Publié le 15 Novembre 2022

Roman - Editions Audiolib - 10h44 d'écoute - 21.50 €

Parution Audiolib 2018 (Albin Michel 2017)

L'histoire : Mi XIXème siècle. Cora, 16 ans, est une esclave dans une plantation de coton en Géorgie. Sa mère s'est enfuie il y a des années, laissant sa fille seule affronter le pire... Cora rencontre Caesar, un jeune esclave qui lui propose de s'enfuir avec lui... Cora finit par accepter. Cette histoire est celle de leur fuite à travers les Etats du Sud, dans l'espoir de rejoindre les Etats abolitionniste du Nord.

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib de Rennes

 

Mon humble avis : Un prix Pulitzer, le National Book Award et les éloges de la blogosphère... Voilà, j'ai audiolu ce roman... aussi captivant, qu'instructif, que bouleversant. Une histoire qui noue la gorge, révolte, indigne... Qui fait prendre une nouvelle fois conscience, si besoin était, de la chance d'être née blanche en France dans la 2ème partie du XXème siècle. Oh, on peut se dire, en cours de lecture, que c'est du passé... Pas tant que ça dans certains pays... Et comme l'Histoire est un éternel recommencement, méfiance...

Nous suivons donc Cora, jeune fille de couleur. Cora, une héroïne qui marque, qu'on n'oublie pas. Sa grand-mère fut arrachée aux terres Africaine pour atterrir dans une plantation de coton en Géorgie, donna naissance à Mabelle, qui elle-même mit Cora au monde... Une lignée de femmes esclaves de génération en génération.

Le roman s'ouvre sur la destinée de ses esclaves, leurs parcours (depuis la traversée de l'Atlantique jusqu'aux ventes et reventes entre différents propriétaires terriens blancs), leur (non) vie, faite de travail sous la menace, de privations, de maltraitance, de chaines, de viols, de tortures, de non droit, de non existence légale, de meurtres... Le tout, sous la bénédiction hypocrite de la Sainte Bible "réécrite" pour les blancs. Oui, c'est dur à lire ou à écouter, mais c'est la vérité. 

Puis l'histoire se concentre sur Cora, qui rencontre Caesar qui lui propose de s'enfuir de la plantation avec lui. Nous suivons donc les mésaventures de cette fuite depuis la Géorgie, en passant par la perfide Caroline du Sud (qui prétend accueillir les noirs pour les libérer, les instruire, tout en les incitant sournoisement à la stérilisation pour éviter l'explosion démographique noire), par la Caroline du Nord où un bon noir est un noir pendu, par le Tennessee et enfin dans l'Indiana. Le tout, poursuivis par un ignoble chasseur de prime, mandaté par le maître de Cora pour lui ramener "son bien". Cora et Caesar rencontreront tout de même des gens bien, qui risquent également leur vie pour leur venir en aide, d'étape en étape. C'est l'Underground Railraod. 

Colson Whitehead s'inspire de la réalité historique dans ce roman, même s'il lui donne une touche romanesque. En effet, l'Underground railroad a réellement existé et permit à plus de 100 000 esclaves fugitifs de rejoindre des Etats libres/ abolitionnistes. Il s'agissait d'un réseau de passeurs (en résumé) qui usait d'un vocabulaire ferroviaire.  Colson Whitehead en a fait un vrai train clandestin souterrain. Et il le fait si bien, que j'y ai cru, mais avec un léger doute, qui m'a conduite à une petite recherche rapide sur le net (ici si vous voulez en savoir plus)

J'ai été happée par ce roman, bouleversée par le destin tragique de Cora (et de tant d'autres), me demandant toujours quelle serait l'issue de son histoire, je l'ai finie la gorge nouée et comme terrassée... Underground railroad est servi magistralement tant par la plume (très agréable et fluide) de Colson Whitehead que par l'interprétation qu'en fait, dans cette version audio, l'actrice Aïssa Maïga. C'est simple, quand on monte dans ce train (ce livre), on n'en descend pas.... jusqu'au terminus.

Underground railroad est ma première incursion littéraire dans cette époque américaine. Aucun regret, j'ai beaucoup appris... et aussi, mon premier livre de Colson Whitehead... et certainement pas le dernier !

