Publié le 19 Février 2021

Erik Orsenna, dernières nouvelles des oiseaux, roman, avis, critique, chronique, blog

Roman - Editions livre de poche - 152 pages - 6.70 €

Parution Poche 2007, Stock 2005

L'histoire :  Un président préside à une remise de prix dans un lycée. Au cinquième très bon élève récompensé, il baille et se dit : qu'ils sont ennuyeux ces bons élèves, pourquoi ne couronner d'autres enfants, des talents cachés, des passionnés qui explore sans relâche, qui ne supportent que la liberté, que les devoirs qu'ils se donnent à eux mêmes ?

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

Mon humble avis : Suite à cette remise de prix peu conventionnelle, le président invite 7 enfants passionnés sur une île très isolée... A eux de tirer profit de cette situation et de leurs centres d'intérêt pour créer, se réaliser, grandir et vivre l'exception. Parmi ces enfants, l'un est passionné par les escaliers, l'autre par les roues, l'un par les nuages, l'une par les moteurs etc...

Ce cours roman illustré d'Erik Orsenna (de l'Académie Française) est comme une parabole. Une parabole qui pointe du doigt le système éducatif français qui enferme certains enfants dans un environnement qui ne leur convient pas, qui ne prend pas en compte leur spécificité, leur passion, leur façon d'être, leur génie tout simplement, au nom de l'apprentissage général à tout prix. Et c'est ainsi qu'un bel avenir, que des idées de génie dorment faute d'écoute, faute de vision, faute d'ouverture d'esprit et de curiosité de notre société qui préfère formater, mettre tout de monde dans le même moule. Or il est bien des êtres qui sont hors normes, qui étouffent dans ce moule, qui dépasse de partout. 

Erik Orsenna met donc en scène 7 de ces enfants, sur une île, avec pour encadrement, une animatrice excentrique qui use de son piano à tous vents et d'un ancien entraineur de foot à la retraite. Une énorme tempête va s'abattre sur l'île. Les enfants refuseront les secours et décideront de s'en sortir par eux-mêmes. Réunissant leurs savoirs faire et leurs passions, ils décident de construire un avion avec les moyens du bord...

Ce roman est un hymne à la liberté, à la différence, aux passions, aux rêves. Les passions et les rêves rendent souvent solitaires... Mais si tôt qu'une cause commune pointe le bout de son nez, c'est une formidable synergie créatrice qui se met en route. Faire confiance aux jeunes, utiliser le savoir-faire des plus anciens (via l'ancien entraineur de foot). Que des messages bien clairs pour s'assurer un avenir prometteur.

J'ai bien apprécié cette lecture (malgré mes 3 pattes), mais en tant qu'adulte, je l'ai trouvée un peu trop légère dans son format. Je pense que ce texte est peut-être plus dirigé vers un public collège lycée, même si les adultes y dénicheront tout de même de belles philosophies et leçons de vie.

"Pourquoi j'aime les cercles ? Ils n'ont ni début ni fin".

"La honte est un microbe tenace. Aucun médicament n'est efficace contre lui. Il faut de grands projets pour s'en débarrasser."

"La passion est une armure".

"Les idées sont comme les lapins : elles ne restent pas longtemps seules."

"Chaque histoire a son rythme, chaque chemin sa ramification qu'il faut respecter sous peine de manquer l'essentiel, des péripéties capitales et des personnages qui paraissent secondaires et qui pourtant sont clés."

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 17 Février 2021

Roman - Editions Ecoutez lire - 7h51 d'écoute - 20 €

Parution Gallimard en Août 2019

L'histoire : Les Farel forment un couple de pouvoir, et d'apparence parfaite. Jean est un journaliste politique très renommée. Claire est une essayiste reconnue pour ses engagements féministes. Leur fils, Alexandre étudie dans une prestigieuse université américaine. Mais un jour, tout dérape et l'équilibre social s'écroule. Alexandre est accusé de viol...

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib N°3

Mon humble avis : J'hésitais à me lancer dans cette lecture, pensant y trouver un énième rebondissement sur le mouvement et hashtag #meetoo, dont je sature au niveau des informations et de la presse. Mais en fait, pas du tout !

Karine Tuil (que je n'avais jusqu'ici jamais lue)  déborde ici de talent pour nous livrer un roman complètement addictif, que l'on écoute (ou lit) dans l'urgence... D'ailleurs cette dernière est très bien rendue par l'interprétation de Constance Dollé.

