Publié le 26 Mars 2012

SRI-LANKA-3-145.JPGNous avons visité une nurserie de Tortues de mer, à quelques kilomètres au sud de Bendota...

 

Les oeufs que déposent la nuit les tortues sur les plages sont souvent détuits ou ramassés par les plus Sri Lankais les plus pauvres pour être consommés. Consciente du danger pour l'espèce, la population locales a ouvert de nombreux centres privés, des nurseries. Les oeufs sont alors couvés en enclos, puis les jeunes tortues sont maintenues quelques jours en bassins d'eau de mer avant d'être relachée dans dame nature. Nous visitons ces centres contre un un droit d'entrée qui aident à convrir les frais de fonctionnement de ces nurserie. P1050098.JPG

 

Lors du tsunami de 2004, la plupart de ces  nurseries ont été détruites. Ces nurseries prennent soin aussi de tortues handicapées naturellement ou par les pâles d'une hélice de bateau. Je n'ai pas pris en photo ces tortues handicapées, qui privées d'une nageoire, sont condamnées à tourner en rond toute leur vie dans un bassin. Le poids des mots suffira, le choc des photos est inutiles.

 

 

 

                                                                           (Photo KTL)

 

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Les oeufs couvés et numérotés à l'abri...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Une tortue albinose

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

Une tortue sensible aux chatouilles !
Quelques extraits de wikipédia à propos des tortues marine :

Ces espèces sont toutes vulnérables ou menacées. Elles font localement l'objet de protection ou de plan de restauration, mais la pollution, le braconnage et les prises accidentelles par engins de pêche restent des causes préoccupante de recul de populations, déjà très relictuelles

 

Elles peuvent nager rapidement et plusieurs espèces sont capables de vitesses pouvant atteindre 35 km/h ; à la différence des tortues d’eau douce, elles avancent par l’action simultanée des membres antérieurs.

À la naissance, il n'y a chez les tortues marines aucun élément anatomique externe qui permette de distinguer un sexe de l'autre.

On pense que certaines tortues marines peuvent dépasser les 150 ans. On a mesuré un record de plongée de 6 heures pour une tortue verte.

 

Les tortues marines possèdent des ennemis naturels tels le grand requin blanc, le Requin tigre et le Requinbouledogue comme en témoignent les cicatrices trouvées sur leurs carapaces, mais surtout l'homme. Cependant elles sont surtout vulnérables à cause de leur système de reproduction. Elle doivent s'approcher des côtes pour pondre, l'homme est là, son principal prédateur. Les œufs sont laissés sans surveillance. L'homme n'est pas le seul à prélever des œufs. On a pu montrer que des petits mammifères, des chiens et même des mangoustes (sur les plages Virginie) pillent les nids

 

 

 

Je ne résiste pas à l'envie d'ajouter sur ce billet une photo (trouvée sur Google) d'une tortue marine dans son milieu naturel. J'ai eu la chance d'en croiser 3 fois lors de plongée sous marine : en Thaïlande, en Guadeloupe et au Sri Lanka !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyages en Asie

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Publié le 25 Mars 2012

35/03/2012Ici, sur mon blog, je suis chez moi.  Je suis plus chez moi que chez moi où ma liberté s'arrête là où commence celle de mes voisins (même si la réciprocité n'est pas toujours vérifiée..). Mais chez moi, je ne suis que locataire et je vis en collectivité comme on dit (banissons le terme communauté, un immeuble est tout sauf une communauté de personnes vivant sous le même toit). Donc ici, sur ce blog, à moins d'avoir des propos ra...tes ou d'appels au me..tre, je peux tout faire, même casser l'ambiance. Et oui, vous me connaissez gaie, enthousiaste, dynamique, enjouée, persuasive, passionnée. Ce que je suis, en partie, mais pas que.

Car aujourd'hui, j'atteins l'âge du milieu. Celui où logiquement, on en voit autant dans le retroviseur que dans le parbrise...

Mon retro est bien plein, alors pas vraiment de regret, mais il y a un trou béant. Mon avenir... Dans un brouillard, j'y vois pas à trois mètres. Alors ne vous en déplaise, je crie haut et fort que je vis mal ce changement de dizaine. Une santé qui laisse à désirer, un corps dont je ne peux me passer mais qui cache le plus vicieux des traîtres, un demi boulot, une demi pension, pas de mari, pas d'amoureux, pas d'enfant, livre publié : aucun. bref, objectifs atteints proches du néants.

Pourtant, je pense être restée fidèle à moi même, à mes idéaux, à mes valeurs, à mes envies, et pourtant, je ne suis pas parvenue a être celle que j'aurais voulu être, même si je serais bien incapable de la nommer précisément. Mais non, je ne suis pas elle. Et celle que je montre, je pense, porte ombrage à celle que je voudrais être.

Je n'ai pas trouvé ma place, celle où l'on peut enfin se pauser sans se poser de question, ni dans mon travail, ni dans ma famille, ni dans mon entourage amical, ni dans la société au sens large, puisque j'en dépends en partie. A une époque, une seule, tropicale, j'étais une partie d'un tout, je ne prenais ni plus ni moins de place que les autres et j'étais aimée parfois.  Parce qu'autour de moi, même si tout le monde s'accorde à dire que ce n'est pas croyable tant je suis pêchue, dynamique, drôle, courageuse, plutôt mimi y parait, et bien c'est le désert affectif. Mes alter égos émotionnels et affectifs, je les trouve dans les livres et chez les auteurs. N'allez pas croire que je vis ma vie par procuration à travers les livres comme d'autres regardent trop la télé. Non, c'est juste que je trouve dans les livres et chez les auteurs une intensité égale à mes émotions et mes questionnements sur la vie en général. Une recherche.

