Publié le 26 Juin 2023

Roman - Editions Lizzie - 8h07 d'écoute - 20.99 €

Parution Lizzie 2019 (Belfond 2017)

L'histoire : Celle de Jojo, 13 ans, et de sa "famille", en Louisiane. Jojo est métisse et déjà "l'homme de la famille". Son père blanc est en prison, Léonie, sa mère noire à fond dans le crack. Ce sont donc ses grands-parents maternels qui l'éduquent, et lui qui s'occupe principalement de sa toute petite soeur, Kayla.

Léonie apprend la libération de Michael... Elle embarque ses deux enfants et une amie dans un road trip jusqu'au pénitencier.

Tentation : Les éloges sur ce roman

Fournisseur : Bib de Rennes

Mon humble avis : Bon, je ne vais pas y aller par quatre chemins, le chant des revenants ne m'a ni parlé, ni atteinte, ni bouleversée ni accrochée. Une audio lecture que j'ai donc plutôt subie (même si c'est volontairement que je suis allée au bout, espérant toujours une révélation qui ne vint pas.) Peut-être aussi que le format audio n'était pas l'idéal pour aborder cet ouvrage.

Les personnages s'expriment chacun leur tour et l'on a ainsi des visions différentes des situations qu'ils traversent. Mais parmi eux, se trouvent aussi deux défunts qui prennent la parole, et là, l'intérêt du texte et sa compréhension m'échappaient encore plus. Ces défunts, c'est Given, le frère de Léonie, assassiné adolescent par des copains de chasse blancs. Et puis il y a Richie, l'ancien compagnon de chambrée du Grand père de Jojo, qui fut mis à mort dans de cruelles circonstances. Mais comme leurs interventions sont mises à distances par les récits de Jojo et Léonie principalement, et bien il m'a été difficile de les suivre et de leur trouver une contenance qui soit poignante.

La partie road trip du roman m'a été d'un ennui mortel, si longue, si répétitive, revenant sans cesse sur l'appétit inassouvi de la petite Kaila, son vomi et l'odeur qui en découle.

Et puis l'ensemble est d'une tristesse à mourir, rien ne nous est épargné dans les sujets sensibles qui sont un peu trop superposés à mon goût : racisme, pauvreté financière et intellectuelle, drogue, cancer, "maltraitance" enfantine, violence de l'emprisonnement pour les noirs à une certaine époque. Bref, n'en jetez plus ! Et tous ces sujets ne sont finalement que survolés et se volent un peu la vedette. 

Certes, on aime Jojo, mais peut-être plus par pitié devant la vie qu'il mène que par l'intérêt qu'il éveille vraiment.

Ce roman a reçu le prix National Book Award 2017 et bien d'autres prix encore, et sur les plateformes, les avis dépassent les 4 étoiles... J'ai même lu des comparaisons avec la plume de Toni Morrison .... Ca aussi cela m'a échappé car les deux romans de Toni Morrisson que j'ai lus ont été des coups de coeur. National Book Award, j'aurais dû me méfier... J'en avais reçu un en SP il y a une dizaine d'année, je n'avais pas dépassé les 30 premières pages... Il s'intitulait Bois sauvage, de Jesmyn Ward !!! Je n'avais pas fait attention ! La boucle est bouclée, la plume et les histoires de Jesmyn Ward ne sont pas pour moi.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres audio, lectures audio, #Littérature d'ailleurs

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Publié le 23 Juin 2023

BD - Editions Delcourt Pataque - 54 pages - 12.50 € /tome

Parution en 2019 et 2020

Le sujet : Fabcaro revient, dans l'esprit de Zaï Zaï Zaï Zaï, dans un recueil de gags qui revisite notre quotidien et nos contemporains à travers le filtre d'un humour absurde ravageur.Que fait un bébé éléphant dans la salade ? Quels sont les ingrédients pour s'assurer un horrible voyage en TGV ? L'Inde ou le Yémen, quel pays visiter pour pouvoir mieux frimer ? On découvre sous un angle inédit, à la sauce Fabcaro, la rentrée littéraire, la rentrée sociale, l'alimentation bio, la radicalisation, tout ce qui fait notre quotidien, qui deviendra bien plus supportable et léger après la lecture du livre.

 

Tentation : Fabcaro !

