que savons-nous de l'autre ? Sommes nous trop nombrilistes, centrés sur nos petites préoccupations, regarde -t-on vraiment l'autre. Malgré une amitié partagée, qu'y montrons nous de nous même, de nos fissures et de notre part de mystère derrière une apparences de légèreté... Laissons nous la place et l'occasion à l'autre de se dire dans son entièreté ? Est-ce qu'une attention particulière peut éviter un drame ? Tant de questions que ces jeunes vont se poser, et si peu de réponses...

De son écriture élégante, souvent poétique et parfois crue, Philippe Besson évoque avec intelligence et délicatesse cet été 1985, les drames qui coupent la vie en deux par un avant et un après...  Et les absences qui hantent encore longtemps après et dont l'une d'elle a inspiré ce livre doux amères très touchant. Un roman sincère et réussi, mais qui n'a pas la force de "Vous parler de mon fils" ou de "Ceci n'est pas un fait divers".

« A un moment, Christophe dit : « on est bien, là, non ? » « François répond en notre nom à tous : « oui, on est bien, là »
Quand j'y repense, ces mots, ces mots tout simples, étaient justes, profondément justes. On avait été bien »

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 15 Avril 2026

Roman - Editions Audiolib - 5h48 d'écoute - 14.99 €

Parution le 21 août 2024

Mon pitch : Dans le hameau qu'on appelle "Les montées", vit durement la famille des deux jumelles Ambre et Aelis, leurs enfants, ainsi que la veille Rose. La vie est rude, d'autant que les Montées se trouve sur les terres d'un Seigneur qui réclame son dû, et de son fils qui sème la terreur.

Jusqu'au jour où la famille découvre à l'orée de la forêt une petite fille sauvage et affamée. La voici adoptée et prénommée Madelaine. Certes, c'est une bouche de plus à nourrir, mais Madelaine se montre courageuse, travailleuse, efficace.... Mais aussi, rebelle. Cette insoumission à l'ordre du monde signera -t-elle le début d'un drame ?

Tentation : Blogo et médias

Fournisseur : La bib de Dinard

Mon humble avis :  J'avais classé ce roman, l'un des plus attendus de la Rentrée littéraire septembre 2024 dans ma liste des "non urgents"... Les multiples billets que j'avais lus à l'époque allaient des plus enthousiastes aux plus mitigés... Et voilà que j'en ai trouvé la version audio, donc hop hop hop ! 

Troisième roman que je lis de Sandrine Collette, après "On était des loups" et "Juste après la vague" .

Une fois de plus, l'autrice à l'art de nous happer, voire de nous enfermer dans un univers bien à elle, glaçant, atemporel, qui semble sans issue, au coeur d'une nature hostile, isolée. C'est un presque huis-clos, sans dialogue entre les quelques protagonistes bien malmenés, par les épreuves insurmontables que leur autrice leur fait vivre. Mais les personnages que crée Sandrine Collette ne sont pas du genre à se laisser abattre, ils se battent bec et ongle contre vents et marée... Ils sont dans la survivance.

Ici, nous sommes dans un hameau où vivent quelques familles... On ne sait pas où, ni quand.... Cela pourrait être une histoire moyenâgeuse comme post apocalyptique... Aucune technologie moderne, même le soc de charrue n'est pas une évidence pour les paysans. La terre est désolée, donne peu, les hivers sont glacés, puis les pluies diluviennes etc... Il est vrai que les descriptions de ce contexte de misère impitoyable (famine, froid, maladie etc...) et de lutte quotidienne pour la survie sont insistantes. Mais même temps, elles décrivent un quotidien qui reprend dès chaque levé du jour, même avant l'aube... Il n'empêche elles sont parfois lourdes à supporter, même si elles concourent à sombre atmosphère du roman. 

Et puis, dans toute cette misère, arrive Madelaine la sauvageonne aussi forte qu'un garçon... que la petite communauté adopte et apprivoise. Qui deviendra un rayon de soleil qui va chambouler l'équilibre du hameau. Madelaine la différente, la courageuse et l'insoumise, dont le caractère bien trempé va bouleverser l'ordre des choses et semer la graine de la révolte et peut-être, des représailles.

