Publié le 2 Février 2019

Témoignage - Editions Livre de Poche - 192 pages - 6.70 €.

 

Parution d'origine au Diable Vauvert en septembre 2015

Le sujet : Révolution, éruption volcanique, tremblement de terre, tsunami dans la vie de mon écrivain / journaliste / voyageur préféré ! Sa compagne (LA femme) est enceinte ! Que va-t-il se passer dans les 9 mois à venir ? Et même dans les 20 ans d'après ? Est-on prêt, après avoir visiter la planète dans toute sa rondeur, à patienter, à se préparer et à assumer ce qui se cache dans un petit ventre rond ?

 

Tentation : Mon écrivain voyageur préféré

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Qui me connait doit s’étonner que j’aille vers ce livre. Je n’ai pas été mère, ne le suis pas et par conséquent, ne le serai jamais. Aussi, les écrits (ou les conversations) qui tournent autour de la maternité me font fuir. Sauf quand c’est écrit et conté par mon écrivain voyageur chouchou et que l’on se penche plus sur la paternité (après tout, les hommes aussi attendent 9 mois pour savoir à quoi le rejeton va ressembler). Alors là, je fonce, j’ouvre le livre et tourne les pages de façon frénétique… Et mes abdos (où ce qui y ressemble) se contractent sous le rire.

Oui, déjà, parce que je sais qu’avec Julien Blanc-Gras, sans désacraliser le sujet ni renier son importance, on trouvera de l’humour à quasi toute les pages de ce journal de grossesse, du mois 1 au jour J !

Ensuite, je sais parfaitement que son bouquin ne va pas tourner qu’autour de son nombril, ni de celui LA femme. Par ce qu’il pense loin, et large mon Julien. Il réfléchit aux conséquences de ses actes autant dans sa petite vie, qui va s’en trouver bien chamboulée, qu’à l’échelle planétaire. Donner la vie… Quel acte essentiel qui engage pour plusieurs vies. La sienne, celle de la Femme, celle de l’enfant… Et celle de la planète. Un enfant à notre époque ? Oui ? Non ? Pourquoi pas ? Evidemment ! Même si l’enfant n’est pas encore né, il est déjà temps de réfléchir à son avenir et à l’éducation qu’on espère lui donner.

Enfin, même si les 9 mois de grossesse se déroulent à Paris, durant ces 9 mois, notre globe-trotter continue à trottiner, faute de galoper, à droite à gauche et se penche sur les façons dont sont vécues grossesses et paternités depuis le Japon jusqu’au Niger.

Loin du ton conventionnel, Julien Blanc-Gras rend le sujet tout aussi marquant et poignant et souvent drôle (faut bien camoufler les angoisses non, et quoi de mieux pour cela que la dérision et l’autodérision ?) et facétieux. Et surtout, profondément humaniste. Il s’adresse autant aux futurs papas paniqués, qu’aux futures mamans qui se demandent bien ce que pense l’Homme mais aussi à tout lecteur (parents ou pas) qui aiment passer un bon moment de lecture sans être lobotomisés ! Et le génie de cet homme et que lors qu’il regarde le nombril de sa femme, il parvient tout de même à nous faire voyager ! Génial non ?

 

« On reproche souvent aux écrivains français de se focaliser sur leur propre nombril. Je vais me concentrer sur celui de la Femme. »

« Le monde ne devient pas plus dangereux quand on devient père, mais notre rapport au danger se modifie. L'enfant ignore les menaces qui l'entourent. Il se jette sous les roues des voitures en buvant de l'ammoniaque avant d'aller accepter les bonbons du vieux monsieur bizarre avec son imperméable et son van. Je viens de comprendre pourquoi on tend à devenir conservateur en vieillissant ». 