Fournisseur : Bib de St Lunaire

Mon humble avis : On retrouve l'oeil acéré et fin observateur de Fabcaro, sur les êtres absurdes que nous sommes, sur les petites et grosses galères qui nous tombent sur la tête, et sur le quotidien souvent grotesque que nous nous infligeons, sans plus trop se poser de question, tant l'aberration et le ridicule sont devenus monnaie courante.

Une planche par situation, un graphisme simple, en noir, blanc et gris, quelques bulles pas trop bavardes, bref, du Fabcaro efficace, sur ses sujets de prédilection. Donc une suite de gags à prendre à différents degrés évidemment. Tout le monde est égratigné, en prend pour son grade, nul n'est épargné ! Rien de bien nouveau sous le soleil Fabcaro pour qui le connaît bien, mais la sauce prend toujours, et assure un sacré moment de détente entre deux lectures plus conséquentes.

Il y a du bon et de moins bon, mais aussi de l'excellent. J'ai emprunté les 2 tomes et même temps, et les ai lus d'une traite, ce qui n'est pas forcément une bonne idée... Car à la longue, le principe lasse un chouia. J'aurais du garder le 2ème tome pour une autre récréation !

Dans le genre...

Suite à un mouvement social, des musiciens de Jazz ne jouent qu'une note sur deux...

Extraits en image : 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 21 Juin 2023

Roman - Editions Folio - 183 pages - 7.50 €

Parution d'origine en 1986 aux éditions P.O.L

L'histoire : Pour faire sourire sa femme et ses amis, il se rase la moustache juste avant d'aller à un dîner. Mais personne ne remarque rien, ou feint de ne pas l'avoir remarqué. Pire, quand il insiste, ses proches soutiennent qu'il n'a jamais porté de moustache. Mauvaise blague ou un début de folie ? Quoiqu'il en soit, le voilà dans une spirale infernale.

 

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

Mon humble avis : Connaissez-vous des livres qui rendent fous ? Et bien en voici un, qui dormait dans ma PAL depuis plus de 10 ans...

C'est avec enthousiasme que je suis entrée dans ces pages. Le postulat de départ, original, me plaisait, m'intriguait. Mais j'en attendais un tout autre développement qui n'est jamais advenu. Pas de pointe d'humour, et pas d'exclamation (genre excellent, bien vu !) de ma part.

Le texte est écrit à la troisième personne du singulier, mais d'un point de vue interne, celui du personnage principal. Pas d'autres points de vue, pas de dialogues, aucun autre protagoniste d'intervient directement. Leurs propos ne sont que rapportés.

Au début, j'ai été évidemment accrochée, me demandant bien comment pourrait évoluer cette histoire de (non) moustache.  Farce de ses proches ou réelle folie, la question demeure un bon bout de temps, avec une tension qui va croissante. On est donc dans la tête du personnage, qui semble sombrer dans une folie paranoïaque, qui paraît s'en rendre compte mais doute sans cesse, et démontre sa lucidité à force d'arguments pour les démonter ensuite et les reconstruire plus tard... Complot contre lui, folie ?  Bref, c'est là toute la prose de ce roman, et le premier tiers passé, cela devient répétitif, lassant, agaçant, exacerbant... On tourne en rond, comme un fou autour d'un poteau. On ne peut plus inconfortable comme lecture, on a qu'une envie finalement, c'est d'en finir... oui, mais finir comme cela, de manière aussi glauque, sans lueur, et avec toujours aussi peu de réponses ou autant de questions, ben, bof bof.

Après, ce roman est peut être très proche et bien représentatif de la pathologie, je n'en sais rien... J'ignore si Carrère lui-même est devenu fou à écrire un tel texte, car il y aurait de quoi. Quelque part, je dis chapeau d'avoir tenu l'écriture tout au long d'un roman, même relativement court, tout en restant cohérant apparemment (car bien sûr, étant donné le texte, on n'a vraiment pas le courage de remonter quelques pages pour vérifier certaines choses ou autres). Cependant, le format nouvelle, pour exploiter un point de départ original, aurait à mes yeux largement suffi ! Car que ce fut long, éprouvant, et finalement, décevant pour moi.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 19 Juin 2023

Roman - Editions Albin Michel - 272 pages - 21.90 €

Parution le 29 mars 2023

L'histoire : Nous sommes dans le prochain quinquennat, dans le bureau du futur président de la République Française. Et nous sommes aussi dans sa tête, puisque ce texte est son journal intime.

