Publié le 15 Septembre 2011

BD - Editions Delcourt - 95 pages - 14.95 €

 

 

Parution en 2008

 

 

L'histoire :  Agathe est une petite fille française des années cinquante. Elle grandit entourée de ses deux frères, de son beau-père et d'une mère, aussi secrète qu'hostile, qui n'aime que ses fils. Quand enfin elle atteint l'âge de demander des comptes et de poser les questions qui la hantent, sa mère n'est plus là pour l'écouter. Agathe cherche alors des réponses et découvre à cette occasion quelques secrets de famille qui, même s'ils n'expliquent pas tout, redonnent un peu de chaleur et d'humanité à la figure maternelle... Il y a des lettres que l'on n'envoie jamais ou que l'on garde cachées. Et puis, il y a celles que l'on écrit alors que leur destinataire a disparu. Ainsi en est-il des lettres d'Agathe à sa mère. Un dialogue à une seule voix, pour enfin être entendue...

 

 

 

Tentation  : Pourquoi pas ?!

Fournisseur  : La bib'

 

 

« Ma petite maman chérie, je crois que tu ne m'as jamais aimée, n'est-ce pas ? », c'est ainsi que commence cet album.

 

 

Mon humble avis : Je le reconnais, la couverture de cet album n'est pas très engageante. C'est la quatrième de couv' qui m'a incitée à tenter ma chance. Et gagné ! Dommage que j'ai moins de chance au loto qu'avec les BD et albums que je choisis à la bibliothèque !

Rassurez vous, l'intérieur est bien plus coloré, même si les planches les plus graves approchent le monochrome, ou prennent un peu l'aspect d'un négatif d'une photo.

Mais les dessins sont assez doux, très évocateurs, et l'ensemble très agréable à regarder.

Agathe écrit des lettres à sa mère défunte, puisqu'il est trop tard pour en discuter de vive voix. Agathe a besoin de se faire entendre, de dire, de mettre des mots sur son ressenti sur  toutes ses années, et des conséquences sur sa vie d'adulte. Pourquoi Marie ne l'aimait elle pas, pourquoi n'ont- elles jamais su s'entendre, se sentir bien entre elles ? Agathe veut comprendre et cherche. Elle trouve une explication, qui n'excuse rien mais qui explique. Un secret de famille bien enfoui.

Le sujet, douloureux est très bien traité, avec justesse et pudeur, mais sans mélodrame accentué. Il ne s'agit pas du récit d'une enfant battue ou maltraité, mais d'une enfant désaimée par sa mère. C'est en tout cas ce qu'Agathe ressent tant le traitement qu'elle reçoit est différent de celui de ses frères. On suit Agathe dans l'enfance, puis l'adolescence. C'est seule mais avec un lourd fardeaux qu'elle fait l'apprentissage de sa vie de femme et d'adulte.  Aucune aide, aucun réconfort, juste des ordres et de l'humiliation. Les planches où Agathe découvre ses premières menstruations sont terribles, bouleversantes et révoltantes.

C'est vraiment une bel oeuvre sur les conséquences d'un déséquilibre dans l'affection parentale sur la vie d'adulte, l'adulte qui doit effectuer un travail pour comprendre, éventuellement pardonner, et grandir. S'épanouir. Etre soi et pas ce que les autres veulent que vous soyez.

Je recommande chaudement.

 

 

Qu'est-ce qu'on en a à foutre de l'amour ? Quand on ne le voit pas, quand on ne le sent pas, qu'il ne vous sert à rien ? Quand on en connait que la place vide ? Un appel d'air inutile. Là où vous auriez dû avoir un coeur gonflé.... ne balance qu'un organe, déshydraté, caché derrière les côtes et qui ne sert à rien.

  

 

L'avis d'Hélène

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 13 Septembre 2011

Roman - Editions Actes Sud - 148 pages - 17 €

 

 

 

Sortie le 12 août 2011

 

RENTREE LITTERAIRE

 

 

L'histoire : Un poteau, une voiture pliée.  Alice, la cinquantaine, est désincarcérée de la taule qui la gardait prisonnière déjà comme dans un cercueil. Elle est dans le coma et son corps est brisé de partout. Les jambes surtout.

Par les mots de l'auteur, nous partageons et vivons ce lent, très lent retour à la vie d'Alice. La conscience, puis la réappropriation du corps et sa rééducation.

 

 

Tentatrice : Clara

Fournisseur : Actes Sud, merci pour l'envoi.

 

 

 

 

 

 

 

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  Mon humble avis :Ce sont des ouvriers d'un chantier de nuit, une nuit à étoiles filantes, qui aperçoivent en premier la voiture. On ne sait d'où elle vient... S'il s'agit d'un accident ou non.... D'ailleurs, on ne le saura jamais vraiment, car là n'est pas l'important. Laissons à Alice ce doute, ce secret, cette intimité. Nous retrouvons Alice dans le coma, puis éveillée, de services hospitaliers en autres services, avec des voisines de chambres différentes, plus ou moins rassurantes, plus ou moins encombrantes... Enfin, Alice arrivera dans un centre de rééducation fonctionnelle. Dernière étape, mais pas des moindres. Presque deux ans encore.

 A mes yeux, ce roman brille avant tout par sa haute qualité littéraire. L'écriture est sublime, soignée, polie, délicate, poétique. L'écriture peut être aérienne ou très franche, voire tranchante suivant la situation.

J'ai beaucoup aimé ce livre, même si sa lecture n'a pas été facile. Le sujet est très grave, lourd et n'est pas sans évoquer un épisode interminable de ma vie, même si les proportions ne sont pas les mêmes.

Pour moi, ce fut un AVC... Quoiqu'il en soit, c'est le milieu hospitalier, le rapport avec le personnel soignant (que je trouve plus attentionné dans le roman que dans la réalité. Peut-être parce que justement, dans le roman, les soignants ont le temps... là où dans "la vraie vie", chacun est débordé par le manque de personnel et de moyen). Il est souvent question de douceur au fil des pages... J'aurais aimé la sentir cette douceur quand c'était mon tour... L'hôpital est mécanique, comme un garagiste. On soigne le corps au mépris de l'esprit... On vous interroge sans cesse sur l'échelle de 1 à 10 de votre douleur physique... mais jamais une question sur votre souffrance morale. Bref, petit message personnel en passant. 

