Lectures, BD, cinéma, voyages, photos, chats, oiseaux, nature bref mon petit monde ! .................. " C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante" (Le petit prince)
L'automne en photos... Seule, avec une amie ou avec mon club photo... dans les environs de chez moi, pas plus de 30 km...
Des champignons, des couleurs, des textures, des reflets, des atmosphères...
Une ambiance poétique si vous le voulez, en attendant, bon dimanche :)
L'automne
Alphonse de Lamartine, Méditations poétiques, 1820.
Salut ! bois couronnés d'un reste de verdure !
Feuillages jaunissants sur les gazons épars !
Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la nature
Convient à la douleur et plaît à mes regards !
Je suis d'un pas rêveur le sentier solitaire,
J'aime à revoir encor, pour la dernière fois,
Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière
Perce à peine à mes pieds l'obscurité des bois !
Oui, dans ces jours d'automne où la nature expire,
A ses regards voilés, je trouve plus d'attraits,
C'est l'adieu d'un ami, c'est le dernier sourire
Des lèvres que la mort va fermer pour jamais !
Ainsi, prêt à quitter l'horizon de la vie,
Pleurant de mes longs jours l'espoir évanoui,
Je me retourne encore, et d'un regard d'envie
Je contemple ses biens dont je n'ai pas joui !
Terre, soleil, vallons, belle et douce nature,
Je vous dois une larme aux bords de mon tombeau ;
L'air est si parfumé ! la lumière est si pure !
Aux regards d'un mourant le soleil est si beau !
Je voudrais maintenant vider jusqu'à la lie
Ce calice mêlé de nectar et de fiel !
Au fond de cette coupe où je buvais la vie,
Peut-être restait-il une goutte de miel ?
Peut-être l'avenir me gardait-il encore
Un retour de bonheur dont l'espoir est perdu ?
Peut-être dans la foule, une âme que j'ignore
Aurait compris mon âme, et m'aurait répondu ?
La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphire ;
A la vie, au soleil, ce sont là ses adieux ;
Moi, je meurs; et mon âme, au moment qu'elle expire,
S'exhale comme un son triste et mélodieux.
Mon pitch : Lors des funérailles de son grand-père, Simon apprend par la bouche d'un oncle par alliance une grande absence en ce jour de deuil. En effet, à la fin de la guerre, d'une liaison avec une allemande, Malsuci a eu un fils... Dont il n'a jamais été question dans le cercle familial. Ce dénommé M devient une obsession pour Simon qui cherche dans ces racines ce que son propre couple en dérive ne peut plus lui offrir.
Tentation : Pour mon club de lecture
Fournisseur : La bib de St Lunaire
Mon humble avis : Et oui, encore une histoire de secret de famille... Et pourtant, ce roman ne date pas de cette rentrée littéraire 2025. Celle-ci porte sur l'un des 400 000 enfants nés durant la seconde guerre mondiale de liaisons éphémères mais non moins passionnelle entre Allemand et Français... Donc par la suite, élevé par la mère seule, le père soldat ayant rejoint sa patrie et fondé une nouvelle famille après l'Armistice.
J'ai apprécié que l'auteur se penche sur le sort de ces enfants, qui bien plus tard, quand les langues se sont déliées, furent parfois recherchés par des membres de leur famille inconnue. Il est aussi question de leurs mères, qui forcément, furent sujettes à l'opprobre générale... Car évidemment, quand il y a "faute" hors mariage, la honte se pose toujours sur la femme qui en porte preuve et non sur l'homme qui repart la fleur au fusil...
