Publié le 16 Décembre 2023

Bergeronnette grise toute juvénile, dans la Baie du Mont Saint Michel

Bonjour, 

Aujourd'hui, je vous parle de la Bergeronnette grise (du nom scientifique latin Motacilla Alba).

Une espèce assez courante, et qui peut être proche de l'homme (sur les plages, les parking etc). Une espèce qu'on reconnaît de loin : elle marche avec de brusque hochement de tête et balance sa queue fortement.

Par contre, il reste difficile, à qui n'est pas vraiment initié, de distinguer les mâles des femelles. Autre difficulté dans ma région, la possible présence de la sous espèce de Yarrel, qui vit dans les îles britanniques. Celle -ci aura, chez le mâle le dos noir et les flancs vraiment gris foncé, et chez la femelle, le dos gris foncé. Bref, c'est vraiment une question de nuances subtiles, d'autant moins évidente à percevoir quand tout va très vite, ou que l'angle de la photo ne montre pas tout ! Autres difficultés aussi, les différence entre les plumages nuptiaux et internuptiaux. Bref, au delà de la première indentification, ce n'est pas une espèce facile à approfondir :Aussi, sur les photos suivantes, je ne vais pas le risquer à sexer les individus, je ne suis pas assez experte.

 

La Bergeronnette grise est un passereau qui se rencontre un peu partout dans divers milieux (campagnes, bords de mer, villes et villages, cultures irriguées ou même des zones assez désertiques. Ce sont des milieux ouverts, secs ou humides Mais on la trouvera encore plus souvent près de l'eau. Il lui faut un accès au sol facile, car c'est là qu'elle passe le plus clair de son temps.

En période de reproduction, il lui faudra un environnement qui lui offre des sites pour sa nidification semi-cavernicole. En effet, son nid est une coupe d'herbes sèches, garnie de poils et de plumes, installée dans une cavité (mur - rocher). Sa nidification s'étale d'avril à juillet, avec quelques variantes suivant les latitudes. Dans les zones tempérées, les couples peuvent mener deux nichées, voire trois.

Le mâle commence par choisir son territoire, par chanter du haut d'un perchoir pour séduire une femelle. C'est la femelle qui choisira, peut-être parmi plusieurs mâles. Au bout de quelques jours de vie commune, viennent les accouplements. Mâle et femelle construisent le nid ensemble, mais il semble que ce soit Madame qui fasse la plus grande part du boulot.

La femelle pond 5 ou 6 oeufs, couvés pendant une quinzaine de jour, surtout par la femelle. Les jeunes restent couvés par la mère les 5 premiers jours, et sont nourris par les deux parents. Ils quittent le nid au bout de 15 jours, ils sont donc nidicoles. Le couple se partage la fratrie qui reste à charge 15 jours supplémentaires, durant lesquels la femelle peut entamer une deuxième nichée.

Un juvénile

La Bergeronnette grise est insectivore et se nourrit de toutes sortes d'invertébrés. Tout en marchant, elle reperd ses proies au sol et s'en saisit. Elle peut le faire aussi à la surface de l'eau. Parfois, elle court et vole vers ses proies. Elle peut aussi capturer des insectes en plein vol, et pratique parfois le vol stationnaire.

Bergeronnette grise immature, en mue post juvénile.

 

Pas très farouche avec l'humain, c'est un oiseau très sociables en dehors de la période de reproduction. On peut la voir en groupe dans les prés et prairies. C'est une migratrice partielle, ce qui signifie ici que ce sont les individus du nord qui vont migrer, pour aller hiverner au Moyen Orient et au Nord Est de l'Afrique. Les Bergeronnettes grises de nos régions françaises sont sédentaires.

Certaines Bergeronnettes adoptent un territoire de nourrissage hivernal, si la ressource vient à manquer.

Le vol de la Bergeronnette grise ressemble à celui de ses cousines : onduleux, une alternance des battements rapides des ailes en montée, et le replis des ailes en descentes. Ses ailes sont relativement courtes, et empêchent donc de longues migrations. C'est une espèce qui peut aussi bien se reproduire au niveau de la mer, qu'à 5 000 m d'altitude dans l'Himalaya.

La Bergeronnette grise et ses sous-espèces est visible quasiment dans le monde entier, excepté en Amérique du Sud, à quelques exceptions près. Elle est commune là où elle vit, s'est bien adaptée à l'Homme et de ce fait, n'est pas considérée comme une espèce menacée.

