Publié le 27 Septembre 2011

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Imaginez une telle soirée à deux pas de chez vous incontournables. Deux auteurs en un soir, en plus de auteurs qui figurent sur la liste du Goncourt, deux sacrément bonnes copines qui nous ont offert une soirée dynamique, drôle, pleine de bonne humeur, d'échange, de confidence, toujours sous le sceaux des livres et de l'amour de l'écriture.

Veronique Ovaldé qui publie son 7ème (?) roman, invite Carole Martinez, qui publie son 2 ème roman. Une soirée sous le signe de la complicité entre les deux femmes, qui a finalement laissé peu de place au conférencier... et je dirais tant mieux ! Du pur bonheur.... Extraits choisis (ceux que j'ai pu noter) pour vous !

 

 

Véronique Ovaldé face à la rentrée littéraire : "J'aime beaucoup ça en tant que lectrice... Que va t-til y avoir de nouveaux ?!!! Quand on en fait partie en tant qu'auteur, c'est excitant et compliqué... Si le roman tombe tout de suite au fond d'un trou, ce n'est pas très agréable. Puis avec le succès, il y a un enjeu et vient alors la pression des éditeurs, des gens...." Véronique Ovaldé travaille chez Albin Michel. A ce titre, elle s'occupe de Valentine Goby et de son roman Banquise qui attend aussi beaucoup d'elle.

" Tous les auteurs de la rentrée sont malheureux, il faut avoir le cuir épais. Ce n'est pas évident, mais c'est euphorisant".

 

Carole Martinez face à la rentrée littéraire : Pour Carole Martinez, c'est la première rentrée littéraire. Elle est ravie de ne pas avoir eu de rentrée littéraire pour Le coeur Cousu.

" Le coeur cousu est revenu comme un petit bouchon chez les libraires. Donc ce livre a eu une vie longue. Par transmission, d'une main à l'autre. Puis les invitations sont arrivées au fur et à mesure. Cette rentrée littéraire me laisse sur place, c'est incroyable."

Carole Martinez est très heureuse, ravie mais inquiète. Elle se demande où se trouve le mur. Elle navigue à vue.

 

 

Véronique Ovaldé face au Coeur Cousu : Véronique Ovaldé a été très enthousiaste suite à sa lecture du Coeur Cousu, livre qui lui fut conseillé par un ami libraire de Macon. "Un premier livre audacieux, flamboyant, un conte, qui n'est pas dans le naturalisme". Véronique Ovaldé a donc écrit à Carole Martinez. Pour Carole, ce fut le premier courrier d'un lecteur, un lecteur qui était aussi un auteur confirmé ! Imaginez vous ?!

 

Les deux auteurs se sont rencontrées lors d'une lecture croisée sur un salon puis ne se sont plus quittées.

"Nous partageons notre cuisine et notre angoisse d'écriture", même si, comme le fait remarquer Carole, Véronique écrit 2 fois plus vite !

 

 

 

Pour Véronique Ovaldé, "il ne faut pas trop penser à ses lecteurs et ce qu'ils ont aimé pendant l'écriture, pour ne pas être paralysée par leur attente par rapport à ce qui leur a plu dans le précédent roman."..." Avec Carole, on aime toutes les deux raconter de grandes histoires de libertés et d'émancipation."

 

Ce à quoi Carole répond : Tu ouvres la cage à tes personnages alors que j'encage mon personnage"

 

 

Pour Carole Martinez : "on a besoin d'une certaine distance pour parler de nos profondeurs. C'est plus facile quand on s'éloigne dans le temps ou en inventant un paysage (le roman de C.MArtinez se déroule au Moyen Age)/

 

Véronique Ovaldé : "C'est difficile d'écrire sur sa famille, pour ne pas blesser".

Carole Martinez : "Et puis nos familles ne sont peut-être pas intéressantes !"

 

Carole Martinez : "J'adore les personnages féminins. J'adore développer des portraits de femmes. J'avais envie,dans mon nouveau roman, de parler d'une femme contemporaine... Et puis, au fil de l'écriture, Esclarmonde et l'an 1187 se sont imposés !

 

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Alors que le conférencier évoque "des livres de femmes"... Véronique Ovaldé parle d'une scène essentielle de son roman qui n'a rien de féminin... "La scène de la chasse au bison, une scène très dure. C'est le coeur du roman sur la filiation et le rejet de ce que l'on veut vous imposer, sur le ressort que l'on a pour s'affranchir.

Les gens qui n'ont pas l'air d'être ce qu'ils sont, qui ont une une brisure m'intéressent. C'est plus facile d'être libre à 20 ans qu'à 40. Je suis toujours étonnée par les gens qui changent de vie, par ce sursaut d'une petite révolution possible".

 

Carole Martinez : "Alors que mon  personnage choisis de s'enfermer pour s'affranchir, elle rencontre plein de monde, dont les pélerins qui viennent voir cette femme qui commence à avoir la réputation d'une sainte. Esclarmonde accède alors aux autres, à l'humain. Au fur et à mesure qu'elle grandit dans tous les sens du terme, sa cellule devient trop petite.".

Au passage, Carole nous apprend que, comme lui a appris son professeur d'ancien français, le mot "Grand mère" n'existe pas en ancien français. Car à l'époque, soit les femmes étaient stériles, soit elles mourraient en couche à leur Xème accouchement, soit elle décédaient de "leur belle mort" avant d'avoir eu le temps de devenir grand mère.

