Publié le 18 Mars 2015

Selma : Affiche

Film d'Ava DUVERNAY

Avec David o, ,

 

 

Synopsis : Selma retrace la lutte historique du Dr Martin Luther King pour garantir le droit de vote à tous les citoyens. Une dangereuse et terrifiante campagne qui s’est achevée par une longue marche, depuis la ville de Selma jusqu’à celle de Montgomery, en Alabama, et qui a conduit le président Jonhson à signer la loi sur le droit de vote en 1965. 

 

 

Mon humble avis :  C'était il y a 50 ans... Je ne connaissais rien de cet épisode de l'Histoire, et de la vie de Martin Luther King. De Luther King, je ne savais que le début d'un discours célèbre et sa fin tragique. Le film rappelle aussi, de façon anecdotique, qu'il a reçu le prix Nobel de la Paix en 1964.

Selma montrer parfaitement la nature du combat de Luther King, dans le fond et dans la forme. La discrimination a été abolie dans la loi Américaine, mais dans les faits, il y a encore un long chemin à parcourir pour parvenir à l'égalité des droits des citoyens américains, quelques soient leurs races et leurs couleurs. Ici, sur cette période, c'est précisément l'obtention du droit de vote des noirs américains qui occupe Luther King et son mouvement, qui ont choisi la voie pacifiste, au contraire du mouvement de Malcom X.

Le film est très intéressant, tant sur le contexte historique, que sur la vie personnel du héros de l'histoire. L'engagement de Luther King pour la cause se fait bien sûr aux dépens de sa vie de famille, sans compter les menaces de mort reçues régulièrement.

Nous faisons la connaissance du Président Johnson et de son hypocrisie. Hoover n'est pas loin. Il y a encore une différence notoire entre le Nord et le Sud. Les noirs n'ont pas le droit de vote, donc ne peuvent élire les juges du comté, ni être membre d'un jury. De ce fait, les crimes racistes envers les noirs ne sont jamais punis, puisque jugés par des jurys de blanc. etc...

Même si le film souffre de petites longueurs, il nous prend à la gorge et aux tripes, parce que nous vivons là un moment historique méconnu, mais qui a bouleversé l'Histoire au point que, moins de 50 ans plus tard, c'est un américain noir qui préside à la maison blanche.

Mais ce combat ne s'est pas mené sans heurt. Selma montre aussi bien la grandeur humaine, que la bêtise, la haine gratuite, la haine raciale, qui vous juge que sur votre couleur, mais aucunement sur vos qualités, vos défauts, vos richesses intérieures. La terreur vécue par les noirs est extrêmement bien montrée par des scènes d'une violence physique et psychologique parfois insoutenable. Mais des hommes et des femmes les ont vécus, quitte à en périr, pour gagner l'égalité des droits, et surtout, celui d'être maitre de leur destin par l'accès aux élections.

Un film de mémoire à voir bien entendu, un film qui fait dire, en sortant : après avoir vu ça, mon droit de voter devient vraiment un devoir, pas le choix, je vais voter la semaine prochaine.

Et oui, quelle que soit notre couleur, nos droits ont tous fait l'objet d'un combat, d'une lutte. Ne pas perde nos droits en les transformant en devoir. Et faire en sorte qu'un parti basé sur le racisme, cette haine de l'autre, cette haine qui mène aux horribles scènes de tabassage d'hommes et de femmes déjà à terre vues dans le film, ne sorte victorieux. En tant qu'humain, nous valons mieux et avons d'autres solutions.

 

Inherent Vice : Affiche

Film de Paul Thomas Anderson

Avec Joachim Phoenix, Josh Brolin, Owen Wilson, Resse Whitherspoon

 

Synopsis : L'ex-petite amie du détective privé Doc Sportello surgit un beau jour, en lui racontant qu'elle est tombée amoureuse d'un promoteur immobilier milliardaire : elle craint que l'épouse de ce dernier et son amant ne conspirent tous les deux pour faire interner le milliardaire… Mais ce n'est pas si simple…
C'est la toute fin des psychédéliques années 60, et la paranoïa règne en maître. Doc sait bien que, tout comme "trip" ou "démentiel", "amour" est l'un de ces mots galvaudés à force d'être utilisés – sauf que celui-là n'attire que les ennuis. 

 

 

Mon humble avis : Encore une séance de ciné très... expérimentale !!! Je pense que pour apprécier pleinement ce film à sa sans doute juste valeur, il faut bien ouvrir ses chakras avant, en usant des substances de votre choix, puisque dans le film, les personnages s'en interdisent très peu... Il faut donc déjà être un peu décollé pour adhérer à ce film désynchronisé ! Moi, j'ai carburé aux Carambar pendant la séance. Insuffisant pour entrer dans le trip total, même si la sensation d'hallucination permanente était bien là !

