Publié le 28 Février 2022

Cette semaine, c'est un oiseau que je vois assez souvent sur la côte que je vous présente : l'Huitrier pie, ce bel élégant toujours vêtu de noir et de blanc, comme un costar !

Robuste et trapu, c'est un oiseau uniquement de rivage marin, donc inutile de le chercher à l'intérieur des terres. Mâles et femelles sont strictement identiques, donc inutile aussi de prendre une loupe pour déceler quelque dimorphisme sexuel.

Malgré son nom, je ne l'ai encore jamais observer avec des parcs à huitres ou des reliquats de ce coquillage à proximité !

 

 

L'Huitrier pie apprécie les rivages plats, les étendues vaseuses d'estuaires ou de baies, et les côtes rocheuses ou ilots bas, recouverts d'algues.

Ces dernières années, il a été observé dans des prairies ou lagunes proche de la mer, mais c'est assez rare.

Il vole quasiment au ras de l'eau.

 

 

 

Les couples qui nichent en France sont sédentaires (Bretagne, Normandie, Camargue, Bassin d'Arcachon). Ils sont rejoint en septembre par de nombreux individus venant d'Angleterre et des Pays Bas. Ces derniers repartent dans leur destination d'origine entre février et avril pour y nicher et passer l'été.

Les Huitriers pie nichent en couple séparé. Hors période nuptiale, ils sont très sociaux et grégaire, et c'est rarement que j'ai observé des individus isolés.

 

 

Sur la côte l'Huitrier pie se nourrit principalement de mollusques types moules, coques... Il est très habile pour ouvrir les coquillages en les martelant ou en écartant les valves. Son bec puissant lui permet de sectionner le muscle qui relie le mollusque à son coquillage. Il peut aussi manger des gastéropodes et des vers marins.

Dans les terres, il va jeter son dévolu sur les insectes et les lombrics.

 

 

 

Le nid de l'Huitrier pie est assez rudimentaire : une dépression garnie de débris d'algues et de coquillages. La femelle y dépose en moyenne trois oeufs entre mars et mai et elle va les couver entre 24 et 27 jours. Les poussins sont nidifuges, ils quittent très vite le nid pour être éduqués et nourris par leurs parents.

C'est un oiseau que l'on trouve globalement en Europe , en Asie et en Afrique. Il est absent de l'Océanie et des Amérique centrale et du sud, et occasionnel et rare en Amérique du Nord.

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est un oiseau que j'adore observer, contrasté et assez facile à photographier avec son bec et ses yeux oranges. Bref, il est photogénique et se trouve souvent à des endroits peu encombrés et assez plats ! Il est moins "nerveux" et bouge moins vite que d'autres limicoles !

 

 

 

 

 

 

 

 

Une dernière photo pour la route, une toute récente de la semaine dernière :

Les textes de ce billets sont inspirés du site oiseaux.net

Toutes les photos sont miennes et interdites de reproduction ou d'usage sans mon accord.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Le coin ornitho

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Publié le 26 Février 2022

Roman , Bénie soit Sixtine, Maylis Adhémar, avis, chronique, intégrisme catholique, religion, secte, traditionalisme religieux

Roman - Editions Pocket - 314 pages - 7.60 €

Parution Pocket Sept 2021, Julliard août 2020

L'histoire : L'avenir est tracé pour Sixtine. De famille catholique traditionnaliste, étudiante en histoire de l'art, Sixtine rencontre Pierre Louis lors du mariage de son amie Marie Sophie. Quelques mois plus tard, elle est mariée à Pierre Louis qui remplit toutes les coches nécessaires... Très vite, elle est enceinte et très vite elle déchante... D'autant que l'intégrisme absolu va mener au drame et que dans ce milieu, Sixtine n'a à priori d'autres choix que de se taire et subir... Sauf si elle se réveille, et se révolte... Le début d'un long chemin vers... la liberté et la vraie vie, celle faite de plaisir et de diversité.