Et pourtant, la vie est belle, je pars bientôt au Seychelles ! Et oui, j'ai des passeports plein de tampons à faire pâlir de "jalousie" la plupart d'entre vous. Parce que je suis curieuse de tout et de tout le monde. Alors j'ai pris beaucoup l'avion. Je préfère l'avion, car il vous mène sans étape directement dans l'ailleurs, dans l'exotisme. Pas de progression. On se prend les différences de plein fouet, quelles soient climatiques, végétales, culturelles, architecturales, linguistiques. Dans un aéroport, c'est une salle d'embarquement... Logiquement, on est sûr d'embraquer, de pas être laissée sur place, ne serait-ce que par l'éthymologie des mots.

Le train... C'est une progression, le paysage change devant vos yeux de façons quasi insoupçonnée alors, arrivé à destination, moins de surprises. Même si, quand on quitte Rennes pour le Sud Ouest, il suffit de traverser la Loire pour que les tuiles grises deviennent oranges. Il n'empêche, un train, ça impose un quai. Et j'y suis restée. J'ai pris beaucoup l'avion, me suis enrichie à un point inimaginable, mais à un moment de ma vie, et j'ignore lequel, je ne suis pas montée dans le train. Je n'ai pas pris la bonne direction. Alors ce milieu de vie dans une relative solitude (loin d'être sociale, à notre époque, on peut vite être débordée par sa vie sociale ou pseudo sociale), je le vis mal parce que je ne me vois ni briller dans les yeux d'un être aimé et qui m'aime et aucun enfant sur terre ne me ressemble.

Heureusement, il y a mes passions, mes envies, mes rêves, des rencontres magiques, des artistes, des attentions . nothomb4086b.jpgMettez moi dans un avion ou une librairie, des lieux où l'avenir et les promesses ne dépendent que de moi et alors... je peux croire que mon coeur ne bat pas encore tout à fait pour rien.

  

J'ai trouvé cette photo sur le net, au hasard, en tapant sur Google avion + livre (merci au propriétaire qui me laissera l'utiliser)...Elle tombe à pic ! Aujourd'hui, dans ma boite aux lettres, un paquet avec une écriture que je reconnais bien maintenant... Amélie Nothomb qui me souhaite un joyeux anniversaire et m'envoie un de ses livres dédicacés !

  

  

  

Maintenant, place aux artistes qui disent les choses bien mieux que moi.

 

 

Ycare : Une vie

J'ai 40 ans, j'ai plus le temps que j'avais à 20 ans.

Il n'empêche qu'il y a quelques semaines, je suis allée le voir en concert et durant deux heures, cet artiste hors pair m'a rendu mes 20 ans : je sautais, je criais, je chantais, je tapais de mains, je vibrais !

 

 

Indochine, mes chers Indo avec Electrastar. Moi ma version de cette chanson, c'est mon  AVC en 2008.. me voir tomber au combat, je n'oublie pas, le temps c'est arrêté et tout à continué.... Et ça fait mal...
 
Soan, la quête de l'amour. Pour lui, c'est Emily. Moi, je veux même bien qu'il s'appelle Emile !
 
Hey you des Pink Floyd, the Wall. très Symbolique. Si chacun arrêtait de se cacher ou de se rassurer derrière son mur, la vie serait tellement plus douce et enrichissante pour tous.
 
Et the last but not the least, What's up des 4 non blondes.... Sauf que je n'ai plus 25 ans mais 40. Mais j'attends toujours The revolution ! Parce que mes révoltes sont toujours les mêmes qu'il y a 20 ans, voire elles se sont accrues car rien ne s'est arrangé depuis dans notre monde ou pas grand chose.
Bon promis, demain, on reprend le ton habituel !
Si toutefois vous faites partie de ceux qui ont mon n° de tel, merci de ne pas m'appeler. Un comm, un mail ou un mot sur FB me feront bien plus plaisir. De toute façon, je passe ma journée dans le noir, au cinoch' !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Les livres - mon blog et moi

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Publié le 24 Mars 2012

Roman - Editions Points -273 pages - 7 €

 

 

 

Parution dans ce format en mars 2001

 

 

L'histoire : Kiev, Ukraine, dans les années 90. Victor est un journaliste écrivain sans avenir qui mène une vie plutôt terne. Peu d'amis etc... Sa particularité : il a adopté un pingouin qui partage donc son appartement.

Victor décroche enfin un poste de journaliste un peu spécial... Sa mission, écrire les nécrologies de personnes encore vivantes.... Sauf que Victor va réaliser que ces personnes meurent soudain très vite... Mafia ou règlements de comptes politiques ?

 

 

 

tentation : Ce livre est dans ma PAL, l'auteur vient à Rennes !

Fournisseur : Livre offert lors d'une opé 2 livres = 3 !

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis :Russissime ! Bon, en même temps, c'est la première fois que je me trempe les doigts dans la littérature russe, enfin, Ukrainienne pour être exacte... Mais l'ambiance qui règne dans ce livre colle parfaitement aux clichés que l'on a de la Russie. Une vie terne, un hiver glacial, des appartements tristes et spartiates....Limite, je me serais cru en Roumanie.

Bon, si vous lisez le résumé de l'histoire, vous vous dites, chouette, cela promet une lecture déjantée et pleine d'action, de suspens et de danger. Oui dans un sens, non dans l'autre...