 

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Pour Véronique Ovaldé,  ce qui est très présent dans ces livres," c'est la nécessité de s'émanciper, de rompre, de partir. Ce qui l'intéresse, c'est le cheminement qui mènent par exemple d'un milieu social à un autre, d'un lieu à un autre, d'une vie à une autre. Mais aussi la nécessité de réconciliation, d'un certain retour aux racines pour continuer son chemin en toute liberté. "Ce qui compte, ce n'est pas l'idée de se réinstaller dans le lieu mais de choisir son départ et non la fuite. J'aime l'histoire de la nécessité de l'autre qui va vous aider à vous réconcilier avec ce que vous étiez ou à devenir ce que vous n'êtes pas. Soit en amitié, soit en amour. Rencontrer quelqu'un pour se libérer de quelque chose.".

 

 

Quelques journalistes ont déjà demandé à Carole Martinez si elle voudrait s'enfermer comme son personnage : "Je suis déjà emmurée. L'écriture, c'est ma fenestrelle à moi. L'écriture, c'est génial pour s'achapper. Quand j'étais gamine, je passais 6h par jour à révasser éveillée. Chose que je me suis interdite à 17 ans. Tout ce temps "perdu" m'a permis d'écrire mes romans. Le roman est une clé ! On a accès à plein de choses !

 

 

Ensuite, j'étais trop captivée par ce que se déroulait devant moi que j'ai cessé de prendre mes notes, pour profiter  100% de mon privilège d'être là... Mais j'ai retenu tout de même les manies d"écriture de nos deux auteures...

Pour Véronique Ovaldé, c'est de nuit, dans mon mini bureau alors que la maison est endormie, avec de l'eau très froide, une lampe qui n'éclaire que le bureau et laisse le reste dans l'obscurité et une bonne réserve de chocolat....

 

Pour Carole Martinez... "Une fois un chapitre fini, je dois appeler quelqu'un (ami, père, mère...) quelque soit l'heure. Pour lui lire à haute voix mon chapitre. L'autre n'a qu'à écouter et dire que c'est bien !"

 

 

J'étais déjà une lectrice acquise pour Carole Martinez et le discours de Véroniqe Ovaldé m'a beaucoup parlé. Inutile de vous dire que je suis partie de là avec deux romans sous le bras !

 

Merci à ces deux charmantes auteures pour cette soirée exceptionnelle !... Et merci à ma collègue Julie d'avoir accepté d'échanger de planning pour me permettre d'assister à cette conférence !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Auteurs : rencontres et conférences

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Publié le 25 Septembre 2011

Roman - Editions Buchet Chastel - 213 pages - 17 €

 

 

Parution 18 août 2011

 

RENTREE LITTERAIRE SEPT 2011

 

 

 

L'histoire : Lisa, 41 ans, est en hôpital psychiatrique.  Elle entend une voix qui la poursuit dans ses moindres retranchements. Seules les pilules et les perfs lui promettent un échappatoire. Parfois, elle se maquille. Du rouge qui déborde de ses lèvres, pour son rendez vous hebdomadaire avec le psychiatre. C'est sur, il va l'aimer. Lui, il est devenu son obsession. Il faut qu'elle se souvienne... Pourquoi est elle là ? Pourquoi a-t-elle perdu la raison ? C'est page à page qu'on le découvre. Nos intuitions nous mènent à penser au pire... Mais c'est le mal qui l'emporte, même si le mal est parfois pire que le pire, même si le mal mériterait bien le pire.

  

 

Tentateur : Denis, de Libella

Fournisseur : L'editeur Buchet Chastel, libella, merci pour l'envoi

 

 

 

 

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Mon humble avis : C'est la 4ème de couv qui m'a attirée vers ce livre, même si je l'avais lue en diagonale et en fait de travers... tant mieux pour le "de travers", il m'a permis d'ajouter encore un peu plus de mystère à la lecture et donc de plaisir !

Et pourtant, suite à un avis "inquiétant" lu sur la blogo, j'avoue, je suis entrée dans ce livre à reculons. C'est vrai que le mode narratif est déroutant. Lisa est souvent interpellée par cette voix qui la tutoie (d'où le TU) et qui est la narratrice du livre. De ce fait, cette voix parle parfois en son nom, donc à la première personne du singulier, "je, moi". Et comme cette voix fait partie intégrante de Lisa, certains passages usent de la 3ème personne : On. Une fois saisi cela, j'ai effectué un virage à 180° et suis rentrée corps et âme dans ce roman pour me prendre une sacrée claque. C'est grandiose, magistral, passionnant et effrayant à la fois.

Je pense que cet imbroglio de "Je, tu, on" est voulu par l'auteur et nécessaire. Il amène directement le lecteur dans l'esprit confus de celle qui a perdu la raison, qui ne sait plus qui elle est. Au début, je pensais que cette voix est celle que nous avons tous parfois, notre démon intérieur contre lequel on se débat, qui nous fait ressentir de mauvaises pensées, qui nous provoque. Ensuite, j'ai imaginé que c'était l'autre voix, celle de la raison qui lutte pour nous garder à la surface et nous éviter le pire. Et finalement, c'est autre chose, c'est cette chose que nous avons toujours en nous et que souvent nous occultons quand elle est douloureuse et que nous entretenons quand elle est heureuse.

