Publié le 29 Novembre 2010

 

BD - Editions Quadrant - 143 pages - 17 €

 

Parution : Septembre 2007

 

 

 

Résumé : Jung a 5 ans et erre dans les rues de Seoul (Corée du Sud). C'est un enfant abandonné qui fait les poubelles pour survivre. Un policier le conduit dans un orphelinat. Quelque temps plus tard, Jung s'envole pour la Belgique et découvre sa nouvelle famille.

 

 

 

Tentatrice : Midola, ma bibliothécaire

Fournisseur : La bibliothèque

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mon humble avis : J'étais récalcitrante, cette BD est en noire et blanc. A bon ? Cela n'a eu aucune importance tant j'étais captivée par cette histoire et ces dessins si parlants.

C'est une BD autobiographique. Jung est un BDtiste réputé. Il nous livre ici son histoire avec beaucoup d'humour, d'autodérision et d'émotion, mais jamais de pathos.

On aime tout de suite ce petit garçon. Et il nous fait comprendre bien des choses. Les thèmes de l'abandon, du déracinement, de l'acceptation de ses origines, et de l'adaptation dans un nouvel environnement sont traités ici par un homme qui sait vraiment de quoi il parle, puisqu'il l'a vécu. Enfin, l'adoption vue par l'enfant est assez rare dans les livres.

Cette BD nous emmène aussi en Corée du Sud, pays dont nous ignorons tout ou presque par chez nous. La guerre, la division de la Corée en deux, les conséquences... une leçon d'histoire ne fait pas de mal. Et surtout, on apprend que lorsque histoire et politique se mèlent, on aboutit à un phénomène d'adoption internationale jamais égalée dans son ampleur... Très intéressant de comprendre pourquoi. Vraiment un beau coup de coeur pour cette BD dont je ne tarderai pas à lire le 2ème et dernier tome.

Cette BD plaira à tout le monde (curieux un minimum avec envie de découvrir autre chose). Il intéressera particulièrement les familles s'apprêtant à accueillir un petit enfant du bout du monde, où l'ayant fait récemment. Elle peut être une très bonne introduction pour expliquer et faire comprendre à la famille déjà existante qu'un enfant qui vient de loin, il a déjà une vie, un passé, qu'il a particulièrement besoin d'amour et que toute sa vie, il gardera  des racines différentes.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 27 Novembre 2010

JE PRECISE QUE CE BILLET N'EST PAS UNE INTERVIEW DE L'AUTEUR MAIS LE COMPTE RENDU DE LA CONFERENCE QU'IL  A DONNE A RENNES

 

Jeudi soir, dans le cadre de la Rentrée Littéraire, Les Champs Libres (centre culturel de Rennes) recevait l'auteur Philippe Claudel.

Philippe Claudel est l'auteur des Âmes grises(prix Renaudot 2003, Grand prix littéraire des lectrices de Elle en 2004, consacré meilleur livre de l'année 2003 par le magazine Lire), traduit dans plus de trente pays, de La Petite Fille de Monsieur Linh (Stock, 2005), et du Rapport de Brodeck(prix Goncourt des lycéens 2007). Son premier film, réalisé en 2008, Il y a longtemps que je t'aimeavec Elsa Zylberstein et Kristin Scott Thomas, a reçu deux César. Il a également écrit deux pièces de théâtre : Parle-moi d'amour (créée fin 2008) et Le Paquet (créée en janvier 2010).

 

Le sujet de la conférence était "dans les rouages de l'entreprise", thème principal de son dernier livre "L'enquête", paru pour cette rentrée.

Le pitch du livre : Un homme va enquêter dans une entreprise sur une vague de suicides...

Un sujet très... contemporain...

La conférence a donc porté sur le livre...sur ce qui l'a inspiré : l'actualité sociale l'importance de notre travail...

J'ai pris des notes. Voilà, pelle mèle, ce que ça donne. Je n'ai pas pu tout noter, mais j'ai bu chaque parole du romancier qui a vraiment captivé son auditoire. Conférence passionnante !

 

 

 

 

Tout d'abord, Philippe Claudel se souvient du prix Goncourt des Lycéens qu'il a reçu ici même en 2007

" J'ai l'impression de toujours venir à Rennes ! Les prix des lecteurs sont ceux qui me font le plus plaisir."  Pour le Goncourt des Lycéens, c'est en plus un lectorat très jeune, connu de l'auteur puisque celui ci est enseignant à l'université et éprouve un intérêt  pour le lien avec la jeune génération et une fascination pour la transmission. "La seule limite du Goncourt des Lycéens est que la liste dépende de celle du Goncourt, qui n'est pas choisie par des lecteurs. Mais dans leur choix, les lycéens ont suivi les critères de l'émotion, de l'engagement, de la passion, en se fichant du nom de l'auteur. Il il a donc une grande honnêteté intellectuelle et du coeur autour de ce prix... La capacité d'analyse du livre, la plongée, l'inspection du livre Le rapport de Brodeck faite par les lycéens était épatante et nombre de critiques professionnels devraient s'en inspirer"

 

"Il y a des livres qui nous construisent en profondeurs et qui nous orientent comme une boussole".

 

" Les lecteurs n'influencent jamais ce que j'écris. Je n'écris pas en fonction de mon public, car ce serait plus de la paralysie que de vouloir satisfaire le public".

 

 

Passons maintenant à L'enquête : Pourquoi ce livre ???

 

"Le principe du suicide me frappe beaucoup. Quand cela arrive dans l'entourage, on reste stupéfié devant cet acte violent tant pour le suicidé que pour ceux qui restent. C'est un acte qui va à l'encontre de l'esprit de l'humanité. C'est aussi une façon de pointer du doigt les autres et de dire sans mots "vous n'avez pas été là...". Il y a aussi un jugement de la société, un souhait peut-être de créer un électrochoc."

 

Philippe Claudel est aussi intrigué par les suicides collectifs au Japon "organisés" sur internet. Comment le suicide, acte solitaire et de solitude extrême, peut-il donner lieu à des rendez vous pour passer à un tel acte ensemble. Est-ce pour ce donner du courage ? Dans l'espoir que quelqu'un vous empêchera de commettre ce geste irréparable ???

 

Enfin, l'actualité n'est pas étrangère à ce livre avec les suicides médiatisés chez France Telecom, chez Renault ou dans la police.

 

"Le travail représente un part prépondérante de notre existence et de notre identité, il est donc normal qu'il intéresse un auteur, même si le sujet n'est pas nouveau" (cf Zola, Hugo...)

