Publié le 24 Août 2014

Synopsis : Entre ses potes et l’entreprise familiale, l’été d'Arnaud s’annonce tranquille…
Tranquille jusqu'à sa rencontre avec Madeleine, aussi belle que cassante, bloc de muscles tendus et de prophéties catastrophiques. Il ne s’attend à rien ; elle se prépare au pire.
Jusqu'où la suivre alors qu'elle ne lui a rien demandé ?
C’est une histoire d’amour. Ou une histoire de survie. Ou les deux.

 

 

Avec : Adèle Haenel, Kevin Azaïs, William Lebghil

 

 

 

 

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Mon humble avis : Ce film a reçu La Caméra d'Or au dernier Festival de Cannes et c'est pour moi grandement mérité, puisque nous avons là une pépite. Bref, j'ai adoré, même si je suis allée au ciné un peu sur la pointe des pieds, ne sachant pas trop à quoi m'attendre.

Les combattants, c'est déjà un scénario très original, des personnages hors du commun, des lumières sublimes. Le film est rythmé, rien de trop ni de pas assez, capitvant jusqu'au bout. Pas de vulgarité, un bel humour fin et délicat, le but de ce film n'étant pas de multiplier les gags et de vous conduire à l'hilarité. Non, c'est un film qui laisse le charme agir au fur et à mesure, mais sûrement. En fait, ce sont plus les dialogues et l'incongruité comportementale de Madeleine face à Arnaud qui prêtent à de bons rires.

La rencontre de ces deux jeunes, aux caractères bien fouillés, et ce qui en découle, montre beaucoup de subtilités scénaristiques. C'est amusant et touchant... Ici, le garçon n'est pas une chochotte mais est le plus féminin des deux, notamment par son recul sur les choses, sa sagesse et ses reflexions. Bien sûr, il se cherche encore et son chemin vers la maturité n'est pas terminé. Mais c'est vraiment un bon gars? Par contre, Madeleine est un vrai garçon manqué, qui réagit au quart de tour de manière très sanguine et brutale. Elle ne s'accomode pas de la réalité, alors qu'Arnaud oui, en quelque sorte. Et chacun va amoindrir un peu le caractère de l'autre.

Et puis c'est surtout un film sur une recontre percutante, une collision dit même le réalisateur. Pessismiste sur l'avenir de l'humanité et de la planète, Madeleine se prépare par dessus tout à la survie en milieu hostile. C'est pour cela qu'elle veut intégrer une unité d'élite de l'armée. Mais loin de ses idéaux et de sa logique guerrière (sauver sa peau), elle se retrouve confrontée à la réalité de l'armée.

Face à cela, Arnaud lui propose une initiation à une toute autre survie : la survivance morale et psychologique. L'une voit la force, l'autre une certaine sagesse comme moyen de survie. Cette échange est orginalement traité et fait "Des combattants" un film on ne peut plus réussi, brillant. Un film initiatique on ne peut plus atypique et à voir sans aucun doute !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 22 Août 2014

Roman - Editions Mercure de France -131 pages - 14.50 €

 

Parution le 28 août 2014 - Rentrée littéraire

 

L'histoire : La narratrice se fait embaucher en qualité de professeur particulier de violon auprès du fils d'un richissime vénicien. Durant son temps libres, elle arpente les rues de Venise. Ces promenades sont propices à l'introspection. Et c'est durant l'une d'elles qu'elle aperçoit Marianne une première fois, avant de la suivre, au grès des balades et de l'écouter, à son insu.

 

 

 

 

Tentation : J'ai beaucoup aimé les 2 premiers romans de l'auteure.

Fournisseur : Mercure de France

 

 

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Mon humble avis : Comme j'aurais aimé rédiger un autre billet ! Comme j'étais sûre d'écrire une éloge dithyrambique si ce roman suivait la veine des deux précédents chefs d'oeuvre d'Anne Révah (Manhattan et Pôles Magnétiques, que je vous recommande toujours chaleureusement).

Mais voilà, ce "Quitter Venise" m'a laissée de glace. Je n'y ai même pas retrouvé la plume si délicate et soignée qui m'avait tant plu dans mes deux autres lectures. Au fil des pages, je m'interrogeais : "Où est l'Anne Révah que j'admire".