Il faut un certain temps pour parvenir au sujet en lui-même. Karine Tuil installe bien ses personnages dans ce qu'ils sont pour en mêmes, et ce qu'ils sont et représentent socialement. Et pourtant, point de longueur dans cette première partie. Puis arrive la nuit du drame et tout ce qui en découle, garde à vue, avocat, déchainement de la presse et deux ans plus tard, le procès, qui occupe toute la suite de cette histoire. Nous sommes presque en huit clos dans le palais de justice.  Et là, le lecteur est assez malmené dans ses convictions... Car oui, je dirais que le sujet central de ce roman sont les convictions. L'intime conviction... Qu'il est parfois difficile de ressentir sereinement quand le doute peut s'avérer raisonnable et que des vies sont en jeu. Les convictions qui dictent nos vies et nos conduites, mais qui s'effondrent sitôt que le sujet de celles-ci nous concerne d'un peu trop près... et qu'alors tout vacille. La conviction d'avoir fait comprendre qu'on ne voulait pas, la conviction de n'avoir pas perçu le moindre signe de refus... Ce roman n'est pas sur le consentement, mais sur la perception ou pas de celui-ci, en fonction de la manière dont celui-ci est manifesté ou pas.

Karine Tuil montre ici que dans certain cas de crime sexuel, tout n'est pas forcément noir ou blanc dans l'esprit du coupable présumé comme dans celui de la victime. Et qu'il en est de même pour la justice. On découvre de l'intérieur ce procès, tout ce qui est pris en compte dans la vie des uns et des autres pour aboutir à un jugement, notamment, le milieu social et le niveau d'éducation. Et le risque, pour la justice, d'accuser à tort et de gâcher une vie... Ou encore, de ne pas entendre la victime comme il se doit, et de l'empêcher ainsi de se reconstruire en ne reconnaissant pas sa douleur et son statut de victime.

Bref, plutôt que de donner des certitudes sur le sujet délicat qu'est le viol, l'abus sexuel, ce roman les ébranles plutôt, démontrant que dans certains cas, les deux parties peuvent sincèrement penser avoir raison et avoir été clair dans l'expression de leurs envies ou non envies. La subtilité des perceptions de chacun, en fonction parfois, de ce que la vie à fait d'eux.

C'est cette réflexion que nous propose Karine Tuil dans les choses humaines, en tout cas, c'est ainsi que je l'ai saisi. Tout en développant d'autres sujets (comme le milieu des médias, le jeunisme, ou encore l'impossibilité égotique pour certains de se retirer de la scène à l'âge où les autres sont en retraite), Karine Tuil maitrise parfaitement son sujet, l'analyse du comportement de ses personnages, et le rythme qu'il convient à ce roman. Captivant vraiment, à lire !

PS : Ce roman a obtenu le prix Goncourt des Lycéens 2019

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 15 Février 2021

Film Netflix 2020 de Ben Wheatley

Avec Lily James, Armie Hammer, Kristin Scott Thomas

 

En Angleterre, une jeune mariée s'installe dans le domaine familial de son époux, où elle est poursuivie par l'ombre obsédante de la première femme défunte de son mari.

Mon humble avis : J'ai beaucoup aimé cette nouvelle adaptation du roman de Daphné du Maurier : Rebecca. J'ai écouté la version audio de ce livre il y a quelques années, aussi, le film m'a permis de me rafraichir la mémoire sur l'issue finale de l'histoire. Il m'a semblé que l'atmosphère est très fidèle à celle du bouquin, ou en tout cas au souvenir que j'en avais. La tension monte, le suspense s'installe, et Kristin Scott Thomas est impeccable dans le rôle de l'inquiétante Madame Danvers. Le malaise est visible de partout ! L'esthétique du film est également bien réussi. Hitchcock avait proposé sa version... que je n'ai pas vue. Je ne peux donc point comparer. Mais avec ce film Netflix et l'atmosphère du Maurier, j'ai vraiment passé un bien agréable moment.

 

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Le garçon qui dompta le vent, cinéma, film, netflix, malawi, avis, critique, chronique

Film Britanique de Chiwetel Ejiofor - 2019

Avec Chiwetel Ejiofor, Maxwell Simba, Aïssa Maïga

Contre toute attente, un jeune Malawite de 13 ans invente un système ingénieux pour sauver sa famille et son village de la famine. 

Mon humble avis : Film magnifique, prégnant, bouleversant... Mais qui ne joue pas sur la corde sensible. Il est question de famine au Malawi, mais les images insoutenables nous sont épargnées. Le garçon qui dompta le vent est inspiré de l'histoire vraie de William Kamkwamba et de son livre best seller. 

