Publié le 2 Septembre 2021

Film Un triomphe, Emmanuel Courcol, Kad Merad, Pierre Lottin, avis, critique, chronique

Film d'Emmanuel Courcol

Avec Kad Merad, Marina Hands, Pierre Lottin, David Ayala, Sofian Khammes

 

Synopsis : Un acteur en galère accepte pour boucler ses fins de mois d'animer un atelier théâtre en prison. Surpris par les talents de comédien des détenus, il se met en tête de monter avec eux une pièce sur la scène d’un vrai théâtre. Commence alors une formidable aventure humaine.

Mon humble avis : Ce film devait sortir en décembre dernier... Et je l'ai vu en octobre 2020, en avant première, il y a donc presque un an. Je n'ai pas rédigé mon billet à l'époque. Aussi, comme les souvenirs d'effritent logiquement, ce billet va être très concis !

Il n'a d'autre but que de vous inciter à ne pas manquer ce film qui est vraiment à voir ! Incontournable. Dur, bouleversant, drôle parfois mais surtout lumineux, malgré l'univers carcéral où il se déroule. Des scènes drôles, (dont l'une n'est pas sans rappeler il s'appelle Juste Leblanc) et d'autres qui vous serrent les tripes, notamment celle où Pierre Lottin déclame son texte. Mention spéciale d'ailleurs pour ce comédien qui m'a noué la gorge.

Durant tout le film, on est sur le fil, ou sur la lame du rasoir... On se demande si le projet va se réaliser, si chacun va parvenir à y tenir son rôle, si l'un va claquer la porte, voire prendre la poudre d'escampette. Car cette petite troupe de théâtre dans une prison... C'est une véritable poudrière de personnalités fortes, diverses, écorchées vives, parfois violentes, qui ont leur honneur et leur virilité à maintenant, à protéger, à garantir pour survivre dans ce milieu.

Un film sur l'apprentissage, la réinsertion, la culture en univers carcérale... Un film sur une deuxième chance pour ces prisonniers, de découvrir autre chose et de se découvrir soi-même, développer un nouveau talent via un univers que peu ont fréquenté, où même imaginer !

A noter que ce film a été tourné dans une véritable prison, en activité.

Bouleversant, ce film l'avait vraiment remuée ! A voir ! 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 31 Août 2021

Amélie Nothomb, Premier sang, 30ème roman, rentrée littéraire 2021, avis, chronique

Roman - Editions Albin Michel - 171 pages - 17.90 €

Parution le 18 août 2021 : Rentrée Littéraire

L'histoire : Le narrateur est devant un peloton d'exécutions. Il se remémore son enfance puis les faits qui l'on conduit là.... Cet homme, c'est Patrick Nothomb, le père de la romancière.

Tentation : Mon incontournable Amélie

Fournisseur : Ma CB

 

 

 

Mon humble avis : Le trentième roman publié d'Amélie Nothomb vient de paraître... Et est donc ma 29ème lecture de ma romancière favorite. Seul son premier roman m'a échappé volontairement, je le garde pour le jour où celle-ci cessera d'écrire et/ou de publier !

Qu'il est désappointant ce nouvel opus, ou alors surprenant ! Il ne ressemble pas aux autres, même si l'on retrouve évidemment la plume de le l'écrivaine et certaines de ses obsessions. Mais point de prénoms rocambolesques, point de vocabulaire surprenant dont l'on cherche la définition dans le dico. Certes, les personnages y sont toujours originaux mais... La première partie m'a paru bien longuette et répétitives, même si les situations vécues par le narrateur sont typiquement nothombiennes... Simples et ubuesques à la fois. Voilà pourquoi cette lecture m'a moins plus que les précédentes, que je n'étais pas en joie ni impatiente de retourner entre ses pages. Ma dernière session de lecture était : il faut finir ce livre.

