Publié le 17 Septembre 2018

Roman - Editions Gallimard - 11h24 d'écoute - 19.80 €

 

Parution d'origine chez Gallimard en octobre 2014

 

L'histoire : L'histoire s'ouvre sur une disparition inexpliquée, celle de Lila. Elena, son amie d'enfance, plonge dans ces souvenirs et narre leur particulière amitié qui naquit dès leur plus jeune âge, dans un quartier défavorisé de Naples. Ce premier tome couvre donc l'enfance et l'adolescence de ces deux jeunes filles, avec leurs différences, leur complicité etc...

 

Tentation : La réputation de cette saga

Fournisseur : Bib N°2

 

 

Mon humble avis : J'ai enfin lu le premier tome de la saga dont le monde entier parle et ne tarit pas d'éloges depuis bientôt 4 ans... Mon audio lecture s'est achevée en début d'été... Et ce n'est que maintenant que je trouve le courage de m'atteler à l'écriture de mon billet... Qui sera donc, je pense assez succinct. Bon, en même temps, je pense que tout a déjà été dit sur ce roman, et ce, dans toutes les langues écrites que porte notre bonne vieille terre.

Je m'interroge franchement sur ce succès international presque inédit de la saga (le tome 4 est paru cette année). Tout le monde sait que personne ne sait qui est réellement l'auteur, le nom d'Elena Ferrante étant un pseudonyme cachant une identité qui ne veut être connue... Et bien je soupçonne que le buzz autour de cette auteure inconnue soit pour beaucoup à ce succès.

Franchement, j'ai subi cette audiolecture, malgré un style, une plume, une écriture remarquables et agréables.

En lecture papier, j'aurais abandonné à la moitié je pense. En audio dans ma voiture, ça passait un peu mieux, le paysage changeant était là pour me divertir. Certains passages peuvent se révéler intéressants, mais ils sont tellement noyés dans une masse de détails, de répétitions,  d'explications,  et d'anecdotes qui prennent des pages qu'on les oublie... Tout ça pour pas grand-chose. Les rentrées scolaires rythment le récit. J'ai eu l'impression, même si le premier tome s'achève à la fin de l'adolescence de Lila et Eléna, que les deux fillettes atteignaient déjà la trentaine. Bref, les années sont longues et paraissent doublées, voire triplées !

De plus, cette amitié "à la vie à la mort" m'a paru franchement  malsaine, entre la domination de l'une et la soumission de l'autre, tant sur des sujets importants et durables que sur des pacotilles. Et puis il y a en fait tant de compétition entre les deux gamines que je me demande bien où est la réelle amitié dans cela. Pourtant, la vie de l'une et de l'autre, les évolutions de chacune n'est pas sans intérêt. L'une est surdouée mais doit arrêter l'école très jeune. L'autre étudie beaucoup pour rejoindre le niveau intellectuel et culturel de Lila et peut poursuivre l'école. Le tout se situe le contexte géopolitique de l'Italie du Sud dans les années 50 puis 60. Mais voilà, trop de détails, trop de longueurs, trop de répétitions, trop de superflu pour qu'il y ait de l'émotion et que les personnages me touchent. Non, ils m'ont plutôt agacée, en tout cas pour ceux que j'ai réussi à repérer. Car les personnages, sont pléthores et pour la plus part, n'apportent rien au fond du récit.... Plus de onze heures d'écoute très linéaire alors qu'en 6 heures, le texte et l'histoire auraient fortement gagné en intensité et densité. Et là, sûrement qu'ils m'auraient beaucoup plu.

Inutile de dire qu'ayant frôlé l'overdose, je n'ai pas l'intention de me coltiner les 3 tomes suivants !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 15 Septembre 2018

Roman - Editions Thélème - 2h36 d'écoute - 20.95 €

 

Parution d'origine chez Julliard en 1961

L'histoire : Sur une île de Key Largo en Floride, Josée, jeune française, coule des jours très- trop tranquilles auprès d'Alan, son américain de mari. Lassée de cette vie et de la jalousie de son époux, Josée s'envole pour la France où elle espère retrouver sa chère liberté.

 

 

Tentation : Mon goût pour les écrits de Françoise Sagan

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Tous les livres que j'ai lu de Françoise Sagan m'ont conduite au septième ciel. Il en est tout autre pour ce roman ci. Je n'ai même pas atteint ces merveilleux nuages. Pour tout dire, je suis restée sur le plancher des vaches. Donc déception totale, heureusement, cette audiolecture est très courte, ce qui ne laisse pas vraiment le temps de parvenir à l'agacement... mais presque.