Il faut savoir que Inherent Vice est à la base un roman jugé inadaptable du romancier Américain Thomas Pychon, considéré comme encore plus secret que J.D Salinger. C'est peu dire !

Nous sommes donc dans les années 70, en Californie. Les années hippies, mais loin de l'image colorée que nous en avons souvent. Le film est plus sexe, drugs and traffic que peace & love.

L'un des sujets du film, c'est la paranoïa... celle liée à l'abus de substance, celle de la police, celle qui fait croire voir des gens partout, ou se sentir accusé et/ou coupable de tout. C'est aussi sous fond de paranoïa politique des années Nixon.

Les situations sont parfois étranges, absurdes, loufoques voire hallucinogènes, les dialogues souvent décalés. Mais l'ensemble ne manque pas d'humour, qui passe du 1er au 10ème degré en moins d'un pétard qu'il ne faut pour le dire.

Mais tout de même, on est pris dans ce film sensoriello-labyrinthique, on essaie de coller les morceaux et l'on se demande où l'on va atterrir. Et quand la lumière de la salle obscure se rallume, on a vraiment l'impression de revenir d'une autre planète, il nous faut quelque temps pour quitter cette sensation d'appesanteur inoculée tant par les couleurs, les images du film, que par les stupéfiants qui consumment les personnages.

Donc vous l'aurez compris, ce film est space à souhait et servi magistralement par l'interprétation plus qu'inspirée de Joachim Phoenix !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 16 Mars 2015

Roman - Editions Audiolib - 9h d'écoute - 22.90 €

 

Parution d'origine : août 2012 (existe aussi en format poche)

 

L'histoire : Tanger. Lakhdar et Bassam sont deux adolescents qui regardent en rêvant les ferries traverser le dédroit de Gibraltar. Leur vie semble pourtant toute tracée au Maroc.

C'est alors que Lakhdar est surpris en posture indésirable avec sa cousine Meryem. En fuyant les coups de son père, Lakhdar fuit sa famille pour la vie. Une vie qu'il construira, étape par étape, alors que le monde se transforme.

 

 

Lu par Othmane Moumen

 

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Mon humble avis : Comme j'ai aimé cette histoire, on ne peut mieux servie par la voix d'Othmane Moumen. Charmée comme un serpent, hypnotisée, captivée par le destin de Lakhdar, hors du commun pour moi mais sans doute, et hélas, assez universel à l'heure actuelle.

Comme j'aurais aimé être assise à la terrasse d'un café, multipliant les bières fraiches, accompagnée de Lakhdar qui m'aurait ainsi raconté lui-même sa vie. Nous serions devenus amis, car c'est un profond sentiment d'amitié, teinté d'admiration, que j'ai ressenti pour lui. C'était au-delà de l'empathie.

Lakdhar, qui regarde ce détroit de Gibraltar, avec en face, l'Espagne. Dans le mot "détroit", il y a "étroit". Et le monde, il est bien trop étroit pour Lakhdar qui rêve de liberté, et qui longtemps, sera sauvé par sa passion pour la lecture (la lecture de polar en français, ce qu'il trouve dans les librairies de Tanger). Sa culture et son ouverture d'esprit sont alors bien plus large que celle des siens et de son entourage.

Ce jeune homme croisera nombre de personnes qui influenceront son destin, en bien, en mal... Quoique, Lakhdar est un garçon qui garde son libre arbitre et sa clairvoyance.

De l'errance, il sera sorti par les Frères Musulmans qui lui offrent un poste de libraire au groupe de La diffusion de la pensée coranique. Son pote Bassam n'est alors pas très loin, pour l'instant. Puis il y aura Judith, la touriste espagnole rencontrée à Tanger, avec qui il liera une relation tant amoureuse qu'amicale et culturelle.

Lakdhar, courageusement, ira de petits boulots en petits boulots, qui le mèneront sur la Méditerranée, qui le coinceront des semaines dans un port espagnol. Là, Lakdhar devient un "sans papier", mais son chemin se poursuit jusqu'à Barcelone.

Lakdhar est un personnage vraiment intéressant, dans ses réflexions et son regard sur le monde. D'ailleurs, ce roman est très ancré dans l'époque. Il y est question de l'attentat de la place Jeema el Fna à Marrakech, des Printemps Arabes, des émeutes Grecques ou Espagnoles. Un monde en mouvement, en crise, tant identitaire, religieuse, qu'économique. Il y a des soupçons de terrorisme, de mystérieux voyages au Moyen Orient...

Ce roman est d'une richesse incroyable sur l'humain, sur ce qui le retient ou pas de basculer. Sur l'envie, sur les barrières, sur la religion, sur les espoirs d'une jeunesse, sur l'exil, sur la découverte de l'ailleurs au-delà des idées que l'on en avait, sur la liberté possible ou non à travers une religion.

