Publié le 1 Décembre 2018

Roman - Editions Gallimard - 8h35 d'écoute - 24.90 €

 

Parution d'origine chez Gallimard en 2015

L'histoire : Maud, 21 ans, entame sa première mission humanitaire pour une ONG, en qualité de chauffeur de camion. Cette mission la conduit pas à pas vers la Bosnie, en compagnie de 4 autres bénévoles masculins. Au fil de la route, les confidences vont se faire, les tensions vont se nouer et Maud va découvrir une toute autre face de l'humanitaire

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis :

On peut toujours compter sur Jean-Christophe Rufin pour nous emmener ailleurs et nous inviter à voir le monde autrement... En tous cas, ici, c'est une autre vision du monde "merveilleux et bienveillant" de l'humanitaire en époque et en pays en guerre que nous montre l'auteur. Et l'on peut imaginer, étant donné son CV, qu'il connait ce dont il parle. Certes, nous sommes ici dans un roman... mais l'on peut penser que l'auteur à du croiser sur sa route des situations assez semblables.

La plume de Rufin, toujours aussi fine, fluide et agréable n'est nullement en cause dans ma dépréciation de cette audio lecture.

La version de l'humanitaire que propose ici Rufin est tout de même intéressante. Elle permet de réaliser qu'avant tout, les humanitaires sont évidemment des humains, avec des forces, des failles.... et des égos, parfois surdimensionné. On réalise aussi que les motivations pour ce genre de missions peuvent être très variées. Mais, pour ma part, j'ai vraiment découvert qu'il était très difficile de rester intimement neutre dans ces pays en guerre... La neutralité est la base de toute mission humanitaire... Et le problème surgit quand elle n'est plus là, et que certains bénévoles s'investissent dans ces missions dans un but purement militaire...

Jean-Christophe Rufin nous explique aussi comment certaines ONG perçoivent les "bénéficiaires". Il semble que pour celle-ci, les bénéficiaires n'aient pas de visages, pas d'histoires, que pas grand monde se préoccupe vraiment de leur humanité. Cette indifférence au bénéficiaire étant bien évidemment bien supérieure à la neutralité obligatoire. L'essentiel étant de trouver des bénéficiaires pour porter secours et mériter le titre d'ONG.

Bref, c'est une image assez désillusionnée que Rufin nous donne de l'humanitaire.... même si, certes, elle est certainement réelle parfois. Mais pourquoi -as en faire un roman. L'idée de départ est justifiée.

Le problème pour moi, c'est que les personnages sont finalement assez peu intéressants individuellement et même exécrables en tant que groupe (et de ce fait, difficile de s'attacher à ne serait-ce que l'un d'eux). Entre eux, tout n'est que conflit, comme si le monde en manquait. Le récit est assez linéaire et devient de plus en plus répétitif et finit par traîner en longueur, pour s'achever sur un final très /trop romanesque par rapport au reste. Donc, j'avais hâte de passer tous les check-points et de parvenir à la fin du roman... décevant donc... pour moi. Enfin, ennuyant sur la durée.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 29 Novembre 2018

BD - Editions des Bulles dans l'océan - 104 pages - 20 €

Parution en mai 2017

L'histoire :  Les années 70 sur l'île de La Réunion. Une mère courage élève seule ses onze enfants. Loti est la petite dernière. De petits bonheurs en épreuves de la vie, la petite créole des hauts évoque ses souvenirs d'enfance de 3 à 13 ans. Une vie rude et intense du temps lontan. Une décennie parsemée de goûts et d'odeurs, de la découverte de l'école, de pièces rapportées, de terribles " blousons noirs ", de débrouille, de conflits, de manipulations, d'animaux agressifs, de la disparition d'êtres chers, de déménagements et d'exil. 10 ans d'émotion.

 

Tentation : Le pitch (La Réunion)

Fournisseur : Bib 1

 

Mon humble avis : Direction l'hémisphère Sud, la Réunion... Avec cette chronique d'une enfance créole, dans un milieu très modeste... Après le décès du père. Léone, la mère élève seule ces 11 enfants.

C'est un récit autobiographique qui débute au début des années 70... Loli a alors 3 ans et à la dernière page, elle en a 13. L'enfant observe donc son entourage avec de plus en plus de finesse.

