Publié le 25 Octobre 2011

 

Roman - Editions Grasset - 283 pages - 18 €

 

 

 

Parution en janvier 2011

 

   

L'histoire : Week end du 14 juillet. Comme chaque été depuis 16 ans, trois couples et deux de leurs enfants se retrouvent dans la villa de l'un deux. Un week end immuable, des habitudes, des traditions. Le feu d'artifice. Et puis, un garçon étrange qui semble venir de nulle part annonce la mort prochaine du grand pin qui protège tout ce petit monde sur la terrasse. Cet été là, rien ne se passera comme prévu. Ce sera la fin de quelque chose pour tout le monde ou pour chacun ou pour quelques uns.... Allez savoir...

 

 

 

Tentation : La couverture

Fournisseur : La bib' 

 

 

 

 

    

   

 

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Mon humble avis : Encore un billet qui ne sera pas facile à écrire tant j'ai aimé ce livre, sans doute pour des raisons proches de l'intime, même si ce roman peut certainement vous séduire pour d'autres raisons ou les mêmes si l'on se ressemble quelque part.

Ce livre, je le regarde depuis quelques mois. Ce transat libre en bord de mer m'invitait à m'y asseoir, à m'y installer. Même si je n'ai jamais été dupe. Malgré le confort du siège et l'évidente beauté de l'environnement, je savais bien que mes pieds ne reposeraient pas sur un sol doux et délicat comme peut l'être le sable... Mais sur un sol dur, instable, où les angles sont arrondis par le temps, un temps qu'on appelle érosion... des galets...

Je pourrais presque cesser ici ce billet tant cette couverture évoque parfaitement les pages de livre.

Cet été là. J'ai tout aimé dans cette lecture. Je passerai donc sur le style, le rythme etc...

L'atmosphère des week ends prolongés sur la côte, en famille ou entre amis, les virées sur la plage, les parties de tennis, un coucher de soleil, la mer, la plage, tout cela est parfaitement décrit. Chacun arrive et tente de trouver sa place dans une communauté créée pour quelques jours, dans une maison où il n'a pas ses repères, où il n'est qu'invité. Véronique Olmi doit être dotée d'un sens de l'observation extraordinaire pour remarquer et isoler du reste des paroles, des gestes, des regards à priori insignifiants et pourtant lourds de sens.

Cet été là est l'histoire d'une véritable mascarade : les relations amicales, familiales, sociales. Où chacun essaye d'être ce qu'il pense que l'autre attend de lui. Où il faut protéger les apparences. Où il faut se montrer chaleureux, inquiet du bien d'autrui mais abattre un couperet sitôt que l'autre dépasse certaines limites, entre dans l'intime, l'intime qui dérange. Personne ne veut l'intime de l'autre par peur d'être envahi ou de ne pas avoir la réaction adéquate. On veut garantir son confort, ne pas être bousculé, alors qu'on pourrait aussi être aussi rassuré... Et pourtant, c'est dans l''intime (les joies et les peines les plus profondes) que l'autre est, qu'on le connaît réellement et qu'on peut alors dire : j'aime cette personne. Cette personne est mon amie, mon mari, mon fils...

Tout cela est excessivement bien rendu dans ce roman. Chacun des personnages voudrait dire quelque chose d'important sur (ou pour) lui. Plusieurs fois, ils prennent leur élan... Et s'interrompent par peur ou sont systématiquement interrompus par les autres qui, n'écoutant pas, maintiennent la conversation à niveau plus trivial, plus conventionnel. C'est terrifiant de voir à quel point des gens qui se disent amis peuvent ignorer et fuir la vérité de leurs proches.

Chacun de ses 6 adultes se retrouvent face à la fin d'un moment de sa vie, à un tournant parfois invisible mais nécessaire, souvent indépendant de la volonté. Des choix sont à faire. Des décisions à prendre. Bien sûr, le personnage qui m'a le plus touchée est celui de Lola. Bientôt quadra, elle a eu une vie tellement bien remplie qu'elle force l'admiration et l'envie de tous mais se retrouve les mains vides. Et puis cette impression que jusqu'à maintenant, la vie menée  n'était qu'un brouillon et qu'il serait temps de vivre pour de vrai, normalement, de réfléchir, de construire, de marcher dans une direction continue. Il lui semble être en bout de course alors que rien n'a commencé pour elle.

Enfin, il y a le personnage évoqué dans la 4ème de couv, Dimitri. Il annonce que le grand pin est malade et va mourir si rien n'est fait. A un moment, Denis dit "vous avez tous vus un dimitri différent". Ma version, c'est que ce personnage n'existe pas, qu'il est la petite voix intérieure de chacun qui dérange ou rassure, tantôt confidente ou tantôt source de danger. Sa prophétie s'adresse à chacun des personnages, aux couples réunis sous le toit de la villa... Vigilance, à force de vous ignorer et de vous croire immuables, vous êtes en danger.

Je suis désespérée, c'est le premier livre que je lis de Véronique Olmi et il est impensable qu'il soit le dernier. Encore un romancier qui me séduit au premier coup de plume et que je me promets de suivre... En plus, encore un livre emprunté à la bib, et que je vais devoir rendre...

 

"Cet été là" : Subtil, sublime et symbolique, incontournable.

 

 

 

 

L'avis de Clara ;

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 23 Octobre 2011

Synopsis : Le quotidien des policiers de la BPM (Brigade de Protection des Mineurs) ce sont les gardes à vue de pédophiles, les arrestations de pickpockets mineurs mais aussi la pause déjeuner où l’on se raconte ses problèmes de couple ; ce sont les auditions de parents maltraitants, les dépositions des enfants, les dérives de la sexualité chez les adolescents, mais aussi la solidarité entre collègues et les fous rires incontrôlables dans les moments les plus impensables ; c’est savoir que le pire existe, et tenter de faire avec… Comment ces policiers parviennent-ils à trouver l’équilibre entre leurs vies privées et la réalité à laquelle ils sont confrontés, tous les jours ?

