Publié le 16 Juin 2018

Film de Mike Newel

Avec Lily James, Michiel Huisman, Matthew Goode

 

Londres, 1946. Juliet Ashton, une jeune écrivaine en manque d’inspiration reçoit une lettre d’un mystérieux membre du Club de Littérature de Guernesey créé durant l’occupation. Curieuse d’en savoir plus, Juliet décide de se rendre sur l’île et rencontre alors les excentriques membres du Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates dont Dawsey, le charmant et intriguant fermier à l’origine de la lettre. Leurs confidences, son attachement à l’île et à ses habitants ou encore son affection pour Dawsey changeront à jamais le cours de sa vie.

 

 

Mon humble avis : La presse n'est pas très tendre avec ce film... Pour ma part, je l'ai trouvé magnifique.

J'avais lu le livre dont il est adapté (Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates) peu de temps après sa sortie. Je me souvenais juste avoir beaucoup aimé et pensé que ce roman méritait son statut de best-seller international.

Aussi, je ne pourrais dire si le film est tout à fait fidèle au manuscrit... Quoiqu'il en soit, la reconstitution des années de guerre et d'après-guerre (40) est parfaitement réussi. Le film revient avec sobriété sur les années d'occupation allemande sur l'île de Guernesey, et leurs conséquences, quelques années après. Il montre aussi parfaitement la différence de vie et de préoccupation d'alors entre la bourdonnante Londres qui n'a pas été envahie (même si ayant subi le Blitz) et l'insulaire et mélancolique Guernesay qui a dû vivre avec les envahisseurs. La perception de la guerre en est alors changée et les traumatismes différents.

Même si j'ai eu un peu de mal à entrer dans le film dans un premier temps, je me suis très vite laissée charmée par les paysages majestueux et très vite, les personnages me sont devenus très attachants. Contrairement à la presse, je n'ai pas eu l'impression que l'aspect romance prenait le dessus dans l'histoire, bien au contraire. L'émotion est là, mais toute en délicatesse, avec parfois, une légère pointe de british humor ! Et le spectateur est tenu en haleine du presque début à la toute fin.

En fait, malgré son sujet dramatique, Le cercle littéraire de Guernesey est un film qui fait du bien. Il rappelle, une fois de plus, toute la magie qui peut découler d'un livre, de la lecture : évasion, partage, rencontres.

A ne pas bouder, que vous ayez ou pas lu le roman d'origine !

 

PS ; Pour conserver l'aspect so british du film, je vous conseille de le voir en V.O !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 14 Juin 2018

Roman SF - Editions Le livre qui parle - 7h26 d'écoute - 17.95 €

 

Parution d'origine en 1943

L'histoire : Nous sommes en 2052. La société est ultra électrisée, automatisée, robotisée...

Puis, un jour, tous les avions tombent en même temps... L'électricité a disparu... Plus rien ne fonctionne. Paris, puis la France entière tombe alors dans le chaos... Les réflexes humains les plus primitifs remontent alors à la surface...

 

Tentation : Curiosité, envie de culture

Fournisseur : Bib N° 3

 

 

Mon humble avis : Jeune adulte, j'avais lu quelques romans de Barjavel, sans me rendre compte que je lisais alors de la science-fiction, les différents genres littéraires m'étant alors soit inconnus, soit indifférents. J'avais adoré à l'époque et depuis 20 ans, je me disais qu'il me fallait retourner vers Barjavel. C'est chose faite avec Ravage, un classique de la SF, et bien plus sombre que les quelques souvenirs qu'il me reste de mes précédente lecture.