Parvenu au pouvoir presque sur un malentendu, celui qui ne sera donc jamais nommé jongle pour régler ou que n'empirent pas les problèmes internationaux, intérieurs et personnels... Une vie sans répit, et c'est un véritable ballet qui se déroule entre autre dans ce bureau, où chaque ministre, conseiller etc, vient y déposer conseils, doléances, conséquences etc...

 

Tentation : La Grande Librairie

Fournisseur : Kdo de ma mère

Mon humble avis : Allez hop ! Coup de coeur ! Non que ce roman soit parfait, non qu'il n'ait été ce à quoi je m'attendais vraiment, mais je l'ai dévoré. Et surtout, il m'a offert un regard distancié et posé sur le monde actuel... Ce qui permet de réfléchir, d'adhérer ou pas... Sans pression ni urgence médiatique.

Avec Tsunami, nous passons quelques semaines dans la tête et dans la vie du futur président, élu depuis quelques mois... Ancien homme d'affaire richissime qui s'est lancé dans la campagne présidentielle en se disant juste "pourquoi pas", quand on le lui a suggéré. Sa richesse, il la doit à la société qu'il gérait avec son meilleur ami, le génie scientifique qui a trouvé comment rajeunir de 30 ans les cellules du corps, et donc de prolonger d'autant la vie de chacun.

Marc Dugain nous invite donc dans les arcanes de l'Elysée et du pouvoir... Il dresse un portrait sans concession (et donc guère optimiste, mais comment pourrait-on l'être) de la société actuelle et de ses dirigeants... Qui ne sont plus vraiment ceux que l'on croit de façon officielle. Mais si j'ai bien compris les propos de Dugain, dans le marasme actuel, les torts seraient partagés. Devant l'individualisme, le collectif s'efface.  Quelques soient les maux et ses maux, l'individu refuse désormais toute responsabilité individuelle et reporte toutes les causes sur l'Etat. L'être humain ne veut que plus plus plus, rajeunir rajeunir rajeunir, mais est incapable de prendre soin de son propre jardin (la planète). On prolonge la vie sur une planète plus qu'en sursit, au moins en ressources nécessaires pour assurer une vie correcte à chacun. Tout n'est que compétition dans la vie... Et quand il se repose, l'Homme regarde encore de la compétition (sport, Top Chef, Koh Lanta...).  L'Homme s'épuise de trop compétition mais s'en abreuve. L'homme qui vit en pays démocratique se plaint de la perte de liberté, sauf que tous les jours, il donne sa liberté contre de la sécurité, et surtout contre la possibilité de l'hyper consommation, celle qui nous conduit directe dans le mur, qui crée des besoins que l'on n'a pas, et qui frustre quiconque qui ne parvient pas à y participer... Ce qui crée des tensions, de la violence, de l'insécurité etc. Et, parallèlement, on n'a jamais vu autant d'opinions avec si peu de connaissances, alors que jamais les connaissances n'ont été aussi accessibles. La médecine est malade, alors que la société crée et génère encore ses maladies (stress, dépression, folie) et les besoins médicaux qui en découlent.

Le vrai pouvoir, celui qui tire les ficelles, crée les situations en fonction des besoins des industriels est plutôt à chercher du côté des GAFAM.

Donc notre président doit jongler, gérer et négocier avec les Gafam, avec Poutine, les islamistes, les américains, les espions... Et le peuple français, les manif de plus en plus violentes contre une proposition de loi Verte que les Français refusent en bloc. Et puis, il a ses propres casseroles, qui ne doivent absolument pas s'ébruiter... Genre poudre blanche etc...

J'admire les connaissances, l'ordre qu'il faut dans sa tête, la culture ou la capacité de s'informer, et bien sûr d'imagination et de talent nécessaire à l'écriture d'un roman aussi crédible et réaliste, tout en restant fictionnel. Marc Dugain nous offre ici un page turner dense, captivant, intéressant, évidemment très actuel, qui invite à la réflexion jusque sur notre système politique à bout de souffle, dans lequel plus grand monde ne croit vraiment. Il y distille de la philosophie du pouvoir, de la psychologie individuelle et sociale. Bien sûr, ces pages ne manquent pas d'ambiguïtés (qui démontrent la complexité de l'époque), de cynisme, d'ironie, et de pointes d'humour. Le narrateur présidentiel n'est pas désagréable, il est au fond simplement très humain dans ces questionnements et ses tentatives de réponses.