 

 

Drame avec Karine Viard, Marina Foïs, Joey Starr, Maïwenn, Nicolas Duchauvel, Naidra Ayadi, Sandrine Kimberlain,

 

 

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

 

 

 

 

 Prix du jury au Festival de Cannes

 

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Mon humble avis : Il est des films dont on aimerait qu'ils n'existent pas, tant ils semblent impensables même dans nos pires cauchemars. Et souvent, ces films sont aussi nécessaires et ont un extrême mérite d'exister. Polisse est de ceux là. Vous ne pouvez imaginer comme je suis contente d'avoir ri au éclats 3 jours plus tôt devant le film "Bienvenue à bord". Car avec Polisse, c'est un tout autre voyage, un voyage dans le pire de l'Homme, dans sa perversion consciente ou non, dans les bas fonds de notre monde (quel que soit le milieu socioculturel) et les victimes sont âgées de 0 à 18 ans. Je pense avoir rarement vu un film à la violence psychologique aussi forte, parce que quelque part, il ne s'agit presque pas d'un film, mais limite d'un documentaire, donc de l'effroyable réalité. Peu ou pas de sang, pas de flingues dégainés à tout va. Non, nous suivons le quotidien d'une dizaine de flics, tous membres de la Brigade de Protection des Mineurs. Et franchement, on se demande comment ces hommes et ces femmes font pour ne pas pêter les plombs après ce qu'ils entendent ou voient à longueur de journée. On sent ses flics passionnés par leur métier, investis plus qu'ils ne le faudrait parfois, isolés par le métier et souvent "sur le fil". Car évidemment, lorsqu'on est de la BPM, le soir, on ne raconte pas vraiment sa journée à sa femme et ses enfants.... Alors nos flics deviennent une famille et s'offrent des moments de décompression. Et ces moments nous font du bien à nous aussi, car l'atmosphère est très lourde. L'ambiance dans la salle est étrange. On passe du silence de plomb où chacun se prend de plein fouet la violence des propos (violence réelle ou suggérée, tant dans le sens que dans les mots usités, les images qui se créent dans notre esprit...) à l'éclat de rire devant des échanges complices entre flics. Oui, heureusement que nous avons ces sas de décompressions, même si le cynisme et le drame n'est jamais loin. Et puis, on participe un peu à la vie personnelle des flics, on assiste à la naissance d'une romance... On est tout de même au cinéma.

Entre les moyens dont manque la police et les divers services sociaux, les valeurs qui ne sont plus les mêmes, l'évolution humaine qui se constate dès la cours du collège.... bref, notre monde  prend l'eau, Polisse n'est pas optimiste et met souvent mal à l'aise. C'est un film qui interloque, qui laisse sans voix, qui coupe le souffle comme un coup de point dans le ventre. Mais c'est un témoignage et un outil de prévention à montrer à n'importe quel parent.... Parents, ouvrez les yeux, regardez autour de vous, observer, prévenez, informez, expliquez à vos enfants le vrai et le mal, l'Amour.... Ça parait dérisoire de dire cela et peut-être malvenu de la part d'une célibataire sans enfant....  Mais après quelques exemples, vous ne me trouverez peut-être pas si effrontée.... Une jeune fille de quatorze ans, qui s'est fait voler son portable au collège, a accepté le chantage de sa "copine"... On lui rend son portable si elle fait une fe***tion à ses 4 copains... Autre exemple : Karine Viard pête les plombs car sa collègue lui reproche de surfer sur le net pendant le boulot... : "Et bien figure toi que ce matin, j'ai bu mon thé devant une fillette de 11 mois qui avait le va*in défoncé par son père depuis plusieurs mois alors merde, j'ai bien le droit de penser un peu à autre chose."

Bref, ce film est très dur mais remarquable, tout comme la brochette d'acteurs. Mon seul bémol irait à la présence de Joey Starrs, qui a ici le bon rôle, ce qui détonne avec ses frasques reconnues et récurrentes.....Ca fait un peu "repenti".

 J'espère vraiment que c'est un film qui pourra faire bouger les choses et entre autre, apporter à la police le respect qu'elle mérite. Un film qui nous fait avoir honte de l'ampleur que prennent nos petits tracas perso ou pro lorsque l'on voit ce que ces flics vivent à longueur d'année. Deux mots résument mon ressenti : Effroi et RESPECT. Oui, IMMENSE RESPECT pour ce film qui laisse abasourdi.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 21 Octobre 2011

 

Vous voici devant l'odyséee partielle d'une banane au Sri Lanka... Un chemin parcourru semé d'embuches que vous n'imaginiez pas et qui fait que désormais, vous ne mangerez plus une banane sans une pensée pour toutes ses petites mains qui, par collis postal, vous ont envoyé ces bananes.

 

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  Moi même qui ai vécu quelques années sous des tropiques producteurs de bananes, j'ai appris au Sri Lanka ceci :

Après la production et la récolte des régimes, la plante ne meurt pas; un ou plusieurs rejets latéraux prennent alors le relais en un nouveau cycle. La pérennité du bananier est ainsi assurée par ce mode de reproduction végétative.

 Cette espèce de chose informe que nous voyons ici en photo deviendra un bananier...

      Le bananier est une plante annuelle qui mesure de 6 à 8 mètres de haut, dont chaque régime pèse environ 25 kg et qui peut compter jusqu'à 250 fruits, tous dressés pointe en l'air. La banane, ne mûrissant pas sur pied, doit donc passer par une mûrisserie durant une période de 4 à 10 jours pour devenir le fruit ferme, coloré et savoureux que nous connaissons.

(extrait de   http://slenderline.com/infos/le-saviez-vous/banane.php et divers autres sites)

 

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Origine de la banane: du sud-est asiatique, une vaste région s'étendant du Nord-est de l'Inde à l'extrême nord de l'Australie

 

  En Inde et au Sri Lanka, la banane était considérée comme le fruit du paradis et les Hindous prétendent qu'Ève a offert une banane à Adam. Au Sri Lanka on ajoute que les feuilles de bananiers leur servirent à se vêtir lorsqu'ils furent chassés du paradis terrestre;

 

En langage scientifique, ce que vous voyez ici donne cela :

le bourgeon (popotte) pend verticalement. Celui-ci est composé de spathes violacées (bractées) et à l'aisselle de chacune de ces spathes se trouve un groupe de fleurs placées en deux rangées serrées. Le bourgeon continuant sa croissance, les spathes se soulèvent et généralement tombent, laissant apparaître les fleurs, dirigées obliquement vers le bas. Les premiers groupes sont les fleurs femelles, les organes femelles (ovaire, style et stigmate) étant proportionnellement mieux développées que les organes mâles (étamines). Après avoir produit un certain nombre de fleurs femelles, et presque sans transition, la tige florale ne porte plus que des fleurs à ovaire réduit, appelées fleurs mâles et dégénérant rapidement.

Le fruit : Alors que continue la croissance du bourgeon, les styles et stygmates des fleurs femelles se dessèchent tandis que l'ovaire se développe et devient fruit ou "doigt" tout en se redressant vers le haut pour chercher la lumière.