J'ignore si le changement de maison d'édition y est pour quelque chose, mais mon impression qui croissait au fur et à mesure que j'avançais dans cette histoire était : il manque à ce livre une relecture et une correction supplémentaires. Certains éditeurs ne font pas appel aux services de correcteurs. Je le sais par des appels mystères que j'ai passés ces dernières années, justement quand un livre s'avérait mauvais au point de douter du travail éditorial...

Toujours est il que même si les premiers temps, ma lecture de "Quitter Venise" me plaisait assez, j'ai vite déchanté. L'écriture.... quand je la décortique trop, c'est que soit l'histoire ne me captive pas, soit qu'elle est trop pleine de défauts, au point de m'agacer et de m'éloigner de mon intérêt majeur : ce que les personnages me racontent, me disent, me confient...

Dans "Quitter Venise", il me semble que si l'on supprimait les verbes auxiliaires être et avoir, ainsi que vouloir et savoir, on réduirait le livre d'un tiers. Le vocabulaire usité est très limité par rapport à ce que notre belle langue française propose pour évoquer envie, désespoir, sentiments, souvenirs, joie, j'en passe et des meilleurs. Donc première déception malgré les belles envolées poétiques et lyriques qui parsèment le texte.

Certains souvenirs ou anecdoctes de la narratrice sont évoqués à plusieurs reprises, dans des termes quasiment identiques. Redondance souhaitée par effet de style ou une fois encore, manque de relecture ?

La narratrice ne m'a pas touchée, ses problématiques médico/familiales me sont restées on ne peut plus extérieures, alors que je suis très souvent empathique.

Enfin, ce qui fait le piment de la quatrième de couv et permet de pressentir une orginalité certaine dans le sujet se révèle très secondaire, presque absent du récit. Ce n'est pas toujours un soucis, si le premier plan se montre digne d'intérêt, ce qui n'a pas été le cas, pour moi et mon humble avis, je le reprécise. Et c'est dommage, car j'aimais bien l'idée de connaitre une personne rien qu'en la suivant et en écoutant ses conversations aux terrasses de cafés etc... Je serai prête à lire un roman qui ne traiterait que de ce sujet, sans s'encombrer de souvenirs familiaux dramatiques et pénibles.

Néanmoins, les lecteurs qui connaissent la cité Vénicienne trouveront certainement dans ce livre un intérêt supplémentaire, à savoir : glisser leurs pas dans ceux de la narratrice au fil des rues, ruelles, ponts, places et se souvenir de leur voyage là-bas.

 

challenge rentrée littéraire 2014 1% logo

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 20 Août 2014

Roman - Editions Livre de Poche - 219 pages - 6.10 €

 

Parution en LDP en 2001

 

L'histoire : Thomas mène une vie routinière loin de ses montagnes. A la SACEM, où il travaille, une veille dame lui demande, contre une belle somme d'argent, de se faire passer pour Charles, militaire défunt, auprès de sa fille adoptive. Hélène serait en effet dans le dénie devant le décès de son ancien prétendant. C'est tout une autre histoire que Thomas va découvrir en se prêtant au jeu. Il n'est pas au bout de ses surprises et ne s'attend certainement pas à un tel bouleversement dans sa vie.

 

 

 

Tentation : Le pitch et l'auteur

Fournisseur : Ma PAL !

 

 

Mon humble avis : C'est un beau roman, c'est une belle histoire, c'est une romance... d'aujourd'hui.... et qui pourtant, ne date pas d'hier ! Lol ! Oui, c'est surprenant de lire un bouquin où il est encore question du minitel, des cabines téléphoniques, et du Franc !

Et pourtant, comme nombre d'histoire d'Amour, celle de Thomas et d'Hélène est atemportelle, même si elle est loin d'être banale !

Se plonger dans une oeuvre de Didier van Cauwelaert, c'est être quasi certain de passer un bon moment de divertissement et d'émotion, sans faire l'impasse sur une écriture agréable, soignée et fluide. Mission remplie donc par cette demi-pensionnaire. J'adore la symbolique du titre qui est donnée en cours d'histoire. Demi-pensionnaire, parce qu'Hélène a beau être clouée dans un fauteuil, elle n'est qu'à moitié sur terre. L'autre moitié, c'est dans les airs qu'elle la passe, en étant pilote de voltige.