Un roman à lire absolument, qui donne un bon coup de pied dans le mythe américain et développe les questions raciales de façon aussi intelligente, que prenante, et surtout, rondement menée. Il y a, là aussi, un devoir de mémoire...

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 13 Novembre 2022

Film d'Edouard Deluc

Avec Pio Marmaï, Camille Chamoux, Philippe Rebbot

Synopsis : Au cœur des Pyrénées, deux amis ont l'idée du siècle pour se sortir de la précarité : lancer une chevauchée fantastique à travers la montagne, pour touristes en mal de nature, de silence, d'aventure.

Mon humble avis : "Les randonneurs" version équine ! Rien de bien nouveau sous le soleil, un scénario type déjà éprouvé mais qui fonctionne toujours, qui amuse, qui pique où ça fait mal, qui divertit... Même si le point de départ est plutôt dramatique : précarité, séparation etc. La réalité sociale n'est pas tue. Avec cette fois-ci, la beauté des paysages pyrénéens, un bon bol d'air, un bain de nature et une atmosphère un peu western, tant dans la photographie que de la bande originale.

Mais dommage, nombres de situations sont comme interrompues et point menées jusqu'au bout. Le film fait une incursion dans le loufoque /barré et ce n'était pas nécessaire. Un personnage est là on se demande bien pourquoi, puisqu'il n'intervient que dans deux ou 3 scènes et ne prononce qu'une phrase ou deux... Etrange. 

Quelques belles scènes émouvantes, notamment dans le rapport à l'animal, l'acceptation de soi, la réconciliation avec soi, et les autres... Et quelques réparties qui font mouche. Bref, assez classique et formaté, malgré un mélange des genres. Disons qu'il manque une touche d'originalité par rapport aux films sur le même thème : vacances galères mais au final, tout le monde est content, tout s'arrange.

Donc au final, "aurait pu mieux faire, pas le film de l'année, mais se regarde sans déplaisir.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 11 Novembre 2022

Roman - Editions Livre de poche - 384 pages - 8.20 €

Parution Livre de Poche juin 2022, (Stock 2020)

L'histoire : 1969. Juste libérée de sa tyrannique de mère par le décès de celle-ci, Frances, 39 ans s'apprête à vivre son premier été de liberté. Elle trouve un travail : établir l'état des lieux des jardins de Lyntons, un grand domaine délabré de la campagne anglaise, racheté par un américain.

Elle s'installe donc dans la demeure, où elle fait connaissance de Cara et Peter, couple missionner quant à lieu à l'état des lieux de la demeure.

Une amitié se noue entre eux, qui deviendra vite ambigüe, d'autant plus que Frances découvre un judas dans le plancher de sa salle de bain, avec une vue plongeante sur celle du couple à l'étage inférieur.

 

 

Fournisseur : Ma CB

Tentation : La blogo

Mon humble avis : J'avais lu nombre de billets sur la blogosphère à propos de ce roman lors de sa sortie chez Stock il y a 2 ans. Quand je l'ai vu bien en évidence sur l'étal des nouveautés poche cet été, je me suis dit : "Pourquoi pas ?!". C'était aussi l'occasion d'explorer la littérature étrangère que je visite si (trop) peu.

Et bien me voici bien partagée par cet oeuvre, au point que j'ai hésité entre lui attribuer 3 pattes de chat, ou 2... 

J'ai dévoré ce livre, n'ayant de cesse que d'y retourner quand la vie quotidienne interrompait ma lecture. Ferrée je l'ai été dès les premières pages... Sans doute le talent de Claire Fuller est là, d'établir très vite une atmosphère particulière propice aux mystères et suspenses qui s'installent et dont, forcément, le lecteur trépigne d'en connaître l'issue. Les personnages sont singuliers, entre Frances qui après des années au seul contact de sa mère est presque inadaptée aux relations sociales, et le couple très fantasque et perturbé que forment Cara et Peter. 

Frances est la narratrice de cette histoire, des années plus tard, alors qu'elle est au crépuscule de sa vie, et plus ou moins en confession auprès d'un tout aussi plus ou moins vicaire. On ne découvre où elle se trouve vraiment que dans le dernier quart du roman.

Oui mais... au final, je me suis dit : "tout ça pour ça".