 

 

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  Ces fameux doigts qui vont donner des bananes on les voit sur chacune de ces photos, en vert au dessus, en jaune ci contre...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Le régime prend alors une allure définitive, composé d'un certain nombre de mains ou "pattes", nom donné à chaque groupe de fruits issu des fleurs femelles.

 La récolte ou fanaison s'effectue en coupant, à l'aide d'une machette, le régime complet de bananes avant leur pleine maturité.

 

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Ensuite, les régimes et mains de bananes sont mis dans des bacs d'eau... 

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  Et chaque main et netttoyée, savonnée, "désinsectivée"... manuellement, pas d'autre petites mains dont le métier est, à longueur de journée, de nettoyer des bananes quasiment une par une...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     

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  Un tri est effectué en fonction de la taille et de l'apparence de la main de banane.... La voilà partie sur un plateau roulant...

 

 

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  La main de banane passe alors devant une jeune femme qui d'un pinceau, applique un genre de "vernis colle" pour que là où la main de banane a été coupée, cela ne suite pas pendant le long voyage aérien (etc)... qui attend notre banane avant de se retrouver dans votre rayon fruits et légumes.

 

 

  

 

 

 

 

 

Enfin, d'autre jeunes femmes, toutes menues, mettent en cartons plusieurs centaines que kilos de mains de bananes à longueurs de journée... 

 

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  On a l'impression, en les regardant faire, qu'elles ont l'oeil si aiguisé qu'elle devine quelle main de bananes complètera paraitement leur cartons, avant de pouvoir fermer leur emballage plastique...

 

 

Et les hommes dans tout cela ??? Que font ils ???

 

 

 

 

 

 

 

  Ils sont derriere et, également à longueur de journée, déplient et mettent en forme les cartons que leurs collègues remplissent ensuite de bananes... qui, pour la plupart, n'arriveront pas chez nous mais plutôt au Moyen Orient.

 

 

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Et soudain, dans la ferme d'exploitation que nous visitons, nous croisons ces deux chiots, qui ne sont pas pouilleux et qui ressemblent étrangement à des chiens de races très courrus par chez nous...
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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyages en Asie

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Publié le 19 Octobre 2011

Synopsis : Isabelle, DRH d’une grande compagnie maritime, a commis l'erreur de choisir pour amant son patron. Avant d'embarquer pour la croisière inaugurale du fleuron de la flotte, il décide de la débarquer de sa vie et de son boulot ! Certaines femmes se vengent par le poison, l'arme à feu, ou la calomnie. Elle, elle choisit Rémy, chômeur flamboyant qui a tout raté sur terre et qui se dit qu'après tout sur mer.... Isabelle le recrute comme animateur. Il va d'abord se révéler être le pire cauchemar du PDG et du Directeur de Croisière, puis, peu à peu sur ce palais des mers, Rémy va trouver sa voie, l'amour et le succès. Il changera sa vie et celle de tous ceux qui croiseront sa route à bord...

 

 

 

Comédie avec Gérard Darmon, Valérie Lemercier, Franck Dubosc

 

 

 

 

  

 

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Mon humble avis : Et oui, vous devez me trouver bien ecclectique dans mes goûts... Il y a quelques jours, j'octroyais mes 4 étoiles au film The Artist, plutôt art et essai, en noir et blanc et muet.

Et ce soir, je rentre de croisière dans la caraïbe sous un ciel bleu délicieux et un film merveilleusement léger et hop, 4 étoiles aussi. Tout simplement parce que ce film a rempli entièrement son contrat, j'ai eu ce que je voulais voir, même mieux car je m'attendais à du lourd parfois et finalement... Dans sa catégorie de bonne comédie pétillante, ce film excelle. Je ne vois rien à y redire. J'ai ri de bon coeur, j'admire vraiment les dialoguistes car plus d'une répartie dans ce film mérite le panthéon du cynique drôlissime. Bref, ce film met de bonne humeur, certains paysages font rêver et les gags s'enchainent mais avec un naturel remarquable. Franchement, je me demande où les scénartistes trouvent toutes ces idées. Les acteurs, on les connait bien pour la plupart. Mais je vous entends déjà rugir... Oui, mais il y a Dubosc que je ne supporte pas. Argument réfuté car il faut reconnaître qu'il excelle vraiment dans ces rôles d'abrutis touchants, drôles qui, à l'insu de leur plein gré, arrangent souvent bien les choses. Ok, Dubosc ne se renouvelle pas dans ses rôles au  cinéma. Mais il fait ce qu'il sait faire et le fait bien.

Dire qu'à l'origine, je m'étais inventé un prétexte remarquable pour justifier mon envie de voir ce film... qui se déroule sur le Costa Atlantica, fleuron du célèbre croisièriste italien Costa. Et oui, en tant qu'agent de voyage, ma conscience professionnelle me soufflait qu'il serait bien utile de connaître un de ces bateaux de l'intérieur ! Oui, je sais, je n'assume pas mes goûts. Mais en tout cas, j'ai bien fait d'écouter ma conscience professionnelle. Est-ce que cela m'a donné envie de faire une croisière Costa... Mes moyens me l'interdisent et j'ai d'autres priorités. Mais si Mr Costa me proposait un petit éductour, je ne refuserai pas.

Franchement, Bienvenue à Bord m'a fait passer un chouette dimanche aprem, avant d'entamer une nouvelle semaine ou plus simplement encore, d'allumer ma télé et de tomber sur les infos... terribles innondations en Thaïlande. J'ai bien fait de rire pendant le film ! Et j'espère que demain, au travail, les clients m'interrogeront plus sur les croisières que sur les inondations en Thaïlande. Bienvenue à bord, un film qui fait oublier le reste !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 17 Octobre 2011

Roman - Editions Plon - 190 pages - 18 €

 

 

Parution en août 2011

 

 

Rentrée littéraire septembre 2011

 

 

L'histoire : La narratrice est avocate, parfois dans le droit du travail, et souvent, un peu gratuite.... Avant une audiance, elle suffoque d'angoisse et tombe dans les pommes. Pour elle, elle meurt, elle a l'habitude de mourir. En fait, elle fait le grand écart entre ses idéaux d'enfants, ses idées d'adultes et le monde tel qui l'est. Forcément, ça donne le vertige, surtout quandl'enfant courrait sur les cailloux chaud de Djibouti.

 

 

 

Tentation : Le pitch et Babelio

Fournisseur : Babelio et Editions Plon, merci pour l'envoi.

 

 

 

 

 

 

étoile2.5 

 

 

  Mon humble avis : Ce livre est une autofiction.... Ce qui signifie que l'histoire est vraie, même si l'auteur, qui se met en scène, peut prendre toutes les latitudes possibles pour lui donner une dimension romanesque, quitte à maquiller, à exagérer ou à taire certains évènements.