"Cette année, la famille revient au centre des enjeux de société. Des hordes manifestent pendant des mois en répétant "un papa, une maman". Le France est déchirée entre ceux qui veulent accorder l'égalité aux homosexuels et les autoriser à adopter, et ceux qui, peu ou prou, considèrent les pédés et les gouines comme des sous-citoyens. C'est une bataille de l'enfant qui se joue dans les rues. 
Des marmots sont enrôlés par leur famille pour scander des slogans homophobes. Statistiquement, une partie d'entre eux se découvrira homosexuelle à l'adolescence. Ils se rendront alors compte qu'ils sont ce qu'on leur a appris à détester. Drôle de conception de la protection de l'enfance. Bonne chance, mes petits gars. "

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres autres - divers

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Publié le 31 Janvier 2019

Film de Peter FARRELLY

Avec Viggo Mortensen, Mahershala Ali, Linda Cardellini

 

Synopsis :  En 1962, alors que règne la ségrégation, Tony Lip, un videur italo-américain du Bronx, est engagé pour conduire et protéger le Dr Don Shirley, un pianiste noir de renommée mondiale, lors d’une tournée de concerts. Durant leur périple de Manhattan jusqu’au Sud profond, ils s’appuient sur le Green Book pour dénicher les établissements accueillant les personnes de couleur, où l’on ne refusera pas de servir Shirley et où il ne sera ni humilié ni maltraité.

Dans un pays où le mouvement des droits civiques commence à se faire entendre, les deux hommes vont être confrontés au pire de l’âme humaine, dont ils se guérissent grâce à leur générosité et leur humour. Ensemble, ils vont devoir dépasser leurs préjugés, oublier ce qu’ils considéraient comme des différences insurmontables, pour découvrir leur humanité commune. 

 

 

Mon humble avis : Encore un road movie ! Encore une claque ! Mais encore plus forte qu'avec La Mule (Clint Eastwood) !

Moi je vous le dis, les jurés des Oscars vont transpirer cette année, car la concurrence est rude, les candidats aux statuettes vraiment nombreux !

Nous avons ici un pur chef d'oeuvre, à voir de toute urgence, même s'il est assez discret dans les grands médias.

Une véritable ode à la tolérance et un fameux coup de pied aux fesses aux préjugés. Un film qui dit : "il suffit de connaitre pour se faire son propre avis"

Encore une fois, ce film est inspiré d'une histoire vraie, une histoire d'il y a 50 ans. Et ça fait froid dans le dos tout de même... Certes, les mentalités ont tout de même bien évolué, mais il reste un tel chemin à parcourir. Oui, nous humains, sur notre bulletin de note devrions avoir comme commentaire : "peut vraiment mieux faire". Car rien que de savoir que ce fameux Green Book a existé fait vraiment vomir. Comme ces passages qui démontre un racisme d'une bestialité et d'une bêtise inclassables. (Ex, on sert la main de l'artiste respectable, mais on ne lui donne pas accès aux toilettes de blanc...)

Cette histoire d'amitié naissante, qui deviendra transformatrice, entre un blanc raciste d'origine italienne, un peu bourru et brute de pomme, et un noir d'un raffinement et d'une érudition rares est bouleversante et magistralement interprétée. Elle est aussi bien saupoudrée d'un humour tout en finesse et de joutes verbales délicieuses.

Green book rend aussi hommage aux artistes, ceux qui parcourent les routes pour leurs spectacles, qui sont couverts d'éloges, d'admiration et d'argent mais qui, derrière les lumières, vivent en fait bien seuls.

Un film qui constate sans être moralisateur, qui s'appuie sur la vie et les points de vue de deux personnages diamétralement opposés, qui vont finalement se rejoindre sur la ligne d'arrivée... et même bien avant, pour la franchir ensemble, la tête haute et la main dans la main !

Un film qui dit : Le génie ne suffit pas pour changer le monde, il faut aussi du courage.