Didier van Cauwelaert nous offre ici une bonne bouffée d'oxygène et une sacrée leçon de vie, sans jamais se noyer dans le pathos, bien au contraire, puisqu'il nous emmène faire des loopings dans le ciel.

Deux êtres qui n'auraient jamais dû se rencontrer, que tout oppose.... en apparence. En fait, ce roman est un formidable point levé contre les apparences tout simplement. Il démontre bien qu'il faut toujours creuser si l'on veut connaitre, et se défaire des préjugés que l'on vous vend à l'emporte pièce.

Ainsi, Hélène, malgré ses jambes qui ne répondent plus, est une formidable boule d'énergie, d'indépendance et de joie de vivre. Thomas n'est pas l'homme plutôt superficiel qu'il s'emploie a être depuis quelques années. Edmée a t-elle toute sa tête ou celle ci part elle en lambeaux ? Peu importe. Elle a pris Hélène sous son aile et s'attend à ce qu'on lui laisse exprimer son affection pour cette jeune femme courageuse, avec qui elle partage tant. Jacqueline, fille d'Edmée, est-elle aussi mauvaise qu'on le dit, ou juste malheureuse de voir sa mère plus attachée à une "étrangère" qu'à sa propre fille ? Alors que le monde entier voudrait séparer Hélène et Edmée, Thomas va se découvrir une mission....

Bref, par moult rebondissements, avec un humour irrésistible et des idées qu'il faut vraiment trouver, Didier van Cauwelart fait de cette demi-pensionnaire un personnage fantasque, très attachant, drôle et démontre qu'il suffit d'une personne pour changer votre vie, ou du moins la remettre sur les rails que vous vous étiez fixées, mais dont certains événements vous ont écarté. Le tout dans la joie et la bonne humeur ! Vive l'amitié, vive l'Amour, vive l'entraide, vive l'intergénérationel, c'est ce que nous dit Didier van Cauwelaert. Et surtout vive la liberté de chacun !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 17 Août 2014

Synopsis : Pour sauver son couple, renouer avec son frère et rassembler toute sa famille autour de son père qui vient de tomber malade, Aidan devra tour à tour changer de mode de vie, délaisser son rêve de comédien et partir à l’aventure de la vie d’adulte. Entre Los Angeles, le désert californien et ses propres rêves, saura-t-il trouver le véritable rôle de sa vie ?

 

Avec Zach Braff, Kate Hudson, Mandy Patinkin, Joey King

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : Je pensais que "le rôle de ma vie" serait une comédie divertissante. Et bien pas du tout, malgré quelques réparties qui prêtent à rire ou sourire. Et pourtant, j'ai adoré ce film, même s'il me renvoyait un peu mon image et certaines épreuves de mon passé. Ce film n'est pas franchement gai, par contre, il est positiif et nous en sortons avec un certain sourire, une certaine force et de belles réflexions.

Le sujet ne détonne pas par son originalité : celui du père de famille qui n'a jamais grandi en restant fixé sur ces rêves d'enfance ou d'adolescence. Les deux heures de ce film sont donc initiatique, et l'on voir cet homme se transformer et devenir enfin adulte et responsable. Ce qui est sert ce sujet cette fois ci, c'est l'intelligence, la délicatesse, la subtilité avec lesquelles il est traité. Aucune faute de mauvais goût, c'est pour moi un film parfait, très émouvant. Un film qui me parle beaucoup.

Sans assener de leçon de morale, ce film distille d'intéressantes réflexions spirituelles. J'ai aimé la façon dont cette famille vit / ou non la religion. Ici, c'est un peu le monde à l'envers. C'est la fille qui tient plus que tout à sa religion et qui la pratique beaucoup plus que ces parents ne le souhaiteraient. Mais ils font preuve d'une grande et intelligente tolérance envers leur fille.

Ce film évoque par dessus tout des relations père-fils qui n'ont pas toujours été faciles, qui ne le sont toujours pas malgré le crépuscule de la vie qui s'annonce pour le père/grand père (joué par un méconnaissable Mandy Patinkin, qui avait endossé le rôle de chef d'équipe dans les 2 premières saisons "d'Esprits Criminels"). Alors bien sûr, Zach Braff se penche aussi sur l'accompagnement en fin de vie, toujours avec délictesse.