Pour Lisa, cette chose est malheureuse et biaisée depuis si longtemps. Aussi, on réalise bien vite que ce n'est pas une raison unique qui l'a conduite entre ces murs blancs, mais une succession de traumatismes (même s'ils peuvent paraitre insignifiants) qui a aboutit au trop plein. Au mot de trop. MAis surtout, au pas assez. Pas assez d'affection du père qui l'appelle "Le tas", une froideur de la mère qui a toujours raison et la tient coupable de beaucoup de choses, qui ne lui apprend pas l'amour des hommes, cet amour que Lisa va tellement mal chercher qu'elle ne trouvera jamais. La vie de Lisa est une recherche d'elle même à travers un désert affectif. On pense deviner la raison de sa présence en ce lieu, ce que le médecin veut lui faire dire semaine après semaine. J'ai imaginé le pire. J'avais tout faut. Il y a peut-être pire que le pire en fait. Alors oui, il y a aussi une forte place pour le suspens dans ce livre qui tient en haleine. Sans compter que l'on ignore qui est la vraie Lisa dans ce conflit intérieur, la voix ou Lisa ? Ou les deux ?

Ce texte noue la gorge et fascine en même temps, tant Sandrine Soimaud décrit à la perfection la vie en hopital psychiatrique, avec ses habitudes et ses répétitions (vue de la patiente, donc toujours plus ou moins dans un vague brouillard médicamenteux et une folie qui ronge). Je me suis dit, pour en parler aussi bien, il faut l'avoir vécu et s'en être sortie, alors là chapeau ! On peut aussi juste être très humain, très  l'écoute de la détresse d'autrui, très informée, très imaginative, excellent écrivain pour créer une telle histoire dans cette atmosphère et alors là, je tire encore plus mon chapeau.

La folie (et autres maladies mentales) est un monde inaccessible aux sensés qui ne peuvent pas la comprendre, ni en imaginer les conséquences faute de l'avoir vécue. Alors les sensés ferment les yeux et se bouchent les oreilles, tout cela, ils ne veulent pas l'entendre car ils ne le comprennent pas. Sandrine Soimaud vous offre l'opportunité de vivre la folie de l'intérieur, de l'expérimenter sans danger, et alors de comprendre un peu plus cet état dont personne, personne n'est à l'abris. Je pense que c'est l'une des seules choses sur terre devant laquelle nous sommes égaux, que l'on soit cravatté en Hermès et vêtu de haillons. 

Petite précision : J'ai lu quelque part "c'est un livre qui se lit vite". Je ne suis pas d'accord. C'est un livre qu'il faut prendre le temps de lire... Nuance.

Ma rentrée littéraire se passe à merveille !

 

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                                                                              6ème participation

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 23 Septembre 2011

 Synopsis :  Après la mort du Pape, le Conclave se réunit afin d’élire son successeur. Plusieurs votes sont nécessaires avant que ne s’élève la fumée blanche. Enfin, un cardinal est élu ! Mais les fidèles massés sur la place Saint-Pierre attendent en vain l’apparition au balcon du nouveau souverain pontife. Ce dernier ne semble pas prêt à supporter le poids d’une telle responsabilité. Angoisse ? Dépression ? Peur de ne pas se sentir à la hauteur ? Le monde entier est bientôt en proie à l’inquiétude tandis qu’au Vatican, on cherche des solutions pour surmonter la crise…

 

 

 

Film avec Nanni Moretti et Michel Piccoli

 

 

 

 

 

 

 

 

   

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Mon humble avis : Le monde est figé. Aussi bien la foule pieuse massée sur la place St Pierre de Rome que différents chefs d'Etats, tout le monde attend, inquiet : quand le nouveau pape va-t-il se présenter au balcon et entamer ainsi, officiellement, son pontificat. Sauf que le poids de ces responsabilités lui semblent trop lourd à porter, alors le souverain pontif prend quelques jours la poudre d'escampette.

Ce film est magnifique, extrêmement respectueux, intelligent, très touchant et souvent drôle... Ce sont bien sûr plus des rires affectueux qui fusent dans la salle que des éclats hilares qui seraient inappropriés.

Ce film se regarde avec sourire,tendresse et respect, quelque soit notre inclination religieuse. L'attente de millions de fidèles prend à la gorge, les doutes du pape remuent et permettent à chacun de s'interroger sur soi même où sur cet homme. Et surtout, on réalise à quel point ces charges sont immenses, tant en leader religieux qu'en chef d'Etat. La place et l'importance de l'Eglise dans notre monde politique est bien rendue.

Ce que j'ai particulièrement aimé, c'est la vulnérabilité manifeste de Michel Piccoli qui semble né pour jouer le souverain pontif tant il interprête ce rôle à merveille, avec pudeur, retenue. Le fait qu'un tel homme puisse douter est tellement rassurant. Sommes nous toujours à la hauteur des rôles pour lesquels nous sommes choisis. Il semble que dans ce cas, c'est l'humilité qui soit la meilleure qualité. Et manifestement, cette qualité n'est pas partagée équitablement au Vatican. Nanni Moretti s'amuse a apporter une touche d'humour bien venue en chatouillant un protocole parfois un peu trop étriqué et en humanisant tout ce petit monde : les cardinaux se révèlent pour certains rassurants, appaisés, d'autres prétentieux, mauvais joueurs et finalement, tous prêts à partager de bons moments avec une âme d'enfant. Quelques moments particulièrement jubilatoires : les échanges entre le psychiatre Nanni Morreti et le cardinal en chef à propos de la psychanalyse et de la dépression, l'Eglise, à priori, réfutant l'existance de la dépression, quelle soit papale ou non. Enfin, la première séance entre le pape et le psy, entourés de tous les cardinaux, quelle belle intimité incitant à la confession !!!

