Publié le 17 Octobre 2009

Tout premier jour de juin, à St Malo. Je suis au festival des Etonnants Voyageurs. Entre deux projections de films ou conférences, me voici arpentant le salon du livre. Et, au détour d'une allée, j'aperçois Carole Martinez.. Son roman, Le coeur cousu, est un véritable succès de librairie. Il a déjà remporté 9 prix littéraires et est encensé sur la blogosphère.
Achat, dédicace, dialogue, obtention de la sacro sainte adresse e.mail sans laquelle je ne pourrais vous livrer cette interview que voici.

Bonjour Carole

Est-ce l'envie d'écrire qui vous a menée à raconter cette histoire où cette histoire qui vous a donné l'envie d'écrire ? 

CM : J’ai toujours écrit. Des poèmes, des nouvelles, des petits bouts de révolte, des tentatives d’extraction de peines, de peurs. Des éclats. La vie prend beaucoup de temps et l’écriture est toujours passée après. Un roman est envahissant, ample, long. Disons que cette histoire m’a menée au roman. Que sans elle, je n’aurai peut-être pas osé, malgré l’envie, me lancer dans quelque chose de plus vaste.

 


J'ai lu quelque part que l'histoire de Frasquita faisait partie de votre patrimoine familial ? Jusqu'à quel point ? Où commence et où s'arrête votre imagination ?

CM : J’ai été élevée dans une cuisine. Ma grand-mère, concierge à Paris, vivait dans sa loge, une pièce unique. Je me rappelle vaguement du lit, de la table, mais, dans mon souvenir, les fourneaux et les parfums de sa cuisine dominent. Elle concoctait des plats typiques du bassin méditerranéen et, au milieu de ses casseroles, elle guérissait des amis, des voisins à l’aide de prières en espagnol. Elle ne parlait jamais de magie, mais de prières. Et pour moi la cuisine, la magie, tout cela s’est mêlé. Elle employait les mêmes ingrédients, les mêmes ustensiles pour l’une et pour l’autre. J’ai baigné dans un monde où les vieilles recettes, les vieilles croyances avaient leur place. En vacances, en Espagne, je l’ai vue guérir des gens d’insolation : pour leur sortir le soleil de la tête, elle leur posait une assiette pleine d’eau sur la tête, disait les paroles rituelles en espagnol, retournait un verre dans l’assiette et toute l’eau montait en bouillant dans le verre. Je trouvais cela extraordinaire et j’essayais de faire la même chose avec ma poupée. Quand elle a eu le téléphone, on l’appelait pour lui demander de guérir les brûlures ou pour aider à la cicatrisation des plaies, et c’était très drôle qu’elle puisse faire cela à distance, comme si la magie pouvait s’adapter à cette époque nouvelle dans laquelle elle ne semblait pas avoir sa place, comme si elle circulait dans les fils électriques, utilisant le progrès. Car le plus important, c’était les mots, ces mots dits dans une langue que je ne comprenais pas et qui pour moi gagnait en force, en mystère. L’espagnol était à mes yeux la langue des secrets. Ma grand-tante, qui était cartomancienne et très persuasive, venait parfois déjeuner chez nous. J’ai donc grandi dans une ambiance très particulière, dans un monde où le merveilleux avait sa place, où la frontière entre les vivants et les morts n’était pas très nette. Le rêve de ma grand-mère a toujours été d’avoir le don de parler aux morts. D’après elle, c’était chose faisable, mais elle n’y parvenait pas. Dans sa cuisine, ils restaient silencieux et cela l’ennuyait. Je ne sais pas si je crois à la magie, je n’ai hérité ni des recettes, ni des prières, elles se sont perdues juste avant d’arriver jusqu’à moi, mais j’aime la poésie et le rêve qui s’accrochent à mes souvenirs d’enfance. J’aime cette beauté des petites choses, des petits gestes, des petites incantations que les femmes de ma famille se sont transmises durant des siècles. J’aime l’idée que les femmes ont inventé un monde du fond de leur cuisine, l’idée d’un contre-pouvoir, le pouvoir magique de la parole murmurée qui s’opposerait à la force physique des hommes. J’aime l’idée d’un espace infiniment poétique et sensuel recroquevillé dans le réduit que le masculin leur a laissé pendant des siècles : la cuisine.Frasquita Carasco, l’héroïne de mon roman, est mon aïeule, la légende familiale raconte qu’elle a fui son petit village d’Andalousie car son mari l’avait jouée au jeu et qu’elle refusait d’être ainsi traitée comme un objet. Dans la vraie vie Frasquita est partie sans payer la dette, elle s’est même échappée pour ne pas la payer. Cette histoire m’agaçait petite, je trouvais que cette femme était bien davantage une victime qu’une héroïne. Je la voulais plus grande, plus puissante, je cherchais comment la rendre maîtresse de son destin, je voulais qu’elle tire tous les fils, je la rêvais à la fois simple et démesurée. Ma famille vient d’Espagne, mais je ne connais pas vraiment ce pays. Je l’ai réinventé comme on se réinvente des racines à partir de récits, j’ai utilisé les souvenirs des autres. J’ai tenté de faire resurgir, par la magie de l’écriture cette fois, un pays des origines. Un monde perdu. Comme dans le récit de Soledad, il n’y a pas la frontière nette entre le réel et la fiction.