 Que de longueurs, notamment dans les descriptions des jardins du manoir, qui m'ont plutôt laissé de glace... Cent pages de moins auraient préservé l'intensité de l'histoire et évité mon agacement, mes lassitudes. Les trois personnages s'installent dans une langueur répétitive qui étire encore plus cette lenteur. Il est finalement assez peu question de ce fameux judas qui, cité sur la 4ème de couv, titille pourtant le lecteur comme une carotte.

Même si Frances est un personnage attachant par ses faiblesses et son bonheur d'avoir enfin des amis, j'ai eu envie de la baffer pour la réveiller, qu'elle prenne conscience de la toxicité de cette relation finalement assez stérile à mes yeux. Elle a quitté la prison maternelle pour une autre, celle d'une amitié triangulaire où elle marche sur des oeufs, n'ose pas, a peur de déranger, d'être exclue. Une relation où elle est soumise en fait, où elle écoute mais où l'on se préoccupe très peu d'elle. Elle ressemble plus là-dedans à un animal de compagnie qu'à une véritable amie. Après des années de routine, Frances perd pied car elle n'a aucun repère dans la liberté.

Cara, j'ai eu aussi envie de la baffer pour la calmer, pour son insolence, pour qu'elle "accouche de son mystère" une bonne fois pour toutes. En fait, Cara interrompt toujours ses confidences, et ce parti pris narratif fini lasser, voire exaspérer. Elle est dingo, mais ne m'a provoqué aucune empathie.

Quant à Peter, je l'aurais bien baffé aussi pour qu'il mette les choses au claire (pourquoi tant de mystère après tout !), lui qui connait la vérité, qu'il s'affirme et affirme nettement. Dans ces pages, tout est en non-dits (que je déteste déjà dans la vie), en inachevé, en mensonges, en confidences très implicites et toujours interrompues. On ne saura jamais distinguer le vrai du faux, tant dans le comportement de Cara, que dans le récit de Frances : réalité, interprétation ou mensonge. De ce fait, c'est avec frustration que j'ai fermé ce livre.

Frances est à priori témoin de phénomènes étranges dans la maison... Dans le dénouement, ceux-ci seront complètement oubliés et resteront inexpliqués... L'atmosphère particulière dans la première partie devient lourde, pesante et malsaine dans la deuxième.

Et pourtant, malgré tous les reproches que j'adresse à "L'été des oranges amères", je l'ai dévoré. Etrange phénomène...

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 8 Novembre 2022

Film de Nicolas Bedos

Avec Pierre Niney, François Cluzet, Isabelle Adjani, Marine Vacth

Synopsis : Lorsqu’un jeune gigolo tombe sous le charme d’une sublime arnaqueuse, c’est le début d’un plan machiavélique sous le soleil brûlant de la Côte d’Azur. Les deux amoureux sont-ils prêts à tout pour s’offrir une vie de rêve, quitte à sacrifier celle d’une ancienne gloire du cinéma et d’un agent immobilier ?

Mon humble avis : J'ai bien aimé ce film qui passe au vitriol et tourne en ridicule une partie de la population de la Côte d'Azur : Les "riches qui se font passer pour plus riche qu'ils ne sont (comme dit) dans le film, et leurs parasites...

Mascarade nous rend heureux de n'être pas si riche que ça (disons que rien d'essentiel ne me manque) et d'avoir assez d'ambition et d'amour propre pour ne pas se prostituer au sens propre comme au sens figuré, et ne pas voir l'argent comme synonyme bonheur. D'ailleurs, dans ce film, chacun brasse des petites fortunes plus ou moins bien acquises, mais personne n'est vraiment heureux. C'est assez effarant de constater la naïveté des uns et la cupidité des autres. Les naïfs et riches ne cherchent qu'à être aimé par tous les moyens, sans forcément aimer eux-mêmes, ou sans se poser des questions sur leur propres motivations et celles des autres. Bref, des vies de mensonges et d'apparences... S'ils ne sont pas pathétiques dès le début, les personnages le deviennent tous ou presque et participent tous à la mascarade.

