Lectures, BD, cinéma, voyages, photos, chats, oiseaux, nature bref mon petit monde ! .................. " C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante" (Le petit prince)
Aujourd'hui, je vous emmène au Cap d'Erquy, dans les Côtes d'Amor !
J'y suis allée une journée complète en juillet, puis j'y suis repassée en coup de vent en août.
C'est un site naturel d'environ 170 hectares, classé depuis 1978 pour son côté sauvage. Des falaises de grès rose, ainsi que d'anciennes carrières, y sont visibles... Ainsi que les lacs bleus... Qui sont bleus si le soleil y met du sien !
Le Cap d'Erquy est bien sûr sur le GR34, qui fait le tour de la Bretagne, et qui est le GR le plus fréquenté de France. En été, le paysage est vraiment somptueux, entre les couleurs de la lande qui tranchent avec celles de la mer. Et puis, les plages y sont magnifiques !
Et puis, si l'on scrute bien la mer et le large, on peut parfois y apercevoir des dauphins :)
L'histoire : Décembre 1926. Agatha Christie, alors écrivaine à succès, disparaît sans laisser de traces. Toute la presse britannique s’empare du drame et une véritable enquête, digne de ses meilleurs romans, est menée pour la retrouver. Suicide d'une femme délaissée, meurtre commandité par son époux infidèle ou coup de publicité d'une romancière voulant renforcer le succès de ses livres ? Les hypothèses ne manquent pas pour élucider l’affaire et surtout tenter de résoudre l’énigme Agatha Christie...
Tentation : La blogo
Fournisseur : La bib' de Dinard
Mon humble avis : Un bien bel album, divertissant, qui revient sur la vie de la Reine du crime, mais qui flirte entre onirisme et biographie...
Les illustrations sont magnifiques, très agréables au regard, avec des décors somptueux, qu'ils soient anglais ou exotiques. Les textes et le scénario révèlent une bonne documentation des deux auteurs.
Tous ceux qui s'intéressent de près à Agatha Christie savent qu'à une période de sa vie, elle a disparu quelques jours... Et que cette disparition, qui déchaîna presse et passions à l'époque, est propice à l'épanouissement de l'imagination. Il y a donc une enquête de police. Cette dernière interroge ses proches : son mari Archi, sa soeur, sa secrétaire... Et curieusement, ils dressent tous un portrait différent d'Agatha et de son caractère.
C'est donc l'occasion de relire la vie de la romancière à travers ses témoignages... Son enfance, où l'imagination et la curiosité la taraudaient, et l'évasion la sauvait déjà... Son éducation, le décès de son père, puis de sa mère... Sa rencontre avec Archi et ainsi de suite...
Puis Agatha Christie est retrouvée... Mais cette fugue ne restera pas sans effet sur son couple. Elle décide alors de partir seule en voyage... Et nous voici complètement dépaysés, en Irak, sur des fouilles archéologiques. Inutile de préciser que ce sont nombre des sources d'inspirations de l'écrivain qui se déroulent devant nous et qui sont devenus des personnages ou des lieux de romans.
L'ensemble est savoureux, doux, qui s'intéresse avant tout à l'intime, à la force de caractère et à la part de mystère de la romancière la plus lue dans le monde. Je recommande, pour les adultes autant que les ados par exemple.
L'histoire : Dans la ville du Trou, il fait beau 365 jours par an. Mais quand on n'a que soixante ans, on est une jeunette... C'est ce que constate Nicole, jeune retraitée qui s'est installée ici, après une vie de labeur à La Poste dans le Nord. Autour d'elle, tout le monde est au moins octogénaire. Il y a les vieilles bigotes, les vieilles qui s'emmurent, les vieilles acariâtres, les vieilles qui picolent, les vieilles qui oublient, qui espèrent ou qui regrettent. Et puis il y a un très vieux, qui se prépare toujours pour le marathon. La vie de tout ce petit monde est bien huilée... jusqu'à ce qu'une catastrophe mondiale imminente ne soit annoncée... Chacun réagira à sa façon.
Tentation : La blogo a l'époque de la sortie
Fournisseur : Ma PAL
Mon humble avis : C'est avec entrain que je suis entrée dans ce livre et avec soulagement que j'en suis sortie. Mon intérêt et mon plaisir se dont vite érodés pour laisser place à l'ennui en fait. La vraie quatrième de couv' était pourtant alléchante, je m'attendais à plus de légèreté et de causticité.