Ravage est une dystopie écrite en 1943, soit plus de 100 ans avant l'époque où se déroule son intrigue, qui ne se trouve plus qu'à 25 ans de notre époque... Et c'est réellement fascinant ! Je suis épatée par l'imagination dont a fait preuve Barjavel pour créer un lointain futur dont nous sommes maintenant si proches dans tous les sens du terme. L'auteur avait alors conçu des technologies et des façons de vivre qui sont hélas devenues si réelles... L'hyper connexion, le tactile, l'ultra concentration urbaine, et même la création ex nihilo de starlette à la mode téléréalité. Et nous nous approchons tellement du reste que cela en est effrayant, puisque la société imaginée par Barjavel sombre dans un chaos tel que seuls les instincts primaires et un retour en arrière dans le mode de vie permet de survivre. L'approche et le message de Barjavel jouxtent nos peurs actuelles et même les prédictions pessimistes des scientifiques, historiens, ou humanistes contemporain. Imaginez qu'en 1943, René Barjavel évoquait déjà le réchauffement climatique ! Les artistes et écrivains seraient donc des précurseurs passant pour fantaisistes alors qu'ils devraient être pris on ne peut plus au sérieux et écoutés...

Quant à déroulement du roman lui-même : 4 parties...

- Les temps nouveaux... Présente la société de 2052, surtout pour le pire mais un peu pour le meilleur, avec forte ironie et causticité de la part de l'auteur. Pour le lecteur, c'est très divertissant et amusant et pleinement satirique.

- La chute des villes... Les choses sérieuses commencent ! Plus d'électricité... le chaos commence avec ses destructions, son lot de violence humaine (par vice ou par survie)... La barbarie est de retour et touche tout le monde.

- Le chemin des cendres... François et Blanche, les personnages principaux, ont constitué une équipe qui fuit la capitale pour rejoindre le sud de la France où subsistent encore une véritable agriculture et un certain art de vivre... Cette partie ci est vraiment post(apocalyptique)... La longue route qui attend ce petit groupe est parsemée d'embûches en tout genre et les décès seront nombreux. Cette partie-là fut assez laborieuse et longue pour moi.

- Le patriarche : François et les quelques survivants de son groupe refonde une société ex nihilo, avec des bases et des règles très stricte pour repeupler le pays Cette société est basée sur la sagesse, la méfiance de tous progrès scientifiques et technologiques, pour ne pas renouveler les erreurs du passé. Seule importe réellement l'agriculture et l'autosuffisance. Par contre, il m'a semblé que le comportement de François, qui devient le patriarche, s'approche du despotisme... A l'époque où Barjavel a écrit ce roman, en France, nous sommes dans les années Pétain...

Bref, Ravage est un roman très dense, dont il est impossible d'aborder tous les sujets dans une simple chronique. Fascinant, Ravage n'est finalement pas si pessimiste que cela quand on voit où nous en sommes en 2018, et terriblement contemporain. En effet, nombre d'idéologies, de prévisions scientifiques ou de modes de vie de certains d'entre nous ne prônent-ils pas le retour à la terre et aux valeurs essentielles.

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 12 Juin 2018

Film d'Hélène Fillières,

Avec Lambert Wilson, Diane Rouxel, Corentin Fila

 

Synopsis :  Laure a 23 ans. Elle se cherche. C’est dans la Marine Nationale qu’elle va trouver un cadre, une structure, des repères. Solide et persévérante, elle va faire son apprentissage et découvrir sa voie.

 

Mon humble avis : Avec ce film, nous entrons dans les arcanes de l'école de formation de la marine. C'est très intéressant, mais parfois compliqué si l'on n'y connait pas grand-chose à cette armée, au niveau du vocabulaire employé, des expressions et des initiales, surtout qu'en début de film, cela semble trop souvent murmuré ou pas assez articulé.

Bien sûr, il y a des images superbes et l'on peut se rendre compte de ce qu'est vraiment intégrer l'armée. Le style de vie, le protocole, les cérémonies, les us et coutumes et surtout, cette obéissance à toute épreuve et l'humiliation souvent subie. Bref, un univers qui n'aurait jamais été pour moi, au cas où mon âge avancé m'apporterait quelques regrets !

Le parcours de la jeune Laure, sa persuasion, son entêtement, son courage, et sa persévérance sont admirables et sont pour moi le seul enjeu du film alors que celui-ci devrait se placer dans sa relation avec le commandant Rivière (Lambert Wilson)...