 

L’atmosphère semble être un personnage principal de coeur cousu. Elle est cependant très difficile à décrire. Comment la définiriez-vous ?
CM : Un paysage est une sorte de boîte à écho. En ce sens cette terre gavée de soleil assèche mes personnages, les réduit à des ombres, à quelques traits. Quant aux villageois, je voulais qu’ils ne soient qu’une masse qui hurle, qui grogne, qui craint. Une masse pleine d’yeux terrifiés comme dans certains tableaux de Goya. Quelques uns seulement devaient s’extraire de ce magma « bien pensant ».
Pour revenir au paysage, je pense que pour tenter de comprendre les espace dans lesquels nous vivons, nous leur imaginons un sens. L’imagination humaine est sans limites, nous façonnons les paysages en leur inventant des raisons d’être, des noms, autant que ces paysages nous façonnent en nous inspirant des histoires, des rêves, des modes de vie. En ce sens le décor et les êtres qui s’y meuvent dialoguent et participent de la même matière. Peut-être est-ce de cela dont vous parlez quand vous employez le mot « atmosphère ». De cette chaleur, de cette terre et des gens qui y vivent, qui y trouvent une raison de rester ou de partir.

   

 

Pour quel personnage avez- vous le plus d'affection ? Selon vous, laquelle de ces femmes a le destin le plus tragique ? 

CM : Je tiens à toute la famille Carasco. J’aime les sagettes et Lucia. Je ressens même beaucoup de tendresse pour le père. Non vraiment, je ne peux pas répondre à cette question. Mais Pedro el rojo et Lucia la catin restent tout deux en suspens. Je reviendrai peut-être sur ces deux-là, qui n’ont sans doute pas encore vécu tout ce qu’ils avaient à vivre. Lucia devait réapparaître, je ne lui ai pas trouvé sa place et Pédro aurait du mourir, il m’a échappé in extremis en tuant son père. Une surprise. Il a changé son destin, mais je l’ai abandonné comme s’il en était mort.

 


Vous souvenez vous de l'état d'esprit qui était le vôtre lorsque vous avez écrit les premiers mots de "Coeur Cousu ?

CM : Les premiers mots du roman sont les seuls que j’ai déplacés. J’ai arraché la première page, celle qui était censée tenir tout le projet, celle qui avait ouvert mon désir du livre et l’avait longtemps porté, je l’ai arrachée à contre cœur juste avant  de déposer les deux premières parties à l’accueil des éditions Gallimard. Mais je ne me souviens pas vraiment du moment où j’ai écrit ces premiers mots, c’étaient il y a plus de treize ans. On laisse des phrases dans un trou et elles poussent, elles enflent en notre absence. En les relisant, il arrive qu’on leur trouve une force qui nous avait échappée au moment de l’écriture. 

 

Par quel biais avez vous réussi à publier votre premier roman chez un éditeur majeur ? Vous souvenez vous de votre réaction lorsque vous avez appris votre prochaine publication ? Et lorsque vous avez tenu pour la première fois votre livre broché ? 

CM : J’ai déposé les deux premières parties de mon roman à l’accueil chez Gallimard avec une petite lettre expliquant pourquoi le manuscrit était inachevé. Mon congé parental prenait fin et je me sentais incapable d’enseigner et d’écrire à la fois. Mon mari, persuadé que je ne finirais jamais mon livre, m’avait obligé à remettre mon travail à une maison d’édition au moins, n’importe laquelle. Il m’avait permis de m’arrêter de travailler durant un an pour que je mène mon projet à bout. J’en parlais depuis si longtemps et il me semble qu’il en rêvait plus que moi encore. Il m’a toujours imaginée écrivain.  Donc j’ai déposé mon paquet mi juillet, sans l’adresser à quelqu’un en particulier, j’ignorais qu’il y avait plusieurs directeurs éditoriaux. Début septembre, un certain Jean-Marie Laclavetine me rappelait sur mon portable. Je lui ai demandé d’épeler son nom, il ne s’en ai pas offusqué. Pourtant en regardant sur internet, j’ai eu honte de mon ignorance, il avait déjà écrit tant de romans. J’ai mis sept mois à terminer mon texte. Ensuite, il est passé devant  le comité de lecture. Jean-Marie Laclavetine m’a rappelée pour m’apprendre la bonne nouvelle. J’ai attendu de recevoir mon contrat, terrifiée à l’idée qu’ils changent d’avis. Le contrat signé, je n’étais pas plus rassurée puisqu’ils avaient je crois douze mois pour sortir mon livre. Je me disais : « ils ne le feront pas ». Il est paru onze mois après.

 

 

Votre roman a remporté immédiatement un vif succès : nombreux prix littéraires et reconnaissance unanime des lecteurs. Savez vous combien d'exemplaires se sont vendus ? Cela ne donne -t-il pas un peu le  vertige ?

CM : Entre le poche et le grand format, je dois en être à plus de 150 000 exemplaires vendus. Pour un livre sorti à 3000 exemplaires, c’est incroyable.  Mais non, cela ne donne pas le vertige, on ne remarque rien. Cela reste très discret, presque irréel. Je n’ai encore jamais vu quelqu’un lire le Cœur cousu dans le métro.