Le drame est annoncé des les premières pages, mais c'est à la toute fin du roman que l'on en découvre la teneur et ses conséquences. Ce qui fait qu'effectivement, le rythme peut paraître lent et l'intrigue retenue. Madelaine avant l'aube est donc plus un roman d'atmosphère sur les liens familiaux, la domination des puissants, et la place des femmes dans une société. On l'apprécie ou pas pour son âpreté, la beauté de son écriture qui emprunte parfois à la poésie, son originalité et son personnage principal... Madeleine, une jeune fille en avance sur son temps, qui ne se laisse pas faire, éprise de justice...

J'ai aimé cette audiolecture, sans être forcément transportée. J'ai eu du mal à discerner les personnages masculins des uns des autres (peut -être à cause du support de lecture). Et j'aurais aimé en savoir un peu plus sur Madelaine... D'où vient elle, qu'elle fut sa vie avant d'être trouvée proche du hameau. Et ce cumule de misère est effectivement par moments lourd à supporter.

Et je me dis que dans quelques années, Sandrine Collette pourrait nous donner des nouvelles de Madelaine un peu moins sombres... J'ai déjà le titre : Madelaine après le crépuscule !!! Et même si je n'ai pas été bouleversée par cette histoire, je serais alors au rendez-vous, car Madelaine reste un personnage fort, attachant, marquant. Et puis dans cette histoire atemporelle, presque sous forme de conte cruel, Sandrine Collette évoque des sujets vieux comme le le monde, mais toujours contemporains.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 13 Avril 2026

BD - Editions Hygée - 120 pages - 22 €

Parution en novembre 2025

Le pitch : Une exploration lumineuse et sensible de la santé mentale, où une psychiatre, un dessinateur et un écrivain vous invitent à un dialogue profond et décalé sur les troubles psychiques. Entre conversation intime et enquête documentaire, ce roman graphique dessiné par Laurent Richard déjoue les idées reçues sur la psychiatrie. À travers un échange vivant entre Jasmina Mallet, psychiatre spécialiste des neurosciences, et Benoît Broyart, écrivain passionné par les liens entre maladie mentale et création artistique, découvrez une approche à la fois humaine des troubles bipolaires, schizophrénie, autisme : ce livre lève le voile sur ces réalités qui concernent près d'un Français sur cinq. Un parcours initiatique qui mêle histoire de la psychiatrie, témoignages, anecdotes personnelles et réflexions sur notre rapport à la santé mentale. 

Tentation : Le sujet

Fournisseur : Prêt d'une dame de mon club de lecture, merci :)

Mon humble avis : Un ouvrage qui hélas ne peut être exhaustif tant le sujet est vaste et délicat, mais qui offre tout de même un large panorama sur les différentes afflictions mentales, cérébrales ou psychiques dont souffre un cinquième de la population, le plus souvent en grande discrétion. Mais il n'empêche que les dysfonctionnements et les souffrances sont là, tues parce qu'incomprises. Quand on lit cette BD et le pourcentage de personnes atteintes par chacune des pathologies, on en viendrait presque à se dire que personnes "saines" d'esprit ne sont plus majoritaires... Et qu'être sain d'esprit à un moment donné n'est aucunement une assurance de l'être à jamais.  

Dans ce contexte, comment définir la normalité et de ce fait, son opposé, l'anormalité. Cet ouvrage tente de répondre à cette délicate

question par des pistes assez simples et compréhensibles par tous. Et qu'est-ce qui définit la maladie... C'est une rupture avec l'état précédent de la personne.

Certaines maladies mentales surviennent chez des personnes prédisposées génétiquement ou biologiquement. Mais il faut aussi prendre en compte l'environnement, qu'il soit social (précarité, surmenage etc) , naturel (les pesticides, les perturbateurs endocriniens etc), alimentaire etc. Le contexte géopolitique a aussi son importance... Sur terre, tout le monde ne fait pas face aux mêmes stress, voire aux mêmes traumas. Les addictions peuvent être dans les causes... ou les conséquences. Quoiqu'il en soit, personne n'est à l'abris. Par exemple, chaque année en France, 3 millions de personnes traverse un gros épisode dépressif, et les femmes sont plus souvent touchées.