La vie de couple, avec ces hauts et ses bas, tient aussi une place importante dans le film. Et ce couple, qui se soutient et parvient, à force de concessions, d'amour et de discussion, à surmonter les tourmantes est très attachant, rassurant quelque part. Car malgré les tensions sous jascentes, on sent entre cet homme et cette femme une belle complicité et, encore une fois, de l'intelligence.

Enfin, l'évolution du personnage principale est magnifique, parce que non grandiloquente. Naturelle, au fur et à mesure, en partageant avec son père, son frère, ses enfants, en ouvrant les yeux. C'est par un petit conseil qu'il donne à quelqu'un que son destin jaillira en somme.

Enfant, les deux frères Aidan et Noah rêvaient de devenir des super héros qui sauveraient le monde. Et enfin, alors que leurs mérites sont reconnus par leurs proches, ils réalisent qu'être un homme ordinaire, ce n'est pas mal non plus dès lors que votre identité et votre personnalité sont respectées.

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 15 Août 2014

BD - Editions Delcourt - 192 pages - 29.90 €

 

Réedition en intégrale en 2013

 

L'histoire : Jeune homme célibataire et occupant un petit poste de fonctionnaire, Julien Boisvert na rien dun aventurier. Un jour, il décide de partir pour lAfrique. Commence alors pour lui une longue quête : la plus simple qui soit mais aussi la plus belle, celle de soi-même. Afrique, Europe, Amérique, chaque étape est l'occasion de rencontres et dexpériences qui amèneront Julien à se découvrir vraiment.

 

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib'

 

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Mon humble avis : La couv qui figure sur ce billet est celle de la version intégrale rééditée en 2013. A l'origine, Julien Boisvert fit son apparition à la fin des années 90 sous la forme de 4 tomes. C'est ainsi que je l'ai lu. Précision importante pour justifier mon impression : ce n'est qu'à partir du 4ème tome que mon intérêt s'est fait réalité.

Pourtant, cette BD avait tout pour me séduire, puisqu'elle promettait entre autre aventures et exotisme. De fait, le premier tome nous emmène quelque part en Afrique, le 2ème sur l'île de Guernesay, le 3ème au Mexique et enfin, le 4ème aux Etats-Unis. Mais l'apprentissage culturel qu'apporte ces BD est proche du néant, excepté pour le 4ème tome, encore et toujours.

Les dessins ne m'ont pas toujours été agréables, malgré des couleurs vives. Mais trop souvent, j'ai douté de l'identité des personnages, parfois durs à reconnaitre. Quelques planches ne sont même pas très claires pour saisir l'action qui se déroule. A aucun moment de ma lecture je me suis dit "whaou, chouette dessin, superbe paysage..." ou autre. Et puis la police d'écriture est minuscule et nécessite par moment quelques efforts occulaires.

Le premier tome aurait pu être franchement intéressant s'il avait bénéficié de quelques coups de pioche supplémentaires. Pas assez creusé ou détaillé. J'ai traversé les 2 tomes suivants sans qu'aucune aspérité ne m'accroche. Vraiment trop légers, même dans les péripéties de Julien.

Et surprise, j'ai trouvé le tome 4 génial et passionnant. Julien y part aux Etats Unis à la recherche de son père. Cette quête est l'occasion d'aborder des sujets plus sérieux, plus durs, tel que le racisme, le KKK, Martin Luther King, le nazisme. Les bulles sont bien plus fortes et claquantes que lors des 3 premiers tomes, puisque certaines font même froids dans le dos, notamment lorsque Julien se rend "inconnito" dans une réunion de néo nazis. L'atmosphère des années 60 - 70 aux Etats Unis est très bien rendue, entre manifestation pro ou anti raciste, mouvements populaires etc. Là, l'émotion a commencé à bien pointer le bout de son nez, alors que les 3 premiers tomes n'avaient soulevé aucun émoi en moi.

Oui, à mon humble avis, il manque vraiment ce petit quelque chose pour que cette BD soit convaincante, et notamment un Julien qui soit un peu plus attachant. Il m'a laissé de glace alors qu'il vit des aventures peu ordinaires.

