Publié le 28 Novembre 2011

Roman - Editions Stocks - 191 pages - 17 €

 

 

Parution en Août 2011

 

 

RENTREE LITTERAIRE SEPT 2011

 

 

L'histoire : Gloucester, côte Est des États-Unis. En 2008, 17 gamines d'un même lycée tombent enceintes en même temps. Elles auraient passé un pacte. Stupeur dans la ville, excitation des médias....

 

 

 

Tentation : Le pitch, la curiosité

Fournisseur :Price Minister, lors du Match de la Rentrée. Merci pour l'envoi !

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

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Mon humble avis :Vanessa Schneider s'appuie sur un fait divers réel pour ce roman. Ensuite, a -t-elle recueilli elle même les témoignages des jeunes filles, s'est elle documentée pour un déduire certaines choses et "broder" cette histoire ? Je l'ignore. Mais en tout cas, cela sonne sacrément vrai et désespérant en même temps. 17 jeunes filles se sont accordées pour tomber enceintes en même temps, avec pour tout projet et à priori toute motivation que d'élever ces bébés ensembles, sans avoir réfléchi le moins du monde aux conséquences que l'on imagine. Devenir mère à 16 ans n'est plus vraiment dans l'ordre des choses à notre époque.

Le pacte des Vierges alterne le témoignage de 4 des 17 adolescentes tombées enceintes en même temps. Ces témoignages sont "brut de pomme" comme on dit,  les filles n'y vont pas par  quatre chemins... même si elles prétendent le contraire. Elles font preuve d'une naïveté, d'une immaturité incroyable. D'ailleurs, sous leurs grands airs, on découvre plus de fissures que celles qu'elles ignorent elles même, puis pensent cacher et enfin, commencent à avouer. Ces 4 filles, toutes plus écervelées les unes que les autres, pourraient ne mériter qu'une bonne paire de gifles si la situation n'était si grave. Car au fil du livre, on leur trouve des circonstances atténuantes qui les ont menées dans une solitude et un isolement social indélébile. Trois d'entre elles proviennent de milieux sociaux on ne peut plus défavorisés. Il y a Lana, la forte gueule limite garçon manqué qui peine à lever sa mère abreuvée d'antidépresseurs et de télé depuis le départ du père alcoolique. Il y a Cindy, qui après le foyer, vit chez sa tante. Son père est en prison et sa mère est partie sur la côte Ouest avec son nouvel amant, laissant là ces deux enfants de 12 et 8 ans. Il y a Kylie, ex minimiss, seule avec sa mère débordée qui rêve toujours de devenir une star... Enfin, Sue semble la plus encadrée des 4. Elle vit chez ses parents, qui sont très souvent à la paroisse, malgré une histoire louche non élucidée à propos de son père...

Le ton du livre est très factuel, et c'est sans doute voulu. D'ailleurs, je peine à lui octroyer le nom de roman... Témoignage, documentaire ou reportage conviendrait presque mieux. En effet, ne manquait que les images et le son pour que je m'imagine devant ma télévision à mirer une émission qui s'intitulerait : "grand reportage, ces enfants qui font des enfants," ou "enquête exclusive (l'affaire de Gloucester)" ou encore un mélange de Confessions intimes et Zones Interdites. Sauf que là, ce n'est pas drôle du tout. Il s'agit de gamines qui vont être mères sans réaliser une seconde dans quoi elles se sont engagées, qu'elles responsabilités les attendent. Et d'une génération future, directement concernée, qui se trouve bien mal partie...

Ce livre est il bien écrit, bien conçu ? Oui, puisqu'il se dévore et peut se lire presque d'une traite. Par contre, j'ai du mal à distinguer réellement le talent de l'auteur. C'est sans doute le risque lorsque la plume mime la parole de l'autre, que l'auteur n'intervient jamais. J'ai en effet l'impression que Vanessa Schneider a recopié scrupuleusement ce que son dictaphone a pu lui recracher après l'enregistrement des témoignages qui, par leur alternance, donnent un bon rythme à ce livre. Mais le talent de Vanessa Schneider est peut-être là : donner cette impression alors que sans doute, Le pacte des Vierges résulte d'un travail laborieux. En tout cas, il me laisse une sensation de lecture étrange. Oui, je l'ai dévoré, mais de loin, comme si un écran de télé laissait une distance entre ces jeunes filles et moi. Vraiment curieux...

Quand aux émotions... Et bien elles sont presque absentes des récits des jeunes filles qui jouent aux dures. Elles restent (ou paraissent rester) presque aussi distantes que nous de leur histoire. Alors, celles du lecteur deviennent de l'effroi devant autant d'irresponsabilités aux conséquences aussi graves. Malgré leurs grossesses, ces filles continuent à boire, à fumer, et pas que des cigarettes. Enfin, je regrette que l'enquête auprès de ces filles ne soit pas plus poussée. Le sens profond de leur motivation n'apparaît pas clairement alors que leurs mesquineries de cours de récrée sont plus poussées. Cela aurait peut-être développer mon empathie. A moins qu'il n'y ait juste pas de sens du tout. Monde, monde, triste monde, si on t'appelait Raymonde... Comme chante Maxime le Forestier.

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 26 Novembre 2011

Peut-être l'avez vous remarqué, le monde littéraire était en effervescence ces derniers mois. Ils pleuvaient des prix littéraires et sur la blogosphère, on se ruait sur les livres de la rentrée, tentant chacun de défendre sans aucun pouvoir notre auteur chouchou, notre livre coup de coeur ou notre découverte de la rentrée !

 

Bref, c'était la rentrée littéraire... qui se termine. Les prix majeurs ont tous été attribués ou presque et dorénavant, les livres qui sortiront ne seront plus considérés comme appartenant à ce phénomène de la rentrée.

 

Cette rentrée, (depuis mi août jusqu'à ces jours ci), ce sont environs 700 livres qui ont rejoint les étals des libraires. Certains sont hélas passé inaperçu, d'autres n'ont pas été appréciés à leur juste valeur. Beaucoup de postulant pour peu d'élus. Mais certains ont tiré le gros lot, un gros lot mérité, inattendu, espéré, logique, surprenant, déconcertant.... Chacun se fait son idée là dessus.

 

En tout cas, un rappel des grands prix est peut-être nécessaire....

 

 

LE PRIX GONCOURT va a Alexis Jenni, pour "L'art Français de la guerre", un premier roman

 

Je n'ai pas lu ce roman, mais ai assisté à une conférence passionnante de l'auteur. Vous trouverez mon billet récap ici

 

 

 

LE PRIX GONCOURT DES LYCEENS va à Carole Martinez, pour son 2ème roman : Du domaine des murmures

 

J'ai dévoré ce livre et en ai écrit ce billet. J'ai aussi assisté à une conférence qui réunissait à Rennes Carole Martinez et Véronique Ovaldé. Mon compte rendu est là. J'ai eu la chance de revoir Carole Martinez à Bordeaux, de boire un verre avec elle, d'assister à une de ses interviews radio et à une autre conférence. Sans jamais me lasser de ce que j'entendais sur le livre.

