Publié le 15 Février 2016

Afficher l'image d'origineRoman - Editions Audiolib - 4h d'écoute - 18 €

 

Parution en Audiolib en 2013. Existe aussi en poche.

 

L'histoire : Début XXème siècle, de jeunes et pures japonnaises embarquent sur un paquebot. Direction l'Amérique et le mariage. Elles ont en effet été choisies sur "catalogue" par des futurs époux dont elles ne connaissent rien, sauf une photo truquée, une profession et un statut social surestimés..

A l'arrivée, c'est la désillusion, l'emprisonnement d'une vie qu'elles n'imaginaient pas, la violence des hommes, l'esclavage dans les champs, le racisme, les efforts pour s'intégrer...

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Sylire, merci pour le prêt !

 

 

Mon humble avis :  Ce roman, magnifiquement lu par la comédienne Irène Jacob, a reçu le prix Fémina Etranger en 2012.

Même s'il est imparfait, "Certaines n'avaient jamais vu la mer" m'a beaucoup plus, ou devrais-je dire pour être plus précise, beaucoup intéressée. 

En effet, il traite d'un fait méconnu, rarement évoqué en littérature comme au cinéma ou dans les livres d'Histoire : L'immigration des japonais aux Etats-Unis. En général, quand on parle de l'immigration outre-Atlantique, il s'agit plutôt de celles des Européens, et notamment des Irlandais. Ou encore, de celle des Mexicains, des Cubains... Cela rend ce court roman particulièrement instructif. 

La narration est originale. En effet, une japonaise narre son histoire mais en usant de la première personne du pluriel : ce "Nous" qui permet de témoigner de son propre vécu, mais aussi de celui de ses paires. Ce "Je" en tant qu'individu devient nous, parce que ces femmes ont été pour la plupart dépossédées de leur identité. Que de même origine, elles ont vécu le même destin mais de façons différentes. Une voix pour toutes les voix, pour toutes les voies.

A plusieurs reprises d'ailleurs, Julie Otsuka énumère, en usant comme d'une longue litanie, les mille et une façons que ces femmes ont vécu les grandes étapes de leur vie. Oui, car il y a mille et une façons de perdre sa virginité (entre la douceur et la violence), d'accoucher (entre le fossé et le lit de soie), de rêver (entre une belle récolte et une vie de luxe), de quitter de force un endroit (sans se retourner, avec des regrets, une valise, les mains vides...) . Ces passages, qui pourraient paraître comme lassant, ont au contraire été pour moi très touchants, prenants, émouvants. Car malgré le "Nous" utilisé par l'auteure, il y a bien mille et une âmes, réactions, désir, désespoirs... Malgré la ressemblance, le monde est bien multiple.

Puis, en cours de narration, le "Nous" reste, mais c'est alors une américaine qui s'exprime en son nom propre et en celui de ces concitoyens. Nous avons donc eu la vision japonaise, puis la vision américaine. Ce qui permet sans doute à l'auteure, Américaine d'origine nippone, d'exprimer et d'explorer ses deux cultures.

J'ai regretté cependant  ce qui m'est paru comme un  saut dans le temps. En effet, à moins que mon attention ait été moindre à un moment donné, nous accompagnons ces femmes aux champs où elles travaillent comme des forcenées pour presque rien. Et quelque temps plus tard, nous les trouvons tenancière d'un hôtel, d'une boutique, avec des enfants étudiants dans de grandes universités. J'aurais aimé suivre le chemin qui les a menées de la pauvreté et la soumission à la propriété et un certain accès à la culture et l'éducation.

Enfin, même si ce roman se déroule il y a plus de 100 ans, il est hélas encore bien actuel. Que ce soit pour les filles de l'Est, d'Asie du sud Est à qui l'on promet une vie de reine au bout du monde pour les mettre sur un trottoir, ou tous ces migrants qui prennent la mer pour entrer en Europe, il y a la désillusion, les sales et basses besognes, la précarité, le racisme, le rejet, la difficile intégration. Sauf que dans ce roman, cela s'achève par la deuxième Guerre Mondiale, qui, aux Etats-Unis, a fait de chaque japonais un espion potentiel, donc un danger pour la sécurité nationale. Là, encore, on n'est pas si loin de notre époque.