Le scénario est vraiment super bien ficelé et tient en haleine, jusqu'à surprendre même à la fin, ajoutant une mascarade supplémentaire aux autres déjà bien empilées, et celle-là, je ne l'ai vraiment pas vue venir. La réalisation est impeccable et les images majestueuses. Le rythme ne faiblit pas, au contraire, la tension monte au fur et à mesure que l'on approche de ce que l'on pense être le dénouement, sur lequel le film s'ouvre...  Les dialogues sont bien souvent aux petits oignons bien acides, mémorables pour certaines répliques.

Rien à redire sur le casting impeccable... Sauf sur Isabelle Adjani, dans la peau d'une vieille star de cinéma plutôt oubliée mais sur le retour.... Certes, elle a le visage "parfait" pour jouer une femme qui plonge dans le jeunisme... le problème est qu'elle fait par moment plus jeune de visage que la magnifique Marine Vacth, et que seul son regard exprime encore de réelles émotions. A mes yeux, elle semble jouer une caricature d'elle-même... Alors qu'Emmanuelle Devos est simplement sublime avec ses rides expressives et son âge.

C'est cruel, cynique, amoral, drôle et palpitant, c'est à l'opposé de ma vie et de ce que je suis, et c'est ça que j'aime aussi au cinéma.... L'opposé ! A ne pas bouder !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 6 Novembre 2022

Bonjour et bon dimanche !

Suite de mon voyage d'avril dernier (à l'occasion de mes 50 ans), au Kenya, et 2ème cession sur le parc d'Amboseli. Vous pouvez retrouver la 1ère ici !

Un safari en fin d'après midi , et voir le Kilimandjaro se dévoiler peu à peu, et un autre le lendemain matin, avec un Kili complètement dégagé à notre réveil... A dream come true ! magnifique ! J'avais tant rêvé d'être là un jour !

Allez, on embarque dans le minibus à la découverte de la savane !

Le singe Vervet bleu

Le singe Vervet bleu

Le singe Vervet bleu

Le singe Vervet bleu

UN DIMANCHE DANS LE PARC D'AMBOSELI 2/2
Les Babouins... Les points communs dans la gestuelle et le comportement avec l'humain sont vraiment troublants.

Les Babouins... Les points communs dans la gestuelle et le comportement avec l'humain sont vraiment troublants.

Les Babouins

Les Babouins

Les Babouins : Les amies, c'est la vie. Les singes du parc national d'Amboseli, au Kenya, l'ont bien compris. En s'appuyant sur 35 ans de données, des chercheurs de l'université de Duke (Caroline du Nord, Etats-Unis) démontrent que les babouins mâles qui entretiennent des relations amicales avec leurs congénères femelles ont une meilleure longévité.

Les Babouins : Les amies, c'est la vie. Les singes du parc national d'Amboseli, au Kenya, l'ont bien compris. En s'appuyant sur 35 ans de données, des chercheurs de l'université de Duke (Caroline du Nord, Etats-Unis) démontrent que les babouins mâles qui entretiennent des relations amicales avec leurs congénères femelles ont une meilleure longévité.

Possibilité de faire un tour de montgolière, pour survoler L'Amboseli ou le Massaï Mara... Prix du tour : environ 500 € par personne !

Possibilité de faire un tour de montgolière, pour survoler L'Amboseli ou le Massaï Mara... Prix du tour : environ 500 € par personne !

UN DIMANCHE DANS LE PARC D'AMBOSELI 2/2
UN DIMANCHE DANS LE PARC D'AMBOSELI 2/2
UN DIMANCHE DANS LE PARC D'AMBOSELI 2/2
UN DIMANCHE DANS LE PARC D'AMBOSELI 2/2
UN DIMANCHE DANS LE PARC D'AMBOSELI 2/2
UN DIMANCHE DANS LE PARC D'AMBOSELI 2/2
UN DIMANCHE DANS LE PARC D'AMBOSELI 2/2
UN DIMANCHE DANS LE PARC D'AMBOSELI 2/2
UN DIMANCHE DANS LE PARC D'AMBOSELI 2/2

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyages en Afrique

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Publié le 4 Novembre 2022

Roman - Editions Pocket - 306 pages - 6.95 €

Parution Pocket 2009, Julliard 2008

L'histoire : Celle du Marquis de Montespan, qui vit sa femme, sublime et adorée, devenir la favorite du rois Louis XIV. Ce qui à l'époque était une source de privilège inépuisable rend le marquis fou de douleur. Il n'acceptera jamais, jamais que épouse, la Marquise de Montespan partage la couche du roi, et sa haine contre l'homme le plus puissant du monde le mènera dans une "guerre" sans fin pour récupérer son amour.