 

 

Tentation : La blogo lors de la sortie d'origine

Fournisseur : La boite à livre en bas de chez moi

Mon humble avis : J'ai lu ce roman comme un thriller...Avec la même urgence, le même stress la même envie de savoir, la crainte d'un nouveau drame... Bref, c'est une lecture sous tension. Et pourtant, ce roman est tout sauf un thriller... Il raconte juste quelques années de la vie de Sixtine, une jeune femme sans histoire, convaincue d'être dans le vrai et le bon... Sauf qu'elle a grandi et qu'elle vit dans une famille catholique traditionnaliste et qu'elle se marie avec un jeune homme intégriste...  Et dans ce milieu, la femme ne vit qu'à travers son mari, n'est bonne qu'à pouliner (oui, il faut mettre au monde un maximum de croisés pour sauver la France et l'Eglise, mettre au monde l'élite de demain... A savoir tout de même, pour celles et ceux pour qui ces mondes seraient inconnus, que les communautés religieuses auxquelles appartiennent Sixtine, Pierre Louis et leur famille ne sont pas reconnues par l'Eglise Catholique et le Vatican. Elles ne reconnaissent pas l'autorité du Pape.

Je suis moi-même issue de famille catholique pratiquante, et une branche de ma famille est assez proche du traditionalisme. Je ne pensais pas découvrir grand-chose dans les comportements de gens dans ce roman, ni être atterrée à ce point... Pour info, je suis devenue athée, ou agnostisque, peu importe... Et dans ma famille, ma position est encore assez peu acceptée/comprise.

C'est une vie en vase clos qui est menée par ces familles, depuis l'école, les vacances, les fréquentations, les médias utilisés et acceptés etc... D'où il résulte une ignorance totale du mode de vie de la grande majorité des français, ce qui n'empêche pas un énorme mépris agrémenté de préjugés.

Le plus choquant je dirais, c'est que temps que nous évoluons avec Sixtine dans sa famille et sa belle-famille, on ne ressent aucun amour. Celui-ci est absent, même dans l'intimité du couple. Tout n'est que haine envers la différence, sentiment de supériorité, fierté, carcan, hypocrisie, représentation,  prière, pêché, pénitence et confession... Et surtout obéissance... Aucune humanité, aucun amour ni même dans leur religion... Aimer vous les uns les autres... Chez eux c'est plutôt dominez-vous les uns les autres...

Quelque part, malgré ses convictions profondes, Sixtine n'a pas choisi puisqu'elle n'a connu que ça et il lui faudra plusieurs années pour se sortir de tout cela et découvrir la vérité, avant de choisir la sienne. Se sortir de cet endoctrinement psychologique et religieux et être heureuse, sans avoir l'impression de vivre sans cesse dans le pêché. Accepter qu'elle puisse aider une réfugiée kurde et son enfant, même s'ils ne sont pas catholiques, sans aller contre le respect de la France.

Suite au drame... Sixtine va s'enfuir avec son fils... Et nous allons suivre pas à pas son chemin vers la vraie lumière, celle de la vie, qu'elle va parcourir avec des gens qui sont à l'opposé de ce que Sixtine a toujours connus, des gens chaleureux, qui, s'ils s'étonnent, ne jugent pas. Et elle découvrira un secret de famille bien enfoui, qui lui fera l'effet d'un tremblement de terre, qui achèvera à lui faire réaliser que toute sa vie et ses croyances étaient bâties sur un énorme mensonge. Elle va lutter entre son éducation et ses sentiments propres, qu'elle découvre, en vivant dans le monde.