Et ce film en a... et peut apporter sa pierre à l'édifice d'un monde meilleur. Un film sur hier mais toujours terriblement nécessaire aujourd'hui.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 29 Janvier 2019

Film de Clint Eastwood

Avec Clint Eastwood, Bradley Copper, Laurence Fishburne

 

Synopsis :  À plus de 80 ans, Earl Stone est aux abois. Il est non seulement fauché et seul, mais son entreprise risque d'être saisie. Il accepte alors un boulot qui – en apparence – ne lui demande que de faire le chauffeur. Sauf que, sans le savoir, il s'est engagé à être passeur de drogue pour un cartel mexicain.
Extrêmement performant, il transporte des cargaisons de plus en plus importantes. Ce qui pousse les chefs du cartel, toujours méfiants, à lui imposer un "supérieur" chargé de le surveiller. Mais ils ne sont pas les seuls à s'intéresser à lui : l'agent de la DEA Colin Bates est plus qu'intrigué par cette nouvelle "mule".
Entre la police, les hommes de main du cartel et les fantômes du passé menaçant de le rattraper, Earl est désormais lancé dans une vertigineuse course contre la montre...

 

Mon humble avis : 88 ans tout de même le papy Clint ! Enfin, de papy, il n'a que l'âge à vrai dire, même s'il ne joue plus non plus des rôles de cow-boy ou de super flic. N'empêche, réaliste et sans vouloir lui porter la poisse, à chacun de ses films, je me dis que c'est sans doute le dernier. Et j'ai toujours tort, tant mieux !

Dans la mule, film inspirée d'une histoire vraie, Clint Eastwood est réalisateur et interprète. La dernière fois qu'il avait porté cette double casquette, c'était il y a plus de 10 ans, pour Gran Torino. Côté casting, on retrouve (la langue pendante pour moi) Bradley Cooper et Alison Eastwood, la fille de Clint, qui joue la fille d'Earl !

Ce presque road moovie, tout en justesse,  nous scotche à notre siège et nous attache profondément au personnage d'Earl qui, pourtant, a pas mal d'arguments pour ne pas provoquer toutes les sympathies du monde. Mais cet homme ruiné, vétéran, commence à réaliser qu'il n'a pas toujours bien fait les choses, notamment, envers sa famille, qu'il a trop souvent négligée. Aussi, durant les deux heures que dure le film, nous assistons à son introspection, à ses réflexions et qui sait, à sa rédemption. Enfin, nous les devinons surtout, car évidemment, Clint Eastwood nous offre un film tout en nuances. The mule, en dehors du sujet de transport de drogue est aussi et avant tout un film sur le pardon... Il est effectivement étonnant d'y constater qu'il est plus facile de pardonner un crime, un délit face à la loi, qu'un manquement à ce qui est de juste humain, à ce qui devrait être naturellement acquis.

Beaucoup d'émotions dans cette double histoire... celle d'un homme et de ses rapports familiaux et celle d'un bon polar à l'américaine mais sans déploiement de grands moyens ni de toute l'artillerie. Non, La mule est un film qui parait simple, presque banal s'il n'y avait l'âge du principal protagoniste et l'aura de son interprète. Des dialogues savoureux, en effet, le vieux Earl ne manque ni d'humour ni de sarcasme... Et aussi de grands moments de cinéma. Courts, intenses mais marquants.... Ces deux scènes où le traqueur Bradley Cooper rencontre le traqué Clint Eastwood... Qui moi, m'ont fait penser à un autre moment anthologique du cinéma américain... La scène entre deux autres géants : Al Pacino et Robert de Niro dans Heat, de Michael Mann, en 1995. C'était il y a plus de 20 ans, et je m'en souviens encore. Gageons que je me souviendrai encore dans 20 ans de ces scènes Eastwood/Cooper... Parce que les très bons films nous restent en mémoire très très longtemps et c'est cela qui est magique, avec le cinéma !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 27 Janvier 2019

Suite de mon agréable semaine de vacances à Corfou, en septembre dernier.

Corfou, île grecque, possède une capitale nommée... Corfou ! Pas trop difficile à retenir !

De sa situation stratégique en Méditerranée, Corfou a une Histoire mouvementée et a connu plusieurs dominations : romaine, vénitienne, ottomane, russe, française, britannique et enfin.... Grecque !

Chaque civilisation a laissé quelques traces, architecturales, alimentaires ou autre, qu'il fait bon découvrir en ce baladant dans cette ville très agréable (nombreuses zones piétonnières), majoritairement entourée d'eau et dotée de 2 ports (l'un marchand, l'autre de plaisance).