 

 

 

L'enquête, le livre de l'intérieur...

 

Les fidèles lecteurs de Philippe Claudel trouveront une ressemblance avec ces oeuvres précédentes, dans cette façon qu'il y a de vite quitter la réalité.

 

Ce roman nous interroge sur notre fonctionnement social et économique avec des personnages nommés uniquement par leur fonction et décrits de la même façon, puisque dans notre société, c'est la fonction qui prône. "Inutile de décrire ces personnages, ils se ressemblent tous. "

 

Beaucoup d'ironie et de cauchemars absurdes dans ce livre déroutant où le lecteur est amené à rire jaune ou noir. "Ce n'est pas un rire moqueur mais libératoire".

 

L'entreprise possède toute la ville, c'est une entreprise envahissante qui a pénétré dans tous les lieux urbains où pénètre cet enquêteur...

 

" Je me confronte à un fonctionnement économique que je ne parviens plus à comprendre. Avant, ce n'était pas mieux mais...

Avant, le capitalisme avait un visage, c'était une famille, un patron. Le capitalisme était incarné.

L'actionnariat et la mondialisation sont passés par là. Maintenant, celui qui dirige l'entreprise n'est plus celui qui la possède, ce ne sont même plus des personnes physiques qui détiennent l'entreprise et cette puissance à de plus en plus d'emprise sur nous. C'est de plus en plus nébuleux et c'est un sujet d'angoisse de plus en plus fort pour moi".

 

"Il y a comme un allègement du fais grave, une volonté de ne pas savoir, de ne pas se sentir responsable dans les grandes entreprises"

 

Le personnage de l'enquêteur se demande qui est au dessus de lui, qui le fait agir, qui le manipule ainsi. Philippe Claudel avoue avoir été pervers avec son personnage, c'était aussi une façon de réfléchir sur ce qu'un romancier fait de ses personnages. Le plaisir de l'auteur était de raconté une histoire qui peut se lire comme un thriller, de faire ressentir cette peur, cette oppression, que le lecteur ait l'impression de devenir l'enquêteur.

 

"Je me suis inspiré du mythe du labyrinthe. C'est un homme perdu dans un labyrinthe, mais qui ne cherche pas forcément la sortie mais le Minotaure pour l'interroger, même si le Minotaure se dérobe, même si peut-être, il n'existe pas."

 

"De plus en plus de lieux se protègent et quand on y entre, on a l'impression de pénétrer dans un secret absolu. C'est le monde de l'hyperprotection ou l'élément extérieur est synonyme de danger".

 

L'hypersurveillance est aussi sujet d'angoisse pour Philippe Claudel. "Le traçage par téléphone portable, internet, GPS, cartes de crédit, caméra... On sait ce que je fais, où je suis... Ces instruments de communication seraient des éléments de surveillance épouvantable si notre démocratie venait à disparaître, même si à la base, tout part d'un bon sentiment."

 

" Dans l'histoire, le mal être a toujours abouti a des pics de violence, à des pics révolutionnaires dirigés vers les autres. Maintenant, le mal être n'est plus extériorisé, il est dirigé vers soit même, d'où l'augmentation des suicides... maintenant, on ne peut plus forcément identifier le pouvoir donc on ne peut plus diriger la violence vers l'autre par exemple dans l'entreprise.

 

"La grêve maintenant est trop codifiée et ne sert donc plus à rien. Elle donne juste une illusion d'exister, une illusion de contre pouvoir."

 

L'écriture de L'enquête fur un grand plaisir, celui de jouer avec les mots, de construire une histoire, de faire son travail, de "jouer" avec ce paradoxe, ce dédoublement d'écrire des choses très dur mais de prendre plaisir à le faire le mieux possible.

 

Philippe Claudel aime voyager dans différentes formes littéraires ( fantastiques, burlesques, anticipation, classique...) dans l'espoir de trouver la meilleure forme, sans être sûr d'y arriver. Il aime changer d'outil artistique (roman, théâtre, cinéma) pour exprimer ce qu'il a en lui. Il a la chance de pouvoir aborder différents arts (projet de travailler par exemple avec une chorégraphe sur un ballet)

 

"Le langage est un espace de liberté absolu. On ne peut pas légiférer le langage. Le langage est notre ami et notre traître."

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Auteurs : rencontres et conférences

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Publié le 25 Novembre 2010

Roman - Editions de l'Olivier - 232 pages 18 €

 

 

Parution Aout 2010

 

Rentrée Littéraire Septembre 2010

 

 

L'histoire : Sarah apprend la mort de son frère Nathan. Elle est persuadée qu'il s'agit d'un suicide. Elle lâche prise, par sur le chemin de son frère... Ses pas la mène au Japon, en haut d'une falaise tristement réputée. Elle rencontre Natsume, un homme qui guettent pour que d'autres ne sautent pas. En "retrouvant" son frère Nathan, c'est sa propre vie que Sarah met en lumière.... Et c'est tout aussi douloureux.

 

 

 

 

 

 

 

Tentation : L'auteur, la blogo, les médias, la rentrée littéraire... Bref, plein de bonnes raisons

Fournisseur : La bib'

 

 

 

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Mon humble avis :S'il y a bien une critique que je ne veux pas lire à propos d'un roman d'Olivier Adam, c'est "qu'est-ce que c'est triste". On le sait, Olivier Adam n'écrit pas sur le bonheur. C'est dans l'histoire de la blessure intime, de la disparition, du difficile rapport à l'autre, au monde et à soi même que cet auteur excelle. Des blessures parfois hurlées, parfois cachées mais qui font, au final, autant de dégâts. Si on n'aime pas ces thèmes, on n'ouvre pas ses livres. . Vous pénétrerez dans ce Coeur Régulier pour la qualité extrême de son écriture, pour trouver un écho à votre douleur où comprendre celle d'un proche, d'un autre... Pour appréhender un certain mécanisme. Si vous n'êtes pas prêt à entendre, inutile de tourner ces pages.

Certains lisent ce roman d'une traite, j'en ai été incapable, parce que l'atmosphère est lourde et que saisir le sens profond de ces mots ne se fait pas d'un regard. Il faut les réfléchir, les comprendre, ce mettre à la place de... si besoin. Si vous arrivez dans ce livre avec un esprit cartésien et todo va bene, vous risquez d'inffliger aux personnages de nombreux reproches, parmi eux celui de la lâcheté, puisque nous vivons dans une société qui ne tolère aucune faiblesse.  Non, pour apprécier la magnifique valeur de ce texte, ce témoignage, il faut, ne serait-ce que quelques instants, s'imaginer aller mal, perdre pied, ou  ne jamais avoir pris pied. Car la dépression, quelle soit ponctuelle ou installée, n'a rien de logique, n'a rien de sensé aux yeux du monde, sauf aux yeux de celui qui en souffre et encore.... Je connais le sujet. Olivier Adam en parle de l'intérieur et de l'extérieur... Car c'est dur des deux côtés du mur.