Dotée comme vous l'êtes d'un tel lyrisme, d'une telle élégance et d'une telle minutie dans l'écriture , pourquoi avoir attendu si longtemps pour écrire un roman ? D'ailleurs, Coeur Cousu est il vraiment votre premier roman où y a t-il d'autres livres ou bouts d'histoire cachés dans un tiroir ?

CM : Avoir de l’imagination peut être très angoissant. J’en souffre assez pour savoir que j’en ai . Le style, c’est autre chose. Je ne me sens pas sûre de moi , je doute énormément et j’ai toujours douté. Peur de desservir mes personnages, mes histoires. Peur de ne pas être à la hauteur de mon rêve. Peur de l’échec. Autant de raisons de ne jamais finir le texte entamé. Et puis il y a la vie, les amis, les enfants, l’amour.  L’écriture n’est pas tout. J’avais écrit un livre pour la jeunesse dix ans plus tôt. Roman envoyé par la poste et publié chez Pocket. A part cela, je n’ai dans mes tiroirs que des poèmes, des nouvelles, des contes écrits pour ou avec mes enfants.

 


Je suppose que vous êtes de nouveau au travail pour nous offrir bientôt un deuxième magnifique roman. Son sujet est il classé top secret ou peu on avoir un tout petit avant goût ??? Si le succès était toujours au rendez vous, ce pourrait il que l'écriture devienne votre principale occupation ?

CM : J’ai gagné une sorte de seconde jeunesse et une petite justification en écrivant. Ce roman a été une clé, il m’a ouvert des lieux, un milieu qui me semblaient inaccessibles, des lecteurs se sont confiés. Les possibles se sont multipliés. Cette sensation d’entamer une autre vie à quarante ans passés est extraordinaire. J’avoue que j’aimerais que tout cela dure, que les histoires me sortent du corps, que les livres jaillissent. En fait,  les choses ne viennent pas si vite, si facilement. Créer un personnage, lever un univers romanesque prend du temps.

J’aime énormément enseigner, mais je m’amuse encore davantage en bâtissant un village, un château, un être à l’aide de quelques mots. Une feuille, un crayon et du temps.  J’espère donc pouvoir continuer à écrire, moi qui ne parviens pas à faire deux choses à la fois.

Quant au prochain roman, j’y suis plongée. Un univers de forêt, de vieilles pierres et d’ombres humides. Une histoire d’amour et de jalousie. Un travail sur la force de l’imaginaire, sur l’invention de la personne avec laquelle on vit. Sur le mystère que reste l’autre même quand il dort dans notre lit, sur la part qui nous échappe, sur les blancs où tout est à broder.



Enfin, question incontournable sur ce blog, quelle lectrice êtes vous ? Quels sont vos 3 derniers coups de coeur littéraires ?

CM :Je lis très lentement et par crises. Mes derniers coups de cœur ?

Ma grande découverte de cet été, c’est « La légende de Gösta Berling » de Selma Lagerlof que je n’avais jamais lue.

« Avec les moines-soldats » de Lutz Bassmann (un pseudo de Volodine)

«  L’attente du soir « de Tatiana Arfel , un magnifique premier roman.

« A l’angle du renard » de Fabienne Juhel

« Mangez-moi si vous voulez » de Jean Teulé

« Paradis noir » de Pierre Jourde

Et dans la rentrée de septembre :

« La double vie d’Anna Song » de Minh Tran Huy

«  Ce que je sais de Véra Candida » De Véronique Ovaldé

Mais je suis passée à côté de beaucoup de romans, il va falloir que je me rattrape. Et j’en oublie sûrement.



                                                  merci 23 
                                  Je vous dis merci avec ce coeur cousu qui semble cousu !

   

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Interviews exclusives !

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Publié le 15 Octobre 2009

WOHOOOHO ! WOHOOOHO ! Mardi soir, pour moi, c'était l'Aventurier, les Tzars, J'ai demandé à la lune, little doll, des fleurs pour Salinger, Drugstar, Alice et June. Bref, c'était le concert d'Indochine à Rennes du Météor Tour !

Une salle pleine à craquer, une ambiance du tonnerre, des tubes, des nouveautés, de magnifiques images (parfois appocalyptiques) sur des écrans géants, des effets de lumières dignes d'un feu d'artifice d'un quatorze juillet. Une musique et des mélodies qui pulsent, qui rockent, qui dégagent, qui envoie. Dieu que c'est bon tout cela. Deux heures trente de véritable exutoire qui devraient être remboursées par la sécu : on peut crier, hurler, chanter (faux ou en accord), danser, sauter, taper des mains, taper des pieds. Tout oublier, sauf que cela fait plus de 20 ans que l'on suit Indochine qui n'a pas pris une ride. Les indo, c'est le groupe de rock d'hier, d'aujourd'hui et de demain ! Quelle belle revanche de la part d'un groupe qui provoquait des ricannements il y a quelques années et que certaines personnes disaient mort. Pffff, n'importe quoi ! J'ai toujours cru en ce groupe, je lui suis toujours restée fidèle et je ne le regrette pas car mardi, j'ai encore passé une soirée extraordinaire. Et puis, petit rappel, Indochine remplira la stade de France en juin prochain.
Ce que j'adore dans un concert, c'est entendre la salle entière chanter à l'unisson les paroles d'une chanson connue par coeur. Cela me bouleverse toujours car en plus, il s'agit en général de chansons particulièrement touchantes ou mythiques. Et puis, et puis, celles et ceux qui fréquentent ce blog depuis un moment le savent, j'ai l'impression de devoir beaucoup à Indochine, au delà de superbes émotions musicales.  J'avais dis tout cela dans
ce billet.