Le fond est louable et le sujet nous affecte certainement tous un peu quelque part. Ce que nous étions enfants, ce que nous voulions devenir et ce que nous sommes. Entre ces états, il y a des trous plus ou moins béants chez chacun de nous. Donc ce sujet est assez universel. C'est plus la forme qui m'a moins convaincue. Cette alternance entre les temps. Le présent où une assez belle écriture frôle parfois une crudité inutile. Dommage, car ce texte compte de nombreux passages magnifiques et pas mal de "phrases citations" à cocher dans la marge. Le passé, tellement poétique qu'il m'a souvent échappé dépassé. Il décrit l'enfance de Sigolène à Djibouti... et finalement, il me reste assez peu d'images fortes et précises de cette époque, à part les machoires de requins que je visualise très bien.

 Ensuite, il est souvent question de positionnement politique dans ce roman et cela m'a fatiguée car pour moi, le fond de la question n'est pas là et on s'éloigne du sujet. Peu importe que la gauche soit extrême ou à droite, Sigolène veut changer le monde et elle n'y parvient pas. Alors certes, cette partie sert surtout à évoquer l'influence paternelle dans la vie de l'auteur, de ce père ancien militant plutôt désenchanté et illuminé... La seule vérité, c'est le rêve... Ensuite, il y a la mère, qui parle en majuscule (un peu comme dans le roman de Sandrine Soimaud, Tu) et qui est si fière du métier de sa fille qui "TRAVAILLE TROP". Sigolène se plaint toujours qu'elle est en train de mourir, et cela m'a agacée. Sigolène est donc en burn out et atterrit quelques jours en unitée psychiatrique, où elle ne prendra aucun médicament. Elle dresse une galerie de portraits d'une poignée d'autres occupants du service, tous "dingues" d'une façon ou d'une autre. Ces portraits peuvent être touchants, je les ai trouvés plutôt caricaturaux et très résumés. Et de ces 4 jours en unité pyschiatriques, il ressort quantité de dialogues entre patients, dialogues qui semblent n'avoir ni queue ni tête (sens caché forcément, étant donné l'état psy) qui ne sont pas franchement agréables à lire ni même drôles. Les échanges Sigolène/psy m'ont même paru improbables donc peut enrichissant. Le seul moment drôle est finalement trop pathétique pour me faire rire. Enfin, c'est pendant ces 4 jours en unité psy que l'auteur trouve "la solution à sa vie"...Et plutôt que ces délires entre patients, j'aurais préféré suivre son cheminement plus en profondeur. De même, mettre autant de temps pour une si simple réponse... Je ne sais pas, je trouve étrange que Sigolène attende d'avoir bien dépassé la trentaine pour retourner sur ses racines qui lui manquent depuis si longtemps.... Bref, il était temps ! Il était temps aussi que je partage de l'empathie avec cette jeune femme qui finalement ne m'a pas émue plus que cela alors qu'elle avait vraiment matière à le faire avec son sujet. C'est quand elle retourne à Djibouti que je me suis  retrouvée plus en phase avec elle, quand elle réalise que les choses ont changé, que les cadres ne sont plus à leur place, qu'elle n'est pas de "là-bas" comme elle le pensait. Cette partie là m'aatteinte car je l'ai vécue, dans une autre dimension. Deux ans en Guadeloupe, un retour pour de mauvaise raison en métropole. Et des regrets, des regrets jusqu'à une marche arrière inévitable. Retour sous les tropiques.... Oui, les choses ont changé, les souvenirs sont toujours plus beaux que la réalité car seuls les souvenirs ne changent pas.

De très beaux passages, des vérités exaspérantes mais si bien dites sur notre système et le métier d'avocat, un sujet louable mais qui pour moi, à cause d'effet de genre littéraire, est un peu survolé. En fait, je pense que ce livre aurait gagné en émotion par une narration moins stylisée, plus linéaire. Un récit m'aurait sans doute plus touchée qu'une autofiction en fait. En attendant, cette lecture me laisse partagée...

 

 

"Va plutôt te rouler te rouler dans les feuilles mortes, celles qui se sont toujours bien foutues du tronc et des racines, car c'est sur les branches qu'elles poussaient" 

 

 

 

L'avis de Cathulu, Praline

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 15 Octobre 2011

Synopsis :  Hollywood 1927. George Valentin est une vedette du cinéma muet à qui tout sourit. L'arrivée des films parlants va le faire sombrer dans l'oubli. Peppy Miller, jeune figurante, va elle, être propulsée au firmament des stars. Ce film raconte l'histoire de leurs destins croisés, ou comment la célébrité, l'orgueil et l'argent peuvent être autant d'obstacles à leur histoire d'amour.

 

 

Film avec Jean Dujardin, Bérénice Béjo, John Goodman et Uggy le chien !!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : Il n'est pas aisé d'évoquer un film si inhabituel dans ma "filmographie". Je suis allée voir The Artist par curiosité, considérant cette séance comme une expérience de cinéphile, et surtout, un sacré voyage dans le temps. En effet, au cas où vous ne le sauriez pas, ce film rend hommage aux débutsd'Hollywood et du cinéma : il est en noir et blanc et muet complètement ou presque...

Ce n'est pas par le scénario que ce film brille, car celui ci est somme toute assez banal mais par le culot qu'il représente : remettre l'ancien au goût du jour et de ce fait à l'appréciation de chacun. Et franchement, je me suis régalée, envahie par une certaine nostalgie, et émue de réaliser ce qu'étaient réellement les prémices de ce 7ème art que l'on regarde maintenant dans des mégacomplexes UGC, CGR, Gaumont.... Et touchée que notre époque ultra modernisée sache encore rendre compte de ce passé, comme si l'on y était...

Car en 1927, les films muets étaient diffusés dans des théâtres et dans la fosse, c'est un orchestre qui, en direct, jouait ce que l'on appelle aujourd'hui la Bande Originale.

The Artist est en noir et blanc. Et pourtant, comme ce film est lumineux, les jeux de lumières se remarquent beaucoup plus que dans les films actuels. Mêmes les comédiens retrouvent une grâce et une classe magnifique, même si un peu désuètes.