Les pathologies ou handicaps développés ici sont : les troubles bipolaires, les troubles dépressifs, les troubles du spectre de l'autisme, la "folie ?", les troubles du stress post traumatique, les troubles du comportement alimentaire, les troubles de la personnalité et les troubles schizophréniques. 

Il est question de médecine psychiatrique dont les buts premiers sont de soulager les patients, soigner (selon différents moyens) et guérir, si possible... Ou du moins, que le patient retrouve une vie acceptable sans souffrances. Et ceci, par un accompagnement pluridisciplinaire (psychiatre, psychologues, infirmier etc)

Une BD qu'on ne lit pas pour se divertir et qui demande de l'attention. Une BD nécessaire qui déstigmatise, explique, remise au placard les idées reçues sur telle maladie ou tel handicap qui ne sont pas forcément des fatalités, mais juste des raisonnements différents qui ne trouvent pas écho dans le monde tel qu'il est, le monde qui encourage et célèbre l'engagement, l'investissement, la réussite, la rentabilité etc...

La recherche scientifique et médicale est évoquée aussi, tout comme l'Histoire de la psychiatrie et la psychiatrie de demain (avec les écrans, les IA etc). Oui, de plus en plus de personnes sont diagnostiquées TSA ou TDAH par exemple... Ce n'est pas qu'il y en a plus ou que ce soit une mode, c'est juste que la médecine a évolué et progressé, ce qui permet de diagnostiquer plus tôt un trouble, et donc d'apporter un soulagement plus rapidement.

Une chose est sûre, il vaut mieux être malade aujourd'hui qu'il y a "150 ans", où tout le monde, toutes pathologies confondues était traité de fou et mélangé à tous dans des asiles d'aliénés. La science et la société ont progressé c'est certain, mais le chemin sera encore long pour que les moyens de prises en charge soient à la hauteur du nombre exponentiel de patients, et pour que ces maladies ne soient plus stigmatisées.

Il n'empêche, je salue cet ouvrage nécessaire qui insiste bien sur les souffrances et l'isolement des personnes atteintes, et démontre parfaitement que la "volonté" de ces personnes n'est en rien responsable de leur état.

Un ouvrage qui devrait être lu et relu par tous.

Pour ma part, il me concerne particulièrement puisque je suis TSA,  TDAH, actuellement aussi en stress posttraumatique et que des dépressions bien profondes j'en ai déjà fait.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 10 Avril 2026

Film de Yann Samuell

Avec Alexandra Lamy, Julien Le Berre, Mélanie Doutey

Synopsis : Fred et Adam, un adolescent en rupture, ne se connaissent pas. Pourtant, grâce à une association, ils entreprennent ensemble le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Elle cherche à apaiser son passé, il tente de canaliser sa colère et son sentiment d’abandon. Au fil des kilomètres, entre affrontements et instants suspendus, un lien fragile se tisse. Face aux épreuves du chemin, chacun découvre en lui une force insoupçonnée.

Inspiré d’une histoire vraie.

Mon humble avis : Un film inspiré en fait d'histoire(s) vraie(s) au pluriel. Au départ, il y a le livre /récit de Bernard Ollivier "Marche et invente ta vie". Puis le réalisateur a créé le personnage d'Adam à partir des témoignages qu'il a recueillis auprès de certains jeunes qui ont fait cette fameuse marche de rupture... Marcher jusqu'à Compostelle avec un adulte référent et éviter ainsi la prison.

Dans ce film, l'adulte (Sublime, puissante et lumineuse Alexandra Lamy) n'est pas en rupture, mais en reconstruction après un échec marital et un autre professionnel. Elle est aussi égarée que Adam, mais son âge et son expérience lui ancrent les pieds bien sur terre, elle n'est pas en rupture.