 

Le texte de ce billet est inspiré de mon guide Ornitho Belin, du site internet oiseaux.net et un peu de moi. Toutes les photos sont miennes et interdites d'usage ou de reproduction sans mon accord. Elles ont été prises durant ces 3 dernières années, en Bretagne et en Touraine. 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Le coin ornitho

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Publié le 14 Décembre 2023

Thriller - Editions Audiolib - 10h43 d'écoute - 22.95 €

Parution d'origine Calmann-Levy 2023

L'histoire : En Suède 8 ans plus tôt... Lykke, éditrice, et Gabriel, son mari mais aussi auteur très renommé, organise une petite fête dans leur maison. Y assistent Harry et David, leurs fils jumeaux de 17 ans, leur amie Bonnie. Les trois adolescents dorment dans la Stuga, petite maisonnette sur le terrain de la propriété. Le lendemain matin, Bonnie est retrouvée morte. La stuga est fermée à clé de l'intérieur, et toutes les fenêtres sont closes. Evidemment, les jumeaux sont accusés, et Manfred mène l'enquête.

De nos jours, Lykke, couverte de sang, est accueillie dans un hôpital en même temps que débute sa garde à vue. Elle ne parlera qu'à Manfred...

Tentation : Envie d'un bon thriller

Fournisseur : La bib de Dinard

Mon humble avis : Je découvre cette romancière prolifique avec ce titre. Moi qui espérais un thriller bien "thrillant" et addictif, j'en suis pour mes frais encore une fois. 

Point de page turner ici pour moi, et au contraire, une lenteur, mais mon Dieu, comment peut-on faire aussi lent ?! Il faut dire que le moindre détail inintéressant nous est donné, nous participons même au début du montage d'un meuble Ikéa dont bien sûr il manque une visse ! Pour tout dire, j'étais à deux doigts de l'abandon.

C'eut été dommage, car l'histoire tient vraiment la route, la fin m'a assurément bluffée, même si quelque part on peut s'y attendre, mais sans se l'expliquer. Car ce n'est que dans la toute dernière partie que l'on découvre pourquoi Lykke est en garde à vue. Et le dénouement de l'affaire d'il y a 8 ans fait vraiment froid dans le dos. J'ai l'impression de n'avoir jamais eu affaire à un coupable aussi inhumain (psychologiquement parlant, puisqu'il n'y a pas ou que très peu de sang dans ce livre). On n'est pas du tout dans le gore insoutenable ici.

Les personnages sont bien creusés, et l'imagination et l'analyse de leurs réactions m'ont semblé fines et subtiles, très intéressantes à suivre. Sauf que le choix narratif peut perdre en route... On alterne entre présent et passé, et c'est tantôt Lykke qui prend la parole, tantôt Manfred... De ce fait, les récits de l'un et de l'autres sont toujours interrompus, ce qui ralentit fort le rythme et personnellement, à ce point-là, ça m'agace. D'autant qu'on en sait autant sur la vie de Manfred que sur la vie de la famille de Lykke. Perso encore, l'intimité et les déboires des enquêteurs ne m'intéressent pas, j'ai toujours l'impression qu'ils sont narrés pour remplir... le vide... et aboutir à un nombre de pages conséquent.

Je trouve cela regrettable, car le milieu dans lequel se déroule l'histoire est intéressant (l'édition, l'écriture !) et l'Enigme de la Stuga est un bel hommage à la littérature du genre : le mystère de la chambre close / de la chambre jaune.

Si vous aimez les livres lents, qui prennent vraiment leur temps, vous serez sans doute plus emballés que moi, je pense même que ce roman vous comblera. Si vous aimez les page turners, et bien visez un autre titre ! D'ailleurs, si vous avez un titre vraiment addictif de Camilla Greber à me conseiller, je suis preneuse !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #thrillers polars étrangers, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 12 Décembre 2023

Roman - Editions Gallimard - 208 pages - 19.50 €

Parution le 27 août 2023 : Rentrée littéraire

L'histoire : Boris est aux anges ! Jean, producteur de cinéma, vient d'accepter son scénario et assure qu'ils vont faire "un beau film". Boris imagine déjà Louis Garrel et Mélanie Thierry dans les rôles principaux. Encore un peu de travail d'écriture, et à Jean de trouver des diffuseurs et des financiers. Une grande chaîne est intéressée, et Henri, son porte parole, se penche sur le scénario... Il suggère quelques "petites" modifications qui ne sont pas du tout du goût de Boris. De film d'auteur, son projet se dirige droit vers le navet !

Tentation : Pitch + nom de l'auteur

Fournisseur : Bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : Ouvrir un ouvrage de Fabrice Caro (en littérature) ou de Fabcaro (en BD), est toujours la promesse d'un savoureux moment de lecture, de franche rigolade, de bons mots etc... Bref, d'une récréation mais avec une fenêtre bien ouverte sur la société et ses petits et grands tracas.