Je me souviendrai longtemps de Lakdhar. Un garçon qui devient, au fil des pages, un homme. Un homme bien et bon, même s'il ne fait pas toujours bien, il fait le bien. Où que tu sois et qui que tu sois Lakhdar, je te tire mon chapeau, je pense à toi, j'admire ton cran et ta fidélité à toi même. Tu m'as vraiment émue et touchée.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 11 Mars 2015

Thriller - Editions J'ai Lu - 475 pages - 7.10 €

 

Parution d'origine en 2010

 

L'histoire : En 1983, Cynthia a 14 ans. Un matin, alors qu'elle se réveille, la maison est silencieuse et vide. Ses parents et son frère se sont volatilisés.

Vingt cinq ans plus tard, l'enquête est close depuis longtemps. Aucun corps n'a été retrouvé et le mystère reste entier. Cynthia est mariée à Terry et ensemble, ils ont eu Grace. 

Et un jour, un coup de téléphone mystérieux va faire remonter le passé en surface et plonger le couple dans un véritable cauchemar.

 

 

 

Tentation : La blogo, y'a longtemps

Fournisseur : Ma PAL 

 

 

Mon humble avis : Il y a quelques années, Cette nuit-là envahissait la blogosphère. Le temps que ce roman paraisse en poche, que je l'acquiers et que je le laisse bonifier un bon moment sur mes étagères... le voilà !

Il n'y a pas de quoi écrire un roman sur ce thriller, parce qu'il dispence parfaitement tous les codes du genre, avec la touche outre-atlantique en sus, et répond on ne peut plus à ce qu'on attend de lui : distraire et surtout, nous garder captifs de ses pages.

Les seuls reproches que je peux lui adresser sont récurrents aux romans de ce style : Un style léger, une traduction pas toujours précise et des coquilles dans le texte. Et puis, la mise en place de l'intrigue est toujours assez longue, en général un quart du livre. Cette nuit-là ne fait pas exception... Sauf que les moults détails qui m'agaçaient et retardaient l'entrée réelle dans le vif du sujet se trouvent pour la plupart justifiés par la suite.

Et puis Lindwood Barclay sait vraiment s'y prendre pour manipuler autant ses personnages que ses lecteurs. Le doute est partout, le suspens bien évidemment est présent dès le début mais le rythme s'accélère tant dans le dernier quart du bouquin qu'il est impossible de le poser. Barclay n'est pas avare en retournements de situations et en dénouements. Car attention, un dénouement peut toujours en cacher un autre !

Un thriller de très bonne facture qui vous emmène au coeur de la nuit pour savoir ce qui s'est passé "cette nuit-là"

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #thrillers polars étrangers

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Publié le 9 Mars 2015

Birdman : Affiche

film d'Alejandro GONZALES INARRITU

Avec Mickael Keaton, Edward Norton, Emma Stone, Amy Ryan

 

Synopsis : À l’époque où il incarnait un célèbre super-héros, Riggan Thomson était mondialement connu. Mais de cette célébrité il ne reste plus grand-chose, et il tente aujourd’hui de monter une pièce de théâtre à Broadway dans l’espoir de renouer avec sa gloire perdue. Durant les quelques jours qui précèdent la première, il va devoir tout affronter : sa famille et ses proches, son passé, ses rêves et son ego…
S’il s’en sort, le rideau a une chance de s’ouvrir... 

 

 

Mon humble avis : Voici le fameux film aux 4 Oscars... Meilleur film (?) Meilleur Réalisateur (Pourquoi pas), Meilleure Photo (?????) et meilleur scénario (Si c'est pour récompenser l'originalité, alors pourquoi pas).

Bref, je ne suis pas trop d'accord avec le tout Hollywood qui déclare ce film comme le meilleur de l'année (puisque j'en ai vu d'autres). Pour autant, je ne peux pas dire que j'ai détesté ce film, comme je suis incapable d'en dresser un éloge magistral ! Je suis dubitative et pour résumer, je qualifierais Birdman de film... euh... expérimental !

Pour être original, il l'est, c'est sûr ! Rarement, voire jamais vu quelque chose de semblable. Les dialogues sont très denses, passent vite du coq à l'âne et la mise en scène peu courante. Tout est en plan-séquence ce qui fait que chaque scène est interconnectée avec la précédente. Le personnage ouvre la porte de sa loge pour se retrouver directement sur scène par exemple. Pour le spectateur, c'est assez déstabilisant. Nous sommes en presque huit-clos dans un théâtre New-Yorkais, dont nous parcourrons sans cesse les longs couloirs etc.

Pris séparément, les différents thèmes abordés par Birdman sont intéressants. Il y a l'immédiateté des réseaux sociaux, indispensables désormais à l'existence d'une célébrité. Sans réseau social, un acteur n'est pas. Il y a l'éphémirité de la célébrité, notamment celle des acteurs qui ont joué un grand héros de série, et se trouve "reconnu et nommé" par le monde entier par le nom de ce fameux héros. Ces acteurs n'existent pas aux yeux du public comme des hommes et des femmes, mais comme des héros dont il est très difficile de s'affranchir.