Cela mis à part les jours et les nuits de l'hôpital, les bruits, des chariots, des portes, des pas... Tout est parfaitement décrit dans ce roman. Lorsqu'Alice reprend conscience, elle se rapproprie son esprit, ses souvenirs. Entre moments d'abattement et de repos. Un psychiatre l'aide à démêler cela, à fouiller dans un passé que l'on découvre assez sombre.  Je me suis demandée à quelle branche Alice allait se rattraper pour se battre et survivre.... Et trouver le déclic.... Le déclic, ce moment où son cerveau décidera qu'il est temps de ce rapproprier son corps. Je ne sais pas si ce déclic est conscient, choisi ou inconscient... Juste un instinct de survie. Le miracle de l'alliage le plus mystérieux : le corps et l'esprit.

La dernière partie m'a particulièrement émue. La rééducation fonctionnelle où les victoires se calculent en mètres et en mois...

Ce roman est très foisonnant, je vous laisse découvrir la personnalité complexe d'Alice et les différents personnages qu'elle croise tout au long de son retour à la vie, tout comme l'impact inconscient de son patrimoine familial sur sa vie. Vous vous demandez sans doute pourquoi je n'octroie pas 4 étoiles à ce livre qui pourrait grandement les mériter. Parce que la méthode narrative m'a parfois un peu égarée... J'avais l'impression que me retrouvais tantôt dans les souvenirs d'Alice, tantôt dans son présent, sans être prévenue de ce changement par une ponctuation, un changement de style ou un : Alice pensa que.... le psy lui répondit que... même si j'en suis consciente, le style s'en serait alors retrouvé alourdi. Cela m'a perturbée.

 

Pour moi, "Son corps extrême" est un vibrant hommage à tous les cassés de la vie, accidentés ou en longue maladie, qui ont la force, le courage de se battre, de survivre, de revivre... Et surtout, la patience de prendre le temps. Ce temps nécessaire autant au corps qu'à l'esprit pour se renconstruire. La patience, c'est tellement dur quand le temps a failli s'arrêter. Et pourtant, le temps, on est les seuls à pouvoir se le donner vraiment.

 

Voilà, je redoutais la rédaction de ce billet que je reportais depuis plusieurs jours. C'est tout ce que je peux donner, même si c'est peu devant la brillance et la richesse de ce livre. 

 

 

"Telle est la mission de l'alitement forcé, faire qu'on s'arrête et qu'on regarde mieux... pour que le cours de la vie reste cohérent et fluide"

 

"Alice comprit qu'elle voulait que tout ait un sens, il fallait toucher les gens. Elle parlait beaucoup du regard"

 

"Alice écrit que vivre sans terre ferme sous ses pieds, c'est vivre sans droit et sans liberté".

 

"... Tout ce populo est bien résolu à  former un corps digne de ce nom à nouveau. Croire en la passivité d'un malade est un affront. Des transformations silencieuses. On imaginerait à tort la vie d'Alice comme une vie murée et incapable."

 

" Quand donc a commencé la guérison ? Une chose est sûre, tout a changé sous les yeux d'Alice sans qu'elle s'en aperçoive. Un grand chavirement s'est produit et maintenant, voilà que le déclin lui même décline.... Pendant quelques mois, guerir est plus rapide que vieillir et même renverse la vapeur. On rajeunit";

 

"Lorsque l'on veut comprendre quelque chose de sa propre vie, il faut en parler avec le premier venu. Nul besoin d'un esprit particulièrement pénétrant, l'illumination viendra en parlant."

  

"Elle jubille.Le lendemain, elle réclame un chronomètre. Parcourir 4 mètres lui prend une minute et 54 secondes, ce qui représenterait un sprint de 100 mètres en un peu moins d'une heure..."

 

 

Juste après ma lecture, après la dernière page, je suis sortie, je suis allée prendre l'air. Avec mon podomètre, je suis allée marcher dans la compagne tourangelle. Chacun de mes pas avait une autre saveur, une autre valeur...

 

 

 

 

 

 Les avis de ClaraLeiloona et de LilibaRL2011b

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 11 Septembre 2011

RECHERCHE DANS L'INTERET DES FAMILLES

 

 

Synopsis : Sur la route des vacances, la femme de Stéphane Monnereau, capitaine de police à la P.J. parisienne, disparaît. Les indices semblent indiquer qu’il n’est peut-être pas étranger à cette disparition. Pour éviter d’être placé en garde-à-vue, Stéphane prend la fuite avec son fils. Désormais il devra assumer seul sa double mission : se disculper aux yeux des enquêteurs et savoir ce qui est vraiment arrivé à sa femme.

 

 

Polar avec Yvan Attal, Pascal Elbé, Armelle Deutsch

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis :Et bien figurez vous que j'ai sans doute un bel avenir de scénariste à Hollywood. Et en même temps je me découvre totalement démoniaque ! Car en regardant ce film, j'ai imaginé un scénario bien plus machiavélique encore, même si j'ai fait choux blanc à la fin !

Bon, reprenons depuis le début. Je vous l'accorde, à la lecture du synopsis, on se dit " rien de bien nouveau sous le soleil". Effectivement, ce film ne se démarque pas par son originalité. Par moment, l'uniforme de la gendarmerie et quelques dialogues m'ont même fait penser à la défunte série "Une femme d'honneur".  Il n'empêche que R.I.F fonctionne bien, captive ses spectateurs, tient en haleine et laisse même échapper quelques rires lors de quelques répliques bien gratinées, chose rare pour ce genre cinématographique. Ce film est assez sombre et comme sorti d'un autre temps. Il faut dire que le centre de l'action est une veille station service de route nationale à l'ancienne, loin des enseignes multiservices qui feront bientôt par d'attraction, villages vacances.... J'ai oublié de préciser... Nous sommes en Lozère à la Toussaint... Même les images semblent parfois délavées, comme si le réalisateur avait apposé quelques calques sur sa caméra.