Certes, le plaisir d'entendre la plume, voire la voix de Françoise Sagan reste agréable. On retrouve bien sûr ici son ton inimitable, fait de désinvolture et de cynisme, surtout envers ces personnages, dont elle se moque bien. Les dialogues sont, comme d'habitude, assez caustiques, ce qui n'est pas fait pour me déplaire. Donc dans la forme, ce roman n'est pas désagréable à écouter, d'autant que l'interprétation qui en est faite est juste parfaite (on pourrait même imaginer que c'est Sagan elle-même qui nous lit son oeuvre). Il ne faut pas oublié non plus que ce roman évoque une période on ne peut plus révolue.

Mais dans le fond, je n'ai adhéré à... rien. Les personnages ne sont que mondains. Ils se noient autant dans l'alcool que dans une oisiveté qui les rend très superficiels, assez inintéressants, et franchement ni aimables ni touchants. Ils sont capricieux. Ils s'ennuient donc forcement sont ennuyeux. Même la fluctuation des sentiments amoureux m'a plus semblé prendre racine dans l'inconstance que dans l'âme ou le coeur. A moins que ces affections (notamment la passion exclusive, la jalousie, la manipulation amoureuse) ne soient pas assez creusées pour captiver la lectrice que je suis.

Bref, c'est une sensation d'insignifiance que je garde de ma lecture, que j'oublierai sans doute très vite. Si vous n'avez jamais lu Françoise Sagan (ce qui est un horrible tort auquel il faut remédier au plus vite), ne commencez pas par ces soi-disant "Merveilleux nuages" !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 13 Septembre 2018

Roman - Editions J'ai Lu - 510 pages - 8.40 €

 

Parution d'origine chez J.C Lattès en 2011

 

L'histoire : Un an après l'assassinat de sa petite amie Merrin, pour lequel il a été suspect puis acquitté, Ig se prend un sacrée cuite sur le lieu même du massacre de Merrin. Le lendemain, le réveil est douloureux, surtout quand Ig découvre que deux cornes lui sont poussées sur la tête. Ig découvre très vite que ces deux cornes lui permettent de faire avouer l'inavouable à toute personne qu'il croise sur son chemin ? Don ou damnation ? Que faire de ce pouvoir ? Retrouver le véritable assassin de Merrin ?

 

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

Mon humble avis : Joe Hill est un pseudonyme... Derrière, se cache le fils du King. Pas Elvis hein ! Ni Michael ! Non, Stefen !!

Donc nous ne sommes évidemment pas dans de la littérature "classique", le fils suivant plus ou moins le chemin du père. Ici, c'est du fantastique et un peu de paranormal que Joe Hill met dans sa sauce pour agrémenter sa recette, enfin, son intrigue.

Le roman démarre sur des chapeaux de roue, dans le sens où nous sommes très vite dans le sujet ! Ig découvre ses tempes garnies de cornes et très vite, il remarque les pouvoirs que ces cornes lui amènent. Faire dire aux gens ce qu'ils ne veulent pas dire, tant c'est inavouable... Pour oublier juste après leurs aveux.  Les pages se tournent donc toutes seules et ce début est vraiment de bon augure pour la suite.

Hélas, je me suis vite lassée, l'auteur laissant beaucoup trop de place aux passés et aux souvenirs des protagonistes, souvenirs qui nous sont servis à plusieurs reprises, avec la versions de chacun des concernés. 

De ce fait, la véritable action et le sujet des cornes et leurs conséquences n'occupent qu'un tiers du roman, d'après ce qu'il m'a semblé. Dommage, car en cas contraire, le roman aurait pu me plaire. Mais non, c'est plutôt une sensation de désordre et de mélange de genres peu aboutit qu'il m'a laissée. Même si certaines révélations sur le personnage de feu Merrin surprennent et émeuvent. On se demande si l'auteur a voulu saupoudrer une histoire romanesque assez classique avec du fantastique qui frôle (juste frôler hein !) ou le contraire. Le très long dénouement démoniaque et fantastique s'inscrit enfin dans un genre. Mais pour moi, la sauce n'a pas pris. Le petit aspect polar (vu qu'il y a tout de même eu un meurtre non élucidé) n'a rien d'extraordinaire, le suspense n'est pas impitoyable et franchement, même pas peur ! Quant au style et/ou la traduction, rien d'extraordinaire non plus.