Il y a ces acteurs qui jouissent d'une réputation excellente sur les planches. Les qualificatifs et superlatifs ne manquent jamais pour décrire leurs jeux. Sauf que ceux-ci ne jouent pas sur scène, ils sont. Ils ont besoin des stimuli réels de la vie pour ressentir, et donc transmettre, émotions, joies, peines, colères... Ces acteurs, c'est dans la vie qu'ils sont comédiens, pas sur scène.

Enfin, il y a la guéguerre entre les comédiens de Broadway qui s'estiment légitimes devant les  acteurs des gros blockbusters hollywoodiens.

Alors comme ça, oui, cela semble sympa. Sauf qu'au final, j'ai eu l'impression d'un grand méli-mélo, auquel s'ajoute une grande dose de délire scénaristique... Et au final, peu d'émotions et pas mal d'interrogation sur cet OVNI cinématographique qui fait beaucoup de bruit pour, à mon humble avis, rien d'exceptionnel !

En fait, j'ai apprécié certaines séquences du film, mais pas sa globalité. Voilà un résumé précis de mon ressenti.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 6 Mars 2015

Roman - Editions Buchet Chastel - 288 pages - 15 €

 

Parution le 1er janvier 2015

 

L'histoire : Victor, jeune bachelier provincial, débarque à Paris où il est admis dans une grande classe préparatoire d'hypokhâgne. Sa première année se déroule dans un désert relationnel, tant il est invisible aux yeux des autres étudiants. La deuxième année, arrive Matthieu, à priori aussi peu à sa place que Victor dans cette prépa. Les deux garçons lient connaissance en partageant quelques clopes dans la cours. Quelques jours plus tard, Matthieu se suicide à l'intérieur de l'école. Tout le monde entend le cris, puis le bruit de la chute. Ami supposé de la victime aux yeux de tous, Victor n'est alors plus transparent...

 

 

Tentation : Mes précedentes lectures de l'auteur.

Fournisseur : Dominique, merci pour le prêt !

 

 

Mon humble avis : Comme les autres oeuvres de Jean-Philippe Blondel, Un hiver à Paris prend racine dans un événement autobiographique. Ce suicide a eu lieu alors que l'auteur était lui même étudiant dans cette prépa. La réalité occupe donc quelques pages dans le livre. Elle est brute, métallique, rapide, sans appel. Le reste, c'est le talent de Jean-Philippe Blondel qui nous plonge dans un destin en pleine construction, entre certitudes, étonnements, découvertes, remises en question et décisions.... dans un monde de requin, dans un monde où votre naissance est sensée tracer votre vie. Et déroger à cette vie tracée, c'est un peu quitter son monde, s'en écarter par différences, malgré l'amour.

Jean-Philippe Blondel évoque ici, avec grand tact, délicatesse, justesse, émotions (mais émotions point dégoulinantes) le grand écart qui sépare les provinciaux de la vie parisienne. De cet écart, va naitre la solitude de Victor. Il n'est pas né "dedans", alors on ne le voit pas, on l'ignore. Le milieu populaire dont il est issu le prive de popularité dans cette micro société dont il ne possède pas les codes. Il est transparent aux yeux des autres. Ce thème de la transparance aux yeux des autres m'a beaucoup touchée, me rappelant sans doute de douloureux souvenirs. A l'école, j'étais celle qu'on choisissait en dernier pour composer une équipe de sport. J'étais celle dont on ne se souvenait pas. De là vient peut-être mon réflexe de pitrerie qui fait que bien souvent, et hélas, maintenant, on ne voit que moi, on n'entend que moi trop souvent, sans que je ne puisse lutter contre cette image déformée que j'offre de moi.

Enfin bref, revenons en au roman, qui dénonce la brutalité et la concurrence imptoyable que l'on trouve dans ces grandes écoles de prépa. Cette concurrence est parfois bien plus entretenue par les profs que par les élèves eux mêmes... pas préparés, à la sortie de l'adolescence, à l'âge où l'avenir se joue, à se battre contre ça. Le comportement de certains profs qui s'acharnent à humilier les élèves, à les enfoncer plus bas que terre est bien montré ici... tout comme les conséquences que cela peut avoir. Mais attention, il y a dans ces pages beaucoup de nuance et aucun manichéisme.

Le suicide. Celui ci était en 1984... mais tous les ans, il y en a d'autres, dans le même établissement ou dans des collèges et lycées. Parce qu'il manque une main tendue, une parole, un regard, un "je te vois, je connais, je partage". Chacun s'interroge sur le pourquoi de l'acte, parfois par des réflexions toutes faites, mais peu se penchent sur le "comment éviter cela".