Chiwetel Ejiofor, réalisateur et acteur, a déjà été vu dans de grands films, hollywoodiens ou autres, tel 12 years of slave. On connait Aïssa Maïga en France notamment via le film "Il a déjà tes yeux. Quand au jeune garçon Maxell Simba, c'est un acteur Kenyan. De très beaux décors naturels.... Qui nous font prendre de plein fouet la violence des éléments naturels sur les récoltes... Ce qui mènent ensuite aux famines. Une année, ce sont les inondations que subissent la famille et le village de William, accentuées par l'abatage des arbres, l'année d'après c'est la sécheresse. Le tout, avec un climat international tendu (2001 et les attentats de New York qui ont des répercussions financières jusqu'au fin fond de l'Afrique) et un gouvernement pas si démocratique que ça et corrompu... On sait par le synopsis que l'histoire finit bien, néanmoins, on trépigne, on enrage, on s'impatiente... Car personne n'aide ni ne croix en William qui a pourtant bien la solution contre le problème du manque d'eau. Il est viré de l'école car ses parents n'ont pas les moyens de payer etc... Tant de temps perdu... Et autant de décès qui auraient pu être évités. Un film qui prouvent une fois de plus l'importance viscérale de l'accès l'éducation et l'instruction de tous... Car c'est dans l'instruction que l'on trouve les solutions pour contourner les désastres...

Des scènes qui font réfléchir... Des scènes qui ressemblent à ce qui se passent en France le premier jour des soldes... Ici, c'est pour une télé soldées, la-bas, c'est pour 15 kilos de céréales. Ou lorsqu'un confinement est annoncé, que les files s'allongent devant les hypermarchés... Parce que nous avons peur de manqué. Là-bas, c'est l'estomac vide depuis plusieurs jours qu'ils espèrent quelques kilos de céréales. A voir, un film qui remet la valeur des choses et des êtres à sa place.

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Film espagnol de Gerardo Olivares (2016)

Avec Maribel Verdu, Joachim Furriel, Joachim Rapalini

Une mère emmène son fils autiste jusqu'en Patagonie dans l'espoir qu'un ranger et un groupe d'orques sauvages pourront l'aider à établir une connexion émotionnelle. 

Mon humble avis : Un film à l'esthétique parfaite. Superbes images de la Patagonie, paysages somptueux et pittoresques, l'océan, les étendues infinies, le calme (certes, le film ne se déroule pas en pleine tempête), le silence bienfaiteur, on y resterait bien plus longtemps. Les photos animalière avec les orques sont aussi de toute beauté et et filmées avec grâce. Vraiment, on en prend plein les yeux.

Le scénario est inspiré d'une histoire vécue (le roman existe). Il ne réserve pas beaucoup de surprise mais il est agréable, bienveillant, les émotions sont vraies, les comédiens à la bonne place... Et Joachim Furriel déploie un charme indéniable !!!

Le phare aux orques a le mérite d'évoquer la difficile question de l'autisme profond et non oral avec justesse... même si je doute un peu de la fin... A t-elle vraiment été vécue comme telle ? Mais bon, nous sommes au cinéma... Et en même temps, la réalité dépasse souvent la fiction. Ce film délivre un magnifique message de protection de la nature, du mystère animalier, du bien fait de la proximité des animaux lorsqu'il y a un mal être. Il montre aussi comment faire un bout de chemin pour parvenir à l'entrée du monde de l'autre, et y être mieux accueilli... Entre l'Homme et l'animal et vis et versa... Mais aussi entre l'adulte et l'enfant autiste. Un très beau film,  apaisant, à mon sens réussi !

 

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Film Netflix 2019 - 2h07

Action / Policier de Michael Bay

Avec Ryan Reynolds, Mélanie Laurent, Manuel Garcia-Rulfo

Ce qu’il y a de mieux avec la mort ... c’est la liberté. La liberté de lutter contre l'injustice et le mal qui rôdent dans notre monde, sans que rien ni quiconque ne vous arrête.
Six individus, issus des quatre coins du monde, tous, les meilleurs dans leur domaine, ont été choisis non seulement pour leurs compétences, mais aussi pour leur désir unique d’effacer leur passé afin de changer l'avenir.  La bande est réunie par un leader énigmatique, dont le seul objectif est de s'assurer que tous tomberont dans l’oubli mais que leurs actions, pour sûr, leur survivront.