Malgré mon enthousiasme pour le 4ème tome, mon impression générale reste : mouais !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 12 Août 2014

Thriller - Editions Pocket - 350 pages - 6.80 €

 

Parution chez Pocket en mars 2014

 

L'histoire :Par sa fenêtre, Elsa, retraitée, observe le jardin de ses voisins, histoire de passer le temps. Elle remarque 2 enfants pleins de vie, et un 3ème, à l'écart, qui semble maltraité. Elsa alerte les services sociaux, mais personne ne la crois. Et pour cause, cet enfant ne figure sur aucun registre de l'Etat Civil. Mais Elsa n'entend pas baisser les bras et fera son possible pour sauver l'enfant aux cailloux.

 

tentation : La blogo

Fournisseur : Ma CB au salon du livre de Rennes.

 

 

 

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Mon humble avis : Et bien figurez vous que le livre parfait existe ! Si si, je l'ai trouvé, c'est celui ci : L'enfant aux cailloux ! Estampillé "Thriller, ce qui est mérité, cette histoire peut aussi s'apprécier comme un roman "classique".

Le plaisir de lecture, ici XXL, s'est manifesté dès les premières lignes ! Alors que je sortais d'un polar pitoyablement écrit, ici, je me suis enfoncée d'aise dans mon oreiller tant le style me caressait. L'écriture est mignifique, soignée comme il le faut et d'une fluidité remarquable.

Le malaise s'installe tout doucement mais sûrement pour devenir magistral. Impossible de poser ce livre. Comment distinguer la raison de la folie dans ces pages où l'auteure instaure un trouble insidieux. Notre avis envers Elsa, le personnage principal qui oscille entre anti-héroïsme et héroïsme, ne cesse de se modifier. Tantôt bonne petite vieille, tantôt mère possessive, voire acariâtre, tantôt manipulatrice tantôt charmante, on ne sait que penser d'Elsa. On l'aime et on la déteste. Bien sûr, les informations finales délivrées par Sophie Loubière figent nos sentiments dans les dernières pages, bouleversantes.

Dans cet Enfant aux Caillous, pas d'hémoglobine, pas de sérial killer qui hante vos nuits, pas de super flics, pas de flic alcoolique non plus d'ailleurs ! Mais une psychologie des personnages extrêmement bien développée et fouillée, tant dans leur intimité que dans leurs rapports aux autres. Elsa est fanstasque, haute en couleur, insaisissable. Son fils est étonnant de dévotion envers sa mère, malgré des apparences parfois trompeuses. Ce thriller, très éloigné des lieux communs du genre, marque avant tout par son extrême subtilité. Nous sommes dans l'observation, pas de grandes actions et pourtant, le rythme est soutenu. Impossible de s'ennuyer, tant le mystère est intense !

Il touche et émeut beaucoup aussi, de par les sujets traités : La maltraitance des enfants, la solitude des séniors, l'isolement, la folie.

L'enfant aux caillous est une pepite, un chef d'oeuvre que je vous conseille de lire d'urgence !

 

0 Challenge Thrillers & Polars 2014 Liliba 3

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Thrillers - polars français

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Publié le 8 Août 2014

Synopsis : Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
 

A la suite de circonstances indépendantes de sa volonté, une jeune étudiante voit ses capacités intellectuelles se développer à l’infini. Elle « colonise » son cerveau, et acquiert des pouvoirs illimités.

 

Avec Scarlett Johansson, Morgan Freeman, Min-Sik Choi

 

 

 

 

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Mon humble avis : Je suis fan de Luc Besson, alors suis-je objective ? Je l'ignore. Ce que je peux dire, c'est que ce film ne m'a pas déçue, malgré une fin un peu "abrupte". Disons que j'aurais aimé que le Lucy dure plus longtemps et parte sur d'autres conjectures encore plus folles !!!

Ce que j'aime chez Luc Besson, c'est qu'il a vraiment un univers à lui, bien à lui, que l'on peut retrouver de film en film. Tantôt dans le drame, tantôt dans l'action, la science fiction, ou même l'image de synthèse. La sensibilité du réalisateur est toujours là et ses obsessions aussi sans doute : L'avenir, ce que l'humain fait de lui et de sa planète, l'humain qui se surpasse.