En effet, la source de sa volonté n'est pas claire et du coup nous tient à distance... Est-ce pour se surpasser elle-même (ce qui serait pour moi la seule raison vraiment intéressante), pour prouver à l'autre qu'elle peut y parvenir ? Pour suivre un modèle qu'elle admire ? Ou par amour ? Si c'est cette raison qui l'emporte, à mes yeux, c'est raté. Tout cela reste bien flou, trop flou ou trop subtil pour être réellement crédible. Ce qui est certainement un choix de la cinéaste mais qui m'a laissée mitigée en sortie de salle. L'armée la taiseuse est ici poussée à l'extrême avec un afflux de non-dits qui noient les émotions en fait...

Le ton du film est froid, ton appuyée par une météo finistérienne qui ne semble jamais avoir un rayon de soleil. Ce qui donne une certaine langueur à ce film, accentuée par des dialogues souvent minimalistes.  Je me demande ce qu'aurait donné le film avec une actrice aux yeux marron en fait... Car ce qui est vraiment magnétique ici, ce sont les yeux de Diane Rouxel. Bref, j'ai trouvé l'ensemble assez lisse, malgré l'interprétation irréprochable.

Mais bon, Volontaire n'est pas non plus un film désagréable. A vous de voir !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 10 Juin 2018

Voici les 3 chats que j'ai élu à l'unanimité comme les plus beaux chats du monde chacun dans leur catégorie :

- Praslin le plus beau chat tuxedo, alias chat noir et blanc !

- Tsingy le plus beau chat trigré/marbré gris !

- Aya, plus belle minette tigrée marron.

 

Je l'ai déclare aussi comme les chats les plus respectueux du sommeil de leur humaine puisque, si besoin, ils me laissent faire le tour du cadran (ça doit faire rêver plus d'un propriétaire de chat !)

 

Pendant que vous regardez ces photos, je suis de bénévolat pour la journée à la Braderie du Quartier Ste Thérèse à Rennes, pour l'association à laquelle j'appartiens : Félin  Possible. La braderie est l'occasion de parler de notre action, de recruter des bénévoles et surtout de gagner de l'argent en vendant moult et divers objets qui nous ont été donnés à cet effet... Du vide grenier donc...

Si vous ne pouvez pas venir me voir et m'acheter une bricole pour l'asso Félin Possible, vous pouvez tout de même nous aider par un petit geste tout simple... Car l'un des nerfs de la guerre pour sauver tous ces toujours plus nombreux chats et chatons abandonnés, c'est l'argent.

Félin Possible a donc mis en place un système de teaming.... En vous enregistrant, vous vous engagez juste à donner 1€ par mois à l'association. 1 € / mois donné, si discret dans votre budget et tellement pour les boules de poils à remettre sur pattes !

Si vous voulez donc participer au teaming, cliquez ici https://www.teaming.net/associationfelinpossible

 

Merci d'avance et bon dimanche !

UN DIMANCHE AVEC LES PLUS BEAUX CHATS DU MONDE !
UN DIMANCHE AVEC LES PLUS BEAUX CHATS DU MONDE !
UN DIMANCHE AVEC LES PLUS BEAUX CHATS DU MONDE !
UN DIMANCHE AVEC LES PLUS BEAUX CHATS DU MONDE !
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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Un monde de chat

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Publié le 8 Juin 2018

Film de François Damiens

Avec François Damiens, Matteo Salamone, Tatiana Rojo

 

Synopsis :  Dany Versavel a un souci avec son fils : à 15 ans, Sullivan ne veut plus d’un père qui fait le king derrière les barreaux. Pour Dany, son « ket », c’est sa vie, hors de question de le laisser filer. Il décide donc de s’évader de prison prématurément ! Entre cavales, magouilles et petits bonheurs, il a tant de choses à lui enseigner. Un apprentissage à son image. Au pied de biche, sans pudeur ni retenue. Mais là où l’on pouvait craindre le pire, se cache peut être le meilleur…

 

 

Mon humble avis : Ce n'est ni pour la profondeur et le travail du scénario, ni même pour sa finesse que l'on va voir ce film. On va voir Mon Ket car c'est un OVNI dans le cinéma, un film presque expérimental. Car il a été tourné à 80% en caméra cachée.

