Publié le 26 Mars 2019

Film, cinéma, Daniel Auteuil
Qui m'aime me suive

Film de José Alcala

Avec Catherine Frot, Daniel Auteuil, Bernard Le Coq, Solam Dejean Lacréole

 

Synopsis :  Gilbert et Simone vivent une retraite agitée dans un village du Sud de la France. Le départ d'Étienne, son voisin et amant, le manque d'argent, mais surtout l'aigreur permanente de son mari, poussent Simone à fuir le foyer. Gilbert prend alors conscience qu'il est prêt à tout pour retrouver sa femme, son amour.

 

 

Mon humble avis : Qui m'aime me suive ! Pour moi, un bon petit film charmant, avec un léger côté Road Moovie (ben oui, il faut la suivre Mamie Simone). Un genre de cinéma qui m'est très agréable, même s'il ne me transporte pas non plus dans le firmament. 

De superbes paysages, une luminosité solaire qui fait du bien, et des comédiens que l'on aime, dont le nom sur une affiche suffit à nous amener au cinéma.

C'est une comédie avec de bonnes répliques, quelques bons rires, mais ce n'est pas un gag à la minute. Pas de lourdeur. Et une grande affection qui grandit pour chacun des personnages, aussi antipathiques puissent- ils paraître en début de film.

J'aime ces histoires où l'enfant qui parait va apprivoiser le vieux bourru qui semble incurable. J'aime ces personnages qui sont à un tournant de leur vie (ici la retraite) et qui se retrouvent libres ou non de prendre de nouvelles décisions, aspirant à autre chose, en regrettant d'autres, qui savent désormais dire non à une vie routinière et subie... Et c'est ce "non" qui va changer les choses, même si rien n'est facile, et que la nouveauté s'use vite aussi, et que l'amour et 35 ans de vie commune ne s'efface pas d'un coup de baguette magique. Et ce "non" ouvre aussi les yeux des autres et amène de belle réflexion et remise en cause personnelle.

Qui m'aime me suivre est donc un film plein de générosité, de tendresse, d'humour, de douceur amère, et de joyeuses fantaisies. Un film qui fait du bien, à voir donc !

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

Repost0

Publié le 24 Mars 2019

Lors de mes vacances à Corfou en septembre dernier, j'ai en fait assez peu visité l'île de Corfou en elle -même. De fait, ça qui me donne un prétexte pour y retourner "un jour peut-être"... Et oui, j'adore quand je peux prendre un bateau et naviguer vers les îles voisines ou autre.

Alors, nous voici ce dimanche sur l'île de Paxos, à 2.5 km au sud de Corfou. Oui mais comme le bateau part du nord de l'île, cela donne l'occasion d'un long cabotage bien agréable, bercé par une douce brise et le soleil comme caresse.

D'après la mythologie grecque, Poséidon aurait séparé Paxos de Corfou avec son trident afin d'y créer un nid d'amour pour lui-même et son épouse Amphitrite.

Paxos, c'est 25 km² et 2 500 habitants... bref, sans les touristes, c'est assez tranquille. La ville principale,  qui est aussi le port, s'appelle Gaios... Et je vous emmène donc sur ce port et juste derrière, dans ses petites ruelles.

Bon dimanche

 

Corfou, Photo, ile grecque, grèce, Paxos
Corfou Paxos

 

UN DIMANCHE A CORFOU : PAXOS
UN DIMANCHE A CORFOU : PAXOS
UN DIMANCHE A CORFOU : PAXOS
UN DIMANCHE A CORFOU : PAXOS
UN DIMANCHE A CORFOU : PAXOS
UN DIMANCHE A CORFOU : PAXOS
UN DIMANCHE A CORFOU : PAXOS
UN DIMANCHE A CORFOU : PAXOS
UN DIMANCHE A CORFOU : PAXOS
UN DIMANCHE A CORFOU : PAXOS
UN DIMANCHE A CORFOU : PAXOS

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyages dans les iles

Repost0

Publié le 22 Mars 2019

Thriller, Suisse, Finlande
Horrora borealis, de Nicolas Feuz

Thriller - Editions Livre de poche - 283 pages - 7.40 €

Parution d'origine chez Slaktine & cie en 2016

L'histoire : Un festival musical sur le bord d'un lac suisse finit en bain de sang. Walker est là... entre le statut de victime et de coupable. Le flic Boileau arrive pour "négocier avec lui"... Mais pour démêler tout cela, il faudra pouvoir répondre à la question suivante : que s'est il passé en Laponie douze en plus tôt... Alors que la famille Walker, à priori sans histoire passait là-bas quelques vacances et qu'un seul des cinq membres en est revenu vivant...