Les dessins sont agréables, et la couleur sépia leur donne un aspect suranné, propice à l'évocation de souvenirs d'enfance. Mais en même temps, un album en couleur aurait sans doute mieux rendu honneur à la luxuriante île bourbon. Mais c'est un détail, l'objectif de l'auteure étant respecté par ses choix.

L'ambiance y est très créole et cet aspect fut pour moi un régal. D'ailleurs, lorsque l'auteure sort de la narration et entre dans les dialogues, ceux-ci sont pour la plupart en créole (toujours compréhensibles, je précise). Il y a les cases, les rougails, les meutes de chien errants, la végétation généreuse, les champs de cannes, le volcan, le cyclone.

Comme j'ai eu la chance de visiter la Réunion il y a quelques années, j'ai vivement apprécié de retrouver des lieux qui me sont connus. Et mon esprit m'a remmenée là-bas !

Il y a l'école ou la petite Lola est souvent moquée car un de ses yeux porte un défaut. Il y la mère, qui travaille dur. La fratrie qui s'éparpille un peu au fil des mariages des aînés... mais toujours solidaire... Que ce soit dans les petits bonheurs ou les grandes épreuves de la vie. Et puis il y a les autres... les voisins, les tantes et les cancans  (les ladi lafé).

Bref, un album bien agréable, qui se lit tranquillement, qui nous dépayse en nous emmenant  ailleurs où la misère n'est pas forcément moins pénible au soleil. Le récit se clos sur départ pour la métropole... C'est un peu abrupt, et j'espère que l'auteure aura la bonne idée de créer un album sur son arrivée en terre Bretonne et son adaptation. Car oui, on s'attache à cette petite Loli et on a bien envie de la suivre encore dans sa vie.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 27 Novembre 2018

Film de Kheyron

Avec Kheyron, Catherine deneuve, André Dussolier

 

Synopsis :  Waël, un ancien enfant des rues, vit en banlieue parisienne de petites arnaques qu’il commet avec Monique, une femme à la retraite qui tient visiblement beaucoup à lui.
Sa vie prend un tournant le jour où un ami de cette dernière, Victor, lui offre, sur insistance de Monique, un petit job bénévole dans son centre d’enfants exclus du système scolaire.
Waël se retrouve peu à peu responsable d’un groupe de six adolescents expulsés pour absentéisme, insolence ou encore port d’arme.
De cette rencontre explosive entre « mauvaises herbes » va naître un véritable miracle.

 

Mon humble avis : Un film que la bande annonce rend "sympatoche" et que l'on va voir pour se distraire.... Et dont on sort bouleversés, mais avec la banane ! 

Mauvaises herbes est de cela. Certes, il y a l'humour des dialogues et de certaines situations qui vous amène à sourire ou rire. Mais il y a surtout tout le reste. En passant, je voudrais dire qu'il serait bien que les critiques officielles et la presse cesse de vendre à tout bout de champs des films sous la bannière "comédie", quand ces films sont bien plus que cela (idem par exemple pour "Le grand bain). Par exemple, le Dauphiné Libéré dit : une comédie hilarante... Leur journaliste a-t-il vraiment vu le film ? Car hilarant non. Emouvante, grave et souvent drôle oui.

Il y a les flash-back qui nous montrent d'où vient Waël, ce qu'il a vécu, et ce à quoi il a survécu : enfant des rues dans un pays en guerre... Et ces flash-back arrivent sans prévenir, vous saisissent et donne une profondeur sans fond à Waël, que l'on ne peut qu'admirer.

Il y a la relation qui unit Waël et Monique, dont on découvre les racines et la force au fil du film.

Il y a les solitudes et les envies de faire, pour l'autre, pour les autres. Celle de Dussolier qui veut vraiment raccrocher ces jeunes en décrochage, celle de Deneuve qui protège son poulain, quitte à sortir des rails. Et le tout, dans une bienveillance qui fait du bien, jamais mièvre même si cela semble parfois utopique.