Et pourtant, mon intérêt en cours de lecture fut très fluctuant...Jaillissant dans les premières pages, souterrain pendant un bon moment, puis résurgent sur quelques passages et sur la toute fin qui m'a touchée. Mais j'ai comme eu l'impression que Sylvain Prudhomme n'avait pas assez de matière pour développer son sujet et que, pour aboutir à un volume raisonnable, il emplissait les pages de détails inutiles, qui pour moi ont empêché un approfondissement du thème et des réactions de l'entourage. D'autant que ces passages-là ont été très ennuyeux, sans intérêt (le kébab etc)
Le style narratif ne m'a pas convenu non plus... Du genre qui, pour se donner un style, empêche une lecture fluide... Les dialogues qui ne sont pas séparés de la phrase précédente, les à la lignes subits etc font qu'à plusieurs reprises, j'ai dû relire certaines phrases pour être sûre de qui en était l'auteur. D'autant que la longueur de certaines sentences n'aide ni à leur compréhension, ni à la libre circulation des émotions. A trop parler de lui, le narrateur nous éloigne du sujet qui nous a emporté, nous emmène plutôt dans la confusion sur la raison réelle de ce silence décennale, et du coup, nous égare avant de nous reconquérir dans les dernières pages... toute en nous laissant sur une sorte de faim... Pour moi, c'est un roman qui ne partage pas assez avec ses lecteurs.
C'est dommage, car avec un tel secret, avec une telle famille qui entoure l'arrière-grand-mère de presque cent ans, il y aurait eu de quoi faire une très chouette roman, et une histoire bouleversante. Alors qu'au final, j'ai eu plus l'impression d'un auteur qui se regarde écrire une sans peut-être autofiction. Après, n'étant pas écrivaine, je ne sais pas comment j'aurais développé cette histoire de silence... Néanmoins, il y a deux phrases dont j'aurais aimé être l'autrice, ou qui m'ont beaucoup parlé :
"Je voudrais vivre dans un monde où les choses puissent se dire en face, la vérité s'affronter. Où chacun de nous soit assez libre et fort pour accueillir la liberté des êtres qui l'entourent"
"J'ai pensé que comme M, je faisais partie des êtres qui ont un problème avec le monde, n'arrivaient pas à s'en contenter tel quel, devaient pour se le rendre habitable le triturer, le rêver autre."
Il y a 5 ans, j'avais lu et chroniqué "Par les routes" de Sylvain Prudhomme. Et en relisant mon billet de l'époque, je retrouve les mêmes impressions que celles d'aujourd'hui. Je pense donc que Prudhomme est un auteur qui ne me convient pas, à l'univers et au style qui ne me touchent pas. Je ne renouvellerai donc pas.
Le sujet :Elle s'appelle Françoise Roy. Son métier consiste à accompagner les personnes atteintes par la maladie d'Alzheimer et leurs proches dans leur vie quotidienne. Étienne Davodeau trouve que c'est là un métier passionnant. Alors il a demandé à Françoise de lui raconter au plus près les heures et les journées qu'elle passe dans l'intimité de ces femmes et ces hommes pour qui la qualité de l'instant présent est essentielle. Il lui a dit : "Là où tu vas, chaque jour, tu seras mes yeux et mes oreilles".
Tentation : Nom de l'auteur = qualité
Fournisseur : La bib de St Lunaire
Mon humble avis : Les BD de Davodeau, je les attends comme les romans de mes auteurs favoris. Il y a deux ans, je m'étais régalée avec les splendides dessins de Loire. La couverture de "Là où tu vas" annonçait le même ravissement. Hélas, sitôt l'ouvrage ouvert, on réalise qu'à l'intérieur, tout y est en noir et blanc. Dommage. Dommage même si, ici, les paysages et dessins sont relativement secondaires. Ce qui importe le plus, c'est le texte des bulles. En cela, "Là où tu vas" est bien dense et ne se lit pas sur le mode divertissement. Ici, on est dans le partage et l'information, celle qui est nécessaire. Car le titre peut être lu à différents degrés... Là où tu vas... Comme dit dans le pitch, c'est là où se rend tous les jours Françoise, pour son travail. A noter que Françoise est aussi la compagne de Davodeau et la mère de ses enfants. Aussi, dans quelques cases, voit on le couple discuter de ce projet de livre dans la cuisine ou sur une montagne enneigée. Là où tu vas... C'est aussi ce monde mystérieux où vont ceux qui subissent des maladies neurodégénératives. Et c'est aussi là où chacun de nous allons... Le grand âge, le pays de la mémoire qui flanche...