Outre l'intéressant cheminement du pape devant son trouble et son indécision, ce film a aussi l'avantage de nous inviter à une petite visite guidée du Vatican et de ses codes. Pour ceux qui ignorent comment se rédoule un conclave... et bien lisez aussi Anges et Démons de Dan Brown (dans un tout autre registre hein !).

Le seul petit reproche que je pourrais faire à ce film.... Le pourquoi des doutes du pape aurait pu être plus fouillé et exploité.

Mais sinon, je dis : Amen !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 21 Septembre 2011

Roman - XO Editions (via MMC Book) - 426 pages - 19.90 €

 

 

 

Parution en juin 2011

 

Nouveauté

 

 

 

L'histoire : Max est un jeune étudiant en neurosciences, promis à un bel avenir. En tout cas, il en rêve... Et son rêve devient en quelques sortes réalité.

Un jour, il se réveille dans le corps d'un éminent chercheur, spécialiste de l'hypnose. The dream's come true, le voilà donc au sommet de la gloire professionnelle, reste à s'adapter à cette autre vie, et cette nouvelle enveloppe charnel pour que personne ne se rende compte de rien.

Mais bien vite, ce cadeau se révèle bien empoisonné ! C'est une cavale pleine d'embûches qui attend Max, une véritable course contre la montre pour enfin savoir qui il est : Max l'étudiant ou Philippe le chercheur... Ou pourquoi pas, encore quelqu'un d'autre. Et ce qu'il va découvrir dans sa quête dépassera tout ce qu'il avait pu imaginer !!!

 

 

Tentation : La 4ème de couv et le sujet

Fournisseur : XO Edition et My Major Compagny Book, merci pour l'envoi !

 

 

 

 

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Mon humble avis : Ce livre est relativement inclassable : roman distrayant, thriller, SF.... Un bon mélange de ces 3 ingrédients en fait.

Les neurosciences me fascinent et hélas, me concernent directement en qualité de "cas". Donc j'avais doublement envie de lire ce livre, même si je suis sceptique devant l'hypnose puisque mon corps n'y est pas du tout réceptif. Mais dès qu'on parle cerveaux, le mien émets des ondes et capte ce qui passe !

Commençons par l'aspect désagréable de la vie d'une chroniqueuse de livres libre et "objective envers elle même" ! J'émets des réserves sur la première partie du roman. Même s'il ne faut que quelques pages pour que l'intrigue vous accroche définitivement, j'ai trouvé quelques longueurs. Comme lors de ma lecture de "La vie d'une autre" de Frédérique Deghelt, qui prend aussi comme base "le sujet se réveille dix ans plus tard", les réactions du personnage ne me paraissent pas toujours appropriées, réalistes ou parfois, très raccourcies. Bref, le personnage est bien aidé par un auteur compatissant. Je me suis tout de même étonnée que Max, qui se réveille dans le corps de Philippe, ne se demande pas une seconde où a bien pu passer l'esprit du dit Philippe !

Néanmoins, cette première partie vulgarise agréablement le monde de la science, de la neurologie, de l'hypnose, de la recherche. Nul besoin d'être Docteur en Machin chose pour comprendre, l'auteur a su se mettre au niveau profane de son lecteur, rendre ce monde nébuleux accessible et fascinant, avec une lecture agréable et fluide.

Dans la deuxième partie, le roman prend une sacrée accélération et le lecteur passe à Mach 2, hypnotisé par un livre qu'il ne peut plus reposer. Ce que j'avais pris pour des maladresses dans les pages précédentes s'explique au fur et à mesure. On entre alors dans la partie thriller de l'histoire. Une cavale semée d'embuches et de rebondissements, un mystère qui s'épaissit un fil des pages et des fausses pistes pour s'achever dans un final, haletant grandiose, inattendu, bien trouvé, digne d'un bon roman SF je crois. Je me suis même fait des noeuds au cerveaux pour suivre le "qui est qui". Bon si c'est lui qui parle, alors il est l'autre, oui mais l'autre est mort..... Bref, très sympa.

La seule chose que je trouve un peu frustrante dans ce type de roman, c'est que l'on se demande où s'arrête la réalité et où commence la fiction, voire la science fiction. J'aimerais qu'en fin de livre, l'auteur écrive un petit mémo scientifique pour que le lecteur puisse savoir ce qu'il peut prendre pour argent comptant ou pas. Enfin, moi, j'aimerais savoir ce qui est vraiment vrai, histoire de ne pas me tourner en ridicule en soirée en disant : "si, si, je t'assure, je l'ai lu dans un livre !" Car si ça se trouve tout "cela" (le sujet du livre) est peut-être à l'étude, ou bien l'étude est terminée mais demeure secret d'état étant donné les conséquences possibles, ou encore, sera la réalité d'après demain puisque les neurosciences n'en sont qu'à leurs balbutiements.  Alors, je vais commencer à réfléchir... Si je devais me réveiller dans le corps d'une autre... Qui choisirais- je ? Allez, n'ayons peur de rien, Angélina Jolie. Je garde ma conscience et mes souvenirs, mais je gagne sa plastique, ses enfants tout faits, son compte en banque et surtout, Brad Pitt et des draps de soie, ça va de soit !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Thrillers - polars français

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Publié le 19 Septembre 2011

Bendota, dernière étape du voyage au Sri Lanka, au Sud Ouest de l'île, à quelque 60 km de Colombo. Vaste complexte touristique disent certains guides. Certes, mais on reste au Sri Lankia, avec des touk touk sur la route et des plages qui vont vers l'infini. Nous sommes toujours au Sri Lanka, même si ici, dans la ville, les boutiques à touriste ne manquent pas et que les étrangers sont en maillots de bain et on abandonné leur  Guide à l'hôtel pour juste se poser, se mêler, apprendre, voir. N'ya-t-il il pas de français à Nice ou aux Sables de d'Olonne Et bien, c'est pareil, même au bout du monde.