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

Mon humble avis : Il m'a fallu le récent décès de Jean Teulé pour me décider à sortir ce titre de ma PAL... Le Montespan, qui lors de sa parution, fut multi primé et reçut entre autrse le Prix du roman historique de l'année 2008.

J'ai bien apprécié ma lecture... Qui m'a instruite, divertie (cette histoire est follement romanesque) et amusée (les situations cocasses de manquent pas, et la plume de Jean Teulé amplifie encore cet aspect comique.

L'ouvrage est évidemment très documenté. Mais pour les petits détails de l'action et certains dialogues, j'ignore où se tient la limite entre vérité historique et facéties du romancier. Quoiqu'il en soit, les pages se tournent toutes seules.

Les vocables et locutions d'antan sont bien sûr présents et parfois mêlé à un style plus contemporain et plus cru. Qui sait, cette crudité était peut-être déjà d'usage à l'époque. La lecture en est agréable et joviale.

C'est curieux comme les mots de Teulé m'ont permis de me créer des images sur la vie des Français, des gueux comme des nobles déjà désargentés, ou encore autour de la cour du roi. Franchement, et à tous niveaux (hygiène, pauvreté, monarchie à plein pouvoirs) cette époque ne donne pas envie !

Chapeau à Jean Teulé qui est parvenu à faire de ces personnes historiques des personnages de roman plus vrais que nature, des personnages auxquels on s'attache, ou dont on se détache... même si les "juger" par le prisme de nos valeurs contemporaines n'est pas très rationaliste ! Quoiqu'il en soit, Le Marquis de Montespan nous parait d'abord badin, looser et malchanceux (Il part à 3 guerres pour faire fortune et deux d'entre elles n'ont pas lieu !), très naïfs (il ne voit pas les dangers de la cour, même quand son épouse le supplie de l'en sortir). Et puis, c'est un homme qui grandit sous nos yeux, qui devient courageux, combatif, d'une intégrité absolue, et surtout, passionnément amoureux de La Montespan, à une époque où l'amour était rarement le socle du mariage, et s'il l'était, ne durait jamais plus que quelque temps.

J'ai donc passé un agréable moment avec ce personnage haut en couleurs et me suis instruite sur le XVIIème siècle et ses usages. Si vous ne connaissez pas ce roman, je vous le conseille donc chaleureusement !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 31 Octobre 2022

Film d'Olivier DAHAN

Avec Elsa Zylberstein, Elodie Bouchez, Rebecca Marder

Synopsis : Le destin de Simone Veil, son enfance, ses combats politiques, ses tragédies. Le portrait épique et intime d’une femme au parcours hors du commun qui a bousculé son époque en défendant un message humaniste toujours d’une brûlante actualité.

Mon humble avis : Deux semaines que je reporte ma séance pour de plus ou moins bonnes raisons, j'ai même failli renoncer... Et c'eut été dommage.

Non pas que le film soit parfait à mes yeux... je l'aurais préféré plus linéaire dans les faits, pour y constater mieux l'évolution et du personnage, de l'Histoire, et des mentalités des époques traversées. Mais peu importe... Le réalisateur Olivier Dahan explique son choix... Il souhaitait que chaque moment important de la vie publique de Simone Veil fasse échos, rime avec une période de sa vie passée et personnelle.

Ce film est évidemment dur à regarder, mais aussi fascinant et captivant. En fait, je ne connaissais pas Simone Veil, qui pour moi, se "résumait" (quel horrible mot mais je n'en trouve pas d'autre) à la loi sur l'IVG et sa survivance aux Camps de la mort. Ce qui est déjà admirable et terrible. Mais elle a fait tellement plus que ça... J'ai réalisé dans le noir de la salle obscure tout ce que je devais à cette femme si obstinée, si juste, honnête, si courageuse, dans ma vie de tous les jours. A elle, et sans doute à d'autres que je méconnais. Mais c'est surtout Simone Veil que l'Histoire retiendra il me semble. Elle a tant fait la France, l'Europe, la paix, pour les femmes, les Hommes en général pour qu'ils retrouvent une dignité même dans les pires moments de leur vie... Et le tout, sans étiquette politique. Je ne pense pas qu'il y ait en ce moment des hommes ou des femmes de cette stature dans ceux qui nous gouvernent... Mais j'espère qu'il y en aura d'autres, qui comme elle, feront vraiment changer les choses par intimes convictions humanistes, parce qu'elles sont justes et pas pour la gloriole personnelle et les petites guéguerres médiocres entre politicien. 