 

Tentation : La Laponie

Fournisseur : Ma PAL

 

Un thriller qui vous emmène en Laponie Finlandaise.

 

Mon humble avis : Voici un chouette thriller, de très bonne facture, qui a la qualité principale d'être rondement mené et de ne pas s'éparpiller. Il va droit au but en 283 pages, à une époque où polars et thrillers deviennent systématiquement des pavés. Et oui, il est encore possible d'écrire une bonne histoire flippante (raisonnablement), efficace en moins de 300 pages sans fioriture et sans blablas de remplissage ! Rien que pour cela, bravo Nicolas Feuz !

A part ça... Des premières pages un peu difficiles à suivre, le temps que l'ensemble s'installe et que l'on comprenne la construction du roman.... Entre présent (la Suisse) et passé (La Laponie). Une fois ce rythme saisi et acquis, et bien les pages se tournent toutes seules et de plus en plus vite.

L'auteur suisse sait bien manipuler son lecteur... Si je relisais "Horrora Borealis", peut-être dénicherais-je quelques indices mettant la puce à l'oreille et annonçant les rebondissements, voire les coups de théâtre (oh oui, à ce niveau-là, ce n'est plus du rebondissement) on ne peut plus inattendus qui concluent cette histoire glaçante à plus d'un point (les températures polaires lapones, l'atmosphère, les événements étranges et évidemment les meurtres commis on ne peut plus de sang froid avec cette température ambiante). Certes, une fois la dernière page lue, mon cerveau a continué à réfléchir et à mettre en doute certaines révélations. "Oui mais si ceci et untel, est vraiment possible que ceci ou cela, c'est un peu gros non ?" Et puis, j'ai fait taire ma boite à penser, me disant qu'après tout, un lourd traumatisme peut aussi tout expliquer. Et surtout, pourquoi s'interroger quand on a vraiment pris son pied en lisant en livre, qu'on l'a dévoré ?

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Thrillers - polars français

Repost0

Publié le 20 Mars 2019

BD, Bande dessinée, Islande, Angoulême
La saga de Grimr

BD - Editions Delcourt - 232 pages - 25.50 €

 

Parution en septembre 2018

L'histoire :  1783. LIslande, accablée par la misère, doit encore subir le joug du Danemark. Et le sort de Grimr, devenu orphelin, est plus cruel encore dans ce pays où l'homme se définit d'abord par son lignage. Doté dune force impressionnante, il se sait capable de rivaliser avec les plus fameux héros de saga même s'il n'est le fils de personne. Il ne lui manque que l'opportunité de prouver sa valeur

Tentation : Pitch

Fournisseur : Bib N°1

 

 

Une bande dessinée qui vous emmène en terre d'Islande

Mon humble avis : Cet album a reçu le prix du meilleur album au festival d'Angoulême 2018... C'est peu dire...  Et même si La Saga de Grimr n'est pas à proprement parlé un coup de coeur pour moi, je suis assez d'accord avec ce couronnement.

Jérémie Moreau nous offre un voyage autant temporel que géographique. L'Islande en 1783. "Maudite Islande", "Sublime Islande", telles sont les paroles d'un des protagonistes et cette histoire et notamment ses graphismes et dessins le prouvent magistralement. C'est avec grand talent que l'auteur représente l'atmosphère, la majestuosité, la rudesse des paysages de cette île à l'époque très isolée. Des paysages fascinants autant qu'inquiétants, qui rendent la vie difficile... et qui se modifient sans prévenir, tant cette île a le feu au ventre, ce feu évacué lors des irruptions volcaniques. C'est une terre qui tremble, une terre violente, comme certains dessins...  Par contre, le graphisme des personnages m'a moins convaincu.