 

free-road-trip-games-audio-book

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

Repost0

Publié le 13 Février 2016

 

Chocolat : Affiche

Film de Roschdy Zem

Avec Omar Sy, James Thierrée, Clothilde Hesme

 

 

Synopsis : Du cirque au théâtre, de l'anonymat à la gloire, l'incroyable destin du clown Chocolat, premier artiste noir de la scène française. Le duo inédit qu'il forme avec Footit, va rencontrer un immense succès populaire dans le Paris de la Belle époque avant que la célébrité, l'argent facile, le jeu et les discriminations n'usent leur amitié et la carrière de Chocolat. Le film retrace l'histoire de cet artiste hors du commun. 

 

 

 

Mon humble avis : Ce film est un biopic sur un personnage méconnu : Chocolat, premier clown noir, au début du XXème siècle. Mais pas que. C'est aussi un formidable "arrêt sur image" de cette époque et de la société d'alors.

Hélas, force est de constater qu'en plus de 100 ans, les choses n'ont pas beaucoup changé en France quant aux sujets de l'immigration, des sans-papier et du racisme primaire et animal.

Bien qu'à l'époque du film, on expose encore les "nègres" qui sont encore considérés comme des sauvages et des indigènes.

Parmi eux, il en est un qui se fait une place au soleil : Chocolat. Parce que le clown blanc Footit le repère et en fait son partenaire. Les numéros du duo sont drôles et remportent un vif succès. Mais en 2016, cette drôlerie met aussi mal à l'aise. Car bien évidemment, c'est toujours Chocolat qui se prend les coups de pieds aux fesses etc.

Mais il reste tout de même une profonde et belle amitié entre Toofit, le clown blanc mélancolique et plus sombre et Chocolat, le clown noir désinhibé et solaire, mais qui souffre de quelques addictions périlleuses.

Alors oui, dans ce film, on rit, on est énormément touchés par les personnages et les situations qu'ils vivent, mais on est aussi révolté avec la boule au ventre, ou dans la gorge un goût amer.

Le duo Chocolat /Footit est un pur bonheur à voir. Si bien interprété ! La complicité qui les lie et la complexité de leur relation est vraiment palpable et fait plaisir à voir en tant que spectateur. Quel bon choix d'acteurs ! Omar Sy, tout le monde le connait. Il n'y avait que lui pour camper autant ce Chocolat et porter le film tant par son talent que par son nom en haut de l'affiche, assurant la venue des spectateurs.

La découverte pour moi, c'est James Thierrée ! Son nom ne vous dit rien ? Thierrée est un enfant de la balle, et le petit fils de Charlie Chaplin. Donc du talent dans les veines, dans les gènes. C'est lui qui a créé tous les numéros de cirques du duo. Et en tant que clown blanc torturé et mélancolique, il est tout simplement merveilleux.

De mon côté, je pressens une pluie de César pour ce film : Meilleur film, meilleurs comédiens, meilleurs décors, costumes etc...

Bref, un film à voir pour le plaisir, pour l'histoire et l'Histoire, pour le spectacle, pour ses très justes propos !

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

Repost0

Publié le 11 Février 2016

 

Steve Jobs : Affiche

Film de Danny Boyle

Avec Michael Fassbender, Kate Winslet, Seth Rogen

 

 

Synopsis : Dans les coulisses, quelques instants avant le lancement de trois produits emblématiques ayant ponctué la carrière de Steve Jobs, du Macintosh en 1984 à l’iMac en 1998, le film nous entraîne dans les rouages de la révolution numérique pour dresser un portrait intime de l’homme de génie qui y a tenu une place centrale.

 

 

 

Mon humble avis : Ca m'apprendra à rarement lire les synopsis avant d'aller au ciné et de me contenter du titre, du sujet, de l'acteur, de la bande annonce.

Parce que "si j'aurais su, j'aurais pas venu". Bon, en même temps, je voulais en savoir plus sur l'homme grâce à qui je m'éclate avec mon Iphone et mon Ipad, à savoir Steve Jobs, co-fondateur d'Apple.