Le postulat de départ est évidemment très sympathique. D'autant plus pour qui aime le cinéma, et j'avoue que j'ai apprécié les moult références à des films plus ou moins cultes, plus ou moins récents, me rappelant de bons souvenirs. Sauf que peut-être par lassitude, je n'ai à priori pas vu la plus grosse référence, la soupe aux choux. En même temps, parfois, plus c'est gros, moins on le voit !

Car oui, malgré mon enthousiasme de départ, j'ai fini par m'essouffler dans ma lecture, peut-être parce que la caricature est poussée à son extrême. Peut-être qu'un peu plus de finesse aurait rendu l'ensemble plus drôle, ou juste vraiment drôle. Les séquences comiques relèvent toujours du même procédé et des mêmes situations, bref, l'ensemble devient assez vite répétitif.

A dire vrai, je ne serais allée voir aucune des adaptations possibles des versions de ce fameux scénario... Celle d'origine, pompeuse, chiante à mourir, bref indigeste. La dernière, débile à souhait, en tout cas présentée comme ça, puisque finalement, Caro s'inspire d'un film culte, que j'ai vu, et sans doute revu !

Ce roman est une satire du monde du cinéma qui propose souvent les deux extrêmes, le nombriliste ou le bêtifiant ! Mais qu'on ne s'y trompe pas, sous cette farce, Fabrice Caro dénonce aussi déclin de l'art, son lissage sous le prétexte de la rentabilité commerciale... Et en filigrane, on devine que le public qui se rue en masse sur toutes les conneries qu'on lui sert n'est pas étranger à cet avilissement. 

Bon, en même temps, en cette rentrée littéraire, on peut tout de même saluer Fabrice Caro pour la diversité qu'il apporte au milieu de ces moults ouvrages proposant des quêtes identitaires et/ou familiale.  Bref, Fabrice Caro est toujours là pour nous sortir de la morosité, même si j'attendais plus que quelques bonnes trouvailles dans ce fameux journal d'un scénario. En fait, je suis un brin déçue.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 10 Décembre 2023

Film de Katell Quillévéré

Avec Vincent Coste, Anaïs Desmoutier, Paul Beaurepaire 

Synopsis 1947. Sur une plage, Madeleine, serveuse dans un hôtel-restaurant, mère d’un petit garçon, fait la connaissance de François, étudiant riche et cultivé. Entre eux, c’est comme une évidence. La providence. Si l’on sait ce qu’elle veut laisser derrière elle en suivant ce jeune homme, on découvre avec le temps ce que François tente de fuir en mêlant le destin de Madeleine au sien...

Mon humble avis : Je suis allée voir ce film parce qu'apprécie Anaïs Desmoutier, mais surtout parce que le premier tiers du film est tournée dans ma ville, Dinard... Mes plages, mon GR etc...

Le film commence très fort et noue le ventre... Une série de photos ou de films d'archives sur les femmes tondues à la fin de la seconde Guerre Mondiale, pour avoir "pactisé" avec l'ennemi. Ce sont des images vraiment violentes à recevoir. La dernière d'entre elles, qui n'est pas archive pour le coup, montre Madeleine, tondue, qui essaie d'effacer une croix gammée tracée sur son ventre bien arrondie. 

On la retrouve quelques années plus tard, avec un gamin de 4 ou 5 ans, en Bretagne. C'est l'histoire même de sa grand-mère qui a inspiré le début du film à la réalisatrice. Vient la rencontre avec François... Madeleine voit dans ce mariage un abri contre sa situation de fille mère... François, on le devine bien vite, y trouve là une couverture pour cacher et nier son homosexualité. Mais le couple s'aime à sa manière. Katell Quillévéré nous montre ainsi un couple ou l'union est basé sur une acceptation totale de l'autre, de ses valises, de ses déviances. Il n'empêche, tout au long du film, on s'attend à ce qu'advienne une catastrophe... Dans ce sens, le film est donc assez prévisible.

Je suis mitigée sur ce film, et ne n'est pas par l'interprétation, qui est parfaite. Mais que de longueurs ou de lenteurs, malgré les nombreuses ellipses pour couvrir deux décennies. Les scènes de sexes sont aussi interminables, très malsaines à mes yeux et franchement pas nécessaires. Franchement, de l'implicite aurait bien suffit, là où s'étale l'explicite. Enfin, le sort de l'enfant Daniel, puis de l'adolescent et enfin du jeune adulte m'a été insoutenable. Sa mère ne l'aime pas, ne lui porte aucune attention ni affection, elle s'occupe juste de son intendance. Mais elle le voit à peine. J'ai trouvé cela particulièrement monstrueux, et pas forcément justifié. Daniel n'est pas le fruit d'un viol, mais bien d'un amour avec un officier allemand. 