Nous suivons le destin de Grimr, qui perd ses parents lors d'une éruption volcanique. Il est si jeune alors que pour lui, son père s'appelle juste "Papa". Plus de nom de famille... Il devient donc le fils de personne... ce qui est dramatique en Islande. Sans arbre généalogique et sans terre, vous n'êtes rien. Mais le feu de la terre, Grimr le porte en lui et possède une force herculéenne qui lui donne un rapport très particulier à cette terre. A lui seul, il pourrait représenter cette terre nordique. Un vieil homme un peu arnaqueur sur les bords le prend sous son aile et devient son maître jusqu'à ce que... tout bascule et le triste destin de Grimr le rejoint... Même si celui-ci continue à lutter pour devenir ce qu'il doit devenir et savoir qui il est, et se faire une bonne réputation. Car là-bas, la réputation est tout ce qui compte, puisqu'elle est la seule chose qui vous survit.

Un écrivain poète en peine de d'inspiration croisera aussi la route de Grimr et lui fera don de ses terres... Ainsi, avec des racines terriennes Grimr pourrait devenir le héros de la Saga qu'il rêve d'écrire, l'Islande étant terre de sagas. Ce poète surgit toujours dans cette histoire de façon assez inexpliquée et je l'ai regretté. 

Beaucoup de mystères dans cet album (pas toujours élucidés, dommage je trouve) qui fait appel aux légendes de l'île et, via des dialogues réduits au minimum, va droit à l'essentiel : ce qu'il restera de chacun de nous, de ce que nous avons fait de nous.

Une chouette découverte donc, mais il m'a manqué un petit quelque chose pour que mon enthousiasme se transforme éruption volcanique !

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

Repost0

Publié le 18 Mars 2019

littérature, lecture, littérature américaine, nouvelles
Raymond Carver les vitamines du bonheur

Nouvelles - Editions Thélème - 7h20 d'écoute - 16.95 €

 

Parution d'origine en 1983 aux Editions du seuil

L'histoire : Douze nouvelles considérées comme des chefs d'oeuvre de Carver. Des tranches de vie où l'American Dream n'a pas vraiment le droit de cité... Maladie, alcool, divorce, addictions, expropriation.

 

Tentation : Curiosité culturelle/littéraire

Fournisseur : La bib' N°3

 

 

Mon humble avis : Une lecture expérimentale pour moi ! Non pas que ce recueil soit un OVNI (ou un OLNI), point du tout, mais il se situe très loin de mes terrains de prédilection ou de ma zone de confort. Mais ces temps-ci (peut-être que l'âge avançant n'est pas étranger à ce fait), j'ai vraiment envie d'aller voir un peu ailleurs ! Avec Carver (1938- 1988), considéré comme un nouvelliste de premier plan, me voici sur le seuil des très grands auteurs américains, considérés comme des classiques de la littérature outre -atlantique. Je suis sûre que 2 blogo copines (qui se reconnaîtront) seront étonnées de trouver Carver sur mon blog !

Alors, quid de ces 12 nouvelles ? Certains m'ont terriblement accrochées, d'autres beaucoup moins (comme celle donnant son titre à ce recueil d'ailleurs !). La dernière m'a bouleversée. Mais mon bilan de cette audio lecture reste positif.

Pas d'action dans ces histoires, mais du quotidien, comme il se vit en général dans les classes moyennes. Un moment où la vie bascule dans un certain K.O ou au contraire, quand enfin elle semble pouvoir remonter la pente.

Même si l'on est évidemment dans de la littérature, le style de Carver semble assez épuré. Disons qu'il ne s'encombre par de moult détails et encore moins d'effets inutiles... Juste quelques-uns pour dresser de façon efficace, profonde et touchante le portrait de ses personnages... Du moins, ce que le lecteur doit savoir pour appréhender ce qu'ils vont vivre... Et bien sûr, l'épreuve qui les attend et leurs réactions vont bien sûr nous permettre d'approfondir encore ces protagonistes.  Et de cela, il sort presque une étude sociétale.