Marc Dugain nous propose aussi une oeuvre "interactive" puisque libre à chacun de prendre, le temps d'un roman, la place du Président de la république (personnellement je n'en voudrais pas pour un empire) et de se dire : et moi, quelle décision je prendrais dans cette situation ?

Bref, j'ai dévoré et adoré et j'ai déjà offert mon exemplaire à mon neveu, à qui j'avais bien "vendu" l'histoire !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 16 Juin 2023

Roman - Editions Folio - 112 pages - 6.90 €

Parution chez Folio en Août 2019

L'histoire : Celle de Mauro... Un jeune homme qui, a 24 ans, est Chef de son propre restaurant à Paris. Quel chemin l'a mené là, quelle sera la suite de sa route, de ses projets ?

 

tentation : Pourquoi pas ?

Fournisseur : La boite à livres à bas de chez moi

 

 

 

 

Mon humble avis : J'ai trouvé ce titre dans la BAL en bas de chez moi alors que je lisais "Ce que les étoiles doivent à la nuit" qui se déroule aussi dans le milieu de la gastronomie / restauration. Je me suis dit que l'ouvrage de Maylis de Kerangal pouvait être complémentaire.

Il l'est certes car/mais tout à fait différent. On suit les pérégrinations peu communes de Mauro, qui dès l'enfance, aimaient faire des gâteaux, puis régalaient ses potes du lycée sans qu'il soit question de mal bouffe.  Il ira à la fac de Science Eco et parallèlement, travaillera dans différents types d'établissements culinaires, pour le meilleur et pour le pire, depuis l'auberge jusqu'au resto étoilé... 

A travers Mauro, c'est le secret des cuisines et de la cuisine que nous dévoile Maylis de Kerangal. Au fil des brigades dans lesquelles Mauro oeuvre, on rencontre la passion, la recherche, la créativité, la tradition, les difficultés, la pression, la fatigue, le harcèlement psychologique/physique, la solidarité autant que la violence... Un métier qui s'il est bien fait, ne laisse aucun répit, nécessite tous les sacrifices, surtout celui de la vie personnelle, et inflige un épuisement et une maltraitance du corps.

Maylis de Kerangal offre ici un bel hommage à tous ces hommes ou femmes de l'ombre, qui travaillent avec passion et abnégation pour que nos moments de distractions soient savoureux. D'ailleurs, pour les papilles gustatives, cette lecture peut s'avérer bien savoureuse pour beaucoup.

Si la lecture n'est pas désagréable, elle ne m'a pas transcendée non plus. J'ai trouvé qu'elle manquait de chaleur, d'allant, alors que le personnage de Mauro n'en manque pas pourtant. Très factuel, le texte ne permet pas forcément de s'attacher au jeune homme, même si on admire son courage et sa volonté. La narratrice reste très en retrait, d'elle on ne sait rien, on la devine juste amie avec Mauro.

Bref, un fond intéressant, mais une forme plutôt déstabilisante... Manque d'un liant pour que la sauce prenne vraiment... Et puis aussi l'impression de ne pas avoir eu de dessert.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 13 Juin 2023

Roman - Editions Folio - 352 pages - 8.70 €

Parution Folio Février 2023 (Gallimard janv 2022)

L'histoire : 2016... Alma Revel est juge d'instruction antiterroriste à Paris. Elle doit prendre une décision : libérer ou non un jeune homme suspecté d'avoir rejoint l'Etat Islamique. Ce dilemme est compliqué par la relation extraconjugale qu'elle entretien avec l'avocat de ce dernier.

Tentation : La blogo

Fournisseur : Prêt de mon neveu

 

 

 

 

Mon humble avis : Ce roman est terrible !

Il se lit en apnée, et comme un page turner. Alors que l'on peut se dire, en fonction des événements réels, de la documentation et des conseils réunis par Karine Tuil, que l'on est au plus près de la véracité. Et cela fait froid dans le dos.