Nous suivons donc Adam et Fred sur le chemin, dans les gites, dans les galères, dans les moments de complicité, dans les disputes, dans la violence pas toujours contenue d'Adam. Ce n'est pas de tout repos, ni physiquement, ni psychologiquement... Car Adam est très dur, et on a toujours l'impression d'être sur un fil avec lui, et que tout peut basculer à tout moment... Avec lui, Fred (Alexandra Lamy) fait trois pas en avant, trois pas en arrière, puis trois pas en avant, puis deux pas en arrière... Ce qui signifie qu'au fil de leur cheminement, Fred parvient tant bien que mal à se rapprocher d'Adam, et lui, à s'apaiser un peu, à retrouver le sourire, une lueur dans les yeux et à apprécier vraiment certains moments...

C'est une très belle aventure humaine qui nous est proposée, entre moments qui drôles et d'autres d'une tension émotionnelle terrible... Long est le chemin vers le respect et l'attachement, même si entre deux, il y a des moments de grâce. Compostelle pose la bonne question : que faire de tous ces jeunes en total rupture sociale, qui multiplient les passages au tribunal sans que rien ne change... Et que lorsqu'ils passent par la case prison pour de petits délits, c'est la grande délinquance qui les attend à leur sortie. Alors que 60 % des jeunes qui ont participé à ce programme de réinsertion ont trouvé un vrai chemin de vie...

Compostelle... C'est la destination... Evidemment c'est le chemin qui compte.

Compostelle, c'est aussi ce que les initiés appellent simplement "Le chemin"

Et ce chemin, c'est le parcourt de chacun vers lui-même, vers l'autre, vers un lieu, vers son futur à construire ou reconstruire. C'est s'éloigner du monde pour se rencontrer... mais aussi à travers d'autres rencontres.

Un très joli film même s'il semble parfois un peu trop pétri de bons sentiments et que quelques détails m'ont fait tiquée (genre la quantité de vêtements différents des protagonistes alors qu'ils portent leur sac à dos pour 3 mois... Je connais des personnes qui ont fait le chemin, et je peux vous dire qu'ils voyagent le plus léger possible...) Enfin, j'ai trouvé étrange que dans le foyer/prison pour adolescents, les chambres de filles soient contigües aux chambres des garçons.

Mais peu importe, ce film nous embarque et les paysages sont somptueux. Vive les drones qui ne servent pas qu'à faire la guerre, mais aussi à nous montrer comme notre Terre est belle. 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 8 Avril 2026

Roman - Editions Paulsen - 120 pages - 18 €

Parution en janvier 2025

Mon pitch : Un an plus tôt, dans un hameau norvégien, un homme a été tué de multiples coups de couteau. Kristen, jeune bergère présumée coupable, s'est enfuie et réfugiée dans les montagnes. Les recherches pour la retrouver ont jusque-là été infructueuses, malgré des témoignages de son apparition de-ci delà rapportant qu'elle souhaite voir le pasteur...

Alors, le pasteur Sebastian demande à Reydar, tantôt appelé le Marginal, tantôt appelé le Montagnard, de lui servir de guide pour aller à la rencontre de Kristen. Car Reidar connaît la montagne comme sa poche.

Les deux hommes que tout oppose se mettent en route...

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis :   Mon blog doit être l'un des derniers à chroniquer ce roman norvégien que je pensais plus récent que ça. Je découvre en rédigeant mon billet que sa parution date d'il y a déjà plus d'un an...

L'histoire se déroule à une époque non datée, mais qui ne date pas d'hier non plus... Une expédition en montagne où il n'est ni question de GPS ni de vêtements Goretex mais de Cairns et de peaux de moutons retournées comme couche... On peut donc déduire que l'on évolue avant la moitié du siècle précédent. 

Nous sommes en Norvège, dans des lieux pittoresques magnifiquement décrits. Mais s'il n'était question de "Huldra" (les elfes en Norvège) on pourrait être n'importe où dans le monde où les montagnes sont si hautes qu'elles deviennent un danger.

Ma lecture commença sous de bons auspices... Plume agréable, dépaysement, atmosphère mystérieuse flirtant avec la fantasmagorie, nature profonde, deux hommes que tout sépare sauf leur quête. 

