Lectures, BD, cinéma, voyages, photos, chats, oiseaux, nature bref mon petit monde ! .................. " C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante" (Le petit prince)
Avec Catherine Deneuve, Diane Kruger, Nicolas Duvauchelle, Nekfeu
Synopsis : Une maison bourgeoise au milieu de nulle part. Une cité à Sète. Une mère et sa fille. Deux amis d’enfance. Une disparition. Un chantage. La confrontation de deux mondes.
Mon humble avis : Ce film ne m'a pas convenu. Non pas qu'il soit mauvais ou même raté.
C'est qu'à mes yeux, il est bien trop violent. Oh, n'est pas une violence à l'américaine avec des fusillades à tout va et de l'hémoglobine dans des combats chorégraphiés qui n'en finissent pas.
Non, c'est une violence réaliste, urbaine, du quotidien, psychologique, comportementale, verbale. De ce fait, le film est très agressif pour le spectateur puisqu'il le ramène de plein fouet à une réalité sociétale. Et ce dès le début, avec les réparties saccadées de Nicolas Duvauchel, réparties débordantes de fureur, d'irascibilité et très virulentes, tant dans le ton que dans le langage utilisés, ceux des cités, des trafics en tous genre, des voyous, des bandes, ou même des gangs.
Tout nous sépare est donc un film qui tient en haleine certes, surtout parce qu'il coupe notre souffle régulièrement, sitôt qu'une situation devient "tendue", tant on craint la violence qui pourrait découler de ces situations. Les sujets du film sont pourtant intéressants : la confrontation de la bourgeoisie avec les jeunes de la cité (où la vie ne vaut pas grand-chose), qui montre bien la part d'ombre et de lumière de chaque protagoniste. De même la relation affectueuse et respectueuse qui se noue entre un maître chanteur et sa victime est étonnante, curieuse. L'interprétation est impeccable. Donc rien à reprocher à ces niveaux là mais peut-être, pour rendre le film plus subtile, le réalisateur aurait pu être plus "light" dans les clichés.
Bref, il s'avère surtout que ce film n'était pas pour moi, que j'ai mal vécu, voir subi cette séance en salle obscure.
Roman - Editions Audiolib - 9h04 d'écoute - 19.70 €
Parution d'origine en mai 2016 (Existe en format poche)
L'histoire : Durs ces derniers mois pour Julia... Elle perd sa grand-mère, son père, son emploi et quitte son amoureux. C'est à reculons qu'elle postule en qualité de psychlogue dans une maison de retraite du Sud-Ouest. Elle espère y être justement en "retraite" pour se retrouver.
Julia découvre très vite que les pensionnaires des Tamaris ont moult choses à lui apprendre, et elle ne sera jamais au bout de ses surprises.
Tentation : Pitch + blogo
Fournisseur : La bib'
Mon humble avis : Voici un roman plaisant à écouter (ou lire), distrayant, assez profond, rythmé, avec de bonnes doses d'humour et évidemment d'émotions, voire de bons sentiments ! C'est clair, c'est une histoire tout de même bien "girly" pour un public je pense plutôt féminin.
L'interprétation qu'en fait Astrid Ross est parfaite pour ce genre de roman.... romance idéale pour la période estivale ou les dimanches glacials sous la couette en hiver.
La première partie de cette histoire m'a vraiment réjouie ! Style agréable et joyeux, même si notre héroïne n'a pas grand moral, et entrée dans un univers que j'ai quitté il y a plus 20 ans, avec le décès de mes grand-mères. Univers qui, je l'avoue, m'a à l'époque traumatisée.