L'homme a de génie dans son esprit visionnaire, dans ses compétences marketing. Il invente le concept, mais ce sont, derrière lui, les ingénieurs informatiques qui créent réellement, sans être réellement récompensés ou reconnu. Car Steve Jobs se révèle être un homme narcissique, imbuvable, insupportable.

Tout le film se déroule dans des couloirs ou des pièces de centres d'expositions lors de lancements de produit phares Apple. De ce fait, la caméra est souvent en mouvement, et c'est fatiguant à suivre. Les scènes se répètent. Les top-départs des présentations sont  toujours dans 10 mn puis 5 puis 2, annoncés par la méritante responsable marketing (la remarquable Kate Winslet), mais les scènes dans ces espaces temps durent 20 mn, cela m'a vite lassée, d'autant plus que l'on assiste presque uniquement qu'aux conflits relationnels ou familiaux de Steve Jobs, avec ses collèges, ses ex-patrons, sa fille, son ex-compagne. Mais d'ordinateurs révolutionnaires, de création, il est finalement très peu question. De plus, le film s'arrête avant la géniale période de l'ipod, iphone, Ipad, qui a vraiment démocratisé la marque Apple. On peut désormais "être" Apple sans posséder de Mac.

D'ailleurs, savez-vous d'où vient le nom de la marque "Apple" ? Apple rend hommage à Alan Turing, l'homme qui a réellement inventer l'informatique lors de la seconde Guerre Mondiale, permettant ainsi de raccourcir celle-ci. Turing,  était gay. En 1952, pour éviter la prison, il choisit la castration chimique. Deux ans plus tard, il se suicidera en mangeant une pomme (Apple), pleine de cyanure. Il sera gracié à titre posthume par la Reine Elisabeth en 2013. Le film Imitation Game raconte une partie de son histoire.

Pour ce qui est du film Steve Jobs, à vous de voir, sans en attendre des merveilles, à mon humble avis, même s'il est parfaitement interprété.

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

Repost0

Publié le 9 Février 2016

(J'y pense de plus en plus)

Afficher l'image d'origine

Nouvelles - Editions Belfond - 220 pages - 17.50 €

 

Parution en janvier 2016 (Nouveauté !)

 

La 4ème de couv' : Vous allez reconnaître les papiers peints, les rues pavillonnaires et les temples d'achat, la campagne bucolique et votre quotidien. Votre femme, votre mari, votre mère ne sont pas loin ; tout vous semblera familier. Oui, ça se passe près de chez vous. Mais les choses ont mal tourné.
De quoi demain sera-t-il fait ? En déréglant les curseurs de notre société, Frédérique Martin convoque le règne des indignités ordinaires et flanque nos libertés au vestiaire. Voici venir le grand show des luttes de classes et de sexe, des dominations ou de la logique marchande. On peut désormais nous séquestrer, nous forcer à jouer, orienter nos choix ou décider à notre place. On peut aussi envisager de nous vendre. Mais pas que.
Vous aimez vous faire peur pourvu qu'à la fin tout se termine bien ? Vous verrez, on en a tenu compte.

 

Tentation : Titre et Pitch

Fournisseur : Belfond, merci pour l'envoi

 

 

Mon humble avis : Difficile de résumer 12 nouvelles, exercice auquel je ne suis point rompu. Aussi, ci-dessus, je me suis contentée de recopier la 4ème de couv, qui évoque parfaitement, sans trop en dire, le ton de ce recueil.

Ah ! Que ce fut bon ! Quel régal de lecture. Déjà, le style est aux petits oignons (ou ognons, c'est vous qui choisissez la version de la langue française que vous préférez ! ) : Percutant, direct et soigné à merveille. C'est comme si chaque mot avait été choisi avec précision parmi des centaines.

Frédérique Martin, auteur à découvrir en amont et en aval de ce livre, fait preuve d'une imagination ardente et d'un sens aigu de l'observation ? Qu'a-t-elle étudié pour aboutir à l'écriture de ces histoires ? L'homme (je, tu, il, nous, vous, elles) en tant qu'individu et part de notre société, pleine de travers et de dérives tantôt absurdes, tantôt abjectes. Peu importe que Frédérique Martin multiplie ces travers par 1.1 ou par 10, le résultat est plausible et... glaçant.