L'histoire de ce livre est, pour moi, plus un prétexte pour plonger dans l'esprit blessé qui se connaît, qui s'ignore ou qui se refuse. Le sujet des rapports filiaux et fraternels, des ressentis d'enfance et de leurs conséquences, le monde du travail sont intelligemment étudiés aussi ici.

J'ai apprécié l'alternance des chapitres... Nous sommes tantôt dans la vie de Sarah avant le drame.... Et tantôt avec Sarah dans ce Japon emprunt de traditions et perdu dans la brume. Chaque personnage est attachant et, celui qui intrigue et fascine le plus est bien entendu Natsume. Ce policier Japonnais à la retraite a passé sa carrière à arriver trop tard. Maintenant, il essaie d'arriver juste à temps, sur les bords de la falaise, pour que les éclopés de la vie renoncent à sauter. Ce qui donne une dimension bouleversante à ce roman, c'est que justement, ce personnage là n'est pas sorti de l'imagination de l'auteur, mais qu'il existe bien. Il existe quelque part quelqu'un qui comme un phare, guette les âmes à la dérive et pose, quand il le faut, une main sur une épaule.

Un livre presque parfait. Comment ça presque ?(ça, c'est ma copine Clara que se dit cela en lisant mon billet !) Oui...J'ai mis un peu trop de temps à différencier 3 personnages japonnais. Et puis trois ou quatre mots dissonnants dans cette somptueuse poésie ambiante et une scène m'ont semblé lâchés là par erreur, troublant une indiscutable harmonie. Certes, chez certains prétendants au Goncourt, ces mots seraient presque châtiés et la scène scène extraite des bisounours... mais moi, ils m'ont heurtée, m'ont coupée dans ma lecture. Enfin, une invraissemblance qui penche vers le cliché... Sarah va voir son frère en clinique psy (me semble-t-il) .... il y aurait plein de médicaments sur la table... Dans ce genre d'établissement, il n'y a jamais un médicament qui traîne...

 

 

"Souvent, entre frères et soeurs, les versions, les ressentis, divergent, c'est parfois spectaculaire au point d'en devenir incompréhensible"

 

"...C'était une autre vie que je ne leur enviais pas tant j'aurais été incapable de la vivre, d'y tenir un rôle."

 

"... on a toujours le choix... entre la main droite et la main gauche. Entre ce qui blesse et ce qui soigne, entre ce qui aggrave et ce qui répare."

 

"Sentir battre en moi un coeur régulier... Même si je n'y parviens pas toujours. Trop souvent, ça bourdonne, et le sang bout, je me sens frénétique et vibrer pour rien, une guêpe piégée par le verre à l'envers.

 

"Vu de près,.... on ne voit rien de sa propre vie. Pour la saisir, il faut s'en extraire, exécuter un léger pas de côté. La plupart des gens ne le font pas et ils n'ont pas tort. Personne n'a envie d'entrevoir l'avancée des glaces. Personne n'a envie de se retrouver suspendu dans le vide".

 

" Il aimait tellement chaque personne qu'il croisait, son amour était envahissant,  baveux, encombrant, dérangeant, personne ne savait quoi en faire, il y en avait trop on finissait par lui rendre et par s'enfuir.

 

" La vie est dure et certaines personnes, à certains moments de leur parcours, ont besoin qu'on s'occupe d'elle. Et nul n'a le temps pour ça. Lui si.

 

"Personne n'a envie de mourir. Tout le monde veut vivre. Seulement, à certaines périodes de votre vie, cela devient juste impossible.

 

 

L'avis de Clara, de Canel

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 23 Novembre 2010

Synopsis : On dit de Lou qu’elle est une enfant précoce. Elle a treize ans, deux classes d’avance et un petit corps qui prend son temps. Elle a une mère emmurée dans les tranquillisants, peu d’amis, et le ressenti aigu d’un monde qui va de travers.
Lou doit faire un exposé sur une jeune femme sans abri. Elle en a vu une à la Gare d’Austerlitz. Une qui fait la manche, demande des clopes, s’endort sur la table du café lorsque Lou lui offre à boire pour l’interviewer.
Elle a 18 ans, s’appelle No, Nora en fait mais tout le monde dit No, et bientôt Lou ne pourra plus se passer d’elle. Mais No est imprévisible, elle a grandi dans les foyers et elle ne ressemble à personne. Un jour, elle disparaît.
Lou la recherche, sûre de ce besoin qu’elles ont l’une de l’autre. Lorsque No réapparaît à bout de forces, Lou sait ce qu’elle doit faire : No viendra vivre chez elle.

 

 

Avec Nina Rodriguez (Lou), Marie Julie Parmentier (No), Zabou Breitman, Bernard Campan, Antonin Chalon

 

 

 

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Mon humble avis : Ce film est l'adaptation du roman éponyme de Delphine de Vigan, chroniqué ICI. Une très belle histoire d'amitié, de main tendue, où ne sont pas forcément sauvés ceux qu'on pense.

Adaptation très réussie, avec finesse et justesse. Le film est très fidèle au livre, à quelques nuances près, j'ai  bien retrouvé ce que j'ai lu. Nous avons moins accès à l'univers intérieur de Lou, cette jeune enfant surdouée, et à son imagination qui m'avait fait bien sourire lors de ma lecture. Zabou Breitman ajoute un regard d'adulte (mais sans jugement ni commentaire) sur les ados et leurs aspirations. J'ai trouvé le film un peu plus aéré que le livre, même si certaines scènes sont très fortes et disent beaucoup du désert affectif des uns et des autres. Le joli minois de Lou,  la nonchalance amusante de Lucas et une superbe bande originale sont pour beaucoup à la lumière du film. Ils permettent de respirer un peu dans un ensemble qui reste grave quoiqu'il en soit. Le sujet vous interpelle forcément, vous remue, vient vous chercher derrière vos retranchements. Enfin, je ne me souvenais pas m'être interrogée autant, dans le dernier quart de l'oeuvre,  sur le personnage de No et sur ce que cache ou pas son comportement et ses addictions. D'ailleurs, une relecture s'impose peut-être car je me demande si Marie Julie Parmentier n'est pas parfois trop extrême dans son jeu pour être complètement fidèle à l'héroïne du roman. Ce serait mon seul mini bémol sur ce film.