La décision m'a complètement captée pour plusieurs raisons. Cette histoire m'a fait découvrir au plus près la vie des juges antiterroristes : la pression, les responsabilités, les risques, les menaces de morts, la vie sous protection, les compétences, la distance nécessaire mais pas toujours évidente devant les erreurs qui ponctuent leurs journées, les cas de conscience et les lois. Par méconnaissance, je ne m'étais pas imaginé la force morale et le caractère nécessaires qu'il fallait pour supporter une telle vie. Karine Tuil livre ici un bel hommage à ses hommes et ses femmes qui risquent leur vie pour la protection des concitoyens, tout en restant, évidemment, humains, avec tout ce que cela comporte.

Alma est la narratrice. Ce qu'elle relate est entrecoupé régulièrement d'extraits d'interrogatoires qu'elle mène avec le mis en examen, de la façon suivante : question du juge, réponse du mis en examen. Sans commentaire, sans analyse, sans réaction. Au lecteur de se faire une idée sur la culpabilité ou l'innocence du mis en examen. Et bien franchement, je n'aurais pas aimé être à la place d'Alma, je n'aurais pas su prendre une décision.

C'est la juge d'instruction antiterroriste qui décide la libération ou la poursuite de l'emprisonnement. La décision c'est elle... mais suite à une batterie de comptes-rendus d'experts psy et autres etc... Et pourtant, la seule responsable des conséquences, légalement et aux yeux du peuples, c'est elle. Elle qui a signé.

On peut se douter assez vite de l'issue de cette histoire, même si des détails nous surprennent tout de même, on ne s'attend pas à tout. Mais la libération et ses conséquences ne sont pas dissimulés. Et c'est ce qui est terrible... C'est que ce jeune homme, revenu de Syrie où il était parti "par erreur et naïveté", soit parvenu à bluffer tout le monde, depuis la juge, en passant par la DGSI et tous les experts qui se sont penchés sur son cas. Et aussi, se pose "le cas de conscience" que je résumerai avec mes petits mots : peut-on humainement garder un homme "qui n'a encore rien fait" en prison. 

Une histoire de décisions, de cas de conscience auxquels je n'aimerais vraiment pas être confrontée. Et qui nous fait dire que rien n'est simple et qu'il est difficile d'imaginer des solutions radicales et justes face à la menace terroriste... Que dans l'humain, il y a le monstre, et aussi des erreurs d'appréciation que nous pourrions tous faire, tant l'ennemi est rusé, et qui ont des conséquences dramatiques.

Un livre qui prend aux tripes, mené d'une main de maître, d'une plume fluide et agréable, et surtout, très bien documenté sur son sujet et sur les procédures. La décision violente, rappelle les pires heures que nous avons vécu en France cette dernière décennie... Et met en lumière celles et ceux qui se battent, travaillent d'arrache-pied au point de s'oublier, de négliger ou de mettre en danger leur propre vie, pour que "plus jamais ça". Une lecture sous tension, mais incontournable à mes yeux.

Un énorme coup de coeur !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 10 Juin 2023

Film de Frédéric Sojcher

Avec Agnès Jaoui, Géraldine Nakache, Jonathan Zaccaï

Synopsis : Noémie retrouve Vincent, son amour de jeunesse, dans l'école de cinéma dont il est désormais directeur. A travers une masterclass hors norme, elle va apprendre à Vincent et ses élèves que l'art d'écrire un scénario c'est l'art de vivre passionnément.

Mon humble avis : Ce film est plus ou moins l'adaptation de l'essai d'Alain Layrac intitulé  "Atelier d'écriture - cinquante conseil pour réussir son scénario sans rater sa vie". Etrangement, il a mis du temps à être diffusé sur Dinard, près de 3 semaines après sa sortie nationale. Mais je tenais vraiment à le voir, voilà pourquoi je l'évoque si tardivement.

Ma motivation pour aller voir "le cours de la vie" ?... Agnès Jaoui, impeccable et naturelle comme toujours... et le sujet... Master class de cinéma en parallèle avec la vie.