Les sujets principaux de ces 12 destins sont  : l'individualisme qui devient un délit, voire un crime. Et à l'opposé, l'hyper interventionnisme de tout et de tout de le monde, que ce soit au niveau de l'Etat comme de celui du voisinage. Le choix, qui, synonyme de liberté est aussi une prison. La privation de liberté est ici opposé à l'extrême liberté dans une société qui a de moins en moins de tabous. La surenchère de la communication, de la représentation, du consumérisme.

Imaginez une société ou le choix d'une "mort digne" est devenu une obligation. Où jouer au loto, au concours divers et variés qui vous promettent des lots merveilleux est imposé au point de devoir atteindre des quotas. Où l'on peut vendre ses parents sur une braderie une fois qu'ils sont devenus trop encombrants. Où un suicide devient le sujet principal en direct d'une émission télé de grande écoute. Où, si vous êtes femmes célibataires sans enfant alors que vous occupez un travail et un logement, vous passez en procès public diffusé à la télé. Etc, j'en passe et des meilleurs, je ne vais pas tout vous dévoiler non plus !

Quelle audace dans chacune de ces nouvelles traitées avec finesse et profondeur. C'est cynique à souhait, sardonique, ironique, moqueur, impertinent, mais jamais grossier ni vulgaire. C'est aussi glaçant qu'exaltant, terrifiant qu'étourdissant ! Bref, c'est délicieux !... En espérant que "J'envisage de te vendre" reste juste une oeuvre littéraire et ne devienne pas notre avenir si proche...

 

les billets de Noukette, d'Antigone, de Saxaoul

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0

Publié le 7 Février 2016

Je ne sais pas, de mon clavier, ajouter un accent sur une lettre majuscule. Aussi, vous l'aurez compris, c'est "un dimanche avec mes tigrés" qu'il faut comprendre !

Voilà bien longtemps que je ne vous ai parlé d'eux ici !

Depuis la dernière fois, nous avons survécus à une sacré mésaventure, qui à lire, peut faire rire, mais qui à vivre n'est pas très drôle, même si, avec le recul, on finit tout de même par presque en rire, puisque tout est bien finit bien.

10 jours environ avant Noël, Tsingy s'est mis à vomir, encore et encore. Encore malgré une première visite véto, une piqûre et un traitement. Et dans la dernière flaque, un objet suspect... Un bout de guirlande de Noël. Pas n'importe qu'elle guirlande, une un peu élaborée, avec des petites étoiles. Qui dit "étoiles" dit "pointes" et qui dit "pointes" dit "ça coince. Donc retour chez le véto, où Tsingy a dû subir une fibroscopie stomacale pour vérifier qu'il n'y ait plus de guirlande. Puis 3 jours d'hospitalisation pour être sûr qu'il n'y ait pas de bout de guirlande coincés dans l'intestin... J'ai donc rendu visite à mon petit hospitalisé. Et je vous jure que ça fait un coup au coeur de voir ma petite boule de poils dans un petit box, derrière une plexi-glasse. Mon petit loup avec une perfusion qu'il l'empêche de poser la pattes à terre et avec laquelle il s'emmêle. Bon, tout est bien qui finit bien pour la modique somme de 300 €, mais mon petit loup le vaut bien. Inutile de dire que mon sapin de Nöel est vite redescendu à la cave et que désormais, nous fêterons Noël sans guirlande !

 

Allez place aux photos de mes amours !

Aya !

Aya !

Tsingy !

Tsingy !

Aya !

Aya !

Tsingy !

Tsingy !

Aya et Tsingy, et la guirlande coupable de nos déboires (une des bleues sur le sapin ;) )

Aya et Tsingy, et la guirlande coupable de nos déboires (une des bleues sur le sapin ;) )

Aya, qui aime participer aux travaux dans la l'appart !

Aya, qui aime participer aux travaux dans la l'appart !