 

 

LE PRIX RENAUDOT  va à Emmanuel Carrère pour " Limonov", un récit dans lequel l'auteur dresse le portrait de ce personnage controversé.

 

De même, je n'ai pas encore lu ce livre, mais ai assisté à la conférence que l'auteur a donner à la librairie Mollat de Bordeaux. J'ai partagé ce moment sur ce billet là

 

 

LE PRIX RENAUDOT DES LYCEENS est attribué à Delphine de Vigan pour son roman "Rien ne s'oppose à la nuit'".

Pour ce roman, Delphine de Vigan recçoit aussi le PRIX FNAC et le PRIX FRANCE TELEVISION

 

Lecture incontournable pour moi. Mon billet est ici. Et en juin, Delphine de Vigan m'avait accordé cette interview

 

 

 

LE PRIX FEMINA  récompense cette année Simon Liberati, pour son roman Janes Mansfields 1967

 

Jayne Mansfield 1967 - Prix Femina 2011

Je ne connais ni le roman ni l'auteur... Un jour peut-être !

 

 

LE GRAND PRIX DU ROMAN DE L'ACADEMIE FRANCAISE met en lumière Sorj Chalandon et son roman "Retour à Killibegs."

 

Je n'ai pas lu ce livre, mais de nombreux billets se sont  montré élogieux sur la blogo, notamment celui deLuocine

 

 

LE PRIX MEDICIS est attribué à Mathieu Lindon pour son roman "Ce qu'aimer veut dire"

 

Je ne connais ni le roman ni l'auteur, je ne sais même pas s'il est le fils de Vincent ! 

 

 

Il existe aussi LE PRIX MEDICIS DE L'ESSAI, qui récompense "Dans les fôrets de Sibérie" de Sylvain Tesson.

 

 

je n'ai pas lu ce livre mais connais déjà l'auteur, via certains de ces récits de voyages à quatres mains avec Alexandre Poussin.

 

 

LE PRIX MEDICIS ETRANGER va à l'unanimité à David Grossman pour son roman "Une femme fuyant l'annonce", publié au SEUIL

 

 

 

LE PRIX NOBEL DE LITTERATURE (prix international) récompense un auteur et son oeuvre. Cette année, il s'agit de Tomas Tranströmer, un poète suédois que .... je ne connais pas du tout !

 

Le poète suédois Tomas Tranströmer, le 31 mars 2011 à Stockholm (c) Afp

 

 

 

Reste encore le PRIX INTERALLIE, prix du le jury est composé de journalistes qui récompense un des leurs pour un roman.  Il est attribué à Morgan Sportes pour "Tout, tout de suite", roman contre enquête sur le gang des Barbares

 

Pas lu. Mais à l'instant où je prépare ce billet, je devais assister à une conférence de l'auteur, conférence annulée pour maladie de Morgan Sportes !

 

 

LE PRIX DE FLORE et le PRIX DU PREMIER ROMAN vont tout deux à Marien Defalvard pour "Du temps qu'on existait"

 

 

Pas lu, mais entendu parler. L'auteur a 19 ans et on le compare déjà à Proust. Critiques et auteurs confirmées crient au génie !

 

 

Enfin, the last but not the least : LE PRIX DU ROMAN QUI N'AVANCE PAS est attribué à Moi !!!

 

Mais forcément, avec le temps que je passe à lire et aller au ciné, à rédiger mes billets, à rencontrer des auteurs qui ont tant de talent que j'ai l'impression de ne plus en avoir du tout, et à poser sur les photos !....

 

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 Avec Carole Martinez, chez Mollat à Bordeaux

 

 

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L'enthousiasme de Carole Martinez, qui, à Bordeaux, termine la dédicace de mon livre commencée à Rennes !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #A propos de...

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Publié le 24 Novembre 2011

 

Il y a quelques semaines, je vous présentais ici TU (paru chez Buchet-Chastel), le nouveau roman de Sandrine Soimaud.

L'histoire de cette femme internée, qui se bat contre elle même m'a bouleversée. Et ce livre est devenu l'un de mes coups de coeur de cettre rentrée littéraire 2011.

 

Sandrine Soimaud a eu la gentillesse de m'octroyer sa confiance et de répondre à mes questions.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quel fut le déclic qui vous lança dans l’écriture de “TU” ?
S.M : J'avais écrit un livre, "Amours Posthumes " dont le sujet était l'enfer que l'on peut s'infliger à deux, en dépit et parfois même à cause de la force des sentiments et des liens tissés au fil du temps. Par la suite, j'ai eu envie d'évoquer celui, très personnel, dans lequel on s'enferme, lorsqu'on laisse les blessures passées rejaillir au présent. L'histoire de Lisa, est celle d'une emprise, celle du "non-désir" originel, sur sa perception de chaque instant... J'avais en tête cette image d'une mémoire noire, envahissante, qui, à la manière d'une pieuvre, entrave et empêche d'avancer. Parce que mon personnage porte cette blessure, son désir fêlé se nourrit exclusivement de celui d'autrui, au point de s'ignorer, de se nier. D'une façon plus insidieuse, Lisa cherche la confirmation du désintérêt qu'elle a suscité à l'origine. C'est cette problématique que j'ai voulu mettre en scène et pousser à son paroxysme, celui d'une annihilation de la pensée...

 

 

 Y-a-t-il dans ce roman quelques éléments autobiographiques et dans ce cas, cette écriture est-elle devenue thérapeutique pour vous ? Sinon, question 3 direct !
S.M :  Ce qui est autobiographique, c'est le thème: cette difficulté de vivre le présent sans se référer au passé, à agir au lieu d'être réactif et à désirer autre chose qu'une validation extérieure dans le regard des autres, je l'ai longtemps éprouvée. Seules des années et une vigilance constante m'ont permis de m'en défaire... Mais l'écriture n'a pas été thérapeutique pour moi, puisque j'avais déjà eu cette prise de conscience.

Je voyais, dans mon entourage, une personne très proche se débattre encore dans le maillage de son enfance et j'ai ressenti le besoin d'écrire ce livre pour elle, afin qu'elle se sente moins seule, mieux comprise. Mais la vie de Lisa et celles des autres, sont bel et bien fictionnelles...

 

Comment fait on pour décrire si bien la maladie mentale, la perte de la raison, la schizophrénie ? Imagine –t-on ? Se documente –t-on ? Visite-on des établissements psychiatriques ? Rencontre-t-on malades et professionnels de la santé ?
S.M :  Pour moi, et cet avis a été partagé par des psychiatres qui ont lu le livre, Lisa n'est pas schizophrène. Elle souffre, se réfugie dans le délire, mais elle est avant tout dépressive et fragile. La "voix" n'est pas une instance extérieure qui lui intime d'agir, elle est interne et commente. C'est la voix devant la glace, qui dit "Quelle sale tête aujourd'hui", cette petite voix-là, chez Lisa, est hypertrophiée depuis l'enfance. Elle lui a permis de conjurer son extrême solitude, et, plus tard, elle lui évite de sombrer totalement dans le déni de la réalité... Néanmoins, nourrie par la peur, elle projette sur la réalité une grille d'interprétation qui ne se réfère qu'à ses échecs et finit par boucher totalement l'horizon.