Je suis un peu partagée. Le film est lent, mais pas long. Il est délicat, calme, posé, même si parfois, la tension semble monter dans les échanges entre Noémie et les élèves qui assistent à sa master class, suite à des divergences d'opinion, et des différences de génération. Mais l'on sent bien l'importance de vivre passionnément, avec curiosité pour faire du cinéma. La leçon de vie et d'art est là, tout en abordant les actes manqués, les personnes perdues, le temps qui passe (notamment avec Noémie qui retrouve Vincent, trente ans après l'avoir quitté.). L'influence du cinéma dans nos vies, et de nos vies dans le cinéma. Vie et cinéma s'inspirent mutuellement. La caméra n'hésite pas à filmer en gros plans, ces plans qui montrent aussi le temps qui passe sur les corps, les visages, et la nostalgie dans les regards. 

Tout cela est bien rendu. Oui mais, il y a quelque chose de bancal dans ce film, qui empêche la sauce de prendre tout à fait. Frédéric Sojcher a fait le choix de contenir toute "l'action" du film sur une seule journée. Et là est le hic principal... En tant que spectatrice, j'ai eu du mal à trouver un repère temporel... J'avais l'impression que l'histoire se déroulait sur plusieurs jours, au moins 2, étant donné le nombre de pauses, de rencontres dans la cour de l'école, dans le bureau etc. Et en même temps, le fait de contenir l'ensemble de cette master class (entre-coupée par l'histoire et les rapports entre les personnages principaux) sur une journée, fait que les sujets abordés par cette master class ne sont que survolés, ou stoppés parfois au moment où cela aurait pu émouvoir plus par exemple... Dommage. De même, en début de journée, seuls quelques élèves, à qui cela a plutôt été imposé, et qui sont là avec des pieds de plomb, sont présents à cette master class. Et comme par magie (Ok, y a twitter mais tout de même), à la fin de la journée, la salle est pleine. On n'y croit donc pas trop.

Un film original, attachant, mais pas vraiment abouti, et un peu maladroit.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 7 Juin 2023

Bonjour !

On va essayer de reprendre le petit rendez-vous ornitho mensuel, que j'ai un peu négligé ces derniers temps. Aujourd'hui, je vous présente la Mésange bleue, petit passereau très courant, que tout le monde ou presque peut voir en France très facilement.

 

Elle tire son non de sa calotte bleue, de ses ailes et de sa queue. Son dos tire sur le verdâtre. jaunâtre. Le bleu de la calotte de la femelle est plus terne, mais il faut je pense être très avisé pour distinguer les deux sexes.

 

La Mésange bleue est une espèce essentiellement européenne. Elle est forestière, son biotop optimum est la forêt de feuillus, mais elle peut aussi fréquenter les forêts mixtes. On la trouve aussi dans les campagnes riches en haies et buissons, dans les parcs et les jardins. En hiver, elle fréquente beaucoup les mangeoires. Elle côtoie les Mésanges charbonnières et nonnette. 

 

Suivant les régions, la Mésange bleue  est nicheuse, migratrice et hivernante. En Bretagne par exemple, elle est sédentaire. Mais les individus les plus nordiques sont probablement migrateurs.

Son poids varie entre  9 et 12 gr , sa longueur est de 12 cm et son envergure de 18 cm. Petite, la Mésange bleue est très agile et acrobate, grâce à ses doigts griffus. Elle peut se suspendre un peu partout, même sur des fines brindilles, à la recherche de nourriture.

C'est une espèce grégaire en hiver.

 

 

En saison de reproduction, la Mésange bleue forme un couple très territorial, qui peut se montrer agressif envers les intrus de même taille.

Elle se reproduit d'avril à juillet. C'est un nicheur cavernicole... le nid est construit dans un trou d'arbre ou de mur, ou dans un nichoir. Ou toute cavité pouvant contenir son nid (tuyau, poteau creux etc)

Le nid est fait de mousses, d'herbe sèche et de matériaux soyeux, sa coupe est garnie de poils d'animaux. La femelle pond entre 9 et 15 oeufs qui sont couvés par la femelle deux semaines, pendant que le mâle s'occupe du ravitaillement.

Photos de 2 Mésanges bleues juvéniles.

 

Les petits sont nourris par les deux parents, leur premier vol a lieu au bout de 20 jours et l'émancipation totale ne se fait qu'à 4 semaines. Les mésanges bleues font souvent une deuxièmes couvées.