Il y a déjà quelques années, ce roman a été adapté au cinéma sous le titre de Horns, avec Daniel Radcliffe (alias Harry Potter) dans le rôle d'IG. Je n'ai pas vu ce film et ne compte pas le voir... Dans le roman, il est très souvent question de serpents en masse, donc ce genre de scène au ciné aurait tout pour me dégoûter !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 11 Septembre 2018

Film de Cécilia Rouaud

Avec Vanessa Paradis, Camille Cottin, Pierre Delalonchamps, Jean-Pierre Bacri, Chantal Lauby

 

Synopsis :  Gabrielle, Elsa et Mao sont frères et sœurs, mais ne se côtoient pas. Surtout pas.
La première est « statue » pour touristes, au grand dam de son fils ado. Elsa, elle, est en colère contre la terre entière et désespère de tomber enceinte. Et Mao, game designer de génie chroniquement dépressif, noie sa mélancolie dans l’alcool et la psychanalyse. 
Quant à leurs parents, Pierre et Claudine, séparés de longue date, ils n’ont jamais rien fait pour resserrer les liens de la famille.
Pourtant, au moment de l’enterrement du grand-père, ils vont devoir se réunir, et répondre, ensemble, à la question qui fâche : « Que faire de Mamie ? »

 

 

Mon humble avis : Un formidable coup de coeur pour ce film qui mêle subtilement émotions (certains peuvent préparer les mouchoirs) et des dialogues qui claquent, truffés d'humour... parfois noir, mais qui passent parfaitement et qui arrivent toujours au bon moment, pour détendre une atmosphère pesante, des moments intenses et décisifs dans la vie des personnages.

C'est une comédie dramatique chorale, qui valse d'un protagoniste à l'autre... mais nous connaissons dès le début le lien qui unit tout ce petit monde. La famille, même si c'est une famille éclatée, avec des caractères bien différents, et une enfance qui a des conséquences différentes chez chacun des personnages.

La pseudo légèreté du film n'amenuise pas pour autant la profondeur du film et la gravité de ses sujets... Et quelque part, il y a un sujet par personnage, autour de celui central de "Mamie" qui ne peut plus rester seule pour cause d'Alzheimer. ... Certains membres de la famille se renvoient la patate chaude, d'autres s'investissent corps et âme dans le "cas de mamie" mais réalisent qu'ils ne parviennent pas à gérer leur vie et la présence de Mamie. Mais finalement, au film du film, on remarquera que chacun participe comme il peut en fonction de qui il est et de pourquoi... La fragilité des uns et les névroses des autres... Ou encore, la maladresse.

Les sujets donc : Le deuil, la famille, la diversité, la monoparentalité, la fantaisie, la difficulté à procréer, le couple, la fraternité et ses difficultés, l'accompagnement de fin de vie et bien sûr, le sujet central : placer ou ne pas placer une personne dépendante dans un établissement adapté.

Le tout est servi par des comédiens magistraux ! Tous ! Pas l'un qui brille moins que l'autre, pas l'autre qui fait de l'ombre à l'un.

Ces personnages m'ont tous bouleversée, vraiment. Et finalement, c'est un film qui fait du bien, beaucoup même. Il fait dire que d'un grand malheur collectif ou que d'une petite phrase anodine peut émerger une certaine forme de bonheur... Et que toute fratrie, aussi éparpillée soit elle, peut un jour mettre à jour ces liens invisibles et sans doute ignorés. Une famille brisée qui se répare en fait.

Un film magnifique, aussi tendre que délicat à voir absolument !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 9 Septembre 2018

BD - Editions Gallimard - 112 pages - 9.90 €

 

Parution en 2012

 

L'histoire :  En pleine guerre d'Indochine, Olivier Bertaux, jeune capitaine de l'armée française, est missionné dans un coin perdu de la forêt vietnamienne. Alors que les attaques viêt-minh se multiplient, cet ancien résistant communiste se voit gagné par la fièvre. Sa raison vacille dans la solitude du fortin. Aussi, quand il capture une jolie révolutionnaire, il choisit d'y voir sa rédemption, d'oublier les hommes et la guerre...

 

 

Tentation : Couv-¨Pitch - Sujet

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Cette BD nous ramène à l'époque où la France ne pouvait être complète si elle perdait un bout lointain de "son" territoire... le Vietnam qui revendiquait son indépendance. Nous sommes en 1947.