Et surtout, il y a cet ancien gamin de pays en guerre qui devient un véritable moteur d'éducation, de repère, de dialogue, de confidence, de communication. Le lien est enfin créé entre ces jeunes et la société et ce lien est loin d'être standardisé... C'est ce qui fait sa force, son intelligence, sa finesse. Et les confidences que provoquent ou reçoit Waël vont lui permettre de mettre à jour et de dénouer des situations bien dramatiques que vivent ces jeunes. Il faut savoir que Kheyron, acteur, réalisateur et surtout scénariste du film a été éducateur... Les ados rebelles qu'il décrit dans ce film, il les a donc rencontrés et s'y est "confronté" pour de vrai. Kheyron sait donc de quoi il parle dans son film.

Alors oui, ce film est un miracle et même plus, un trésor. Une preuve de plus que la diversité est enrichissante et qu'il peut en naître le meilleur, le bon. Et tout ceci est démontré ici sans pathos, avec un rythme allègre. C'est un film qui donne peut donner la foi en l'humain, même s'il ne range pas sous le tapis le pire de l'humain, il n'en fait pas étalage. Au contraire. A voir, vite, d'urgence, à conseiller etc... Ce film profondément humaniste doit faire un tabac et remuer un max de monde, car c'est grâce à ce genre de film que notre monde peut devenir meilleur.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 25 Novembre 2018

C'était entre le 18 et le 25 septembre dernier... Une semaine de vacances à Corfou avec une amie. Des visites et du repos bien mérité !

Quelques infos sur Corfou : (un beau copier/coller !)

Corfou est l’île la plus septentrionale de la mer Ionienne. Avec 592 km² et près de 220 km de côtes, c’est l’une des îles grecques les plus grandes. Un véritable paradis : à la fois montagneux et boisé et qui, en certains endroits, a su garder beaucoup de charme malgré une importante activité touristique. Elle se situe entre 5 et 10 km de la Grèce continentale.
À la fois grecque mais aussi italienne, Corfou inspira nombre d’écrivains et artistes, tels Goethe, Alfred Sisley ou encore Lawrence Durrell. Quant à l’impératrice Sissi, elle y a carrément fait bâtir un palais !

Quant à Ulysse, il est aussi passé par là dans son Odyssée ! Ultime étape avant son retour à Ithaque.  En grec Κέρκυρα (Kérkyra), l'île est connue dans l'histoire de la Grèce antique en tant que cité grecque sous le nom de Corcyre.


Stratégiquement placée entre l’Italie et l’Albanie, Kerkyra (son nom grec) n’a cessé d’exciter la convoitise des navigateurs et des commerçants, tant et si bien que chaque occupant y a laissé son empreinte.
Aujourd’hui véritable melting-pot culturel, Corfou s’enorgueillit d’influences vénitiennes (dans l’architecture), françaises (dans la cuisine) et britanniques, avec un certain art de vivre typiquement british (Corfou compte plusieurs équipes de cricket)...

Et pour l'info people incontournable... Nana Mouskouri est originaire de Corfou !

Et le Palais de Sissi dans tout cela ? Elisabeth d'Autriche (dite Sissi) édifia , entre 1889 et 1891 l'Achilleeion, résidence qui l'accueillit pour nombre de vacances et de convalescences. Le Kaiser Guillaume II la racheta et en fit un palais d'été, souvent fréquenté. Ce palais est de style néoclassique de style pompéien construit en l'honneur du héro homérique Achille.

Nous avons suivi une visite guidée du palais... j'en ai retenu l'essentiel ! A savoir, Sissi était tatouée (une ancre de marine en haut du bras gauche), elle avait les dents noires et passait souvent 4 heures par jour à se faire coiffer !

UN DIMANCHE A CORFOU... chez SISSI !
UN DIMANCHE A CORFOU... chez SISSI !
UN DIMANCHE A CORFOU... chez SISSI !
UN DIMANCHE A CORFOU... chez SISSI !
UN DIMANCHE A CORFOU... chez SISSI !
Le palais est construit sur une colline haute de 145 mètres et offre de très belles vues sur la mer Ioniènne et sur la ville de Corfou. Ici, Achille le victorieux

Le palais est construit sur une colline haute de 145 mètres et offre de très belles vues sur la mer Ioniènne et sur la ville de Corfou. Ici, Achille le victorieux

UN DIMANCHE A CORFOU... chez SISSI !
Achille blessé...De face et de dos !