Bonne promenade, et bon dimanche !

UN DIMANCHE A CORFOU CITY
UN DIMANCHE A CORFOU CITY
UN DIMANCHE A CORFOU CITY
UN DIMANCHE A CORFOU CITY
UN DIMANCHE A CORFOU CITY
UN DIMANCHE A CORFOU CITY
UN DIMANCHE A CORFOU CITY
UN DIMANCHE A CORFOU CITY
UN DIMANCHE A CORFOU CITY
UN DIMANCHE A CORFOU CITY
UN DIMANCHE A CORFOU CITY
UN DIMANCHE A CORFOU CITY
La ville que l'on voit au loin est Saranda, en Albanie

La ville que l'on voit au loin est Saranda, en Albanie

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyages dans les iles

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Publié le 25 Janvier 2019

Roman - Editions Pocket - 395 pages -7.50 €

Parution d'origine aux Editions de Noyelles en 2014

L'histoire : Jeune diplomée de médecine, Marine voit enfin son rêve se réaliser : retourner s'installer sur l'île bretonne de son enfance et en être le médecin. Oui mais Marine ne semble pas la bienvenue et fait face à l'hostilité des îliens. Son cabinet reste longtemps déserts... Serait-ce lié à un secret de famille, que Marine a découvert dix ans plus tôt et qui entoure la mort de ses parents. Marine devra surmonter bien des épreuves pour comprendre et, enfin, digérer un lourd fardeau.

 

Tentation : Titre, pitch, ile, Bretagne

Fournisseur : Ma PAL

 

 

Mon humble avis : Il fut une époque où je suis partie m'installer sur une île (la Guadeloupe) certes bien plus grande que celle dont il est question dans ce roman, aussi, le sujet m'intéressait : l'aspect îlien, l'acceptation, l'intégration etc...

Je regrette que ce sujet pourtant annoncé sur la quatrième de couv' arrive si tard dans cette histoire et soit finalement assez peu approfondi. D'autant plus que l'hostilité des îliens est en fait en lien direct avec l'histoire familiale de Marine. Ensuite, de désert, le cabinet médical de Marine passe presque directement à très actif, sans que l'auteure ne prenne le temps d'analyser cela ni de nous conter les rapports avec ces fameux patients tant attendus puis enfin arrivés. Je trouve cela dommage.

Pour autant "Pour l'amour d'une île" reste un roman très agréable à lire et intéressant. J'y ai découvert un pan de l'Histoire bretonne durant la seconde Guerre Mondiale (en même temps, même si je vis à Rennes depuis 13 ans, j'avoue n'y connaitre pas grand-chose à ce sujet, honte à moi). Le roman débute en 1971 (Marine arrive sur l'île pour remplacer le médecin à la retraite), pour très vite faire un grand et long saut en arrière dans le temps, à l'époque où Marine, adolescente vit sur le continent avec son grand-père et son frère. Pour nous, lecteur, c'est une plongée dans une époque et un mode de vie bretons, que l'on imagine bien finistérien, même si l'île en question n'est jamais nommée. C'est lorsqu'elle est jeune lycéenne que Marine découvre le secret sur la mort de ses parents. Celui-ci la bouleversera à jamais et participera à forger une Marine solitaire et peu encline à s'ouvrir au monde. Puis, aux deux tiers du livre environ, Armelle Guilcher nous ramène dans les années 70, dans "le présent" de Marine. Pour être honnête, Marine m'a souvent agacée dans sa façon de rester figée sur ses positions sans chercher à en savoir plus, ou en n'osant pas, de peur de... (Comme rester 3 mois à attendre un "peut-être noyé", à broyer du noir et se lamenter, sans oser aller à "la pêche" aux informations). Ceci n'est pas dans mon tempérament, donc cela m'énerve quand je trouve ces traits dans un personnage.