Les acteurs principaux sont bien des acteurs, dont l'irrésistible François Damien en génial toqué irrévérencieux en tête... Ceux-ci sont bien au courant qu'ils sont filmés et font donc leur boulot.

Mais tous les personnages secondaires le sont à leur insu, piégés par la caméra cachée de Damiens. (Ils ont tous donné leur accord au final pour figurer dans le film).

Cela donne des situations extrêmement comiques, burlesques, hilarantes... Ces personnes lambda qui se retrouvent témoins et acteurs de circonstances absurdes menées par François Damiens sont juste un régal à observer... Ils ont, où n'ont pas, la réaction que l'on pourrait attendre  dans de tels contextes... La plupart sont ébahis, perplexes de stupeur, d'autres font preuve de beaucoup de patience, d'incrédulité ou encore d'égo quelque peu surdimensionné.

Le must reste tout de même le passage au débit de tabac où François Damiens apprend à fumer à son ado de fiston...

Mais, cela part sur les chapeaux de roue dès les première scènes en prison, où Damiens inverse la situation en considérant que le personnel pénitentiaire est à son service et que c'est lui qui le paie avec ses impôts.

Bref, même si le scénario est léger; il s'éloigne même un peu trop de son sujet. Mais il est en fait secondaire, il sert de fil rouge pour la succession de sketchs qui le composent. C'est sympa mais pas inoubliable.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 6 Juin 2018

BD - Editions Sandawé - 56 pages - 15 €

 

Parution en Mai 2017

 

L'histoire :  Vétéran de la 1ère guerre mondiale, Moroni Fenn est un mormon tourmenté. Son comportement violent lui vaut d'être envoyé, bien malgré lui, au Mexique pour assurer la sécurité des colonies des "Saints des Derniers Jours" qui y sont implantées. En chemin, il sauve une petite Indienne exhibée comme un animal sauvage. Un geste qui va réveiller les fantômes de temps qu'on croyait révolus.

 

 

Tentation : Couv et Pitch

Fournisseur : Bib n°3

 

 

Mon humble avis : Et zut, en empruntant cette BD bien tentante, je n'avais pas vu qu'il s'agissait d'une trilogie... dont le deuxième tome n'est pas encore paru !

Bon, peu importe, que ce petit bémol ne vous empêche pas de piocher ce superbe album lors de votre prochaine virée en bibliothèque.

Déjà, les dessins sont savoureux et nous plongent dans les contrées arides et type western de la Sierra Madre au Mexique. Ils nous ramènent aussi cent ans en arrière et nous propose une belle histoire, faite de rebondissements, parfaitement distrayante. Où il est question de l'ombre des Indiens Apaches et Chiricahua, qui ont normalement disparu de la contrée une bonne vingtaine d'années plus tôt, avec l'abdication de Geronimo.

Il est question aussi, sur les toutes premières planches, de la Première Guerre Mondiale, des tranchées, des américains, qui rentrèrent (pour les plus chanceux) chez eux traumatisés. Nous suivons ainsi le parcourt de l'un d'eux, Moroni Fenn. Il a la particularité d'être mormon. Suite à la guerre, il erre dans Salt Lake City très alcoolisé. Il est alors envoyé au Mexique par les Saints des derniers jours pour y maintenir l'ordre. Car l'on apprend ici qu'à cette époque, aux USA, les mormons ont aboli la polygamie dans leurs rangs. Certains mormons, désireux de poursuivre cette tradition, migrèrent au Mexique.

A la fin de cet album, un cahier des plus instructifs nous informe encore plus sur ce sujet, et l'on découvre ainsi que les protagonistes de cette histoire sont inspirés de personnages ayant existé. L'un des auteurs, féru d'histoire d'indiens et de cow-boys (mais surtout des indiens), nous livre alors un historique passionnant et instructif sur les guerres indiennes, sur la "cohabitation" entre indiens, mexicains et colons et la disparition de certaines tribus, notamment, celles des Apaches, "les Indiens sans plume".