Cet album est profondément humain et empathique. Il prend le temps, comme Françoise prend le temps d'apprivoiser ces nouveaux "patrons". Car oui, elle est bien embauchée par les personnes dont elle s'occupe, même si celles-ci n'en n'ont pas conscience. Françoise insiste bien pour que l'on ne dise pas "les malades", mais "les personnes malades". Car malade d'Alzheimer (ou d'autres troubles cognitifs) ou pas, chacun est avant tout et reste une personne. Auparavant infirmière en milieu hospitalier puis à domicile, Françoise a choisi de se former (notamment au Canada), à l'accompagnement des personnes atteintes de trouble cognitifs et de leur famille, qui sont souvent en grand désarroi. Evidemment, les "cas" évoqués ici sont loin d'être exhaustifs, puisqu'il s'agit de personnes toujours à domicile. Il n'empêche, tout est très instructif tout en restant pudique et bienveillant, jusque dans la "méthode" utilisée par Françoise, inspirée de Montessori pour maintenir au maximum des habitudes et les participations des patients dans leur quotidien.
Un ouvrage très utile aussi bien pour les personnes qui ne sont pas encore concernées par ces maladies, que pour les familles et les aidants, car il ouvre réellement des pistes d'accompagnement non intrusif.
Là où tu vas, en mettant les mots justes au bon endroit est aussi un magnifique hommage à ces hommes et femmes qui s'occupent quotidiennement de nos aînés...
Nécessaire et incontournable évidemment. Pourquoi se priver du regard avisé et bienveillant de Davaudeau sur les différents maux de notre société.
Roman - Editions Audiolib - 9h09 d'écoute - 22.99 €
Parution La Manufacture de livres et Audiolib 2019
Le pitch : Dans le secret du confessionnal, on confie au père Gabriel une mission. Récupérer à l'asile voisin, sous la jupe d'une femme dont il doit bénir le corps, de mystérieux cahiers. C'est ainsi que sortent de l'ombre les carnets de la jeune Rose, ceux dans lesquels elle a conté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin.
Tentation : La blogo
Fournisseur : La bib de Dinard
Mon humble avis : C'est curieux, à certaines périodes, on collectionne les lectures fades et à d'autres, on cultive les coups de coeur...
Né d'aucune femme, voilà quelques années que j'en repousse la lecture tant les avis lus sur la blogo à l'époque de sa sortie étaient unanimes. Superbe mais horrible. Aussi, j'avoue je m'attendais à un roman intolérable... Certes, l'histoire et la destinée de Rose sont vraiment terribles, abominables même, mais j'ai déja lu pire ou similaire.
On trouve un peu de tous les styles romanesques dans ce roman... Il y a l'aspect conte (avec le méchant chatelain et la jeune bonniche), on est aussi dans un thriller tant la tension et le suspense sont intenses...Avec Franck Bouysse, on n'est jamais très loin du terroir. Et on flirte parfois avec la philosophie et la spiritualité à travers les pensées de Rose.
L'introduction de l'histoire est originale et bien cherchée. Quant à la narration, elle est on ne peut plus maitrisée, tant dans le style aussi brillant que ciselé, que dans le rythme qui ne faiblit pas, sans cesse relancé par des rebondissements de plus en plus sombres.
Le sujet principal est la domination de la femme par l'homme, des pauvres par les riches etc. Le sort des jeunes femmes pauvres, le sort des femmes dont on attend un héritier, le sort des femmes qui ne répondent pas aux attentes.... En fait, Rose est issue d'une famille très pauvre... Et son père l'a vendue à un riche châtelain et à sa marâtre de mère, pensant bien faire tant pour Rose que pour assurer la survie de sa famille. Mais c'est en enfer qu'il envoie sa fille et plonge sa famille entière, hélas.
On imagine que l'histoire se déroule au XIXème siècle, pourtant, dans le fond, elle n'est en rien démodée. C'est la forme qui l'ancre dans son époque.
Franck Bouysse nous plonge dans ce que l'humain a de plus vil, de plus pervers, de plus violent, de plus abjecte et dans la culpabilité de toute une société au mépris des plus démunis de la part des bourgeois, médecins, religieux etc... Tout une domination qui est réelle et dont les médias nous en a révélé de nombreux exemples, pas si anciens que ça, en France, en Irlande, au Canada etc...