Et finalement, j'ai vraiment aimé rencontrer et partager le quotidien de ce petite troupe d'octo-nonagénaires, ainsi que le lien que crée Julia avec la plupart d'entre-eux. Cet aspect du roman est intéressant, et traité avec tact et sans pathos exagéré. Au contraire ! Ces papys et mamies ont plus d'un tour dans leur sac, de l'humour, et surtout beaucoup d'amour... Bien entendu, d'autres aspects de la vieillesse sont abordés, toujours avec délicatesse : l'affaiblissement du corps, la solitude, la maladie, le décès, le deuil, les souvenirs qui s'envolent, les regrets, la fidélité, les joies passées ou bien présentes. Franchement, les dialogues qui naissent entre Julia et ses patients sont émouvants, touchants et profonds. D'autant que de certains de ces dialogues, c'est ce qui reste tu, mais que l'on devine, qui est le plus important.
Arrivés là, vous vous demanderez sans doute pourquoi je n'attribue que 3 pattes à ce roman best-seller. Parce qu'une romance s'installe entre Julia et le petit-fils d'une pensionnaire. Pourquoi pas, puisque c'est aussi un signe de la "résurrection" de Julia. Sauf que celle-ci m'a agacée avec ses hésitations et interrogations interminables qui, pour moi, coupaient trop le sujet principal et son rythme.
Autre point qui m'a vraiment lassée : l'humour, qui pourtant est bienvenu pour rendre le sujet de la vieillesse attractif. Cet humour qui m'a tant plu au début est devenu too much pour moi. Comme dans les grosses comédies américaines où il faut un gag par minute, j'ai trouvé, au fil des chapitres que cet humour était trop présent, voire envahissant. Comment expliquer ? Nombreuses sont les métaphores drôles utilisées par l'auteure pour éclairer un passage, une action, un sentiment etc... Et bien une métaphore par "action", d'accord, mais quand c'est toute une liste de métaphores à chaque fois, et bien ce n'est plus surprenant, même si celles-ci sont bien trouvées. Voilà, l'humour doit être surprenant et non constant, au point de paraître forcé. Enfin, ce n'est que mon humble avis.
Cependant, n'hésitez pas à lire ou écouter ce livre, qui est tout de même bien frais, malgré l'âge moyen des protagonistes. Du feel good bien approfondi ! Un beau regard sur nos aînés !
Ce dimanche, suite de ma semaine à Lanzarote aux Canaries, semaine de rando qui date déjà de juin ! Que le temps passe vite !
Deuxième partie de la première journée de rando. La première journée est toujours celle où l'on (euh je ?) prend le plus de photo. Oh, de la lave, au un volcan... en fin de séjour, on s'habitue à la lave, lave que l'on a déjà en X exemplaire tant dans sa carte mémoire que dans sa vraie mémoire !
Ici, visite du Parc National de Timanfaya. Cette zone est hyper protégée, la randonnée y est interdite. Cette visite c'est donc faite en "bus à touristes", les seuls autorisés à circuler dans le parc. Bus = vitres = reflet = photos bof bof. Mais celles-ci représentent parfaitement l'aspect tant pittoresque que désolé des paysages volcaniques.
Ensuite, pour compléter ce dimanche, les différentes "bébêtes" rencontrées durant cette semaine. A plumes, à sang froid, quadrupèdes.... Les chèvres sont sauvages (mais si je me souviens bien, appartiennent tout de même à quelqu'un !)
Quant au chien, il s'agit du chien de garenne des Canaries ou podenco canario est une race de chien originaire des îles Canaries. Son nom scientifique est Canis lupus familiaris... Tout cela pour rappeler que les Canaries ne tiennent pas leur nom, comme on pourrait le croire, des célèbres volatiles homonymes, mais de ce chien.... qui est chasseur de lapin !
Avec Karine Viard, Anne Dorval, Tibault de Montalembert
Synopsis : Nathalie Pêcheux, professeure de lettres divorcée, passe quasiment du jour au lendemain de mère attentionnée à jalouse maladive. Si sa première cible est sa ravissante fille de 18 ans, Mathilde, danseuse classique, son champ d'action s'étend bientôt à ses amis, ses collègues, voire son voisinage... Entre comédie grinçante et suspense psychologique, la bascule inattendue d’une femme.