J'ai adoré l'écriture de Carver, simple, fluide, directe, mais soignée évidemment et très subtile... Dans le sens où le plus fort n'est pas dit, juste à peine suggéré... Au lecteur de le saisir... ou pas, en fonction de son émotion personnelle, voire de son imagination.

Et cerise sur le gâteau de cette version audio. La voix, l'interprétation de Julien Allouf. Juste, enveloppante, chaude et virile à la fois, qui console et que l'on a aussi envie de consoler. Je suis tombée en amour pour cette voix ! 

Il en reste tout de même que les nouvelles ne sont pas mon domaine de prédilection, même s'il est intéressant d'y faire une incursion de temps en temps.

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

Repost0

Publié le 16 Mars 2019

BD, Bande dessinée, Etats-Unis, seconde Guerre Mondiale
Michigan, route d'une world bride

BD - Editions Dargaud - 148 pages - 19.99 €

Parution en avril 2017

 

L'histoire :  Lorsque Julien débarque dans le Michigan pour y rencontrer la famille américaine de sa femme, il découvre l'Amérique du Midwest marquée par la crise des subprimes et des cousins pas ordinaires. Mais surtout, il rencontre Odette, la grand-tante française au caractère bien trempé. Cette parisienne qui, à la fin de la seconde guerre mondiale, s'est mariée avec un soldat américain. Comme elle, 200 000 européennes ont quitté leur famille et leur pays par amour pour un GI. 200 000 femmes qu'on appelle des « War Brides ».

 

 Mon humble avis : L'auteur se prénomme Julien... tout comme le personnage principale. Cette histoire a donc tout du vécu !

Michigan.... est un album très agréable et intéressant à lire. Des dessins simples mais pas trop non plus, attrayants et tout à fait adaptés au sujet. Des dessins qui différencient les deux époques auxquelles cette BD se réfèrent et fait se relayer par le biais de flash-back dans le passé... Celui des années 1944-1945... La guerre, puis la fin de la guerre. Les mariages entre les G.I et les françaises dont ils sont tombés amoureux ces dernières années... Et ces femmes, les USA leur ont donné une appellation officielle : les war brides. Cette appellation leur donne droit à l'immigration et à la nationalité américaine directement (après néanmoins une ribambelle de tests et de leçons de culture générale, de langue et de cuisine (ah oui, on ne pénètre pas en territoire US sans savoir cuisiner les fameux cookies !). Sur le lot de ces war brides, certaines divorceront et/ou reviendront en Europe. Mais pour Odette non ! 

On suit donc la rencontre d'Odette et de John, la réticence des parents d'Odette à ce mariage puis à ce départ qui s'annonce. Enfin, pour Odette, c'est la grande traversée qui dure 10 jours, en compagnie d'autres War Brides européennes. Son arrivée aux USA amène son lot de surprises...

Tout comme celle de Julien qui rencontre la famille US de sa femme lors de vacances à l'époque actuelle. Même si cette famille est donc franco-américaine, Julien est ébahi devant les différences culturelles... Le port et la possession d'armes à feu, les jeux des enfants, la précarité de la classe moyenne, les distractions, tout lui semble si différent. Cette BD m'a d'ailleurs appris que lors de la crise des subprimes, des américains endettés préféraient brûler leur maison (et toucher ainsi l'assurance), plutôt que de se la voir retirée par l'Etat et la banque.

Bref, un album vraiment sympa et qui montre que, malgré les différences culturelles, nous avons tous un point commun : le lien de la famille et le plaisir des moments partagés !

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

Repost0

Publié le 14 Mars 2019

Roman - Algérie - Albert Camus - L'étranger - Meursault
Meursault, contre enquête, de Kamel Daoud

Roman - Editions Babel - 152 pages - 6.80 €

 

Parution d'origine chez Acte Sud en mai 2014

 

L'histoire : En 1942, à 14h00 sur une plage d'Alger, "L'arabe" était assassiné par Meursault. Cet arabe, mondialement connu, n'a jamais eu de prénom. Il a toujours était juste "l"arabe". En tout cas, Albert Camus ne lui en n'a pas donné dans son roman l'étranger. Soixante dix ans plus tard, Haroun, le frère de l'Arabe, révèle son prénom et son histoire...