Enfin, il y a le "reste" du roman... Le vie de Victor qui, suite à ce suicide, prend un tournant inattendu. Parce qu'il a fumé quelques clopes avec Matthieu, chacun en déduit qu'ils étaient amis. Victor devient alors victime, victime de la victime, tout le monde le voit, l'approche, lui parle, cherche son amitié. Le succès soudain de Victor est lié à un malentendu. Et malgré lui, Victor va profiter de ce malentendu et deviendra l'absent des autres : le frère qui a fui, le fils décédé etc... lors de rencontres et de relations très touchantes.

C'est un roman magnifique, servi par un style efficace, des phrases courtes et sans fioritures, un roman dont j'ai du mal a parler alors mieux vaut que vous le lisiez vous même, certainement d'une traite !

 

Comme j'ai eu la chance d'assister à une rencontre littéraire avec Jean-Philippe Blondel ce mercredi, j'ai repris ma petite collection de photos "d'effets de mains d'auteurs" !

Comme j'ai eu la chance d'assister à une rencontre littéraire avec Jean-Philippe Blondel ce mercredi, j'ai repris ma petite collection de photos "d'effets de mains d'auteurs" !

UN HIVER A PARIS, de Jean-Philippe BLONDEL
UN HIVER A PARIS, de Jean-Philippe BLONDEL
UN HIVER A PARIS, de Jean-Philippe BLONDEL
UN HIVER A PARIS, de Jean-Philippe BLONDEL

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 2 Mars 2015

Le Dernier loup : Affiche

Film de Jean-Jacques Annaud

Avec , , a

 

Synopsis : 1969. Chen Zhen, un jeune étudiant originaire de Pékin, est envoyé en Mongolie-Intérieure afin d’éduquer une tribu de bergers nomades. Mais c’est véritablement Chen qui a beaucoup à apprendre – sur la vie dans cette contrée infinie, hostile et vertigineuse, sur la notion de communauté, de liberté et de responsabilité, et sur la créature la plus crainte et vénérée des steppes – le loup. Séduit par le lien complexe et quasi mystique entre ces créatures sacrées et les bergers, il capture un louveteau afin de l’apprivoiser. Mais la relation naissante entre l’homme et l’animal – ainsi que le mode de vie traditionnel de la tribu, et l’avenir de la terre elle-même – est menacée lorsqu’un représentant régional de l'autorité centrale décide par tous les moyens d’éliminer les loups de cette région.

 

 

Mon humble avis : On le sait depuis longtemps, Jean-Jacques Annaud excelle dans le film à tendance animalière. Une fois de plus, il ne déroge pas à sa réputation en "s'attaquant" aux loups de Mongolie. Les images de ses animaux mystérieux et fascinants sont sublimes. Comme le sont aussi les paysages de la steppe mongolienne. Esthétiquement, Le dernier loup est donc une belle réussite. L'arrière-plan est aussi intéressant culturellement, même si pas assez développé : les traditions Mongoles, la révolution Maoïste en Chine et l'impérialisme chinois. Et puis il y a la complexité de la nature. Les loups attaquent les troupeaux, mais sans les loups et leur place dans la chaine alimentaire, la steppe et son herbe verte ne survivraient pas, donc les hommes non plus.

Dommage qu'à côté de ces aspects, le film soit plus que décevant. Le scénario est simplissime, les acteurs mauvais pour la plupart, les personnages sont ultra stéréotypés et les dialogues frôlent une pauvreté déconcertante. Les situations et "rebondissements" sont bien souvent attendus. Bref, Annaud est bien plus doué avec les animaux qu'avec les hommes. En fait, mon impression fut que d'anciennes bobines de films des années 60 avaient été un peu dépoussiérées pour être intégrées au Dernier Loup.

Enfin, un dernier reproche qui tient vraiment de mon ressenti personnel... Le film frotte vraiment trop souvent nos cordes sensibles devant le traitement qui attend ses jolies bêtes. Et à chaque fois qu'un louveteau ou autre périssait, j''y voyais mes petits félins...

 

 

 

J'ai vu aussi : 

 

 

Kingsman : Services secrets : Affiche

Film de Matthew Vaughn

Avec Colin Firth, Samuel.L Jackson et Mickael Caine

 

Synopsis : Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

KINGSMAN, l’élite du renseignement britannique en costumes trois pièces, est à la recherche de sang neuf. Pour recruter leur nouvel agent secret, elle doit faire subir un entrainement de haut vol à de jeunes privilégiés aspirant au job rêvé. L’un d’eux semble être le candidat « imparfaitement idéal » : un jeune homme impertinent de la banlieue londonienne nommé Eggsy. Ces super-espions parviendront-ils à contrer la terrible menace que fait peser sur le monde l’esprit torturé du criminel Richmond Valentine, génie de la technologie? 

 

 

Mon humble avis : Ce film décomplexé et cinglé devait être hilarant. Mouais, ça n'a pas vraiment pris sur moi. Même si l'ensemble est très divertissant et offre une caricature assumée des films d'espionnage à la sauce british et à l'humou tout aussi british mais pas assez pour moi !