En tout cas, le suspens fonctionne dès le début, avant même la disparition, puisqu'à chaque instant, on se dit "c'est maintenant". Et bien non, ce sera pour plus tard jusqu'au moment où... Et là, aucune explication logique n'apparaît, c'est le doute qui s'installe et plane sur notre flic désespéré et prêt à tout. Sommes nous face à une machination, un enlèvement longuement préparé, une vengeance,une fuite volontaire, un malheureux hasard... Pour savoir, entraînez vous un peu au sprint et allez courir avec le charismatique Yvan Attal. A moins que vous ne préfériez la force tranquille d'un parfait Pascal Elbe. Je m'inquiète tout de même pour Yvan Attal. A chaque film, je le trouve de plus en plus pâlichon. Il devrait prendre des vacances bien méritées au soleil. J'aurais dû l'inviter à m'accompagner en croisière en Turquie. Un peu de soleil lui ferait du bien et sa compagnie ne m'aurait pas déplue !

Bon, je m'égare et conclue donc : film de très bonne facture ! Pas une minute d'ennui à l'horizon, même si le film n'est pas particulièrement nerveux. La tension est dans les personnages, dans la situation.

A noter que ce film rend quelque part hommage, par une note après la dernière image, aux milliers de personnes (plus ou moins médiatisées)qui disparaissent en France chaque année. Qui sont retrouvées, ou pas.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 9 Septembre 2011

Aujourd'hui je largue les amarres ! Vacances, une semaine sur l'eau, à bord d'un Caïque Turc (Goélette) pour du cabotage dans la région de Bodrum, Turquie.

Au programme RIEN !!!!! REPOS !!!!

RIEN et REPOS signifient baignades, plouf et splach dans l'eau, éventuellement un masque et un tubas, lésarder sur le bateau,  bronzer, faire la sieste, bouquiner, accoster de temps en temps sur une plage, peut-être se chausser pour aller un peu randonner tranquille, bouquiner, papoter, bien manger, dormir et surtout regarder et admirer les magnifiques paysages qui vont défiler sous mes yeux ! En prendre plein les yeux !!! Recharger les batteries, larguer les amarres, prendre le large, un grand besoin devant les mois prochains qui s'annoncent.

 

 

 

  

 

 

  

 

 

 

Comme d'habitude, en mon absence, pilotage automatique du blog !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Les livres - mon blog et moi

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Publié le 7 Septembre 2011

Roman - Editions Robert Laffont - 161 pages - 17 €

 

 

Parution le 18 août 2011

 

 

RENTREE LITTERAIRE

  

L'histoire : Pendant une longue période, la narratrice n'a plus eu envie et n'a plus fait... Quoi ? Si elle avait 15 ans, on dirait "la chose". Mais comme elle est adulte, on dit "l'amour". Elle a ainsi vécu dans peut-être la pire insubordination de notre époque, qui est l'absence de vie sexuelle... Pourquoi ? Comment ? Et les autres. Ces regards étonnés, admiratifs, éberlués, moqueurs, inquiets, amusés, méprisants, interrogatifs, incompréhensifs.... L'absence n'est pas forcément le vide. La narratrice partage en toute pudeur ce moment de sa vie et lève le masque sur un thème qui, chez chacun, relève de l'intimité autant que de l'hypocrisie.

 

 

Tentatrice : Keisha

Fournisseur : Les éditions Robert Laffont, merci pour l'envoi.

 

 

 

 

 

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Mon humble avis :Qu'est-ce qui se cache derrière ce roman ? Un récit ? Un témoignage ? Un documentaire ? Où tout simplement un magnifique roman ? Laissons le bénéfice du doute qui n'entâche en rien l'extraordinaire talent de l'auteure. Sophie Fontanel évoque une période particulière et d'une manière ou d'une autre, donne la parole à une "armée" silencieuse. Car ne nous leurrons pas, les personnes qui ne connaissent pas de vie sexuelle active sont bien plus nombreuses qu'on ne l'imagine : les célibataires, les malades, les veufs, les divorcés, les personnes isolées, les couples dont les corps ne se rencontrent plus qu'occasionnellement, et encore, par devoir, sans passion, parfois même avec dégoût. Parfois par choix, mais souvent "contraints et forcés" par un élément interieur ou par la situation elle même. Mais tous ces gens se taisent et lorsque l'entourage devine la situation alors les questions deviennent inexorables.

Pour les célibataires : "tu ne dois certainement pas faire ce qu'il faut pour rencontrer quelqu'un !". Là, c'est du vécu et je réponds " Et toi, qu'est-ce que tu as fait pour rencontrer X" ? "Euh..."... "Et tu ne le sais pas, mais peut-être tu aimes les filles..." Parce que quand on n'aime pas un homme et que l'on est pas aimée d'un homme, une partie de la population vous soupçonne d'homosexualité. Non que ce soit une honte, mais c'est la seule explication que certains trouvent à une solitude improbable "toi qui est si dynamique et mignonne"...

Ensuite, vient la question qui n'est jamais posée ouvertement mais qui transpire par tous les pores de la peau des inquisiteurs : depuis combien de temps ? Comment fais tu ???....

Oui mais tout n'est pas si simple. Le corps a ses raisons que l'esprit découvre peu à peu, et l'esprit prend conscience qu'il doit réinvestir son corps, le respecter, aller à son rythme, selon son envie profonde.

Sophie Fontanel répond à ces questions avec tact, subtilité, humour, pudeur, délicatesse et émotion. Elle explique pourquoi son corps s'est fermé et refusé à tout contact corporel. Rien de graveleux dans ces pages au sujet risqué, au contraire une langue magnifiquement maîtrisée, des confidences, des observations, du ressenti, des constats. Et puis, de quelques coups de pinceaux, de délicieux portraits qui vont du goujat parfait, au faux salaud dont le seul crime et l'immense désarroi sont de ne plus désirer sa femme... Sophie Fontanel explore, questionne, observe et remet gentiment à leur place ceux qui s'imaginent que leur modèle est forcément celui qui convient à tous.