 

Tentation : Le pitch + curiosité

Fournisseur : CB puis PAL

 

 

Mon humble avis : Cette lecture fut assez ardue pour moi. Elle nécessite une certaine concentration et sans doute, une bonne connaissance du roman de Camus, "L'étranger". Hélas pour moi, ma lecture de ce dernier remonte déjà à quelques années et ma mémoire n'en a gardé qu'un souvenir flou... Aussi, j'ai parfois peiné, d'autant que j'ai perçu quelques longueurs et il m'a fallu quelque temps pour venir à bout de ces 152 pages, mais qui en valent bien la peine !

Car ce roman est une véritable prouesse littéraire, un exercice de style d'une audace rarement atteinte, d'une originalité irréfutable !

Kamel Daoud donne une vie et un nom à "l'arabe", de "L'étranger" de Camus. D'un personnage anonyme de fiction, il fait un personnage central d'un autre roman, même si ce personnage est défunt. Même si le crime de Meursault se déroule en 1942, que l'action du roman de Daoud se poursuit jusqu'en 1963 et plus tard encore, cette histoire est atemporelle... Elle est celle de toute ces victimes anonymes, victimes de guerres ou de faits divers, qui aux yeux du monde, ne seront jamais plus qu'une victime sans nom, comme l'arabe. Kamel Daoud donne donc prénom à l'Arabe : Moussa. ll lui rend ainsi son identité, ainsi qu'une famille, une vie... Une vie avant... Et les conséquences de la mort de Moussa sur la famille ensuite. Daoud rend ainsi hommage à toutes les victimes qui provoquent moins d'intérêt collectif que leurs assassins qui sont disséqués sous toutes les coutures.

Et puis, dans ce livre, au fil des années, il y a la guerre d'indépendance de l'Algérie, puis la liesse de cette indépendance acquise, et l'évolution des mentalités et des droits en Algérie, avec une religion de plus en plus vigoureuse. Des réflexions très intéressantes sur la mort et l'acte de donner la mort, sur l'identité dans le multiculturel

Tout au long de ce roman, nous retrouvons Haroun dans un bar, et Haroun compte son histoire, la sienne, avec l'ombre et le poids du mort Moussa, et de la mère à moitié morte depuis 1942. Daoud laisse comme planer un mystère, que chacun résoudra suivant sa propre perception, sa propre sensibilité... Je ne pense pas qu'il existe de réponse claire et nette, malgré ce qu'en disent certaines critiques. A qui s'adresse Haroun ? A un étudiant thésard, à un journaliste, à lui-même, à l'ombre de Camus, ou à chacun des lecteurs qui plongent dans ses pages et l'écoutent ?

A noter que "Meursault, contre-enquête" a reçu le prix Goncourt du premier roman.

 

" La religion pour moi est un transport collectif que je ne prends pas. J'aime aller vers ce Dieu à pied s'il le faut, mais pas en voyage organisé."

"Un certain goût pour la paresse s'installe chez le meurtrier impuni. Mais quelque chose d'irréparable aussi : le crime compromet pour toujours l'amour et la possibilité d'aimer. J'ai tué et, depuis, la vie n'est plus sacrée à mes yeux"

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0

Publié le 12 Mars 2019

Cinéma Marvel
Captain Marvel

Film d'Anna Boden et Ryan Fleck

Avec Brie Larson, Samuel L.Jackson, Jude Law, Annette Bening

 

Synopsis :  Captain Marvel raconte l’histoire de Carol Danvers qui va devenir l’une des super-héroïnes les plus puissantes de l’univers lorsque la Terre se révèle l’enjeu d’une guerre galactique entre deux races extraterrestres.

 

 

Mon humble avis : Un très chouette Marvel, parfaitement maîtrisé, malgré des premières minutes un peu scabreuses et nébuleuses. Mais sitôt Carol atterrissant sur terre, tout rentre dans "l'ordre", si je puis dire.

Un nouveau personnage dans l'écurie Marvel ciné... Que je ne pouvais pas louper, sous peine de lourdes lacunes dans ma petite culture Marvel. Puisqu'en fait, Captain Marvel est un reboot des Avengers... C'est suite à son passage dans le S.H.I.E.L.D que Fury créera l'équipe de super héros

Un film sur un super héros femme, réalisé par une femme, mis en musique par une femme... c'est peu courant alors...incontournable... Et puis forcément, cette héroïne aura sa franchise et ses suite donc, même si on l'a retrouvera dans quelques semaines dans Avengers : End Game.