Mais effectivement, j'ai lu des ouvrages "cliniques", j'ai visité un grand hôpital psychiatrique et j'ai beaucoup parlé du rythme et de la relation au patient avec une amie infirmière psy.

 

 

L’atmosphère du livre est forcément étouffante. Quel fut votre état d’esprit durant l’écriture de ce roman ?
SM : L'écriture d'un roman, quel que soit l'univers qu'il dépeint me rend beaucoup plus sereine. Lorsque le sujet "m'habite", je réponds à une forme de nécessité, et, si j'osais, je parlerais d'un besoin vital, j'éprouve donc un sentiment de complétude... Même si cela peut sembler paradoxal lorsque l'on écrit sur un sujet comme celui-là.

 

 

Quel est le passage (où la phrase) de votre livre qui vous touche, vous bouleverse le plus ?

S.M : Je crois que c'est le passage qui décrit la résonnance intime chez Lisa, de la souffrance et de l'abattement de son père.

 
 
Lisa pourrait-elle être n’importe qui ?
S.M :  Lisa porte en elle cette faille qui vient du non-désir, du manque d'amour, ressentis à l'origine de sa vie. En ce sens, elle ne pourrait pas être n'importe qui mais de nombreuses personnes. Rares sont celles qui ne portent pas des fêlures intimes, ces sentiments infantiles d'injustice, d'abandon, dont les douleurs "fantômes" se ravivent et s'exacerbent au gré d'évènements anodins.
De même, sa façon de s'oublier dans sa recherche d'une reconnaissance extérieure est à mon avis très répandue. Pour celles qui sont nées après la libération sexuelle, la féminité n'a pas toujours été vécue comme une évidence. Une fois l'ancienne rigueur battue en brèche, la sexualité s'est trouvée désacralisée et pour ainsi dire banalisée: nous n’étions plus ces objets précieux qu'il importait de préserver. Dés lors, inventer notre manière de devenir sujet, définir le champ d'exercice de cette liberté nouvelle, nous a confrontées à des choix, angoissants, pour nombre d'entre nous.

Aujourd'hui encore, comme le personnage de Lisa, de nombreuses jeunes filles passent à l'acte juste pour se débarrasser d'une virginité embarrassante et se sentir validées en tant que femmes. Si elles font l'amour, c'est pour l'avoir fait, le désir, et plus encore le plaisir, sont étrangers à leur élan. Dire non, refuser un acte qu'il est "normal" de considérer anodin leur semble difficile, voire interdit...Cette confusion, paradoxalement, les conduit à se placer elles-mêmes dans un statut d'objet, mais, cette fois, c'est d’un objet de consommation courante qu'il s'agit. Bien sûr, je ne voudrais pas que le sexe redevienne un tabou, j'aimerais juste que l'envie de l'autre prenne sa place de déclencheur...

 

 

Finalement, la mémoire est elle notre alliée ou notre pire ennemie ?
S.M :  La phrase mise en exergue en ouverture du livre, "Lorsque la mémoire va chercher du bois mort, elle revient avec le fagot qui lui plait..." résume assez bien l'influence que peut, selon moi, avoir la mémoire... Lorsqu'une personne est à vif, fragilisée, ses souvenirs se transforment en fardeau. La mémoire, dans les périodes noires, a tendance à ne sélectionner que ce qui conforte les peurs, les angoisses, le sentiment d'être inapte. Mais lorsqu'on parvient à remettre les choses en perspective, les échecs sont des expériences. Il suffit de ne plus les interpréter comme des fatalités, de ne pas les percevoir tels que les motifs récurrents d'une frise, sur le tracé d'une trajectoire que l'on perçoit forcément linéaire, quand le cours de l'existence permet tant de détours et de changements de cap...

 

 

Pourquoi les maladies psychiatriques sont elles si peu comprises, si peu acceptées, si peu considérée comme “maladies” justement, même si elles sont parfois invisibles par la grande majorité des gens ? Qu’est-ce qui pourrait changer les choses ? Faut il forcément être approchée par ces maladies pour les comprendre ou du moins les percevoir d’une autre façon.
 S.M :  Je ne pense pas être compétente pour apporter d'une manière générale, une réponse. Sur la dépression cependant, oui, je crois qu'il y a une peur, celle de reconnaitre, sans se sentir dévalorisé, que la souffrance psychique peut nous submerger, et que la seule volonté, que ce soit celle des proches ou la sienne propre, ne suffit pas à l'endiguer... Un travail thérapeutique passant par la parole peut désamorcer le processus, voire même éviter le naufrage. C'est un merveilleux travail d'alchimiste, qui transforme la sensibilité que l'on avait jusque là perçu comme une faiblesse, en force. L'entreprendre n'est pas le signe d'une insuffisance, ni que la folie nous guette. Au bout du chemin, les manques, les douleurs du passé conduisent à davantage d'humilité et génèrent plus d'humanité....

 

 

Quel est le message principal de votre roman ? Et comment réagit on, en tant qu’auteur, lorsqu’il semble mal compris ?
S.M :  Le véritable message du roman est qu'une "origine négative", le sentiment d'être perçu comme "indésirée" et donc indésirable, laisse une empreinte indélébile dont il est difficile de se dégager, même adulte. Cette blessure ternit le présent, elle dépose un filtre négatif, celui de l'impuissance du passé, et sa force diffuse pousse à chercher dans les évènements une confirmation de la "vocation" au malheur dont on a cru être l'objet.

Ce que j'ai voulu dire c'est qu'il faut couper le lien, le cordon qui nous relie à nos blessures infantiles, sans quoi, on crée soi-même son propre malheur. Pour donner un exemple, Lisa n'a pas forcément choisi son compagnon en connaissance de cause, mais ce qui la distingue d'une autre, c'est que, convaincue qu'elle n'a pas droit à mieux, elle reste. L'autre sujet du livre, c'est la féminité, la difficulté en tant que femme d'exercer sa liberté, d'affirmer son désir.

Ce qui a été mal compris dans le roman est à la fois sa forme, destinée à illustrer une pensée avide qui tourne à vide, ce qu'illustrent ces rimes creuses, et pour lesquelles on m'a reproché de "me vouloir poétique"... Certains passages sont teintés d'ironie et d'humour et en parcourant les commentaires, j'ai appris qu'ils pouvaient être perçus au premier degré.

Il y a aussi sur le fond, cette idée que lorsque l'on est blessé, on reste immature, on désire le désir de l'autre, au risque de s'oublier tout à fait dans cette quête. La faiblesse démontrée par Lisa a pu agacer certains lecteurs, d'autant plus que se reconnaitre dans cette réactivité, admettre cette faiblesse, nécessitent une forme de courage. L'engouement de Facebook, les demandes de validation par "like", d'une photo, d'un texte, auxquels se prêtent les membres, montrent que beaucoup n'ont pas envie de remettre en question cette illusion que l'on peut exister essentiellement dans le regard des autres...