Et pourtant l'histoire est belle, terriblement triste finalement... En fait, si j'avais été réalisatrice, j'aurais fait de Daniel le héros central du film. Ce personnage est magnifique et mériterait un film à lui seul.

 

L'avis de Pascale

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 8 Décembre 2023

Roman - Editions Audiolib - 3h35 d'écoute - 17.95 €

Parution Audiolib janvier 2022 - Editions de Minuit 2021

L'histoire : Max Le Corre est boxeur à ses heures (ancien champion de France), mais surtout le chauffeur de Quentin Le Bars, maire d'une commune bretonne.

Sa fille de 20 ans, Laura, revient s'installer dans la commune. Max demande au maire s'il pouvait aider Laura à trouver un logement et un travail... Laura est très belle, et Le Bars, 48 est au pouvoir et a les dents longues... D'ailleurs, il ne tardera pas à être nommé ministre. C'est le début d'un engrenage.

 

 

tentation : La blogo

Fournisseur : La bib de Dinard

Mon humble avis : De Tanguy Viel, j'avais beaucoup aimé "Article 353 du code pénal". Mon enthousiasme est moindre pour La fille qu'on appelle, qui est une chronique d'un drame annoncé, et dont la réelle victime à mes yeux n'est pas forcément celle à laquelle on pense...

Pourtant l'histoire est prenante et très contemporaine, et le suspense s'installe. Tanguy Viel la mène dans le bon sens, sous un format relativement original... Le roman s'ouvre sur le dépôt de plainte de Laura dans un commissariat. On en ignore le motif mais on le devine assez vite, et c'est en flash-back qu'est narré le déroulement de l'affaire, entre les questions des policiers et les réponses de Laura.

J'ai eu plus de mal avec l'écriture... Les phrases sont longues, on s'y perd un peu, il faut se concentrer pour en saisir le sens profond. Bref, pour moi, le texte manque de fluidité. 

Difficile pour moi aussi de cerner Laura et à ne pas la juger. Est-elle naïve à ce point, ou intéressée mine de rien par la position du maire et les possibilités que cela ouvre, et ce qu'elle a obtenu. Aucune des relations sexuelles qu'elle a eu avec le Bars ne lui a été imposée. Laura se dit consentante., il n'y a pas eu viol, ni harcèlement. Elle dit qu'il y a eu emprise suite aux services rendus par Mr le maire... Mais cette emprise, je ne l'ai pas vraiment ressentie... Et sans agression, pour moi le libre arbitre demeure. (Quand j'étais jeune, 23 ans environ, mon patron de l'époque a commencé à tenter quelque chose envers moi dans une voiture lors d'un déplacement pro... Grand resto, des mains baladeuses et insistantes... Je l'ai remis ni une ni deux en place, sans réfléchir au fait que je pouvais perdre mon travail. En jeu : ce que je ne voulais pas et ma dignité). Laura a accepté une situation dans laquelle elle s'est enlisée. Et quand le maire (certes, un type à la mentalité bien répugnante soit dit en passant) refuse d'accéder à l'une de ses requêtes (service justifié), alors Laura porte plainte... comme par vengeance à mes yeux. Evidemment, vu la position médiatique du maire, l'affaire devient nationale et fait la une des journaux. Et Le Bars se défend, nie avec la force du discours et des petits arrangements de l'entourage politiques. Bien sûr, la fin fait froid dans le dos, parce qu'évidemment, face au pouvoir, on ne peut pas grand-chose. Et c'est dans les petits arrangement judicio-politiques que j'ai vu l'abus de pouvoir.

Certes, l'intention prédatrice du maire est claire dans le texte, mais Laura est majeure et vaccinée, et logiquement responsables de ses actes et de ses décisions. Même sans diplôme d'Harvard, elle ne semble pourtant pas née de la dernière pluie. Manque de caractère ? Opportunisme ? Faiblesse de perception ? Tel que c'est présenté, je n'ai pas su me faire d'idée précise. J'avoue, quitte à subir la critique, j'ai du mal avec ce comportement et n'ai pas ressenti d'empathie pour cette jeune femme. Cela me met mal à l'aise, tant je semble à contre courant des X billets que j'ai lu sur ce roman.