Commençons par l'autre sens : le côté déjanté est là avec la présence du pingouin. Mais le pingouin déprime autant que son maître et finalement, à part des situations incongrues, il n'apporte rien de cocasse et de drôle. Voilà, c'est dit, je n'ai pas ri une seconde ! L'action, qui n'en n'est pas vraiment une puisqu'il ne se passe en fait pas grand chose, est très répétitive. Le petit déjeuner, la vodka, il retire sa parka.... On a donc là un roman sur la routine du quotidien et sur la solitude à son comble. Mais le sujet que l'on espère principal (les morts et le danger), est finalement secondaire, comme un arrière plan. On en sait d'ailleurs très peu, l'auteur nous maintient dans un brouillard total à coup de situations décalées qui n'aboutissent pas vraiment, et qui s'éclaircissent à peine à la fin. Une multitude de personnages entrent et sortent dans ce roman, avec des noms (Russes bien sûr)  imprononçables par moi (donc lecture pas très fluide) et qui se ressemblent souvent, d'où ma difficulté à différencier tout ce petit monde.

Oui, je pourrais développer sur le symbole du pingouin dans l'histoire, sur la façon dont on peut ou non prendre les rênes de sa vie... Mais il faut bien que vous ayez encore quelques découvertes si vous lisez ce roman... que j'ai lu avant tout parce qu'il parait que c'est un "classique" du genre,les avis sont le plus souvent très élogieux.... Et bien moi, je me suis plutôt ennuyée et suis passée à côté de ce chef d'oeuvre et de sa dénonciation de l'anarchie post indépendance qui régnait dans l'ex république russe...

Mais dans le sens premier, le sens oui, rappelez vous, j'ai commencé par l'autre sens... Et bien oui, il y a tout de même du suspens dans ce livre intriguant et original, puisque je l'ai terminé !. Mais en plus, j'ai même envie de lire la suite, sans savoir vraiment pourquoi en fait ! Si, pour savoir ! Peut-être qu'il y aura la solution à l'énigme des serrures... Bon, à livre déjanté, billet désordonné ! Si vous m'avez suivi, vous êtes prêts pour le Pingouin !

 

Nouvel edit quelques jours plus tard... j'ai lu ce livre "en urgence" parce que l'auteur venait en conférence à Rennes... La conférence fut passionnante et l'auteur aussi jovial que polyglotte. Et ce qui est sûr, c'est que je manquais vraiment de culture, de connaissances sur le sujet pour apprécier "Le pingouin" à sa juste valeur !

Conférence passionnante où j'allais en touriste, donc je n'ai pas pris de note, mais j'avais tout de même mon appareil photo pour compléter ma collection de photo d'auteurs et leurs effets de mains !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 22 Mars 2012

Synopsis : Patrick est un homme rigoureux et borné. Elève brillant aux Antilles, sa mère l'a envoyé à l'âge de dix ans pour faire ses études en "France". 30 ans plus tard, il est devenu un historien réputé et fier. Coupé de sa famille et de ses traditions, il s'est intégré au point d'en avoir oublié ses racines... Un noir devenu "blanc à l'intérieur"... Apprenant que sa mère est sur le point de mourir, il part en urgence pour la Martinique, avec sa fille unique, et y débarque en plein carnaval. Durant trois jours, accompagné de son ami d'enfance, l'irrésistible Zamba, il va être emporté dans un tourbillon de folie, d'émotion, d'humour et de situations rocambolesques.
Un voyage initiatique rythmé par l'ambiance et les couleurs du carnaval. Trois jours qui vont changer sa vie.

 

 

Avec Lucien Jean Baptiste, Edouard Moutoute, Loreyna Colombo

 

 

 

 

  

 

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Mon humble avis : Il y a quelques mois, je regardais avec mes neveux et nièces le film "La première étoile. J'étais sceptique, mais ce film convenait aux plus jeunes et aux plus grands de la tribu alors ! Et excellente surprise !

Aussi, à la sortie de 30° Couleur, avec Lucien Jean Baptiste comme vecteur commun, je n'ai pas hésité. Et encore un bon moment, non négligeable dans cette période morose. Et puis, quand le cinéma m'offre un voyage au bout du monde en 10mn de voiture de chez moi, j'y cours !

Dans 1ère étoile, Lucien Jean Baptiste jouait le looser. Ici, il joue tout le contraire, l'homme qui a réussi au plus haut point... Un savoureux mélange de Lilian Thuram avec le métier de Stéphane Bern. Et moi, le genre Thuram, ça me laisse pas indifférente. Comme quoi, l'habit, l'allure fait bien le moine.

Avec 30° Couleur, c'est direction la Martinique. Certes, ce n'est pas ma chère Guadeloupe mais sa soeur Antillaise, c'est déjà pas mal ! Car j'y ai retrouvé tout ce que j'aime, ce qui m'a ramenée 1h30 durant sur l'une de mes terres de coeur : l'accent créole, les expressions, les doudous qui cuisine le fri à pin, le CRS, les accras de morue qui baignent dans l'huile, les cases en bois, les rythmes endiablés du carnaval, Val Val, les bals de zouk, le bruit des minuscules grenouilles dès le crépuscule et le fameux" mchxi" en fin de phrase qui montre l'agacement ou le désintérêt, bref ce petit son qui clot le sujet. Bref, j'étais sous les tropiques pendant 1h30.

Bon et l'histoire... Bien plus sensée que ne le laisse supposer une affiche pas forcément de très bon goût. Le négropolitain qui, après 30 ans d'exil, retrouve terre et famille à l'occasion de circonstances difficiles et qui fait face à un écart de culture..., culture qu'il va redécouvrir. Voici un sujet bien traité, avec subtilité et émotions, notamment lors de l'échange violent entre la soeur (qui n'a jamais eu son billet pour la métropole) et le frère qui a eu ce billet mais l'a très mal vécu. C'est très bien montrer la complexité et la l'incompréhension qui peut régner dans une même famille, suivant le lieu de vie de chacun. La couleur de peau est elle dans le sang ou dans la culture, ou toujours dans l'âme. Et puis il y a Alice, la fille de Patrick, qui découvre ses racines pour la première fois de sa jeune vie et qui semble, peu à peu, renaître à la vie.