Mon humble avis : J'adore Karine Viard qui depuis des années, nous subjugue de son talent ! Et bien une fois encore, elle m'a plus que bluffée. Je ne sais pas, mais alors que je vois beaucoup de ses films, j'ai l'impression d'avoir encore découvert de nouvelles expressions dans son regard, dans son visage. Bref, il semble vraiment que son don soit infini, puisque toujours surprenant alors qu'on l'attend.
J'adore aussi David Foenkinos qui est l'un de mes auteurs favoris. Et j'apprécie aussi l'homme, rencontré à plusieurs reprises. Il me fait rire (mais pas que !), tant en écrivant qu'en étant.
Aussi, je ne pouvais que passer un bon moment dans mon fauteuil en velours devant Jalouse.
Le portrait de cette femme, mère, divorcée, prof, qui aime et déteste, qui émeut tout en étant détestable est réussi en tous points, et surtout, en délicatesse. Nous ne sommes pas dans la grosse comédie potache à un gag par minute et pourtant, l'on rit beaucoup. On rit, mais le malaise n'est jamais loin non plus. Car Jalouse est une comédie certes, mais aussi et surtout un drame. Disons que l'aspect comique allège le côté dramatique de l'histoire qui se déroule face à nous. Nathalie est jalouse comme un pou, mais ne s'en rend pas compte, et sa jalousie la rend malade. Jalouse, Nathalie n'en n'est pas moins malheureuse et finira par comprendre qu'elle est même en dépression. Jalouse car, au fond, malheureuse.
Avec un personnage pareil, évidemment, les piques, les coups-bas, les mesquineries, les méchancetés fusent presque à chaque instant. Et sous la plume des frères Foenkinos, cela donne forcément des dialogues acides, corrosifs, grinçants à souhait, délicieusement méchants et percutant. Mais les frangins n'en n'oublient pas pour autant l'émotion (sans en faire des tonnes) et la profondeur des protagonistes.
Ajoutez à cela de magnifiques scènes de danse classique pleines de grâce filmées avec tant de perfection que le temps semble s'arrêter, vous avez là un film à voir, sans aucun doute !
L'histoire : Il rencontre Lou dans le métro parisien. Lou est de suite hors norme, puisqu'elle l'embrasse directement avant de quitter la rame. Il l'a recroise par hasard quelques heures plus tard pour ne plus la quitté. Il est entraîner dans le tourbillon qu'est Lou la violoncelliste peintre, qui croque la vie à pleines dents et vit l'art jusqu'au plus profond de ses entrailles. Elle l'emmène dans ses fulgurances et ses délires sans borne, proches de la folie joyeuses.
Tout parait merveilleux jusqu'au soir où Lou, prise de convulsions et de démangeaison, tombe dans le coma. Il va alors découvrir ce qu'est vraiment "le feu sacré".
Tentation : Le pitch
Fournisseur : Les Editions Belfond et Gilles Paris, merci pour l'envoi !
Mon humble avis : Quelle belle et surprenante qualité que la curiosité littéraire ! Comme j'ai bien fait d'être tentée par ce roman. Mais quel roman ! Fascinant, voilà le mot qui convient.
Le narrateur, prof de lettres au collège est dans le métro, ses écouteurs sur ses oreilles. Et dans son monologue intérieur, on sent bien qu'il mène une petite vie assez étriquée et qu'il est obsédé par les statistiques, le terre à terre quelque part. Dans la rame, surgit Lou, qui sans gêne aucune, saisit l'un de ses écouteurs et partage avec lui un moment musical. Quelques stations plus tard, sans un mot, elle l'embrasse et bondit hors de la rame.