Ce roman porte en fait sur la vie de Patrick Nothomb, père d'Amélie Nothomb, et décédé lors du premier confinement de 2020. Y sont évoquées l'enfance, la prime jeunesse, les années collèges puis estudiantines de ce dernier. Une enfance particulière, un père mort au combat très jeune, une mère qui délaisse son fils, et des vacances dans le domaine d'un oncle Nothomb, vacances qui avaient tout pour être traumatisantes mais qui n'avaient pour but que d'endurcir l'enfant.

Puis l'on apprend pourquoi et comment Patrick Nothomb a choisi d'embrasser la carrière de diplomate... C'est ainsi que l'on rejoint l'ouverture du roman... Premier poste diplomatique au Congo dans les années 60... Une rébellion, un coup d'état et une énorme prise d'otage, la plus garde de l'Histoire. Et oui, pour la première fois me semble-t-il, Amélie Nothomb évoque la grande Histoire dans la sienne. Cette partie-là, réelle même si sans doute romancée, est celle qui m'a le plus intéressée... m'apprenant des faits que j'ignorais.

En tant que fan d'Amélie Nothomb, je suis donc perturbée par ce nouvel opus, qui diffère des précédent et que ne m'a offert aucun personnage ou aucune situation où me retrouver, où m'identifier, comme c'est le plus souvent le cas. Il n'empêche que Premier Sang reste un bel hommage à feu son père.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 29 Août 2021

Bonjour,

Suite de mes vacances dans le Limousin (département de la Haute Vienne) du 21 au 28 juin... Avec comme point central Le Lac de St Pardoux et son camping où j'ai planté ma tente.

Huit jours de plein air... Souvent gris ou pluvieux, en tout cas, humides !

Une région charmante mais qui l'aurait été plus si les attractions touristiques et les restaurants avaient été tous ouverts... Au lieu d'attendre le 1er juillet et la foule pour reprendre du service.

J'ai également passé une journée dans les marais de la Brenne, j'en ferai peut-être un billet !

Le lac de St Pardoux après les orages... Ou en bas à droite, sous la pluie

Le lac de St Pardoux après les orages... Ou en bas à droite, sous la pluie

UN DIMANCHE DANS LE LIMOUSIN 2/2
Le genre de chemin dans lequel je me sens parfaitement bien.

Le genre de chemin dans lequel je me sens parfaitement bien.

En bas, le lac le jour de mon départ, avec un soleil et une luminosité que j'aurais aimé avoir toute la semaine !

En bas, le lac le jour de mon départ, avec un soleil et une luminosité que j'aurais aimé avoir toute la semaine !

Impossible de ne pas évoquer les fameuses vaches limousines !

Impossible de ne pas évoquer les fameuses vaches limousines !

Vue sur la ville de Chateauponsac et étang de Murat sur la commune de St Léger Magnazeix... J'ai passé un long moment dans l'observatoire ornithologique.

Vue sur la ville de Chateauponsac et étang de Murat sur la commune de St Léger Magnazeix... J'ai passé un long moment dans l'observatoire ornithologique.

Au niveau de l'habitat, soit l'on tombe sur des hameaux super charmants et bien entretenus, soit sur des hameaux abandonnés et en ruine.

Au niveau de l'habitat, soit l'on tombe sur des hameaux super charmants et bien entretenus, soit sur des hameaux abandonnés et en ruine.

Coucher de soleil après un orage, à Saint Pardoux du Lac

Coucher de soleil après un orage, à Saint Pardoux du Lac

En cherchant bien et sans choisir vraiment mes heures, j'ai tout de même réussi à faire plaisir à mes papilles gustatives. En haut à gauche, un pâté de viande, spécialité locale.

En cherchant bien et sans choisir vraiment mes heures, j'ai tout de même réussi à faire plaisir à mes papilles gustatives. En haut à gauche, un pâté de viande, spécialité locale.

La rive opposée à la mienne, du Lac de Saint Pardoux, un soir.

La rive opposée à la mienne, du Lac de Saint Pardoux, un soir.