L'une des forces de cette oeuvre est évidemment son écriture. Si belle, si soignée, si maîtrisée, si agréable à lire, mais jamais crânement. Les descriptions des paysages, des us et coutumes et de la rudesse d'une vie sur petite île cernée par l'océan sont parfaites et parlantes. De ce fait, j'ai été bien contente d'être sous ma couette à l'abri des grosses tempêtes hivernales. C'était comme si j'y étais, sauf que j'étais bien au chaud !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 23 Janvier 2019

La semaine dernière, avec des amies, je suis allée voir Hoshi en concert, dans une "petite" salle à quelques kilomètres de Rennes. J'avais acheté ma place il y a de longs mois, à l'époque où son premier tube "Ta marinière" tournait en boucle sur les radios !

C'est donc la première fois que j'assistais à un concert d'un artiste dont je ne connais qu'une ou deux chansons. Et bien avec Hoshi, c'est pani pwoblem ! La jeune femme de 22 ans a du pep's à revendre, pep's communicatif ! Le public, de tous âges, n'est pas resté longtemps assis sur les chaises. 

Hoshi (Etoile en japonnais), a du coffre et un répertoire varié, même s'il n'est composé pour l'instant que d'un seul album. Ses chansons sont tantôt calmes et touchantes, tantôt rythmées qui emporte le public dans une liesse de bonne humeur et d'une forte envie de danser. Il y a un côté musiques du monde chez Hoshi, avec des rythmes et des influences qui viennent de partout.

Sur scène, à bien des moments, dans son interprétation, Hoshi m'a fait penser à Brel. Ma covoitureuse était d'accord et c'est sans surprise que je découvre en écrivant ce billet (avec quelques recherches web) que Brel fait partie de ses influences.

Ses chansons sont intelligentes et magistralement écrite. Les bons mots qui claquent au bon moments, des rimes qui changent de l'ordinaire. Bref, de chouettes textes découverts lors de ce concert et qui, sur le coup, m'ont donné envie de récrire, c'est peu dire !

Alors, si cette jeune artiste, à qui l'on peu prédire un bel avenir, passe près de chez vous, n'hésitez pas, aller la voir et surtout, l'écouter !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Spectacles concerts théâtre salons

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Publié le 21 Janvier 2019

Film d'Olivier Assayas

Avec Guillaume Canet, Juliette Binoche, Vincent Macaingne, Christa Théret

 

Synopsis :  Alain, la quarantaine, dirige une célèbre maison d’édition, où son ami Léonard, écrivain bohème publie ses romans. La femme d’Alain, Séléna, est la star d’une série télé populaire et Valérie, compagne de Leonard, assiste vaillamment un homme politique. Bien qu’ils soient amis de longue date, Alain s’apprête à refuser le nouveau manuscrit de Léonard… Les relations entre les deux couples, plus entrelacées qu’il n’y paraît, vont se compliquer.

 

 

Mon humble avis : J'ai beaucoup aimé ce film, même si je ne pense pas qu'il puisse plaire à un large public. D'ailleurs, je suis allée le voir seule, mes amies n'étant pas tentées ! En effet, "Doubles vies" est un film très parisien : se déroule à Paris, personnages typiquement parisiens et un sujet qui l'est également : l'édition. 

C'est pour ce sujet d'ailleurs que je suis allée au cinéma. Car dit édition, dit écrivains, éditeurs, lecteurs... Mais ce film est bien plus que ça. Il dresse le tableau de nos époques et l'analyse, via les avis des différents protagonistes, qui ont tous raison et tort à la fois. Nos époques... Parce que tout bouge très vite. Ce qui était vrai hier (l'essor monumental du livre numérique) n'est déjà plus vrai aujourd'hui. Le livre numérique est déjà en forte baisse et ne remet plus du tout en cause l'existence du livre papier. Et voilà celui que personne n'attendait... le livre audio qui connait un énorme succès...

Ce film explore donc, et dissèque l'évolution de notre rapport à l'art (qu'il soit littéraire, musical etc... qui, sous prétexte de démocratisation, devrait devenir gratuit. Le respect de l'art et de son créateur passe sous la trappe de la consommation à coup de click...