Bendota, c'est une belle lagune qui donne sur une rivière, la Bendota, qui remonte loin dans les terres. Loin, il y a des crocos dans le fleuve. Aux abords de la côte et de l'eau, aucun danger , mise à part des moustiques vicieux.  J'aime l'atmosphère des stations balnéaires. Je ne suis pas encore chez moi mais reconnais certains codes. Il y a un ambiance festive, les néons attirent mon regard dans la nuit. Où se cache le bon petit resto ? Je me laisse aller....Et puis, il y a la mer...

 

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Sur la partie plage/lagune, des hôtels plutôt luxes ou en formule tout inclus. Pour nous non, nous sommes de l'autre côté, sur le "continent", dans une petite pension au confort très spartiate, il fait 50° dans certaines chambres, mais il y règne un accueil chaleureux inoubliable.

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Le soir de notre arrivée, une bande de jeunes sri lankais, moniteurs de plongée au club du coin... Chouette, 2 instruments de musique, ils chantent tous, même s'ils sont un peu alcoolisés. Musique traditionnelle, ambiance, nous prolongeons notre soirée à la Lion Bear, je m'essaie au Tam tam... Cet échange avec  des sri lankais dont nous rêvons tout au long du voyage et lors de chaque SRI-LANKA-3-026.JPGvoyage, c'est dans la zone balnéaire que nous la vivons. Certes, étant donné la profession des jeunes présents, la soirée est un peu sponsorisée Oxbow. Mais ils sont Sri Lankais, naturels, spontanés, joyeux. Pompettes, et c'est avec eux que nous plongeons le lendemain...

Plongée et baignade dans l'Océan Indien...

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyages en Asie

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Publié le 17 Septembre 2011

 

Roman - Editions Albin Michel - 150 pages - 16 €

 

 

Parution Août 2011

 

 

RENTREE LITTERAIRE

 

  

L'histoire : Joe, 14 ans, se retrouve rejeté par sa mère. Il erre alors dans Reno( Nevada) avec pour seul gagne pain sa passion et son savoir faire, la magie. Sa route croise celle du plus grand magicien américain. Celui ci deviendra son professeur, son maître, son père peut-être aussi. Tout dépend de la position de l'observateur de cette histoire...

 

"allez savoir ce qui se passe dans la tête d’un joueur"

 

  

Tentation : Mon incontournable Amélie Nothomb

Fournisseur : Manu, un pote qui m'a spontanément proposé ce prêt. Mille mercis, car ma bibliothèque tarde à faire ses achats cette année !

 

 

 

 

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Mon humble avis :Tuer le père ne sera pas mon Nothomb préféré ! Par exemple, je me souviens d'une lecture bien plus jubilatoire de "une forme de vie", son opus de l'an passé. Cet année, je n'ai pas ri, sans doute parce que le sujet est au final plus féroce et cruel. L'auteur a glissé beaucoup moins d'autodérision que dans Une forme de vie. Je n'ai pas coché de petites phrases mémorables dans la marge et n'ai point intégré de nouveaux mots improbables dans mon pauvre vocabulaire. Même les prénoms des personnages se révèle d'un classique ! Joe .... Plus classique aurait donné John ! Aussi, étais-je un peu désorientée dans ma lecture, surtout qu'Amélie Nothomb prend ici un malin plaisir à se jouer de son lecteur. En effet, l'histoire ce déroule dans Reno et Las Vegas, des villes dédiées aux mariages et divorces express, au jeu, à la magie, au bluff, à l'argent, à l'appât du gain, aux experts de la police scientifique  et... à la triche. Logique que l'on retrouve ces ingrédients dissimulés dans ces pages. Par moment, il m'a semblé que rien ne se passait, alors que justement, tout ce déroulait devant mes yeux. Et cette fin, ce coup de bluff de l'auteur, et bien je ne l'ai pas vu venir. Beaucoup de symboles dans ce livre, à commencer par le titre, un tantinet provocant, où il est question de paternité spirituelle, du besoin de filiation, de loyauté, de confiance, de moralité et des limites entre le bluff et la triche, même si la triche parfaite est un art... En tous cas, Amélie Nothomb ne triche pas avec ses lecteurs. Son style est toujours direct et se passe de superflus. On est dans un autre monde, un monde Nothombien déjanté et même temps moins exhubérant, bref, inédit ! Le coup de passe passe qui se joue devant nous laisse perplexe... Comme après un tour de magie on se demande ce qui est vrai, ce que nos yeux voient, ce que nos yeux ont manqué, quelles sont les ficelles du truc... Et bien ici, demeure la question : Finalement, "du père et du fils" qui manipule l'autre, le père est il vraiment tué (au sens figuré) où n'est- ce pas lui qui détient l'arme la plus dangereuse ? Qui est la victime, même si l'on sait très bien qui est le salaud dans l'histoire. D'ailleurs, ce personnage que l'on se prend à plaindre dans le début de l'histoire devient l'un des pires (car ultra subtile) monstre de la littérature nothombienne ! Mais point de manichéisme simpliste.... Car finalement, le moral se révèle têtu et l'amoral... persévérant... Curieux non ?