On comprend bien vite comment le curé a récupéré les journaux de Rose. Puis au fil des pages, alternent les moments très durs et les passages poétiques, à travers les voix des différents personnages. Et tout cela donne un roman vraiment grandiose, beau, triste, sombre, dur mais qui se termine sur une lueur des plus inattendues. Impossible d'en dire beaucoup plus sous peine de spoiler.
Un roman incontournable, bouleversant, terrible. Un chef d'oeuvre et une héroïne, Rose, de celle qu'on n'oublie pas.
Cette lecture est incluse dans mon Challenge Lisez votre chouchou... Dont je suis une bien piètre organisatrice et animatrice (et je m'en excuse) ! D'ailleurs, je réalise que celui-ci est censé être clos... Bon, comme j'ai encore un roman de Franck Bouysse sous le coude, je prolonge donc ce challenge de quelques semaines et un bilan sera publié en décembre.
Parution poche mars 2024 et d'origine en octobre 2022
Mon pitch : Fin des années 90, deux nouveaux nés, jumeaux, sont abandonnés sur les marches d'une église. Ils sont confiés à l'ASE et quelques mois plus tard adoptés... séparément.
Quelque vingt années plus tard, Tony qui a vécu sa vie entre foyer et familles d'accueil, galère à poursuivre ses études.
Frappe à sa porte Raphaël... Son double parfait, mais tellement différent, bourgeois, hautain... En fait, un vrai connard. Peu importe, les gens n'y verront que du feu... Tony accepte donc le deal de Raphaël, ce qui l'arrange dans un premier temps pour rembourser ses dettes... Sauf que Tony met un premier pied en enfer, sans retour possible...
Tentation : la blogo
Fournisseur : La bib de St Lunaire
Mon humble avis : Cela faisait un moment que je zieutais ce titre à la Médiathèque, plusieurs blogs m'ayant dit grand bien de cette autrice. Et bien je confirme ! Conquise je suis.
Le premier tiers du roman porte surtout sur l'enfance et le trajet de vie d'Antoine, qui se fait appeler Tony. L'un des deux jumeaux... Adopté par un couple adorable... qui s'est tué en voiture quand Tony avait à peine 5 ans. Du coup, pour Tony, ce fut foyers et familles d'accueil. De la violence ou de la menace, des gestes déplacés etc... Toujours en compagnie de Chris, son super pote qui le protège. A 18 ans, Tony doit tracer sa route sans l'ASE... Et son rêve : devenir avocat des familles... Mais évidemment, se loger, vivre, travailler comme un damné tout en étant à la fac.... Et bien pas de dessin nécessaire, c'est le fiasco et le découragement... le danger de l'illégalité. Claire Favan a créé le personnage de Tony après s'être énormément documentée sur l'ASE (Aide Sociale à l'Enfance) et les méthodes qu'elle décrit font froid dans le dos.
Puis, je vous laisse découvrir comment pourquoi, Raphaël son jumeau le retrouve et frappe à sa porte. Lui a grandi dans une famille où seules comptent la réputation, l'argent (qui coule à flot etc) mais point d'amour. C'est là qu'on pense deviner l'issue du roman, sauf que pas du tout, enfin si un peu mais tellement peu par rapport à l'immensité de l'intrigue, ses rebondissements, ses drames de ses conséquences. Car oui, contre de belles sommes d'argent, Raphaël va demander à son jumeau de le remplacer dans quelques soirées pour qu'il puisse tranquillement aller tromper sa copine avec des filles d'un soir... Mais, ça ce n'est que le début... Un premier pas dans la manipulation et le machiavélisme. Dont on se demande bien comment Tony va pouvoir s'en sortir...
Les deux personnages, pourtant jumeaux monozigotes ne se ressemblent ni de caractère, ni d'ambition, ni d'éducation et encore moins d'empathie envers les autres. Et pourtant, celui qui semble avoir eu le plus de chance dans la vie est celui qu'on déteste tout de suite. Mais ils sont extrêmement bien construits et étoffés par l'autrice qui pose à travers eux moult questions sur la gémellité, l'importance de l'environnement où l'on grandit, l'injustice, les manquements sociétaux de l'Etat et de certains parents et surtout, sur la prédestination. Un excellent thriller psychologique donc, doublé d'une enquête policière haletante.