Luc Besson n'a aussi pas son pareil pour proposer des personnages charismatiques, très spécifiques et haut en couleurs. Des personnages qui ne peuvent que sortir de l'imagination de Besson : Nikita, Léon (pour la violence), Leeloo (Vème élément) et maintenant Lucy, qui ne dépareille pas dans la brochette !

Luc Besson est en free style côté imagination et théories sur l'humanité et son intelligence. J'aime ses théories et les questions qu'elles posent dans un format totalement divertissant et spectaculaire ! Ce n'est pas un film prise de tête, l'action est le maître mot. Mais l'on s'interroge : L'intelligence absolue, un confort ou calvaire ? L'intelligence absolue, l'homme en est il digne et serait il l'user à bon escient ? La plupart des hommes n'utilisent que 10% de leurs capacités cérébrales. L'espèce vivante qui utilise le plus ses capacités cérébrales, ce sont les dauphins avec 20%... Au passage, clin d'oeil au Grand Bleu dans le film ! Clin d'oeil aussi à Léon, Nikita, le 5ème élément, E.T...

Le scénario tient tout à fait la route, la tension monte, le délire Bessonien augmente à chaque dizaine de pourcentage de capacité cérébrale gagnée par Lucy. On est dans l'anticipation par excellence, et pourtant, on pourrait y croire. Car point de robots ni d'extra-terrestres dans ce film, juste une nana banale qui, victime de trafiquants, se retrouve par accident avec une quantité impressionnante de drogue dans le corps. La drogue, ce sont les hommes qui la fabriquent, pour aller toujours plus loin, toujours plus fort, gagner toujours plus. Alors qui sait, dans son délire, Luc Besson n'est il qu'un visionnaire un tout petit peu en avance !

Besson s'est fait plaisir avec humour, pour notre plus grand plaisir à nous ! Que c'est bon !

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 3 Août 2014

Synopsis : Gretta et son petit ami viennent de débarquer à NYC. La ville est d'autant plus magique pour les deux anglais qu'on leur propose de venir y vivre pleinement leur passion : la musique. Le rêve va se briser et l'idylle voler en éclat quand, aveuglé par la gloire naissante, il va la plaquer pour une carrière solo et... une attachée de presse.
Ses valises prêtes et son billet de retour pour Londres en poche, elle décide de passer une dernière nuit à New York avec son meilleur pote. Ce dernier l'emmène dans un pub, la pousse sur scène et la force à chanter. Dans la salle un producteur s'adonne à sa plus dangereuse passion : l'alcool. Revenu de tout, du succès et de sa gloire passée, amer, rancunier, il a perdu le fil de sa vie,... Et soudain il entend cette voix, découvre cette grâce, ce talent brut et authentique... Une rencontre enchantée qui pourrait finir en chansons...

 

 

étoile2.5

Mon humble avis : La bande annonce est très engageante, le film l'est un peu moins. Dommage, même s'il n'est pas déplaisant, il n'atteint pas les objectifs qui semblent fixés dans les extraits. L'affiche promet une pépite romantique. Mouais. On ne doit pas tous partager la même définition du romantisme sauce contemporaine.

Pour moi, ce film aurait été réussi s'il était concentré uniquement sur son sujet principal : la musique. Mais la vie personnelle des personnages, leurs histoires d'amour ou plutôt de désamour prennent trop de place.

Néanmoins, New York Melody nous offrent de sacrés bons moments, moments même jouissifs. La création de cet album et son enregistrement dans les rues New Yorkaises, avec les moyens du bord, sont vraiment très sympa et l'on se prend au jeu. Certains rêves de jeunesse remontent à la surface chez la spectatrice que je suis. Celles et  ceux qui n'y connaissent pas grand chose à la musique apprendront avec plaisir comment se font, se créent, s'imagine les arrangements d'une chanson.

Le journal "Le parisien" décrit New York Melody comme une chronique lucide de l'industrie du disque actuelle". Je recopie, car oui, c'est tout à fait ça. Le film montre les "commissions" magistrales des maisons de disque par rapport au cachet minuscule des artistes eux mêmes. Le média internet joue désormais un rôle prépondérant pour un artistte désireux de se faire connaitre, et ce rôle du web modifie les rapports, notamment les rapports entres artistes et maisons de disque. De même, le pouvoir des maisons de disque qui, pour plaire le plus possible au public, massacrent certaines chansons qui ainsi perdent l'âme qui a mis l'auteur.