C'est bourré de clins d'oeil et de références ciné ou littéraires, après faut avoir la culture pour les remarquer !

La trame du scénarion est intéressante, mêlant lutte des classes et risques grandissants et potentiel de la communication à tout prix, voire à tous prix, voire gratos !

Ca valse, ça dépote, les têtes volent, les bras s'arrachent et en même temps, y'a la classe britanique et sans doute une nouvelle génération de 007 !

Alors oui, mais sans plus pour moi !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 26 Février 2015

 

American Sniper : Affiche

Film de Clint Eastwood

Avec Bradley Cooper, Sienna Miller, Luke Grimes

 

Durée : 2H13 - Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Synopsis : Tireur d'élite des Navy SEAL, Chris Kyle est envoyé en Irak dans un seul but : protéger ses camarades. Sa précision chirurgicale sauve d'innombrables vies humaines sur le champ de bataille et, tandis que les récits de ses exploits se multiplient, il décroche le surnom de "La Légende". Cependant, sa réputation se propage au-delà des lignes ennemies, si bien que sa tête est mise à prix et qu'il devient une cible privilégiée des insurgés. Malgré le danger, et l'angoisse dans laquelle vit sa famille, Chris participe à quatre batailles décisives parmi les plus terribles de la guerre en Irak, s'imposant ainsi comme l'incarnation vivante de la devise des SEAL : "Pas de quartier !" Mais en rentrant au pays, Chris prend conscience qu'il ne parvient pas à retrouver une vie normale.

 

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Mon humble avis : C'est du Clint Eastwood, et du bon, même très bon. C'est du Bradley Cooper, plus recruté ici pour ses talents d'acteur que pour sa bouille glamour quelque peu mise à mal ici. Bradley Cooper est ici métamorphosé par les épreuves vécues par son personnage.

C'est du cinéma américain, c'est l'Histoire américaine.... Donc oui, c'est patriotique.

Mais c'est aussi universel, puisque la guerre l'est hélas, et que des soldats qui partent au front, il en est de tous pays, ou presque

American Sniper est  un film bluffant de réalisme, qui nous emmène au coeur des zones de combats, et nous fait suivre les soldats à la semelle. C'est l'avantage du ciné par rapport au journalisme sur ce sujet... Au ciné, les balles sont à blanc, donc les caméras peuvent nous plonger en plein milieu de tirs croisés.

Ce film est inspiré d'un personnage réel, celui d'un texan qui est devenu le sniper le plus efficace de l'histoire de l'armée Américaine. Au point de devenir une vraie "légende" qui vit pas forcément bien sa célébrité. Son rôle, sauver les vies de ses collègues G.I en tuant l'ennemi. Pas facile, terrible même quand dans son viseur, l'ennemi place des enfants. Alors oui, il y a des scènes insoutenables psychologiquement, même si l'hémoglobine nous est assez épargnée.

American Sniper est autant un film de guerre qu'un drame psychologique. Il s'intéresse aussi aux familles, aux épouses qui, en Amérique, attendent leurs maris alors sur le front. Et puis, il y a le retour du soldat entre deux missions, puis le retour définitif. Le soldat qui est là sans être là... qui est encore dans la poussière et les bombardements. Le soldat qui subit l'Etat de Stress Post Traumatique.

Car de toutes façons, les Etats Unis sont traumatisés par toutes leurs guerres, et le disent.

Mais ce que veut montrer avant tout Clint Eastwood ici, ce sont les horreurs de la guerre, même si nous les supposons bien depuis notre canapé. Même si, des fois, on préfèrerait "ne pas savoir". Mais en même temps, l'existence d'hommes qui ont tant de courage pour défendre les leurs me rassure. Des sur-hommes en sorte, même si les méthodes sont inhumaines.Et puis les guerres, maintenant, ce ne sont plus dans des tranchées épargnant relativement les civils, mais au coeur des villes, de la population et que tout le monde y joue un rôle, même les plus innocents, plus si innoncents que cela malgré leur bas âge. La guerre, c'est vraiment nul. Tout le monde le sait et pourtant...

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 24 Février 2015

Roman - Editions Noir sur Blanc - 176 pages - 14 €

 

Parution le 4 septembre 2014 (Rentrée littéraire)

 

L'histoire : Novembre 1953, à New York. Dans quelques jours, le centre d'immigration d'Ellis Island fermera définitivement ses portes. John Mitchel, le directeur, en est le dernier gardien. Seul sur l'ile après le départ du dernier migrant, il prend alors papier et stylo et se souvient de la quarantaine d'années passée sur l'île, de ses centaines de visages croisés, de destins bouleversés, de Liz, de Nella, des choix parfois coupables qu'il a du faire, coupables face la nation dont il tenait la porte d'entrée, coupables face quand sa fonction lui interdisait plus d'humanité.