Pourtant, il y a quelques bonnes réparties, des réflexions pertinentes sur notre société contemporaine, notamment la vieillesse, notre rapport à la mort, et nos liens avec nos ainés, liens malmenés et distendus par le rythme trépident du quotidien. Il y a par exemple ce fils qui installe des téléphones (dernières générations spéciales vieux) partout dans la maison de sa mère, mais qui n'est jamais là... C'est assez parlant...
Mais j'ai trouvé que l'ensemble manquait terriblement de structure, que tout partait un peu dans tous les sens... D'ailleurs, difficile de repérer vraiment les personnages et de s'y attacher, puisque l'on passe sans cesse de l'un à l'autre. Qui plus est, tout ici est très répétitifs, dialogues comme situations. Certes, c'est une satire de la vieillesse, donc il faut bien rendre compte du train-train quotidien, des absences, de la mémoire qui flanche... Au début, on trouve ce procédé narratif amusant, et puis l'on s'en lasse très vite.
La quatrième de couv annonçait une histoire "irrésistible de fraîcheur et qui bouscule les idées reçues sur la vieillesse". Et bien pour moi, ce fut plutôt une lecture tristoune, qui dégouline de la solitude de ses protagonistes et qui, au contraire de l'annonce, enfonce bien le clou sur les poncifs du grand âge. Tous les personnages sont plutôt caricaturaux, pas une "petite vieille" qui sortirait du lot par son dynamisme, son optimisme, sa joie de vivre, ses projets, sa vie active... Alors que quand je regarde autour de moi, ce sont parfois des vieux plus jeunes que certains jeunes que j'observe.
L'idée de départ était bonne, mais n'a pas tenue la route à mes yeux. Dommage, une rencontre ratée pour moi. Mais bon, PAL - 1, c'est déjà ça !!!
L'histoire : Antonio vit à Paris. De temps en temps, il revient à Vitry sur Seine, voir ses parents. Un jour, il croise Dario, un ancien ami, qui lui est resté "un italo de Vitry. Dario lui demande de l'aider à rédiger une lettre d'amour bien curieuse... Quelque temps plus tard, Dario est assassiné... Surprise, par testament, il lègue à Antonio une vigne qui fait du mauvais vin en Italie., dans le village d'origine de ses parents. Pour Antonio, c'est le début des problèmes et d'une mésaventure ubuesque !
Tentation : La réputation du livre
Fournisseur : La bib de Rennes
Mon humble avis : Voici un roman qui ne date pas d'hier, mais qui n'a pas pris une ride. Qui sait, peut-être s'est il même bonifier avec le temps, comme le vin.
Lors de sa sortie, La Commedia de ratés a été multi primée, dans le domaine de la littérature policière. Et pourtant, certes, il y a un mystère, certes il y a des truands mais je n'ai pas eu l'impression d'écouter spécifiquement un polar. Mais un bon roman, oui. Et je pense que l'interprète principal (Robinson Stevenin) n'est pas étranger à mon engouement pour cette version de découverte.
Il y a un peu ici un savoureux mélange de tragédie grecque et de comédie à l'italienne. Le burlesque côtoie le drame qui s'annonce. Il y a une ambiance d'Italie ici... L'Italie de la région Parisienne, avec les émigrés pas toujours intégrés, les accents qui persistent comme les traditions des pastas et de la Mama.
Et il y a l'Italie de là-bas, où tout le monde se regarde en silence... en apparence et où les légendes ont valeur de lois. La mafia s'en mêle et même le Vatican doit se prononcer... Et au milieu de tout ce monde, Antonio essaie de s'en sortir au mieux, et ce ne sera pas sans arcades sourcilières ouvertes. Des personnages touchants et/ou haut en couleurs, du mensonge qui devient vérité mais qui arrange tout le monde ou presque. Un père distant mais finalement jamais bien loin. Et le pouvoir de l'argent qui rode et qui s'impose malgré tout !... Et enfin, un retour aux racines qui ne laissent pas indemne.