Balade dans la réserve naturelle de la Tourbière des Dauges... et les premières myrtilles ;)

Balade dans la réserve naturelle de la Tourbière des Dauges... et les premières myrtilles ;)

Le village de St Léger es Montagnes, village au coeur de la tourbière des Dauges. De là part aussi un chemin grimpant, qui mène à 650 mètres, à la Pierre Branlante que voici. un des plus beaux coups d’œil du Limousin avec une vue splendide en demi-cercle sur plus de 50 km. Par temps clair, on devine les Puys de Sancy et de Dôme (Auvergne) à près de 120 km.

Le village de St Léger es Montagnes, village au coeur de la tourbière des Dauges. De là part aussi un chemin grimpant, qui mène à 650 mètres, à la Pierre Branlante que voici. un des plus beaux coups d’œil du Limousin avec une vue splendide en demi-cercle sur plus de 50 km. Par temps clair, on devine les Puys de Sancy et de Dôme (Auvergne) à près de 120 km.

Deci delà... et bien sûr, quelques sympathiques rencontres félines !

Deci delà... et bien sûr, quelques sympathiques rencontres félines !

En rentrant de l'étang de Murat, j'ai suivi au hasard certains panneaux indiquant des curiosités locales, historiques ou naturelles. Il y en a certaines que je n'ai jamais trouvées, comme les gorges de la Couze. Mais je suis arrivée auprès de ce monastère du XIIIème, en court de rénovation depuis 20 ans par une bande de Papys sympathiques, qui y mettent leurs économies via une SCI.

En rentrant de l'étang de Murat, j'ai suivi au hasard certains panneaux indiquant des curiosités locales, historiques ou naturelles. Il y en a certaines que je n'ai jamais trouvées, comme les gorges de la Couze. Mais je suis arrivée auprès de ce monastère du XIIIème, en court de rénovation depuis 20 ans par une bande de Papys sympathiques, qui y mettent leurs économies via une SCI.

UN DIMANCHE DANS LE LIMOUSIN 2/2
Retour sur les rives du lac de St Pardoux

Retour sur les rives du lac de St Pardoux

UN DIMANCHE DANS LE LIMOUSIN 2/2
Un soir après l'orage, je suis ressortie me balader avec mon appareil photo. Et j'ai bien fait ! Deux brocards dans un champs !

Un soir après l'orage, je suis ressortie me balader avec mon appareil photo. Et j'ai bien fait ! Deux brocards dans un champs !

Balade dans un autre coin du lac de St Pardoux... Le tour du lac, si l'on veut, fait 26 km !

Balade dans un autre coin du lac de St Pardoux... Le tour du lac, si l'on veut, fait 26 km !

UN DIMANCHE DANS LE LIMOUSIN 2/2

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyage en France et ses iles

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Publié le 27 Août 2021

Ornithologie, tarier pâtre, oiseau

Bonjour ! Reprenons l'habitude pas encore totalement acquise : celle de vous présenter un oiseau par mois ! Pas totalement acquise car jusqu'à ce jour, je ne l'ai fait que 3 fois depuis février ! Mais avec la rentrée, on se reconcentre !

Aujourd'hui, je vous parle du tarier pâtre, le premier inconnu pour moi que j'ai découvert lorsque j'ai commencé à observer et photographier nos amis à plumes en janvier !

 

Le tarier pâtre est visible dans toute la France, sauf dans les Alpes au dessus de 2000 mètres !... et ce toute l'année !

Long de 12.50cm c'est un oiseau de petite taille, plus petit que le moineau domestique. Son poids  oscille autour des 15 grammes.

Le mâle adulte en plumage nuptial (comme celui-ci à droite) est facilement reconnaissable grâce à son plumage tricolore... Roux, blanc et tête capuchonnée de noir.

C'est une espèce où il existe un dimorphisme sexuel (apparence différente entre mâle et femelle). La femelle porte un peu les mêmes couleurs que le mâle, mais en beaucoup plus terne, comme si passé plusieurs fois à la machine ! Pour rester poétique et artistique, on va dire que la femelle est plus pastel, alors que le mâle est plus acrylique ! La voici : 

Pour faire simple et vous évitez une dissertation, on va dire que le juvénile ressemble à la femelle, mais avec une bouille toute mimi de jeune pas terminé 😂 En voici un, de face et de profil !