Le film est muet.... De temps en temps, une phrase en sous titre vous permet de comprendre le sujet global d'un dialogue... Mais l'on se rend vite compte que l'on peut comprendre énormément sans mots, tant les expressions des comédiens et les situations mises en place sont parlantes. Et pourtant, je n'ai pas eu la sensation d'un sur jeux de la part des acteurs. Tout m'a semblé naturel en fait.... Et lors d'une scène (un cauchemar de Jean Dujardin), on constate avec presque effroi tous les bruits que nous apporte le cinéma parlant et on réalise alors, incrédule, que depuis le début du film, il n'y a eu aucun bruit de pas, de voiture, de claquement de porte.... Et que tout cela ne nous a pas manqué !

L'histoire commence en 1927, très vite arrive 1929 et la grande dépression américaine... Intérêt supplémentaire en passant.

Et les artistes ? Bravo les artistes. Jean Dujardin mérite amplement son prix d'interprétation au festival de Cannes. Et l'on se dit que nous avons un acteur Français qui sait tout jouer, même du muet made in Hollywood. Cocorico ! Bérénice Béjo est radieuse, charmante et très juste. Un atout charme indéniable dans ce film. Enfin, comment ne pas citer l'atout humour et attendrissement : Uggy le chien. Excellent, il apporte un peu de légèreté aux moments plus graves. En tout cas, bravo à son dresseur !

Par contre, j'ai eu un peu de mal à comprendre l'obstination de Jean Dujardin dans son refus du cinéma parlant... Et puis l'on se dit, quelle aventure le cinéma... Et à chaque époque, les professionnels de la profession ont du s'adapter. ll y a eu le muet, le parlant, puis la couleur, les images de synthèses qui remplacent 1000 figurants par 10 figurants en copier/coller) et maintenant, la 3 D. Jusqu'où ira le cinéma ?

En attendant l'avenir, un voyage dans le passé ne fait pas de mal. Vous voulez un grand moment de cinéma... En 2011, The artist en est un, assurémenUn enchantement qui s'achève en apothéose : un numéro de claquettes où nos deux acteurs sont plus que sublimes !  Quel magnifique hommage au 7ème art ... et surtout aux artistes !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 14 Octobre 2011

100_0172.JPGIl y a quelques jours, alors que j'étais encore à Bordeaux, je suis retournée une nouvelle fois dans le salon de la Librairie Mollat. Cette fois ci, c'était pour écouter l'écrivain Emmanuel Carrère, venu présenter son dernier ouvrage intitulé "Limonov". A priori, le sujet de celui ci ne me tentait pas trop, mais l'auteur a une fois de plus été captivant alors pourquoi pas prévoir un emprunt en librairie :

 

 Extrait 4ème de  couv « Limonov n’est pas un personnage de fiction... Il a été voyou en Ukraine ; idole de l’underground soviétique sous Brejnev ; clochard, puis valet de chambre d’un milliardaire à Manhattan ; écrivain branché à Paris ; soldat perdu dans les guerres des Balkans ; et maintenant, dans l’immense bordel de l’après-communisme en Russie, vieux chef charismatique d’un parti de jeunes desperados. Lui-même se voit comme un héros, on peut le considérer comme un salaud : je suspends pour ma part mon jugement. C’est une vie dangereuse, ambiguë : un vrai roman d’aventures. C’est aussi, je crois, une vie qui raconte quelque chose. Pas seulement sur lui, Limonov, pas seulement sur la Russie, mais sur notre histoire à tous depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ».

 

 

La salle était bondée, j'ai eu la chance d'avoir une place assise et ainsi de pouvoir prendre des notes... Voici un aperçu du principal, de ce que je parviens à relire et à replacer dans le contexte avec assez d'assurance pour ne pas trahir les propos d'Emmanuel Carrère.

 

 

Qu'est-ce qui a conduit Emmanuel Carrère a écrire ce livre ?

EC " Lorsqu'on écrit sur des faits réels, on écrit sur des choses qui s'imposent, qui arrivent à vous. Parfois, c'est vous qui allez vers quelque chose ou quelqu'un qui ne vous a rien demandé. Ce livre est venu vers moi par circonstances accidentelles. Limonov a vécu environ 10 ans à Paris et j'ai eu l'occasion de le rencontrer à quelques reprises en tant que journaliste. Limonov est un écrivain baroudeur, c'est un peu un Jack London Russe"

 

http://enfinlivre.blog.lemonde.fr/files/2011/08/Edouard-Limonov1.jpg

Limonov a aujourd'hui 68 ans. Dans les années 90, horrifié par la chute du communisme, il est rentré en Russie pour créer le Parti National Bolchevique. Il est alors devenu "infréquentable". Dans les années 2000, Limonov a été emprisonné. En 2006, l'assassinat d'une opposante au régime pousse Emmanuel Carrère le journaliste à se rendre en Russie. Lors de son reportage, il découvre que dans le milieu des opposant, Limonov était en sainteté et ses milices considérées comme l'avenir du pays...

 

Emmanuel Carrère s'est dit ne rien comprendre au pays. Il est alors retourné en Russie 15 jours, afin d'effectuer un reportage sur Limonov lui même.

 

"Je suis rentrée intrigué par ce personnage. Je me suis dit que cela valait la peine de continuer, d'où l'existence de ce livre à présent. Je voulais que ce livre soit comme un roman d'aventure et aussi un livre d'histoire. Limonov était un très bon fil conducteur avec une trajectoire personnelle qui traverse 50 ans d'Histoire".

 

Limonov, c'est un tas de vies successives. Il a traversé 7 ou 8 univers à priori complètement différents, qui n'ont pas de raisons de communiquer. Un exemple fou : Emprisonné dans un camp de travail à régime dur, Limonov y a reconnu les WC d'un  hôtel de luxe qu'il avait fréquenté à New York, sanitaires dessinés par un certain Philippe Stark. A ce jour, Limonov n'est plus un écrivain, mais un homme politique qui voudrait redevenir Lénine.  C'est un peu tout cela qui m'a donné envie d'écrire ce livre.

 

 

Comment Emmanuel Carrère a t-il procédé pour rédiger ce livre ? http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/9/5/0/9782818014059.jpg

Il  s'est basé sur les livres de Limonov et son autobiographie qui comporte une dizaine de volumes. "J'ai pris partie de faire confiance en Limonov, sur la véracité de ses écrits, Limonov étant un auteur assez dépourvu d'imagination."

 

L'arrière plan historique a été l'objet de nombreuses lectures, rencontres, et s'est enrichi d'ancien et de nouveaux voyages. Puis il y a eu des recherches sur des points précis. Parfois, il y a eu des témoignages lorsque c'était possible, mais pas d'enquête systématique.

 

"Je voulais faire quelque chose d'accessible au lecteur pas forcément passionné par le sujet. Donc il m'a fallu concilier un travail de pédagogie et un travail de littérature. Je ne souhaitais pas de notes en bas de page par exemple."