Impossible d'en dire plus, sous peine de spoiler, mais franchement, cette lecture est divertissante, prenante, et franchement originale dans son déroulé. On se demande si Benacquista se moque un peu de nous, lecteurs crédules, et puis non, finalement, tout se tient, si on aime la farce !
PS : Il y a quelques années, un film a été adapté de ce roman, avec Robert de Niro ;) mais je ne l'ai pas vu.
Synopsis :Venant tout juste de terminer sa collaboration sur la Statue de la Liberté, Gustave Eiffel est au sommet de sa carrière. Le gouvernement français veut qu’il crée quelque chose de spectaculaire pour l’Exposition Universelle de 1889 à Paris, mais Eiffel ne s’intéresse qu’au projet de métropolitain. Tout bascule lorsqu'il recroise son amour de jeunesse. Leur relation interdite l’inspire à changer l’horizon de Paris pour toujours.
Mon humble avis : Un beau, bon et grand film, ambitieux, mais qui développe les moyens de son ambition. Il faut dire qu'il a eu le temps de murir ce film, puisque le projet d'origine remonte à 1990 ! Un film intime, mais aussi un grand spectacle. De l'Histoire, et du romanesque, de l'amour... et toute une époque, même s'il s'agit ici d'une libre adaptation de faits réels.
La "star" du film n'est pas la tour, mais Gustave Eiffel lui-même, dont on ne connaît que peu la vie, mise à part ses réalisations, son génie, son esprit visionnaire. On découvre ici un homme qui sait convaincre, haranguer des foules, qui se soucis des autres et de leur sécurité mais aussi un être fragilisé par une passion amoureuse impossible. Et à l'écran, cet homme est le formidable Romain Duris qui donne chair, os, vie à cet illustre personnage historique, qui a transformé le paysage Parisien et l'image de la France.
On suit avec intérêt les deux histoires qui se superposent et qui, c'est le parti pris ici, seraient entrelacées... La passion amoureuse entre Gustave et Adrienne, qui se fait notamment en flashbacks nous ramenant à l'époque où Eiffel avait 26 ans... Et l'histoire de la Tour Eiffel, depuis ce projet refusé d'abord par Eiffel pour devenir ensuite son obsession. Le tout dans une époque et un Paris judicieusement reconstitué, avec notamment un chantier énorme ou a été reconstruit un des piliers de la Tour pour les besoins du film. Et, forcément, on ne peut être que fasciné par les techniques utilisées par Eiffel pour que chaque partie de la tour s'emboite au millimètre près !
Bref, on a donc ici un film historique et romanesque, instructif autant que distrayant, mais surtout, populaire et accessible à tous. Point d'élitisme ici, puisque déjà, il semble qu'Eiffel n'en n'était point partisan. Très plaisant et parfaitement interpréter ! Donc à voir !
Et dire qu'à l'époque, les parisiens ne voulaient pas de la Tour Eiffel et que maintenant, certains paient des fortunes pour avoir une fenêtre sur cette grande dame !
L'histoire : À Reclesme, dans un petit village au cœur de la France, Abel vit seul avec son chien, ses deux vaches et ses chèvres. Il n'a jamais quitté son village. Pourtant, toute sa vie, il a rêvé de parcourir le monde, et imaginé de lointains voyages. En ce mois de septembre, et ce malgré son âge, Abel a décidé de partir en Éthiopie.
Tentation : Titre et pitch
Fournisseur : Bib de Dinard
Mon humble avis : J'étais en manque de BD... alors direction la bib'... Je tombe sur ce titre, dont le mot "voyage" me capte de suite. La 4ème de couv confirme mon intérêt...
Voilà une bien belle histoire, agréable à lire, malgré sa sobriété picturale... Des dessins blancs, noirs et bleutés, où parfois, une petite touche d'une autre couleur apparait... ainsi que d'un certain humour bien senti.
Nous partageons la vie d'Abel, plus tout jeune, qui fatigue... Il a repris contraint et forcé la ferme familiale, les autres candidats potentiels ayant désertés. Une vie solitaire avec ses bêtes et son chien ont rendu Abel un peu rude et aigri... D'autant que les conversations du bistrot du coin ne volent pas très haut... Abel s'ennuie au milieu des siens et s'évade par la pensée, en rêvant à son périple prochain. Heureusement, il y a la boulangère et la charcutière, ses deux rayons de soleil. Mais tout ça a peu d'importance, car Abel va enfin partir en voyage. D'ailleurs, il vient de recevoir le guide sur l'Ethiopie qu'il a commandé...