Donc à lire évidemment, même s'il faudra attendre quelque temps encore pour suivre les aventures de Moroni, de sa femme et de la jeune indienne Buy. J'ai hâte !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 4 Juin 2018

Roman - Editions Gallimard - 224 pages - 19 €

 

Parution le 22 mars 2018

 

L'histoire : Antoine Duris, trentenaire, débarque à Paris et postule comme gardien de Musée à Orsay, pour devenir invisible, taiseux et mystérieux aux yeux des autres. Mais surtout, Antoine se tourne vers la beauté, et notamment vers un portrait de Jeanne Hébuterne de Modigliani, dont il a la chance d'être le gardien.

Pourtant, quelques semaines plus tôt, Antoine Duris était encore un éminent prof des Beaux-Art de Lyon. Quel traumatisme l'a poussé à changer ainsi de vie ? 

 

Tentation : Ma fanitude envers l'auteur !

Fournisseur : Bib N°1

 

 

Mon humble avis : Ce livre est sans doute le plus grave, dramatique et remuant roman de Foenkinos qu'il m'ait été donné de lire (A part Charlotte, mais qui était une biographie historique). Et pourtant, il est aussi celui qui me déroute le plus car il ne correspond pas à ce que J'attendais de l'un de mes auteurs fétiches. Je me réjouis toujours d'entamer un Foenkinos car je sais que je vais y trouver humour, situations, personnages aussi banals que singuliers, dialogues décalés et une certaine légèreté couvrant des propos profonds. Sous une certaine causticité, Foenkinos dévoile toujours un océan de tendresse, de douceur et de bienveillance. En résumé, j'ai toujours aimé l'aspect divertissant de l'oeuvre de mon chouchou. Sauf qu'avec Vers la beauté, David Foenkinos nous propose une véritable tragédie. Certes, on ne peut reprocher à un auteur, ou à tout autre artiste d'ailleurs, de vouloir se renouveler et explorer d'autres horizons. Il n'empêche, me voilà déroutée !

D'autant plus que la première partie, l'arrivée d'Antoine sur Paris et au Musée D'Orsay, est tout à fait fidèle à ce que j'aime chez l'auteur. Le personnage est curieux, fantasque malgré sa détresse apparente qui n'est alors pas du tout expliquée. On peut donc tout imaginer, même l'excentricité ou la singularité.Certaines situations et dialogues mènent à rire.

La deuxième partie paraît d'avoir aucun lien avec la première, si ce n'est son personnage principal commun : Antoine Duris. Mais il m'a semblé lire une banale histoire de rupture amoureuse, alors que pour moi, Foenkinos ne rime jamais avec banal justement.

La troisième partie met en scène Camille, ses terreurs, ses angoisses, son mal -être, et ses tentatives de reconstruction par son amour de l'art et ses velléités artistiques. Je ne donnerai aucun autre détail sur le destin de Camille pour ne pas déflorer l'histoire. Mais cette partie est terrible, bouleversante, dramatique et hélas, très actuelle et véridique.

La quatrième est courte et fait globalement office de conclusion à ce roman qui traite du traumatisme, de la culpabilité, de la violence humaine, de la destruction d'un être et de la reconstruction par la beauté, à savoir ici : l'art.

Outre le fait que cette lecture m'a déroutée, je suis aussi sceptique sur le choix de l'ordre de ses parties... L'arrivée d'Antoine sur Paris étant en fait ultérieure à l'histoire de Camille et ressemblant donc à du Foenkinos, je l'ai lu comme telle, enfin, comme j'ai lu récemment Le Mystère Henri Pick. La construction de l'oeuvre ne m'a pas permis de comprendre le désarroi d'Antoine,, de le prendre au sérieux quelque part. Je l'ai donc conçu au premier abord comme un personnage "farce". Je mets des guillemets car ce genre de personnage, dans les romans de l'auteur, a toujours bien des choses à nous dire sur nous, notre monde, nos déceptions, nos relations etc. En fait, Foenkinos nous parle souvent des "petits" drames de la vie de chacun. Ici, nous sommes dans l'ignominie.