Le suspense est intense, notre attachement à Tony réel, donc notre effroi pour lui l'est tout autant. Cette histoire de deux destinées qui n'auraient jamais dû être séparées et qui se recroisent est tout bonnement inoubliable... Quant à sa lecture, elle est des plus addictives, car qui plus est, servi par un style agréable, simple et efficace... Une plume au service de son sujet et non le contraire.
Une autrice que je ne vais pas lâcher dorénavant !
Avec Isabelle Carré, Tessa Dumond Janot, Alex Luth, Mélissa Boros
Synopsis : Élisabeth, comédienne, anime des ateliers d’écriture à l’hôpital Necker avec des adolescents en grande détresse psychologique. À leur contact, elle replonge dans sa propre histoire : son internement à 14 ans. Peu à peu, les souvenirs refont surface. Et avec eux, la découverte du théâtre, qui un jour l’a sauvée.
Mon humble avis : Ce film est librement inspiré du roman éponyme d'Isabelle Carré, lui-même inspiré de son internement pour tentative de suicide lorsqu'elle avait quatorze ans.
L'actrice anime des ateliers à l'hôpital avec des ado internés... Et dès qu'elle les rencontre, elle leur avoue être passée par là... Et voilà que les trois-quarts du film deviennent un flash-back dans les années 80, avec les événements qui ont abouti au désespoir d'Elisabeth (une trahison amoureuse et des parents dysfonctionnels), son geste et son internement... On sait que la psychiatrie est le parent pauvre de la médecine actuelle, et que c'est encore pire pour la pédopsychiatrie. Manque de soins, de structures adaptées et de soignants sont mis en avant dans le film avec des statistiques finaux, qui juste avant le générique de fin, donnent froid dans le dos... La jeunesse actuelle va mal. Cette dénonciation est nécessaire.
En tout cela, le film est louable et nécessaire, franc tout en restant pudique. Il montre aussi qu'il existe des issues lumineuses et durables à ses passages noirs et que, notamment, la créativité, l'art, la musique, la lecture, le théâtre, aident à se comprendre, à comprendre le monde qui nous entoure, à se reconstruire, à vivre, pour ensuite partager son expérience.
Les comédiens sont tous bien en place, des plus jeunes aux plus expérimentés et le film évite les écueils du pathos sans pour autant nous laisser de glace, bien au contraire. Alors pourquoi seulement trois pattes de chats ? Et bien parce que je m'interroge sur le montage du film et son objectif... Démontrer les manquements de la pédopsychiatrie en France actuellement en prenant pour exemple un cas bien précis datant des années 80.... Je ne suis pas sûre que cela soit très représentatif. A part la distribution de médicaments, il n'est nullement question de soin, de thérapie, de dialogues avec les soignants sur le mal être qui a conduit les jeunes entre ces murs.
Enfin, nous assistons à très peu, trop peu d'échanges entre Elisabeth et les jeunes de l'atelier, et je pense que c'est cela qui aurait plus mérité d'être montré. On assiste d'un seul coup à l'interprétation d'un slam écrit par les jeunes patients sans avoir participé nous-mêmes à l'élaboration du texte qui aurait pu être le témoin d'une évolution chez chacun d'eux. Si dans le film les jeunes contemporains avaient eu l'occasion d'exprimer les raisons de leur mal-être, il eut été intéressant, pour moi, de les comparer avec celles des années 80 et tenter de déceler pourquoi la jeunesse se porte de plus en plus mal au niveau mental pour pouvoir y ébaucher un remède préventif.
Mais l'ensemble reste délicat, à l'image de sa réalisatrice. Et l'objectif du film est tout à fait louable et de plus en plus d'actualité.
Mon pitch : Wilde c'est son nom... Parce qu'enfant, il a été retrouvé après des semaines d'errance dans la forêt, et que personne ne s'est présenté en tant que parent. Trente ans plus tard, Wilde s'est inscrit sur un fichier internet ADN pour recherche de filiation... Il matche parfaitement avec un individu qui serait son père... Mais aussi partiellement avec Peter, qui serait un lointain cousin. Alors que Wilde cherche à rencontrer Peter, celui-ci est porté disparu... Peter était une véritable star de la téléréalité, suivie par la nation entière...