Un film qui fait pas mal écho à l'actualité dans les messages qu'il délivre... Chaque espèce, chaque race, chaque peuple devrait avoir droit à une terre, un lieu pour vivre sereinement et en toute sécurité... Dans la vie, il ne faut pas se tromper d'ennemi. Celui qui nous ressemble le moins n'est pas forcément notre pire ennemi, qui peut être bien plus proche que nous. Le féminin ne devrait rien avoir à prouver au masculin. Et enfin, il faut se libérer des carcans de pensée, de la soumission intellectuelle ou émotionnelle, car celle-ci nous empêche d'être clairement nous-même et de développer tout notre potentiel... Et Captain Marvel, du potentiel, elle en a en réserve.

Sinon, aucun ingrédient ne manque à l'appel pour faire de ce film un très bon Marvel... Effets spéciaux (of course, c'est la base tout de même), chouettes chorégraphies de combats, rythme, suspense, scénario bien ficelé et bien sû, de l'humour ! Parce qu'on se marre bien avec certains Marvel qui n'hésitent pas à flirter avec l'auto dérision.

Et puis, cerise sur le gâteau... l'un des personnages principaux de cet opus est... un chat ! Miaou ! Qui délivre un secret et démontre à quel point ces braves boules de poils pourraient être l'avenir de l'Humanité. Bon ok, j'exagère, mais à peine !

Comme d'hab, il faut rester jusqu'au bout du générique. Mais vraiment au bout du bout... Celui-ci contenant deux "spoilers" annonçant la suite des événements Marvel !

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

Repost0

Publié le 10 Mars 2019

Roman - littérature française - Bretagne
Article 353 du code pénal, de Tanguy Viel

Roman - Editions Audiolib - 4 h d'écoute - 19 €

 

Parution d'origine aux Editions de Minuit en janvier 2017

L'histoire : Martial Kermeur est déféré devant le juge, pour avoir jeté l'agent immobilier Antoine Lazenec à la mer... Geste qui a provoqué la mort de ce dernier.

Face au juge, Martial évoque tous les éléments qui l'ont conduit jusque dans son fauteuil... Depuis, son licenciement, son divorce, la garde de son fils, jusqu'à sa prime de licenciement investira dans un projet immobilier qui ne verra jamais le jour...

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Voici un très bon roman, étonnant, original et à la fin... bouleversante et on ne peut plus inattendue si l'on ignore le contenu de ce fameux article 353 du code pénale. Oui, l'issue remue vraiment. Elle rassure comme elle inquiète sur un certain fonctionnement possible de la justice française. Oui, elle peut vraiment tranquilliser si nous sommes en face de la bonne personne. Même si la vengeance n'est jamais une bonne justice et que nul n'est censé ignorer la loi.

Nous sommes dans le Finistère Nord, dans le bureau d'un juge pour un huis clos entre le juge et le présumé coupable Martial Kermeur, pour le meurtre d'Antoine Lasenec, un promoteur immobilier arrogant tout d'abord, puis très véreux ensuite, pour être les deux enfin. Ce huis clos est une longue confession de Kermeur, qui comme une pelote de laine, déroule tous les événements qui l'ont conduit à commettre cet acte irréparable. 

Nous pourrions tout aussi être dans le cabinet d'un psychiatre...  Martial Kermeur est presque dans un monologue... Juste entrecoupé par quelques questions du juge, ou relancé par le juge comme un encouragement à approfondir un fait. Aussi les principaux sujets de ce roman sont le pouvoir de la parole libératrice, et surtout, le pouvoir de l'écoute, qui permet l'empathie.

Mais il y a aussi le désespoir des victimes d'escrocs, qui n'ont aucun recours... Les gestes qu'amènent ce désespoir et la ruine financière... mais aussi, les sentiments... La honte... La honte d'avouer s'être fait escroquer, la honte que les autres découvrent qu'en bon partisan socialiste, vous ayez investi dans le plus pur exemple du capitalisme.