 

"C'était un livre amusant à écrire mais avec tout de même de sérieuses difficultés, concernant les traits déplaisants du personnage, son fascisme. Ses années 90, qu'elles soient politiques ou guerrières, étaient difficile à avaler pour moi et ne pouvaient donc pas être traitées avec désinvolture. D'où l'arrêt de l'écriture de ce livre pendant un an..."


 

100 0163Quelle est la position d'Emmanuel Carrère et la présence de l'auteur dans ce livre ?

Dans ces 4 derniers ouvrages, Emmanuel Carrère est présent dans ses livres de façon assez naturelle. (excepté pour le Roman Russe). Il est important de préciser que depuis 10 ans, l'auteur a abandonné la forme romanesque pour choisir de décrire le réel. Pour l'instant, ce choix lui convient et, toujours pour l'instant, il n'a pas l'intention de revenir au roman).

Emmanuel Carrère juge important qu'il explique dans son livre la raison du choix du sujet et surtout, sa position et ses doutes face aux comportements de Limonov. La présence de l'auteur lui même dans son livre met les choses en perspective. "Pendant que Limonov faisait cela, qu'est-ce que je faisais, moi, qui suis plutôt un écrivain bourgeois, pas du tout du même bord que Limonov. Notre seul point commun est notre passion pour Alexandre Dumas que nous avons lus tous les deux dans notre jeunesse."

 

 

Emmanuel Carrère est il un écrivain engagé ?

"Je n'ai pas d'engagement politique direct dans mes livres et suis même à l'écart de toute vision politique, même si la politique prend une place importante dans l'histoire. Les livres posent des questions de valeurs politiques".

 

"Mon engagement qui va de soi est celui ci : Démocratie et droits de l'homme que l'on aimerait étendre partout. Pour Limonov, cela est de la fantaisie. Pour lui, la démocratie et les droits de l'homme relèvent du même système que le colonialisme catholique des siècles précédents. Pour moi, voir ces valeurs et notre monde à travers les lunettes d'un étranger était intéressant."

 

 

Comment Emmanuel Carrère définit son livre Limonov ?

"Un livre écrit avec plaisir car il n'y avait pas d'enjeu personnel, excepté que le fait que je réprouvais Limonov. Ce livre n'est ni un roman, ni un essai. C'est de la narration.

C'est un livre sur le problème universel : les valeurs que nous considérons et voulons comme universelles ne sont justement pas universelles."

 

 

Limonov a -t-il lu Limonov ?!

Oui, Limonov a lu le livre. Mais comme il est très orgueilleux, il garde une espèce de réserve. Mais il est tout de même content. De plus, ce livre remet les siens en lumière qui sont d'ailleurs réédités, notamment chez Albin Michel.

 

 

Limonov s'appelle t-t-il vraiment Limonov ?

Non, son vrai nom est Savenko. Limonov est donc un pseudonyme inspiré de...

Lemon en anglais, acidité

Et Limonka (orthographe hasardeuse de ma part) qui signifie en ??? : grenade (l'arme, pas le fruit ni l'île tropicale !)

 

 

Quand à moi... Il est des mains que l'on admire pour le pouvoir, leur savoir... Celle d'un chirurgien, d'une couturière, d'un boulanger, d'un peintre.... Et pour moi, il y a aussi les mains des écrivains, ces mains qui écrivent ces livres, mais pas que... Je réalise que les auteurs parlent aussi beaucoup avec leurs mains et qu'en photo, cela donne de drôles de résultats... Aussi, ai-je décidé de commencer une collection de photo de mains d'écrivain.

1ère photo :

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Auteurs : rencontres et conférences

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Publié le 13 Octobre 2011

http://images.allocine.fr/medias/nmedia/18/82/95/84/19735985.jpg

Synopsis : Juillet 1979, pendant les vacances d’été dans une maison en Bretagne. A l’occasion de l’anniversaire de la grand-mère, oncles, tantes, cousins et cousines sont réunis le temps d’un week-end animé. Qui plus est, la chute d'un satellite est annoncée.... Certains disent en Bretagne.

 

 

 

Comédie avec Julie Delpy, Lou Alvarez, Laure Atika, Bernadette Lafont, Denis Ménochet.....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

étoile2.5

Mon humble avis : L'atout principal de ce film est sans contest la reconstitution parfaite de la fin des années 70, tant dans les décors, les allures des personnages, leurs tenues vestimentaires, leurs préoccupations. C'est ce qui amène des rires francs et mérités de la part des spectateurs qui se souviennent de cette époque et de certains aspects disons euh... ridicules ! La distribution est réussie et le jeu de acteurs parfait, avec une mention particulière pour la jeune Lou Alvarez que j'ai trouvée très à l'aise, naturelle.

Pour le reste, je suis mitigée. Le scénario n'a rien d'exceptionnel même si certaines scènes sont jubilatoires. Mais le début et la fin du film m'ont parus inutiles, des passages semblent interminables (notamment celui sur l'histoire de la sirène dans la voiture).  Au fil du film, la plupart des composants de cette famille paraissent abrutis, voire pathétiques dans leur vision xénophobe et machiste de base du monde. Les autres semblent transparants, inexistants. Bref, leur rôle se limite à de la figuration qui complique juste un peu les choses devant le trop grand nombre de personnages. Au point qu'il faut un sacré bout de temps pour distinguer les couples et leurs enfants..... Certains me semblaient encore orphelins à la fin du film ! Parlons de l'humour,  puisque ce film est classé parmi les comédies.... je dirais comédie de moeurs plutôt cynique. Même si certaines répliques sont hilarantes, on est trop souvent proche du borderline et même complètement dans le too much pour moi. On de dépasse rarement le niveau de la ceinture. Il me semble improbable que des parents puissent tenir de tels propos aussi vulgaires en présence de leur progéniture, des blagues bien salaces qui ne font rire qu'eux mêmes. Bref, un peu de mesure ou de finesse ne m'aurait pas déplue. Je sais, pas évident de doser correctement les ingrédients quand les 3 quarts des personnages ne volent pas très haut. C'est un peu casse figure en fait comme sujet...

Deux scènes m'ont partculièrement émue... Celle où l'oncle Hubert, qui n'a pas toute sa tête et ce qui lui en reste est bourrée de divers neuroleptiques, se met à chanter La balade des gens heureux. Enfin, lorsqu'Albertine éprouve son premier chagrin d'amour.... On a envie de lui dire "courage ma fille, ce n'est que le début", puisqu'effectivement, force est de constater que 30 ans plus tard, dans le fond, les choses n'ont pas beaucoup changé.