Toutes les dates de la tournée d'Indochine se trouvent ici
Alors, pour mon plaisir et le votre j'espère, voici quelques extraits de ce que peuvent donner Indochine en concert. Vous allez voir, cela déménage.

J'ai demandé à la lune (vidéo très amateur...)


Alice et June

 

 3 nuits par semaine



Black page

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Spectacles concerts théâtre salons

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Publié le 14 Octobre 2009

Dernière toile de ma série de 5 peintures représentant des bouts de femmes ! Pas d'incrustation cette fois ci.
Les prochains billet "peintures" vous emmèneront dorénavant sous d'autres latitudes !


                                                                          


                                                                               

                                                                                   

                                                                                                     
                                                                                                   


                                                                                                         

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Mes couleurs du monde

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Publié le 13 Octobre 2009

Un peu de vie dans ce monde minéral....






























HOGGAR ALGERIEN ET TOUAREG

Nombre de touareg ont échangé le dromadaire contre le 4X4 pour devenir guides touristiques. Il reste des pros du désert et il émane d'eux quelque chose qui nous échappe, une grandeur d'âme et une résistance à toute épreuve sans doute. Les hommes bleus ne sont plus forcément bleus mais ils demeurent les gardiens du désert et de traditions millénaires...


























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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyages en Afrique

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Publié le 12 Octobre 2009

Synopsis : Moscou, au début des années 80, en pleine Guerre Froide.
Sergueï Grigoriev, colonel du KGB déçu du régime de son pays, décide de faire tomber le système. Il prend contact avec un jeune ingénieur français en poste à Moscou, Pierre Froment. Les informations extrêmement confidentielles qu'il lui remet ne tardent pas à intéresser les services secrets occidentaux.
Mitterrand lui-même est alerté et décide d'informer le président Reagan : un gigantesque réseau d'espionnage permet aux Soviétiques de tout connaître des recherches scientifiques, industrielles et militaires à l'Ouest ! Les deux hommes d'Etat décident d'exploiter ces données ultra sensibles transmises par une mystérieuse source moscovite que les Français ont baptisée : " Farewell ".
Homme sans histoires, Pierre Froment se retrouve alors précipité au coeur de l'une des affaires d'espionnage les plus stupéfiantes du XXème siècle. Une affaire qui le dépasse et qui menace bientôt sa vie et celle de sa famille...


Thriller espionnage avec Guillaume Canet, Emir Kusturica, Philippe Magnan, Willem Dafoe...

                                          

Mon humble avis :Ce film relate donc l'une des plus grandes affaires d'espionnage du XXème siècle, histoire qui contribua à affaiblir terriblement le bloc soviétique et donc à mettre fin à la guerre froide. Dans ce film, il y a du pour et du contre !

Commençons par le pour : La reconstitution du climat tendu de la guerre froide est parfaite, tout comme celle de l'austérité et de la suspicion russes de l'époque. La crainte des dissidents politiques est palpable. De même, la cruauté et le cynisme des services secrets, qu'il s'agisse du KGB ou de la CIA nous glacent le sang. Une chose est certaine : il ne faut faire confiance à personne. Comme dans tout thriller psychologique, l'intrigue tient le spectateur en haleine. On tremble pour nos héros. D'ailleurs, une scène donne les 3 minutes les plus longues du cinéma : vont -ils réussir à passer la frontière ou non ??? Enfin, les acteurs servent parfaitement ce film, avec une mention spéciale pour le très charismatique et énigmatique Emir Kusturica. Guillaume Canet, quant à lui, est fidèle à lui même dans un style de rôle (trop ?) récurrent pour lui.

Passons au contre : Le pitch annonce une histoire d'espionnage stupéfiante aux conséquences terribles pour le bloc de l'est. Et bien je n'ai pas tellement ressenti cette notion de "stupéfiante" justement. Peut -être à cause de trop nombreux racourcis ou de l'ambiance nébuleuse souvent entretenue dans les films d'espionnage aux histoires un peu compliquées. A moins que ce ne soit en raison de l'absence quasi totale de la dimension technique et pratique du renseignement. Alors flotte l'impression qu'il serait presque facile d'être un espion d'une telle envergure ! Oui, la simplicité que semble avoir Kusturica à acceder aux documents d'une telle importance et à "les faire sortir" est plutôt déconcertante. Mais c'est sans doute le choix du film, qui à force de se concentrer sur la psychologie des personnages, en oublie l'explication pratique et l'action.