Même si l'auteure avoue embrasser son oreiller et manquer de caresse, elle montre qu'une vie solitaire n'est pas une vie vide et n'est pas forcément une fatalité. Une femme qui vit sans plaisir charnel n'est pas nécessairement une fleur fanée. Elle a même le droit d'être épanouie, désirable et désirée... et non désireuse. Et puis,  ce replis sur soi même, même s'il peut-être fortement salutaire ou très mal vécu, n'a rien de définitif. Espoir pour tout le monde.... même si rien de nouveau sous le soleil... Il suffirait de rencontrer la bonne personne.... et surtout, d'être prête à l'accueillir.

Je recommande chaleureusement ce livre à celles et ceux qui traversent un certain désert (non, vous n'êtes pas seuls), à celles et ceux qui connaissent une certaine frénésie sexuelle (ce n'est pas forcément la recette du bonheur) et enfin, à celles et ceux qui pensent vivre une vie sexuelle et sentimentale équilibrée, "normale", MODELE !!!! Ce livre répondra aux questions qu'ils se posent sur les autres et qu'ils devraient peut-être se poser sur eux même...Il y a a autant de modèles dans le genre qu'il n'y a d'individus.... Sophie Fontanel le dit avec beaucoup plus de poésie, de profondeur, de finesse et d'intelligence que moi. C'est ce mot que je retiendrai. L'envie n'est pas qu'une superbe chanson écrite par JJ.Goldman pour Johnny Halliday, c'est aussi un livre très intelligent. Sincère aussi. Et clairvoyant...

 

 

" Pourtant, rien n'a été simple, et ces mots que j'écris me seraient sans doute jadis tombés comme un plomb des doigts, tant j'ai pu à des moments me sentir honteuse de ma particularité, pire que différente. On le sait tous, même les gens différents ont une sexualité digne de ce nom... Tandis que nous, les solitaires, armée non violente sauf contre elle même, incalculabe car inavouable peuplade, nous savons d'instinct que parler, c'est offrir au monde de quoi nous exiler d'avantage... Nous les rassurons sur ce point : aussi aléatoires que soient leurs plaisirs charnels, la preuve est faite, par nous... que leurs manières sont encore mieux que rien".

 

"Derrière mon habitude d'obéir, j'avais la pulsion de m'enfuir..."

 

"Dès qu'on se rencontre soi-même, les autres cherchent qui ça peut bien être."

 

"Pour un évadé, le moindre obstacle prend des proportions dramatiques".

 

" Il y a des limites à ce que les gens peuvent entendre"

 

"Aucun ne supportait ma solitude parce qu'elle aurait pu être la leur"

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 5 Septembre 2011

Il y a quelques jours, je vous présentais ce livre ICI

J'y ai relevé de nombreuses citations. Habituellement, j'achève mon billet par quelques unes d'entre elles, les autres entrant dans la postérité de mon oubli.

Dans ce livre, je ne veux en oublier aucune. Aussi, le seul moyen est de les consigner ici. Démarche donc purement égoïste mais qui je l'espère, sera également pour votre plus grand plaisir !

 

Toutes ces phrases sont donc de Julien Blanc-Gras...

 

 

 

"Le passeport vous donne les clés de la planète".

 

"Je savais un peu mieux qui j'étais, quelqu'un capable de débarquer seul en terre inconnue, loin de ses bases, et de créer une situation.

 

" Rien ne m'empêche de considérer le tourisme comme un cours de géorgraphie à l'échelle 1, et la géographie comme le terreau de toutes les sciences humaines. Sous les cartes, les hommes. La dynamique du monde ne s'appréhende pas dans un fauteuil.. Je ne dois pas traîner, des civilisations s'écroulent au moment où j'écris et d'autres émergeront à la fin de cette phrase".

 

 

 

En évoquant des émigrés kurdes ou autres...

"Je travaillais à l'usine pour pouvoir voyager. Ils avaient beaucoup voyager pour venir travailler à l'usine".

 

 

"Je crois qu'il y a deux catégories de gens qui ne sortent pas de chez eux. Dans le premier cas, c'est simple, ça ne leur vient même pas à l'idée. Dans le second, ils n'osent pas, considérant que l'inconnu est dangereux. Il ne faut pas les bâmer. Vu de loin, le monde est effrayant. Je pense qu'en regardant où on met les pieds, nos baskets ne craignent rien"

 

" Dieu m'intéresse surtout pour ce que les gens en font".

 

"J'ai connu moi aussi la tentation de l'humanitaire. L'humanitaire n'a pas voulu de moi. Soit. Si je ne peux pas sauver le monde, je le raconterai"

 

"Des dizaines de mendiants allongés par terre. Ne pas croire qu'ils sont fainéants. Simplement, ils n'ont pas de jambes, ou alors pas de bras. Ces gens là, estropiés passent leur journée à chanter le nom de Dieu.... La foi, c'est ce qui reste quand on a plus de jambes."

 

"Il est toujours un moment dans la vie d'un voyageur où, passée l'euphorie béate de la découverte, on se surprend à maudire la population locale. Pour sa lenteur, l'aberration de l'organisation, les trous dans la route, la chiasse, bref, pour de mauvaises raisons. Ca passe vite, c'est dans le processus qui conduit à l'amour éternel d'un pays"

 

"Les prophètes sont au moins d'accord sur un point : la vérité est ailleurs. Ca m'arrange, c'est là que je vais."

 

"j'ai raté ce jour là, j'ai raté la vague. On relache son attention deux minutes et la vie vous passe à côté sans vous attendre. J'aimerais m'en foutre, je n'y arrive pas."

 

"Le paradis n'a pas d'adresse. Il se déplace à la surface de la planète pour offrir des moments furtifs à ceux qui savent les saisir."

 

" Le touriste navigue entre ces humeurs au gré de l'état de son âme. Parfois, il aide. Sa simple présence remplit les estomac. Parfois, il altère, il dénature, ravage les endroits qu'il visite, le plus souvent, par ignorance. Il ne sauve pas le monde, il n'est pas là pour ça. Le touriste finit toujours pas rentrer chez lui."