J'ai bien compris que les sujets étaient l'abus de pouvoir et surtout la domination sociale, mais ce qu'a vraiment voulu dire Tanguy Viel, en fonction de mon regard et ma perception, et bien je ne suis pas sûre de l'avoir saisi.

 

L'avis de Gambadou, de Luocine , de Krol

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 6 Décembre 2023

Roman - Editions Folio - 387 pages - 9.20 €

Parution Folio Février 2023 - Stock 2022

L'histoire : A 40 ans, Raphaëlle est Agente de Protection de la Faune, dans la forêt boréale entre le St Laurent et la frontière américaine : le Kamouraska. Elle vit seule, isolée, dans une cabane, avec pour seule compagnie sa chienne Coyotte.  Un matin, celle-ci disparait. Après une longue recherche, Raphaëlle la retrouve prisonnière et profondément blessée dans des collets... Tout autour, un véritable charnier... Un braconnier sans scrupules sévit là... Raphaëlle n'aura de cesse de se venger, et surtout de mettre fin à ce carnage. Puisque la loi est bien impuissante, elle en sortira...

Tentation :  L'avis de Lecturissime

Fournisseur : Ma CB

 

 

"Pourquoi donc a-t-on tant besoin de posséder la beauté ? Et si on la laissait vivre en paix dans l'espoir de la recroiser un jour ?"

Mon humble avis : Un peu de littérature Québécoise, ce n'est pas courant sur mon blog. Aussi, vous voilà prévenu, il faut quelques pages pour s'habituer au style et aux idiomes bien typiques de là-bas. En fin de roman, un glossaire peut vous aider, mais dommage, au fil du texte, il manque les astérisques.  Mais peu importe, je ne me suis pas servi de ce glossaire car tout est bien compréhensible, et cette langue qui m'a emmenée ailleurs, je l'ai fichtrement aimée ! A 'est, je suis bilingue en Québécois !!!

J'ai beaucoup aimé ce roman, avec un petit bémol sur la fin qui s'étire en une histoire d'amour, dont, en quelque sorte je me serais passée, et qui m'empêche le coup de coeur. Mais cette relation démontre aussi que nombre d'ermites le sont surtout faute d'avoir trouvé "chaussure à leur pied", donc pourquoi pas.

A part cela, on suit tout d'abord le quotidien de Raphaëlle, qui protège les ours, les coyotes, les orignaux, les lynx, qui vénère le Cerf Blanc et Grand Pin.  Une vie au plus près de la nature et de ses potentiels dangers quand elle trouve aux abords de sa cabane des empreintes d'ours. Mais le travail de Raphaëlle consiste surtout à maintenir l'équilibre fragile entre la faune, l'humain et l'habitat naturel. Donc son quotidien est fait d'éducation, de prévention, de vérification de permis de chasse etc...

Puis advient l'accident de sa chienne... De rage, Raphaëlle démolit tout le matériel mis en place par le braconnier, ce qui, hélas, n'est pas légal... Elle va devenir alors la proie potentielle du braconnier, avant que la situation ne s'inverse. Car Raphaëlle découvre l'identité de ce dernier. Un homme puissant et craint dans la région, que personne n'ose dénoncer, alors que même avec les femmes, il se conduit très très mal...

Dans ce roman, on est entre nature writting et thriller. On est captivé, séduit, bercé et outré. Car Raphaëlle baisse les bras devant le peu de moyens dont elle dispose pour faire son métier.

Sauvagines est un plaidoyer pour la nature, et un pamphlet qui dénonce l'inertie et l'hypocrisie d'un gouvernement à la solde des lobbies... Car la chasse et tout ce qui l'entoure rapporte beaucoup d'argent. Aussi quand elle entend à la radio que l'Etat augmente drastiquement le quota de chasse sur les coyotes, sans aucune étude préalable, Raphaëlle est verte de rage... Les espèces déclinent ou disparaissent au fur et à mesure que le territoire est perforé de coupes blanches et surtout, l'animal ne doit pas déranger l'humain...

Gabrielle Filteau-Chiba n'a rien contre les trappeurs ancestraux, qui chassent pour se nourrir, dans un respect profond de la nature et de l'espèce animale. Chasser juste ce qu'il faut, pas pour faire commerce de peaux et de fourrures qui iront en tours de cous dans ma belle société montréalaise.

Il y a fort a parié que l'autrice est très présente dans l'un des personnages principaux.

Une héroïne très attachante, un roman intéressant aussi intense, qu'engagé, un cri d'amour et de désespérance pour la nature. Avec beaucoup de poésie. Je conseille vivement !

 

La technologie a gâché la noblesse du rapport de force entre l’homme et l’animal.