Dès la bande annonce, en apercevant le jeune Lucas, je me suis dit : C'est le fils de Zabou ! La ressemblance est frappante dans chaque scène où il figure.... Ce lien de parenté est confirmé sur Allociné. D'ailleurs, le jeune Antonin Chalon a joué dans les 3 autres films de sa mère.

Quant à Nina Rodriguez (lou), elle avait déjà été la fille (petite) de Zabou Breitnam dans le film "Le premier jour du reste de ta vie". J'espère qu'on la reverra bientôt, souvent et longtemps, tant elle est talentueuse et lumineuse.

Peut-on dévier la fatalité et jusqu'où peut-on aller pour cela, que l'on ait 13 ans ou 40 ans, voici les vrais questions de ce film très agréable et réussi.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 21 Novembre 2010

Cet été, mes vacances m'ont conduite chez Keisha, dans le Loir et Cher, à deux pas de la Sologne. Et à trois pas, il y avait Cheverny.... Visite maestro ! Bon, vous aurez ici les meilleures photos prises en trois exemplaires... Sous un ciel gris, entre les gouttes puis, ô surprise, sous un lumineux soleil !

 

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Le Château de Cheverny est aujourd'hui habité par les descendants des Hurault, le Marquis et la Marquise de Vibraye, dont les appartements de trouvent dans l'aile droite. Ce n'est donc pas un monument national mais un château privé... Le Marquis et la Marquise ont eu la gentillesse de nous laisser entrer dans leur "palais enchanté" contre la modique somme de... je ne sais plus. Mais le patrimoine, ça s'entretient, alors pani pwoblem !

Cheverny est le château de la Loire le mieux meublé.

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La chambre des naissances permettait aux mères de présenter leurs nouveau-nés...

Sachez que les paravents placés devant les portes n'étaient pas pour ce cacher comme on en use maintenant, mais comme leur nom l'indique, étaient destinés à éviter les courants d'air. Cela paraît basique, mais je l'ignorais. Il est des ustensiles dont nous devrions changer le nom puisque nous en avant changé l'utilisation.

 

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La salle a manger familiale, où l'on découvre la vaisselle "Un automne à Cheverny" spécialement créée pour la famille.

Le saviez vous : C'est Louis XV qui a décidé de retourner les fourchettes avec les dents tournées vers la table, lassé de piquer la dentelle de ses manches... Et oui, tout s'explique !

 

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Le lit du roi, dans la chambre du même roi ! Le lit à Baldaquin n'est pas aussi petit qu'il paraît puisqu'il mesure 2m X 1.60. Des broderies persanes di 16ième siècle le recouvrent. Ce lit servit à Henri IV lors d'un passage au château. On imagine que son cheval blanc dormait lui aux écuries !

 

A l'époque, on dormait assis car la position couchée était réservée aux morts et on avait également peur d'avaler sa langue (j'imagine la panique !). Le Baldaquin et les tapisseries servaient à conserver la chaleur (même si le lieu en manque franchement pour moi !). Le lit est un signe ostensible de richesse. Il repose sur une estrade dans le but de mettre en valeur mais aussi d'isoler de l'humidité. Et oui, les duvets et tentes Quescha n'existaient pas encore !

 

 

 

 

Forcément, avec Keisha, en tant que grande lectrice, nous avons cherché et trouvé... ceci ! 

 

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La bibliothèque du roi, bien rangée n'est-ce pas......                 Et ici, nous avons la PAL du roi, à moins que ce ne soit le contraire ! En tout cas, il y a plus de 2000 ouvrages (je suis battue, même en m'alliant avec Keisha), avec des collections complètes.

 

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La façade sud est la plus connue. Le plan général de Cheverny est inspiré par le palais du Luxembourg. A droite, la façade nord,  depuis le jardin contemporain (crée en 2006), qui mène à l'Orangerie (l'orangerie sert pour les réceptions, les séminaires, les mariages... Si vous ne savez pas où vous marier, voilà une idée !). Jardins et parc et les jardins potagers sont magnifiques. Une pelouse plus douce que la moquette la plus luxueuse de chez St Maclou, des arbres rares et splendide (tilleuls, Séquoia, Cèdres...) et des effets microscopiques...

 

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Mais avant de terminer cette visite, comment ne pas passer par le chenils qui abritent une centaine de chiens français tricolores avec le V de Vibraye, au flan droit de chaque, marqué au ciseau. Pourquoi tant de chiens ? Pour la chasse à cours pardi !

Déjà un chien, ça ne sent pas toujours bon, mais imaginez 100 chiens, avec la pluie... Oui, ça pue le chien très mouillé ! Et puis, c'est impossible aussi à faire poser pour la photo !

  

 

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Voilà, j'espère que cette visite non exhaustive du Château de Cheverny vous a plus. N'oubliez pas la petite pièce (oups, le petit commentaire !) pour votre guide... Je précise que ce ne sont pas mes parents qui m'ont coupé les pieds à la naissance. C'est juste Keisha qui me les a coupés pour la photo. Elle a du se dire que cela attiserait votre pitié et vos comm' !!!!

 

Et vous vous dites, je connais ce château.... Je suis sûre... Et votre mari vous dit : Mais non Chérie, on n'est jamais allés dans ce trou paumé.... Que cesse cette dispute, tout le monde a raison. Car ce château, vous l'avez déjà vu... avec d'autres habitants très célèbres. On en parlera lors d'un prochain billet !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #A propos de...

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Publié le 19 Novembre 2010

Thriller - Edition Michel Lafon - 364 pages - 19.50 €

  

 

Parution le 12 novembre 2010

 

 

4ème de couv' : Steve Dark devrait être au fond du gouffre : la femme qu’il aimait est morte par sa faute, massacrée par le même psychopathe qui a tué ses parents adoptifs.

Mais Dark n’est pas un homme ordinaire. C’est un chasseur, capable de se glisser dans la peau des tueurs les plus aguerris et d’infiltrer leurs pensées meurtrières pour mieux les traquer. Loin de baisser les bras, il se sent désormais investi d’une mission qui n’est pas limitée par les règles de la police et qu’il ne soumet à aucune autorité, qu’elle soit gouvernementale ou morale. Une mission qui, il l’espère, lui permettra enfin de restaurer la justice.

 

 

"Tentateur" : Mon énorme engouement pour le Tome 1 + l'éditeur

Fournisseur : Michel Lafon, merci pour l'envoi.