Un livre à lire évidemment... En France et dans les médias, on n'évoque que l'intégrisme musulman, parce qu'il est international, dangereux dans ses actes, qu'il vient d'ailleurs et que donc... il nous dérange car ne correspond pas à notre sacro-sainte identité française. Mais l'intégrisme catholique est pour moi tout aussi dangereux, car une poignée de personnes se permet de parler et d'agir en mon nom, de vouloir me représenter, me sauver.... Moi, je ne veux pas être sauver par des gens qui n'ont que haine et mépris pour tout ce qui n'est pas eux... D'ailleurs, ce n'est pas la France qu'il faut sauver, mais le monde et la planète. Et tant qu'il y aura des intégristes comme cela (qu'ils soient "catho" ou islamistes) nous irons à notre perte. Tant qu'il ne pourra y avoir de vivre ensemble rien ne pourra fonctionner, d'autant que le nombre de territoires se restreindra de plus en plus avec le réchauffement climatique.

Maylis Adhémar est issue d'une famille tradi, dont elle a su s'extraire. Inutile de dire qu'elle connaît parfaitement son sujet, et qu'elle mène son récit d'une main de maître !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 24 Février 2022

Confession d'une radine, Catherine Cusset, avis, chronique, littérature

Roman - Editions Folio - 145 pages - 

Parution Gallimard en 2003

L'histoire : La narratrice (l'auteure ?!) est radine... Depuis toujours... Autant envers elle qu'envers les autres. Une radinerie qui commence dans l'enfance avec des rapineries pour posséder gratuitement, et qui adulte s'est transformée en obsession de la bonne affaire, de se faire inviter, de dépenser le moins possible et de tout calculer et prévoir. Elle se raconte donc...

Tentation : Ma PAL 

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

Mon humble avis : Voici un court ouvrage au sujet intéressant et original. La lecture est rapide est agréable, servie d'une plume fluide, une plume dont le soin est en adéquation avec le propos.

Au fil des pages, Catherine Cusset narre avec une réelle franchise l'un de ses traits de caractères et ses manifestations dans moult occasions et situations. C'est assez étonnant car évidemment, la pingrerie est considérée comme un gros défaut social et cela ne donne pas une image très reluisante de la romancière. Aussi, je dirai que cet écrit est assez osé et ne serait-ce qu'à ce titre, mérite d'être salué. C'est donc à une autocritique que nous avons affaire. 

Catherine Cusset constate et décrit cette mesquinerie dans les détails, et évidemment ses conséquences. Mais curieusement, elle n'analyse pas les faits, ne cherche pas des explications qui pourrait l'excuser. Elle ne cherche pas non plus un moyen de se défaire de ce vice qui, pourtant la rend bien souvent "malade". L'intérêt de ses diverses confessions est variable.

Mais mine de rien, cette lecture permet de se pauser et de se questionner sur son propre rapport à l'argent et sa potentielle radinerie, qui n'est pas toujours inhérente aux questions financières. Et voici mes conclusions personnelles : je pense être humainement généreuse (même si moins qu'avant... à force de se tromper), mais financièrement, je peux aussi me montrer radine dans certaines situations collectives et dans des achats pour moi... Me concentrant sur ce que j'estime nécessaire ou très agréable pour moi. En fait, je pense ne pas être obsédée par l'argent (peut-être parce qu'ai la chance de ne rien manquer de vital),  je n'envie pas la possession et je suis plutôt économe, sauf lorsqu'il s'agit, une fois par an, de parler vacances / voyage. Et encore, je reste toujours dans les possibilités de mes moyens

Je serais plus radine de mon temps je pense... Car mon temps est sans doute ce que j'ai de plus cher et je déteste le perdre tant il y a de choses que j'ai envie de faire sans en trouver le temps. Donc je n'aime pas qu'on me le fasse perdre, ni être interrompue dans mes occupations, cela me perturbe vraiment. Mais je ne suis pas avare de services ou de présence appréciée, tant que mon temps n'est pas perdu pour tout le monde. Je ne supporte pas que l'on veuille me payer ou compenser un service rendu... Catherine Cusset, ça ne la dérange pas. Donc ça va, je reste fréquentable !

Vous voyez, une lecture qui permet de réfléchir un peu et de se poser de bonnes questions.