La bande originale est très sympathique à écouter, vraiment entrainante. Comme il s'agit le plus souvent des chansons de fameux album, les paroles en sont traduites en bas d'écran. Et c'est presque dommage, car on se rend compte que celles ci sont très proches de la mièvrerie.

Malgré mes quelques déceptions, rendons à César ce qui appartient à César, New York Melody est un véritable hymne à l'amour de la Musique, celle qui vient des trippes et vous garde en vie.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 31 Juillet 2014

Thriller - Editions Pocket - 418 pages - 7.70 €

 

Parution en Pocket en 2009

 

L'histoire : Ridley a toujours cru que Max était son oncle. Quelque temps après la mort de celui ci, elle a appris qu'il était en fait son père biologique. Et de surcroit, le FBI lui assure que celui ci est vivant et qu'il la suit presque pas à pas. Ca tombe bien, une foule de gens, recommandables ou non, sont à la recherche de Max. Ridley flirte donc entre le statut de cible et d'appât dans une course infernale entre New York et Londres.

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

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Mon humble avis : Si j'accorde 2 étoiles à ce thriller, c'est uniquement parce que je ne veux pas être de mauvaise foi. Alors oui, malgré tous ses défauts sités juste après, ce roman m'a tout de même accrochée. Bref, je voulais savoir !

A part cela, Sans Issue aurait pu être lu en hiver, car il aurait été alors bien rhabillé (par moi !).

Déjà, et ce n'est indiqué nulle part sur le livre (ni en jaquette ni en introduction), Sans Issue est une suite... J'aurais aimé en être informée. Ainsi, j'aurais peut-être mieux saisi le méli mélo des premières pages, les événéments référencés comme s'ils tombaient du ciel, et les liens qui unissaient la foule de personnages. "Cours ma jolie", le premier opus, remporte les éloges des lecteurs critiques des sites commerciaux.

Pour ce deuxième opus, je suis plus que mitigée. Ma lecture, très simple dans l'absolu, n'a même pas été agréable. Et pour cause... Le style est déplorable. Une écriture d'une simplicité plus que ras des paquerettes, et encore, des paquerettes sans tiges. J'ignore si mon impression eut été différente avec une lecture un V.O. Est-ce l'auteure qui écrit mal, ou la traduction qui est mauvaise, qui ne rend pas service à cette histoire ? Quoiqu'il en soit, entre vocabulaire de base, répétitions, mots de même racine à 2 lignes d'intervalle, erreurs de concordance des temps ou de grammaire, coquilles d'impression, le style n'a aucune fluidité et ne provoque qu'agacement, même colère devant un ouvrage qui parait ainsi vraiment bâclé. Et pourtant, Lisa Unger a vendu des millions d'exemplaires de ses romans à travers le monde.... je suis donc une fois de plus dubitative sur certains choix éditoriaux.

Au sujet de l'intrigue en elle même, elle semble bien construite dans les premiers temps. Elle n'est pas avare de rebondissements qui gardent le lecteur en haleine. Mais les réactions de certains personnages deviennent de plus en plus improbables au fil des pages, tant dans les dialogues que dans l'action, même finale. La fin est qui plus est décevante, d'autant plus que tous les "trous" ne semblent pas "bouchés".

La quatrième de couv annonce une héroïne attachante. Que nenni ! Pour ma part, je l'ai trouvé irritante. Sans doute parce qu'elle est la narratrice, que ce thriller se décline donc à la première personne du singulier. Et quand celle ci ne fait que répéter, toute les 3 pages :"vous commencez à me connaitre" pour justifier son comportement et ses réflexions répétives, et bien on ne peut que se dire : "oui, c'est bon, on passe à autre chose".