 

 

 

 

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Mon humble avis : J'ai tellement aimé Level 26, tome 1, Dark Origin l'hiver dernier. Tout : l'intrigue, le suspens à coupé le souffle, les personnages et l'innovation de ce roman : des séquences du livre se déroulaient sur vidéos internet, qu'un code nous permettait de visualiser.(cyber interactivité !) J'attendais impatiemment la sortie du tome 2... Sauf que celui ci est peut-être sorti un peu trop tôt et aurait mérité une relecture...

Où est passé le génie de Zuiker, le non moins génialissime créateur de la série TV mondialement célèbre "les experts" ?

Ici, il prend les même matériaux et recommence. Mais ça ne prend pas.

La fin du tome 1 laissait présager que Dark et Riggins, les deux surflics des affaires spéciales, se lançaient à la poursuite d'un copycat du monstrueux Squeeguel. Et bien non ! Bonne surprise de ce côté là, l'histoire du tome 2 commence 5 ans plus tard, alors que Steve Dark a quitté les affaires spéciales. Mais son instinct et quelques événements tombés du ciel le remettent dans le droit chemin. Le voici, plus ou moins légalement, à la poursuite du Tueur aux cartes, qui s'inspire des cartes de tarot pour commettre ses crimes.

 J'ai aimé : L'idée justement qu'un tueur suive les cartes du tarot, les explications données sur ces fameuses cartes par Hilda, la cartomancienne. Je ne connaissais pas cela, j'avoue, ça m'a intéressée.

Mais le reste... L'écriture frôle parfois le grotesque et des soupirs d'agacement ont ponctué ma lecture. Je ne savais plus si j'étais dans le super thriller ou dans un Harlequin. Les déductions qui permettent d'avancer dans l'enquête sont tellement raccourcies qu'elles semblent tomber du ciel également, tout comme le personnage de Lisa qui obtient mystérieusement tout d'un claquement de doigt. Je n'ai rien contre le mystère, sauf quand il semble prétexte à contourner les difficultés, bref, à tout simplifier... car à ce moment là, la crédibilité en pâtit. Dans les 100 premières pages, on patauge dans les tourments psychologiques récurrents de ce pauvre Steve Dark qui hésite, toutes les 5 mn, à s'occuper de sa fille ou à combattre son démon intérieur qui lui dicte de poursuivre ce nouveau tueur. Enfin, Constance et Riggins, ces anciens collègues des affaires spéciales qui se mettent à le soupçonner juste sur une vague intuition inexpliquée et quelques hasard, comme des bleus, sans doute pour égarer le lecteur...  Ils ne font que l'agacer... Feraient mieux de s'occuper du vrai méchant au lieu faire une fixette franchement improbable, malgré les révélations de la fin du Tome 1, révélations fascinantes et intrigantes que je tairais ici bien sûr. Elles sont tout juste évoquées ici et franchement pas à bon escient.

Dommage, vraiment. Mais je reste persuadée qu'il y a dans ce concept (livre + internet) et dans ces personnages, une très bonne matière. Alors j'attends le 3ème tome en espérant qu'il soit plus soigné. Alors Mr Zuiker, prenez votre temps ! Un thriller doit rester dans "l'implacable" pour captiver, et ne pas sombrer dans la mièvrerie.

 

 

La grande Stef a aimé , Latite a adoré

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #thrillers polars étrangers

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Publié le 18 Novembre 2010

Elodie Frégé, une artiste de plus en plus accompli, qui a son style, qui fait la musique qu'elle aime et pas forcément la musique qui passe à la radio. Elle joue de sa voix comme d'un instrument. J'ai l'impression qu'elle est l'arché et le violon en même temps, du grand art.

Je la suis (en album en tout cas) depuis ses débuts. En octobre est sorti son 3ème album : La fille de l'après midi.

Avec un univers sonore et visuel particulier, original, unique. La chanteuse écrit et compose désormais la plupart de ses morceaux... Ses textes sont ciselés, poétiques, vraiment travaillés. Que de bonnes raisons de se pencher sur cette artiste, de l'écouter, et d'acheter son disque.

Voici un extrait et vous pouvez lire une interview d'elle en cliquant sur TVMAG

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #musique - chanson

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Publié le 17 Novembre 2010

Synopsis : En 1977, dans une province de la bourgeoisie française, Suzanne Pujol est l’épouse popote et soumise d’un riche industriel Robert Pujol. Il dirige son usine de parapluies d’une main de fer et s’avère aussi désagréable et despote avec ses ouvriers qu’avec ses enfants et sa femme, qu’il prend pour une potiche. À la suite d’une grève et d’une séquestration de son mari, Suzanne se retrouve à la direction de l’usine et se révèle à la surprise générale une femme de tête et d’action. Mais lorsque Robert rentre d’une cure de repos en pleine forme, tout se complique…

 

 

 

 

Comédie avec Catherine Deneuve, Karine Viard, Gérard Depardieu, Fabrice Luchini, Judith Godrèche, Jérémie Renier, Elodie Frégé

 

 

 

 

  

 

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Mon humble avis :Un véritable come back dans les années 70, qui commence dès le générique, avec des couleurs et une police de caractère très d'époque !

J'ai pris beaucoup de plaisir à voir le personnage de Suzanne, joué par l'excellente Catherine Deneuve, se réveiller,  s'accomplir, et se réaliser presque à l'insu de tous, en tout cas pour la plus grande surprise de son entourage. Suzanne qui parait si lisse cache bien des mystères, des secrets et un sacré potentiel. Comme quoi, il faut se méfier de l'eau qui dort !!!

Les répliques font souvent mouche et prêtent à rire. Certaines seront peut-être cultes, notamment celle où l'acariâtre mari Luchini dit à sa femme qu'on ne lui demande pas d'avoir un avis.

Mais j'ai regretté l'approche très théâtrale de la réalisation. Certes, ce film est l'adaptation du pièce de théâtre, mais si c'est pour faire la même chose devant une caméra, je vois moins d'intérêt... L'interprétation caricaturale et trop théâtrale justement de certains personnages m'a gênée. J'ai mis un peu de temps à entrer dans le film, à me faire au genre...

Et puis, là, c'est la ch'ti d'origine qui parle... Ce film est tourné dans le Nord, c'est écrit noir sur blanc sur les plaques d'immatriculation des voitures. A une ou deux exceptions près, toutes les scènes extérieures sont filmées dans une grisaille ambiante.... Si j'étais préfet du nord, j'interdirais désormais les tournages de films par temps gris... Car le Nord, ce n'est pas que ça, et ce n'est pas toujours ça...