Nombre de scènes se déroulent dans les années 70, ma décennie de naissance.... Et j'ai été choquée de constater un tel machisme, un tel sexisme, une telle misogynie dans les hémicycles politiques d'alors... Les femmes étaient vraiment considérées comme de la triple merde incapable et non dignes de respect si elles sortaient de leur cuisine. Même si le chemin sera encore long avant que les femmes soient vraiment considérées comme les égales des hommes, il y a tout de même eu quelques avancées à ce niveau-là... Au moins dans les lois, même si certains individus, publics ou non, ont bien du mal à les appliquer et à les respecter.

Bref, c'est un film à voir... Un film qui parle de transmission, et d'obstination à transmettre et à installer une vie plus juste pour que... plus jamais ça. Et étant donnée l'actualité politique de certains pays européens, ce film n'en n'est que plus d'actualité, pour que les consciences collectives et individuelles ne s'endorment pas sur leurs lauriers et leurs conforts... On y voit également les évolutions sociales et sociétales en France, dont certaines m'avaient échappé à cause de ma jeunesse...  Au-delà du beau portrait d'une femme, ce film est aussi une chronique historique.

Inutile d'ajouter que la distribution est impeccable... Elsa Zylberstein et Rebecca Marder incarnent une Simone Veil plus que convaincante en différentes périodes de sa vie... Et aussi, le plaisir de revoir Elodie Bouchez sur grand écran.

En fait, ce film donne espoir. Oui, c'est comme ça que je le ressens... Dans les hautes sphères de la magistrature, du pouvoir et de la politique, il a existé des personnes intègres et justes... Alors, peut être que cela peut arriver de nouveau...

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 29 Octobre 2022

BD - Editions Paquet - 64 pages - 19 €

Parution en Sept 2022

L'histoire : 1968. L'été de l'amour bat son plein, mais le Sud américain est toujours dominé par la haine.1942. L'Amérique se bat pour la liberté en Europe et dans le Pacifique, mais tous ses citoyens ne sont pas égaux dans la lutte...Basé sur l'histoire vraie des Tuskegee Airmen, les premiers pilotes noirs de l’armée de l’Air américaine, Tuskegee Ghost peint un drame familial où la violence de la guerre fait écho à celle du racisme.

 

 

Tentation : Le sujet

Fournisseur : SP, merci Tania :)

Mon humble avis : Voici un très bel album... L'objet est déjà magnifique, soigné, agréable au touché et surtout au regard : des graphismes comme je les aime, assez réalistes, les dessins sont splendides, et les couleurs assez douces. Les atmosphères des époques et les lieux qui défilent sont parfaitement rendues.

Inspirée de la réalité, nous suivons ici l'histoire personnelle et collective de Robert, l'un des premiers pilotes noir dans l'US Army. Il y a le drame familial qui se joue devant nos yeux, avec ses non-dits, ses révélations et les conséquences quotidiennes du vécu de la guerre. Robert souffre d'un Stress Post Traumatique qu'il ignore et nie, ce qui impacte toute la famille.

L'histoire collective, c'est le racisme aux Etats Unis, le KKK et la violence qui en découle, mais aussi la Seconde Guerre Mondiale. Et là, j'ai appris des choses sur lesquelles je ne me questionnais pas, et j'aime ça. Le racisme était bien présent jusque dans l'armée au point que les pilotes noirs avaient des avions usagers et moins performants.  Que leur unité a été créé par l'Etat major juste dans le but de prouver que les hommes de couleurs étaient incapables de se battre et de défendre leur pays, bref, pour les humilier une fois de plus... Mais cette fois, l'Etat Major n'a eu qu'à fermer son caquet. La bêtise allait même jusqu'à isoler les pilotes noirs dans des bases différentes des pilotes blancs, en Afrique. Révoltant de lire cela...