Achille blessé...De face et de dos !

UN DIMANCHE A CORFOU... chez SISSI !
UN DIMANCHE A CORFOU... chez SISSI !
UN DIMANCHE A CORFOU... chez SISSI !
UN DIMANCHE A CORFOU... chez SISSI !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyages dans les iles

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Publié le 23 Novembre 2018

Roman - Editions Grasset - 180 pages - 17 €

Parution le 29 août 2018 : Rentrée Littéraire

 

L'histoire : Besançon dans l'Est de la France. Le père du narrateur vient de décéder. En mettant de l'ordre dans les affaire de feu son père, le narrateur découvre un petit carnet, plein de notes, de tentative, de souvenirs... Il prend alors la plume pour reconstruire le passé de son père... Et lui donner les honneurs qu'il n'a jamais vraiment eu, mais qu'il a tant espéré. Ainsi, il redécouvre son père, non plus du point de vue d'un enfant, mais d'un adulte sexagénaire, qui, lui aussi, à fait son chemin.

 

Tentation : la hasard de la bib'

Fournisseur : Bib N°1

 

 

Mon humble avis : Tiens, un livre de la rentrée dispo à la bib... Je prends. Ce titre, je l'avais bien vu à droite à gauche, mais sans y prêter vraiment attention.  Sa présence sur la première liste du Goncourt m'avait même échappée.

Comme quoi le hasard fait bien les choses. J'ai adoré ce livre et donc, comme le veut la logique, je l'ai dévoré !

Premier ingrédient nécessaire à la dégustation d'un roman... Le plume, le style; l'écriture... Ceux de Guy Boley sont de ceux qui vous accrochent tout de suite, qui imposent un rythme cadencé, joyeux, drôle quand il faut l'être, touchant  et poignant quand vient l'heure, toujours soigné et sans être emphatique. C'est un livre qui parle "du peuple" et qui s'adresse donc à tout le monde. Et les mots ! Ah la richesse des mots ! Guy Boley jonglent en finesse avec eux avec ce qui semble être d'une telle facilité que cela en est bluffant... et  rappelle que oui, il existe bien des plumes qui manie admirablement bien notre belle langue française sans s'adresser uniquement à l'élite !

Autres ingrédients... Le sujet... Et bien ici, il s'agit des sujets, tant ils sont multiples et bien abordés, juste comme il faut, pour ne pas frustrer ni lasser. Et puis, quand un auteur sait aller à l'essentiel, toute broderie se révèle inutile, et c'est le cas de de Guy Boley...

Il y a les habitants de la petite commune, le grand père mort écrasé jamais connu, la mère un peu rustre, l'ami de toujours Pierrot et le père... René à qui se livre est dédié mais dont le destin par les autres personnages, rôles secondaires mais si essentiels.

Il y a l'amour des livres (pour finir la Bible pour l'un, le dictionnaire pour l'autre).

Il y a le travail des mains, la sueur, la forge, le dépôt de train et ses travailleurs et puis la boxe... En amateur de haut niveau. 

Il y a le théâtre et son apprentissage... Où le père comprend que pour jouer Jésus, c'est comme boxer.

Il y a la vie qui peut tailler un artiste mais que le destin plonge dans l'ignorance des autres et l'oubli... Pour jaillir post mortem !

Il y a tout ce qu'on ignore sur les rêves des autres, et notamment ceux de nos parents.

Il y a le déclin après la gloire (même si locale), le déclin après la fierté personnelle. Ce déclin qui recouvre même les souvenirs. Il y a le refus d'un fils de voir son père choir, devenir une loque, après avoir vu Dieu en son père. 

Il y a un monument qui s'effondre mais qui se relève grâce aux mots du fils, à ce roman, et qui trouve enfin la gloire méritée...  "Mon père ce héros" !

Quand Dieu boxait en amateur est donc une pépite, un véritable coup de coeur pour moi...  La plume de Guy Boley, j'adorerais qu'elle soit mienne. Oui, c'est comme cela que j'aimerais être capable d'écrire. A lire, si vous aimez les mots et notre belle langue française !