Tsingy, qui remplit beaucoup moins le panier qu'Aya (ci-dessous) !

Tsingy, qui remplit beaucoup moins le panier qu'Aya (ci-dessous) !

Aya, qui aime beaucoup aussi Amélie Nothomb !

Aya, qui aime beaucoup aussi Amélie Nothomb !

Tsingy, qui aime le camping maison sous toutes ses formes !

Tsingy, qui aime le camping maison sous toutes ses formes !

Aya, prête pour l'hiver et aux poses pas toujours élégantes !

Aya, prête pour l'hiver et aux poses pas toujours élégantes !

Et enfin, une petite pièce de théâtre entre Aya et Tsingy, pièce en 3 actes !

Acte 1, présentation des protagonistes !

Acte 1, présentation des protagonistes !

Acte 2 : face à face des protagonistes !

Acte 2 : face à face des protagonistes !

Et acte 3 : Tiens, prends ça !

Et acte 3 : Tiens, prends ça !

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Un monde de chat

Repost0

Publié le 4 Février 2016

 

Les Saisons : Affiche

Film documentaire

de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud

 

 

Synopsis : Après avoir parcouru le globe à tire d’ailes avec les oiseaux migrateurs et surfé dans tous les océans en compagnie des baleines et des raies mantas, Jacques Perrin et Jacques Cluzaud reviennent pour ce nouvel opus sur des terres plus familières. Ils nous convient à un formidable voyage à travers le temps pour redécouvrir ces territoires européens que nous partageons avec les animaux sauvages depuis la dernière ère glaciaire jusqu’à nos jours.
L’hiver durait depuis 80 000 ans lorsque, en un temps très bref, une forêt immense recouvre tout le continent. Une nouvelle configuration planétaire et tout est bouleversé. Le cycle des saisons se met en place, le paysage se métamorphose, la faune et la flore évoluent. L’histoire commence… À un interminable âge de glace succède une forêt profonde et riche puis, sous l’impulsion d’hommes nouveaux, une campagne riante.
Les Saisons est une épopée sensible et inédite qui relate la longue et tumultueuse histoire commune qui lie l’homme aux animaux.

 

 

 

Mon humble avis : Je ne me lasse pas de ce type de documentaires ! Qui plus est, voir ceci sur grand écran au cinéma, c'est vraiment tip top +, +, + ! On a vraiment l'impression d'y être !

Car Les Saisons vous permets de voir la forêt européenne comme vous ne la verrez jamais, même si vous passez des heures à vous y promener ! Un tel documentaire bénéficie de l'oeil avisé des cameramen agrémenté de sacrés zooms, des techniques cinématographiques, des connaissances des naturalistes et de la patience et du temps que l'on prend rarement. Et même si on le prenait, pas sûr qu'on en voit autant, et d'aussi près.

Les Saisons développe l'histoire et les évolutions de la forêt depuis l'air glacière. Très peu de textes et de voix off, nous sommes tout aux images et aux sons de la nature. 

La première partie est simplement sublime, pose un sourire béat sur nos lèvres. De nombreux animaux sont très comiques sans le savoir et nous font donc rire. D'autres nous émeuvent et certains nous font trembler. Car évidemment la nature n'est pas sans une certaine violence, il faut bien que tout le monde mange à sa faim et protège ses petits. Mais, si les scènes de chasse et de poursuites nous sont magistralement montrées, la mise à mort et le festin nous sont épargnés. En tout cas, hiboux et chouettes m'ont bien fait rire, les écureuils sont trop mimi et dans l'ensemble, les oiseaux semblent être les véritables commères de la forêt !

La deuxième partie noue le coeur, car elle voit l'arrivée de l'homme dans des forêts jusqu'alors préservée de cette présence qui conduira à sa perte. L'homme classera alors les animaux qui jusqu'alors vivaient harmonieusement en 2 catégories : les utiles et les nuisibles. L'homme gagnera en force et, d'apprenti sorcier, deviendra force géologique qui modifie les climats et donc le mode de vie des animaux et leur accès à leur espace naturel en le morcelant. 