J'ai vraiment apprécié découvrir cette unité Tuskegee car franchement j'en ignorais tout et ne m'étais jamais interrogée sur l'intégration ou non des afro américains dans l'US Army ni sur leur sort. J'attends la sortie du 2ème tome avec impatience. Si vous cherchez des idées de cadeaux à l'approche de Noël, vous avez là une très belle et intéressante BD qui peut, à mon avis, déjà convenir pour un adolescent curieux. Je précise : nul besoin d'être féru d'aviation pour apprécier cet ouvrage à sa juste valeur.

Pour l'anecdote, j'ai trouvé que l'épouse de Robert ressemblait à... Michèle Obama ! Ca m'a bien plu ! 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 27 Octobre 2022

Thriller - Editions Livre de poche - 320 pages - 7.70 €

Parution Livre de Poche Nov 2019 (Préludes 2018)

L'histoire : Bill Herrington mène une vie tranquille, entre une famille équilibrée et un poste de professeur de lettres dans une grande université américaine.

Un jour, il trouve dans son casier, une enveloppe, contenant un roman... qu'il n'est d'ailleurs pas le seul à recevoir... Des exemplaires sont aussi parvenus à ses parents, à d'anciens amis...

Bill est atterré ! Ce roman raconte presque à la lettre un événement survenu 20 ans plus tôt et qu'il avait enfoui jusque là... Seuls lui et deux trois amis, présents à ce moment là, connaissent ce drame impuni depuis. 

Qui a écrit ce roman, comment a-t-il su, que lui veut il 20 ans après... Bill ne vit plus... Sa vie devient infernale.

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Livre offert pour 2 acheté l'été dernier

Mon humble avis : Enfin, les maisons d'édition proposent des titres sympas dans leurs offres estivales 2 livres acheté un titre offert. Pas une vieillerie, mais un roman primé.

Il est toujours minuit quelque part est vraiment un chouette thriller psychologique que je qualifierai de "soft"... Du suspense bien sûr, des montées d'adrénaline et les pages qui se tournent de plus en plus vite... pour savoir. Mais rien d'insupportable ni d'ultra stressant. Il se lit agréablement et facilement, ce qui m'a fait du bien !

On pourrait croire le sujet pas tellement inédit (le roman qui dénonce un crime vieux de 20 ans) mais en fait, la façon dont Cédric Lalaury développe son sujet est originale et fichtrement bien menée.

Les mystères s'amoncèlent et de la réponse à l'un émane de suite le suivant !

Qui a écrit ce livre ? d'où tient-il ce récit qui devait rester secret ? Comment ce livre est-il parvenu jusqu'à Bill ? Une fois le livre paru, qu'elle est la prochaine menace ? etc... et l'auteur nous garde des "surprises" jusqu'à la presque toute fin ! L'évolution de l'histoire sera inattendue car le hasard et la "malchance" jouent ici un rôle majeur, et étonnante jusqu'aux réactions des personnages lors du dénouement... Ces réactions qui permettent au lecteur de s'interroger sur son éventuel jugement personnel envers Bill : sympathique et victime au premier abord, qu'est-il réellement ? Pour moi, il tient tout de même du sociopathe...

Le fil conducteur de ce roman est la culpabilité impunie, et ici même "oubliée du principal protagoniste Bill. Peut-on vivre sereinement lorsque l'on a commis un crime ? Quand les mémoires assoupies se réveillent, la culpabilité crée alors le propre enfer du coupable, cette peur que tout éclate et cette paranoïa qui lui ruine sa vie... Et quand les secrets sont multiples et liés au même événement, comment savoir ce que l'autre sait ou ignore, ce que l'autre exige de savoir.

On entre donc avec Bill dans cette spirale infernale pour notre bon plaisir de lecteur !

PS : Par contre, je m'interroge... pourquoi nombre d'auteur français situent leur intrigue aux Etats Unis ? La France n'est elle pas assez inspirante ? 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Thrillers - polars français

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Publié le 21 Octobre 2022

Roman - Editions Rivages - 198 pages - 19.50 €

Parution le 22 août 2022  : Rentrée littéraire

L'histoire : A l'heure actuelle, il n'est plus connu de personne... Et pourtant, Augustin Mouchot connu son heure de gloire et remporta même une médaille d'or à l'Exposition Universelle de Paris en 1878...