Mon humble avis : Si on regarde ce film (ce que j'ai fait pour mon réveillon solitaire du 31/12) au premier degré, on soupire devant ce surplus de clichés, de même pas mal ni égratigné, d'irréalisme au possible. Si on le regarde au 2ème ou 3ème degré, ça passe mieux. D'ailleurs durant le premier quart d'heure, on se demande si le but du film n'est pas de dresser une caricature humoristique de ce genre de ciné d'action. Tout y est bien stéréotypé et calibré... jusqu'au personnages. On se demande bien ce que Mélanie Laurent est allée faire la dedans... Mais bon, elle est jolie et a de beaux yeux bleus.

Le côté spectaculaire et effets spéciaux du films sont bien orchestré et mis en scène, au millimètre près. Bien sûr, il y a des moments de suspens intense, le tout, dans une violence que l'on ne montrera pas aux plus jeunes, même si, vu par un adulte, c'est plutôt drôle : les dents volent, les têtes se coupent etc. On regardera ce film, genre agence touriste 2020, pour se distraire et on regrettera le côté parfois alambiqué du scénario qui relève du "pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué. Car dans le fond, le scénario est d'une simplicité nette, mais dans la forme, des tas de flash-back ont été ajoutés pour faire genre "scénario  très construit. Néanmoins 6 undernground dénonce tout de même quelques faits géopolitiques, tels que la mise en place de dictateurs par les occidentaux, ou encore,  les crimes de guerre contre l'humanité négligés quand il y a des enjeux économiques.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Netflix et VOD

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Publié le 13 Février 2021

Roman, Jean-Marie Gourio, Le contraire de l'habitude, éditions Cherche midi, avis, critique, chronique

Roman - Editions Cherche Midi - 236 pages - 17.50 €

Parution le 4 février 2021

L'histoire : Un matin, alors qu'il quitte son appartement pour se rendre au bureau, l'homme ne se dirige pas vers la droite pour prendre le métro comme il le fait tous les jours. Non, il part vers la gauche, et découvre une portion de son avenue qu'il ne connaissait pas. C'est le début d'un sacré périple, d'une aventure extraordinaire dans l'inconnu.

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Masse critique de Babelio, merci pour l'envoi !

 

Mon humble avis : Jean-Marie Gourio nous offre ici un roman radicalement anti routine, anti morosité ! Ca fait du bien... Mais il faut aimer la "complètement barré" !

Notre homme prend donc à gauche au lieu de la droite habituelle... Il va vivre une aventure dingue faite de péripéties toutes plus ubuesques les unes que les autres. Le tout, en se laissant aller, en saisissant les opportunités quand elles se présentes, et surtout, en prenant soin de ne contrarier jamais contrarier aucune de la multitude de personnes fantasques qu'il rencontrera, dans des situations toutes aussi saugrenues que ces personnages. L'extravagance de tout cela m'a franchement amusé, les dialogues sont souvent hilarants de non-sens (parfois faux non-sens !), même si certaines scènes sont plus drôles que d'autres. Mais derrière cette gigantesque farce, pointent de l'émotion, des critiques de notre société actuelle et de nos comportements individuels. Ave l'homme, nous découvrons toutes les expériences de vie et rencontres ce que nous manquons à rester dans notre train-train quotidien.

En fait, ce roman est une ode à la fantaisie, à l'ouverture aux autres, à l'inattendu, à l'étrange, à l'inhabituel... Sortir du rang, sortir de sa ligne toute tracé, prendre un chemin de traverse, voilà à quoi nous invite Jean-Marie Gourio. Découvrir l'inconnu qui commence sur le pas de notre porte. Mais attention à ne pas tomber dans l'extrême. Et oui, l'excès de fantaisie fait d'elle une habitude, et comme toutes les habitudes, elle peut finir par lasser et fatiguer. Ne pas faire de la fantaisie une nouvelle prison, mais un espace de liberté !

Quant à moi, je sors de cette lecture vraiment admirative de l'imagination sans borne de l'auteur !

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 11 Février 2021

BD, Kia Ora, maoris, Nouvelle Zélande, exploitation humaine

BD - Editions Vents d'Ouest - 3 tomes - 13.90 € /tome

Parution en 2017

L'histoire :  A l'époque le travail était rare en Nouvelle-Zélande. Mais les Maoris formaient une communauté soudée, où l'on oubliait ses problèmes en s'adonnant aux danses et chants en costume typique. Une coutume qui va terriblement intéresser Mr Hartmann, représentant d'une riche société européenne, qui propose au groupe local de partir en tournée de par le monde... Nyree et ses parents acceptent aussitôt. Car ils ne savent pas encore qu'Hartmann va les présenter dans des expositions universelles, à la manière d'animaux rares, et que les Européens « civilisés » ne verront en eux que d'étonnants monstres exotiques...