 

 

 Vous vivez à Bali si je ne me trompe ?! Pourquoi Bali ? A quoi ressemble votre vie sur cette île qui de loin, symbolise la zen attitude, le bouddhisme, les balades en vélo entre les rizières ?
S.M : J'ai longtemps vécu à Bali, mais je suis rentrée en Europe depuis quelques années, sans vraiment m'y retrouver tout à fait. Une part de moi a besoin de la sérénité de mon île, de cette extraordinaire ferveur qui anime ses habitants et d'une plus grande proximité avec la nature. Là-Bas, regarder onduler un champ de riz caressé par le vent, ricocher sur le sol l'eau d'une pluie attendue, et laisser simplement se perdre les heures, suffit à me combler.

 

 

Travaillez vous déjà sur un autre roman ? Une histoire qui se déroulerait à Bali est elle envisageable ?
S.M :  Oui, je travaille sur un autre roman, dont l'action se déroule en Europe, de nos jours, en quelque sorte, ici et maintenant. J'en suis encore aux balbutiements, mais le sujet m'implique et je sais que je le pousserai à son terme. Par contre j'ai écrit quelques nouvelles qui fonctionnent par paires, parmi lesquelles une d'elle se situe à Bali... Mais elles vont me demander encore beaucoup de travail pour en affiner la forme.


 

Et l’incontournable question : Quelle lectrice êtes vous ? Quels sont vos 3 derniers coups de cœur littéraires ?
 
S.M : Je lis beaucoup, j'aime le cinéma, mais je peux m'en passer durant de longs mois. Par contre, j'ai toujours un livre en cours...

  Cette dernière année a été particulière, j'y ai fait deux "rencontres littéraires" d'une intensité exceptionnelle...

"La bascule du souffle" d'Herta Muller m'a profondément bouleversée, subjuguée. Avec une délicatesse et une concision extraordinaire, elle tisse une toile sensible, où se rejoignent à la fois les sonorités, les images, les émotions, pour révéler un profond humanisme.

La seconde grande découverte a été celle des romans d'Antonio Lobo Antunes, et plus particulièrement "Splendeur du Portugal". Pour moi il s'agit d'un un génie, il réinvente le procédé du flot de pensées et, ainsi que je l'ai lu dans un article consacré à la mise en scène de son œuvre romanesque, il sait faire parler les femmes mieux que quiconque, avec une justesse et une subtilité qui retrace les moindres détours, les plus infimes mouvements d'un monde intérieur.

Et pour le troisième, il m'est difficile de faire un choix, j'ai beaucoup aimé "Le temps vieillit vite" de Tabucchi, un recueil de nouvelles magnifiques et la "La grande Maison " de Nicole Krauss, qui entrecroise cinq vies autour d'un meuble, un bureau et évoque entre autre la question du besoin irrépressible d'écrire...

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Interviews exclusives !

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Publié le 21 Novembre 2011

 Roman - Editions Flammarion - 536 pages- 21 €

 

  

Parution en août 2011

 

RENTREE LITTERAIRE SEPT 2011

 

  

L'histoire : Deux histoires en fait. Celle de Donya, en Iran, dans les années 80 et début 90. Une jeune femme révoltée contre l'oppression du régime Islamique des Mollahs, rêveuse, battante, étudiante. Coûte que coûte, elle veut quitter l'Iran jusqu'au jour où...

Celle d'une autre femme, jamais nommée, à Paris dans en 1994, dans le cabinet d'un psychanalyste. Elle se débat contre elle même, contre son passé enfoui, contre celle qu'elle est, qu'elle n'est pas, qu'elle ne veut pas être. Elle se rappelle son père, sa famille, son enfance, toujours sous la peur et les menaces d'un régime en place...

 

  

Tentatrice : Silvana Bergonzi

Fournisseur : Silvana et les éditions Flammarion, merci pour l'envoi.

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : Quel roman poignant, captivant, bouleversant et révoltant. Un véritable coup de point qui transforme ce livre en coup de coeur pour moi !

Un roman à lire en cette période préélectorale en France, où l'on s'énerve des défauts de nos dirigeants et où l'on s'insurge devant certaines décisions injustes, en ces temps où des pays comme la Tunisie et la Libye vont se choisir une nouvelle orientation politique... inquiétante à nos yeux.... Car avec "Je ne suis pas celle que je suis", nous reprenons conscience de la base : notre chance de vivre en démocratie, de jouir de la liberté, de notre corps, de notre esprit, de notre droit, de notre identité... Notre gouvernement est hypocrite, le régime théocratique des Mollahs en Iran est barbare et contradictoire. Au nom de la religion, au nom d'Allah, on torture, on viole, que vous soyez étudiantes ou à peine sorties de l'enfance pour un nom, un code non respecté. Les gardiens de la révolution vous surprennent avec du rouge sur les ongles, c'est dans un sac rempli de cafards qu'on vous glisse les mains. Vous êtes violées, vous méritez la peine de mort puisque vous n'êtes plus vierges. Vous reposez et massez vos pieds après une marche éprouvante, vous vous retrouvez dans une cave, à la merci d'hommes tout puissants. Oui, l'homme est tout puissant et la femme n'est rien. Elle est considérée comme mineur à vie, n'a aucun  droit.

C'est cette vie là que nous raconte le récit de Donya, cette jeune étudiante Iranienne qui, part tous les moyens, veut quitter son pays. Chahdortt Djavann dresse ainsi deux portraits. Celui de cette jeune femme qui se rêve un destin héroïque, cette femme courageuse, qui garde la tête haute, qui ne renonce pas malgré toutes les épreuves, les obstacles et la peur qui noue le ventre. Portrait aussi sans concession d'un pays, l'Iran, de ses dirigeants de l'époque, les Mollah, d'une loi, la Charia et d'une religion extrémiste : L'islamisme. C'est fascinant et c'est déjà de l'Histoire, de l'Histoire à ne pas oublier. Moi, petite française protégée que je suis, j'ai grandi en voyant Khomeini à la télé. Mes neveux ne connaissent sans déjà doute pas cet homme.

Alors rien que pour ce témoignage de la vie des femmes en Iran suite à la Révolution, ce roman est incontournable. A lire maintenant tout en étant ravie de porter une jupe en sortant de chez vous et de sentir le vent dans vos cheveux...

Et il y a l'autre récit, celui de la psychanalyse d'une jeune iranienne à Paris, quelques années plus tard. Une iranienne qui ne trouve pas sa place en France et qui n'a plus la sienne en Iran. On déduit très vite que cette analysante est Donya. Au fil des séances, on va découvrir d'autres pans de sa vie. Il est alors il est plus question de l'enfance, du rapport au père, à la mère, à la violence. Ces séances sont extrêmement bien décrites, dans un style qui peut perturber un peu toute personne étrangère à cet environnement : l'hyperréalisme, transfert et contre transfert, trouble de la personnalité... On y sent le débat intérieur de la patiente envers elle même, mais également ses doutes envers cette analyse qui la ruine et qui semble lui causer plus de douleur que de réconfort.  On est atterrée devant les dégats psychologiques d'un régime totalitaire. Ces deux récits nous conte la vie entière de Donya... moins ces trois dernières années. Comment a-t-elle réussi à quitter l'Iran, c'est dans un autre tome que nous le découvrirons.... avec impatience.