 

 

 

 

 

 

 

 

Le tarier pâtre a un bec fin. C'est donc un insectivore... presque exclusif ! Mais à l'occasion, il ne dédaigne pas les petits mollusques terrestres, les petits vers et petits lézards. La part végétale de son régime est infime et sera représentée par des petites graines et des baies. Il chasse à l'affût depuis un post dominant mais peut aussi le faire en vol stationnaire avant de retourner au perchoir d'origine. En saison de nidification, si vous voyez des tariers pâtres le bec plein d'insectes, c'est certainement qu'il fait ses courses pour aller nourrir ses petits au nid !... comme c'est le cas sur ces deux photos (femelle à gauche, mâle à droite)

 

 

 

 

 

 

 

 

Le tarier pâtre vit dans des milieux ouverts riches en buissons et plantes hautes et fréquente des habitats plutôt secs. On peut donc l'observer entre autres près des lacs, étangs et marais, dans les landes, les prairies et friches, sur les littoraux et en bordure de mer. Il est sédentaire en climat doux et vit en couple toute l'année. Des raisons climatiques le poussent parfois à une migration partielle. Dans ce cas, les couples se séparent et se retrouvent au printemps suivant. Le tarier pâtre n'est pas un oiseau grégaire.

Etant sédentaire, le tarier pâtre n'a pas besoin d'un vol rapide. Ses ailes sont courtes. Son vol est onduleux, bondissant, et peut être papillonnant quand il survole son territoire. Quand il chasse, il fait aussi du sur place. Le vol onduleux est du fait que ses ailes ne battent pas en permanence, mais par séquences.

 

Le tarier pâtre est territorial est monogame. La saison de reproduction s'étend de mars à août. Durant cette période, les couples peuvent avoir deux nichées, dans un nid au sol ou a faible hauteur bâti par la femelle. Chaque nichée comporte 5 à 6 oeufs bleutés tachetés finement de brun rouge. Ils sont couvés uniquement par le femelle pendant 15 jours. Les premiers jours, c'est elle aussi qui s'occupe des oisillons au nid. Puis les deux parents nourrissent les petits pendant 15 jours et jusqu'à 4 à 5 jours après l'envol des petits.

Le tarier pâtre est une espèce commune, qui n'est pas menacée, sauf parfois localement.

Et évidemment, la tariers pâtres bretons sont les plus beaux de France, lorsqu'ils se posent sur les ajoncs et genêts 😁

PS : Toutes ces informations (non exhaustives) ont été picorées sur mon guide ornithologique Belin et sur le site oiseaux.net 

Les photos sont les miennes et restent ma propriété ! Merci de ne pas copier/piquer sans mon autorisation ;)

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Le coin ornitho

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Publié le 25 Août 2021

Fabcaro, Fabrice Caro, roman, Broadway, avis, chronique, blog

Roman - Editions Gallimard - 208 pages - 18 €

Parution en août 2020

L'histoire : Axel a tout pour être heureux : une femme, deux enfants, un emploi, un pavillon dans un lotissement. Mais voilà que des amis veulent les amener faire du paddle à Biarritz... Et puis, Axel reçoit l'enveloppe bleu réglementaire des cinquagéanaires, l'invitant à un dépistage du cancer colorectal... Sauf qu'Axel n'a que 46 ans... Donc rien va plus !

Tentation : L'envie de détente

Fournisseur : La cabine en livres en bas de chez moi.

 

 

Mon humble avis : J'avais grand besoin d'une lecture divertissante qui fasse fonctionner mes zygomatiques, je l'ai eue avec ce troisième roman de Fabrice Caro, alias Fabcaro pour la BD.