Tentation : Couv et les 3 tomes dispo en même temps !

Fournisseur : Bib' N°1

Mon humble avis : Voici un triptyque fictif inspiré de faits réels. Ces 3 tomes sont bien agréables à lire et à regarder. Ils nous plongent au début du XXème siècle, en pleine période coloniale, en Nouvelle Zélande. Nous partageons alors les conditions de vies des Maoris, souvent pauvres, qui plus est dans une époque où le travail se fait rare. Arrive alors un Anglais qui voit là la poule aux oeufs d'or... Il emmène une troupe de Maoris pour donner des spectacles en Angleterre. Et malgré un contrat durement négocié via le YMA (Young Maori Party), sur place, rien ne se passera comme prévu. Au bout de quelque temps, nombre de ces Maoris rentreront sur leur terre. Mais une famille, particulièrement nécessiteuse, acceptera un autre contrat qui la mènera à Coney Island, aux Etats-Unis, dans un parc d'attraction.

Le premier tome se déroule uniquement en Nouvelle Zélande et est le plus instructif. En effet, nous partageons et découvrons le quotidien des Maoris de l'époque, ce qui est bien entendu l'occasion de partager leurs coutumes et traditions. Tout cela est approfondi en fin de tome par un cahier qui donne moult informations historiques, sociales, traditionnelles sur les Maoris. Ceci m'a permis de trouver des réponses à des questions que la vie ne m'avait pas encore permis de me poser !

Le deuxième tome se déroule en Angleterre, où les Maoris vont découvrir la vraie nature des fourbes et supérieurs européens qui se croient tout permis. Les Maoris sont supposés être des sauvages alors on attend d'eux qu'ils se comportent comme tels !

Dans le troisième tome, la situation se dégrade encore pour la seule famille ayant accepté de "poursuivre l'aventure". C'est dans un parc d'attraction qu'elle sera exposée, au milieu d'autres curiosités telles que des femmes à barbes, des culs de jatte, des géants, des nains. Bref, l'humain rabaissé plus bas que l'animal et donné autant en spectacle qu'en pâture.

Ce retour dans cette époque est particulièrement troublant et révoltant, surtout lorsque l'on pense qu'un siècle plus tard, c'est même la condition animale qui est dénoncée dans nombres de zoos ou parcs.

Mais ce triptyque est résolument positif. En effet, il met en scène la formidable solidarité et l'importance de l'honneur chez les Maoris. C'est aussi une ode au respect des différences, à l'ouverture d'esprit, à la tolérance, à la richesse qu'apporte "l'autre". En effet, nos trois Maoris malmenés dans le parc de Coney Island vont trouver dans leurs étranges collègues une véritable famille et vivre avec eux d'intenses et inoubliables moments.

Mon seul bémol irait au tome 2 dont les planches sont parfois trop fournies de bulles très garnies, le tout avec une police de caractère pas très grande... A part cela, j'ai aimé vivre avec toutes ses personnes qui donnent de belles leçons de vie, même si le sort qui leur est réservé m'a bien sûr révoltée et émue.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 9 Février 2021

Delphine de Vigan, Littérature, roman, Un soir de décembre, avis, chronique, critique

Roman - Editions Points - 195 pages - 6.90 €

Parution Points 2016, JC Lattès 2005

L'histoire : Matthieu, 45 ans et père de deux garçons, mène une vie équilibrée, sans problème. Il a écrit un premier roman qui a rencontré un vif succès. Il est désormais habitué à lire le courrier de ses lecteurs. Parmi ces lettres, une missive, non signée. Une femme, qui manifestement le connais personnellement. Dans ces lignes, Matthieu reconnait Sara, avec qui il a vécu une fulgurante aventure dix ans plus tôt. L'évocation de ses souvenirs charnels foudroient peu à peu Matthieu, qui se noie dans l'écriture d'un nouveau roman.