Tentation : Et bien pourquoi pas ?
Fournisseur : Bib de Dinard
Mon humble avis : Harlan Coben est un auteur prolifique et à ses débuts, il était pour moi incontournable. Le temps passe et les vents tournent, et voilà que je ne l'ai pas lu depuis 14 ans !!! Bref, une paie ! C'est cette possibilité de lecture audio qui m'a motivée à y retourner et franchement aucun regret !
Je me suis délectée de cette audiolecture terriblement addictive. J'ai retrouvé l'efficacité de Coben et ai particulièrement apprécié sa précision et sa clarté de narration. On n'est pas perdu dans cette histoire, on ne confond pas les personnages, tout se suit avec grande facilité et énorme intérêt malgré le format audio qui n'est pas toujours évident pour les thrillers.
J'ai beaucoup aimé suivre Wilde dans ces investigations qui, de personnelles, deviennent réellement policières, puisque quelques meurtres se succèdent. Avec Identités croisées, Harlan Coben nous plonge dans des milieux qui sont à mille lieux de moi et de mon intérêt : les sites de recherche ADN et la téléréalité. J'imagine que l'auteur s'est documenté et c'est effectivement hallucinant de découvrir jusqu'où vont toutes les déviances de ce milieu ultra scénarisé de la recherche de la célébrité à tout prix. Coben évoque aussi le "net bashing", enfin c'est le mot que je trouve... La destruction d'une personne et de sa réputation par des rumeurs sur internet, des fake news... Parfois dans un but précis et commandité par des professionnels ou des concurrents, parfois à titre gratuit, juste par ennui, méchanceté et débilité... Le net, cette zone de non droit ou tout le monde se croit tout permis, car impuni. Et Coben ne cache pas tous les dégâts humains que cela induit.
Donc Wilde enquête, avec l'aide de ses proches, se fait choper et passer à tabac par des agents du FBI, se fait approcher par une très secrète et puissante agence de vengeurs masqués etc... Et le mystère est profond, le suspense s'intensifie, la lecture, audio ou pas, devient frénétique. L'intrigue et son dénouement sont sacrément bien ficelés... Jamais je n'ai deviné qui était l'auteur de crimes qui s'accumulent, même si, de temps en temps, celui-ci prend la parole dans le texte. Le succès de l'auteur est donc toujours justifié !
Alors pourquoi pas un coup de coeur ? Pour quelques toutes petites raisons. J'ai découvert en fin de lecture qu'Identités croisées est la suite d'un premier opus : L'enfant de la forêt, que je n'ai évidemment pas lu ! Ca ne m'a pas empêchée de bien apprécier ma lecture, mais je me suis étonnée de ce que Wilde devienne ainsi un enquêteur qui semble chevronné ! Il y a aussi une certaine distance de narration. On est pris dans l'histoire, on est écoeuré du comportement autour de cette téléréalité, mais il manque un peu d'émotion pour s'attacher aux personnages du côté des gentils (peut-être parce que je n'ai pas lu le tome 1) !!! Enfin, sauf si c'est un défaut d'attention de ma part, je n'ai pas saisi l'issue de ce lien de parenté entre Peter et Wilde, comme s'il était devenu secondaire dans l'histoire. Si quelqu'un a lu ce livre et peut me le dire en MP, je veux bien !
Quoiqu'il en soit, je suis vraiment ravie de ce retour dans l'univers d'Harlan Coben, j'ai passé un excellent et divertissant moment de lecture. J'espère ne pas mettre de nouveau 14 ans à relire cet auteur... Que je replace dans mes valeurs sûres... Ca peut toujours servir, notamment en cas de panne de lecture.
Aujourd'hui est principalement consacré à ma deuxième journée. Traversée pédibus de l'île depuis Port Tudy au Nord jusqu'à Locmaria au sud, de la balade un peu vers l'Ouest sur le GR côtier (plages etc), puis demi tour pour rejoindre le Phare de la Pointe des Chats à l'Est et revenir à Port Tudy, toujours par la côte.