Vingt ans de littérature, 20 romans et toutes ses dents, Amélie Nothomb m'a encore surprise, déroutée, menée par le bout de nez, et laissée là où je ne m'attendais pas. A chaque fois, c'est une nouveauté qui m'est proposée ! Un roman complètement différent des précédents. La surprise est toujours au rendez vous ! Et c'est ce que j'apprécie chez cette auteure que j'aime profondémment et qui me le rend bien !

Tuer le père est un livre construit comme un tour de magie.... où les cartes maîtresses sont une bonne dose de freudien, une autre de nothombisme et une troisième d'un mystère qui s'appelle aussi talent. Une histoire à l'apparence plutôt simple qui se révèle une complexe métaphore cruelle des relations  "père/fils". A vous de voir ! Mais n'oubliez pas de vous méfier des apparences... qu'elles soient dans un livre ou dans les personnes qui vous entourent.... Tout ne peut être qu'illusions !

 

Alors même si j'ai préféré l'opus de l'an dernier, je reste ravie de ce livre au sujet intelligent, très freudien, traité sous forme de conte moderne ou d'une parabole dont le titre pourrait être "le père prodigue". Car je sais qu'on ne peut pas toujours faire mieux quand on fait aussi différent...

 

Petit rappel.... L'année dernière, j'avais l'immense plaisir, à pareille époque, d'interviewer Amélie Nothomb. Pour relire l'interview, cliquer ICI

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 15 Septembre 2011

BD - Editions Delcourt - 95 pages - 14.95 €

 

 

Parution en 2008

 

 

L'histoire :  Agathe est une petite fille française des années cinquante. Elle grandit entourée de ses deux frères, de son beau-père et d'une mère, aussi secrète qu'hostile, qui n'aime que ses fils. Quand enfin elle atteint l'âge de demander des comptes et de poser les questions qui la hantent, sa mère n'est plus là pour l'écouter. Agathe cherche alors des réponses et découvre à cette occasion quelques secrets de famille qui, même s'ils n'expliquent pas tout, redonnent un peu de chaleur et d'humanité à la figure maternelle... Il y a des lettres que l'on n'envoie jamais ou que l'on garde cachées. Et puis, il y a celles que l'on écrit alors que leur destinataire a disparu. Ainsi en est-il des lettres d'Agathe à sa mère. Un dialogue à une seule voix, pour enfin être entendue...

 

 

 

Tentation  : Pourquoi pas ?!

Fournisseur  : La bib'

 

 

« Ma petite maman chérie, je crois que tu ne m'as jamais aimée, n'est-ce pas ? », c'est ainsi que commence cet album.

 

 

Mon humble avis : Je le reconnais, la couverture de cet album n'est pas très engageante. C'est la quatrième de couv' qui m'a incitée à tenter ma chance. Et gagné ! Dommage que j'ai moins de chance au loto qu'avec les BD et albums que je choisis à la bibliothèque !

Rassurez vous, l'intérieur est bien plus coloré, même si les planches les plus graves approchent le monochrome, ou prennent un peu l'aspect d'un négatif d'une photo.

Mais les dessins sont assez doux, très évocateurs, et l'ensemble très agréable à regarder.

Agathe écrit des lettres à sa mère défunte, puisqu'il est trop tard pour en discuter de vive voix. Agathe a besoin de se faire entendre, de dire, de mettre des mots sur son ressenti sur  toutes ses années, et des conséquences sur sa vie d'adulte. Pourquoi Marie ne l'aimait elle pas, pourquoi n'ont- elles jamais su s'entendre, se sentir bien entre elles ? Agathe veut comprendre et cherche. Elle trouve une explication, qui n'excuse rien mais qui explique. Un secret de famille bien enfoui.

Le sujet, douloureux est très bien traité, avec justesse et pudeur, mais sans mélodrame accentué. Il ne s'agit pas du récit d'une enfant battue ou maltraité, mais d'une enfant désaimée par sa mère. C'est en tout cas ce qu'Agathe ressent tant le traitement qu'elle reçoit est différent de celui de ses frères. On suit Agathe dans l'enfance, puis l'adolescence. C'est seule mais avec un lourd fardeaux qu'elle fait l'apprentissage de sa vie de femme et d'adulte.  Aucune aide, aucun réconfort, juste des ordres et de l'humiliation. Les planches où Agathe découvre ses premières menstruations sont terribles, bouleversantes et révoltantes.

C'est vraiment une bel oeuvre sur les conséquences d'un déséquilibre dans l'affection parentale sur la vie d'adulte, l'adulte qui doit effectuer un travail pour comprendre, éventuellement pardonner, et grandir. S'épanouir. Etre soi et pas ce que les autres veulent que vous soyez.

Je recommande chaudement.

 

 

Qu'est-ce qu'on en a à foutre de l'amour ? Quand on ne le voit pas, quand on ne le sent pas, qu'il ne vous sert à rien ? Quand on en connait que la place vide ? Un appel d'air inutile. Là où vous auriez dû avoir un coeur gonflé.... ne balance qu'un organe, déshydraté, caché derrière les côtes et qui ne sert à rien.