 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 10 Octobre 2009

Roman - Albin Michel - 131 pages - 15 €

Rentrée littéraire 2009

Résumé : « Il n’y a pas d’échec amoureux. »Amélie Nothomb
Amélie poursuit avec humour et auto-dérision l’inventaire des personnages « extraordinaires » qui hantent ses romans.






                                                                   
                                      

Mon humble avis : Un homme est dans un aéroport. Il s'apprête à monter dans un avion qu'il prévoit de détourner et de mener au crash. Quelle tragédie amoureuse lui a inspiré un tel acte ? C'est par écrit qu'il se confesse...
Dès les premières pages, il n'y a pas de doute, nous y sommes. Où ça ? Mais dans un roman d'Amélie Nothomb pardi ! Oui, tout y est... L'univers clos et décalé de quelques personnages. L'absurde qui devient possible. L'humour qui s'entremêle avec le cynisme et la cruauté. Les mots si insolites qu'ils vous font utiliser avec jouissance votre dictionnaire. Des prénoms improbables qui nous étonnent et nous amusent toujours - ici Zoïle et Astrolabe, mais où va-t-elle chercher tout cela ??- Et bien sûr, une bonne dose d'autodérision - Nothomb ne se moque-t'elle pas des ces éditeurs qui placardent la photo des auteurs en pleine couverture ?!!! Enfin, il n'y a que notre auteur belge préférée pour oser user d'une "madame pipi d'aéroport" comme d'un argument.
Une fois de plus, Amélie Nothomb nous captive par l'atypie de son histoire et l'anormalité de ses personnages qui ne connaissent pas de limite dans l'excentricité. Le génie de l'auteur est là : d'un personnage banal éprouvant un sentiment commun, elle fait du fantaisiste et de l'extraordinaire, au sens littéral du terme. Et, c'est en exagérant les travers de ces personnages qu'Amélie Nothomb dresse à nouveau un portrait pragmatique du genre humain et de son immoralité. Voilà pour le fond...
Pour la forme, je dirais que l'écriture est, comme d'habitude, ciselée. Le style est clair et  efficace. Amélie Nothomb va droit au but et ne nous encombre pas de détails inutiles dans le seul objectif d'écrire un pavé pour coller à l'époque. Ses livres ne sont jamais épais. Mais celui ci aurait gagné en qualité avec quelques pages supplémentaires. Certaines réflexions auraient mérité plus de développement. Et, une fois de plus, j'ai trouvé la fin un peu expédiée... Amélie, pour être complètement à ma cause acquise - vous n'en êtes pas loin d'ailleurs- s'il vous plaît, soigner un brin plus vos chutes !
Vous l'aurez compris, j'ai bien aimé ce livre, j'y ai trouvé mes repères... et ce que je cherchais, ni plus, ni moins.

Morceaux choisis :

" A quinze ans, il y a une ardeur de l'intelligence qu'il importe d'attraper : comme certaines comètes, elle ne repassera plus".

"On en veut jamais autant aux gens que quand ils n'y sont pour rien".

"On est vraiment indulgent que quand on est amoureux fou ; dès qu'on aime moins, la vacherie naturelle reprend le dessus".


Je remercie 
 de m'avoir permis de découvrir Le Nothomb de l'année en temps réel, et non un an et demi après dans son format poche !

 Les avis de :
 Bibliza (pas aimé) , de Cuné  (a aimé), d'Albertine (mitigé)


Ce blog a décidé de s'associer à un projet ambitieux : chroniquer l'ensemble des 659 livres de la rentrée littéraire ! 
Vous retrouverez donc aussi cette chronique sur le site Chroniques de la rentrée littéraire qui regroupe l'ensemble des chroniques réalisées dans le cadre de l'opération. Pour en savoir plus c'est ici.



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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 9 Octobre 2009

Un nouveau tag de la blogosphère a pris sa source chez A Girl From Earth qui m'a donc tagguée. Je vais mettre tout mon coeur pour répondre à ce tag difficile, mais ne garantis pas forcément de trouver une réponse appropriée à chaque question.
Bien entendu, ce tag parle de livre. Allez zou, c'est parti !


                                                                   


1. A quel livre dois-tu ton premier souvenir de lecture?
Oui Oui part en voyage bien sûr ! Aujourd'hui, c'est jamais sans mon livre et je suis agent de voyage. Livre prémonitoire donc !
 
2. Quel est le chef-d'oeuvre "officiel" qui te gonfle?
Le père Goriot de Balzac, un véritable traumatisme !

3. Quel classique absolu n'as-tu jamais lu?
Il sont hélas très nombreux mais je dirais... Les misérables de Victor Hugo.

4. Quel est le livre, unanimement jugé mauvais, que tu as "honte" d'aimer?
Il sont aussi nombreux. Mais même pas peur. Je vais dire des livres de Paul Loup Sulitzer, de Musso ou de Marc Levy.