Le voyage d'Abel, ou une chronique de vie simple et âpre qui nous dit que rêver et imaginer, c'est déjà voyager, et que le plus beau des voyages est celui que l'on ne fera jamais.
Bonjour, deuxième et dernière (pour l'instant), série de mes photos de papillons, saisis deci-delà lors de mes balades ornitho, en Bretagne, dans le Limousin et en Bourgogne.
L'histoire : Anna mène une vie à l'abri et organisée entre sa pharmacie, sa famille qui vit dans une belle villa surplombant la mer.
Un jour, son fils Léo, lycéen tranquille, commet l'irréparable. Lors d'une manifestation où il se trouve par hasard, il bat un policier et le blesse gravement.
C'est le début du cataclysme pour Anna et les siens et le jaillissement des vérités... Les masques tombent, les maquillages coulent, les souvenirs remontent.
Tentation : Une romancière que j'apprécie
Fournisseur : la bib' de Dinard
Mon humble avis : Un fois de plus, Valérie Tong Cuong nous propose un roman que l'on ne lâche pas, sauf pour répondre aux impératifs quotidiens.
Les apparences de ce récit sont glaçantes car, évidemment, nul ne pourrait prétendre être tout à fait à l'abri d'un tel dérapage, ou de tout autre accident involontaire qui marque une vie pour toujours et la dévaste.
Il y a donc le cas de Léo, presque encore enfant, qui s'apprêtait à passer son bac pour intégrer une bonne école. Il se retrouve dans les rouages de la machine justicière, des médias, et est incarcéré en préventive, malgré son profil qui semblait l'en protéger... C'est que le climat en France est tendu, les gilets jaunes, les bavures policières... Léo devra servir d'exemple.
Il y a le couple, les parents, Anna et Hugues... Qui vont réagir différemment devant l'acte de Léo... Naissent entre eux des fissures, qui pourraient devenir des crevasses infranchissables.
Et puis il y a l'environnement, les amitiés qui s'évanouissent, la réputation à maintenir, seule base de leur notoriété... qui leur ouvre les portes du gotha, c'est si important pour Hugues. Et c'est cette notoriété qui peut leur garantir encore un avenir.
Le tout, dans un Sud qui subit une canicule étouffante...
Enfin et surtout, il y a Anna, le personnage principal de cette terrible histoire. Avec elle, on dépasse les apparences glaçantes pour plonger dans les racines du passé, dans l'indicible, l'effroyable. Au fil des pages, on apprend que depuis toujours, Anna a construit sa vie et sa personnalité, telle une architecte, avec des plans, pour arriver précisément là où elle est parvenue, pour s'extraire de sa condition modeste, mais surtout, pour fuir et survivre à une enfance et une adolescence traumatisantes, qu'elle a tues et muselées au fond d'elle-même. La femme qui paraît si forte tient en fait sur un pied d'argile... qui menace de s'écrouler de nouveau.
Valérie Tong Cuong déploie une écriture incisive, efficace, qui démontre à merveille la violence et l'urgence de la situation. A distance, elle observe. Elle dresse ainsi, avec maestria et extraordinaire justesse le portrait d'une femme devant l'impensable, prête à tout pour protéger et sauver son fils d'une très mauvaise situation, par amour pour lui, car il est hors de question qu'il subisse une once de ce qu'elle a vécu elle par le passé. Une femme qui se dresse et puise toute son énergie devant l'adversité, et qui s'épuise... Mais c'est aussi un livre sur la violence... Qu'elle soit silencieuse, celée et personnelle, qu'elle soit bruyante et collective, sociale. La vie carcérale et la "lutte" des classes.
Une histoire réaliste et inconfortable mais qui captive et bouleverse, comme sait les écrire cette romancière que je suis désormais, depuis ses 3 derniers romans. j'ai beaucoup aimé et ai ressenti une vive empathie pour Anna.