Même si ce film en est aux antipodes, j'ai pensé à Mélancholia.... On attend qu'une chose percute la terre. Sauf qu'ici, il n'y pas la même subtilité !!!!

Conclusion : A  voir ou pas ? Oui, pour la reconstitution d'une époque. Sinon, pas d'urgence, pas de chute de Skylab annoncée, ni en Bretagne ni ailleurs !

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 11 Octobre 2011

 Roman - XO Editions - 233 pages - 16.05 €

 

Parution en septembre 2008

 

 Et parution chez Pocket en septembre 2009, 6 € 

  

L'histoire : Il a 30 ans, mène une vie sans réelles ambitions, travaille de nuit dans un sex shop. A quelques jours d'intervalle, il rencontre Alice, étudiante à la Sorbonne, et Dieu en personne. Alice devient sa femme et Dieu son meilleur ami, qu'il retrouve tous les mardi soir pour se taper la discut', philosopher ou se marrer un bon coup. Mais pourquoi Dieu l'a-t-il choisi comme meilleur ami ? Et entre Dieu et Alice, lequel de ces deux personnages va le plus bouleverser et influencer sa vie ?

 

 

 

 

 

 

 

Tentation : A l'époque, j'avais acheté ce livre pour en faire cadeau à ma future belle soeur. Comme elle m'a dit être fan de Zweig, je n'ai pas osé lui offrir ce livre.

Fournisseur : Ma PAL !

 

 

étoile3etdemi

 Mon  humble avis : Le bandeau annonçait un livre drôle, hilarant, léger...

Je n'ai pas ri (je le répète, je n'ai pas la rigolade facile en lecture), j'ai souri souvent et ai été émue aussi. Disons que ce roman a une enveloppe légère pour traiter de sujets plutôt sérieux et lourds. Et là, j'avoue que l'auteur m'impressionne, car il maîtrise le style, son idée de départ, son principe jusqu'au bout, sans déborder, sans frôler le burlesque ni le ridicule. Certes, dans les premières pages, j'ai craint le pire, même le blasphème. Et bien non. C'est respectueux et original. Bien sûr les croyants et pratiquants purs et durs pourraient être choqués par quelques idées et le concept développés par l'auteur. Mais rien de bien méchant au contraire. C'est plutôt de la tendresse qui émane de cette lecture, d'autant que l'on s'attache réellement au narrateur, dont l'évolution au cours de la vie est particulièrement intéressante, même si pas forcément exceptionnelle !

Finalement, Cyril Massarotto amène tout le monde à s'interroger sur sa propre foi ou son refus de foi, et sur sa vision de Dieu, le tout dans une ambiance bon enfant, même si parfois tragique. Il apporte sa vision de Dieu et de ses prétendus ou légendaires pouvoir. Mais aucun prosélytisme dans ces lignes. Juste une invitation à la réflexion sur les relations entre l'Homme et Dieu. De lourds sujets sont abordés, comme le deuil entre autre.

En fait, ce livre donne comme bien d'autres deux lectures possibles... On peut y choisir le pur divertissement. A ce niveau, le livre est une franche réussite, je l'ai dévoré en quelques heures. Et l'on peut y voir de belles réflexions sur l'humain et l'humanité entière, le libre arbitre, et presque un roman aux allures initiatiques, même si, je le répète, le fond de l'air (le style) en fait, est léger et se veut globalement joyeux.

Cette histoire est en fait très humaine, puisque l'on suit notre personnage depuis sa première rencontre avec Dieu, à 30 ans et sur toutes les années qui vont suivre, celles où il construit sa vraie vie d'adulte. On assiste à ses joies, ses peines, ses souffrances, ses doutes, ses amitiés, ses colères ses erreurs, ses victoires, son amour, toutes ces choses qui font la force d'un Homme. Dans l'absolu, l'auteur reste assez consensuel, puisque sa version de Dieu fait que Dieu est Amour, ce qui ne divisera personne. Enfin, j'ai noté quelques passages simplistes, comme celui qui offre une solution à la dépression : il suffirait de regarder le malheur autour de soi, à la TV, les guerres, les famines. Léger, léger. La fin m'a un peu déçue aussi, mais après tout, le vie est peut-être aussi simple que cela

En tout cas, il y dans ce roman une belle homogénéité entre le style et le genre voulu par l'auteur. L'ensemble est maitrisé et fonctionne. Le postulat de départ, original, aurait pu se révéler scabreux. Point n'en n'est. C'est du plaisir, pas si farfelus que ça, de la réflexion et sans hésitation un talent à suivre ! (j'ai deux livres de retard !!!). Ah, j'avais oublié... on peut dire que Dieu est un pote à moi est avant tout une belle histoire d'amour, voire un hymne à l'Amour.

 

Dieu dit : " je n'ai pas de "vraie apparence", je n'ai que celle de votre imaginaire, la forme qui me rendra crédible à vos yeux."

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 9 Octobre 2011

 

Je ne sais qu'une chose, c'est que je ne sais rien". (Socrate). Voici l'essentiel de la naissance de la philosophie, une recherche de la vérité.

 

 

Il y a quelques jours, je me "plaignais" d'avoir pris un coup de vieux devant mon peu d'enthousiasme face à un film américain ultra formaté.

Le 4 octobre, je faisais une cure de jouvence ! Et je récupérais mes 18 ans alors que, devant moi, Raphael Enthoven partait dans des démonstrations philosophiques avec une énergie et un enthousiasme captivants, fascinants. J'étais 20 ans en arrière, en cours de philo au lycée, avec certes, un côté charismatique non négligeable chez ce professeur du jour ! Et franchement, c'était jouissif. Finalement, la philo, ça rajeunit. C'est même je dirais un truc de jeunes capables encore d'une certaine gymnastique de l'esprit. Bon, manifestement, Raphael Enthoven a encore la jeunesse et un sacré entraînement.

 

 

 

Tout d'abord, qui est cet homme inconnu du grand public :

 

Raphaël Enthoven, né le 9 novembre 1975, est un professeur agrégé de philosophie (agreg obtenue en 1999) , sur Lyon, Caen et Paris 7, Science Po et polytechnique. Il est (ou été) aussi animateur de radio et de télévision (sur Arte), chroniqueur à l'Express, pour le magazine Philosophie et enfin, producteur de plusieurs émissions TV où l'esprit de conversation est mis en avant, "la conversation, premier de tous les arts' d'après le philosophe Alain.

 

Auprès du grand public, il est aussi l'ex de Justine Levy et de Carla, devenue première dame de France....