Augustin Mouchot a découvert l'énergie solaire. Et ses travaux aussi acharnés que titanesques démontraient son efficacité, sans l'usage d'aucun combustible. Oui, mais voilà, l'ère du charbon est arrivée et la communauté scientifique s'est détournée de Mouchot, qui finit ruiné et oublié de tous.

Miguel Bonnefoy raconte ici son histoire et par la même occasion, lui rend sa place au soleil !

Tentation : Nom de l'auteur

Fournisseur : Bib de Dinard 

Mon humble avis : Une petite virée à la bib pour trouver un titre de la Rentrée littéraire... Ceux que j'avais en tête n'étaient pas disponibles... Mais cette couverture violette qui même de loin dit "Miguel Bonnefoy" m'a attirée. Et je garde un si bon souvenir de ma lecture de Sucre Noir, que retrouver la plume de Miguel Bonnefoy me ravissait d'avance.

Force est de constater que l'enthousiasme n'est pas le même que pour Sucre noir. Et pourtant, dans un premier temps, ma lecture fut vraiment enjouée et intéressée. Quelle bonne idée de sortir de l'ombre ce personnage ô combien romanesque qu'était Augustin Mouchot et de le remettre à la lumière... Surtout dans notre époque actuelle où l'on court autant après l'énergie qu'à son économie. A l'heure où les énergies fossiles sont fustigées pour leurs dégâts écologiques et dont la disparition à moyen terme est déjà annoncé. C'est au court du 18ème siècle qu'Augustin Mouchot découvrit l'énergie solaire et ses usages possibles. Même Napoléon III s'est intéressé aux travaux de Mouchot... En effet, ceux-ci auraient permis par exemple aux militaires en campagne de cuire leurs aliments sans combustibles et surtout, sans créer de fumer trahissant leurs positions. Alors oui, l'intérêt est là et reste, car Miguel Bonnefoy nous plonge également dans la France depuis 1825 jusqu'à l'avant-guerre 14-18. Les conditions de vies sont là, les conflits et changements politiques constitue une toile de fond et situent l'avancée du récit. Et puis nous côtoyons d'autres scientifiques, découvreur et inventeur de l'époque, même si certains ne sont qui cités.

L'on retrouve aussi la plume imaginative, vivace, élégante de Bonnefoy qui parvient, au début, à nous faire croire qu'il s'agit là d'un conte, tant le ton y est. L'écrivain se permet même des petits clins d'oeil à ses précédents romans ! J'ai trouvé celui sur Le voyage d'Octavio, et sur Héritage. Le clin d'oeil à Sucre noir m'a échappé !

Mais, mais... L'aspect conte a disparu progressivement... Les descriptions des appareils construits par Mouchot sont très nombreuses et ne m'ont pas parlé... Dommage qu'il n'y ait pas eu un petit croquis ajouté de-ci-delà... (Bon, en même temps, j'aurais pu me rendre sur Google, mais c'est une chose que je fais très rarement en lisant). Je n'ai pas retrouvé l'onirisme et la fantaisie présents dans Le voyage d'Octavio ou Sucre noir. A mi-parcours, j'ai une l'impression d'une histoire contée de façon de plus en plus linéaire, comme une suite d'événements. L'auteur semble parfois annoncer des choses, des basculements, qui n'adviennent pas. Et puis sur la fin, j'ai trouvé le récit un peu embrouillé, concernant les ressources financières de Mouchot, les brevets etc. Donc un avis en demi-teinte malgré un personnage vraiment hors du commun, dont j'ai été contente de faire la connaissance.

Une lecture intéressante mais qui ne m'a pas passionnée, d'autant que dans ces biographies romancées, je me demande toujours ce qui tient de la vérité ou ce qui émane de l'imagination de l'auteur. J'ai tout de même été "amusée" de constater toutes les objets ou technologies créés au 19ème siècle, et cités dans ce roman, que j'utilise quasi quotidiennement sans réfléchir, comme s'ils avaient toujours existé.

Si vous n'avez jamais lu Miguel Bonnefoy, je ne vous conseille pas ce titre pour entrer dans son univers. Mais si vous êtes férus de sciences et de découvertes, ce roman pourrait vous séduire plus que moi.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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