Mon bémol irait au rôle un peu "Too much" d'Edouard Moutoute qui donne un aspect exhubérant à un film qui ne l'est pas. On est très loin de la comédie loufoque, d'ailleurs, je n'ai pas ri à gorge déployé. J'étais juste bien, il ne me manquait qu'un Punch Coco et le souffle des alizés.

30°Couleur est un film qui mérite une autre carrière que celle qu'il a, ou a eu suivant les villes. Chez moi, à Rennes, j'ai eu la dernière séance !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 20 Mars 2012

BD - Editions Casterman - 156 pages - 13.50 €

 

 

Parution en 2003

 

 

 

BD canadienne

 

 

L'histoire : Nous suivons un vieillard tout au long de sa journée, au cours des gestes les plus simples, tel que son café, son bain. De pièces en pièces, chez lui, dehors et dans l'ancienne boutique où il vendait... des ventilateurs. Il se souvient de son travail de représentant dans les années 50, et de Simon, ce frère bien mystérieux, dont nous ferons connaissance dans la deuxième partie de cet album.....

 

 

 

 

 

 

Tentation : Pourquoi, ça fait un moment que je louche sur cette BD

Fournisseur : la bib'

 

 

 

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Mon humble avis : Dorénavant, les BD subiront également mon impitoyable notation à coup d'étoiles de mer !

Après un an de pratique de BD, je suis donc un peu plus initiée et plus a même d'attribuer mes étoiles en fonction de ce que j'aime, de ce que j'attendais de ma lecture et de ce que j'ai déjà lu !

 

Alors, ce commis voyageur... Et bien cette BD m'a bouleversée, et ce mot est tout à fait justifié.

Je ne savais pas trop à quoi m'attendre et cette histoire m'a bien plus touchée que prévu. Je ne suis pas représentante en ventilateur à démarcher grossistes et distributeurs détaillants. Mais je vends, ou du moins, j'essaye de vendre à longueur de journée auprès de clients qui viennent vers moi, donc qui ne m'envoient pas C....  Au delà d'un regard sur un demi siècle de travail, ce roman graphique se révèle une véritable étude des techniques de vente, une leçon commerciale comme on en fait peu, dix fois plus passionnante (et divertissante il va sans dire) que n'importe quel formateur qui viendrait vous expliquer une énième fois la technique de l'entonnoir....

Ici, il est clair que la vente est un état d'esprit, une façon d'être que certains ont, que d'autres acquièrent avec des années d'entraînement et enfin, que d'autres encore ne posséderont jamais, même s'ils seront propulsés sur un terrain qui deviendra un enfer pour eux. Oui, la vente, pour celui qui n'en a pas le talent, c'est un chemin de croix...

 

Premier chapitre, nous sommes en 1997. Nous suivons Abe depuis son réveil, dans ces occupations du quotidien chez lui, dans la rue.... Il est très vieux, se tient courbé et soliloque.... Il porte un regard sur son passé. Il se souvient de ses premiers pas chez Clydes Fan, l'entreprise de son père à la fin des années 40. La vente et ses difficultés, ses astuces et ses subtilités, son hypocrisie. Abe  évoque aussi l'évolution que son père et lui n'ont pas vu venir : l'arrivée de la climatisation et quelques années après, avec une liste de clients réduite comme une peau de chagrin, la fermeture de l'entreprise.

 

On sent chez le personnage beaucoup de regret, d'amertume, de nostalgie. D'ailleurs, il n'a touché à rien, il semble que la boutique et le stock de ventilateur soient restés intactes. On ne sait finalement pas trop si Abe est fier de lui ou pas.... En fait, il oscille entre fierté et dégoût de lui même. Le personnage est assez complexe, dans sa solitude. Surtout quand il évoque Simon, ce frère qui semble "différent". On découvre Simon dans le 2ème chapitre qui nous ramène en 1957... Simon, l'homme timide, l'homme qui a aussi peur de son ombre que du monde qui l'entoure, devient représentant pour l'entreprise familiale. Il est très encadré par son frère Abe, qui n'est finalement pas tendre avec lui non plus. La première mission de Simon se révèle catastrophique. Simon vit un véritable cauchemar.

 

Simon m'a beaucoup touché. Il m'a fait pensé à tous ces gens qui ne sont pas à leur place dans un travail qui humainement ne leur convient pas.... Mais il faut tenir coûte que coûte, à cause du système, pour prouver aux autres... ou à soi même. On sent vraiment la souffrance de cet homme, c'est terrible.

 

J'espère aussi qu'en lisant cette BD, certains comprendront que vendre est difficile et qu'ils enverront moins balader sans manière le représentant qui se présente.... même s'il n'a pas la force de s'imposer.

 

Cette BD est finalement une excellente leçon de vente et de "clientélisme", bref d'humanité...

 

Hélas, les tomes suivants ne sont jamais sortis.... 

 

Quelques extraits qui parleront mieux que moi :

 

"Mais ça prend du temps d'échouer... Moi, ça m'a pris deux jours"

 

"Si vous rentrez vraiment en contact avec un client, il se rappellera de vous"

 

"Un vendeur doit se promouvoir. C'est le premier produit qu'il vend"

 

" Si un homme regarde le futur d'un oeil aveugle... il a perdu la bataille avant même de le savoir."