Car on est accroché à ce destin peut ordinaire, partiellement autobiographique. L'histoire de Donya est un hymne à la femme, à sa force et à la liberté. C'est aussi une belle déclaration d'amour à la langue française... Puisque c'est dans notre langue que ce livre a été écrit, une langue apprise patiemment, avec persévérance en récitant par coeur le Robert pour s'enrichir de nouveaux mots. Une langue qui est moins douloureuse que le Persan, qui n'évoque pour la jeune analysante que cauchemar et enfer.

Devant une telle histoire si puissante, une si belle maîtrise de l'exercice littéraire et du rythme, on ne peut que s'incliner par respect pour l'auteure et pour que nos yeux rencontrent les pages de ce livre saisissant et sublime. Un livre trop fort et trop riche pour être enfermé et limité à un billet sur un blog. Et, en me relisant, je me trouve peu capable dans transcrire toute la grandeur. Alors libérez le, entrez dans ses pages et tournez les, même s'il y a de grandes chances pour qu'elles se tournent toutes seules, très vite, sans que vous vous en rendiez compte.

 

 

"J'avais l'impression qu'avec la vie, je dansais un tango : quand j'avançais, elle reculait et quand j'avançais, elle reculait"

 

"Ce n'est pas étonnant que la réalité se déforme sous mes yeux. J'ai dû tellement manipuler et annuler psychiquement la réalité que tout a été  déréglé dans mon cerveau. Il disjoncte de temps en temps; comme un compteur éléctrique qui ne peut supporter la charge'

 

"Sa vie lui était une prison, elle voulait s'en évader à tout prix. Elle ne savait pas pourquoi elle était dans l'incapacité à vivre une vie semblable à celle de ses camarades, elle ne savait d'où lui venait son inaptitude à se situer dans le monde des humains."

 

"Les gens se résignaient au régime comme à une catastrophe naturelle contre laquelle nul ne pouvait rien, qui suivait son cours et se terminerait d'elle même"

 

 

LIVRE COUP DE COEUR.... DEMAIN, DEUX EXEMPLAIRES DE CE LIVRE A GAGNER ICI SUR CE BLOG... CONTRE GARANTIE DE PUBLICATION D'UN BILLET SUR VOTRE BLOG ! ALORS A DEMAIN !

 

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                                                                                   12ème / 14....

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 20 Novembre 2011

Synopsis :

  Elle habite avec son fils et son mari en face du Luxembourg... Il habite seul avec son fils à l’arrière d’une camionnette.
Elle dirige une prestigieuse fondation d’art contemporain... Il vit de petits boulots et d’allocations.
Elle a bac + 7... Il a failli faire 7 ans de prison.
Elle tutoie le ministre de la culture... Il tutoie toutes les bouteilles d’alcool qu’il rencontre.
Elle aime le débat d’idées... Il aime le sexe avec des inconnues à forte poitrine.
Ils ne se ressemblent pas du tout... et se supportent encore moins.
D’ailleurs, ils n’auraient jamais dû se rencontrer. Mais leurs enfants, eux, sont inséparables... Ils finiront par comprendre pourquoi...

 

 

Comédie avec André Dussolier, Isabelle Huppert, Benoît Poelvoorde et Virginie Efira

 

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : Le film commence fort, sur des chapeaux de roue. On rit bien, les réparties succulentes et/ou graveleuses fusent et font mouche. Et chacun est dans son rôle, à merveille, jusqu'à Virginie Efira toujours aussi lumineuse et pétillante. Alors, le moment est bon.... Sauf que le sujet s'essouffle et semble ne jamais vouloir finir. Et en fait, il me semble finit sans être terminé.

Le fond du film n'a rien d'original, deux personnes opposées qui sont plus ou moins obligées de se supporter et qui comme deux pôles d'un aimant, vont se rapprocher. Les duos improbables fonctionnent toujours (ou souvent au cinéma). C'est assez bien ficelé dans les premiers temps et puis, au fur et à mesure que la pingouingivrée (alias Isabelle Huppert) se détend, et bien j'ai eu l'impression que pas mal de choses partaient en vrille pour arriver à une scène qui m'a déçue. Elle a peut-être amusé les acteurs mais moi, voir la classe d'Isabelle Huppert réduite à faire "la brouette" et le cheval... Ben, je ne sais pas, mais ce n'est dans de telles positions que j'ai envie de voir une actrice d'une telle envergure, et un peu de retenue aurait rendu l'ensemble un peu plus crédible. Enfin, chose rare devant une comédie, j'ai ressenti des longueurs... Bref, je ne suis pas motivante ni très inspirée par ce film. Alors je conclus : Mon pire cauchemar est un divertissement qui se regarde, il y a pire, mais il y a bien mieux dans le genre en ce moment, dont le fameux Intouchables qui casse la baraque !

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 18 Novembre 2011

Synopsis :  

Claire, Jeune juge au tribunal de Lyon, rencontre Stéphane, juge chevronné et désenchanté, qu'elle entraîne dans son combat contre le surendettement. Quelque chose naît entre eux, où se mêlent la révolte et les sentiments, et surtout l'urgence de les vivre.

 

 

 

 

Avec Marie Gillain, Vincent Lindon, Amandine Dewasmes

 

 

 

 

Librement inspiré du livre " D'autres vies que la mienne", d'Emmanuel Carrère.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : Je n'aime pas le synopsis. Il donne une très mauvaise idée, voire une fausse image de film, annonçant presque une romance déguisée.

Il oublie de préciser que Claire (Marie Gillain) s'investit dans la défense de Céline, mère sur endettée, et qu'elle se prend d'amitié pour elle. Il oublie aussi, (et je ne spoilie pas, c'est dans la bande annonce) que devant une IRM de son cerveau, un médecin lui montre une tâche, une sale tâche contre laquelle on ne peut rien faire, prolonger un peu, c'est tout. Quelques mois. Et pour Claire, tant de chose à réaliser encore que ce combat contre le sur-endettement et celui de Céline devient sa cause, sa raison survivre, de tenir. C'est son ultime réalisation.

Et c'est une très belle relation qui se crée avec son collègue Vincent Lindon, emprunte de respect, d'amitié, d'admiration, d'union dans le combat et de protection.

Ce film est magnifique, en même temps, venant d'un tel réalisateur qui retrouve qui plus est un de ses acteurs... fétiches, il ne pourrait en être autrement; Je vous rappelle que l'on doit à cette paire d'hommes le bouleversant film Welcome, sur les clandestins de Sangattes. Lioret est donc le cinéaste des grandes causes et ici, il montre du doigt et même plus toutes ces sociétés de crédit à la consommation. Celles ci enfoncent les personnes modestes déjà aux abois, qui signent des contrats aveuglement, des contrats qui leur mettront la tête sous l'eau pour la vie, par des taux d'intérêt exhorbitants notés en 15ème page en caractère 5 ! Ces sociétés qui mènent leurs clients mauvais payeurs autribunal, tout en  continuant à leur accorder de nouveaux prêts...