 

6/6

"C’est un artiste, mon père, il est né comme ça et il n’y est pour rien : sensible, créateur, naïf, orgueilleux, entêté, innocent, fragile et responsable."

Guy Boley

"Ce quartier fut toute sa vie, sa seule mappemonde, sa scène de théâtre, son unique opéra. Il y grandit, s’y maria, procréa."

Guy Boley

"Les voies du Seigneur sont impénétrables, donc aussi vermoulues que celle de la grammaire"

Guy Boley

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 21 Novembre 2018

Roman - Editions Thélème - 3.09 heures d'écoute - 17 €

 

Parution d'origine en 1889.

L'histoire : En Russie, lors d'un voyage en train qui dure plusieurs jours, un homme pénètre dans un compartiment. Il reste en retrait des conversations de ses co-voyageurs jusqu'à ce que celles-ci abordent le sujet des relations "homme-femme" et du mariage. Il prend alors la parole et dévoile son identité : il est Pozdnychev, homme connu pour avoir tué sa femme. Il se lance alors dans la narration de son histoire.

 

Tentation : Osons ! Soyons fous !

Fournisseur : Bib N° 2

 

 

Mon humble avis : Qui eut cru qu'un jour, délibérément, de mon plein gré, je piocherais une oeuvre de Tolstoï à la bibliothèque. Pas moi en tout cas, qui ait toujours (depuis le collège) était paniquée à l'idée de lire un classique. Alors un Russe ?! Vous imaginez ? Bon, j'avoue, je ne me suis pas non plus lancée dans Guerre et Paix, mais dans un court roman ! Restons prudent tout de même !

Et bien la prudence m'a permis de me délectée de cette écoute ! Oui, vraiment. Déjà, la qualité littéraire de l'oeuvre est tellement remarquable qu'elle m'a émue. Même si, Française oblige, je n'écoute qu'une traduction de l'oeuvre originelle, je n'ai cessé de me dire : "que la langue est belle", "quel talent de narrateur", "quelles phrases joliment construites", "quel vocabulaire toujours juste et pourtant jamais compliqué". Je pense que c'est ce qui m'a surpris en premier : la beauté d'une écriture travaillée mais on ne peut plus fluide et accessible, et si douce à l'oreille.

De la forme, passons au fond, tout aussi passionnant même si, pour notre époque, plus si originale que cela ! Le récit d'un crime passionnel. Même si ce texte date de 1899, par bien des aspects, je l'ai trouvé très contemporain. Et malgré l'évolution des moeurs, force est de constater que le monde et l'Homme n'ont pas tant changé que cela. Léon Tolstoï m'a tellement marquée par une de ses phrases que je l'ai presque retenue mot pour mot : "la femme ne s'émancipera vraiment que lorsqu'elle cessera d'être un objet de convoitise". Et oui, j'ai ainsi appris qu'au XIXème siècle, le sujet de m'émancipation féminine était déjà d'actualité...

Le titre de ce roman vient d'une oeuvre éponyme de Beethoven. Au fil des pages et des heures passées dans le train, Léon Tolstoï fait l'autopsie d'un meurtre passionnel. Pour cela, il éviscère le couple. Il passe au rasoir l'amour et la haine au coeur d'un couple, la passion, la séduction, le mariage, les relations sexuelles, la jalousie, l'infidélité, la domination, l'addiction, la pureté "recherchée" des femmes et la débauche acceptée des hommes, la position des femmes tant dans la société que dans le couple le poids et le regard de la communauté sur les célibataires comme sur les couples... Bref, il m'a bien semblé que pour Tolstoï l'amour est de début de la fin, le mariage le commencement du meurtre par longue agonie. Et titre oblige, Tolstoï évoque aussi la musique et les sentiments et comportements qu'elle fait naître en nous. La musique comme révélateur personnel intime, même si, ici, c'est pour le meilleur et surtout pour le pire.

Cette démonstration de Tolstoï m'a littéralement passionnée et captivée. Mais pour mieux en rendre compte, il m'aurait fallu prendre des notes, tant le texte est dense en mots, en sens, en thèses et en antithèses, tant le texte est rapide et efficace, tant il mérite et nécessite forte concentration cérébrale pour en apprécier la brillance intellectuelle et bien sûr, littéraire !