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 22 Février 2022

Adieu Paris, film d'Edouard Baer, avis, chronique

Film d'Edouard Baer

Avec Pierre Arditi, François Damiens, Benoît Poelvoorde

Synopsis : Un vieux bistro parisien au charme éternel. Huit messieurs à table, huit grandes figures. Ils étaient les « rois de Paris »… Des trésors nationaux, des chefs-d'œuvre en péril. Un rituel bien rodé... Un sens de l’humour et de l’autodérision intacts. De la tendresse et de la cruauté. Huit vieux amis qui se détestent et qui s’aiment. Et soudain un intrus...

Mon humble avis : J'aime beaucoup Edouard Baer l'acteur, l'homme, le faiseur de mots et d'improvisation poético/philo. Aussi, j'avais très envie de voir ce film, d'autant que la brochette d'acteurs promettait beaucoup. Adieu Paris a mis du temps à sortir à Dinard, mais j'ai chopé le coche !

Dans ce film, Edouard Baer dit adieu à un certaine vie sociale d'artiste de tous arts confondus, qui tendrait à disparaître (au profit de la vie dispersée en province), dit adieu aux anciennes bandes d'acteurs qui ne sont plus et qu'il admirait... Il met en scène une certaine bascule... Des artistes âgés qui ne sont plus dans leur splendeur, des amitiés qui n'ont plus de raison d'être... Ceci, je vous le dis grâce à ma lecture d'Allociné....

Car je n'ai pas remarqué grand-chose de tout cela, peut-être parce que la vie parisienne mondaine m'est inconnue...  Mais que ma séance fut laborieuse. J'espérais me régaler des répliques flamboyantes et brillantes écrites par Edouard Baer, seules trois ou quatre d'entre elles ont fait mouche pour moi. On nous annonce une comédie... Je n'y ai vu que des personnages pathétiques et même pas drôles, ni attachants. Seul Jackie Berroyer parvient à nous toucher, en nous attristant. Si les personnages n'étaient pas aussi bruyants et excités dans leur mauvaise foi, je pense que j'aurais pu m'endormir... Mais pour cela, il aurait fallu que Pierre Arditi se taise. 

En fait, c'est une succession d'engueulades entre amis, de crises caractérielles, de caprices, illustrés par des discussions jamais terminées car interrompues ou terminées mais comme pas commencées... Bref, comme l'impression désagréable d'être devant un débat politique télévisé, la politique en moins. Peut-être que les comédiens se sont bien amusés, mais cette façon de rendre les choses et événements ne laisse pas la possibilité au spectateur d'en faire partie, d'y entrer.  Bref, j'ai oscillé entre agacement et ennui, fatiguée par la cruauté de ses vieux-beaux sur le retour à l'égo surdimensionnés. Quant aux scènes avec le Japonais, je n'y ai rien compris...

Bref, un repas indigeste pour moi.  Bon ben adieu "adieu Paris" ! On oublie, au suivant !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 20 Février 2022

Depuis fin mars 2021 et mon installation sur la côte Bretonne à Dinard, j'ai bien crapahuté dans les environs, tous proches ou plus lointains. Et j'en ai pris des photos par beau temps (si si !!!) que je n'ai presque pas partagées ici (A part, si ma mémoire est bonne, le Cap d'Erquy et les rives du Frémur, et le Sillon de Talbert). Donc il m'en reste quelques centaines !

Alors, on va se rattraper au fil des mois .

Aujourd'hui, je vous fais découvrir trois lieux en photos.

Notre Dame du Guildo près de St Cast le Guildo (dans les Côtes d'Armor)

La Pointe du Nick à Saint Lunaire (Ille et Vilaine) côté Dinard.

Et L'anse du Guesclin, à l'Est de Saint Malo, sur la commune de Saint Coulomb.

Bonne balade au grand air et dans une atmosphère estivale :) Beaucoup de bleu... Celui de la mer, celui du ciel !