D'ailleurs, face à certains plans larges de paysages (campagnes, forêt), j'ai vraiment pris conscience de l'impact de la présence humain. Ce qui a toujours existé pour moi, je ne m'étais je pense jamais posé la question de savoir si cela existait il y a mille ans ou plus. Par exemple, la campagne, avec ses champs, ses prés, est une fabrication purement humaine, même si c'est loin d'être la pire. Les chemins forestiers, creusés et façonnés par l'humain pour la pratique de la chasse, a divisé l'habitat animalier. Et c'est sans parler de la déforestation qui commença notamment avec l'apparition de la marine marchande, ou de la marine de guerre, pour la construction des bateaux.

Bref, un documentaire magnifique et instructif sur notre bien le plus précieux, sur nos poumons que nous mettons à mal chaque jour que nous étendons notre propre territoire et notre soit disant suprématie. A voir absolument !

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

Repost0

Publié le 1 Février 2016

 

Jane Got a Gun : Affiche

Film de Gavin O'Connor

Avec Natalie Portman, Joel Edgerton, Ewan Mc Gregor, Noah Emmerich

 

Synopsis : Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Jane Hammond est une femme au caractère bien trempé mariée à Bill, l’un des pires bandits de la ville. Lorsque celui-ci se retourne contre son propre clan, les terribles frères Bishop, et qu’il rentre agonisant avec huit balles dans le dos, Jane sait qu’il est maintenant temps pour elle de troquer la robe contre le pantalon et de ressortir son propre pistolet. Le meilleur espoir de Jane n’est autre que son ancien amour Dan Frost, dont la haine envers Bill n’a d’égal que son amour pour Jane.
 
 
Mon humble avis : Un bon western ! Comme ça fait du bien. Bon, Ok, dans celui-ci il n'y a pas d'indiens, mais cela n'en reste pas moins un western !
Un Western original puisque féministe. Le personnage principal y est Jane, et que l'on suit son histoire présente et passée via des flashback. Une femme obligée d'être forte, pugnace, une femme qui aime, mais que ne se soumet pas mais qui subit la vie plus qu'elle ne la vit mais elle s'émancipe pour protéger sa famille.
Les paysages du Nouveau Mexique sont magnifiques et les décors très réalistes : ils représentent parfaitement un Far-West rude, épuré, violent, menaçant et poussiéreux. Il est clair qu'il n'a pas dû faire vraiment bon vivre à cette époque et dans cette région de presque non droit.
J'ai trouvé le scénario intéressant et abouti, même s'il s'achève vraiment à la sauce américaine. Mais bon, de toute façon, un western français ne serait pas crédible. Découvrir le passé récent de Jane est touchant, émouvant et souvent révoltant, qui prouve une fois de plus que les femmes sont des objets. La reconstitution de l'époque et de la ruée vers l'Ouest est réussie. Le suspense est là, complété par un bon stress qui monte, qui monte, qui monte !
Jane got a gun offre un rôle géniale à Natalie Portman, tout aussi magnifique et convaincante en chapeau et à cheval qu'en chaussons de danse. Et puis, il y a Ewan Mc Gregor, tellement méconnaissable que je ne l'ai pas reconnu ! Au point qu'en fin de séance, j'ai dit à mes amis : Mais on n'a pas vu Ewan dans le film !
Pour conclure, une très bonne séance, avec un film qui sort vraiment de l'ordinaire !

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

Repost0

Publié le 30 Janvier 2016

Afficher l'image d'origineBD - Editions Allary - 160 pages - 20.90 €

 

Parution en mai 2014

 

L'histoire : Un roman graphique où Riad Sattouf raconte sa jeunesse dans la Libye de Kadhafi et la Syrie d’Hafez al-Assad.
Né en 1978 d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf grandit d’abord à Tripoli, en Libye, où son père vient d’être nommé professeur. Issu d’un milieu pauvre, féru de politique et obsédé par le panarabisme, Abdel-Razak Sattouf élève son fils Riad dans le culte des grands dictateurs arabes, symboles de modernité et de puissance virile. En 1984, la famille part s'installer en Syrie.

 

 

Tentation : AGFE

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Riad Sattouf a un CV long comme le bras, et je ne connaissais même pas son nom avant ma lecture ! Parfois, je me demande sur quelle planète je vis !