Tout cela est parfaitement développé dans cette histoire, captivante, très bien menée, qui nous cloue aux sièges de Marial et du juge. Parce que Tanguy Viel a le génie de glisser un sacré suspense dans cette histoire, alors que pourtant, l'accusation est connue dès le début et que le présumé coupable ne nie pas les faits. Et à noter, la lecture de Féodor Atkine est juste impeccable. Bref, une rencontre livresque réussie !

Un roman que je vous recommande donc chaleureusement !

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

Repost0

Publié le 8 Mars 2019

Goncourt des lycéens, roman, Burundi, rwanda
Petit pays, de Gaël Faye

Roman - Editions Livre de poche - 221 pages - 7.20 €

Parution d'origine chez Grasset le 24/08/2016

L'histoire : Gaby a 10 ans. Franco-Rwandais (français par son père, rwandais par sa mère), il vit en famille dans une impasse à Bujumbura, alors capitale du Burundi. Sa mère fuit les massacres et la tension politique du Rwanda. Dans cette impasse, avec quelques copains Gaby mène une douce enfance, relativement insouciante et protégée. Puis la guerre civile éclate, et alors, tout bascule pour Gaby.

 

 

Tentation : La réputation du livre

Fournisseur : les étagères d'Armelle

 

 

 

Mon humble avis : Ce roman a défrayé la chronique lors de sa sortie, puis lors de son couronnement par le Goncourt des Lycéens... Une fois de plus, je suis en retard par rapport à "tout le monde", et une fois de plus, je me suis prise en gifle, du genre de celle qui marque longtemps, avec ce petit pays.

Comme je comprends l'engouement général envers ce roman qui est, à mes yeux, un véritable chef d'oeuvre. Captivant, bouleversant, tendre et dur à la fois,  Petit Pays remue autant les entrailles que le coeur, il attendrit autant qu'il atterre et révulse, le tout dans une écriture très fluide, franchement agréable.

Ce roman n'est pas autobiographique, même si Gaël Faye y met ses souvenirs d'enfance africaine, depuis les copains, jusqu'à l'atmosphère, en passant par les odeurs, les saveurs, les lumières, les sons, la chaleur, les pluies, les coutumes. Gaël Faye nous emmène au Burundi, pour le meilleur d'abord, puis le pire. Mais c'est sûr, en tant que lecteur, "nous y sommes". 

La première partie conte donc cette enfance privilégiée, avec ces questionnements, malgré un contexte familial et géopolitique compliqué et déjà tendu. Au Burundi, vivent aussi des réfugiés zaïrois, mais surtout Rwandais (Les Tutsi qui fuient les massacres perpétrés par les Hutus)... Tout cela pour "une histoire de nez"... Bref, une question d'ethnies...

Puis au Burundi, viennent les premières élections libres, suivies de près par un coup d'état et le début d'une guerre civile qui durera plus de 15 ans. De façon presque simultanée, le président du Rwanda voisin est assassiné. Les massacres se transforment alors en génocide contre les Tutsis, dont les plus chanceux se réfugient au Burundi, pays alors aussi en guerre.

Yvonne, la mère de Gaby, retournera au Rwanda à la recherche de sa famille, et reviendra marquée à jamais par les charniers dont elle est témoin...

Et pendant ce temps, Gaby grandit un peu, si peu... Deux ans, c'est peu dans la vie d'un enfant... mais au milieu de toutes ces guerres et ces haines incompréhensibles, il lutte très fort, contre lui-même et le monde pour justement, rester un enfant... Il se réfugiera alors dans la lecture... avant que le monde ne le rattrape dans son antre. Cette lutte pour ne pas quitter l'enfance est le coeur de ce roman.

Par certains côtés (l'impasse, la vie de quartier, des enfants avec le monde qui ne bouge pas dans le bon sens tout autour d'eux), Petit Pays m'a fait penser à "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" d'Harper Lee. Il en a, de toutes façons, la même puissance, la même densité (impossible d'évoquer tous ses sujets- dont l'exil - en un seul billet). Saisissant jusqu'à la toute dernière page. A lire impérativement si ce n'est pas déjà fait !

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0