Si comme moi vous avez tremblez de peur à l'idée de vous plonger dans la littérature classique Russe, et bien dégustez donc cette sonate comme une mise en bouche, et vous m'en direz des nouvelles... De mon côté, j'ai l'intention de lire d'autres oeuvres de Tolstoï et piocherai de nouveau avec bonheur dans ces ... Courts romans ! Parce que n'exagérons rien, je ne suis pas encore prête pour Guerre et Paix, d'autant plus qu'une Warrior même pas peur blogo copine en a abandonné sa lecture cet été !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 19 Novembre 2018

Roman - Editions Stock - 208 pages - 17.50 €

Parution le 22 août 2018 (Rentrée littéraire)

L'histoire : Le "Baoul", voilà comment les autres l'appellent Antoine. Là, haut, dans un village Corse, le Baoul (l'idiot) raconte... Comment on le traite ici depuis des décennies années et même avant et même avant que l'adolescente Florence soit retrouvée assassinée et que toutes les âmes que comptaient le village le pointe du doigt... De tout ça, Antoine parle avec... sa chaise... puis son pied de chaise...

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib N°1

 

 

Mon humble avis : Julie Estève livre ici un magnifique roman en donnant la parole à ceux à qui l'ont rarement... Les idiots du village, les "Baouls" comme on dit en Corse où cette histoire prend racine à l'aube des années 80.

Comme on dit, Antoine n'est pas tout seul dans sa tête, à moins que justement, il y n'y soit trop seul. Car trop différent, trop simple, trop rêveur, trop isolé, trop fui, trop moqué, trop rejeté, trop haï par tous, sauf par son frère aîné... Alors, pour qu'il soit moins seul et qu'on puisse le comprendre, se mettre à sa place, vivre un peu sa vie, Julie Estève nous invite dans son esprit et pour cela, use de la première personne du singulier. Ainsi, ses joies, ses émotions, ses peines, ses peurs, ses rires, ses souvenirs, ses colères, ses incompréhensions deviennent  nôtres le temps de notre lecture. Disons plutôt que nous pouvons devenir lui... Et forcément, nous émouvoir de sa poésie, sa candeur, son intelligence simple mais bien plus limpide et efficace qu'une intelligence dite normale.

Par Flash-back, Antoine nous raconte ainsi toute sa vie, et celle du village depuis sa toute jeune enfance. Car Antoine est partout et voit tout. Jusqu'au jour où tout et tous le désignent coupable idéal du meurtre de la jeune Florence et l'envoient pour 15 ans en prison. Antoine sait tout de cette histoire mais ne dit rien. Parce qu'il ne sait pas dire, ou qu'il ignore que ce qu'il sait est important.

A travers le personnage très touchant d'Antoine, Julie Estève pointe le doigt sur le grand mal de notre société stéréotypée et bien cadrée : la peur de la différence, le rejet de l'étranger, du "pas comme nous", du pas normal, du marginal. 

Cette histoire racontée avec une simplicité où se mélange tendresse et douleur, voire colère pas Antoine est finalement cruelle. 

J'ai néanmoins eu un peu de mal avec le style. Certes, l'écriture de l'auteur se veut la plus proche possible des mots et des moyens d'expression d'un simplet... Mais, par écrit, quelques "n'" "ne" de négations n'entacheraient en rien l'objectif et rendrait la lecture un peu plus fluide à mes yeux (ceci n'est qu'un exemple).

Cette lecture fut bien sûr très plaisante et émouvante. J'ai aimé rencontrer cet Antoine et être lui pour me révolter de la férocité des soi-disant bien "pensants". J'ai tourné la dernière page depuis plusieurs semaines (oui, très en retard dans mon blog je suis) et j'avoue qu'avec le recul, je suis plus marquée par le personnage que par l'histoire elle-même, dont j'ai déjà oublié la fin. Mais est-ce si important de retenir une fin ?