Dans cet ouvrage, Fabrice Caro s'attaque au temps qui passe sans qu'on s'en aperçoive, et aux changements qui l'accompagne, tout d'abord subtiles puis brutaux d'un seul coup... Le temps n'est pas la seule victime de Caro ici... En effet, les petites obligations de bienséance sociales, les normes qui finissent par diriger votre vie (comme la hauteur des grillages entourant une piscine j'en passe et des meilleures) sont fustigées avec malice, humour, franc parler et percutantes formules par notre Axel, notre narrateur. Axel est sans doute un peu looser, qui subit et accepte trop par manque de caractère et de courage... Comment est-il passé de l'ado rockeur mal dégrossi au père de famille d'une vie rangée ? Que s'est-il passé entre le moment où il jouait aux Playmobil avec son fils et celui où il est convoqué par le collège de ce même fils, auteur d'un dessins pornographiques outrageux avec deux profs comme personnages principaux ? Alors dans ses rêves, Axel aimerait tout plaquer, se tirer de la réalité et pourquoi pas, avec la prof.

Une fois de plus, Fabrice Caro sait fouiller dans nos quotidiens et fouiner dans nos travers sociétaux pour appuyer là où ça fait mal, où ça coince, où ça cloche, où c'est trop toujours pareil ! Ce qu'on devrait oser et que l'on n'ose pas.... Faire ou refuser... ou simplement changer... Car le quotidien sans cesse renouvelé offre sans doute une part de confort...

C'est une lecture fluide, faite pour la détente et la dégustation de l'humour et de la dérision si chers à Fabrice Caro. Si l'on en attend un chef d'oeuvre, la déception guette. Le discours, son précédent roman était, à mes yeux, plus abouti et mieux mené. 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 23 Août 2021

Là où chantent les écrevisses, roman, avis, chronique, littérature, Delia Owens

Roman - Editions Audiolib - 11h18 d'écoute - 24.90€

Parution audiolib 2020, Editions du Seuil 2018

 

L'histoire : Les années 50, dans un marais de Caroline du Nord... Kya a 10 ans lorsque le dernier membre encore présent de sa famille, son père l'abandonne lui aussi. Les autres sont partis depuis longtemps, fuyant la violence familiale. Elle doit alors apprendre à survivre seule dans le marais, devenu pour elle un refuge naturel et une protection. Pendant des années, Kya sera source de rumeur les plus folles et des fantasmes du proche village... Tout le monde parle d'elle comme de "la fille des marais". Mais elle n'est pas cette filles analphabète et sauvage, car Tate, un jeune homme qui l'a toujours connu, lui apprend à lire et transforme ainsi la jeune fille, qui devient jeune femme au fil des ans. Et puis, Chase, un garçon qu'elle a fréquenté est retrouvé mort... Evidemment, tous les soupçons se tournent vers elle.

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib de Rennes.

 

Mon humble avis : A l'époque de la sortie de ce roman, l'histoire de cette fille du marais avait fait un raz de marée sur la blogo, avec le plus souvent des avis plus qu'élogieux ! Le mien l'est tout autant. A mes yeux et dans mon coeur, "Là où chantent les écrevisses" est un chef d'oeuvre, un roman et une héroïne que l'on n'oublie jamais. J'espère que le temps me donnera raison.

Peu importe que la situation soit crédible ou non, et que la fin surprenne, pas forcément dans le bon sens pour moi. Ce marais, si bien décrit par Delia Owens, on le découvre, on y vit, on l'apprend avec Kya, on l'arpente sur sa barque. Les images qui se créent dans notre esprit sont juste magnifiques et même si les marais sont en général des milieux naturels plutôt hostiles, on se surprend à presque envier la vie aussi douce qu'âpre qu'y mène Kya, une fois devenue adulte et autonome par relatif choix. Je me suis régalée notamment des descriptions des animaux sauvages et des oiseaux, avec qui Kya partage une relation particulière. Mais l'enfance de Kya et les abandons successifs font peine à lire évidemment. On s'attache terriblement à Kya et l'on ne peut qu'être admiratif devant sa détermination, son courage, sa capacité à déployer seule ses ailes de la vie, à s'assumer, à refuser les lumières de la consommation et de la facilité. Et pourtant, toute sa vie, Kya a été abandonnée et rejetée.