L'évolution de l'art de faire de la politique et/ou de l'information est aussi passée au scanner. Et au centre de tout cela, l'hyper connexion et les réseaux sociaux qui chamboulent tout et font de notre époque celle où l'on n'a jamais autant écrit, mais jamais aussi mal écrit. En fait, Olivier Assayas a approché sa loupe sur toutes les formes de communication, anciennes, comme modernes, ou encore , atemporelles finalement. Car oui, nous sommes attachés à nos bonnes vieilles traditions qui ont bien fait leurs preuves

Il est aussi question des critiques littéraires VS les blogueurs, des limites de l'autofiction, du droit d'y mettre en scène de vraies personnes sans leur demander leur avis, sous prétexte que tout est camouflé sous des pseudonymes.

Les dialogues sont très très présents dans ce film, riches et très intenses, les divers protagonistes dissertant régulièrement de tous ces sujets lors d'apéro dînatoires semi-mondain. Ceux-ci sont passionnants et demandent de l'attention pour les assimiler et y glisser, pour nous-mêmes, nos avis sur les questions. D'ailleurs, j'avoue que j'aurais bien aimé participer à ces "joutes verbales" tant ces sujets m'intéressent et me concernent.

Donc, si vous êtes lecteurs, blogueurs, écrivains (en herbe ou en prairie verte), sensibles à la question des modes de communication et de de consommation, Doubles vies vous ravira. En cas contraire, je crains qu'il vous ennuie un peu.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 19 Janvier 2019

Roman - Editions Audiolib - 5h13 d'écoute - 19.00 €

Parution d'origine chez Calmann-Levy en mars 2018

 

L'histoire : Un accident de skate board et Louis, 12 ans, se trouve plongé dans un lourd coma. En rentrant de l'hôpital, Thelma, sa mère, découvre dans la chambre de son fils un curieux carnet : Louis y a dressé sa liste des merveilles, à savoir ses rêves, ses projets... Alors, Thelma prend la décision de réaliser "les merveilles" de son fils, pour tout lui raconter et lui montrer que la vie est belle, qu'il faut qu'il se batte et sorte de ce coma. Thelma n'a qu'un mois devant elle. Car dans un mois, si Louis reste toujours aussi inerte, le médecin débranchera les machines qui maintiennent Louis dans un semblant de vie.

 

Tentation : La couv' toute colorée et le pitch

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Je ne me souviens pas avoir lu d'avis sur la blogo à propos de ce premier roman lors de sa sortie au printemps dernier. Aussi, le hasard de notre rencontre en est-il encore plus magique !

Cette histoire, loin de tout pathos mais n'évitant pas non plus la réalité est un chef d'oeuvre mêlant habilement gravité et fraîcheur, si si, malgré ce que le sujet pourrait annoncer.  Ce n'est pas compliqué, La chambre des merveilles est un réel délice, si agréable à lire (ou à écouter), si émouvant, si touchant, si positif, si bananien (mot que je viens d'inventer pour dire qu'il donne la banane), bref, une pure merveille ! Et en même temps, c'est un roman paisible malgré un désolant décompte (donc un relatif suspense), qui fait se sentir bien et qui amène à nous interroger sur les priorités que l'on donne à notre vie et sur les liens qui nous unissent à nos proches.

Thelma est une mère monoparentale, qui voit l'évolution de sa carrière comme l'étoile à atteindre, et qui est en froid avec sa propre mère. L'accident et le coma de son fils Louis vont chambouler toute sa vie et la mener, via une espèce de road movie, vers une voie qui va l'aider à se révéler elle-même et surtout à elle- même, parce qu'elle écoute la voix de son fils à travers ce carnet des merveilles. Elle va ainsi redécouvrir son fils, mais aussi sa propre mère et les liens qui les unissent par-dessus les discordes. Et pourtant, ce carnet lui en fait voir des vertes et des pas mûres, l'emmène à Tokyo, lui font rencontrer Maîtres Gim's, s'inscrire à des cours de foot etc... Car les rêves de son fils, qu'elle réalise, lui raconte, lui fait écouter grâce aux moyens modernes, sont on ne peut plus riches, variés et inattendus.