 

 

 

Tentation : J'aime beaucoup Delphine de Vigan

Fournisseur : Ma PAL

 

Mon humble avis : Un soir de décembre est le deuxième roman de Delphine de Vigan. Je pense que si elle n'en n'avait été l'auteure je n'aurais apprécier cette histoire. Mais il y la la magnifique plume de Delphine de Vigan : soignée mais fluide, qui percute et résonne, qui n'a pas son pareil pour écrire l'intime, le rapport au corps, celui de l'autre, mais surtout, le sien, le nôtre.

Il est beaucoup question ici de l'activité de l'écriture romanesque, du lien avec la matière, le papier, le stylo, mais de la relation avec les mots, les phrases. Je pense qu'à ce titre, ce livre devrait séduire les auteurs en herbe, confirmés ou en passe de l'être. Ces passages sont très beaux et intenses, mais personnellement, ils ne me bouleversent pas plus que cela.

Comme le reste d'ailleurs... Cet homme qui va se perdre et perdre les siens lorsque ressurgit du passé une passion fougueuse qu'il a vécu dix ans plus tôt, juste avant son mariage avec Elise. Cette souvenance se fait de façon épistolaire en sens unique, il n'empêche qu'elle obsède Matthieu, qui va plonger dans une sorte de dépression obsédante, ou une obsession déprimante... Revoir Sara, elle lui avoue dans ces lettres qu'elle fréquente son quartier parisien. La chercher, mais non, pas tout de suite, il faut d'abord finir le nouveau roman...

Les faits deviennent vite redondants, lassant pour moi qui ne m'émeut pas (plus) devant les passions "amoureuses" dévastatrices. Et pourtant c'est sublimement consigné par Delphine de Vigan, qui exploite ici vraiment tous les sens du corps. Mais Matthieu ne m'a pas paru sympathique, je ne l'ai pas plaint, son histoire ne m'a pas atteinte.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 7 Février 2021

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyage en Bretagne

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Publié le 5 Février 2021

Roman, littérature, Michaël Ferrier, François, portrait d'un absent, avis, chronique, critique

Roman - Editions Ecoutez lire - 5h30 d'écoute - 18 €

Parution audio 2019 - Gallimard août 2018

L'histoire :  L'auteur a perdu un ami... François et sa fille Bahia sont morts, emportés par une violente vague sur la plage de La Graciosa, une petite île sauvage des Canaries. Alors l'auteur se rappel de l'homme, et de leur amitié... Et leur consacre cet ouvrage.

Tentation : Pourquoi pas ?

Fournisseur : La bib'

 

 

 

Mon humble avis : Ce livre est assez loin de mon genre de prédilection. Ce qui ne m'empêche pas d'en percevoir la beauté. Michaël Ferrier offre ici un texte magnifique, enveloppé dans un style envoûtant et enveloppant, qui nous fait une fois ressentir la chance d'être de langue française, et de maîtriser sa richesse, sa poésie. De plus, l'interprétation impeccable de Thibault de Montalembert  (avec cet acteur, il ne pouvait en être autrement) ajoute encore un écho à cette grandeur.

Hommage à l'ami disparu, hommage à l'amitié avec ses hauts, ses bats, ses interruptions, le roman retrace les années communes des deux amis depuis le lycée jusqu'au moment tragique. Le ton oscille entre nostalgie et mélancolie dans les souvenirs. Il y a vraiment des passages splendides, bouleversants dans le sens profond de ce qui est dit, ce genre de passages que l'on voudrait retenir, et que l'on ressent avec les tripes, qui fait échos au vécu de chacun.

Mais il y a eu aussi des longueurs, que j'ai sans doute ressenti car, comme dit plus haut, ce n'est un genre littéraire que j'affectionne particulièrement. De ce fait, mon attention d'écoute a parfois été vagabonde, en fonction de mon intérêt pour les différents sujets abordés. Aussi, je tiens à dire que selon vos goûts en lecture, vous pourriez adorer ce portrait de l'absent.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres audio, lectures audio, #Littérature française

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Publié le 3 Février 2021

Véronique Olmi, roman, les évasions particulières, avis, chronique, critique

Roman - Editions Albin Michel - 512 pages - 21.90€

Parution le 19 août 2020 : Rentrée Littéraire

L'histoire : Elles sont trois soeurs, nées dans une famille catholique modeste à Aix-en-Provence. Sabine, l'aînée, rêve d'une vie d'artiste à Paris ; Hélène, la cadette, grandit entre son oncle et sa tante, des bourgeois de Neuilly-sur-Seine, et ses parents, des gens simples ; Mariette, la benjamine, apprend les secrets et les silences d'un monde éblouissant et cruel. Comment vont elles évoluer, trouver leur voie dans une société en pleine mutation ?