Les dessins sont simples mais assez colorés pour être agréables à regarder et suffire au sujet.

Nous suivons l'arrivée d'un jeune officier blanc bec venu de métropole. Il prend la direction d'un fortin éloigné... En pleine jungle et manifestement, cernés par "les ennemis", le Viêt-Minh. Il découvre certes les coutumes, le climat et les maladies de là-bas, mais aussi et surtout, les méthodes utilisées contre l'ennemi... Il tente de remettre de l'ordre et d'imposer ses ordres, mais bon, un virulent chefaillon vietnamien (assez caricatural) l'entend autrement, alors qu'il aurait pu prétendre au poste de commandant si sa peau avait eu une autre couleur. Surtout quand Olivier, notre blanc-bec prend sous son aile une jeune guérillera blessée et soupçonnée d'espionnage au profit du Viêt-Minh. Maï devient sa maîtresse, mais aussi sa bonne à tout faire... Bref, sa concubine rouge (parce que communiste).

Cette BD m'a appris ce que les livres d'Histoire ne l'ont pas fait, par ce que la vérité dérange évidemment. Les officiers français qui "sauvaient" la vie de certaines vietnamiennes en en faisant leur maîtresse, quel que soit leur âge. Les méthodes plus qu'hypocrites de l'armée française qui autorise certaines tortures mais n'en tolèrent pas d'autres sous prétexte qu'elles furent méthodes de la gestapo... Hum hum.

L'histoire "d'amour"  est assez survolée et sonne un peu le déjà vu, en tout cas, ne se démarque pas par son originalité.

De même, la révolte que l'on sent naître chez Olivier, révolte contre les méthodes et les expéditions punitives est intéressante mais pas assez approfondie, alors qu'elle aurait pu donner naissance à une BD passionnante sur le débat intérieur que vit ce jeune officier... Surtout après qu'il ait fait certaines révélations à sa concubine rouge. Mais hélas, les auteurs ne s'attardent pas sur ces révélations qui certes, donnent de l'ampleur au sujet, mais qui sont vite recouvertes par les pages suivantes.

Donc au final, on a une BD intéressante et agréable à lire, mais qui aurait pu l'être beaucoup plus !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 7 Septembre 2018

Roman - Editions Julliard - 149 pages - 16.00 €

 

Parution en août 2018, rentrée littéraire

 

L'histoire : Le narrateur décrit son année d'hypokhâgne, école où tout moyen est bon pour parvenir à l'excellence, quel l'on soit étudiant, professeur ou directeur... Puisque ces classes préparatoires formatent l'élite de demain.

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Ma CB

 

 

 

 

Mon humble avis : Mon choix s'est porté sur ce premier roman parce qu'il y a quelques années, une de mes nièces est entrée en classe préparatoire à Henri IV. Elle en partit en courant un mois plus tard, dégoûtée des "valeurs humaines" qui y étaient prônées. Alors, par ce roman, j'espérais être la petite souris dans les entrailles de ces prépas, usines à broyer de la jeunesse, à tuer l'innocence, à enterrer les rêves.

Et me voici bien embêtée avec La purge. Tout d'abord, la 4ème de couv, assez proche de mon "résumé qui la résume", est assez mensongère quant au contenu du roman. Les premières pages correspondent à peu près à l'attente, puisque l'on partage effectivement le quotidien de ces étudiants (pression, humiliation, privation de sommeil et de nourriture etc). Mais la suite se perd dans des descriptions ultra longues de personnages, de pièces. Il m'a semblé que chaque petit dialogue, aussi court soit-il, était nécessairement introduit par des pages et des pages d'inventaires détaillants le plus minutieusement possible chaque centimètre carré d'un visage, d'une paire de chaussures, d'une tenue vestimentaire, d'une allure... De ce fait, pour moi, les propos manquaient de profondeur, d'affect, d'utilité et bien sûr, d'intérêt.

La purge est un pamphlet contre ces classes préparatoires qui forment l'élite de demain... Avec des profs qui se croient Dieu et certains élèves qui s'imaginent déjà élevés au rang de ses saints... Tout est fait pour décourager ou pour formater... Le par coeur remplace la réflexion, la curiosité, la découverte. Un certain savoir camoufle l'ignorance. Le chemin et le rythme militaire sont tracés. Exit ceux qui ne suivent pas. 