 

" On ne change pas en vieillissant. On reste les mêmes, c'est le monde qui change"

 

"Si vous avez basé votre vie sur la croyance dans le progrès, c'est douloureux qui celui ci vous laisse sur le pavé".

 

"Combien de temps un homme continue-t-il à faire ce qu'il a toujours fait... même si c'est futile ?"

 

"Ils disaient que la sincérité fait vendre... Et si vous pouvez la feindre, c'était gagné...

 

" Les meilleurs vendeurs sont souvent des types trop intelligents pour ce genre de job".

 

"Sans cet intérêt sincère pour les gens, je n'aurais jamais pu être un grand vendeur"

 

"Tout éculé que cela puisse paraître, il faut fidéliser le client".

 

"Vous devez vendre en accord avec les besoins du consommateur... si vous voulez renouveler l'expérience".

 

"Une vente efficace comprend 5 étapes : l'attention, l'intérêt, la conviction, le désir du client, la conclusion..."

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 18 Mars 2012

 

Roman - Editions J'ai Lu - 158 pages - 5.60 €

 

 

Parution chez J'ai Lu en août 2011 ( sinon 2009)

 

 

 

L'histoire : Laura, 17 ans, arrive pour 6 mois dans un coin perdu d'Allemagne. Elle sera jeune fille au pair chez les Bregen. Ceci pour fuire une situation familiale délicate et / ou se retrouver elle même. Mais dans une autre langue, dans une famille dont on ne comprend pas les codes, comment faire pour exister, ne pas disparaitre, s'adapter, s'intégrer et justement, ne pas se perdre, quand on réalise qu'il se passe quelque chose d'anormal dans cette famille, quelque chose qui vous dépasse, mais que vous finirez sans doute par comprendre...

Bref, une année pendant laquelle Laura sera étrangère aux autres et à elle même.

   

 

Tentation : La blogo et la réputation de l'auteure

Fournisseur : Silvana des éditions J'ai Lu. Merci !

 

 

 

 

 

     

 

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Mon humble avis :Mes respects Madame Giraud ! Quelle plume, quel talent. J'étais prévenue par les multiples billets élogieux sur ce livre (et les autres de l'auteure) qui saluent à chaque fois la justesse de l'écriture, des mots. Mais à ce point, j'en suis encore sidérée.

Je suis entrée dans ce livre comme dans du beurre, sans réaliser à quel rythme mes pages se tournaient d'elles mêmes. Le style est fluide, délicieux, limpide, aucun mot ne freine. Et pourtant, Brigitte Giraud instaure un climat très lourd dans ce livre, limite du suspens. En fait, la description des décors, des personnages et de l'atmosphère pourrait presque annoncer un thriller psychologique. On sent le drame imminent, presque derrière chaque prochaine page. Et pourtant, la vie continue.

Dans cette année étrangère, il y a une grande part d'initiatique. Normal, ce genre d'expérience est en générale enrichissante, on apprend toujours beaucoup sur soit même et sur les autres. Brigitte Giraud fut jeune fille au pair en Allemagne, alors on peut imaginer qu'il y a une grande part d'autobiographie dans les ressentis. Néanmoins, l'analyse des faits et gestes de chacun me font demander si les auteurs ne sont pas quelquepart de grands ethnologues. Les difficultés à trouver sa place dans une famille, à se contenter des quelques mots que l'on comprend, les liens qui se nouent d'un regard et se dénouent d'une parole mal comprise, les mensonges qui arrangent tout le monde, la pudeur et l'impudeur, tout, tout ce qui se passe dans la tête d'une jeune fille au pair est décrit parfaitement, avec une vérité, une lucidité et un réalisme incroyable. Au point que j'en suis venue à me souvenir de ma propre expérience dans le domaine (très courte, 10 jours qui m'ont suffit chez des richissimes américains) et, avec du recul, à mieux la comprendre, à en saisir des subtilités qui m'avaient échappées à l'époque. Comme quoi, la littérature peut éclairer le passer de chacun.

Laura évolue énormément au fil du roman. Elle s'interroge, se découvre, se perd, s'affole, se surprend, se retrouve. La situation est d'autant plus intéressante qu'elle approche les dix huit ans et aussi... l'âge adulte. D'ailleurs, dans cette famille, sa place sera tantôt du côté des enfants, tantôt du côté des adultes.

Je n'ai pas lu la 4ème de couv, aussi, j'ai eu la surprise de découvrir les motivations réelles de Laura dans cet exil volontaire. Là aussi, ce roman m'a parlé de mon passé, moi qui, pour de multiples raisons (sauf fiscales), me suis exilée à plusieurs reprises. On fuit, on cherche, on trouve... ou pas. Mais on change.

J'en viens à mon petit bémol qui ampute une de mes étoiles.... Sur la fin, j'ai trouvé le temps un peu long et quelques redondances. Même si ces effets de longueurs sont justifié pour traduire la lenteur de la vie de Laura, j'avais envie que le livre se termine, sans doute aussi pour en avoir le coeur net sur l'issue de cette tension palpable. J'aurais aussi aimé en savoir plus sur l'étrange comportement de la petite Suzanne.

Je garde le meilleur pour la fin.... La langue, qui est finalement le personnage principal de cette histoire, celle qui fait tout, les non dits comme les incompris. Brigitte Giraud met en exergue l'importance de la langue que nous parlons et qui, sans que nous en nous en rendions forcément compte, nous façonne et nous libère. Cette histoire est très adéquat pour montrer qu'une langue que l'on ne maitrise pas nous rétrécit et peut nous rendre méconnaissable à nous même. C'est cet aspect de ce roman aussi intelligent que sensible que j'ai trouvé le plus brillant. On sait déjà qu'une langue peut nous rendre étranger face aux autres. Mais face à nous même, en sommes nous conscient ??