Evidemment Vers la beauté se lit facilement et se révèle puissant quant à son sujet, mais voilà, le roman m'a paru un peu trop désordonné pour révéler pleinement cette puissance que l'on sent comme prisonnière de la construction. Elle aurait pu exploser si le romancier n'avait pas choisi cette formule d'aller-retour dans le temps. Vers la beauté est donc un Foenkinos tout à fait différent des autres, qui peut surprendre les officionados de ce fait, mais aussi conquérir les récalcitrants à l'auteur.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 1 Juin 2018

Film de Vanessa Filho

Avec Marion Cotillard, Ayline, Aksoy-Etaix, Alban Lenoir

 

Synopsis :  Une jeune femme vit seule avec sa fille de huit ans. Une nuit, après une rencontre en boîte de nuit, la mère décide de partir, laissant son enfant livrée à elle-même.

 

Mon humble avis :  Ce film est d'une intensité rare. Puissant ça oui, bouleversant aussi. Et dérangeant, certainement. Mieux vaut être "préparé" pour le voir, et renoncer à aller au ciné si vous traversez une mauvaise période. Car on sort de là chamboulé, révolté. Bref, on se sent très mal.

Mais attention, à quelques invraisemblances mineures près, ce film est une magistrale réussite. La jeune Ayline Aksi Etaix n'est pas étrangère à ce résultat. La petite fille qui joue Ellie est archi bluffante de talent. Malgré la présence de Marion Cotillard, et bien c'est elle qui porte le film sur ses frêles épaules. Les plans de la caméra sur le visage de l'enfant sont saisissants : on voit réellement en elle tantôt l'enfant qu'elle devrait être, tantôt l'adulte qu'elle semble devenue...à 9 ans... Marion Cotillard ne surprend plus, car on sait qu'elle est capable de TOUT jouer à la perfection... Enfin si, elle épate toujours tout de même !

Le sujet de ce film est on ne peut plus dramatique... Une mère célibataire, paumée, immature, dépressive, alcoolique... qui abandonne sa fille de 9 ans, la mettant dans un taxi direction la maison pendant qu'elle même part avec l'amant du soir... Marlène ne reviendra que des jours et des jours plus tard, sa gamine livrée à elle-même. Sauf que la petite Ellie suit la même voie que sa mère... et devient alcoolique...

Alors évidemment, Gueule d'Ange est choquant. On est sidéré devant le nombre d'adultes qui croisent la vie ou un instant de vie cet enfant errant seul sans s'en préoccuper, sans même lui adresser un regard. On est en colère de la quasi absence des services de l'enfance. On est abasourdi par la déchéance de la mère et des conséquences sur sa fille.

On pourrait croire que les détails de cette histoire sont exagérés ou caricaturaux pour marquer les esprits ou faire pleurer dans les chaumières. A peine, m'a dit un de mes "co-séanciers", ancien policier qui enquêté sur des histoires de meurtres ou de maltraitances sordides. Ses mots : "tout ce qui est dans le film, je l'ai déjà vu, je l'ai déjà constaté, j'y ai déjà été confronté dans ma vie professionnelle.

Outre les sujets majeurs de la dépendance et de ces dégâts (dont les dégâts collatéraux) et de la maltraitance de l'enfant, je pense que le but de ce film est effectivement de marquer les esprits et de rappeler notre responsabilité à tous de prendre soin de ces enfants en déroute, dont les parents n'assument pas leur devoir. Même si c'est derrière les murs, même si cela semble ne pas nous concerner.

Là où je suis plus dubitative, c'est que je ne pense pas que les gens concernés par le sujets (ou qui devraient se sentir concernés) iront voir ce film... En tout cas, pas les parents tombés dans la déchéance de l'addiction au point d'en oublier leurs enfants... Et sans doute pas non plus les gens qui, dès qu'une situation les dérange (soit dans leur emploi du temps, soit dans leur état d'âme), pratiquent la politique de l'autruche qui ne veut pas d'ennui...