Tous les petits nés ne survivent pas... L'espèce a de nombreux prédateurs (pics, corneilles, pies, écureuils, rapaces, chats etc...)

A la belle saison, celle de la reproduction, la Mésange bleue est insectivore. C'est avec cela qu'elle nourrit ses petits (beaucoup de chenilles aussi), larves, araignées etc. D'où l'importance de ne pas proposer de nourrissage en mangeoire à cette période, pour que la mésange apporte les bons aliments nécessaires à la croissance de ses petits.

 

En saison internuptiale (automne hiver), la Mésange bleue devient granivore et frugivore, sans bouder pour autant les quelques insectes qu'elle peut encore trouver.

Au printemps, on voit les mésanges bleues par paires (couples). En été, on les voit en clans familiaux (un couple dominants, les jeunes de l'année, et des adultes "célibataires".

En hiver, elles sont en bandes nombreuses.

 

Petite anecdote : La femelle est capable de modifier le sex - ration de sa progéniture. Si elle s'accouple avec un mâle plus attirant qu'elle repère grâce aux rayons UV émis par sa calotte bleue, les oisillons sont à 70 % mâles, mais s’il est moins séduisant, ils sont à 70 % femelles.

La Mésange bleue peut vivre une dizaine d'année. Mais le taux de mortalité juvénile est important. A priori, taux de survie des juvéniles la première année : 38 % en Angleterre. Et en moyenne la durée de vie d'une mésange bleue est entre 1 et 3 ans.

Billet évidemment non exhaustif sur l'espèce, il y aurait tant à en dire.

Les textes sont inspirés de mon guide ornitho Belin, du site oiseaux.net, de Wikipédia et de moi !

Les photos sont miennes et interdites d'utilisation ou de reproduction sans mon accord. Elles ont été prises au court de ces deux dernières années, principalement près de chez moi (autour de Dinard), mais aussi en Touraine et dans le Limousin.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Le coin ornitho

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Publié le 5 Juin 2023

Récit de voyages - Editions Livre de Poche - 260 pages - 8.40 €

Parution Poche avril 2023 (Stock avril 2021)

Le sujet : A mi chemin entre le "touriste professionnel" et "le reporter à temps partiel", Julien Blanc-Gras nous emmène dans un tour du monde, via un regroupement d'une trentaine de "cartes postales" dans autant de pays parcourus au fils des années et des missions !

Comme on le sait, en voyage, tout peut arriver, et d'ailleurs tout arrive, pour le pire comme pour le meilleur !

Tentation : Je suis fan de JBG

Fournisseur : Ma CB

 

 

Mon humble avis : Je vois sur la page FB de Julien Blanc- Gras que son dernier opus est paru en poche... Hop, aussitôt su, aussitôt acheté !

Et quel plaisir de retrouver la plume de mon écrivain journaliste voyageur préféré ! Toujours autant d'humour, de perspicacité, d'analyses compréhensibles de situations qui le sont moins et sans prises de tête, et des surprises à chaque coin de rue, ou dans chaque bout du monde. On en apprend toujours autant avec lui, que ce soit des faits on ne peut plus sérieux et incontournables ou des incongruités amusantes, mais qui en disent parfois bien plus qu'on ne le pense. 

Des textes d'une à plusieurs pages, qui s'ouvrent ainsi : Je vous écris de Valparaiso au Chili, ou de Séoul en Corée du Sud, ou de Zanzibar etc. En tant que journaliste touriste, Julien Blanc-Gras couvrent aussi bien un concours de Miss Monde sur une île chinoise, qu'un forum géopolitique en Suisse etc. Avec lui, on réalise à quel point nous sommes tous différents de par le monde, mais aussi la densité de contradictions dans un pré carré... Opinions, richesses, rituels, langues, libertés, on est loin d'être sur un pied d'égalité et pourtant, cahin-caha, le monde semble tenir à peu près debout, même si l'équilibre est bien précaire, avec à droite à gauche, pas mal de poudrières qui ne demanderaient qu'à exploser.