Notre Dame du Guildo

Notre Dame du Guildo

Notre Dame du Guildo

Notre Dame du Guildo

UN DIMANCHE EN BRETAGNE DECI DELA... 1/?
Rando sur le GR 34

Rando sur le GR 34

UN DIMANCHE EN BRETAGNE DECI DELA... 1/?
En face de Notre Dame du Guildo, la commune de St Jacut de la Mer

En face de Notre Dame du Guildo, la commune de St Jacut de la Mer

Les bonheurs d'Eléonore, une pause gourmande incontournable dans le coin, surtout à la belle saison pour profiter du magnifique et original jardin.

Les bonheurs d'Eléonore, une pause gourmande incontournable dans le coin, surtout à la belle saison pour profiter du magnifique et original jardin.

UN DIMANCHE EN BRETAGNE DECI DELA... 1/?

Saint Lunaire et la Pointe du Nick (un espace naturel protégé)... Sur le GR 34

 

UN DIMANCHE EN BRETAGNE DECI DELA... 1/?
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UN DIMANCHE EN BRETAGNE DECI DELA... 1/?
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L'Anse du Guesclin à Saint Coulomb, l'une des plus belles anses de la côte d'Emeraude. Avec en son centre, le Fort du Guesclin, propriété privée qui ne se visite pas, mais qui est accessible à marée basse et devient une île à marée haute. Le premier fort fut construit vers l'an 800. 

Sa version actuelle fut la propriété privée et lieu de résidence du chanteur Léo Ferré.

De là, on a aussi une vue dégagée sur les îles Chausey.

Et c'est toujours sur le GR 34 !

UN DIMANCHE EN BRETAGNE DECI DELA... 1/?
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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyage en Bretagne

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Publié le 18 Février 2022

BD - L'île aux remords - avis - chronique

BD- Editions Grand Angle - 78 pages - 18.90 €

Parution en octobre 2017

L'histoire : 1958. Les Cévennes sont la proie d'inondations gigantesques. Jean, médecin de campagne, va porter secours à son père qui vit encore dans les collines. Mais cela fait 25 ans qu'il est parti brutalement, sans donner la moindre nouvelle, pour entrer dans l'armée coloniale. A mesure que l'eau monte, la colline devient une île où père et fils sont contraints de se parler et de faire le point sur une histoire familiale compliquée. Aux froides certitudes de Jean, le père oppose un humanisme ancré dans la terre. Les certitudes de Jean risquent d'être emportées par la crue, et les a priori avec !

Tentation : Couv, pitch et dessins

Fournisseur : bib de Dinard

 

Mon humble avis : Ce duo d'auteurs m'avait déjà procurer un joli coup de coeur avec un autre opus : Facteur pour femmes. Et il réitère avec cette très belle histoire, qui nous mène dans les Cévennes inondées, mais aussi, par le passé, dans différents bagnes français.

Et c'est là que j'ai appris, beaucoup. Dans mon esprit, le bagne, c'était Cayenne et la Guyane, c'est tout. J'ai donc découvert ici que les bagnes étaient à l'époque presque aussi nombreux que les drapeaux français plantés en terres lointaines. Ici, il est question des bagnes de l'Indochine, d'Algérie et de Guyane. L'intrigue nous amène à comprendre et visualiser le fonctionnement horrible et inhumain de ces derniers, et un cahier final étoffe les informations à ce propos.

Et puis il y a cette belle histoire de filiation, d'identité et de quête qui se déroule lors de conversation alors que le père et le fils, entourés d'eau, n'ont pas d'échappatoire. Un père adoptif fier de sa terre, de ses origines, de sa vie de labeur campagnarde... Et ce fils qui a fui pendant 25 ans. Le père qui rêve d'îles à travers ses lectures, le fils qui a bourlingué. Le père humaniste, le fils colonialiste. Et le fils, qui ignorait jusqu'alors ses origines réelles, réalise que toutes les années où il les a cherchées dans une fuite perpétuelle, elles étaient devant lui, qu'il les a ignorées, et pire encore, méprisées...