Je pensais être de retour à mon hôtel pour 15h00... Que nenni ! Ce fut presque 19h00... C'est que l'île est plus grande qu'on ne l'imagine, la côte très découpée... Et quand on s'arrête plus d'une demie heure (entre autre) pour photographier des lézards, ben forcément, ça prend plus de temps... Mais quand il n'y a que ça à faire, profiter, pourquoi ce priver ?
L'histoire :Le Capitaine Flam, l’androïde Mala, le robot Crag et le professeur Simon accompagnés de l’agent spéciale Johann Landore, entament une course contre la montre. Sur la planète Dénef, une terrible épidémie fait des ravages dans la population. Il faut trouver le remède qui stoppera les effroyables mutations. Pour toute piste, quelques mots prononcés par un agent contaminé : “L’Empereur Éternel, rétrogradation de l’espèce”. Le Capitaine Flam et ses compagnons parviendront-ils a` revenir sains et saufs de cette mission ? Devant aller au-delà` de ses limites pour faire face au mystérieux Empereur Eternel, Flam, hante´ par son passe´, risque d’y perdre son âme
Tentation : Nostalgie
Fournisseur : La bib de St Lunaire
« Au fin fond de l'Univers, à des années et des années-lumière de la Terre, veille celui que le gouvernement intersidéral appelle quand il n'est plus capable de trouver une solution à ses problèmes, quand il ne reste plus aucun espoir : le Capitaine Flam ! »
Mon humble avis : J'ai trouvé cette BD à ma bib par hasard lors de son déménagement, et m'en suis saisie immédiatement, même s'il n'y avait aucun ordi pour scanner mon emprunt. Non, mais le Capitaine Flam !!!
Je vous présente l'homme qui, dès mes 9 ans (1981), devint l'homme de ma vie et de tous mes fantasmes pour quelques années... Le héros d'un générique que je "chantais" en moult circonstances, notamment, parait-il (c'est devenu une légende familiale) pour échapper à quelques corvées domestiques. Aussi, quand j'ai vu cette BD, vous comprendrez que mon coeur s'est mis à battre la chamade et que j'ai retrouvé mon enfance... Une lecture donc très madeleine de Proust !
Et bien plus de 40 ans après, le Capitaine Flam n'a pas pris une ride (contrairement à moi) et même il s'est modernisé, ou en tous cas, mis au goût du jour que ce soit pour l'usage de tablette, où même dans son vocabulaire... Il est question de fake news, de dark net, d'IA etc... A part cela, les dessins sont très respectueux de l'original, clairs, faciles à suivre et beaux !
On retrouve donc le vaisseau le plus rapide de l'espace, alias le Cyberlab et le Cosmolem, et les personnages de Johann, Mala, Crab, Ken etc... et nous voici à Mégara, capitale de la planète Dénef. Une épidémie y sévit. Ses conséquences, des mutations et une rétrogradation des humains en hommes singes ultra violents.
Ce premier tome (j'espère qu'il y en aura d'autres, correspond aux quatre premiers épisodes de la série (merci Wikipédia), avec quelques ajustements. Et fortes de mes décennies, c'est aussi d'un autre oeil que j'ai lu cet album, où plutôt avec un cerveau plus abouti que je l'ai reçu... Et j'y ai découvert les thèmes profonds que je n'analysais sans doute pas à l'époque... Au-delà de la découverte spatiale qui était obsessionnelle à l'époque, il est question de colonisation et donc d'invasion, de vivre ensemble, de manipulation des foules et des plus faibles, de systèmes de "castes" et d'exploitation. Et tout ça, le Capitaine Flam il n'aime pas, lui qui voue sa vie et son combat à la justice et l'équité intersidérale !
Bref, je me suis régalée de ma lecture et me suis dit que Capitaine Flam, c'était un peu l'Agence tous risques de l'espace !!! Ah mes références de jeunesse.
Je remercie encore Wikipédia qui m'informe que le dessin animé est inspiré du roman SF et space opera Captain Futur and the space emperor d'Edmond Hamilton paru aux USA en 1940 et publié en France en 2017 (ed Le Bélial). Tiens, peut-être une idée de lecture !
En tous cas, plus de 40 ans après le dessin animé, je suis encore tombé sous le charme de Capitaine Flam et de ses aventures !