Le propos recherché est donc louable... Mais la forme l'est beaucoup moins à mes yeux.

Le style tout d'abord... Il peut être considéré comme magistral... ou comme ampoulé, pédant. La maîtrise de la langue et de la culture française du jeune auteur est bien entendu époustouflante ! Oui mais... de ce fait, pas accessible à tout le monde... Pour moi, ce fut impossible de dévorer ce roman, tant sa lecture nécessitait de la concentration pour apprécier les effets de style, traduire les innombrables métaphores très très recherchées et souvent nébuleuses. Comme certains chanteurs à voix s'écoutent chanter, j'ai eu la sensation qu'Arthur Nesnidal se regardait écrire, jubilait de son utilisation de notre belle langue, sans penser forcément aux lecteurs qui liraient ses pages... Ou alors, s'il y pensait, et bien pour moi, il reproduisait le système qu'il dénonce en tombant alors dans son propre piège... Ne s'adresser qu'à une certaine élite, seule capable de le suivre, et exit les lecteurs à la culture moyenne dont je suis. Possible qu'au fil des pages souvent rébarbatives car trop empesées et maniérées, Arthur Nesnidal purge certains de ces lecteurs.

Le contenu ensuite... Arthur Nesnidal pointe du doigt le mépris qui règne dans l'univers préparatoire... Celui des prof envers les élèves, du directeur envers les étudiants, des étudiants nantis envers les étudiants boursiers, des citadins envers les paysans etc... Mais pour moi, il le fait de façon maladroite... Il dénonce ce mépris en usant juste du même mépris, de la même condescendance... et l'ensemble reste assez superficiel, puisque les personnages ne sont pas creusés, on ne les connait pas de l'intérieur. L'auteur se contente le plus souvent de trois ou quatre pages de descriptions sur la laideur physique de l'un, ou l'absence de goût vestimentaire de l'autre.

Donc bref... Certes, c'est très bien écrit... mais finalement trop bien pour toucher, passionner, captiver, émouvoir. Et surtout, par son style, ce roman s'adresse beaucoup plus à ceux qu'ils dénoncent et qui ne forment qu'une infime partie de la population française qu'à la masse... Un roman qui dit dénoncer l'élitisme tout en usant de ses manières... Et bien ça me laisse perplexe... Une certaine simplicité aurait, je pense, bien mieux servi le sujet ! Aussi brillant soit-il, Arthur Nesnidal s'est pour moi éloigné de celui-ci.

 

2/6

"La rumeur est une lèpre, qui vole d'une haleine bouffie de mesquinerie à des oreilles complices déjà contaminées." (La purge, A. Nesnidal)

"Plaindre, c'est tendre la main vers le misérable parce qu'il est misérable ; il y a dans ce geste une forme de hiérarchie qui compare les malheurs et désigne le faible" (La purge, A. Nesnidal)

"La fierté des parents a de ces prophéties qui lorsqu'elles s'écroulent, semble tuer l'enfant.......Rien n'est plus obligeant que la confiance d'un proche" (La purge, A. Nesnindal)

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 5 Septembre 2018

Thriller - Editions Audible - 4h21 d'écoute - 9.95 € en téléchargement

 

Parution d'origine chez Michel Lafon en mars 2016, existe aussi en poche

 

L'histoire : Chloé et Gabriel, mariés depuis plusieurs années, semblent mener une vie paisible et organisée à St Malo. Soudain, c'est le drame... Pourtant bonne nageuse, Chloé se noie lors d'une baignade solitaire. Commence alors pour Gabriel la terrible période de deuil. Il trouvera de l'aide au sein d'un groupe de soutien. Mais alors qu'il y rencontre Emma, Chloé semble toujours présente, près, trop près pour que Gabriel l'oublie.

 

Tentation : Blogo, pitch et mention "St Malo" dans celui-ci.

Fournisseur : Audible, merci pour le partenariat !

 

 

Mon humble avis : Quel claque ce roman !

Déjà, bonne nouvelle, il est encore possible d'écrire des thrillers aussi prenants que surprenants en moins de 400 pages. Avis à vous mesdames et messieurs les écrivains, pour qui le terme thriller se transforme de plus en plus en pavés eux-mêmes pavés de longueurs et descriptions fortuites.