 

 

Tentation : Kdo de Noël de ma soeur

Fournisseur : Ma soeur 

Mon humble : Sans me bouleverser pour autant, ce roman qui ressemble une saga m'a littéralement happée. Véronique Olmi nous offre ici une chronique sociale et familiale sur une décennie entre 1971 et 1981 et l'avènement de Mitterrand au pouvoir... La décennie qui m'a vu naître et avancer dans l'enfance. Mais dans ces années-là, je n'avais aucune conscience de ce qui se déroulait au dehors de mes jeux d'enfants, du contexte géopolitique et social particulier qui m'entourait.

Ce roman répare bien ces manquements. Effectivement, les années 70 ont été denses en bouleversements de la société, des moeurs et de bien d'autres choses, via des lois et des nouveautés qui occupaient toutes les conversations, les préoccupations et divisaient : la pilule, la légalisation de l'avortement, l'homosexualité encore considérée comme une maladie psychiatrique, les fermetures d'usines, la reconnaissance de la souffrance animale... En lisant ce livre, l'impression est curieuse. Celle que tout cela était il y a bien longtemps, que l'on en a parcouru du chemin depuis... Pour penser en parallèle qu'en fait, les choses et les préoccupations n'ont pas tant changé que ça, et qu'il en reste du chemin à parcourir pour aboutir à une société plus juste, plus égalitaire, plus tolérante, plus respectueuse de l'environnement etc... Constater tout cela m'a vraiment intéressée. Il m'a semblé qu'à cette époque-là, les idéaux étaient plus forts, plus puissants, vécus plus intrinsèquement par chacun... C'est le cortège funèbre de Sartres qui a été suivi dans le tout Paris par des milliers de gens... Dans les années 2010... C'est pour Johnny Halliday... pas vraiment les mêmes références.

Et puis il y a cette vie familiale modeste et catholique, et ces trois filles, qui tout comme la société, vont s'affranchir au fil des années. J'ai aimé la justesse et l'idée de ce parallèle : l'affranchissement du carcan tant par une nation et une génération toute entière, que par trois personnages... Il n'y a qu'en quittant le nid familial que l'affranchissement du mode de pensée et de vie peut se faire et se vivre pleinement, car les possibilités multiples se présentent enfin, on teste, on s'essaye, puis on choisit, quelques que soient les déceptions possibles, et le revirement de situations. On sent que ces trois filles étouffent dans le giron familial où Dieu et le Pape font autorité, et le respect de la vie (donc contre l'avortement) dépasse tout... Jusqu'à ce que... Bref, nous assistons aux petits arrangements bien hypocrites de certains avec la religion où le pardon de Dieu a plus de poids que celui des Hommes...

Véronique Olmi nous plonge dans l'intimité de ses personnages avec une belle justesse, montre la complexité et l'ambiguïté de chaque être et des relations familiales avec brio et délicatesse, et n'hésite pas à nous bercer pour nous assener un bon coup sur la tête ou dans le ventre quelques pages plus tard. L'écriture est belle, dynamique, elle insuffle un rythme qui ne faiblit pas, malgré le volume important du roman. Cette histoire est très dense et foisonnante d'une multitude de sujets, il y aurait donc beaucoup à dire.

Curieusement, je me suis retrouvée un peu dans chacune de ces trois filles... Sabine, la révoltée sociale et féministe, Hélène qui se révolte devant le sort qui est réservé aux animaux et l'avenir écologique de la planète, et Mariette, qui s'émancipe pour l'instant dans le rêve, dans son monde intérieur, puisqu'elle est encore trop jeune pour voler de ses propres ailes. J'ai photographié beaucoup de passages, c'est un signe !

Un beau roman sur une décennie qui fut porteuse d'espoir, l'espoir de la libération individuelle et collective, sur l'émancipation, la force des convictions très vite amoindrie dans la réalité. A lire !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 1 Février 2021

Queen Sono, Netflix, Série, Afrique du Sud, avis, chronique, critique

Série Netflix 2020 - 6 épisodes (terminée)

Avec Pearl Thusi, Vuyo Dabula, Loyiso Madiga

Une agent-secret ultra entraînée a pour mission de protéger la vie des citoyens africains depuis l'Afrique du Sud. Alors qu'elle s'apprête à se lancer dans sa mission la plus dangereuse de sa jeune carrière, sa vie personnelle va venir la rattraper...