Bref, encore un domaine où l'on se dit que l'on vit dans un monde de fou, un monde hypocrite, qui se situe presque au dessus des lois... Alors certes, certaines stratégies ou expressions judiciaires me sont un peu passées au dessus de la tête, mais là n'est pas l'important. L'essentiel, c'est qu'il se passe quelque chose, que les choses pourraient changer. Et puis il y a ce qui se passe, au sens propre comme au sens figuré, dans la tête de Claire. Marie Gillain est époustouflante de lumière, de grâce, d'émotions contenues et de pudeur. J'ai été très contente de la revoir dans un grand rôle au cinéma. Vincent Lindon est poignant dans l'écorché qui trouve plus fragile que lui, quelqu'un dont il prendra soin et pour qui il se battra, à sa façon, avec les honneurs de la discrétion. Enfin, mention spéciale pour Amandine Deswames qui incarne avec humilité et finesse le drame du sur-endettement, mais une femme qui relève la tête devant l'humiliation. Un rôle très fort aussi.

Tout est justement rendu dans ce film, depuis la cruauté sociale jusqu'à la maladie et la résistance que chacun a au fond de lui. Et l'amour d'une mère et d'une femme pour les siens à un point que l'on imagine même pas. Mais le pathos n'est pas là. On ne verse pas dans l'apitoiement. On ressent comme une paix intérieure en sortant de Toutes nos envies. On ne peut que saluer la grandeur d'âme d'un personnage tel que Claire. Bravo, encore un film dont on peut être fières.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 16 Novembre 2011

Roman - Editions Gallimard - 266 pages - 18.50 €

 

 

 Parution en Août 2011

 

RENTREE LITTERAIRE SEPT 2011

 

 

 

L'histoire : Celle du narrateur, un jeune écrivain en manque d'inspiration, de déclic. Il espère qu'un travail de veilleur de nuit dans un hôtel sera propice à l'exercice de son art.  

Mais comme nous tous, le narrateur a aussi une famille, qui va prendre de plus en plus d'importance dans sa vie, au fil des aléas de la vie. Son grand père décède. Sa grand mère est placée en maison de retraite contre son gré... Quelque temps après, la grand mère fugue de cette maison de retraite... Son petit fils part à sa recherche et trouve pas mal de réponse à ces propres questionnements.

 

 

 

Tentation : La délicatesse, la conférence de l'auteur, la réputation, la blogo, la curiosité etc; etc

Fournisseur : La bib

 

 

 

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Mon humble avis : Les souvenirs est une autofiction. L'auteur se met en scène et prend pour point de départ des évènements vécus (ici, la mort de son grand père...). De là, il crée un roman où il est difficile de départager la part romanesque de celle de l'autobiographie.
Quoiqu'il en soit, "Les souvenirs" est un livre très agréable à lire, distrayant, touchant, drôle, émouvant et pourtant plutôt triste. Mais il en ressort comme une atmosphère de légèreté, sans doute grâce aux effets de plumes de David Foenkinos. J'ai l'impression que celui ci n'a pas son pareil pour dire le grave avec humour discret, avec un ton justement décalé, voire des phrases qui semblent complètement incongrues sur des sujets absurdes au premier abord. En fait, pour moi, David Foenkinos maîtrise parfaitement l'art de rendre le pertinent impertinent et l'impertinent pertinent. De même, chez lui, l'absurde parait presque logique et le logique absurde. Le banal devient exceptionnel et le courant devient rare.  Comme il y a un humour Anglais, je crois qu'il existe un humour Foenkinos, celui d'un adulte qui s'interroge encore de façon presque enfantine. Et j'avoue que c'est un délice à lire.

Les thèmes abordés dans ce roman sont si nombreux qu'il est impossible de les citer tous. Mais forcément, il y a en assez pour parler à tout le monde ! La page blanche de l'écrivain, l'envahissante famille, le devoir, l'amour, l'envie, la transmission, le célibat, la paternité, la recherche de l'amour, les tournants de la vie (comme la maladie, ou la retraite).

Bien sûr, les passages qui m'ont le plus touchées sont ceux évoquant le célibat, la recherche de l'amour, l'écriture. Et puis, il y a ce qui m'a bouleversée et qui est allé fouiller dans mes propres souvenirs, pour le meilleur, comme pour le pire. Car le grand sujet du livre, c'est "le passage à l'étape suivante". Et pour certains, c'est la retraite, la vieillesse et la mort. Alors, durant la première partie du roman, j'ai beaucoup, beaucoup repensé à mes grand parents. A mes grand-mères surtout (mes grand pères sont décédés alors que j'étais encore en primaire, donc mes souvenirs sont flous). Mais mes grand mères, je les ai bien connues et elles ont toutes les deux vécus en maison de retraite. L'une est morte "subitement", donc sans vraiment vieillir à mes yeux et l'autre a agonisé la pire vieillesse possible dans une maison hautement médicalisée. Quand je leur rendais visite, je trouvais souvent l'une d'elle allongée sur son lit qui me disait "j'attends la mort". L'autre est restée vaillante presque jusqu'au bout et j'ai l'impression qu'elle était heureuse (comme on peut l'être) en maison de retraite. Mais tout cela, je ne le sais pas car je n'ai jamais posé la question. Je n'ai jamais su avoir avec mes grand mères la relation que le narrateur a avec la sienne. Je n'ai jamais su montrer d'affection, ni de tendresse, au contraire de ma soeur qui savait être très tactile, très caressante auprès de ma grand mère inerte, que je ne pouvais même pas toucher. Alors oui, ce livre a éveillé des souvenirs, bons parfois, mais douloureux aussi car je n'ai jamais su être à la hauteur devant ces moments là.

Mais comme la deuxième partie du roman est plus romanesque, plus épique, que les rebondissements et les petits événements des uns et des autres feraient presque penser à l'univers d'Alexandre Jardin, je suis sortie de ce roman sereine, comme bercée par une sorte d'allégresse.

En fait "Les souvenirs" est un roman profond, faussement léger et trompeusement grave. Mais c'est une lecture agréable à 100% . A y'est, j'a trouvé mon ressenti exacte : J'ai l'impression que Foekinos parvient à dédramatiser le drame sans le sousestimer. C'est fort !

 

 

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L'avis de Stéphie, Calypso, Sandrine

 

 

J'ai assisté, il y a quelques semaines, à une conférence/dédicace de David Foenkinos. Malheureusement, mes notes ne sont pas assez consistantes pour justifier un billet. Et puis l'animateur est très vite passé aux questions du public, qui se sont hélas pas mal transformées en monologue de certains et en témoignage sur les maisons de retraite, comme si c"était l'unique sujet du livre... Mais, j'ai tout de même tenter de prendre des photos avec mon téléphone portable antediliuvien et je crois que j'ai LA photo qui me permet de complèter ma collection "Effets de mains d'auteurs" !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 14 Novembre 2011

100 0219C'était il y a quelques jours à Rennes, dans le Salon Ouest France et à l'initiative de la librairie Le Failler: la rencontre / dédicace avec l'auteur Américain Douglas Kennedy.