 

"Voler en business, c'est être chez soi au coin du feu avec un bon livre et la planète qui défile sous votre hublot".

 

"Dans les pays corrompus, il est très désagréable d'avoir affaire à des incorruptibles".

 

"Prendre une photo, c'est prévoir se souvenir du passé dans un futur prochain. Je mitraille, j'archive et je ne regarde jamais. Je pourrais me débarasser de cet appendice inutile".

 

"J'ai visité Sydney, Montréal, Tokyo, New York et leurs petites soeurs. Qu'en ai-je tiré, passée la jouissance éphémère de la découverte touristique ? Il me faut des voyages plus signifiants. Des voyages qui dépassent ma petite personne".

 

"Dois-je refuser de donner du travail à des gens qui m'en demandent pour satisfaire ma bonne conscience anticoloniale ? Non, je ne le crois pas. Ce serait préférer l'idéologie au bon sens"

 

"Retrouver ses amis identiques.... Revenir différent"

 

"Nous sommes les touristes de luxe de l'évolution, les simples passagers d'une époque. Nous avons visité la Terre, nous l'avons magnifiée et dévastée, nous allons repartir."

 

"C'est le plus beau paysage que j'aie vu. Ce n'est pas jardin d'Eden. Seulement un endroit à l'écart du tumulte des humains. Nous sommes sur le domaine des arbres et ils sont silencieux."

 

"On peut dire que nous avons ét bons amis pendant quelques jours."

 

 

 

Ce ne sont que des extraits, mais dont je veux me souvenir. Bien souvent, un extrait perd la saveur qu'il trouve dans son ensemble... Je ne peux que vous inviter à lire ce livre dans son entièreté et à décider quelles sont les phrases que VOUS voudrez en retenir.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #récits ou romans de voyages

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Publié le 3 Septembre 2011

Roman en V.O - Editions Faber & Faber - 320 pages - 9.05 €

 

 

Parution en format poche Juin 2011

 

 

Ce roman sort en version Française chez Acte Sud le 7 septembre 2011

 

Rentrée littéraire

 

 

 

L'histoire : Depuis 7 ans, Miles fuit son passé New Yorkais à travers les Etats-Unis. Son passé : Peut-être qu'il a tué son frère, ou pas. Il ne sait pas si le geste était intentionnel, ou pas.

Là, il est en Floride. Sa petite amie est mineure de quelques mois. Devant les menaces de dénonciation, il fuit à nouveau, mes vers le nord, vers l'origine de l'histoire. Juste pour quelques mois. Invité par son ami Bing, il les passera dans un squat d'un quartier de  Brooklyne : Sunset Park

 

 

 

 

 

Tentation : Envie de connaitre mieux l'auteur, la 4ème et l'occasion de relire en V.O

Fournisseur : Achat dans la gare Eurostar de Bruxelles !

 

 

 

 

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Mon humble avis : De Paul Auster, je n'ai lu que "Dans le Scriptorium", roman étrange que j'avais adoré. D'où mon envie d'approfondir l'oeuvre de l'auteur et pourquoi pas en Version Originale, histoire de lire le vrai, le pur, le célèbre, le presque légendaire Paul Auster, grand représentant s'il en est de la littérature contemporaire Américaine.

Autant dire que je ne suis pas très initiée à l'univers de l'auteur, et que je suis donc mal placée pour dire si Sunset Park est un roman typiquement Austérien or not !

Les anglosaxons sont encore plus doués que nous pour parsemer couvertures et 4èmes de couverture de phrases  et de slogans tous plus accrocheurs, tous plus prometteurs les uns que les autres (ici : wonderfully, unpredictable, fascinatingly enjoyable....) Comme j'aimerais qu'il n'en soit rien, que la couv me montre une belle photo, un titre, mais soit vierge de tout le reste... Cela, pour n'attendre rien qu'une histoire sans idée préconçue.

Car de ce fait, cette lecture m'a relativement déçue. Je la qualifierais même de lecture yoyo, qui oscille entre le captivant et l'ennuyeux au possible. Cela partait pourtant très bien, j'aimais ce personnage dont le métier est de photographier les maisons et les objets qui y sont abandonnés par des propriétaires ruinés par la crise et expropriés. Là, j'ai lu de très belles pages sur ce que notre monde peut montrer de plus laid, les limites et l'inhumanité du système et ses conséquences.

Puis les lenteurs se sont installées et j'ai regretté de ne pas avoir passé de Master en histoire du base ball Américain.... Car les résultats des matchs et le destins des grands joueurs de la deuxième moitié du 20ème siècle occupent plusieurs dizaines de pages ! (dans mon souvenir en tout cas !)

Puis l'histoire reprends, Paul Auster nous présente de nouveaux personnages,  qui parfois sont intéressants, banals mais uniques dans leur individualité et leur détresse. Le problème est que tout semble survolé et surtout les relations qui se nouent ou se renouent entre les protagonistes. Je me demandais où Auster m'emmenait, j'attendais avec impatience que Miles affronte enfin son passé.... Et bien affrontement n'occupe finalement que quelques lignes. Il y avait de quoi livrer un roman "really appealing" alors que les émotions peinent vraiment à coming through ! Une accroche disait donc vrai sur la 4ème : This is Auster, nothing turns out as ou expect. ... Oui, j'attendais vraiment autre chose, même si j'ai tout de même eu l'impression, par moments, de lire de très bons passages.

L'impression qui règne lors de la lecture de ce roman, depuis son début jusqu'à sa toute fin, est celle d'un gâchis, un gâchis de vies brisées ou jamais écloses. Un gâchis de manque de communication. Le désastre de notre époque qui s'immisce dans l'économie et dans l'intimité de chacun. Bref, rien de très optimistic ici !