 

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur  : La bib'

 

 

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Mon humble avis : Pas étonnant que quelque temps après sa visite du musée de l'immigration d'Ellis Island, cette histoire soit venue dans la tête de Gaëlle Josse. Ellis Island, quand on y pose les pieds, on n'en revient pas tout à fait indemne. Je parle en connaissance de cause. 

Hiver 1994, j'étais à New York, après un séjour estudiantin de 5 mois en Floride. En presque 24h de bus, j'étais passée des 35° subtropicaux à la déroute enneigée de la mégalopole. A New York, je songeais à faire prolonger mon visa afin de trouver un travail en qualité de jeune fille au pair, nanny comme on dit là-bas.

Lorsque mes pas de touriste m'ont menée sur Ellis Island, inutile de vous dire comme mon émotion était grande. J'avais 21 ans et je me demandais si New York allait m'engloutir, l'Amérique me rejeter ? Ou si c'est moi qui allait croquer la Grosse Pomme ! Obtiendrais-je le fameux sésame pour rester sur le sol Américain. Finalement, ce ne fut ni l'un ni l'autre, l'aggravation subite de l'état de santé de mon père m'a obligée à rentrer en France 3 semaines plus tard.

Mais quoiqu'il en soit, je marchais dans les traces de 12 millions de prétendants à l'immigration qui, entre 1892 et 1954, foulèrent cette île pour quelques heures, jours ou semaines, attendant la délivrance d'un papier faisant d'eux un citoyen Américain, qui parfois était refusé. Ces hommes et femmes arrivaient là après 3 semaines de traversée transatlantique dans des conditions inhumaines et pour la plupart, fuyaient la pauvreté, une guerre, le racisme, une famine, une interdiction de culte, la persécution. Moi, je ne fuyais rien, je voulais juste prolonger une expérience enrichissante.

Venons-en au roman tout de même. A part quelques personnages secondaires, tous les protagonistes de cette histoire sont fictifs. Ils sont néanmoins criants de vérités. A travers la voix de John Mitchel, Gaëlle Josse couvre, d'une écriture sublime, soignée, précise et juste, quarante ans d'histoire de cette ile, porte du rêve américain. Le personnage de John est très touchant, emmêlé dans les contradictions de sa vie et des choix qu'il regrette, qui le laissent à jamais mélancolique. Les lieux, les odeurs, la surpopulation, les cris, les pleurs, les rêves brisés, les morts, les maladies amenées par les émigrants sont parfaitement retranscrits par Gaëlle Josse, tout comme la grande Histoire du monde qui est vécue ici en vase clos et de loin, apporte son lot d'exilés.

Ce roman est les mémoires d'un homme qui a vécu toute sa vie sur cette île dont il a géré le quotidien, d'un homme qui malgré ses hautes fonctions, restait un homme. Un homme qui a aimé légalement, et inégalement.

De l'émotion, il y en a ici à chaque page, mais en retenue, sans pathos ni grands effets. C'est un roman, mais avec assez de réalisme historique pour être lu comme un témoignage. C'est un roman sublime qui rappelle que la première puissance mondiale actuelle s'est construite par l'immigration et que pratiquement chaque américain contemporain descend de hongrois, d'Irlandais, de Français, de Polonais, d'Italien (etc) qui sont passés par Ellis Island. 

La fin m'a surprise sans vraiment me surprendre en fait. Elle ne pouvait pas vraiment être autre. Et puis, elle reste ouverte et j'y ai mis ma petite idée qui me plait bien.

Une lecture dense et intense, où l'intime rejoint l'universel, à découvrir, sans aucun doute !

 

 

Pour en savoir plus Ellis Island : Wikipedia

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 22 Février 2015

 

Je pensais vous présenter aujourd'hui un petit coin de campagne rennaise... et mes photos nature se sont faites supplantées par mes photos chats. Ce sera donc pour une prochaine !

Mon petit loup Tsingy a 6 mois depuis 2 jours ! Dans 6 mois, il sera adulte et arrêtera peut-être ses bêtises. La semaine dernière, il m'a laissé un beau colis piégé bien enveloppé dans mon tapis de bain ! Mais avec sa petite bouille d'amour, et le fait que ce soit un chaton charmant, on n'arrive pas à lui en vouloir longtemps.

A y'est, Tsingy est stérilisé... Donc fini les doubles gamelles avec croquettes chaton et croquette chat stérilisé. Tout le monde est au même régime !

Avec Aya, le partage du territoire est entrain de s'effectuer. Quand ma grande veut aller dans le hamac, le petiot dégage gentiment !

D'ailleurs, le petiot grandit bien. S'il s'étale sur le canapé, il en occupe la moitié !

(Photos pas forcément dans l'ordre chronologiques ! Pour Aya, peu d'importance, elle ne devrait pas changer physiquement avant 8 ou 9 ans et son grand âge. Tsingy, c'est autre chose !)