Ils ont tué. Ils ont aimé ça. Ils ont soif de recommencer et d'une bonne Bud. Le svelte chasseur-pourvoyeur d'autrefois est devenu dans une très vaste mesure un collectionneur bedonnant.

Le gouvernement a décidé que les méthodes de piégeage devaient dorénavant limiter la douleur chez l'animal à un seuil comparable à celui de l'industrie agroalimentaire. Drôle de standard.

Les déchets que je ramasserai en dévoileront d’autres, d’une autre époque. Preuve que la décomposition du plastique prend des siècles, que bien des chasseurs ne font pas le lien entre la qualité de l’habitat et la survie d’une espèce. Quelle ironie, ils polluent l’espace vital de la bête lumineuse qu’ils rêvent de griller en sauce !

Oui, je transgresse la ligne de pensée nationale et je désobéis au Code criminel, mais j'ai bien plus peur du braconnage des derniers grands mammifères que d'une vie en cage. Parfois, l'histoire le démontre, la désobéissance et la rébellion ont permis le progrès.

Je suis agente de protection de la faune, mais au fond, je ne protège pas les chassés. Non, je suis le pion du gouvernement sur un échiquier trop grand pour moi. Un bien beau titre sur papier.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 4 Décembre 2023

BD - Editions Futuropolis - 104 pages - 20 €

Parution le 4 octobre 2023

L'histoire : Quand Louis reçoit cette invitation d'Agathe, il est un peu ému. Et intrigué. Il y a si longtemps. Même si elle ne lui avait plus jamais donné de nouvelles, il ne l'avait jamais oubliée. Des quelques années qu'il a passées avec elle au bord de la Loire, Louis garde un souvenir ébloui. Alors il ne résiste pas à l'idée de prendre quelques jours pour revenir dans la lumière du fleuve.

Il arrive à l'aube. Agathe n'est pas là. La maison semble vide. À ce moment-là, il ne sait rien de ce qui va suivre. Il ne sait rien de la surprise qu'Agathe a réservée aux gens qui l'ont aimée...

 

Tentation : Le nom Davodeau, comme une promesse !

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Etienne Davodeau sait nous parler des gens, de nous, des autres. Des vivants, des disparus, mais toujours des simples... Et son trait de crayon dessiner les lieux et une fois de plus magnifique. Il laisse à sentir, entendre, écouter, regarder... D'ailleurs plusieurs planches ne sont là que pour ça... Nous inciter à ralentir, à s'arrêter et à regarder ce qui nous entoure, ces lieux qui nous sont chers ou inconnus. L'eau, la flore, la faune (avec ces superbes oiseaux : Grand Cormoran, Héron Cendré, Sterne Pierregarin, Martin Pêcheur, Vanneau huppé) et les paysages forment des tableaux extraordinaires. La quiétude du lieu malgré les courants tumultueux est une bonne métaphore pour évoquer aussi les personnages, et chacun de nous... Notre apparente quiétude publique et nos tourments intérieurs... Donc rien pour que pour le plaisir des yeux, cette bande dessinée est à lire, à offrir.

Quant à l'histoire, elle est très touchante, émouvante. Empreinte de nostalgie, de mélancolie, de regret, d'amertume, elle réunit des personnages qui ne se connaissent pas ou peu... Leur lien commun : Agathe, l'instigatrice de cette réunion et en même temps la grande absente. On ne verra pas l'héroïne de ce récit, mais son lieu de vie et ce qu'en disent les invités dressent un portrait bien vivant de cette femme. C'est Louis qui raconte ces moments vécus entre les hôtes et les invités. Louis tutoie, et lorsque l'on comprend à qui il s'adresse, on est encore un peu plus remué. L'intime, les failles, les méandres et les regards sur la vie, passée ou à venir, le temps qui passe s'immiscent délicatement entre les personnages le temps d'un week end, avant que chacun ne reprenne sa route, sans douté changé à jamais.

Le plus souvent, c'est le décor qui sert l'histoire, ici, c'est le contraire, c'est l'histoire qui est prétexte au décor. C'est très beau, lumineux et poétique.

L'avis de Lecturissime

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 2 Décembre 2023

Film de Delphine Deloget

Avec Virginie Efira, Félix Lefebvre, Arieh Worthalter, India Hair

Synopsis : Sylvie vit à Brest avec ses deux enfants, Sofiane et Jean-Jacques. Une nuit, Sofiane se blesse alors qu’il est seul dans l’appartement. Les services sociaux sont alertés et placent l’enfant en foyer, le temps de mener une enquête. Persuadée d’être victime d’une erreur judiciaire, Sylvie se lance dans un combat pour récupérer son fils.