Mais Reydar est très porté sur la bouteille et son obsession devient agaçante, même si la bouteille de gnole qu'il cache dans son sac semble avoir des pouvoirs surnaturels, Reydar se révèle ne pas être aussi fiable que sa réputation... Et nos deux hommes se perdent... Avant de retrouver une piste... des cairns à distance régulière dans un brouillard à couper au couteau... Et c'est là que le roman qui m'embarquait bien sans pour autant m'envouter non plus, m'a égarée... La fin m'a paru aussi nébuleuse que la brume est opaque aux sommets. Et de ce fait, le sens profond de cette histoire et les intentions de l'auteur m'échappent complètement. Soit j'ai manqué quelque chose, soit il m'a manqué quelques indices ou informations de la part de l'auteur, mais j'ai alors eu l'impression d'être passée à côté de ce roman si prometteur. Je n'y ai pas trouvé le roman initiatique annoncé, ni "le vrai visage" des hommes qui la montagne révèle.

Bref, la rencontre ne s'est pas faite, ce roman n'était pas pour moi, et je ne renouvellerai pas l'expérience avec Martin Baldysz. Par contre, les dernières pages de ce livre sont consacrées à des annonces d'autres parutions de la même maison d'édition, et là, j'avoue que je suis tentée d'autant que j'en ai déjà repéré certains titres à la bib' !

 

Le billet d'Aifelle, d'Inganmic, de Sacha

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 6 Avril 2026

Roman - Editions Audiolib- 7h44 d'écoute - 21.95 €

Parution Charleston & Audiolib en 2024

Mon pitch : Depuis plus de vingt ans, Abigaëlle vit recluse dans un couvent de Bourgogne, où elle a fait voeux de silence. Sa vie d'avant lui paraît très brumeuse, elle ne sait même plus ce qui l'a poussé à ce choix de vie. Mais, elle suit la vie de Gabriel, son frère artiste parisien, qui lui rend visite toutes les deux semaines.

Quand ce dernier rencontre Zoé et en tombe amoureux, Abigaëlle s'inquiète... Elle seule connaît le lourd passé de son frère... Alors, elle prend la parole, elle écrit...

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Bib de Dinard

Mon humble avis : Une autrice que je ne connaissais pas, mais dont un roman a été brillamment adapté en série TV diffusée l'automne dernier : Désenchantées. Voilà pourquoi j'ai finalement opté pour cette lecture audio.

Et bien aucun regret. Je n'ai fait qu'une bouchée ou presque de cette audio lecture tant elle est addictive et bien menée, servie qui plus est par une écriture sobre et efficace mais très agréable, tout à fait adaptée au douloureux sujet.

Il s'agit d'un roman polyphonique... Plusieurs personnes s'expriment, dont Abigaëlle, un psychiatre etc...

Le thème de "La dernière allumette" est la violence conjugale et familiale, l'héritage de la souffrance et ses possibles conséquences, notamment de répétition, sur les générations à suivre.

Suite à son enfance marquée, Gabriel a toujours fui les relations durables, s'empêchant de tomber amoureux, pour être sûr de ne jamais reproduire le schéma familial. Jusqu'à ce qu'il rencontre Zoé, qui ne peut pas avoir d'enfant, qui vit l'exacte opposé de sa soeur Aline, heureuse en ménage et mère de quatre enfants.

Marie Vareille fait preuve d'un talent et d'une justesse inouïs pour décrire, sans en avoir l'air au début, le climat de la violence conjugale et de ses conséquences sur les enfants. Tout est dit ou suggéré avec une délicatesse qui fait aussi froid dans le dos. Et pourtant on ne lâche pas ce roman des plus addictifs, parce que l'on sait qu'un nouveau drame se met en place et que la tension gagne sans cesse du terrain. Et puis, et puis, deux révélations des plus inattendues vous prennent à la gorge, et démontre une fois de plus qu'il ne faut pas se fier aux apparences, aussi heureuses soient elles. Car elles font voir (ou relire) l'histoire de façon différente et révèlent un sacré talent romanesque. Marie Vareille m'a "baladée".