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 16 Mars 2012

Synopsis :

 

Cloclo, c’est le destin tragique d’une icône de la chanson française décédée à l’âge de 39 ans, qui plus de trente ans après sa disparition continue de fasciner. Star adulée et business man, bête de scène et pro du marketing avant l’heure, machine à tubes et patron de presse, mais aussi père de famille et homme à femmes…
Cloclo ou le portrait d’un homme complexe, multiple ; toujours pressé, profondément moderne et prêt à tout pour se faire aimer.

 

 

Avec Jérémie Regnier, Benoit Magimel, Monica Scattini, Ana Girardot

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

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Mon humble avis : En résumé, pour moi, un mythe tombe et un acteur explose ! L'acteur, c'est Jérémie Régnier qui incarne à la perfection Claude François. En début de film, on devine encore l'acteur, en fin de film, on ne voit plus que le chanteur défunt. Un mimétisme parfait et bluffant. Il y a du César dans l'air, en tout cas, ce serait mérité car j'imagine l'investissement qu'a du représenter un tel rôle pour le comédien (entre autre, apprendre à danser, chanter...). Jérémie Régnier est vraiment l'atout de ce film, celui qui fait que c'est un film à voir ne serait-ce que pour la prouesse d'interprétation. Bluffante aussi est celle de Benoit Magimel dans le rôle de Paul Lederman. Je ne connais pas l'original alors je ne peux comparer... mais il a tout de même fallu que je rentre chez moi et visite Allociné pour me dire : Mais mon dieu, c'était Magimel, je ne l'ai pas reconnu !

Venons en au mythe.... je savais Claude François exigeant de réputation et stakanoviste du travail. Mais là, j'ai découvert un homme égoïste, égocentrique, capricieux, jaloux pathologique, méchant, tyrannique avec un ego sur dimensionné (à voir s'il ne doublerait pas M. Jackson). Bref, ce film m'a rendu notre cloclo national on ne peut plus antipathique car ses quelques moments de bonté et d'humanité sont absorbés par ses excès dans tous le reste. Les médias et notamment Michel Drucker qui participe à la promo du film évoquent la complexité du personnage. Certes, on voit Claude François douter de son avenir, on le voit ne pas oser s'avancer vers Sinatra qui chante SA chanson, donc oui, le chanteur n'est pas forcément sûr de lui comme il le montre tout le temps. Oui, Claude François maîtrise tout.... au point que très peu d'émotions transparaissent dans ce film (3 ou 4 moments m'ont émus, dont la naissance de la chanson Comme d'habitude et son enregistrement) pour le reste, j'étais plutôt offusquée et n'avaisqu'une envie : "baffer le mythe national". Même s'il est honnête de montrer l'homme tel qu'il était vraiment, j'aurais préféré que le film insiste plus sur son génie musical, sur sa créativité, son travail d'artiste que sur sa vie personnelle qui part régulièrement en vrille sans que le film ne nous l'explique clairement. Par exemple, quand Isabelle (mère des deux enfants de cloclo) le quitte, j'ai d'abord pensé qu'elle partait juste en vacances. Aucune réaction chez Cloclo, on passe à la suivante...

Et le film dans son ensemble ? Les reconstitutions de l'époque, de l'hystérie collective et du ryhtme infernal que vivait Claude François sont excellentes. Mais malgré ce rythme infernal du chanteur, j'ai trouvé quelques longueurs. J'espérais que ce film me donne envie de chanter en danser.... Et bien non, car comme je l'ai dit plus haut, on passe assez vite sur le musical pour retourner dans le caractériel.... Et même, j'espère qu'à l'avenir, quand je serai dans une soirée dansante et que viendra un de ses tubes qui décollerait un mort d'une chaise.... et bien j'espère que j'aurais encore envie de danser avec toujours autant d'enthousiasme et d'insouciance et que ne me viendra pas en tête l'odieux personnage qui m'occupe pour l'instant l'esprit.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 14 Mars 2012

Roman - Editions Flammarion - 211 pages - 18 €

 

 

 

Parution en janvier 2012

 

 

 

L'histoire : Dans les années 80.  Daniel dine seul dans une brasserie. Trois hommes s'assoient à la table d'à côté, et parmi eux, François Mitterand, le président. Ce dernier, en partant, oublie son chapeau, un feutre noir. Lorsque Daniel réalise cette infortune, il est trop tard pour courir après le président. Alors, il garde le chapeau, et le revêt. Sa vie change alors brutalement... Hélas, le lendemain, il l'oublie lui même dans un train. Le chapeau est alors récupéré par une jeune fille, dont la vie va également changer et ainsi de suite.... Ce roman est les histoires d'une histoire : celle d'un chapeau !

 

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : La bib

 

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis :Le chapeau de Mitterand... Quel savoureux divertissement ! Ma pioche fut bien bonne le jour où je m'en saisis à la bibliothèque !