  

 

L'avis d'Hélène

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 13 Septembre 2011

Roman - Editions Actes Sud - 148 pages - 17 €

 

 

 

Sortie le 12 août 2011

 

RENTREE LITTERAIRE

 

 

L'histoire : Un poteau, une voiture pliée.  Alice, la cinquantaine, est désincarcérée de la taule qui la gardait prisonnière déjà comme dans un cercueil. Elle est dans le coma et son corps est brisé de partout. Les jambes surtout.

Par les mots de l'auteur, nous partageons et vivons ce lent, très lent retour à la vie d'Alice. La conscience, puis la réappropriation du corps et sa rééducation.

 

 

Tentatrice : Clara

Fournisseur : Actes Sud, merci pour l'envoi.

 

 

 

 

 

 

 

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  Mon humble avis :Ce sont des ouvriers d'un chantier de nuit, une nuit à étoiles filantes, qui aperçoivent en premier la voiture. On ne sait d'où elle vient... S'il s'agit d'un accident ou non.... D'ailleurs, on ne le saura jamais vraiment, car là n'est pas l'important. Laissons à Alice ce doute, ce secret, cette intimité. Nous retrouvons Alice dans le coma, puis éveillée, de services hospitaliers en autres services, avec des voisines de chambres différentes, plus ou moins rassurantes, plus ou moins encombrantes... Enfin, Alice arrivera dans un centre de rééducation fonctionnelle. Dernière étape, mais pas des moindres. Presque deux ans encore.

 A mes yeux, ce roman brille avant tout par sa haute qualité littéraire. L'écriture est sublime, soignée, polie, délicate, poétique. L'écriture peut être aérienne ou très franche, voire tranchante suivant la situation.

J'ai beaucoup aimé ce livre, même si sa lecture n'a pas été facile. Le sujet est très grave, lourd et n'est pas sans évoquer un épisode interminable de ma vie, même si les proportions ne sont pas les mêmes.

Pour moi, ce fut un AVC... Quoiqu'il en soit, c'est le milieu hospitalier, le rapport avec le personnel soignant (que je trouve plus attentionné dans le roman que dans la réalité. Peut-être parce que justement, dans le roman, les soignants ont le temps... là où dans "la vraie vie", chacun est débordé par le manque de personnel et de moyen). Il est souvent question de douceur au fil des pages... J'aurais aimé la sentir cette douceur quand c'était mon tour... L'hôpital est mécanique, comme un garagiste. On soigne le corps au mépris de l'esprit... On vous interroge sans cesse sur l'échelle de 1 à 10 de votre douleur physique... mais jamais une question sur votre souffrance morale. Bref, petit message personnel en passant. 

Cela mis à part les jours et les nuits de l'hôpital, les bruits, des chariots, des portes, des pas... Tout est parfaitement décrit dans ce roman. Lorsqu'Alice reprend conscience, elle se rapproprie son esprit, ses souvenirs. Entre moments d'abattement et de repos. Un psychiatre l'aide à démêler cela, à fouiller dans un passé que l'on découvre assez sombre.  Je me suis demandée à quelle branche Alice allait se rattraper pour se battre et survivre.... Et trouver le déclic.... Le déclic, ce moment où son cerveau décidera qu'il est temps de ce rapproprier son corps. Je ne sais pas si ce déclic est conscient, choisi ou inconscient... Juste un instinct de survie. Le miracle de l'alliage le plus mystérieux : le corps et l'esprit.

La dernière partie m'a particulièrement émue. La rééducation fonctionnelle où les victoires se calculent en mètres et en mois...

Ce roman est très foisonnant, je vous laisse découvrir la personnalité complexe d'Alice et les différents personnages qu'elle croise tout au long de son retour à la vie, tout comme l'impact inconscient de son patrimoine familial sur sa vie. Vous vous demandez sans doute pourquoi je n'octroie pas 4 étoiles à ce livre qui pourrait grandement les mériter. Parce que la méthode narrative m'a parfois un peu égarée... J'avais l'impression que me retrouvais tantôt dans les souvenirs d'Alice, tantôt dans son présent, sans être prévenue de ce changement par une ponctuation, un changement de style ou un : Alice pensa que.... le psy lui répondit que... même si j'en suis consciente, le style s'en serait alors retrouvé alourdi. Cela m'a perturbée.

 

Pour moi, "Son corps extrême" est un vibrant hommage à tous les cassés de la vie, accidentés ou en longue maladie, qui ont la force, le courage de se battre, de survivre, de revivre... Et surtout, la patience de prendre le temps. Ce temps nécessaire autant au corps qu'à l'esprit pour se renconstruire. La patience, c'est tellement dur quand le temps a failli s'arrêter. Et pourtant, le temps, on est les seuls à pouvoir se le donner vraiment.

 

Voilà, je redoutais la rédaction de ce billet que je reportais depuis plusieurs jours. C'est tout ce que je peux donner, même si c'est peu devant la brillance et la richesse de ce livre. 

 

 

"Telle est la mission de l'alitement forcé, faire qu'on s'arrête et qu'on regarde mieux... pour que le cours de la vie reste cohérent et fluide"

 

"Alice comprit qu'elle voulait que tout ait un sens, il fallait toucher les gens. Elle parlait beaucoup du regard"

 

"Alice écrit que vivre sans terre ferme sous ses pieds, c'est vivre sans droit et sans liberté".