Mon humble avis : Première série originale Netflix africaine. Et franchement, visuellement, Queen Sono n'a rien à envier à ses grandes soeurs hollywodiennes !

Une série que l'on regarde pour se divertir +++, avec castagnes et cascades en veux tu en voilà. Un fil rouge rejoint chaque épisode... En effet, Queen Sono doit affronter sa vie perso... à savoir que celui qui a assassiné sa mère, militante anti apartheid, 25 ans plus tôt, va être libéré de prison. Ce fil rouge est facile à suivre. Pour ce qui est de l'intrigue de chaque épisode, c'est parfois alambiqué... Comme c'est souvent le cas pour tout ce qui touche à l'espionnage. Mais Queen Sono est une série intéressante, qui sort de notre ordinaire de petits occidentaux. Voir un casting quasiment "black" à 100% fait du bien. Bon, on n'est pas dans une série Islandaise, mais les patronymes n'en sont pas pour autant plus simples à retenir. Les intrigues se basent sur les maux du continent africain à savoir le trafic d'armes, le trafic de pierres précieuses, la xénophobie, les luttes raciales et ethniques, les guerres civiles, la pauvreté et l'ingérence des occidentaux et blancs en tous genres (puisqu'il faut aussi compter sur les russes). Une super héroïne black, ça change, même si elle n'a, comme les autres, jamais mal !!!

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Unorthodox, série, netflix, avis, chroniqiue, critique, juifs ultra orthodoxes

Série Netflix d'Anna Winger - Allemagne - 2020

4 épisodes (terminés)

Avec Shira Haas, Amit Rahav, Jeff Wilbusch

Une jeune femme de confession juive ultra-orthodoxe quitte New York pour vivre sa vie de femme libre à Berlin. Bientôt, son passé la rattrape.

Mon humble avis : Une série bouleversante... Et qui fait froid dans le dos... Qui donne envie de ruer dans les brancards de l'ultra-orthodoxie. Religion que je ne connaissais que très peu... Je me fiche de la confession des uns et des autres, mais je ne supporte pas quand celle-ci attente à la liberté et aux droits individuels. Et là, je n'ai presque vu que ça. Tolérance ou pas, pour moi, cela relève du fanatisme, aussi dangereux que dans d'autres religions. Cette jeune fille, mariée à 18 ans à un homme trouvé par le rabbin, cette jeune fille qui ne connait que son milieu transi de traditions ancestrales, et dont chaque faits et gestes sont observés, et même disséqués quasiment en place publique. Les différences ne sont pas acceptées...Et comment peut-on vivre autant hors du monde actuel en plein New York, être aussi naïf, aussi peut cultivé et instruit sitôt que l'on sort de la sphère religieuse...???

Bon, je me calme pour vous dire que cette série et à voir absolument. Shira Haas, qui joue le rôle d'Esty, est d'un charisme époustouflant. On craint vraiment pour elle, nous qui connaissons des rêves intimes. Unorthodoxe est le récit d'un bel envol, de l'émancipation d'une femme prisonnière de ses origines religieuses, un bel hommage à ces femmes qui osent défier l'ordre établi. Magistral, et inspiré d'une histoire vraie (existe aussi en livre).

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Série Netflix - France - 2020

Avec Omar Sy, Ludivine Sagnier, Nicole Garcia et Clotilde Hesmé

Il y a 25 ans, la vie du jeune Assane Diop est bouleversée lorsque son père meurt après avoir été accusé d'un crime qu'il n'a pas commis. Aujourd’hui, Assane va s'inspirer de son héros, Arsène Lupin - Gentleman Cambrioleur, pour le venger…

Mon humble avis : Le célèbre gentleman cambrioleur a trouvé en Omar Sy une excellente relève pour "dépoussiérer" son art. Dans ma jeunesse, j'adorais une série sur le fameux Lupin, série, qui avait des décors rétros etc... Ici, nous sommes bien implanté dans le XXIème siècle, et notre "copycat" de Lupin, bien connecté, utilise à bon escient les nouvelles technologie.  Cette nouvelle série, qui fait actuellement la gloire de Netflix, est franchement sympa, distrayante, drôle et émouvante aussi. Très bien filmée et mise en scène. Le seul Hic... C'est que Netflix a coupé la première saison en deux... 5 épisodes maintenant, et 5 autres cet été. Entre les deux, un énorme cliffhanger ! Donc un conseil, attendez les beaux jours pour avaler la série d'un trait en vous régalant de cet excellent casting !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Netflix et VOD

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