Roman - Editions Livre de poche - 120 pages - 6.40 €
Parution en 1994
L'histoire... Celle d'Aziz... Un bébé français "trouvé et sauvé" par des Tziganes... Maintenant, il a 19 ans et sa spécialité, c'est les autoradios dans les quartiers nord de Marseille. Sans papier d'identité, il s'est acheté un faux passeport... Marocain car c'est moins cher... Sauf que quelque temps plus tard, il est arrêté par la police... Et pour l'Exemple, il doit être reconduit à la Frontière du Maroc, pays où il n'a jamais mis les pieds. Pour cela, et toujours pour montrer le meilleur de la France dans la politique migratoire, l'Etat lui adjoint un "attaché humanitaire". Jean Pierre est donc chargé d'accompagner Aziz dans son lieu de vie d'origine, de le réinsérer dans ses racines, de lui trouver en emploi etc... Commence alors pour Aziz et Jean-Pierre un voyage pas comme les autres, où l'accompagnateur se retrouve accompagné, et l'aidant se retrouve l'aider.
Tentation : Ma PAL
Fournisseur : Ma PAL
Mon humble avis : Mais quel roman ! Fabuleux et merveilleux, voici les termes qui lui conviennent le mieux ! Et dire que ce titre dormait dans ma PAL depuis 13 ans, sans doute parce qu'étant donné le sujet, je craignais une histoire dramatique... Et dire que ce n'est qu'en 2021 que je lis cet ô combien mérité Prix Goncourt 1994...
Il y aurait tant à dire sur ce roman, notamment sur le portrait dressé de notre société, de nos banlieues insécurisées, de la politique migratoire de la France dans la première partie. Mais là n'est pas l'essentiel, même s'il est important de préciser que celui-ci est dressé avec humour, délicatesse et une impertinence très pertinente !
Passons directement au voyage d'Aziz et de Jean-Pierre... Jean Pierre demande à Aziz de lui montrer son village d'origine sur la carte du Maroc. Au hasard, Aziz pointe le doigt sur un coin reculé du Haut Atlas... et il complète par une description méticuleuse de ce lieu qu'il n'a jamais foulé. Pour cela, il s'inspire d'une légende qu'il a lu dans le seul cadeau qu'il ait reçu dans la vie : un Atlas des Légendes offert par son professeur de 6ème, juste avant qu'il ne quitte l'école. Aziz a tellement lu cet atlas que celui-ci est devenu son pays, et ses légendes, ses racines.
Jean Pierre est émerveillé par le récit d'Aziz et prend tout au pied de la lettre, il y croit dur comme fer ! Mieux encore, il veut absolument sauver cette vallée perdue et secrète mais en danger d'après Aziz... L'insipide Jean-Pierre retrouve ainsi goût à la vie ! Et Aziz le voit... Il voit comment cette vallée imaginaire devient primordiale dans la renaissance de son nouvel et improbable ami. Aussi, Aziz va déployer toute son énergie pour amener Jean-Pierre (toujours persuadé de tenir son rôle d'attaché humanitaire), dans cette vallée imaginaire.
C'est avec beaucoup d'émotions, mais surtout le sourire aux lèvres que l'on suit nos deux protagonistes dans cet étrange voyage initiatique, parsemé d'embuches, de malentendus et de situations cocasses, voire ubuesques. Avec humour et tendresse, Didier van Cauwelaert nous propose de redonner vie à une morne vie, une vie qui s'est déviée de son objectif et de ses valeurs, bref une vie morose que l'on n'a pas voulue... Pour cela, il suffit d'une bonne dose d'imagination et d'imaginaire, d'amitié, de rêve et d'une improbable rencontre ! Et enfin, chaque être peut construire et écrire sa propre légende.
Bref, j'ai adoré ce très court roman qui a tout d'un grand. Drôle et bouleversant à la fois, simple et très subtile aussi, qui garde son lot de surprises jusqu'à la toute dernière page. Ce qui pourrait paraître pour une farce devient une véritable fable sous la plume de l'auteur. Comme si de rien n'était, Didier van Cauwelaert nous ferre avec cet étonnant duo de personnages (qui deviendra trio), et nous emmène dans une très très belle histoire, qui nous dit tant sur la vie, les autres si on sait les regarder. Un livre riche d'humanité et qui fait temps de bien ! A lire, si ce n'est pas déjà fait !