Quelques heures plus tard, il la retrouve par hasard, à faire un spectacle d'équilibriste sur un pont de Paris, devant des badauds médusés. Et c'est parti pour un tourbillon rythmé par la musique de Tchaïkovsky... Même si, quand j'y repense, c'est plutôt "La foule" de Piaf qui me viendrait à l'esprit pour habiller et imager cette histoire. Même s'il n'est pas emporté par la foule mais par Lou, son énergie, son imagination débordante, sa passion pour l'art, sa folie douce au début... Merveilleuse puis inquiétante.
En fait, ce roman commence comme une comédie romantique, ce genre de coup de foudre que l'on ne voit qu'au cinéma, qu'on lit dans les livres mais qu'on ne vit jamais. Cette première partie du livre est donc agréable à lire, surtout qu'elle est servie par une plume aussi magnifique, que maîtrisée, que poétique... Même onirique parfois et souvent teintée de sensualité. Le narrateur saisit que Lou l'invite à voir, à sentir et à comprendre l'art de façon différente.
Puis viennent les convulsions, les hallucinations, les démangeaisons de Lou et sa plongée dans le coma. A l'hôpital, les médecins se trouvent d'abord désarmés devant cet étrange cas, puis le diagnostic tombe : "Le Mal des ardents", alias "Le feu sacré", alias "la peste de feu" alias la maladie de l'Ergot de Seigle. La coupable : La boulangerie de Lou, qui use sans doute, à son insu de farine contaminée.
Le narrateur se plonge alors dans une recherche insensée sur ce Mal des ardents et ce qu'il découvre est inouï ! C'est cette recherche, très aboutie, documentée et instructive, qui donne, à mes yeux, cet aspect fascinant du roman. Ce roman qui remet à jour un fléau pourtant pas vraiment éradiqué de par le monde, mais qui épargne globalement les pays industrialisés depuis les années cinquante. Où l'on découvre (en tout cas pour moi qui n'avait jamais entendu parler de cette maladie), que cet Ergot de Seigle a fait des ravages, des centaines de milliers de morts à travers les siècles et le monde, avant qu'il soit identifié et même ensuit, l'auteur explique parfaitement le pourquoi du comment ! Cet Ergot de seigle, aux effets terrifiants et dévastateurs sur l'homme, a été "racheté" par l'Eglise qui voyait en lui la vengeance du diable face aux moeurs "allégées" par exemple. Cet Ergot de seigle qui aurait expliqué bien des cas de sorcellerie s'il avait été connu. Cette maladie, appelée aussi l'ergotisme est aussi connu comme "le feu Saint Antoine" car nombre des victimes s'améliorent en se rendant en pèlerinageauprès des reliques de saint Antoine. Etc, Etc... Je ne vais pas tout dévoiler ici, je vous laisse découvrir tout d'abord l'histoire de Lou et du narrateur, puis l'Histoire du Mal des Ardents. Passionnant je vous dis, et excellemment écrit. Bref, de la littérature de qualité, captivante et instructive !
Roman - Editions Aux forges de Vulcain - 354 pages - 19.50 €
Parution le 24 août 2017 : Rentrée littéraire !
L'histoire : C'est l'histoire de Stradi qui naît avec un violon dans le crâne. A l'école, il va souffrir à cause de la maladresse ou de l'ignorance des adultes et des enfants. A ces souffrances, il va opposer son optimisme invincible, héritage de ses parents. Et son violon s'avère être un atout qui lui permet de rêver et d'espérer. Roman de l'éducation, révérant la différence et le pouvoir de l'imagination.