Et la lecture en VO dans tout cela ! Ca c'est positif ! Bientôt dix ans que je n'avais rien lu dans la langue de shakespeare et, malgré mes craintes.... Et bien, c'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas. A part quelques mots purement descriptifs qui n'apportent rien à l'intrigue et bien j'ai tout compris ! Enfin, je pense. J'ai lu ce livre avec presque autant de fluidité que s'il avait été en français. Ce qui me fait dire que : soit mon anglais est super top, soit le style d'Auster est super simple ? Je pense qu'il y a une bonne dose des deux, dit elle avec modestie... non, c'est que franchement, dans ma manière de vaguement traduire (lire en anglais ne demande pas une traduction littérale, mot à mot, qui ne signifierait rien. On traduit sans traduire vraiment en fait !), où plutôt de penser certains passages, je trouvais même l'écriture à la limite de la mièvrerie. Je sais, je vais me faire plein d'ennemies, on va se demander pour qui je me prends pour écrire de telles sornettes à propos d'un écrivain si adulé... Et bien ce n'est que mon humble avis. Je suis passé en grande partie à côté de cette oeuvre; J'ai la sensation d'avoir lu un projet de livre, et non un livre abouti au potentiel développé. Ce qui ne m'empêchera pas de lire d'autres livres d'Auster, un écrivain que j'ai envie d'aimer ! Il est réputé pour posséder son propre univers. J'y suis entrée avec Dans le scriptorium, et j'aimerais y rester. Ce ne sera pas avec Sunset Park, un titre pourtant assez onirique non ?

 

 

 

Ceci est une lecture commune avec Keisha.... So, have a look !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 1 Septembre 2011

Synopsis : On ne choisit ni ses parents, ni ses enfants !
Paul de Marseul, propriétaire d’un prestigieux vignoble à Saint Emilion a un fils, Martin, qui travaille avec lui sur le domaine familial. Mais Paul, vigneron exigeant et passionné, ne supporte pas l’idée que son fils puisse un jour lui succéder. Il rêve d’un fils plus talentueux, plus charismatique… plus conforme à ses fantasmes de père ! L’arrivée de Philippe, le fils de son régisseur va bouleverser la vie de la propriété. Paul tombe en fascination devant ce fils idéal. Commence alors une partie d’échec qui se jouera à quatre : deux pères, deux fils, sous le regard impuissant des femmes qui les entourent. Et au moins l’un d’entre eux n’a plus rien à perdre …

  

  

Drame avec Niels Arestrup, Lorant Deutsch, Anne Marivin, Patrick Chesnay, Valerie Mairesse

  

  

Scénario de Gilles Legrand et Delphine de Vigan

 

 

  

 

  

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Mon humble avis : Il s'en passe des choses dans les caves... On n'y fait pas que déguster et recracher des grand crus, on n'y fait pas que fabriquer avec patience et passion un millésime forcément supérieur au précédent.... On s'y déchire, on s'y déteste. On espère y gagner, oh non l'admiration, à peine la reconnaissance, mais juste l'amour de son père et si c'est encore trop, et bien au moins son respect. C'est le cas de Martin qui aimerait aussi recevoir le savoir que la famille se transmet depuis des générations. Mais rien, son père ne lui donne rien. Au contraire, il lui préfère de plus un plus un autre fils, celui du régisseur, qui possède toutes les qualités pour devenirle fils rêvé. Martin ne récupère que miettes, mépris, propos plus qu'outrageants et phrases assassines.

Voici un film français comme je les aime. Des photos magnifiques des vignobles du  St Emilion, une incursion dans le monde viticole et une histoire de famille. L'atmosphère se fait de plus en plus étouffante, la tension monte. Et pourtant, on espère toujours que le père et le fils vont se rencontrer, que ce père détestable va tendre une main, que le fils va se révolter. Personnellement, si j'étais Martin, il y a belle lurette que j'aurais pris mes cliques et mes claques. Mais il est attaché au domaine...

L'histoire n'est pas forcément originale, mais la réalisation est parfaite et le scénario très subtile, tout comme les personnages. Au début, on croit Paul, le père, âpre et maladroit, on le découvre anguleux et haineux et pire encore manipulateur et machiavélique. Les dialogues sont aux petits oignons acidifiés et prennent toutes leur ampleur grâce au jeux parfait de tous les acteurs, Niels Arestrup et Lorant Deutsch en tête. Mais n'oublions pas Patrick Chesnais, Valérie Mairesse, Anne Marivin et Nicolas Bridet qui participent tous à la réussite de ce film.

Pour moi, c'est un film parfait (pour qui aime les films lents, sans réelle action). C'est un film atmosphérique, psychologique mais ou rien ne déborde, ni dans le pathos, ni dans l'excès de bons sentiments. C'est un film dérangeant, où les gens ne s'aiment pas de façon politiquement correcte. Et c'est terrible. Des scènes très fortes (notamment celle ou Martin hurle sur son père que "ce n'est pas ça être un père") jusqu'à une fin édifiante et qui, quelque part m'a soulagée... Et puis, il y a la voix de Bashung qui chante les mots bleus... et l'on se dit que vraiment, le talent de Delphine de Vigan est présent dans ce film ample aux qualités multiples (gustatives, visuelles, humaines...)

Un film acre qui se déguste comme un grand cru, même si l'acreté vous laisse un goût amer dans la gorge, dans le coeur, une sensation douloureuse dans tout votre être. Un  film dont on peut dire, comme d'un vin, qu'il est brillant et épanoui, à la rétro olfaction certaine...

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 30 Août 2011

Récit - Editions Au diable Vauvert 259 pages - 17 €

 

 

 

Parution en mai 2011

 

 

Le sujet : "Certains veulent faire le leur vie une oeuvre d'art, je compte en faire un long voyage. Je n'ai pas l'intention de me proclamer explorateur. Je ne veux ni conquérir les sommets vertigineux, ni braver des déserts infernaux. Je ne suis pas aussi exigeant. Touriste, ça me suffit. S'adonner à des activités non productives mais enrichissantes. Le touriste inspire le dédain j'en suis bien conscient. C'est un cliché qui résulte d'une honte de soi, car on est toujours le touriste de quelqu'un."