 

"... Tout ce populo est bien résolu à  former un corps digne de ce nom à nouveau. Croire en la passivité d'un malade est un affront. Des transformations silencieuses. On imaginerait à tort la vie d'Alice comme une vie murée et incapable."

 

" Quand donc a commencé la guérison ? Une chose est sûre, tout a changé sous les yeux d'Alice sans qu'elle s'en aperçoive. Un grand chavirement s'est produit et maintenant, voilà que le déclin lui même décline.... Pendant quelques mois, guerir est plus rapide que vieillir et même renverse la vapeur. On rajeunit";

 

"Lorsque l'on veut comprendre quelque chose de sa propre vie, il faut en parler avec le premier venu. Nul besoin d'un esprit particulièrement pénétrant, l'illumination viendra en parlant."

  

"Elle jubille.Le lendemain, elle réclame un chronomètre. Parcourir 4 mètres lui prend une minute et 54 secondes, ce qui représenterait un sprint de 100 mètres en un peu moins d'une heure..."

 

 

Juste après ma lecture, après la dernière page, je suis sortie, je suis allée prendre l'air. Avec mon podomètre, je suis allée marcher dans la compagne tourangelle. Chacun de mes pas avait une autre saveur, une autre valeur...

 

 

 

 

 

 Les avis de ClaraLeiloona et de LilibaRL2011b

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 11 Septembre 2011

RECHERCHE DANS L'INTERET DES FAMILLES

 

 

Synopsis : Sur la route des vacances, la femme de Stéphane Monnereau, capitaine de police à la P.J. parisienne, disparaît. Les indices semblent indiquer qu’il n’est peut-être pas étranger à cette disparition. Pour éviter d’être placé en garde-à-vue, Stéphane prend la fuite avec son fils. Désormais il devra assumer seul sa double mission : se disculper aux yeux des enquêteurs et savoir ce qui est vraiment arrivé à sa femme.

 

 

Polar avec Yvan Attal, Pascal Elbé, Armelle Deutsch

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis :Et bien figurez vous que j'ai sans doute un bel avenir de scénariste à Hollywood. Et en même temps je me découvre totalement démoniaque ! Car en regardant ce film, j'ai imaginé un scénario bien plus machiavélique encore, même si j'ai fait choux blanc à la fin !

Bon, reprenons depuis le début. Je vous l'accorde, à la lecture du synopsis, on se dit " rien de bien nouveau sous le soleil". Effectivement, ce film ne se démarque pas par son originalité. Par moment, l'uniforme de la gendarmerie et quelques dialogues m'ont même fait penser à la défunte série "Une femme d'honneur".  Il n'empêche que R.I.F fonctionne bien, captive ses spectateurs, tient en haleine et laisse même échapper quelques rires lors de quelques répliques bien gratinées, chose rare pour ce genre cinématographique. Ce film est assez sombre et comme sorti d'un autre temps. Il faut dire que le centre de l'action est une veille station service de route nationale à l'ancienne, loin des enseignes multiservices qui feront bientôt par d'attraction, villages vacances.... J'ai oublié de préciser... Nous sommes en Lozère à la Toussaint... Même les images semblent parfois délavées, comme si le réalisateur avait apposé quelques calques sur sa caméra.

En tout cas, le suspens fonctionne dès le début, avant même la disparition, puisqu'à chaque instant, on se dit "c'est maintenant". Et bien non, ce sera pour plus tard jusqu'au moment où... Et là, aucune explication logique n'apparaît, c'est le doute qui s'installe et plane sur notre flic désespéré et prêt à tout. Sommes nous face à une machination, un enlèvement longuement préparé, une vengeance,une fuite volontaire, un malheureux hasard... Pour savoir, entraînez vous un peu au sprint et allez courir avec le charismatique Yvan Attal. A moins que vous ne préfériez la force tranquille d'un parfait Pascal Elbe. Je m'inquiète tout de même pour Yvan Attal. A chaque film, je le trouve de plus en plus pâlichon. Il devrait prendre des vacances bien méritées au soleil. J'aurais dû l'inviter à m'accompagner en croisière en Turquie. Un peu de soleil lui ferait du bien et sa compagnie ne m'aurait pas déplue !

Bon, je m'égare et conclue donc : film de très bonne facture ! Pas une minute d'ennui à l'horizon, même si le film n'est pas particulièrement nerveux. La tension est dans les personnages, dans la situation.

A noter que ce film rend quelque part hommage, par une note après la dernière image, aux milliers de personnes (plus ou moins médiatisées)qui disparaissent en France chaque année. Qui sont retrouvées, ou pas.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 9 Septembre 2011

Aujourd'hui je largue les amarres ! Vacances, une semaine sur l'eau, à bord d'un Caïque Turc (Goélette) pour du cabotage dans la région de Bodrum, Turquie.

Au programme RIEN !!!!! REPOS !!!!

RIEN et REPOS signifient baignades, plouf et splach dans l'eau, éventuellement un masque et un tubas, lésarder sur le bateau,  bronzer, faire la sieste, bouquiner, accoster de temps en temps sur une plage, peut-être se chausser pour aller un peu randonner tranquille, bouquiner, papoter, bien manger, dormir et surtout regarder et admirer les magnifiques paysages qui vont défiler sous mes yeux ! En prendre plein les yeux !!! Recharger les batteries, larguer les amarres, prendre le large, un grand besoin devant les mois prochains qui s'annoncent.

 

 

 

  

 

 

  

 

 

 

Comme d'habitude, en mon absence, pilotage automatique du blog !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Les livres - mon blog et moi

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