Et enfin, à noter, les débuts discrets de la chanteuse Elodie Frégé en comédienne. A suivre !

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 15 Novembre 2010

Théâtre - Editions Stock - 87 pages - 10 €

 

    

Résumé : Un homme seul tire un énorme paquet auquel il semble tenir plus que tout. Que renferme-t-il donc ? Le corps de sa femme qu’il aurait assassinée ? Les seuls biens qui lui restent ? Ses souvenirs, ses rêves, ses joies ? Les débris d’une vie ? Nos lâchetés, nos abandons, nos laideurs ? Tous nos maux et nos mots impuissants ?Lorsque le monde s’effondre, la question n’est pas de savoir ce que l’on sauve, mais ce dont on ne peut se débarrasser...

 

   

Tentateur : La bibliothèque, pourquoi pas ?!

Fournisseur : La même bib'

 

 

  

 

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Mon humble avis : Whaou... J'en ai encore la gorge nouée, je suis sans voix. Heureusement, il me reste les mots, et c'est ce qui nous réunit ici.

C'est une pièce de théâtre, mise en scène également par l'auteur au Petit Théâtre de Paris en janvier dernier. Un monologue et un seul personnage joué par Gérard Jugnot.... Et je vous jure que j'ai vu Jugnot, je l'ai entendu m'interpeller, m'apostropher dans ma chambre, dans une salle d'attente, dans mon salon pendant que je lisais. En fait, il me poursuivait ou me suppliait de le poursuivre, comme s'il était ma conscience, où la conscience de chacun de nous.

Un homme entre sur scène. Il est seul et traîne péniblement un lourd paquet. Au début, il paraît inquiétant. Ne serait-ce pas le corps de sa femme qu'il porterait là ? Puis il se présente, explique, raconte, divague. Il regarde sa vie qui se noie dans le monde et le monde qui noie sa vie. On ne sait plus si devant nous se tient un PDG d'une multinationale ou un pauvre type inintéressant. Vous me direz que le premier statut n'empêche pas le deuxième. Cet homme ne sait plus qui il est, broyé par un système. Est il Monsieur Toulemonde ou un peu de tout ce monde ? A moins qu'il ne soit personne. Et ce paquet : un corps ou juste le poids de la vie ?

A travers cette pièce, Philippe Claudel porte un regard réaliste, aigu, acerbe, cynique, touchant et drôle sur notre société et ses multiples travers. Il s'interroge sur le sens que chacun donne à sa vie. Et surtout, il laisse s'exprimer celui qui n'est rien parmi le tout mais qui est Un hors de tout cela, celui qui n'a pas sa place.

C'est extrêmement bien écrit, bouleversant. Magistral ! Comme c'est curieux, à la fin de la lecture, j'ai eu la furieuse envie d'écouter mon CD empoussiéré de Starmania...

Et dire que je j'ai emprunté à la bib.... Grrrr, je vais devoir le rendre.... je sens que je vais guetter une sortie poche pour l'acheter et le garder comme un trésor... A ce train là, mon inscription à la bib' risque de ne pas rester très économique...

 

Je ne résiste pas à vous noter certains passages, que vous puissiez y goûter aussi et savourer...

 

Extrait drôle :

"Nous sommes vraiment un très petit pays, dirigé par un très petit homme. Nous méritons d'être ce que nous sommes devenus. C'est à dire rien. Rien du tout. Un peuple fatigué et arrogant. Oublieux. Sans reconnaissance. Notre monde s'est effondré. Notre culture est calcinée.....Nous sommes passés, en l'espace de cinquante ans à peine, du mètre quatre-vingt-treize du Général de Gaulle aux ridicules 1670 millimètre de l'actuel résident du Faubourg Saint-Honoré. J'exige une minute de silence."

 

Extrait cynique :

"C'est agréable les imbéciles... ils sont toujours heureux. Ce sont des leçons de bonheur. Ils nous appaisent. En leur compagnie, on n'est pas obligé de penser, ni de réfléchir.... On devrait toujours avoir un imbécile avec soi. Il devrait être remboursé par la Sécurité Sociale..... L'imbécile donne de l'espoir. C'est sa mission sur terre. C'est d'ailleurs pour cela que dans bien des pays progressistes et démocrates, nous en élisons un à la tête de l'Etat."

 

Extrait touchant :

" Je n'ai plus rien. Je n'ai plus que mes mots et encore, souvent, je n'ai pas les bons. Je prends ceux qui traînent. Ce ne sont pas les miens. Ce sont ceux des autres. Ceux que je trouve à droite à gauche, dans les cafés, sur les murs, sur les tables, à la radio....... J'emprunte. Je n'ai pas de parole. Rien ne m'appartient..... Rien n'a été pensé par moi, créé par moi. Je suis tellement perméable.... C'est dur de n'avoir que sa vie quand elle est vide de tout, mais coupante comme un éclat de verre."

 

 

L'avis de Midola

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 13 Novembre 2010

Vous connaissez tous l'acteur.  C'est à l'écrivain et à l'homme que je me suis intéressée. D'ailleurs, son actualité est littéraire, puisque Richard Bohringher a sorti en septembre un nouveau livre : Traîne pas trop sous la pluie", que j'ai chroniqué ICI. Ce livre m'a bien plu, m'a bouleversée et j'ai voulu en savoir plus, développer quelques sujets avec l'auteur.

 

Alors, via Gilles Paris, son attaché de presse, j'ai demandé une interview par internet, comme je fais d'habitude. Richard Bohringer est d'accord mais par téléphone. Je me jette à l'eau et j'accepte. On verra bien ! RDV est pris pour lundi 17H.

Je suis morte de trouille, je n'ai jamais fait ça. Heureusement, Liza de Biblizavient à mon secours et m'informe qu'il existe un logiciel qui permet d'enregistrer des conversations sur PC. Je télécharge ce logiciel, m'entraîne, fais des essais. Me voici à peu près au point logistiquement !

 

Lundi 16H50 : je tourne comme un lion en cage chez moi, j'ai relu dix fois mes questions, j'en suis à mon 3ème carré de chocolat. Trop peur qu'avec le stress, mes troubles du langage réapparaissent.

 

Lundi 17H00, je compose le numéro de portable 06... (Nan, vous l'aurez pô )

Et voilà ce que cela a donné : (en bleu, c'est moi, en orange, c'est Richard Bohringer)

 

 

 

1/ Vous écrivez dans votre livre " Faut que je grimpe cette putain de montagne et que je devienne l'homme que je veux être". A quoi ressemble -t-il votre Richard Bohringer idéal ?