Mon humble avis : Un rien est tout bascule... Parce que la société s'en mêle ou parce que la société protège envers et contre tout. Sommes-nous dans une époque surprotectrice ou le moindre accident n'est plus toléré ou sommes-nous une société qui prévient plutôt que de guérir ? Sylvie se retrouve dans une spirale infernale... Plus elle se débat, plus elle s'enfonce. Il faut dire que cette mère aime ses enfants plus que tout au monde, mais qu'elle est tout de même bien insouciante. Et qu'en plus, on ne peut pas dire qu'elle s'entoure très bien. Et la personne qui semble la plus structuré autour d'elle, c'est son frère aîné... On hésite entre faire de lui un égoïste ou un homme qui se protège de cette inconséquence et cette légèreté familiale, qui peuvent paraître pour toxiques. Car il y a aussi le petit frère de Sylvie, pire qu'un boulet, un homme à qui on aimerait donner des coups de pied au C...

La tension monte au fur et à mesure que Sylvie s'accroche et décroche en même temps.  On sort de ce drame social complètement K.O et bouleversé ! Sans savoir pour autant se faire une  opinion précise de la situation. Est-ce une femme victime de la rigidité de l'administration et de la justice française, ou un enfant sauvé d'une gravité potentielle. Le film ne tranche pas, et ne juge pas cette mère courage déboussolée. Mais il montre tout de même que l'enfer peut être pavé de bonnes intentions, des deux côtés. En tout cas, c'est une famille qui reste unie, mais c'est une famille démolie. Un film haletant, et évidemment, avec Virigine Efira, il ne peut-être que magistralement incarné ! Le film est maîtrisé, bien documenté, la réalisatrice sait de quoi elle parle et de toute façon, impossible de traiter un tel sujet à la légère.

En y réfléchissant, je me dis que si la justice française n'était pas aussi empêtrée dans sa lenteur incontestable, le drame n'aurait pas pris une telle ampleur. Mais bon. En tous cas, un film qui interroge profondément !

L'avis de Pascale

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 29 Novembre 2023

Roman - Editions Sixtrid - 10h d'écoute - 19.95 €

Parution d'origine éditions du Seuil 2012

L'histoire : En Suède, fin des années 50, Hans Olofson est adolescent. Elevé par un père frustré par sa destinée et alcoolique dans une bourgade plutôt isolée. Hans va perdre ses deux meilleurs amis, Stur et Janine, de façon brutale. Quelques années plus tard, toujours plus ou moins désoeuvré, il part pour l'Afrique, réalisant ainsi le rêve de Janine. 

Il débarque alors en Zambie, indépendante depuis quelques années. Ce qu'il voit de l'Afrique le questionne et l'effraie. C'est sûr, il va repartir très vite, ce continent n'est pas pour lui. Et pourtant, 18 ans plus tard, Hans est toujours là, même si sa vie est devenue un vrai cauchemar.

tentation : ma PAL audio

Fournisseur : La bib de Rennes

Mon humble avis : En fait, Hans restera 18 ans en Zambie car peu de temps après son arrivée, il rencontre Judith, grande propriétaire terrienne, qui n'arrive plus à gérer seule sa production d'oeufs. Hans l'aidera donc à régir la ferme et quand Judith, épuisée, décide de quitter l'Afrique pour rentrer en Europe, elle cède à Hans son exploitation, avec quelques arrangements financiers.

Les chapitres s'alternent... La jeunesse d'Hans en Suède, les déboires qui le mèneront au grand départ pour la Zambie. J'avoue, ces chapitres-là ne m'ont pas fascinée, et j'ai plutôt subi leur longueur. Par contre les chapitres se déroulant en Zambie m'ont captivée. Donc j'aurais aussi bien pu mettre 2 pattes que 5 pattes de chat ! J'ai coupé la poire en deux !

Car évidemment, lors Hans débarque en Afrique, il est choqué par le comportement raciste et suprémaciste des blancs envers les noirs, découvre tous les dysfonctionnent du pays, et le gouffre qui sépare les deux mentalités en place : noire et blanche.

Lorsqu'il prend la tête de la ferme de Judith, il se jure qu'avec lui, ce sera différent. Il mettra en place des idéaux de justice sociale et humaine... Meilleurs salaires, respect, construction d'école, responsabilisation, formation des noirs aux postes à responsabilités etc... Toute sa vie durant là-bas, il essaiera de répondre à cette question : les noirs ont-ils besoin des blancs. Il se confrontera à mille difficultés (dont la corruption qui gangrène le pays), et surtout à la superstition ancestrale, donc le poids est tel qu'elle devient réalité. Au bout de 18 ans, Hans constatera avec dépit : Je ne les comprends toujours pas, je ne comprends toujours pas ce pays... Le problème est que je n'ai pas appris à penser comme un noir, un noir pour qui la lenteur est synonyme d'intelligence et de réflexion, là où le blanc ne cherche qu'efficacité etc...