D'autres protagonistes sont très touchants, comme Jumping et son épouse, qui tiennent un petit commerce station-service au port du village voisin, qui seront les seuls à aider Kya. Ou encore Tate, ce lycéen, puis étudiant et adulte, qui apprendra à lire à Kya et qui partagera avec elle son amour pour le marais.

On sait très vite qu'il y a un soi-disant meurtre, celui de Chase, puisque des chapitres de différentes époques s'alternent. Soi-disant meurtre, car rien ne prouve vraiment qu'il ne s'agisse pas d'un accident, donc enquête puis procès. Ce n'est pas cette partie-là qui m'a le plus émue, si ce n'est qu'elle prouve les préjugés de chaque villageois à propos de la fille des marais, mais aussi de la part de justice, que boucle très vite l'enquête avec un avis tout fait d'avance. Ce sont donc les accusations sans preuves que dénonce la romancière, des accusations alimentées par la peur de la différence et de l'inconnu, bref, de ce qui dérange.

Ode à l'amour, à la nature, au respect des différences, à la poésie, au savoir, à la lenteur, à la contemplation, à la vie simple, à l'observation de l'environnement, de son utilisation sans le détruire... ce roman est purement enchanteur. Il nous emporte en nous tiens captifs volontaires du marais. Et que dire de la plume magnifique, douce et tellement évocatrice de Dalia Owens ? Du grand art ! Et cerise sur le gâteau, la lecture qu'en fait Marie du Bled est des plus réussies, tellement que je vous conseille vraiment le format audio pour découvrir ce chef d'oeuvre incontournable !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 21 Août 2021

Fabienne Betting, roman, la théorie des poignées de main, avis, chronique

Roman -Editions Pocket - 224 pages - 6.95 €

Parution Pocket Mai 2021, Les Escales juin 2020

L'histoire : Jeune étudiant en mathématique, Antoine effectue sa thèse sur la fameuse théorie des poignées de main, plus connue sous les termes théorie des six degrés de séparation. Alors qu'il présente ses recherches lors d'un colloque à Corfou, un éminent professeur, irrité par cette théorie, met au défi Antoine de la prouver dans la réalité. Antoine relève le défi. Il a trois mois pour trouver la cible proposée par le professeur, et démontrer que seules cinq personnes le séparent de celle-ci. Le voilà qui s'envole pour le Vietnam. Les seules informations dont il dispose : Chinh Yên Than est né à Go Vap le 1er février 1972. Une grande aventure commence pour Antoine !

 

Tentation : Titre et pitch

Fournisseur : Ma CB

Mon humble avis : Depuis que j'en ai entendu parler, cette fameuse théorie des 6 degrés de séparation me fascine, sans que je cherche cependant à en savoir plus. Je me suis dit que ce titre serait l'occasion de corriger le tire. Cette théorie "prétend" qu'il n'y a pas plus de 5 connaissances qui vous séparent de n'importe quel être humain sur terre. Ces connaissances peuvent être amicales, professionnelles, familiales, mais aussi "indésirables"... Le tout, hors réseaux sociaux en ligne évidemment ! Trop facile sinon !

Je n'en sais guère plus sur cette théorie, car ce roman ne fait que survoler ce sujet d'un point de vue scientifique et statistique. Pas bien grave, sa lecture n'en est que plus aisée et légère, bref, agréablement divertissante, servie d'une plume simple et fluide. Un roman parfait pour l'été ou pour se changer les idées entre deux ouvrages plus conséquents. D'ailleurs, j'ai dévoré cette histoire sympathique.

En fait, ce sont plus la quête d'Antoine et les rencontres qui en découlent qui font l'intérêt du roman. On voyage aussi : Nancy, Vietnam, Géorgie Américaine, Suisse, Italie... Là aussi, c'est assez succinct... le nombre de pages ne permet pas de plus amples développements qui auraient été instructifs... l'objectif de l'écrivaine étant clairement affiché : la détente.