RB : Ahah.... Il ressemble à quoi... A quoi voudrait on ressembler ? Bah... Euh.. A mieux, à mieux. Mais ça n'a rien à voir avec l'orgueil, justement, c'est le contraire de l'orgueil.

G : Et comment fait on pour être mieux ?

RB : Ah ben je pourrais vous reverser la question, j'en sais rien moi.

G : Je n'ai pas la solution non plus, je pensais que vous l'aviez !

RB : Non non, je n'ai pas la réponse à ce genre de question. Disons qu'il y a certainement des gens qui ont la grâce naturelle d'être au dessus de la ligne de flottaison. Oui, je pense qu'il faut tendre à avoir la tête au dessus de l'eau, oui, quand même.

G : Et comment sait on si l'on est devenu l'homme qu'on voulait devenir ?

RB : C'est conséquent, et puis c'est injuste parce qu'il y a des choses sur lesquelles la nature humaine individuelle est comme elle est alors... Il faut tenter de pas trop plonger, de garder la tête droite. Enfin, c'est compliqué. Question compliquée et donc réponse un peu à la mord moi le noeud par ce que c'est très compliqué.

 

 

2/ Vous écrivez : " Fièvre, je veux que tu m'emmènes là où mon rêve sera compris".  Quel est donc ce fameux rêve ?

RB : Ah ben ça aussi c'est une question difficile apparentée à la question d'avant. C'est à dire que l'on n'est jamais aussi bien qu'on le voudrait et on n'est jamais aussi moche qu'on le dirait quoi. Donc euh... Trouver ce rêve d'humain, oui c'est dans l'endroit de la compréhension.

 

 

3/ Vous avez écrit "J'ai vécu mille vies". Laquelle fut la plus forte ? Et quelle est celle dont vous vous seriez bien passé ?

RB : Celle où j'ai fait du mal aux autres.

G : Et la plus forte, la plus belle ?

RB : Celle où j'ai fait du bien aux autres.

 

 

4/ Vous dites que vous trouvez les mots "généreux". Mais sont ils toujours suffisants ? En vous relisant, vous arrive-t-il de vous dire "non, ces mots ne sont pas encore assez forts ?"

RB : Oh oui, des fois, c'est la question fondamentale. Oui, c'est tout le temps, bien sûr, évidemment.

G : Et comment fait on quand le mot n'est pas assez fort ?

RB : Ben, on le garde quand même, on cherche jusqu'au bout et puis si c'est celui là qui reste, et bien il restera.

 

 

5/ Il y a 20 ans, dans "c'est beau une ville la nuit" vous écriviez "Vie je te veux, je t'ai toujours voulu, je n'ai jamais eu le mode d'emploi". Depuis, vous l'avez trouvé ? Il est écrit en Français limpide ou en Suédois sous-titré en Coréen ?

RB : Ahah ! Il est multiracial, muti- éthnique, multi linguiste ! Mais pas trouvé encore !

G : Et vous le cherchez toujours j'imagine ?

RB : Oui oui, on dirait bien.

G : Et est-ce que la valise est plus légère qu'avant ?

RB : Euh..... Non, elle est lourde, elle est lourde. Ouais ouais.

 

 

6/ En lisant votre livre, j'ai eu la sensation de lire les mots d'un grand photographe. L'êtes-vous ? Un livre de photos "le monde de et par Bohringer" est il envisageable ?

RB : J'y ai déjà pensé.

G : Et le projet est pour quand ?

RB : Je ne sais pas, mais j'y ai déjà pensé, parce que j'ai fait beaucoup de photo à l'Instamatic et des appareils jetables. Ils ne peuvent pas traiter de tous les sujets ces appareils. Mais il y en a des pas mal. Et de temps en temps, l'Instamaticfait de forts belles surprises. Et j'avais envie, effectivement à un moment, de classer toutes ces photos et d'en faire un album de photos jetables quoi.

 

 

7/ Pour vous, c'est l'Afrique. Est-ce que cela aurait pu être l'Asie ?

RB : Oui

G : Qu'est-ce que cela aurait changé dans votre vie ?

RB : Ah, ça, je n'en sais rien !

G : Ces deux continents ont une mentalité différente

RB : A oui, totalement.J'ai pas voyagé tant que ça en Asie.

G : Et c'est vous qui avez choisi l'Afrique ou c'est elle qui vous a choisi ?

RB : Euh. J'crois que ça c'est fait comme ça quoi. C'est mo. C'est moi.

G : Et ça continue ?

RB : Oh oui ! Mais l'Asie, je connais très peu l'Asie. Je connais un peu Pondichéry, un peu Maddras, un peu l'Océan Indien. Donc on est aux portes de l'Asie, on est face à l'Asie. Mais bon voilà, j'ai eu un grand choc attention. C'est bouleversant.

G : En Asie, on trouve la philosophie bouddhiste. Est-ce que quand on cherche à être mieux, ça ne peut pas être intéressant toute cette philosophie là ?

RB : Par rapport à ça, je suis toujours très précautionneux. Je pense que certaines choses appartiennent au peuple dont elles sont issues. Vraiment. On essaie de la faire sur la terre où l'on est né. Enfin, c'est une impression.Je n'affirme pas. C'est pour ça aussi que l'Afrique restera quelque chose... avec le même sentiment. Mais c'est pas Africa c'est tout quoi. Même si tu as de l'amour ! Tout ça, c'est pas Africa. Mais ce n'est pas désobligeant. C'est comme ça, c'est que les terres sont si fortes, si puissantes qu'il faut être enfanté par ces terres pour complètement les habiter.

 

 

8/ Vous êtes un grand voyageur. Vous arrive-t-il d'être encore ce touriste "qui empêche de voir"  ?

RB : Non, je ne pense pas ça.

G : Une fois que l'on est voyageur, on ne devient plus jamais touriste ?

RB : Si ! Si ! On ne va pas avoir la vanité perpétuelle. Ca veut dire que qui met les mots qu'il veut à celui qui s'arrange, celui qui récompense son orgueil ou sa vanité. Mais en fin de compte, on visite. Alors on visite avec plus ou moins d'acuité, plus ou moins de respect, plus ou moins de profondeur. Mais on visite quoi. On aura toujours au fond de sa poche le billet de retour si la vie est trop difficile.

 

 

9/ Vous dites que vous ne savez pas écrire des livres à la 3ème personne du singulier. Si vous aviez su, quel est l'auteur que vous auriez aimé être ?