Aussi, le lecteur s'amuse du périple sur lequel cette mère courage s'engage, mais sans jamais oublié la raison de cette engagement : ce jeune garçon cloué sur un lit d'hôpital, entre la vie et la mort.

La chambre des merveilles est portée par une écriture agréable. Ce roman est un condensé d'émotions pures et belles, très riches en divers sujets (notamment le milieu du travail pour les femmes... qui fait écho à l'actualité de #metoo).  Et, malgré un sujet de départ qui peut sans doute effrayer, on passe un excellent moment de lecture, on est porté par une sorte de douceur et d'espoir. Car ce roman en regorge. De l'espoir, de l'amour, du courage, de la persévérance, et surtout, la foi en ce que l'on fait, que cela puisse paraître vain ou non.

Ouvrez donc la porte de cette chambre des merveilles, qui vous emportera de pages en pages dans une magnifique histoire.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 17 Janvier 2019

BD - Editions Casterman - 127 pages - 22.50 €

Parution en mars 2014

L'histoire :  Djibouti : un éperon de sable et de roc chauffé à blanc, coincé entre le Moyen-Orient et l'Afrique. Cette dernière terre d'aventures vit de trafics, de contrebandes depuis la nuit des temps. Elle a conduit Arthur Rimbaud à sa perte. Elle a servi d'écrin aux récits éternels d'Henry de Monfreid. La magie de ces derniers inspire la vie de Fred, un aventurier des temps modernes, mi-contrebandier mi-mercenaire, opérant aux confins de la Somalie. Un homme hors du temps que va croiser Tom, un paumé en quête d'une existence. Que va-t-il trouver dans ces eaux troubles ? Ce récit de Joël Alessandra est inspiré de faits réels.

Tentation : Couv' et titre

Fournisseur : Bib N°1

 

 

Mon humble avis : Un tel exotisme tant dans le titre que sur le dessin de couverture ne pouvait que m'attirer vers cet album... que j'ai bien fait de pioché dans les bacs de BD one shot de la bib'.

Qui a dit que de nos jours l'aventure n'existait plus ? Que les temps de Conrad, Kessel, Rimbaud, Henry de Monfreid étaient révolus ? Ce bel album, inspiré de faits réel sprouve bien le contraire...

Nous suivons Tom, prof d'arts graphiques et veufs depuis peu... Pour oublier, recommencer, il se fait muter à Djibouti... Cette Afrique pas comme les autres, sans girafes ni rhinocéros et si près de la péninsule arabique que l'on y est presque. La corne de l'Afrique, terre de cailloux, de chaleurs, de passages tant humains que commerciaux, terre stratégique, terre de guerre.

C'est là que Tom, sur cette terre qui lui est étrangère, devient l'étranger. Prof dans un lycée français, il s'essaye au bénévolat local et va apprendre les rudiments du dessin dans un orphelinat reculé.... Cette expérience le traumatisera... Puis il rencontre Fred et sa collection de romans de de Monfreid... Et Fred, qui est bien plus qu'un marin à touristes et dauphins, va lui montrer que l'aventure existe encore comme dans le temps... Ce sont juste les moyens et le calibre de armes qui ont changé. Car Fred est un peu mercenaire, un peu trafiquant sous le bateau !

Cet album est très intéressant dans le fait qu'il rappelle les débuts de la guerre civile en Somalie et dans la région... Et c'est cette guerre qui a vu et a fait accroître de façon exponentielle la présence bien connue de pirates dans cette région maritime qu'est le golfe d'Aden. Avec, une fois de plus, des puissances étrangères pas si étrangères que cela dans l'émergence des pirates somalis. Tout est simplement mais parfaitement expliqué... jusque dans les conséquences financières, écologiques (eh oui) de la présence de ses pirates sur armés et pour lesquels une vie n'a pas plus de sens qu'il y a un siècle. Sabordage, pillage, enlèvement d'équipage, tout ce "business" est devenu aussi lucratif que dangereux... Aussi l'on apprend par exemple qu'une compagnie d'assurance refusera d'assurer un transport maritime si l'armateur ne fait pas appel à une "compagnie privée" de protection, à savoir des mercenaires comme Fred.