Enfin bref, cette BD est ultra intéressante, voire incontournable ! Le tome 2 est déjà sorti et le 3ème est en préparation si j'ai bien tout compris.

L'Arabe du futur, c'est en fait l'Arabe qui va à l'école. Il y a quelques générations, rares étaient les habitants des pays arabes à avoir accès à une réelle éducation et à pouvoir suivre des études supérieures. Puis des dictatures, militaires, communistes ou religieuses se sont installées à gauche et à droite, pour le meilleur ou pour le pire. Dans le meilleur : l'école gratuite, que ce soit en Libye ou en Syrie... Cette école qui paradoxalement, instruit le peuple, lui donnant notamment des "armes" pour renverser ces pouvoirs despotes...

Cette BD est passionnante à lire, même si les dessins ne m'ont pas plu plus que ça. Il n'empêche, nous y observons le regard candide d'un enfant sur les différences et les nouvelles cultures qu'il côtoie, l'humour et la distance et l'analyse de l'auteur devenu adulte.

Certains passages frôlent l'absurde, pourtant réel, comme lorsqu'on apprend qu'en Lybie, à l'époque de Kadafi, tout appartement vide de personne est considéré comme libre. Donc vous partez en balade et à votre retour, une autre famille s'est installée !

D'autres moments sont émouvants ou glaçant, comme lorsque notre jeune Riad découvre la pauvreté des Syriens, le racisme dont il est l'objet (oui, Riad est blond, comme sa mère), et la violence qui paraît latente chez chacun, dans un pays si près d'Israël, de l'Iran... Un pays qui semble connaitre plus de guerre et de menace que de paix.

Et l'on réalise bien que le racisme, les aprioris, les idées toutes faites sur l'autre comme la certitude d'être dans la vérité sont partout, notamment chez le père de Riad dont moult réflexions m'ont choquée.

Très intéressant aussi sont ces rappels historiques. Exemple : La Syrie faisait partie de l'Empire Ottoman jusqu'au morcèlement de ce dernier suite à la Première Guerre Mondiale. Puis, la France hérita d'un mandat sur la Syrie de 1920 à 1943. Toujours utiles aussi, ces explications simples mais claires pour différencier musulmans Sunnites, Chiites, Alaouites et saisir la complexité de la situation géopolitique du Moyen Orient.

Pour conclure, je vous conseille vivement de lire cette BD tantôt mignonne, tantôt drôle, parfois glaçante mais toujours passionnante et instrutive.

A savoir tout de même, L'Arabe du futur" a reçu le prix du meilleur album 2015 au Festival d'Angoulème !

 

En complément : le billet d'AGFE

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

Repost0

Publié le 28 Janvier 2016

 

Les Chevaliers blancs : Affiche

Film de Joachim Lafosse,

Avec Vincent Lindon, Louise Bourgoin, Valérie Donzelli, Reda Kateb

 

Synopsis : Jacques Arnault, président de l’ONG "Move for kids", a convaincu des familles françaises en mal d’adoption de financer une opération d'exfiltration d'orphelins d’un pays d’Afrique dévasté par la guerre. Entouré d’une équipe de bénévoles dévoués à sa cause, il a un mois pour trouver 300 enfants en bas âge et les ramener en France. Mais pour réussir, il doit persuader ses interlocuteurs africains et les chefs de village qu’il va installer un orphelinat et assurer un avenir sur place à ces jeunes victimes de guerre, dissimulant le but ultime de son expédition...

 

 

 

Mon humble avis : Ce film, tourné au Maroc, s'inspire de l'affaire de l'Arche de Zoé, qui survint en 2007, au Tchad, mais laisse une large place au fictionnel.

J'aime ce genre de film, qui permet ensuite d'aller boire un verre avec mes "coséanseurs" et de discuter réellement, de se questionner, de se positionner... même si le film ne prend pas réellement position, il relate. Un peu comme un reportage en fait. Un reportage qui s'intéresse aussi aux caractères complexes des personnages.