Il n'est pas aisé d'expliquer mon enthousiasme réel envers ce bouquin sans spoiler. Alors, comment dire... Déjà, durant toute mon écoute, je n'ai jamais imaginé un tel dénouement ! Ensuite, dire que le sujet dont traite cette histoire est on ne peut plus contemporaine est un euphémisme. Tentez d'expliquer ce titre mystérieux dont le sens ne se révèle qu'à la presque fin, et bien vous comprendrez pourquoi ce roman mérite amplement son grand succès !

Amélie Antoine pousse-t-elle à l'extrême l'avidité, la cupidité, la superficialité, le prêt à tout de nos contemporains ? Et bien si l'on observe "même de loin", sans y participer, cette aspect de notre société actuelle, on se dit que non. On n'y est presque, et cette réalité a peut-être déjà été dépassée quelque part dans le monde sans que cela soit venu ni à mon oreille, ni à mes yeux.

En tout cas, Amélie Antoine manipule aussi bien son lecteur que la société peut le faire de chacun de nous... Sauf que dans ce domaine précis, pour être manipulé, il faut être un minimum volontaire, car cette manipulation sociétale est parfaitement évitable si on a d'autres choses à faire. Et pourtant, cette dernière, liée à un voyeurisme qui en régale par dizaine de millions s'insinue partout. Le vrai faut semblant, qui fait qui fait que des cas isolés deviennent une norme aux yeux de certains. Amélie Antoine s'inspire des leurres actuels pour écrire une histoire dont devient leurre. Grandiose

Fidèle au poste est un thriller par son suspens, son style, sa narration à 3 voix, mais il intègre aussi d'autres genres littéraires, tels la romance, l'approfondissement du deuil, le fantastique (y aurait-) il un fantôme dans l'histoire ? Par contre, rassurez-vous, point de scènes insoutenables type sanguinolentes ou autres. Les nerfs ne sont pas mis à vif, la lecture est très plaisante, mais le suspens vous garde en otage et le dénouement vous laisse K.O !

Ok, je sais, je reste très mystérieuse sur ce roman, mais que voulez-vous, c'est sa grande force, alors chut, lisez ou écoutez et vous verrez par vous mêmes ! Et non, ce billet n'est pas un leurre !

 

 

Livre lu en partenariat avec AUDIBLE, site de téléchargement légal de livres audios, avec un abonnement mensuel possible dès 9 €90  et des livres audios en exclusivité, dont celui-ci !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Thrillers - polars français, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 3 Septembre 2018

Film d'Alex Lutz

Avec Alex Lutz, Tom Dingler, Pascale Arbillot

 

Synopsis :  Gauthier, un jeune journaliste, apprend par sa mère qu'il serait le fils illégitime de Guy Jamet, un artiste de variété française ayant eu son heure de gloire entre les années 60 et 90. Celui-ci est justement en train de sortir un album de reprises et de faire une tournée. Gauthier décide de le suivre, caméra au poing, dans sa vie quotidienne et ses concerts de province, pour en faire un portrait documentaire.

 

 

Mon humble avis : Je vais être honnête, j'ai trouvé à ce film quelques longueurs et ai donc eu quelques moments d'ennui. Et pourtant, ce film est pas loin du chef d'oeuvre tout de même, tant dans son originalité, que dans son interprétation et que dans son sujet.

L'interprétation... C'est celle d'Alex Lutz, tout jeune quadra qui joue le rôle-titre : Guy, que l'on imagine aisément septuagénaire avancé. La performance, même si elle tient sur tout de même 4 à 5 heures quotidiennes de maquillage, est vraiment remarquable. Le talent qu'il faut pour construire ainsi un personnage, entrer dans sa peau, devenir lui, avec ses mimiques, sa gestuelle, l'âge de son corps etc... Vraiment, c'est bluffant.

L'originalité... C'est cette façon de filmer en caméra "presque portée", en mode documentaire, même si le spectateur sait que ce documentaire n'en n'est pas vraiment un. Le film alterne donc moments de vie/scène via l'oeil d'une caméra spectatrice, puis passages d'interviewes.

Guy dresse le portrait d'un chanteur qui a connu son heure de gloire et qui, même si éloigné des médias, continue à parcourir la France pour des galas auprès de fans fidèles. Mon imagination (ou mes références), m'a fait décelé un peu de Claude François, de Michel Sardou ou de Dave dans les personnages qui auraient inspirés Lutz pour créer Guy. Allociné m'apprend qu'il n'en n'est rien du tout... Que ce sont d'autres chanteurs "âge tendre" qui l'on inspiré.