Un roman à la construction narrative judicieusement pensée, à la psychologie des personnages étudiée et décrite à merveille. C'est sobre, implacable, sans fioriture ni sensationnalisme et pourtant terriblement nécessaire. L'autrice détricote la spirale infernale de la violence conjugale, depuis le plus infime geste ou indice, depuis la parole que l'on pardonne parce que... Elle montre bien que l'on ne se sort pas seul de cet enfer, que l'on soit bourreau ou victime. Parmi les passages les plus forts, ceux qui se déroule dans le cabinet d'un psychiatre, qui écoute sa patiente et qui tente, petit à petit, de lui faire prendre conscience qu'elle subit une violence conjugale intolérable et impardonnable. On sent que le psy marche sur des oeufs, et tout est dit ou suggéré avec énormément de douceur qui tranche avec virulence des confidences. Oui, un roman des plus utiles, qui devraient être lus par tous et toutes, et surtout par les personnes directement concernées, qu'elles soient victimes ou responsables... Car peut-être ce roman peut aider certains à ouvrir les yeux, et à nommer ce qu'ils vivent ou ce qu'ils infligent, sans en avoir réellement conscience. Et par les autres, pour qu'ils puissent peut-être percevoir un signe, un indice, et alors peut-être, stopper cette spirale infernale et sauver un(e) proche...

Sombre, poignant et lumineux, un gros coup de coeur pour moi.

Je pense lire d'autres romans de cette autrice, de ses plus récents, puisque d'après ce que j'ai lu, elle a commencé à se faire connaitre par du feel good, avant d'aborder la face obscure de l'humain, celle qui m'intéresse.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 4 Avril 2026

BD - Editions Grasset - 176 pages - 20.90 €

Parution en octobre 2025

Le pitch : A la fin du XIXème siècle, dans une ville des Caraïbes en Colombie, Florentino Ariza et Fermina Daza tombent éperduement amoureux. Mais quand Fermina choisit, contre toute attente, d'épouser un médecin riche et bien né, Florentino est dévasté. Il se réfugie dans la poésie et commence une carrière de séducteur, sans jamais oublier son ancienne fiancée. Lorsque le mari de Fermina finit par mourir, Florentino assiste à ses funérailles. Après cinquante-trois ans, sept mois et onze jours, ils se retrouvent enfin.

Tentation : La beauté de la couv + le nom Garcia Marquez

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : Quarante ans après la parution d'un des titres emblématiques de l'écrivain colombien nobélisé, Ugo Bertotti  le transpose en roman graphique en espagnol, dont les éditions Grasset & Fasquelle nous offre ici une magnifique adaptation Française.

Si j'ai plongé dans cet album, c'est parce que je n'ai pas encore lu le roman d'origine... Mais j'avoue que suite à cette lecture, qui est je pense une mise en bouche, j'ai bien envie de remettre Garcia Marquez dans mes auteurs à lire. Parce je pense qu'il est difficile via des bulles de bénéficier de la saveur d'un style littéraire ! Mais l'essentiel est que cette mise en bouche me motive vraiment à découvrir l'oeuvre d'origine qui provient d'une époque qui va finir par tomber dans les limbes de l'oubli...

Evidemment, Ugo Bertotti a dû faire usage de l'ellipse pour parcourir un demi-siècle et parfois, les transitions entre les années (ou décennies) sont un peu brutales.

Mais les dessins sont splendides et nous transportent aussi bien dans le temps que sous d'autres latitudes (Carthagène au XIXème siècle). L'atmosphère luxuriante Caribéenne et les us et coutumes d'alors en matière de moeurs sont magnifiquement rendus. Il y a aussi le contexte... Avec l'épidémie de Choléra, les corps morts qui flottent sur les fleuves, et les bateaux qui battent pavillon jaune lorsqu'ils ont un cas de Choléra à bord et qu'ils se retrouvent donc en quarantaine.

Une obsession amoureuse qui dure plus de cinquante ans, et une belle histoire d'amour qui dit que, pour être aimé, il ne faut pas être le fantôme de soi-même, mais purement soi-même.

Franchement, je trouve ingénieuse l'idée (de plus en plus courante) d'adapter des grands romans en BD... Cela permet ainsi d'en connaître les sujets et les atmosphères sans forcément les lire, et de donner envie de découvrir les originaux. C'est un bon pas en avant pour chacun dans culture générale, avec toujours une notion de plaisir et de divertissement.

Une BD à découvrir, à offrir, à savourer !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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