Il vit donc 18 ans, sans jamais se sentir en sécurité, dans ce pays où les blancs méprisent les noirs qui, en retour, les haïssent. Et puis il y a la politique du gouvernement, et l'opposition... Les léopards, qui mènent des exactions que l'on qualifierait de terrorisme intérieur maintenant. De félin, Hans n'en verra pas en 18 ans. Mais Hans se retrouve bel et bien dans l'oeil du léopard, menaçant, violent.

Henning Mankell, conteur et narrateur par excellence, sans manichéisme, nous parle de cette Afrique là, qu'il connaissait si bien pour y avoir passé une bonne partie de sa vie...

"Ce continent blessé, sa superstition, sa sagesse, sa misère et la souffrance que les blancs lui ont imposé. De l'avenir de l'Afrique, de l'opposition digne et admirable qui arrive toujours à survivre dans les parties les plus piétinées du monde. De cette Afrique qui a été sacrifiée sur l'autel occidental, qui a été dépossédée de son avenir pour une ou deux générations. Un pays meurtri par l'avidité du gain. Il y a ceux qui cherchent à comprendre le monde pour en profiter, d'autres pour le transformer, sans forcément utiliser la bonne arme et le bon moment".

Moult dialogues (offrant les différents points de vue et opinions) entre les protagonistes de ce roman, qu'ils soient noirs ou blancs, mériteraient d'être lus et relus, tant ils permettent de mieux comprendre le monde et ses distorsions.  

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 27 Novembre 2023

BD - Editions Dargaud - 76 pages - 16.50 €

Parution en mars 2023

L'histoire : Jusque-là, pour Victor, une année scolaire, c'est du saut à l'élastique sans l'élastique. Ce qu'il préfère ? Écouter les Rolling Stones, se gaver de loukoums avec son copain Haïçam, parler mécanique avec son drôle de père... Mais lorsque Marie-José, génie absolue, déboule dans sa vie un beau jour de contrôle de maths, c'est tout son univers qui implose... Pourquoi, soudainement, cette intello et violoncelliste de talent, a-t-elle besoin de lui ? Une amitié étrange va naître entre ces deux ados que tout oppose. Vont-ils pouvoir cacher le secret de Marie-José jusqu'au bout ?

 

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Bib de St Lunaire

Mon humble avis : Quelle magnifique BD ! Une lecture qui donne le sourire, qui émeut, qui bouleverse, qui amuse, qui interroge, questionne et prouve... prouve que tout est possible quand on s'en donne les moyens, ou quand une main, la bonne main, vous est tendue. Bref, dans cette histoire, on va du sourire aux larmes d'émotions.

Pourtant, nos deux héros vivent des épreuves douloureuses. Victor est en échec scolaire et Marie-Josée est en train de perdre la vue de façon irrémédiable. D'une façon ou d'une autre, chacun va devenir le support de l'autre, qui leur permettra à tous les deux de se réaliser, de se révéler, tant à eux-mêmes qu'aux autres. Et évidemment, une très belle amitié va naître entre ces deux adolescents.

Adolescents ? Oui, en fait, cet album est l'adaptation du roman jeunesse éponyme de Pascal Ruter (2012). Mais cette BD s'adresse aussi bien aux adolescents qu'à leurs parents... Ou même à une vieille célibataire sans enfants comme moi, qui sait apprécier les belles histoires bien racontées, et superbement dessinées !

Les sujets abordés sont donc l'échec scolaire, le handicap, le harcèlement scolaire, le divorce, la monoparentalité. Vu comme ça, le menu peut paraître indigeste mais en fait, pas du tout.  Car ce qui émane surtout, c'est l'entraide, la bienveillance, le courage, l'importance des rêves et des passions. Pas de pathos dans ces pages, au contraire, le ton est résolument positif. Le seul petit reproche que l'on pourrait faire à cette album est qu'il soit peut-être un peu trop optimiste par rapport à la réalité ! Car Victor, présenté comme un ado rebelle, est tout de même bien sage, ouvert, intelligent, bienveillant etc.. Mais après tout, qu'importe, c'est une belle histoire qui fait du bien. Une merveilleuse aventure humaine !

Les tomes 2 et 3 sont annoncés, mais ce tome 1 peut se lire en one shot !

 

L'avis de Noukette 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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