Tentation : Le pitch
Fournisseur : Price Minister, merci pour l'envoi
NB : Comme chaque année, je participe au MRL (Match de la Rentrée Littéraire) proposé par Price Minister en collaboration avec quelques blogueuses, qui proposent leurs sélections de romans. J'y ai choisi celui-ci. Contre réception, il est demandé d'en rédiger la chronique la plus originale possible. Voici pourquoi cette chronique ne ressemble pas à celles que j'écris habituellement ! Et étant donné la présentation que j'ai imaginée, il vous faudra, cette fois, utiliser le zoom écran pour lire correctement ! (125% semble zoom idéal)
L'histoire : La Première Guerre mondiale vide une petite île bretonne de ses hommes. Il ne reste plus que les enfants, les vieux et les femmes... et Maël. Malgré ses envies de défendre la patrie, il n'est pas mobilisé, car il a un pied-bot. Il devient le seul homme, jeune et vigoureux, de l'île... A sa façon, il participe à l'effort de guerre en distribuant le courrier aux habitants, des femmes essentiellement... Celui que toutes ignoraient découvre ainsi tous leurs secrets...
Tentation : Le fond "Bretonnant" de l'album
Fournisseur : La bib'
Mon humble avis : Quel album magnifique, enrichissant, bien pensé !
Quel bonheur d'évoluer dans cette île bretonne imaginaire, mais sise en Finister. En effet, dans ces dessins, l'auteur a réuni plusieurs coins de Bretagne pour créer sa propre île, et c'est délicieux.
Chaque planche paysagère semble être une aquarelle de toute beauté. Les couleurs sont vives et rendent ainsi cet album très attirant, et très expressif, comme le sont d'ailleurs les visages des protagonistes.
Facteur pour femmes nous ramènent en 1914, alors que la première Guerre Mondiale est tout juste déclarée et va, en quelques jours, priver l'île de tous ses hommes vaillants... Alors que sur cette île, le continent, l'Histoire et la guerre sont si loin que l'on n'y croit à peine. Même le curé est appelé sous les drapeaux. En qualité de lecteur, nous restons donc avec ces femmes qui apprennent la solitude, l'attente d'une lettre du front, le travail aux champs et à la pêche pour remplacer les hommes. Leurs maris, promis, fiancés qui reviendront pour certains quatre ans plus tard, différents, traumatisés et pour quelques-uns, la gueule cassée. Seront-ils toujours aimables, au sens littéral du terme, pour leur épouse ?
Pendant ces quatre ans de conflit, Maël, le nigaud, le simplet, le pied-bot, l'ignoré ou le moqué de l'île devient alors le facteur. Il fait alors sa tournée à vélo, et délivre le courrier de toutes ces femmes aux quatre coins de l'île. Chacune d'elle va le découvrir peu à peu et le "nigaud" sera vite déniaisé et perçu tout autrement. Car effectivement, Maël comprend bien vite qu'il occupe désormais une place de choix, lui permettant de jouer un nouveau rôle et surtout, de tenir enfin sa vengeance d'homme persiflé. Il mettra donc en oeuvre une stratégie manipulatrice qui trompera bien tout ce petit monde.
Oui mais... Même si le comportement de Maël peut sembler méprisant aux yeux du lecteur, les deux auteurs ont le génie de nous faire douter de lui, le rendant autant aimable qu'odieux. Et mieux encore, cet album démontre que l'infamie de certains peut tout de même faire le bonheur des victimes finalement assez consentantes, et pour cause. Il n'empêche, cette situation fait naître un étrange sentiment chez le lecteur.
Et, surprise ! Alors que le lecteur pourrait s'attendre à cet album s'achève avec la fin de la Grande Guerre, il n'en n'ait rien. Un petit bon d'une quarantaine dans le temps, nous voici dans les années 50. Un personnage débarque sur l'île et sera l'occasion de certaines révélations, donnant à cette histoire un véritable aspect romanesque !
"Aucune île n'est à l'abri des continents imbéciles" (Facteur pour femmes)
Le sujet : 2012... C'est le bicentenaire de la retraite de Russie des troupes de Napoléon avec la célèbre bataille de la Berezina, qui fut autant un fiasco qu'un carnage.