Des favelas colombiennes aux hôtels clubs tunisiens, en passant par les karaokés du Yang-tsé-Kiang, les villages oubliés du Mozambique, les vagues polynésiennes, les plateaux de Bollywood, le tumulte du Proche-Orient et même par la Suisse, ce promeneur globalisé nous guide à travers l’inépuisable diversité des mondes.

  

 

Tentatrice : Keisha

Fournisseur : Keisha et son son livre voyageur, merci livre voyageur

 

 

 

 

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Mon humble avis : Là où Vincent Noyon, dans son Touriste professionnel, voyageait dans un but précis : écrire des guides de voyage, Julien Blanc Gras erre sur la planète au gré de ses envies, de sa curiosité, pour faire de sa vie ce qu'il a choisit d'en faire : un long voyage. Un rêve qu'il nourrit depuis tout petit, à l'époque où son doudou était une planisphère gonflable. On assiste donc à la réalisation de ce rêve. On suit pas à pas Julien qui s'affranchit de plus en plus. Des débuts timides à Londres, un coup d'essai en quelque sorte. Et 250 pages plus loin, nous voici au Mozambique sur un lieu qu'aucun pied humain n'a encore foulé. Entre temps, nous sommes allés au Népal, en Colombie au fin fond des favelas, on a risqué la crise de nerf dans un aéroport Suisse, on a discuté avec des Israéliens et des palestiniens qui veulent tous la paix mais ne voient pas comment y parvenir, et pour cause de plage paradisiaque, on a manqué "la vague".... Notre jeune voyageur s'est un peu professionnalisé au fil de ses voyages (via l'écriture et le reportage). Et oui, il faut bien gagner sa vie pour s'offrir la vie que l'on s'est choisi. Mais pas à n'importe quel prix...

Ces récits sont passionnants, pertinents, caustiques, parfois très drôles mais aussi désespérants, voire exaspérants.... et pourtant, que peut on faire ? Avec bon sens, Julien Blanc Gras met le doigt sur les non sens de notre monde, que ce soit en terme de mondialisation ou en mode local fond du monde.... Où, au fin fond de Madagascar, le gendarme du village est aussi corrompu que toute une classe politique, même si, au bout du monde, cela se compte en quelques litres d'essences transformés en litres de vin mais qui, de ce fait, ont laissé périr 18 personnes en mer. On constate aussi avec effroi les envers de la médaille de certaines missions botanistes ou autre... Bref, partout où il y a de l'homme, il y a de" l'hommerie" pour le pire, comme pour le meilleur. Car sur son chemin, Julien Blanc Gras nous fait rencontrer de sacrées personnes et rien que pour cela, on aimerait le suivre et voir le soleil se lever... ailleurs.

 

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Ce livre est un excellent témoignage de voyages, qui amène à réfléchir sur les motivations qui poussent justement certains à partir ou pas, sur le fonctionnement et les dysfonctionnement du monde, sur les préjugés qui conduisent souvent notre route au bout de la rue, sur notre place dans le monde et la réussite de l'objectif de notre vie. Et pour ma part, ce récit me prouve qu'en réunissant ma volonté, mes capacités, mes envies et mes rêves, je ne saurais jamais atteindre cette dimension du voyage, même si, par moment, j'ai bien eu l'impression de la frôler ! Mais l'essentiel est de voyager à sa dimension, tout en respectant celle des autres et en n'oubliant jamais que voyager, c'est faire un pas dans l'infini.

 

 

J'ai relevé nombre de citations.... D'ailleurs tellement nombreuses que je ne peux y faire un choix. Elles feront donc l'objet d'un autre billet pour ne pas trop allonger celui ci et ne pas perdre votre attention !

 

 

Lecture commune avec A Girl From Earth

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #récits ou romans de voyages

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Publié le 28 Août 2011

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Hervé Commère, auteur Rennais rencontré au Festival de la Rue des Livres à Rennes en mars dernier, en pleine dédicace de mon exemplaire de son nouveau thriller : Les ronds dans l'eau...

 

 

 Un thriller qui prend racine il y a 30 ans mais qui se déroule de nos jours entre Rennes, Rouen, la côte Bretonne et l'Angleterre...

 

Un thriller où, finalement, le personnage principal est le hasard...

 

 

La tentation était donc trop forte d'orienter mon interview sur les thèmes suivant : choix, hasard...

 

 

 

 

 

A priori, vous semblez vous spécialiser dans l’écriture de polars/thriller.... Est-ce par hasard ou par choix ?

Les deux. J'aime les polars, et j'en écrirai encore. Mais j'aime aussi d'autres formes. Mon premier roman n'était pas un polar, d'ailleurs. Ce qui est à peu près sûr, c'est que mes trois prochains romans seront encore dans le genre policier. Ensuite, on verra...

  

 Comment écrit on un livre comme “les ronds dans l’eau” : un canevas, un synopsis très précis ou laisse-t-on place au hasard ?

Je vis avec une histoire durant des mois, quotidiennement, en prenant des notes. Et puis tout finit par s'imbriquer, se mettre en place, et finalement l'histoire est complète. Arrive le moment de l'écriture. Moi, je commence à écrire quand l'histoire est terminée, précise.

Après, bien sûr, l'écriture apporte plein de choses, des détails qui surgissent, une espèce d'improvisation de dernière minute qui donne de la couleur et du relief à l'ensemble.

 

Quelle est la part d libre arbitre et du choix, du hasard, dans l’écriture lorsque l’on veut être publié : faut il suivre un schéma, une mode, corriger et renoncer à l’important ou juste tomber au bon moment au bon endroit ?

Je crois ne pas pouvoir vous dire grand chose sur le sujet. Je ne sais pas ce qu'il faut faire pour "être publié". Il suffit de voir tout ce qui sort en librairies, on voit bien que tout est possible, tous les genres sont admis. Je vois l'écriture comme un espace de liberté, l'endroit et le moment où, justement, il est permis de ne penser qu'à soi, sans se soucier du regard des autres. Ecrire, ça peut faire se sentir libre. Etre publié, ça n'est qu'une reconnaissance. C'est formidable, c'est certain, mais le premier plaisir, c'est d'écrire.