 

Raphael Enthoven a fait un rapide passage à la librairie Mollat de Bordeaux. J'y étais, j'ai écouté, j'ai oublié des choses, ai été dépassée par d'autres et en ai noté certaines. Le motif de cette conférence était la promotion d'un coffret de DVD reprenant certaines de ces émissions "Philosophie" sur Arté le dimanche à 13h30.

 

Voici donc un compte rendu ( que j'espère le plus fidèle possible) désordonné et de miettes de cette rencontre vitalisante :

 

R.E voulait faire de la télé pour démontrer qu'il était possible d'y faire de la philosophie en étant détaché de l'actualité et des impératifs télévisuels. Son émission ne bénéficie pas de montages savantsou de multiples prises. C'est dans une certaine improvisation que se déroule les tournages.

 

"Quand on fait de la télé, on parle aux yeux et le chemin est plus long. La télé est un outil formidable mais mal employé, car on a oublié que c'était juste un outil et non une finalité. Je préfère la radio, média socratique par excellence. Il n'y a pas de plaisir comparable à la radio. On parle directement aux oreilles, donc au coeur. Pas besoin de passer par le fltre du cerveau et on supprime l'inconvénient de l'image qui sature l'imagination. Je me méfie du média internet, qui est l'occasion pour chacun de brandir son expérience comme une norme, ce qui est contraire à la philosophie."

 

Nietzsche disait à Flaubert "Les bonnes idées sont celles qui viennent en marchant".

 

R.E se dit apprenti "Nietzschéen". "J'ai toujours fait cours en marchand, donc là, j'ai du mal à rester assis ! (A savoir que lors de son émission, R.E marche avec son invité). Lorsque l'on marche, on s'endort moins sur ce que l'on pense, la possibilité d'un dialogue sur un objet commun est plus forte, cela  facilite l'improvisation, qui elle même est possible quand on a confiance au problème et à son infinité. Tout cela est moins évident sur un plateau de télévision statique.

 

"La confiance repose sur le doute. Moins on a de certitudes, plus on a la possibilité de faire confiance"

 

"On ne connaît pas la vérité, on ne la détient pas. En revanche, on peut être sincère"

                                                                                                                                              Portrait de Flaubert

"Je suis un immanentiste. (extrait wikipédia :Immanentisme provient de immanence, mot qui signifie : « qui réside dans le sujet agissant », contenu dans la nature d'un être. L'immanentisme est, à partir de là, une doctrine philosophique qui affirme l'immanence de Dieu à la nature. L'antithèse de l'immanence est l'idée que la nature est bénévolement soumise à Dieu ), on ne peut pas être et être au delà. J'ai tendance à croire que le monde est un être entier, unique et sans miroir. Ce qui a été ne peut pas ne pas être. Le fait de vivre précède les raisons qu'on lui donne".

 

Pour R.E, une des façons de s'étonner est de s'intéresser au monde au delà du besoin que l'on en a. Comme un objet peut être très intéressant quand il devient inutile.

 

"Un pouvoir démocratique est un pouvoir qui peut faire l'économie de l'apparat. Pas besoin de sceptre. Alors que Sarkozi peut apparaître en short et baskets après un jogging sur le perron de l'Elysée, Fidel Castro ne peut apparaître en pyjama... Sans son treillis militaire, Castro se dépouille de son pouvoir, ce qui est impossible dans un régime tyrannique."

 

" Le but de la philosophie, si but il y a, c'est le réel, dans sa nudité qu'il faut aimer tout de même. C'est ce que nous savons sur ce que nous ne voulons pas savoir. D'ailleurs, nombreux Dieux et dogmes naissent de ce savoir que nous refusons. Pour savoir ce que l'on sait, il faut se vaincre soit même, ce qui est très difficile. Alors que quand on ne sait pas, on peut toujours apprendre. Philosopher, c'est inviter les gens à savoir ce qu'ils savent, c'est aussi penser au delà de soi même. C'est la conversion d'un savoir en interrogation. C'est une démarche vers... Plus on avance, plus les interprétations du monde sont multiples.

 

Ensuite, il fut sujet des romans...

" Les romans ne sont que des bras armés et pacifistes de ce passage à la connaissance du réel. On ne s'éloigne pas du monde quand on en donne une traduction littéraire, au contraire, on opère à des rapprochements, on serre l'objet, la réalité, l'art difficile de faire simple". La littérature a une vitesse d'exécussion supérieure à la philosophie. Un récit explore ce que le monde a de singulier, dans sa dureté."

 

" To be or not, that's the question ? (Etre ou pas, c'est la question) (et non pas to be or not to be...) C'est l'émerveillement face au monde tel qu'il est, c'est ainsi qu'Orson Welles traduit Hamlet."

 

Je me suis souvent demandé pourquoi,  à la TV, animateurs, journalistes et stars, qui manifestement se connaissent bien ne se vouvoient pas... Voici la réponse de RE :

" Le tutoiement à la télévision est excluant"

 

A propos de l'enseignement :

R.E : Le droit d'être préremptoire et arrogant est aussi une façon d'enseigner, cela permet parfois de gagner du temps.

 

Enfin, je ne sais plus par quel chemin, mais nous en sommes venus aux scarifications. Une collègue de R.E voit autant de scarification dans un tatouage que dans les veines saillantes d'un alterophile (ici, Schwarzy pris comme exemple)...

R.E : "Le tatouage, c'est la fixité dans un élément mouvant, une revendication d'identité. Le tatouage tiendrait plus de l'orphisme (mouvement de la Grèce antique qui se rattache à Orphée et qui a affirme que le salut dépend de la vie sur terre. Seule une vie ascétique peut sauvegarder la pureté de l'âme de l'impureté du corps). D'où le goût de la performance.

Alors que les veine saillante de Terminator sont plus issue de l'idéal de la perfection et du Prométhéisme (croyance en l'homme et en l'action; Prométhée était un Titan Grec)

 

 

 Et voilà, je n'ai pu hélas noter "les délires et démonstrations philosophiques" , tant Raphaël Enthoven s'emballait pendant que je m'emmêlais et réfléchissait. J'en étais encore à la deuxième inconnue de l'équation quand il concluait par un brillant CQFD !

 

Alors pour celles et ceux qui sont arrivés au bout de ce billet, une récompense : 'Une tête bien faite dans une tête bien pleine" et j'ajoute, pas vilaine, contrairement  celle de Socarte qui lui était très laid parait il.

 

 (vous pourrez revisionner le podcast complet de cette conférence ici http://www.mollat.com/ecoutervoir/index.html

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Auteurs : rencontres et conférences

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