La théorie des poignées de main évoque le drame des enfants orphelins dans des orphelinats bondés lors de la guerre du Vietnam et les difficultés d'intégrations rencontrées lors de leurs adoptions en occident. Le choc des cultures des jeunes français qui découvrent le monde est aussi développé. Ce roman nous rappelle aussi de jolies choses... Que derrière chaque statistique, il ne faut pas oublier qu'il y a de l'humain et ses variables, qu'il y a une différence de taille entre savoir qu'un chemin existe et le trouver. Que seul, on n'arrive pas à grand- chose... Entre autres.

Une lecture plaisante, pleine de bienveillance, qui nous fait côtoyer des personnages attachants, mais qui reste un peu trop en surface des choses et des faits à mon goût, avec un style un peu trop simple tout de même... mais accessible à tous pour le plaisir !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 19 Août 2021

Roman - Editions Léo Scheer - 200 pages - 17 €

Parution le 1er septembre 2021, Rentrée Littéraire

L'histoire : Elle a quitté Paris, a fui un traumatisme et a cessé d'écrire depuis cinq ans. Ecrivaine, elle vit retirée dans une maison isolée d'un village Normand. Un matin, alors qu'elle promène comme d'habitude son chien Paul, elle trouve une clio abandonnée, porte ouverte, près d'une rivière, près d'un panneau qui interpelle :"danger en rive". A l'intérieur du véhicule, elle ramasse un bracelet où figure le mot "disparaître"... Dès lors, son quotidien ordonné se retrouve chamboulé, d'autant plus que son passé ressurgit...

 

 

Tentation : romancière dont j'aime lire le roman annuel

Fournisseur : Gilles Paris, merci pour l'envoi.

 

Mon humble avis : C'est un roman très original que nous offre cette année Nathalie Rheims. Presque un huis clos solitaire dans une vie routinière et calme, retirée du monde... Mais mise à mal par la découverte de cette voiture abandonnée près d'un virage bordant une rivière. On partage le quotidien de la narratrice, ses monologues intérieurs, des questionnements devant cette nouvelle situation... Pourquoi n'a-t-elle pas dit toute la vérité à la police, pourquoi a t-elle tu le bracelet ramassé et gardé. Son seul compagnon est Paul, son petit chien.

L'atmosphère se fait parfois étouffante... On se demande où l'écrivaine veut nous mener, puis la question que le lecteur se pose est même : mais où suis-je ? Et l'on comprend quelques pages plus tard que Nathalie Rheims nous a berné, qu'elle nous a menés le bout du nez, et complètement manipulés.... Pourquoi ?

Dans l'histoire, la manipulation élevée au rang de l'art sera pour se venger et faire taire à jamais l'auteur de son traumatisme... Un homme qui l'a harcelée quotidiennement et par tous les moyens possibles pendant des mois, cinq années plus tôt.

Dans l'exercice littéraire, cette manipulation n'a d'autres but que de travailler sur les frontières entre la réalité et la fiction, et d'étudier ces dernières sous les lumières de notre époque, où, via les médias, presse et réseaux sociaux, de la moindre flammèche s'ensuit un incendie dévastateur, qui ruine une réputation, qui délivre toutes les haines anonymes, qui passionnent les foules qui créent ainsi une certaine réalité. La multitude des intéressés crée elle-même réalité considérée dès lors, et par tous, comme certaine. 

L'autre sujet principal de cette histoire est le harcèlement psychologique et ses conséquences... Les proches qui ne comprennent pas forcément l'influence de l'harceleur sur vous, la justice qui est bien démunie tant qu'il n'y a pas eu de passage à l'acte physique. Le tout, évidemment, amplifiée à notre époque par les réseaux sociaux.

Si l'on suit Nathalie Rheims depuis plusieurs de ses ouvrages, on réalise qu'il y a beaucoup d'elle dans ces pages, c'est même parfois à se demander si l'on n'est pas dans une autofiction, ce qui ajoute au trouble du lecteur. Et bien sûr, sa plume subtile, soignée mais sans esbrouffe est au rendez-vous.