Quelqu'un qui joue de la guitare chez lui prend du plaisir. Il sait qu'il n'enregistrera jamais d'album, qu'il ne fera jamais l'Olympia, mais qu'est-ce-que ça change ? Au moment où il joue, il est bien, et c'est tout ce qui compte.

 

 A propos de mode, est-ce un choix réactionnaire d’écrire un thriller sans hémoglobine ni viscères éviscérées à chaque page ou est-ce juste parce que cette violence ne s’est pas imposée d’elle même ?

La violence physique ne me touche pas vraiment, le sang ne me fascine pas du tout. Là, je me rends assez compte que je nage un peu à contre courant dans le domaine du thriller mais je n'y peux rien, ça n'est pas mon truc. J'aime assez m'identifier quand je lis un livre ou vois un film. C'est la même chose dans mes romans, j'ai envie que le lecteur s'imagine à la place du héros, un gars comme tout le monde à qui, soudain, il arrive quelque chose d'incroyable.

 

N’auriez vous pas été gangster dans une autre vie par hasard ? Et si vous aviez été gangster, quelle spécialité auriez vous choisie?

Désolé de vous décevoir mais non, je n'ai pas été gangster, juste patron de bar (mais c'est déjà pas mal !). Quelque chose me fascine dans le mode de vie de ces gars, pouvoir tout quitter en deux minutes, comme dans "Heat". Mais ça ne m'attire pas personnellement. Et puis il y a un fossé entre le banditisme et la littérature. Je préfère à coup sûr la littérature. Petite confidence : ce fossé sera le thème central de mon quatrième roman. Mais on a encore un peu le temps.

  

Quel est le choix que vous regrettez et celui dont vous êtes le plus fier ?

Je ne regrette rien. Je suis heureux, c'est un peu sinueux et j'aime ça, ça vit. Ce que je pourrais regretter, c'est parfois de ne pas avoir osé assez vite, d'avoir manqué d'audace ou d'à propos, et de me dire ensuite "J'aurais dû, ça aurait été drôle". Il y a quelques mois, j'ai croisé Dave dans la gare de Rennes. Il était hilare, avec deux autre types. J'ai voulu prendre un air las et, sans m'arrêter de marcher, lui dire "Hé Dave, tu te calmes un peu, s'il te plait", ça m'aurait fait rire tout seul. Mais je n'ai rien fait.

Ce dont je suis le plus fier, par contre, je sais très exactement ce que c'est et je ne vous le dirai pas !

 

Quel est la pire crasse que le hasard ait pu vous faire ?

J'ai plutôt l'impression d'avoir eu souvent de la chance.

Il y a environ dix ans, vers une heure du matin, une voiture a défoncé la vitrine de mon bar au Mans. J'avais une dizaine de clients. Un type ivre mort qui voulait se garer pour prendre un verre. Grosse frayeur. Le coup du sort, c'est qu'on enterrait mon grand-père le lendemain. Un peu trop d'émotion en trop peu de temps, peut-être...

  

Si le hasard faisait bien les choses, que vous arriverait il ?

Il ferait gagner ma soeur au Loto, et elle m'en donnerait une partie.

 

 Finalement, qui est le plus fort, le choix ou le hasard ?!!!

Sans hésiter : le choix.

 

Le hasard peut-il être un choix ? Dans ce cas, reste-il le hasard ? Où le hasard doit il être inconscient pour garder sa qualité première ?!!!

On peut tout tenter d'anticiper, deviner les choses et prévoir la suite, quelque chose peut surgir et changer le cour des choses. La vie n'est faite que d'imprévus. Des non-fumeurs attrapent le cancer du poumon, des misérables gagnent au loto. Il faut vivre sans penser à tout ça, sans quoi on ne fait rien.

Mais dans un coin de nos têtes, nous dire qu'on ne maitrise peut-être pas la suite. Finalement, c'est peut-être juste être un peu humble.

 

Rennes : choix ou hasard ?

Je venais de vendre mon second bar, ma chérie cherchait du travail. On visait le grand ouest. Elle a trouvé à Rennes. Voilà.

Sinon, pour ce qui est d'y situer l'action de mon roman, désolé de décevoir la bretonne que vous êtes, mais mon roman ne se déroule que là où j'habite. Si je vivais en Haute-Garonne, "Les ronds dans l'eau" se déroulait sans doute à Toulouse. Si je vivais encore à Rouen, ce serait là-bas.

 

Quels sont vos 3 derniers coups de coeur littéraires ?

Si vous deviez piocher dans un bac, quel est le livre aimeriez vous en sortir pour l’emmener sur la plage cet été ?

Il y a quelques mois, j'ai lu "Si ce livre pouvait me rapprocher de toi", de Jean-Paul Dubois. Je crois avoir au passage découvert mon auteur favori, l'élégance et la désinvolture, l'humour et la distance, l'ironie, un charme total et constant. Quand je croiserai cet homme, je lui serrerai la main chaleureusement, ça ne lui fera ni chaud ni froid et ça achèvera de me séduire !

J'ai lu tout récemment un roman de Laurent Chalumeau, "Les arnaqueurs aussi". C'est un polar très drôle, ça n'arrète pas, c'est vif et plein de surprises, ça m'a rappelé Frédéric Dard, et j'ai ri tout seul à plusieurs reprises. J'aime ça !

Sinon, je suis en train de lire un gros roman très noir, que mon éditrice m'a conseillé. C'est publié chez Fleuve Noir, c'est "Meurtres pour rédemption" de Karine Giébel. J'en suis à la moitié, c'est d'une noirceur profonde, et parfois la lumière perce. On prend ces éclats de lumière comme l'héroïne, en plein coeur. On s'y accroche comme elle, en attendant la suite, c'est dur et beau, parfois tendre mais cruel, et au fond, vivant. Je suis content que vous me demandiez un livre à conseiller, ça me donne l'occasion de citer ce roman. Je suis fier de faire partie de la maison d'édition qui a permis à ce livre d'exister.

 

 

merci

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Interviews exclusives !

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