Le tout illustré par de splendides dessins, doux et dépaysants... Une BD à lire, évidemment !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 16 Février 2022

Sorj Chalandon, roman, une promesse, avis, chronique

Roman - Editions Livre de Poche - 224 pages - 7.70 €

Parution Grasset 2006, Livre de Poche 2008

L'histoire : Dans un village de Mayenne, chaque jour, ils sont sept amis à se relayer pour passer dans une maison à l'orée du bourg, chacun avec une mission, un rituel... Ensuite, ils se retrouvent au café, pour partager "le verre de  promesse".

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

 

Mon humble avis : Comme j'ai aimé ce livre, comme il me tardait d'y retourner... malgré sa relative lenteur, malgré le fait qu'il n'y s'y passe rien de grandiose ou d'extraordinaire... Juste la vie qui va... qui s'en va... qui continue.

"Une promesse" m'attendait dans ma PAL depuis longtemps, et je m'en suis saisi sans relire la 4ème de couv'... Je suis donc allée de découverte en découverte, me demandant jusqu'à mi parcourt où Chalandon voulait bien me mener, s'il y avait réellement un aspect trompe l'oeil ou pas.

Chalandon nous parle de la terre profonde, celle où l'on vit simplement un peu isolé avec les siens, ceux que l'on retrouve au bistrot. Mais de cette terre, émane le souvenir amer de la mer qui a englouti les hommes au loin, et que l'on a fui.

Au fil des pages, de façon non linéaire, on découvre chacun des protagonistes : leur vie et leurs bagages, les liens entre eux, qui remontent pour la plupart à l'enfance... Et ce qui les unissent aux habitants de cette fameuse demeure. Chaque portrait s'étoffe donc au fur et à mesure des chapitres, et nous offre à connaître des hommes et femmes attachants, avec leurs forces, leurs fragilités. Il est aussi question de légendes qui pourraient être vraies pour qui aime y croire, comme un pied de nez à l'inéluctable. 

J'ai particulièrement aimé la langue, les mots de Chalandon. Parfois minimaliste, à l'image des personnages, Chalandon ne parle pas pour ne rien dire et l'on est au pays des taiseux. Les noms communs deviennent complément sans article. Les objets, leurs utilisations disent souvent plus que les paroles et les mots. Avec eux se dévoile ce que voudraient peut-être cacher les hommes.

Comme on le sait, avec Chalandon, ce n'est pas un roman gai, mais il n'est pas plombant... Au contraire, je l'ai trouvé lumineux. Une très belle histoire d'amitié, de respect, de fidélité, d'entre aide, de partage, de transmission, d'acceptation des différences, et ce, sur plusieurs décennies (même si le centre de l'histoire se déroule sur quelques mois, les flash-back nous emmènent bien avant hier). Un texte qui dit aussi l'importance des rites et rituels pour prolonger le passé, ne pas l'oublier, lui donner encore vie... quelque temps.

Magnifique ! Profondément humain, sensible et intelligent... Très bien mené.

(Prix Médicis 2006)

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 14 Février 2022

Nouvelles - Edition Audiolib - 5h12 d'écoute - 19.80 €

Parution Belfond et Audiolib en 2014 

Le sujet : L'amour et la solitude, la possibilité de changer de vie, le hasard des rencontres, les choix qui s'offrent à nous, l'art de la fuite... et les femmes. Douglas Kennedy explore encore plus avant ses obsessions pour nous livrer une variation en douze mouvements.

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL audio / Bib de Rennes

 

 

Mon humble avis : Bon, je ne vais pas y aller par quatre chemins, je n'ai pas aimé du tout cette lecture (peu importe qu'elle fut audio ou pas)... Je n'y ai trouvé aucun intérêt.

OK, j'avoue ne pas être fan des histoires d'amour... Mais étant donné le titre, j'attendais de la douceur, de la beauté, de l'originalité, et pourquoi pas un peu de passion poétique...
Rien de tout cela... Que des histoires de couples à bout de souffles ou de relations plus ou moins extraconjugales toxiques où je ne peux concevoir qu'elles soient entretenues par le protagoniste victime consentante et plutôt clairvoyante dans le texte.