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 30 Mai 2018

Roman - Editions Audiolib - 4h16 d'écoute - 21.90 €

 

Parution d'origine chez Christian Bourgeois en août 2015. Existe en format poche !

L'histoire : Dès sa naissance, Bride a été le cauchemar, la honte et le fardeau de ses parents... Pourquoi ? Parce qu'elle était bien plus noire que ces parents mûlatres, d'un noir bleuté. Alors, toute son enfance, Bride a quémandé l'amour de ses parents, jusqu'à commettre l'irréparable pour en obtenir un geste d'amour, sa main dans celle de sa mère.

Devenue adulte, Bride est une femme magnifique qui a fait de sa couleur un atout. Elle est haut placée dans une société de cosmétiques. Et qui voit Bride ne serait-ce qu'une fois est suffoqué par sa beauté. Mais le passé reste ancré en elle ses souvenirs et ses traumatisme. Ce roman est celui de sa délivrance, ainsi que celle d'autres personnes autour d'elle.

 

Mon humble avis : Méga coup de coeur pour ce 11ème roman de l'écrivaine Américaine Toni Morisson (et 2ème lu pour moi)

Déjà, mention ultra spéciale pour l'interprétation qu'en donne Anna Mouglalis dans cette version audio. Quel talent de lecture et surtout, quelle voix ! Qui semble sortir des entrailles de la terre et qui pénètre de suite dans nos veines pour nous étourdir de sa puissance émotionnelle. Je dirai un peu timbre ressemblant à celui de feu Jeanne Moreau, qui correspond tout à fait au ton de cette histoire, narrée par plusieurs de ces personnages, et parfois par la romancière elle-même.

Toni Morisson explore encore moult sujets qui lui tiennent à coeur. Le racisme, latent ou manifeste, qu'il soit sociétal ou familial, intra-communautaire ou extra-communautaire... La jeunesse dans une Amérique très modeste. La pauvreté. Les coins perdus où vivent des américains d'un autre temps, dans de simple caravane... bref, une ambiance Bagdad Café par moment dans ce roman.

A travers le personnage de Bride, qui, malgré un départ épineux dans la vie, qui embrasse un succès professionnel et une réputation phénoménaux, Toni Morisson montre qu'elle refuse la fatalité, mais qu'évidemment les réussites sont plus chères payées. Morisson évoque aussi la vie de couple... Dès le début du roman, Bride est quittée par son ami... Parce qu'"elle n'est pas LA femme..."... Dès lors, pour Bride, c'est encore une remise en question et pour Morisson, l'occasion d'explorer le couple et ses mystères, et de conclure que dans le couple, le sexe est une information mais en aucun cas une connaissance de l'autre.

Bride et son ami respectait le jardin secret de l'un et de l'autre, sans jamais s'interroger sur le passé respectif de chacun. Peut-on construire un couple sur une base aussi peu solide... Puisque le passé oriente tout de même l'avenir, ou du moins la façon que nous avons de le concevoir et de le ressentir.... Ce n'est pas dans le secret ni le mensonge que l'on peut guérir des épines du passé.

Je resterai vague sur le sujet pour ne point spoiler ce magnifique roman, mais, dans ces pages, ce sont au moins quatre personnes qui trouvent enfin le chemin de la délivrance, en croisant celui de quelqu'un d'autre. Il y a Bride bien sûr, mais aussi sa meilleure amie, qui semblait vivre dans l'ombre de Bride. L'ex fiancé de Bride, Booker, trouvera aussi une délivrance de son lourd passé. Tout comme une autre personne, dont je ne dirai rien, mais pour qui la délivrance se situe au-delà de la liberté... Une liberté qui n'est pas suffisante pour libérer. En fait, il me semble presque le sujet principal de ce roman soit le pardon : le pardon aux autres, le pardon à soi-même, et le pardon des autres... Accordé, quémandé, espéré, salutaire.

Ce livre jouit d'une écriture soignée, efficace, sans longueur, sans effet de style particulièrement recherché...Et pourtant, tout claque, tout marque, tout s'imprime, tout émeut et remue. Le destin de ses personnages, qui ont tous en commun de vouloir aimer et surtout, d'avoir besoin d'être aimé, nous pénètre profondément... Et comme dit plus haut, la voix d'Anna Mouglalis n'est certainement pas étrangère à cette savoureuse émotion.