5. Quel est le livre que tu as le sentiment d'être la seule à aimer?

Les livres d'Amélie Nothomb en général

6. Quel livre aimerais-tu faire découvrir au monde entier ?

Si je dois l'emmener dans le monde entier, mieux vaux qu'il ne pèse pas trop lourd alors... Quand je regarde la liste de mes livres lu récemment, celui qui me vient à l'esprit est "Les demeurées", de Jeanne Benameur

7. Quel livre ferais-tu lire à ton pire ennemi pour le torturer?

Dix heure du soir en été de Marguerite Duras

8. Quel livre pourrais-tu lire et relire?

Il y en a beaucoup que j'aimerai relire, ce que je n'ai encore jamais fait de ma vie à une exception près. Mais j'aimerais et compte relire "relativement prochainement" les Maupassant, les Barjavel, les Vian, JD Salinger etc...

9. Quel livre faut-il lire pour y découvrir un aspect essentiel de ta personnalité?

J'ai une personnalité bien trop complexe pour être enfermée dans une seul bouquin  !!!
Pour me connaître, il faudrait lire un bon classique, un bon thriller, un roman ou un récit de voyage ou d'aventure et un excellent roman contemporain !


10. Quel livre t'a fait verser tes plus grosses larmes?

Je crains d'être insensible... je ne me souviens pas avoir déjà pleuré en lisant. Etre émue, bouleversée, captivée, fascinée oui bien sûr mais des larmes non. Il faudrait plutôt chercher du côté des films pour me voir pleurer.

11. Quel livre t'a procuré ta plus forte émotion érotique?

A mes dépens et à l'insu de mon plein gré : A moi pour toujours de Laura Kaschichke. Un livre du PDL poche, livre indgeste et vulgaire et finalement, plus irritant qu'érotique !

12. Quel livre emporterais-tu sur une île déserte?

Le dictionnaire, puisque je n'aurais que ça à faire que d'enrichir mon vocabulaire !

13. De quel livre attends-tu la parution avec la plus grande impatience?

Chaque année, j'attends la sortie poche du Nothomb de l'année d'avant. Sauf que en 2011, je n'aurais pas à attendre puisque Ulike vient de m'envoyer "Le voyage d'hiver".

14. Quel est selon toi le film adapté d'un livre le plus réussi?

Et bien pourquoi pas celui que j'ai vu hier : "Le petit nicolas" !


Bon finallement, il semble que je ne m'en sois pas trop mal sortie. Redonnons la patate pendant qu'elle est chaude... Je déclare officiellement et par ce présent billet tagguer :  Théoma et Edelwe

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Quizz - tags et vrac !

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Publié le 8 Octobre 2009

Nicolas Ancion est un auteur fidèle à ce blog. C'est le premier auteur l'avoir visité et à y être intervenu... C'est plus vite que l'éclair qu'il a accepté une deuxième interview et qu'il y a répondu.

L'auteur a écrit l'un des 670 livres et quelques parus pour cette rentrée littéraire 2009. Son roman s'intitule "L'homme qui valait 35 milliards" et est chroniqué
ICI.

Dans cette histoire, deux kidnappeurs enlève la 4ème fortune mondial. Pour des raisons données au fil des pages, ils demandent à leur otage d'estimer sa propre valeur.

Nous partons donc pour une interview "la valeur des choses".


  Quelle valeur ce roman ci a-t-il a tes yeux par rapports aux autres de tes oeuvres ?
NA : Le petit dernier, c'est toujours celui auquel on tient le plus car  on  ne sait pas ce qu'il va devenir. Les autres livres, je les connais déjà bien, je sais ce que les lecteurs en pensent, ce qu'ils apprécient ou pas. Du moins, je crois le savoir (chaque lectrice et chaque lecteur a sa propre opinion, bien entendu). Ce livre-ci est beaucoup plus risqué que d'autres que j'ai écrits parce qu'il est en prise directe avec l'actualité. C'est une fiction, un vrai roman, mais avec de gros bouts de réalité dedans : la crise économique, la crise financière, la misère, la télévision et surtout Lakshmi Mittal, le patron du groupe ArcelorMittal, que tu as cité en ouverture.

Quelle est la valeur d'un gros billet de banque ?
NA : valeur faciale, je ne sais pas. Mais s'il dépasse de mon portefeuille ou que je dois le plier en deux pour l'y faire entrer, c'est mauvais signe. Les billets de plus de 50 EUR, je ne les vois jamais.

Si le bonheur était à vendre, quelle serait sa valeur ?
NA : Le bonheur n'a pas de prix. S'il était à vendre, ce serait à un prix si bas que tout le monde se rendrait à l'évidence, il est à la portée de chacun, à partir du moment où on arrête de courir après les sous.

Est-ce que toute chose possède forcément une valeur ?
NA : Oui, si on entend par valeur non pas le prix mais l'importance qu'une chose revêt aux yeux de quelqu'un. Un bout d'asphalte mal égalisé par le rouleau-compresseur peut intéresser le promeneur, qui va s'y intéresser, poser le regard dessus et, tout d'un coup, prendre conscience du travail que ça demande d'égaliser une route sur des kilomètres. Un graphiste peut passer par là, prendre le coin de route en photo et s'en servir comme image de fond pour une pub, une illu de livres pour ados... 