L'histoire : Le jour de la naissance de son fils, Julien a décidé d'aller bien, pour lui, pour nous, pour ne pas encombrer le monde d'un pessimisme de plus. Lorsque l'enfant a balbutié ses premières syllabes, la guerre était en fond sonore... Les attentats de Paris venait d'avoir lieu. Julien n'allait pas laisser l'air du temps ternir son bonheur. Alors voilà ce roman, sur une vie qui commence !
Tentation : Auteur incontournable pour moi
Fournisseur : La bib' de Dinard
Mon humble avis : Cette fois-ci, ce n'est pas vraiment le grand voyageur qui nous parle, mais le père, le parisien, le français alors que la France pleure les victimes des attentats et qu'une atmosphère très particulière gagne du terrain. Et malgré un sujet de fond particulièrement douloureux et dramatiques, Julien Blanc Gras réussit une fois de plus le tour de passe d'être un fabuleux remède anti morosité !
Le ton oscille évidemment entre gravité et légèreté, aussi, le lecteur vit toutes les émotions possibles, des plus dures aux plus agréables. Ce roman, parsemé des bouleversants témoignages sur la deuxième Guerre Mondiale des deux grands pères du romancier apporte une comparaison intelligente et intéressante sur la vie en temps de guerre en occident en 39-45 et au XXIème siècle... Il permet à Julien Blanc Gras de s'interroger sur l'héritage familial et transgénérationnel et évidemment de transmettre. Quand il sera grand, son fils lira ce livre, et connaîtra la vie de ses arrières grands-parents.
Et puis il y a aussi les cartes postales touchantes que le père envoie à l'enfant lors de ses voyages.
On trouve aussi les craintes de l'auteur devant la possible crise de la quarantaine, la vie de jeunes parents aussi démunis que débordés devant l'ampleur que représente la tâche d'élever un enfant à notre époque mais émerveillés de la moindre mini évolution de celui-ci. Il y aussi Paris, sa folie, son pluriculturalisme... Mais au fait, c'est dangereux Paris ??!!!
C'est vraiment un chouette roman que nous offre ici Julien Blanc Gras, avec une histoire aussi intime qu'universelle, le tout servi par sa gouaille légendaire ! Un réel plaisir de lecture. Que du bonheur, de la tendresse, et ce qu'il faut d'optimisme, tout en restant réaliste ! Une analyse plaisante et souvent drôle de notre société et de notre époque. Vivement son prochain bouquin !
Sa grammaire encore imparfaite (il persistait à dire 'ils sontaient' pour 'ils étaient') se hissait légèrement au dessus de celle de certains footballeurs.
La bouche pleine de loukoums, [mon fils] a demandé : - Papa, tous les gens, ils sont gentils ? Dans ma tête : non, pas tous, loin de là. Il y en a qui torturent, tuent et mangent d'autres gens, et il y en a même qui ne trient pas leurs déchets.
Mes parents me laissaient rentrer de l'école tout seul à six ans. Impensable de nos jours. Le monde n'est pas devenu plus dangereux, notre conscience du danger s'est accrue.
La guerre, c'est le sentiment d'humiliation sublimé dans l'orgasme de la conquête. On oublie souvent de mentionner ce paramètre plaisir. Ce que nous enseigne la moindre bagarre de rue : l'agresseur se paye en endorphines. Il agresse parce qu'il le peut. Il agresse parce que c'est bon.
Le voisin, c'est la représentation la plus achevée de l'Autre. On ne l'a pas choisi et on partage une planète, une cage d'escalier en l'occurrence. Pourquoi nous opposer sans raison valable ?
Je savais, au moment de devenir père, que ma mission sur cette planète consisterait à assurer la survie de mon enfant. Je découvrais, à l'usage, que c'était lui qui me protégeait.
J'avais affaire à un public écœuré par les programmes scolaires, je les comprenais, comment voulez-vous recevoir Chateaubriand à seize ans, il ne faisait pas le poids contre YouTube, c'était le meilleur moyen de les détourner de la littérature.
La croyance montre la voie, simplifie les visions, permet d'interpréter le monde à travers le prisme d'une seule obsession. C'est en général sincère, parfois utile, souvent intolérant.
Dans les dictatures, les gens ont un flic dans la tête. Désormais, nous aurons un terroriste dans la tête. On pouvait parler de petite défaite.