Sylvain Tesson et quelques amis décident, pour rendre hommage à ces héros oubliés, de suivre la route de cette débâcle, en side-car. Le trajet de 4000 kilomètres est donc Moscou-Paris, au début de l'hiver...
Tentation : L'aspect récit de voyage !
Fournisseur : La bib'
Lu par Franck Desmet
Mon humble avis : Une fois de plus, je le rappelle, mes pattes de chats sont là pour donner mon impression, mon plaisir de lecture et ne "jugent" pas forcément la qualité de l'oeuvre. C'est l'oeuvre par rapport à moi, ou moi par rapport à l'oeuvre, avec ce que je suis, pour le pire comme le meilleur !
La voix du lecteur ne m'a pas plus. Pas assez chaude, une voix ressemblant à celle de Francis Huster. Mais je m'y suis faite. Le format audio n'est peut-être pas l'idéal pour suivre cette Berezina. Car que je fus en voiture ou en balade pédestre, me manquait un atlas pour suivre cette retraite avec une précision géographique. Beaucoup de lieux historiques sont cités, mais à part les capitales et quelques grandes villes, nombre d'entre-eux m'étaient inconnus.
En fait, je pensais plonger dans un pur récit de voyage, ce qui n'est pas tout à fait le cas. L'aspect récit de voyage est presque anecdotique, se contentant de quelques détails climatiques, mécaniques, logistiques et d'une poignée de rencontres. Certains échanges entre les 6 protagonistes menant à des réflexions sur le voyage, la guerre, le mouvement, les valeurs de l'époque Napoléonienne ou la nôtre, l'héroïsme sont magnifiques, profonds, mûrs et touchants. Mais touchants plus comme une flèche en plein coeur que comme une douce caresse ou certains émois.
Mais ce récit de Sylvain Tesson est surtout là pour rappeler l'Histoire, et rendre hommage à ses héros, qu'ils soient inconnus où célèbres, qu'ils soient humains ou équins, qu'ils soient français ou du front opposé, que ce soit dans la victoire où la relative défaite. Tesson exhume tous ces morts pour leur crier son admiration, lui qui souffre déjà horriblement du froid sur son Side-Car malgré l'équipement XXIème et les nuits bien au chaud, le ventre plein dans des petits hôtels-pensions. Tesson réveille nos oreilles (ou nos yeux, suivant le format de lecture), sort de notre oubli le carnage que fut la retraire de Russie et notamment, la bataille de la Berezina (le nom d'un fleuve, à l'origine). D'ailleurs, les descriptions des massacres sont bien souvent insupportables de cruauté... et de réalisme. Les soldats qui ne mourraient pas au combat périssaient ensuite de faim, de froid, de maladies...
Tout cela, on l'a oublié, peut-être même que nos cours d'Histoire scolaires ne l'ont jamais vraiment évoqué, pour se pencher plus sur les stratégies militaires et les conséquences géopolitiques de cette débâcle. D'ailleurs, dans ces pages, il est aussi question de stratégies militaires ce qui m'a souvent perdue en diminuant mon attention. De même, j'ai parfois fait une indigestion de noms propres de personnages sans doute éminemment historiques, mais pour moi parfaitement méconnus, et format audio oblige voiture balade, mon ami Google ne m'accompagnait pas pour m'informer un peu plus.
Il n'empêche, la langue de Tesson est d'une beauté magistrale, et malgré mes égarements, il me semble sortir grandie de cette lecture audio. Même si ce sont des images globales, la Berezina n'est désormais plus qu'un simple nom devenu commun pour désigner mes petites catastrophes personnelles.
Ce qui est sûr, c'est que les férus d'Histoire et des campagnes Napoléoniennes se régaleront de cette lecture.