Quelle valeur donnes tu au travail ?
NA : Je pense qu'il y a en chacun une aspiration à construire des choses, à créer, à bâtir bien plus qu'à consommer. L'oisiveté et la consommation ne donnent satisfaction à personne. Le bonheur, ce n'est pas ne rien foutre, c'est faire ce qu'on aime avec les gens qu'on aime. Le travail pourrait épanouir les gens mais c'est trop rarement le cas car on y ajoute souvent d'autres notions (comme la rentabilité et l'efficacité...) et beaucoup plus rarement d'autres (comme l'épanouissement ou l'équilibre). Je suis très heureux du travail que j'accomplis chaque jour, je l'ai choisi et je le fais par passion mais j'ai l'impression que nous ne sommes pas nombreux dans le cas. Beaucoup de gens sont rendus malade par un travail qui les ronge moralement et physiquement. Ils donnent trop et ne reçoivent pas grand chose en échange.
 
Quel est la valeur du succès ?
Le succès est une chose formidable, quand il est mérité, c'est-à-dire quand il permet de faire connaître à un public toujours plus large des oeuvres intéressantes. Mais ce n'est pas le succès qui donne de la valeur aux choses : quand je vois quels sont les livres qui se vendent le plus, quels sont les films qui font le plus d'entrées et quelles émissions sont les plus regardées, j'ai du mal à croire que le succès repose sur des critères de qualité ;-) 

"La valeur n'attend pas le nombre des années"... Que penses tu de ce dicton ?
NA : Le début de la phrase c'est "Aux âmes bien nées" et là je ne suis pas d'accord. Ce n'est pas la naissance qui donne la valeur aux gens, c'est leur rage de vivre, de se dépasser et d'aller toujours plus loin. Ma citation préférée est de Tristan Tzara : "On ne mordra jamais assez dans son propre cerveau".

Quelle est la valeur d'un Homme ?
NA : De nos jours, rien du tout, dans l'absolu. La valeur des 3000 morts dans les tours du World Trade Center est bien plus élevée que les millions de gens qui crèvent de faim et de misère dans les pays du tiers-monde. La vie humaine n'est pas une valeur sacrée, en soi. Un chanteur de variété se fait opérer du colon comme des millions de ses congénères, cela fait l'objet de titres au journal télévisé alors qu'au même moment on remballe aux frontières de l'Europe des centaines de types qui essaient de venir chez nous, en les repoussant à la mer ou en les abandonnant sans eau dans le désert. On ne les exécute pas, on les envoie se faire tuer par la nature. Si Johnny essayait d'entrer en Europe à Ceuta ou à Chypre, on ne lui demanderait pas de chanter un morceau avant de lui tirer dessus à balle de caoutchouc ou de le renvoyer à la flotte. Les humains ne sont pas égaux devant la vie et devant la mort. Après, oui. Une fois qu'on est dans la tombe, on est moins sujet aux inégalités, je pense.

Quelle est la valeur du rire d'un enfant ?
NA : Je pense que les sourires et les rires sont universels, eux. Un vrai fou rire est contagieux et fait du bien à tout le corps. Un enfant heureux, ça déteint forcément sur les adultes qui le voient et ça, c'est merveilleux, ça permet de garder confiance dans l'être humain. Tant qu'on peut être ému, tant qu'on est capable de rire avec d'autres, c'est qu'on n'a pas perdu toute humanité. 

Que penses tu de la citation de Ali Ibn Abu Talib " est perdu celui qui ne connaît pas sa juste valeur" ?
NA : Cette citation me parle parce que je pense qu'il est impossible justement de deviner ce qu'on vaut vraiment. On ne vaut pas grand chose, on est remplaçable pour la plupart des choses qu'on fait, on n'a pas grande valeur ; on est donc perdu d'avance. C'est justement pour ça qu'il y a de bonnes raisons de tenter de se battre et de s'en sortir. D'inventer sa propre voie. Si c'était gagné d'avance, il n'y aurait pas de combat et donc pas d'histoire à inventer... puis à raconter.


                                                    

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Interviews exclusives !

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Publié le 7 Octobre 2009

Thriller - Folio Gallimard Policier - 400 pages -  6.50 €

Résumé : Paddy O'Flaherty et Pickwick-Pickwick Kadigbaku sont deux gardiens de la Barrière anti-dingos, dans le Grand Never-Never Land du Nord australien. L'un est un Blanc désenchanté, l'autre un énigmatique Aborigène et lorsqu'ils découvrent qu'un quintuple meurtre a été commis dans leur secteur, qu'on les en accuse et qu'ils ont contre eux la police du coin, une tribu en proie à toutes les tentations et un glacial gros propriétaire terrien, les deux hommes ne savent plus à quel kangourou se vouer. D'autant qu'une mystérieuse et ravissante routarde européenne se jette dans leurs bottes, que le désert ardent et ses phénomènes météorologiques s'en mêlent, que les gros camions s'envoient en l'air et qu'une créature échappée des pires cauchemars abos semble mener la danse au pays du Jamais-Jamais.

Mais Paddy et Pickwick-Pickwick sont de rudes gars du bush et compagnie minière ou tribu belliqueuse n'ont qu'à bien se tenir face à leur virile complicité.

Située dans le Queensland, près de Cloncurry, cette histoire du bout du monde où l'on pourrait se croire dans un Crocodile Dundee rigolard est le dix-huitième roman d'A.D.G. chez Gallimard. 