RB : Jack London.

G : Et avec des titres en particulier ?

RB : Oh, presque tous : Martin Eden, Carnet du trimard, L'appel de la forêt, Le vagabond des étoiles...

 

 

10/ Quel genre de lecteur êtes vous ?

RB : De hasard.

G : Vous les choisissez comment vos livres ?

RB : Oh, à l'instinct.

 

 

11/ Vous dites "Cher lecteur, ce livre est dans la liste des contes cabossés. On sort d'une période où il y a eu beaucoup de liste ( prix littéraires)... Aimeriez vous être sur la liste d'un grand prix littéraire ou est-ce que vous vous en fichez ?

RB : Ben, c'est pas le fait de ne pas être sur les listes qui m'emmerde quand je suis de mauvaise humeur. Non, c'est pas ça. C'est le fait que je trouve qu'il y a beaucoup plus de lecteurs ou des gens comme vous qui reconnaissent cette écriture que de gens dont c'est le métier quoi . Voilà.

G : Et vous suivez la rentrée littéraire à la télé, dans la presse... ?

RB : Je suis content que Houellebecq leur ait fait un gros pied de nez, ça me fait assez plaisir oui.

G : Et si ça avait été Virginie, ça aurait été bien aussi ?

RB : Oui, je pense aussi. Bien sûr, bien sûr. Ca aurait été un gros pied de nez aussi, voire un plus grand encore !

 

 

12/ Une mauvaise critique de votre livre, ça vous blesse ou, le coeur léger, vous vous dites qu'on ne peut pas plaire à tout le monde ?

RB : Ca dépend des jours. Y'a des jours où je me dis "ouais, je ne peux pas plaire à tout le monde" et il y a des jours où ça me fait de la peine.

 

 

13/ Vous écrivez "Ecrire, c'est attendre la vie." Finir et clôturer un livre, c'est avoir retrouver la vie alors, ou est-ce que ce n'est pas si simple que ça et que c'est un trop gros raccourci ?

RB : Ah c'est un trop gros raccourci.

G : Remarque, a-t-on jamais fini d'écrire ?

RB : Voilà, voilà. C'est ça, on a jamais fini d'écrire.

G : Là, vous êtes déjà sur autre chose ?

RB : Oui oui, là, je suis sur un livre depuis le mois de juin, un gros livre je crois. Sur les anciens territoires et les nouveaux territoires.

G : Et est-ce que tout ce que vous écrivez est publié ou est-ce que vous écrivez pour vous ?

RB : Oh non, tout est publié.

 

 

14/ Vous écrivez : "Richard a les clés du trésor de l'âme de Bohringer. Quel est donc ce fameux trésor Monsieur Bohringer ?

RB : L'enthousiasme !

 

 

15/ Dans votre livre, vous vous adressez à votre lecteur que vous voyez, que vous tutoyez. Dans votre esprit, à quoi ressemble votre lecteur ?

RB : Hah !(le fameux ha de Richard Bohringer, avec un H aspiré !!!)

G : Ca peut être au féminin aussi, le preuve !

RB : Oui oui, donc euh... voilà ! Pas de visage précis.

 

 

16/ On a tous un petit coin de paradis sur terre. Le votre, à quoi ressemble t-il ? Et où est il ? (Pas besoin des coordonnées GPS !)

RB : Ah... J'aime la montagne ! J'aime le spectacle de la montagne en toutes saisons.

G : Je suis surprise, je m'attendais plus a un paysage africain.

RB : ben justement, j'ai fait exprès de sortir un peu de ça. Je voulais donner quelque chose de plus proche. J'aime la neige, j'aime le printemps, j'aime les fruits qui sont donnés par la nature, j'aime l'odeur de la montagne. Voilà !

 

 

17/ Quelle serait la question que vous aimeriez hurler au monde ?

RB : Pourquoi ?!

 

 

18/ Vous passez souvent pour un homme en colère et vous vous dites "désespéré et pas joyeux". Qu'est-ce qui consolerait définitivement et radicalement l'homme que vous êtes ?

RB : Ahah(rire). J'en sais rien.

 

 

19/ Vous êtes en quête de romanesque. Pourtant, votre vie est déjà bien romanesque. La preuve, des parties de votre vie figurent dans vos romans. Votre propre dimension romanesque ne vous suffit pas ?

RB : Elle suffit jamais. Justement c'est le fondement même du romanesque !

G : C'est de vouloir toujours aller plus loin, plus fort et plus haut ?

RB : Oh oui !

 

 

20/ Est-ce qu'il y a une question que vous auriez aimé que je vous pose ?

RB : Ben elles sont pas mal celles que vous avez posées.

G : Est-ce qu'il y a une question que vous auriez aimé que je ne vous pose pas ?

RB : Euh non, je les ai toutes trouvées tout à fait intéressantes.

 

 

21/ Vous avez joué sur scène votre dernier livre à Paris. Est-ce que des dates en province, et notamment sur Rennes, sont envisageables ?

RB : Oui, bien sûr. Oui. Mais ce n'est pas encore prévu.

 

 

22/ Vous écrivez "Barrons nous, je t'emmène. Si nos chagrins nous suivent, nous irons plus loin". Jusqu'où faut il aller pour échapper à ses chagrins.

RB : Euh... Impossible ! C'est le malentendu de tout le monde ça, de penser qu'on part sans ses valises. On part forcément avec ses valises. Et on revient avec.

 

 

23/ Vous écrivez que comprendre est une ambition mortelle. En tant que lectrice, j'en déduis que c'est parce que c'est une démarche veine et que même si on l'atteint, on réalise que c'est insupportable. Ma déduction est elle bonne ?

RB : Ben, il dépendra du jour, il dépendra de l'état, tout dépend toujours de l'état des lieux au moment où, voilà !

Il n'y a pas d'uniformité, c'est pas scolaire la vie. L'instant n'est pas répertorié. On pourrait le même dans une colonne avec un titre, alors qu'il pourrait être dans une autre colonne avec un autre titre. Rien n'est en place tout de même.

 

 

24/ J'ai une petite blaguounettepour la route, une petite blague que vous devez connaître : Savez vous quel est le pont le plus léger du monde ?

RB : Et bien non !

G : Le pont Faidherbe à St Louis du Sénégal.

RB : Ah ben non, je ne savais !

G : Vous ne la connaissiez pas ? Je suis contente de vous l'appendre alors !

RB : Merci Mam'zelle !

 

 

 

 

41 MERCI

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Interviews exclusives !

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