Depuis quelques années, cet écrivain a la particularité de collectionner les best sellers dont certains sont adaptés au cinéma.  Douglas Kennedy est surtout plus célèbre en Europe qu'aux USA.

 

Un petite liste non exhaustive : Piège nuptial (ex cul de sac), Une relation dangereuse, la femme du Vème, l'homme qui voulait vivre sa vie, quitter le monde, derrière les pyramides....

 

Douglas Kennedy nous a présenté son dernier roman "Cet instant là".  À la fois drame psychologique, roman d’idées, roman d’espionnage mais surtout histoire d’amour aussi tragique que passionnée.

 

Douglas Kennedy vit un peu à Londres, un peu à Paris, un peu à Berlin. En tous cas, il parle français et c'est donc dans la langue de Molière qu'il s'est adressé à son public. Déjà, chapeau !

 

Voici le compte rendu de mes petites notes, sans doutes moins fourni qu'habituellement. Beaucoup de monde dans la salle, donc pas facile de se concentrer et de saisir quelques nuances d'accent !

Parfois il y a les questions, parfois non parce que les réponses ont largement dépassé l'ampleur des questions justement.

 

 

 

 

 

 

 

DK : En France, tous les écrivains sont importants.

Aux Etats Unis, tous les écrivains à succès sont importants.

En Angleterre, vous êtes écrivain, et alors ?!!!

Souvent, on me demande comment on devient Douglas Kennedy ? Je réponds que les carrières créatives sont des montagnes russes. Pour être Douglas Kennedy, il faut aimer la solitude, supporter la déception et le rejet et avoir 20 ans. Mon succès a été tardif : 41 ans, 16 ans après mes premiers écrits. Le succès est fragile, j'ai des doutes tous les jours.

 

De même, on m'interroge souvent sur la part d'autobiographie dans mes romans. Dans "Cet instant là", j'évoque un écrivain américain divorcé de 50 ans. Ce pourrait être moi. Ce n'est pas autobiographique même s'il y a beaucoup de choses personnelles. L'histoire est complètement inventée. Par exemple, je n'ai jamais assassiné mon ex femme avec une bouteille de vin  !

Le coup de foudre ? Au début, tout est magnifique, et puis après, selon mon expérience, les choses changent quand 2 camions de déménagement stationnent sur le même trottoir.. Tout change avec la vie quotidienne, surtout avec les enfants.

 

 

Le conférencier : le personnage principal du roman n'a pas voulu poser ses racines...

DK : Je suis un homme voyageur. La fuite est dans tous mes romans. C'est la fascination que la vie puisse être ailleurs. Le plus ironique, c'est que c'est comme cela qu'on se crée ses propres pièges.

 

Le conférencier : Le roman se situe là où était le mur de Berlin qui est omniprésent...

DK : J'ai voyagé à Berlin au début des années 80, pendant la Guerre Froide qui était très très froide, avant Gorbatchev. A l'époque, Berlin était noir et blanc, très gloque. C'était aussi un nid d'espions. En 2006, j'ai commencé à  vivre une semaine par mois à Berlin. L'idée de ce roman a commencé à naître, car on a tendance à déjà bien oublier cette époque. Alors, je me suis documenté, j'ai fait beaucoup de recherche sur la stasi etc...

Ce roman est construit comme une poupée russe, ou une boite chinoise. Il y a plusieurs histoires parallèles car c'est comme cela dans la vraie vie, il n'y a pas qu'une seule vérité.

Quand on écrit, on peut contrôler le destin des autres, des personnages. Dans la vie, c'est impossible car il y a le hasard. Cela me passionne l'idée qu'on vive dans une musique de hasard, que tout puisse basculer d'un moment  à l'autre. J'accepte l'idée que le tragique fasse partie de la vie, c'est le prix à payer. "Cet instant là" parle aussi de cela, de comment l'on vit après la tragédie.

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Mes romans sont très structurés. Mais au début, je n'ai aucune idée du récit. J'aime l'idée que l'on puisse écrire contre le cliché, par exemple écrire sur une droguée qui serait propre, organisée etc..

A l'époque de "La femme du Vème", on me demandait : "Mais comment avez vous fait pour découvrir et décrire aussi bien Paris : La réponse était " A pieds !"

 

Douglas Kennedy a étudié l'histoire à l'université. "L'Histoire me fascine, surtout les grands événements. C'est pour cela que je les utilise beaucoup dans mes livres."

 

"Même si l'on n'écrit pas sur l'Amérique, quand on est un écrivain américain, il y a toujours de l'Amérique sous le vernis de ce que l'on écrit. "

 

 

Le conférencier : Votre écriture est elle visuelle ?

DK : Oui, parce que j'écris des classiques, mais je reste en dehors du processus cinématographique.

Le cinéma, pour le romancier, c'est comme le casino. De temps en temps, on gagne et des fois, c'est risqué ! J'ai bien aimé l'adaptation française de "L'homme qui voulait vivre sa vie". J'ai assisté à une demi journée de tournage à Paris car ma fille voulait rencontrer Romain Duris !

Le film "La femme du Vème" qui va sortir prochainement sur les écrans est assez différent du roman.

 

 

Une question du public : Vous avez vécu 11 ans en Irlande, est-ce que l'Irlande est devenu votre pays ?

DK : Son pays, c'est comme sa famille, c'est sa dispute perpétuelle. L'Irlande n'est pas ma dispute !

 

 

Pour info, Douglas Kennedy écrit environ 2000 mots par jour. Mais cela dépend de "comment le roman glisse entre les mains du romancier !"

 

 

 

Et maintenant, pour compléter ma collection de photo "Mains et effet de mains d'auteurs"

 

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Enfin, j'avoue que cette fois ci, j'ai fait comme tout le monde (oh, l'excuse !!!), j'ai joué à la groupie !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Auteurs : rencontres et conférences

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Publié le 13 Novembre 2011

les tags n'avaient pas disparu de la blogosphère mais j'avoue que ces derniers temps, j'ai manqué cruellement de temps pour répondre aux sollicitations. Que les sérial taggueuse me pardonne de n'avoir point répondu.

Bon, cette fois ci, je m'y colle. Sollicitée de toute part que je suis ! Toute part signifie Keisha et Manu.

Il s'agit du jeu du portrait chinois. Comme leurs questions diffèrent légèrement, je mets le tout dans un shaker et j'en garde le meilleur, c'est à dire ce qui m'inspire le plus !

 

 

Alors qui serais tu si tu étais....

 

Une artiste : Je serais moi, avec plus de talent, de courage, de persévérance et de suite dans les idées. Ca devrait marcher !