                                             

Mon humble avis : Normalement, quand on pénètre dans un thriller, on s'attend à trembler de peur... Et bien ce thriller qui n'en n'est pas un m'a plutôt fait trembler de rage. Dans la série, j'avais eu il y a peu, avec Agatha Christie, un polar sans crime. Me voici avec un quintuple meutre sans réelle enquête. Et surtout, même pas peur !
Ici, nous suivons les péripéties de deux bushmen et d'une suissesse, tous les trois plus ou moins témoins de ce massacre. Au menu, des courses poursuites, les soliloques d'un personnage principal qui a toujours quelque chose à dire même si c'est pour ne rien dire justement. Et puis du vide, rien que du vide, comme dans l'outback australien (zone qui se situe entre le bush et le Grand Never Never). Et des détails, hou des détails à n'en plus finir. A être trop factuelle, l'histoire devient soporifique à souhait.  L'auteur dit un moment : " Tout c'est certainement passé en moins d'une minute, mais c'est de dire les choses qui les allongent, affirme les aborigènes". Et là, horreur ! Consternation ! On ne peut qu'enrager un peu plus ! Comment, mais l'auteur A.D.G* est conscient des longueurs mais semble ne pas se sentir du tout concerné. Quel dommage qu'il n'en ai pas profité pour corriger le tir et arrêter de tout commenter ! Et pourtant, ô surprise, aux deux tiers du livre, un rebondissement inattendu. Je me suis donc bien recalée dans mon canapé en me disant : "Ah les choses sérieuses commencent...enfin" ! Que nenni ! Toujours le même atermoiement, qui faute de gagner du temps, ajoute des pages à cette intrigue bien mince. Même le dénouement finale m'a laissée perplexe, dans une certaine nébuleuse.
Et le style me direz vous ? Aussi lourd qu'il ne se veut rigolard, surfant sur un humour tant incessant que navrant. Des phrases interminables, qui dépassent parfois la demie page m'ont mise dans un état fuligineux.
Bref, vous l'aurez compris, encore un livre rhabillé pour l'hiver ! A sa décharge tout de même, quelques passages intéressants sur la faune, la flore australienne et sur les aborigènes, leurs croyances, les politiques et lois qui les entourent. 
Si l'on veut une plongée brutale mais captivante dans l'outback australien, on choisira donc plutôt, et sans hésiter "Cul de Sac" de Douglas Kennedy !

* A.D.G : de son vrai nom Alain Fournier.


                                                    



L'avis d'AGFE qui a beaucoup aimé


DAL PAL : 86-7



                                                              

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #thrillers polars étrangers

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Publié le 5 Octobre 2009

Il y a longtemps, très longtemps, dans une autre vie... je fus soudain assez grande pour avoir un cartable et aller à l'école. Là, une institurice m'enseigna la lecture. En suivant les histoires de Daniel et Valérie, j'assimilai vite le mystère des lettres. La lecture fut le meilleur, le plus utile et le plus merveilleux de mes apprentissages scolaires. Dès lors, je pus m'évader dans les univers chaque fois renouvelé des livres que je lisais et que je lis toujours, plus de trente ans après. Et puis sans la maîtrise de la lecture, il eut été impossible d'apprendre autre chose...Comme ce fut dommage. Enfin, dans la vie de tout les jours, ma connaissance des lettres me donnent depuis chaque jours un peu plus d'autonomie, de liberté, d'information. Et oui, c'est à tout cela que sert la lecture !


Hélas, il est des petits enfants pour lesquels tout cela est plus compliqué. Soit que le système ne leur soit pas adapté, soit la méthode ne leur convient pas... En tous cas, ces enfants mettent plus de temps que les autres pour assimiler le mystère des lettres et des sons.

Et pour eux, Co-Edition Récréalire et Eveil & Découverte publient une nouvelle méthode d'apprentissage de la lecture. Celle-ci s'appelle "La planète des Alphas".

                                                                                                     

Cette méthode  ludique, créee par Mme Claude Huguenin et Olivier Dubois et reconnue par l'UNESCO, contient les dernières avancées de la recherche pédagogique. Une évaluation scientifique réalisée en laboratoire ont démontré l'efficacité de cette méthode.

Celle-ci, par une histoire contée (une CD) et visuelle (un livre d'image) utilise des personnages sympathiques pour représenter les lettres de l'alphabet et le son qui en découle (par exemple la Fusée pour le f qui fait fffff). Puis des jeux aident à la mémoire mnémotechnique.
Ainsi, sous une forme adapté  à l'imaginaire de l'enfant, "La planète des alphas" amène celui ci au "DECLIC LECTURE".

Le déclic lecture, c'est faire la découverte du principe alphabétique. "Et le principe alphabétique, c'est prendre conscience que les lettres de notre alphabet sont des symboles qui représentent des unités abstraites du langage oral, appelées phonèmes, ou son."

Bref, une telle définition indigeste prouve bien qu'il faut une méthode adaptée aux enfants. Et cette méthode existe ! Et la lecture devient un jeu, un plaisir !

La planète des alphas, de C.Huguenin et O.Dubois. Un livre de 63 pages, un CD : 19.90 €


D'autres infos sur cette méthode et l'association "Le droit de lire" ICI

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #A propos de...

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