Les personnages sont tous très très stéréotypés... Ils ont tous "leur single mat" préféré, vont tous à l'opéra (ben oui, le ciné ou la petite pièce de théâtre de boulevard seraient sans doute trop communs), prennent tous l'avion Paris New York Londres , dinent tous dans de très très beaux restaurants (Le Crillon entre autres), et fréquentent tous ou presque (en extraconjugal ou en deuxième noce) des sopranos mondialement connues, et enfin travaillent tous haut placé dans la finance ou le juridique... Ou alors, ils sont écrivains en devenir, en panne sèche, ou en manque de reconnaissance. J'exagère à peine ! Bref, si vous cherchez dans ce livre Monsieur et Madame Toutlemonde, c'est peine perdue.

Si l'on en croit ces textes, tous les hommes finissent par regretter leur mariage (mais bon y'a les enfants tout de même), ils sont tous tombés sur ma mauvaise femme, qu'ils quittent tous pour vivre libre et se jetant immédiatement dans d'autres bras tout aussi contraignants ! Mise à part la dernière histoire, il semble n'y avoir aucune moralité là-dedans, mais des clichés américains et des poncifs français à la pelle. Bref, aucun murmure dans ces pages et beaucoup de répétitions dans ces destinées assez consternantes. Donc bref, on passe, on évite et on oublie vite !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 10 Février 2022

roman, le tatoueur d'Auschwitz, Heather Harris,  avis, chronique, blog

Roman - Editions  J'ai Lu - 319 pages - 7.90 €

Parution City Editions en 2018, J'ai Lu en janv 2021 

L'histoire : 1942... Lale, juif slovaque, se retrouve prisonnier de l'enfer à Auschhwitz. Il découvre les codes et le fonctionnement du camp dans une seule optique : en sortir vivant. Peu de temps après, il est recruté par les SS pour devenir le tatoueur d'Auschwitz. Ce travail offre un Lale un statut privilégié : une chambre seule... et une relative protection : son sort dépend de Berlin. La plupart des nouveaux détenus d'Auschwitz et Birkenau passent devant lui et lui tendent le bras...  Un jour, c'est le bras de Gita, une jeune juive slovaque, que Lale tatoue. Et contrairement à l'habitude, il lève les yeux et croise son regard. Pendant près de trois ans, leur amour sera fait d'instants volés, de petits gestes, de promesses d'une autre vie, celle de la liberté, un jour.

Tentation : Le marketing : bon placement dans la librairie, bandeau, 4ème de couv'...

Fournisseur : Ma CB

Mon humble avis : Ce roman est inspiré d'une histoire vécue. Celle de Lale, que l'auteure néo-zélandaise Heather Harris a rencontré durant trois années pour recueillir son témoignage, dans l'idée d'un écrire un scénario, qui est finalement devenu roman.

L'histoire est "belle", prenante, et bouleversante pour ce qu'elle représente, le lieu et le contexte dans lesquelles elle se déroule. On ne peut bien sûr pas rester insensible au terrible sort des prisonniers d'Auschwitz.

Mais j'ai ressenti comme un malaise, un décalage tout au long de ma lecture. Certes, certaines horreurs des camps sont bien présentes et partiellement narrées, mais j'ai eu la sensation de lire une version édulcorée d'Auschwitz et Birkenau, comme si la romancière voulait épargner ses lecteurs. Or, quand on se dirige vers ce genre de titre, on ne demande pas cela, nous qui avons la chance de ne pas l'avoir vécu. On veut l'Histoire, la vraie, pour apprendre, se souvenir, comprendre, ne pas oublier. Certes, pour cela, il vaudrait mieux choisir des témoignages, mais en lisant la 4ème de couv', je me disais que ce titre serait un juste mélange d'Histoire et de roman.