 

 

Une matière : Le sable, qui file entre les doigts et qui peut devenir dure avec un peu d'eau... et on peut alors en faire un château. Qui peut être blanc ou noir volcanique, qui parait doux mais cache parfois des bouts de coquillage qui font mal aux pieds. le sable, on peut y laisser sa trace, qui sera néanmoins éphémère. Bref, j'aime tous les symboles de cette matière et surtout, le plaisir de mes pieds qui s'enfoncent dans le sable chaud !

 

 

Une friandise : Le macaron, très à la mode d'ailleurs. Je le préfère au chocolat (comme tout ce qui est sucré d'ailleurs). Mais j'ai testé cette semaine le macaron chocolat foie gras, une tuerie !

 

 

Un peintre : Et bien moi aussi, mais avec plus de talent, de persévérance, ne galérant pas avec les perspectives.... Ca devrait fonctionner ! Non, je ne suis pas nombriliste ! Mais je n'ai pas de peintre préféré et peut être aussi émue par la toile d'un Monet que d'un illustre inconnu !

 

 

Un opéra : Le gâteau bien sûr ! Sinon, je vais tricher et citer "Miss Saigon", une comédie musicale vue à New York il y a...17 ans. Un coup de coeur, un bouleversement, un choc. J'avais acheté les K7 et les connaissais par coeur !

 

 

Un animal des bois : Et bien ce serait l'écureuil, puisque l'écureuil attentif était mon totem chez les scouts ! Il doit y avoir une raison !

 

 

Un roman de Guillaume Musso : Et bien la fille de Papier pardit !

  

 

Un supplice : Un pot de Nutella derrière une vitre blindée !

 

 

Un film : Le premier que j'ai vu cette année... parce qu'il faut faire un choix : Les émotifs anonymes. Car c'est tout à fait moi !

 

 

Un défaut : Anxieuse et stressée majeure et pathologique.

 

 

Une couleur : Le bleu turquoise de la mer avec les reflets du soleil. C'est tout de même magique !

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Un moyen de locomotion : Mes pieds sont gratuits et peuvent me mener là où plus aucun autre moyen de locomotion peut me mener.

 

 

Un pièce : la bibiothèque de mes rêves : murs couverts de livre, un hamac, porte ouvert sur piscine à débordement donnant elle même sur la mer des caraïbes ! Le tout avec des palmiers pour l'ombre et tendre le hamac !

 

 

Une star : Allez, Sophie Marceaux, parce que c'est la plus belle, celle qui dégage le plus de joie et qui est je pense, la plus naturelle dans tous les sens du terme !

 

 

 

Bon, normalement, je suis censée changer les questions et tagguer d'autres personnes. Je taggue Sandrine, Alex, MidolaDidi et l'Irrégulière mais je ne change pas les questions !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Quizz - tags et vrac !

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Publié le 12 Novembre 2011

Synopsis : 

Une pandémie dévastatrice explose à l’échelle du globe… Au Centre de Prévention et de Contrôle des Maladies, des équipes se mobilisent pour tenter de décrypter le génome du mystérieux virus, qui ne cesse de muter. Le Sous-Directeur Cheever, confronté à un vent de panique collective, est obligé d’exposer la vie d’une jeune et courageuse doctoresse. Tandis que les grands groupes pharmaceutiques se livrent une bataille acharnée pour la mise au point d’un vaccin, le Dr. Leonora Orantes, de l’OMS, s’efforce de remonter aux sources du fléau. Les cas mortels se multiplient, jusqu’à mettre en péril les fondements de la société, et un blogueur militant suscite une panique aussi dangereuse que le virus en déclarant qu’on "cache la vérité" à la population…

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Avec Matt Damon, Kate Winslet, Marion Cotillard, Gwyneth Paltrow, Jude Law, laurence Fishburne...

 

  

 Attention, des images peuvent choquer le jeune public

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : Et bien mes amis, ça fait froid dans le dos cette histoire ! Car certes, on est au cinéma, un peu dans de l'anticipation (quoique...), mais dans un réalisme et une crédibilité glaçante. Un virus qui se propage à une vitesse grand V à l'échelle planétaire et qui entraîne, en quelques semaines, des dizaines de millions de morts...  Ce qui aurait pu se passer lors de la grippe aviaire si les oiseaux avaient volé plus vite, lors de la vache folle, lors de la grippe H1N1 si Roselyne n'avait pas commandé ces millions de doses de vaccins. On rigole, mais quand on voit ça, on se dit qu'il vaut mieux trop de prévention que pas assez. D'ailleurs, le film nous rappelle la grippe espagnole de 1918 qui aurait fait entre 30 et 100 millions de morts. Notre vie sur terre est donc bien fragile. Heureusement qu'il y a une relative coopération internationale, des organisations comme l'OMS etc pour étudier tout cela, essayer de prévenir, de limiter... Bref, pour nous protéger malgré certains intérêts antinomiques.

Contagion montre parfaitement tout cela. Depuis la première victime jusqu'à la panique mondiale où l'on n'ose plus toucher son propre voisin et où l'on se bat pour une ration alimentaire, on saccage une pharmacie pour un hypothétique antidote. Bref, l'Etat de non droit s'installe presque, laissant rues, magasins et maisons à la merci des pillages. L'économie est même au ralenti, les aéroports sont vides. Bref, c'est saisissant, effroyablement rendu. Le suspens est là, le rythme soutenu, on ne s'ennuie pas une seconde et une fois sorti, on réfléchit sur cette éventualité apocalyptique. De ce côté là, le film est une entière réussite.

Les acteurs maintenant ? Et bien ils sont assez nombreux, campent tous des seconds rôles qui ne leur laissent pas forcément le temps d'être brillantissimes. En même temps, rien ne m'a choquée ni dérangée, c'est que je ne les ai pas trouvés mauvais non plus !

Alors pourquoi 3 étoiles et non 4 ? Parce qu'il règne par moment une certaine confusion qui mène à ne pas bien distinguer les personnages entre eux. Certains semblent d'ailleurs un peu abandonnés en cours de route. Enfin, le synopsis fait état de guerre de laboratoires... et bien je ne l'ai pas sentie du tout, sauf dans les propos de ce fameux blogueur dont on ne sait jamais s'il est allumé ou pas. La fin m'a semblé un peu bâclée, comme si le temps mis à disposition était passé et qu'il fallait conclure. Car à mi film, moult problèmes sont évoqués et avec eux, le temps incompressible de leur solution. (voyez ma gymnastique pour décrire sans spoiler, sans dire ou gâcher votre surprise !). Il n'empêche que d'un seul coup, il n'y a plus que des solutions ou presque.

Conclusion : Un bon film imparfait qui cloue au fauteuil, à l'efficacité redoutable, qui fait froid dans le dos et impose de grandes décisions : dès demain, je sors masquée, je porte des gants et ne touche plus rien de public, pas même une poignée de porte... Bon ok, je reste chez moi alors ! Au fait, j'ai oublié de prévenir : film déconseillé aux paranos des microbes, des bactéries et des germes !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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