Il n'empêche, ce portrait est très touchant et montre un homme beaucoup moins superficiel qu'il n'y parait. Certains passages et dialogues sont très forts de sens... Le film évoque évidemment sur la façon dont le public perçoit les artistes en fonction souvent de ce que les médias leur donnent en pâture, sans rien approfondir, où en prenant un parti pris, bref en montrant ce que le public veut voir... Enfin, c'est en tout cas ce que j'ai perçu avec ma sensibilité à moi. Mais les véritables sujets de "Guy", sont le temps qui passe, la filiation, la nostalgie, le recul, la vie et le travail d'artiste... Et surtout, ce qui compose un chanteur : sa vie publique... et sa vie privée... Deux personnes, deux vies qui évidemment n'en forment qu'une. En tout cas, même si ce Guy n'existe pas, on est content de l'avoir rencontré... Parce que cet homme-là vaut le détour, et a pas mal de choses à nous dire... même dans ses silences.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 1 Septembre 2018

... UNE TRAVERSEE DU KOSOVO DE L'APRES-GUERRE

 

BD - Editions Soleil - 65 pages - 17.95 €

 

Parution en 2012

Le sujet :  Juin 1999.
À la fin du conflit au Kosovo, un magazine propose à Gani Jakupi – qui résidait alors en Espagne – de s’y rendre accompagné par un photographe, afin d’y faire un reportage sur son retour au pays. Une occasion inespérée pour lui de revoir ses proches.

 

Tentation : Titre et sujet

Fournisseur : Bib N°3

 

 

 

Mon humble avis : Attention, énorme coup de coeur ! Par contre, si vous cherchez un roman graphique distrayant, passez votre chemin, celui-ci ne l'est point. Son sujet est trop grave. Mais "La dernière image" est très instructif... et méditatif... Oui, je pense que ça n'a pas fini de tourner dans ma tête. Cet album est plus que marquant, il est imprégnant

Une préface nous permet d'appréhender au mieux notre lecture, et une postface nous aide à analyser en profondeur, via divers points de vue, ce que nous venons de lire. Ceci, grâce à des interviews menées par l'auteur auprès de journalistes et de photographes de guerre réputés.

A l'origine, cet album devait être un article pour la presse espagnole. Celui-ci n'est jamais paru. Alors Gani Jakupi, déjà bédétiste, l'a transformé en roman graphique. Et c'est tant mieux je pense. Les articles de presse passent et trépassent dans la multitude, et dans la consommation médiatique que nous faisons. Certes, un album atteindra moins de public, mais il restera et marquera pour toujours... car le lecteur en aura choisi la lecture et se sera pausé. L'information lui arrive certes bien après le conflit, (donc avec un recul dont la presse ne peut pas toujours se permettre) et ne sera pas absorbée entre le fromage et le dessert.

Gani Jakupi, kosovar d'origine, nous emmène donc dans cette région du monde aux conflits compliqués à comprendre : les Balkans... Et plus précisément, au Kosovo, là où la guerre contre les serbes vient de s'achever officiellement. Officieusement, c'est autre chose... Le danger est partout, diverses armées (dont internationales) sont là, les vengeances commencent, le tout dans un pays meurtri, une terre brûlée avec des survivants de la déportation et d'un nettoyage ethnique. Gani est accompagné par un photographe de guerre et ensemble, ils doivent concevoir un reportage pour un journal espagnol.

En fait, il m'a semblé que le Kosovo ne servait "que" de "toile de fond" au sujet, qui hélas, pourrait être développé dans tous pays en guerre. Car derrière cette histoire de "retour au pays", se cache le vrai sujet de cet album : le métier et le rôle des photographes et journalistes de guerre. Et là, les différents personnages rencontrés au fil des pages nous livrent leur version de leur profession... Les dangers sur place, la neutralité pas toujours facile, l'adrénaline, l'importance du témoignage (à tous prix ou pas), la chasse au scoop pour être le premier sur place, les horreurs qu'il faut "supporter" et auxquelles il faut faire face, le besoin viscéral des victimes de conflits à raconter leur drame auprès d'un journaliste pour que leur histoire ne reste pas veine, que le Monde sache. C'est par ces journalistes que l'histoire de chacun rentre dans l'Histoire

Le tout, avec la pression des médias et "le goût" du public qui se blase de plus en plus vite, sans savoir qui sera touché et comment et par quelle info...