 

5/6

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 17 Novembre 2018

Film de Fede Alvarez

Avec Claire Foy, Sylvia Hoeks, Sverrir Gudnasson, Claes Bang

 

Synopsis : 

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
Frans Balder, éminent chercheur suédois en intelligence artificielle fait appel à Lisbeth Salander afin de récupérer un logiciel qu'il a créé et permettant de prendre le contrôle d'armes nucléaires. Mais la NSA ainsi qu'un groupe de terroristes mené par Jan Holster sont également sur la piste du logiciel. Traquée, Lisbeth va faire appel à son ami le journaliste Mikael Blomkvist qu'elle n'a pas vu depuis 3 ans.
 
Mon humble avis : Tout d'abord, présentation de moi par rapport à Millenium... Je n'ai lu aucun des 3 romans de Stieg Larsson, ni la suite, le 4ème tome écrit par David Lagercrants dont ce film est l'adaptation. En toute logique, je n'ai donc pas lu non plus le dernier tome paru en 2017.
Côté, ciné, j'ai vu les 3 premiers films, dans leur version suédoise... Et cela avait eu sur moi l'effet d'une révélation, d'un coup de coeur et d'une fascination pour le personnage ô combien charismatique de Lisbeth Salander. Et j'ai boudé les 3 films version U.S.
Ce film-ci est une version US et c'est bien ce qui lui nuit. Certes, il est évidemment un très bon divertissement d'action, avec une intrigue prenante, particulièrement centrée sur le personnage de Lisbeth, et qui tient la route sans être toutefois ni compliquée ni novatrice. Bref, c'est efficace et pas désagréable. On ne s'ennuie pas !
Les versions suédoises étaient fidèles à l'environnement scandinave et au type polar du grand nord. Ici, certes, tout se déroule à Stockholm et alentours, mais tout aurait aussi bien pu prendre place à New York ou à Londres. La mentalité propre aux nordiques est totalement absente et le film s'appuie plus sur le spectaculaire que sur le reste. Donc on est bien dans du block buster super production made in Hollywood et cela transpire de partout.
De ce fait, on déplore le nombre de raccourcis, de coïncidences "fortuites", de ficelles en corde à noeuds, d'improbabilités... Oui, je sais, on est au cinoche, donc au cinoche, tout est possible. Mais là, non. Les improbabilités que j'ai noté son lié aux comportements de ma Lisbeth... Elle qui prévoit tout, qui est toujours en hyper vigilance, ne peut pas faire la simple erreur de laisser un téléphone portable dans la poche d'un gamin qu'elle protège. A, et puis aussi, les erreurs de raccord sont parfois trop visible. Et quand on en vient à rire parce que c'est gros, et bien c'est qu'on est loin de l'univers Larsson.
Les comédiens assurent bien le job, Claire Foy en tête. Mais pour moi, la vraie Lisbeth Salander est et sera toujours Noomi Rapace.
A vous de voir. Si vous êtes fan de Larsson et de sa trilogie, évitez ce film qui transforme plus Lisbeth est une espèce de super espionne. Si vous chercher un bon thriller (qui penche vers l'espionnage) pour vous changer les idées, vous pouvez donc tenter et vous laisser porter, en oubliant tout ce que vous venez de lire !
Mais un conseil, quand vous sortez de votre bain, ne videz pas l'eau de la baignoire, ça peut toujours servir, voire sauver la vie !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 15 Novembre 2018

BD - Editions Emmanuel Proust - 48 pages - 13.61 €/livre

 

Parution du 1er livre den 2011.

 

L'histoire :  Le déclenchement de la première guerre mondiale en Europe ne change rien aux habitudes festives de Tahiti où débarque Simon Combaud, venu pour élucider un crime perpétré à Paris quinze ans plus tôt... Or, alors que deux croiseurs allemands menacent l'île paradisiaque, on. découvre plusieurs meurtres de vahinés. A partir d'un fait historique méconnu (l'attaque de Tahiti par des navires allemands) et sur fond de colonisation et de guerre, les auteurs réalisent un récit policier autant intense qui surprenant.

 

Tentation : Titre évidemment

Fournisseur : Bib N°1

 

Mon humble avis : Papeete, Tahiti... Impossible de passer à côté de ces albums, acquis par la bib suite à mes suggestions !

Il me semblait que je ne pourrais qu'être super emballée par ce voyage en image et histoire en Polynésie Française. Au fil de ma lecture des 2 tomes, mon enthousiasme s'est quelque peu délité...