Certes, la façon dont Lale a traversé ces 3 années en camp de concentration est assez romanesque (la vie l'est parfois), et c'est avec intérêt que j'ai suivi les efforts qu'il déploie pour "alléger" la condition de tant de ses codétenus.  Certes, j'ai saisi son tiraillement... En effet, son travail (obligatoire) de tatoueur peut passer pour de la collaboration aux yeux des non avertis. Mais il y a tout le reste, toute l'énergie qu'il met pour récupérer une plaque de chocolat ou une portion alimentaire pour en faire don à d'autres.

Certes, dernier certes, la relation amoureuse qu'il vit avec Gita est très aussi romantique que le lieu le permet...

On a beau être dans une retranscription d'une histoire vraie, je n'y ai jamais vraiment cru... Peut-être parce que l'auteure semble avoir nié toutes ses émotions... En fait, le texte est quelque part assez froid. Il se lit facilement, tant l'écriture est à mes yeux assez pauvre, très académique... Un travail scolaire bien fait... Mais le pire est dans les dialogues entre nos deux amoureux... J'avais l'impression de lire du Barbara Cartland (que je n'ai d'ailleurs jamais lue !!!) ou du Harlequin soft... Peut-être ce ressenti est-il lié à la traduction, je n'en sais rien.

Mais Le tatoueur d'Auschwitz reste un bon témoignage de survivance, de résistance, de réflexe de survie. Et une belle histoire d'amour dans un lieu où ce dernier n'avait pas place.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 9 Février 2022

Cinéma, film, Une jeune fille qui va bien, de Sandrine Kiberlain, avis, chronique

Film de Sandrine Kiberlain

Avec Rebecca Marder, André Marcon, Anthony Bajon

 

Synopsis : Irène, jeune fille juive, vit l’élan de ses 19 ans à Paris, l’été 1942. Sa famille la regarde découvrir le monde, ses amitiés, son nouvel amour, sa passion du théâtre… Irène veut devenir actrice et ses journées s’enchaînent dans l’insouciance de sa jeunesse.

Mon humble avis : Appréciant beaucoup Sandrine Kiberlain l'actrice, j'étais curieuse de découvrir ce qu'elle avait à nous raconter en tant que réalisatrice et scénariste.

C'est un film sobre, élégant, raffiné qu'elle nous propose ici. Et très lumineux malgré le contexte ombrageux.

Une jeune fille qui va bien est un beau portrait de la jeunesse parisienne sous l'Occupation. La jeunesse filmée ici et celle qui ne vit que par ou pour le théâtre, en préparant le concours du conservatoire. Une jeunesse qui semble insouciante de ce qui se passe autour d'eux, près d'eux, chez eux. Une jeunesse qui prépare son avenir. Et que leur famille tente de protéger. Mais l'antisémitisme se déploie. Les juifs doivent donner à l'"Etat" leurs téléphones, leurs radios, leurs vélos... La mention Juive doit être apposée en rouge sur leur carte d'Identité. Puis vient le port de l'étoile jaune sur la veste.

Malgré cela, Irène ne démord pas... Elle est une jeune fille française avant d'être juive et nie la réalité. Et elle croque sa jeunesse à pleines dents, découvre l'amour, répète inlassablement ses scènes de théâtres. On retrouve bien l'esprit Kiberlain dans ce film : la légèreté d'apparence ne cache pas la gravité.

Le casting est impeccable et ne fait pas d'ombre au sujet. Tout est filmé avec justesse, et de manière intemporelle. Les images, les décors font dire que cette histoire pourrait être aussi n'importe où et n'importe quand.... dans un contexte similaire. Par exemple, on ne voit pas d'Allemand et l'horreur de la situation est réellement exprimée que par la dernière image. J'ai juste regretté quelques longueurs / lenteurs. J'ai beaucoup aimé le personnage de Marceline, la grand-mère d'Irène.

L'histoire d'Irène, c'est celle d'un destin brisé, un parmi des centaines de milliers durant cette période.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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