 

UN DIMANCHE A MOUSTACHES !
UN DIMANCHE A MOUSTACHES !
UN DIMANCHE A MOUSTACHES !
UN DIMANCHE A MOUSTACHES !
UN DIMANCHE A MOUSTACHES !
UN DIMANCHE A MOUSTACHES !
UN DIMANCHE A MOUSTACHES !
UN DIMANCHE A MOUSTACHES !
UN DIMANCHE A MOUSTACHES !
UN DIMANCHE A MOUSTACHES !
UN DIMANCHE A MOUSTACHES !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Un monde de chat

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Publié le 19 Février 2015

Roman - Editions Flammarion - 389 pages - 21 €

 

Parution : le 27 août 2014 (Rentrée littéraire)

 

L'histoire : Serge, un romancier, est invité en résidence dans une petite ville du Morvan pour un mois. Juste avant son arrivée, un fait divers remue la commune et ses habitants. Le vieux Commodore a disparu. Meurtre ou disparition volontaire, les langues vont bon train malgré l'arrestation d'un suspect. Contre lui même, Serge va se laisser happer par ce fait divers, au risque de déplaire à plus d'un....

 

Tentation : L'auteur à LGL

Fournisseur : La bib'

 

 

 

 

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Mon humble avis : Première incursion pour moi dans l'oeuvre de Serge Joncour. L'auteur m'avait bien donné envie de me plonger dans ce roman, tant pour son sujet que sa situation géographique : Le Morvan. Le Morvan, j'y ai passé de nombreuses vacances d'enfance en camping sauvage et y suis retournée l'an dernier, comme en pèlerinage.

L'atmosphère et la topographie de la région sont très bien rendues. Cependant, j'ai mis du temps à entrer dans ces pages et cette histoire / intrigue, puisque celle-ci évolue doucement vers les pentes du polar. J'ai eu du mal à prendre pour argent comptant la fascination soudaine de Serge pour Dora, une des protagonistes supposée du fait divers, tout comme ses décisions toujours reportées au lendemain de ne plus se mêler de cette affaire... et enfin, tout comme cet espèce d'irrespect du romancier envers ses hôtes, en ne prenant aucune précaution pour éviter des retards toujours plus marqués aux rendez-vous.

Et puis l'ambiance a fini par me happer aussi, comme par m'hypnotiser quelque part. Le ton mélancolique qui se dégage de ce texte, mélangé à des dialogues au contenu parfois ubuesque (notamment ceux entre Serge et le gendarme), cela m'a plu. D'autant plus que le suspens va crescendo.

Dans cette histoire, Serge Joncour se penche sur une petite ville de province, ses habitants, ses hypocrisies, ses peurs, ses mensonges, ses rumeurs, ses non-dits, son inertie nocturne, ses projets, les manipulations des uns et des autres, les stratégies d'un maire pour regrouper ses zouaves autour d'un projet titanesque qui sépare la ville en deux camps.

Ce projet, c'est la construction d'une usine d'énergie propre et renouvelable qui détruirait l'environnement en saccageant une partie de la forêt. Ainsi, Joncour s'interroge sur un sujet on ne peut plus d'actualité : les contradictions de l'écologie à tout prix ou de l'écologie comme faire-valoir.

Même si j'ai bien apprécié les monologues introspectifs du narrateur, celui-ci m'a semblé comme étant un personnage un peu fade, comme manquant de caractère. Aussi, je n'ai pas développé de grande sympathie pour lui, sauf lorsque tout le monde lui tombe dessus dès qu'il sort des clous.

Serge Joncour évoque aussi largement le statut d'auteur, d'écrivain etc....Là, nous avons de très bons moments, bien jubilatoires, et sans doute vécus par Joncour. Les cocktails au jus d'orange et toujours les mêmes petits gâteaux, la fierté des gens de s'afficher auprès d'une célébrité dont ils ne connaissent rien, les clubs d'écriture qui tourne en eau de boudin ou encore, les rencontres avec les lecteurs, lecteurs qui n'ont, bien souvent, rien saisi de la démarche de l'auteur, ni du sens de ses livres et des messages sous-jacents délivrés par ses personnages. Bien souvent, les bras m'en sont tombés pour lui.

Et puis, il y a la fin, avec une révélation qui, pour moi, est un peu tombée comme un cheveu sur la soupe, comme si, ayant fait le tour de la situation, Joncour s'était soudainement dit : bon allez, il faut en finir ! Mais la fameuse démarche peut être tout autre. En effet, peut-être, fallait-il démontrer que rien ne sert de chercher ou de comprendre, tout finit par s'éclaircir...

L'écrivain national ne m'a pas transportée, a mis du temps à m'embarquer, mais m'a finalement bien baladée ! Je ne regrette pas du tout cette lecture étonnante et quelque part, assez originale et bien pourvue d'ironnie et de cocasseries.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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