Je n'ai hélas pas pu lire ce roman rapidement, ma lecture fut interrompue par drame familial... Peut-être qu'une lecture plus condensée m'aurait permis de déceler quelques indices du subterfuge et aurait effacé à mes yeux les quelques petites longueurs. Mais quoiqu'il en soit, bravo à Nathalie Rheims, c'est un roman vraiment surprenant et astucieusement construit qu'elle nous propose en cette rentrée littéraire !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 24 Juillet 2021

Hello !

Je mets mon blog en pause estivale... préférant passer mon temps dehors, sur la plage ou ailleurs dès que le temps le permet.

De plus, la blogosphère est de plus en plus désertée en cette période.

Je vous retrouve donc le 19 août avec plein de billets lecture, de romans ou BD déjà lus où qui le seront dans les semaines à venir.

Seuls billets cinéma pourrait interrompre cette pause, le ciné correspondant à une actualité très courte, surtout ces temps-ci !

Profitez bien de cet été, qu'il ressemble parfois à un automne, un printemps ou à un jour dans le bush australien !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Les livres - mon blog et moi

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Publié le 20 Juillet 2021

BD - La chambre de Lautréamont

BD - Editions Futuropolis - 136 pages - 20 €

Parution en 2017

L'histoire : "Un poète maudit, une plante hallucinogène, un piano qui parle, une écriture révélée par le feu, des relations sulfureuses entre deux poètes..." Attention, vous entrez dans un livre terriblement... réjouissant ! Dans l'esprit des nouvelles de l'époque, d'Edgar Poe à Villiers de l'Isle-Adam, Edith et Corcal proposent un récit fantastique et fantaisiste, qui plonge avec délectation dans le monde foutraque, virevoltant et bouillonnant des artistes de la fin du XIXᵉ siècle, en lutte contre les arts académiques.

Tentation : Curiosité culturelle

Fournisseur : Bib de Dinard

Mon humble avis : Un album au double intérêt... L'histoire qu'il raconte, comme une autofiction, en total trompe l'oeil comme nous le révèle le cahier final. Mais aussi son histoire à lui, en tant qu'objet tombé dans l'oubli pendant des décennies... Retrouvé par hasard en Australie en fond d'un carton de vieux 45 tours, par un étudiant français et sa mère... qui n'est autre qu'Edith... Le vieil ouvrage, daté de 1921, s'intitulait "la chambre de Lautréamont et se disait être une réédition d'un livre de 1874.... Et qui serait l'une des toutes premières bandes dessinées, même si on les appelait alors "Figuration autobio-poético-narrative".

Edith, Corcal vont entreprendre de restaurer complètement l'oeuvre (couleurs effacées, traits disparus, textes parfois illisibles. Un troisième homme, Bernard Maisonnée va entreprendre d'immenses recherches dans les archives pour retrouver les pages manquantes, censurées à l'époque... Ainsi, la Chambre de Lautréamont est ressortie des limbes...

On y rencontre les auteurs d'origine, Auguste Bretagne et Eugène de T.S, mais aussi Charles Cros, Rimbaud, la poétesse Emilie Parkinson, tous membres alors du cercle Zutiste

Auguste Bretagne, qui était à l'époque feuilletonniste pour la Gazette de Paris, vivait alors dans l'ancienne chambre d'Isidore Ducasse, alias Le comte de Lautréamont, décédé depuis peu... Fort des mystères des textes que Bretagne retrouve de Lautréamont, il nous livre ici une histoire qui fleurte avec le fantastique... Mais qui met aussi en scène les us et coutumes des artistes d'alors et notamment, l'usage du peyotl...

De Lautréamont, je ne connaissais que le patronyme et vaguement sa réputation. Cet ouvrage m'a donné un aperçu de ses oeuvres... heu... comment dire, je n'ai pas trop envie d'approfondir.

La chambre de Lautréamont se lit avec plaisir et intérêt culturel, mais ce qui rend cet ouvrage complètement fascinant, ce sont ses pré-et post face qui explique ce magistral piège littéraire ! Il y aurait encore beaucoup à dire, le plus simple est que vous lisiez cet album unique en son genre !

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Rédigé par Géraldine

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