Le sujet : Dessinatrice à Charlie Hebdo depuis plus de dix ans, Catherine Meurisse a vécu le 7 janvier 2015 comme une tragédie personnelle, dans laquelle elle a perdu des amis, des mentors, le goût de dessiner, la légèreté. Après la violence des faits, une nécessité lui est apparue : s'extirper du chaos et de l'aridité intellectuelle et esthétique qui ont suivi en cherchant leur opposé – la beauté. Afin de trouver l'apaisement, elle consigne les moments d'émotion vécus après l'attentat sur le chemin de l'océan, du Louvre ou de la Villa Médicis, à Rome, entre autres lieux de renaissance.
Tentation : Pourquoi pas ?
Fournisseur : La bib'
Mon humble avis : Catherine Meurisse était à toute proximité de Charly Hebdo lors de l'attentat du 15 janvier 2015. En fait, ce jour-là, elle était en retard de quelques minutes. Elle aurait pu être parmi les victimes du carnage, mais non, le sort en a décidé autrement. Dans cette BD, elle retrace son long chemin de reconstruction personnelle après ce drame. Car évidemment, au-delà de la tristesse, il y a le choc, l'effroi, le traumatisme, l'amnésie, le stress post traumatique avec dissociation, et l'impossibilité de rependre un crayon, de redessiner, de poursuivre la vie. A côté de cela, Catherine Meurisse nous montre aussi le poids de la protection policière, le pistage d'une autre presse, et comme une célébrité soudaine...
Alors que la France entière scande "Je suis Charly", Catherine Meurisse ne sait plus qui elle est. Alors, elle se perd et se recherche auprès des siens, de son psychiatre, dans le calme d'un bord de mer ou d'un paysage d'enfance, dans quelques sorties parisiennes. Mais rien n'y fait, jusqu'à la révélation : Après l'horreur, ce n'est qu'auprès de la beauté de l'art que Catherine pourra se retrouver, retrouver son goût de vivre, de rire et de dessiner.
Aussi, elle parcourt les Musées et s'envole même jusqu'à Rome et la Villa de Médicis espérant être elle aussi, heureuse victime du syndrome de Stendhal, puisque "c'est la beauté qui sauvera le monde" (Dostoïevski)
Tout ceci est écrit et dessiné avec beaucoup d'émotions, de profondeur, de questionnement sur la nature humaine et notre monde actuel, sans aucun apitoiement ni pathos, même si c'est la tristesse logique qui émane de cet album. .Et évidemment, univers Charly "oblige", beaucoup d'humour, même si parfois assez noir.
J'ai été quelque fois un peu égarée par les planches flash-back et/ou rêves ou illusions. Mais quoiqu'il en soit, cet album de reconstruction est magnifique, nécessaire, intense. Un bel hommage aux défunts de Charly Hebdo et surtout, un cri d'amour et de nécessité pour l'art et la beauté, celle qui bouleverse, qui fait que l'on se retrouve et qu'on existe. La culture salvatrice...
Allez, un petit dimanche royal, au coeur de la cour féline de mon humble demeure.
La reine en est Aya d'ailleurs, elle en a souvent le comportement !
Tsingy est le prince, car arrivé dans la cour en deuxième et il veille régulièrement à faire le tour de la cour pour s'assurer que tout va bien au moindre bruit suspect, même sans bruit suspect du tout d'ailleurs.
Enfin, Praslin le dernier né est le dauphin qui témoigne encore de la fougue et de son appétit ludique de son très jeune âge.
Les deux premiers sont des vrais adultes en âge humain... Aya a 32 ans, Tsingy 28 ans. Praslin, quant à lui, à l'équivalent en âge humain des étudiants encore un peu insouciants qui sont inépuisables dans la tournée des bars, des boites de nuits... 21 ans
La cour possède son petit personnel : Moi ! J'apporte repas, distractions, caresses et récure les litières pour le bien être de mes têtes couronnées !
PS : Les photos du Dauphin sont encore hors chronologie et mélangées ! Des photos de l'automne, de l'hiver, de l'été... Donc du chaton au chat de 5.7 qu'il est devenu !