"Quand le public veut voir du drame, il s'en fout de la misère"

La censure liée aux supports commerciaux des chaînes ou des journaux. Avec aussi parfois le reproche de photographier ce que le public considère comme outrage mais dont il se repaît néanmoins. C'est via une multitude de saynètes et de situations différentes que Gani Jakupi abordent ces sujets et les approfondit, comme je l'ai dit plus haut, avec une postface composée d'interviews de quelques-uns de ces photographes de guerre.

"La «dernière», l'image ultime, c'est le Saint Graal de tout reporter-photographe. C'est celle qui vaincra la résistance du public blasé, qui a tout vu et ne s'émerveille, ni ne s'émeut plus de grand-chose. Pour certains, c'est la photo la plus choquante, la plus inquiétante ; pour d'autres, celle qui résume en un cliché tout un événement, un destin, un phénomène." (Gani Jakupi)

Outre le fait que sa lecture est plus que remuante, La dernière image rappelle la guerre du Kosovo, guerre et victimes vite oubliées, et permet de la comprendre un peu mieux. Mais cet album est surtout un outil de réflexion incontournable sur la fonction et le fonctionnement des médias, la neutralité de ceux-ci... Mais surtout, sur l'utilisation personnelle que nous en faisons.

Vraiment, lisez cet album graphique, je suis sûre qu'il restera longtemps gravé dans votre mémoire, comme dans la mienne. Très marquant. D'une force et d'une richesse rares !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 30 Août 2018

Roman - Editions Albin Michel - 162 pages - 17.50 €

 

Parution le 22 août 2018 : Rentrée Littéraire !

 

L'histoire : Les prénoms épicènes sont autant masculins que féminins. C'est pourquoi, Claude et Dominique décide de nommer celle qui restera leur fille unique et détestée de Claude...

 

Tentation : Quelle question ?!

Fournisseur : Ma CB

 

 

 

 

Mon humble avis : A y'est, ma gourmandise littéraire annuelle est arrivée, aussitôt achetée dès sa sortie du four et aussitôt dévorée (la semaine dernière) ! Comme chaque année, je n'ai pas manqué mon rendez-vous avec mon péché mignon et mon auteure favorite.

Evidemment, mon petit résumé ci-dessus reste succinct... mais l'est déjà un peu moins que la phrase énigmatique qui occupe la quatrième de couv du dernier né Nothomb.

Pas un coup de coeur pour moi cette année, tout simplement parce qu'au contraire de ces prédécesseurs, Les prénoms Epicènes ne m'a pas semblé "écrit pour moi" ! A chaque fois, je me retrouve dans l'un ou l'autre de des personnages, même si ce n'est que pour une courte période de sa vie. Cette année, non.

En 2017, Amélie Nothomb s'était penchée sur la relation mère/fille, avec une mère maladivement jalouse de sa progéniture.

Le cépage 2018 prend racine dans la filiation père/fille... Et ce père déteste sa fille, qui comprend cela très jeune et le déteste donc tout autant ! Bien entendu, la 3ème partie nous apprendra la raison de cette haine tenace... Et c'est là que tout le talent et la magie de ma chère Amélie Nothomb prennent toute leur forme... Celle d'un couperet, d'une guillotine presque. Voilà ce que je me suis dit en découvrant avec stupéfaction l'essence de cette haine ! Il est question de manipulation et de vengeance obsessionnelle, machiavélique même ! Où l'on se dit vraiment qu'une telle histoire ne peut naître que de l'esprit fantasque d'Amélie Nothomb, et de celui personne d'autre. A mes yeux, Amélie Nothomb est décidément la reine du couperet, de la cruauté envers ses personnages ! Violence psychologique et affective, il n'est pas question de torture à la Maxime Chattam par exemple.  Mais oui, Amélie Nothomb est sans pitié avec les êtres de sa création. C'est peut-être pour cela qu'elle semble garder une certaine distance avec eux, distance que permet la narration sous forme de conte... Ces dernières années, les romans d'Amélie Nothomb pourraient presque tous s'ouvrir sur la fameuse phrase :"Il était une fois"

Bien évidemment, on retrouve certaines obsessions d'Amélie Nothomb... Le champagne... La survivance... L'adolescence....

Pour conclure, Les prénoms Epicènes, un bon cru mais pas un millésime, à mon humble avis évidemment. Ce qui ne m'empêche pas de dire : vivement l'année prochaine !!!

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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