De l'exotisme, un peu d'Histoire, de littérature, de l'aventure, de l'actualité, des personnages attachants, le tout dans des couleurs chatoyantes pour le présent et plus "sépia" pour le passé ! Les dessins sont agréables, parfois parsemés de photos, de croquis (qui donnent un aspect carnet de voyage)et les bulles ne sont pas trop bavardes. Bref, un album qui vaut bien un moment d'errance entre deux romans ! La fin m'a un peu laissée sur ma faim... Mais m'a ouvert un autre appétit, celui de découvrir les écrits d'Henri de Monfreid et les autres albums de Joël Alessandra !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 15 Janvier 2019

Film de Louis-Julien PETIT

Avec Audrey Lamy, Noémie Lvovsky, Corinne Masiero, Déborah LukuMuena

 

Synopsis :  Suite à une décision municipale, l’Envol, centre d’accueil pour femmes SDF, va fermer. Il ne reste plus que trois mois aux travailleuses sociales pour réinsérer coûte que coûte les femmes dont elles s’occupent : falsifications, pistons, mensonges… Désormais, tout est permis !

 

Mon humble avis : Ce film n'est pas vraiment ce que la bande annonce laisse prévoir. A savoir que la BA montre les bonnes répliques qui font rire... mais en dehors du contexte... Et dans celui-ci, le rire est un peu jaune et ne vient pas du fond du coeur... Mais il n'empêche, l'émotion noue le ventre.

Mais en fait, il ne peut en être autrement avec un sujet aussi grave que celui des invisibles... Les invisibles, ce sont ces femmes désocialisées, qui passent souvent leurs journées dans des centres d'accueil de jour et leurs nuits, dehors ou dans des centres d'accueil de nuit.

Nous suivons donc certaines d'entre elles, ainsi que les quatre femmes qui gèrent comme elles peuvent le centre d'accueil de jour. Comme elles peuvent... Car oui, on réalise alors pleinement la lenteur de l'administration et du système, mais aussi leurs limites, les situations ubuesques que celles-ci génèrent et du coup, l'impuissance des quatre femmes, malgré leur énergie, leur patience, leur pugnacité, leur dévouement, leurs idées... Les possibilités sont là, des amorces de solutions sont là... mais non approuvées par l'administration pour X raisons, notamment la sacrosainte rentabilité ! Du coup, rien n'avance...

Exemple de situation ubuesque : un centre d'hébergement de nuit construit à cinquante kilomètre du centre d'accueil de jour... pour des femmes qui n'ont pas de moyens de transport et qui portent H24 leurs sacs cabas comme maigres bagages de leur vie.

La rumeur dit que la France est un pays d'assistés...  dans ce film, on se dit que la France n'assiste pas les bonnes personnes alors. Et plutôt que d'assister purement et simplement, il vaudrait mieux aider, accompagner... pour que ces femmes retrouvent l'estime d'elles-mêmes, le sourire, un éclat dans le regard, qu'elles redressent le dos. C'est ce que font ces 4 femmes, qui de tout leur coeur, gèrent ce site de centre d'accueil, et qui viennent en aide coûte que coûte à ses invisibles.

Cette chronique sociale à honneur aux travailleurs sociaux devrait évidemment être vue par tous les politiques et nos chers élus...

Toutes ses femmes, qui deviennent solaires au fil du film, sont interprétées par des actrices connues ou venant de la rue on ne peut plus impliquées et convaincantes dans leur rôle.

Maintenant, mon reproche sur ce film est qu'une fois de plus, il est tourné dans le Nord. A part Bienvenue chez les ch'tis, qui peut me citer un film tourné dans le Nord qui ne montre pas la précarité, la pauvreté sociale, les accents à couper au couteau... Comme s'il n'y avait que cela dans le Nord, et comme s'il n'y avait pas cela aussi dans d'autres grandes villes de France. Ch'ti d'origine, je suis fatiguée que le cinéma ne montre que cet aspect-là de ma région natale, même s'il montre souvent des personnages battants. Il n'empêche !

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Rédigé par Géraldine

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