Les chevaliers Blancs, c'est un film dont les sujets principaux sont les rapports entre l'Afrique et l'Occident, le Néocolonialisme, l'humanitaire, et les conséquences de l'ingérence. "L'enfer est pavé de bonnes intentions", voilà une expression qui pourrait presque résumer le film à elle seule. Presque car ce film est vraiment dense et permet moult ressentis.

Jusqu'où va la bonne foi ? La bonne foi pardonne -t-elle l'aveuglement, la prétention, même si celle-ci est quelque part de sauver le monde ? Comment ce qui saute aux yeux du spectateur n'a-t-il pas sauté aux yeux des protagonistes ? Le spectateur voit bien que la différence criante dans les façons de communiquer entre les blancs et leur argent, et les Tchadiens qui ne pensent qu'à l'avenir de leurs enfants.

Certains pourront trouver certaines longueurs dans ce film. Mais je pense qu'elles sont nécessaires pour rendre compte de la langueur, de la lenteur de l'Afrique, des démarches, des aléas. Alors, il y a l'attente, la patience, l'impatience.

Ce film, entre plénitude et tension, est intense, captivant et servi par des acteurs très classes, tout en nuances et/ou discrétion (excellente Louise Bourgoin et bien sûr le bluffant Vincent Lindon). C'est simple, on oublie que l'on a affaire à des comédiens, à un film. On a l'impression de vivre cette histoire, en spectateur impuissant certes, mais de la vivre tout de même.

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

Repost0

Publié le 26 Janvier 2016

 

Randonneurs Amateurs : Affiche

Film de Ken Kwapis

Avec Robert Redford, Nick Nolte, Emma Thompson

 

 

Synopsis : Célèbre écrivain, Bill Bryson refuse de s'accorder une retraite bien méritée, mais trop tranquille, auprès de son adorable épouse et de sa famille. Au contraire, il se lance un nouveau défi : parcourir les 3500 km de l'Appalachian Trail, sentier de randonnée préservé et sauvage qui relie la Géorgie au Maine. 

Les difficultés de l’exercice augmenteront lorsqu'il accepte la présence d'un compagnon de route – son viel ami Stephen Katz qu'il a perdu de vue depuis longtemps. Séducteur invétéré particulièrement malchanceux, Katz espère pouvoir échapper à ses dettes et vivre une dernière aventure avant qu'il ne soit trop tard. 
Seul problème : les deux hommes n'ont pas du tout la même conception de l’aventure…
 
 
Mon humble avis : Je suis allée voir Randonneurs amateur pour le plaisir de revoir Robert Redford, et parce qu'en Août, j'ai aussi un projet de rando de 150 km... 
Hélas... Quel film navrant de la presque première minute à la dernière ! Ok, j'avoue avoir ri 2 ou 3 fois, apprécié 2 ou 3 courts moments, mais c'est si peu, trop peu pour l'intégralité d'un film.
Le scénario est creux, les dialogues insignifiants. Les réflexions ne dépassent pas le niveau de l'esquisse, quel dommage. L'humour est graveleux, la moitié des phrases prononcées par Nick Nolte comportent le "oh putain de merde". Sans doute cela passe-t-il mieux en VO, mais en VF, c'est lourd, lourd, lourd !
Les paysages, parlons-en. Il y a si peu de plan larges sur les Appalaches que l'on pourrait se croire dans n'importe quelle forêt.
Dans une histoire qui ne nécessite pas d'effets puisqu'hommage à notre mère nature et le contact avec elle, tout paraît faut. Les 2 papys s'engagent dans une rando de 3000 bornes sans aucun entrainement, avec des chaussures flambant neuves, sont toujours d'une propreté impeccable malgré vent, tourments, neige. Ils font une chute de 10 mètres et se relèvent plus vite que s'ils étaient juste tombés d'une chaise. Pas une égratignure ! Et durant toute cette marche, pas l'ombre d'une ampoule.
Quelle déception de voir le grand Robert Redford dans un tel navet. J'espère que ce ne sera pas son dernier film et qu'Hollywood nous le ramènera très vite dans un rôle fort comme Redford nous en a offert tout au long de sa carrière.
A oublier très vite donc !
 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

Repost0