Ce chapeau qui passe de tête en tête et influence, de différentes manières, la vie de celui ou celle qui le porte. Oh, il n'y a guère de grands effets fantastiques, cela pourrait presque être vrai. Effectivement, on ignore souvent à quel point un objet peut modifier notre allure, donc le regard que les autres nous portent et ainsi, notre façon d'être, notre caractère, notre force. Par exemple, une nouvelle coupe de cheveux ne suffit elle pas à ce que les gens se retournent sur votre passage, et ainsi, à accroître votre confiance personnelle ? C'est donc plutôt comme cela que j'ai perçu les effets parfois dits magiques de ce chapeau.... Enfin, mon explication est valable pour les 3 premiers personnages qui arborent ce chapeau en sachant très bien qu'il ne leur appartient pas ! Le 4ème personnage m'a moins touchée t son histoire tire un peu en longueur.  Quand aux bouleversements dans la vie.... C'est plus dans l'attitude des personnages. Non, des petits hommes verts ne débarquent pas dans leur vie, pas plus que les plus jolies filles du monde. C'est plus le meilleur d'eux même qui ressort ou leur face cachée. Et comme le montre l'auteur, une fois que l'on a découvert cette face, une fois que l'on a regardé au delà des oeillères auxquelles nous sommes confortablement habituéssans s'interroger sur leur bien fondé, difficile de faire marche arrière et d'ignorer son moi profond. Dans ma manière de l'exprimer, cela peut paraitre limite philosophique, ça ne l'est pas, en tout cas, pas au premier abord. Tout dépend du degré que vous mettrez dans votre lecture. Mais de toute façon, derrière chaque diverstissement ou chaque comédie, se faufile une vérité profonde.

Ajoutez à tout ces arguments une savoureuse plongée dans l'atmosphère des années 80, à l'époque ou l'Arche de la  Défense et la Pyramide du Louvre n'étaient pas achevés et où les réseaux sociaux se limitaient au minitel, vous obtenez une lecture très originale, drôle, bien conçue, très agréable !

Et puis, j'oubliais, l'épilogue ! Quelle surprise ! Jubilatoire, un délice à lui seul !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 12 Mars 2012

 BD - Editions l'Association - pages non numérotées -  19 €

 

 

 

Parution en 2000

 

 

L'histoire : Guy, qui travaille dans le dessin et l'animation, arrive à Shenzhen en Chine. Il y travaillera pendant 3 mois, remplaçant le directeur. Shenzhen, c'est au sud de la Chine, à quelques encablures de Hong Kong. Mais mes encablures peuvent être psychologiquement très longues !

Une fois de plus, Guy se heurte à un choc culturel qu'il nous détaille ici dans le menu, pour notre plus grand plaisir.

 

 

Tentation : c'est un trilogie, j'ai lu les 2 autres !!!

Fournisseur : La bib

 

 

 

 

 

 

 

 

 

étoile3etdemi

 

 Mon humble avis : Shenzhen est le premier tome d'une trilogie que j'ai donc lu dans le désordre. Commençant par Pyong Yang (une révélation), j'ai poursuivi par Chroniques Birmanes pour enfin m'atteler à celui ci.... Et diable, depuis, cette trilogie est devenue quadrilogie, puisque les Chroniques de Jérusalem sont sorties il y a peu...

Mais revenont à Shenzhen, le premier tome... Et bien j'ai eu effectivement l'impression de lire un premier tome, moins bien organisé, moins maitrisé que les autres... Les anecdotes m'ont semblé partir un peu plus dans tous les sens, sans liens réelles entre elles, où sans mise en matière, sans introduction.

L'auteur ici nous conte son séjour à Shenzhen qui date de 1997. Alors peut-être que certaines données sont erronées, à moins que le temps ne les ait emplifiées !!!

La plus grosse barrière que Guy rencontre en Chine n'est pas la muraille, mais la langue. Aussi ces contacts sont assez limités et apportent donc moins de quiproquos. De même, l'auteur insiste moins sur l'absence de liberté politique et l'embrigadement, sans doute parce qu'il l'a aussi moins constaté qu'en Corée du Nord qui, de ce côté, détient la palme, comme en ont encore témoigné les récents événements...

Mais malgré ses réserves, je me suis bien sûr régalée de cette BD, j'ai ri, j'ai souri. J'aime l'humour de cet auteur et découvrir ses chocs culturels sans les subir moi même est toujours jubilatoire et enrichissant !

D'ailleurs, dans ce tome, Guy delisle évoque plusieurs fois son travail, le caractère, les méthodes et les tics professionnels qu'il comporte.... Comme celui de détailler les scènes anodines qui se déroule devant lui, avec le cerveau qui bouillonne : accentuer la chute, ne pas sauter une étape dans le mouvement d'un personnage qui se lève etc... C'est franchement intéressant car bien sûr, comme je n'y connais rien au domaine, j'ai eu des réponses à des questions que je ne me posais même pas !

 

Mon ordre de préférence dans la trilogie : Pyong Yang, Shenzhen, Chroniques Birmanes. Et vivement que ma bib acquiert les Chroniques de Jérusalem. Si vous ne vous êtes pas encore penchés sur ces albums, je ne peux, une fois de plus, que vous encourager à le faire très vite. Et pensez aussi.... Un ami fan de BD... Renseignez vous s'il possède déjà celles ci... Sinon, c'est un beau coffret cadeau, même si Noël est bien passé !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 10 Mars 2012

Roman - Editions Gallimard - 370 pages - 21 €

 

 

Parution en août 2008. Existe aussi en Folio

 

 

L'histoire : La vie d'Elena la jeune roumaine, d'Helen l'américaine, de Lanoush pour ses intimes.

Elena est une jeune fille qui vient de Bessarabie. Le destin la mènera en Roumanie, en Israël et enfin, aux Etats Unis. C'est le portrait d'une femme décidée, de caractère, qui sait ce qu'elle veut et qui sait d'où elle vient. Une femme qui, exilée de la Roumanie de Causescu, connaît le prix de la liberté et les pièges de ses apparences.

Un portrait de femme qui traverse plus d'un demi siècle, en passant du communisme totalitaire à l'ultra libéralisme américain, d'une éducation très stricte à une époque où les moeurs la dépassent. Mais au cours des années, une constante : sa famille, son mari, son fils, qu'elle protège contre tout danger, contre toute invasion... notamment, celle de sa brue...