En cadeau, pour bien vous le mettre dans la tête pour toute la journée, le générique ! (Musique de Jean-Jacques Debout)
Et du coup, il devient évident qu'avec cette lecture, je participe, certes tardivement, au Challenge Objectif SF 2025 de Sandrine Tête de lecture
Mon pitch : Lors d'un séjour à Dakar, Alain Mabanckou rencontre Alioune, apprenti romancier Sénégalais de 18 ans. Après quelques échanges passionnés sur leurs lectures respectives, le jeune Alioune interroge Mabanckou et lui demande conseil : comment devenir romancier. L'auteur y répond par de longues lettres, clairvoyantes, tendres, avisées, bienveillantes et humbles.
Tentation : Conseil de l'auteur lui-même !
Fournisseur : Ma CB au salon du livre de Rennes 2025
Mon humble avis : Un titre qui fait référence à d'autres... Que je n'ai pas lu.
Récit, autofiction, essai ou roman ? Peu importe, ce livre vous cueille pour sa sagesse et ses bons mots... Cela ne m'était pas arrivé depuis une éternité, mais dès les premières pages j'ai ressorti mon crayon à papier pour inscrire des petites croix dans les marges à chaque fois qu'une phrase visait particulièrement juste et me touchait.
Il est clair qu'à travers ce texte, Alain Mabanckou revient sur sa carrière de conteur et d'écrivain depuis son plus jeune âge... Celui où à la maison, on ne parle pas Français mais où l'on écoute avec fascination les histoires de Maman. Et c'est aussi ici que l'auteur Congolais redéclare son amour pour la langue Française et la fraternité des sentiments partagés qui lie les lecteurs, quelques soient leur nation, leur couleur de peau, leur langue d'origine... Car Mabanckou revient sur son apprentissage de la langue Française d'une façon qui m'a bien émue et porté à la réflexion sur l'apprentissage d'une langue étrangère :
"Nous apprenions ainsi à parler français en même temps que nous lisions - nous étions, nous autres des quartiers populaires, un peu en retard, les enfants des familles aisées s'exprimaient en français à la maison (...) Nous nous moquerions d'eux plus tard puisqu'ils avaient des tics du français oral, ils disaient qu'ils allaient "au boulanger " et "au coiffeur", des fautes que nous ne commettions pas parce que nous découvrions la langue directement dans sa version écrite. (...) Pour nous exprimer en français, nous jouions un rôle, nous étions de ce fait des "personnages" au sens étymologique (...) S'exprimer en langue française était par conséquent porter un costume cravate en pleine canicule à la place d'un ample boubou au pagne multicolore. (...) On nous présentait subséquemment la langue française dans son utilité sociale : elle était un escalier, un ascenseur"...
C'est avec sagesse et beaucoup d'humanité qu'Alain Macbankou rédige ces lettres à destination du jeune Alioune. Il y est question de son rapport à l'écriture, à la langue et aux mots, et de sa façon de voir le monde qu'il transmet ainsi.
Au fil des lettres, il est ainsi question du pouvoir la langue, du don de raconter, du désir d'écrire, de la publication, du succès, de la page blanche, de la relation "auteur-lecteur", du fameux roman emblématique, de la postérité etc.
Bien évidemment, vous vous doutez qu'Alain Mabanckou ne donne pas ici de recette magique pour devenir un romancier (à succès qui plus est) puisque celle-ci n'existe pas. Mais il retrace son parcours depuis un quartier populaire de Brazzaville jusqu'à son poste d'enseignant à Los Angeles, en passant évidemment par ses parutions, celles obtenue dans la sueur de l'obstination, celles réalisées grâce à une rencontre providentielle, celles qui sont restées confidentielles, celles qui ont fait son succès et sa réputation. Le tout avec humilité et modestie, et une dose d'humour !
J'ai adoré cette lecture, me suis sentis très très bien dans ces pages.
"J'allais plus tard, pendant mon adolescence, que la langue française, comparée à nos multiples langues congolaises, était une langue portée sur l'abstraction, que l'on pouvait beaucoup parler sans rien dire et paraître néanmoins intelligent."