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 28 Mai 2018

Film de Marie-Castille MENTION- SCHAAR

Avec Audrey Fleurot, Clotilde Courau, Olivia Côte, Nicole Garcia

 

Elles sont Présidente de la République, nounou, boulangère, comédienne, prof, fleuriste, journaliste, sans emploi, pédiatre. Elles sont possessives, bienveillantes, maladroites, absentes, omniprésentes, débordées, culpabilisantes, indulgentes, aimantes, fragiles, en pleine possession de leurs moyens ou perdant la tête. Bien vivantes ou déjà un souvenir ... Fils ou fille, nous restons quoiqu'il arrive leur enfant avec l'envie qu'elles nous lâchent et la peur qu'elles nous quittent. Et puis nous devenons maman ... et ça va être notre fête !

 

 

Mon humble avis : Celles et ceux qui s'attendent à un film drôle, comme peut le laisser supposer la bande annonce seront déçus. Tout comme celles et ceux qui imaginent ici une véritable histoire.

Car La fête des mères est un film choral, qui met en scène une multitude de personnages qui se croisent et s'entrecroisent sans être conscients de leurs "X" degrés de séparation, finalement infimes, qui les séparent ou les rapproches. Toutes et tous sont reliés par un fil que seuls les spectateurs peuvent remarquer.

Ce film est un hymne aux mères qui assurent d'une façon ou d'une autre la transmission, mais aussi à toutes les femmes. Il décortique avec justesse, sensibilité et discrétion les rapports des mères avec leurs enfants, qu'ils soient encore enfants ou devenus adultes. Il se penche autant sur le ressenti des mères, que celui des enfants. Il y a le ressenti, les ressentiments, l'amour, l'admiration, la tendresse, l'incapacité à communiquer, l'absence d'instinct maternel devant une certaine pression sociale qui fait croire que celui-ci est naturel et spontané.

Toutes les mères sont réunies dans ce film. Les absentes, car décédées ou en rupture familiale, les vivantes mais jamais là, même quand elles sont là. Celles qui ont l'instinct maternel sur-dimensionné et d'autres qui ne l'ont pas (encore). Les vieillissantes, et celles qui perdent la tête pour cause d'Alzheimer, mais qui n'oublient pas les mots qui piquent. Celles qui attendent avec joie, celles qui viennent d'apprendre qu'elles attendent et qui en sont terrifiées. Celles qui ne le seront jamais biologiquement mais qui attendent aussi l'enfant qui viendra de loin. Celles qui aimeraient que leur adulte d'enfant leur lâche les baskets. Celles qui sont fières, celles qui doutent, celles pour qui la maternité est juste naturelle et un long fleuve pas forcément tranquille mais qui se calme avec le temps... Celles qui ne seront jamais grand-mère parce que le fils est homosexuel. Car au-delà des mères, c'est de la parentalité que traite ce film. De la parentalité classique, de la monoparentalité, de d'homoparentalité.

La fête des mères n'oublient pas les femmes qui ne seront jamais mère parce qu'elles ne le souhaitent pas et qui sont souvent montrées du doigts par la société.

Ce film à l'esthétique parfaite est donc une succession de saynètes, avec à chaque fois un personnage qui donne le relais à un autre pour la saynète suivante. Le tout est admirablement bien filmé, avec douceur et pudeur, délicatesse et force. Il se dégage de très fortes émotions et celles-ci seront différentes selon que vous soyez mère ou pas, selon les relations que vous entretenez avec vos parents... La fête des mères vous offre un autre regard sur l'autre justement, d'autres points de vue, d'autres témoignages, d'autres explications... Et qui que vous soyez, quoique vous viviez, quoique vous ressentiez, vous pourrez vous dire : "je ne suis pas la/le seul(e)"...

C'est vraiment un très beau film, porté admirablement par tous les comédiens et comédiennes.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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