 

 

Tentation : L'occasion d'une lecture commune avec Tiphanie

Fournisseur : Ma PAL, où se livre hibernait depuis 3 ans...

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : Et dire que ce roman dormait depuis 3 ans dans ma PAL, depuis le soir où, assistant à Rennes à la conférence "Rencontre des Goncourt", j'ai acheté et fait dédicacer ce livre. Pourquoi ne l'ai-je pas lu plus tôt ? (réponse : parce que j'ai lu d'autres livres ).

Un brillant Avenir est une histoire si riche qu'il sera impossible ici d'évoquer les multiples sujets qu'il traite ou qu'il effleure. Mais ce qui m'a surtout fascinée, c'est sa subtilité, ou celle de l'auteur, à dire les choses en silence. Catherine Cusset laisse une grande liberté au lecteur dans leur appréciation des personnages et des situations qu'ils vivent. Bien sûr, tout le monde se révoltera des ignominies infligées par le communisme totalitaire roumain de Nicolae Ceaușescu et chacun prendra la mesure de ce que représente l'absence de liberté et le rêve, parfois chimérique, de celle ci. Mais face à Elena, alias Helen, j'ai l'impression que l'auteur nous laisse le choix de l'aimer et de l'admirer pour son courage et sa tenacité ou de la trouver à son tour" tyranique" et capricieuse. A moins que, comme moi, vous oscilliez dans vos sentiments à son égard.  Je n'ai pas su la cerner vraiment car, à l'image du roman entier, Helen est un exemple de la complexité humaine, et mondiale... Il y a dans ce livre ce dont l'Homme est capable de meilleur, comme de pire. Attention, ce que je viens de dire n'évoque pas de violence physique et insupportable. Il s'agit plus de la domination et de la manipulation, que cela soit au niveau d'un Etat ou au sein d'une famille. Comme des contradictions humaines. Elena veut devenir américaine, mais ne fait pas grand chose pour se créer des liens amicaux...

L'écriture est soignée, agréable et très fluide.(Seule une phrase d'un dialogue semble très inapropos, elle a sans doute échappée à la correction). Pas d'aphorisme à droite et à gauche, mais une rivière qui coule des jours heureux sans heurts. Le livre commence en 2003, puis à chaque chapitre, change d'époque. On remonte jusqu'à 1958 au fin fond de l'Europe de l'Est pour terminer en 2006, dans le Metropolitan Muséum à New York. J'avoue qu'au tout début, ces voyages dans le temps m'ont un peu perturbée et puis... Catherine Cusset a su m'emmener avec elle dans la vie d'Elena en Roumanie, pour me ramener régulièrement dans celle d'Helen sur sa terrasse à Manhattan ! Deux histoires d'un même personnage qui se rejoignent. Et Jacob qui épouse Eléna, vient ensuite leur fils Alexandru. Puis débarque Marie, prétendante d'Alexandru. Et là, une tension monte, devient palpable à chaque page au point de mettre dans ce roman un agréable suspens... La situation va forcément exploser...

Mais attachons nous tout de même aux sujets qui m'ont bien plu et qui m'ont amenée à méditer...

L'égocentrisme qui prend au autre visage, une autre identité suivant le prisme de celui qui l'observe et l'étudie.

Les difficultés de communication au sein même d'une famille, l'effet devastateur des non-dits

L'antinomie d'une femme qui a toujours rêvé d'émigrer (donc d'être acceptée ailleurs) et qui refuse à Marie, la fiancée de son fils, la bienvenue dans sa famille...

Les sacrifices parentaux pour l'avenir (rêvé) de leurs enfants leur donnent ils le droit  de s'immiscer dans les choix de ces derniers concernant leur vie (professionnelle ou personnelle) ?

Un homme doit il obligatoirement porter sur ses épaules le poids des sacrifices effectués par ses parents pour qu'il parvienne à la meilleur éducation possible (Havard, dans le cas présent)...

Finalement, chaque génération ne reproduit elle pas les erreurs des générations précédentes, sous prétexte que c'est pour le bien de sa progéniture...

Comment refuser une différence en 1990 que l'on a eu tant de mal à faire accepter en 1960 par ses propres parents ?

Comment vit on dans sous un régime totalitaire, communiste, sans connaître avec certitude l'identité de ses parents ?

Suffit il de devenir Américain civiquement pour le devenir dans l'âme ? Comment effacer de ses habitudes des années de dictatures ?

La vie des émigrés et des émigrants, les difficultés à s'intégrer, l'énergie de "Tout recommencer".

La différence de mentalité entre les exilés (plus ou moins volontaires, voire pas volontaires du tout, par rapports aux habitants des pays occidentaux... Ces familles peuvent rester des années sans se voir, ne pas assister aux événements essentiels de la vie des siens (genre les funérailles), pour cause de visa et de frontières fermées. La relation à la famille est tout autre que dans notre douce France où, lorsque j'étais adolescente, un dimanche n'était pas envisageable sans la présence de mes grand-mères, où l'on s'envoie des texto pour un oui pour un non etc...

 

Une histoire, des personnages, une écriture, un livre qui m'ont portée et m'ont procuré une très brillante lecture ! Une Elena mystérieuse, souvent insaisissable. Que je n'ai pas particulièrement aimé mais dont j'ai suivi le destin avec passion. Une femme qui, à son insu,  me fait dire qu'avant de juger, il faut s'interroger...

 

 

Lecture commune avec Tiphanie, allons donc lire son avis ! Et celui d'Enna aussi !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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