Car ces albums jouent sur 2 genres qu'il est peut-être dommage de mélanger ici, puisque de ce fait, aucun ne m'a paru vraiment abouti, chacun faisant un peu d'ombre à l'autre en fait. Les genres "historique" et "polar"

L'aspect polar enquête est l'aspect le moins intéressant de ces BD, parce que je

pense juste prétexte à élargir le lectorat potentiel. Il n'est développé qu'en filigrane, ne captive pas, et même si elle finit par s'élucider, il manque au final pas mal d'explications et surtout un mobile. Donc bref, ce n'est pas cet aspect-là qui motivera votre lecture.

L'aspect historique, même s'il aurait pu être plus creusé sans l'invasion du polar, est intéressant. Car il répond à une question que sans doute peu d'entre vous se sont posée, en tout cas pas moi : que s'est-il passé à Tahiti pendant la Grande Guerre de 14 ?

A l'époque, Tahiti et les îles alentours étaient encore terres d'aventure, de peintres et d'écrivains. Gauguin et Pierre Loti y avaient laissé des traces. Le peintre de l'époque était Octave Morillot, qui n'a peint que la Polynésie et rien d'autre. L'atmosphère tant langoureuse, festive que colonialiste est parfaitement décrite dans ces albums aux couleurs vives et aux dessins agréables, dessins qui amènent l'exotisme recherché. A l'époque, Tahiti avait globalement été désarmée, la France la considérant comme trop éloignée et isolée pour être en danger. Mais les Allemands sont venus et ont bombardé. Sur Tahiti, le militaire Maxime Destremeau se confronte avec le civile gouverneur Fawtier... Mais avec les moyens du bord, Destremeau organise la défense de Papeete. Je n'en dis pas plus, même si l'Histoire est censée être connue, vous la méconnaissez sans doute, donc autant que vous la découvriez dans ces albums.

Car malgré mes bémols (tiens, j'en rajoute un : difficile par moment de différencier et de mémoriser les personnages), un voyage en Polynésie Française au début du siècle précédent ne peut être qu'enrichissant. D'ailleurs, en fin des deux albums, des post faces très détaillées sur certains des personnages réels de cette histoire et d'autres explications et précisions historiques.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 13 Novembre 2018

Film de Pierre Salvadori

Avec Pio Marmai, Adèle Haenel, Audrey Tautou, Damien Bonnard

 

Synopsis :  Yvonne jeune inspectrice de police, découvre que son mari, le capitaine Santi, héros local tombé au combat, n’était pas le flic courageux et intègre qu’elle croyait mais un véritable ripou. Déterminée à réparer les torts commis par ce dernier, elle va croiser le chemin d’Antoine injustement incarcéré par Santi pendant huit longues années. Une rencontre inattendue et folle qui va dynamiter leurs vies à tous les deux.

 

Mon humble avis : Une affiche et une bande annonce prometteuses. Et tous ces mots et ces phrases accolées à l'affiche rendaient ce film encore plus alléchant.

Justement, reprenons les une par une ces incitations...

- La comédie de l'année... Certainement pas. Une comédie sympatoche oui, mais guère plus.

- Jubilatoire... Faut pas exagérer ! Assez plaisant suffit pour décrire ce film

- Rires en cascades... Euh non... Quelques éclats éparpillés.

- Une comédie hilarante et bourrée d'émotion... Comédie sans qualificatif suffit. J'espérais un film bien plus décalé et plus téméraire dans l'hilarité supposée. Certes, le comique de situations est souvent bien exploité et quelques répliques sont franchement bien senties. Mais bon... Bourrée d'émotion... Quelques passages sont effectivement émouvants et incitent à réfléchir sur le statut de victime et la colère légitime... Mais pas de quoi nouer la gorge ni arracher les larmes.

Bon j'arrête là mon précédé de chronique qui va devenir répétitif. En Liberté est une comédie qui se regarde bien sûr, qui détend, sans pour autant casser 3 pattes à un canard. Je dirai que son atout majeur est son excellente distribution, Adèle Haenel en tête, qui crève l'écran. 

Alors sentez-vous libre d'y aller... ou de ne pas y aller !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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