De fait, je me suis plongée dans un thriller bien français où, des les premières lignes, je me suis enfoncée d'aise dans mon lit devant une plume si agréable. Qui sait, ma prochaine lecture thriller sera peut-être un coup de coeur, enfin ! Il est temps !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #thrillers polars étrangers

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Publié le 29 Juillet 2014

Roman - Editions Folio - 188 pages - 6.20 €

 

Parution en poche en 1997

 

L'histoire : Dans une Guadeloupe tourmentée par le chaos de sa diversité ethnique, sociale et culturelle, au temps des rues obscures les rumeurs devenaient des réalités.Un jour, la rumeur annonça «l'Homme-au-Bâton». Personnage mystérieux, sans visage, sans nom, qui défraya la chronique de nos jours immobiles en nous faisant glisser sous l'écale de la peur. Partout à la fois, aux quatre coins de notre poussière d'île, invisible et sinistrement présent, il perforait nos femmes en laissant derrière lui un sillage de parole et une kyrielle d'enfants.Dès lors nos imaginaires, riches de toutes les peurs (peur du nègre marron, peur du cyclone, peur de la Soufrière, etc.), inventèrent les parades les plus cocasses.

 

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Ma PAL, achat en Guadeloupe l'an dernier.

 

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Mon humble avis : Dépaysement garanti avec cet Homme-Au-Bâton. Si vous voulez une plongée dans le coeur de la guadeloupe et de l'identité créole, ce livre vous tend les bras et répondra à toutes vos attentes.

Au commencement, il y a une jeune créole de bonne famille qui se retrouve mystérieusement enceinte. Elle dénonce l'homme-au-bâton, qui serait venu la cueillir pendant son sommeil. La rumeur enfle, enflamme toute l'île, surtout que d'autres cas plus tragique encore se font connaitre. Dès lors, c'est la panique sur l'île, l'enquête, les croyances, les médisanes, la sorcellerie, les moeurs, tout s'en trouvera transformé jusqu'à l'émeute. L'imaginaire collectif est bien en route, et des commerçants font même fortune avec des parades contre cet homme-au-bâton.

Ce roman est dans la pure tradition littéraire créole. D'ailleurs, expressions créoles francisées ou non (dans ce cas, traduite en bas de page à l'aide d'un *) fleurissent un chaque page et donnent un charme indéniable à cette histoire. Ces expressions francisées sont en fait le fruit du contact de deux langues, le Français et le créole. La Guadeloupe est disglossique, c'est à dire que 2 langues y sont parlées. Et la littérature créole ne veut que légitimer et réabilité cette langue, afin qu'elle ne soit plus uniquement considérée comme le patois de l'esclavage.

 Cette histoire qui est un mythe, une légende, une croyance qui permet à Ernest Pépin d'aborder moult sujets qui lui tiennent à coeur, tant dans la forme que dans le fond.

L'homme-au-Baton est donc clairement inscrit dans un mouvement littéraire pour lutter contre l'assimilation et l'aliénation de la culture créole par la culture métropolitaine. L'histoire s'inspire d'un fait divers de 1956. Ernest Pépin brosse ainsi le portrait de la société Guadeloupéenne des années 60 aux années 90, avec l'essort d'un tourisme canadien à visée purement sexuelles et les conséquences sociétales et comportementales en Guadeloupe de ces charters aux motivations particulières. Les rapports entre le D.O.M et la métropole sont étudiés, comme la réputation de la France et de Paris auprès de certains Antillais qui n'ont jamais quitté leur village. L'histoire tourne beaucoup autour des moeurs locales, très libertines. Les réputations qui se font et se défont en fonction de vos prouesses sexuelles, de vos nombres d'amants ou de maitresses etc.

Dans la tradition Guadeloupéenne, L'homme-au-Bâton est nommé Dorlis, un démon masculin qui visite les femmes pendant leur sommeil et satisfait leur désir.

Sous des aspects divertissants, avec un humour non négligeable, ce roman est donc un écrit réellement culturel qui permet une immersion totale dans la culture et la société créole. C'est une lecture que l'on pourrait qualifier d'ethnologique. Et, si j'ai moi même passé près de 3 ans en Guadeloupe, j'ai appris nombre de choses (palpables ou non), car quoi qu'il en soit, malgré mes envies profondes de m'intégrer, je suis toujours restée "une métro".

J'ai eu juste à déplorer quelques longueurs et une fin qui ne convient pas forcément à la relative cartésienne que je suis. Mais je vous invite chaleureusement à vous plonger dans cette créolité.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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