On hallucine devant les énergumènes que Julien Blanc-Gras rencontre, mais on se dit que tout n'est pas forcément perdu, car il croise aussi de belles personnes, qui ont du courage et de l'espoir pour dix, ou au moins pour leur pays... Avec Julien Blanc-Gras, on approche aussi bien les grands de ce monde que l'inconnu avec qui il partage une bière dans un coin paumé. On regarde de loin les grands sites touristiques et on observe à la loupe les sentiers non battus ou les ruelles sombres en pleine nuit. On perçoit parfaitement à quel point le monde est en perpétuel mouvement, que rien n'est acquis, et que le monde de demain est en gestation, qu'il pourrait naître là où on ne l'attend pas, et qu'il dépend un peu de chacun de nous.

Ce recueil de cartes postales est constitué de textes déjà parus pour la plupart dans divers magazines au fil de cette dernière décennie. Certains sont peut-être des inédits, je n'ai pas fait le tri ! Une lecture aussi instructive que divertissante. Un petit bémol néanmoins par rapport aux ouvrages précédents de Julien Blanc-Gras. L'aspect recueil justement, où il manque pour moi un fil rouge. Ici, on picore à droite à gauche, alors que dans ses autres livres, on est sur un sujet défini ou une destination précise, qui de ce fait, sont vraiment approfondis. Mais bon, on est ici dans le format "carte postale"... même si j'ai parfois les ai parfois trouvés d'intérêt inégal. Ce qui n'empêche pas le régal, et le conseil chaleureux de se procurer ce bon bouquin !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #récits ou romans de voyages

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Publié le 31 Mai 2023

Roman - Editions Audiolib - 7h03 d'écoute - 21.96 €

Parution Audiolib et Albin Michel 2021

L'histoire : Celle de Mathilde, sexagénaire et tueuse à gage de profession. Le problème est que Mathilde perd la tête, enfin, la mémoire, mais pas son savoir faire... D'où une certaine escalade inévitable !

 

Tentation : Le nom Lemaitre

Fournisseur : Bib de Dinard

 

 

Mon humble avis : Le roman noir et les thrillers voilà les premières amours de Pierre Lemaitre, qu'il a "abandonnées" il y a maintenant quelques années au profit des sagas historiques, et ce, sans crier gare, sans clore le chapitre... Au grand dam de certains lecteurs fidèles. Aussi, Pierre Lemaitre a eu l'excellente idée de tirer sa révérence au genre en sortant du tiroir son tout premier roman, qu'il n'avait jamais proposé à un éditeur, pour raisons personnelles. Justes quelques retouches esthétiques, et voilà le Serpent Majuscule, écrit en 1985, qui débarque chez les libraires en 2021.

Et bien quelle excellente idée ! On trouve déjà dans ce Serpent majuscule la patte de Pierre Lemaitre, celle qui fera son succès sans démenti ! Une énergie incroyable dans un style déjà brillant, le verbe, les dialogues, et même dans l'intrigue. Pas de temps morts malgré les morts ! Il faut dire aussi que l'interprétation dynamique qu'en donne Nicolas Djermag, très proche de celle que fait Pierre Lemaitre sur la version audio de ces derniers romans, n'est peut-être pas étrangère à ce ressenti très roboratif de cette écoute ! On est embarqué, entrainé dans cette histoire... ubuesque !

C'est drôlement cruel, cruellement drôle, cynique, caustique, on rit rouge, jaune ou noir ! Mais on rit, on se régale, on se divertit, et l'on se dit, jusqu'où Lemaitre va-t-il aller ?! En fait, on est autant dans le roman noir que dans la farce, qui va crescendo, de situations cocasses en loufoqueries, avec entre tout ça, des moments de suspense intenses, car Mathilde est de plus en plus imprévisible. Se tromper de cible n'est que le début !

Un sans faute ? Pas tout à fait tout de même... Car les derniers chapitres m'ont paru un peu longuets, et le final inattendu, un enchainement de causes à effets génialissimes, nous laisse tout de même dans flou. L'enquête de police (certes très secondaire dans l'histoire) étant dirigée par un bras cassé, on ne saura jamais pourquoi les cibles étaient... ciblées !

Une lecture ébouriffante, divertissante, très agréable... A prendre au second, voir au troisième degré évidemment ! En 1985, Pierre Lemaitre était déjà bien maître de sa plume et de son art, et d'une imagination débordante ! Et, soit dit en passant, je verrais bien cette histoire rocambolesque sur grand écran au ciné ! Une bonne comédie noire, ça le ferait bien je pense !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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